Le roque de Tsipras, par Zébu

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le virevoltant ‘cavalier’ Varoufakis qui a entamé une longue semaine de contacts avec différents ‘partenaires’ a réussi à prendre des positions sur le jeu qui s’entame entre la Grèce et l’Union Européenne d’un côté, les Etats-Unis et la Russie de l’autre.

Il a ainsi neutralisé le FMI, une des instances composant la Troïka, en intégrant dès le départ que sur le dossier ukrainien la Grèce dispose d’un droit de veto quant à d’éventuelles sanctions supplémentaires à l’encontre de la Russie, forçant ainsi les USA qui souhaitent stopper l’avance des pions russes en Ukraine à prendre position ouvertement par le biais de son Président Barack Obama, pour un appel à une solution viable pour la Grèce comme pour l’UE sur la question de la dette publique. Les Etats-Unis étant l’acteur majeur au FMI, force est de constater que l’institution se tient coite depuis l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, laissant aux acteurs européens le soin de répondre au jeu en cours développé par le ministre des Finances grec.

La nomination du ministre des Affaires Etrangères grec M. Kotzias dont les relations avec la Russie sont patentes, la réaction officielle de la Grèce quant au rappel de la nécessité de tenir compte de l’avis du pays pour une éventuelle position unanime quant à des sanctions supplémentaires envers la Russie et la nomination de M. Kammenos en tant que ministre de la Défense, lui aussi en ‘contact privilégié’ avec la Russie, ont constitué un point d’appui pour l’ouverture du jeu du Premier ministre grec, lequel jeu s’est déroulé dès la nomination, le surlendemain de l’élection, du gouvernement grec.

Mais M. Varoufakis a aussi neutralisé les marchés et la City, lors de son déplacement à Londres, en soulignant que les (rares, ou très minoritaires) créanciers privés n’auraient pas à subir quoi que ce soit du jeu en cours, ce qui a permis de stabiliser d’éventuels mouvements spéculatifs de la part des marchés financiers. Il a aussi neutralisé dès le départ la Commission européenne, en décrétant ne pas avoir besoin du dernier versement de 7 milliards de la Troïka, ‘institution’ qu’il déclara comme définitivement morte, rappelant ainsi au Président de la Commission M. Juncker ses propres prises de positions sur le sujet. Pour compléter ce dispositif, M. Varoufakis s’est déplacé, avant que M. Tsipras ne le fasse par la suite, à Paris et à Rome, afin de s’assurer de la bienveillante ‘neutralité’ de la France et de l’Italie dans les positions développées.

Enfin, aujourd’hui, le ministre des Finances grec doit entrer en contact avec la position majeure de la ‘défense adverse’ européenne (symbolisée par la déjà défunte Troïka), celle de la BCE, qui détient les clefs financières du jeu grec en Europe. Voilà pourquoi il a réitéré son offre d’indexer la dette grecque sur la croissance, tout en dévoilant son ‘joker’ avec son offre de dette perpétuelle. Ces propositions interviennent d’ailleurs dans le contexte d’un QE lancé par Mario Draghi, contre l’avis de la Bundesbank et la position allemande.

Et quand toutes ces positions auront été validées au plus haut niveau, lors des rencontres entre M. Tsipras et MM. Juncker, Hollande et Renzi, M. Varoufakis s’en ira rencontrer M. Schäuble, ministre des Finances allemand demain, pour lui proposer un deal clef en main, à valider très rapidement, juste avant le Conseil européen de la semaine prochaine, ne laissant ainsi quasiment aucun délai à l’Allemagne pour développer une stratégie de contre-attaque.

En quelque sorte, une déclaration d’échec à Mme Merkel.

Et quand le ‘cavalier’ Varoufakis aura fini de tenir en échec la ‘ligne de défense’ européenne pendant que les ‘fous’ Kotzias et Kammenos sont positionnés extérieur (Russie-Ukraine) / intérieur (armée grecque), on verra alors ce que fera le ‘roi’ Tsipras : ira-t-il jusqu’à faire un roque, à savoir changer ses alliances en direction de la Russie sur un jeu plus large, ou aura-t-il la latitude de mener son propre jeu sur l’échiquier européen ?

À cette question, ce sont bien M. Draghi et Mme Merkel qui seront en charge de répondre dans un jeu qui leur est imposé pour la première fois, notamment en ayant intégré une dimension extra-européenne qui s’impose elle-même au jeu intra-européen : déjà, les Etats-Unis envoient un émissaire en Grèce, s’imposant dans le jeu face à celui que mènent les Russes actuellement en Ukraine, réduisant encore la marge de manœuvre des décisionnaires européens sur ce dossier …

Les pro-Russes (et les Russes) en Ukraine ont ainsi profité du fait que des élections cruciales se passeraient en Grèce le 25 janvier 2015, pour lancer leurs offensives en Ukraine et ce dès le 23 janvier 2015. Les Russes auraient ainsi simplement ‘anticipé’ les résultats en Grèce, sachant que les Européens auraient les yeux braqués ailleurs, pour pousser leurs avantages en Ukraine et ensuite participer au jeu européen qui allait ainsi immanquablement devoir se dérouler, proposant ‘amicalement’ leur soutien à la Grèce…

Poutine anticipa donc les ‘mouvements’ possibles géopolitiquement, tout comme Tsipras anticipa ceux de l’Europe : chacun sa partie, chacun chez soi, mais avec l’intérêt commun de mettre en échec le jeu européen dans leur propre partie.

En un peu plus d’une semaine, les choses auront ainsi été rondement menées, ce qui en dit long sur l’état de préparation du jeu par l’équipe de M. Tsipras et qui en dit long sur l’état d’impréparation de ‘ceux d’en face’.

Car l’Europe n’anticipe rien parce qu’elle n’a aucune stratégie ni aucun but dans et pour l’Europe, sauf à perpétuer un ordre d’orthodoxie néo-libérale qui semble d’ores et déjà aussi dépassé que la Troïka et une position illisible sur l’Ukraine, et plus largement, sur l’extension territoriale sans fin de l’Union européenne comme mode compensatoire imposé pour faire face à son état critique interne.

On peut d’ailleurs revenir aux théories de Tainter sur l’effondrement pour ce qui est en train de se passer en Europe : quand les acteurs périphériques commencent à dérouler, mieux encore, à imposer leurs mouvements, leurs buts propres au ‘centre’, quand l’expansion (économique, territoriale, politique) est stoppée et même le reflux constaté pour un système complexe, on ne peut que constater le processus d’effondrement en cours.

On peut dès lors voir l’intervention de Barack Obama comme une tentative d’enrayer ce processus, en forçant les Européens à reprendre à leur compte les buts et les risques ‘périphériques’ (aujourd’hui la Grèce, demain l’Espagne, ensuite l’Irlande, …) pour mieux les contrôler et stopper le recul de l’Europe en Ukraine en parallèle.

Mme Merkel et M. Draghi vont porter des responsabilités historiques pour l’Europe.

Une réponse nous sera très rapidement offerte sur l’avenir de l’Europe : consolidation, ou délitement accru.

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337 réflexions sur « Le roque de Tsipras, par Zébu »

  1. Bravo, Zébu !
    Excellent papier où l’on comprend mieux
    1) pourquoi un pro-russe au gvt grec
    2) pourquoi le rejet de la Troïka et surtout du FMI
    3) l’inexistence patente de l’Europe figée dans ses contradictions et donc l’avantage à celui en perpétuel mouvement

    Vas-y, Yanis !

    1. Bilabong,

      (on comprend mieux) pourquoi un pro-russe au gvt grec

      Correction : c’est à peu près tout le gouvernement Tsipras qui est ouvertement pro-russe.
      S’imaginer que d’être pro-russe puisse constituer un quelconque avantage, y-compris en admettant la plausibilité de la menace du veto qui inspire les scénarios fumeux à la Zeb, dans l’UE, aujourd’hui comme à moyen terme (i.e tant que Poutine n’est pas éjecté), est juste hilarant.
      Allez voir du coté de l’ex premier ministre du voisin bulgare Orecharski pour comprendre c’que ça donne comme résultat quand on est un peu trop sensible aux avances de l’ours et à son Southstream. Ok la Grèce est un grand et riche pays à coté du petit voisin misérable bulgare, m’enfin…

      1. Oui un très grand pays c’est certain. Mais bien moins riche que l’Ile de France, jusqu’à 2,5 fois moins et même juste un peu moins peuplé ! Parfois je me demande de quoi on parle, sérieux !

        Dans l’Europe des régions, beaucoup pèsent tellement plus que la Grèce, que je me demande ce qui peut passer par la tête de certains Présidents de région en voyant ce ramdam ridicule pour chroniqueur en panne, lorsqu’ils regardent ce qu’ils ont entre les mains comme levier en comparaison. Ca va finir pas susciter des envies d’indépendance saugrenue tout ça, surtout si le navire prend l’eau de toute part. On donnerait un droit de veto à la région Rhône alpes ? Non. Alors, tirons-en une bonne fois pour toutes les conclusions…

      2. L’un n’empêche pas l’autre, Vigneron.
        C’est un pari, ok, une posture, pourquoi pas ? C’est surtout un moyen pour afficher sa différence. Et en l’occurrence c’est le but recherché. Personne n’est dupe, nous sommes d’accord. Pourtant les Européens n’ont rien à gagner à pousser la Grèce, à l’acculer à ce genre d’idylle contre nature à leurs yeux. Car comment défendre ensuite le reste ? C’est de la politique, un point c’est tout.

