Productivité, compétitivité, emploi et État social (IV), par Michel Leis

Billet invité. La première partie est ici, la seconde ici et la troisième ici.

Refonder un État social

À l’issue de cette plongée dans les mécanismes de la productivité et de la compétitivité, il ne peut subsister aucun doute : le travail se raréfie, la machine se substitue à l’homme ou l’emploi s’exporte vers des cieux où les salaires ne coûtent pas grand-chose. Ce n’est pas une conséquence inéluctable du progrès technologique ou de la mondialisation, ce ne sont que des tactiques mises en œuvre dans une lutte sans pitié pour imposer des rapports de forces. Ceux-ci sont devenus la forme dominante des relations dans le monde économique, où pour l’essentiel quelques entreprises dominantes raflent la mise et confisquent les profits à leur seul bénéfice. L’État accélère ce processus par des politiques inadaptées dont les résultats profitent pour l’essentiel à ces mêmes entreprises dominantes.

Il y a une conséquence évidente à ces évolutions qui n’est pourtant jamais évoquée par les gouvernements ou les partis dits de pouvoir. Beaucoup d’États ont construit l’essentiel de leurs politiques sociales grâce à une solidarité fondée sur l’emploi[i]. Ces politiques sont financées par les cotisations sociales calculées sur la base des salaires, pour partie payées par l’employeur, pour partie payées par les employés eux-mêmes. Ces sommes aboutissent directement dans les caisses des organismes chargés d’appliquer ces politiques, comme la sécurité sociale ou les caisses de retraite. Reste qu’avec un emploi qui diminue et va diminuer encore plus drastiquement dans les prochaines années, il n’y a plus de solidarité possible dans le système actuel. C’est une construction qui montre déjà ces limites dans le domaine des retraites ou du chômage. En France, le système de santé survit grâce à une exception partielle, la CSG (contribution sociale généralisée), qui s’applique à tous les types de revenus. Elle ne contribue cependant au financement de la Sécurité sociale qu’à hauteur de 20.4 % et ne représente que moins de la moitié des ressources issues des cotisations sociales et charges patronales perçues sur les salaires (58.2 %).

À cet effet direct sur les mécanismes sociaux existants, il faut ajouter que dans une société où les revenus reposent avant tout sur le travail, la raréfaction de l’emploi est un enjeu fondamental. Elle pose frontalement la question de l’extension des mécanismes de redistribution et celui du partage du travail.

On est à la veille d’un tournant politique majeur. La fiction d’une résorption prochaine du chômage va bientôt voler en éclat avec une double conséquence : la raréfaction des ressources censées financer les dépenses sociales n’est plus conjoncturelle (l’a-t-elle jamais été ?), mais bien structurelle. Dans le même temps, la hausse des dépenses sociales est inéluctable, ce qui va nécessiter d’une manière ou d’une autre des changements radicaux. On peut entrevoir deux options diamétralement opposées pour faire face à ces changements.

La première option est la poursuite et le renforcement des politiques actuelles, c’est-à-dire l’abandon progressif de toute dimension sociale. Chaque renoncement est présenté comme un sacrifice nécessaire pour préserver l’essentiel. Le laps de temps qui s’écoule entre les mesures permet à chacun de s’habituer et consentir, avant de se voir soumis aux restrictions suivantes. Un jour, il ne restera rien à défendre sinon soi-même dans un monde qui ne sera plus qu’une jungle, à moins qu’un pouvoir autoritaire ne maintienne l’ordre à tout prix. Dans ce contexte, les systèmes d’assurance individuels ne sont que des leurres puisqu’ils reposent sur un accès de longue durée à l’emploi[ii]. C’est l’aboutissement logique d’une société fondée sur les rapports de forces. La question qui se pose est bien évidemment au bénéfice de qui ? Malgré un discours populiste bien rodé tenu par les nouveaux partis d’extrême droite qui invoquent parfois l’anticapitalisme, la réalité est bien plus simple : un ordre social fort est une nécessité dans un contexte extrêmement inégalitaire et il ne bénéficie qu’à ceux qui accumulent la richesse. L’extrême droite est le vecteur naturel d’un tel ordre social fort.

La deuxième option est de remettre à plat le système de financement des politiques sociales et des logiques qui sous-tendent le système actuel. La politique sociale n’est pas seulement un système de solidarité, c’est un choix politique qui doit être assumé en tant que tel, que ce soit sur le plan des ressources ou celui des dépenses. Son financement ne peut être fondé sur une solidarité de statut (fonctionnaire, salarié, artisan…) : il concerne l’ensemble de la nation. En d’autres termes, c’est un besoin accru de redistribution qui va nécessiter d’une part une hausse des prélèvements obligatoires, et d’autre part le dépassement du profit comme seul critère de gestion des entreprises.

On peut essayer d’esquisser les contours d’un tel changement avec quelques propositions sur le financement ainsi que quelques idées sur l’emploi de ces ressources. En particulier, il me semble nécessaire d’établir une cohérence entre les modes de financement, les objectifs poursuivis par une politique sociale et la modération des rapports de forces évoqués dans le précédent billet. Il s’agit de montrer qu’il existe d’autres alternatives possibles, bien plus réalistes que les discours soi-disant gestionnaires qui nous sont proposés par les partis de pouvoir actuels. Ces discours gestionnaires sacrifient le court terme sans pour autant proposer de solutions viables pour le long terme. De manière générale, il faut poser un principe simple : la ressource provient des impôts quelle que soient leur nature, l’État alloue des moyens aux organismes qui gèrent les dépenses en fonction des politiques sociales. Le financement doit être déconnecté d’un type de taxes spécifiques, en particulier celles qui sont liées à un statut.

Il reste à déterminer comment, c’est-à-dire redessiner un paysage fiscal qui procure des ressources suffisantes et qui réponde aux impératifs de cohérence entre les moyens (le financement) et des objectifs plus généraux : L’État social, la gestion du bien commun, une gestion durable. Il se doit d’être beaucoup plus simple dans la mise en œuvre, c’est-à-dire qu’il ne doit pas multiplier les modes dérogatoires et les exceptions, ces multiples niches fiscales qui font le bonheur des individus les plus fortunés et des entreprises dominantes. Dans une telle approche, la part de la redistribution augmente de même que l’ensemble des prélèvements obligatoire, c’est le prix à payer pour rester dans un État démocratique. Les propositions qui suivent ont déjà été partiellement évoquées dans un précédent billet, mais elles restent plus que jamais d’actualité.

La première question est le remplacement des ressources issues des charges patronales payées sur les salaires. Il a souvent été évoqué dans ce blog diverses formes de taxes sur les robots ou les machines, mais les gains de productivité ne se limitent pas à l’automatisation, comme je l’ai expliqué dans le premier billet de cette série. La formule la plus simple me semble être de créer une taxe sur le solde intermédiaire comptable « Valeur ajoutée » généré par l’activité de l’entreprise. Le premier avantage, c’est d’augmenter l’assiette imposable à chaque fois qu’il y a des gains de productivité basés sur la hausse de la Valeur ajoutée. Le deuxième avantage est de ne pas diminuer le montant des taxes collectées si c’est l’emploi qui baisse[iii]. L’important étant d’éviter l’évasion dans le circuit, en particulier quand la sous-traitance est réalisée à l’étranger et que les mécanismes de prix de transfert permettent de sortir le résultat de la maison mère. Le troisième avantage, c’est d’être totalement indépendant de l’emploi en tant que base taxable : à l’extrême, une entreprise entièrement automatisée génère une valeur ajoutée et elle est donc soumise à cette taxe. Par contre, cette taxe pourrait varier autour d’un taux pivot en fonction de la politique sociale de l’entreprise, en particulier sa manière de partager ou non le travail (le temps de travail effectif, la pyramide des âges), d’appliquer l’égalité salariale homme femme, et sa politique salariale (l’écart entre le premier et le dernier décile, l’écart avec le dernier centile, les politiques de bonus), etc. À la politique de niches et d’emplois exemptés qui permettait de bénéficier d’effets d’aubaine, on substitue un bilan social qui détermine le taux appliqué, mais qui favorise aussi une politique durable et permet d’encourager une évolution positive ou de pénaliser une régression. Pour fixer les idées, les charges patronales payées dans le secteur marchand représentent aux environs de 20,2% de la Valeur ajoutée. On peut imaginer un taux pivot à 25% pour cette taxe sur la Valeur ajoutée générée par l’entreprise et des variations de +/- 5% autour de ce taux pivot en fonction des politiques sociales. Un taux moyen qui passerait à 25% permettrait de dégager plus de 62 milliards de revenus supplémentaires par an. Cela peut sembler une hausse brutale, mais pour mémoire, la part des salaires dans la valeur ajoutée a baissé de près de 10% entre le maximum de la fin des années 70 et le point bas, l’effort ne semble donc pas insurmontable.

Deuxième élément, la suppression des charges salariales payées par l’employé, remplacées pas l’impôt sur le revenu dont le barème est revu en conséquence. Prélevé à la source quel que soit le type de revenu, il alimente un précompte fiscal[iv] dont le solde est revu après le calcul du taux effectif de l’impôt. Il est bien évidemment progressif, il repose sur un barème unique dont le taux est calculé en fonction de l’ensemble des revenus. Cela veut dire qu’il existe un taux pour les plus bas salaires (et qui remplace les actuelles charges sociales) et qu’une personne qui serait soumise à un taux de 50 % se voit appliquer ce taux sur l’ensemble de ses revenus : travail + capital (quelle que soit la nature des revenus du capital). Plus encore que le taux maximum, c’est aussi la politique des niches fiscales qu’il faut supprimer, car c’est l’une des principales sources d’inégalité devant l’impôt. Une telle politique permet de répartir plus justement la charge, avec un taux effectif qui serait moins élevé que les actuelles charges sociales sur les plus bas salaires et une contribution de l’ensemble des revenus.

Troisième élément, l’impôt sur les bénéfices. Là encore, ce n’est pas seulement le taux appliqué qui est en cause, mais bien la multiplication des niches fiscales qui permettent une optimalisation de grande ampleur, ainsi que l’évasion fiscale pratiquée à grande échelle. Comme pour la taxe sur la valeur ajoutée générée par l’entreprise, on peut imaginer de faire varier les taux autour d’un taux pivot en fonction de bilans annexes sur l’écologie et l’énergie qui viendraient s’ajouter au bilan comptable. Si les valeurs cibles pour ces bilans annexes dépendent du secteur d’activité, une évolution positive peut être aussi récompensée. Reste l’évasion fiscale organisée qui bénéficie d’une tolérance incompréhensible de la part des autorités et d’une fraction du public. Imagine-t-on un voleur dérober le contenu d’un appartement, puis quelques années plus tard, se sentant cerné par la police, n’en restituer qu’une partie à son propriétaire et être quitte de toutes poursuites ? C’est pourtant ce qui se passe de manière à peine caricaturale avec des négociations pour solde tout compte quand le montant du détournement est très élevé. C’est à cette tolérance qu’il faut mettre fin de même qu’il faut mettre fin à l’écart que l’on observe entre entreprises dominantes et la moyenne des entreprises.

