URGENT : Lettre ouverte à l’attention de Nicolas Hulot, par Philippe Soubeyrand

Billet invité.

Monsieur Nicolas Hulot,

Envoyé spécial du Président de la République pour la protection de la planète [1],

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La cigale ayant chanté tout l’été – photo prise le 26/07/2015 – Abbaye Saint André

À l’issue du Sommet des Consciences pour le climat ce mardi 21 juillet 2015 [2] au cours duquel une quarantaine de personnalités ont pu s’exprimer [3], notamment autour de la nécessité de mobiliser plus de consciences face aux dangers bien réels du réchauffement climatique [4], vous êtes intervenu personnellement ce samedi 25 juillet 2015 à la radio [5], afin d’exposer une nouvelle fois les grands enjeux de la conférence de Paris, la COP21, dont la date butoir est d’ores et déjà fixée au 11 décembre prochain. Vous étiez déjà intervenu publiquement en mars dernier à la télévision aux côtés de Samuel Le Bihan, afin de lancer un appel solennel aux citoyens [6]. Ce jour là, vous disiez notamment, en évoquant les engagements à venir des Chefs d’États à l’issue de la COP21, je cite :

« Très sincèrement, il faut que chacun d’entre nous, quelle que soit notre influence, quelle que soit notre responsabilité, il faut qu’on se manifeste d’une manière ou d’une autre parce que c’est à nous de leur donner mandat, leur dire soyez inspirés, soyez innovants, soyez ambitieux, écrivez l’Histoire, construisez le monde et ne regardons pas le monde se défaire devant nos ordinateurs. »

Je me dois de vous poser cette question : êtes-vous vraiment certain, Monsieur Nicolas Hulot, que les Chefs d’États des 195 pays qui seront bientôt présents à Paris, seraient prêts à nous écouter ? Mais aussi et surtout, seraient-ils prêt à entendre réellement ce que nous avons à leur dire ? Et si tel était le cas, seraient-ils prêts à prendre toutes les mesures d’exception nécessaires au regard par exemple de l’opinion que je m’apprête à vous confier ?

Voyez-vous, vous n’êtes pas sans savoir que notre monde bascule peu à peu arbitrairement, voire violemment, de tout côté. Et lorsque certains « invisibles », ou anonymes, prennent le risque inouï de sacrifier leur carrière, voire leur vie, pour lancer la moindre alerte, il est généralement pour habitude de les écarter, de les évincer, de les stigmatiser, de les humilier, de les isoler, voire de les oublier… Et croyez-moi, ce ne sont pas ces nouvelles lois dites de protection des lanceurs d’alerte qui feront la différence [7]. Pire encore si l’on tient compte de ces nouvelles lois sur le renseignement qui fleurissent un peu partout comme ce fut le cas tout récemment en France, ce sur quoi le Conseil Constitutionnel vient d’ailleurs de rendre ses décisions, maintenant la loi quasiment en l’état [8].

Qu’il est bon parfois de se souvenir de certaines choses, et notamment quel fut l’avis rendu par la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme le 16 avril 2015 [9], je cite :

« Dans son avis, la CNCDH s’interroge avec inquiétude sur le déplacement dangereux du curseur en matière de protection des libertés. A terme, l’État d’exception est-il appelé à se substituer à l’État de droit, signant ainsi une régression de nos démocraties ? »

Pour autant, cet avis du CNCDH était-il surprenant ? Non ! Dans son livre, La Guerre civile numérique, paru en mai 2011 aux éditions Textuel [10], l’anthropologue Paul Jorion écrit dès sa quatrième de couverture, je cite :

« Cette “guerre civile” est technologique et mobilise l’ensemble de la communauté numérique : du pirate informatique aguerri jusqu’au fan de Twitter. En face d’eux, une coalition de gouvernements et de milieux d’affaire, de plus en plus ouvertement dédaigneux des valeurs démocratiques. Qui l’emportera ? »

