2017 : Prologue, par Michel Leis

Billet invité.

Bien sûr, on peut d’ores et déjà se livrer au petit jeu des commentaires, la déroute se confirme à Gauche malgré une large implantation locale. Avignon ou Paris ne sont pas de nature à changer l’analyse d’un résultat. Non le FN n’a pas gagné toutes les villes qu’il espérait conquérir, oui l’UMP affiche un large sourire en regardant le nombre de villes qui basculent de Gauche à Droite. Mais là n’est pas l’important, l’implantation locale des candidats n’est pas de nature à favoriser la percée de nouveaux venus en politique.

Comme on le pressentait depuis de nombreux mois, l’élection européenne sera la mère des batailles. Par nature ce sont des élections qui portent un vote protestataire, et l’implantation locale n’est pas un facteur déterminant du résultat. Au soir des élections européennes, deux cas de figure se présenteront : Ou Marine Le Pen arrive en tête sans qu’aucune formation ne réalise un score significatif à la gauche du PS (FdG, Nouvelle Donne), ou Marine Le Pen arrive en tête, mais dans le même temps, un vote à la gauche du PS fait aussi une percée importante.

Dans le premier cas, Marine Le Pen va conforter sa dynamique de succès, et l’absence d’une force opposée à la gauche du PS confirmera l’intuition de Jeanne Favret-Saada : la disparition de la gauche en tant que force politique. Dans le deuxième cas, il restera un espoir d’inverser cette tendance mortifère qui nous conduit peu à peu vers l’extrême droite.

Après… C’est 2017. Certes, selon la formule consacrée, il peut se passer beaucoup de choses d’ici là. Mais on peut au moins prédire deux choses : Le PS ne tirera pas les leçons de la déroute et continuera dans une politique de droite. Ce n’est pas un remaniement ou une légère inflexion sociale qui est de nature à changer la donne. Quant à la droite, croyant être dans une dynamique de victoire à la suite des municipales, elle minimisera le résultat des élections européennes et continuera à droitiser son discours puisque c’est la formule qui semble avoir du succès auprès des électeurs. Mais avoir le choix entre un Sarkozy aux multiples casseroles et un Coppé qui ne vaut guère mieux est-il de nature à mobiliser les électeurs ?

Bref, si aucune force n’émerge à gauche lors des Européennes de 2014, Marine Le Pen n’aura plus qu’à attendre 2017 en s’appuyant sur ces victoires pour constituer le noyau de militants qui lui fait encore défaut et pour le reste, elle n’a qu’à laisser les partis traditionnels faire le travail pour elle…

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