Passer à la suite

J’ai reproduit tout à l’heure sur le blog un commentaire de Joan Robinson relatif à son mentor :

Le principal problème de Keynes était qu’il était un idéaliste. Il pensait qu’aussitôt que les gens auraient compris sa théorie, auraient compris comment le système capitaliste fonctionne véritablement, ils se comporteraient de manière raisonnable et géreraient le système de telle sorte que des effets positifs en résultent, et en particulier un niveau d’emploi élevé et stable. […] Keynes était un innocent qui croyait qu’une théorie intelligente prévaut sur une autre qui est stupide. Mais il va de soi que dans le monde réel l’impact d’une politique ne découle pas d’une compréhension intelligente de l’économie mais du jeu des intérêts particuliers et du désir de défendre le capitalisme contre les courants de pensée radicale de chaque époque.

J’ai fait de cette citation le centre de l’épilogue de mon Penser tout haut l’économie avec Keynes (2015), dont la question qui l’ouvre est : « Quel pourrait être l’impact d’un livre comme celui-ci ? »

Ce sont bien entendu un « idéalisme » et une « innocence » comparables à ceux de Keynes qui m’ont conduits à lancer mon blog le 28 février 2007. J’imaginais qu’expliquer « comment cela marche vraiment » aurait un impact sur la manière dont les choses se dérouleraient par la suite. Je souscrivais au credo de Keynes : « obtenir des résultats en disant la vérité violemment et brutalement, cela finira par marcher, même si c’est avec lenteur ».

Le blog aura neuf ans en février prochain et ces neuf années m’ont convaincu de la vanité du projet. Je conclus ma chronique à paraître la semaine prochaine dans Le Monde et dans L’Écho par ces mots : « Hegel a attiré notre attention sur le fait que nous, peuples et gouvernements, n’apprenons rien de l’histoire. La raison en est désormais connue : c’est que cela contreviendrait aux intérêts de la Banque. »

Le pire que l’on pût imaginer en septembre 2008 si aucun enseignement n’était tiré, c’était la guerre, or elle est à nos portes, si ce n’est déjà dans nos demeures. Et la démocratie, mise au rancart à une vitesse qui même moi me surprend.

J’ai écrit sur ce qu’il faudrait réformer dans la finance et dans l’économie et comme rien ne se passait j’ai entrepris la rédaction d’un ouvrage sur l’effondrement devenu du coup inéluctable, intitulé Le dernier qui s’en va éteint la lumière, à paraître en 2016. J’y écris :

Bien sûr, le risque existe que ce soient seulement les robots qui sachent un jour que ce sont nos « z’élites » qui auront empêché que l’on sauve l’espèce en amorçant le Grand Tournant tant qu’il en était encore temps. Il sera évidemment rapporté dans les livres que les robots écriront et qu’ils liront eux-mêmes, qu’il y avait bien quelques Cassandre isolé(e)s, rencontrant un succès d’estime, pour gueuler jusqu’au bout parce qu’ils s’opposaient à ce que cela se termine de cette manière minable, et pour une raison qu’ils peinaient à justifier à l’aide d’arguments robustes et rationnels, mais qui était une sorte d’attachement sentimental au genre humain : parce que les gens qu’ils aimaient bien en faisaient partie tout comme eux-mêmes. C’est tout.

J’y écris aussi :

Si j’échoue ici : si je convainc seulement ma lectrice ou mon lecteur que l’aventure est terminée, j’espère lui avoir au moins apporté au passage la consolation : avoir rassemblé des éléments qui lui auront permis, à titre personnel, de faire le deuil de l’espèce humaine, une aventure qui, quoi qu’on en pense au bilan, aura marqué l’histoire de l’univers. Il y a tant de planètes en effet où il ne se passe rien de fort intéressant.

J’estime avoir fait ce que j’ai pu, même si cela devait s’avérer rétrospectivement, insignifiant. La fonction du blog à mes yeux était d’amorcer et de faciliter un Grand Tournant. Dans cette fonction, il a échoué : l’effondrement a lieu sous nos yeux et l’intérêt qu’il pourrait y avoir à continuer d’en faire la chronique quotidienne, me semble loin d’être évident.

L’extinction est probable mais comme le rappelle la sagesse populaire : « le pire n’est jamais sûr », et comme notre espèce a toujours été au mieux de sa forme quand il s’agissait de rebâtir sur des décombres, je vais consacrer le temps qu’il me reste à penser l’après-effondrement. Je vous tiendrai au courant, par un moyen ou un autre.

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310 réflexions sur « Passer à la suite »

  1. Une question se précise, nous dépasserons les 2° ; c’est ce que montre, je crois, l’étude « Tracking intended nationally determined contributions: what are the implications for greenhouse gas emissions in 2030 ? Rodney Boyd, Joe Cranston Turner and Bob Ward, Policy paper August 2015 » , (http://www.lse.ac.uk/GranthamInstitute/wp-content/uploads/2015/08/Boyd-et-al-policy-paper-August-2015.pdf ) . L’intervalle, déficitaire, entre l’objectif et les réalisations annoncées est encore, et aux mieux, car ce ne sont que des intentions, de 15–17 Gt CO2 (sur une base de 60 Gt); de plus, depuis le début de l’ère industrielle nous avons presque déjà bouffé près de 1° sur les 2°, qui servent de base au calcul.

    L’inquiétude viendrait donc, plutôt, de ce que, en tant que 99% , nous acceptons cette mise en spectacle, par le 1%, de « l’optimisme de la volonté » (Gramci) autour de ces 2 °, fatidiques, avant le chaos, alors que nous serons, de toute façon et en serrant tous les freins, à 3 ° en fin de siècle ; c’est à dire dans la zone irréversible et aux effets imprévisibles.

    La question prioritaire, je crois, n’est donc plus « comment éviter le chaos social, par la technologie », mais comment construire l’ingénierie du « cœur conscient » pour traverser le chaos ! Nos analyses, au lieu de servir la mise en scène par le 1%, devraient montrer la mise en spectacle d’images de « l’effondrement », par la classe de ceux qui pensent en tirer profit pour rasseoir leur domination. ET, dans cette perspective, mais pour le dire, en toute innocuité, sur ce blog qui se voudrait bien finissant, rien ne se fera sans la mise à plat du collapse des tours, non pas comme intentionnalité, mais comme convergence imprévisible et imprévue, mais pour le coup spectaculaire, entre divers plans de la gestion, assurément chaotique et improvisée, mais seulement banalement mafieuse et usuelle, de l’argent . Le 1% semble « très con », mais comment le saurions-nous, puisqu’il use ne pas savoir maîtriser ses bêtises pour nous faire paraître encore plus idiot (et donc dangereux pour la Raison, dont il détient la seule légitimité médiatique d’État, laquelle est désormais, légalement coercitive jusque dans l’école), nous qui imaginions qu’un savant calcul les maîtriserait? ( un robot peut-il lire le sens de que je viens décrire quatre à cinq lignes en arrière). Aussi, comme le disait l’Étienne, ça nous arrange sans doute de nous ressembler tous, assez bien, ainsi montés « sur le liège enflé de nos pantoufles » ( Rabelais), lequel ne parlait pas comme un « poulet frit ») .

  2. Bonjour,

    Je prends cet article comme une gifle… Si même Paul Jorion « jette l’éponge » ou va-t-on? En même temps, je comprends le sentiment d’impuissance.

    Cela dit, s’y soumettre n’est-ce pas finalement le succès recherché par les « z’élites »? N’est-il pas moralement nécessaire de continuer à pointer les dysfonctionnements en faisant la chronique quotidienne de l’effondrement? N’est-ce pas une forme de résistance nécessaire?

    J’avoue n’avoir aucune réponse réelle à ces questions. Prenant quotidiennement aussi des revers dans ma vie militante ces questions sont de plus en plus présentes à mon esprit.

    Je crains probablement en partie les réponses qui peuvent pousser sur la pente glissante du repli sur soi et de devenir un hermite de plus attendant la fin.

    Pas un commentaire joyeux, peut-être même peu constructif, mais ma petite réaction à chaud.

    Cordialement.

    1. ce n’est pas juste un « sentiment », plus la peine de tourner autour du pot et de parodier involontairement nos « experts »/sondologues quand il parlent des citoyens qui ont le « sentiment » d’etre plus pauvres, depossédés, ignorés, maltraités, etc, rayez la mention inutile…

      Le pire à mon sens serait que vous crouliez sous les « courage, tenez bon » puisque ce billet pourrait etre aussi perçu comme un appel à l’aide. Et vous de repartir pour un tour sur l’air bien connu de « on continue ». C’est humain / genereux/tout ce qu’on veut, mais ca ne fera evidemment pas plus avancer le schmilblick d’un pouce maintenant que les dix années precedentes, et vous continuerez a vous esquinter la santé pour rien.

      Franchement, a part chercher un coin sur terre sans trop de ressources exploitables pour avoir une « paix » relative, je vois pas bien… C’est l’équivalent mondialisé de Poulo qui laissa tomber les usines Wonder apres mai 68 pour sa baraque à frites itinerante dans « reprise » si vous voulez ^^

    2. Oui, dans le meilleur des cas, il va falloir rebâtir sur des décombres… Mais aussi laisser à ceux qui le feront un mode d’emploi d’une vie en société qui pourrait fonctionner sur le long terme, tout en repartant d’un point de départ bien dégradé par rapport à ce que nous avions!

      La terre était un paradis, nous en avons fait une poubelle. Mention : « merci d’avoir participé »…

    3. Effectivement, c’était une erreur de croire qu’un blog changerait le monde. Pour paraphraser Marx: il peut l’interpréter, pas le changer.

      Pour le changer, il faut une force matérielle. Diagnostiquer n’est pas suffisant. Il faut un projet concret d’alternative, rassembler et organiser les moyens de l’imposer. Jamais aucune classe dirigeante n’a cédé le plancher devant une interprétation, le meilleur des livres, le meilleurs des blogs, ni une élection.

