Soit Tsipras est trop rapide, soit …, par Zébu

Billet invité.

Alexis Tsipras vient de faire une allocution télévisée pour annoncer le maintien du référendum.

Juste avant la réunion de l’eurogroupe, juste après la dissension, publique, entre l’Allemagne et la France.

Il a déposé une offre sur la table et remobilisé le ‘non’ (face au ‘niet’, attendu, de l’Allemagne) pour le référendum, qu’il maintient et pour lequel il appelle toujours à voter ‘non’ : genre « voyez, même avec une proposition ‘proche’ des créanciers, l’Allemagne n’en veut pas » …

Cela s’appelle une opération ‘commando’ : faire un ‘coup’, prendre les bénéfices et revenir à sa position de départ.

Je pense que c’est en lien avec la réouverture des banques pour les retraités et leurs pensions et leur inévitable cortège médiatique de colère populaire, pouvant très négativement impacter les citoyens dans leur choix dimanche prochain (Tsipras insiste d’ailleurs dans son allocution sur la garantie des pensions et des salaires).

Au cas aussi, improbable, où l’eurogroupe aurait dit ‘ok’, mais sous condition d’annuler le référendum, clef de voûte politique de son action.

Tsipras vise le ‘non’ pour revenir à la table en meilleure position sur la proposition ainsi déposée au dernier moment, proposition dont il savait qu’elle serait rejetée par l’Allemagne.

Le plan possible :

1- éliminer l’ancienne proposition par un ‘non’ majoritaire à un référendum (que ne peuvent pas rejeter les créanciers, sauf à tomber dans le piège du ‘déni de démocratie’)

2- imposer sa solution, parce que c’est la dernière sur la table (puisque 1- sera réalisé)

3- revenir en meilleure ‘forme politique’ puisque fraichement légitimé par un référendum, avec par contre un camp en face divisé politiquement (France vs Allemagne)

4- remettre la pression à ceux d’en face, puisque la vrai deadline est le 20 juillet, date de l’échéance à la BCE : 15 jours pour négocier

Si l’Europe manque d’un stratège, ben …

Ou alors, on se fait tous avoir par Tsipras ! 🙂

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