9 réflexions sur « LE GRAND RÉINVENTAIRE, « PÊCHE », « MARCHANDISATION » »

  1. Mr JORION , bonjour.
    Je trouve que votre audience est réduite , accepteriez vous de participer ou être la vedette de meetings drainant plus d’audience.
    A Bruxelles par exemple vous produire à Forest National avec d’autres et quelques chanteurs-musiciens , dans un théatre apparaitre avant séance , etc,etc….
    Vous connaissez mon email , précisez vos conditions .
    Je peux vous rencontrer à Bruxelles.
    Bonne journée.

    1. Honnêtement non : je suis convaincu qu’il y a une harmonie préétablie entre le nombre de gens qui viennent m’écouter et celui de ceux qui ont envie de m’entendre 🙂

      1. Bravo pour la réponse ! Je dirais même plus : il y a une harmonie préétablie entre le nombre de gens qui viennent vous entendre et celui de ceux qui ont envie de vous écouter ! 🙂

  2. Dans la deuxième, Marchandisation, je n’ai pas bien compris ce que vous entendiez dans cette phrase :
    « on a cru que l’on pouvait faire la théorie des sociétés humaine sur le modèle de l’astronomie (…) »

    c’est a dire, analogiquement, prendre les hommes comme des astres (sans subjectivité ) dirigés par des lois « simples » ?

  3. à propos de LE GRAND RÉINVENTAIRE, « PÊCHE », « MARCHANDISATION »
    J’étais de l’ORSTOM, je travaillais sur la pêche artisanale en Afrique de l’Ouest comme « halieute » et j’avais bien remarqué le paradoxe rappelé par Jorion dont nous connaissions par ailleurs bien les travaux très intéressants dans les années 1985. Cette pêche ne pouvait pas être « déficitaire » comme on voulait le prouver avec une enquête microéconomique et en même temps dynamique comme on le voyait tous les jours (sachant que des faillites existent quand même aussi dans la Pêche artisanale). Le paradoxe est du même ordre que celui des biomécaniciens de la fin du XIXe qui avaient prouvé qu’un oiseau de pouvait pas voler scientifiquement, ou un organisme survivre au delà de 100 km/h, etc. Dans ces cas paradoxaux là il faut plutôt revoir la science que nier la réalité ! D’où d’interminables discussions parmi nous sur « l’unité de pêche » insaisissable en pêche artisanale…
    Deux commentaires à la présentation simple et claire faite par Paul :
    *** le premier est plutôt de détail : parmi les « ayants-droits sociaux » aux dons de poisson, on pourrait ajouter l’observateur occidental comme Paul Jorion ou moi-même ; cela m’est arrivé très souvent ! On aurait à faire ici à l’ayant-droit riche (de circonstance) assimilé aux indigents (!)… Connaissant le prix du poisson sur la plage par exemple 1 euro/kg pour un poisson « noble » et la dépense quotidienne d’une famille de 1 ou 2 euros il est plus que gênant d’accepter l’offre d’un poisson de 7 kg ! A quel titre accepter ou refuser ? nous étions parfois de passage et inconnus. Paul a certainement une interprétation de ce comportement !

    *** moins anecdotique : comme le fait Paul ici, peut-être pour faire court, on présente généralement la logique socio-économique sous-jacente de la pêche au travers de la règle du partage, de sa logique ou de ses tenants et aboutissants. C’est une première approche, mais il faut bien sûr regarder aussi de près la pratique du partage ! Certains membres d’équipage sont beaucoup plus riches que d’autres bien que bénéficiant de la même part leur revenant « de droit ». Comme dans l’étude socio-économique de rentabilité citée au début, on voit apparaître une contradiction évidente.
    Sur la règle elle-même, il n’y a aucun doute, tout le monde sur la plage connait et cite la même règle, 1 part pour le moteur, 1 part pour le filet, 1 part pour chaque pêcheur, etc. Il suffit de passer « un peu » de temps avec les pêcheurs pour comprendre comment une règle de partage admise par tous peut « coexister » avec une pratique différente… Nul n’est censé ignorer la loi mais il y a des limites !
    Le père accompagnée de deux enfants de 12 ans (la toute petite pêche à la ligne) ne donne évidemment pas une part de recette à chaque enfant, il prend les trois parts et restitue « quelque chose » aux parents ensuite. A l’extrême opposé, dans le cas de la grande pirogue qui débarque ordinairement 12 tonnes de sardinelle, il est très difficile de connaître la recette au moment du retour de la pêche : il faut d’abord compter les 300 bassines, en obtenir un prix, imprévisible, qui varie de 1 à 10 en 1 heure ! Mais là je sens que je vais empiéter sur la théorie du prix de Paul…. Il faut récupérer la recette par parties parfois sur plusieurs jours, etc.
    Malgré des parts théoriquement équivalentes, on constate que le capitaine, le mareyeur, etc. sont toujours beaucoup plus riches finalement que le simple journalier du bord. La « dégradation des termes de la chance » comme on a dit à propos d’autre chose ?
    Pour autant, la dimension sociale de cette pêche comme le dit Paul Jorion est réellement d’une grande valeur, assistance aux indigents, aux pêcheurs retraités, place des femmes, etc., malgré la création d’inégalités (qui expliquent d’ailleurs l’existence des dits indigents). On peut dire aussi à un niveau macro que cette activité n’est pas tombée dans certains aspects du mode de production capitaliste comme nous les connaissons (sauf cas particuliers comme en Mauritanie) : il n’y a pas concentration des pirogues dans les mains de très gros propriétaires, pas de concurrence des équipages dans l’activité, etc. Il y a des mécanismes inégalitaires multiples en jeu, mais un maintien de la dimension sociale.
    Dans tout cela, quelle est la valeur du système de part, symbolique, juridique, anecdotique, mythique, ou un reflet de la société ?… on n’oubliera pas l’importance de la pratique qui est toute autre, forcément, comme dans toute société réelle.
    Emmanuel Charles-Dominique

    1. Merci pour ces précisions ! Pour ce qui est de la différence des parts dites « d’équipage », en fonction de la situation familiale (fils célibataires dans un équipage dont le père est le patron / frères mariés dans un équipage dirigé par l’aîné), j’en ai longuement discuté dans Les pêcheurs d’Houat (1983 ; 2012) et dans La transmission des savoirs (avec Geneviève Delbos 1984), où je remets en honneur comme facteur explicatif, selon l’hypothèse d’Alexandre Tchaïanov, le rapport nombre de consommateurs / nombre de producteurs dans l’unité (familiale) de production.

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