      Propositions concrètes par un autre belge de valeur, Daniel Tanuro:
      Face à l’urgence écologique : projet de société, programme, stratégie
      http://wp.me/p5oNrG-crV

      1. Salut Paul (je peux ?), j’avais tendance à dire à propos de quelqu’un de très proche « Avec lui je prévois le pire, j’espère que ça n’ira pas plus mal ». La petite vidéo du vendredi va beaucoup me manquer. Je crois que, comme Charles, le diagnostic, s’il est nécessaire n’est pas suffisant. Sans doute beaucoup trop d’analyse, pas assez d' »agit-prop » comme on a pu dire à une époque (Prévert aussi tu nous manques), trop de raisons de se désespérer et de se disperser. Et comme disait aussi un groupe musical dont j’ai oublié le nom (qui chantait Géronimo) : « Trop de chefs et pas assez d’indiens ». bises à toi et longue vie.

    4. Paul ne jette pas l’éponge, il dit « Passer à la suite ».
      Dans la mesure où l’effondrement est passé en phase active, ça me parrait tout à fait logique de changer de boite à outil…….Sans que ce soit pour autant le signe d’une baisse de moral inquiétante 🙂

      J’espère égoïstement que la forme de cet avenir nous permettra de croiser d’une façon où d’une autre, les piliers de cette maison accueillante.

  3. Bonjour Paul,
    Effectivement, c’était présomptueux de votre part de croire que votre blog puisse changer les esprits…..Mais malgré tout, votre entreprise est louable. On ne pourra rien reprocher au marin du Titanic qui essaye de colmater la brèche faîtes par l’iceberg…Le geste est vain mais il est beau.
    Ceci dit, je pense que l’effondrement de cette société est souhaitable et que vouloir le contraire est une erreur. Nous n’avons toujours pas compris (peut être par orgueil?) que nous appartenions à un écosystème. Certes, nous sommes la seule espèce vivante capable d’en comprendre les rouages mais cela nous extrait pas pour autant de ce système. Nous faisons partie intégrante de cette planète au même titre que les insectes, les oiseaux, les bactéries , les végétaux…Nous sommes simplement une variété de singe dont la faculté d’abstraction est remarquable! C’est dur de l’admettre tout çà. Cela prends des années pour simplement accepter qui on est! Beaucoup d’être humain refuse cette vérité comme il refuse de croire qu’ils sont mortels alors ils se raccrochent à des fables….Ils vivent leurs vies dans l’illusion de la consommation, dans un oubli permanent de leur fin programmé…Maintenant, l’homme se berce du rêve de l’immortalité, devenu peut être réalisable par la technologie. Des milliards d’êtres humains qui s’accumulent sur un bout de cailloux perdu au fin fond de l’espace….C’est cela oui! comme dirait l’autre….Ceci dit on vous précise pas que l’immortalité est prévu seulement pour une élite. Ils sont pas fous nos dirigeants….
    Franchement Paul, n’ayez aucun regret pour cette société. Réfléchissez plutôt pour les futurs survivants qui auront à reconstruire « leur monde ». A ce propos votre blog sera peut être relu dans 200 ans par des hommes « sages »(il faut espérer qu’ils le soient!) qui pourront comprendre comment une société mondiale a disparu et comment des hommes ont utilisés en dernier recourt leurs bombes nucléaires. Car oui Paul, malheureusement c’est comme çà que l’histoire de cette société va se terminer pour des milliards d’entre nous. Notre dernière vision sera un grand éclair aveuglant et à ce moment là on se dira. Au fond, j’ai eu une belle vie!

    1. Bonjour pierre et Paul Jorion et toutes et tous !

      Je pourrais souscrire à l’intégralité de ce que vous écrivez ici…
      mais presque, car comme l’écrit avec lucidité Paul Jorion:
      « le pire n’est jamais sûr »,
      et il est fort possible que nous évitions l’apocalypse nucléaire, l’effondrement pouvant l’empêcher.
      Merci donc à cet effondrement.

      Merci donc à ce blog, et à toutes les réflexions qu’il suscite, ouvrant la voie pragmatique à l’étape suivante…
      pour le moment, il reste quand-même à: « Comprendre ou disparaître » (auteur anonymisé, partageur).

      1. C’est terriblement étrange. Ce qu’écrit Paul ci-dessus était à epu de choses près déjà dit dans la fin de la réunion au Vicomte le mois dernier. J’avoue y avoit tenu un rôle et avoir dit, avec des mots presque sembables à ceux écrits par Paul ci-dessus: « Je veux gueuler jusqu’au bout et m’opposer à ce que cela se termine de cette manière minable (la singularité transhumaniste) et pour la raison (que je peinais à justifier à l’aide d’arguments robustes et rationnels) mais qui était une sorte d’attachement sentimental au genre humain: parce que les gens que j’aime bien en font partie tout comme moi-même »…
        Je persiste et signe assume cette position. Je crois que ce qui compte sont mes désirs, mes sentiments et pas la réflexion de ma raison raisonnante.
        Ce qui m’a fait un peu mal (à l’athée que je suis) c’est que Paul a dit: « Ce que tu défends là, c’est une variante de ce que le christianisme défend depuis 2.000 ans ». Mais, avec le recul, je sent qu’il avait raison: je ne suis qu’unathée de culture chrétienne (avec un soupçon de gréco-judaïsme).
        Paul, lui aussi, reste constant et juges aujourd’hui que l’issue la plus probable est l’extinction des lumières par le dernier (ce qui laisse penser, comme l’a murmuré un participant à la soirée au Vicomte: « Ah, bon, il y aura quand même de l’électricité jusqu’à la dernière heure… »
        Comme beaucoup de croyants en la force de la science (qui vainct les ténèbres, n’est-ce pas Paul… ;-), notre hôte ayant perdu la foi, bascule dans le catastrophisme (éclairé, c’est sur!). En tant qu’écologiste militant depuis 40 ans, j’en ai vu connu beaucoup qui ont essayé de faire bouger les amorphes en leur faisant peur. Les célèbres (disons connus) sont Jean-Pierre Dupuy, Cochet et Servigne. (Je n’ajoute pa

      2. (Suite)… (Je n’ajoute pas Paccalet car, lui, son amertume d’amoureux de la montagne voyant la Vanoise régresser sous les coups des promoteurs du ski de masse, l’a rendu très désespéré et donc un peu méchant…).
        Pourquoi est-ce que nous ne parvenons pas à convaincre Paul que l’objection de croissance, la simplicité et l’altruisme – autre façon de dire j’aime bien les humains, tout aussi imparfaits soient-ils – sont les meilleures chances de sortie vers le haut du marais putride dans lequel nous barbottons en 2015. Certes, il faut alors faire le deuil de l’espoir prométhéen qui anime les scientistes. Mais ce deuil se digère très bien comme d’autres déceptions existentielles.
        Certes Paul est très intelligent et donc très pessimiste mais il a aussi montré qu’il avait aussi l’intelligence du coeur et la volonté du pêcheur hauturier.
        Alors, menace d’un jour de cafard (retenez moi ou je fais un malheur), Début d’une traversée du désert que l’on espère brève (quel démon viendra tenter notre Saint-Antoine préféré?).
        « Quand j’étais vieux » (merci Georges…), j’avais des désespérances comme celle de Paul. Alors, pour continuer, je pensais à cette parole d’un juif (du Ghetto de Varsovie je crois) qui disait qu’une heure de gagnée sur la mort, malgré la situation atroce et l’issue fatale inéluctable) était une bonne heure (une heure de vie, forte, pleine et…malheureuse).
        Personnellement, l’objecteur de croissance que je suis devenu vit des heures joyeuses parce que, comme nous l’ont appris nos camarades espagnols « Lucho luego existo ».
        Exister par la lutte contre « la sorcellerie capitaliste » (j’étais dans le même colloque qu’Isabelle aujourd’hui…) est une raison suffisante pour se sentir vivre pleinement et un moyen de fréquenter des tas de gens très, très attachants. Agapé y trouve son compte et parfois même Phillia (je n’ose parler d’Eros).
        Allez (comme dirait un Belge), j’arrête de zieverer et m’excuse auprès de ceux qui auront eu le courage de me lire et se seront posé des questions sur quelques private jokes que je réserve au Brusseleer que fut (et reste) Paul.

  4. Le projet de certains groupe extrémistes du moyen orient de nous faire vivre comme il y a 1400 ans est-il une (des) réaction(s) inconsciente(s) de l’espèce humaine pour tenter de survivre? Cette question a dû me venir une nuit, en tout cas elle était là un de ces récents matins.

    1. Les fous furieux du Moyen Orient ont pour chefs une partie des 1 %.
      Donc pas de salut à attendre de ce coté là. Surtout quand on sait qu’ils font la justice islamique en consultant Internet.

  5. Bonjour,
    Merci pour laisser ouvert les commentaires. Je serai bref. Je vois 3 enjeux:
    1. La gauche est victime (se complaît) dans une forme de biais métonymique. Toujours prompt à adopter de grandes envolées lyriques (pour un Monde solidaire), elle n’arrive que très rarement à transformer ses ideaux en actions concrètes. Sans parler de l’absence totale de stratégie pour leurs mises en oeuvre. Etre du bon côté de la barrière ne suffit pas.
    2. La finance, la monnaie, sont des choses complexes à comprendre et encore plus à décrire. Il faut donc faire un effort constant de pédagogie pour faire passer le message. Le contenu des billets de Pierre Sarton du Jonchay, à l’air très intéressant (j’essaye de les comprendre à chaque fois!), mais ils sont pratiquement indéchifrables. Combien de personnes dans le monde francophone le comprenne? Entre 5 et 10? Ses billets ne servent à rien,…
    3. Il faut maintenant proposer des mesures opérationnelles concrètes. Faire la politique des petits pas. Commencer par des mesures qui sont « possible à mettre en oeuvre », marquer des points, passer à l’étape suivante. Voilà ce que l’on attend du blog de Paul Jorion. Internet offre des outils incroyables (sondages en ligne, pétition), il faut les utiliser. Développez une stratégie avec vos proches, mettez là en oeuvre, on sera avec vous!

