Le Monde – Que pèse la théorie économique face aux intérêts financiers ?, mardi 6 – mercredi 7 janvier 2015

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Keynes, Friedman, Syriza et la Troïka

En 1978, à Milan, Joan Robinson, l’élève, puis la disciple la plus brillante de Keynes, intervint dans la discussion qui conclut les conférences Rafaelle Mattioli, consacrées par Richard Kahn à la genèse de la Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) ; Kahn ayant été, lui aussi, membre du « Cambridge circus », le « premier cercle » de l’économiste anglais.

Robinson dit ceci à cette occasion :

« Le principal problème de Keynes était qu’il était un idéaliste. Il pensait qu’aussitôt que les gens auraient compris sa théorie, auraient compris comment le système capitaliste fonctionne véritablement, ils se comporteraient de manière raisonnable et géreraient le système de telle sorte que des effets positifs en résultent. […] Keynes était un innocent qui croyait qu’une théorie intelligente prévaut sur une autre qui est stupide. Mais il va de soi que dans le monde réel l’impact d’une politique ne découle pas d’une compréhension intelligente de l’économie mais du jeu des intérêts particuliers et du désir de défendre le capitalisme contre les courants de pensée radicale de chaque époque. Comparer les mérites des approches est donc une perte de temps. Du point de vue du mérite, qui pourrait bien préférer Milton Friedman à Keynes […], mais ceci ne signifie nullement que l’influence de Keynes prévaudra sur celle de Friedman » (in Richard Kahn, The Making of Keynes’ General Theory 1984).

Pourquoi ces propos d’autrefois sont-ils toujours d’une brûlante actualité ? Parce qu’il demeure aussi vrai qu’il y a près de quarante ans que la validité d’une théorie économique sur un plan purement scientifique pèse de peu de poids au regard de son soutien ou non par des intérêts particuliers disposant du levier de l’argent.

L’affirmation sans ambiguïté par Milton Friedman que la direction des entreprises doit sacrifier les intérêts de ses clients ainsi que de ses propres employés, pour se mettre au service exclusif de ses actionnaires, est toujours nôtre, quels que soient les ravages que sa logique a exercés sur l’économie de marché. Cette même philosophie inspire aujourd’hui le Fonds monétaire international, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, les trois composantes de la Troïka qui impose aux pays en difficulté de la zone euro des politiques de « réformes structurelles » caractérisées par leur refus d’envisager d’autres variables d’ajustement que le seul niveau des salaires, au prix des acquis de l’État providence, et dont les effets induits sont des taux de chômage pouvant atteindre, comme en Grèce ou en Espagne, le quart de la population en âge de travailler et, on l’a vu dans les pays où des politiques de ce type ont été appliquées par le passé, une baisse du niveau d’instruction et de l’espérance de vie ; ce n’est pas sans justification que Le Monde (en date du 22 décembre 2014) s’est fait l’écho de l’opinion selon laquelle « les exigences du FMI ont affaibli les systèmes de santé des pays africains frappés par Ebola » (*).

Entre les « intérêts particuliers » et les critiques émises par les « courants de pensée radicale », telles que les incarnent en ce moment les partis Syriza en Grèce et Podemos en Espagne, est-ce bien le rôle du FMI, de la Commission européenne et de la BCE, trois institutions censées nous représenter nous, citoyens ordinaires, au nom de l’intérêt général, de trancher en alignant leurs positions exclusivement sur les intérêts particuliers des milieux financiers ?

Lorsque nous observons, comme maintenant, les représentants de ces institutions, non pas informer mais menacer les électeurs qui cautionneraient les critiques émises par les « courants de pensée radicale » et voteraient pour des partis tels Syriza et Podemos, ne font-elles pas fi du suffrage universel et n’est-il pas de notre devoir à nous, représentants de l’opinion publique, de leur rappeler que leur mandat s’exerce dans un cadre qui est celui du respect des règles démocratique présidant à nos sociétés ?

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(*) Le Monde : Les exigences du FMI ont affaibli les systèmes de santé des pays africains frappés par Ebola.

