RÉQUISITOIRE, par Michel Leis

Billet invité.

S’il est bien une constante de l’histoire, c’est la cupidité sans limite de quelques individus, la soif de pouvoir inextinguible qui caractérise une partie du personnel politique. Les élites ont une vraie conscience de classe (cf. Pinçon Charlot), elles cherchent à maximiser en permanence leurs avantages. Cette quête ne s’exprime pourtant pas de la même manière suivant les époques, c’est une question de rapports de forces. C’est dans l’intensification extrême de ces rapports de forces qu’il faut chercher les causes profondes de la crise.

Ils se développent tous azimuts. Entre les élites économiques et le monde politique, avec le vote de lois sociales ou fiscales toujours plus favorables à l’accumulation. Dans l’économie réelle, la division du travail apparue au 19e a dépossédé les travailleurs des savoir-faire issus de la production artisanale, aujourd’hui, l’automatisation et le recours systématique à la sous-traitance, y compris dans des pays au bord de l’esclavage, font disparaître le travail de nos contrées. Notre addiction aux biens matériels et la nécessité de recourir aux aides sociales pour certains d’entre nous nous placent en position de faiblesse. Peut-on imaginer circonstances plus favorables pour des élites sans foi ni loi ?

Coupable, les élites économiques. Elles ont recours à un arsenal de moyens sans pareil pour renforcer ces rapports de forces, entre le chantage, le lobbying et une proximité soigneusement entretenue avec le monde politique. Elles sont totalement autistes au réel des 99 %, elles refusent de payer pour les conséquences de leurs actes, pires, elles détournent l’argent de la communauté en se soustrayant volontairement à l’impôt.

Coupable le monde politique, pour avoir pensé qu’un peu de confort matériel tenait lieu de programme, pour avoir cru que la croissance économique était l’objectif et le seul moyen de leur politique. Coupable d’avoir placé l’intérêt de quelques-uns au-dessus du bien commun, d’en avoir fait une idéologie indépassable (TINA) et de s’être mis en situation de dépendance. Le monde politique partage avec les élites économiques le même autisme, sans doute une question de connivence.

Coupables, nous le sommes, pour avoir donné une majorité de votes à des politiques qui n’œuvrent pas pour le bien commun, pour nous soumettre à une organisation du travail de plus en plus oppressante en vue d’obtenir un peu de bien-être matériel. Coupable de céder à l’égoïsme du chacun pour soi et de penser que le sacrifice de plus pauvre que nous pourra sauver nos petits avantages. Coupable encore d’avoir oublié que notre confort a été acquis par le passé au prix de luttes constantes et de rapports de forces qui devaient beaucoup à la puissance de grands partis, de syndicats forts et d’une rivalité entre blocs qui portaient au moins l’idée de progrès.

Tous ces éléments mis bout à bout ne font pas une crise, mais ils en dessinent l’arrière-plan. L’élévation de la norme de profit a financiarisé l’économie au-delà de toutes limites, cette montagne de dette dépend pourtant en dernier ressort de la capacité de remboursement de l’économie réelle. C’est la contradiction finale, celle qui déclenche la crise. Dans leur cupidité, les élites ont oublié de veiller à la solvabilité des 99 % et des États, la source de leurs profits. Pour continuer leur razzia, il ne leur reste qu’à imposer par la violence ce qu’elles ne peuvent plus obtenir par les rapports de forces.

À moins que…

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123 réflexions sur « RÉQUISITOIRE, par Michel Leis »

  1. Entre la peste & le choléra, nous nous acheminons vers la peste brune……..
    A ca ira ca ira, l’élite oligarchique à la lanterne…….
    Ô pardon, j’oubliais que La Lanterne avait été la base de replis d’une concubine qui venait de se brûler les ailes au soleil du pseudo pouvoir politique qui n’en est plus un…..
    Le général doit se retourner dans sa tombe…….

  2. La férocité de votre propos me semble malheureusement largement justifiée. Mon désaccord porte sur la nature du diagnostic. Cette nouvelle crise économique, (je renonce à lui donner un numéro d’ordre) qui est certes la résultante de comportements économiques eux-mêmes sans cesse plus « déraisonnables », ne saurait être imputée aux peuples composés d’agents désormais atomisés devant le pouvoir économique. La preuve en est que ces mêmes peuples ne se seraient jamais d’eux-mêmes serré la ceinture s’ils n’y étaient aujourd’hui contraints par les politiques d’austérité décrétées en hauts lieux. Le plus grave à mes yeux n’est pas l’erreur économique – tout le monde peut se tromper, dira-t-on, même si l’erreur répétée devient évidemment le Diable- c’est l’idée que l’économie est désormais prise en otage par des forces occultes qui ont pour noms : rapports de forces et d’influences (lobbyings), collusions, connivences, corruptions, trafics en tous genres (drogues, armes, prostitution, …) le tout rendu possible uniquement grâce aux paradis fiscaux abritant des capitaux prêts à sortir à tout moment opportun. Si Réformer les institutions européennes est certes nécessaire, s’attaquer mondialement à ces économies parallèles (la GB ne vient-elle pas d’intégrer « ses économies parallèles » dans son calcul de PIB ?) est la première action à mener. Qui s’y risquera les premiers ? Penser que nos ordinateurs ont pu être produits grâce à l’argent de trafics abominables me met-il pas profondément mal à l’aise ? Quel pays a-t-il les mains entièrement blanches ?La seconde action, déjà en route, consistera pour les peuples, dés-atomisés, à abandonner la guerre de « tous contre tous » voulue par le capitalisme et reprendre la main sur des destins individuels désormais ndissociables de celui de la planète tout entière. Deux tâches absolument prioritaires pour ne pas laisser à nos enfants un monde. Car, ainsi que le disait à un certain moment Albert Camus : « …je sais que ma génération ne refera pas le monde, sa tâche est bien plus grande : empêcher que le monde ne se défasse ». Totalement !

  3. Ce billet de Michel, comme souvent, mérite d’être circulé sans modération.
    C’est un bijou enchassé entre un titre résumé
    « Les élites en guerre contre nous- REQUISITOIRE »
    et la conclusion qui colle parfaitement à l’évolution en cours:
    « Pour continuer leur razzia, il ne leur reste qu’à imposer par la violence ce qu’elles ne peuvent plus obtenir par les rapports de forces »
    Face à une opposition croissante à leur politique d’accumulation capitaliste,
    les valets de celle-si, en France comme ailleurs,
    ne cessent d’accumuler aussi les moyens de répression.
    C’est la leçon exposée en détail ici:
    http://npa2009.org/videos/o-besancenot-sur-lactualite-et-la-repression
    Ce sera long, et très douloureux, mais en France comme ailleurs,
    les peuples tenteront de se donner
    les moyens d’autodéfense pour que les parasites
    ne puissent plus s’imposer par la violence.
    La barbarie est évitable: question de patience,
    mais aussi de détermination à mettre en oeuvre immédiatement.

  4. Tout cela est très juste, hier justement je regardais un petit reportage à la télé qui comparait les derniers présidents. Il m’est alors apparu une cruelle vérité, ces gens là ont été portés au pouvoir parce que nous l’avons bien voulu, parce que nous avons marchés dans la combine, alors que pourtant ils sont sans aucune espèce d’intérêt. Ils me sont alors apparu petit, si petit, si minable que je me suis demandé comment j’ai pu tout de même, malgré moi, malgré un certain dégoût, tout de même voter.

  5. Il y a tout de même un manque d’offre politique.
    Comment « apprécier » le fait qu’il y ait eu 53% d’abstention aux dernières élections européennes? Ensuite la mécanique de formation des majorités fait que ceux qui ont le plus de pouvoir à formater les esprits (matraquage médiatique et tous les forcings habituels sur les différentes classes de votants) remportent forcément la mise. La démo-crasseuse quoi.
    Peut-on longtemps s’en contenter? Non.

    1. L’abstention, très importante, mérite en effet qu’on y porte attention.
      Elle correspond sans doute pour une part, qu’il m’est en l’état difficile de mesurer, à un désintérêt, à cet « individualisme » croissant dont il est de plus en plus question. Mais cet « individualisme » a des racines complexes. Pas mal de celles-ci prennent leur naissance dans trois terrains:
      1) la recherche, après l’effondrement du modèle du socialisme réel, d’un nouveau projet d’émancipation. Cela prendra encore du temps, et de nombreux combats, vue l’ampleur des désillusions.
      2) l’impuissance évidente croissante des élus, quels que soient leur projet, face à la dictature du capital. C’est le prix de la mondialisation capitaliste, et de la crise en cours. La survie de l’humanité dépendra non pas de la participation électorale, mais de la capacité à vaincre, par la force, cette dictature.
      3) le mépris des serviteurs de cette dictature de l’expression majoritaire. Quantité de coups d’Etat, à travers le monde, ont lieu régulièrement dans le tiers-monde. Certes, ceux-ci ont été plus rares en Europe occidentale. Mais certains de ceux qui pouvaient encore avoir des illusions sur les urnes ont beaucoup appris lors du viol du vote de 2005 en France (et en Hollande aussi).

      1. Bien-sûr, Charles A.,
        Mais tout ces individualismes apparemment antagonistes aujourd’hui, ne vont pas tarder à s’agglomérer, sous la pression grandissante d’élites devenues totalement illégitimes aux yeux des peuples. Cette convergence prochaine d’aspirations et de colères individuelles, si crainte par une poignée de plus en plus visible de profiteurs, est probablement inévitable, mais cela ne signifie nullement que les directions prises dans la colère seront les bonnes pour l’avenir …
        D’où l’utilité de jeter dès aujourd’hui les bases d’un futur contrat social dont chacun pourra se saisir pour éclairer le nouveau chemin à tracer.
        C’est, je crois, ce que cherche avec nous P. Jorion avec constance.
        Et je pense que la réponse est dans « un humanisme » qui sans doute reste à définir…mais qui constitue la seule valeur à pouvoir nous réunir tous, quelques différentes que puissent être chacune de nos vies.
        Oui, je sais, je radote, mais c’est volontaire, et ma conviction est très forte.
        Eric.

      2. Je préfère le Renard (Jules) à Coluche:
        Si d’une discussion pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins.

      3. vigneron@7 décembre 2014 à 18:03

        Je préfère le Renard (Jules) à Coluche:
        Si d’une discussion pouvait sortir la moindre vérité, on discuterait moins.

        Sauf que la réflexion de Renard n’est pas trop pertinente contrairement a celle de Coluche, particulièrement bien vue. Une discussion peut en effet avoir d’autres buts que de sortir la vérité, … et encore que… Bref, c’est nul.