    1. « Le contenu des billets de Pierre Sarton du Jonchay, à l’air très intéressant (j’essaye de les comprendre à chaque fois!), mais ils sont pratiquement indéchifrables. Combien de personnes dans le monde francophone le comprenne? Entre 5 et 10? Ses billets ne servent à rien,… »
      Ouf ! je me croyais idiote… Je me sens moins seule…

      1. Le plus grave n’est pas, Alexandria, de ne pas comprendre Sarton mais d’avoir perdu son temps à apprendre le Sartonapük; pour rien, si ce n’est la gloire de celui qui sait lire le Sartonapük – d’aucune utilité si ce n’est en Principauté de Sartonie – et de faire enfin partie des 0,001‰ pour quelque chose.

  6. – Paul, cessez donc de vous bousculer et de vous fatiguer ainsi ! Ne voyez vous pas que vos interventions et ce blog sont dérisoires face au chaos qui vient ?
    – Je le sais, mais je fais ma part.
    Soutien amical d’un colibri.

    1. Bonjour,

      Je connais et j’aime bien la fable du colibri, rendue hyper-célèbre par Pierre Rabhi. Le problème, ici, est que pour éteindre l’incendie de la fable, il faudrait « une masse critique » de colibris. En l’occurrence, cette masse critique n’est pas atteinte…

      1. Les colibris, aussi nombreux soient ils, ne peuvent rien contre les lances flammes qui brulent nos Ressources.
        Ceci en toute impunité puisque, de par la Constitution, nous avons sacralisé leur Propriété privée!

        Nous avons sacralisé le Droit de Détruire la Planète et ses Ressources pour qui bon lui semble! C’est une liberté fondamentale!!

        Les colibris devraient commencer par comprendre ça.

        Et après avoir constitutionnalisé la Propriété collective des Ressources donc, alors seulement, ils pourraient devenir efficace.
        Que de temps perdu, qui court toujours. Jusqu’à la fin de
        l’espèce?

      2. Le courage vis-à-vis de vous, Dominique, c’est de ne pas vous répondre.

        Pour cette fois-ci, ce courage m’a manqué. Mais je ne désespère pas de l’avoir pour la fois prochaine.

      3. Dominique Gagnot ne pensez pas être le seul à comprendre. Derrière une image qui peut vous paraître simpliste, des intelligences sont en marche partout dans le monde et sous des formes et avec des compétences très variées. Naomi Klein montre dans son dernier livre que même aux Etats-Unis, ça et là, David peut battre Goliath. Certes, les intérêts à combattre sont immenses, nous le savons tous, et le temps nous est compté. Une course de vitesse est enclenchée au bout de laquelle émergera une nouvelle civilisation ou s’étendra le chaos. Que pouvons nous faire dans cette course, sinon notre part, quelle que soit sa forme ?

      4. Claude,
        « Que pouvons nous faire dans cette course, sinon notre part, quelle que soit sa forme ? »
        ———————————

        Le peuple doit prendre le pouvoir, au moins à l’échelle de nos pays, comme l’Islande l’a fait à travers une autre Constitution.
        Auparavant il faut avoir compris les conditions du pouvoir réel (propriété des Ressources primaires et contrôle de la monnaie)
        Mais bizarrement, à part le tout jeune Mouvement
        pour la 6èm République, personne n’y songe!

        Alors que ainsi libérés de leurs maîtres, les peuples pourraient ensuite se réunir, pour gérer la planète, et non plus la piller.

      5. @ Dominique Gagnot
        Vous avez mis le doigt sur la faille. Là d’où vient la rupture…
        Beaucoup de choses ont déjà été dites dans ce blog, sur la Propriété privée et sur ceux qui s’y adossent, dos à dos. Reste que cette vérité opposée, en son *axiome originel*, n’a pas été encore décryptée.

  7. Cher Monsieur Jorion,

    Non, votre Blog n’a pas échoué! Au contraire. Il vit, il irrigue, il donne matière à réflexion, il diffuse, il percole. Partout.
    On ne descend pas d’un train en marche. C’est idiot et au surplus très dangereux.

    Il ne faut pas capituler.
    C’est interdit. Ni maintenant, ni pendant, ni après.

    «Une voix crie vers moi de Séir : Guetteur, où en est la nuit ? Qu’en est-il de la nuit, guetteur ? Et le guetteur répond : « Le matin vient, puis ensuite la nuit. Si vous voulez des nouvelles, interrogez ; refaites le même chemin, venez » Isaïe. 21. 11-12

    «Une voix crie vers moi de Séir : Séculaire, cette voix est proche des peurs, des clameurs et des tambours de guerre d’aujourd’hui. Des profondeurs du temps, écrit le Pasteur François Célier que je cite ici, la nuit de l’esprit révèle des lueurs de ténèbres. Du haut de sa tour juchée entre deux mondes, Isaïe lançait son interpellation : Guetteur, où en est la nuit ? Au jour des vents mauvais de l’Histoire, ce guetteur jaugeait un champ prophétique s’étendant du VIIème au XXIème siècle. Sa vision surplombait les barbaries ancestrales et les tremblements sulfureux qui s’ordonnancent sous nos yeux. Il scrutait les empires qui se télescopaient et qui s’effondrèrent corps et biens. D’autres résistent encore, pour combien de temps ? »
    Nous ne sommes pas simplement des sentinelles, des guetteurs.
    Nous agissons, vous, François Leclerc, tous les autres, les amis inconnus, les lecteurs, tous ceux, anonymes, qui vous lisent, vous écoutent, vous rencontrent.

    “Il ne faut jamais capituler, jamais abandonner parce que c’est une forme d’impuissance, la pire des calamités du monde”, écrit la romancière canadienne Alice Parizeau.

    C’est aussi ce que je crois. Fermement.

    « Jamais, au grand jamais, n’abandonnez jamais rien si ce n’est pour l’honneur et le bon sens. Ne cédez jamais à la force; ne jamais céder à l’apparente puissance de l’ennemi ».

    Du vrai Winston Churchill. Du vrai Jorion.

    « Eendracht maakt macht. L’union fait la force ». Vous vous souvenez?

    Oh, time is all we’re askin’ for to never surrender
    Oh, you can never surrender
    And time is all we’re askin’ for
    Stand your ground, never surrender
    Oh, I said, « You never surrender », comme l’écrit Corey Hart dans une chanson nulle mais dont les paroles sont acceptables.

    Alors la feuille de route est simple, Cher Monsieur Jorion: on continue! Ensemble!

    Croyez en mon fidèle – en notre fidèle amitié.

    Renaud Bouchard

    1. Oui je l’ai entendu ce gogolito prophétiser que nous allons vivre 1000 ans : les geeks et les allumés technophiles post-newage transformistes me font l’effet de jeunes ados accros à leur smartphone.
      Moi je veux des oiseaux dans le ciel, des poissons dans les rivières et les mers, des grands fauves en Afrique et des amis avec qui boire une bière en terrasse au printemps, le reste je m’en fous.

      1. Si vous aviez écouté la conférence, vous l’auriez entendu dire des choses du genre « j’espère ne jamais voir de mon vivant des implants cérébraux pour naviguer plus vite sur Internet ».
        Penser que quelque-chose va se produire n’équivaut pas à le souhaiter.

  8. Marx aurait pu écrire « abolir les classes en disant la vérité philosophiquement et activement, cela finira par marcher, même si c’est avec violence. »
    Cette violence se limitait encore au fusil chassepot. La mitrailleuse n’était encore qu’américaine, son premier usage « européen » fut celui de la Royal Navy britannique en Afrique du Sud. La première mitrailleuse réellement automatique fut testée deux ans après le décès de Marx, neuf ans après celui de Bakounine. Le XXe siècle, comme on sait, a perfectionné les outils du rapport de forces. Cela n’a pas empêché quelques expériences en 1919, 1936, 1968.
    Les banquiers comme les djihadistes sont déjà des robots.
    Ça sent le testament… du blog.
    Merci d’avoir généreusement essayé.

  9. D’abord merci pour tout, depuis le premier jour. Je ne doute pas que la majorité des acteurs qui ont participé à ce blog continuent et que vous serez encore longtemps disponible pour ces combats. Bref « Tout se tient », et « Tout reste à faire ». Mais Tout est plus complexe que les petites têtes qui nous gouvernent ne l’imaginent. La bêtise humaine est effectivement un abîme sans écho sur lequel savent surfer les médiocres qui nous gouvernent.
    «Il faut penser mou et le montrer. L’assaut a bel et bien été lancé, les médiocres ont pris le pouvoir »http://www.lapresse.ca/arts/livres/entrevues/201511/26/01-4925011-alain-deneault-la-mediocratie-rend-mediocre.php

  10. Mais rien n’empêche à un petit niveau, même ridiculement insignifiant d’aider les gens qui sont autour de nous d’une manière ou d’une autre, les gens mais aussi les animaux, les plantes, le « vivant », soulager l’angoisse et la souffrance quand on le peut, c’est très gratifiant, et consolant en même temps, changer les choses à grande échelle bien sûr, c’est peine perdue, la pulsion de mort étant à l’oeuvre dans le système Capitaliste.
    Je regretterai le blog s’il se termine, car j’ai appris beaucoup de choses en le lisant. Quand j’entends des mises en garde sur la disparition de l’être humain, je me dis que c’est finalement ce qui pourrait se produire de mieux sur cette belle planète, petite merveille de l’univers. Nous ne sommes utiles à rien, nous ne sommes que des prédateurs, peut-être une erreur de la Nature effectivement. Peut-être que tout se régénèrerait ? Cela me plaît de le penser en tous cas.
    Merci pour ce travail effectué au fil des jours.

  11. http://legissa.ovh/tu-seras-un-homme-mon-fils.html

    SI… TU SERAS UN HOMME, MON FILS

    Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
    Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
    Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
    Sans un geste et sans un soupir ;

    Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
    Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
    Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
    Pourtant lutter et te défendre ;

    Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
    Travesties par des gueux pour exciter des sots,
    Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
    Sans mentir toi-même d’un mot ;

    Si tu peux rester digne en étant populaire,
    Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
    Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
    Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

    Si tu sais méditer, observer et connaître,
    Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
    Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
    Penser sans n’être qu’un penseur ;

    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être brave et jamais imprudent,
    Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
    Sans être moral ni pédant ;

    Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
    Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
    Si tu peux conserver ton courage et ta tête
    Quand tous les autres les perdront,

    Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
    Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
    Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
    Tu seras un homme, mon fils.