      3. La question n’est pas de savoir vigneron si le gouvernement ‘doit’ ou non être pro-russe. La question est de savoir ce qu’il peut en tirer, entre autres choses, dans le contexte actuel, i.e. tel que décrit.

      4. Non Zeb, baratin, l’important c’est qu’il est prorusse et que l’Europe est tout sauf prorusse.
        Et je prétends que la menace sur la Russie est un leurre. Personne n’y croit. Même pas Tusk et les Polonais ou les Baltes… Donc tout ce qui leur reste de leur sincère positionnement prorusse c’est le passif : un isolement supplémentaire et inutile en Europe et des mauvais papiers dans la presse (et les blogs…). Je suis beaucoup plus intrigué par ce qu’a bien pu obtenir le tandem Varouf/Pigasse à la City.

      5. Tu te gourres, vigneron : le gouvernement grec n’est pas ‘pro-russe’, autant sinon que tu peux l’être (c’est dire). Il est pro-grec, point. Mais évidemment, cela a l’air compliqué pour toi qui fonctionne en binaire. De fait, il est isolé en Europe : un isolement plus qu’isolé, je vois pas, rapport au fait que les positions développées par ‘ceussent d’en face’ sont identiques avant comme après. Par contre, si ‘on’ continue à l’isoler, t’inquiète, faudra pas grand chose pour qu’il devienne pro-russe. Quant à ton pigasse-Varouf à la City, laisse tomber.

      6. Et de quoi qu’on cause d’abord et surtout en-dessous de ton billet vertigineux de machiavélisme et de fulgurances géostratégiques ? De l’Europe ? Que dalle. De la Grèce ? Que dalle. De Poutine, du Grand Satan et d’Ukraine, évidemment. Merci Zébu, merci le gouvernent Tsipras qui s’est tiré une balle dans le pied avec son affichage actuel et ses « déclarations antérieures » prorusses et germanophobes.
        Il aura un arrangement pour le Fesf et la Bce et des coudées plus franches, il l’aurait eu sans ça, mais il ira à Canossa pour ça. Et Tsipras pourra dire merci à son ministre des finances – et Pigasse…

      7. ‘merci zebu’, propos germanophobes et pro-russe ?
        tu petes un plomb, mon pauvre …
        la Grèce est déjà à. Canossa, et depuis des années, pro-russe ou pas.
        t’es dans les choux, vignal : tsipras fait avec ce qu’il avait, point barre.

      8. Parce que je devrais pas t’y associer alors que t’as fondé quasiment tout ton billet sur des suppositions tirées de cet affichage et de ces déclarations ?

      9. tout à fait vigneron, je suis pro-russe et germanophobe. Et même complotiste.
        Et j’en passe, si tu savais …

  2. Merci pour cette belle analyse qui replace la stratégie grecque dans les enjeux internationaux dont l’Europe n’a eu aucune anticipation,enfermée dans « son orthodoxie néo-libérale. Il serait bon , au delà des visées russes et américaine, de voir de quels choix disposent les pays de UE et en particulier l’Allemagne et la BCE par rapport à la « Modeste proposition » de Varoufakis. On sait qu’elle a pour objet la résolution des trois crises de l’Europe: la crise bancaire, la crise de la dette, et celle du sous investissement du chômage et des déséquilibres des balances de paiements. La proposition grecque dont on doit diffuser le contenu pour comprendre les enjeux de notre avenir,a aussi l’avantage de ne nécessiter aucune création de nouvelles institutions mais de proposer une coopération renforcée sans attendre une solution fédérale , illusoire , à court terme.
    Pouvez vous donner des précisions par rapport à la « modeste proposition »?

  3. Pas pour casser l’ambiance , mais pour attirer l’attention ( et la contradiction espérée..) je me permets de re-poster ceci , qui est arrivé un peu hors sujet dans le fil précédent.
    ——————————————–
    Je suis un peu(?) refroidi par l’analyse suivante piquée chez QUATREMER d’un contributeur(Maragojipe) généralement bien au fait des arcanes européennes :

    … » « Si on résume la tactique préconisée par Varoufakis vis à vis des autre États membres dans le cadre de l’Union européenne, elle consiste à « utiliser ou menacer d’utiliser son droit de veto » au Conseil « sur toutes les décisions » jusqu’à ce que les autres changent de politique.

    Le problème est que les décisions soumises à veto (à l’unanimité) ne sont plus qu’au nombre de quatre (impôts et ressources du budget, social, diplomatie et action militaire commune). Un veto grec ne changerait rien puisqu’aucune, ou quasiment aucune décision n’est prise dans ces domaines, précisément parce qu’il y a toujours deux ou trois vetos.

    Il cite le veto britannique qui aurait protégé la City d’une règlementation financière. Les trente six lois de ré-règlementation de la finance votées depuis 2009 l’ont été à la double majorité du Parlement et du Conseil : Pas de veto. En outre, le gouvernement britannique, tout en poussant en public des cris d’amour pour la City, a souvent soutenu des positions plus fortes que celles des autres gouvernements. Souvenez vous de la question de la scission entre banque de dépôt et banque d’affaire…

    Quelle législation européenne pourrait être bloquée par un gouvernement Syriza ? Le détachement de travailleurs ? L’assiette commune de l’impôt sur les sociétés ? La lutte contre les franchises fiscales ? Par Syriza ? Vraiment ?
    Restent les sanctions contre les copains de Poutine. On lui ferait cadeau de 50 ou 100 milliards pour ça ?

    Un professeur d’économie au Texas qui devrait mettre à jour ses connaissances du fonctionnement de l’UE post-Lisbonne avant de négocier.

    Bref : Back to square one. Haircut on the debt and internal reform in Greece… » « …
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    Le retour de volée de Zébu est plus qu’attendu.. Je suis SIRYZA.

    1. bonne pioche. la partie en fait ne fait que commencer. Pour l’instant, c’est une histoire de pions, le roi est bien loin, c’est un théâtre d’ombre. M. Varoufakis annonce son jeu duquel on déduit des règles. le jeu n’existe que pour les puissants, notre enthousiasme sera bien sûr douché.
      Et cette dépêche de l’AFP; « Il y a un cadre général de discussion pour gérer la dette dans le programme actuel, a martelé la porte-parole du FMI dans un très bref communiqué ».

    2. Ces histoires de véto ne sont en effet pas suffisants pour faire peur aux autres. Si la Grèce n’est pas capable de faire croire à l’Allemagne qu’elle est prête à une sortie de l’euro au cas où elle n’obtient pas assez, alors elle n’a aucune chance.
      Parce qu’une sortie de la Grèce serait un coup dur pour le projet politique européen (et le projet allemand qui se trouve derrière).

      Je pense que le seul atout dans le jeu des grecs pour le moment c’est que la situation en Grèce est tellement catastrophique que la population serait prête à accepter les 18 mois de bordel qui suivraient une sortie de la zone euro (un peu plus ou un peu moins…)

    3. Cette réponse semble exacte, mais elle néglige le contexte géopolitique, d’importance avec l’Ukraine. D’importance, pour l’UE comme pour les Etats-Unis (sans doute même plus pour les seconds que pour la première).
      Des sanctions ont bien été prises par l’UE contre la Russie, à l’unanimité (obligatoire) mais cela n’a pas été évident à faire.
      Disposer d’un veto sur ce plan, c’est créer de facto un césure entre le pro et les anti, c’est créer la dissension.
      Et contrairement à ce qui est affirmé, on ne fera pas ‘cadeau de 50 ou 100 milliards’ pour ça, puisque Varoufakis demande une renégociation, pas un défaut même partiel.
      Sans oublier que la compétence sur le budget et le social peuvent aussi faire mal, à terme, en cas de blocage.
      De toute façon, les américains ne laisseront pas ce blocage s’installer : ils y auraient trop à perdre. François Leclerc a indiqué dans son dernier billet qu’un sous secrétaire d’état allait être envoyé en Grèce prochainement.

      1. Exact, Zébu, je suis sur la même analyse. Il s’agit de faire pression et si besoin l’activation de l’arme du véto ne serait que gênante, financièrement surtout, pas trop politiquement à terme car opposer un véto n’est pas synonyme de remise en cause totale d’une politique, c’est juste un désaccord. Or les USA ne veulent pas de désaccord car ils ont besoin de nous. La Grèce a besoin d’eux financièrement, les USA ont besoin de la Grèce politiquement. CQFD.

      2. les USA ont besoin de la Grèce politiquement.

        Vous blaguez ? Le blog de Paul Jorion devient un repère de comiques c’est ça ? Pfff encore une conséquence zebuesque ça !

  4. 1/ L’Allemagne, la France et l’Italie subissent l’effet boomerang des sanctions appliquées à la Russie.
    Dans une Europe en crise, c’est un vrai problème.

    2/ Les Grecs sont plus qu’intéressés par le projet « hub » gazier Russe passant par la Turquie.

    Une partie de l’Europe a le derrière entre deux chaises quant à l’attitude à avoir avec la Russie, même si elle ne parle que d’une seule voix.

    Jusqu’où les Etats Unis vont ils pouvoir avancer leurs pions, car n’en doutons pas, la Russie se battra jusqu’au bout pour ne pas avoir des ogives à leurs portes.

    Comment les projets économiques et diplomatiques Grecs vont pouvoir s’articuler tout en permettant à l’Europe de ne pas se mettre les Américains à dos ?

    Vaste partie d’échecs qui s’annonce longue et périlleuse.