  6. Si je peux me permettre de poursuivre cette réflexion au sujet des élites, je regarderais en aval à un niveau plus bas, celui de l’entreprise publique. Car au sein même de cette entreprise se joue la même domination des élites. Celles-ci sont issues de grandes écoles et se partagent le pouvoir avec des objectifs qui ressemblent terriblement à ceux de nos élus. La même politique néo-libérale est appliquée dans les musées. Savez-vous qu’au « Musée du Louvre »une prime de fin d’année est attribuée aux agents sous forme de chèques cadeaux sur la base de quatre indicateurs prévisionnels. Bon il s’agit en bref d’être très accueillant avec un public qui doit être de plus en plus nombreux. On espère doubler les entrées des groupes venant de Chine durant les deux prochaines années. Le Louvre est un musée, il semblerai qu’il devienne un parc d’attraction. Si jamais vous y aller pour voir un tableau comme Delacroix le faisait au XIX ème siècle, il faudrait mieux que ce tableau ne soit pas dans les salles de peinture Italienne, et en tout cas surtout pas dans celle de la Joconde. Sur un autre plan, au Louvre ont été créés des ateliers, il y a plus de vingt ans, pour instruire le public, ainsi vous pouvez vous initier, aux différentes techniques de la peinture, à la mosaïque, à la fresque… pour tout public. La nouvelle génération issue des grandes écoles à fait ses comptes, tout ceci ne rapporte pas autant que les groupes venant de Chine, même c’est un peu cher, il faut payer les intervenants. Les intervenants (souvent des artistes), ont des contrats très particuliers, Des CDI de 0 heures, c’est à dire qu’ils peuvent ne pas travailler pendant plusieurs mois et qu’on peut les programmer et les déprogrammer en fonction de la dite rentabilité des ateliers. Le Louvre est un musée qui à voulu il y a 20 ans éduquer le public, il tourne aujourd’hui en parti le dos à ces choix passés. Le rapport avec le texte un peu plus haut ? C’est vrai que ceux qui dirigent les musées et les services publics ne sont pas des élus, mais ils appliquent à la lettre les directives de ceux-ci.

    1. Effectivement épouvantable.
      On pourrait en conclure: Science économique sans conscience , n’est que ruine de l’art!
      Eric

  7. Bonjour à tous
    53% d’abstention, ça peut vouloir dire je refuse « ce casting » mais le vote blanc ne le signifie pas…
    En effet, bien que désormais, on le distingue des nuls, il n’est toujours pas pris en compte dans
    l’arithmétique du pourcentage final, donc escroquerie…

  8. C’est dans l’intensification extrême de ces rapports de forces qu’il faut chercher les causes profondes de la crise.

    Oui, mais cette intensification a été rendue possible par la Constitution de 1789, ou naïvement (?) il est écrit: Art. 2. Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression.

    Tout simplement. Aucune limite à la propriété privée n’est précisée, sauf peut être là : Art. 17. La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité.

    Or les racines de la Crise sont dans la propriété privée du Capital, qui permet aux 1% d’asservir les 99 %. La nécessité publique n’exigerait elle pas que la propriété du Capital soit remise à la collectivité ?

    Sachant que contrairement a une idée commune, la propriété n’est pas nécessaire à la liberté, qu’elle qu’elle soit. Bien au contraire, la propriété des uns s’oppose à la liberté des autres! Nous en avons la preuve…

    1. @Dominique Gagnot
      La protection de la propriété privée par la déclaration de 1789 était la protection des biens de la petite paysannerie contre le bon vouloir des seigneurs (grands, moyens, petits) avec plus ou moins d’appui du clergé.
      Un cliquet enclenché dans un monde particulier et dont on n’a pas vu la généralité et les conséquences.
      Mais aujourd’hui, Zébu avait raison de questionner l’accès au capital plus qu’à la propriété privée en soit.
      A ce sujet, je me tâterais d’inverser les choix sans inverser le but: avant que de vouloir l’accès « pour tous » au capital, on pourrait restreindre les « grosses mises », obligeant les opportunités d’investissement à passer par une multitudes de petites mises, lesquelles seraient fédérées par un système public (étatisé, j’ose). Ce n’est plus si loin de la part d’impôt pour l’investissement, mais cela pourrait être vécu autrement, et être mis en place dans un délai raisonnable.

      1. D’ailleurs Michel Leis pourrait se présenter comme un « social démocrate extrême », je crois…, ce n’est pas incompatible avec des mesures « progressives mais fortes »

      2. Oui, cette manière de procéder serait plus douce, mais je crois la situation trop catastrophique pour que cela suffise… D’autant que les grosses mises peuvent aller miser ailleurs.
        Mais comme d’un autre coté il est aussi vrai, comme vous le dite, que l’on est pas prêt a prendre des mesures radicales, telle celle que je propose, il faudra hélas en passer par un effondrement du système.

  9. Il est vrai le personnel politique est très sollcité par les acteurs économiques (lobbys, entreprises, institutions, groupes sociaux….). Notamment des députés jouent volontairement le jeux, j’en connais qui ne se contentent pas de mettre du beurre dans l’épinard, mais qui s’en mettent plein les poches. Un autre aspect est celui de l’origine sociale des députés et du personnel politique en général. En France il existe une sélection serrée (et sociale) pour accéder aux hautes fonctions: ENA, Sciences Po Paris…….L’entreaide en terme de promotion sociale, distribution des avantages…… y est fortement développée.
    Cela n’est pas bon pour la démocratie, ni pour le public, aussi parce qu’ il y a des lobbys puissants, capables d’instrumentaliser efficacement le personnel politique.

    J’ai déjà proposé, à l’occasion, de transformer l’ENA pour en faire une Haute Ecole d’Administration « normale », comme cela existe dans d’autres pays. J’ai également préconisé l’attachement de Sciences Po Paris à une fac, comme par exemple de l’intégrer dans la fac Paris VIII (anciennement « VIncennes »). Les étudiants et enseignants y seraient plus proche de la réalité. C’était pris par l’auditorium comme plaisantrie. On réforme pas le système cher aux « élites » francaises. Il faut quand même respecter certaines traditions sur lequel repose la force de la démocratie francaise.

  10. Oh ! non…On va pas toucher à la Constitution de Grand Papa hein ? Faut même pas y penser, sinon, pan-pan cul-cul !

    ———————

    Le vent s’est calmé, la terre est humide de rosée,
    la tempête d’étoiles dans le ciel va s’arrêter.
    Et bientôt chacun d’entre nous va dormir sous la terre, nous
    qui n’avons jamais laissé les autres dormir dessus.
    Marina Tsvetaïeva

  11. Encore une fois le raisonnement est faux, tristement faux.
    Faire reposer les dysfonctionnement actuelles sur la cupidité des 1% n’a aucun sens.
    Dans tout système humains, il y a des déviants, il suffit d’avoir les structures pour les contenir, ors la très grande majorité des citoyens sont totalement complice de la destruction des structures. qui dès lors ne sont plus la pour imposer des gardes fous aux déviants.
    Si le renards dévore les poules du poulailler ce n’est pas la faute du renard c’est la faute de celui qui a laissé le poulailler sans les protections nécessaires.
    Il va de mêmes dans notre système, tous complices ou presque et que celui qui croît ne pas l’être lève la première main et qu’il me dise en détail sa profession….et je lui dirais en quoi il est complice….
    En résumé la très grand majorité des gens voire la totalité agirait exactement comme le top 1% s’ils en avait la possibilité….

      1. Extrêmement simple, il suffit de citer votre bio.
        Je cite :
        Il avait préalablement été trader sur le marché des futures dans une banque française.
        Vous avez en exerçant cette profession était un acteur majeur des dysfonctionnements.
        Je recite :
        fait partie du Groupe de réflexion sur l’économie positive dirigé par Jacques Attali
        Or Jacques Attali a été un acteur majeur sous François Mitterrand intégralement complice du fait que la gauche a totalement renié ses valeurs en libéralisant l’économie de tous les gardes fous qui empêchait les dérives.
        Et les propositions actuelles de Jacques ATtali pour « relancer la croissance » n’ont aucun sens car la croissance est le problème et non la solution.
        En résumé au mieux à la lecture de votre bio vous seriez un « repenti » (ce qui reste d’ailleurs à prouver) mais un repenti a été un acteur des dysfonctionnements…
        Le monde n’a nullement besoin de repenti car ils ont excercés leur nocivité avant de l’être ( exactement comme celui qui a écrit « les confessions d’un assassin financier »)
        Le monde a besoin des structures pour qu’il n’y ait pas de repenti…

        1. Je ne vois pas les choses comme vous, je n’ai pas le sentiment d’avoir été jamais complice ni avoir jamais fait quoi que ce soit dont je doive me repentir (j’ai beaucoup de chance de ce côté-là). J’ai déjeuné avec des complices, j’ai dîné avec des repentis, ça oui. Quand on m’a proposé d’y aller pour être complice, j’ai accepté d’y aller pour être témoin.

      2. aucun sens car la croissance est le problème et non la solution

        Pour moi le problème ne se pose pas comme ça :

        – la rente est le problème, car elle rend la croissance, quelle qu’en soit l’origine (le pire et aussi le plus courant, étant captation de richesses et gaspillage de ressources), indispensable (…)
        – Mais, si un accroissement d’activité économique produisait de la croissance, qui ne se traduise pas par une dégradation des ressources (gaspillage, pollution, ou autre), en quoi cette croissance poserait elle problème?

        D’autant que la remise en état de la planète pourrait justifier une énorme croissance, … pour peu que l’on trouve le moyen de la financer!

      3. @ lois-économiques
        Mon dernier emploi (je suis retraité) consistait en montage entretien et dépannage de pompes à chaleur.
        40 000 km par an, 5000 litres de mazout consommés et 650 heures/ an au volant.
        Imaginez un instant que les 100 000 000 de chômeurs Européens puissent obtenir un emploi de ce type, on fiche la planète en l’air immédiatement.
        Suis-je pour autant complice?
        Non bien entendu, j’essaye autant que faire se peut de faire prendre conscience autour de moi du monde dans lequel nous vivons, d’où ma présence sur ce blog au niveau nettement plus élevé que ma formation.

        la très grande majorité des citoyens sont totalement complice de la destruction des structures

        Ne vous inquiétez pas pour les structures, elles se détruiront bien toutes seules, l’important est d’en créer de nouvelles et là il n’y a pas beaucoup de monde.

      4. La complicité passive des personnes existe, c’est vrai. Il suffit de discuter un peu autour de soi, mettez des faits réels sous le nez des gens et ils ne vous écouterons plus, ils refusent de remettre en question leur mode de vie, leur confort, car admettre cela les obligerait à reconnaître leur complicité et surtout, les obligerait moralement à renoncer à une bonne partie de leur confort et à tomber dans une certaine modération (sans compter l’impression d’être passé à côté de sa vie et d’avoir accorder trop d’importance à des futilités tout au long de celle-ci)…

        Prenons un exemple tout simple, un sympathisant du front national va dire que les étrangers viennent chez nous voler notre travail… (ils feraient mieux de se soucier des robots)… Dans cette situation, j’essaye toujours de faire prendre conscience à la personne qu’en admettant que ce soit vrai (que des étrangers voleraient notre travail), c’est difficile de ne pas les accueillir puisque nous sommes allés et nous allons toujours chez ces « étrangers » pour voler leurs ressources (en Afrique notamment). Et bien les personnes changent de sujet, car elles devraient admettre qu’elles ont de la chance, qu’elles devraient arrêter de se plaindre et qu’au fond elles considèrent normal d’aller voler ailleurs, mais anormal d’accueillir les personnes qu’on vole et qui viendraient récupérer un peu de leur dû… ==> complicité passive et inconsciente, mais la stratégie de la fuite est trop souvent préférée à la remise en question…

        MAIS, M. « lois-économiques », ne mettez pas tout le monde dans le même sac s’il vous plaît. Si vous dites que l’on défend un « bas peuple » qui est tombé dans une certaine médiocrité et qui préfère ne pas être défendu parce que, pour l’instant, « ça va encore », je suis d’accord avec vous, que dans les fameux 80 ou 90% il y a beaucoup de gens complices qui aujourd’hui en payent les frais à juste titre, je suis aussi d’accord avec vous, mais je ne suis pas d’accord que vous considériez tout le monde ainsi, que vous considériez M. Jorion, tous les lecteurs de ce site et toutes les personnes intègres de la sorte.