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22 réflexions sur « Le Monde – Que pèse la théorie économique face aux intérêts financiers ?, mardi 6 – mercredi 7 janvier 2015 »

  1. Bravo Paul ! Fort bien tourné !
    Il faut appuyer le droit des grecs de se débarasser des serviteurs du Veau d’Or.
    Il faut se préparer à les soutenir par tous les moyens
    contre la violence que déchainera le capital contre tout exercice réel de la démocratie.
    A lire ici article de cette défense vigoureuse de la démocratie:
    C’est aux Grecs de choisir leur gouvernement, pas au FMI ni à la commission Européenne !
    http://npa2009.org/actualite/cest-aux-grecs-de-choisir-leur-gouvernement-pas-au-fmi-ni-la-commission-europeenne

  2. il demeure aussi vrai qu’il y a près de quarante ans que la validité d’une théorie économique sur un plan purement scientifique pèse de peu de poids au regard de son soutien ou non par des intérêts particuliers disposant du levier de l’argent.

    …ce qui veut dire que les choses se décideront par d’autres leviers que le débat théorique économique, même si celui-ci doit être mené !

    🙂

    1. les choses se décideront par d’autres leviers

      C’est une manière de constater que chaque corporation utilise ses propres valeurs et ses références pour se défendre et se blinde contre les vents barbares qui pourraient venir de « l’extérieur », de la barbarie. (cf The Superiority of Economists by Marion Fourcade, Etienne Ollion, and Yann Algan)
      C’est aussi le plafond de verre et l’entre soi qui définissent de facto une corruption acceptée et « nécessaire » pour fortifier chaque bulle à bon compte. Et ce blindage n’est pas attaquable par une approche intellectuelle ou théorique ! Une fois rentré dans la bulle, il n’est plus envisageable d’en sortir. (Pas de « leaks » !).
      Et ces gens-là votent comme leur fauteuil ! Une fois entré dans le monde politique l’élu appartient à cet autre monde et vous ne pouvez plus compter sur lui pour faire progresser une cause du monde précédent ! Anne Cheng définit la culture chinoise comme le respect de rites. Et elle explique ainsi qu’une tribu de l’extérieur a pu prendre le pouvoir en se pliant aux rites des empereurs précédents.

  3. Keynes était un innocent qui croyait qu’une théorie intelligente prévaut sur une autre qui est stupide

    Tout est dit : pour trouver le juste milieu entre la perfection ennuyeuse d’un monde intelligent et l’humanité d’un mode stupide, il faut un gouvernement intelligent et courageux capable de mettre l’église au milieu du village.

    Mais bon, ni les intelligents ni les stupides ne sont capables de se remettre en question, de prendre de la hauteur ou de se départir de leurs peurs. Tous fonctionnent sur base de leurs pulsions archaïques et animales. C’est une question d’arbitrage entre la culture et la nature qui n’a sans doute été réglée par aucune société ni aucune religion ! Question de ramener du religieux dans le débat, car l’argent et le marché n’ont pas le monopole du religieux 😉

    Cette nature dont on nous dit qu’elle est infiniment bonne (sans doute aussi bonne que « la main invisible »), car le postulat est que tout ce qui est naturel est forcément bon au point d’avoir promu ce principe en… religion !

    Il paraît que de Gaulle disait quelque chose du genre « mon boulot, c’est empêcher les cliques de… »

  4. Bonne année à tous,

    La conclusion de ce texte me rapelle la citiation de Coluche :
    « Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit. »

    Voter risquait probablement de changer quelque chose à l’époque en Grèce puisque l’interdiction a été effective de 67 à 74…
    L’histoire s’apprête-t-elle à nous repasser les plats peut-être cette fois à l’échelle de l’europe ?

    2015 s’annonce intéressante…

  5. Les intérêts financiers ne sont-ils représentés que par des hommes et des femmes sans humanité, calculateurs, manipulateurs, cupides et orgueilleux ?

    Il y a bien, parmi cette caste, des gens qui ont gardé un peu de générosité dans le cœur et un sens de la justice et de la morale Je veux le croire.

    Les humains qui ont fait progresser l’humanité ont rarement été des personnes guidées par l’argent. C’est la capacité de se dégager de l’argent qui élève l’homme.