      1. Juannessy

        Oui, sans aucun doute.
        Sa conception de la géopolitique a toujours été celle que je privilégiais.
        Bien vu Chef !

      1. Edith ou Marie France ?

        Il y a subtilité (sans doute un tantinet ironique) mais qui m’échappe quelque peu.

        c’est sûr, je ne m’appelle pas Luz 🙂

  5. Très beau tableau, merci!

    Au-delà de l’analyse tactique, le paragraphe

    Car l’Europe n’anticipe rien parce qu’elle n’a aucune stratégie ni aucun but dans et pour l’Europe, sauf à perpétuer un ordre d’orthodoxie néo-libérale qui semble d’ores et déjà aussi dépassé que la Troïka et une position illisible sur l’Ukraine, et plus largement, sur l’extension territoriale sans fin de l’Union européenne comme mode compensatoire imposé pour faire face à son état critique interne.

    est parfaitement juste.

    Il faudrait rajouter (ou préciser, parce que c’est jusqu’à un certain point implicite dans l’article: le coeur de la défense, c’est bien l’Allemagne et la BCE à Francfort) que le sens et le projet de la construction européenne s’est progressivement vidée de sa substance, et que l’Allemagne en a habilement profité entre 1990 et 2010 avec une stratégie de bernard-l’ermite, en réinvestissant la coquille vide « union européenne » et surtout le coeur « eurogroupe » pour l’utiliser à son seul profit.
    Cela me semble être la seule grille de lecture qui permet de donner du sens à ce qui se passe en Europe depuis 5 ans.
    Donc on ne peut pas simplement dire que l’Europe n’a plus aucun projet. Je pense que l’Allemagne a un projet de puissance, et c’est ce qui a remplacé le projet européen.

    Dans ce cadre, pour la Grèce, il y a deux possibilités, et il va falloir choisir très vite. Ou bien elle parvient à reconstituer un front européen à opposer à l’Allemagne pour réinvestir le projet européen de qqch d’autre (et là j’y crois pas trop), où il va falloir s’appuyer franchement sur les USA et/ou la Russie pour devenir très très crédible sur un Grexit.

    1. Je ne crois pas au schéma du projet de puissance allemand. Si l’Allemagne a profité de l’avantage comparatif lors de la constitution de l’euro, qui s’est aggravé par absence de flux compensatoires entre les pays membres, elle n’a pas construit ce projet.
      Elle se trouve même héritière d’une situation qui tourne en sa défaveur, un peu comme la propriété hérite du propriétaire (copiright Marx/Jorion).

      1. C’est tout le problème de l’Europe, peut-être le seul d’ailleurs : l’Allemagne refuse de jouer le rôle qui lui échoit, refuse de rentrer à nouveau dans l’histoire, bref, de devenir l’hégémon qui manque à l’Europe, comme le répète Varouf (jusqu’à la BBC !), mais pas que lui.
        Que ça complaise aux français n’en est que plus accablant.

      2. Il n’y a rien à faire, cela ne me convainc pas: la seule explication pour ce comportement de l’Allemagne, qui refuse obstinément à abandonner ses excédents commerciaux, et sa politique restrictive en matière monétaire, et sa quasi-déflation salariale, ce serait juste « par hasard » ou juste « la psychologie allemande » ou juste « l’ordo-libéralisme » ou « le traumatisme de l’hyper-inflation d’il y a 90 ans »? Et qu’ils en seraient relativement inconscients?

        Non, non, non, ça n’est pas crédible. Les allemands ne sont quand même ni stupides, ni aussi dénué d’esprit auto-critique, ça n’est juste pas possible. S’il font cela, cela doit être *aussi* parce que cela participe d’une vision globale de leur position en Europe.

        Une autre manière de dire la même chose: je ne peux pas croire que dans les élites politico-économiques allemandes ne discutent pas d’un vision sur l’Europe et la position allemande en Europe à moyen terme (ces gens passent leur temps à élaborer des stratégies industrielles à cet horizon-là!).

      3. @ Mathieu :
        On a imposé (imposé !) à l’Allemagne de ne faire que cela : de l’économie.
        La politique, ce refoulé, repointe le bout de son nez sous le nez de Mme Merkel.
        Au moment même où elle perd de son pouvoir. Avouez quand même …

      4. @Zebu

        Ben oui, justement, comme ils sont obligés de ne faire que de l’économie, une politique de puissance allemande ne peut être qu’économique.

      5. On a imposé (imposé !) à l’Allemagne de ne faire que cela : de l’économie.

        Mince et qui nous a imposé à nous de faire de la politique, rien que cela (que je lui touche deux mots) ? D’abord qui c’est ce ON ? Les allemands eux-même non ? Bah si.

      6. Mathieu, « une politique de puissance qui ne peut être qu’économique » s’appelle une politique d’impuissance.

      7. A propos des raisons de la raideur allemande, remarquons que tout s’explique si l’on rajoute les Joueurs Invisibles :
        – La spéculation.
        – L’hémorragie des fonds dans les paradis.
        – L’absence de chambre de compensation inter européenne.
        (Pardonner nom amateurisme, je comptes sur vous pour le reformuler avec les bons mots)

        L’Allemagne joue avec les règles en place, elle n’a pas construit ce projet.
        Elle refuse simplement de créer du papier monnaie pour compenser le parasitage des joueurs invisibles, et je la comprends.
        Simplement, elle ne peut pas les nommés car les lobis de la finance sont très puissants.
        Voyer comment son torpillées toute reformes, voyer le pouvoir de « La Science Economique » qui ne compte en aucun cas remettre en question ses dogmes malgré l’évidente catastrophe, demander à Bernard Maris.

        On a tout à gagner à mettre de l’ordre, et c’est bien ça que nous propose Syriza.
        C’est, dans la théorie des jeux (le prisonnier), le cas ou si on coopère, on a tous à y gagner.
        Les Joueurs Invisibles ne manquerons pas de nous distraire et nous diviser.
        C’est bientôt le bon moment pour jouer notre pion, ne nous ratons pas.

        Apurer les dettes pour recommence comme avant ce système complètement sclérosé, non merci.

        — — —
        Une enfant de 5 ans prépare son lit…
        http://www.pauljorion.com/blog/2014/12/26/une-enfant-de-5-ans-prepare-son-lit/

      8. Vigneron,

        l’Allemagne refuse de jouer le rôle qui lui échoit, refuse de rentrer à nouveau dans l’histoire,

        Petit à petit, elle y vient, toute en féminité et en escarpin, ça change, regardons la dernière photo prise à Moscou, ce vendredi soir, avec cette petite table ronde autour de laquelle sont réunis Merkel, Poutine et Hollande pour trouver une issue politique au conflit Ukrainien.

        Que n’avons nous fait d’abord une parfaite et puissante fusion Allemagne France dans ce projet européen… Il y a quelques siècles un mariage Merkel/Hollande aurait donné une sacrée dynastie ! 😀

      9. … Arrêtons avec « l’Allemagne » et « les Allemands » !

        Il y a la droite allemande et le capital aux commandes en Allemagne. Merkel n’est pas l’Allemagne. Bien sûr ces gens-là sont aux commandes et parlent au nom de l’Allemagne.
        Car la démocratie élective est une saloperie qui élimine la minorité.

        Pour ce qui est de la « déflation salariale » ou de l’ « avantage salarial » , une des rares études qui rend compte de l’acceptation allemande de cette réalité est celle de Todd sur les structures familiales: les Allemands dans leur ensemble sont réellement très disciplinés. Et ça a déjà coûté très cher à l’Europe et à une grande partie du monde.

        Un de nos devoirs devrait être de favoriser les contestaires et minoritaires allemands. Je ne sais pas comment favoriser ça, mais c’est une voie à mon sens à suivre absolument. Puisque nous sommes dans la parole, commençons par référencer, pointer et diffuser tout ce qui se passe de ce côté-là.

        Mettre tous les Allemands et toute l’Allemagne dans un seul sac est contreproductif.

      10. Un de nos devoirs devrait être de favoriser les contestataires et minoritaires allemands. Je ne sais pas comment favoriser ça, mais c’est une voie à mon sens à suivre absolument. Puisque nous sommes dans la parole, commençons par référencer, pointer et diffuser tout ce qui se passe de ce côté-là.

        A mon sens ce n’est pas seulement une question économique mais technologique et d’approches différentes qui peuvent répondre aux défis sociologiques et environnementaux.
        C’est dans une globalité qu’il faut rechercher les issues.
        Que peut-être plus globale que l’agriculture biodynamique?
        Ces deux Allemands semblent le prouver

  6. Le problème c’est que presque toute la classe politique allemande, conservateurs unisono avec le SPD, y compris la presse, est opposée aux propositions du gouvernement grec. L’autorité du gouvernement Merkel est en jeu, ainsi que les principes sur lesquels la politique européenne des Allemands reposent. A l’heure acutelle, il n’y a que deux issus possible: le « Grexit », la Grèce sort de l’euro, ou bien l’Allemagne perd le préstige de sa suprématie.
    Dans tous les cas, on assiste à la fin d’un système malade.

    1. A mon sens, l’Allemagne n’a plus la main sur la question monétaire depuis le QE et le passage en force de Draghi, et ne l’a jamais eu sur l’Ukraine, qui relève de ‘l’autorité’ des USA.