Bref, être lanceur d’alerte dans le contexte actuel, cela ne se calcule pas, cela ne se désire pas. Cela vous tombe dessus alors que vous ne vous y attendiez pas, alors que vous faisiez simplement ce que vous aviez à faire. Et la peur indescriptible qui vous gagne au moment où vous vous décidez à briser le mur du silence et des cloisonnements qui vous entoure, devient votre seule alliée, votre seul ressort, votre seul moteur dans un contexte aussi délétère, tant vous avez conscience à ce moment là que vous n’avez plus le droit de reculer. Et peu importe votre personne. Vous devez aller seul au bout de votre engagement quoi qu’il arrive, là où ni l’autocensure, ni la résignation, ne pourront vous corrompre…

Aussi, j’espère très sincèrement, Monsieur Nicolas Hulot, que cette lettre ne sera pas lettre morte. Puissent ces 195 Chef d’États vous entendre enfin lorsque vous leur ferez part de tout ceci aussi rapidement que possible.

Mais avant d’aller plus loin, si vous me le permettez, je souhaiterais citer quelqu’un qui je crois nous a quitté beaucoup trop tôt, quelqu’un qui nous manque cruellement, et qui aurait pu très certainement participer au Sommet des Consciences pour le climat, je veux parler de Georges Charpak, prix Nobel de physique. Dans son dernier livre, Mémoires d’un déraciné, physicien, citoyen du monde, paru en juin 2008 aux éditions Odile Jacob [11], Georges Charpak se souvient de l’une de ses correspondances datant de 1984 relative au « désamorçage d’un conflit nucléaire » dans laquelle il écrivait, je cite :

« Pourquoi devons-nous nous insurger ? Après Tchernobyl et les accidents de Challenger, il faut traiter par le mépris ceux qui affirment que les systèmes de sécurité sont sans faille. Plus ils sont secrets, plus ils sont difficiles à vérifier. […] Que savons-nous de leur fiabilité ? […] Un débat n’est-il pas nécessaire devant le pays, au lieu que les décisions soient laissées à des politiciens écrasés par l’ampleur des responsabilités face à des lobbies qui ont le monopole de l’expertise scientifique et technique. »

Qu’aurait dit Georges Charpak devant l’ampleur du désastre dû à la catastrophe nucléaire de Fukushima du 11 mars 2011 [12], ce « cliquet long » pour reprendre les termes de Paul Jorion tant, nous le savons bien aujourd’hui, rien n’est encore résolu ?

De quoi en tout cas, faire pâlir, ne trouvez-vous pas, tous ceux qui ont voté ce mercredi 22 juillet 2015 pour la loi sur la transition énergétique, une loi aux jalons pour le moins délirants et dont la préparation, notamment lors du débat public, laisse apparaître un certain nombre de zones d’ombre [13] ?

Puis, quelques pages plus loin, Georges Charpak de rajouter dans son livre, je cite :

« Nous avons traversé un siècle où ont abondé les exemples de chefs militaires illustres incapables de prévoir des évolutions stratégiques évidentes. Des hommes politiques aveugles ont lancé des guerres qui ont causé […] des […] millions de morts […] et, peut-être pire encore, à long terme, des situations sociales qui ont profondément perturbé le comportement de la bête humaine. Ils nous lèguent de vastes groupes d’humains habités par la folie d’une haine incontrôlée, fruit de notre indifférence aux souffrances de leurs peuples. Mais les horreurs du passé ne sont rien comparées à celles que va permettre le flot intarissable des découvertes […] scientifiques, couplé à l’existence de centres puissants voués à un terrorisme sans pitié. »

En attendant, cette alerte, qui était lancé en 2008 par le biais du livre de Georges Charpak, n’était certainement pas la dernière à en juger notamment par l’interview récente de Noam Chomsky sur euronews datant du 17 avril 2015, durant laquelle le philosophe plante un décor bien sombre, et ceci dès les premières minutes [14] :

« Au niveau mondial, nous courons vers un précipice : nous ne pouvons que chuter dans l’abîme, ce qui réduit fortement nos chances d’une survie décente. […] Une catastrophe écologique est imminente, et nous n’avons que très peu de temps pour la limiter. Nous n’allons pas dans le bon sens. L’autre [catastrophe] date de 70 ans, c’est la menace d’une guerre nucléaire, qui est en fait toujours croissante. »