        Néanmoins, sachez tout de même que parmi ces nombreux complices que vous citez, puisque pour vous il s’agit de tout le monde, beaucoup de gens sont manipulés, par l’école et par les médias qui sont les 2 principaux moyens utilisés (à ma connaissance) pour fixer des fausses représentations dans les système nerveux humains, et je pense qu’il y a là un débat intéressant, sur la responsabilité réelle des personnes.

      5. Monsieur Jorion,

        Libre à vous de faire un déni de la réalité mais le fait d’avoir travaillé comme trader à fait de vous un petit soldat des banques qui sont coeur des dysfonctionnements actuels.
        Vous avez donc participé activement à un modèle économique erroné et en contrepartie vous avez reçu un salaire très nettement supérieur à votre utilité sociale je dirais même en contrepartie à votre nuisance sociale.
        Il est particulièrement regrettable de considérer les 1% comme responsable alors que pour ainsi personne en position d’avoir pu faire partie des 1% aurait renoncé de lui même d’en faire partie. Ce type d’individu existe mais ils sont très rares….
        La meilleure preuve est le Loto qui propose moyennant finance de faire parti du jour au lendemain des 1%, vue le nombre de joueurs je doute qu’ils jouent pour redistribuer leurs gains… Une fois acquis ce gain ils feront partie des 1% qu’ils dénonçaient hier ! Tout joueur de Loto est donc un complice actif du système et se verrait bien d’exploiter, devenir exploiteur !

      6. @Michel Lambotte

        Evidemment que vous avez été complice par votre activité.
        Vous avez très probablement sur-travailler car je doute que vos temps de déplacement aient été intégralement pris en compte dans vos horaires de travail….
        Par ce simple fait, sur-travailler vous avez accaparé, pour vous, plus de gains que vous n’auriez dû…
        Et si vous aviez eut des compétences exceptionnelles dans votre métier vous les auriez monnayer en espèces sonante et trébuchante privant par le même coup d’autres d’avoir un salaire décent !

      7. @Dominique Gagnot

        Vous écrivez
        Mais, si un accroissement d’activité économique produisait de la croissance, qui ne se traduise pas par une dégradation des ressources (gaspillage, pollution, ou autre), en quoi cette croissance poserait elle problème?
        Ce n’est pas possible, car plus de croissance implique plus d’énergie et je ne vois pas comment vous pouvez dépenser plus d’énergie sans pollution et sans gapillage.
        De plus la croissance est structurellement pathogène passée un certain seuil de dévellopement autrement dit elle engendre les dysfonctionnements.
        En effet plus de croissance n’impliquant pas plus de richesses non seulement elle ne sert à rien mais vous devez combattre les dysfonctiuonnement qu’elle engendre qui sont parmi d’autres :
        De l’inflation (du à l’injection monétaire pour la favoriser) donc qui détruit l’épargne, ou une augmentation des inégalités (du à l’injection monétaire pour la favoriser).
        La décroisance (qui enrichie) est le seul avenir possible pour notre planète !

      8. En fait Lois économiques avance en fait l’éternel antienne de la  » condition humaine » .

        Côté pile , il s’en félicite car il se sent à l’aise dans la compétition , ou qu’il a déjà gagné au loto de la naissance .

        Côté face , il s’en désespère , car il a vaguement le sentiment que c’est instable et potentiellement sanglant .

        Dans des temps plus durs , les 1% c’étaient les résistants ,la majorité était des collabos ou des indifférents .

        Mais il n’y avait qu’un ennemi . Et c’est lui qui importe .

      9. @lois-economiques

        Ce n’est pas possible, car plus de croissance implique plus d’énergie et je ne vois pas comment vous pouvez dépenser plus d’énergie sans pollution et sans gapillage.

        Prenons un simple exemple concret:
        Si 1 milliard d’individus, aujourd’hui réduits au chômage ou à la mendicité, et donc consommant très peu, étaient payés pour travailler dans une entreprises de reconstruction de la forêt amazonienne, de reconstruction de villages et des infrastructures nécessaires à la vie des autochtones,
        paye qu’ils dépenseraient pour obtenir d’un autre milliard d’individus, les ressources, renouvelables pour vivre bien. Cela produirait une activité économique considérable, et engendrerait donc une croissance.
        En l’occurrence l’énergie nécessaire à cela viendrait en définitive du soleil, Ou est le problème ?

      10. On a une faiblesse de langage pour faire passer ce qui est systémique et dont il est assez vain de chercher des responsables personnels. De même on a une faiblesse de langage pour « décroissance », opposé à croissance comme si c’était juste ce qui va en sens inverse.

        Imaginons un langage où tout ce qui est usuellement dit au niveau individuel devient par miracle dit au niveau « équipe », « quartier », « village », etc. Dans un tel « espace », nous trouverions des solutions plus faciles, et nous serions aussi plus facilement effarés des conséquences collectives de nos actes individuels.
        Exemple : la phrase toute bête : je « prends ma voiture » (pour aller ici ou là), inclut l’espace de parking pour me garer à l’arrivée, l’extraction du pétrole pour la faire marcher etc. Dire quelque chose comme « j’exploite une voiture » va déjà un petit peu dans le bon sens. Et inclure le fait que la distribution pourrait être pensée autrement coulerait davantage de source dans un tel langage. Je veux bien qu’on dise idéologie, qui ne peut être disjoint d’un choix de langage, mais l’idée est que le langage à privilégier n’est pas porteur de la solution, seulement de l’étendue de nos actes.

      11. @ Dominique Gagnot

        1 milliard de personnes, ça fait un gros flux d’azote, par exemple (environ 50g d’azote-masse par personne et par jour, à la louche donc 50 000 tonnes d’azote jour, c’est pas très neutre pour une forêt amazonnienne (cf Bretagne, nitrates, etc.) . Max 100-200 millions sans doute. Sauf à devenir des hobbits tous petits qui tournent à 5 g d’azote/jour, mais le cerveau diminuerait aussi, sans doute. Serait-ce un mal ?

      12. @Dominique Gagnot
        En l’occurrence l’énergie nécessaire à cela viendrait en définitive du soleil, Ou est le problème ?
        Aucun, dans ce cas précis.
        La croissance devient CONTRE PRODUCTYIVE (autrement appauvrie au lieu d’enrichir ) PASSEE un certain seuil de développement.
        Cela ne concerne donc pas les pays pauvres qui n’ont pas atteint ce seuil….
        Après est ce que le monde entier peut atteindre ce fameux seuil de développement… telle est la question…

      13. Après est ce que le monde entier peut atteindre ce fameux seuil de développement… telle est la question…

        La question est plutôt « quel mode de développement est il compatible avec son étendue au monde entier, durablement », et il me semble que ce ne sont pas les solutions qui manquent, mais la curiosité de les imaginer.
        Et il est bien évident que si nous remettions l’Amazonie en état, ce serait dans ce nouveau mode de développement, qu’il faudra aussi nous appliquer à nous même, ce qui générerait encore de la croissance!

        Mais tout est fait pour laisser penser que « il n’y a pas d’alternative ». (j’ai des envies de meurtre quand j’écris cette phrase), car les 1% qui actuellement profitent le plus veulent surtout que rien ne change!
        Nous, nous ne sommes que des marionnettes collaboratrices, et sans aucun pouvoir sur le système qu’ILS contrôlent, à travers LA propriété privée, source de leur rente.

        Vous voyez que la croissance n’est pas un problème en elle même, et que même cette solution, basée sur un développement durable, engendrera de la croissance.

      14. Gagnot,

        Si 1 milliard d’individus, aujourd’hui réduits au chômage ou à la mendicité, et donc consommant très peu, étaient payés pour travailler dans une entreprises de reconstruction de la forêt amazonienne, de reconstruction de villages et des infrastructures nécessaires à la vie des autochtones

        Faudra penser d’abord à demander leur avis aux amérindiens, du Brésil par exemple. Pas du tout certain qu’ils soient disposés à voir quelques dizaines de millions de peigne-culs envahir leurs territoires de 100 millions d’hectares de forêt amazonienne sous prétexte de « reconstruction »…

      15. vigneron @7 décembre 2014 à 16:01

        Faudra penser d’abord à demander leur avis aux amérindiens, du Brésil par exemple. Pas du tout certain qu’ils soient disposés à voir quelques dizaines de millions de peigne-culs envahir leurs territoires de 100 millions d’hectares de forêt amazonienne sous prétexte de « reconstruction »…

        Mieux que ça, on peut même leur proposer de le faire eux même, en en leur donnant les moyens écocompatibles! de sorte qu’ils n’aient plus ni le besoin ni l’envie de saccager leurs propres ressources.

        De même que les gens qui actuellement vivent dans des bidonvilles aimeraient sans doute qu’on leur donne les moyens écocompatibles de vivre (au sens noble), la ou ils le souhaitent.
        Je ne pense pas qu’ils viennent galérer en périphérie des grandes villes par plaisir.

      16. @ lois-économiques

        Vous avez très probablement sur-travailler car je doute que vos temps de déplacement aient été intégralement pris en compte dans vos horaires de travail….

        J’étais payé de 7 h 30 à 16 h, le temps de déplacement du retour était à mes frais, je sais c’est pas réglo, mais c’est comme cela.
        D’autre part, j’ai du rénover ma maison en grande partie moi-même avec l’aide de mon épouse qui n’est jamais allée travailler.
        Vous allez aussi peut-être me dire que le fait de travailler moi-même à ma maison aurait privé un pauvre petit indépendant d’un revenu.
        Sachez mon cher monsieur que l’autonomie de l’individu est l’avenir de nos sociétés.

      17. @timiota7 décembre 2014 à 13:40

        1 milliard de personnes, ça fait un gros flux d’azote

        Oui, je me suis emmêlé les pinceaux avec mes ordres de grandeurs. Mais c’est l’idée de mettre le capital nécessaire à disposition d’une population, de sorte à lui permettre de reconstruire son écosystème que je voulais faire passer.

        Et on revient au fait que pour ça il est nécessaire que le capital soit propriété de la collectivité, qui donc peut en choisir l’affectation. Les motivations qui présideraient à l’affectation du capital seraient alors très différentes des motivations des propriétaires de capitaux privés…
        J’irai jusqu’à dire que ce serait le jour et la nuit.

    1. Dans ce cas, il est à craindre qu’il faille mettre un gendarme derrière chacun d’entre nous. Sans compter avocats et juristes. Ou alors il me manque un élément.

      Une autre solution serait beaucoup plus simple et efficace…

    2. Vous n’étiez pas né ou vous dormiez lors du règne Thatcher-Reagan ?
      On a passé le rouleau compresseur du conditionnement sur les populations:
      Rachats et concentration dans la presse, chantage à l’emploi, imitation de la « qualité japonaise », ensuite » l’excellence à tout prix », rachat de multiples petites entreprises familiales, taille critique, un peu de porno banalisé pour nous distraire, matraquage: les écolos sont des rêveurs ou des terroristes; montée de l’extrême droite ? Les intellos et les politiques ont estimé les scores initiaux négligeables, les partis envoyaient les encombrants non recyclables au Parlement européen.
      Préparation de la guerre des étoiles, dodo, dodo, l’enfant do pendant les accords du GATT, audimat souverain pour une offre ludique, Marx? On ne pouvait en parler sans passer pour ringard, il n’y avait plus de droite ni de gauche mais une troisième voie des pneus crevés.
      Pauvres de nous, l’Oligarchie a mis le paquet, normal elle tient les ficelles.
      Le complice c’est le silence sur les réalités:
      Il fait quoi Kissinger pour le moment?
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Kissinger#Accusations_vari.C3.A9es
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Kissinger#Accusations_vari.C3.A9es
       »
      Groupes et Instituts

      Kissinger Associates, l’entreprise qu’il dirige, est membre du Council of the Americas, un groupe d’affaires pro-libre échange 41.