  12. Paul,

    J’ai partagé avec toi cet « idéalisme » et cette « innocence » pendant ces quelques dernières années, mais force est de constater que je ne récoltais pendant ce temps-là, dans mes conversations avec « les gens », que regards condescendants et sourires légèrement méprisants. Le message général qui m’était renvoyé était le suivant : « Allons allons, le système est tel qu’il est et personne ne pourra le réformer ; la seule chose que nous puissions faire est d’essayer de nous mettre dans le camp des gagnants… » Aucune réflexion possible sur le « bien commun », donc.

    Sauf qu’il n’y a personne dans le camp des gagnants. Le sous-entendu pour « gagnant » est « celui qui arrive à rester parmi ceux qui écrasent, les yeux ouverts ou les yeux fermés, plutôt que parmi ceux qui sont écrasés ». Mais même ceux qui écrasent, même si ils ne sont qu’une poignée, ne sont pas gagnants non plus. Vivre dix ans dans un bunker de luxe ? Laisse-moi rire ! Ils emporteront avec eux la peur, le besoin d’écraser l’autre, d’en avoir toujours plus (et en tout cas plus que l’autre)… Tout ça sans jamais voir le soleil ! Bonjour l’ambiance !

    Servigne et Stevens ont identifié « à la grosse louche » dans leur bouquin « Comment tout peut s’effondrer » (pp 228 – 231) cinq types de réactions : les çavapétistes, les aquoibonistes, les survivalistes, les transitionneurs et les collapsologues. Ces deux dernières catégories (presque identiques selon moi) sont clairement ce que j’ai choisi de suivre comme ligne de conduite. Et je peux entendre ton : « je vais consacrer le temps qu’il me reste à penser l’après-effondrement » comme une résolution à aller dans cette direction-là, toi aussi. Si c’est ça, je m’en réjouis !

    Je m’en réjouis d’autant plus que dans le Temps qu’il fait du 3 juillet dernier, tu disais clairement que tout ça (ce quelque chose qui ressemble à la révolution sociale de la première moitié du 19ème siècle), c’est trop tard, c’est beaucoup trop tard :

    « c’est très sympathique, c’est mieux que l’attentisme, le conservatisme absolu, mais c’est trop tard ! En tout cas, ça c’est certain, je dirais, [à la lecture] du bouquin de Servigne et Stevens. Ça, ça ne marchera pas. Moi j’aurais applaudi, j’aurais fait partie de tout ça si on était en 1820, en 1830. C’est à ce moment-là qu’il fallait essayer la Révolution Sociale, c’est à ce moment-là qu’elle a capoté. C’est dommage. Le rêve hippie, voilà, c’est ça, c’est cette époque-là, c’est 1820, 1850, et ça n’a pas marché. Proudhon l’a dit, c’est quelque chose qui est mort-né, c’est une révolution en germe mais qui n’a pas su porter ses fruits, et pour cette solution-là, à mon avis, il est trop tard. »

    Bon, alors reprenons. De deux choses l’une :

    Soit ton « je vais consacrer le temps qu’il me reste à penser l’après-effondrement » est un revirement par rapport à ce que tu disais le 3 juillet, et ça, c’est vraiment super ! Bienvenue ! On ne sera pas trop de… tous ! pour cette tâche.

    Soit tu penses à quelque chose d’autre… qui ne manquera pas d’être encore plus pertinent à tes yeux ! Et alors, … je ne peux qu’être intéressé a priori.

    1. Pour ma part, je me réjouis que Paul va consacrer le temps qu’il lui reste à penser l’après effondrement.
      Vous l’avez très justement dit plus haut, il va falloir repartir sur les décombres. En fait pas tout à fait, la vie évolue en recyclant ses déchets. Je pense que nous sommes dans la même configuration qu’à la fin de l’ère carbonifère. Elle s’est singularisée par la consommation du CO2 atmosphérique passant de 3000 ppm à 300 ppm. Le CO2 constituait la ressource de la forêt carbonifère qui faisait vivre la gigantisme dinosaurien, une fois à 300ppm la nature a inventé le recyclage avec les feuillus. Le gigantisme dinosaurien n’a pas pu s’adapter et a cédé la place aux mammifères et aux oiseaux.

      Ce scénario simplifié peut être appliqué à l’époque actuelle où il nous faut sortir du gigantisme industriel avec une décroissance par dix de notre consommation d’énergie. La question est simplement de savoir si nous y arriverons avant l’épuisement des énergies fossiles, nous en aurons besoin pour faire la transition vers 100% d’énergie solaire.
      Pour ce qui est des métaux et autres matières, je ne me fais pas trop de soucis, les dinosaures industriels les quatres fers en l’air en sont pourvus, le problème est l’énergie.
      Pour ma part, pour répondre à la question de Paul, au potager collectif auquel je participe, je consacre le temps qui me reste à vivre à faire passer le message de Konrad Schreiber.
      https://www.youtube.com/watch?v=qGD-bbgy6lI#t=15
      C’est une excellente présentation pour illustrer ce que je viens d’écrire.

    2. Ce qui rend malade les intervenants et Paul, ce n’est pas de ne pas être dans le camps des perdants, c’est d’être dans le camp des méchants.
      Ça, « l’Occident » n’arrive pas le digérer.
      Tout ce temps à montrer au Monde: la Voie, le Bonheur et les lendemains qui chantent; passer brutalement du camp de |BON| à celui des salopards est difficile à vivre.
      Bienvenue au club, les Restes du Monde vous saluent bien.

  13. Une telle conclusion était quasiment inévitable. L’effort n’était cependant pas vain, car je pense que par votre intermédiaire ou celles d’autres penseurs, vous avez permis à d’autres de mieux comprendre le chemin qui nous amené là.

    Et même si cela n’a rien changé au niveau global, savoir ce qui nous a amené là nous permettra de reconstruire après la chute, en apprenant peut-être enfin de l’histoire, pour ceux qui mieux informés, mieux préparés, s’en sortiront.

    Vous avez expliqué en long en large et en travers les causes et le déroulement de ce qui nous éclatent au nez depuis 2007, ainsi que ses conséquences. Pour ceux qui veulent savoir, il y a maintenant assez d’éléments.
    Donc, je pense en effet qu’il s’agit du bon moment pour penser l’après effondrement, tant que vous avez vous et d’autres la liberté de le faire.

  14. Monsieur Jorion, régulièrement depuis des années, je me connecte sur votre blog.
    Votre site et ceux qui y contribuent m’apporte une source d’informations et de réflexions sur notre monde, source qui est sensiblement différente de ce que l’on peut trouver dans les média classiques. C’est une véritable ressource dans ce monde chaotique.
    Je suis certain que pas mal d’intellectuels viennent s’y connecter également et c’est une bonne chose.
    D’innombrables messages de propagande sont propagés sur le web.
    Imaginons un e-mail envoyé à 12 personnes véhiculant un message de haine, d’amalgames et de contre vérités. S’il est bien fichu, cet e-mail sera propagé 12 fois * 12 etc…: propagation exponentielle et c’est ce qui se passe…
    Persévérez Monsieur Jorion; vous avez trouvé votre chemin personnel.

  15.  » notre espèce a toujours été au mieux de sa forme quand il s’agissait de rebâtir sur des décombres, »
    => C’est malheureusement vrai, même si le niveau des décombres a son importance pour la suite…

    « je vais consacrer le temps qu’il me reste à penser l’après-effondrement. »
    => Si l’effondrement est vraisemblablement inévitable, il ne sera pas instantané. On peut donc considérer, même si c’est votre droit de laisser ce travail à d’autres, qu’il y a pas mal à faire en matière de préparation, ne serait-ce que pour maintenir des îlots d’humanité dans la traversée des âges sombres, et préparer un « après » méritant d’être vécu par les survivants.

    « Je vous tiendrai au courant, par un moyen ou un autre. »
    => Euh… Le blog, les livres, les conférences… Je ne sais pas ce qu’en pense les autres lecteurs, mais personnellement, tout ça beaucoup influencé et, à bien des égards, ouvert les yeux. Et je me sentirais quelque part orphelin, si vous décidiez du jour au lendemain de mener une vie d’ermite.

    Et après ?

    « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j’attaque. » – Ferdinand Foch.

    « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. » – Guillaume Ier d’Orange-Nassau.

    « Tant mieux ! Nous combattrons à l’ombre ! » – Dienekès

  16. Court-termisme et aveuglement sont les principales maladies de nos sociétés moderne.
    Les masses anesthésiées commencent à peine à frémir.
    Le choc qui les réveillera arrive inéluctablement.
    Votre travail ne fait que commencer.

  17.  » Ce que j’ai fait est vain, tout va s’effondrer donc je quitte le navire pour revenir vous expliquer comment vivre après »… Qu’est-ce, un paradoxe, une contradiction ? Personne ne semble tiquer… Une fois encore, je me dis que beaucoup n’ont pas la chance d’être sans diplôme, sans famille, sans emploi, d’avoir risqué leur liberté et leur vie… Cela doit être vraiment triste de se réveiller aussi tard… Et on se demande pourquoi de jeunes Jamaïcains sans un balle en poche, vivant dans un des ghettos les plus durs de la planète, le ventre vide, devant se construire des guitares avec des caisses et des câbles de frein, ont pu faire chanter au monde entier « Get up, stand up and don’t give up the fight ! ». Eux inspire encore et toujours, cela survivra à l’effondrement. Je me demande bien ce que tu auras à dire, Paul, si l’effondrement survenait alors que les survivants vivent, déjà et notamment, là où nos belles images satellites ne laissent voir aucune lumière, croit-on… Je pisserai bien de rire si je n’avais autant envie de chialer. Mais que personne ne s’inquiète. Nous, qui devons nous justifier pour une alloc sociale qui nous autorise à survivre, nous, qui pouvons nous faire arrêter pour délit de sale gueule, nous, qui n’avons comme avenir que de porter des caisses pleines de ce que « vous » achetez, nous, qu’on refuse d’entendre et de montrer, nous vivons déjà dans les ruines du shitstème que « vous » pleurez. Et excuse-moi une dernière fois d’être aussi conflictuel, ô mon Paul pote, ô grand guerrier de lumière! Mais, arrêter, c’est petit, minable, navrant, triste, lamentable, désespérant, et, si tu es capable de l’être plus que moi, c’est que tu es vraiment très fort ! Adieu !