Quatrième pilier du financement : l’impôt sur le capital. Thomas Piketty a largement développé dans son essai[v] la nécessité de cet impôt afin de contrer des mécanismes d’accumulation de plus en plus inégalitaire. Ce serait aussi une source de financement régulière dans le cadre d’une politique fiscale destinée à refonder l’État social. On peut aussi le suivre dans l’idée d’une contribution exceptionnelle du capital qui permettrait de remettre « les compteurs à zéro » et d’apurer pour partie la dette de l’État en complément d’un défaut partiel déjà évoqué sur le blog.

Dans ce paysage fiscal, il est nécessaire aussi de combattre la tendance à créer des gains de productivité en exportant le travail dans des pays où la main-d’œuvre est très bon marché. Le recours à la sous-traitance est une tendance forte en ce qui concerne la norme de production, et la volonté d’établir un rapport de force très favorable pousse aux délocalisations. L’un des enjeux majeurs est le faible coût du transport, qu’il soit physique ou de données. Taxer les transports est une double nécessité : d’une part cela permet de limiter le recours à la sous-traitance, d’autre part, cela répond à des nécessités écologiques. On peut imaginer pour les transports physiques une taxation inversement proportionnelle au coût des marchandises transportées et proportionnelle à la distance. Pour les transports de données, c’est une taxation au volume de données avec une franchise qui pourrait être appliqué. Il faudrait aussi pouvoir taxer en fonction des pays d’origine (ce qui est malheureusement en dehors du cadre européen), sur la base des politiques fiscales et sociales. Afin de favoriser les pays faisant des efforts pour s’améliorer dans ce domaine, des accords dérogatoires et temporaires pourraient être conclus avec des points d’étapes permettent ou non la poursuite d’un tel accord.

S’agissant du partage du travail, il reste à nous responsabiliser sur nos propres comportements, quand nous cédons un peu trop à la facilité. Les transactions automatiques, le commerce sur Internet devraient être taxés pour contribuer au financement de la redistribution, solidarité d’autant plus nécessaire que nous encourageons l’automatisation et la disparition de l’emploi par nos propres comportements.

Reste la TVA qui est l’un des gros contributeurs au budget de l’État. C’est un impôt injuste. Pour les classes les plus défavorisées, tout le budget des ménages passe dans la consommation et la TVA s’applique donc à l’intégralité des dépenses. Pourtant, le remplacement de la TVA par un autre impôt nécessite une réflexion de grande ampleur, tant les montants collectés sont énormes. Il est quand même possible d’augmenter les recettes en ce domaine de manière plus juste en rétablissant un taux de TVA spécifique sur la consommation de luxe, comme ce fut le cas par le passé.

Il ne s’agit pas ici de faire le panorama complet des ressources fiscales, mais juste de montrer comment celles-ci peuvent être augmentées et découplées des revenus du travail pour créer une solidarité qui ne soit pas fondée sur l’emploi. Reste à définir quelques axes dans l’optique d’une redistribution des revenus et de l’emploi dans un contexte où le travail disparaît.

Si l’on se place dans un contexte où l’emploi se raréfie sans disparaître totalement, il faut éviter deux situations également préjudiciables. Le premier risque, c’est le partage du travail subi, sur des critères qui sont à la discrétion des entreprises : âge, salaire, compétence spécifique, etc… Le deuxième risque est celui que la raréfaction des emplois s’accompagne de la dégradation des rapports de force au détriment des salariés, avec pour corollaire une baisse des salaires. Il me semble que la meilleure manière de combattre de tels risques est de raréfier l’offre de travail. Il n’est nul besoin d’imaginer des politiques compliquées en la matière, il suffit de raccourcir drastiquement les carrières, ce qui est possible avec un financement qui n’est plus seulement fondé sur la solidarité entre salariés. On peut imaginer revenir à une retraite à taux plein à partir de X années de cotisations (35 ans ?), à l’opposé des politiques actuelles. Combiné avec une réduction du temps de travail et une possibilité d’interruption de carrière financée par l’État, on peut imaginer se retrouver dans une situation de plein emploi avec un nombre d’emplois offerts et de candidats pour ces emplois beaucoup plus réduit, combinant ainsi le partage du travail et la redistribution des revenus.

Il existe aujourd’hui deux familles d’alternatives face à l’explosion du chômage et ses conséquences prévisibles. On peut réduire drastiquement le périmètre social de l’État, au nom du « TINA », et se retrouver à terme dans un État policier, garantissant une paix civile imposée. À moins qu’une jungle libertarienne finisse par voir le jour, où l’ordre sera simplement imposé par la loi du plus fort. L’autre direction est de refonder un État social en changeant une mécanique au bout du rouleau. J’ai proposé dans le dernier billet de cette série une vision possible de cette refonte, il y en a sûrement d’autres et différents arbitrages possibles… Il existe donc bien des alternatives, mais reste-t-il une voix à gauche pour les porter ?

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[i] Le plus souvent parce que les caisses de solidarité ont été fondées par les salariés

[ii] Auquel s’ajoute un effet direct sur les attentes de profit, puisqu’une retraite par capitalisation nécessite des rendements élevés sur une longue période.

[iii] Elles augmenteraient même avec le mécanisme de pénalités en fonction du bilan social.

[iv] C’est le mode de fonctionnement de la plupart des pays qui prélèvent à la source, avec un ajustement réalisé après le calcul effectif du taux d’imposition en tenant compte de l’ensemble des revenus. Dans le cadre d’un barème progressif et de revenus mixtes (travail + capital), le montant total des revenus n’apparaît effectivement qu’en fin d’exercice fiscal.

[v] « Le Capital au XXIe siècle »

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67 réflexions sur « Productivité, compétitivité, emploi et État social (IV), par Michel Leis »

  1. Et la suppression des aides sociales c’est pas envisageable ?

    Ce serait nettement plus simple. Vous diminuer d’autant les charges patronales. Vous privatiser et hop le tour est joué.
    Bien sur une bonne police restera surement nécessaire.

  2. Dans tous les cas le temps de travail est réduit et transformé soit en chômage, soit en temps libéré si associé à un revenu (retraite, Revenu de base)

    Le Revenu de base laisse plus de liberté que la réduction autoritaire du temps de travail.
    Il peut s’ajuster de sorte à ce que offre et demande de travail coïncident.
    Le Revenu de base permet de revenir au plein emploi,.. même avec très peu d’emplois!

    La question la plus délicate est celle de son financement, qui doit nécessairement se faire sur le capital, puisque le travail tend à disparaître.
    Et il est à craindre que les propriétaires ne préfèrent réduire ou supprimer leurs outils de production, s’ils doivent à la fois produire et financer de quoi acheter leur production… ou celle d’un concurrent! Autant, en effet , distribuer gratuitement, ce qui n’est pas très motivant pour les propriétaires.

    Sauf si les propriétaires sont … la collectivité.

    D’ ou ma proposition:

    http://www.pauljorion.com/blog/2014/11/12/les-72-000-familles-et-la-dette-par-zebu/#comment-507106

    1. @Dominique
      Votre proposition a le mérite de tenir compte de la disponibilité et/ou de l’épuisement des ressources, contrairement à Michel Leis.
      Mon opinion est que l’État doit devenir l’unique gestionnaire des ressources matérieles avec le mandat de maintenir une qualité de vie optimale pour tous, nos générations et celles à venir. .
      Si c’était le cas l’État devrait être le seul émetteur de la monnaie, qui est à l’origine, rappelons le, un outil d’échange rien de plus.
      On ne finance pas le revenu de base, l’.État remet à chacun l’outil nécessaire pour assurer sa subsistance adéquatement en échange du partage du travail et des responsabilités reliés aux besoins de la qualité de vie souhaité ou possible……selon la disponibilité des ressources.
      Il faut oublier  »la loi du marché » et s’en tenir à l’essentiel, taxer lourdement » l’inutile » pour en décourager la fabrication et l’utilisation..
      L’État accorderas des prêt sans intérêts aux entreprises seulement dans les secteurs d’activités retenus comme essentiels par les communautés et toujours en tenant compte de la disponibilité des ressources..
      Toutes autres mesures sociales disparaissent. Dans la transition le capital est imposé pour revenir dans le cadre d’un revenu maximum.
      Des usines doivent fermés se seront les moins polluantes, il y aura un partage responsable du travail restant selon les capacités et talents de chacun etc..
      Gérer adéquatement les ressources restantes, sans autres techniques que celles existantes qui sont déjà largement performantes pour réaliser les objectifs, est le seule moyen de sortir par le haut, selon l’expression de M.Jorion.

      1. @Alain

        « Ma » proposition rejoint en effet votre opinion. La rente des Ressources essentielles doit financer les besoins de la collectivité. L’Etat peut par ailleurs encourager/décourager les entreprises privées, en leur accordant ou non l’accès à ces Ressources, selon leur utilité/nocivité.

        Mais il ne faut pas « oublier » la loi du marché, elle n’est pas nocive en elle même!
        En effet, si les Ressources essentielles sont gérées intelligemment,(et non abandonnées au pillage) le marché aura spontanément un comportement vertueux. On interdit pas, on fait en sorte que chacun trouve un intérêt personnel à avoir un comportement vertueux, à la limite sans même qu’il en soit conscient. (de même que actuellement, on détruit les ressources et on pollue parce que « c’est comme ça », bêtement)
        A la limite un bon logiciel (écrit de manière démocratique) devrait savoir gérer tout ça!

  3. @ Michel Leis

    On peut imaginer revenir à une retraite à taux plein à partir de X années de cotisations (35 ans ?), à l’opposé des politiques actuelles. Combiné avec une réduction du temps de travail et une possibilité d’interruption de carrière financée par l’État, on peut imaginer se retrouver dans une situation de plein emploi avec un nombre d’emplois offerts et de candidats pour ces emplois beaucoup plus réduit, combinant ainsi le partage du travail et la redistribution des revenus.

    Si je comprends bien, vous pensez que l’expérience française de la retraite à 60 ans et des 35h payées 39 a été trop timorée. Pourquoi pas ? Mais alors il ne faut pas être obligé de faire des échanges commerciaux avec des pays adoptant des politiques allant à l’opposé (retraite à 67 ans et travail au maximum des possibilités humaines). Ils nous élimineraient encore plus vite de la compétition mondiale à l’abri de laquelle il semble difficile de se placer.

    Or, notre pays pauvre en capital matériel (richesses minérales et fossiles), pousserait de plus à la sous exploitation de son capital humain là où s’est formé sa richesse immatérielle de savoir et savoir faire. Nous sommes déjà en déclin sur ce plan du fait d’un système éducatif à la dérive qui nous pousse vers la queue de classement PISA. Suivre votre proposition me parait suicidaire.

    De grâce, expliquez-nous votre compréhension de l’économie et de la vie réelle !

  4. Ce système de mesures fiscales, pour la reconstruction d’un Etat social durable, me paraît cohérent et en phase avec l’évolution de l’emploi dans nos sociétés; je pense qu’il a une chance sérieuse d’être compris et porté par les nouvelles générations d’entrepreneurs et que celles -ci convaincront assez rapidement les anciennes, puisque que dans les habitudes de pensée des anciens, il n’y a pas d’alternative à la précarisation dangereuse des salariés.

    Comme souligné dans le texte, l’un des préjudices possibles de ce système redistributif est que le partage du travail pourrait être subit par les salariés au travers de « critères qui sont à la discrétion des entreprises : âge, salaire, compétence spécifique, etc. » . En effet, cette modification radicale et judicieuse du cadre redistributif ne change pas le contexte de la subordination du salarié au patron dans le contrat de travail ; reconstruire une social-démocratie radicale demande donc parallèlement, il me semble, de penser d’un même mouvement la participation des salariés.