      Kissinger est un des dirigeants du Kissinger Institute on China and the United States, une division dédiée aux relations sino-américaines du think tank Woodrow Wilson International Center for Scholars 42. Kissinger est aussi avec le milliardaire David Rockfeller et Zbigniew Brzezinski, un des membre importants de la commission trilatérale, un groupe regroupant les hommes d’affaires et les politiciens les plus influents au monde, et visant a favoriser la doctrine mondialiste 1234.

      Henry Kissinger est membre permanent du club Bilderberg 43 44 45 et de l’Institut Aspen46.

      Il est également membre du Bohemian Club 47 , du Center for Strategic and International Studies 48 et du Council on Foreign Relations 49… »

      1. @ vigneron
        Le pot de terre contre le pot de fer.
        Notre complicité est bien peu de chose comparée à la puissance des décideurs.

    3. lois économiques,

      « Il va de mêmes dans notre système, tous complices ou presque et que celui qui croît ne pas l’être lève la première main et qu’il me dise en détail sa profession….et je lui dirais en quoi il est complice….
      En résumé la très grand majorité des gens voire la totalité agirait exactement comme le top 1% s’ils en avait la possibilité…. »

      Je ne crois pas que les pompiers, ceux qui ont des vocations cléricales, les assistants sociaux, même les instituteurs, professeurs, et les lecteurs de ce blog ne perçoivent la vie uniquement que sur les ressorts de la domination.

      C’est ce qui fait de nous des humains, et c’est ce qui permet aujourd’hui de se serrer les coudes quand l’adversité est là.

      D’ailleurs, à lire votre billet, finalement, vous semblez jouer le misanthrope: ça donne un sentiment de dénonciation d’un comportement dangereux de l’homme que vous prétendez fondamental.

      https://www.youtube.com/watch?v=kXggNE1MfvY

      1. @Antoine

        Je ne crois pas que les pompiers, ceux qui ont des vocations cléricales, les assistants sociaux, même les instituteurs, professeurs, et les lecteurs de ce blog ne perçoivent la vie uniquement que sur les ressorts de la domination.
        Je n’ai jamais écris cela.
        J’ai écris que c’est trop facile d’accuser les 1% alors qu’ils ne sont que la face immerger de l’iceberg .
        Et je doute qu’il n’y ait aucun joueur de Loto parmi les vocations cléricales, les assistants sociaux, même les instituteurs, professeurs, et les lecteurs de ce blog

        Et comme le mentione l’Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu chapitre 7, versets 3 à 5 :
        « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ?

      2. lois économiques,

        Si je vois avec une poutre dans chacun de mes yeux, je risque en tout cas de ne pas voir très clair… Et c’est le cas lorsque je vous lis.

        Car si vous dites qu’il ne faut pas regarder du côté du 1% des privilégiés, mais du côté du comportement de chacun (qui n’est pas exempt de tout reproche certes, mais quand même, n’est pas non plus totalement un loup, et n’est pas forcément à blâmer de la situation actuelle), je comprends plutôt que l’homme quel qu’il soit, est bon pour être abattu… Comme le loup.

        Dites moi comment contourner la paille ou la poutre qui cache à mes yeux le sens de vos billets, peut être arriverai-je à les comprendre.

        Et puisque vous parlez du Christ, vous noterez que lui aussi s’est élevé contre le règne des privilégiés religieux de l’époque, qui commerçaient dans les temples… Ca lui a coûté la vie il me semble…

      3. @Antoine,

        Vous ne m’avez pas comprit.

        Les 1% sont des prédateurs (ou des déviants c’est selon…) et comme telles ils doivent être combattus avec la plus extrême des sévérités.
        Mais les 1% tout prédateurs qu’ils sont, ne sont pas plus responsables que de nombreux décideurs qui ont permis à ces prédateurs d’exercer leur funestes besognes aidé en cela par la complicité du plus grand nombre qui auraient bien voulu faire partie des prédateurs mais qui n’en n’ont pas eut la possibilité.
        Encore une fois encore regardez combien jouent au Loto et donc se verrait parfaitement dans la peau du 1%…
        C’est en cela que pratiquement tout le monde est co-responsable…de la situation actuelle basée je vous le répète pour une énième fois sur le dogme de la croissance.
        Car que je sache Le rapport de Rome dénonçant la croissance a été rejeté par tous !
        Car que je sache qui suit les idées de Serge Latouche ?
        Donc qui sont les responsables ?
        Et de manière incroyable vous connaissez la raison essentielle pour laquelle il y a peu de révolte dans des pays aussi malsain que les USA, car le système a remplacé la religion qui était censée apaiser les peuples par l’espérance de devenir millionnaire ! donc par l’espérance de faire parti des 1 % !
        Le système tient pour la plus mauvaise des raisons, espérer faire partie des prédateurs !

        Pour Karl Marx, la religion était l’opium du peuple qui les faisait endurer
        l’exploitation par les riches.
        Aux États-Unis, l’équivalent contemporain est la foi en la possibilité de
        chacun de devenir riche

        Exemple : http://money.cnn.com/pf/millionaire/
        Puis sur la page d’accueil suivre le lien MORE MILLIONAIRES IN THE MAKING

        En rsumé :
        Si vous voulez changer les comportements, changez les structures qui déterminent ces comportements.
        Frédéric Lordon

      4. lois-économiques,

        Des structures permettent au 1% de devenir ce qu’il est (démocratie à mes yeux) et donc laissent entendre que le plus grand nombre tend à vouloir devenir prédateur.
        Mais il y a toujours, et heureusement, des « gardiens du temple », qui n’ont jamais joué le jeu,mais qui ont dû faire avec.

        Si c’est votre pensée, finalement, on se rejoint. Mais je range toute une frange de personnes, dont Paul JORION, au même titre que LORDON, comme des gardiens du temple.

        Démocratie, parce que gagner l’adhésion du plus grand nombre, c’est nécessairement séduire l’homme dans ce qu’il a de plus superficiel: son côté animal. Du coup, le pouvoir de domination a la part belle.

    4. Pour rester dans l’image du renard, le poulailler est trop grand, les poules sont trop nombreuses, pour pouvoir le protéger efficacement, il faut mettre les renards en cage.
      Quant aux comportements qui seraient les mêmes pour tous, est-ce bien sûr ? Mais même si c’était le cas, c’est bien le rôle de l’État de limiter les appétits des uns et des autres pour pouvoir vivre ensemble, sinon, c’est le Far-West !

      1. il faut mettre les renards en cage.

        Pis après les buses, pis les milans noirs, pis les corbeaux, pis les goélands, pis les chiens errants, pis les belettes, pis les putois, pis les fouines, pis les rats, pis les chats sauvages, pis les voleurs de poules, pis les pies, pis…
        Le Far-East plutôt que le Far-West ? Never, thanks.

      2. @Monsieur Leis

        Nous sommes tout à fait d’accord, c’est le rôle de l’Etat de limiter les appétits.
        C’est même son rôle principal !
        Et que fait l’Etat depuis 40 ans, il dérégule (gauche comme droite) donc il attise les appétits !
        Et n’allez pas dire que c’est pour faire plaisir au 1%, cela signifierait que de Roccard à Jospin de Chirac à Hollande tous sont complice des 1% !
        Aucun sens !
        La vérité est ailleurs, ils ont tous pensé et A JUSTE TITRE que la dérégulation allait relancer la croissance.
        Et ils avaient raison.
        Mais dans leur équation ils n’ont pas compris que la croissance et la richese c’est différent alors oui ils ont relancé la croissance et alors celle-ci STRUCTURELLEMENT a engendré les dysfonctionnements !
        En résumé ce n’est pas les 1% qui sont responsable c’est tout ceux qui ont cru à deux dogmes :
        1. La croissance enrichie.
        2. A la théorie du ruisellement ! (théorie qui consiste à penser que les revenus des individus les plus riches seront in fine réinjectés dans l’économie. au bénéfice de tous).
        Ces deux dogmes étant faux faut pas aller chercher plus loin les responsabilités !

      3. Pis après les buses, pis les milans noirs, pis les corbeaux, pis les goélands, pis les chiens errants, pis les belettes, pis les putois, pis les fouines, pis les rats, pis les chats sauvages, pis les voleurs de poules, pis les pies, pis…
        Le Far-East plutôt que le Far-West ? Never, thanks.

        Pente savonneuse

      4. Non monsieur l’apprenti idéologue « Lois Économiques », il ne s’agissait pas de croyances pour les Mauroy, les Mitterrand, les Delors, les Rocard, les Bérégovoy, les Chirac, les Juppé, les Jospin, etc. Sauf à dire que « compter sur un miracle » constitue une authentique croyance. Car l’alternative était juste: la ruine tout de suite (1982, 1992, etc) ou la ruine plus tard (?). On est plus tard. Et l’on remet, de rémission en rémission.
        Perso je ne crois ni aux miracles ni à votre crédit social, ni en Saint Allais, ni aux « lois économiques ».
        Il faut croire désormais aux bienfaits de la ruine, le seul vrai miracle serait cette croyance.

      5. Car l’alternative était juste: la ruine tout de suite (1982, 1992, etc) ou la ruine plus tard (?). On est plus tard. Et l’on remet, de rémission en rémission.

        Je ne crois pas que en 1982, ni même en 1992 la France n’avait pour alternative que la fuite en avant, ou la ruine. L’alternative était non la ruine, mais la ruine des 1%… qui ont justement mis ces gens au pouvoir. On comprend ainsi mieux pourquoi ils ont tous choisis la fuite en avant…

      6. @Vigneron
        Non monsieur l’apprenti idéologue « Lois Économiques », il ne s’agissait pas de croyances pour les Mauroy, les Mitterrand, les Delors, les Rocard, les Bérégovoy, les Chirac, les Juppé, les Jospin, etc. Sauf à dire que « compter sur un miracle » constitue une authentique croyance.
        Il s’agissait de quoi alors ?
        Expliquez-vous !

      7. « la théorie du ruissellement »

        ça devrait intéresser PJ. Après avoir remis (le 6 Février) son bouquin sur Keynes à l’éditeur, je pense qu’il va réfléchir à partir du 7 à nous concocter un ANELLA économique avec des beaux paysages épigénétiques et du bon vrai argent qui va ruisseler le long des pentes. Ceux qui n’ont pas compris ANELLA (moi sans doute) seront sans doute très intéressés de voir comment fonctionne le remonte-pente (alias la relaxation(?) dans PSI) lorsqu’ils verront leur pognon dévaler la plus grande pente pour aller se nicher dans un puits de potentiel qui ne leur appartient pas. C’est fou ce que certaines métaphores aident à comprendre!

        Après tout l’analogie IA/Economie n’est peut-être pas si farfelue que ça si l’on admet que les dynamiques qui régissent les évolutions des paysages épigénétiques sont les mêmes dans les deux cas…

      8. Suite

        Je viens de regarder le commentaire 48 de
        http://www.pauljorion.com/blog/2014/12/03/quand-les-robots-jouent-aux-jeux-videos-ils-nous-font-honte/

        où il est question de Kahneman, prix « Nobel » d’économie 2002 avec tout plein de dynamique d’affect.