Voyez-vous, Monsieur Nicolas Hulot, je souhaitais vous parler de tout cela, car je crois que les engagements qui devront être pris à l’issue de cette conférence de la dernière chance sur le climat devront être en réalité beaucoup plus courageux que ceux que vous et moi pouvons imaginer. Il est temps en effet pour l’Humanité de refermer le volume le plus inique de son Histoire, un volume qui ne devra jamais être oublié par les générations futures afin que cela ne puisse plus jamais se reproduire, et ceci dès nos propres enfants qui doivent à tout prix retrouver le droit d’espérer. Nous le leur devons bien il me semble ! Mais pour y arriver, nous allons aussi devoir faire preuve d’une humilité infinie en reconnaissant une bonne fois pour toute notre impuissance, voire notre incapacité scientifique à modéliser le présent à l’aide du passé pour simuler l’avenir [15].

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La sécheresse est là, le nombre d’or aussi – photo prise le 26/07/2015 – Abbaye Saint André

Lors de votre passage à la radio ce samedi 25 juillet 2015 [5], vous avez déclaré, je cite :

« l’alibi du doute ne tient plus puisque la science a tranché, et qu’on a tous les outils technologiques, économiques et même institutionnels si on voulait faire un saut qualitatif et ouvrir vraiment une nouvelle page de l’aventure humaine. »

Or, sauf votre respect Monsieur Nicolas Hulot, vous vous trompez lourdement sur ce point, car la science n’est pas en mesure de trancher quoi que ce soit dans ce cas précis :

  • il n’existe actuellement aucun supercalculateur capable de venir à bout du modèle climatique idéal permettant de comprendre avec précision l’ensemble des interactions du système complexe observé au sein duquel nous évoluons [15]
  • il n’existe qu’une seule école d’économie qui soit actuellement reconnue par nos élites, et c’est une religion, une « véritable machine à concentrer la richesse », qui refuse systématiquement le débat et la concertation avec les autres écoles d’économie ; cf. Misère de la pensée économique, Paul Jorion, aux éditions Fayard, 2012 [16]
  • il n’existe actuellement aucun outil institutionnel adapté au rythme temporel exponentiel de base inconnue mais >1 du fait de l’emballement climatique en cours, ce qui signifie que nous sommes après chaque étape institutionnelle encore bien plus en retard qu’auparavant, et ceci d’une façon que nous ne parvenons même plus à imaginer [15]

Pire encore, je vous avoue d’ailleurs avoir été littéralement désarçonné en écoutant votre déclaration de samedi matin à la radio, m’obligeant à vous écrire sous la forme d’une lettre ouverte, puisque des rapports récents de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), que vous ne pouvez ignorer, laissent sous-entendre sans ambiguïté possible que tous nos modèles climatiques actuels seraient d’ores et déjà, une fois n’est pas coutume [15], beaucoup trop optimistes, voire obsolètes… ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que le GIEC reverrait ses prévisions à la hausse…

A l’heure tardive où j’écris ces dernières lignes, loin du confort luxueux de la minorité vaniteuse, égoïste et matérialiste, la majorité « invisible », l’Humanité, est parfois profondément meurtrie. Et vous le savez. Elle souffre à la fois physiquement et psychologiquement à un point tel qu’il n’est bientôt plus possible pour les gouvernements de tous pays de contenir la colère bien légitime qui monte silencieusement de tous côtés. La crise systémique globale qui trouve sa source dans celle du capitalisme prédateur et ravageur, et dont le réchauffement climatique n’est en réalité qu’une des conséquences, au même titre que toutes les crises auxquelles nous sommes confrontés, qu’elles soient énergétiques, biologiques, écologiques, économiques, stratégiques, politiques ou philosophiques, vient de passer un cap extrêmement dangereux qui n’est absolument pas perçu par une large partie de la communauté scientifique, voire académique. Seuls quelques « invisibles », loin de toute forme de décorum, sentent que quelque chose ne va plus sans toutefois pouvoir l’expliquer de manière exacte. Mais une conviction profonde les anime, les regroupe, les émule, voire les transcende virtuellement sans qu’ils ne sachent réellement pourquoi.