    1. Les personnes que vous decrivez se conduisent differement lorsqu’ elles sont au travail.
      Elles font tout le contraire de ce qu’ elles sont au fond d’ elles mêmes, elles deviennent des rouages qui doivent remplir leur fonction au sein d’ un système (la machine d’ un parti politique par exemple).
      La machine ne peut pas avoir tord a cause de l’ aveu d’ un seul de ses rouages dans un débat (ce n’ est pas possible, par construction), donc le rouage va défendre par tous les moyens une position qui n’ est pas la sienne.
      Ceux qui ont le pouvoir ne sont pas libres du tout, c’ est une grave erreur de le croire.
      Il faut les plaindre et leur souhaiter de rester eux mêmes le plus possible.
      Les procédés qu’ ils utilisent quand ils ne sont pas eux mêmes sont décrits ci après, une fois qu’ on a lu, on comprend pourquoi les débats politiques ou on empêche l autre de s’ exprimer ne sont pas les conséquences d’ une impétuosité militante, mais d’ un calcul froid et rationnel, pour gagner un combat  » de rouages de machines ».

      « Si l’on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des propos désobligeants, blessants et grossiers. Être désobligeant, cela consiste à quitter l’objet de la querelle (puisqu’on a perdu la partie) pour passer à l’adversaire, et à l’attaquer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est : on pourrait appeler cela l’argumentum ad personam pour faire la différence avec l’argumentum ad hominem. »
      http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Dialectique_éristique#Les_stratagèmes

      En fait, il n’ y a de combat qu’ en apparence, ce que le spectateur regarde, c’ est le cliquetis de la grosse mega machine en action qui le captive et le digère car il devient machine en croyant que ces rouages sont des personnes et que ce serait normal de se comporter ainsi, un être humain ne se comporterait pas docilement et ferait dérailler le mécanisme comme ci après :
      http://www.youtube.com/watch?v=yWp215fQAdU&feature=youtube_gdata_player

      Ou encore ci après (la machine peut aussi être un principe ou un concept appliqué mécaniquement)
      http://www.youtube.com/watch?v=1DABxFzggR4&feature=youtube_gdata_player

      Finalement, on comprend pourquoi c’ est la raison du plus fort qui s’ applique, car c’ est le plus fort qui fait pratiquement triompher sa raison dans le combat pied a pied de sa mise en oeuvre. Logiquement, on peut deduire que Keynes n’ avait aucune chance en s’ interdisant des moyens, non pas que sa morale interdisait, mais que raison interdisait : accaparer la parole c’ est encore accaparer ce qui est commun.

  6. « Viva la muerte » José Millàn Astray

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Mill%C3%A1n-Astray

    Ce franquiste, aurait aussi dit : « À mort l’intelligence ! » (ou, plutôt, « À mort l’intellectualité traîtresse! »

    Hermann Göring ou Joseph Goebbels : « Quand j’entends le mot “culture”, je sors mon revolver » (en allemand : « Wenn ich “Kultur” höre… entsichere ich meinen Browning » litt. quand j’entends le mot “culture”, j’ôte le cran de sûreté de mon Browning.).

    Les périodes sombres de l’histoire, favorisent ce genre de dérives fascistes. Notre époque de grande crise civilisationnelle, à nouveau, favorise les comportements de force brute, et la mise à mort de l’intelligence. C’est très préoccupant pour la suite.
    La mise à mort de l’intelligence, a toujours précédé les périodes de grande barbarie.
    Nos gouvernants, les premiers, ont abdiqué tout comportement intelligent, en se pliant à des règles absurdes qui ne font qu’aggraver la situation économique, et ce faisant favorisent les mouvements fascisants, qui promettent toujours des solutions simples, démagogiques et barbares pour sortir de l’ornière.

  7. Une de mes émissions préférées de France Culture, la « Fabrique de l’Histoire » qui me permet de faire des pas essentiels dans l’Histoire ouvre la première semaine de l’année au décryptage du «libéralisme ».
    La première matinée était déjà éloquente : histoire globale du monde, mondialisation, colonialisme et esclavagisme, ……
    Celle de ce mardi était décapante, elle s’est attaquée à lever les voiles sur les prêtres passés et aussi actuels sans oublier de citer leurs émules du monde politique. Rien de neuf pour Paul mais un condensé hautement didactique et pertinent, une petite bible ou missel mi figue.

    Lundi 5/1 « Libéralisme ¼ » (libéralisme économique et politique)
    http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-liberalisme-14-2015-01-05
    Invité(s) : Serge Gruzinski, directeur d’études à l’Ehess. Domenico Losurdo, professeur de philosophie à l’université d’Urbino.