  5. Merci de cet important travail de remise en perspective et de premières pistes , qui mérite qu’on prenne le temps de se l’accaparer , et qui devrait alimenter sans réticence la réflexion des esprits un peu ouverts et responsables dans l’ensemble de l’agora sociale , économique et politique .

  6. Bonjour,

    « …Ce n’est pas une conséquence inéluctable du progrès technologique ou de la mondialisation, ce ne sont que des tactiques mises en œuvre dans une lutte sans pitié pour imposer des rapports de forces. »

    C’est au contraire une conséquence inéluctable du faux nez progrès, masque de la croissance, mercantilisme mondialisé.

    De tous temps, le monde dominant a utilisé les possibilités offertes par l’époque pour accroître sa puissance. Au Moyen Age, s’appuyant sur l’ignorance profonde, il invoquait Dieu et sa puissance divine.

    C’est comme si vous écriviez que les 500 000 morts français sur 60 ans de l’automobile ne mettaient pas en cause celle-ci, mais les mauvais conducteurs (argument courant).
    Non, compte-tenu de l’état de la population française à l’époque, il ne pouvait qu’y avoir environ 500 000 morts, beaucoup plus dans un pays plus latin, moins dans un pays nordique.

    Il est de fait que nous les humains ne sommes pas vraiment sortis de l’animalité dominants/dominés, malgré la trompeuse apparence constamment fournie par nos dominants qui y ont intérêt.
    Par ailleurs on ne comprend pas bien la dominance, si on ne perçoit pas qu’elle se diffuse de proche en proche, par tâche concentrique en quelque sorte : Superdominants en lutte/collaboration suivant les circonstances – dominants souhaitant profiter du contexte – sous-dominants estimant qu’il vaut mieux collaborer (cf les examens universitaires) – dominés car étrangers aux règles et savoirs implicites – révoltés associaux délinquants ou poitiques…

    La chance que nous offrent les difficiles circonstances à venir – réchauffement, effondrement de la biodiversité, catastrophes technologiques et j’en passe, c’est que ça ne peut plus continuer comme cela, même si on est dominant.

    A quoi sert d’être très riche japonais, si le Japon devient radioactivement inhabitable ?

    C’est comme si la planète, essorée, s’invitait au grand banquet de la dominance, pour faire émerger la réalité de la réalité face à la fausse réalité déversée par tous les robinets médiatisés de la dominance.

    Pour la première fois dans l’histoire de l’humain, les conséquences néfastes de la volonté de pouvoir des dominants, aliénant les dominés à leurs intérêts sous prétexte de les enrichir (aujourd’hui le progrès) (cf. la société féodale, avec le seigneur disant « construisez-moi un château, je vous protégerai des autres méchants seigneurs agresseurs ») sont visibles, car rendues planétaires par le progrès technique.

    Pour la première fois, le dominé a les yeux dessillés par ce qui est d’habitude sous le tapis fleuri (impact écologique, économique, financier, sociologique), provoquant sa « désaliénation » accélérée.

    Pour la première fois – mais c’est la première fois que l’homme fait basculer le climat – nous sommes mis en nécessité absolue de s’affranchir de l’animalité. Comme nous ne sommes pas idiots – aliénés mais pas idiots – nous allons le faire.

    Dans une extraordinaire difficulté, mais nous allons reconsidérer la notion absurde de richesse accumulation de biens et de déplacements et de services (laquais rémunérés). C’est fou ce qu’un humain dominant change vite de façon de voir, quand le contexte change (cf les apparatchiks soviétiques devenus libéraux grand teint). Si le dominant à intérêt à évoluer, le dominé, imitateur du dominant, changera.

    Un des premiers changements difficile à venir : Se demander non pas « comment je vais faire suer la planète (pétrole, gaz, nucléaire, minerais …) pour qu’elle me fournisse ce que j’estime être ma richesse normale », mais  » quel mode de vie puis-je avoir sans porter atteinte à cette planète et ses autres occupants, même s’ils sont lointains ».

    Cette démarche exclut l’avion et l’automobile généralisés. Ca tombe bien, ils tuaient le voyage par disparition même de la notion d’ailleurs. Comme l’agriculture industrielle, ils faisaient disparaître le substrat même qui les justifiait. A quoi bon aller en Chine, si ce n’est plus différent d’ici.

    Delphin

    1. @Delphin 14 novembre 2014 à 11:16

      Merci pour ce long commentaire plein de réalisme.

      …..quel mode de vie puis-je avoir sans porter atteinte à cette planète et ses autres occupants, même s’ils sont lointains ».

      Il faut probablement réduire le niveau de vie des pays les plus gros consommateurs. Il faudra qu’ils ne dépensent pas plus d’énergie que ce qu’ils sont capables de capter sur les sources renouvelables.

  7. « reste-t-il une voix à gauche pour les porter ? »
    Il y aura sûrement une (ou plusieurs) voix à gauche pour les porter, mais de là à les faire gagner …

    Oui, merci !

  8. On pourrait simplifier le débat en constatant que dans notre société de consommation, tous les impôts , toutes les cotisations sont en fait payés par les consommateurs qu’il importe de diviser entre nationaux et internationaux (qui paient nos importations, pétrolières au premier rang). Il s’ensuit qu’il n’y a effectivement AUCUNE justification (autre qu’historique) entre les sécurités sociales des salariés, indépendants, fonctionnaires. Ceci est un argument fort en faveur d’une allocation universelle inconditionnelle remplaçant les systèmes de chômage, de revenus minima et de pension.

    1. Mais qui paye les consommateurs? L’oeuf ou la poule?

      En fait ce sont les ressources offertes par la nature et le savoir faire cumulé des générations d’humains qui « payent » ça.

      Ce ne sont donc ni les propriétaires, ni les consommateurs, et bientôt plus les « travailleurs », puisque le travail humain disparaît.

      La question est de savoir qui doit profiter des ressources (dont le savoir faire)… ?
      Evidemment tout le monde.
      D’ou la nécessaire réappropriation des ressources, par la collectivité.

      1. @ Dominique Gagnot 14 novembre 2014 à 12:11

        D’où la nécessaire réappropriation des ressources, par la collectivité.

        Oui mais les expériences de collectivisation en Ex URSS, en Europe de l’Est, en Chine et ailleurs, ont fait apparaître un important retard de développement par rapport aux collectivités ayant opté pour le capitalisme, l’économie de marché et la stimulation concurrentielle au sein des individus et entre collectivités.

        Que faites-vous de l’expérience acquise en ex RDA au bout de 45 ans de collectivisation ?

        Il n’y a même pas une semaine, on célébrait à Berlin, la fin de ce régime que les populations concernées ne supportaient plus. Au bout d’un quart de siècle d’efforts de remise à flot par l’Allemagne de l’Ouest, assistée de l’Union européenne, la population de l’Est, n’a pas encore comblé son retard.

        Voulez-vous offrir cela à vos enfants et petits enfants ?

      2. Mais qui paye les consommateurs? L’oeuf ou la poule?

        C’est justement là l’originalité de notre société : c’est la consommation le moteur, plus le travail !
        Ceci dit je vous approuve pour le reste, cette consommation destructrice de ressources réelles ne peut perdurer ad infinitum.

      3. @ jducac 14 novembre 2014 à 15:46

        Mais précisément qu’est ce qui vous dérange dans ma proposition ??

        En quoi auriez vous moins de liberté que dans le système actuel, si ce n’est que vous ne pourriez plus extraire de rente à titre personnel.
        Alors que vous bénéficieriez d’un revenu de base, et n’auriez pas à payer de taxes ou impôts sur votre entreprise individuelle ?

        ça n’a rien de comparable avec l’URSS, ou il n’y avait pas de liberté d’entreprendre. « mon » système reste capitaliste, économie de marché concurrentielle, avec totale liberté, si les contraintes écologiques sont respectées!

        Seules les Ressources essentielles, dont les grandes entreprises qui ont un monopole du fait de leur taille, seraient gérées par l’Etat. (ne voyez pa l’Etat comme étant nécessairement un truc bête et méchant, on peut aussi imaginer un logiciel très intelligent et incorruptible…)

  9. @ Dominique Gagnot 14 novembre 2014 à 10:13

    Le Revenu de base laisse plus de liberté que la réduction autoritaire du temps de travail. Il peut s’ajuster de sorte à ce que offre et demande de travail coïncident.
    Le Revenu de base permet de revenir au plein emploi,.. même avec très peu d’emplois! La question la plus délicate est celle de son financement, qui doit nécessairement se faire sur le capital, puisque le travail tend à disparaître.

    Il ne faut pas s’inquiéter pour si peu. D’ailleurs notre Président l’a dit. « C’est l’Etat qui paye ». Il a commencé son quinquennat en taxant davantage le capital, puis il a fait rapidement marche arrière en voyant que cela nuisait à l’investissement et à la compétitivité.

    Vous ne pensez quand même pas qu’en consommant le capital pour alimenter un « Revenu de base » surtout destiné à la consommation, cela permettra d’accélérer l’investissement nécessaire à la préparation du futur ?
    Sinon, ce serait bien d’expliquer en quoi cela va renforcer notre compétitivité dans les échanges internationaux auxquels nous ne pouvons nous soustraire.

      1. @ Michel Lambotte14 novembre 2014 à 13:57

        Le revenu de base ne sera jamais destiné à la consommation.

        Mais pourquoi donc? A supposer que les machines fassent tout le travail (ce vers quoi on tend), que fera t’on de leur production si le Revenu de base ne permet pas de l’acheter ?

      2. @ Michel Lambotte 14 novembre 2014 à 13:57

        Il me semblait que le revenu de base était destiné à couvrir les besoins essentiels de la vie. A ma connaissance on ne peut pas vivre dans l’univers, sans consommer d’énergie pour alimenter sa vie.

        Même les robots sont dépendants de l’énergie. Il leur faut la capter, l’ingérer, l’assimiler, la transformer etc…. tout comme n’importe quel organisme vivant a besoin de le faire pour pouvoir vivre. Heureusement l’énergie existe en abondance dans l’univers. Tout le problème réside dans la bonne maîtrise des processus à mettre en jeu pour y parvenir.

        Si le revenu de base ne sert pas à cela, a quoi servirait-il, selon vous ?

      3. @Michel Lambotte,

        humm , méfiance…

        une multinationale de super marchés éthiques peut construire une offre adaptée au « revenu de base »,; la consommation est d’abord une consommation d’image ( Baudrillard , le système des objets) c’est à dire de positionnement social.

        « L’hypocrise » qui nous attend déjà , n’est-elle pas de faire porter la médaille de la « sobriété volontaire » aux affiliés du minimum vital?

        Motto: revenu de base et coopératives municipales( Jean Zin)

      4. En fait, le revenu de base sera le moteur de la création ou ne sera pas.
        Bien sûr, le rôle animal de l’homme qu’est la consommation devra toujours être assouvi dans le respect des limites planétaires mais ne doit en aucun cas se limiter au revenu de base, on peut assouvir ces besoins par une certaine autonomie que le revenu de base aura permis.
        Je pense que le capitalisme n’en prend pas la direction, il se fout comme de l’an 40 des ressources planétaires et sans consommation pour payer la rente, il est foutu.
        Soit on arrête ce cirque soit on disparaît.
        A mon sens, il faut un revenu de base avec connaissances de base et réalisation de base qui permette d’aller vers la sobriété énergétique tout azimut.
        Je suis convaincu que bien présenté il y aurait des adhérents et pas seulement chez les affiliés du minimum vital.
        @ Dominique Gagnot
        Nos propositions vont dans le même sens, vous par le haut moi par le bas, les deux sont complémentaires et non exclusives, je vais me pencher plus avant sur vos propositions.