        Je pense que PJ peut « se farcir le Nobel » d’économie. Si ça arrive on pourra l’appeler non plus Jorion ou Clodion, mais Glorion.
        http://www.pauljorion.com/blog/

        Si on tend des verges, c’est pour se faire fouetter…

      9. Il faut croire désormais aux bienfaits de la ruine, le seul vrai miracle serait cette croyance.

        Arrête de dire n’importe quoi.
        Aucuns bienfaits dans la ruine ou l’effondrement, Vigneron.
        Aucun ‘reset’, aucune ‘risette’. Jamais.
        Sauf pour ceux qui ont intérêts à la ruine et ceux qui en tireront profits.
        Souvent les mêmes.
        Et tu le sais.

      10. Alors, Zeb, s’il faut bien cultiver le déni pour retarder la ruine, s’il ne s’agit pas de convaincre les créanciers de prendre leur perte, cesse de te plaindre et dis bravo aux techniciens experts en rémission que l’électeur, dans sa grande sagesse, s’efforce de maintenir aux commandes, te laissant le temps du loisir luxueux de la conjecture et des théorisations faramineuses.
        Et ça date pas d’hier. En 45 déjà « on » préférait écouter un Pléven qu’un Mendès. Le pli était pris.

      11. Bien sûr qu’il s’agit de convaincre les créanciers de prendre leurs pertes.
        Mais cela ne sera pas la ruine mais seulement la leur.
        L’escroquerie, c’est de faire croire que leur ruine signifie forcément la nôtre.
        Ceci dit, à supposer qu’ils les prennent, cela sera nécessaire mais non suffisant.
        La planète n’a plus de ressources suffisantes pour continuer à ce jeu, même avec des pertes effacées.

    5. Je ne suis pas loin sur ce point du raisonnement de « lois-économiques »
      Nous sommes tous impliqués dans ce système dans la mesure où il nous achète en nous fournissant prestations et objets que nous ne pourrions jamais nous payer sans le détournement des matières premières au compte de l’occident et sans escalvagisation d’une grande partie du monde. Mais la suite de ma réflexion me porte ailleurs :

      Il y a une cause sous-jacente et première à l’équilibre des rapports de forces, c’est le rapport des blocs géopolitiques.
      Marx et Engels ont bien souligné que la particularité essentielle de leur mouvement par rapport aux divers soulèvement ouvriers de l’époque était son « internationalisme ».
      « Si tu fais grève, je vais aller acheter mon charbon dans la mine d’à côté », c’est le nœud gordien des problèmes depuis belle lurette.
      Nos « avancées sociales » du siècle passé se sont réalisées dans le cadre et sous la pression d’une confrontation « Est-Ouest ».

      Aujourd’hui, un « bloc » est en train de se former en Amérique latine. C’est bien plus important que nos mobilisations internes. C’est pour cela que les éditorialistes des « élites » évoquent le Brésil sur le bout des lèvres, l’Argentine avec une compassion feinte, font le silence sur la Bolivie et mentent carrément sur le Venezuela. C’est là qu’est l’enjeu. Je pense qu’ils mettront beaucoup plus d’énergie à briser ce bloc-là (il le font déjà avec les mots) qu’à contrer les « indignés » de leur propre peuple.

      De même, la Chine, dont la « volonté de puissance » est mise progressivement au service du développement intérieur, au lieu de spéculer sur les paradis fiscaux comme tout le monde, sera décrite comme polluante par les pays occidentaux (faut le faire) et bien sûr massacreuse de gentils poètes.

      Sans compter le maintien du morcellement africain et l’ostracisation du monde islamique.

      C’est à cet endroit-là que se maintien ou se dégrade le rapport de force entre les acteurs, et c’est justement là que les élites se concentrent pour nous embobiner.

      Attali résume l’affaire en disant que la constitution d’un ordre mondial est la seule option « raisonnable » pour l’avenir du monde. Mais ce mot « raisonnable », on se demande si on doit en rire ou en pleurer.

      1. Oublions le Venezuela , et conservons les blocs qui font que l’on ( dont Attali) parle depuis maintenant plus de 20 ans , de monde multipolaire à venir , comme d’une étape avant le gouvernement mondial ,que la société mondiale ne semble encore accepter que comme recours par défaut .

        Qu’est ce qui a vraiment pris corps et progresse de façon dynamique ,sur ce thème dans cette période entre Chine , Indes , Brésil ( Amérique latine ) , ex empire turc , Russie , Afrique , Europe ( Tafta ?) ?

        Quelle autre loi que la loi de la monnaie et des armes à l’œuvre ? Quelle autre taille critique que celle de la Chine et des USA pour tenter « d’équilibrer le monde » avant longtemps ? Quel « gradient » sous tendent elles ?

        Le bon juge et la bonne loi à invoquer pour rendre le « réquisitoire » utile , me semble être de ce niveau .

        A moins que …..

    6. @ lois-économiques

      Votre structuralisme économique m’intéresse. Pouvez-vous faire un petit topo là-dessus en commentaire sur ce blog?
      Merci.

      1. @ vigneron

        J’ai demandé si poliment que ça sous-entendait évidemment: « gratos »!

        Et puis, c’est bien connu, les bouquins (même virtuels) ça se vend au poids. Moi ce que je souhaite ce sont quelques lignes (pour pouvoir les stocker dans ma petite tête).

      2. @ lois-économiques

        Aristote établit une hiérachie sociale selon l’utilité sociale, et attribue à chacun une « note » selon son utilité sociale, le train de vie de chacun étant proportionnel à la « note ». C’est l’économie domestique (oeconomia¹) dont le but est de « faire tourner » la société, la cité. Ainsi est, si j’ai bien compris², structurée la société idéale aristotélicienne.

        J’ai trouvé sur votre site un extrait de 242 pages dont je n’arrive pas à extraire ce qui m’intéresse à savoir votre façon d’envisager la structure économique (le terme « structure » , récurrent dans vos propos sur ce blog, semble pour vous -comme pour moi- fondamental). Merci de me guider vers des extraits (ou articles) précis concernant ce point.

        1: Ce n’est pas un scoop, je crois, de dire que l’économie marchande, chrématistique, que nous subissons actuellement est par essence déstructurante pour les sociétés.

        2: Si j’ai mal compris il y a http://leuven.pagesperso-orange.fr/jorion_prix.htm

      3. @BasicRabbit,

        J’ai mentionné des articles pas l’ouvrage principal.
        Ces articles ont pour objet de présenter de la manière la plus concise possible les problématiques abordé par l’ouvrage.
        Lisez les et revenez vers moi en MP si besoin si la partie « structurante » ne vous parait pas claire.

    7. lois économiques
       »De plus la croissance est structurellement pathogène passée un certain seuil de dévellopement autrement dit elle engendre les dysfonctionnements. »
      Vous avez ici une piste,à mon avis, intéressante et en donnant une définition à ce qu’est  »un certain seuil de développement » nous pourrions avancer davantage.
      Cessons de chercher des coupables, nous les avons trouver, et c’est évident qu’il y a des complices jusqu’à un certain niveaux mais dépassé un quelconque stade ils deviennent des victimes…… inconscients de ce qui les manipule.
      Comme le disent Michel et Dominique et vous-même nous devons imaginer d’autres structures et à mon avis, cette fois, à partir de la disponibilité présente et future des ressources qui est en lien avec ce seuil de développement.

    8. Je ne pense pas que Paul Jorion ait besoin d’un avocat, et j’arrive un peu tard dans le débat, mais il me semble que Paul est aussi Ethnologue et Sociologue, ce genre de profession nécessite une immersion totale dans le milieu susceptible d’être étudié. Donc d’après « lois-économiques » tous les ethnologue sont des complices des systèmes qu’ils étudient.

      1. Il ne l’a pas fait pour « études » c’est grotesque de penser cela !
        Votre raisonnement est absurde et être ethnologue n’absout en rien de pouvoir être complice du système.
        C’est Mr. Jorion qui a voulu relever le défit moi je ne lui rien demandé mais il a du croire qu’il faisait partie des exceptions.
        Des exceptions, il y en a mais elles sont très rare… et sur ce blog je penserais d’avantage à François Leclerc, qu’à Mr. Jorion…

        1. Vous mettez ma parole en doute. Vous n’allez pas aimer ce que je vais vous dire mais tant pis :

          1) D’abord ce n’est pas gentil
          2) Cela manque de courtoisie parce que vous écrivez cela sur mon blog
          3) Qu’est-ce qui m’empêche maintenant de vous traiter de la même manière ?

      2. Mr. Jorion,

        Je ne comprends pas votre remarque.
        En quoi j’aurais mis votre parole en doute.
        Je n’est fait que citer votre propre biographie dans laquelle il n’y a pas écrit que vous avez rejoint le milieu bancaire pou l’étudier en tant qu ethnologue…
        Vous êtes en train de créer de toute pièce une polémique de type personnelle à laquelle je ne souscrirais pas.
        La thèse que je défends et que les 1% sont un bouc émissaire un peu trop facile qui déresponsabilise un peu trop de monde.
        Maîntenant libre de vous absoudre de toute responsabilité et libre à moi de penser le contraire et je vous en expliqué les raisons.
        Et rien que le fait qu actuellement vous dites collaborer avec le monde économique me laisse songeur car rappelez moi à qui appartient ce journal ?
        Ce ne serait par hasard au 1% fustigé par Mr. Leis ?.

        1. Lois-économiques, vous irez manger tout à l’heure et celui qui vous vendra ce que vous achèterez sera motivé par… le profit. Et je suis prêt à parier qu’il ne trouve pas son profit suffisant. Et vous, vous allez vous rendre complice de cet abominable personnage. Et non seulement ça, mais vous reviendrez tout à l’heure après avoir mangé et vous continuerez de pérorer, faisant semblant d’ignorer que vous vous êtes rendu coupable de ce crime !

          Bon, plus sérieusement, vous savez ce qu’on va faire à partir de maintenant ? On va juger vos propos sur leur qualité. Vous êtes prêt ?

  12. Il semble qu’il n’y ait face à la situation que deux options, l’une est la révolte, un peu hasardeuse quant à son issue, l’autre étant la fuite dans une frugalité acceptée, et se réfugier dans des sphères plus intellectuelles et déconnectées de la consommation. La simplicité volontaire, le végétarisme, la lecture, la marche, la convivialité, le partage de tout, le toit (colocation) etc…Les décideurs ayant les yeux rivés sur notre consommation, nous pouvons descendre du manège et dire stop

    1. l’ « autre » est irréaliste. « si tous les gars du monde… » ça n’a jamais fonctionné.
      99% pourront s’adonner à la simplicité volontaire que le 1% pourra gaspiller encore plus.
      Par ailleurs, il faut simplement changer les institutions…

      1. Les révoltes n’ont jamais fonctionné non plus, mais si les « consommateurs » se mettent à ne plus consommer ou beaucoup moins consommer, c’est la fin d’un cycle infernal et morbide !

      2. Les révoltes n’ont jamais fonctionné non plus, mais si les « consommateurs » se mettent à ne plus consommer ou beaucoup moins consommer, c’est la fin d’un cycle infernal et morbide !

        Oui, ce serait la fin du cycle infernal. Mais les hyper friqués auraient alors beau jeu de partir se la couler douce avec la propriété de l’ensemble des ressources.
        Ce qui finira d’ailleurs par arriver, car c’est l’aboutissement de ce système.

        Mais nous, comment vivre sans ressource, à part comme les exclus du système?

        Sinon les révoltes ont fonctionné en 1789, et la situation est assez comparable: Les seigneurs ont été remplacés par les friqués.