    Mardi 6/1 suite.
    La folie du libéralisme des années 1980
    Un documentaire de Séverine Liatard et Véronique Samouiloff
    « Á la fin des années 1970 et au début des années 1980, la remontée du libéralisme se fait sentir. Demain le capitalisme suivi de Demain le libéralisme d’Henri Lepage deviennent des succès d’édition tout comme La solution libérale de Guy Sorman, Le rejet de l’Etat de Jean-François Revel ou la publication des œuvres philosophique de Frédéric Bastiat. La revue aronienne Commentaire publie également un numéro spécial Friedrich-August Hayek reconnu alors comme l’économiste providentiel au même titre que Milton Friedman. Le Nouvel Observateur parle de « folie du libéralisme » en réponse au « Programme libéral » proposé par le patron de L’Express.
    …………………………………………..
    « Engouement idéologique, effet de mode, récupération politique ? Une société libérale est-elle concevable ou une simple utopie ? »
    Acteurs cités : Thatcher, Reagan, Le Mont Pellerin, l’ALEPS, « les nouveaux économistes » (mama mia) Mitterrand, Giscard, Barre……
    Avec les témoignages de Florin Aftalion, Jacques Garello, Henri Lepage, Georges Liébert, Pascal Salin, Guy Sorman
    Que du beau monde.
    Mercredi et jeudi : les penseurs du XVIII°, la pensée libérale au XIX° et XX°

    Pour nous remettre de ces émotions, la parole était donnée pour le déjeuner à des voisins italiens invités de la « Grande table », un son de cloche plus sibyllin a alors résonné, ouf, une sacrée bouffée d’air pur que nos politiciens français feraient bien de respirer pour « pendre garde »
    Milena AGUS et Luciana CASTELLINA
    http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-1ere-partie-milena-agus-et-luciana-castellina-2015-01-06

    Regard sur l’Italie d’aujourd’hui, par Luciana Castellina 2/2
    http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-regard-sur-l-italie-d-aujourd-hui-par-luciana-castellina-22-201
    « Déjà invitée de la première partie de cette émission pour parler de son ouvrage Prends Garde, co-écrit avec l’écrivain Milena Agus, Luciana Castellina revient en femme politique dans la deuxième partie de cette émission pour s’attarder sur la situation sociale, économique et politique de l’Italie contemporaine. »
    Citations :
    « En Italie c’est la gauche qui a construit la démocratie contrairement à la France. »
    « Nous avons atteint un niveau d’inégalités tel que la société ne peut le supporter. »
    « J’ai confiance dans la société civile italienne, qui est très puissante. »
    Et nous ?

    Je profite de ce commentaire pour vous souhaiter à tous une année 2015 aussi bonne que possible et qu’elle fasse progresser les idées et préconisations de Paul et son équipe.
    Pour finir, une petite étrenne, un bref encart que j’ai découvert avec un vif plaisir dans notre journal régional l’Alsace qui consacrait le 22/12 une page à la robotisation « Des robots pour nous remplacer tous ? »
    Une preuve que Paul essaime jusqu’au voisinage d’Angela.
    « Le capital a de moins en moins besoin du travail »
    http://www.lalsace.fr/actualite/2014/12/22/le-capital-a-de-moins-en-moins-besoin-du-travail
    « Les robots sont ils vraiment en train de remplacer les humains ? »
    C’est une révolution. Mais peut-être que la tendance la plus marquante est beaucoup moins visible : il s’agit des logiciels, car les gains de productivité et l’intérêt de remplacer les humains sont énormes. » ………

    1. L’idée de Podemos, nourrie par Gramsci, est d’exprimer un projet politique dans les termes que peut recevoir le sens commun du moment.
      Ce n’est pas avec le jargon militant du matérialisme historique ou d’une autre théorie de l’histoire, ni avec le discours technique de la critique de la science économique ou d’une philosophie d’avant-garde, que l’on peut s’exprimer dans la langue du sens commun. En Italie, Beppe Grillo l’a compris aussi, mais on ne sait pas très bien pour quelle visée de long terme.

      Il y a beaucoup de gens, ironise Pablo Iglesias, sur les tombes desquels leurs enfants pourraient écrire: « Il a toujours eu raison, mais personne ne l’a jamais su. »

      En France, c’est le Front National qui a pris la place hégémonique du discours de sens commun, exploitant aussi le fait qu’il n’a pas encore été au pouvoir, à la différence de l’extrême-droite espagnole inscrite dans le Parti Populaire, pour se prétendre anti-système. Jusqu’à présent, de la gauche du PS à la gauche de gauche (j’attends la gauche de gauche de gauche), les gens au contraire s’interdisent un sujet dès que le FN s’en empare. Que leur reste-t-il?
      Une des grandes déclarations de Frédéric Lordon est celle-ci: ne pas s’interdire un sujet parce que l’extrême-droite s’en est emparée! Par exemple, la question de la sortie de l’euro.