      1. Sauf, Zeb, que c’est bien Angela qu’est pendue au téléphone avec Vladimir tous les jours que le bon dieu fait ou quasi, pas Obama ni Tsipras.
        Pour « la main de Merkel sur la BCE », c’est pas depuis le 23 janvier qu’elle ne l’a plus puisqu’elle ne l’a jamais eu. Même Trichet arrivait à faire démissionner son économiste en chef allemand Stark ou Weber alors président de la Buba.. C’est dire la « main » de Merkel sur la BCE..
        Tu schématises (et scénarises idem) très au-delà du raisonnable Zeb.

      2. Il est vrai que Merkel n’a pas le droit d’ingérance en ce qui concerne les affaires de la BCE – elle est indépendante, elle peut imprimer des euros tant qu’elle voudra. Par contre, Merkel dialogue avec Poutine; elle parle couramment le russe.

      3. La réalité vigneron est que l’influence de Merkel est en perte de vitesse à la BCE, que cette perte démarre en mai 2010 ou qu’elle finisse en janvier 2015 … Elle a pu s’opposer avec la buba au QE de la BCE pendant plusieurs années et imposer l’ordo-libéralisme dans l’agenda de crise de l’Europe, mais ce logiciel est maintenant vérolé. Quant à l’Ukraine, n’est-ce pas la même Merkel qui refusa de signer l’accord d’association en le liant au sort de Timochenko en 2012, le même accord que Ianoukovitch refusa de signer en novembre 2013, provoquant ainsi la révolution ? Et pour ce qui est des américains sur l’Ukraine, c’est depuis l’indépendance qu’ils sont bien présents.

      4. C’est bien Germanicus, on est raccord, toi au moins tu sais c’que l’AfD pense de la soi-disant « main de Merkel » sur la BCE selon Zeb.
        Tiens, au fait, pas un mot sur l’AfD dans les fantasmagories zébiennes. Étonnant. Son avenir électoral est pourtant on ne peut plus lié au sort de son allié objectif Syriza au gvt.

      5. En gros ça donne Zebu : L’Allemagne ? Tsssss, combien de divisions ?

        Pour sur, la division par zéro c’est pas permis, sauf ici. Non mais qu’est ce qui faut pas lire. Le géant économique du continent limite du Monde par certains égards serait un jean-foutre, juste un beauf plein aux as ? Seigneur aide-les, y sont devenus fous !

      6. vigneron, si tu lisais mes articles, tu saurais que j’ai déjà parlé de l’AfD.
        Quant à l’indépendance de la BCE qui ne fait juste qu’imprimer des billets, no comment.

      7. Dans ce billet (lu en diagonale certes) ? J’crois pas que tu aies abordé le problème de la droite nationaliste allemande dans ce billet, non. Plein plein plein de trucs très éloignés du coeur du problème eurogrec, des trucs chatoyants tout plein, mais pas d’AfD, au coeur du problème germanogrec pourtant.

      8. je n’ai jamais dis dans ‘ce’ billet. A la limite, économise toi l’effort même de lire, tout court : en travers, c’est apparemment déjà trop d’efforts pour ton ego.

      9. C’est quoi cette réponse Zébu ? Tu comprends pas ou tu triches ? Tu te fous vraiment de la gueule du monde, tu le comprends ça ?

      10. Vignal, c’est toi qui te fous de la gueule du monde.
        commence par LIRE les billets, ce que tu n’as jamais fais, ou en diagonale.
        tu veux pas que je te donnes la citation, la référence, un mars et le bonjour d’Alfred non plus ?
        et en plus il gueule comme un veau …

      11. Mars 2014 ? Mais on s’en balance de ce que monsieur Zébu a écrit en mars 2014 puisqu’en février 2015 il l’a lui-même oublié. Verstanden ?

  7. C’est en lisant des analyses comme celle-là que l’on mesure l’étendue des problèmes et carences de la presse mainstream.

    Un petit point peut-être: ne limitons pas l’affaire à un match USA-Russie mais à une redistribution équitablement pondérée des influences et des bénéfices entre l’occident et le reste de la planète. Un page se tourne peut-être sous nos yeux et j’en profite pour remettre sur la table cet essai clairvoyant et réaliste sur un constat qui s’impose par Pankaj Mishra. L’Autre monde revendique sa place au banquet de l’Humanité, a long due right indeed…

    Par rapport à la déclaration d’échec à Mme Merkel, une visualisation savoureuse de la scène.

    1. merci pour l’article de Pankaj Mishra

      Reflecting on the world’s “pervasive raggedness” in the last essay he wrote before his death in 2006, the American anthropologist Clifford Geertz spoke of how “the shattering of larger coherences … has made relating local realities with overarching ones … extremely difficult.” “If the general is to be grasped at all,” Geertz wrote, “and new unities uncovered, it must, it seems, be grasped not directly, all at once, but via instances, differences, variations, particulars – piecemeal, case by case.

  8. Hum… Je dirais que la capacité de bloquer de bloquer les sanctions contre la Russie ne constituent pas un enjeu majeur en UE (on en a rien à faire), par contre pour les étasuniens c’est capital.

    Et ils indiqueront aux allemands que faire pour que la Grèce permette ces sanctions (cesser d’étrangler la Grèce par la dette… les USA seraient tout à fait prêts à leur jeter cet os, non ?).

    1. oui : Ukraine + délitement de l’UE = pas bon, du tout, pour les US.
      La Grèce en vaut largement la chandelle pour eux.

      1. Pas que pour les US que c’est pas bon, Zeb, pour tout le monde. Le problème avec les « intérêts US » c’est qu’ils sont les intérêts de beaucoup plus que simplement des USA.
        Un gendarme, hégémonique et planétaire qui plus est, défend forcément un peu plus que ses intérêts, non ?

      2. Tout est question de proportion, vigneron : si le ‘un peu plus’ est proportionnellement ridicule par rapport aux ‘intérêts’ en question, par exemple.

    2. (…) la capacité de bloquer les sanctions contre la Russie (…) pour les étasuniens c’est capital

      Les étasuniens seraient-ils prêts à racheter la dette grèque aux pays d’Europe en échange de ce « pas veto » Grec sur les sanctions Russes ?

      Parce que sinon (excusez ma naïveté), qu’est-ce qui légitime « Mr Président » et son staf à intervenir ex-abrupto dans des négo entre européens ?

  9. « chacun sa partie, chacun chez soi, mais avec l’intérêt commun de mettre en échec le jeu européen dans leur propre partie. »

    Bizarre moi je voyais plutot les etats unis en face de la russie , on m’aurait menti, ils ne seraient arrivés en Ukraine qu’en janvier 2015 … ?

  10. Faudrait quand même éviter les raccourcis concernant l’Ukraine, ou il n’y aurait selon vous que des russes et des pro-russes, le tout obéissant à l’agenda de Poutine…
    Surtout lorsque l’on prétend analyser une situation…

      1. Et si j’ai bien suivi ce que j’ai pu lire, la partie « séparatiste » ukrainienne ne l’était pas initialement, ils auraient juste voulu une vraie dose d’autonomie devant un nouveau pouvoir pas vraiment amical… pouvoir de fait qui, droit dans ses bottes toutes neuves a déclenché une opération ATO contre eux, en gros la guerre, ce qui a entraîné la réaction de la Russie, qui n’a pas reconnu les référendums, mais qui a des billes dans la région, et qui donc soutient les « ? » mais en douce…
        Vous appelez « la partie séparatiste » les « russes » et les « pro-russes », qui se battent contre ceux que d’autres considèrent comme des « séparatistes » (au sens des accords passés précédemment avec la Russie), « pro-UE » ou « pro-NATO » ou « pro-US », étrangement on oublie de nommer ceux qui sont derrière nos favoris… sans parler des composantes colorées qui adorent publier sur les réseaux les photos et les vidéos de leurs exploits…
        Mais bien sûr nous sommes le monde libre, donc il nous revient d’écrire l’histoire…

  11. Y a un moment où vous allez arrêter de délirer hystériquement et de vous faire vos films sur la situation en Ukraine?
    Si vous voulez, on peut reprendre les événement un par un.
    Il est insupportable de lire « les pions de Poutine en Ukraine ».
    Ou alors soyez honnêtes, pour une fois, et parlez aussi, à minima des »pions de Washington » du coté des putschistes de Kiev.

    Et ce sont des gens comme vous qui se gobergent des prétendus « complotistes »;

    Mais vos comptes de fée sont des magnifiques exemple de théorie du complot. Extrêmement décevant. Des raccourcis et des commérages. En deux mots: A chier.
    Je vous rappelle que ce n’est pas Poutine qui a mis 5 mds de dollar pour arriver à une situation de changement de régime. Mme Nuland, épouse du grand pacifiste Kaplan, l’a reconnue elle.
    Je vous rappelle que ce n’est pas la Russie qui a voulu faire un accord pour la couper de l’UE mais c’est l’UE qui a fait ça pour la couper de la Russie, obissant ainsi aux très officielles doctrine Brezinsky et Wolfovitz.
    Ce n’est pas la Russie qui a envoyé 10 000 activistes de Svoboda et Secteur Droit pour noyauté très violemment les manifs du Maïdan.
    Ce n’est pas la Russie qui a fait disparaître vite fait toutes les pièces, douilles, balles, rapport d’autopsie relatifs aux cent personnes snippés sur la Maïdan(dont 30 policiers)
    Ce n’est pas la Russie qui s’oppose à une enquête internationale sur le sujet.
    Ce n’est pas la Russie qui a violé des accords de sortie de crise et envoyer les milices pré-citées perpétrer un véritable coup d’état le lendemain même de la signature des accords.
    Ce n’est pas la Russie qui a envoyé l’armée sur le Donbass, en croyant réduire rapidement la sédition des untermeschen russophones qui ne demandaient que l’établissement d’une constituante à vocation fédérale pour garantir les droits individuels.
    Alors présenter les Russes comme des agresseurs et considerer l’OTAN comme d’innoncentes colombes prêtes à voler au secours des bons démocrates Ukrainiens a quelque chose d’insupportablement répugnant.
    A ce jour, l’OSCE, qui a des dizaines de représentants sillonnant un territoire grand comme deux departements, dément toute présence de troupe Russes.
    La semaine dernière Jan Pseki a reconu que les USA ne disposaient qu’aucune données sur la présence de troupes russes.
    L’état major ukrianien a reconnu que s’il avait affaire à des milliers de Russes, il n’y avait pas de troupes Russes proprement dites.
    Et les centaines de journalistes qui sillonnent librement l’endroit n’en n’ont vu aucun, même pas la harpie Popovic de chez vos copains de Libé. Même l’AFP n’a rien vu.