      3. une personne qui ne consomme pas: c’est un sdf….ou un habitant d’une communauté autonome a la rigueur (encore que).

        Pourquoi?
        Parce que l’internet demande des pcs, de l’electricité, un telephone meme basique pour être joignable, le frigo, ect…..
        En clair: même en étant aussi minimaliste que mon cas: pas de télé, pas de voiture, pas de mobiliers sauf deux tables et un lit, un frigo et une plaque, pas de chauffage et quasi pas d’utilisation d’eau sauf une douche le matin, et un repas par jour.
        Même a ce niveau, qui est a la limite de la rue, parce que en dessous, y a rien, on a diminué tout ce qui etait humain de faire: vous consommerez: parce que a moins d’avoir un jardin ou un terrain, vous devrez acheter vos produits.
        Et désolé de vous l’apprendre mais les pauvres dont je fait partie, n’achète pas bio, ni en coop, ni quoi que ce soit, parce que les prix sont trop cher.
        pas pour rien qu’il y a corrélations entres obésités et pauvreté….pourtant, je n’achète quasiment rien de transformé, sauf le pain auquel cas: je fait mes pates pizza moi même, j’achète des légumes en gros (patates, ognions) et la viande idem, je prend un gros morceau et je découpe.
        je pourrais faire des conserves, cultivers, c’est oublier que les logements pauvres manque de place, nous vivons dans un appart prévu pour une personne: trois pieces: chambre+sdb, salon et cuisine.
        Quand aux plantes: elles ne survivent pas: j’ai essayé divers moyens, différentes facon: invariablement, après 1 semaine voire moins: elles crèvent par manque de soleil car l’appart est mal eclairé. En fait, la culture de champis conviendrait mieux ^^.

        Même en faisant le maximum, en diminuant ou en arrêtant tout: vous consommerez, que vous le voulez ou non, c’est inévitable, pour la simple raison qu’un bon tiers des populations, les plus pauvres: n’ont pas le luxe de pouvoirs choisir leurs vies ou leurs marges de manoeuvres. Pour nous, tout est questions de survie au quotidiens: c’est ramasser et recuperer ce que les autres (classe moyenne) jette et le reparer, c’est ramasser aussi les dechets nourricier que personnes ne veux (fruits et legumes poussant en pleine nature que les gens laissent pourrir).

        Quand a la colocation: etant semi sdf, malgré une adresse et donc un toit….je peux vous dire que cela se passe bien si cela est limité dans le temps. En général, si une situation s’eternise et devient problématique donc forçant cette colocation: les gens sont enclins a s’engueuler et les rapports sociaux se dégradent. De plus, parfois pas besoin d’attendre qu’ils se dégradent: combien de fois je n’ai pas été en colocation avec un coloc qui me menacait en sous-entendu, si il n’avait pas de relation, d’argent ou tout autre services, sous le pretexte qu’il payait le loyer (visiblement faire le menage, la lessive et l’entretient, ne compte pas).

        Ce que vous pronez est une utopie totale parce que cela ne fonctionne qu’avec des gens egaux…mais dès qu’il y a rapports de force inégaux dans les rapports: bien souvent, les dominants en profitent allègrement.
        Comme l’as dit l’un des commentateurs: c’est humain, c’est dans l’espèce humaine….en clair, soit il faut evoluer, soit crever….et actuellement, il semble que la classe moyenne dans l’ensemble ai acceptés l’idée de sacrifier ma classe: « celle des démunis » : les pauvres.

    2. Ah! il y en a au moins un qui pense comme moi!
      Moi ça fait trente ans que j’ai refusé de monter dans le manège et je me sens un peu seul à le regarder tourner de travers!
      Eric

      1. @Mr Gagnot,
        Les ressources ridicules qui me font vivre, n’intéressent pas les nantis car ils pensent valoir bien plus que cela…
        Je leur laisse sans jalousie ces « richesses » qui les obsèdent, et les font mourir d’ennui une fois acquises…et enfin, mourir de peur de leur vide intérieur.
        Pour côtoyer dans mon métier (avec une volontaire modération), certains échantillons humains bien représentatifs de cette caste de « nantis » que vous redoutez tant, sachez qu’ils sont aussi faibles que vous et tout aussi démunis (intellectuellement) lorsqu’ils ont à décider pour eux-même de leur plus élémentaires choix de vie.
        Je peux même vous dire que certains d’entre eux envient sincèrement ma négligeable situation…
        Je m’astreint avec délice, à ne faire payer à ceux là, pour mes humbles services pas un seul sous de plus que ce que je vous prendrais à vous, histoire qu’ils ne s’imaginent pas qu’ils valent mieux que d’autre!
        Et croyez le ou non, il m’arrive même de leur refuser mes services malgré les moyens dont ils disposent, parce que je suis débordé par des clients mille fois plus modestes!
        Faut’ y pas être bête, hein? Capter la richesse, vous disiez ? Vous savez très bien que le plus important au fond, c’est d’être utile…
        C’est toujours possible…il suffit de choisir de faire ce que l’on préfère à chaque instant.
        Bien à vous, Eric.

      2. C’est toujours possible…il suffit de choisir de faire ce que l’on préfère à chaque instant.

        Mais en définitive c’est ce que j’ai toujours fait, … tous comptes faits.
        Sinon depuis que je suis en prépréretraite, (merci à mon dernier employeur, que je n’avais pas choisit par hasard, et qui a finit par me comprendre), puis retraite, je fais ce que je préfère à chaque instant. Voyez, je suis en train de discuter avec vous. Comme quoi avoir un Revenu de base enrichit la vie. (Ceci dit, je suis bien conscient de faire partie des chanceux baby boomers)

      3. Moi ça fait trente ans que j’ai refusé de monter dans le manège

        Ah oui, vous pensez quand tant qu’indépendant vous n’êtes pas sur le manège.
        Détrompez-vous, vous y êtes comme les autres salariés, c’est juste que vous n’avez pas choisi la même voiture.

      4. Il ne s’agit pas de ne plus rien consommer mais de le faire le moins possible. Il y a plein de choses dont on a pas besoin, par exemple, les jouets sont réutilisables, les vêtements idem, les vélos, les meubles etc…enfin une foule de choses, on peut troquer des compétences, devenir végétarien (bon pour la santé), emprunter les livres, films, connexions internet, diminuer le plus possible l’achat qui serait déjà un cercle vertueux, et casser les profits des 1%.

  13. Rien à redire à ce billet. Le réquisitoire dressé par Michel Leis est parfaitement évident et je ne vois à ce jour aucune solution réaliste (cad capable de passer outre les ‘cliquets’ décrits par PJ), qui nous permette d’échapper à la violence. Et ce dernier point, parfaitement désolant, est la plus grande ‘réussite’ des 0,1% qui ont réussit à nous faire régresser à un état de démocratie censitaire (nous avons le droit de choisir librement celui ou celle qui mettra en œuvre TINA).
    Une remarque personnelle cependant. Si je peux comprendre la ‘logique’ démente d’une dictature qui cherchera par tous les moyens à perdurer (cf entre autres exemples innombrables, la guerre actuelle en Syrie), nous sommes avec les 0,1% et leurs serviteurs zélés, dans l’irrationalité pure. Car enfin, ces gens là ne cherchent pas à perdurer, à léguer à leurs enfants des richesses et privilèges volés. Au contraire, ils tuent leurs propres descendants en détruisant toujours plus avant la biosphère. Ce faisant, ils ne leurs légueront rien d’autre qu’une planète devenue inhabitable !

    Nous sommes en train d’échouer, nous sommes la seule espèce dans l’histoire du vivant en passe de tuer systématiquement ses enfants…

    Et le plus terrifiant, c’est que les 0,1% et leurs serviteurs sont sans doute parmi les humains, ceux ayant bénéficié des meilleurs écoles et universités. Ça n’est plus un problème politique, c’est un problème anthropologique. Nous sommes arrivés à un point de développement où nous touchons les limites de notre espèce.
    À quoi bon imaginer utiliser les distorsions temporelles et spatiales crées par les trous noirs en rotation rapide du film Interstellar, afin de trouver d’autres planètes habitables ? Nous les détruirions aussi sûrement que la Terre.

    Ça n’est pas le 0,1% le problème. Le problème c’est nous tous ! Nous devons évoluer, et vite, sinon selon toute vraisemblance, nous disparaîtrons.

    Évolue ou crève en quelque sorte…

    1. Il faut évoluer. Bien sur, cela prendra beaucoup de temps. Nous ne sommes encore qu’à la préhistoire humaine. Il faut que les humains prennent conscience de ce qui les met en mouvement. Il faut que la conscience humaine se développe vers plus de spiritualité. Le message de Jésus a été détourné de sa vraie signification. Les histoires de vie future, de rédemption, etc.. sont de la foutaise. Chacun chacune doit aller au fond de son esprit pour découvrir qui il est réellement.

    2. Mon médecin, mon pharmacien, mon notaire, mon avocat, les huissiers qui me font de si gentilles visites, mon expert-comptable (ah non, pas lui…), mon opticien, mon dentiste, mon plombier (si si), (etc), me prient de vous signifier qu’ils vous remercient chaleureusement de les retirer de la liste des « nuisibles selon Leis » en passant le seuil de nuisibilité de 1% à 0,1%…

      1. Tout faux Leis, c’est pas 1%, encore moins 0,1, mais 10, 20, voire 50% qui doivent mettre le nez dans leur merde.

      2. Bonne question. Combien sont-ils les Maîtres-du-Monde de l’Internationale Oligarchique Financière ? 1%, 0,1%, 00,1%, moins encore ?

        Voyons voir. La Commission Trilatérale (la crème de la crème de l’oligarchie globale) regroupe environ 170 membres pour le groupe ‘Europe’, 130 pour le groupe ‘nord-américain’ et 120 pour le groupe ‘Asie Pacifique’. Je pose un, je retiens deux, cela nous donne 420 personnes. Rajoutons un nombre équivalent pour les démocraties chinoise, russe et pétrolifères du Moyen-Orient et nous arrivons à la conclusion qu’un peu plus de 800 joyeux abrutis sont suffisant pour créer les conditions d’un écocide mondial.
        Rapportés à une population planétaire de 7,150 milliards, les Maîtres-du-Monde représentent donc… 0,00001%. Un chiffre impossible à placer dans un slogan sans se ridiculiser, je vous l’accorde. Gardons donc le 1%.

        PS : l’arithmétique, fut-elle élémentaire, ne saurait décrire à elle seule l’infinie subtilité de la réalité. Cependant je pense que ces chiffres en sont une bonne approximation.
        PPS : Et une fois n’est pas coutume, soyons optimistes ! Si 840 êtres humains sont nécessaires pour détruire la planète, selon PJ il n’en faudrait que 10 pour la sauver (DIX ÊTRES HUMAINS RÉSOLUS POUR SAUVER UNE ESPÈCE EN DANGER !)

      3. @Vigneron
        Ceux qui ont vraiment une conscience de classe et qui agissent sciemment pour accaparer encore plus ne sont probablement pas très nombreux, pour le reste, le système a su générer un certain nombre de complicités. Quant aux 50%, c’est ceux qui donnent leurs bulletins de vote aux 1%

  14. À moins que…

    Défaut sur la dette, voir Penser l’économie autrement.
    Dette impossible à rembourser sans croissance du PIB ce dernier étant directement lié à la croissance de l’approvisionnement énergétique (-1% l’an pour l’Europe depuis 2008)
    C’est pas plus compliqué que cela, et arrêtez de vous focaliser sur les 1% de riches, c’est pas là le problème.
    Le défaut sur la dette se préparera dans l’optique d’une économie basée sur la sobriété énergétique à laquelle on travaille déjà.