      Avant que Podemos ne se constitue, les gens qui participaient au mouvement d’occupation des places espagnoles continuaient à voter comme ils avaient toujours voté. Maintenant, ils peuvent voter pour un Podemos qui ne veut pas se positionner sur l’axe droite-gauche (un des slogans qui a circulé est: De gauche ou de droite, ils sont en haut, et nous sommes en bas!), un Podemos qui refuse de traiter frontalement le débat en cours et en cour « Monarchie ou république », un Podemos qui parle d’ailleurs et qui parle leur langue.

      Je prépare pour mon site une petite liste de sources traitant de Podemos, en français.

  8. Bonjour et bonne année à tous

    « Lorsque nous observons, comme maintenant, les représentants de ces institutions, non pas informer mais menacer les électeurs […] n’est-il pas de notre devoir à nous, représentants de l’opinion publique, de leur rappeler que leur mandat s’exerce dans un cadre qui est celui du respect des règles démocratique présidant à nos sociétés ? »

    Il n’y a pas de démocratie. Les règles démocratiques affichées ne sont que de pure forme. Les politiciens ne sont que des pantins soumis au Veau d’Or.

    Essayer d’adresser des messages aux pantins qui exécutent les ordres de la finance, au mépris de l’intérêt général, au mépris des êtres humains, tout simplement, cela ne sert à rien.

    Dans l’histoire de l’humanité, des empires qu’on croyait indestructibles se sont évanouis, poussés par des révolutions silencieuses. C’est ce qui m’intéresse désormais.

    Les pantins ne m’inspirent que du dégout. Je ne leur adresse pas la parole.

  9. Ce qui est déprimant, c’est que si on se retourne et regarde l’histoire, on se rend compte que tous ces problèmes ont sévis à toutes les époques. Je pense sincèrement qu’il n’y a pas évolution dans la mesure où la nature de l’homme ne change pas. malgré justement, tout ce que l’histoire nous raconte. Les moyens changent, on a la voiture, l’avion, la télé, internet, la domotique, les robots…. Mais qu’apporte tout cela à l’humanité en dehors d’un confort matériel?

    1. ’il n’y a pas évolution dans la mesure où la nature de l’homme ne change pas. malgré justement, tout ce que l’histoire nous raconte.

      Sauf que, pour la première fois dans son histoire, l’homme se trouve face à 2 murs:
      Mur social: Les machines et logiciels permettent aux possédants de ne plus avoir à partager avec les autres, qui leur sont devenus inutiles.
      Mur écologique: La planète Terre ne supporte plus le système actuel.
      Les ingrédients déclencheurs d’une révolution majeure sont là.
      Il y aura, maintenant, nécessairement une évolution… Mais dans quel sens?

  10. Keynes a su aussi influencer divers partis importants de l’époque. Le remède proposé était à la fois économique, relance par la demande, social, l’emploi et politique, l’antifascisme

    1. Quel parti, ou groupe d’influence et quand ?

      En France, avant guerre, je crois que l’influence de Keynes a été probablement nulle. Pour ceux qui avaient de la mémoire, Keynes est le jeunot (blanc bec) qui s’ était permis de critiquer férocement la France dans ce qu’elle a fait de « meilleur » diplomatiquement, le traité de Versailles. ( « Meilleur » selon le point de vue de l’homme politique français standard.)

      Un groupe de réflexion issu de Polytechnique était au courant du keynésianisme, mais ils étaient jeunes et loin du pouvoir, et Rueff était à sa meilleure période d’influence.

      Après guerre, les gouvernements avaient une politique inspirée de Keynes mais tout les hauts fonctionnaires s’agitant autour des questions économiques internationales étaient farouchement libéraux. Le keynésianisme était simplement un pis-allé démagogique en attendant des jours meilleurs. Il était entendu que dès que les conséquences de la guerre auraient été effacées, l’économie internationale « normale » serait libérale. C’était d’autant plus facile que l’argent provenait de Washington où chaque gouvernement allait en pèlerinage tendre la sébile, sitôt acquis le vote d’investiture . Les dollars étaient si rares et indispensables.
      ( On retrouve ce schéma chez nos gouvernants actuelles: attendre que « ça aille mieux » et réclamer à Bruxelles, au lieu de Washington. La continuité dans le passif et le médiocre, des gestionnaires plutôt que des visionnaires, des carriéristes plutôt que des hommes et femmes de réflexion et d’action… )

      Si on ajoute que le « système » Keynes n’a pas été compris dans sa totalité, qu’il était réduit à un ensemble de recettes techniques, il me semble que l’influence de Keynes, en France,a été plutôt faible.