      1. Malheureusement pour une fois c’est vous Paul qui n’etes pas tres serieux quand a l’analyse de la situation en Ukraine…

      2. Sérieusement: Nos gouvernants sont allés virer un dirigeant ukrainien élu, qui refusait de signer des accords de libre échange avec l’Ukraine, pour le remplacer par un autre qui lui a signé ces accords de libre échange susceptibles, comme par hasard, de déstabiliser l’économie russe.
        Ce qui évidement ne plait pas aux russes qui n’avaient rien demandé à personne.

        En clair, les dirigeants européens ont déstabilisé l’Ukraine en 2013, pour y installer une guerre civile dont on ne voit pas la fin, pour nuire à l’économie russe. Mission réussie d’ailleurs.

      3. C’est bien ce que je pensais.
        je suis Charlie… dit le censeur.

        j’imagine que plutôt que « lanceur d’alerte », nombreux ont été ceux qui ont du traiter Assange de « conspirationniste » et justifier la censure, comme vous venez de le faire. La tête du monsieur qui parle dans la vidéo a été mise a prix pour un million de dollars en Ukraine. Je suppose qu’il a dû en être de même pour Assange.

        Je vais me débrouiller pour transmettre le lien à zebu. je serai curieux d’avoir son avis sur la question.

      4. Oui c’est ça Gagnot, pis sans ces salauds de Français (francs-maçons en plus !) en cheville avec les indépendantistes américains ben « au moins » l’Amérique serait encore britannique !
        Pis sans l’agitation fomentée par ces traîtres anglais dans les années 1820, ben « au moins » la Grèce ferait toujours partie de l’empire ottoman !
        Pis sans le pognon des services allemands en 1917/18 pour financer les bolcheviks, ben « au moins » y’aurait toujours un Tsar (merde ça marche pas.. yen à toujours un.)
        Pis sans les agents communistes chinois ben « au moins » l’Indochine serait toujours française !
        Pis sans les espions nazis et en soutane du Vatican à Gdansk et Varsovie derrière Walesa ben « au moins » p’têt qu’le mur serait toujours fièrement dressé à Berlin !
        Pis sans la CIA, ben les serbes seraient toujours bien jouasses avec leur p’tit père et leur p’tite mère Milosevic.
        Y’a pas, c’est toujours la faute aux zétrangers tout ce merdier…
        Tu piges « au moins », Gagnot ? Ou faut développer ?

      5. Mr Jorion en 2014 au debut de conflit en Ukraine je vous ai envoyé un email vous invitant a vous pencher plus sérieusement sur le risque de confrontation avec la Russie, qui, dans le meilleurs des cas nuirait gravement aux intérêts des européens, (et donc des russes aussi) et dans le pire pourrait provoquer la catastrophe globale. Vous m’avez répondu que vous n’en saviez rien, que la géopolitique de ce coin de monde n’était pas votre domaine. Or il se trouve que vous prenez sur le blog et surtout dans les réponses a des commentateurs des positions qui vous mettent clairement dans un camp. Je trouve ça dommage car le camp que vous semblez avoir choisi est le camp de la guerre (du moins pour les gens qui connaissent bien la situation sur le terrain). Avez vous fait un effort pour vous documenter depuis? Pourquoi pas un article traitant spécialement le sujet voire une série d’articles? Car peu importe si vous êtes pro USA ou pro Russe il me semble évident que cette crise est la crise centrale qu’on ne peut pas ignorer sur un blog comme le votre.

      6. @vigneron

        Tu piges « au moins », Gagnot ? Ou faut développer ?

        Peu importe les nationalités! Comme quoi tu n’as pas bien compris.
        C’est de la faute aux Friqués quelque soient leurs origines qui n’ont de cesse de foutre le bordel partout ou il y va de leur intérêt dans cette course débile à celui qui possèdera tout.
        En l’occurrence, dernièrement et contrairement à ce qui est dit (sinon, c’est sans importance), ce sont les Friqués occidentaux, et non les Friqués russes, qui ont récemment foutu le bazar en Ukraine.
        Imagine que les Friqués russes aillent foutre le bazar au Mexique…

        Le pire est que le peuple, dans son ensemble, semble fasciné par ce sport qui pourtant se pratique à ses dépend.

      7. @Serbedukosovo,

        Quand vous parlez de crise centrale; c’est en rapport avec la géographie du conflit ? Non, parce que sinon, va falloir déchanter. Defcon 1 c’est dans wargames. Et puis non, ce n’est pas « centrale » c’est juste pathétique, juste bête, juste triste et moche comme toutes les guerres civiles. En revanche c’est peut-être bien le sort qui nous attends tous, et c’est remoche aussi.

      8. Julien… vous êtes bien sur de vous.
        J ai moi même toujours des doutes après avoir vu le reste du contenu de la chaîne.
        Egalement du fait qu’à ce moment là la tenue d’un tel discours pouvait présenter un intérêt pour
        le pouvoir.
        De là à en rire… Car autant je comprend qu’on puisse hésiter ou se poser la question (après tout les 2 interprétations sont plausibles), autant avoir une opinion assez tranchée pour s’autoriser à en rire me semble téméraire.

        A ce compte là, L. Gbagbo donnait dans la conspiration quand il a affirmé que les français complotaient contre lui…

        1. AntoineY, la rigolade est strictement proportionnelle au facteur de recouvrement d’un fait par la proposition « c’est gros comme une maison ». Là, après avoir fait tourner le calculateur, le taux de recouvrement est précisément de 100 %. Un chiffre qui, il est vrai, ne laisse que peu de place au doute.

          Parcourir le reste (ou plutôt les restes) de la chaîne, c’est la cerise sur le pompon.

    1. Rien que votre réponse sur l’OSCE …
      « Cette mission en Ukraine ne compte que 320 observateurs ; ils devraient être bientôt 500. Ils ont peu de moyens et peu de financements. Quelques-uns sont postés ici à Gukovo, près de la frontière avec la Russie. D’autres sont à Donetsk, le second et unique check point frontalier. Au total, ils ne sont que 22 observateurs sur les deux points de passage. Or, la frontière s‘étend sur 2.300 km et elle est, par endroits, poreuse et difficile à surveiller. Des équipements militaires lourds, détenus par les rebelles, ont pu être détectés, mais sans que les observateurs ne puissent déterminer l’origine du matériel. De plus, les drones des inspecteurs sont régulièrement la cible d’attaques physiques et électroniques.
      Le 17 juillet, le crash du vol MH17 dans l’est de l’Ukraine avait illustré les limites de la mission. Les observateurs de l’OSCE ont été empêches de visiter le site, comme le montrent ces images prises, plus de dix jours après l’accident. Ils ont dû attendre le 31 juillet pour pouvoir enfin pénétrer sur la zone du crash, qui a fait 298 morts. »
      http://fr.euronews.com/2014/12/05/les-limites-de-l-osce-en-ukraine/

      Ensuite, j’ai clairement indiqué le jeu USA-Russie en Ukraine, ce qui laisse espérer que pour jouer, il faut bien être deux.
      Que l’expansion territoriale de l’Europe sans fin et sans buts ne peut être un but, que ce soit en Ukraine ou vers les balkans.
      Enfin, je ne parlais que du contexte actuel récent, où l’on ne peut que constater que ce sont bien les séparatistes ukrainiens aidés en cela par des moyens russes, qui mènent l’offensive dont je parlais dans le billet et qui est en lien avec le contexte greco-européen.

      Allez vous essuyer le derrière, lavez-vous les mains et revenez en mode ‘logorrhée-off’.

