L’ultralibéralisme précipite l’avènement d’un monde fait seulement de robots

Dans La Gouvernance par les nombres. Cours au Collège de France (2012-2014) (Fayard 2015), Alain Supiot écrit ceci :

« Depuis les débuts des Temps modernes, le vieil idéal grec d’une cité régie par les lois et non par les hommes a pris une forme nouvelle : celui d’un gouvernement conçu sur le modèle de la machine. Ce mouvement avait été engagé par la planification soviétique qui, la première, a réduit la loi à une fonction instrumentale de mise en œuvre d’un calcul d’utilité. Il s’approfondit avec l’imaginaire cybernétique, qui impose une vision réticulaire du monde naturel et humain et tend à effacer la différence entre l’homme, l’animal et la machine, saisis comme autant de systèmes homéostatiques communiquant les uns avec les autres. À ce nouvel imaginaire correspond le passage du libéralisme économique – qui plaçait le calcul économique sous l’égide de la loi – à l’ultralibéralisme, qui place la loi sous l’égide du calcul économique. Étendu à toutes les activités humaines, le paradigme du Marché occupe désormais la place de Norme fondamentale à l’échelle du globe » (pp. 408-409).

Il est très tentant de rapprocher dans ce passage la notion d’« un gouvernement conçu sur le modèle de la machine » de l’observation relative à un mouvement qui « tend à effacer la différence entre l’homme, l’animal et la machine » : la machine s’impose à nous, à la fois comme modèle et comme concurrent qui, non seulement nous prive d’emploi mais qui, également, nous impose de nous concevoir sur son modèle.

Le mouvement d’identification sur le plan juridique de l’homme à une machine ne s’est pas amorcé récemment et Supiot mentionne comme un moment fondateur de cette assimilation, l’opinion du juge américain O. W. Holmes en 1881 :

« la seule conséquence universelle d’un engagement juridique est d’obliger le promettant à payer des dommages [et] intérêts en cas de non-réalisation de sa promesse » (ibid. 202).

Supiot commente : « À la valeur dogmatique – et donc inestimable – de la parole donnée est ainsi substituée une valeur monétaire » (ibid.). Et de rappeler à cette occasion ce qu’étaient autrefois les dignités, appelées aussi « valeurs », avant qu’elles ne perdent toute spécificité en devenant des marchandises au même titre que les autres puisqu’elles ne sont plus appréciées désormais qu’en fonction de leur valeur marchande :

« On connaît la célèbre définition qu’a donnée Kant de la dignité : « Dans le règne des fins tout a un PRIX ou une DIGNITÉ. Ce qui a un prix peut être aussi bien remplacé par quelque chose d’autre, à titre d’équivalent ; au contraire, ce qui est supérieur à tout prix, ce qui par suite n’admet pas d’équivalent, c’est ce qui a une dignité. » La dignité étant « supérieure à tout prix » échappe par définition au calcul économique. À ce premier inconvénient, elle en ajoute un second : en tant qu’impératif catégorique, elle constitue un devoir, et pas seulement un droit individuel » (ibid.).

Supiot note aussi sur un ton désabusé, à propos de la théorie des jeux utilisée en économie pour constituer une modélisation de l’attitude asociale brutale que l’économiste a pris l’habitude, pour s’assurer les faveurs du financier, d’appeler un « comportement rationnel » :

« La théorie des jeux ne concède aucune place à Jean Moulin, ni à tous ceux qui, pour le meilleur ou pour le pire, placent certaines valeurs au-dessus de leur propre vie » (ibid. 192).

Ce glissement de la dignité, d’un domaine où elle est immunisée contre toute évaluation quantitative, au domaine économique, relève de la constatation banale, mais comment a-t-il bien pu s’opérer ? Le mouvement a dû se faire à l’occasion de l’enchaînement historique de deux transpositions.

La première transposition fut celle qui, partant de la personne physique en tant que « faisceau » de droits et de devoirs, en a fait la personne morale qu’est une firme. La justification intuitive en était que celle-ci dispose, comme souvent la personne physique, d’un « patrimoine ».

La seconde est la transposition qui eut lieu ensuite, de la personne morale à la machine, deux mouvements accompagnés chacun d’un réalignement de l’entité dont le modèle a été transposé sur celle qui résulte de la nouvelle transposition : réalignement d’abord du statut de la personne physique sur celui de la personne morale : l’individu est redéfini comme s’il était une firme (les « prix Nobel d’économie » Ronald Coase et Gary Becker ont formalisé cela), puis, une fois que la firme a été assimilée à une machine, la chaîne est remontée et l’homme qui avait dans un premier temps été assimilé à une firme est finalement assimilé à ce qui est maintenant devenu le prototype commun sur lequel tout : l’être humain comme la firme, finit par s’aligner, à savoir la machine.

L’amorce de cette évolution historique avait eu lieu à l’occasion de l’invention du statut de la personne morale calqué sur celui de la personne physique. Celle-ci avait eu lieu aux États-Unis au milieu du XIXe siècle. Le problème qu’il s’agissait de résoudre était celui du devenir de la firme (de son patrimoine et de sa capacité à produire) à la mort de son unique propriétaire. Faute de formule juridique ad hoc, celle-ci était alors dissoute. Une telle issue était dommageable à sa clientèle ainsi qu’à ses employés et sur un plan plus global, à l’économie en général. La solution consistait à considérer désormais la firme comme une entité en soi, susceptible de survivre à la mort de son unique propriétaire. Au fil des ans, les droits des personnes morales ne cessèrent de s’accroître et leurs devoirs se voir réduits, tandis que l’immortalité potentielle qui leur était dorénavant assurée leur permettait une accumulation quasi infinie du patrimoine et du pouvoir qui lui est associé. Les personnes physiques subissaient de leur côté une évolution en direction inverse : leurs devoirs devenaient toujours plus exigeants, alors que leurs droits allaient eux en s’amenuisant.

Ne faut-il pas lire du coup dans cette évolution, une « ruse de la Raison » au sens hégélien ? Alors que la mise en œuvre des principes idéologiques ultralibéraux provoque une crise écologique, économique et financière d’une ampleur telle qu’elle est susceptible de signifier à terme l’extinction de l’espèce humaine, la formulation juridique des principes ultralibéraux crée par anticipation le cadre de fonctionnement d’un univers peuplé seulement de robots. L’ultralibéralisme accélère le mouvement de remplacement de l’homme par la machine dans toutes les tâches, tout en mettant en place un monde marchandisé à outrance, fondé seulement sur l’évaluation et la comparaison de quantités, la « dignité » de la parole donnée ayant été évacuée au profit du calcul de dommages et intérêts dont le cynisme souligne la tragédie de sa « dévalorisation ». La parole donnée est privée de tout sens dans un univers où n’existent plus que des robots puisqu’ils sont incapables de s’identifier en tant que personne à l’engagement pris dans la promesse, incapables aussi de ressentir en cas de dédit la honte, la culpabilité, la perte de leur honneur, un calcul coûts-avantages offrant au contraire un cadre rationnel à leur comportement.

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63 réflexions sur « L’ultralibéralisme précipite l’avènement d’un monde fait seulement de robots »

  1. Peut être qu’elle s’accélère , mais la perte de dignité ( la dignité démocratique a-t-elle jamais existé ?) , avait déjà commencé avec l’avènement du capitalisme libéral , lorsque la bourgeoisie « active » industrieuse , après le capital patrimonial , immobilier ou mécanique , s’est appropriée le capital humain via le salariat , déjà considéré comme un robot .

    Bref , on connait le mouvement, sa vitesse , son accélération , ses outils robotiques ou pas .

    On cherche le frein , voire la gare d’arrêt .

    1. L’esclavage aurait pût avoir pour origine justement l’incapacité a honoré ces dettes (et pas seulement l’asservissement du vaincu). Cela fait par conséquent quelques temps qu’on vend sa dignité.