  15. arrêtez de vous focaliser sur les 1% de riches, c’est pas là le problème.

    Ah si, car de fait ils dirigent le monde. Et à moins de vivre en autarcie, impossible de faire autrement que de subir leurs décisions. Comment demander à ceux dont l’activité engendre une quelconque pollution. d’abandonner leur emploi? Il faut bien qu’ils payent leurs factures!!

    1. Si une majorité de citoyens prenait conscience que leur emploi n’est pas durable et sacrifie la génération de leur enfant, on pourrait peut-être avancer plus vite vers les nouvelles constitutions que vous proposez.
      C’est pourquoi je répète que la focalisation sur les un pour cent n’est pas directement la solution.

      1. Si une majorité de citoyens prenait conscience que leur emploi n’est pas durable et sacrifie la génération de leur enfant, on pourrait peut-être avancer plus vite vers les nouvelles constitutions que vous proposez.
        C’est pourquoi je répète que la focalisation sur les un pour cent n’est pas directement la solution.

        Dit comme ça, je plussoie. 😉 la nouvelle constitution retirant tout pouvoir aux 1% qui aujourd’hui dirigent le monde vers l’abîme. (je dis 1% par convention, on sait que en fait c’est beaucoup moins, hein vigneron)

  16. Changement de cadre de référence.

    Thorstein Veblen (1857-1929), un Américain d’origine norvégienne avait une personnalité très particulière. Il considérait que le système socio-économique était composé d’une machine agissant l’homme et non d’hommes gouvernant une machine qui serait à leur service. Les hommes obéiraient à la machine et non le contraire.

    Cette idée d’une machine gouvernant l’homme rejoint celle de ceux qui imaginent qu’un jour l’homme fabriquera des robots plus intelligents que lui, qui prendront le pouvoir… Mais en 1900, Veblen ne pensait pas encore aux robots !

    Manipulation ? La machine maintiendrait l’homme dans l’illusion qu’il est aux commandes (ça, je ne sais pas si Veblen a écrit cela de cette façon).

    Si l’on regarde le système économique de ce point de vue, arrive un moment où la machine réclame de plus en plus de monnaie (le pourquoi de cette demande de fonds est sans doute explicable). Quelques financiers doués du sens de l’intuition et des affaires « sentent » cette demande.

    Hallucinations ? Certains croient peut-être sentir ou voir l’apparition sur terre d’une « main invisible » leur donnant des ordres ! Ils ne ressentent pas le besoin de comprendre, mais de répondre servilement à ce que la main invisible de la machine leur demande de faire pour elle. Ben oui, la main invisible n’est-elle pas par définition infiniment bonne ? Ils trouvent un moyen d’accélérer l’efficacité du mécanisme du crédit qui sous sa forme  normale peut sans doute être un coup de pouce à l’économie. Disons qu’ils passent à l’étape suivante de la machine de Ponzi.

    Indice subliminal ? Mécanisme du crédit ou de la stabilité européenne. L’économie utilise des mots issus de la mécanique. Étonnant, non ?

    Mégalomanie ? Quelques économistes et politiciens croient (je souligne à nouveau l’utilisation de ce verbe) que les besoins de la machine seront satisfaits par ce moyen. Ils laissent faire et encouragent même le laisser-faire de peur que les rouages de la machine se grippent. Persuadés qu’ils sont aux commandes, ils pensent qu’en cas d’avarie, ils seraient les premiers touchés. Funeste croyance ou égo-perception à court terme.

    Perversion ? Les mêmes financiers se rendent compte qu’il y a moyen à la fois de nourrir la machine et de s’en mettre plein les poches. Ils dépassent les désirs de la machine. La suite on la connaît.

    Délire ? Finalement, l’homme aurait cru qu’il pouvait domestiquer (et exploiter) la machine économique comme il a cru qu’il pourrait domestiquer (et exploiter) la nature. Pas de chance, ces deux prémisses sont aussi fausses l’une que l’autre.

    Déni ? Effacer et recommencer à zéro ? Il serait sans doute illusoire de croire que la machine serait mise hors d’état de nuire en supprimant le capitalisme ou la démocratie. Ses effets néfastes serait immédiatement remplacés par d’autres. Les dérives de la finance ne feraient-elles pas place à d’autres telles que la corruption ou d’autres comportements dont seul l’homme a le secret ?

    Pierre

    1. Les dérives de la finance ne feraient-elles pas place à d’autres telles que la corruption ou d’autres comportements dont seul l’homme a le secret ?

      Oui, c’est bien observé. Quelque soit le système économique de demain, il faut impérativement concevoir un système de gouvernement impossible à corrompre. Les logiciels intelligents et l’informatique en général, pourraient peut être le permettre…

  17. PS

    Oubli. J’ajoute que Veblen considérait que la classe oisive (les rentiers si l’on veut) sobotait la machine à son avantage. Cette idée a été très bien illustrée par Paul Jorion, quand il explique comment Wall Street a parié sur la chute des produits qu’il a lui-même créés…

  18. Coupable, les élites économiques.
    Coupable le monde politique,
    Coupables, nous , de voter comme des imbéciles, de nous soumettre comme des moutons, de céder à l’égoïsme du chacun pour soi , d’avoir oublié que notre confort a été acquis par le passé au prix de luttes constantes

    Donc 100 % de coupables, même ce pauvre Paul Jorion si j’en crois certains commentaires.. À la limite quelques repentis mais pas vraiment pardonnés pour autant. Ça m’a fait immédiatement penser au « péché originel » qui me révoltait tant quand j’étais dans mon école catholique. Je ne dis pas que c’est faux, je dis que c’est décourageant. Dans notre cours de catéchisme il y avait au moins une consolation : tous coupables, certes, mais sauvés par un messie providentiel !! OK on a passé l’âge d’y croire.
    Je lis le commentaire précédent.. une machine agissant l’homme et non d’hommes gouvernant une machine Désespoir absolu . Notre vrai péché mortel c’est d’accepter ça !

    1. Pour parfaire votre désespoir, P. Jorion a même montré dans « le secret de la chambre chinoise » que la coordination de notre être que nous appelons « volonté » n’était qu’une reconstruction à postériori d’un enchainement qui semble procéder d’une autre « logique » que celle à laquelle nous croyons usuellement. Les machines sont donc susceptibles d’avoir plus de « volonté » que nous.

      Effectivement le « péché originel » est une notion qui risque de renaître de ses cendres !

      1. Si l’on en croit saint Augustin ( « il n’y a de péchés que volontaires « ) , seuls les robots sont donc susceptibles de pécher un jour .

        De mon côté, je préfère parler de vices , en ajoutant qu’un vice c’est une vertu qui a mal tourné .

        Reste à comprendre pourquoi , et on aura fait un pas vers un monde plus agréable .

      2. Le péché originel ? C’est la connaissance. C’est donc la première arnaque reconnue: Faire payer la connaissance par toutes les générations du genre humain.

        Maintenant, le petit mot pour rire.
        Je vous livre quelques extraits de la revue trimestrielle « Dialogue » 1990.
        Rédaction :U.S Information Agency.
        Probablement = CIA, donc une sorte de  » Reader’s digest » pour intellos.
         » La Mutation du Pouvoir Mondial – par Joseph S. Nye. Jr-
        Les instruments traditionnels du pouvoir sont rarement suffisants pour traiter les problèmes d’interdépendance transnationale. De nouvelles sources de pouvoir, comme la capacité d’instaurer une véritable communication et celle de développer et d’utiliser les institutions internationales, peuvent s’avérer plus adaptées.
        « Le pouvoir comporte un autre aspect important qui réside dans la capacité d’ordonnancer une situation, de telle sorte que les autres pays adoptent des préférences ou manifestent des intérêts qui coïncident avec les vôtres.
        Ce pouvoir d’attraction trouve sa source dans l’influence culturelle ou idéologique
         »

        « L’ennui, la vertu et le capitalisme démocratique- par Michael Novak-
        La compétitivité est presque toujours considérée comme un vice honteux. Elle est pourtant la sentinelle de la justice économique et une défense contre les collusions, non seulement dans le domaine économique, mais aussi dans les sphères de la morale, de la religion et de la politique
         »

        Ici les torchons et les serviettes se tordent de rire.

        Plus loin p.21 : un entretien avec Milton Friedman et James Tobin, je passe.
        Ensuite:
        « Le secteur privé et l’action écologique -par Richard L. Stroup et Jane S. Shaw-
        …Les théoriciens du « choix public » (public choice) qui, depuis quelques années, exercent une influence considérable sur la vie politique et universitaire, optent souvent pour une solution différente. D’après eux, les fonctionnaires ne sont guère incités à se montrer efficace, puisqu’ils dépensent l’argent public et non le leur. Par conséquent, le meilleur moyen de garantir la pureté de l’air, de l’eau et de la terre se situe sur le marché et au sein d’un système de propriété privée… »

        Voilà la rhétorique dont on a gavé les élites et le bon peuple; dans ce domaine la théorie du « ruissellement » a bien fonctionné, nous vivons le déluge.

  19. à charles A »l’impuissance évidente croissante des élites »:

    ce n’est pas de l’impuissance c’est la coopération de l’institutionnel avec le marché, c’est connu depuis Polaniyi « la grande transformation »;c’est bien le problème de mettre en cause l’institutionnel Européen.
    « Amoins que » M Leis. le fait que les critiques se fassent de plus en plus nombreuses indiquent qu’il n’y a pas cloture du sens,on n’est pas en Corrée du nord

  20. Que l’homme ne soit pas parfait est une évidence qui ne saurait faire mettre toute l’Humanité dans le « même sac »….
    D’abord au niveau de la responsabilité, qui si elle est partagée, ne l’est absolument pas au même niveau pour tout le monde.
    Celle de la minorité de ceux qui sont « aux manettes » est aux antipodes de celle de la majorité qui subit.
    Pour moi, il est faux de dire que pratiquement tout le monde souhaiterait faire partie des 1% qui font la pluie, et de plus en plus rarement le beau temps.
    Heureusement pour le genre humain, ce qu’on appelle l’empathie, la compassion et le désintéressement pour les honneurs, la richesse et le pouvoir existent ,et sont même plus largement répandus qu’on voudrait nous le faire croire.
    Et de par ma (déjà) longue expérience humaine, j’aurais tendance à considérer ceux qui prêchent le contraire comme des sophistes que j’ai souvent rencontré dans les rangs des conservateurs et de la réaction.
    Encore une chose, je crois pas que le fait que Paul Jorion ait été dans le passé un trader, le voue « forcément » et « définitivement » aux gémonies.
    On a le droit de se tromper, surtout que souvent, on est contraint de la faire par les circonstances…
    Il serait d’ailleurs surprenant que tous autant que nous sommes, n’ayons pas quelques reproches à nous faire, car si la perfection était de ce monde ça se saurait.
    D’ailleurs, où en serait t-on au niveau de la pensée, des droits, de la dignité humaine et du progrès social, si on avait systématiquement rejeté tous ceux qui pour des raisons diverses n’avaient pas pris le « bon » chemin » dès le départ..
    Parmi tous ceux là, Victor Hugo me vient tout de suite à l’esprit.
    Continuez comme ça Paul Jorion, on a besoin de votre blog et de vos « lumières » sur l’économie et la société.

    1. Vous êtes un chouïa insultant pour Jorion. Faire du trading pour une banque n’est pas comparable avec les multiples compromissions obligées par l’arrivisme avéré d’un Hugo vite arrivé.