      1. Pas sûr que votre dernière ligne de conclusion soit dans l’esprit de ce que Paul Jorion voulait signifier par:
        « n’avez donc pas remarqué que nous tentions d’avoir ici un débat sérieux ? »
        C’est vous qui voyez, vous êtes chez vous…

      2. Je suis allé voir votre lien vers votre source ,je ne dirais rien de la qualité de la source, mais mais…

        Mais si le « comme le montrent ces images prises, plus de dix jours après l’accident. Ils ont dû attendre le 31 juillet pour pouvoir enfin pénétrer sur la zone du crash, qui a fait 298 morts. » vous suffit…
        pour d’autres, rien dans ces images ne montrent quoi que ce soit, on est invité par la voix-off à interpréter des images totalement anodines, et comme internet rend exigeant et attentif, je vous confirme que rien dans ces images ne prouve vos certitudes…

        Cela dit, si vous voulez parler du MH17, pas mal de data circule en ce moment, il faut passer du temps pour désherber, mais un angle serait, peut-être, de comprendre pourquoi un avion malaisien, une compagnie malaisienne, un équipage malaisien avec une forte proportion de malaisiens victimes de l’évènement doivent attendre les conclusions d’une dream-team dans laquelle les malaisiens n’ont pas été les bienvenus….après des mois de négociation ils ont eu le droit d’aller sur le site du crash…
        Mais subitement les Hollandais ont eu besoin des débris et sont venus tout (ou presque) rafler, et donc les restes de l’avion sont maintenants entre de bonnes mains…
        Tout en soumettant les conclusion au pouvoir de Kiev, qui fait partie des accusés…
        Dans votre monde à vous, il va falloir y trouver une cohérence…

      3. 2300km de frontière entre le Donbass et la Russie???? Et vous vous prétendez sérieux en la matière?
        Quant à l’empêchement d’aller visiter le site, je vous rappelle qu’il est le fait de la reprise des hostilité de la part de Kiev. Regardez les dates. Ce ne sont nullement les insurgés qui ont empêché les observateurs de l’OSCE, ce sont les bombardement de Kiev. En attendant, elle dément toute présence de troupes Russes au Donbass.

        Quant au soutien Russe aux insurgés, je ne le nie pas, loin de là. Pas plus que la fourniture d’armement, pas plus que la présence de milliers de citoyens Russes y compris des militaires Russes dans les rangs des milices. Mais le matos fourni est loin d’être high tech.
        Et si effectivement les insurgés sont à l’origine de la dernière offensive, la réalité obligerait à dire qu’il s’agit d’une contre-offensive qui a opportunément viré en offensive. Et si vous voulez mon avis, eu égard à la déroute des premiers jours subie par les punitifs, je crois sincèrement qu’au contraire Poutine a mis la pédale douce.
        Mais parler de troupes Russes ça fait une sacrée différence. Vous parlez de Russes qui avancent leurs pions, je vois une Russie complètement sur la défensive.
        Vous parlez de logorhhée?
        Non, j’énumère des faits.
        Je note d’ailleurs que l’ineffable Jorion les disqualifie sans même les contester.
        Mais il est vrai qu’à lire, comme il le dit, le Monde, le FT et le NYT tout les jours, ça doit être un peu dur de garder son libre-arbitre et son intelligence intacts.
        Drôle de lecture automatique pour un alter-intellectuel supposé anti-système.

        @Paul Jorion
        Dites moi donc ce que vous trouvez fantaisiste dans mon propos monsieur plutôt que de faire votre habituel coup à la « radio moscou »?
        C’est sûr que cet enchainement des faits vous ne le trouverez pas dans le FT, le NYT ou le Monde. Essayez un peu le Diplo, essayez aussi Ria Novosty, à l’analyse des six dernières mois à postériori, j’ai eu la surprise de constater que cet organe russe racontait infiniment moins de mensonges et pratiquaient infiniment moins l’amalgame et le raccourci que vos quotidiens préférés.

        1. @ Straggieri

          Franchement, est-il bien utile d’argumenter quand on a un commentateur qui considère qu’une agence de presse sous tutelle du ministère de la presse et de l’information (sic) russe est une « bonne source » d’information dans un conflit dans lequel la tutelle est partie prenante ?

          Paul Jorion est bien gentil quand il qualifie votre propos de fantaisie. J’ai un autre mot qui me vient à l’esprit, mais si je l’écris je serai obligé de le modérer dans la foulée 😉

      4. @ Julien Alexandre.
        Petit bémol sur votre façon de comparer la presse dans des contextes différents (politiques, financiers, culturels, historiques, etc.) voir des échelles différentes au travers d’un prisme unique. La « presse » et les façons de l’orienter n’ont pas besoin d’être identiques pour arriver à des résultats équivalent. Si il n’y avait qu’une seule façon de faire de la propagande, du lobby, de l’information/désinformation, etc. tout ces mots n’aurait aucune raison d’être, on n’enseignerait pas non plus le marketing. C’est au lecteur d’aller chercher l’information au plus près de la source, puis de recouper les informations. La principale difficulté étant qu’une même source peut avoir des degrés de fiabilité différents selon l’information.
        Si on suit votre logique que toute information écrite par un Russe est pilotée par Poutine, ça devrait sacrément faciliter votre lecture ! Il y a de très bonnes informations dans le Monde, le NYT, et le FT. Il y en a aussi de très mauvaises, il y aurait même de la publicité dis-donc (Merci à Paul Jorion de nous garder de ça). En tout cas si Paul Jorion nous disait qu’il abandonne de temps à autre ses journaux préférés pour voir ce qui se passe dans des journaux d’autres pays que se soit la Corée du Sud, le Japon, la Chine, l’Inde, le Chili, que sais-je, bref un pays un peu plus « éloigné » de notre culture, quel danger y aurait-il si ce n’est celui de modifier son identité, ses perceptions, son discours ?

        1. Bien sûr Tom, bonnet blanc, blanc bonnet, c’est tout pareil, tout est relatif.
          Ma logique n’est pas, contrairement à ce que vous affirmez de façon péremptoire, que « toute information écrite par un Russe est pilotée par Poutine ». Non, il y a des organes de presse indépendants, comme partout ailleurs. Par contre, le conglomérat d’information qui a succédé à Ria Novosti et qui a pour tutelle le ministère russe de la communication et de la presse produit lui bien de l’information orientée qui a pour but avoué de présenter la politique russe sous un jour positif.

          Là ça va ou je fais un dessin avec des flèches ?

      5. Ca vous fatiguerait de reprendre le débat sur le sujet ?
        Gloser pour statuer si la Russie ou les USA sont derrière les difficultés de l’Ukraine actuelle est peut être intéressant mais hors sujet ici.
        Tout le monde sait que les blogs de Paul Jorion et d’Olivier Berruyer sont d’avis opposés sur la question et qu’aucun n’est vraiment disposé à mettre de l’eau dans son vin. Que chacun se fasse son opinion tout seul sur la question.
        Moi, ce qui m’intéresse, c’est d »observer avec quelle vitesse et quelle maîtrise apparente, Varouf et TsiTsi ont modifié la donne qui semblait si figée. Signe qu’elle ne l’était pas et qu’elle était bien fragile. Rien d’étonnant au vu de la puissance du mandat démocratique obtenu aux dernières élections hellènes qui a autrement plus de poids (coucou Jean-Claude, tu me reçois ?) que les affichages tactiques russophiles. Le peuple grec a parlé, massivement, et c’est cela qui est déterminant.

      6. @Julien Alexandre
        Je vous présente mes excuses pour le procès à mauvais escient de votre logique. L’essentiel de mon propos est ailleurs. Poutine (ou une agence de presse de son pays, quelque soit son degré de compromission) est une source d’information particulièrement intéressante non par la véracité de son discours mais simplement par ce qu’il choisit de dire ou non et dans quel contexte.
        C’est la même chose, pour moi, pour Varoufakis. Ce qui fait son intérêt c’est qu’il donne beaucoup d’informations en ce moment et plutôt différentes de celles de nos ministres des finances aux manettes en Europe . Ce sont également des sources d’information au cœur des évènements.

      1. @Julien Alexandre
        vous parlez du Monde, du FT,et du NYT
        On est bien d’accord.
        Il est vrai que les presses US et Françaises ont été exemplaire et hors de toute influence gouvernementale pour:
        le Kosovo
        l’Irak
        la Lybie
        la Syrie.
        Vous perdez tout libre arbitre. Une presse(sic) russe(quel mépris, limite raciste) vaut bien une presse (beurk) occidentale.

        Vous savez quoi Julien? Le mieux, le plus agréable, c’est de débattre entre gens du même avis? Non? C’est toute la différence entre vous et Paul Jorion. Vous n’acceptez aucun débat, lui, jusqu’à un certains point, oui. On ne peut pas reprocher aux économistes officiels de refuser la contradiction et soit même interdire le débat.

        1. @ Straggieri

          Vous voyez tout en noir ou blanc. Ça laisse peu de place au débat. Si Ria Novosti (et juste pour info, c’est fini Ria Novosti. Rossiya Segodnya maintenant. Oui, Russia Today, une chaîne dont la « diversité » des programmes est assurément éclairante, notamment en matière de diffusion de tout ce que la planète compte comme théorie du complot) c’était de la bonne information, où est l’espace de débat ? Poutine décide fin 2013 de dissoudre l’agence en 2014, ce qui est interprété par les « mauvais esprits » comme moi comme une façon évidente de renforcer son contrôle des médias.

          Z’avez vu récemment Obama ou Hollande dissoudre le FT, le NYT ou Le Monde ? C’est sans doute passé sous mon radar.

      2. @JULIEN Alexandre
        cent anathèmes et cent procès d’intention n’ont jamais fait un argument.
        Quant à une interdiction de média par Obama, pourquoi faire, Paul Jorion lui même se tue à nous dire qu’un président des USA ne commande plus rien.
        Le centre du pouvoir n’est plus là, le niveau de contrôle et de censure de l »info non plus. Ne faites pas semblant de ne pas le savoir.
        Quant à RT, hormi vos allégations, dites moi un peu les mensonges énormes que cette chaine aurait proféré depuis six mois.
        Et si vous voulez, on comparre avec Foxnews, Skynews et France 2.

        Chiche?