      1. Julien,

        Effectivement, un blog n’est qu’un outil et il y en a d’autres. Le modérer est un job « tuant ». Merci aux modérateurs.
        Si nous nous comptons, nous nous rendrons compte que nous ne sommes pas très nombreux, que notre audience ne s’élargit que très doucement voire pas. Rien à voir avec les milliards d’amis, de faux amis de Facebook.

        Le blog n’est donc pas le bon outils pour convaincre mais c’est un outils formidable pour se repérer mutuellement. Avoue le nous, nous sommes une minorité. Notre part de voix est proche de zéro pris individuellement, à peine plus grâce au blog de Paul Jorion.
        Seule solution selon moi, accueillir des sensibilités proches, sortir du cercle des amis de Paul, du premier cercle. Sinon, ce blog risque la sclérose totale et il en est proche.
        Pour ma part, j’en reviendrais aux basiques de l’économie, un terrain où il est plus facile de mettre en évidence les errances du système.

        Cordialement

        Yves Vermont

    1. Le moustique qui se pose sur les coucougnettes, belle métaphore de l’impérieuse nécessité à avoir une réponse adaptée et proportionnée à l’agression.
      Alors, quitte à modifier la Constitution, peut-être serait-il judicieux d’y inscrire l’obligation faite au PR et à son Premier ministre… d’aller pisser régulièrement dans les fougères. 🙂

    2. @ Béotienne
      Pour moi, « passer à la suite »
      ça n’est pas « arrêter »,
      ç’est « résister ».
      Faut-il créer un parti politique ?
      Ou bien rejoindre… les maquis ?

  18. Bonjour Paul,

    Merci pour tous vos efforts au cours des dernières années et en particulier, pour avoir été le porte-drapeau d’une vision alternative du monde, tout spécifiquement dans le domaine de l’économie enseignée dans les écoles.

    Que quelqu’un d’aussi « célèbre » (et compétent) en arrive, arguments en main, à démolir à la dynamite les fondations, pourtant considérées comme établies et solides, de certains concepts importants de l’économie devrait être l’une de vos réalisations les plus méritoires.

    Voir les choses différemment de la façon dont des générations les ont vues sera votre marque de fabrique. Tout comme votre comportement particulièrement atypique et anti-conformiste au cours de votre vie, où votre tempérament ne vous aura jamais permis de baisser la tête devant les autres et la pensée dominante. Quitte à en subir les conséquences.

    N’est-ce pas là même la définition de « l’homme véritable », celui qui ne courbe pas l’échine et reste debout contre vents et marrées pour ce qu’il croit ?

    Votre optimisme vous aura poussé à essayer de trouver des solutions macro à quelque chose qui ne peut pas être changé à ce niveau-là.

    Vous aurez au moins essayé et neuf années représentent une fameuse obstination dans ce sens.

    Mais n’ayez crainte, vos efforts n’ont pas été vains car ils auront permis à un certain nombre d’entre nous de nous préparer avec des solutions micro, à notre échelle individuelle.

    Car c’est là que résident nos maigres possibilités de changement: dans le déroulement de nos propres vies.

    Préparez-vous pour « le jour d’après ». Autant que vous pouvez.

    Pour reprendre une expression que je vous avais envoyée par email il y a un petit temps: « […] Mais comme Terminator, vous reviendrez à nouveau. Une fois que les gouvernements paniqués ne sauront plus quoi faire face au cataclysme lorsqu’il sera présent. Accrochez-vous, votre heure réelle n’est pas encore venue […] »

    Astalavista !

    1. Bison super colle a dit:
      « Mais n’ayez crainte, vos efforts n’ont pas été vains car ils auront permis à un certain nombre d’entre nous de nous préparer avec des solutions micro, à notre échelle individuelle. »
      —————–
      Pas seulement !! Je compte bien sur Paul Jorion pour continuer de battre le fer avec les zélites.
      C’est pas le moment de flancher, la partie n’a même pas commencé!

  19.  » L’humanité souffre depuis longtemps de la maladie de la spéculation. Les symptomes de cette maladie sont la pauvreté mondiale, la criminalité, la toxicomanie, la violence et la guerre. La cause essentielle en est la cupidité séculaire des hommes, basée sur la séparation et la peur. »

  20. Mais quelle est cette chute de tension?

    Oui, tout va mal, tout dérape, tout est inquiétant, mais il faut vivre!

    Le vent se lève, il s’est levé, mais il faut aller plus loin que Valéry et non pas tenter de vivre, mais vivre! Se battre!

    Quel est ce défaitisme de tous ces gens qui font trois repas par jour, qui changent d’habits, qui dorment dans des maison ou des appartements chauffés, ont encore une activité professionnelle qui leur permet d’être et de vivre, de gagner leur vie, qui envisagent déjà leurs prochaines vacances, un week-end quelque part, les « fêtes de fin d’année », se rendent à des dîners agréables, partagent leur temps avec leurs amis, pratiquent des activités sportives, ludiques, vont au cinéma, lisent journaux et livres, voient des expositions, regardent distraitement leurs tablettes, écrans plats, montres connectées, smartphones, ont une famille, une femme, des enfants qui vont bien, sont en bonne santé ou peuvent imaginer encore se soigner, regardent distraitement leurs comptes en banque, envisagent tranquillement leurs retraites, prennent le temps de dire leur spleen sur ce blog?

    Vous me faites penser aux propos du célèbre photographe Garry Winogrand qui déclarait : » «Je regarde les photographies que j’ai réalisées jusqu’à présent, et elles me laissent penser que ce que nous sommes, ce que nous ressentons et ce que nous allons devenir n’est pas important. Nos aspirations et nos succès ont été petits et mesquins. J’ai lu les journaux, (…) certains livres (…). Ils ne parlent que d’illusions et de phantasmes. Je ne peux qu’en conclure que nous nous sommes perdus et que la bombe pourrait mettre définitivement fin aux choses, mais ce n’est pas important ; nous n’avons pas aimé la vie.»

    Le même Winogrand ajoutait: »«Je photographie les États-Unis dans une tentative (…) d’apprendre qui nous sommes et ce que nous ressentons, en regardant quel air nous avons tandis que l’histoire (…) continue de nous arriver.»

    http://cultiz.com/expo-garry-winogrand-inventer-le-possible/

    Mais précisément, il nous appartient de réinventer le possible parce que nous aimons la vie!

    Vous semblez oublier qu’il y a sur ce Blog les lignes et les propos d’une femme exceptionnelle qui, à mon avis, n’aimerait pas vous entendre ruminer: Annie Lebrun.

    Relisez ses billets, ouvrez la fenêtre, respirez et allez faire un tour!

    Alors, debout, mes amis! Un coup de Rimbaud pour repartir! Armez vous d’une ardente patience!

    « Oui l’heure nouvelle est au moins très-sévère.

    Car je puis dire que la victoire m’est acquise : les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s’effacent. Mes derniers regrets détalent, – des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. – Damnés, si je me vengeais !

    Il faut être absolument moderne.

    Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n’ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau !… Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.

    Cependant c’est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes! »

    1. C’est beau l’optimisme !
      La réalité se révèle poutant bien difficile.
      Mais rêver ne fait pas de mal : Alors rêvons à Deus ex machina, fût-il en nous toutes et tous.

  21. Mr Jorion,
    Vous pensez avoir perdu votre temps?
    Ben moi, grâce à vous et à vos amis, j’ai beaucoup appris.
    Et je vous en remercie profondément.

  22. Bonjour Paul

    Votre blog n’a pas servi à rien puisque vous avez été lu.
    Que cela vous console, car nombreux sont vos lecteurs qui ont trouvé de la compagnie dans leur volonté de savoir et matière à réfléchir (réfléchir c’est ce qui doit être la caractéristique un Humain) en lisant les billets et les commentaires.

    Consolez-vous car il est des Cassandres qui n’ont jamais été lu(e)s ou entendu(e)s et qui ont plutôt été pris(es) pour des amuseurs publics : j’en suis l’exemple même. Ainsi, depuis l’age de 15 ans – ça fait 35 ans – je parle d’effondrement et c’est fou comme j’ai fait rire, et encore aujourd’hui.
    Maintenant, alors que TOUT se précise, avoir eu raison ne me donne aucune satisfaction.
    J’ai tenu le coup moralement en défendant la Nature et en plantant des arbres sur des talus que j’ai érigés durant les 10 dernières années.
    Lorsque en 2008 j’ai commencé mon blog, j’avais la même prétention que celle que vous avez eu avec le vôtre : informer et prévenir.
    Pour moi, le résultat est que les lecteurs sont restés rares : 30 à 120 visites par semaine (entendre un Cassande ne fait pas rêver, même lorsqu’il propose dans son discours des solutions et des rêves de Société réalisables du point de vu de la Physique).
    Cependant je suis content : ma satisfaction sera d’avoir progressé à l’écrit (je fais moins de fautes qu’avant – Salut à Toi « vigneron le sans faute » !), ce que l’école – qui tire « super bien » vers le bas depuis les années 80, en se révélant ainsi un super soutient, avec la pub, au néolibéralisme – n’avait pas réussi à faire. Ma joie est aussi que j’ai pu me cultiver et mettre de l’ordre dans mes pensées.
    En fait, j’ai cherché, et cherche encore, a être conscient de la réalité de notre Monde, parce que, à mes yeux, seuls les Humains qui cherchent à saisir la Réalité du Monde ont une chance de réussir leurs vies d’Humains, quand bien même vivraient-ils l’effondrement de leur Société et de leur Espèce.