Cela fait maintenant plus de 8 ans que j’observe sans relâche l’Internet, que je prends des notes, que je cartographie l’information, et par là même la propagande redondante que l’on nous sert avec abondance depuis les grands médias de masse, traquant ainsi les moindres signaux faibles, ces silences sans lesquels toute harmonie est quasiment impossible au sein d’un groupe de musique…

Voyez-vous, Monsieur Nicolas Hulot, les 195 Chefs d’États doivent comprendre qu’Internet est devenu fondamental pour la survie de l’espèce humaine, voire de la biodiversité en général. Ils doivent absolument comprendre qu’entraver ce système de libre circulation des idées, cet écosystème des pensées, cette espace unique de liberté à l’échelle de l’Humanité, conduirait l’ensemble de notre espèce à sa perte, eux compris tant ils ne sont pas prêts. À l’inverse, s’ils se décidaient enfin à composer avec Internet, ce lieu de frémissement d’une démocratie mondiale, à la fois nouvelle et liquide, alors ils refermeraient bel et bien ce volume inique de notre Histoire, et l’Humanité pourrait enfin saisir sa chance, aussi infime soit-elle, de découvrir la solution à tous ses maux. Nous n’éviterions certainement pas l’impact et ses ricochets du « soliton » pour autant [17], mais nous aurions peut-être une chance, « tous ensembles », d’en limiter fortement les dégâts.

Internet n’est la propriété de personne. Internet, c’est l’Humanité connectée, et ce ne sont pas des lois scélérates et liberticides qui changeront quoi que ce soit.

D’ailleurs, n’oublions pas ce qu’écrit à ce sujet Bernard Werber, lorsqu’il compare La Révolution des Fourmis, qui est aussi le titre de son livre paru en 1996 aux éditions Albin Michel [18], à « Une révolution qui ne fait pas couler le sang mais qui utilise Internet. Pour que les idées soient jugées sur leurs valeurs et non sur l’apparence ou le statut de celui qui les émet. Les fourmis ont un système où les idées circulent de manière fluide. Internet aussi. »

Là je crois que nous touchons du bout des doigts la seule réponse possible à la question que nous serions tous en droit de nous poser à cette heure sombre, et qui nous renvoie indirectement à la question déjà posé par Paul Jorion [10], et qui serait celle-ci : de l’IA polymorphique ou de la fourmi polygame, laquelle des deux l’emportera ?

Vous l’avez sans doute compris en parcourant mes lignes, j’ai bel et bien ma petite idée sur la question, et la voici que je vous livre pêle-mêle :

L’Humanité connectée pense, donc elle est ! C’est donc à elle et à elle seule d’en décider !

Comment ?

Une fois n’est pas coutume, la Grèce nous a montré tout récemment qu’il était possible d’organiser un référendum en une semaine [19]. Nous avons donc quatre mois pour organiser via Internet le premier référendum du nouveau volume de l’Histoire de l’Humanité. A cette occasion, l’ensemble de l’Humanité devra répondre simultanément à cette question simple :

Faut-il dès 2016 tout stopper afin d’enrayer l’emballement climatique en cours, abolir toute forme de propriété et partager les territoires cultivables, ne laisser tourner que le strict nécessaire à la survie de l’Humanité tout en redistribuant à chacun une part du travail en découlant, et nous laisser du temps pour réparer l’environnement, sauvegarder la biodiversité et repenser ensemble notre nouveau modèle de civilisation dont les valeurs communes étendues seraient celles-ci : sensibilité, sobriété, humilité, équité, dignité, liberté, fraternité ?

OUI ou NON

Ma réponse personnelle à cette question est OUI sans la moindre hésitation [15] !

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Projection infinie d’une inversion de pôle O et de rapport 1 – photo prise le 26/07/2015 – Chartreuse-Notre-Dame-Du-Val De-Bénédiction

Récemment, suite au commentaire de Jacques Seignan, un Ami du Blog de Paul Jorion, qui comparait l’Humanité à « un troupeau de lemmings se dirigeant inexorablement vers la falaise » [20], je répondis ceci :

« Si nous détruisons notre écosystème actuel, c’est que notre espèce actuelle n’est tout simplement pas prête, son extinction pouvant être finalement le prix à payer pour une évolution allant dans la bonne direction ! L’ultime question étant alors de savoir si notre espèce serait enfin prête à un éventuel sursaut pour cette seconde chance qui fit tant défaut aux dinosaures ? Cette question demeure entière et débouchera sur une réponse avant la fin de l’année ! »

Je vous remercie, Monsieur Nicolas Hulot, de m’avoir lu jusqu’ici.