      3. Vigneron
        C’est quoi ce genre d’argument? C’est sérieux ça?
        Espèce de radio Moscou, espèce de Olivier Berruyer?
        Vous savez quoi Vigneron? Quand je discute avec des ultra-libéraux à tout crin, ils montrent le même mépris en me lâchant à la face « du Jorion tout craché ».

      4. Désolé, mais Paul Jorion et Julien Alexandre, vous ne semblez pas très sérieux sur ce dossier Ukrainien.

        Au minimum, reprenons ceci: mettez-vous à la place d’un habitant de l’est de l’Ukraine, où la population ukrainienne russophone est très importante (c’est peut-être difficile à comprendre de France où tout le monde parle français, mais moins de Belgique 😉

        Il y a une sorte de révolution à Kiev, semi-pilotée par les US (ça c’est vérifié, non?), et arrive au pouvoir un gouvernement dont une des premières actions est de déclarer que le russe n’est plus une langue officielle du pays.

        Honnêtement, je ne vois pas comment ça pouvait faire autre chose que dégénérer en guerre civile, avec ou sans la Russie à côté.
        La question est: est-ce que sans le soutien actif des US aux gens qui se sont retrouvés au pouvoir à Kiev, la situation aurait été meilleure? Au vu de la politique US des 50 dernières années en termes de « regime change » et surtout de ses résultats sur le terrain, il est difficile de soutenir que non à 100%…

        1. Mathieu, est-il si compliqué de comprendre qu’une position peut ne pas être seulement « pour l’un » ou « contre l’autre ». Si on est pas « pro-russe », on est forcément « pro-américain », et inversement ?
          Si c’est obligé, pas de problème, on s’y pliera, bien sûr !

      5. @Julien
        c’est quand même pas mal de la part de quelqu’un qui traite de « radio Moscou » ou « télé moscou » tous ceux qui ne sont pas alignés sur la vision la plus teigneusement néocon.
        Vous ne voyez pas l’ironie de la chose?

        1. « Néocon », le blog de Paul Jorion ? On aura tout lu… Preuve empirique que le ridicule ne tue pas, vous êtes toujours parmi nous (pas pour très longtemps ceci dit à ce rythme…)

      6. Stratruc, estime toi heureux, ici t’as (encore) le droit de déverser ta daube poutinienne. Chez ton ami Berruyer j’me suis fait lourder (bien avant la guerre russo-ukrainienne) juste parce-que je le gratouillais un peu, entre autres joyeusetés, sur son employeur AXA et sur ses accointances personnelles avec les jobards de la bande à Asselineau ou certains économistes du FN, omniprésents sur son blog déjà, blog qui a désormais viré versant complosphère très officiellement. Rejoins le stp, tu y seras comme chez toi.

      7. @ Julien Alexandre

        Alors on est d’accord: il est évident que Poutine n’est pas un saint dans cette histoire. Je n’ai d’ailleurs jamais suggéré cela, je crois. Mais l’administration US non plus.
        Mais quand mes enfants se disputent, j’ai tendance à répartir la faute 2/3 sur le plus agé/fort, 1/3 sur la plus jeune/faible: c’est au plus fort à être le plus dans la retenue.

        De toutes manières, au point où en sont les choses en Ukraine, il y a un conflit Américano-russe. On en est plus à « c’est pas moi, c’est lui », malheureusement…

      8. @ vigneron, spécial 4 février 2015 à 19:44.
        Les crises = San Antonio ?
        Impossible, vous faites erreur.
        Crachez si besoin, mais pas en l’air.
        L’original mérite beaucoup mieux.

      9. @Julien Alexandre
        Il n’y a pas que des néocons de droite bien dure à la Kagan, Wolfovitz, Barroso ou autres HEeisbourg. Il n’y a pas que des néocons de fausse gauche comme BHL, Fabius, Blair.
        il y a aussi des néocon de gauche, comme Plenel par exemple. Et sur les aspects de géostratégie, le blog de Paul Jorion est tout à fait dans cette ligne à mon grand regret.
        Critique envers les USA certes, mais encore beaucoup plus impitoyable pour les adversaires de ce pays. Ho bien sûr, comme tous les néocons de droite ou de gauche, on maquille ceci par de prétendues raisons droit de l’hommistes ou démocratiques.
        Les ROW savent aujourd’hui très exactement ce que les USA et leurs larbins occidentaux considèrent comme des droits de l »homme et de la démocratie.
        Quant à mon avenir sur ce blog, si P. Jorion trouve insupportable qu’on porte la critique, c’est son droit.
        Je note, qu’à part Zébu, personne, ni vous, ni Paul, ni Vigneron n’ont répondu à mes propos autrement que par des invectives, de l’ironie ou des anathèmes.
        C’est vrai que si vous n’avez rien de mieux à répondre…
        J’essaye de lancer un débat, de comparer les « narrative », d’essayer de comprendre où on peut se planter dans l’enchainement des évènements qu’on tient pour acquis, et vous n’opposez que raillerie, ironie, procès d’intention et dénigrement.
        C’est à dire très exactement le comportement des contempteurs de Paul Jorion lui même.
        Dommage.
        Sur l’affaire ukrainienne par exemple on aurait pu se lancer ce défit d’intelligence qui aurait consisté à décrire, au pas à pas, sa vision propre de l’enchainement. La vision « radio Moscou » ou Sapir-Le Pen pour ses détracteurs contre la vision « radio washington » ou BHL-Soros pour ses détracteurs. On aurait pu comparrer, voir les éléments qui rendent les deux valides ou invalides, là où les deux trichent tour à tour, là où elles regardent pudiquement ailleurs. Quel meilleurs endroit que ce blog pour procéder à cette méthode lue nulle part à ce jour.
        On aurait même pu pratiquer ça avec une modération en béton pour obliger chacun au respect et à la civilité sans s’étriper et faire des points godwin ou des points poutine tous les trois arguments. D’ailleurs, point d’argument, juste des faits. On aurait pu partir de ce que chacun aurait considéré comme le début et on aurait pu chercher la vérité, et pas CHACUN SA vérité. Je croyais que c’était l’objet du blog, chercher et comprendre, pas asséner ni frotter sa boucle de ceinturon en jetant un coup d’oeil amoureux à son « gott mit uns ». Est-ce trop demander?

        1. On résume : vous n’êtes pas pro-russe ? Vous êtes donc un néocon. De droite, de gauche, progressiste, démocrate, radical, rebel ou révolutionnaire, on s’en fout. Néocon, point barre.
          Merci Straggieri, le débat a bien avancé. Maintenant c’est l’heure de votre programme sur Russia Today. Ce soir, il y a je crois un programme très intéressant – dont RT est coutumière, il faut leur reconnaître ce mérite – sur la réalité des attentats 9/11.

          Ps : la méthode qui consiste à balancer tout et n’importe quoi puis ensuite demander aux contempteurs de corriger point par point, pied à pied, pour user, on la connait. Au début, on perd son temps, on est bon et bien élevé, etc. Une fois qu’on a compris, on ne perd plus trop de temps. Je sais, c’est frustrant. Mais il y a des choses bien pires dans le monde, comme ce qui se passe en Ukraine, n’est-ce pas ? 😉

      10. Julien Alexandre, je n’aime pas mettre des +. Mais je t’en mets un +. Le net amène ce genre de sagesse, c’est même ça principale vertu, apprendre à ne plus perdre son temps et ne plus se laisser noyer. Bon en face ça crie immédiatement au mépris ou à la censure, mais pour celui qui observe c’est bien entendu l’inverse.

    2. le ton est un peu trop polémique à mon goût mais l’analyse me semble assez corecte, L’Ukraine est un remake de la Georgie qui a été un échec pour les USA. En Ukraine ils ont été plus prudent mais l’objectif est le même . la doctrine Wolfowitz à toujours cours même dans l’administration Obama

    3. C’est tristounet de devoir ici rappeler la maltraitée vox populi ici comme ou l’oubliée proposition
      Pour les afficionados de la neutralité (tradition belge ?) ou les emmurés des frontières donc des marchés, piqure de rappel je dirai même plus de rappels au détail, et pas en gros.

  12. Tsipras rencontre F. Hollande cet après-midi, qu’a-t-il à attendre de ce dernier, victime du syndrome de Stockholm ?

  13. Lire la transcription de l’intervention de Panos Kammenos, Président des Grecs Indépendants, Membre du Parlement hellénique, lors de la conférence internationale de l’Institut Schiller du 18 et 19 octobre 2014 en Allemagne :

    « C’est un grand plaisir pour moi d’être ici avec vous aujourd’hui, et je remercie chaleureusement les organisateurs pour leur invitation.
    Le sujet de mon discours sera la Grèce dans le cadre de la nouvelle Route de la Soie….. »
    Kamenos fait allusion au lien ferroviaire de Zhengzhou à Lodz, le Chengdu Europe Express Railway
    Il n’y a pas que la Russie, il y a la Chine qui est venue en Grèce installée au Pirée par Panos Kamenos.