    1. D’abord merci de votre réponse, il est particulièrement constructif de discuter avec des points de vue antagonistes.

      Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’il est impossible de financer un Revenu de base à partir du capital, sauf à le faire fuir.

      On a beau retourner le problème du financement social, (Revenu de base, diminution du temps de travail, avancement de la retraite, etc.) dans tous les sens, c’est sans solution dans ce système.

      Taxer le capital (les machines) le fera fuir,
      Une TVA ne touchera pas les plus fortunés (…)
      Taxer le travail est improductif, puisqu’il disparaît,

      Donc il faut admettre que seuls les propriétaires de ressources auront à terme encore les moyens d’acheter ce que produit le capital, presque sans travail, ainsi que le petit nombre de personnes encore utiles à cette société.
      Et donc que le plus grand nombre, qui vivait autrefois de son travail, devenu inutile, sera relégué dans une société de seconde zone, vivant de peu comme il y a 3 siècles.

      Soit on accepte ça, soit on remet la question économique à plat, comme je l’ai proposé ici

      Notez que dans cette proposition, il n’y a ni taxes ni impôts! Et pourtant on peut financer tout le nécessaire! Et chacun à intérêt à entreprendre, ou travailler, … ou pas si le nécessaire lui suffit…
      De plus, les riches ne sont pas spoliés. Par contre ils ne peuvent plus tirer de rente de leur capital. C’est tout. C’est la société toute entière qui profite de la rente, qui fait tourner le système!

      Les seules limitations sont dans les capacités de production, … qui ne cessent d’augmenter !, grâce au progrès scientifique, technique, et autres…

      1. Je vous cite:

        La collectivité devenue propriétaire des ressources, pourrait alors les utiliser dans l’intérêt général, pour répondre à des objectifs sociaux et écologiques, et non plus « pour faire du fric ».
        Les revenus très importants tirés des loyers et des bénéfices des entreprises socialisées, pourraient financer un Revenu de base et toutes sortes d’activités utiles au bien commun…

        En PRINCIPE, je vous donne raison MAIS comment éviter la dérive communiste ?? Qu’est-ce que ‘la collectivité’ EN PRATIQUE :
        Une administration, un parti, des oligarques , un grand homme ?
        Je crains que votre système n’existe déjà en Russie, en Arabie …

      2. En fait nous avons des difficultés à nous comprendre, car nous n’avons pas le même référentiel.

        Tant qu’il sera admis que les fortunés sont le centre du système, et que leurs intérêts priment toute autre considération, c’est sans solution. Ils finiront par tout posséder, et les inutiles (pour eux) rien, sur une Terre invivable.
        Ceux qui acceptent ça devraient le dire, mais comme jamais ils ne l’avoueront, il y aura d’éternelles incompréhensions.

        Sinon, il faut admettre un changement de référentiel:
        Le centre du système, ce ne sont pas les fortunés qui détiennent les Ressources essentielles, ce sont les Ressources essentielles elles même!! Partant de là, tout devient très simple.

        En fait c’est exactement la même problématique que quand on croyait que la Terre était le centre du système solaire. Dès que l’on a admis que le Soleil en était le centre, le mouvement des planètes est devenu évident!

        Il y a un gros bugg dans la constitution de 1789:
        Il fallait exclure les Ressources essentielles de la propriété privée!Et donc les partager équitablement.
        Sinon, qu'est ce qui empêcherait, au bout d'un certain temps, une seule famille de posséder la Terre entière ???
        Et ils vont ou les autres ?
        Mais on accepte ce système tant que les autres, … ce n’est pas nous.
        ——————–
        Pour répondre à jducac, une fois que l’on a ainsi remis les choses en place, les échanges internationaux, tels que pratiqués aujourd’hui sont une aberration.
        Il apparaît illogique d’importer des choses que nous serions capables de faire par nous même, si par ailleurs nous sommes incapables de nous satisfaire des ressources essentielles à notre disposition, alors que notre pays (Europe?) est loin d’être le plus mal loti.

        En fait notre conception actuelle de l’économie mondialisée va à l’encontre de l’intérêt des peuples. Soit on persiste dans cette ineptie, auquel cas c’est sans solution, soit on accepte de reconsidérer la question économique.
        Il me semble que la priorité est évidente, non?

      3. @Hadrien 14 novembre 2014 à 16:48

        La dérive « communiste » (ou plutôt staliniste) n’est possible que dans un régime totalitaire.
        Dans une réelle démocratie, ou c’est véritablement le peuple ou ses représentants sélectionnés de manière démocratique (et non dans une parodie), ça ne peut pas se produire.
        Il suffit de prévoir les mécanismes constitutionnels adéquats.

        Par ailleurs, notez que le libéralisme économique finit par concentrer les pouvoirs économiques dans quelques mains! Donc pourquoi avez vous plus peur de ce que je propose? Bien au contraire, personne ne pourra concentrer les Ressources!

      4. @Dominique Gagnot 14 novembre 2014 à 14:00

        il est particulièrement constructif de discuter avec des points de vue antagonistes.

        Je partage tout à fait votre avis sur ce plan et apprécie beaucoup les blogs (trop rares) où comme sur celui de Paul Jorion il est possible de confronter des points de vue divergents en argumentant sur la base de faits et de preuves en vue d’aboutir à des visions proches, voire même, communes.

        J’ai relu votre long commentaire du 12 novembre 2014 à 17:43 faisant suite au billet de Zébu concernant les 72 000 familles. Là encore vous préconisez la mise en commun pour mieux régler nos difficultés, mais cela ne me semble pas réaliste.
        La nature, tant pour la flore que pour la faune, ne semble pas s’être conformée à ce principe, chacune des espèces, entre en compétition avec les autres pour s’approprier les ressources dont elle a besoin afin de vivre et se perpétuer.
        Même à l’intérieur de chaque espèce animale ou végétale, il n’y a pas une égale répartition des richesses entre tous les individus du fait de l’inégale répartition dans l’espace. En final, ce sont toujours les plus mal lotis qui font les frais de leur situation désavantagée.

        Il me semble que l’humanité se trouve dans une situation similaire sur la planète terre.

      5. @ Dominique Gagnot 14 novembre 2014 à 18:17

        Le centre du système, ce ne sont pas les fortunés qui détiennent les Ressources essentielles, ce sont les Ressources essentielles elles mêmes!! Partant de là, tout devient très simple.

        Je suis d’accord avec vous mais il faut aussi que vous admettiez deux faits importants :
        1- Devant des ressources existantes certains individus ou certains regroupements d’individus sont capables de les mettre en valeur, et de les exploiter notamment par un réinvestissement partiel. Leur entreprise peut ainsi amener des progrès qui, au final, profiteront à tous et à l’avenir de l’humanité.
        2- D’autres devant les mêmes ressources potentielles, n’en sont pas capables et se contentent de seulement jouir de la vie en se donnant seulement une vie agréable et douce « sans prendre conscience » de ce qu’en faisant ainsi ils consomment le capital commun au lieu de s’employer à le renouveler en le réinvestissant judicieusement. Ceux là laissent l’humanité s’éteindre à petit feu, tout en étant conscient qu’un jour ou l’autre, l’épuisement des ressources amènera à des conflits et à des exterminations.
        Ce qui me gêne dans votre façon de voir les choses c’est de poser comme principe que les plus fortunés, ceux qui détiennent les ressources essentielles doivent nécessairement abandonner leur leadership à la collectivité.

        Le risque est grand, à l’exemple de ce qui s’est passé au siècle dernier avec la naissance de systèmes socialo communistes, que le nouveau collectivisme que vous prônez se révèle moins performant que ceux qui se sont distingués en devenant les leaders naturels au sein d’entreprises entreprenantes ayant été capables de s’imposer au plan mondial.

        La preuve est maintenant faite que des leaders politiques seulement capables d’exploiter les ressources politiques d’un pays ne sont pas les mieux à même d’assurer l’avenir de leur collectivité nationale, s’ils n’ont pas été formés à l’économie réelle telle qu’on l’apprend chez les entrepreneurs et dans les entreprises soumises à la concurrence au niveau le plus élevé, au niveau mondial.

      6. @jducac 15 novembre 2014 à 09:46

        Je partage tout à fait votre avis sur ce plan et apprécie beaucoup les blogs (trop rares) où comme sur celui de Paul Jorion il est possible de confronter des points de vue divergents en argumentant sur la base de faits et de preuves en vue d’aboutir à des visions proches, voire même, communes.

        Tout à fait! Et c’est bien la première fois que je peux sereinement exposer mon point de vue avec des personnes qui ne le partagent pas (encore 😉 )
        Habituellement je reçois des tombereaux de lieux communs, et la discussion est impossible. Le blog de Paul Jorion est unique, grâce à une modération très intelligente.

        J’ai relu votre long commentaire du 12 novembre 2014 à 17:43 faisant suite au billet de Zébu concernant les 72 000 familles. Là encore vous préconisez la mise en commun pour mieux régler nos difficultés, mais cela ne me semble pas réaliste.
        La nature, tant pour la flore que pour la faune, ne semble pas s’être conformée à ce principe, chacune des espèces, entre en compétition avec les autres pour s’approprier les ressources dont elle a besoin afin de vivre et se perpétuer.

        Merci de l’avoir lu. 😉
        Je propose en effet de faire une gestion commune des Ressources essentielles, irremplaçables, rares, que le marché gère de manière irresponsable, ce qui nous emmène fatalement dans le mur.

        Nous sommes la seule espèce à être en mesure de détruire notre environnement!
        Aucune espèce animale ou végétale ne cherche à accaparer les ressources pour tirer une rente de ses congénères. Sauf… la nôtre.
        La Nature s’auto régule parfaitement depuis des millions d’années, alors que nous en 2 siècles on va jusqu’à rendre la vie impossible sur Terre!, cela n’a rien de comparable.

        Une fois posée la barrière de la gestion commune et responsable de ce qui doit l’être, chacun fait ce qu’il veut! Et bien au contraire, on gagne en liberté puisque chacun aura une sécurité financière et sociale.

        Et tant mieux si des individus savent mieux tirer profits de ressources que les autres, ils permettront à tous de les économiser, et en seront donc les premiers récompensés par la valeur que prendra leur entreprise. Ou y’aurait il incompatibilité avec ce que je propose ?

        Et ceux qui préfèrent se contenter de jouir de la vie avec le revenu de base, qu’ils en profitent. Mais je ne crois pas une seconde que ce sera le cas de ceux qui ont des idées à valoriser.

        Je suis pour la liberté individuelle, qui ne doit pas être empêchée du fait que – dans le système actuel – certains n’ont pas accès à un minimum de ressources essentielles, car ceux qui les détiennent s’en moquent. En fait vos reproches sont justifiés… dans le système actuel!

      7. @Michel Lambotte 15 novembre 2014 à 10:27

        Qu’entendez vous par ressources?
        Incluez-vous les connaissances dans ce terme ressources?