Un « invisible ».

***

[1] http://www.elysee.fr/communiques-de-presse/article/entretien-entre-le-president-de-la-republique-et-m-nicolas-hulot-president-de-la-fondation-pour-la-nature-et-l-homme-2/

[2] http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/07/21/le-sommet-des-consciences-grand-messe-du-climat_4691905_3244.html

[3] http://www.lecese.fr/content/le-sommet-des-consciences

[4] https://www.whydoicare.org/fr

[5] Nicolas Hulot, envoyé spécial du Président de la République Française pour la protection de la planète – Europe 1 – C’est arrivé cette semaine du 25/07/2015 – à partir de 9:34

http://www.europe1.fr/emissions/c-est-arrive-cette-semaine/cest-arrive-cette-semaine-alexandre-kara-250715-1370574

[6] Hulot / Le Bihan : l’appel aux citoyens – Canal Plus – Le Grand Journal du 11/03/2015

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-le-grand-journal/pid5411-le-grand-journal.html?vid=1229842

[7] http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000027324252&categorieLien=id

[8] http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/les-decisions/acces-par-date/decisions-depuis-1959/2015/2015-713-dc/decision-n-2015-713-dc-du-23-juillet-2015.144138.html

[9] http://www.cncdh.fr/sites/default/files/15.04.16_avis_pjl_renseignement.pdf

[10] La Guerre civile numérique, Paul Jorion, aux éditions Textuel, 2011

http://www.editionstextuel.com/index.php?cat=020407&id=522

[11] Mémoires d’un déraciné, physicien, citoyen du monde, Georges Charpak, aux éditions Odile Jacob, 2008

http://www.odilejacob.fr/catalogue/documents/biographies-memoires/memoires-dun-deracine-physicien-citoyen-du-monde_9782738121844.php

[12] http://www.fukushima-blog.com/

[13] http://www.pauljorion.com/blog/2015/07/24/la-loi-sur-la-transition-energetique-a-ete-votee-helas-par-philippe-soubeyrand/

[14] http://fr.euronews.com/2015/04/17/noam-chomsky-l-interview-qui-denonce-l-occident/

[15] http://www.pauljorion.com/blog/2015/07/21/nous-ne-sommes-pas-dieu-le-scenario-rcp2-6-du-5e-rapport-du-giec-dores-et-deja-compromis-par-philippe-soubeyrand/

[16] Misère de la pesée économique, Paul Jorion, aux éditions Fayard, 2012

http://www.fayard.fr/misere-de-la-pensee-economique-9782213666310

[17] http://www.pauljorion.com/blog/2014/11/06/la-question-du-soliton-est-devenue-indecomposable/

[18] La Révolution des Fourmis, Bernard Werber, aux éditions Albin Michel, 1996

http://www.albin-michel.fr/La-Revolution-des-fourmis-EAN=9782226086365

[19] http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/02/en-grece-un-referendum-express-a-organiser_4668200_3234.html

[20] https://fr.wikipedia.org/wiki/Lemming

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78 réflexions sur « URGENT : Lettre ouverte à l’attention de Nicolas Hulot, par Philippe Soubeyrand »

  1. Formidable billet.

    Bref, être lanceur d’alerte dans le contexte actuel, cela ne se calcule pas, cela ne se désire pas. Cela vous tombe dessus alors que vous ne vous y attendiez pas, alors que vous faisiez simplement ce que vous aviez à faire. Et la peur indescriptible qui vous gagne au moment où vous vous décidez à briser le mur du silence et des cloisonnements qui vous entoure, devient votre seule alliée, votre seul ressort, votre seul moteur dans un contexte aussi délétère, tant vous avez conscience à ce moment là que vous n’avez plus le droit de reculer. Et peu importe votre personne. Vous devez aller seul au bout de votre engagement quoi qu’il arrive, là où ni l’autocensure, ni la résignation, ne pourront vous corrompre…

    Alors si vous êtes dans le Nord de la France… bande de veinards, allez-y mais après avoir monté une pétition pour que le donneur d’alerte et tenancier de ce blog soit sur la photo 😉