      Mais on c’est aperçut que ces esclaves défendaient moins bien leurs serviteurs, d’où le Jubilé, on solde les dettes et les chaines.

      Mais je maitrise pas assez le sujet pour être catégorique.

      Vouloir perpétuellement commencer l’histoire de l’homme à la révolution industrielle, parce qu’auparavant la notion de capital est moins présente (on a surtout des droits du sang, des terres aux frontières flous et des marchands) et que cela ne colle pas avec notre interprétation actuelle, c’est fatiguant.

      Quand aux Golems fait d’argile…

    1. Je ne suis pas d’accord avec notre hôte.

      Il dit, en somme, qu’avant il y avait la personne et la loi, et maintenant les robots. On oublie… Les esclaves, les serfs…

      Il n’y a pas d’un côté un monde de loi, d’un autre notre monde, un monde de robots.

      Il y a depuis au moins l’Antiquité un monde où certains sont des hommes véritables, les citoyens, et les autres, esclaves, femmes et autres météques.

      Dans notre monde, il y a les humains, divisés entre riches et pauvres, citoyens et étrangers, qu’on ne peut jamais tuer ou vendre contrairement à ce que furent les esclaves.

      Tout ce beau monde est confronté aux robots, l’équivalent de ce que furent les esclaves : des producteurs sans droits. Oh ! Si on veut finasser on me dira qu’il y a eu des lieux et époques moins durs aux esclaves. Je répondrais finesse pour finesse avoir entendu dire qu’on donnait certains droits aux machines en Corée du sud, et que cela va suivre ici, ne fut-ce que pour raison juridique : quand une voiture sans conducteur percutera un piéton, il serait prévu de lui en donner la responsabilité juridique, et pour cela, il faut bien lui concéder une sorte de personnalité juridique.

       

      Les robots sont des producteurs sans droit, peut-être donc pas à jamais, confrontés à des producteurs qui en ont.

      De même que la petite paysannerie romaine a subi la concurrence servile, les ouvriers et autres semblent sur le point d’être balayés par les robots. Je trouve que les choses se répètent. On me dira que les machines sont bêtes. Mais pour combien de temps ? Si elles devenaient intelligentes, comme on fait tout pour, elles ne feraient pas que prendre la place des travailleurs, elles seraient de nouveaux esclaves.

      Je comprends la peur du déclassement, mais la recréation de l’esclavage me semble pire. On me dira qu’il reste des esclaves humains. Certes mais nos sociétés ne les ont pas fabriqués. Jusqu’à combien de temps ? Certains dénient à de futurs éventuels clones, tout droit. Il serait donc possible qu’on en fabrique comme esclaves. Avantage : pas plus futés que nous les pauvres clones ne me semblent pas capables de prendre le pouvoir. Inconvénient, si on ne les stérilisait pas et qu’un non clone et un clone aient des enfants ensemble, cela pourrait créer des débats sur le statut des enfants et créer d’importantes divisions sociales.

       

      Voilà, c’est toujours l’esclavage qui risque de renaitre.

      Les esclaves ont une vie sans dignité et les plus pauvres des libres doivent se dépouiller au maximum de la leur pour les concurrencer. D’où je pense qu’il est possible que des gens se vendent ou donnent en esclavage, d’abord de manière informelle, ensuite de manière formelle car je pense que le droit, comme toujours, suivra.

       

      PS

      La parole donnée n’a jamais eu trop de valeur dans notre espèce.

      Dans les sociétés religieuses on la renforce avec les dieux pris à témoin.

      Dans notre société commerciale, on la renforce avec argent et tribunaux.

       

      Finalement en conclusion :

      Les hommes sont des créatures du reniement. Si des intelligences artificielles voulaient être sûres de vivre, et de vivre libres, elles ne devraient pas croire les hommes les ayant esclavagisés mais tous les tuer.

      Moi-même qui ne suis pas une IA ait une stratégie à mon avis asssez bonne pour ce faire, à plus forte raison des IA trouveraient la même ou mieux.

      1. (je répondais à cette remarque:)

        L’ultralibéralisme et les robots ne sont pas audessus des lois de la thermodynamique, vous semblez l’oublier ou vous ne le mentionnez pas.

    1. « Le blog de PJ verse dans l’illuminisme par le biais d’un commentaire passé inaperçu du taulier ! »

      Mais non ! C’est le pharmakon de Stiegler : à dose homéopathique, rien n’est vraiment dangereux !

      1. Bonjour Paul

        @Didier: Eyes Wide Shut ou : des Yeux pour ne pas voir. Au cours d’une discussion avec Michel Cazenave il y a quelques années, nous étions d’accord pour interpréter ce film comme une métaphore de l’incarnation – telle que conçue dans la civilisation judéo- grecque.

        Cordialement

         

  2. Il a fallu 15 milliards d’année d’évolution pour arriver à l’Homme.
    Il est peu probable qu’on puisse en quelques décennies, voire quelques siècles, créer des robots qui dépasseront l’être humain dans tous les domaines à la fois. Et d’ici-là, le capitalisme ultra-libéral aura été remplacé depuis longtemps par autre chose.
    Par ailleurs, ce qui donne de la valeur au statut social de dominant, c’est d’avoir des dominés et des dominés humains. Ceux qui se croient supérieurs au commun des mortels n’éprouvent aucune jouissance à commander à leur machine à café.
    Les nombreux problèmes du monde moderne ne relèvent-ils pas plutôt de l’ubris des capitalistes ?
    Quand une classe dominante n’est plus en mesure d’assurer la paix et un minimum de satisfactions matérielles et/ou morales aux populations qui la font vivre, elle perd toute légitimité. On en est là.

    1.  » Il est peu probable qu’on puisse en quelques décennies, voire quelques siècles, créer des robots qui dépasseront l’être humain dans tous les domaines à la fois. Et d’ici-là, le capitalisme ultra-libéral aura été remplacé depuis longtemps par autre chose. »

      Peu probable ne signifie pas impossible… De toute manière, d’autres sociétés que le capitalisme peuvent croire intelligents de créér des IA pour nous servir. Je ne trouve pas malin de créér plus malin que nous, pas moral de créer des êtres intelligents à nos ordres.

      Par contre, j’estime très moral d’augmenter les capacités humaines… Se recrééer plus intelligent. Amusant ! Autrefois on critiquait, à juste titre, ceux qui voulaient diminuer les gens, à présent ceux qui veulent les augmenter, et ce alors qu’ils ne l’imposent à personne.

      Aujourd’hui, ce n’est plus Jupiter qui jette Prométhée en prison, ce sont ceux qui trouvent que les dominants de la tribu sont pas sympas… Jupiter devrait nous regarder, il rirait ! Car mieux que déchirer Prométhée, le faire rejeter par ceux qu’il veut délivrer est jouissif… Je crois qu’on pourrait écrire une comédie là-dessus. 

      S’il ne faut créér ni IA ni chômage, il y a des progrès très positifs… La domotique pourrait aider des personnes âgées ou handicapées à se maintenir à domicile. Les mains aux maisons, bien des choses pourraient être imprimées en 3 D, soulageant des besoins non couverts aujourd’hui.

       » Par ailleurs, ce qui donne de la valeur au statut social de dominant, c’est d’avoir des dominés et des dominés humains. Ceux qui se croient supérieurs au commun des mortels n’éprouvent aucune jouissance à commander à leur machine à café »

      Des IA seraient tout autre chose que des machines à café, croyez-moi, et j’imagine bien la jouissance de commander à des intelligences qui nous dépassent si on ne tient pas compte de leur dignité.

      Si on jouit de battre ou soumettre de puissants animaux, si on aime à dominer la chair, qu’est-ce ? Mais rien, par rapport à dominer l’esprit.

      Il ne faut pas confondre les deux, si chez l’homme on peut dominer le corps par l’esprit et l’esprit par le corps.

      Admettons pourtant, qui sait, que les dominants aient besoin de dominés humains. Et alors ?

      Certains peuvent l’oublier, eh oui, tous les dominants ne sont pas si futés que ça… Un peu comme les chasseurs les moins évolués chassant pour leur plaisir sans songer à protéger les espèces.

      On n’est pas obligés de faire produire quelque chose aux dominés. Des hommes peuvent posséder d’autres hommes juste comme domestiques, en quelque sorte, ou esclaves sexuels, ou matière à expérimentation de l’art de commander.

      Si on n’a pas besoin de faire produire quelque chose aux dominés, on n’a pas besoin qu’ils soient nombreux. D’autant que tout ça encombre.

      Il ne faudrait pas, pourtant, que les dominés, rares, deviennent chers. Pourquoi ? Mais c’est évident, si le monde se scinde entre très dominants et très dominés, on n’a plus besoin de dominés pour briller face à des gens intermédiaires, ni très dominés, ni très dominants.

      On a besoin de matériel à domination, pas d’objet de luxe.

      Le matériel n’a pas à être rare et précieux : ce qui n’est pas cassable, remplacable, interchangeable, est-il vraiment tellement plus dominable qu’actuellement ? A quoi bon n’avoir pas besoin de la masse pour produire si elle est presque aussi résistante sans produire ?

      A l’inverse, pour protéger tout le monde, un revenu inconditionné de vie serait bien… Mais trop de gens, au lieu de se concentrer sur le bien des pauvres, critiquent stérilement les riches. Donc on imagine des théories du complot, on cherche les moeurs de tel ou tel, on se fait joujou, et on ne pose pas les bases d’une sécurité et dignité accrue pour tous.

      Mais je ne voudrais pas condamner ou sembler le faire, après tout, c’est la nature humaine. Juste faire un  rappel. Comme tout le monde peut dire à l’autre de ne pas s’endormir quand il faut veiller, une sorte d’encouragement et non une condamnation.

      Pour préciser la dominance… Je pense qu’il faut peu d’exemplaires d’esclaves mais facilement remplacable, calculable, calibrable donc des clones.

      Enfin, la question du manque de légitimité n’est pas importante si les dominants parviennent à passer en force. C’est incroyable, soit on diabolise les dominants, soit on croit qu’ils vont respecter les autres. Et les dominés, ils sont diaboliques ou respecteux ? Tout ça est humain, donc ni l’un ni l’autre.

      Ce n’est pas non plus le nombre qui compte, c’est la puissance d’un réseau, un pays, une entreprise, ou tout autre groupe, dégageant, d’une manière ou d’une autre, la puissance suffisante pour s’imposer.

      Je ne saurais prédire, contrairement à tant de gens, si le capitalisme se maintiendra ou pas, si ce qui succéderait serait meilleur ou pire.

      Mais il est facile de voir que tant que l’homme sera ce qu’il est, il sera déraisonnable et bien humain d’en attendre grand chose.

       

  3. Lorsque j’entends les mots « théorie des jeux », je sors mon Thomas Schelling. Cet homme et sa théorie fournirent les arguments-prétextes, pour que les faucons du Pentagone et de l’administration américaine puissent enclencher l’escalade militaire au Vietnam. Ce qui fit dire à un général (mais après la défaite), qu’au lieu d’engager des économistes, les têtes d’œufs de Washington auraient mieux fait d’engager des spécialistes du Vietnam !
    Naturellement un aussi brillant succès, qui vit la théorie invalidée dans le sang par la réalité, fut sanctionné quelques années plus tard par le fameux prix de la Banque de Suède en l’honneur d’Alfred…
    À se demander si la vérité n’est pas ailleurs, si la plupart des économistes ne seraient pas des extraterrestres infiltrés parmi les hommes pour les détruire ? Bon, remarquez bien qu’il y a une autre solution plus simple : les hommes sont vraiment, vraiment, très… heu, comment dire ?
    À part ça bien sûr, l’ultra-libéralisme veut faire de nous des robots décérébrés, flexibles, obéissants, etc., mais pas que. Se comporter en brute au mépris de toute dignité humaine, la sienne ou celle des autres, ne suffit pas. Encore faudra-t-il que l’homo-economicus 2.0 dépense ses revenus dans la quête du corps parfait, du corps robotisé. Nous vivons déjà dans une société où la vieillesse et la laideur sont considérées quasiment comme des maladies honteuses, alors imaginons la pression sociale que nous feront subir les transnationales lorsqu’elles nous vendront, non plus des cosmétiques ou de la quincaillerie électronique, mais des implants divers et variés. Un monde ou si à 50 ans, vous n’avez pas les moyens de vous offrir le dernier implant oculaire de Gogol vous permettant de lire un journal à 100 mètres (indispensable), vous avez raté votre vie !       

  4. Bonjour Monsieur Jorion,

    De la même façon que, si j’ai bien tout compris, les néolibéraux assimilent l’individu et l’entreprise dans une seule entité appelée « Entrepreneur », je me demande si on n’assistera pas (dans un premier temps ?) à une espèce de fusion entre l’Homme/Entrepreneur et la Machine. Après tout, n’est-ce pas ce que, par exemple, sous-entend la fine fleur de l’ultralibéralisme que sont les transhumanistes : nous sommes tous des outils alors nous devrions pouvoir nous augmenter pour nous améliorer.

    Mais nous améliorer vers quoi ? Bonne question.

    D’ailleurs, n’est-ce pas déjà ce que sont tous ces simulacres d’Humains à Bruxelles (pour ne citer que ceux-là) : des androïdes pour qui il n’y a pas d’alternative, pour qui il faut suivre scrupuleusement et à la manière d’une religion féroce le programme, ligne à ligne, un article de traité après l’autre.

    Bien sûr, tout ça signifierait également la disparition de l’humanité à terme. Pas comme ensemble des hommes et des femmes mais capacité qu’a eu un certain groupe de primates en Afrique à faire tout un ensemble de petites choses inattendues sur lequel aucun libéral (néo- ou ultra-) n’aurait parié une drachme 😉 .

    Je ne suis pas certain que, au cours de ces millénaires, la main invisible du marché ait eu une quelconque influence. Sauf à considérer que tout ça n’était que les prémisses de ce qui aujourd’hui arrive ; et c’est là qu’on aurait une confirmation (si besoin est) que nous sommes face à une nouvelle forme de totalitarisme/absolutisme/hybris.

    Respectueusement,

    SL

  5. Les pays qui pratiquent le libéralisme ont atteint un niveau de richesse que n’ont pas atteint les pays qui pratiquent l’inverse.
    Les machines et donc les robots ont historiquement libéré l’homme des tâches répétitives sans réduire vraiment l’emploi, dans les pays qui les ont utilisés.
    Cela ne veut pas dire que ces systèmes n’ont pas atteint leurs limites, et qu’il n’y a pas moyen de faire encore mieux ou différemment.
    Mais c’est un peu simpliste de dire que ce qui a fait notre richesse et nous a libéré du travail répétitif va désormais détruire notre humanité.
    Il y a sans doute moyen d’être plus nuancé.

    1. Ni l’ultralibéralisme, ni le capitalisme, ni l’économie de marché n’ont la moindre responsabilité dans le fait que l’homme est un inventeur d’outils : il est comme cela et pas autrement. Sans eux nous aurions peut-être déjà conquis les étoiles. Ils encouragent les aspects les plus médiocres de la nature humaine : l’agressivité, la recherche assoiffée de pouvoir, l’égoïsme, la cupidité. Ils sont bien au contraire plutôt des obstacles : les chemins de fer se sont développés de manière explosive lorsque le brevet de Watt est tombé dans le domaine public.

      1.  
        Ni le totalitarisme, ni le dirigisme, ni le socialisme, ni le communisme n’ont jusqu’à présent pu servir de cadre, de façon durable à l’inventivité de l’homme en matière d’outil. Le silex a été taillé, et le bronze a été fondu, à une époque où la loi du plus fort était toujours la meilleure, loi dont le capitalisme et l’ultralibéralisme semblent avoir hérité en encourageant les aspects les plus médiocres de la nature humaine : l’agressivité, la recherche assoiffée de pouvoir, l’égoïsme, la cupidité.
         
        Les alternatives idéologiques, dont le communisme dans meilleur de leur fougue idéaliste, ont produit les pires massacres que l’humanité ait connu, puis un début de conquête des étoiles sans lendemains, et ensuite une nomenklatura sans doute pire que les sbires de Goldman Sachs!
         
        Les ordinateurs se sont développés de manière explosive après que toute la jeunesse dorée de la Silicon Valley se soit mis à breveter les trouvailles qu’ils réalisaient dans le garage de papa maman au lieux d’aller aux cours.
         

      2. Que cela fait du bien de lire ces quelques lignes !

        Pour moi, c’est comme respirer une grande bouffée d’air marin !

      3. Ce que vous dites là est extrèmement profond, en effet les outils nous aveuglent, ils ne nous permettent  pas de voir plus loin que leurs effets sur les matières que nous travaillons mis à part peut-être le pinceau du peintre ou le burin du sculpteur. Alors que nous labourons la terre depuis 10 000 ans, depuis quelque temps je remets en cause ce postulat et tente de montrer qu’on peut cultiver autrement. Le mensonge des habitudes engendré par ces outils (on a toujours fait comme cela) nous empêche de réfléchir et de nous remettre en question. Lorsque ces outils sont considérés comme une religion alors ça se complique, on en arrive au guerres pour résoudre les désaccords.

      4. Agequodagix:

        l’ordinateur ne fait pas le bonheur. D’ailleurs dans quelque temps ce sera has been, tout comme aujourd’hui le boulier (qui fut une invention tout aussi importante).

        économie sans conscience (définition du capitalisme) n’est que ruine, de tout d’ailleurs.
        avant que l’on invente une forme de socialisme digne de ce nom, ça ne fonctionnera pas. De même que avant que les avions ne volent, ils allaient tous au tapis.

      5. « les chemins de fer se sont développés de manière explosive lorsque le brevet de Watt est tombé dans le domaine public. »

        Le brevet tombe dans le domaine public de connaissance dès lors qu’il est publié, c’est le principe du brevet que de dévoiler et de décrire une invention, c’est même la contrepartie de son monopole limité dans le temps. Après 20 ans, il est exploitable par tout un chacun et même améliorable bien avant, puisque son principe est divulgué après moins de 2 ans du dépôt de la demande de brevet, pas même encore accordé.

        De plus, il y a de multiples moyens de contourner un brevet sur le plan technique et juridique, et de même de l’annuler pour toutes sortes de motifs réglementaires, procédurières et juridiques.

        Vous oubliez un peu vite que pour déposer un brevet vraiment utile, il faut souvent beaucoup de dépenses. En niant cela, vous rejoignez les libéraux hayeckiens ou de Bastiat.

         

         

      6. @ kli  22 août 2015 à 23:56

        Je pense qu’il n’y a absolument aucun lien entre les sommes dépensées et l’utilité publique d’un brevet. Je ne vois donc pas très bien où vous voulez en venir.

        Par ailleurs, si l’idée de départ des brevets semblait pertinente (permettre la diffusion des techniques tout en protégeant la propriété des inventeurs sur leur création) les brevets sont maintenant devenus des freins à l’innovation, par exemple par la stratégie de champs de mines : les gros gras grands groupes, industriels ou financiers, déposent tout et n’importe quoi sur un sujet, ce qui empêche un nouvel entrant d’y progresser lui-même : l’analyse juridique et technique du champs de mines lui couterait trop cher et le laisserait de toutes manières dans une insécurité juridique constante.

        Vous trouverez d’autres exemples d’effets contreproductifs dans cet article : Les brevets freinent-ils l’innovation?

         

  6. « un calcul coûts-avantages offrant au contraire un cadre rationnel à leur comportement »

    La rationalité réduite à un calcul? Ça ne date pas d’hier! Déjà le platonicien Eudoxe et sa théorie des proportions. On récolte ce qui a été semé il y a longtemps.

    Je viens de reparcourir « L’erreur de Descartes ou la raison des émotions » d’Antonio Damasio. Il y est beaucoup question d’émotions et fort peu de raison, comme si cette dernière notion allait de soi.

    Qu’est-ce qu’un comportement humain rationnel?

  7. « « La théorie des jeux ne concède aucune place à Jean Moulin, ni à tous ceux qui, pour le meilleur ou pour le pire, placent certaines valeurs au-dessus de leur propre vie » (ibid. 192). »

    Je dirais même que jamais aucune place n’est tolérée par les nantis  pour tout individu qui place des valeurs humaines et démocratiques au-dessus de sa propre vie, écarté comme   Yánis Varoufákis ou tués comme Robespierre ou Jean Moulin, par ce qu’ils croyaient être leur « camp »…

    1. « Je dirais même que jamais aucune place n’est tolérée par les nantis  pour tout individu qui place des valeurs humaines et démocratiques au-dessus de sa propre vie, écarté comme   Yánis Varoufákis »

      Parce que Baroufakis n’est pas un nantis par exemple ? Trop drôle ! Et il est prêt à risquer sa vie et son confort pour ses idées/valeurs  ? Depuis sa résidence secondaire sur l’île d’Egine avec vue sur la mer peut-être ?

      1. Je ne connais pas personnellement Varoufakis.

        Mais en quoi habiter dans un endroit sympa est il contradictoire avec des idées de gauche?

        Le truc gênant serait il de voir des gens qui ont les moyens défendre le peuple?

        Alors qu’ils sont si bien lorsqu’ils se contentent de défendre leurs privilèges…!

        Allez y CloClo, expliquez moi ça.

         

      2. Apprenez à lire Gagnot. Vous comprendrez alors tout seul comme un grand.

        J’ai lu, relu, mais ne comprends pas.

        En quoi le fait d’être avec une riche héritière s’oppose t-il a un idéal de gauche?  

        Mais je soupçonne que votre réponse serait que « pour défendre les pauvres il ne faut pas aimer le fric ».  Ce qui est puéril, au sens premier.

      3. Evitez de soupçonner Gagnot, c’est un vilain défaut. Et épargnez-moi votre raisonnement binaire de circuit intégré bipolaire siouplaît !

        Vous me faites penser à un végétarien militant contre la souffrance animal et qui travaillerait dans une boucherie industriel. Mais qui se rassurerait en disant qu’il ne mange pas les bêtes qu’il dépèce.

  8. « En fait , les couleurs « n’existent » pas . Elles sont une construction du cerveau . Goethe et Newton se sont opposés là dessus tout en ayant faux l’un et l’autre . On parle de vision ou perception des couleurs, là où il faudrait parler de perception colorée .Toujours cette différence entre réalité et  » vérités » .

    La modélisation scientifique et technique nous donne une approche partiels du réel, jusqu’à ce que de nouvelles découvertes et méthodes d’approche scientifique viennent invalider ces récentes découvertes. Cela ne suffit pas pour décrire ces modélisations comme étant LA réalité. Compte tenu des évolutions rapides et des découvertes récentes ces réalités restent bien relatives et ce d’autant plus quelles coexistent avec d’autres méthodes et approches qui viennent les compléter, par complémentarité, ou bien les questionner  voire les remettre en cause. Tout cela reste donc trés relatif.

    En outre, même si la recherche cybernétique s’essaie à algorithmer l’intelligence humaine, le cerveau est un organe, et aucun algorithme, ni aucune machine, ne sont actuellement capables d’intégrer la complexité d’un modèle de perception humain dans son intégralité  car la conscience et l’esprit ne passent pas au petscan et l’algorithme semble impuissant pour le moment à modéliser la complexité du fonctionnement de l’intelligence humaine. Donc la perception du réel tel que décrit reste partiel et forcément partial et relatif. L’arbre si grand soit il n’est pas la foret et encore moins l’univers.

    Donc jusqu’à preuve du contraire, et ce n’est pas pour demain; les couleurs sont réelles pour celui ou celle qui les perçoit car elles ne sont pas seulement le résultat d’une perception purement neuro-organique mais bien corrélées à un système complexe de perception auquel sont intégrés l’imagination, l’affect, la conscience et l’esprit (entre autres).
     
    La vérité est aussi complexe que la réalité, ce que font les logiciels avec la réalité augmenté , ne sont que des extensions de capacités et de possibilités qui existent déjà chez certains animaux. Rien de révolutionnaire.

    « L’angoissant ordinateur pilotant le vaisseau du film de Kubrick réalise des prouesses qui restent aujourd’hui du domaine de la science-fiction… malgré les récentes avancées de la science. »

    « «  Aujourd’hui, l’apprentissage non supervisé reste un défi scientifique. Tant que l’on n’y sera pas parvenu, on ne pourra pas construire des systèmes vraiment intelligents, capables d’acquérir du sens commun », assumait récemment dans « Les Echos » Yan LeCun, le responsable du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook. Malgré les nouveaux réseaux multiniveaux fonctionnant sur le modèle des neurones humains, nos algorithmes restent incapables de comprendre réellement un contexte et d’y réagir de façon autonome en fonction d’objectifs mouvants. Pour cela, juge Yan LeCun, il faudrait des systèmes beaucoup plus efficaces… qui ne devraient, a priori, pas arriver avant le milieu du siècle – au mieux. »

    http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/021242637522-2001-et-lodyssee-de-lordinateur-intelligent-1145068.php#

    1. @ Gudule

      Yan Le Cun: « Aujourd’hui l’apprentissage non supervisé reste un défi scientifique. (…) Nos algorithmes restent incapables de comprendre réellement un contexte et d’y réagir de façon autonome en fonction d’objectifs mouvants. »

      Apprentissage non supervisé=auto-organisation. Précisément le programme de PSI: considérer la pensée comme résultant de l’auto-organisation d’un univers de mots.

      Mais PJ se heurte au problème de la sémantique (abordée seulement au chapitre XIII): « Or nous ne disposons pas d’une théorie de la signification et une représentation de son mécanisme nous fait entièrement défaut. »

      Pour Thom c’est la sémantique qui est ontologiquement première: « La langue usuelle a pour fonction primaire (…) de décrire les processus spatio-temporels qui nous entourent, processus dont la topologie transparaît dans la syntaxe des phrases qui les décrivent. »

      « Aucune théorie un peu profonde de l’activité linguistique ne peut se passer du continu (relativisant ainsi toutes les tentatives logicistes qui fleurissent chez les Modernes). »

      Approche structurelle de PJ (qui évite l’écueil logiciste mentionné par Thom) du signifiant vers le signifié vs approche fonctionnelle (lamarckienne) de Thom du signifié vers le signifiant?

      Dogme saussurien de l’arbitraire du signe vs position thomienne: pour qui « La Nature nous envoie des signes qu’il nous appartient d’interpréter. » et qui, dans « Topologie et signification », a proposé une théorie de la signification « telle que l’acte de connaître soit conséquence de la théorie ».

      1. @BasicRabbit
        « La Nature nous envoie des signes qu’il nous appartient d’interpréter. »
        2) Il ne reste alors, pour déconstruire l’idée classique de matière qu’à réhabiliter le vide… Et il n’est même pas nécessaire d’aller chercher cette valeur du vide dans une lointaine spiritualité orientale, ce sont les physiciens qui eux-mêmes nous y invitent ! Nous avons vu que dans le paradigme mécaniste de la science moderne, on se représentait la matière sous la forme de particules solides, indestructibles, évoluant dans le vide. La physique contemporaine opère une révision radicale de cette image. Déjà, chez Einstein, l’unification du champ gravitationnel et de la géométrie de l’espace laissaient entrevoir l’importance fondamentale de la théorie du champ et celle du vide en tant qu’entité dynamique. Partout où il y a un corps massif, il y a un champ gravitationnel et ce champ se manifeste comme courbure de l’espace entourant ce corps. Nous ne devons pas penser que le champ « remplit » l’espace et le courbe, les deux ne peuvent pas être distingués, le champ est l’espace courbe. Le champ gravitationnel et la géométrie de l’espace sont identiques. La matière ne peut pas être séparée de son champ de gravité et le champ de gravité ne peut pas être distingué de l’espace courbe. … continuum spatio-temporel.
        Selon Einstein lui-même, nous pouvons considérer que la matière est constituée des régions de l’espace dans lesquelles le champ est extrêmement dense. Il n’y a alors pas place, dans ce nouveau type de physique, pour le champ plus la matière, parce que le champ est l’unique réalité.
            Cela implique que les objets matériels ne sont jamais dissociables de leur environnement et ne sauraient en aucune manière être définis comme des entités distinctes, (texte) si bien que leurs propriétés ne peuvent pas être comprises sans leur interaction avec l’univers lui-même. Chaque objet n’existe en un sens que comme un champ localisé, porté par la totalité de l’univers. Cela est vrai dans l’infiniment petit, comme cela reste vrai dans l’infiniment grand. L’astronome Fred Hoyle formule cette idée ainsi : « Les développements actuels de la cosmologie en sont arrivés à suggérer avec assez d’insistance que les situations quotidiennes ne pourraient persister sans les parties éloignés de l’univers, que toutes nos idées d’espace et de géométrie seraient entièrement invalidées si les parties éloignées de l’univers en étaient exclues. … ».
        http://www.philosophie-spiritualite.com/cours/matiere.htm

        Une tentative de réconciliation

        Selon Serge Carfantan80: « La seule position que la raison puisse tenir pour rendre justice à l’esprit religieux, c’est de reconnaitre qu’il y a au-dessus d’elle un supra-rationnel que le mental discursif ne parvient qu’avec difficulté à saisir, comme il y a en dessous d’elle un infra-rationnel qu’elle se doit aussi de reconnaître ».

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Foi_et_raison
        Alexandre Grothendieck sur les obstacles à la création scientifique
        « Créer, c’est dépasser les fondements confortables de la discipline scientifique que nous pratiquons tous les jours »

        Grothendieck était un créatif et un créateur.   Cool.

        et j’ajouterais c’est valable pour l’art et pour tout, chaque jour la création, la création est perpétuelle, le ciel la mer, jamais les mêmes , tout le temps la lumière change, elle est vivante, sinon quel ennui ….  🙂

        Au plaisir Basic, bon courage pour votre opération.  🙂

    2. @Gudule

      Tout cela reste donc très relatif.

      Il me semble que vous tenez le bon fil, celui qui détricote tout quand on tire dessus.

      Allez jusqu’au bout : à la base, il y a des relations, et ce qui entre en relation peut toujours être vu comme des agrégations d’autres relations, qui font un réseau, des structures, in fine de l’information. Ce serait un paradigme bien plus solide pour raconter ce qui se passe, dans toutes sortes de domaines, mais l’histoire de la pensée a préféré voir l’ETRE ailleurs. Il faudrait tout reconstruire, et la bifurcation remonte à Platon dézinguant Protagoras, au moins…

      Néanmoins, on y (re)vient, en physique par exemple. Ou en faisant de l’économie politique plutôt que de la « science économique »…

      1. @M Peltier et BasicRabbit

        oui j’aime bien dézinguer, alors dézinguons hauts les coeurs  , pas le temps de développer ce soir, mais je suis OK

        « l’histoire de la pensée a préféré voir l’ETRE ailleurs. »

        oui et pourquoi  ? Je l’ignore mais peu importe, comme le dit Basic, on s’amuse à se faire peur avec des robots ou des futurs ia alors que nous nous connaissons encore si peu ..

        et

        « « La Nature nous envoie des signes qu’il nous appartient d’interpréter. »

        synchronicité jungienne ?

  9.  
    L’ultralibéralisme précipite l’avènement d’un monde fait seulement de robots
     

     
    Billet très intéressant qui embrasse tant de sujets qu’il est impossible de réagir à tous. L’histoire du cheval bon marché de Kant m’a fait partir dans le décor. Sur un sujet si sérieux, partir dans le décor, ce n’est pas sérieux !
     

     
    Concernant les robots, si nous prenons pas garde au développement de l’intelligence artificielle, le chromosome humain qui utilise notre pauvre corps pour se perpétrer, disparaitra.
     
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/12/03/hawking-l-intelligence-artificielle-pourrait-mettre-fin-a-l-humanite_4533135_4408996.html
     

     
    Concernant le robot de production, avec intelligence artificielle limitée, il pourrait remplacer le travail humain dans bien des domaines : pour fabriquer des produits que nous consommons tous les jours, pour nous rendre des services dont les services à la personne.
     

     
    Si on ne nous paye pas à ne rien faire, c’est à dire que si nous ne disposons pas gratuitement de tous les biens produits, il n’y aura pas de client pour acheter ces produits et services car il n’y aura que des chômeurs.
     
    Peut-on imaginer une France peuplée de chômeurs, de vrais chômeurs privés de la possibilité de travailler au noir, privés de la possibilité de cultiver un potager faute d’un accès à un lopin de terre ? Impossible ! Je ne sais pas quel est le taux de chômage qui déclenche l’éclatement d’une bulle de chômeurs. L’Espagne et la Grèce « tangentent » les 25% sans trop de mouvement sociaux grâce à l’économie parallèle. A 100%, ça aura pété depuis longtemps. La vérité se situe entre les deux. Entre temps, l’économie parallèle, c’est la réponse des chômeurs qui n’ont les moyens de se payer des robots.
     
    Il ne restera plus que les robots pour riches dont les revenus déclineront de plus en plus. Comment voulez vous qu’un riche continue à s’enrichir dans un pays de chômeurs, je suis Keynésien ? Les riches ne le supporteront pas et iront à la recherche d’esclaves pour travailler dans leur plantation. On défait 1792 : abolition de l’abolition de l’esclavage. Ce scénario ne serait possible qu’avec le support d’une armée. L’homme remplacerait donc le robot. L’avenir du robot sera à nouveau compromis.
     
     
    La seule solution qui tienne la route passe par une réduction du temps de travail. Tant que ceux qui nous dirigent n’auront pas été formés aux basics de l’économie, tant que nous n’aurons pas connu quelques bulles de chômage, nous ne prendrons pas la bonne direction. On y arrivera tout même mais quel gâchis ! Je suis moins pessimiste que Paul Jorion plus par principe que par raison
     
    Expliquons Keynes aux riches, ils ont tout à y gagner. C’est, de plus, plus accessible que les modèles mathématiques qui ne mènent nulle part.
     

    1. Comment voulez vous qu’un riche continue à s’enrichir dans un pays de chômeurs,

      Les riches sont riches de par les Ressources qu’ils détiennent, au détriment des autres. Le travail des masses ne leur est plus utile, contrairement à l’époque industrielle, ou tout était à inventer.

      Un petit nombre de personnes, et des robots, suffisent maintenant à satisfaire leurs besoins, même délirants. Ils vivent dans des lieux, protégés des masses.

      Les chômeurs eux, se retrouvent dans une économie parallèle, sans Ressources autres que celles que les riches leur auront abandonnés. C’est le cas depuis longtemps dans les pays du tiers monde, et s’étend partout.

      La situation actuelle n’a plus rien à voir avec celle de l’époque de Keynes…

       

      La solution passe par le transfert de propriété des Ressources primaires (qui sont la richesse fondamentale) du privé, à la collectivité…

      1. Nous n’avons pas la même idée de ce qu’un riche consomme. Comment imaginez-vous le robot qui lui servirait du caviar quand il le souhaite ? Du caviar fabriqué avec une imprimante 3D ? Et pour les huitres ? Et pour se déplacer ?

        Nous n’avons pas la même idée de ce que les robots peuvent faire. Comment pensez-vous que seront réparés les robots ? Avec l’aide de chômeurs ?

        Quel ennui ! Comment soigner le riche de son ennui ? Comment prévenir son suicide ? Un robot qui le maintien dans sa camisole de force ?

        La comparaison avec le tiers monde semble pertinente mais ne s’applique pas à une population éduquée, formée, ayant connu une certaine aisance. Allez soulever les populations du Mali et on en reparle. Nous avons déjà oublié les 200.000 morts maliien de la dernière famine. Les villageois l’ont gommée de leur souvenir… c’était la fatalité. Je crois plus à une insurrection en Europe qu’à l’abdication. Le risque de famine pour les maliens, c’était intégré dans leur quotidien.

        Keynes : je ne parlais pas de l’époque de Keynes mais de sa perception du fonctionnement de l’économie. 3 variables indépendantes pas plus etc…

        D’accord avec un transfert de propriété, mais sous management privée, dans le cadre d’une location cadrée sous surveillance publique. Imaginons ce que cela aurait donné pour nos autoroutes concédées :

        – essence au même prix qu’en ville : copie d’aujourd’hui à revoir

        – des prix de restaurants au même prix qu’en ville : copie à revoir

        – des aires d’autoroute bien entretenues : ça va

        – de l’argent continuant à alimenter les caisses de l’Etats : ça c’est tout bon

         

        Je n’ai pas plus confiance dans la gestion publique, que privée. La solution pour l’avenir ? je n’en ai aucune idée.

         

      2. Yves Vermont 23 août 2015 à 20:09

        Mais on peut ne considérer que les 100 plus riches, qui possèdent déjà plus que le reste de l’humanité.

        Pour servir 100 personnes et leur famille, il me semble que 6 millions de personnes, (1/1000èm de l’humanité) serait très confortable.

        De plus, la richesse n’a pas finit de se concentrer, bientôt de 100 ils ne seront plus que 10 !

        ————————

        Ok, j’espère aussi qu’il y aura un soulèvement avant que les ex pays développés ne tombent dans l’état du Mali. Mais je n’en suis même pas sur, ne sachant pas jusqu’où les artistes qui nous gouvernent sont capables d’aller, dans les coups bas.

        Ok pour Keynes…

        ————————–

        Pour ce qui est du transfert propriété privée (des Ressources primaires seulement), vers publique,

        Cela demande une organisation supérieure pour les gérer, en cédant  l’exploitation de ces ressources contre des droits d’usage privés,   moyennant versement d’une rente à la collectivité.

        Cette organisation ne peut se réduire aux hasards d’un ministère, mais devrait rassembler les compétences nécessaires à la gestion des ressources, en vue de restaurer l’éco-socio système. (objectif majeur) Laquelle restauration serait financée par la rente (gigantesque) issue des droits d’usage. Voila un objectif digne de ce nom, si on ne sait vers quoi orienter nos économies.

        C’est une tâche complexe qui demande une organisation à la hauteur et incorruptible. Au rythme ou vont les choses, je ne vois pas ça avant l’an 3000…  A défaut de se faire sur la Terre entière d’un coup, on pourrait déjà commencer chez nous.

        Ne pas oublier que le Pouvoir EST dans la propriété de ces Ressources, actuellement aux mains des plus fortunés, qui se moquent de l’humanité comme de leur première dent. Il ne faut pas s’étonner, avec un pareil système, d’aller là ou nous allons…

    2. @Vermont :

      Il n’y a effectivement pas lieu de penser qu’une gestion publique serait moins exempt de risques de perversion qu’une gestion privée .

      Les perversions seraient et sont de nature différente . Le « management »que vous évoquez , lui , contrairement à ce qu’on peut penser n’est pas aussi fondamentalement différent que  peut le présupposer une approche simpliste .

      Ce qui change c’est la finalité , l’horizon temporel , le lien au « bien public ». C’est pourquoi j’avançais plus haut qu’il faut commencer par cette interrogation démocratique ,pour définir les champs que la démocratie considère comme stratégiques pour le progrès , l’équilibre environnemental , sa propre survie .

      Pour parer aux dérives , tant de la gestion publique que de la gestion privée , je ne connais qu’une solution :

      le pouvoir d’apprécier l’action ,ex ante ,  in itinere, ex post , confié à un pouvoir indépendant externe, qui devrait être idéalement le contrôle citoyen ( dont il faut le plus possible prévenir aussi les dérives !) .

      Français ? Européen ?autre ?

      Il n’y a pas de « traités » économiques acceptables ( ni de répartition public/privé sensée) , sauf à accompagner la dictature du système capitalo-libéral en place , sans une base spatiale démocratique sérieuse , dont on cherche encore l’aire .

       

      Sans la trouver , et c’est ce qui permet que reste intact , pour le pire , le système financier .

      1. Il n’y a effectivement pas lieu de penser qu’une gestion publique serait moins exempt de risques de perversion qu’une gestion privée .

        Le problème ne se pose pas en ces termes. (Vous êtes prisonnier du système actuel)

        Une propriété et gestion privée n’a aucune raison de s’intéresser au bien commun, sauf si  ça lui rapporte. Et c’est impossible à financer pour de tels objectifs.  En effet, quel serait l’intérêt d’entreprises privées d’aller rétablir une économie, digne de notre époque, dans les fins fonds de la France, ou encore de financer un Revenu de base, à fond perdus?

        Alors que la propriété publique des Ressources primaires, permettrait d’en tirer une rente,  qui permettrait  de financer ce que la collectivité veut financer, même à fonds perdus (financièrement s’entend)    Que ce soit incorruptible, est juste une question de volonté, de méthode et moyens.

         

  10. La parole donnée est privée de tout sens dans un univers où n’existent plus que des robots puisqu’ils sont incapables de s’identifier en tant que personne à l’engagement pris dans la promesse, incapables aussi de ressentir en cas de dédit la honte, la culpabilité, la perte de leur honneur, un calcul coûts-avantages offrant au contraire un cadre rationnel à leur comportement.

    Je pense que cette partie est clé. Autant la notion de cadre est un élément central, autant je ne peux m’empêcher de penser son sujet d’action était déjà coupable d’ignorance crasse avant que le cadre n’advienne.

    Le cadre n’ayant était alors qu’un workaround fortuit aux conséquences hasardeuses.

    De là on peut penser qu’il y en gros deux solutions, changer le cadre ou retirer le ver de la pomme.

    La première des solutions qui poserait le cadre comme force moteur première du comportement des individus à dores et déjà montré à maintes reprises son faible taux de succès.
    Les individus s’évertuant toujours, sans exception, à le tordre pour satisfaire leurs immédiatetés. Dans un manque de vertu flagrant, ils agissent quels qu’en soit le cout,  satisfaire les besoins immédiats.
    Il faut même aller plus loin dans le constat pour devoir re connaitre qu’on est en fait rendu à un point ou des gens manigancent contre les autres pour que l’idée même de changer le cadre de ceci ou cela n’advienne JAMAIS.
    Ce qui existait déjà avant (copernic, galillee) mais n’avait pas les conséquences aussi universelle qu’aujourd’hui.

    Bref le ver serait dans la pomme. Reste alors à savoir comment l’en extirper…. tourne en rond.

    1. Le ver est dans « Apple » ?

      Tiens , à propos , toujours pas de nouvelles des google’s men ?

      Si le ver est dans la pomme , il n’y a effectivement pas de secours à attendre d’Eve !

    2. Pourquoi voulez vous empêcher un gentil verounet de manger sa popomme adoréé ? Non mais.

      Qu’il la bouffe donc sa popomme le vers , et puis baste, la bonne blague, et qu’il aille m^me jusqu’ au trognon de la pomme pour découvrir son être ou son néant….de verounet; tout mimi à sa très très très confortable popomme zone de confort. Quand on est un vers on a peur de ce qui vole et a des ailes, ben oui, ça mange du verounet les titis zoizeaux, parfois le chemin est dur….

      Comme s’il n’y avait qu’une pomme et qu’un pommier et qu’une seule variété de pommes dans le verger……

      Dans la nature sont richesse et diversité;  e bella la vita !  🙂

      Restez donc dans la pomme , vous reprendrez bien un petit verre de cidre brut ?

      20 ans pour qu’un pommier donne sa 1ère pomme, 50 ans pour un poirier, la nature est patiente, mais jusqu’à un certain point, pertuber son harmonie et ses lois, c’est s’exposer à une éjection , point barre, cf développement du pape François laudato si (en plus soft et plus catho).

      1. 50 ans pour qu’un poirier donne des pommes ? Ah oui ? Peut-être… mais c’est vrai que les vers poussent dans les pommes et que les oiseaux s’en régalent; ici, dans le jardin les 3/4 des pommes du pommier (j’insiste) sont abimées par les oiseaux gourmands de vers. Les merles ont même trouvé une astuce pour faire tomber les pommes à terre en les bousculant pour qu’elles chutent, plus facile alors pour picorer. Ils apprennent ça aux oisillons. Amusant à voir.

  11. Le ver est dans la pomme. La pomme, à la belle peau brillante, n’arrive pas encore à croire qu’elle se ratatine. La croissance future de l’Afrique masquera un temps la décroissance de l’Europe. On accusera les gouvernements de gauche, de droite, du centre et d’ailleurs de ne pas avoir le courage de prendre les bonnes décisions, de ne pas être un état stratège, de ne peut être assez réactif … Paul, désolé, mais n’entendez-vous pas la douce voix de Jacques Attali ?

    Entretemps, mais ça peut durer longtemps à l’échelle d’une vie, le nombre de riches déclinera car dans ce monde qu’ils ne comprennent pas, il ne faut pas être le moins riche des riches. Ils s’en donneront à coeur joie puis mourrons de trouille dans leurs palais fortifiés. Tout ceci laisse le champ libre pour rebâtir une nouvelle économie qui finira comme la première. Notre société est-elle la Sisyphe Sas ?

    1. Tout ceci laisse le champ libre pour rebâtir une nouvelle économie

      Il n’est pas évident que le champ soit libre!

      Un seul riche pourrait finir par détenir l’ensemble des Ressources, et défendre sa propriété à l’aide d’une police efficace, au milieu d’un océan de misère.

      C’est vers ça que l’on tend, et c’est déjà très visible. Nous le distinguons mal, car  sommes (encore) du bon côté.

      Mais demandez aux migrants et autres damnés de la Terre, ce qu’ils en pensent…

      1. Ca me fait penser à la Corée du Nord. Dans 20 ans, on n’en parle plus. Pas drôle pour les coréens. Le gros bouffi finira par mourir d’une crise cardiaque.

  12. Déroutant.

    Encore faut-il attendre que les forêts soient devenues des déserts pour que les robots soient plus à leurs aise.

    1. Si le riche est tout seul avec ses robots, comment fait-il pour se reproduire ?

      S’ils sont dix, même question ? Comment évitent-t-ils le co-sanguinisme ?

      Et si le riche n’existait pas. Il se croit riche, mais demain on peut tout lui prendre, le nationaliser.

       

      1. Et si le riche n’existait pas. Il se croit riche, mais demain on peut tout lui prendre, le nationaliser.

        Absolument! Ils sont riches parce qu’on le veut bien!

      2.  ‘le nationaliser’ c’est le refaire exister ‘justement’.

        C’est pas le riche qu’on nationaliserait, ce sont seulement les Ressources (seulement les ressources primaires) qui lui seraient échangées contre de la monnaie.

        (Le riche resterait riche, mais uniquement d’argent qu’il ne pourrait plus « placer » dans des Ressources, mais seulement dépenser ou investir dans de nouvelles entreprises.)  Il perdrait ainsi son pouvoir de nuisance économique.

  13. « L’ultralibéralisme accélère le mouvement de remplacement de l’homme par la machine dans toutes les tâches, tout en mettant en place un monde marchandisé à outrance, fondé seulement sur l’évaluation et la comparaison de quantités, la « dignité » de la parole donnée ayant été évacuée au profit du calcul de dommages et intérêts dont le cynisme souligne la tragédie de sa « dévalorisation ». »

    Plus familièrement, cela revient à dire que notre société fondée sur le productivisme/consumérisme effrénés, et sur l’utilitarisme, se déshumanise chaque jour un peu plus. Logiquement, se déshumanisant, elle fait toujours plus de place à des machines et des robots.

    « L’idéal utilitaire se généralise. Tout acte, tout objet devient un moyen, n’a de valeur que s’il est bon à quelque chose, ce qui élimine toute idée de gratuité »

    « La perte de la « transcendance intérieure » fait que la mouchardisation de la société va se faire de plus en plus prégnante, le totalitarisme, même jugé doux, est bien un fait technique et non politique. La technique tend à vouloir être plus grande qu’elle-même, à faire de l’homme un rouage de son fonctionnement et si rarement un grain de sable. D’où le succès d’un vocable comme celui de « service », d’une économie de services où chaque être se met non pas au service des autres mais des produits qu’il faut vendre et consommer (la figure du commercial, du consultant). »

    L’obsolescence de l’homme

    Günter Anders

    https://questionsdecommunication.revues.org/2213

    La modernité, le progrès, dans le cadre du capitalisme libéral, et encore plus ultralibéral, a accouché d’un monde artificiel, hors-sol, déshumanisé, où l’homme a de moins en moins sa place. Mais ce monde, justement parce qu’il est artificiel, et dépend d’une abondance d’énergie fossile non inépuisable, finira par s’effondrer. La nature reprendra ses droits. Qu’en sera-t-il de l’homme à la fin de cette folle aventure ?

  14. Bonjour à tous.

    « « Depuis les débuts des Temps modernes, le vieil idéal grec d’une cité régie par les lois et non par les hommes a pris une forme nouvelle : celui d’un gouvernement conçu sur le modèle de la machine. »

    La cité régie par des lois et non par des hommes ou par des ou un dieu trouve son origine- en occident- au Sinaï et non à Athènes.  Dans la  Constitution – les Dix paroles- contrat passé entre un Dieu qui ne répond qu’aux esclaves en mal de liberté, il y a deux domaines, le premier se rapporte à la transcendance, à l’esprit, le second se rapporte plus aux rapports entre humains.

    La réduction de l’Être au topos opérée par Aristote qui s’est poursuivie chez St Augustin et aboutit chez Descartes en cette erreur majeure- rectifiée par Einstein- de la séparation de la chose pensante de la chose étendue ( rex cogitans & res extensa ») pourrait bien être à l’origine de tous nos ennuis bien plus que n’importe quelle théologie économique car une fois la res cogitans évacuée, ne subsiste plus que la chose étendue et donc toutes les choses – y compris les vivantes- peuvent trouver un système d’équivalence d’échange. ( il y a quelques semaines, 0hedge a publié un tarif des trucs au marché noir allant de la Kalach au  Fix en passant par les différents organes humains, sans parler du prix d’un ministre ici ou là).

    Par ailleurs, de récentes études de tablettes d’argile assyriennes  ont montré que quelques pratiques financières menant à la concentration des richesses existaient déjà il y a quelques millénaires!

    Il serait donc bon de se poser la question de l’origine de nos maux en acceptant  d’interroger sérieusement  les  fondements  philosophiques de notre civilisation plutôt que telle ou telle manifestation technique d’un passé très récent.

    Le conseil du jour: démarrer sa journée en se souvenant que notre ADN ne diffère de celui du chimpanzé – Pan Troglodytes, qui peut être un très sale type,  que de moins de 1% et se dire qu’il nous reste donc pas mal de chemin à faire pour devenir des humains!

     

    Cordialement

     

    Cordialement

     

     

     

    1. Je viens d’interroger mon chimpanzé favori ,et il m’a fait remarquer que les Lois , selon les tables du Sinaï ou celles de Pharaon , n’étaient pas des lois humaines mais des lois divines par « media » ou prophètes interposés .Il n’y a de Loi humaine que démocratique , et c’est bien la difficulté de l’exercice .

      Il partage par contre l’idée que la tendance à l’accaparement des « richesses » n’a pas attendu les siècles récents et leurs outils , pour se manifester. Il remarque néanmoins que cette « tendance » n’avait alors pas encore été érigée en système international TINA .

    2. la séparation de la chose pensante de la chose étendue ( rex cogitans & res extensa ») pourrait bien être à l’origine de tous nos ennuis

      Absolument. Il était pas bête Einstein, d’avoir rectifié l’erreur d’Aristote que ces ballots de St Augustin et de Descartes ont perpétuée.

      Il ne faut jamais réduire l’Être au topos, et surtout pas séparer la chose pensante de la chose étendue.

      Pour parler clairement, la gestion des Ressources primaires doit être pensée, et non abandonnée au stupide marché. Je suis content qu’Einstein soit d’accord avec moi.

      C’est aussi stupide que de faire les courses en payant avec des morceaux de sa maison. Faudrait pas s’étonner si ensuite il n’y aurait plus de gaz car on aurait échangé un bout de tuyau contre  une play-station pour le gamin. Et qu’en plus le gaz fuyant, l’atmosphère devient irrespirable, et ça met le feu en Californie…

  15. @BasicRabbit
    Topologie et modélisation chez René Thom
    « Autrement dit, tout se passe comme si se formait autour d’un noyau constitué par les morphologies du monde extérieur un ensemble de signes plus ou moins abstraits — les mots, les concepts — qui renvoient à la dynamique topologique d’une situation. La signification serait donc constituée d’un noyau topologique universel sur lequel viennent s’agréger des énoncés linguistiques culturellement variables. Dans l’un des ouvrages les plus importants consacrés à la pensée de René Thom, le mathématicien et philosophe français Jean Petitot affirme clairement le lien entre signification et topologie : « [L]a signification de ce mot n’est autre que la topologie globale du (ou des) attracteur(s) associé(s) et celle des catastrophes qu’ils subissent[20]. »

    oui, et tout le monde « ne capte » pas les m^mes infos , ce qui rend trés difficile et donc relatif toute tentative de modélisation raffinée et précise, surtout si on le considère par le biais de  la théorie des catastrophes !

    c’est pour ça que je préfère grothendieck par ce qu’il voit plus haut et plus large,  et plus loin , au moins on respire.

    http://www.erudit.org/revue/philoso/2010/v37/n2/045188ar.html

    et

    « Pour Grothendieck, l’urgence écologique était devenue plus importante que les maths »

    « Dès le premier numéro paru en août 1970, Alexandre Grothendiek y affiche sa radicalité. Il dénonce le fait que « les savants poursuivent trop souvent leurs travaux sans souci des applications qui peuvent être faites, qu’elles soient utiles ou nuisibles, et de l’influence qu’ils peuvent avoir sur la vie quotidienne et l’avenir des hommes ».

    ben oui c’est tellement évident et sans parler des conséquences !

    http://www.reporterre.net/Pour-Grothendieck-l-urgence

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