    2. Comment on devient l’« anthropologue de la crise »

      J’étais entré en finance en 1990, la conséquence d’une série de « Nuits magnétiques » que j’avais produites pour France Culture. En 1988, Laure Adler, responsable de l’émission, m’avait appelé et m’avait dit en substance : « J’ai beaucoup aimé ce que vous avez écrit sur les pêcheurs bretons (Jorion 1983, Delbos et Jorion 1984) pourriez-vous me faire une série d’émissions sur ce sujet ? ». Je lui avais répondu qu’il y avait plusieurs années que je ne m’occupais plus de pêche. « Qu’est-ce que vous faites maintenant ? », m’avait-elle alors demandé. Je lui avais expliqué que j’étais devenu chercheur en intelligence artificielle et elle avait répondu du tac-au-tac : « C’est très intéressant aussi : faites-moi donc quatre Nuits Magnétiques là-dessus ».

      Les émissions ont été programmées en novembre 1988 puis furent rediffusées durant l’été 1989. C’est à cette époque là que Jean-François Casanova les entendit. Il écrivit à France Culture, expliquant que ces « Nuits magnétiques » l’avaient fasciné et demandant à en rencontrer le producteur. Je lui répondis, sur quoi il m’invita à déjeuner. Nous avons discuté de la théorie du chaos. C’était l’époque où un changement s’opérait dans le secteur bancaire : le personnel des banques était constitué jusque-là essentiellement de comptables et d’économistes. Avec l’informatisation et la nécessité de modéliser le fonctionnement des instruments financiers sophistiqués que constituaient les produits dérivés pour mieux les comprendre, la finance commençait à faire appel à d’autres compétences : ingénieurs, mathématiciens appliqués ou physiciens. J’étais un spécialiste de l’anthropologie mathématique, j’avais été ingénieur dans le cadre du projet CONNEX au laboratoire d’intelligence artificielle des British Telecom, nos conversations s’inscrivaient dans le cadre de ce nouveau climat.

      À l’époque où j’étais étudiant au Département d’anthropologie sociale à l’Université de Cambridge en 1975 et 1976, nous avions un séminaire hebdomadaire intitulé le « Writing up Seminar ». Les étudiants thésards se réunissaient un soir par semaine chez l’un d’entre eux, informaient leurs condisciples de leur progrès dans la rédaction de leur thèse, et proposaient à la discussion leurs interrogations et les difficultés contre lesquelles ils butaient. L’expérience de terrain de certains d’entre nous était de qualité très douteuse et les questions que nous tentions de résoudre collectivement nous plongeaient souvent dans la perplexité. Tel, dont je me souviens, ayant mené son terrain en Union Soviétique, avait été filé en permanence et n’avait recueilli après un séjour de plusieurs années que le récit d’une série d’anecdotes : rien qu’il soit possible de considérer comme le matériau sur lequel fonder une thèse. Telle autre, se retrouvant en Indonésie au sein d’un paysage politique tendu s’était retrouvée un atout dans la rivalité entre grandes familles et adoptée comme chouchou par l’une d’entre elles. Se voyant proposer la vie de château, elle n’avait opposé aucune résistance et en avait joui pleinement. Elle se retrouvait, après plusieurs années de terrain, en possession d’une vision unilatérale et filtrée par ses hôtes – rien qui ressemble à la vision d’ensemble d’une société –, un matériau biaisé qu’elle s’efforçait sans grand succès de monter en une thèse.

      Nous étions très consciencieux et avides des récits de nos aînés que nous invitions à relater ce qu’avait été leur propre expérience de terrain et je me souviens en particulier d’une soirée à mon domicile durant laquelle Audrey Richards nous raconta son séjour au début des années trente chez les Bemba de Zambie, et en particulier la visite que lui avait rendue son directeur de thèse : Bronislaw Malinowski.

      À cette époque un débat faisait rage en anthropologie sur la question : qu’est-ce qu’un terrain légitime ? Mon propre terrain, en Bretagne, traditionnellement « terre de folklore » plutôt que « terre d’ethnologie », faisait sourciller. Une collection d’ouvrages très populaires à l’époque était publiée par l’éditeur américain Holt, Rinehart & Winston : des ethnologues y racontaient, souvent sur un mode humoristique, leurs aventures de terrain. D’autres ouvrages se penchaient également sur l’expérience de terrain et s’efforçaient de l’analyser sur un plan épistémologique cette fois. L’un des ouvrages appartenant à cette dernière famille : Anthropological Research : The Structure of Inquiry, à la couverture toilée rose bonbon, était connu sous le nom de « Pelto & Pelto », du nom de ses auteurs : Pertti et Gretel Pelto. Si j’ai bon souvenir, c’est dans cet ouvrage que se trouvait la remarque que la méthode princeps de l’anthropologie : l’observation participante ne pourrait jamais trouver à s’appliquer dans certains contextes. Les auteurs examinaient une variété de terrains très spéciaux – entrepris d’ailleurs le plus souvent par des journalistes plutôt que par des ethnologues – où l’un s’était fait passer pour un noir, un autre pour un prisonnier, et se posait la question des terrains dits impossibles. Comment faire, par exemple, de l’« observation participante » dans le milieu des chirurgiens, leur métier étant fondé sur une expertise très pointue et leur milieu étant fermé du fait-même de l’exigence de cette compétence rare ? L’exemple qui m’avait le plus frappé dans l’ouvrage était celui des banquiers : comment un anthropologue pourrait-il se faire accepter dans le milieu de la finance et se faire considérer comme l’un de leurs par les dirigeants d’une banque ?

      Quand, après plusieurs conversations – comprenant en particulier un exposé de mes travaux à mon domicile sur mon ordinateur – Jean-François Casanova me proposa de travailler avec lui à la Banque de l’Union Européenne (groupe CIC), en capacité de trader, la remarque présente dans le « Pelto & Pelto » me restait encore en mémoire.

      Même si mon expérience à venir en finance pouvait un jour se concrétiser en expérience de terrain, elle apparaissait aussi potentiellement comme un authentique changement de carrière. Bien qu’ayant été incapable de trouver un emploi en tant qu’anthropologue durant la période de six ans qui séparait la perte de mon poste d’enseignant à Cambridge (1979 – 1984) – sur laquelle je reviens plus bas – et l’offre de devenir trader, je me sentais une très grande loyauté envers mon maître Claude Lévi-Strauss et je tins à l’informer de l’offre qui m’était faite.

      Lévi-Strauss fut très aimable lors de notre rencontre. Il me dit que je ne devais pas m’inquiéter : que si le choix d’une carrière devait se poser à lui au moment où nous parlions (janvier 1990), il se passionnerait davantage pour les interrogations que soulevaient les fractales plutôt que pour les questions que se posaient alors les anthropologues. Il confirmait par ces mots mon sentiment profond, sentiment forgé durant l’année au cours de laquelle j’avais participé à son séminaire (1969-1970) : que malgré ses dénégations répétées, Lévi-Strauss était le « mathématicien manqué » le plus doué de sa génération.

      1. « mon sentiment profond ( … ) que Lévi-Strauss était le « mathématicien manqué » le plus doué de sa génération. »

        Voici ce qu’en dit le mathématicien Jack Morava qui a étudié (2003) d’un point de vue strictement mathématique la formule canonique du mythe:
        http://arxiv.org/pdf/math/0306174.pdf

        « In view of the perspective proposed here (in terms of finite non-commutative groups), I believe that skepticism is quite under-standable. Nevertheless, I believe that Lévi-Strauss knows what he means to say, and that difficulties in interpreting his formula are essentially those of translation
        between the languages of disciplines (anthropology and mathematics) that normally engage in much conversation. »

        « When I first encountered Lévi-Strauss’s formula, my reaction was bemusement and skepticism; I took the question seriously, in large part because I was concerned that it might represent an aspect of some kind of anthropological cargo-cult, based on a fetishization of mathematical formalism. I am an outsider to the field, and can make judgements of Lévi-Strauss’s arguments only on the basis of internal consistency (in so far as I am competent to understand them); but I have to say that I am now convinced that the man knows his business. »

        Je trouve que la formule canonique du mythe est quand même une superbe idée platonicienne.

        Vous m’avez dit avoir appris que LS la considérait aux alentours de 1970 comme une curiosité. Il semble être revenu plus tard sur cette façon de voir les choses: cf la fin de l’article de Solomon Marcus (1995): http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/hom_0439-4216_1995_num_35_135_369945

    3. Ce n’est pas la perfection qui est sorti du commode. C’est la pureté. La virginité.
      Vierge ou violeur. Le vierge est sacrifié, le violeur est exterminé.
      Jeu de massacres.

  21. Nous en sommes arrivés à une société complètement corrompue qui est déjà condamnée, tant les sources de conflits sont nombreuses pour le déclenchement d’une crise sans précédent. Les élites économiques, le monde politique, les employés-gouvernés, tous participent à faire vivre ce système qui nous tue. C’est un suicide assisté et une arnaque bien ficelée, toujours la même idéologie de soumission aux lois de la finance et aux possédants. La démocratie et le marché, et nous là-dedans notre rôle c’est de participer tête baissée? Non! la colère est si forte qu’elle ne pourra être contenue, et même si l’égoïsme a longtemps été prêché comme une vertu, c’est bien la solidarité qui peut répondre aux enjeux que nous devons relever.

  22. Vigneron,

    Si on commence par condamner des personnalités comme Victor Hugo, j’ai bien peur que « votre avant garde » soit bien seule et ne reprennent les mêmes chemins que ceux qui ont menés à la tyrannie et aux totalitarismes.
    Loin de moi de vouloir condamner Paul Jorion que je trouve brillant et très estimable, je voulais juste signifier que ceux qui pourraient avoir des velléités malveillantes de le condamner, commencent à balayer devant leur porte.
    Maintenant qu’on soit trader dans une banque ou ailleurs ne change pas grand chose pour moi, et ce qui compte aujourd’hui, c’est l’expérience et la réflexion que Paul Jorion apporte à ceux qui le suivent depuis déjà plusieurs années.

  23. Bonjour. Votre papier est intéressant, mais ‘affirmer que nous sommes tous coupables de la chienlit actuelle me paraît erroné. J’ai toujours essayé en votant d’opter pour les solutions les moins mauvaises possibles, et comme tant d’autres, j’ai dû constater que cela ne changeait rien. Quand je n’ai pas de vrais choix, je m’abstiens, ce qui à présent est souvent. Je n’assume en rien les dérives qui nous plombent, je les ai vu venir de loin. Je ne suis pas le seul dans ce cas. Les élites aujourd’hui se reproduisent « en dépit » des réalités de notre société. L' »oligarchisme » a gangrené notre république. Nos « élites » sont des agents du système, elles en sont la face visible. En quoi devrais-je me couvrir la tête de cendres parce que M. Sarkozy, M. Hollande, M. Valls etc… (pour ne parler que des plus récents)? En outre, la responsabilité des citoyens est à mes yeux largement minorée par le travail indigne des grands médias. Cher monsieur, fort heureusement, les innocents sont légion. J’ai la faiblesse de penser que j’en suis. Cordialement.

    1. Alors soyez vigilants, les faibles, parce que le malade très haut perché sur son rouleau compresseur lui est aveugle et bourré comme un cochon. Les petites fleurs innocentes sur les côtés de la route il connait pas et s’en fout. Je vais même vous faire une confidence : ce texte n’est pas une orange bleue mais une bougie blanche qui brûle par les deux bouts.

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