    On poursuivra par une petite mise à jour en mesurant la température de l’eau de la casserole ou nous commençons tous à avoir très chaud , ça pourra servir… appréciant à sa jute valeur la réthorique de son Article 34 (je souligne) :
    34. Considérant, en premier lieu, que les dispositions contestées prévoient un examen systématique par la commission nationale de contrôle des techniques de recueil de renseignement siégeant en formation plénière d’une demande de mise en œuvre d’une technique de renseignement concernant un membre du Parlement, un magistrat, un avocat ou un journaliste ou leurs véhicules, bureaux ou domiciles, laquelle ne peut intervenir à raison de l’exercice du mandat ou de la profession ; que la procédure dérogatoire prévue par l’article L. 821-5 du code de la sécurité intérieure n’est pas applicable ; qu’il incombe à la commission, qui est destinataire de l’ensemble des transcriptions de renseignements collectés dans ce cadre, de veiller, sous le contrôle juridictionnel du Conseil d’État, à la proportionnalité tant des atteintes portées au droit au respect de la vie privée que des atteintes portées aux garanties attachées à l’exercice de ces activités professionnelles ou mandats ; qu’il résulte de ce qui précède que les dispositions de l’article L. 821-7 ne portent pas une atteinte manifestement disproportionnée au droit au respect de la vie privée, à l’inviolabilité du domicile et au secret des correspondances ;

    Bien que sonnés, Maître Eolas vous aidera à y voir plus clair, mais sans doute pas à vous rassurer.

    Alors, notre Guerrilla Civile civile numérique individuelle devrait commencer par ceci : chiffrons et cryptons : passons tous par des serveurs VPN et cryptons nos messageries.

    Moi, c’est fait 😉 désormais je fais mien cet… apophtegme

    Et vous ?

  2.  
    @Paul Jorion

    Certains étudient les catastrophes.
     
    Vous étudiez les catastrophes.
     
    Merci de donner l’alerte, de permettre le débat.
     
    Je ne pense pas que l’humanité périsse de ses excès.
     
    La civilisation occidentale est maintenant presque planétaire: elle oui. Une nouvelle fin de civilisation.
     
    Peut-être un scénario guerrier, pourquoi pas à la « Mad Max ».
     
    Nous voudrions l’éviter.
     
    Nous ne l’éviterons pas.
     
    L’Hominidé est ainsi fait qu’il ressemble, vous le soulignez, aux Lemmings.
     
    Un changement ne peut venir que du peuple, (et il devrait venir très vite).
     
    Qui obligerait une inflexion politique (qui ne viendra pas, tant sont éloignés les dirigeants de ces problématiques « écologico-financiaro-incompréhensibles »).
     
    Nos élites veulent le pouvoir et s’y accrochent quand elles l’ont. Rien d’autre.
     
    Seuls les mouvements populaires les font sourciller : les agriculteurs et éleveurs français, un report de dettes…un report de peine, comme les Grecs.
    On a oublié qu’ils nous nourrissent, et sont victimes de ce même système ultralibéral capitaliste qui nourrit mieux les financiers, les intermédiaires, que les producteurs.
     
    Les prochaines émeutes de la faim, sont sûrement pour bientôt, nous pourrons étudier cette nouvelle catastrophe.
     
    On veut mettre les humains dans des cases et c’est difficile, merci les humains.
     

    1. “les agriculteurs et éleveurs français, un report de dettes…un report de peine, comme les Grecs.
      On a oublié qu’ils nous nourrissent, et sont victimes de ce même système ultralibéral capitaliste qui nourrit mieux les financiers, les intermédiaires, que les producteurs.”