        Merci d’avoir lu ma prose, et d’y adhérer. Nos points de vue sont en effet complémentaires.
        Les Ressources sont:
        Le territoire, l’air, l’eau, les espaces cultivables, l’énergie, les matières premières, les infrastructures, tout ce qu’ont construit nos ancêtres, et aussi les immeubles et les grandes entreprises qu’il est impossible de multiplier.

        Vous avez raison, il faut en effet ajouter l’ensemble des connaissances, à l’exception des nouvelles inventions, sauf à ce que la collectivité les achète. Sinon, cela découragerait la recherche privée, qui a tout son intérêt.

      8. @Dominique Gagnot 15 novembre 2014 à 14:00

        Je propose en effet de faire une gestion commune des Ressources essentielles, irremplaçables, rares, que le marché gère de manière irresponsable, ce qui nous emmène fatalement dans le mur.

        Votre proposition me fait peur. Une ressource étant ce qui permet de vivre, vous voulez donc confier à un organe de gestion central au niveau planétaire, l’espace terrestre et tout ce qui s’y trouve, tant au dessus qu’au dessous du sol. Voilà pour le capital matériel.

        Tant que vous y êtes pourquoi ne mettriez-vous pas sous la coupe de ce grand manitou, la gestion du capital humain ? C’est d’ailleurs ce que les régimes socialo communistes qui se sont constitués au siècle passé avaient fait.

        Et puisque ce capital matériel et humain ne s’appartiendrait pas, il serait logique que les enfants engendrés par un tel système échappent à leurs parents. Certains y ont déjà pensé, mais leur territoire d’influence national leur apparaissait trop étroit. Ils ont dans un premier temps, prévu d’œuvrer au niveau de l’Europe, avant d’atteindre la gestion centrale planétaire dont vous rêvez.

        http://blog.lefigaro.fr/rioufol/2014/02/vincent-peillon-ou-la-tentatio.html

        Bien cordialement.

      9. @ Michel Lambotte 15 novembre 2014 à 10:27

        Incluez-vous les connaissances dans ce terme ressources?

        Oui ! Les connaissances constituent une part essentielle du capital humain. Normalement, dans nos sociétés évoluées, les connaissances de base sont délivrées à chaque individu par le système éducatif (éducation familiale, nationale et religieuse) sous réserve d’un minimum d’aptitude à les assimiler et à fournir les efforts nécessaires.

        L’éducation nationale, dans nos pays développés est gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans. L’apprentissage d’un métier modeste, permettant cependant de gagner sa vie, est également gratuit. Malheureusement, pour diverses raisons et surtout parce qu’ils n’y sont pas suffisamment incités, voire davantage contraints, certains enfants en nombre grandissant, arrivent à l’âge adulte sans s’être constitué le capital de connaissances de base qu’avaient acquis, au même âge, leurs parents, leurs grands parents, voire mêmes leurs arrières grands parents.
        Quant aux études conduites au delà, je pense qu’elles doivent être financées au plan privé.

      10. @ jducac
        Ne sous estimez pas la jeunesse actuelle, elle est bien plus capable de s’en sortir qu’on ne le pense.
        A chaque fin de civilisation la jeunesse est critiquée c’était déjà comme cela du temps des Sumériens et du temps des Romains.

        Quant aux études conduites au delà, je pense qu’elles doivent être financées au plan privé.

        Vous cherchez une nouvelle bulle financière ?

      11. @jducac 15 novembre 2014 à 17:50

        Votre proposition me fait peur. Une ressource étant ce qui permet de vivre, vous voulez donc confier à un organe de gestion central au niveau planétaire, l’espace terrestre et tout ce qui s’y trouve, tant au dessus qu’au dessous du sol. Voilà pour le capital matériel.

        Mais il ne s’agit pas de gérer toutes les ressources, mais seulement les Ressources essentielles.
        Ou ai je dit que cela devait être centralisé? L’échelle à laquelle se prennent les décisions dépend de la nature des ressources!
        L’eau des océans et leurs ressources se gèrent en effet à échelle planétaire, ou au moins continentale,
        Idem pour l’Atmosphère, et les quantités de polluants,
        Les entreprises dont l’impact est national, à échelle nationale, et des normes universelles,
        Les entreprises dont l’impact est régional, a échelle régionale,…
        etc.
        Pétrole et produits du sous sol, devraient se gérer collectivement à échelle mondiale (on en est loin)
        Vous préférez la dictature du fric, qui va décider de brûler des quantités astronomiques de fuel dans les jouets de personnes fortunées, au mépris de la pollution, et de ce que cette précieuse ressource n’est pas renouvelable.
        Ou encore pour faire voyager marchandises et voyageurs, pour des raisons futiles, mais génératrices de rente… etc.

        Par ailleurs, on peut imaginer sélectionner des personnes capables de gérer ça. Pour preuve, quand un Etat décide d’envoyer des types sur la Lune, il sait trouver les personnes compétentes pour le faire… Ce n’est qu’une question de volonté politique, totalement absente chez les Friqués qui aujourd’hui dirigent le monde. Enfin si, ils ont aussi leur volonté politique…

        Les politiques ne sont pas incompétents par ce que ce sont des politiques,
        mais parce que les Friqués choisissent de mettre des incompétents aux responsabilités! (on les comprends…, et il y a des élections pour la forme, hein…)

        ____________________
        Notre époque a ceci de particulier que le principal problème n’est plus de produire, (on saurait faire), mais de décider de…, et de répartir le moins mal possible.

        Et ça le capitalisme libéral ne sait pas du tout faire. Pire, il fait le contraire!

        La richesse se concentre, on abandonne des moyens de production, tandis que de plus en plus nombreux sont ceux qui vivent de rien.
        Et les personnes qui souhaiteraient travailler, ne manquent pas!

        Alors, pourquoi les Friqués ne mettent ils pas leurs capitaux à disposition ? S’ils ne le font pas, qui doit le faire???

        Admettez que je ma base là sur des faits.²

        Enfin, vous dénoncez à juste titre des régimes totalitaires, et passez sous silence les milliards de victimes que le capitalisme libéral mondialisé maintient dans la misère, faute d’accès au capital.

    2. Le problème du capital, c’est qu’il est à la fois une pure fiction et un instrument de domination. Tant que nous n’aurons pas adopté pour monnaie d’échange quelque chose qui ressemble au Joule, les problèmes environnementaux et sociaux seront insolubles. Mais bon, ce jour-là nous découvrirons que notre développement économique ne résultait que du pillage – intelligent, certes – des ressources fossiles.
      Quant à ruiner la qualité d’instrument de domination détenue aujourd’hui par le capital, je me joins à Delphin pour faire confiance en l’homme : nous trouverons bien d’autres moyens d’asservir nos semblables ou d’y être asservis.

      1. nous trouverons bien d’autres moyens d’asservir nos semblables ou d’y être asservis.

        C’est en effet le plus grand danger. Mais ne rien faire est le meilleur moyen d’y arriver.
        Aujourd’hui, si nous arrivons a reprendre le contrôle du système économique et social, nous avons grâce à Internet, et l’Education populaire (voir Franck Lepage), les moyens de le conserver.

        Les Fortunés ont aujourd’hui le pouvoir car tout est fait pour maintenir le peuple dans l’ignorance.
        Preuve en est que des vidéo de grandes qualités circulent sur internet, mais qui jamais ne passeront sur une grande chaîne TV! Les TV/radios officielles ne font que de l’enfumage. On se garde bien d’aller au fond du problème…

  10. Cette contribution propose d’examiner des réformes visant à « aggrader » les équilibres des actuels régimes sociaux, tout en montrant quels mécanismes ont contribué à leur dégradation.
    Pour moi qui ne suis aucunement économiste, je crois avoir enfin compris , bien tard ,qu’on ne doit pas séparer les différents champs politique, social, économique, écologique, technologie. De plus on ne peut méconnaître les changements intervenus dans la connaissance de la biologie. Tout est lié, dans un seul progrès ( évolution , sur la très longue durée –comme aussi bien la bonne santé ou la maladie « progressent ») dont la transversalité ne peut plus être occultée aujourd’hui, face au réchauffement climatique. C’est en tant que réponses possibles à cet inattendu global (au sens propre) que seront estimées les tentatives proposées dans les différents champs. C’est pourquoi je demande s’il ne faudrait pas partir d’une nouvelle problématique : Pas raisonner à partir seulement du système social et des rapports de forces actuels hérités de l’histoire proche, mais de ce à quoi il faut dès aujourd’hui s’attendre. : Une véritable nécessité de bifurcation dans les croyances qui sont en arrière des motivations.

    1. Pas faux . Certains voient une issue dans le big data .

      Mais le big data c’est comme l’océan , on y pèche que ce que l’on y cherche, et en choisissant alors le bon filet avec les mailles que l’on a adaptées et adoptées .

  11. Pour la TVA, penser à une taxe flottante en remplacement, basée sur l’EBE : plus de masse salariale, plus de protection sociale, plus de formation = moins de TVA.
    cela résoudrait le problème de concurrence et de compétitivité.

    1. Exact, mais on ne peut prélever de TVA sur les dépenses de nos concitoyens faites à l’étranger, qui sont loin d’être négligeables chez les plus fortunés.
      On ne peut pas non plus prélever de TVA sur les fonds qui vont s’investir ailleurs que dans la consommation locale, se placer dans des valeurs refuges en particulier si elles sont hors du pays.

      Par ailleurs, l’impôt sur les revenus ou les bénéfices se contourne en s’exilant.

      Les gros fortunés ne seront impacté par la TVA que de manière marginale, comparativement à leurs revenus. Ils auront beau jeu de continuer à capitaliser les ressources.

      A terme le pays aura perdu ses fortunés et ses entreprises, fermées faute de rentabilité.

      Et il reste les autres problèmes, liés au capitalisme libéral:
      Gaspillage des ressources et pollutions…
      Le capitalisme libéral ne sait pas gérer ça, alors que c’est tout aussi important que les problèmes sociaux.

      1. La TVA ne peut pas répondre à tous les problèmes. Si elle commençait par résoudre certains, ce serait déjà pas si mal.

      2. @ zebu 14 novembre 2014 à 14:02

        La TVA ne peut pas répondre à tous les problèmes. Si elle commençait par résoudre certains, ce serait déjà pas si mal.

        Ce ne serait que repousser, un peu, le problème, qui continuera de s’aggraver de manière dramatique, aussi bien sur le plan social que écologique.

        Il faut quelque chose de beaucoup plus global.

  12. Excellente réflexion mais dans le contexte actuel d’ appartenance à l’ U.E. prônant une politique ultralibérale ainsi que l’adhésion à l’ O.M.C. qui impose une liberté totale dans les échanges, comment mettre cela en oeuvre?
    Dans le passé, les droits de douane corrigeaient relativement les disparités entre le prix des produits fabriqués ici et les produits importés.
    La « concurrence libre et non faussée » est une bêtise car dans les conditions actuelles, mettre en concurrence un produit fabriqué dans un lointain pays où la main d’oeuvre est mal rétribuée et ne bénéficie pas des mêmes avantages sociaux, est d’emblée une concurrence faussée.
    Le libre échange ne favorise pas l’emploi, il le tue.

  13. Les adeptes de Keynes ont perdu leur bataille contre la voracité du capital au début des années 70. Je trouve Keynes avait une conception assez saine de la fonction de l’économie. Malheureusement, les protagonistes de Keynes étaient souvent teintés d’idéalisme, de naiveté aussi, car la force primitive des pulsions (école de Chicago, Chicago boys) a gagné. La satisfaction des pulsions, la cupidité antisociale est devenue une sorte de doctrice suprême. Elle a contaminé le milieu politique et les médias. Ce qui nous reste c’est certes de continuer un travail pédagogique au niveau du publique, mais je crains qu’aucun changement interviendra sans un crash. A mon avis, on n’en est pas loin, le jour du spectre appocalyptique approche.

  14. bonjour,
    une autre « branche » de réflexion fréquemment rencontrée sur ce blog pourrait se greffer sur les propositions de M.Leis : les monnaies locales.
    Pourrait-on imaginer que les sommes redistribuées par le système social le soient en monnaie locale, permettant d’acheter uniquement des produits et services d’origine locale ? Cela aiderait à la création ou au maintien d’emplois locaux.
    On parle souvent de deux niveaux de monnaie locale (une très locale et une nationale) ; les transferts sociaux pourraient être libellés pour partie dans chacun des deux types de monnaie.

    1. Pour ce qui est de « mon » système, oui c’est un outil intéressant, et ça n’a même pas l’inconvénient de permettre d’échapper aux taxes nationales, puisqu’il y’en a pas.

    2. @ bourby
      Ce système de double monnaie existe à Cuba, le CUP (cubano peso) qui ne peut servir qu’à l’achat de quelques denrées de base produites dans le pays et le CUC qui est un peso convertible aligné sur le dollar et qui sert à l’achat des produits importés.
      Le taux est de 1 CUC= 25CUP, le salaire mensuel moyen dépassant rarement 400CUP vous voyez les problèmes que cela génère!
      Les autorités mettent en place une unification progressive de la monnaie, mais comme l’on dit dans le pays « cada solucion tiene su problema » (chaque solution a son problème)…..
      Le système de la double monnaie n’est donc praticable sans tensions qu’à la condition d’une quasi autarcie pour le pays ou la région qui pratiquerait le dit système.

  15. Pour résumer :

    Principe du système actuel:
    Les Ressources essentielles sont propriété des Fortunés, qui les mettent à disposition moyennant une Rente, sans rien faire sinon maximiser cette Rente. D’où l’énorme secteur financier. Les Fortunés ont beau jeu de refuser de mettre à disposition ces Ressources essentielles, voir les détruire (fermeture/délocalisation d’entreprises) si la rente ne leur convient pas.

    Pour se financer, l’état n’a d’autre choix que les taxes et impôts sur la Rente, le Travail, et la Consommation. Ce qui pose quantités de problèmes de perception étant donné les multiples possibilités de contourner ces Taxes et Impôts, et en particulier quand il s’agit de taxer la rente du capital…
    De plus, les régulations doivent se faire par la loi, seul moyen à la disposition de l’état. Ce qui se contourne aussi. D’où une administration complexe, coûteuse et peu efficace.

    Principe du système que je propose:
    Les Ressources essentielles sont propriétés de l’Etat.
    L’Etat peut donc en tirer une Rente qui lui permet d’assurer tous ses financements, en particulier un Revenu de base.
    Les Fortunés ne peuvent plus faire de chantage du type « si (truc qui ne leur plait pas), on s’en va ». Dans tous les cas ils peuvent partir, puisqu’ils ne détiennent plus de ressources essentielles… Ce sont des gens devenus normaux. Aisés, mais sans pouvoir particulier lié à la détention de ressources essentielles. L’égalité entre tous ne serait plus un vain mot, bien que l’on serait plus ou moins aisés.

    De plus, par le biais de l’allocation des Ressources essentielles, l’Etat peut orienter l’économie, de manière vertueuse (sous réserve de réelle démocratie économique).

    Le secteur bancaire, service public, se réduit à délivrer du crédit gratuit pour l’investissement, et à tenir les comptes. (je rappelle que crédit gratuit ne veut pas dire prêt à volonté…)

    Une bourse reste utile, pour le financement d’entreprises qui se risquent dans l’innovation. L’état se réservant le droit de racheter ces entreprises à leur valeur boursière, pour éviter toute formation de monopole privé.
    Je rappelle par ailleurs, qu’une entreprise d’état peut être performante. Cela ne dépends que du talent et motivation des dirigeants et employés!

    Les échanges internationaux ne porteraient plus que sur les ressources essentielles que certains ont et d’autres pas.
    La guerre économique, hyper gaspilleuse en ressources essentielles qu’il suffit parfois de ramasser jusqu’à ce qu’il y’en ait plus, (quelle « gestion » stupide des ressources!) n’aurait plus de sens, puisque la finalité du capitalisme ne serait plus de maximiser la rente, mais de vivre au mieux. Resterait seulement une saine concurrence/émulation.

  16. Quand on arrive à la conclusion que notre monde est dominé par les rapports de forces, je ne peux pas envisager une réflexion sur les changements avenir sans commencer par me fixer une constante de temps. Tout mon être m’indique que l’on se trouve devant une révolution multi générationnel. De facto, « Toddisme » oblige, je me concentre sur la structure familiale du Citadin des métropoles occidentales. La femme s’est masculinisée à grande vitesse depuis son émancipation de son rôle de dépositaire de la Filia (c’est vache, mais elles n’avaient pas le choix). Graine d’où émerge toutes les structures plus complexes de la société, la famille c’est l’endroit qui nous permet de donner de la valeur à notre environnement dans des interactions fusionnelles. Bien plus loin dans la hiérarchie des relations entre groupes d’humains, on trouve le prix des choses-symbôles-concepts-modèles-structures… etc..
    L’État n’est plus autre chose qu’une fausse blonde botoxée aux formes silicones, faire valoir de milliardaires cyniques.

  17. @jducac et Hadrien

    Je pense qu’il y a un malentendu sur le fait que l’état détienne les Ressources essentielles.
    Cela ne veut pas dire pour autant qu’il les utilise lui-même dans des entreprises collectives!
    Pas du tout!

    Il les détiendrait justement pour en assurer une « juste » répartition dans le privé, moyennant perception de rentes, tout comme le font les Fortunés, mais qui eux gèrent actuellement les ressources essentielles… dans l’unique but de maximiser leur rente, en se moquant totalement des conséquences (désastreuses) de leur gestion.

    Autrement dit la gestion des Ressources essentielles n’aurait pas pour unique but d’en maximiser la rente, mais de permettre à la société d’en faire la « meilleure » utilisation possible.

    Autre points, j’avoue pas très clair:
    – A partir d’une certaine taille de capital, les entreprises seraient gérées par les salariés, la rente issue du capital allant à la collectivité, avec participation aux salariés (il en restera au moins 1!)…
    (Les grandes entreprises en situation de quasi monopole étant publique.)
    – Il faut tolérer une rente privée (sur une durée limitée?), pour récompenser l’innovation et encourager l’entreprise privée.
    ça reste évidement à discuter…

  18. @ jducac 15 novembre 2014 à 10:43

    Ce qui me gêne dans votre façon de voir les choses c’est de poser comme principe que les plus fortunés, ceux qui détiennent les ressources essentielles doivent nécessairement abandonner leur leadership à la collectivité.

    Hélas oui, car il est un fait que leur gestion ne vise bien trop souvent que à maximiser leur rente, au détriment de toute autre considération.

    Par ailleurs, je ne vois pas trop ce que le leadership des héritiers de grandes entreprises apportent à la société. Le fondateur oui, (normal donc qu’il touche le pactole quand la collectivité rachète le capital qu’il a su développer), mais ensuite…

    1. @Dominique Gagnot 15 novembre 2014 à 19:44

      Vous souhaitez supprimer l’héritage et sauver ainsi l’humanité. J’imagine que vous n’avez pas d’enfants et ne disposez pratiquement d’aucun bien propre significatif pour avoir eu cette idée qui a déjà germé dans d’autres esprits.

      http://www.toupie.org/Textes/Heritage_histoire.htm

      En supprimant l’héritage des avoirs économiques de ceux qui en possèdent, pour les centraliser chez un gestionnaire unique au niveau mondial, ne craignez-vous pas d’accroître l’effet de dépossession déjà ressenti par les peuples d’Europe qui souffrent de s’être défaits de leur souveraineté ?

      Pour rendre votre proposition plus « vendable », je pense qu’il serait bon, au titre du principe de précaution inscrit dans notre constitution, de faire une analyse de risque approfondie concernant la sauvegarde de la liberté individuelle.

      Est-on encore libre lorsqu’on ne peut donner ou léguer à ses enfants, les biens que l’on a acquis par son travail ou celui de ses ancêtres ? Ces derniers se sont souvent sacrifiés pour que leurs successeurs aient plus de chance de survivre que ceux de leurs congénères qui ne pensent ou n’ont pensé qu’à consommer au maximum de leurs possibilités.
      Ce qui est transmis par héritage, c’est la part non consommée de l’énergie qui a été captée dans une vie. Si par votre proposition vous incitez les gens à consommer durant leur vie tout ce qu’ils peuvent capter, au lieu de préserver la planète, vous allez l’épuiser plus rapidement. De plus, vous aurez permis aux plus malins de se hisser aux meilleurs postes de l’organe de gestion mondial qui deviendra, de fait, l’esclavagiste général de l’humanité entière.

      Les gens qui se seront hissés à ce poste, sous prétexte de préserver la planète, seront tentés en vertu de leur pouvoir suprême, de réduire autoritairement le niveau de vie général. De plus le fanatisme qu’ils feraient naître risquerait de les amener à éliminer leurs opposants (la terreur dans les années 1790 et 1930) et les consommateurs qu’ils considèreraient inutiles ou malfaisants (camps de travail et d’extermination dans les années 1940 et goulags jusqu’en 1961 ).

      En fait, ne voyez-vous pas que votre proposition tant à ramener l’homme au rang de l’animal, placé sous le jouc d’un pouvoir suprême? Ce projet dépasse le suicide français. C’est le suicide de l’humanité entière présenté sous prétexte de son sauvetage.

      Je vous souhaite un bon dimanche.

      1. @ jducac16 novembre 2014 à 07:30

        Les gens qui se seront hissés à ce poste, sous prétexte de préserver leur fortune, seront tentés en vertu de leur pouvoir suprême, de réduire autoritairement le niveau de vie général

        J’ai remplacé « préserver la planète » par « préserver leur fortune », et votre phrase s’applique exactement au monde actuel.

        Sinon, je ne propose pas de supprimer l’héritage, car cela ne concerne que le pouvoir économique lié à une entreprise. Je ne vois pas en quoi les héritiers seraient lésés, puisque l’entreprise serait rachetée à la valeur du marché.
        Ceci se justifie car les descendants d’un fondateur n’ont généralement pas de compétence particulière, sinon de chercher à maximiser la rente, au détriment des salariés et de la collectivité qui doit ensuite payer les pots cassés…

        Toutefois on peut prévoir des exceptions pour, par exemple, les artisans dont les enfants souhaiteraient reprendre la petite entreprise de leur père…

        Par contre je trouve parfaitement scandaleux qu’une personne puisse tirer une rente de l’ordre du million d’euros/jour d’une entreprise dont elle a hérité (Mme Liliane Bettencourt, parmi de nombreux exemples).

        D’autant que le fondateur n’est jamais le seul responsable du succès de l’entreprise!
        Il y a aussi les employés, les fournisseurs/sous traitants, et… la société toute entière, qui a permis au fondateur de naître dans un environnement favorable, de s’ y instruire, et sans laquelle il n’y aurait aucun client.

        Comment justifiez vous pareil héritage?

        Par ailleurs, une fois que les entreprises relativement faciles à créer ont été créées et développées, les entrepreneurs potentiels suivants font quoi? Impossible de réinventer ce qui existe déjà. Il arrive un moment ou la création d’entreprise demande des moyens hors de portée… (ticket d’entrée)

        En 1789 on a abolit la transmission du pouvoir politique
        Aujourd'hui il faut abolir la transmission du pouvoir économique
        car il est - de fait - le pouvoir suprême !

        Il est temps de corriger cela, sauf à ce que vous soyez pour une monarchie économique (notez comme les fortunes se concentrent indéfiniment), gestionnaire unique?

        Je ne souhaite justement pas de gestionnaire unique, mais une gestion réellement démocratique, selon les souhaits de la base formée par une Education populaire, et non déformée par TF1…

        J’ai aussi des enfants, et souhaite leur transmettre un monde vivable.

        _________________________________________________

        Voici un système économique ou il n’y a ni taxes ni impôts! Et pourtant on peut financer tout le nécessaire! De plus, sans l’y contraindre, chacun a intérêt à entreprendre, à travailler … ou pas si le nécessaire, apporté par un Revenu de base, lui suffit. De plus, les « riches » ne sont pas spoliés. Par contre ils ne peuvent plus tirer de rente de leur capital. C’est tout. Car ce serait la société toute entière qui profiterait de la rente, rente qui fait tourner le système! Vous ne le croyez pas ?
        Cliquez sur le lien ci-dessous:

        Vers un Capitalisme Vertueux
        piloté par le peuple,
        et non plus par les rentiers

  19. Oui… mais non.
    C’est très bien de disséquer le cadavre encore chaud et frémissant de notre bon vieux capitalisme pour trouver la cause du décès, mais j’ai bien peur que ça ne fasse que cacher des arrière-pensées (Dans le fond ça marchait pas si mal que ça, avant !) et n’ encourage les plus nostalgiques à le maquiller pour le faire ressembler à un vivant. Les embaumeurs des pays développés s’y emploient désespérément à coup de QE (le Botox de nos économies vieillissantes) et de lipo-sucion des peuples.
    Que dire? Hurler que le Roi est nu?
    Inutile, le trône est vide. La cour a peur…
    Nous sommes déjà seuls, les responsables du mal et de l’issue fatale, pourtant nombreux,
    ont déjà montré leur incapacité à agir au moment où c’était encore possible. De plus, ils s’emploient actuellement à remplir leurs poches avant de quitter le navire dans les meilleures chaloupes.
    Il va donc nous falloir retrouver notre liberté et savoir (ou vite, apprendre à) nager…
    Très bientôt, pour le commun des mortels, plus d’emplois…Protégé ou non, plus de salaires prometteurs, de régimes spéciaux avantageux, d’avantages acquis, de privilèges discrets, de retraites confortables, de consommation compulsive, d’industries florissantes, d’ indemnités, maladie, ou logement, d’allocations familiales ou chômage… Et par la même occasion, pourquoi pas… Plus d’ordinateurs, de téléphones, de justice!… La liberté quoi!
    Une régression? La décroissance?
    Non, resteront des besoins essentiels, à satisfaire pour survivre… Et j’espère, encore des savoir-faire essentiels, correspondant simplement à ces besoins …
    Et peut-être enfin des humains qui oseront croiser le regard, et, les pieds dans la merde (c’est à dire enfin sur leur planète), réapprendre à se parler, à s’entraider sans intermédiaire, coach, patron, ou comparateur de prix… En frères quoi!
    Et ça urge, car chacun regarde ses chaussures ou son écran made in China.
    Impossible aujourd’hui de croiser un regard curieux, souriant ou bienveillant.
    Si, parfois encore, quelques très jeunes enfants sans écran ni manette… Et leurs parent qui vous toisent quand vous faites une grimace pour les faire rire!
    Le progrès, me direz vous? Pour quoi faire : dehors, tout le monde fait la Gueule!
    Dehors, je suis seul ou presque à sourire, à dire encore bonjour, merci, au revoir, Pourquoi?
    Je sais. Je suis fou.
    Ou alors c’est vous tous…
    Ah, j’en vois enfin qui sourient!
    Oui, mais là il n’y a plus de quoi rire!
    Bien fraternellement, Eric.

  20. Ben, quoi?
    C’est pas ça « Refonder un état social »?
    Refonder c’est repartir du début, non?
    Alors au boulot!
    Moi j’y vais…

  21. Je ne voudrais pas être parano, mais je n’arrive plus à accéder à l’hébergeur de ma prose.
    Quand je clique sur le lien, j’ai ce message:

    400 Bad Request

    The plain HTTP request was sent to HTTPS port
    nginx/1.4.4

    Quelqu’un sait il ce que ça signifie?

    1. Oui, que le chemin d’accès n’est plus valide. Sans doute une grosse mise à jour du site.
      Le mieux est de commencer par supprimer les cookies du site en question dans votre navigateur, et éventuellement l’historique, puis de réinitialiser votre navigateur.

    2. @Dominique Gagnot 17 novembre 2014 à 09:42

      Je ne voudrais pas être parano, mais je n’arrive plus à accéder à l’hébergeur de ma prose.

      J’ai eu la chance de prendre connaissance de votre « prose » avant que son accès me soit devenu impossible, moi aussi, ce qui est rectifié maintenant.

      Votre projet m’apparait exposer les individus et la race humaine dans son ensemble à trop de risques gravissimes pour que je le défende en l’état. C’est pour cette raison que j’ai proposé, ci-dessus le 16 novembre 2014 à 07:30 , que vous effectuiez une analyse de risques approfondie. Je pensais que vous la publieriez ici sur le blog de Paul Jorion où vous avez commencé à exposer votre projet le 12 novembre 2014 à 17:43 suite au billet de Zébu sur les 72 000 familles.

      Votre poste du 16 novembre 2014 à 12:34 ne répond pas à ma sollicitation, si ce n’est pour suggérer que le système que vous proposez, présente le même défaut que celui que vous souhaitez remplacer. Les gens qui se seront hissés au pouvoir démocratiquement en mentant à leur électorat comme actuellement, voudront préserver leur situation, même s’ils sont incompétents à préserver la planète.

      Vous pouvez même espérer qu’ils ne soient pas ingrats à votre égard. En effet, vous leur suggérez un nouveau discours (déposé à votre nom) qui me semble particulièrement apte à bien berner les électeurs les moins capables d’y déceler les pièges. Ces pièges conduisent à ramener l’homme à l’état d’animal, lequel ne transmet rien à ses enfants, hormis ce qui s’est inscrit dans ses gènes.

      Je suis prêt à parier que le premier pays qui adoptera votre projet, sera le premier qui sera éliminé par les autres. Voila comment la planète ajustera la population à sa capacité de charge.

      1. Pour ce qui est des « risques  » du système actuel, ce sont maintenant des certitudes. Alors que l’analyse de risque a été faite en 1972 par le club de Rome.
        Pourquoi n’en a t’on pas tenu compte ?

        A propos de celui que je propose:
        Il ne faut certainement pas choisir les dirigeants comme on le fait actuellement, car là, vous avez raison, les plus malins auront tôt fait de prendre la place du roi!

        Donc on va faire autrement. C’est un point essentiel, qui n’est pas encore résolu.
        On pourrait imaginer différents filtres objectifs, pour éliminer le plus astucieusement possible ceux en qui un petit escroc pourrait dormir. Avec détecteurs de faux culs, de grandes gueules, de dérangés, de magouilleurs, de cyniques, de comédiens, de larbins, d’escrocs, de menteurs, d’adorateurs du fric ou du pouvoir, etc, etc.
        Après tout il s’agit d’offres d’emplois offertes par le peuple, qui peut donc décider des critères de sélection, pour…minimiser les risques de choisir de mauvais candidats.
        Il y a des gens spécialisés dans le recrutement de personnes à qui on confie les clefs du coffre. Peut être faudrait il leur demander conseil.

        Pour ce qui est de l’analyse de risque, j’en suis le premier désolé mais je ne suis pas le club de Rome à moi tout seul. C’est bizarre que vous me demandiez ça.
        Vous rendez vous compte du décalage entre l’énormité de la tâche, et la petitesse de mes moyens, et ceci en quelques heures!

      2. @Dominique Gagnot 17 novembre 2014 à 13:54

        Alors que l’analyse de risque a été faite en 1972 par le club de Rome.
        Pourquoi n’en a t’on pas tenu compte ?

        Il y a probablement plusieurs raisons à cela. La première venant du fait que les leaders de la politique, autrement dit les plus habiles dans l’art de manipuler (tromper) les foules, n’ont pas vu que la vie est surtout contrainte par la physique. Même ceux qui ont fait Polytechnique ne l’ont peut-être pas tous vu une fois qu’ils sont entrés en politique. C’est pourtant à partir de considérations de cet ordre que le MIT a fait les analyses ayant servi de base au rapport du Club de Rome.

        La seconde, liée à la première, vient de ce que pour qu’une structure, une organisation, un système évolue, vive et se perpétue, qu’il soit question d’un gros écosystème planétaire ou d’un simple petit pays, voire d’un simple individu, il s’agit de mettre en action de façon ordonnée et économique, donc efficace, de la matière (via de la matière vivante ou mécanisée ou robotisée) et de l’énergie, qui sont à la base de toute construction.
        C’est bien davantage un travail d’ingénieur, que celui d’un simple administrateur formé à l’ENA ou à SciencesPo ayant tendance à ne connaître que l’impôt et les taxes comme sources d’énergie, sans rien comprendre à la logique du système complexe sur lequel il fait agir.
        Lorsque, de plus, on noie tout cela avec les questions d’argent et de finances qui ne sont que des artéfacts d’énergie potentielle, ne valant que par l’idée qu’on s’en fait, il n’est pas étonnant qu’ils donnent l’impression de pédaler dans la choucroute et de pédaler réellement dans le vide en usant le soleil.

        Personnellement, j’ai apriori davantage confiance en ce que peut dire J.M. Jancovici. http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Jancovici

        Pour ce qui est de l’analyse de risque, j’en suis le premier désolé mais je ne suis pas le club de Rome à moi tout seul. C’est bizarre que vous me demandiez ça.

        Il n’y a rien de bizarre à cela. Cette réaction est naturelle pour quelqu’un qui s’efforce de voir les choses en prenant un peu de recul et en ayant le souci de s’assurer du bon fonctionnement d’un système complexe où, finalement, il y va de la survie de notre espèce. Le Club de Rome n’a pas, contrairement à ce que présente votre projet, dit comment il fallait s’organiser socialement et politiquement pour traiter le problème posé.
        On ne prend jamais trop de précaution avant de décider d’apporter des changements conçus pour apporter des améliorations.Par une insuffisance d’analyse des conséquences de leur introduction, elles peuvent accélérer la survenance d’une catastrophe fatale qu’il faut prévenir. Par exemple la mise en esclavage.
        Vous pariez sur le fait qu’un management économique par voie démocratique, forcément clientéliste, serait meilleur que le type de management jusqu’alors en cours dans le monde occidental. Or, les pays socialo communistes collectivistes viennent précisément d’adopter le mode occidental et de réussir économiquement. Votre projet allant à contre courant de cette évolution, n’est-ce pas normal de s’interroger?