    Il cite aussi Jugen Habermas:
    Qui plus est, la gestion unilatérale de la crise en Europe par l’Allemagne « réveille les fantômes de l’histoire » et son « rôle hégémonique menace de conduire à la catastrophe ».

    il y donne aussi les propositions des Grecs indépendants beaucoup moins libérales que celles de Dupont Aignan puisqu’il veut un renouveau de l’Etat Providence

    Par ailleurs, Varoufakis est aussi australien, il connait les enjeux de cette région

    Enfin pour M Jean Quatremer en politique nul ne peut être européen s’il n’est pas sur la la ligne TINA. Il croit la Grèce enfermée dans l’europe du traité sarkhollandemarrkel TSCG
    or la lecture du Minotaure planétaire démontre que Merkel et l’Euro n’existent que dans le cadre de la défense du dollar. Varoufakis et ses amis keynésiens le savent depuis avant 2008 c’est pourquoi, dès le lendemain de l’élection, ils ont su créer les conditions pour amener les US à entrer dans le jeu et bien sûr les US auront le dernier mots sur Merkel.

    Dernier point dans cette partie historique ne pas oublier l’immense manifestation de Podemos « Si se puede » dont l’organisation et la date ont été prévues juste après la fixation de la date du scrutin en grèce par Samaras et cette date c’était juste une semaine après les élections en Grèce

    Enfin ne pas oublier les connivences et contacts d’alexis Tsipras avec Rafael Correa de l’ Equateur

    oui nous avons affaire à des gens qui voient loin
    Merci Zebu pour ce bel article

    1. L’ « Institut » « Schiller »: malheureux Schiller. C’est un abus de nom et un détournement d’idées.
      Rien n’interdit à un parti extrémiste français de créer un truc où ils se réuniraient pour n’importe quelle raison, par exemple un méchoui annuel, et le baptiser l’institut Mauriac…
      L’ « Institut » « Schiller » , c’est de ce niveau.
      Et si un homme politique grec estime devoir y prendre la parole, c’est à croire qu’il manque de tribunes. En tout cas, il n’est pas farouche.
      D’un autre côté, il faut réaffirmer que le messager ne tue pas le message. Peut être que Kammenos y a dit des choses censées. Peut-être.

      Résumons: l’ « Institut » « Schiller », et alentours, ça craint grave.
      Au vue des exploits de Panos Kammenos lisibles dans le presse, je l’avais baptisé la planche pourrie du gouvernement Tsipras…

  14. Je souhaite au Peuple Grec une victoire digne de la lignée de Platon! Aussi pour tous les frileux et les « coN-GGe-LLés » de France, que la gloire revienne aux gagnants et pour le moment, les français ne sont pas dans le combat. Alors, juste une chose : fermez-la! Ou alors signifiez-vous, en jouant aussi juste que le Peuple Grec.

  15. Binz : une Europe faible parce que monétaire et pas politique, juridique et pas démocratique, pantin d’US toujours occupants, surtout en Allemagne. Ici un système fédéraliste serait probablement bien meilleur, mais on n’imagine pas comment ce patchwork pourrait y parvenir, pris à rebours du bon sens qu’il fut.

    Tout ça sous l’influence macro : Us – Europe contre une bonne partie du reste du monde.

    Pain béni pour de jeunes politiciens avertis et roués, déterminés à tenir leur parole face au peuple. Vu le poids de la Grèce j’ai bien peur qu’ils ne rentrent dans le rang plus fissa qu’on ne l’imagine.

    Le contraire me ferait plaisir.

  16. Merci Zébu pour cet éclairage multipoint révélant la fragilité du fil sur lequel des « jeux » sont menés… à « nos » dépends… je crains. « Nos »… ces « pertes collatérales » dites « acceptables » par les joueurs et tous-tes ceux et celles ne préférant s’émerveiller que devant la qualité de leurs « jeux », la rapidité d’exécution, le potentiel d’anticipation, pour se félicité de la finesse d’une marge objective de résultats.

  17. L’article vaut d’être lu (mais l’adjectif « virevoltant » est à la limite insultant).

    Quant au « débat sérieux », il me semble qu’il est bien entamé, et pas seulement sur le blog de Paul Jorion.

    Pour rire (ou pleurer) on entendra John Kerry, Samantha Power, Susan Rice, Victoria Nuland, George Friedman, les présidents Ukrainiens, Polonais, Lituaniens … et même BHO.

  18. On peut remarquer que la déclaration d’Obama en faveur de Syriza est tombée à un moment où le débat US sur la livraison d’armes létales à l’Ukraine battait son plein. Hasard du calendrier ou offensive générale des EU, façon « the US are back » ?
    Il semblerait toutefois qu’il y ait une contradiction dans la politique américaine : d’un côté les EU ont besoin que l’unité l’édifice européen perdure, d’un autre côté en accentuant la pression sur la Russie, ils ne peuvent qu’aggraver les divisions entre les pays membres. Entre l’unité européenne et la pression sur la Russie ils vont peut-être devoir finir par choisir.
    Pour les EU l’idéal serait sans doute une Allemagne affaiblie dans une UE européenne réformée mais toujours unie et un consensus sur la politique des sanctions contre la Russie. Le geste d’Obama en direction de Syriza semble aller dans ce sens.

    1. Ne pas oublier non plus la bataille américaine pré-électorales, entre démocrates et républicains, et au sein même de l’administration entre faucons et colombes.

    1. Ouais c’est m’ame Merkel qui se prend une double pichenette de la part de Tsipras et d’Obama et qui se retrouve un peu isolée au milieu de l’échiquier. Avec en plus de ça la Russie durablement à dos et les Espagnols, pourtant super-orthodoxes jusque là, qui grondent. Le pion Hollande devrait en profiter.

    2. Le roque n’est pas fait ! Mais il est en position pour.
      Sauf à ce que la dame ‘adverse’ (Mme Merkel) ne s’implique directement pour interrompre celui-ci : dans un sens, ou dans un autre.
      Le roi ‘adverse’, c’est bien par contre M. Draghi.
      Super-Mariole …

    3. La dernière grande bataille navale européenne qui a permis à la Grèce de renaître dans sa lutte pour l’indépendance, après quatre siècles de joug ottoman, fut la bataille de Navarin. Les puissances européennes imposèrent à la Grèce sans république et trop endettée, le jeune roi Othon 1°, fils de Louis de Bavière.
      Plus qu’une partie d’échecs, cette nation de marin veut à tout prix laisser flotter sa dette et se délester car elle doit bien se rappeler quelque part aussi la très grave défaite d’Aigos-Potamos face à l’amiral spartiate Lysandre, suivie par le siège d’Athènes.
      Un roi allemand… un régime spartiate… des souvenirs à donner effectivement du courage pour engager une bataille navale d’un nouveau style déconcertant des « terriens ».

  19. Si la politique se déroulait vraiment comme une partie d’échecs, il est clair que le gouvernement grec,avec brio, en sortirait vainqueur tant sa stratégie semble imparable…sur l’échiquier de notre imagination.
    Sauf qu’en réalité, pour l’instant il n’a rien obtenu d’autre de ces interlocuteurs que des bels pawols. Il a déjà fait une concession de taille en renonçant à dénoncer sa dette, proposant simplement – si l’on peut dire…- sa titrisation. L’Allemagne acceptera t-elle ce tour de bonneteau ?

  20. Arnaud Leparmentier du « Monde » et sur « France Inter » a l’air très satisfait, pour lui Syriza a déjà capitulé
    Je sais bien que c’est un ultralibéral, mais comment peut-il avoir une interprétation aussi diamétralement opposée à celle de Zébu des mêmes évènements
    Est-il aussi ultracon ?

    1. Il va simplement dans le sens du marché : pas de catastrophe boursière, pas (encore) de bank run, donc « Syriza a perdu » puisque Syriza devait fiche le schpountz.
      N’a pas lu Lao Tseu…

  21. Il y a dans tout ça un aspect « poker menteur », qui fait que chacun va se prévaloir des possibles conséquences forcément importantes de telle ou telle alliance/support militaire/économique/diplomatique pour faire pression sur ses partenaires dans son sens. Cf. notamment la visite de Merkel à Obama. Il est probable que les conséquences soient sur-estimées, mais l’imaginaire joue à fond, et sort tout le monde du TINA, c’est cela qui me semble le plus frappant. Pas tant la bataille au niveau du sol que ses tenants et aboutissants imaginaires (ou « idéologiques » si on veut, ce côté jouant comme un gros modulateur de l’imaginaire). Il s’agit évidemment d’un imaginaire « situé », donc quand même de question de rapport de force global.
    C’est une leçon pour bien des gens (la comprendront-ils?) que l’on peut sortir du TINA ainsi.

    1. Entièrement d’accord, c’est ce qui frappe le plus sur la situation actuelle: tout d’un coup, tout semble possible (même si parfois peu probable, j’en conviens). C’est assez jubilatoire: le jeu semblait très fermé, et il est tout-à-coup plutôt ouvert…

  22. Bonsoir à tous
    Il y a une cible privilégiée de Syriza & Varoufakis , comme levier possible pour infléchir les « raides », qui n’est pas beaucoup mentionnée dans les analyses: l’opinion publique ! Outil évident pour tout parti politique Et notamment celle des pays les plus à même de vouloir embrayer sur le rêve. ( Voir notre Mélanchon national par exemple).

    « Si vous ne voyez pas le service, c’est que vous êtes le produit! »
    Ils ont bien raison de faire flèche de tout bois!

    Cordialement.
    Steve
    Steve

    1. Avec ces manoeuvres et regroupements armés de part et d’autre, une étincelle ici peut faire capoter ce dispositif plausible extirpé de la gangue informe des possibles supposés par Zébu et remiser aux calendes grecques tout le processus Syrisa.
      La situation risque fort de se tendre dangereusement dans le mois de février.
      Quand tout part en vrille comme c’est le cas depuis des mois sur bien des fronts… c’est bien inquiétant!

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