      Les éleveurs qui ont suivi l’agroindustrie se font piller d’un côté par leurs dépenses et de l’autre par les distributeurs. La question que je me pose, c’est pourquoi le mouvement actuel des éleveurs ne pointe que la chaine de distribution? En effet, dans son livre “Le scandale de l’agriculture folle” paru en 2009, André Pochon donne des chiffres de valeur ajoutée pour l’éleveur (en gros, sa marge) comparée pour le kg bœuf vendu sur pied selon un mode agroindustriel (ceux qui étaient dans les manifs récentes) et selon un mode dit “durable” assez écologique. Cette comparaison porte sur plusieurs exploitations de la même région et me semble très représentatif. La valeur ajoutée pour l’éleveur par kg de bœuf agroindustriel est d’environ 0,25€, alors que celle dégagée pour le bœuf agriculture durable est de 1,30€, soit environ 5 fois plus. Le prix de vente est sensiblement le même vers les 2,5€/kg. La productivité à l’ha est sensiblement la même. La différence: les investissements, les intrants, les frais sanitaires (vétérinaires), les achats de soja… en bref, les dépenses. Qui profite de ces dépenses et a intérêt à continuer à faire croire que nous n’avons le choix qu’entre l’agriculture agroindustrielle et l’agriculture d’antan, alors que l’agriculture durable a fait des progrès considérables?

       

  3. @ Baleine

    bonjour Baleine,
    “Nicolas Hulot est quelqu’un de sincère et engagé, conscient et persévérant, intelligent, que je respecte infiniment. Il a été et est une sentinelle. Pour autant est-il cohérent en misant encore aujourd’hui sur des grandes messes dites internationales appelant à la raison  qui toutes dans le passé récent ont abouti a un flop puisque nous en sommes aujourd’hui arrivés au COP21 de la dernière chance ?”

    Je suis d’accord, tout cela parait, à priori, totalement dérisoire et il y a peu encore, je pensais la même chose que vous.
    Pour autant, Baleine, vous et moi savons trés bien, qu’un arbre ne pousse pas en une nuit . Je pense que comme tous les défenseurs et les personnes engagés, cohérentes et fidèles à leur conviction, NH s’est fait “rinçé” en se frottant aux multiples techniques de manip et d’instrumentalisation voire de récupération, ou d’inertie quand ce n’est pas d’enterrement du dossier pur et simple….On connait la musique…

    C’est quasiment inévitable quand on se frotte aux cercles des décideurs qui ont certains pouvoirs (pas tant que ce que nous l’imaginons), et ce qu’il soit politique, économique ou bureaucratique.

    Il est bon de savoir, qu’il y a également dans ces cercles paraissant perméables aux idées défendues sur ce blog, des individus, certes peu nombreux, qui m^me si leur regard est différent sont parfaitement conscients des désastres actuels en cours.

    Cela dit, ceux qui ont un “certain pouvoir”, en ont mais pas, uniquement, par ce qu’ils en ont les moyens financiers (un des leviers), mais également par le pouvoir que nous leur avons délégué et l’attention que nous leur portons. Il s’agit bien, donc, dans ce cas d’une attention et d’une intention d’un psychisme humain qui donne du pouvoir à un individu ou à un groupe d’individu.
    Bien, cela entendu, à qui et vers quoi dirigez vous votre attention et votre intention ?
    Et donc vers qui et vers quoi s’oriente votre pouvoir et votre énergie et dans quel but ?

    Ne sous estimez pas ce pouvoir là. En outre, si vous orientez votre esprit et donc votre énergie dans un sens et lui opposez constamment un mouvement contraire (auto sabotage), le mouvement sera neutralisé….
    Là clairement ça peut pas remuer grand chose..
    En clair, ça s’appelle se tirer une balle dans le pied !
    Bien différent de l’esprit critique.

    La caricature et le simplisme ne sont pas les meilleurs conseillers, et ce quelque soit le sujet abordé.

    Tous les moyens constructifs mis en oeuvre ont leur utilité, même les plus dérisoires, en apparence. Il n’y aura aucun sauveur, il n’y aura aucun coup d’éclat, et encore moins de grand soir, pour la bonne et simple raison que ça c’est du gros pipeau à 2 balles pour anesthésier le populo, ce n’est pas rêver, mais c’est bien révasser, nuance, soit avoir la t^te dans le tunnel…..pour être poli.

    Nous sommes ce corps en cours de constitution pour la mise en oeuvre de nos idées.

    Le rapport de force semble totalement inégal. Pourtant, ce sont bien la ténacité et la cohérence de ces individus et de ces groupes, qui ont fait avancer et évoluer leurs idées et ce malgré le découragement et le ras le bol qu’ils traversent et que nous connaissons tous à des degrés divers.

    A un degré différent, lors de sa création , la résistance française était un joyeux bordel. Des individus et des groupes disséminés et en désaccord et en opposition pour certains. On peut même se demander par quel miracle ces hommes et ces femmes ont bien pu achever leur oeuvre ?…Si il n’y avait eu que De Gaulle et Moulin, comme ce serait simple…

    http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/bac/2GM/sujets/02resistance.htm

    Donc, je vous donne mon avis, je ne connais pas le point de vue de NH. Le fait qu’il continue d’agir en accord avec sa conscience et sa probité voire sa naïveté apparente , ça me va.

    J’ai des principes et des convictions, et dans cette sphère, j’aime toutes les couleurs et leurs nuances , même celles qui n’en sont pas, comme le noir et le blanc, mais qui pourtant, portent aussi en elles des nuances colorées (noir rouge, noir bleu etc..) Et puis il y a aussi les ombres , les lumières, les clair obscur, tout, absolument tout, participe de la création, et d’un mouvement, que vous , nous lui donnons, point barre.

    Il y a des vents porteurs et des vents contraires , sachons nous servir des vents porteurs et  border les voiles avec habileté par gros temps, nous servir  de nos instruments de navigation : Paul Watson s’est tanké (en toute légalité) contre des baleiniers japonais (entre autres ); il continue !

    Lire : http://www.seashepherd.fr/who-we-are/our-history.html

    En clair, je n’ai aucun conseil à donner et aucune recette magique !

    Rubriques citations…               🙂

    « Pour s’améliorer, il faut changer.Donc, pour être parfait, il faut avoir changé souvent. »

    « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté. »

    « Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. »

    « Le succès n’est pas final, l’échec n’est pas fatal: c’est le courage de continuer qui compte. »

    « On vit de ce que l’on obtient. On construit sa vie sur ce que l’on donne. »

    « Si vous traversez l’enfer, continuez d’avancer. »

    Sir Winston Churchill.

    Au plaisir, Baleine !

    1. @Gudule et @Baleine

      Ne perdez pas espoir s’il vous plaît, car vous pourriez bien être surpris !

      Cette après-midi, je répondais ceci à quelqu’un :

      L’espoir sera bel et bien le dernier à mourir !

  4. Bonjour

    Je ne résiste pas à faire ici un lien avec “l’éco-socialisme” porté par le Parti de gauche.

    Quand bien même l’on me reprocherait du prosélytisme, les propositions et les analyses qui sont dans ce texte me semblent à même de nourrir le débat relancé sur cette page.
    A propos du « Manifeste écosocialiste » du Parti de Gauche.
    Auteur de L’impossible capitalisme vert, Daniel Tanuro propose dans cet article une analyse du Manifeste écosocialiste du Parti de gauche. Mettant en évidence les avancées réelles contenues dans ce texte mais aussi ses limites, il contribue ainsi au débat crucial sur la nécessaire stratégie écosocialiste.

    Manifeste pour l’écosocialisme adopté par le Congrès du Parti de Gauche du 22 au 24 mars 2013

    L’écosocialisme est le mélange détonant entre un socialisme débarrassé de la logique productiviste et une écologie farouchement anticapitaliste. Loin d’un modèle abstrait, il propose une alternative concrète pour affronter la crise écologique qui menace l’humanité. En défendant l’intérêt général humain, il renouvelle la pensée républicaine en proposant aux peuples souverains de remettre le système productif et l’économie au service du progrès humain et des besoins réels.

  5. Certains doutent encore de l’origine anthropique du réchauffement climatique alors qu’est devenu l’énergie libérée dans l’atmosphère en un peu plus d’un siècle qui c’était lentement constituée et accumulée pendant des millions d’années ?

    cela ne ressemblerait-il pas à l’effet d’une bombe à l’echelle du temps géologique?

    1. Oui…

      Et c’est ce que nous appelons aussi l’anthropocène qui succède à l’holocène…

      Sauf qu’a priori les stratigraphes ne seraient pas tous d’accord sur la période de début de cette nouvelle ère, ou donc de fin de l’holocène que certains concidèrent toujours en cours…

      La révolution industrielle… selon le prix Nobel de chimie Paul Crutzen.

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