LA CONNERIE HUMAINE

Voici quatre ans déjà que je donne une journée entière d’enseignement, deux fois par an, à l’Institut de Haute Finance à Paris.

J’en étais hier à la septième heure et à la quarante-cinquième minute de mon exposé, consacré comme chaque fois à « La finance internationale de 1970 à aujourd’hui » quand un monsieur de mon âge, voire encore davantage, qui n’était pas intervenu jusque-là, dit : « Tout cela s’explique beaucoup mieux par la connerie humaine ! »

Je lui ai répondu que, comme il avait pu s’en rendre compte au cours de la journée écoulée, je m’abstenais de recourir dans mes exposés à ce type de facteur explicatif.

Dans le métro qui me ramenait vers la Gare du Nord, les paroles profondes de ce Monsieur me laissaient cependant songeur. Combien d’années de mon temps en effet n’aurais-je pu épargner si je n’avais dédaigné ce facteur qui explique tant de choses et dont l’action permanente nous crève les yeux !

C’est que ce facteur-là, avec la gravitation universelle, est le seul dont il est certain qu’on ne pourra pas le changer. Comme il faut faire avec, mieux vaut encore ne pas l’évoquer !

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