Que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil, par François-Marie Arouet

Billet invité.

Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un coeur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de la boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.

Voltaire, Traité sur la Tolérance, XXIII

Partager :

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

  1. Bonnie Tyler est morte. L’artiste est décédée ce 8 juillet à Faro (Portugal) probablement d’une septicémie suite à une appendicite…

  2. Je renonce. Vous avez raison Hadrien, la seule solution, c’est de dissoudre le peuple qui est trop nombreux et stupide.…

  3. A Pascal: Le « conseil national de la résistance » n’était pas élu, on peut le voir comme un despote éclairé. Mais…

  4. Ensuite… Denis Kessler : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis…

  5. Je croirais en la démocratie quand la volonté des populations sera respectée. Je vous renvoie au référendum de 2005, à…

  6. A Pascal: Au fond, vous ne croyez pas à la démocratie: le « peuple » étant manipulé par des lobbies tout-puissants aux…

  7. Ruiz, Vous êtes très très fort pour décrire de grands bazars shadokiens générateurs d’entropies pharaonico-élyséennes. Vous eussiez pu être un…

  8. @Pascal En Ukraine c’est encore mieux, l’industrie militaire ukrainienne va se développer en construisant des Patriot de technologie États-Unienne et…

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote BCE Bourse Brexit capitalisme ChatGPT Chine Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grands Modèles de Langage Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon Joe Biden John Maynard Keynes Karl Marx LLM pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés Singularité spéculation Thomas Piketty Ukraine Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta