ÉTAT D’URGENCE : crise systémique globale, emballement climatique, Atlantique Nord vs El Niño, COP21 et/ou Loi de Puisseguin… Regardons ce « soliton » en face !, par Philippe Soubeyrand

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Encore une fois, peut-être aurions-nous dû méditer, voire compléter, plus avant la citation de Laplace avant de nous lancer bille en tête dans l’anthropocène comme nous l’avons fait [1] ?

« Nous devons donc envisager l’état présent de l’univers, comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence [artificielle] qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée, et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome », Laplace, Essai philosophique sur les probabilités.

Fig1-Topologie_SCO_2015

Il existe certaines similitudes que nous préférerions éviter de faire. Et pourtant ! Il le faut !

Dans le cas de l’accident de Puisseguin en Gironde, il y a bien eu un avant, un pendant et un après, trois phases au cours desquelles le système complexe observé (à savoir l’ensemble Terre + route + camion + car) est passé de toute évidence par plusieurs états successifs.

L’après (à savoir les ricochets suite à l’incident initial, tels que le choc ou l’accident, la perforation du réservoir secondaire, l’arrêt complet du système, puis l’incendie) ? C’est hélas là que nous en sommes aujourd’hui puisque personne, y compris les deux chauffeurs des poids lourds concernés, ne pouvait anticiper le drame qui devait se jouer ce jour là sur cette petite route de campagne de Gironde. Seule l’enquête des gendarmes d’ores et déjà difficile, du fait de l’état carbonisé des chronotachygraphes, pourra permettre de démêler les prédicats vrais des faux afin de modéliser au mieux l’avant (à savoir l’état initial du système ou le calme relatif) [2] [3]. Et nul doute que le pendant (à savoir l’incident initial tel que le ripage du tracteur du camion) sera révélateur d’indications importantes, tout comme l’après en termes de dissipation d’énergie par les structures des véhicules et donc de vitesse relative au moment de l’impact, dont nous serions tentés de dire qu’elle ne semblait pas très élevée au regard des photos diffusées dans la presse. La structure du car semble pour le moins très peu déformée au regard de celle du tracteur du camion, et « ne s’est pas désintégrée lors de l’opération de soulèvement » [4]. Le chauffeur du car a pu en réchapper et sauver des vies [5]. En outre, il est frappant de noter les témoignages des quelques rescapés de l’accident et d’accorder une attention particulière au choix de certains mots, comme ici :

« […] on voit absolument rien, vous entendez le choc et puis […] sauve qui peu. […] il n’y avait pas de panique dans le car, on a bien descendu l’escalier, mais après ça a été tellement vite par la fumée […] » [6]

… ou comme ici :

« Le feu a démarré tout de suite. C’était comme un éclair. » [5]

… ou encore ici :

« Ce petit choc qu’il y a eu qui a embrasé le car. » [7]

Ce n’est donc pas le choc que les rescapés du car retiennent le plus, encore moins le ripage du camion que la majorité d’entre eux ne pouvaient entrevoir vers 7h30 du matin, mais bien le moment précis où la fumée envahit l’habitacle du car piégeant l’ensemble des passagers qui n’étaient pas encore descendus. Nous connaissons ensuite le dénouement de ce drame et l’enquête permettra de déterminer les raisons exactes de l’embrasement rapide du car qui s’en est suivi [8] en présence vraisemblablement d’un « nébulisat » de gasoil du fait de la perforation du réservoir secondaire du camion au moment du choc [2] [3].

Face à une telle situation plusieurs hypothèses entrent bien évidemment en ligne de compte et ce sera le rôle des enquêteurs de ne retenir que celles qui s’avéreront les plus probables au regard des indications et des témoignages.

Mais au delà de ces hypothèses, et alors même que la probabilité de réalisation de l’après tendait exponentiellement vers 1, il est une question qui demeure totalement en suspens : les deux chauffeurs et/ou les passagers disposaient-ils d’une solution leur permettant d’éviter le pire ?

Par exemple, une sortie de route de l’un des deux poids lourds, notamment du camion dont le chauffeur semblait d’ores et déjà avoir perdu le contrôle, était-elle possible et pouvait-elle permettre d’éviter le pire scénario ?

Probablement ! Sauf que tout ceci dépend de ce qu’il est convenu d’appeler le comportement humain face au danger. Or, tout cela relève du niveau d’éducation, de la capacité d’observation, de la pensée philosophique et de l’état psychologique des individus à cet instant.

Transposons maintenant cette question au cas de la catastrophe naturelle qui devait se jouer tout récemment sur la Côte d’Azur [9] : les autorités et/ou les habitants disposaient-ils d’une solution leur permettant d’éviter le pire ?

Probablement ! Mais là aussi, tout ceci dépend de ce qu’il est convenu d’appeler le comportement humain face au danger. Or, tout cela relève une fois de plus, du niveau d’éducation, de la capacité d’observation, de la pensée philosophique et de l’état psychologique des individus à cet instant :

– ce n’est donc pas parce que nous serions dans un parfait état psychologique que nous serions en mesure de bien réagir face au danger en l’absence du socle de connaissance approprié, d’une capacité sensorielle optimale ou d’un bel esprit philosophique, de même

– ce n’est pas parce que nous présenterions un bel esprit philosophique que nous serions en mesure de bien réagir face au danger en l’absence du socle de connaissance approprié, d’une capacité sensorielle optimale ou d’un parfait état psychologique, de même

– ce n’est pas parce que nous disposerions d’une capacité sensorielle optimale que nous serions en mesure de bien réagir face au danger en l’absence du socle de connaissance approprié, d’un bel esprit philosophique ou d’un parfait état psychologique, enfin

– ce n’est pas parce que nous aurions accès au socle de connaissance approprié que nous serions en mesure de bien réagir face au danger en l’absence d’une capacité sensorielle optimale, d’un bel esprit philosophique ou d’un parfait état psychologique.

Ainsi, telle une orgie de preuves de l’énorme « soliton » qui se joue actuellement sous nos yeux égarés, nous pourrions transposer à l’infini cette question propre à Puisseguin, et notamment à tous les événements connus tels que, parmi les plus récents, les plus intenses, les plus meurtriers, mais aussi les plus coûteux de l’Histoire de l’Humanité :

l’ouragan Floyd depuis les Bahamas jusqu’à la Côte Est des États-Unis en 1999, la tragédie de Vargas au Venezuela en 1999, les tempêtes Lothar et Martin en France en 1999, le crash du vol Kenya Airways dans l’océan Atlantique en 2000, la rupture de digue de Baia Mare en Roumanie en 2000 [10], le crash du vol Concorde en France en 2000, l’incendie du funiculaire de Kaprun en Autriche en 2000, la tempête Allison depuis la Louisiane jusqu’à la Côte Est des États-Unis en 2001, les attentats de 2001 aux États-Unis, l’explosion de l’usine AZF en France en 2001, le début de la guerre d’Afghanistan en 2001, l’ouragan Michelle depuis le Honduras jusqu’aux Bahamas en 2001, le crash du vol American Airlines aux États-Unis en 2001, la désintégration de la barrière de glace Larsen B en Antarctique en 2002, la catastrophe ferroviaire d’El Ayatt en Egypte en 2002, le crash du vol China Airlines dans le Détroit de Taïwan en 2002, la catastrophe ferroviaire d’Igandu en Tanzanie en 2002, l’ouragan Lili depuis les Antiles jusqu’à la Louisiane aux États-Unis en 2002, l’avalanche depuis le glacier de Kolka en Russie en 2002, l’ouragan Kenna au Mexique en 2002, le naufrage du pétrolier Prestige en 2002, le début de la guerre du Darfour en 2003, la désintégration de la navette spatiale Columbia en 2003, l’incendie criminel du métro de Daegu en Corée du Sud en 2003, le début de la guerre d’Irak en 2003, la canicule en Europe en 2003, le naufrage du pétrolier Tasman Spirit en 2003, l’ouragan Isabel depuis les Antilles jusqu’à la Côte Est des États-Unis en 2003, l’explosion d’un train de marchandise à Neishabour en Iran en 2004, le cyclone Gafilo à Madagascar en 2004, l’explosion d’un train de marchandise à Ryongchon en Corée du Nord en 2004, l’ouragan Charley depuis Cuba jusqu’à la Floride aux États-Unis en 2004, l’ouragan Frances aux Bahamas en 2004, l’ouragan Ivan depuis Cuba jusqu’à la Louisiane aux États-Unis en 2004, l’ouragan Jeanne depuis les Bahamas jusqu’à la Floride aux États-Unis en 2004, le séisme sous-marin de Sumatra en 2004 d’une magnitude de 9.3 qui provoqua le tsunami le plus meurtrier de l’Histoire, la catastrophe ferroviaire d’Amagasaki au Japon en 2005, l’ouragan Dennis depuis les Antilles jusqu’à la Floride aux États-Unis en 2005, le crash du vol West Caribbean au Venezuela en 2005, l’ouragan Katrina depuis Cuba jusqu’à la Louisiane aux États-Unis en 2005, l’ouragan Rita depuis Cuba jusqu’à la Louisiane aux États-Unis en 2005, le séisme de Cachemire au Pakistan en 2005, l’ouragan Wilma depuis Cuba jusqu’à la Floride aux États-Unis en 2005, l’éruption du volcan de boue de Sidoarjo en Indonésie provoqué en 2006 par un forage pétrolier, l’ouragan Ioke à l’Atoll Johnston en 2006, le crash du vol Pulkovo Airlines en Ukraine en 2006, le crash du vol Gol en Amazonie en 2006, le début de la guerre de la drogue au Mexique en 2006, le crash du vol TAM Linhas Aéreas au Brésil en 2007, la catastrophe ferroviaire de Kakenge au Congo en 2007, l’ouragan Dean depuis les Antilles jusqu’au Mexique en 2007, la crise des subprimes en 2007, les tempêtes de neige en Chine en 2008, le blizzard d’Afghanistan en 2008, la catastrophe ferroviaire de Zibo en Chine en 2008, le cyclone Nargis en Birmanie en 2008, le séisme de Sichuan en Chine en 2008, le crash du vol Spanair en Espagne en 2008, la chute de Lehman Brothers aux États-Unis en 2008, les inondations de Santa Catarina au Brésil en 2008, le feu de brousse du Victoria en Australie en 2009, le crash du vol Air France dans l’océan Atlantique en 2009, le crash du vol Yemenia au Comores en 2009, le crash du vol Caspian Airlines en Iran en 2009, le typhon Morakot à Taïwan en 2009, l’échec de la conférence de Copenhague ou COP15 en 2009, le séisme de Haïti en 2010, l’avalanche de Salang en Afghanistan en 2010, l’avalanche de Kohistan au Pakistan en 2010, la tempête Xynthia en France en 2010, la catastrophe pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique en 2010, le début de la crise de la dette publique grecque en 2010, le crash du vol India Express en Inde en 2010, les inondations dans le Var en France en 2010, le crash du vol Airblue au Pakistan en 2010, les incendies de forêt en Russie en 2010, la canicule au Japon en 2010, les inondations de Rio de Janeiro au Brésil en 2011, la révolution libyenne en 2011, le tsunami de Töhoku au Japon en 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, le scandale du Libor en 2011, le début de la guerre civile syrienne en 2011, les attentats de 2011 en Norvège, le début de la seconde guerre civile irakienne en 2011, l’explosion d’un dépôt de Brazzaville au Congo en 2012, l’avalanche depuis le glacier de Siachen au Pakistan en 2012, le crash du vol Dana Air au Nigeria en 2012, la fonte record de la calotte glacière du Groenland en 2012, la fonte record de la banquise arctique en 2012, la super tempête Sandy depuis les Antilles jusqu’à la Côte Est des États-Unis en 2012, l’effondrement d’un immeuble à Dacca au Bangladesh en 2013, l’explosion d’un train pétrolier à Lac-Mégantic au Québec en 2013, la catastrophe ferroviaire de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne en 2013, le typhon Haiyan aux Philippines en 2013, le début de la guerre civile sud-soudanaise en 2013, le crash du vol Malaysia Airlines dans l’océan Indien en 2014, le crash du vol Malaysia Airlines en Ukraine en 2014, le début de la guerre contre l’Etat islamique en 2014, l’explosion dans une mine de Soma en Turquie en 2014, la guerre de Gaza en 2014, le crash du vol AirAsia dans la mer de Java en 2014, l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, le crash du vol Germanwings en France en 2015, le déversement dans l’Animas au Colorado de l’eau usée de la mine Gold King en 2015, le typhon Soudelor depuis les Mariannes du Nord jusqu’à la Chine en 2015, l’explosion dans le port de Tianjin en Chine en 2015 [10], le scandale Volkswagen en 2015, le typhon Dujuan à Taïwan en 2015, l’ouragan Patricia au Mexique en 2015, le crash du vol Metrojet en 2015, etc.

– sans oublier l’accentuation des flux de réfugiés partout dans le monde [11], l’expansion du septième continent sur tous les océans [12] [13], l’augmentation du chômage de masse au sein des pays développés [14] et l’augmentation des richesses accumulées par les 1% [15]…

Rq. il est désormais possible de participer à la lutte contre le septième continent au moyen d’une application dédiée pour smartphone [16]… la chasse aux pollueurs est ouverte !

Eh bien voilà… Félicitons l’Humanité ! Hélas, ce ne sont là que quelques exemples auxquels nous pourrions/devrions au moins rajouter les quelques 2053 essais nucléaires réalisés par une poignée seulement de pays riches, entre 1945 et 1998 [17]… à voir ou à revoir… et à méditer :

Puis à chaque fois, cette même et unique question qui revient : l’Humanité disposait-elle d’une solution lui permettant d’éviter le pire ?

Probablement ! Mais là encore, tout ceci dépend de ce qu’il est convenu d’appeler le comportement humain face au danger. Or, tout cela relève, une fois n’est pas coutume, du niveau d’éducation, de la capacité d’observation, de la pensée philosophique et de l’état psychologique des individus à cet instant.

Voici ce que déclarait à l’époque François Hollande suite à la décision de Jacques Chirac de maintenir huit essais supplémentaires avant l’interruption définitive des essais français [18] :

« Sous la pression internationale, le président de la république réduit le nombre des essais, et donc engage un mouvement de recul pour essayer de calmer le jeu mais en même temps, la demande qui lui est faite n’est pas de réduire le nombre des essais, même si ça prouve d’ailleurs que techniquement il n’y avait pas de nécessité à faire huit essais comme on l’a prétendu, mais ce qui est demandé aujourd’hui au plan internationale c’est l’arrêt des essais. Je crois qu’il y a eu une improvisation une nouvelle fois, il y a eu une sous-estimation de l’émotion internationale qui allait naître avec la reprise des essais nucléaires et aujourd’hui on se rend compte qu’il faut essayer de reculer en bon ordre mais la meilleure des décisions aurait été de ne pas reprendre les essais nucléaires, et aujourd’hui la meilleure des décisions à prendre serait d’arrêter les essais nucléaires puisqu’il n’y a visiblement pas de justification militaire et technique. »

Ainsi donc, il fût un temps où monsieur Hollande reconnaissait comme il se doit qu’il fallait bel et bien tout arrêter et que l’heure des demi-mesures n’était plus au rendez-vous ; il serait très important de nous rappeler tout cela à notre bon souvenir à l’approche de la COP21…

C’est étonnant, mais le fait simplement de retranscrire ces propos permet de se souvenir de ce qu’écrivent Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans leur livre intitulé, Comment tout peut s’effondrer, Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, aux éditions du Seuil, avril 2015, 296 pp. [19] dont voici un court extrait clé tiré de la page 132 :

« Alors que l’on s’arrête pour constater bouche bée la fragilité de notre situation, on entend autour de nous les autres hurler à l’unisson :  » Aller ! On court ! On saute ! On accélère ! Faut pas s’arrêter !  » »

Et nous en sommes bel et bien là aujourd’hui, là où tous ceux qui prennent suffisamment de recul par rapport à la scène, déclarent haut et fort qu’il faut tout arrêter, et là où tous ceux qui au contraire demeurent toujours sur la scène, prétendent ouvertement tout le contraire. Mais alors, qui croire ? Sans doute les plus libres d’entre eux, à savoir ceux ne subissant aucune influence de la part des lobbies et ne jouant donc pour ainsi dire aucun rôle.

Dans ces conditions, que pourrions/devrions-nous faire ?

Jacques Attali répondait récemment à cette question par un véhément « Réveillez-vous ! » [20] que Pablo Servigne et Raphaël Stevens pourraient sans doute retenir afin de venir compléter leur énumération précédente dans le cadre d’une nouvelle édition augmentée de leur Petit manuel de collapsologie, tout comme la réponse de Nicolas Hulot dans son manifeste intitulé, Osons ! Plaidoyer d’un homme libre, aux éditions Les Liens qui Libèrent, octobre 2015, 94 pp. [21], puisque dans les deux cas, les nombreuses questions qui fâchent, telles que la propriété privée [22] et le nucléaire [23] [24], ne sont toujours pas posées.

Puis il y a quelque chose de sous-jacent derrière tout cela qui pourrait/devrait nous indigner au plus haut point : le fait de prôner/encourager une fois de plus l’initiative et l’action individuelles à outrance. Or, c’est justement l’initiative et l’action individuelles qui minent, rongent, polluent et détruisent l’ensemble de la biosphère terrestre depuis des décennies [25] [26], entraînant inexorablement l’Humanité à sa propre perte en tant qu’espèce.

C’est tout de même étonnant cette manie que nous avons d’oublier si facilement les enseignements que nous lègue l’Histoire. Il fut un temps où le mot d’ordre ambiant était à l’action collective au profit du bien commun, et non à l’action individuelle au profit de soi !

A ce sujet, nous pourrions/devrions souligner le travail remarquable entrepris depuis plusieurs années par l’anthropologue Paul Jorion, en citant notamment un passage clé situé à la page 87 de son dernier livre, Penser tout haut l’économie avec Keynes, aux éditions Odile Jacob, septembre 2015, 318 pp. [27] :

« Il arrive même que le laisser-faire débouche sur la destruction du système économique :

[…] il se peut même que l’intérêt [égoïste] des individus aggrave la maladie (Keynes [1926b], [1931] 1972 : 291-292) »

Tout est dit ici ! Or, en dépit de cet avertissement, nous poursuivons sans relâche dans cette voie du chacun pour soi, chacun défendant comme il le peut ses propres intérêts tout en convoitant les intérêts d’autrui. C’est ainsi que depuis des décennies, chacun de nous évolue inconsciemment ou consciemment, c’est selon, sur une sorte de ruban de Möbius sur lequel nous nous retrouvons alternativement dans le rôle du prédateur ou de la proie. Sauf que dans cette gigantesque pyramide humaine façon Ponzi, dans cette chaîne alimentaire où capitalisme rime essentiellement avec cannibalisme, il y a une base et un sommet, et qu’il est pour le moins vital de ne jamais se retrouver orienté vers la base où la somme cumulée des profits s’y retrouve quasi nulle, voire négative, au sens de la religion économique actuelle.

Tout capitaliste qui se respecte sait donc qu’un tel système de Ponzi ne peut tenir, lui être favorable, voire profitable, que si chacun des acteurs/agents économiques joue pleinement son rôle. Dès lors que plusieurs d’entre eux deviennent défaillants, c’est toute la chaîne de Ponzi qui se retrouve directement menacée. D’où cette même et unique question qui revient en boucle à l’heure du « capitalisme à l’agonie » : les capitalistes et/ou les agents économiques disposent-ils d’une solution leur permettant d’éviter le pire ?

Probablement, si l’on en croit la propagande politique et médiatique qui nous est servie en permanence depuis 2007 ! Mais là encore, tout ceci dépend de ce qu’il est convenu d’appeler le comportement humain face au danger. Or, tout cela relève bel et bien du niveau d’éducation, de la capacité d’observation, de la pensée philosophique et de l’état psychologique des individus à cet instant.

Voici donc pourquoi la tendance actuelle, de ce que nous pourrions/devrions bientôt appeler « capitalisme zombie » si nous n’y prenons pas garde, ceci par analogie avec le « catholicisme zombie » démontré par Emmanuel Todd dans son livre intitulé, Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse, aux éditions du Seuil, mai 2015, 247 pp. [28], est bel et bien à l’automatisation/robotisation/digitalisation des tâches, et non à la perpétuation de l’humanisation de notre société dont l’impact psychologique, voire psychiatrique, est devenu au fil des ans totalement incontrôlable aux yeux de ses instigateurs/bourreaux, faisant fi de toute autre considération philosophique… d’où le chômage de masse irréfutable en découlant ; quand la densité va, tout va [29] !

Rappelons à notre bon souvenir ce court extrait du film Time Out d’Andrew Niccol, sorti en salle le 23 novembre 2011 :

« Pour quelques immortels, beaucoup doivent mourir… »

Et nous pourrions tenir le même raisonnement concernant les flux de plus en plus importants des réfugiés qui fuient la guerre et/ou la crise environnementale, économique et sociale. Ce qui nous amène tout naturellement aux questions de protection de l’environnement, et notamment à la question de l’enrayement de l’emballement climatique en cours…

Car sur le plan climatique, les choses ne sont pas près de s’arranger si rien n’est décidé immédiatement, loin de là, n’en déplaise aux irréductibles climato-sceptiques et autres écolo-sceptiques dont les études souffrent toutes du cloisonnement qui leur est imposé par des lobbies patentés, et qui se noient dans des délires prédictifs, ne maîtrisant absolument pas les règles élémentaires de la supervision des points de fragilité des systèmes complexes observés [30] ; être systémicien de nos jours, ça ne s’invente pas, c’est être généraliste, c’est un métier, mais un métier QUI NE PAYE PAS tant nos déductions dérangent, voire ne conviennent pas aux partisans de la langue de bois tels que les lobbies ! En outre, il est pour le moins hallucinant de constater qu’en 2015, à l’heure de la collecte des données en quasi temps réel et du calcul haute performance, nous puissions encore et toujours nous contenter d’études s’appuyant sur des données d’ores et déjà dépassées de plusieurs années alors même que des données de dernière minute sont d’ores et déjà stockées au sein des gisements un peu partout dans le monde. De plus, il est tout bonnement incompréhensible de constater qu’en 2015, à l’heure dite de l’open-data, des données d’observation de tel ou tel phénomène observable puissent encore et toujours appartenir exclusivement à tel ou tel organisme, qu’il soit privé ou bien public. Sur la base de ces deux constats, c’est bel et bien l’ensemble de la communauté scientifique qui se tire deux balles dans le pied ! Aussi, s’il y a bien deux choses qui devraient être réformées de toute urgence sur le plan international, si nous souhaitons réellement que l’ensemble de la biosphère terrestre puisse être sauvegardée en l’état, ce serait effectivement celles-ci :

– la propriété intellectuelle d’une part, et

– OHERIC… et blablabla d’autre part.

A ce stade, nous avons perdu suffisamment de temps. Or aujourd’hui, les faits sont là. Ils sont indiscutables et nous accablent. Il est peut-être même déjà trop tard… Tel est le goût amer du fruit pourri de notre orgueil !

Eh puis, faisons un peu grincer les dents de quelques partisans de l’inductivisme, si ce n’est tous, en citant simplement ceci :

« Je suis convaincu que sans théorie, il n’y aurait pas d’observation. », Charles Darwin, La vie et la correspondance de Charles Darwin avec un chapitre autobiographique.

Devant l’évidence même de nos échecs, il serait donc grand temps de réconcilier inductivisme et déductivisme, l’un n’allant pas sans l’autre et vice versa…

En attendant, c’est ainsi que l’on nous annonce à tue-tête un hiver 2015-2016 glacial sans en expliquer très clairement le contexte, à savoir que les fontes saisonnières massives de la calotte glacière du Groenland, combinées aux fontes saisonnières non moins négligeables de la banquise arctique, entraînent un refroidissement du courant Atlantique Nord du fait de l’enthalpie de fusion de la glace qui se traduit toujours par une réaction endothermique locale (qui produit du froid) ; et il n’est nul besoin de s’y connaître en météorologie pour déduire cela au regard des volumes de glace concernés, c’est tout simplement du bon sens. Ce qui signifie aussi que le réchauffement climatique dû aux gaz à effet de serre, dont il est bon de rappeler que certains PRG (potentiel de réchauffement du gaz à effet de serre) frisent le délire (bien au delà des 10000 après 100 ans passé dans l’atmosphère), est en train de lourdement peser sur la circulation thermohaline des océans et qu’il serait donc grand temps de s’en rendre compte !

Ce qui est certain maintenant, c’est que ce phénomène ne passe plus du tout inaperçu. Sur cette carte de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), par l’intermédiaire de son département National Centers for Environmental Information [31], correspondant à la consolidation des données de mesure sur la période allant de janvier à septembre 2015, la région froide de l’Atlantique Nord y est vraiment très nette :

Fig2-Anomalie_T°C_janvier_septembre_2015

Notons au passage que 2015 serait bel et bien sur le point de détrôner 2014 en devenant mois après mois, l’année la plus chaude depuis le début des mesures en 1880. Mais il y a plus inquiétant encore, à savoir les prévisions relatives au phénomène El Niño toujours en cours de formation au large des côtes de l’Équateur et du Pérou. C’est ainsi que les scientifiques de la NOAA, par l’intermédiaire de leur département Climate Prediction Center, maintiennent leur prévision d’un phénomène El Niño 2015-2016 extrême [32] :

Fig3-El_Nino_2015-2016

Source : NOAA Climate Prediction Center [32].

Rq. les anomalies de températures qui sont indiquées sur ces graphes correspondent à celles des eaux de surface des océans… notez y une fois encore la région froide très marquée de l’Atlantique Nord qui corrobore notre précédente information relative aux craintes de ralentissement du Gulf Stream dans cette région…

Il n’est donc pas du tout étonnant de pouvoir observer dès cette année dans cette région du Pacifique des phénomènes climatiques extrêmes tels que l’ouragan Patricia tout récemment. Il semblerait même que l’anomalie de température de surface en El Niño 3.4 soit d’ores et déjà située autour de +2°C, ce qui n’est pas encore confirmé par la NOAA qui doit attendre un délais de 3 mois consécutifs pour pouvoir valider ou invalider ses mesures. Toutefois, nous pouvons remarquer que les modèles de l’IRI (International Research Institute) prennent d’ores et déjà en compte cette anomalie de +2°C en El Niño 3.4 :

Fig4-El_Nino_Prévisions_IRI_2015-2016

Source : NOAA Climate Prediction Center [32], mise à jour IRI du 13 octobre 2015.

Rappelons enfin que tous les ouragans les plus intenses jamais enregistrés se sont toujours produits dans l’océan Atlantique après le franchissement d’un pic de l’anomalie de température de surface en El Niño 3.4, dont trois rien qu’en 2005 : Camille en 1969, Allen en 1980, Gilbert en 1988, Mitch en 1998, Ivan en 2004, Katrina, Rita et Wilma en 2005, Dean en 2007 [9]…

Ce n’est donc certainement pas un hasard si l’ouragan Mitch, de catégorie 5, reste le deuxième ouragan le plus meurtrier de l’Histoire avec près de 10000 morts, juste après le Grand ouragan de 1780 qui avait fait plus de 22000 morts. En effet, Mitch s’est produit en octobre 1998, juste après le passage en décembre 1997 du pic record de l’anomalie de température de surface en El Niño 3.4 jamais enregistrée depuis 1950, à +2,2°C. Aussi, si ce record de 1997 devait être égalé, voire battu comme le laissent entendre certains modèles de l’IRI, sachant en outre que le refroidissement en cours de l’Atlantique Nord a pour effet immédiat de retenir les eaux chaudes plus au sud, alors il s’en suivrait probablement une saison 2016 d’ouragans très agitée.

C’est donc bel et bien dans ce contexte d’emballement climatique extrême que nous nous rapprochons de l’instant fatidique où l’Humanité, plutôt que de se quereller, va devoir s’apprêter à faire corps autour des 195 Chefs d’États qui seront bientôt réunis à Paris, dans le cadre de la COP21 qui se déroulera du 30 novembre au 11 décembre 2015, autour de cette seule et unique question fondamentale : l’Humanité dispose-t-elle d’une solution lui permettant d’éviter le pire ?

A cet instant précis où les Chefs d’Etats devront prendre acte de leurs décisions, personne sur Terre ne pourra dire : « Je ne savais pas ! ». Les avertissements sont d’ores et déjà là, tout autour de nous, voire sous nos yeux, rendus accessibles à tous grâce à la magie de l’une des plus belles inventions de l’Humanité : Internet…

C’est donc là notre dernière et ultime chance à tous, y compris celle des 1%, si nous souhaitons réellement mettre un terme définitif au volume le plus inique de notre Histoire, celui d’un capitalisme prédateur et ravageur [33]. Dans le cas contraire, le choc de complexification/diversification n’aurait pas lieu. Il s’en suivrait un effondrement inéluctable et irréversible de notre civilisation.

Aussi, peut-être serait-il salutaire de nous rappeler à notre bon souvenir Le temps qu’il fait de Paul Jorion, notamment celui du jeudi 16 avril 2015. A la fin de son propos, Paul Jorion évoque les traces que nous laissons à la disposition des robots afin qu’ils puissent se souvenir que certains parmi nous ont tout tenté afin de susciter une réaction positive des nantis, voire de l’espèce humaine toute entière [34] :

« Le problème ne se posera pas après de savoir que… c’est uniquement, je dirais, c’est uniquement aux yeux des robots qu’on saura que ces gens-là ont empêché que ça aille dans la bonne direction, que l’espèce survive, et dans les livres que les robots écriront et qu’ils liront eux-mêmes, ils sauront que, voilà, qu’il y avait des gens qui gueulaient et qui voulaient pas que ça se passe de cette manière-là. »

Ce passage dans le propos de Paul Jorion nous renvoie finalement à la fin du film A.I. Artificial Intelligence de Steven Spielberg, sorti en salle le 24 octobre 2001. Et voici ce que dit l’IA au robot « enfant » retrouvé sous la glace :

« Je me suis souvent surpris à envier les êtres humains pour cette chose qu’ils appellent l’esprit. Les êtres humains avaient créé un million d’explications sur le sens de la vie, en art, en poésie, en formules mathématiques. Il est certains que les êtres humains devaient être la clé du sens de l’existence. Mais les êtres humains n’existaient plus. »

Steven Spielberg qui a été nommé Ambassadeur Jules Verne en 2012, est aussi à l’origine dès 2006 du projet Interstellar de Christopher Nolan… qui nous montre la voie [35].

… à méditer !

De la part d’un « invisible » « pessimiste impopulaire ».

***

[1] http://www.pauljorion.com/blog/2015/07/21/nous-ne-sommes-pas-dieu-le-scenario-rcp2-6-du-5e-rapport-du-giec-dores-et-deja-compromis-par-philippe-soubeyrand/

[2] Accident de Puisseguin : le camion « s’est déporté sur la voie de gauche », SUD OUEST, 27/10/2015 :

http://www.sudouest.fr/2015/10/26/accident-de-puisseguin-le-camion-s-est-deporte-sur-la-voie-de-gauche-2166476-6151.php

[3] Drame en Gironde : une modélisation des six étapes de l’accident dévoilée aux familles, MY TF1 NEWS avec AFP, 26/10/2015 :

http://lci.tf1.fr/france/faits-divers/drame-en-gironde-les-familles-seront-accompagnees-par-un-coordonnateur-8675158.html

[4] Accident de Puisseguin : les enquêteurs ont enlevé les épaves, SUD OUEST avec AFP, 26/10/2015 :

http://www.sudouest.fr/2015/10/26/accident-de-puisseguin-les-enqueteurs-ont-commence-a-enlever-les-epaves-2166255-6151.php

[5] Puisseguin : des gestes « héroïques » du chauffeur du car pour sortir des rescapés, Midi Libre avec AFP, 24/10/2015 :

http://www.midilibre.fr/2015/10/24/puisseguin-des-gestes-heroiques-du-chauffeur-du-car-pour-sortir-des-rescapes,1231454.php

[6] Le témoignage sous le choc d’un des rescapés de la collision en Gironde, LE FIGARO, 24/10/2015 :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/10/24/01016-20151024ARTFIG00092-le-temoignage-sous-le-choc-d-un-des-rescapes-de-la-collision-en-gironde.php

[7] INFO FRANCE 3. Une rescapée de l’accident de Puisseguin témoigne : « Il y a eu un petit choc qui a embrasé le car », francetvinfo, 27/10/2015 :

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/accident/accident-a-puisseguin/video-info-france-3-une-rescapee-de-puisseguin-on-etait-tous-surpris-c-est-ce-petit-choc-qu-il-y-a-eu-qui-a-embrase-le-car_1146161.html

[8] Drame de Puisseguin. L’embrasement rapide au cœur de l’enquête, ouest france, 26/10/2015 :

http://www.ouest-france.fr/drame-de-puisseguin-lembrasement-rapide-au-coeur-de-lenquete-3793973

[9] http://www.pauljorion.com/blog/2015/10/06/3-bilan-climatique-temperature-cryosphere-gulf-stream-el-nino-et-malgre-cela-nous-ne-sommes-toujours-pas-prets-par-philippe-soubeyrand/

[10] http://www.pauljorion.com/blog/2015/08/21/kcn-nacn-ou-hcn-a-votre-sante-par-philippe-soubeyrand/

[11] World at War, Global Trends, Forced Displacement in 2014, UNHCR, The UN Refugee Agency, 18/06/2015 :

http://unhcr.org/556725e69.pdf

[12] Le CNES embarque pour le 7ème continent, CNES, 17/05/2013 :

https://enseignants-mediateurs.cnes.fr/fr/web/CNES-fr/9989-em-le-cnes-embarque-pour-le-septieme-continent.php

[13] Patrick Deixonne, Mercator Ocean, fournisseur de données océanographiques pour le 7ème continent, MERCATOR OCEAN, 12/10/2015 :

http://www.mercator-ocean.fr/fre/actualites-agenda/actualites/actualite-Mercator-Ocean-fournisseur-de-donnees-oceanographiques-pour-le-7eme-Continent

[14] Alexia Eychenne, Chômage en baisse : trois raisons de ne pas crier victoire trop vite, L’EXPRESS, 27/10/2015 :

http://www.lexpress.fr/emploi/chomage-en-baisse-trois-raisons-de-ne-pas-crier-victoire-trop-vite_1729780.html

[15] Liste des milliardaires du monde en 2015, Wikipédia, L’encyclopédie libre, 21/10/2015 :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_milliardaires_du_monde_en_2015

[16] Protégez l’océan à l’aide de votre smartphone, EXPEDITION 7e CONTINENT, 08/10/2015 :

http://www.septiemecontinent.com/protegez-locean-a-laide-de-votre-smartphone/

[17] Isao Hashimoto, « 1945-1998 », CTBTO, 2003 :

http://www.ctbto.org/specials/1945-1998-by-isao-hashimoto/

[18] Réactions PS / essais nucléaires, MIDI 2, France 2, ina.fr, 24/10/1995 :

http://www.ina.fr/video/CAB95059863

[19] Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer, Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, aux éditions du Seuil, avril 2015, 296 pp. :

http://www.seuil.com/livre-9782021223316.htm

[20] Jacques Attali, Réveillez-vous !, L’EXPRESS, Le blog de Jacques Attali, 19/10/2015 :

http://blogs.lexpress.fr/attali/2015/10/19/reveillez-vous-2/

[21] Nicolas Hulot, Osons ! Plaidoyer d’un homme libre, aux éditions Les Liens qui Libèrent, octobre 2015, 94 pp. :

http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Osons_!-467-1-1-0-1.html

[22] http://www.pauljorion.com/blog/2015/10/08/nicolas-hulot-osons-par-philippe-soubeyrand/

[23] http://www.pauljorion.com/blog/2015/07/24/la-loi-sur-la-transition-energetique-a-ete-votee-helas-par-philippe-soubeyrand/

[24] http://www.pauljorion.com/blog/2015/10/21/osons-le-zero-hulot-pour-le-zero-nucleaire-par-thierry-ribault/

[25] http://www.pauljorion.com/blog/2015/09/09/1-bilan-chimique-des-centaines-de-millions-de-tonnes-de-produits-toxiques-pour-quelques-pepites-par-philippe-soubeyrand/

[26] http://www.pauljorion.com/blog/2015/09/23/bilan-biologique-lhumanite-orgueilleuse-ignore-tout-de-la-biosphere-terrestre-par-philippe-soubeyrand/

[27] Paul Jorion, Penser tout haut l’économie avec Keynes, aux éditions Odile Jacob, septembre 2015, 318 pp. :

http://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences-humaines/economie-et-finance/penser-tout-haut-leconomie-avec-keynes_9782738133083.php

[28] Emmanuel Todd, Qui est Charlie ? Sociologie d’une crise religieuse, aux éditions du Seuil, mai 2015, 247 pp. :

http://www.seuil.com/livre-9782021279092.htm

[29] http://www.pauljorion.com/blog/2015/10/12/modelisation-lultraliberalisme-face-a-la-densite-de-population-par-philippe-soubeyrand/

[30] http://www.pauljorion.com/blog/2015/08/12/stop-pour-en-finir-avec-les-predicats-faux-des-climato-sceptiques-par-philippe-soubeyrand/

[31] NOAA National Centers for Environmental Information, State of the Climate: Global Analysis for September 2015, published online October 2015, retrieved on November 3, 2015 from :

http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/global/201509

[32] NOAA Climate Prediction Center, ENSO : Recent Evolution, Current Status and Predictions, published online November 2015, retrieved on November 3, 2015 from :

http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/analysis_monitoring/lanina/enso_evolution-status-fcsts-web.pdf

[33] http://www.pauljorion.com/blog/2015/07/27/urgent-lettre-ouverte-a-lattention-de-nicolas-hulot-par-philippe-soubeyrand/

[34] http://www.pauljorion.com/blog/2015/04/16/le-temps-quil-fait-le-jeudi-16-avril-2015/

[35] http://www.pauljorion.com/blog/2015/04/03/interstellar-nous-montre-la-voie-par-philippe-soubeyrand/

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210 réflexions sur « ÉTAT D’URGENCE : crise systémique globale, emballement climatique, Atlantique Nord vs El Niño, COP21 et/ou Loi de Puisseguin… Regardons ce « soliton » en face !, par Philippe Soubeyrand »

  1. «  »Steve Fuller has called on “up-wingers” on the Left and Right to unite against reactionary greens and conservatives for a future-oriented transhumanism. »

    « to unite against reactionary greens and conservatives for a future-oriented transhumanism. »
    Pas mal nan ?
    Steve Fuller, Auguste Comte professor of social epistemology, University of Warwick

    et là tu « suis » toujours vigneron ????

    Les transhumanistes en quête de pouvoir politique

    http://www.letemps.ch/sciences/2015/10/13/transhumanistes-quete-pouvoir-politique

  2. « Les positions idéologiques habituelles du transhumanisme ont facilement passé la rampe du vote interne, telle celle sur le besoin de réformer le système de gouvernance britannique. «Quitte à ce que – il ne faut pas l’exclure – la Chambre des Lords [la chambre haute du Parlement, ndlr] soit à terme occupée par des intelligences artificielles», glisse Amon Twyman. D’autres points ont été plus débattus, comme celui accordant la primauté aux citoyens anglais sur les avancées sociétales, ou cet autre privilégiant, dans la politique d’immigration, les migrants qualifiés sur les simples réfugiés: «Même si nous soutenons nos alter ego humains, nous ne pouvons le faire en abandonnant notre propre droit à l’auto-détermination future en tant que nation», lit-on. Dans la salle, les remarques ont surgi des membres aux origines étrangères, surtout indienne »

    Une belle saloperie, point, barre !

  3. Merci à B Latour pour ces réflexions profondes, réalistes et constructives.

    « tout ça , cette transformation, on effraie les gens quand il s’agit de la planète, mais en même temps on leur donne la tâche qui est nécessaire à la civilisation, ben oui, on est dans une planète, ça n’est pas décourageant, c’est au contraire une responsabilité morale qui pèse mais en même temps élève, et qui est d’ailleurs assez comprise par beaucoup de mouvements religieux, donc, en fait il y a une spiritualité de la planète qui n’est pas forcément mauvaise, qui est d’ailleurs liée à la question de la catastrophe aussi. Ce qui ne peut pas continuer, c’est l’idée qu’on peut se débrouiller dans toute cette affaire, en continuant le mode de progrès et en se cachant les yeux; en niant, ce qui est quand même , en gros, ce que la plupart des gens font. En disant , ben non, il n’y a pas à réfléchir, ça ne va pas remettre en cause quoi que ce soit; hors ça remet tout en cause  »

    « Hommage au blog P Jorion  » : où l’on peut remettre en cause,
    merci !

    http://www.lemonde.fr/sciences/video/2015/09/14/les-defis-du-changement-climatique-vus-par-le-philosophe-bruno-latour_4756458_1650684.html

  4. @vigneron

    A quoi bon un géographe de l’environnement (i.e. un nième paparazzi au service des lobbies), s’il n’y a bientôt plus d’environnement ?

    OHERIC… Blablabla…

    Or, à la saint Mathurin, bois le vin et laisses l’eau pour le moulin…

    D’autant que les petits vignerons le disent eux mêmes en toute humilité : la cuvée 2015 s’annonce unique, puisque d’ores et déjà pressée, nettement meilleure que celle de 2003, mais malheureusement aussi en trop petite quantité (manque d’eau cet été pour tous les cépages)…

    Aussi, remplaçons ces faux vignerons (i.e. ces usurpateurs d’identités au service des lobbies patentés) par les petits vignerons, ces géographes de l’environnement par les cépages, cette « fange » defriesienne/ohericienne par le bon peuple, puis observons, humons, goutons, respirons et buvons abondamment, tout simplement… jusqu’à plus soif !

    C’est alors que les langues se délient, que la vérité jaillit et que l’utralibéralisme frémit à l’idée de ne pouvoir spéculer via cette cuvée !

    1. Récolte 2015 France, estimation 1er novembre, 48 millions d’hectolitres. Soit +2% par rapport à 2014 et +5% par rapport à la moyenne quinquennale. Soubeyrand raconte exclusivement ce qui arrange son petit scénario catastrophiste, au mépris des faits.

      1. Ouais, mais en même temps après une écoute de Bruno Latour (au moins la COP21 aura le mérite de refaire émerger différents personnages dans l’espace médiatique), c’est peut-être sain de paniquer et d’amalgamer.
        Âpres cela fait 2 ans qu’on a des mois de mars chaud (pour ingérer l’azote, premier critère de rendement) et des mois de mai-juin froid (limite de l’échaudage) et sec (limite des maladies du blés), bon il y a d’autres critères rationalisation des rotations (colza blé orge, même si en biodiversité c’est moyen et en rendement protéïque sans azote, limité par l’absence des protéagineux), mélange variétal (limite de la propagation des maladies et souplesse des rendements en fonction des conditions).
        Le potentiel à venir est obligé d’impacter notre vision du présent.

      2. Eh voilà Paul, que vous avais-je dit ???

        Le voilà ce faux vigneron en pleine action, toujours prompt pour cracher sur le dos des autres. Qui ne cite jamais ses sources de dernière heure sauf lorsque celles-ci présentent un intérêt certain à ses yeux. Qui se permet la critique permanente dès que des personnes tentent ici même une nouvelle approche qui dérange. Et qui n’a vraisemblablement pas encore mis les pieds, au moins cette année, au sein ne serait-ce que de deux petits vignobles distant l’un de l’autre de quelques 400 km…

        A-t-il seulement déjà mis les pieds en campagne une fois dans sa vie ???

        Citez vos sources vigneron que l’on puisse disséquer tout cela tous ensembles à la loupe et les croiser avec des infos de dernière heure en provenance des cépages de France directement !!! J’ai quelques adresses qui raviraient sans aucun doute votre palais tout en éclaircissant l’ensemble de vos pensées sous-jacentes !!!

        Nous serions très curieux de savoir ce qui s’y cache !!!

        Vous m’avez cherché, vous m’avez trouvé !!! Demandez à Paul, il vous expliquera : je ne lâche jamais !!!

        Savourez déjà ceci en attendant, en guise de mise en bouche. Cela ne peut que vous faire du bien :

        http://www.lindependant.fr/2015/08/24/viticulture-la-recolte-2015-sera-maigre-sauf-en-languedoc-roussillon-mais-de-qualite,2075505.php

      3. T’es un pitre Soubeyrand, tous les médias dans ce pays d’ivrognes donnent régulièrement les chiffres et estimations Agreste/Agrimer de la récolte de pinard en cours. Y’a que toi qu’est pas foutu de les trouver. C’est bizarre kamême. Té Novembre à la source : http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/conjinforap201511viti.pdf
        Octobre : http://www.lexpress.fr/actualites/1/societe/vin-la-recolte-francaise-2015-revue-en-nette-hausse-grace-aux-pluies_1723541.html

      4. @vigneron

        Le débat est toujours aussi courtois avec vous… C’est charmant.

        Sachez que vous pouvez garder vos compliments pour vous. Je ne faisais nullement allusion au fait que je ne trouvais pas les sources. J’écrivais simplement qu’il serait sage que vous citiez vos sources lorsque vous indiquez des informations. Ce n’est pas à nous de le faire pour vous.

        Ceci étant exposé, sachez hélas que vous omettez des paramètres de poids, une donnée pouvant en cacher une autre, etc., surtout lorsque les intérêts des lobbies sont en jeu… Aussi, il ne suffit pas ici de citer ces chiffres, qui ne sont d’ailleurs que provisoires et qui le resteront encore en 2016, encore faut-il être capable de les analyser.

        En outre, les petits vignerons, à savoir ceux qui disposent de l’ordre de 5 à 10 ha de vigne, n’ont que faire de ces 48 millions d’hectolitres, tout comme ils n’ont que faire de savoir combien de bouteilles il se vend chaque seconde dans le monde. Ce sont là uniquement les considérations des lobbies de la viticulture de masse et rien d’autre.

        Mais il serait beaucoup trop long de détailler tout cela dans un simple commentaire. Aussi, avec l’accord de Paul, un billet complémentaire à celui-ci sera préparé et étayé sur ce sujet en guise de réponse suite à vos commentaires au vitriole. Ce sujet est suffisamment important du fait de l’emballement climatique en cours, ne vous en déplaise.

    2. Je ne sais pas si l’ultralibéralisme frémit , mais les langues commencent à se délier !…

      Espérons que la « vérité » est au bout .

  5. @Gudule
    « Qu’est-ce qu’une métamorphose ? Nous en voyons d’innombrables exemples dans le règne animal. La chenille qui s’enferme dans une chrysalide commence alors un processus à la fois d’autodestruction et d’autoreconstruction, selon une organisation et une forme de papillon, autre que la chenille, tout en demeurant le même. »
    ————————————-
    Certes, par contre le mille pattes a du mal à se métamorphoser car dès qu’il se met à réfléchir, il se casse la figure.
    C’est une joke métaphore pour détendre l’atmosphère actuelle, au delà du blog de Paul J.
    Que deviendra l’humanité après sa métamorphose si elle y parvient ? La noosphère pardi !
    Sinon, ça sera le retour aux arcs et aux flèches comme le disait notre génie qui avait compris qu’il était vain de convaincre un poisson à grimper à un arbre.

    1. @James

      « Certes, par contre le mille pattes a du mal à se métamorphoser car dès qu’il se met à réfléchir, il se casse la figure. »
      et ce n’est rien de le dire… 😉

      « Que deviendra l’humanité après sa métamorphose si elle y parvient ? La noosphère pardi ! »

      « Le processus de convergence
      « Teilhard prédit donc une unification croissante des activités intellectuelles (voire « spirituelles ») de la planète, de même que les activités humaines se sont unifiées dans les cadres des sociétés et des civilisations, ou celle des cellules dans les organismes. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re

      Vous parlez de celle là ?

      E Morin est un sage et un visionnaire;
      après sa métamorphose si elle y parvient ?
      Oui, cela dit..vaste programme…
      Quien sabe ? …. 😉

      Edgar Morin: «Il y a deux grands périls pour l’humanité»

      « Vous vous décrivez comme un opti-pessimiste, vous l’avez toujours été ?

      « Je l’ai toujours été parce que j’ai vécu des situations ou les probabilités étaient très désastreuses et où arrivaient des événements qui ont permis que l’improbable arrive. Regardez le problème écologique mondial, c’est un problème énorme : eh bien, d’une façon inattendue, c’est un pape, le pape François, qui lance un message pour la sauvegarde de civilisation et de la vie humaine, alors qu’on s’attendrait que le message arrive d’ailleurs. Je pense que tout n’est jamais perdu et que même, comme disait Guillaume d’Orange, «il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre», il vaut mieux avoir un espoir, mais l’espoir n’est jamais la certitude. En même temps, sans espoir on ne peut pas vivre. »

      http://www.ladepeche.fr/article/2015/09/06/2171471-edgar-morin-deux-grands-perils-humanite.html

  6. @ Philippe Soubeyrand

    « être systémicien de nos jours »

    René Thom est particulièrement élogieux à propos de la théorie générale des systèmes dont il dit ceci dans l’introduction d’un article « Individuation et finalité » que l’on trouve dans le recueil « Apologie du logos »:

    « On a pu critiquer la Théorie générale de systèmes en raison de l’ambition de son programme, et peut-être ai-je moi-même joint ma voix au coeur de la critique. Mais j’en viens maintenant à croire que cette théorie est en science le « dernier salon où l’on cause », c’est-à-dire l’ultime forme d’une « philosophie naturelle » dont le besoin se fait -et se fera- de plus en plus sentir. Autrement dit l’exploration, l’élucidation de toutes les questions où la vision scientifique du monde débouche sur la métaphysique, telle m’apparaît la fonction primordiale de la théorie générale des systèmes. En ce cas l’objet propre de cette théorie ne serait pas un objet réel, concret, mais plutôt des idéalisations justifiées (la « nature de l’être », eût dit Aristote). De ce point de vue, il est, je crois, tout à fait légitime de consacrer quelques efforts à ce genre d’entreprise; le seul problème qu’il y ait à considérer, est de nature quasi déontologique: doit-on faire croire que la Théorie générale des systèmes est une « science », ou ressort de la science, alors qu’en fait c’est une forme de métaphysique? Je crois qu’il y aurait intérêt pour les « systémistes » à hisser bien haut leur pavillon en déclarant que ce qu’ils ont en vue, c’est le problème de la définition de l’être individué: problème fort naturel, et question préjudicielle à poser à toute science. »

    Je suppose que Darwin (que vous citez) fait référence à sa propre théorie lorsqu’il dit qu’il n’y a pas d’observation sans théorie. La position de Thom, dans cet article comme en d’autres*, est résolument lamarckienne (et, bien entendu, « catastrophique »).

    * par ex « Ambiguïtés de la complexité en biologie », également dans « Apologie du logos »: « Il est une idée très généralement admise chez les biologistes; lorsqu’on s’élève le long de l’arbre phylogénétique de l’unicellulaire aux métazoaires, pour terminer chez les mammifères avec l’homme, la complexité des organismes ne fait que s’accroître. Ce point de vue, pour être universel, n’en est pas moins difficile à préciser, voire à défendre. Jouant l’avocat du Diable, je proposerai ici quelques arguments en faveur de la thèse inverse: à savoir qu’en un certain sens, l’amibe est plus complexe que le métazoaire organisé, l’animal « supérieur ».
    Il s’agit de considérer ici, non plus la structure morphologique seule, mais aussi l’ensemble des activités fonctionnelles qui assurent l’homéostasie, la permanence, de l’être vivant. »

    1. Merci BasicRabbit pour votre commentaire.

      C’est tout à fait ça… en effet.

      J’écrivais à Paul ce matin et j’évoquais une conversation que j’ai eu ce weekend avec des amis. L’un d’eux me demandait entre autres comment nous en étions arrivé là ? Je lui ai répondu tout simplement par orgueil et cloisonnement…

      Nous avons tellement critiqué l’approche globale de la théorie générale des systèmes, que c’est bel et bien aujourd’hui ce qui manque cruellement à l’ensemble des modèles mis en œuvre…

      Voilà pourquoi nous sommes dans la merde… Certains au GIEC se grattent peut-être déjà la tête en hurlant ceci en ce moment même :

      « Mais enfin, nous avons tout repris, reconsidéré tous les paramètres d’entrée depuis le constat d’échec de 2007 ! Et nous sommes encore nettement en dessous de la réalité ! Mais c’est quoi qui nous manque à la fin ? »

      Ce à quoi je répondrais : le courage et la liberté scientifique !

      1. Pour passer le temps entre deux séances de cannes anglaises.

        Philippe Soubeyrand:
        « Nous avons tellement critiqué l’approche globale de la théorie générale des systèmes, que c’est bel et bien aujourd’hui ce qui manque cruellement à l’ensemble des modèles mis en œuvre… »

        Voici comment Thom situe la théorie générale des systèmes dans l’étude du monde qu’il classe ainsi:

        1. Etude globale du monde global;
        2. Etude locale du monde local;
        3. Etude locale du monde global;
        4. Etude globale du monde local.

        Moyens techniques.
        1. Mathématiques, symétries, groupes, extrapolation (prolongement analytique);
        2. Analyse microscopique;
        3. Observations, taxinomies, modélisations quantitatives (approximations);
        4. Boîte noire, modélisations différentiables ou qualitatives.

        Disciplines.
        1. Physique fondamentale;
        2. Biologie moléculaire;
        3. Physique macroscopique, sciences descriptives (géologie, macro-biologie);
        4. Théorie générale des systèmes, théorie des catastrophes.

        Philosophie sous-jacente.
        1. Démiurgie;
        2. Réductionnisme;
        3. Néant;
        4. Herméneutique.

      2. @BasicRabbit

        Nous en revenons finalement à ce que nous écrivions/débattions il y a quelques temps au sujet de Prigogine ou de Nietzsche :

        Classement René Thom – 4444…

        Ce qui n’enlève absolument rien à l’intérêt du débat autour du classement René Thom – 1111… dixit la polémique scientifique autour de la théorie des frères Bogdanov par exemple ; il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire à ce sujet… Voilà aussi pourquoi Laplace touche selon moi un problème essentiel tant il est malheureusement extrêmement hasardeux de se limiter dans le choix du système complexe observé, et là… Dieu ou IA, même combat !

        @juannessy

        Vous écrivez :
        « A partir d’où , quand et pourquoi , le local devient global ? »

        C’est l’irréversibilité des phénomènes observés qui vous oblige à avoir une approche globale…

      3. @ juannessy

        Vous me posez une question à laquelle je n’ai pas de réponse.

        Pour ne pas trop donner l’impression de botter en touche les matheux disposent de deux puissants moyens de passer du local au global:
        1. Le prolongement analytique: le jet de Taylor en un point du domaine d’analycité d’une fonction analytique concentre en ce point toute la substance quantitative de cette fonction et permet de reconstituer la fonction -passage quantitatif du local au global- sur tout son domaine d’analycité;
        2. La substance qualitative d’une fonction est concentrée en ses singularités (points à dérivée -ou différentielle- nulle) et la connaissance de ces singularités permet de reconstituer qualitativement la fonction (passage qualitatif du local au global).

        Les fonctions analytiques sont connues depuis longtemps (et le prolongement analytique est en rapport étroit avec le déterminisme laplacien rappelé en tête de billet).
        L’étude des singularités des fonctions est beaucoup plus récente (Morse, Whitney, Thom, etc.) et difficile.

        Il y a un cloisonnement fort entre ces deux techniques du passage du local au global, qui renvoie au cloisonnement science dure (quantitative)/science molle (qualitative).

        Reconstituer une fonction à partir de ses singularités, comme reconstituer une forme à partir des ombres qu’elle projette sur le fond de la caverne de Platon, est, selon Thom, la tâche herméneutique par excellence.

        Ce qui précède renvoie, à mon avis, au cloisonnement dont parle Philippe Soubeyrand, à une distinction entre deux visions du (même!) monde.

        Voilà. J’espère n’avoir pas écrit trop de bêtises!

      4. @Philippe, Basic :

        Je sens qu’entre principe de causalité , déterminisme ,théorie du chaos, flèche du temps, principe d’incertitude , on risque de reprendre une discussion souvent entamée sur ce blog et ailleurs , sans que le local et le global s’éclairent beaucoup pour ceux qui auraient le courage de nous lire .

        Si l’on s’en tient au climat , et aux essais pour trouver des parades au réchauffement par des actes , je suis frappé de la difficulté à trouver des « territoires » ( local) « assurément » pertinents sans risque de contestation , pour parer ( avec une légitimité démocratique) à des phénomènes « globaux » .

        D’un point de vue plus « terre à terre » , et d’expérience personnelle , je suis toujours resté sur ma faim sur la pertinence de « frontières » des documents de planification territoriale, par exemple .

        De la même façon que l’enchainement : communes , communautés de communes , département, régions , états , unions , alliances ,G20, ONU ( ce que l’on pourrait appeler la « mondialisation  » sociale) , ne parvient pas à traiter la connerie économique « globale ».

  7. Je propose un duel dans les vignes ( région , et cépage à tirer au sort ) afin d’ajouter un épisode à :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sang_de_la_vigne

    Duel télévisé , car je ne pourrai me déplacer , et je serais navré de manquer ça .

    PS : je ne sais pas si c’est Paul Jorion qui a foutu le souk dans le logiciel de traitement des commentaires , en l’absence de Julien Alexandre , mais je ne comprends plus rien dans l’inscription , disparition , réapparition , chronologie des commentaires , tout en ne croyant pas qu’il faille imputer ces bizarreries au réchauffement climatique .

    1.  » souk » selon juannessy…
      🙂 🙂 🙂
      Simplement, ce ne seraient que les limitations du « template »… « fièrement propulsé par WordPress »
      – qui ne facilitent pas le suivi des discussions, les « réponses à » se limitant à quelques niveaux,
      – qui ne délivrent pas de notification: on ne sait pas si un internaute a répondu à son commentaire,
      – qui ne permettent pas d’accéder aux commentaires par le nom ou pseudo,

      ce qui nous oblige à indiquer à qui on adresse une réponse, et à un peu de gymnastique de souris…
      😉

  8. jducac
    « …
    Les uns, ceux qui se sont donné la peine, parfois durant de nombreuses années, « d’économiser » pour investir dans ce qui serait leur propriété, veillent lorsqu’ils la possèdent enfin, à en prendre soin, tant dans leurs parties privatives que dans les parties communes. Les autres ont tendance, dès lors qu’ils ne sont pas ces propriétaires, que vous vous employez à dénigrer à longueur de blog, à ne rien respecter et à se venger de leur état de non propriétaire, en saccageant les parties communes, puisque les dégâts sur leurs parties d’usage privatif peuvent leur être imputés financièrement.


    Votre jugement est tout à fait remarquable, surtout concernant le respect ! Selon vous, les biens sont respectés car possédés.
    Vous viendrait-il à l’esprit qu’un locataire puisse être respectueux, et pas seulement des biens mais aussi des personnes?

    Voyons aussi comment des « propriétaires » de leur voiture, soucieux de la moindre égratignure, du moindre moustique collé sur leur pare-brise, vident leurs détritus dans les espaces publics, ne se respectant pas eux-même.

    Je ne vois rien, aucune « tendance », dans votre commentaire qui viendrait atténuer l’injure que vous faites à ces non-possédants que vous méprisez.

    1. @ adoque dit : 10 novembre 2015 à 20:18

      « Je ne vois rien, aucune « tendance », dans votre commentaire qui viendrait atténuer l’injure que vous faites à ces non-possédants que vous méprisez. »

      Comme beaucoup d’autres ici, vous vous faites de fausses idées sur moi ?
      Comment voulez vous que je méprise les non possédants, alors que quand je suis né, ma mère issue d’une famille de 10 enfants était servante de ferme et que mon père aîné d’une famille de 7 enfants était ouvrier agricole. Ils ne possédaient strictement rien, hormis l’ardent désir de se sortir, de leur condition misérable, par leur travail et en ne ménageant pas leur peine.
      Mes parents m’ont élevé dans le même état d’esprit, ce qui m’a conduit ici :
      http://www.pauljorion.com/blog/2009/03/25/%c2%ab-la-transmission-des-savoirs-%c2%bb-par-genevieve-delbos-et-paul-jorion/#comment-21164

      Ce que je dis de certains non propriétaires,( je condamne certains de leurs comportements), résulte de ce que ma femme et moi observons de leur comportement dans l’immeuble où nous habitons et où la plupart des appartements est mise en location.

      Je le dis aussi pour montrer à Dominique Gagnot que son projet de suppression du droit de propriété ne m’apparait pas être une bonne solution, ce que l’observation de Nietzsche semble confirmer.

      http://www.pauljorion.com/blog/2015/11/04/etat-durgence-crise-systemique-globale-emballement-climatique-atlantique-nord-vs-el-nino-cop21-etou-loi-de-puisseguin-regardons-ce-soliton-en-face-par-philippe-soubeyrand/#comment-584459

      1. Vos parents ont fait des efforts louables, normaux, à n’en pas douter.
        Par la force des choses, ils vous ont laissé la liberté de penser et de vous exprimer.
        Apparemment, vous ne faites pas la promotion de ce qu’il vous ont légué… à moins que vous n’arriviez pas à exprimer vos pensées avec les mots qui conviennent… ou encore que la provocation soit le logiciel qui consomme 99% de vos ressources !

      2. Si cela pose effectivement problème, la collectivité pourrait reprendre la seule propriété du foncier, et laisser le bâti propriété privée.

        Selon votre théorie, le propriétaire du bâti ainsi en prendrait soin, tandis que la collectivité pourrait tirer d’importants revenus de la location du foncier, et d’autant plus importants que les lieux sont recherchés…

      3. Notons que l’achat du bâti par un nouveau locataire du foncier, peut être vu comme une caution, qu’il récupérera à son départ avec plus ou moins valu…

      4. On peut aussi envisager de laisser la propriété privée du bâti et du foncier, et de prélever ce que l’on appellera un impôt, équivalent au montant du loyer du foncier !

        Bref, ce ne sont pas les solutions qui manquent, financièrement équivalentes.

        Mais, comme pour tout ce qui s’adresse à l’humain, il faut veiller à soigner « l’emballage »…

        Lequel préférez vous, jducac?

      5. @ adoque dit : 12 novembre 2015 à 09:50
        « Vos parents ont fait des efforts louables, normaux, à n’en pas douter. Par la force des choses, ils vous ont laissé la liberté de penser et de vous exprimer………..
        …………Apparemment, vous ne faites pas la promotion de ce qu’ils vous ont légué… »

        Vous me lisez mal ou alors, vous ne fréquentez le blog de PJ depuis trop peu de temps.
        Au contraire de ce que vous dites, je fais très souvent référence à mes parents, peut-être même suis-je de ceux qui le font le plus, dans le but de leur rendre hommage mais aussi, d’être éventuellement utile à ceux qui n’ont pas eu la chance que j’ai eue grâce à ce qu’ils m’ont enseigné.

        Voici ce que par exemple je disais d’eux ici :
        « La raison essentielle vient du respect d’un précepte fondamental, ancré dans la morale familiale : il ne faut jamais être jaloux ni envieux de ce que possèdent les autres. C’est l’un des biens les plus précieux que mes parents, qui par ailleurs n’avaient rien, m’ont légué. »

        http://www.pauljorion.com/blog/2010/04/02/le-temps-quil-fait-le-2-avril-2010/#comment-70123

        @ Dominique Gagnot dit : 12 novembre 2015 à 13:26
        Reportez-vous à la réponse que j’ai faite ci-dessus à adoque pour ce qui concerne les inégalités.

  9. « Les uns, ceux qui se sont donné la peine, parfois durant de nombreuses années, « d’économiser » pour investir dans ce qui serait leur propriété, veillent lorsqu’ils la possèdent enfin, à en prendre soin, tant dans leurs parties privatives que dans les parties communes. »

    Il y a, « d’heureux propriétaires d’hôtels meublés » qui logent les pauvres que vous méprisez si bien, dans des conditions que vous n’accepteriez même pas pour UN CHIEN….aucun travaux effectué, délabrement et insalubrité voire pourriture sur les murs, sanitaires douteux qui servent de douches, j’en passe. Puisque vous optez, contre toute attente, pour un esprit honnête et en recherche de rigueur et de vérité, je vous suggère, de faire une expérience contructive d’immersion dans le milieux des trés pauvres et des clodos (même « d’honn^tes clodos travailleurs ») : autrement dit allez donc vous immerger une heure ou deux par semaine, pas plus, « à votre grand coeur », avec d’autres bénévoles, dans une asso , secours populaire, secours catholique, les restos du coeur , peu importe et participer sur le terrain à la distribution de colis alimentaires aux bénéficiaires (ou pas) du RSA.

    ECHANGER , DIALOGUER, EXPERIMENTER SUR LE TERRAIN N EST ELLE PAS LA MEILLEURE DES PREUVES DE L HONNETETE ET DE LA RIGUEUR INTELLECTUELLE QUE VOUS CHERISSEZ TANT ?
    Bref partager, concrètement, un tant soit peu, la chienlit quotidienne des miséreux n’est il pas la meilleur des preuves de recherche et de compréhension RIGOUREUSE des FAITS ?

    Cela vous fait peur JDUCAc « le pauvre », le « sans dent » ? Pas la saloperie de proprio du meublé qui fait son gras sur cette misère par ce que toutes les portes leur sont fermés bikoz , proprio ou pas, si t’as pas de pépèttes, ni de boulot, t’es quasi mort, bikoz les services sociaux sont ras la gueule comme les assos, bikoz on nous rabache et on nous le confirme chaque année en acte, qu’il n’y a plus de pognon pour PERSONNE ! Mais bien sur…

    Merde Jduc, si vous êtes vraiment honnête, allez y au taf, au charbon, la flairer de prés la merde, et vous découvrirez qu’elle a moins de remugles que celle que vous nommez sans la connaitre et qui vous fait peur par ce que vous n’avez pas le courage de la regarder en face et de l’affronter ! Quel homme ….!
    Qui sent le plus mauvais ?

    1. L’homme est sans prévoyance à l’égard de ce qu’il ne possède que d’une façon passagère, il ne fait pas de sacrifices et agit en exploiteur, en brigand ou en misérable gaspilleur.

      Nietzsche/Jduc, Humain trop humain.

      1. En même temps , Nietzsche est mort à 56 ans dont 11 dernières années de folie .
        Si Lou Salomé lui était restée , sur qu’il aurait eu le goût et le temps de donner les premières pistes « humaines » à ses propres coups de poignard à la raison , au savoir occidental , à la morale , à la religion, à la philosophie …
        Kierkegaard et son angoisse devant Dieu, quelques années avant lui, avait commencé un travail plus fécond pour aller au delà du nihilisme ( chez lui , j’ai adopté « l’humour » comme passeport ) .
        Mais pour Jducac , je crains que les plis , trop anciens , soient irréversibles .
        « Ainsi parlait Juannessy . »

      2. c’est ça « les plis trop anciens et irréversibles », préfiguration d’une
        Nietzschéenne fossilisation de l’esprit. Nietzsche trouvait que la démocratie était « une décadence »; quand c’est plié, c’est plié….assurément..
        ainsi parlait jeanne Dark…un pti barbecue ?

  10. Pour ceux qui en ont le temps et l’envie, je vous livre un passage extrait du magnifique livre « L’Age de la connaissance » de Marc Halévy. Je ne pousse à rien, mais en lisant les derniers messages de ce billet, je pense qu’il y a des précisions, voire même des réponses à quelques questions soulevées (Nietzsche, nihilisme, humanisme, valeurs, démocratie, noosphère, esprit …)
    Et petit rappel : Attention, Nietzsche conspue le nihilisme et prône un retour vital aux valeurs dionysiaques du culte de la force de vie; Pour Nietzsche le nihilisme fait le lit du matérialisme, de l’égocentrisme, du court-termisme qui caractériseront le XXè siècle.
    Le relativisme Nietzschéen a souvent fait dire que Nietzsche fut nihiliste, et que donc pour lui, rien ne pouvait avoir de valeur. Cette assertion est fausse. Relativisme et nihilisme ne sont pas synonymes, ni pour la philosophie en général, ni pour Nietzsche en particulier

    Toute « valeur », tout « Absolu » sont relatifs, humains, mortels.
    Nous vivons la mort de toutes les valeurs aujourd’hui. Le terrorisme islamique ou étatique n’en est qu’une des nombreuses illustrations. Il n’y a plus de valeurs. Nietzsche l’avait annoncé il y a un siècle, et le retour aux « valeurs » est impossible. Il est impossible de re-mythifier quelque chose qui a été désacralisé ou relativisé. Nous entrons dans l’ère du nihilisme.
    Cinq siècles de raison critique et de catastrophes politiques et sociale ont eu raison des idoles, religieuses ou laïques.
    L’idole patrie (morte dans les tranchées de l’Yser), l’idole race (morte à Auschwitz), l’idole égalité (morte au goulag) …
    Triomphe absolu du scepticisme philosophique : l’homme a démontré son incommensurable capacité à tout saccager, tout piller, tout salir aux nom de ses idéaux les plus élevés.
    La conclusion pragmatique s’impose : tous les idéaux sont néfastes dans la pratique, dans le vécu, dans le Réel de l’histoire et de la chair des victimes.
    Puisqu’il n’est plus de valeur possible, puisque toute idole engendre nécessairement intolérance et violence, dures ou molles, mais toujours réelles, puisque l’idolatrie sous toutes ses formes est indigne de l’humain, alors nous sommes condamnés au nihilisme.
    Car au coeur de ce mot méconnu, il n’est dit rien d’autre que ceci : il n’y a rien (nihil en latin) qui puisse être immuable, absolu, définitif, éternel. Tout est relatif parce que tout est mouvements, transformations, changements, métamorphoses. Rien n’est mais tout devient.
    Les autres ne comptent pas sauf s’ils m’adulent et se soumettent.
    Ce nihilisme égocentrique est forcément violent puisque ces autres qui n’ont pas l’intention de se soumettre ne laissent à l’ego délirant qu’une seule issue : leur destruction.
    C’est la logique incontournable agressive infâme et sanglante de Hitler, Lénine, Staline Mao et tous les autres psychopathes qui sévirent ou sévissent encore, certains avec l’assentiment de nos démocraties angéliques.
    Il y a une échappatoire. Le nihilisme qui conçoit et comprend que l’ego, l’humanité, la Terre, l’univers ne forment qu’un Tout insécable, organique, où tout dépend de tout.
    Et ce Tout balaie toutes les naïvetés, toutes les « valeurs » humaines.
    L’ère des idéologies est révolue. Chacun aura ses idéaux, chacun se créera ses propres dieux, chacun construira sa vie avec les briques ou la paille de ses tripes. Chacun aura ses repères relatifs.
    Et au- delà des repères individuels et relatifs, il n’y aura que deux regards possibles : l’Ego ou le Tout, la violence ou la transcendance.

    Lorsque les USA ont refusé de signer la convention de Rio sur la réduction des pollutions et consommations énergétiques, sous prétexte que cela nuirait au confort de l’américain moyen… et tant pis pour la planète, et tant pis pour les générations à venir… et tant pis pour la Vie. C’est une morale humaniste qui reste confinée dans un anthropocentrisme autiste.
    Les morales humanistes sont des impasses. L’homme n’est plus la mesure de toute chose, ni le but ni le centre ni le sommet de quoique ce soit.

    L’homme n’a de sens et de justification qu’au service de ses deux missions essentielles : favoriser la Vie dans la biosphère et créer l’esprit dans la noosphère.

    1. Tout cela n’est pas faux , et s’agissant d’échappatoire , j’évoquais Kierkegaard qui avait fait sa propre tentative avant même que Nietzsche n’ait le temps et le goût d’avancer la sienne .

      D’une certaine façon Mai 68 , la  » nouvelle philosophie » de Glucksmann et Lévy ont aussi été des poussées pour imaginer des « échappatoires » . Encore vaines.
      Pour le transhumanisme , je ne dirais pas échappatoire, mais fuite panique suicidaire . Le « bad » Nihilisme dans toute sa stupidité aveugle .

    2. Il est curieux d’ailleurs qu’avec biosphère et noosphère , on réduise à 2 le nombre de « sphères » que Kierkegaard avançait , à savoir :

      – sphère « esthétique » , envie de jouissance
      – sphère « éthique » , ordre moral et de la « bonne conscience » ( l’ordre des « salauds  » de Sartre )
      – sphère « religieuse » , tension vers l’Absolu .
      On passerait de la première à la seconde par l’Ironie , et de la seconde à la troisième par l’Humour.

      Ces trois « sphères » correspondraient à trois attitudes existentielles : jouir ,agir, aimer , un peu en phase avec les trois ordres de Pascal : Chair( divertissement),Esprit ( orgueil), Charité( Amour).

      Elles sont sans doute trop anthropomorphiques pour « englober » notre « Environnement » dans « toute » sa « globalité » .

      On cherche donc un mysticisme écologique encore plus mystique que Kierkegaard .

      Ouais…Entre « éco », »bio » et « sphères » , ça fait encore un peu faiblard pour « connaître » , et pour éclairer les mystères .

      Mais se faire une sphère , ça soulage un peu .

    3. @James, vous écrivez :

      « L’homme n’a de sens et de justification qu’au service de ses deux missions essentielles : favoriser la Vie dans la biosphère et créer l’esprit dans la noosphère. »

      Si Napoléon pouvait vous lire, il vous dirait peut-être ceci :
      « Et Dieu ? »

      Ce à quoi Laplace, en bon bouddhiste, répondrait pour vous :
      « Sir, [nous] n'[avons] pas besoin de cette hypothèse. »

      Et c’est bien ce sur quoi travaillait Nietzsche avant sa mort et qui justifie le fait qu’il conspuait le nihilisme pour aborder maladroitement la question du « nihilisme bouddhique »…

      Certes, Laplace avait mieux compris le bouddhisme que Nietzsche qui a sans doute manqué de temps pour y parvenir, ce que suggère d’ailleurs fort justement le commentaire précédent de Juannessy. Mais à la différence de Laplace, Nietzsche, lui, avait bel et bien exploré le nihilisme. Sans doute aurait-il formulé cette réponse à l’attention de Napoléon s’il avait été à la place de Laplace, sans vouloir faire dans le pléonasme :
      « [Sir,] Dieu est mort ! », Nietzsche, Le gai savoir.

      Aussi Nietzsche, n’était-il pas sur le point de prouver l’interdépendance entre toutes choses ?

      Nous en revenons toujours à cela finalement… D’où peut-être ce glissement naturel de la philosophie Nietzschéenne du démiurgique (i.e. Bogdanov) à l’herméneutique (i.e. Laplace), au sens du classement de René Thom que BasicRabbit nous a rappelé dans l’un de ses commentaires.

      L’énigme Nietzsche ?
      A savoir la méthode Nietzsche, tel un raisonnement par l’absurde, consistant à défier la morale afin de lui donner raison in fine…

      1. @ Philippe Soubeyrand

        Démiurgie et herméneutique.

        Voici le contexte dans lequel Thom classe les grands modes d’explication du réel. Ce contexte est celui du dernier paragraphe (intitulé Démiurgie et herméneutique) de la conclusion d’esquisse d’une sémiophysique, sa deuxième et dernière oeuvre « majeure ». Un testament en quelque sorte.
        Le voici in extenso:
        « On a vu [dans un paragraphe précédent], dans le progrès d’Aristote à Galilée, l’importance du prolongement analytique comme critère d’individuation des processus. Mais le prolongement analytique n’est pas un outil robuste pour l’extrapolation quantitative (exit le déterminisme laplacien!]. Dans l’epsilon approximation d’une fonction empirique f(X) sur [-1,1] on peut trouver des fonctions analytiques dont le domaine d’holomorphie [=d’analycité] présente lesvariations les plus arbitraires. Cela fait que seule une théorie préexistante, fondée sur une ontologie sous-jacente de nature globale, permet de spécifier des familles de fonctions [analytiques] assez restreintes pour permettre une approximation fiable [stable]. Tel est le cas en Physique fondamentale, où l’outil principal est l’analycité de la représentation des groupes de Lie (groupes de symétries) qui définissent la géométrie de notre espace-temps. Que cela marche c’est le miracle. Cela a conduit les physiciens [dont Laplace?] à prendre une attitude que je qualifie de « démiurgique ». On s’imagine que le monde a été construit par un Démiurge intelligent, grâce à certaines formules simples. Le but de la Science, c’est de retrouver ces formules, qui permettront à l’Homme de réaliser le rêve prométhéen de maîtriser le monde. Et ceci même si ces formules apparaissent comme des formules magiques sans aucune justification intelligible. (Il

      2. (Il suffit de songer au caractère inintelligible de la mécanique quantique pour s’en convaincre.)

        A cela s’oppose une attitude que je qualifierai d’ « herméneutique ». Là on se place dans la situation de l’homme assis dans la caverne de Platon, qui voit les ombres projetées par la lumière sur les murs de la caverne. Et l’on essaie de reconstruire les êtres réels dont on voit les ombres. Reconstituer un corps tridimensionnel à partir de son contour apparent, telle est la tâche herméneutique par excellence. elle peut conduire à la manifestation d’entités permanentes, dont on s’efforcera de préciser les contraintes qualitatives ou quantitatives pesant sur leurs interactions. L’observation fait alors place à cette « démiurgie contrôlée » qu’est la modélisation (qualitative ou, dans le meilleur des cas, quantitative). On peut aussi avoir à changer d’ontologie sous-jacente si cela conduit à une modélisation plus compréhensive, plus exacte et plus intelligible. On trouvera dans le tableau C1 [cf. plus haut] une classification des grands modes d’explication du réel.
        La Science moderne a eu tort de renoncer à toute ontologie en ramenant tout critère de vérité au succès pragmatique. Certes le succès pragmatique est une source de prégnance, donc de signification. Mais il s’agit alors d’un sens immédiat, purement local. Le pragmatisme -en ce sens- n’est que la forme conceptualisée d’un certain retour à l’animalité. Le positivisme a vécu de la peur de l’engagement ontologique. Mais dès qu’on reconnaît aux autre l’existence, qu’on accepte de dialoguer avec eux, on s’engage ontologiquement. Pourquoi ne pas accepter alors les entités que nous suggère le langage? Quitte à contrôler les hypostases abusives c’est là la seule manière d’apporter au monde une certaine intelligibilité. Seule une métaphysique réaliste peut redonner du sens au monde. »

      3. @BasicRabbit

        Vous écrivez en citant René Thom :

        « Tel est le cas en Physique fondamentale, où l’outil principal est l’analycité de la représentation des groupes de Lie (groupes de symétries) qui définissent la géométrie de notre espace-temps. Que cela marche c’est le miracle. Cela a conduit les physiciens [dont Laplace?] à prendre une attitude que je qualifie de « démiurgique ». On s’imagine que le monde a été construit par un Démiurge intelligent, grâce à certaines formules simples. »

        Pour moi, non (concernant votre interrogation sur Laplace)… Piqure de rappel en citant Victor Hugo :

        « Monsieur Arago était un grand astronome. Chose inouï, il regardait sans cesse le ciel et il ne croyait pas en Dieu. Ce malheur arrive parfois aux astronomes. Lalande était comme Arago. Ils étudient les étoiles et les soleils cependant. A quoi bon s’ils n’en tirent pas la vraie clarté ? Les splendeurs de la création ne sont pas faites seulement pour l’œil de la chair. Ce sont des astres dans le ciel, ce sont des flambeaux de l’esprit. Monsieur Arago avait une anecdote favorite. Quand Laplace eut publié sa Mécanique céleste, disait-il, l’empereur le fit venir. L’empereur était furieux :
        – Comment, s’écria-t-il en apercevant Laplace, vous faites tout le système du monde, vous donnez les lois de toute la création et dans tout votre livre vous ne parlez pas une seule fois de l’existence de Dieu !
        – Sire, répondit Laplace, je n’avais pas besoin de cette hypothèse. », Victor Hugo, Choses vues.

        Ce qui m’importe, c’est cette conclusion relative à Dieu de la part de Laplace. De même, ce qui m’importe ce n’est pas de savoir que Nietzsche souhaitait démontrer la nécessité de l’existence d’un Surhomme capable de faire face au nihilisme, mais plutôt la possibilité quant à ses dernières intensions consistant à démontrer l’interdépendance de toutes choses…

        Dans le cas de cette citation de Laplace que je reprends en introduction de mon billet, Laplace écrit notamment :

        « […] Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée […] »

        En aucun cas Laplace n’écrit cette phrase de la manière suivante :

        « […] Une intelligence qui, pour un instant donné, connaît toutes les forces dont la nature est animée […] »

        Laplace ne fait ici que se projeter dans l’avenir. C’est pourquoi je me suis permis de compléter sa phrase ainsi :

        « […] Une intelligence [artificielle] qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée […] »

        Mais une intelligence artificielle bien plus vaste et évoluée qu’un HAL 9000, ou que celles présentent à la fin du film A.I. Artificial Intelligence de Steven Spielberg, que je cite aussi dans mon billet, en dépit du fait qu’elles n’aient pas elles-mêmes trouvé la solution :

        « […] Il est certains que les êtres humains devaient être la clé du sens de l’existence. Mais les êtres humains n’existaient plus. »

      4. Dans un monde laplacien le grand horloger est au chômage technique longue durée, soit; mais, mieux encore, dans un monde laplacien-soubeyrandien le très catholique Laplace lui-même devient boudhiste…

    4. @James

      « Lorsque les USA ont refusé de signer la convention de Rio sur la réduction des pollutions et consommations énergétiques……C’est une morale humaniste qui reste confinée dans un anthropocentrisme autiste. »

      Pas du tout, il n’y a aucune morale justement dans cette assertion, ce sont leurs intérêts matériels et financiers et leur incurie voire leur egoïsme foncier qui prédominent au détriment des autres peuples et de l’environnement, point barre. As usual….ce n’est pas dit que ça dure avec ce qui nous pend au nez….!

      « Les morales humanistes sont des impasses. L’homme n’est plus la mesure de toute chose, ni le but ni le centre ni le sommet de quoique ce soit. »
      Et l’homme ne ferait peut être pas parti de la « biosphère » ? Et les valeurs humanistes qui fondent nos civilisations, m^me imparfaites, hop poubelle ?

      Donc, les valeurs et la philosophie qui fondent la pensée humaniste , y compris francmac et toutes obédiences confondues, laïques ou religieuses, si je ne m’abuse, exit aussi ?
      Tabula rasa et vive la noosphère ?

      Elle va avoir une drôle de gueule votre cathédrale….dites donc
      Nos anciennes cathédrales, ont, me semble t il, des fondations autrement plus belles et solides, mais que vous n’honorez pas dans votre discours pro nihiliste .

      Qu’est ce que Nietzsche a dépassé ? Rien du tout.; il est devenu fou. Il a cherché, certes, mais il s’est cogné la t^te contre le plafond bas de son délire pétri d’un hybris délirant, rien de transcendant ni de trés constructif pour l’humanité, mais c’est bien d’essayer…Niezstche c’est pas Jaurès non plus faut arrêter le délire là.

      « L’homme n’a de sens et de justification qu’au service de ses deux missions essentielles : favoriser la Vie dans la biosphère et créer l’esprit dans la noosphère. »

      Ha mais c’était donc cela la grande formule magique ?

      Non, ce qui fait sens pour un être humain c’est de sentir relié, respecté, apprécié, aimé, au sens noble, et pas uniquement religieux.
      Relié à l’horizontal avec ses pairs dans l’échange, le partage, créer, construire, et avec la matière pour la travailler voire la magnifier, sur le plan vertical, par l’esprit et les sentiments dont l’AMOUR, athé ou croyant peu importe.
      La mission essentielle c’est d’honorer la VIE, en esprit et en acte ! Mais on ne peut pas l’honorer bien longtemps quand on n’a pas de boulot ni de quoi manger et là pour le coup la « noosphère » sans humanisme, elle se prend le mur et pas qu’un peu !

      Le plus important, ce n’est pas la règle, mais le SENS a ce que l’on fait .

      La perfection n’existe pas (même si tout est perfectible). Il importe de tirer le meilleur de chacun dans le respect de ce qu’il est plutôt que de s’échiner à vouloir que tout le monde soit parfait ou strictement conforme aux normes ou à un système unique.

      « On sait, grâce à divers auteurs anciens, tels que Héron, que dès l’antiquité les premières mesures ont été prises des dimensions du corps humain, ce que confirment d’ailleurs les noms de : pas, coudée, pied, palme, pouce, doigt, encore employés de nos jours.
      ¨ Au Moyen-âge, donc, les bâtisseurs utilisaient une pige constituées de cinq tiges articulées, correspondant chacune à une unité de mesure de l’époque : la paume, la palme, l’empan, le pied et la coudée. »

      Paume=7,64 cm
      Palme=12,36 cm
      Empan=20 cm
      Pied=32,36 cm
      Coudee=52,36 cm

      Humain trop humain ?

      Quel intérêt de ce qui ne prend pas la mesure de L’ÊTRE HUMAIN et du VIVANT ? KOSMOS LOGOS !

      Quand à l’esprit c’est de NOUS dont il a besoin pour l’incarner , dire qu’il a besoin d’être créé est une impropriété et un contre sens grossier, IL EST, AVEC OU SANS NOUS, sur c’est mieux AVEC, mais il peut faire sans, de toute façon, la vie continue…!

      Affaire de CONSCIENCE. Dont acte James !

      1. Non, ce qui fait sens pour un être humain c’est de sentir relié, respecté, apprécié, aimé, au sens noble, et pas uniquement religieux.
        Relié à l’horizontal avec ses pairs dans l’échange, le partage, créer, construire, et avec la matière pour la travailler voire la magnifier, sur le plan vertical, par l’esprit et les sentiments dont l’AMOUR, athé ou croyant peu importe.
        La mission essentielle c’est d’honorer la VIE, en esprit et en acte ! Mais on ne peut pas l’honorer bien longtemps quand on n’a pas de boulot ni de quoi manger et là pour le coup la « noosphère » sans humanisme, elle se prend le mur et pas qu’un peu !

        Gudule
        Très enthousiasme à lire ce passage de votre commentaire.
        Lumineux et d’une grande lucidité.
        Ça apaise quelque peu ma colère des dernières 24 heures passées.

      2. Gudule et octobre :

        Si on me demande de remplir ma mission dans l’horizontalité , je suis d’accord ! …dans la position du missionnaire .

        Au passage , mission , en tant que « délégation divine », a donné son nom au « Messie » ( qui , lui, a fini plutôt vertical).

        De mon côté , pour avoir occupé mon temps dans une « administration de missions » qui n’existe plus ( victime du libéralisme institutionnel anglo-saxon qui anime toujours les revendications de Cameron pour rester dans l’UE ) , j’y regarde à deux fois quand le terme est employé , et surtout interrogatif vis à vis de la source d’où émane « l’ordre de mission ».

        Je préfère parler de « raison d’être », car cela renvoie aussi bien à l’individu , qu’au groupe humain , qu’à la biosphère .
        A la République , à la Démocratie , à la fin que poursuit la « raison d’être  » , qui est une « raison d’être » de rang supérieur .
        A cette forme imparfaite pour tenter de concilier , et non pas maîtriser , le passé , le hors temps , le « présent » , l’avenir proche.
        C’est la « raison d’être » , négociée, qui fait l’existence autonome du groupe en tant que système pertinent et efficient .
        Les débats électoraux , philosophiques , scientifiques , religieux …de ces dernières cinquante années , n’y préparent pas .

      3. Juan,
        Je suis probablement moins regardant que vous au mot près et, chose étrange, je n’ai pas buté sur ce terme de « mission », pour la simple et bonne raison que je sens plus globalement l’intensité que va mettre une personne dans son commentaire. Mais ça, c’est mon tempérament d’artiste, car en matière d’art l’intensité et l’émotion sont des leviers essentiels. Fonction haute température contre basse température si je peux dire. Et puis aussi je suis très fatigué ces temps-ci – à fleur de peau comme on dit – pour scruter le moindre détail.
        Ceci dit je comprends où vous voulez en venir, d’ailleurs l’introduction de votre texte ne manque pas de piquant 😉

    5. Le problème avec la noosphère c’est que rien n’empêche de la comprendre comme la sphère des robots intelligents à l’exclusion des humains.
      D’autre part, dire que tout dépend de tout, et réciproquement, fait de l’humain quelque chose de superflu. C’est l’attitude de la deep écologie. La vie et la mort qui sont notre lot humain ne font-elles pas de nous des êtres inscrit dans le temps et qui donc le temps d’une vie cheminent sur un chemin marqué par l’irréversibilité du temps, affecté alors d’une direction, d’un sens.

      La remarque de Philippe, ci-dessous, me semble juste : Nietzsche n’échappe pas aux valeurs, seulement il pose la sienne, qui résulte de la transvaluation de toutes les valeurs.
      Par contre sa valeur est-elle pour autant une morale, il ne me semble pas, puisque précisément c’est la valeur individuelle comme valeur critique radicale de toutes les autres valeurs. Une morale est nécessairement collective, par opposition à l’éthique par définition individuelle. Pour autant morale et éthique ne sont pas séparées pour autant, elles se supposent mutuellement, et elles entretiennent un rapport dialectique. La valeur de Nietzsche c’est celle d’une éthique basée sur un criticisme radical et apolitique qui lui fait penser que la vie n’a aucun sens. Nietzsche n’est pas individualiste au sens d’égoïste, d’irresponsable, au contraire il exige de lui-même beaucoup, un engagement total, mais sa réflexion manque la dimension dialogique et politique des valeurs. Sa posture héroïque, faite de tensions permanentes dans la quête du surhomme n’est-elle pas d’ailleurs contradictoire de l’une de ses affirmations selon laquelle n’a vie n’a pas de sens ? Nietzsche donne pourtant un sens à la vie, au moins à sa vie, dans sa quête du surhomme.

      Peut-on construire une société avec une telle philosophie ? Les valeurs ne sont-elles pas que nous le voulions ou non — aussi, portées par des institutions avec ce qu’elles comportent de stabilité ? L’humain peut-il se passer des institutions ? Toute institution est perfectible, mais le fait institutionnel lui-même est le milieu dans lequel nous évoluons, nous n’échappons donc pas la prégnance de valeurs collectives, quitte à critiquer ces valeurs pour modifier les institutions.

    6. @ James Bernard dit : 12 novembre 2015 à 03:13
      En gros j’adhère à la plupart des conclusions que vous venez d’énoncer et reste en arrêt sur cette dernière remarque :

      « L’homme n’a de sens et de justification qu’au service de ses deux missions essentielles : favoriser la Vie dans la biosphère et créer l’esprit dans la noosphère. »

      Puisque tout à une durée et une fin y compris la vie et même l’esprit dont le déploiement en dépend, pourquoi la conquête du temps (la durée) ne pourrait-elle pas constituer la mission première que pourrait s’assigner l’humanité ?

      1. jducac,
        Il y a une objection à cela, c’est qu’il y autant de raisons de penser que la conquête de l’immortalité responsabilise et déresponsabilise.
        Dans le cadre de notre société actuelle, capitaliste, inégalitaire, il est un fait ceux qui recherchent l’immortalité à tous prix sont ceux qui en ont les moyens, et ceux-là mêmes qui ont intérêt à faire perdurer un système où il existe peu d’élus et beaucoup « d’esclaves ». N’a-t-il pas été dit sur ce blog que le néo-libéralisme est le moyen qu’aurait trouvé l’espèce pour réguler sa population ? Dans ce cas ‘l’élite’ agit de façon irresponsable puisque le sort de toute une partie de l’humanité est passée par pertes et profits. Et c’est bien ce qui se passe aujourd’hui.

        Dans l’autre éventualité, celle où tous les moyens seraient mis en œuvre pour que tous les terriens vivent mille ans, il va de soi que les inégalités ont été résorbées ou réduites tout au moins de façon conséquente. Alors, sans doute, les terriens peuvent vivre en bonne harmonie sur leur planète, et peuvent même aller exploser la galaxie étant parvenus à dégager les ressources supplémentaires nécessaires du fait d’avoir su partagé les connaissances et œuvré pour un projet commun qui dépasse la somme des intérêts individuels.

        La seconde éventualité peut d’ailleurs impliquer, mais pas nécessairement, que l’élite change sa façon de voir les choses, et qu’elle comprenne que son objectif de vivre longtemps est incompatible avec le système qu’elle parasite aujourd’hui. Bref, que son intérêt coïncide d’avec celui de tous.

        Alors, jducac, comment, avec le point de vue qui a été le votre jusqu’ici, parvenez-vous à l’accroissement de la vie sans réduire drastiquement les inégalités ? Ne voyez-vous pas que l’accroissement de la durée de vie dans une société inégalitaire est une impasse ?

        M’est d’avis aussi que l’élément nécessaire et suffisant pour assurer la survie de l’espèce humaine n’est pas tant celui d’une espérance de vie de 1000 ans que celui d’un changement à court terme quant à la désirabilité d’un monde où nous pourrions continuer à vivre nombreux et en bonne entente, sans même qu’il soit nécessaire de vivre des centaines d’années, voire mille ans. Autrement dit il suffirait qu’apparaisse évident à tous la possibilité de vivre mieux tous ensemble à un horizon proche pour que s’amorce un grand changement, un grand tournant.
        N’Est-ce pas d’abord l’amour de nos proches, et de proche en proche celui que nous portons à l’humanité, qui nous motive, plus que le nombre des années à vivre. Or l’amour c’est là maintenant tout de suite.

        En effet, si transformation il doit y avoir elle se fera depuis le monde tel qu’il est aujourd’hui, avec ses limites, et alors de ce point de vue rien ne différentie l’espérance de vie post-mortem de l’espérance de vie de 1000 ans ici-bas. Car à court terme il est extrêmement improbable que les humains gagnent 1OOO ans d’espérance de vie en deux générations ou même trois. Il s’agit donc bien d’une espérance. L’espoir je le crains n’y suffira pas, même si ce n’est sans doute pas toute à fait inutile pour que l’humanité se fasse une autre idée d’elle-même.

      2. @PYD :
        J’avais affirmé un jour ( à noblejoué qui a disparu du sérail) que je ne voyais pas ce qu’il y avait de profitable à vivre 1000 ans plutôt que 30 , 80 ou 120 ans.

        Si l’on devait arriver au constat qu’il nous faut vivre 1000 ans pour avoir une chance de survivre , ça réclame en tous cas une sacrée régulation des naissances juste au moment où les chinois prennent le train inverse.
        Faut il vraiment vivre vieux pour survivre , sinon vivre mieux ?

        Comme l’intuition que le cumul des effets pervers de cette solution simpliste hâtera en fait la fin que l’on cherche à éviter .

        En tous cas , sans moi , car « mille ans » m’évoque davantage « Orly », de Brel.

    7. Je viens de découvrir vos nouveaux commentaires suite à ce qu’écrit James, notamment ceux de Gudule et de Pierre-Yves. Tout cela me rappelle deux personnages : Néo et HAL 9000…

      Les valeurs humanistes sont effectivement des impasses comme l’écrit James. Elles fondent peut-être nos civilisations et nos institutions, mais elles font l’impasse depuis trop longtemps sur l’écosystème et la biosphère dont nous faisons pourtant partie intégrante bien évidemment…

      Nietzsche c’est pris le mur en pleine face, prenant conscience des limites de l’être humain face au nihilisme depuis lequel s’est construit sa pensée philosophique. Il refusait de faire la preuve de l’existence du Christ allant jusqu’à scander « [le Christ] est mort ! », s’obligeant ainsi à faire la preuve de la nécessité de l’existence d’un Surhomme. Mais il a alors très vite compris que même cette démarche était vaine, « [le Surhomme] est mort ! ».

      C’est là que Nietzsche aborde la question du « nihilisme bouddhique » (il lui est malheureusement impossible de concevoir la question de « l’humanisme bouddhique »), mais il est déjà trop tard et il sera par la force des choses gagné par la folie avant de pouvoir aborder la question de l’interdépendance entre toutes choses propre au bouddhisme, ce que je précise à James ici :

      http://www.pauljorion.com/blog/2015/11/04/etat-durgence-crise-systemique-globale-emballement-climatique-atlantique-nord-vs-el-nino-cop21-etou-loi-de-puisseguin-regardons-ce-soliton-en-face-par-philippe-soubeyrand/#comment-584479

      La démarche de Nietzsche était courageuse mais à quel prix ? L’esprit de Nietzsche s’est retrouvé pris au piège sur son propre ruban de Möbius (ni Christ, ni Surhomme), façon Néo dans Matrix lorsqu’il se retrouve piégé dans cette gare contrôlée par l’Homme du Train alors qu’il n’est pas connecté (ni Matrice, ni Monde Réel)…

      Et même une IA ce serait retrouvée dans la même situation que celle de Nietzsche face à un tel problème à résoudre, ce que Stanley Kubrick avait lui même abordé dans 2001 : l’odyssée de l’espace, faisant devenir l’IA HAL 9000 paranoïaque (ni Dieu, ni Homme) !

      Bref, face à une telle entropie, à savoir infinie, que ce soit Nietzsche, Néo ou HAL 9000, il n’est point d’intelligence suffisamment vaste, comme dirait Laplace !

  11. Pour continuer la discussion suite aux derniers messages et réflexions / cogitations des uns et des autres
    Se changer soi-même n’est pas si simple, c’est même très douloureux, mais c’est bien cet effort qui nous est demandé si l’on veut passer de l’autre côté (non pas au trépas ni outre tombe, mais tout l’inverse, passer de la chenille au papillon comme l’évoquait d’ailleurs Gudule.)
    On a vu que les valeurs humanistes telles que la charité débouchent sur l’assistanat généralisé, la démocratie débouche sur une démagogie clientéliste et électoraliste. Que la liberté sans la responsabilité et l’autonomie débouche sur le caprice érigé en système. Que l’égalité débouche sur un égalitarisme insupportable et sur le nivellement par le bas …

    Marc Halévy l’explique très bien : « Nietzsche nous fait comprendre que les personnages se prennent pour l’homme supérieur mais ne le sont pas puisqu’ils finissent par adorer l’âne des rois dont ils font leur nouveau Dieu.
    Face aux « hommes supérieurs », les « petites gens » qu’il ne faut pas confondre avec les pauvres ou les modestes, mais bien avec les « faibles » (riches ou pauvres, vaniteux ou modestes), ceux qui sont incapables d’assumer leur propre destin.
    Ces petites gens exercent leur dictature. Leur petitesse vient de la diminution de soi, de l’effacement de soi, de leur orgueilleuse modestie.
    « Ce qui est femmeletette, ce qui est issu de la servilité, et tout particulièrement le méli-mélo populacier…
    La tyrannie du grand nombre, la tyrannie de la médiocrité, la tyrannie de la bêtise et de l’ignorance, de l’inintelligence : voilà ce qu’est la démocratie au suffrage universel que Nietzsche abomine.
    Toute démocratie ne peut que dégénérer en démagogie car les élites démagogiques n’ont pas assez de courage pour devenir aristocratiques et pas assez d’abnégation pour renoncer à leur parasitisme.
    Cette voie est une impasse. Et nous, fils de Nietzsche, en ce troisième millénaire naissant, nous commençons à en payer le prix fort. »
    L’élite aristocratique, au contraire de l’élite démagogique qui ne vise que ses propres intérêts égocentrés à court terme, se reconnaît par son engagement au service du destin humain, tellement au-delà des misérables états d’âme individuels.

    Les « petites gens » dont font partie les 1% ultra riches qui pillent et saccagent la terre, (par exemple un Soros, ou un Bill Gates avec leurs fondations et oeuvres de charité pour se faire passer pour des hommes bons)… ces petites gens vivent comme des enfants. Ils revendiquent que les autres, que les forts continuent de leur offrir leurs jeux puérils.

    Car ce qu’ils ont l’air d’ignorer du haut de leur artificielle supériorité, et que nous rappelle Dmitry Orlov dans ses descriptions de l’effondrement : « il n’y a pas de méthode connue pour réduire l’industrie à une taille artisanale, pour ne servir que les besoins de l’élite, ou pour maintenir en vie en l’absence d’industrie des institutions sociales, financières et politiques qui ont coévolué avec l’industrie. »

    1. Je tique toujours quand j’entends aristocratie , qui pour m’être supportable doit renvoyer soit à Oscar Wilde :
       » Dans une démocratie aboutie , tous les citoyens sont aristocrates « .
      et à Montesquieu qui ne dit pas autre chose quand il écrit que la condition de la démocratie est la Vertu ( en ce que chacun est responsable de l’autre , puisque sa voix est « prise en compte »).
      Remarque faite qu’il n’est déjà pas facile de définir , sans contestation ,  » Vertu » et  » Honneur aristocratique », il reste à trouver le mécanisme pour les porter .

      Et comme je n’ai aucune envie de confier ce qui me fait homme , à un système réputé « vertueux » ( même si Paul Jorion émet parfois le désir d’un système qui rende les riches vertueux malgré eux ) , je garde ma démocratie républicaine , pour autant qu’elle ne devienne pas elle même un mécanisme imbitable et auto-astreignant .

      Emballement climatique ou pas .

  12.  » Les « petites gens » dont font partie les 1% ultra riches qui pillent et saccagent la terre, […] ce qu’ils ont l’air d’ignorer du haut de leur artificielle supériorité« 

    voilà, exactement où se situe leur « talon d’Achille ».
    Supériorité assez arrogante pour les rendre aveugles de cette mortelle faiblesse.

  13. +1 PY Dambrine

    « et peuvent même aller exploser la galaxie »

    Exploser ? pas explorer….plutôt ? 😉

    « N’Est-ce pas d’abord l’amour de nos proches, et de proche en proche celui que nous portons à l’humanité, qui nous motive, plus que le nombre des années à vivre. Or l’amour c’est là maintenant tout de suite. »

    Oui, c’est exactement ça, Merci !

    @Octobre
    merci Octobre, je suis touchée par votre commentaire et suis trés heureuse et agréablement surprise de vous avoir apporté ces bienfaits. Alors quoi ? ET bien pour paraphraser PY Dambrine (ci dessus) : Vigneron et Juanessy ont apaisé Gudule, qui les remercie … 🙂 ; qui a apaisé Octobre…, bel exemple d’un bel échange et d’un partage vivant , fluide et harmonieux, comme quand on se passe un relais, un bouquet de fleur, naturellement, merveilleux ça m’a fait du bien alors on se sent beaucoup mieux et on partage là , de proche en proche, maintenant tout de suite.

    Je comprend votre colère, et comme l’ont souligné Vigneron et Juan , pour jduc quand c’est plié c’est plié, pourquoi s’énerver ? Autant utiliser son énergie de façon constructive et continuer d’échanger quand c’est possible, DONC, le dialogue de sourd , Nietzsche
    ou pas …

    Au plaisir de partager
    kdo octobre : https://lenombredor.wikispaces.com/Histoire

  14. Vivre mille ans, 20 ans jeunes et 60 ans adultes et 920 ans vieux avec ses souvenirs de jeunesses, les psychanalystes ce suicideront avant c’est sûr.

  15. François Cheng à la Grande librairie, ce soir :
    « le tout vient d’une donation totale »
    « L’ailleurs est toujours un ici et maintenant. »
    « … sans la mort, aucune perspective de transformation »
    toujours une grande émotion à l’entendre, pas seulement pour ce qu’il dit, mais pour cette voix, dont la scansion, le timbre si particulier, en dit autant si non plus que la philosophie qui est exprimée par cette voix.
    « du moment où il y a une rencontre on est sauvé »

    1. ceci dit Mordillat et son « name droping » n’est pas mal non plus. La vie concrète quoi.
      E chenu d’ajouter : « le langage va plus loin que nous … c’est alors notre devoir de ne pas perdre une miette de cette expérience vécue (accumulée par le langage humain) … »

      1. C’est extrêmement intéressant également lorsqu’il dit que la langue française qui n’est pas sa langue maternelle est la langue qui lui a permit de dire ce qu’il avait à dire. Une langue plus qu’un outil de communication n’est-elle pas d’abord une affaire de rencontre(s). A ce propos F. Cheng est celui qui introduisit la pensée chinois à Jacques Lacan, lequel à toute heure du jour ou de la nuit pouvait l’appeler et le faire venir rue de Lille pour approfondir une question qui le taraudait. La pensée de J. Lacan aurait-elle été ce qu’elle fut sans F. Cheng ?

    2. @Py Dambrine

      « le tout vient d’une donation totale »
      « L’ailleurs est toujours un ici et maintenant. »
      « … sans la mort, aucune perspective de transformation »
      « du moment où il y a une rencontre on est sauvé »

      Bravo ! mort « symbolique » , dans un premier temps c’est mieux; l’autre il n’y a rien qui presse…… 😉

    3. C’est en l’écoutant, je crois que c’était dans une des émissions radio d’Alain Veinstein que j’ai eu le désir de me procurer
      Cinq méditations sur la mort. Et en effet sa voix m’avait beaucoup touché.

      Les arbres de l’infinie douleur,
      Les nuages de l’infinie joie,
      Se donnent parfois signe de vie,
      À la lisière du vaste été.

      Les alouettes passent à travers
      Sans rien saisir de leurs paroles,
      Une source les retiendra seule
      Pour donner à boire aux morts.

  16. Philippe Soubeyrand
    12 novembre 2015 à 15:33:
    « Les valeurs humanistes sont effectivement des impasses comme l’écrit James. Elles fondent peut-être nos civilisations et nos institutions, mais elles font l’impasse depuis trop longtemps sur l’écosystème et la biosphère dont nous faisons pourtant partie intégrante bien évidemment… »

    En jetant par-dessus bord l’humanisme , vous courrez un grand risque.

    A ma connaissance, l’humanisme n’est pas formalisé. Je crois qu’il est à périmètre variable. Rien n’empêche d’y ajouter le souci pratique de préservation de la Nature. En fait, je suis sûr qu’un humanisme bien compris inclus tout ce qui permet de vivre pleinement en société et dans un environnement « vivable ».

    Tel que je perçois l’humanisme, il me semble qu’il est la résultante d’un savoir-vivre ensemble, construit siècle après siècle au moyen du classique procédé essais-erreurs-corrections. A cet titre, il est non-substituable et infiniment malléable.

    Je ne comprends pas qu’avec votre savoir et votre intelligence, vous n’ayez pas perçu cette réalité. Il y a là un marqueur quant à la restriction mentale qui me fait peur. Un mouvement de pseudo-pensée veut que l’écologie tende vers un totalitarisme. En déclarant que l’humanisme est dépassé, vous fournissez des armes à ce révisionnisme.
    Vous ne sauvegarderez pas la Nature contre les gens (= au prix des gens) et vous ne sauvegarderez pas les gens contre leur gré.

    Je n’imagine pas que vous vouliez créer une chapelle élitiste et exclusive, comme il y en a tant. En proclamant que ce que nous enseigne les générations passées est à mettre à la poubelle, c’est pourtant ce que vous faites.
    Faites un effort pour rendre l’Ecologie désirable. L’humanisme le permet sans aucun doute, il suffit d’y rapporter une pièce -un rustine si vous voulez- aussi grande que nécessaire et faire en sorte qu’elle soit intégrée par la sagesse des peuples. Car vous ne pouvez rien sans eux.

    1. L’humanisme c’est ce qui considère que rien n’est étranger à l’humain. Et c’est vrai il y a plusieurs humanismes, un humanisme avec ou sans Dieu.
      Pour ma part, j’adhère à la pensée de F. Cheng selon laquelle le tout est une donation totale. Ainsi l a vie vient à nous plutôt que nous allons vers elle. Nous naissons d’abord puis nous mourrons. « Il y a » puis « il n’y a plus. » Ce n’est pas « il n’y a pas » puis « il y a ». Certes nous appartenons à une lignée dans laquelle tous ceux qui nous précèdent sont morts avant que nous mourrions, et après que nous ayons vécu. La non existence absolue (même si ce n’est qu’une idée) ne peut se concevoir qu’ à partir de l’existence, jamais l’inverse. Parce que c’est la vie qui nous est donnée qui nous donne le sens de l’existence.
      La non existence, le « il n’y a pas » du penseur chinois » n’est pas essentialisé, il est la part invisible, la source, la ressource infinie du dynamisme de l’univers et de sa particularisation en choses, phénomènes visibles, êtres. La pensée chinois conçoit donc une métaphysique mais qui à la différence de la métaphysique de tradition occidentale (même s’il y a des exceptions) relève du qualitatif, c’est le même univers dont il s’agit mais à un degré de subtilité telle qu’il est invisible par les sens. En quelque sorte c’est une métaphysique aspectuelle. Seul l’entendement, avec l’art, la poésie, la science dans ces moments ou le scientifique décolle de l’ancien paradigme pour en concevoir un nouveau nous font sentir l’existence de l’autre des choses, comme ressource vitale.

      Ou dans des expériences beaucoup plus banales de la vie quotidienne, lors desquelles objet et sujet semblent se confondre. Les chinois usent de la métaphore du vent pour indiquer cette réalité non objectivable mais néanmoins indirectement observable, ainsi du vent, cette chose qu’on ne voit jamais, mais mais qui fait frissonner la surface d’un lac,.
      Le « il n’y a pas, certains penseurs chinois le nomment le « vide médian » notion qui intéressa beaucoup Lacan, pour désigner ce qu’il nomme le Réel. Ce n’est donc pas un vide en soi, mais un vide, comme l’autre des objets ou êtres particularisés de notre univers.
      La vie comme expérience singulière pour chacun d’entre est donc co-extensive à la totalité de l’univers. La vie comme émergence n’est-elle pas alors une illusion ? Si nous distinguons des objets, des phénomènes particuliers dans l’univers, mesurables, quantifiables, n’est-ce pas toujours du point de vue de notre vie, encore que dire point de vue n’est pas ici le terme adéquat puisque la vie est tout ou n’est rien. C’est à dire la vie comme indissociable du Réel. C’est pourquoi l’idée qu’il y aurait une vie sans l’homme (la deep écologie que je visais dans un précédent commentaire) est une question qui n’a pas de sens. Le monde purement objectif sans existence humaine est inconcevable. Tout comme de la mort personne n’est jamais revenu, personne non plus n’a connu le monde sans l’homme. Hegel ne conçoit pas l’objectivité sans son rapport dialectique à la subjectivité.
      Reste à comprendre, si toutefois l’on adhère à ce qui précède, le temps. La flèche du temps. La flèche du temps est très certainement alors ce que produit notre mémoire à mesure que nous accumulons des expériences de vie, Paul dirait des valeurs d’affects produisant des significations qui s’enroulent dans notre réseau mnésique, des plus anciennes, avec ses plus hautes valeurs, jusqu’aux plus récentes. Qui dit expériences accumulées, valeurs d’affect, dit rencontres.

      1. Pardonnez moi ces quelques envolées, mais il est tard, et Philippe Soubeyrand nous a bien aidé à lâcher du lest.
        j’ai retrouvé avec lui les riches heures du blog.
        Et merci à Panagiotis Grigoriou qui nous ramène sur Terre.

      2. Entendre partout le hurlement d’une mère à qui on annonce la mort de son petit. Voir un père se vider instantanément de toute vie. Sentir impuissante ces hors sol, ces sans repaire.
        La flèche du temps de notre espèce. Cette flèche intègre-t-elle le temps d’un plaisir ou d’une douleur total(e) y compris lointaine, innommable puisque nous ne pouvons l’exprimer que par un cri/perte de conscience ?
        Ces ins-temps là, ces cris là, où se situent-ils dans tout, dans rien, dans le vide médian ?

        Dans cet espace désormais connu de notre planète qui nous accueille, notre lieu commun, nous pouvons les rejeter mais nous ne pouvons plus désormais ignorer tous ces autres exotiques. Chaque jour un peu plus nous ratiocinons collectivement l’absurdie de l’abandon de la raison commune interdisant l’émergence de l’empathie, la compassion, l’amour, l’entente. Chaque jour nous zappons les cris insupportables emportés par le vent médiatique mais qui se rapprochent. Chaque jour sous la menace nous orientons un peu plus la flèche du temps de notre espèce vers l’inimaginable hors-sol, l’illusion extra-terrestre, transcodée-humaniste pour nier notre appartenance essentielle.
        Ces expériences accumulées collectives planétaires qui nous ont fait perdre définitivement l’innocence de notre enfance à l’insu de notre plein gré, en tuant nos repères de vie et ébranlant nos certitudes peuvent-elles tuer l’élan, l’énergie, et nous conduire vers une adolescence jouant de la mort extrême soufflant une fuite raisonnante, collective, furieuse, pour être ce que nous croyons savoir et haïssons, pour faire, mal-veillants ?
        Face à l’inédit non pas de vivre ou mourir, mais vivre ou disparaître en emportant le mystère de la vie, sans repaire, nous l’espèce humaine saurons-nous, pourrons-nous, saisirons-nous l’élan vital de tresser les liens communs de la raison et de l’amour pour créer l’énergie d’être ce que nous savons et aimons, pour faire, bien-veillants ?

      3. @ PYD
        Votre commentaire me plaît car j’y retrouve pas mal de points de convergence entre la pensée chinoise et la pensée thomienne (confortant une remarque que vous m’aviez faite il y a longtemps sur ce blog).

        « L’humanisme c’est ce qui considère que rien n’est étranger à l’humain. »
        Pour Thom ce sont les mêmes dynamiques qui régissent l’évolution des phénomènes naturels, de l’homme et des sociétés, si bien que, pour lui, « l’usage de vocables anthropomorphes en Physique s’en trouve ainsi justifié ».

        « Nous naissons d’abord puis nous mourrons. « Il y a » puis « il n’y a plus. » »

        J’en tire que vous opposez donc la mort à la vie. Je préfère opposer la mort à la naissance; et donc de considérer la vie comme ontologiquement première. La vie est alors plus forte que la naissance et la mort (qui ne sont qu’apparition et disparition). Le « struggle for life » prend alors une toute autre signification que la signification « mainstream » actuelle darwinienne de la sélection naturelle a posteriori par la mort dont nos zélites nous rebattent les oreilles*: celle d’un conflit permanent où la vie s’entretient en s’entre-dévorant.

         » Les chinois usent de la métaphore du vent pour indiquer cette réalité non objectivable mais néanmoins indirectement observable, ainsi du vent, cette chose qu’on ne voit jamais, mais mais qui fait frissonner la surface d’un lac. »
        De même que les physiciens occidentaux modernes usent de la métaphore des champs (gravitationnel, électro-magnétique).

        Thom postule l’existence de champs morphogénétiques, de chréodes** et écrit en conclusion d’un article (Topologie et signification?) que je cite de mémoire: « La synthèse ici entrevue entre « mécanisme » et « vitalisme » n’ira pas sans un profond remaniement de notre conception du monde inanimé. »
        C’est donc bien pour Thom le vitalisme, ontologiquement premier, qui permettra d’expliquer le mécanisme (à rebours de la science « mainstream » actuelle?).

        * Valérie Pécresse opposée à PJ dans l’émission de Paoli sur Inter lâchant un péremptoire « La vie est une sélection ».

        ** Cf. Principes des Systèmes Intelligents, chap. 4

      4. @Baleine :
        Vous posez ( comme la plupart d’entre nous ici) beaucoup de questions dans ce commentaire qui n’échappe pas à une petite facilité littéraire .

        Mais j’en retiendrai l’évocation de situation de douleur extrême , qui me permet la seule réponse dont je me sens capable :
        dans ces cas là , effectivement , on « passe derrière la glace » et le temps « n’existe » plus . Il y a toute la journée où , à force de raison , on essaie de calmer son corps qui arrive fourbu le soir ou la nuit pour parvenir à s’abrutir avec ou sans somnifère. Et l’on croit la douleur domptée .
        Jusqu’au matin suivant , où , à peine les yeux ouverts , la douleur vous saute à la gorge , et ne la lâche plus . Et l’on recommence .
        Et , « de jour en jour » , le corps , qui refuse de mourir plus que la tête souhaite vivre , se replace sous la flèche du temps .

        Mais il garde « la trace » de cet aller retour derrière la glace .

  17. @juan
    « Si on me demande de remplir ma mission dans l’horizontalité , je suis d’accord ! …dans la position du missionnaire . »

    et oui les temps sont durs avec l’arthrose juan….. 😉

    1. Bien d’accord .
      Mais avec les cannes anglaises , pour Basic , ça doit être …. Bon , je m’arrête !
      ( quoique : Rabbit , je me demande s’il n’y a pas une lecture freudienne qui serait de circonstance ….)

      Je me demande bien comment , partant d’un emballement climatique , on en est arrivé là … Mais , comme les « sphères  » , ça soulage .

      1. @Michel Lambotte :

        Que le cycle de l’eau et celui du carbone soient très intimement liés , n’est pas vraiment une surprise .

        Mais le rappeler est sans doute une utile information , pour tous ceux qui nous gouvernent et n’ont pas forcément usé d’une cocotte minute pour faire la cuisine .

  18. @daniel

    Dire que quelque chose est dans l’impasse cela ne veut pas dire que cette chose est perdue… Vous même, il vous est certainement arrivé au moins une fois dans votre vie de vous retrouver dans une impasse. Et vous en êtes sorti indemne. Comme nous tous d’ailleurs lorsque l’occasion s’est présentée.

    Aussi, je ne vois pas pourquoi vous extrapolez/noircissez mon propos dans lequel je dis simplement que les valeurs humanistes sont des impasses lorsqu’elles font l’impasse sur l’écosystème et la biosphère dont nous faisons pourtant partie intégrante !

    Vous écrivez, je cite :

    « En jetant par-dessus bord l’humanisme , vous courrez un grand risque. »

    … puis, vous ajoutez surtout :

    « Un mouvement de pseudo-pensée veut que l’écologie tende vers un totalitarisme. En déclarant que l’humanisme est dépassé, vous fournissez des armes à ce révisionnisme. »

    Et lorsque vous ajoutez enfin :

    « Vous ne sauvegarderez pas la Nature contre les gens (= au prix des gens) et vous ne sauvegarderez pas les gens contre leur gré. »

    Là je crie avant de m’en expliquer :

    « NOUS Y VOILA ! QU’IL EST BEAU CET HUMANISME EN L’ETAT ! QU’EN AVONS NOUS FAIT ? »

    … et si vous me connaissiez plus avant, vous sauriez que je n’ai nullement l’intention de créer une nième « chapelle élitiste et exclusive ». Si vous voulez savoir, tout cela me donne littéralement envie de vomir. Je n’en ai rien à faire ! Ce qui m’importe, c’est de pouvoir me lever le matin en me disant :

    « Hier, j’ai bien travaillé, que dois-je faire aujourd’hui ? »

    Eh là, je rejoins Paul et suis même impatient de découvrir son prochain livre intitulé :

    « Le dernier qui s’en va éteint la lumière »…

    … ou « après moi le déluge » !

    Car ce n’est certainement pas moi qui l’éteindrai cette fichue lumière ! Autant crever !

    J’ai la chance, acquise involontairement contre mon gré (certains lobbies en ont vraisemblablement décidé ainsi) d’être libre, de pouvoir marcher en dehors des sentiers battus selon mon propre rythme, de pouvoir m’interroger sur tous ces sujets comme je l’entends, de pouvoir lire les livres et regarder les films, de pouvoir observer les choses à ma manière, mais une manière qui évolue forcément depuis les premiers instants où j’ai entrepris ce périlleux travail, enfin de pouvoir m’exprimer et débattre librement. Eh bien voyez-vous daniel, j’en suis arrivé à la conclusion suivante : je ne vois pas comment cet humanisme là pourrait nous sauver la vie en l’état et il y a forcément un problème quelque part au regard des données/informations quotidiennes que je lis. Ce n’est donc certainement pas l’immobilisme qui nous sauvera. Voilà pourquoi il nous faut forcément creuser/approfondir ces questions. De plus, lorsque vous écrivez, je vous cite à nouveau :

    « Vous ne sauvegarderez pas la Nature contre les gens (= au prix des gens) et vous ne sauvegarderez pas les gens contre leur gré. »

    Là, je vous arrête et je vous dis :

    « Et les autres gens daniel ? Ceux qui justement veulent sauvegarder à la fois l’Homme et la Nature ? Vous en faites quoi ? Vous les ignorez ? Ou pire encore ? »

    Aussi, lequel de nous deux est sur le point d’éteindre la lumière ?

    Si nous avions l’occasion d’échanger plus avant vous sauriez ce que j’entends par choc de complexification/diversification :

    – nous devons tout stopper et vite, ça c’est le choc qui doit avoir lieu, d’une manière ou d’une autre, que ce soit par le biais d’une décision unanime de la part d’une l’Humanité devenue enfin consciente de la situation, ou que ce soit par le biais d’un évènement majeur imminent (exemple : élévation brutale du niveau des océans…),

    – nous devons remettre en cause la notion de propriété privé afin d’arriver à la conclusion que ce n’est plus tenable en l’état, que nous nous sommes trompés et qu’elle doit être abolie, ce sera aussi le meilleur remède contre l’égoïsme et l’Humanité pourra ainsi tourner le volume le plus inique de son Histoire,

    – nous devons instaurer l’esprit de partage, redistribuer équitablement les terres cultivables, ne laisser tourner que le strict nécessaire à notre survie et redistribuer à chacun une part du travail en découlant,

    – nous devons réparer sans attendre l’environnement, par tous les moyens nécessaires et sauvegarder la biodiversité en l’état,

    – NOUS DEVONS TOUS ENSEMBLE REPENSER NOTRE MODELE DE CIVILISATION (l’humanisme sera bien évidemment le bien venu à la seul et unique condition, qu’il ne soit pas seul),

    – nous devons proposer de nouvelles valeurs communes telles que la sensibilité, la sobriété, l’humilité, l’équité, la dignité, la liberté et la fraternité…

    N’ai-je pas déjà écrit tout cela ?

    http://www.pauljorion.com/blog/2015/07/27/urgent-lettre-ouverte-a-lattention-de-nicolas-hulot-par-philippe-soubeyrand/

    De plus, en terme de moyens :

    – nous devons privilégier le développement plus avant de l’Internet libre et liquide, et consacrer toutes les énergies disponibles à l’émancipation de l’Humanité connectée afin que chacun puisse pleinement devenir acteur de l’Histoire,

    – nous devons poursuivre l’effort de développement autour de l’IA dès lors que tout cela n’est pas détourné au profit d’une minorité comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui,

    – nous devons stopper les lobbies dans leurs délires lucratifs, notamment ceux des énergies ; il existe en effet une forme d’énergie non polluante, ne perturbant pas l’écosystème, accessible 24h/24, et tout le monde semble l’ignorer, or il fut un temps où tout le monde s’en contentait, nous l’avons oublié,

    – nous devons aussi ouvrir à tous ceux qui le désir, les universités,

    – nous devons surtout redonner goût aux jeunes afin qu’ils puissent être en capacité de partir à la découverte et à la reconquête des savoirs partagés, chacun devant éprouver du plaisir à rechercher et innover dans un cadre préventif préalablement et proprement défini bien évidemment,

    – nous devons mettre un terme définitif au dictat de l’esprit de vitesse et de compétition, chacun devant apprendre à tirer profit de ses échecs à son propre rythme, d’abord pour lui-même, mais aussi pour les autres, enfin

    – nous devons apprendre à respecter notre environnement et donc notre biosphère sans lesquels nous ne serions pas là…

    Mais voyez-vous daniel, c’est surtout aux enfants que je pense en ce moment même en écrivant ces dernières lignes ouvertes à votre attention suite à votre commentaire. Car, si nous n’y prenons pas garde et vite, dixit par exemple et comme le souligne justement Pierre-Yves, cette lettre de Panagiotis Grigoriou à l’attention de Paul, il se pourrait très bien que ce soient les derniers. D’ailleurs, peut-être est-ce là notre erreur à tous, à savoir le fait de ne parler que de l’extinction probable de l’espèce humaine. Peut-être que si nous parlions de l’extinction probable de nos enfants, une façon comme une autre de se projeter et de « vivre mille ans », peut-être réagirions-nous comme il se doit !

    N’ai-je pas déjà écrit tout cela ?

    http://www.pauljorion.com/blog/2015/04/03/interstellar-nous-montre-la-voie-par-philippe-soubeyrand/

    1. Je ne savais pas que « la sensibilité , …, la liberté et la fraternité » , étaient de « nouvelles » valeurs communes .

      Ou que le vent , les cours d’eau , le soleil …seraient des « énergies nouvelles  » .

      1. De la même manière que vous n’imaginiez pas, enfant, que l’inégalité puisse devenir notre valeur commune inavouée !

        Quant aux énergies que vous citez, elles présentent toutes, chacune à sa manière, un inconvénient de taille. Vous aussi vous oubliez…

      2. @Philippe Soubeyrand :

        C’est vrai : j’avais quand j’étais jeune la mémoire qui me fait défaut aujourd’hui , mais j’ai aujourd’hui l’imagination qui me faisait défaut quand j’étais jeune .

        Mais avec un peu d’imagination , je peux raviver ma mémoire , « avant que Venise ne soit un souvenir qui nage » :

        https://www.bing.com/videos/search?q=il+ya+le+vent+le+soleil+et+la+mer&FORM=VIRE1#view=detail&mid=9DC6D6596E21D04AC9409DC6D6596E21D04AC940

        Pour l’inégalité , je n’ai eu et n’ai besoin ni de l’imagination , ni de la mémoire .

        Pour les valeurs communes , elles font ce qu’elles veulent et/ou ce qu’elles peuvent . Demandez à Basic .

    2.  » … à savoir le fait de ne parler que de l’extinction probable de l’espèce humaine. Peut-être que si nous parlions de l’extinction probable de nos enfants,… « 

      Cela fait différence, de le dire ainsi !
      et peut créer une formidable motivation……………..

       » Comprendre ou disparaître  » à faire précéder de:
       » Sentir pour comprendre « .

      1. Qu’est ce qu’on va pouvoir raconter , pour les motiver , à celles et ceux qui ne veulent surtout pas d’enfants ?

      2. Ah oui alors ! Quelle puissance rhétorique ! On en reste bras ballants, ko debout. On sent bien le zig qui s’est fadé dix fois la Rhétorique d’Aristote dans le texte jusqu’à en extraire la substantifique moelle.
        J’appelle ça de la rhétorique de sortie d’école. Ne pas négliger non plus celle d’entrée d’EHPAD, « pensez à vos arriére-petits-gniards » !

  19. « On a vu que les valeurs humanistes telles que la charité débouchent sur l’assistanat généralisé, la démocratie débouche sur une démagogie clientéliste et électoraliste. Que la liberté sans la responsabilité et l’autonomie débouche sur le caprice érigé en système. Que l’égalité débouche sur un égalitarisme insupportable et sur le nivellement par le bas … »

    Voilà, voilà, avec jduc vous vous êtes bien trouvé… Si cette sphère peut faire votre bonheur, grand bien vous fasse.
    La nuance, pas trop James, on y va franco, « à la manière Nietzschéenne » sans peur et en mode vrille au final.
    Bien, quand on taille, que ce soit une pierre ou son Esprit, James, il y a autre chose après le gros Oeuvre….
    Et le Maître , c’est la VIE, vous vous RAPPELEZ ?

    Bien sur, après on peut ergoter sur tel ou tel point intellectuel de la « philosophie » qui sous tend le projet de M Halévy, m^me si le chemin « héroïque » pour y arriver est tout sauf humainement viable mais certainement inhumainement jouable, seulement ce jeu là , ce sera sans moi. En outre, les francmacs que je connais, étant amenée à les cotoyer dans mon environnement pro, et avec lesquels je prends plaisir à échanger et à me marrer; sont, en paroles et en actes trés éloignés des postulats pro nietzschéen que vous ou M Halévy évoquez.
    Je dirais m^me que leur propos est plutôt le reflet d’un humanisme CONSCIENT des transitions que nous vivons et pétri d’une belle ouverture d’esprit et du respect d’autrui et de l’environnement; mais aussi un mélange empreint d’humour de lucidité et d’ironie un peu désabusée et sans « se la jouer ».
    Voilà, pour le PEU, que j’en connais, et ça me va !

    Bref, très éloigné du discours « pseudo héroïque », qui me bassine au plus haut point et ce d’autant plus que, au delà des mots et de l’outrance, ce sont ses actes qui incarnent le mieux l’intention d’un être . Pas besoin d’avoir des titres, ni une grande érudition, pour acquérir  » l’aristocratie de l’ESPRIT » qui inclus forcement celle du COEUR .

    Et les « intentions » Halévynietzschéennes, je ne les « sent » pas, et ce m^me si le site noocafé traite de sujets qui m’intéressent.

    Quand à la « douloureuse transformation », certes.., mais, un peu d’humilité James, tout de m^me….. Plus un être devient conscient et lucide plus cela devient intense et extrêmement déstabilisant, certes. Mais c’est la vie qui est ainsi faite ! Croître c’est « mourir », point barre. Aussi les joies et les douleurs voire les souffrances et les épreuves sont ressenties avec plus d’acuité….
    Est il besoin d’être francmac ou « initiable » pour éprouver cela et croître en conscience ?

    BIG Portnawak James ! PI PEAU !

    Les 50ème hurlant c’est mieux d’en sortir, évidemment, et vivant de préférence, ce qui n’est pas une mince affaire , j’en conviens ; MAIS ne venez pas me dire que les joies ne sont pas également totalement transformées…donc, relax Max.
    Honorer la vie, chacun du mieux que l’on peut. Et m^me avec ces simples mots, c’est pas gagné……

    Lire Annick de Souzenelle; Alliance de Feu ou le symbolisme du corps humain, ou De Kersauson , dans un autre style, mais tout aussi « métamorphosant »…….. voili voilou

    Ps : @P Soubeyrand, évidemment qu’un humanisme decorrélé de l’environnement terrestre est une aberration puisque nous en faisons intrinsèquement parti ….. 😉

  20. Dans nos échanges et nos brics à bracs respectifs, je termine sur quelques précisions pour contextualiser des mots que l’on utilise régulièrement mais qui n’ont pas le même sens pour chacun, de toute évidence. Et leur côté hérissant est bien compréhensible, vu tout ce qu’ils évoquaient aussi lorsque nous étions sur les bancs d’école : les aristocrates donc les nobles… Parfois on les assimile même à l’oligarchie.

    Qu’est ce que la Nobilitas ? Qu’est-ce qui est noble ?
    Il n’y a aucune corrélation entre la qualité d’un homme noble et le statut nobiliare.
    Est noble ce qui n’est pas vulgaire. (la foule, la masse, les petites gens * déjà décrit dans un post précédent …). Ce qui n’est pas mesquin (étroit, borné), ce qui n’est pas médiocre (la tyrannie de la moyenne), ce qui n’est pas vil (sordie, méprisable …)
    La grossièreté, la vulgarité (que l’on voudrait nommer civilisation) sont devenues des normes.

    L’aristocratie dont parle Marc Halévy n’est pas une aristocratie héréditaire et n’a que faire de cette élite démagogique (alliance Etat/capital/media) qui veut mener le troupeau pour en faire sa propre gloire, sa fortune ou sa puissance.
    L’élite démagogique mène le monde, elle hait toutes les aristocraties de vie, elle les combat, elle s’empiffre, elle pille, elle saccage au nom des idéaux qui fait frémir cette « populace » qui les applaudit et les encense.
    L’humanisme est un luxe des périodes d’abondance, qui n’a fait qu’instaurer des totalitarismes abjects. Le problème n’est plus : qui a raison ou tort. Le problème est « qui va survivre ? »

    Dans son dernier livre « Eloge du Romantisme. La contre modernité » il présente Nietzsche comme héritier du Romantisme dont l’oeuvre a été détourée par sa soeur pour la nazifier.
    Cette trahison sorale a bien failli faire jeter la pensée nietzschéenne dans les poubelles nauséabondes de l’histoire philosophique.
    Depuis les années 2000, à la faveur de la grande rupture de la modernité et de son entrée définitive en crise, Nietzsche réapparaît comme prophète de cette fin de paradigme que nous vivons chaque jour.
    …..

    – Echec de ceux qui n’assument pas leur destin et tentent de lui échapper
     Chacun porte en lui une latence qu’il lui faut accomplir. Deviens ce que tu es… Tout n’est pas déterminé mais chacun porte des possibles qu’il lui faut réaliser. S’il ne le fait pas, par ignorance, par négligence, par lâcheté, il passe à côté de la vie et la rate
    – L’homme s’est laissé mettre aux fers par sa croyance aux idéaux, et ces idéaux ne sont que des fantasmes idéalistes, entés sur un « autre monde » pur et beau, où règne le Bien absolu.
    Il se prétend « immoraliste » car il sait que ce mot cingle, pour provoquer.
    Nietzsche est le moraliste de l’antimorale. Un moraliste à la recherche d’une éthique de vie qui se placerait par-delà Bien et Mal. Cette éthique amorale serait une recherche permanente du meilleur comportement, d’une meilleure harmonie (c’est la définition de la sagesse) sans qu’il y ait pour autant de normes morales édictées par un Dieu (par les pouvoirs temporels qui s’installent au nom de Dieu)
    Le Bien n’est pas affaire d’application (morale) d’un code révélé, mais de volonté (éthique) de se comporter en harmonie avec la vie.
    Cet immoralisme est destructeur en ce sens qu’il sape les fondements du paradigme de la Modernité.
    Mais que les ruines fumantes que ce paradigme laisse derrière lui sont vaines si elles ne fécondent pas un renouveau, un nouveau monde, un nouveau paradigme.

    – Les limites de son immoralisme : il sait qu’il faut aller plus loin. Beaucoup plus loin ? Quitte à revenir sur ces thèmes-là plus tard
    Nietzsche découvre que le seul messie qui vaille sommeille au fond de soi et qu’il faut le réveiller, le faire parler, le laisser parler.
    Zarathoustra a enfin compris que « Dieu est mort » et qu’il n’y a aucun arrière monde. Mais il croit encore qu’il peut convaincre et sauver tous les hommes. La foule le rejettera par amour de sa propre médiocrité (à laquelle elle tient tant).

    La volonté de puissance : assumer son destin, non en le subissant avec fatalité mais en l’assumant dans la joie et avec volonté (amour du destin, amor fati).
    Nietzsche dénonce les idoles de son temps et il est prophète lorsqu’il veut libérer de ses propres esclavages consentis.
    Nietzsche veut libérer l’homme, le désaliéner et le rendre tout entier à son destin profond qui est de faire advenir ce qui le dépasse : le Surhumain.

    Il faut vivre chaque instant de sa vie comme si on allait le revivre à l’identique pour toute l’éternité.
    A transposer : Nous créons notre propre enfer ou notre propre paradis à chaque instant, par ce que nous en faisons.
    L’œuvre de Nietzsche est plus actuelle que jamais. Nous vivons aujourd’hui, jour après jour, la prophétie nietzschéenne.

    Et si vous voulez pousser plus loin :
    Eloge du romantisme : la contre modernité. Marc Halévy.
    http://www.noetique.eu/livres/souscription-romantisme
    Site de l’éditeur Laurence Massaro
    http://www.editions-laurencemassaro.com/collections/pensees-pour-demain/article/eloge-du-romantisme

  21. Au passage, un peu moins terre à terre que les échanges précédents .
    « la notion de bonheur ne peut pas se réduire à la seule arithmétique des plaisirs et des peines
    Elle doit aussi intégrer la notion de durée, car une souffrance d’aujourd’hui peut très bien être le passage obligé pour une immense joie plus tard,… ou l’inverse
    La notion du plus grand nombre est une notion statistique qui n’a aucun sens, même si elle fonde les notions de « bien commun » et de démocratie ; toute minorité a aussi droit à son propre bonheur, indépendamment des plaisirs de la majorité

    David Thoreau : la résistance passive et la désobéissance civile
    « Le seule obligation qui m’incombe est de faire en tout temps ce que j’estime juste »
    Fais ce que dois, advienne que pourra.
    ….
    En chacun se développent plusieurs mélodies parfois consonantes, et c’est la joie, parfois dissonantes et c’est le déchirement. Il convient de les harmoniser. NON PAS EN LES FAISANT TAIRE, ni en imposant l’unisson, mais en composant des accords qui ALLIENT complexité et beauté, continuité et originalité, frugalité et pureté.
    Comme il convient d’harmoniser son oratorio intérieur avec la symphonie de la nature et la cacophonie humaine.

    … Le génie prend d’autres voies, souvent, que celles des règles. Il enrichit sa palette harmonique de nouvelles combinatoires inouïes, de plus en plus complexes et sophistiquées, passant de la lumière à la matière, puis à la vie, puis à l’esprit.
    Le cosmos sera à jamais une symphonie inachevée parce que la richesse et la complexité harmoniques sont inépuisables
    Mais pourquoi cette symphonie cosmique se compose t-elle ? Quelle est la nature de cette tension qui la mène à se développer ?
    Elle se compose par elle-même, elle possède donc son âme propre qui l’anime et la pousse. Chaque temps appelle le suivant

    1. Bon . Il n’y a donc plus qu’à se laisser aspirer en musique .

      Si je peux exprimer une préférence , plutôt qu’un oratorio , je choisirai un chant cosaque .

      A cause de l’âme .

      Slave .

  22. @juannessy
     » … à celles et ceux qui ne veulent surtout pas d’enfants ? « 

    que leur choix permet, conjugué à celui de celles et ceux qui en veulent, d’éviter une croissance démographique trop importante…

    @vigneron
    Vous adressez votre commentaire à ? … ça n’est pas évident…
    Mais en réalité, ça n’a aucune importance puisque votre puissant commentaire:
     » Ah oui alors ! Quelle puissance rhétorique ! On en reste bras ballants, ko debout. On sent bien le zig qui s’est fadé dix fois la Rhétorique d’Aristote dans le texte jusqu’à en extraire la substantifique moelle.
    J’appelle ça de la rhétorique de sortie d’école. Ne pas négliger non plus celle d’entrée d’EHPAD, « pensez à vos arriére-petits-gniards » ! « 

    … s’adresse à votre reflet, vous faisant mousser en abaissant le « zig ».
    Narcisse !

  23. Je ne comprends pas pourquoi vous rajoutez le mot « artificielle » à la citation de Laplace, qui en soi, est déjà un non-sens pour l’être humain qui n’a pas la capacité de connaître, en un instant donné, les causes et effets de tout ce qui s’est passé en physique classique et quantique. D’autant plus qu’il faudrait être capable de se rendre en amont du mur de Planck, ce qui, selon les physiciens, est impossible. Alors encore moins pour « l’intelligence » artificielle.

    Le lien avec l’anthropocène est encore plus douteux d’autant plus qu’elle a commencée avec l’ère industrielle il y a plus de deux cents ans. L’humanité à cette époque (et jusqu’à assez récemment) n’était certainement pas en mesure de comprendre l’impact global qu’elle avait sur l’écosystème terrestre. Ce n’est qu’à partir des effets constatés que la prise de conscience a pu s’amorcer. À partir de là, je serais d’accord avec vous que la lenteur à réagir et « méditer » sur les effets constatables a entraînée une situation catastrophique aujourd’hui.

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