    Le plus dôle, dans Notre Histoire, restera le fait que ceux qui nous ont gouvernés ont toujours été les plus cons qui puissent se trouver dans une génération.
    Pour notre époque, ce qui est encore plus drôle, c’est que les 1% de cons actuels, qu’on a jamais aussi bien identifiés, seront « les champions de tous les cons » car ils perdront TOUT, de leur vivant, (« Ma cassette, mais où est donc ma cassette ? ») et qu’en plus ça chauffera pour eux ; et d’une toute autre façon que la Planète chauffera avec les 5 à 10 °C en plus, par rapport à aujourd’hui, qui y règneront à la fin du siècle (toute personne sérieuse, physique ou morale, ne peut donner en matière de réchauffement climatique qu’un intervale d’augmentation de température ; comme je suis un géologue sérieux, 5 à 10 °C de hausse à la fin du siècle, c’est une excellente évaluation) :-).

    Bien le bonjour à toutes et tous depuis les îles Kerguelen, où la Nature est quasi vierge ; « quasi » puisque, en plus du chat, du lapin, du saumon, du pissenlit, du rennes, du paturin et de bien d’autres, on trouve des fragments de plastiques dans presque toutes les pelotes de réjection des oiseaux locaux.

    1. Salut l’ami, pas trop dur d’avoir la tête en bas ?

      Donc, posture D.
      Paul va avoir besoin de tes services.
      Et merci pour ce joli coucou des kerguelen. C’est maintenant que Paul fait mine de jeter l’éponge, que tu nous écris un roman !
      Pas rassurant ce que tu nous racontes.

      PY

      1.  » C’est maintenant que Paul fait mine de jeter l’éponge, que tu nous écris un roman ! « 

        Ce matin, en lisant le post de Julien Alexandre, je me demandais combien le blog comptait de « lecteurs passifs »…

      2. Bonjour Pierre-Yves

        Avoir la tête en bas vaut mieux que d’avoir, comme c’est le cas pour la finance, le cerveau à l’envers.

        Hier, vers 2H00, sur l’île Mayes, dans le Golfe du Morbihan, à 12700 kilomètres de Vannes, après que se fut terminée une scéance de baguage d’oiseaux qui volent la nuit pour manger sur l’eau parce qu’ils dorment le jour à l’abri dans la terre, la Lune retournée regardait, d’un oeil, la Croix du Sud indiquer la direction opposée à celle que nous suivons d’ordinaire, comme si tout devait changer pour que le ciel brille encore pour l’Humanité.
        Des larmes de vaincu coulèrent, perdues au milieu de l’Océan.

        Il faut que tu me redonnes ton adresse postale.

  23. « Obtenir des résultats en disant la vérité violemment et brutalement, cela finira par marcher, même si c’est avec lenteur »
    Sommes-nous sûrs que LA vérité existe? Nous disons chacun notre vérité en espérant qu’elle aura le pouvoir de convaincre ceux qui ont le pouvoir d’agir. Hélas, ceux qui ont le pouvoir d’agir ont leur vérité opportuniste et se soucient relativement peu de la vérité des autres, sauf si elle devient une sorte de clameur collective, source de votes imprévus ou de très rares révolutions.
    La vérité du plus fort est toujours la meilleur. Nous le savons depuis longtemps. Et il ne s’agit pas de la force du plus vrai! Pourquoi nous consacrer alors à la vérité plutôt qu’à la force. Ceux qui détiennent la force sont-ils à ce point immuables? Sommes nous à ce point faibles et peu nombreux? Consacrons-nous donc à la force, légitime, de préférence, et notre vérité triomphera! Il n’a jamais été dit que la vérité appartient aux impuissants, sauf dans les Béatitudes qui promettent le Royaume des Cieux en compensation d’une vie sur terre misérable.

  24. Cher Monsieur Jorion,

    Un dernier commentaire qui devrait vous faire sourire et que m’inspire un de vos lecteurs c-dessus, lequel écrit fort justement: »Que quelqu’un d’aussi « célèbre » (et compétent) en arrive, arguments en main, à démolir à la dynamite les fondations, pourtant considérées comme établies et solides, de certains concepts importants de l’économie devrait être l’une de vos réalisations les plus méritoires.

    Voir les choses différemment de la façon dont des générations les ont vues sera votre marque de fabrique. »

    Voici quelques jours, à l’occasion d’une causerie à coloration « économique » où pérorait un « mainstreamiste », j’ai pris la parole et ai fait état de votre ouvrage sur Keynes, que j’avais avec moi.
    Vive surprise de l’orateur – vive contrariété, devrais-je dire – car manifestement javais prononcé le nom qui gêne: le vôtre.

    Car tout le problème est là: vous êtes passé devant les joueurs d’échecs institutionnels qui font encore semblant de réfléchir à une défense espagnole, sicilienne, russe etc. peu importe, ils n’y connaissent rien et font semblant, et voilà qu’en trois coups vous avez fait mat.
    Alors attendez encore un peu: on va venir vous chercher pour réparer le bastringue.

  25. re-Bonjour Paul,

    Je suis sans voix suite à votre dernier billet… la plume numérique pour le moins égarée, cherchant ses repères, cherchant son maître. Je voulais déposer un commentaire sur le blog afin de vous exprimer ma profonde sympathie pour tout ce que vous avez fait pour nous, pour moi, puis je me suis dit que le mieux était sans doute de vous écrire personnellement.

    Vous connaissez déjà et depuis longtemps mon opinion quant à notre situation et nos chances d’en minimiser les dégâts pour l’ensemble de l’Humanité… à savoir quasi nulles aujourd’hui !

    Nous échangions l’autre soir avec mon épouse au sujet des bunkers pour milliardaires et nous nous disions ceci en riant (car il faut bien en rire) :

    Pour rien au monde nous ne voudrions être là pour voir dans quel état ces élites finiront, voire parviendront à sortir indemnes de ces bunkers (s’ils parviennent un jour à en sortir). Autant demeurer dehors, là où les chances de survie, bien qu’infimes, sont bel et bien supérieures à zéro. Car croire qu’il sera possible de tenir enfermé plus de 10 ans sous des tonnes de terre, de roche, de béton et d’acier, assis sur son tas de diamants, de platine, d’or et/ou d’argent, ne relève plus de l’utopie mais bel et bien de la folie. Alors que croire qu’il serait possible de tenter librement sa chance à l’air libre nous parait bien plus réaliste au sens néolithique du terme bien évidemment (les propriétaires se retrouvant de fait eux aussi pris au piège s’ils ne parvenaient pas à se libérer psychologiquement de leur bien)…

    Quelle hilarante et kafkaïenne ironie du sort puisque tous ceux qui se croient d’ores et déjà à l’abri n’y sont pas ! Or ce sont eux qui hélas s’accrochent depuis toujours à ce système complexe observé devenu pour le moins compliqué !

    En définitive, l’égoïsme ne tue pas seulement la sensibilité (ce moteur de l’intuition) mais il tue aussi la sobriété (ce moteur de la raison) ! Et c’est bien l’absence d’humilité (ce moteur de la justice) qui en est la cause ! En partant de ce constat, nul besoin d’espérer pouvoir trouver une quelconque trace d’équité, de dignité, de liberté, voire de fraternité dans cette Humanité là, chacun se fourvoyant dans ses propres convictions de richesse, d’assurance et de sûreté…

    Qu’il en soit ainsi ! L’Humanité referme donc bel et bien le volume le plus inique de son Histoire ! Reste à savoir maintenant ce qu’il en découlera ?

    « L’égoïsme ôte toute espèce de sensibilité, c’est une lèpre morale. […] Ceux en qui l’égoïsme et la vanité dominent, ont rarement le sentiment du vrai, du bon et du beau. »,
    Pierre-Claude-Victor Boiste, Dictionnaire universel, 1843.

    Aussi, préparons-nous et observons avec attention les événements à venir !

    Bien sincèrement, de la part d’un ABPJ !

    Philippe Soubeyrand

  26. Jeter l’éponge c’est exactement ce qu’attendent l’oligarchie. Ne serait-ce que par esprit de contradiction bien Français, je ne m’arrêterai pas; et toi Paul ne devrais pas aussi.

    Nous savons qu’en face le pouvoir a une puissance énorme qui est pyramidale et avance donc vite. Le peuple lui, a une structure horizontale et lente. La révolution populaire, si elle advient, mettra du temps à arriver. Soyons assurés qu’en face, le pouvoir va tout mettre en place pour tout verrouiller, mais augmentera mecaniquement un peu plus l’exaspération des gens qui, nous le voyons tous, ouvrent les yeux de plus en plus depuis 5-10 ans grâce à internet.

    « La révolution ne se fera pas de notre vivant », se dire ceci permet d’avancer sans être déçu. On avance, point. Au final ce sont ceux-la que le pouvoir craint le plus…

    1. Bah, Paul ne jette pas l’éponge, il tire juste les conséquences de son action, pour agir là où pense être le plus pertinent. C’est un bilan d’étape, pour repartir de plus belle, là où il voudra.
      Les lecteurs qui lui ont été fidèles toutes ces années n’auront sans doute plus leurs yeux collés à l’écran de leur blog favori, mais maintenant il vont avoir tout le loisir pour dans leurs actions propres de tirer la substantifique moelle de ce qu’ils ont appris ici dans les billets, les livres, les vidéos et dans ces innombrables commentaires échangés qui vivifiaient notre pensée.

      9 ans, c’est une sorte de séminaire Lacan, d’un genre nouveau, car en ligne, et forcément il va en rester quelque chose. Nous pouvons tous être fiers d’y avoir participé. Et mon petit doigt me dit que si Dieu nous prête vie on reparlera de ce qui s’est passé ici dans 25 ans.
      Faudrait peut-être trouver un moyen que nous puissions tous rester en contact. Un réseau comme ça, c’est précieux, surtout quand le temps se gâte.

      1. PYD : Peut-être organiser un petit meeting prévu bien à l’avance pour avoir l’occasion de se croiser en vrai….j’ai jamais pu me libérer pour aller à Vannes (600km) ni à Bruxelles (encore plus) ou bien faire un petit annuaire de conjurés (mais n’est ce pas déjà trop tard :)) En tout cas, oui, ça me semble aussi dommage de voir disparaitre ce petit réseau qui a certainement des posibilités de réalisation sur le terrain.

      2. On pourrait toutes et tous se retrouver lors de la prochaine fête à Notre-Dame-des-Landes, l’année prochaine. Ce sera en juillet ou en août.
        Comment mieux commencer à résister sur le terrain à la finance qu’en faisant tomber un de ses projets inutiles et destructeurs !
        Et pour le taulier qui nous régale, c’est pas loin de chez lui.
        On aurait juste à mettre BPJ sur la casquette ou le parapluie, selon la météo, pour nous reconnaitre.

