LA TROÏKA TRAVERSÉE PAR DE DANGEREUSES FISSURES

Selon le Financial Times, c’est Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, qui a scellé le sort des Cypriotes. Il n’était pas seul aux dires de l’article, puisqu’il disposait du soutien des Finnois, des Slovaques, et « dans une moindre mesure », de celui des Néerlandais.

La commission européenne se montrait soucieuse qu’un précédent de parjure sur la protection des premiers 100.000 euros des déposants européens sur leur compte ne provoque une panique bancaire à l’échelle européenne. L’idée n’était pas biscornue : Wolfgang Münchau n’écrit-il pas aujourd’hui-même également dans le Financial Times : « J’ignore si les semaines qui viennent verront se développer une panique bancaire. Mais ce serait certainement rationnel ».

La Commission européenne se méfiait du Fonds Monétaire International, qui proposait depuis plusieurs semaines d’aller précisément puiser l’argent qui manque dans les comptes des déposants, et comptait sur une alliance avec la BCE, mais Wolfgang Schäuble rassembla une autre majorité : BCE, FMI et l’Allemagne bien entendu, d’un côté, contre une Commission européenne isolée et mise en minorité car jugée trop timorée : « Les Allemands dirent : ‘Mieux vaut une plate-forme commune avec le FMI qu’avec la Commission européenne’ ».

Le Financial Times écrit : « Arrivé à ce point, affirment plusieurs officiels, la Commission [européenne] avait perdu toute crédibilité à Berlin ».

Non vous ne rêvez pas : relisez tout à votre aise la phrase précédente si vous voulez vous convaincre du rapport de force actuel au sein de la zone euro !

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