  11. dans l’antiquité grecque c’est Solon qui a supprimé l’esclavage pour dette plus tard chez les romains rétabli , le nexus est « citoyen attaché par esclavage à son créancier pour dettes. » .
    etymologiquement nexus est un noeud .
    il est interessant de noter que Philippe K Dick donne dans son fameux livre « Bladerunner » le nom de nexus aux surhommes génétiquement modifiés et clonés mais dénués d’empathie que le bladerunner est chargé d’effacer .
    interessant aussi de voir que les produits Google se dénomment nexus !
    « dont be evil  » mais soyez en dette avec la technologie , le technoscientisme fut il économique !
    je ne sais si le décroissantisme (réecoutez Pierrre Rabhi sur france culture) a de l’avenir mais en fait de religion , les liens de la dette supposée etre la fondation du capitalisme est un mortel noeud coulissant pour l’individu et pour les peuples .

  12. Que pèse une agence de l’ONU face aux intérêts financiers ?

    Il y a quelques semaines, paraissait un document de l’Organisation Internationale du Travail, intitulé « Rapport mondial sur les salaires 2014/15 ». L’OIT, bientôt centenaire, est une agence de l’ONU siégeant à Genève.

    Rappel des épisodes précédents…
    « La structure tripartite de l’OIT, où les travailleurs et les employeurs participent aux délibérations des principaux organes sur un pied d’égalité avec les gouvernements, garantit que les points de vue des partenaires sociaux sont fidèlement reflétés dans les normes du travail, les politiques et les programmes de l’Organisation.
    L’OIT fut fondée en 1919, à la suite d’une guerre destructrice, afin de poursuivre une vision basée sur le principe qu’il ne saurait y avoir de paix universelle et durable sans un traitement décent des travailleurs. L’OIT devint la première agence spécialisée des Nations Unies en 1946. »
    Source : http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/lang–fr/index.htm

    Saison actuelle :
    « Le Rapport mondial sur les salaires analyse l’évolution des salaires réels dans le monde, dressant un tableau unique des tendances salariales et du pouvoir d’achat relatif, à l’échelle mondiale et par région. La version intégrale du rapport sera disponible en français début 2015. »
    Source : http://www.ilo.org/global/research/global-reports/global-wage-report/2014/lang–fr/index.htm

    Ce rapport contient des données intéressantes. Extrait du résumé en français :
    « Il est possible de corriger les inégalités par des politiques qui influencent, directement ou indirectement, la distribution des salaires, ainsi que par la redistribution fiscale. Toutefois, une augmentation des inégalités sur le marché du travail demanderait des efforts accrus pour réduire les inégalités via l’impôt et les transferts sociaux. Le rapport met donc l’accent sur la nécessité de mener une action politique combinée qui repose sur le salaire minimum, une négociation collective renforcée, des interventions pour éliminer les écarts de rémunération entre catégories de salariés, la promotion de l’emploi rémunéré et la redistribution grâce aux impôts et aux transferts ».

    Source: http://www.ilo.org/global/publications/books/WCMS_324813/lang–fr/index.htm

    Le rapport- en anglais : http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/—publ/documents/publication/wcms_324678.pdf

    Résumé du rapport – en français : http://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/—dgreports/—dcomm/—publ/documents/publication/wcms_324813.pdf

    Les scénaristes sont en panne pour écrire la saison suivante…

  13. Faiblesse de l’impérialisme :
    Dans les années 60, le régime des colonels aurait vite fait bien fait réglé cette affaire Syriza.
    Aujourd’hui il en est réduit à missionner Moscovici…

  14. Bonjour,
    Par curiosité, je m’essaie à voir les conséquences de mon approche dans le domaine des sciences économiques.
    Ce qui permet, peut-être, d’offrir une nouvelle perspective en la matière…
    Voir par exemple ce billet, concernant l’argent et le temps, qui rejoint Keynes lorsqu’il considère le taux d’intérêt comme le prix psychologique de l’incertitude.

    Pour en discuter, éventuellement

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