  27. Bonjour Monsieur JORION,
    Pour ce qui me concerne, je vous ai découvert il y a moins d’un mois, et ce que j’ai trouvé dans vos blogs est diamétralement opposé à ce qui vous conduit à « passer à la suite ».

    Si pour vous « La fonction du blog … était d’amorcer et de faciliter un Grand Tournant. » gardez en mémoire que ce tournant est amorcé par chacun d’entre nous, qui vous lisons, à notre rythme, et donc à différentes poques, et pour ma part je suis heureux d’être arrivé après quasiment 5 ans d’existence de celui-ci.
    Qu’en aurait il été si j’étais arrivé trop tard ?

    Grâce aux écrits de votre blog, j’amorce, à mon tour, ce virage aujourd’hui. Je suis certes en retard, mais si vous « jetez l’éponge » d’autres n’auront jamais la chance que j’ai eue, et ne pourront peut être pas amorcer le virage.

    Alors, s’il vous plait, continuez de me, nous, « tenir au courant » au travers de ce blog.

    Et merci beaucoup pour tout ce que vous m’avez fait partager.

  28. Avec « Comment la vérité et la réalité furent inventées » et « Principes des systèmes intelligents » PJ nous propose rien moins qu’une nouvelle vision du monde.

    L’acceptation d’un nouveau paradigme, comme tout changement de croyance profonde, quel qu’il soit, prend du temps, beaucoup plus que les presque neuf ans d’existence de ce blog.

    Ainsi la nouvelle vision du monde apportée par la révolution galiléenne au XVIIème siècle a mis longtemps à s’imposer sociétalement.

    Rappelons à ce sujet ce que PJ écrit dans PSI à propos de la résistance au changement:
    « … les traces mnésiques centrales, anciennes, deviennent difficilement modifiables. Cette résistance au changement correspond assez bien à l’idée que l’on se fait des « croyances profondes » d’une personne : les opinions dont elle dira qu’elle croit « en » elles. De ce point de vue, tout germe d’un réseau mnésique est automatiquement un germe de croyance… »

    Changer l’idée, inculquée par le système éducatif, qu’on se fait des « lois » de l’économie (Jorion) et de l’évolution (Thom) prendra du temps.

    Kuhn a décrit les fameux quatre stades de l’apparition d’un nouveau paradigme scientifique, c’est-à-dire d’une méthode d’explication de phénomènes scientifiques.

    « 1. Tout d’abord, le nouveau paradigme est ignoré.
    2. Ensuite, il est ridiculisé comme absolument irrecevable et sans importance.
    3. Puis il est sauvagement attaqué, y compris parfois au niveau de la vie privée de l’inventeur.
    4. Finalement, on convient à l’unanimité que c’est bien la seule manière de penser, que « tout le monde a toujours pensé ainsi »

    Le stade 1 est à mon avis primordial car s’il est passé c’est quasiment gagné! Mais La Banque, qui se satisfait de la vision économique et biologique actuelle, veille -en pesant sur les médias et le système éducatif- à ce que ce stade ne soit pas franchi…

    1. Hors sujet avec le billet « Passer à la suite », peut-être …
      Mais visiblement pas avec « Le temps qu’il fait » du 11/12/15! 🙂

  29. Comme beaucoup ici le Blog de Paul Jorion m’a déjà permis depuis des années de survivre à l’immensité de ma colère impuissante en comprenant mieux les « pourquoi » tout ça. Paul il nous faut encore du temps à tous pour trouver les « comment » pour la suite et les mettre en oeuvre. Comme vous j’ai l ‘immense bonheur à 55 ans d’ aller prendre dans son lit mon quatrième enfant de 5 ans pour le mettre dans les bras de sa merveilleuse maman, et ce tous les matins. Ce qui restera de l’humanité ? Ce que nous mettrons d’humanité dans chacun de ces moments pleins. Pourquoi je veux continuer à réfléchir et à agir chaque jour à ma mesure de ce que je comprends et suis capable de faire? Quand je sens mon petit garçon dans mes bras encore endormi et confiant je sais pourquoi tout cela n’est pas vain. Vous le savez aussi dans la même situation. Alors moi j’ai confiance en votre intelligence, et surtout votre compassion, pour continuer à nous aider à la manière qui vous conviendra, à comprendre et, à accueillir avec un espoir renouvelé, toute l’énergie que vos lecteurs sont prêts à mette de mille manières pour sauver ce qui peut l’être de notre humanité.

  30. « Bon, c’est vrai, j’ai arrêté 14527 fois d’écrire et recommencer 14528 fois. C’est vrai, tous les matins, ou presque, je me dis que la faucheuse n’est malheureusement pas passée, qu’il va falloir y mettre un coup, encore. Bon, c’est vrai, j’ai tout perdu, famille, enfants, l’amour de ma vie, et même mon froc quelque fois. Mais, est-ce que ça tient à cela ? Non. Des raisons de continuer, ce ne serait que folie ! Je sais bien que la foule de mes auditeurs, bande de putes, de pédés, de gouines, de négros, de bougnoules, de glandeurs, de vauriens, de fainéants, de voleurs, de dealers – pire, des poètes ! -, ne changera rien au merdier actuel, que demain on va s’en ramasser une, et une bonne, et peut-être même que mon moteur aura une fuite d’huile ! Et alors ? Et alors ? »

    « Faut-il une raison, une seule, pour aimer ? Faut-il une raison, une seule, pour jouir de la vie, des étoiles, du soleil, du vent, de la pluie, d’un caillou dans la godasse, du moustique qui vient te piquer le gland alors que tu pisses dans les fougères – véridique… -, d’un sourire inattendu, d’une pièce dans la rigole, d’un train en retard, d’une ivresse passagère – ou pas -, d’un éclat de rire, d’un chevreuil qui crève dans tes bras, du hasard qui n’existe pas ? Faut-il une raison, une seule ? »

    « Arrêter, c’est lâche, minable, petit, pitoyable, navrant, déplorable, lamentable, désespérant, triste, et, si t’es capable de l’être plus que moi, c’est que t’es vraiment fort ! »

    Prenons soin de nous.

    1.  » Il est des livres qu’on préférerait ne pas écrire. Mais la misère de ce temps est telle que je me sens obligée de ne pas continuer à me taire, surtout quand on cherche trop à nous convaincre de l’absence de toute révolte. Avec le naturel des saisons qui reviennent, chaque matin des enfants se glissent entre leurs rêves. La réalité qui les attend, ils savent encore la replier comme un mouchoir. Rien ne leur est moins lointain que le ciel dans les flaques d’eau. Alors, pourquoi n’y aurait-il plus d’adolescents assez sauvages pour refuser d’instinct le sinistre avenir qu’on leur prépare ? Pourquoi n’y aurait-il plus de jeunes gens assez passionnés pour déserter les perspectives balisées qu’on veut leur faire prendre pour la vie ? Pourquoi n’y aurait-il plus d’êtres assez déterminés pour s’opposer par tous les moyens au système de crétinisation dans lequel l’époque puise sa force consensuelle ? Autant de questions qui me sont une raison de ne pas garder le silence.  »

      Annie Lebrun

      https://www.youtube.com/watch?v=fbeSTC-aiac

      ou réécouter Léo Ferré

      https://www.youtube.com/watch?v=N5kT7n9hTfk

  31. Je ne peux que reprendre mes derniers commentaires sur le dernier billet de J.P.V
    Alain Audet dit :
    2 décembre 2015 à 15:43

    L’Humanité ne finit par marcher droit qu’après avoir essayé de toutes les manières possibles de marcher de travers. »
    H. Spencer
    Les religions, les pensées philosophiques, les théories économiques ou financières, sont et seront d’autres façons de marcher de travers tant et aussi longtemps qu’ils ne mettront pas en priorité la règle que j’évoque plus haut.
    Comme notre mode de fonctionnement se résume par l’épuisement de tout. Quand aurons-nous épuisé toutes ces façons de marcher de travers?
    Probablement quand il sera trop tard à moins que……..
    Cette règle se résume ainsi (du commentaire plus haut) :
    « Il y a une règle de base toute simple qui permet à l’avion de voler qui consiste en un équilibre dans la forme concave/convexe de l’aile, si vous ne respecter pas cette règle l’avion ne vole tout simplement pas c’est incontournable.
    Nous savons qu’il y a eu toutes sortes de tentatives ratées et désastreuses de voler et ce n’est que lorsque cette règle a été comprise et appliqué que la science aéronautique est né, avant c’était n’importe quoi. Aujourd’hui cette règle est expliquée en long et en large, ses limites sont connues et tant qu’elles sont respectées l’avion vole.
    Pour l’humanité c’est le même principe il y a cette même règle incontournable de base qui se définit ainsi : vivre en symbiose avec la biosphère qui nous entoure et de la quelle dépend à 100% notre entité matériel et physique.
    Tant se porte la biosphère, tant se porte l’humanité.
    Cette règle pourtant très simple et évidente est très loin d’être comprise et surtout appliqué elle devrait prendre le statu de science, documenté, mesurable, explicable et transmise en permanence exactement comme l’est la science aéronautique ou tout autre science que nous maitrisons si nous voulons nous maintenir (voler) à l’intérieur de cette biosphère.
    Avons- nous le choix? «
    Nous devons donner un statu à cette science, la faire naître et vivre véritablement, et surtout la transmettre aux survivants pour qu’ils ne refassent pas les mêmes erreurs.
    Mais tout est encore possible………