        Il n’est pas permis de jouer aux apprentis sorciers quand il s’agit de l’avenir de l’espèce humaine ou d’une collectivité nationale.

        Le fait que vous soyez très partisan de supprimer l’existant alors que vous n’appartenez pas à l’élite entrepreneuriale en place, incite, c’est bien normal, à se demander si vous avez bien fait le tour de toutes les conséquences de votre proposition. Votre réponse tend à me donner raison.

        Bien cordialement.

      3. @jducac 17 novembre 2014 à 12:19

        à se demander si vous avez bien fait le tour de toutes les conséquences de votre proposition.

        Et vous même, à propos du système actuel?
        Le capitalisme des rentiers (Croissance/compétitivité/entreprise) est incompatible avec la protection de la planète, preuve en sont les catastrophes climatiques et sociales de plus en plus insupportables, et … vous souhaitez ne rien changer!
        Alors que le club de Rome a implicitement dit qu’il fallait abandonner le système basé sur la croissance, et l’accumulation des richesses.
        Comment expliquez vous pareille position?

        Par ailleurs, le projet que je défend n’est pas « communiste », puisque chacun est libre d’entreprendre, et d’en toucher la totalité des bénéfices!

        Vous critiquez ceux qui ne « font rien », sauf s’il s’agit de vos enfants. Vous aimeriez qu’ils puissent vivre de rente que vous leur auriez transmis.

        Le système que je propose vous permettrais déjà de leur transmettre, par exemple, une maison et une petite entreprise, pour laquelle ils devraient continuer de payer les loyers des murs à la collectivité, mais éventuellement avec de l’argent que vous auriez gagné par votre travail (plus le Revenu de base), et transmis par héritage. Ainsi bien sur que tous vos mobilier et objets divers. Ce qui est très loin d’être « communiste ».
        Que voudriez vous de plus ??

        les pays socialo communistes collectivistes viennent précisément d’adopter le mode occidental et de réussir économiquement.

        Je ne crois pas que l’on puisse parler de réussite économique quand on laisse le plus grand nombre dans la misère noire, car tout est lié, et en aggravant le réchauffement climatique.

      4. @ Dominique Gagnot 17 novembre 2014 à 22:33

        Le capitalisme des rentiers (Croissance/compétitivité/entreprise) est incompatible avec la protection de la planète, preuve en sont les catastrophes climatiques et sociales de plus en plus insupportables, et … vous souhaitez ne rien changer!

        Bien sûr qu’il faut changer pour éviter la catastrophe de surcharge et d’épuisement de l’écosystème planétaire. Mais j’estime qu’au niveau de développement intellectuel des élites non capitalistes, il y a beaucoup mieux à faire que d’attiser les haines en désignant à la vindicte des peuples, les « capitalistes rentiers » comme les seuls responsables de la destruction de la planète.

        Ce qui détruit la planète c’est tout autant et certainement même plus, la consommation globale des 99% des plus pauvres que le 1% les plus riches, compte tenu du niveau de vie moyen acquis.

        Ce qui détruit la planète, c’est d’amener la grande majorité de la population à sortir de la misère sans l’inciter en même temps, à économiser la planète en économisant et en capitalisant (mot que vous devez honnir) afin de pouvoir contribuer à la création des mutations économiques nécessitées par l’inévitable évolution de notre environnement. Tout ce qui est capitalisé est autant d’épargné pour la planète.
        Ne trouvez-vous pas surprenant que ce soient les « capitalistes rentiers » chinois, russes, américains, anglais ou autres qui entrent dans le capital des grandes entreprises françaises parce que l’idéologie aveugle de démolition du capitalisme, déployée dans notre pays, n’a réussi qu’à ruiner notre industrie et à ne faire fleurir que le chômage et l’endettement ?

        Ce qui est surprenant, c’est de voir les ex dirigeants collectivistes de Russie ou de Chine ne pas être gênés quand leurs entrepreneurs investissent en France.

      5. jducac 18 novembre 2014 à 17:54

        Ce qui détruit la planète, c’est d’amener la grande majorité de la population à sortir de la misère sans l’inciter en même temps, à économiser la planète en économisant et en capitalisant (mot que vous devez honnir) afin de pouvoir contribuer à la création des mutations économiques nécessitées par l’inévitable évolution de notre environnement. Tout ce qui est capitalisé est autant d’épargné pour la planète.

        D’accord avec votre constat, mais je serais plus précis.

        Nous touchons là le point central:

        !!! Je ne suis pas contre la capitalisation !!!

        Je suis évidement pour le remplacement du travail par le capital, car le temps ainsi libéré peut être affecté à des choses bien plus enrichissantes, à condition de permettre des revenus au moins équivalents à ceux du temps travaillé.
        De plus le Capital permet de réaliser quantité de choses que le travail seul ne permettrait pas, grâce à des moyens toujours plus performants.

        Mais ce qu’il est important d’observer, c’est ceci:

        Si le Capital produit des richesses, il produit aussi une rente qui va aux propriétaires du capital qui, dans le système actuel, sont une minorité de personnes privées.

        Au fur et à mesure que le Capital remplace le Travail (du fait des progrès), la rente du Capital augmente, alors que les revenus du Travail diminuent.

        Or, le pouvoir d’achat de tout ce qui est produit est constitué de revenus du Capital, et de revenus du Travail.

        – Si les revenus du Travail diminuent, la consommation de la population qui vit uniquement de son travail diminue.

        – Si les revenus du Capital augmentent, la consommation de la minorité qui vit du Capital augmente.

        Mais il arrive un moment ou la consommation de cette minorité sature!

        Ses besoins, même très élevés, n’entraîne pas de consommation suffisante pour compenser la baisse de consommation du Travail, d’autant que les travailleurs/chômeurs sont beaucoup plus nombreux.

        Et donc faute de débouchés, on réduit la production, ce qui réduit encore le pouvoir d’achat des travailleurs/chômeurs. Un cercle vicieux s’enclenche.

        Dans le même temps:

        – les propriétaires du Capital accumulent un surplus de liquidités qu’ils doivent placer, à défaut de les consommer. Ils achètent donc du Capital physique: des entreprises encore profitables, de l’immobilier, des mines, des matières premières, des œuvres d’art, des bijoux, de l’or, de la dette(!)… bref, tout ce qui a une valeur durable.

        – les travailleurs/chômeurs au contraire vendent, ou n’achètent pas.

        A la longue, les propriétaires accumulent le Capital physique, tandis que les travailleurs/chômeurs s’appauvrissent.

        Conclusion: le Progrès permet de remplacer le Travail par le Capital, mais comme la consommation des propriétaires du Capital ne compense pas celle du Travail toujours en diminution, la machine économique se bloque.

        Et le seul moyen de résoudre ce problème est de faire que la rente du Capital revienne à l’ensemble de la société.
        Mais comme il est impossible de taxer les propriétaires du Capital sans qu’ils ne retirent leur capital du système (pour cause de rentabilité devenue insuffisante), la seule manière de faire est de transférer le Capital à la collectivité!
        (il n’est pas utile de transférer le capital des petites entreprises, car cela compliquerait inutilement leur gestion, sauf la partie immobilière…)

        Une fois que l’on a admis ça, sortir les pauvres de la misère avec des moyens écologiques, – que nous pourrions adopter nous même – devient envisageable.

        Quand je dis transférer le Capital à la collectivité, je ne dis pas spolier les propriétaires! Il y a beaucoup mieux à faire.

        C’est de créer une masse monétaire, de montant identique à la valeur du Capital, permettant à la collectivité de le racheter. L’argent ainsi injecté sera du pouvoir d’achat que les ex propriétaires ne pourront que consommer, ou investir dans de nouvelles entreprises, puisqu’ils ne pourront le replacer dans du capital physique.

        Par ailleurs, la collectivité détenant quasiment l’ensemble du Capital pourra en tirer une rente gigantesque, qui permettra de financer un Revenu de base (remplaçant les revenus du travail disparu), sortir les pauvres de la misère, financer des services publics, etc, etc.

        Enfin, pour éviter que les ex-propriétaires ne polluent/gaspillent des ressources limitées en dépensant leur fortune, ces ressources (pétrole…), devront être gérées par la collectivité…

        Ensuite se pose le problème de la représentation de la collectivité, dans son gouvernement.
        Il est évident que la forme actuelle de gouvernement de nos pays dits « évolués » est parfaitement inadéquate. Mais c’est un autre sujet. Juste pour faire réfléchir: Aurait on idée de recruter les hauts dirigeants d’entreprises, (même petites) par un système d’élections bonimentées …?

      6. @ Dominique Gagnot
        J’apprécie au plus haut point votre obstination à défendre votre Constitution
        prévoyant la propriété collective des ressources essentielles
        , une telle attitude même si elle est dans un état embryonnaire mérite un coup de chapeau. Il n’y a pas encore assez de gens pour oser aller dans un tel sens.
        Ce que vous écrivez peut être recoupé avec l’étude d’Elinor Olstrom La gouvernance des biens commun , pour pouvoir peaufiner votre travail , l’étude de ce livre me semble indispensable.
        D’autre part, depuis le rapport d’enquête public au Parlement Wallon au sujet du pic pétrolier ,
        je pense qu’en ce qui concerne ma région en tout cas, un pas vient d’être franchi, même si cela n’a pas encore de visibilité.
        Vous voyez sur ce graphique (p121) que les exportations de pétrole vers l’Europe ne cesse de diminuer.
        L’Europe a un grand coup à jouer en ce qui concerne le développement d’une économie de la sobriété, nous avons assez de compétences, de force vives et un capital d’économie monétaire suffisant que pour y arriver.
        Mais vous avez raison, il nous faut une constitution que j’appellerai Constitution pour la gouvernance collective (ou communautaire) par la sobriété dans l’utilisation des ressources planétaires
        Si on veut résoudre le problème du soliton de Paul Jorion, il nous faut intégrer la dimension finie planétaire dans l’équation économique. Il me semble que les deux ouvrages cités plus haut, ceux de Paul et tous leurs liens me semblent être un bon point de départ à cette réflexion.
        Pour moi comme pour beaucoup d’autres le système a vécu et doit être remplacé, continuons notre devoir.

      7. @Michel Lambotte 18 novembre 2014 à 20:29

        Il n’y a pas encore assez de gens pour oser aller dans un tel sens.

        Je m’étonne que jamais et nulle part on évoque cette possibilité de retirer la propriété du Capital des mains du privé et gérée n’importe comment dans leur seul intérêt contre l’intérêt général (!), pour la redonner à la collectivité, sans pour autant tomber dans le communisme.

        Comparativement au système actuel, c’est ultra simple.
        J’ai l’impression d’avoir découvert l’eau chaude, car ce n’est que du bon sens.

        Le problème étant d’imaginer les structures convenables pour gérer ce Capital. Les livres que vous citez montrent que c’est largement envisageable.
        Bien sur il y a un tas d’autres questions à résoudre, mais en y travaillant intelligemment, ce n’est que du yaka…

        Sauf que, évidement, y’en a qui ne seront pas contents. Et pourtant on n’envisage pas de leur couper la tête!

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