  32. Bonjour Paul,
    J’ai assisté à une de vos récentes interventions à l’ULB mais pressé par des obligations parentales je n’ai pas pu rester pour d’éventuelles discussions.
    Je n’ai pas encore terminé la lecture de votre « Keynes », mais il me semble que je lis ici et là, un découragement que nous partageons tous, lorsque issus ou proches du monde académique nous constatons qu’en une dizaine d’années, nos écrits et nos dires, semblent sans effets sur le cours des choses.
    À Bruxelles, vers 2008, mais avant le caractère visible de la « crise », lors d’un prestigieux congrès de l’administration bruxelloise en présence du Roi, j’ai entendu un collège de professeurs d’université introduire leurs conclusions sur un ton semblable sauf qu’ils ont collectivement affirmé sans appel -et sans contradicteur- le savoureux constat d’un , je cite, « profond déficit intellectuel dans la classe politique de ce pays. »
    Oui, je sais, c’est sans doute plus compliqué que cela. Mais il y a quelque chose d’intéressant là dedans.
    Pour paraphraser Boris Vian, quand on est original, il ne faut pas s’attendre à être compris du plus grand nombre.
    Mais ne pas être compris du plus grand nombre, est-ce vraiment votre cas ?
    Moi, il me semble que vous avez su trouver les mots, pour rendre accessibles des choses somme toute triplemement compliquées. Par leur éloignement du sens commun médiatique. Par la confusion facile et stigmatisante entre toute théorie critique et du sous-marxisme (un écueil que vous avez merveilleusement su éviter) . Et parce que vos explications font souvent appel à des notions complexes difficiles à vulgariser aussi bien que vous le faites et souvent, en peu de mots.
    Bref, pour moi, il ne vous faut jamais sous-estimer un rôle de « passeur ». Rien que pour cette raison, il me semble très probable que vous avez jusqu’ici contribué à changer la vie, et la trajectoire de nombreuses personnes. Et vous avez fourni des moyens et des outils à celles-ci pour servir de relais autour d’elles.
    Certes mon inclination à penser cela, repose surtout sur une « phénoménologie de l’expérience » de mon entourage dont je découvre parfois, qu’ils vous lisent ou sont allés vous entendre,e t me parlent de leur évolution subjective.
    Mais cela ne repose pas sur le feedback des médias.

    Faut dire, que cela doit faire au moins 25 ans qu’en francophonie, le journalisme de masse a majoritairement ignoré l’éthique indépendante du watchdog ou du whistleblower américain. Il est difficile d’ignorer aujourd’hui, et de nombreuses recherches académiques le montrent, que les médias « privés » caressent de plus en plus l’autorité financière et &économique dans le sens du poil, vu qu’ils sont extrêmement dépendants des budgets publicitaires et actionnariaux pour leur survie. Quant aux médias publics, leur voix est avant tout un porte-voix gouvernemental, ponctué de la présence de quelques fous du roi, qui sont à l’antenne durant quelques minutes par 24 h, dire « une autre vérité » pourvu qu’elle prenne le costume de la bouffonnerie.
    Travaillant exclusivement à Bruxelles depuis un peu plus de 10 ans, et côtoyant souvent des politiques, je constate que ces derniers sont souvent authentiquement ignorants de toute cette courtisanerie médiatique.
    Alors pour prendre le pouls de l’opinion publique, ils renoncent souvent aux fort coûteux sondages (souvent frelatés) ou aux fastidieuses « permanences sociales », mais croient ingénument pouvoir s’en tenir à ce qui transparaît comme valeurs, perceptions et comme priorités dans les médias.
    Bref, dans les allées du pouvoir, tout se passe comme si on se mettait à croire à sa propre fable, ou à sa propre légende, et comme si les médias véhiculaient la vox populi majoritaire.

    Il ne faudrait pas tomber à notre tour dans le même travers et la même intoxication . Il ne faudrait pas croire donc à la même passivité du grand public face au pouvoir.
    Si l’on en croit la vieille théorie sociologique de Albert Otto Hirschman, d’autres attitudes populaires que l’acceptation passive sont possibles: l’exit et la protestation. Exit vers le repli sur soi ou sa « tribu ». Exit vers le crime organisé ou en l’échange de « menus services » on obtient une protection sociétale/sociale que leur refuse la puissance publique. Exit vers la violence anarchique, ou encore une protestation/exit vers une violence révolutionnaire, laïque ou d’inspiration religieuse.

    Que ce soit par vos conférences, vos interventions, vos écrits, une chose que vous permettez sûrement c’est l’Exit de plus en plus de monde. Et vous fournissez à bon nombre de vos auditeurs ou lecteurs, matière à se remettre à penser, matière à rediscuter et outils pour redébattre et cela complique sûrement la tâche propagandiste que s’attribuent les médias de masse .

    Mais si cela complique la tâche des médias, cela rend aussi peu manifeste l’effet de votre travail. Par définition, l’Exit ne se donne pas clairement à voir dans sa diversité.
    Il est peu probable que le politique se rende compte , même face à un possible 90% d’abstention, qu’il ne représente plus grand-chose.
    Mais il est tout autant malaisé de voir la forme que prendra l’organisation sociale de tous ceux qui sont en « exit ». Extermination programmée par les plus nantis? Chaos ? Ordre autoritaire, ou il nous reste à l’espérer ordre négocié dans des utopies à proposer.
    Après tout, nous vivons dans une époque de l’histoire où le niveau des décideurs dits d’ « élite » n’ a jamais été aussi bas, avec un niveau d’instruction moyen de la population qui n’a jamais été aussi haut, en dépit des nombreuses attaques budgétaires qu’a partout subies l’enseignement. Si le « grand public éduqué était une fiction en 1960, il l’est peut-être moins que jamais aujourd’hui. Pas sûr cependant qu’on lise beaucoup de long livres. Et à cet égard votre bande dessinée était une très très bonne idée.

    En tant qu’anthropologues ou autres spécialistes des sciences humaines, il est grand temps de réactiver et développer ces utopies peut -être, pourquoi pas, inspirées de solutions qu’ont imaginés des sociétés traditionnelles.
    Je ne suis pas un grand spécialiste de l’Océanie, mais personnellement, il me semble que le système de la propriété foncière dans la société canaque préfrançaise, ou les systèmes océaniens de monnaies simultanées, mais non (ou difficilement) convertibles entre elles seraient de bons points de départ.
    Nous devons, au moins autour de nous, dans nos enseignements ou dans nos écrits, à travailler à des synthèses pluridisciplinaires, nous devons travailler à continuer la vulgarisation des concepts des sciences sociales et à la dé-naturalisation des réalités sociopolitiques ou économiques, présentées comme incontestables.
    Et nous devons comme vous semblez l’avoir fait, réfléchir à diversifier les moyens de transmettre ces idées.
    Bref, j’espère que vous garderez courage et que vous ne baisserez pas les bras.

    1. Merci ! Vous avez raison quand vous dites que l’influence que l’on peut avoir sur les stratégies d’exit sont très difficiles à déceler d’une part et à analyser d’autre part.

      1. Exactement !
        D’autant que les « Exit » non-violents, se situent hors de nos champs de vision ! Des stratégies d’exit peuvent donc s’avérer positives à moyen ou long terme. Et rien ne nous empêche d’en mettre en place. Depuis le repli dans l’édification de nouveaux monastères (para)académiques que préconisait Umberto Eco vers 1973 (pour résister au « nouveau moyen-âge de la sémiocratie marchande » ) jusqu’aux graines que peuvent semer des néos « universités volantes » .
        Pour le reste, j’insiste, croyez bien qu’accumuler du « gai savoir » et le rendre accessible à beaucoup comme vous l’avez fait avec un talent que j’avoue vous envier, ne peut être qu’une bonne chose !

    1. Après l’agroécologie, il ne reste plus qu’à inventer les bombardements écologiques, la publicité écologique, les transports de masse écologiques, les pétroliers écologiques, les banquiers écologiques, les médias de masse écologiques, les fabricants de tout et n’importe quoi écologiques, et le tour est joué !
      Les colibris auront enfin gagné.

      1. Il y a en effet la tentation commune de s’enivrer de mots, le langage procure une illusion de toute puissance.
        Mais l’agroécologie a mis à peu près 50 ans pour commencer à s’étendre significativement. Elle possède plusieurs moteurs, un moteur économique (c’est très rentable) et un moteur psychologique (c’est très satisfaisant pour les producteurs et les consommateurs). On n’en est encore qu’au début tant il y a de combinaisons et de savoir faire encore à développer, c’est donc aussi très stimulant.

      2. @Dominique Gagnot,

        Dominique, vous avez oublié l’essentiel qui nous évitera l’effondrement, la dette écologique. C’est la direction que l’on nous proposera à l’issue de la Cop 21.

        Suivra alors le gaspillage écologique, l’équivalent des temps modernes du « je creuse, je rebouche », que nous permettra une énergie renouvelable quasiment gratuite.

        C’est ce qui nous attend demain, n’en plaise à la majorité d’entre nous car nous sommes trop aveuglés par les errements de ceux qui nous dirigent, que nous en oublions que le capitalisme a de la ressource à vendre.
        Nous mourrons d’avoir raison, et alors ! Est-ce un tort d’avoir raison ?

        La seule chose qu’ils ne pourront pas nous vendre, c’est le CO2 écologique. Il va falloir en planter des arbres avec l’interdiction de les exploiter pour arriver à tout enfouir. A moins qu’un chimiste nous invente le truc miracle : une petite pastille à placer devant chez soi, et c’est 1 tonne de CO2 qui disparait. Je vais investir dans une entreprise de décharge !

        Dormez tranquille, brave gens!

  33. Bonjour Paul,

    Avant de tirer sur le pianiste, je vais tout d’abord vous remercier pour tout le travail que vous avez accompli ces dernières années. 🙂

    Bon, maintenant tirons un peu sur le pianiste.

    Paul, je suis parfois fatigué de toutes ces personnes très haut placées (comme, par exemple, en ce moment, M. Hollande ou Me Merkel) ou très intelligentes et très cultivées (comme vous) qui annoncent des décisions et ouvrent le débat (pardon, les commentaires…) seulement après avoir arrêté leurs choix.

    Il y a quelques années, je me souviens vous avoir encouragé à continuer, quitte à ouvrir plus encore votre blog à d’autres auteurs. Et c’est ce que vous avez fait, que cela ait quelque chose à voir ou pas avec ma recommandation de l’époque. Peu importe.

    Aujourd’hui, j’aurais aimé que vous ouvriez les commentaires avant de prendre votre décision et que, tous ensemble, nous ayons une chance de donner une suite plus collaborative à cette aventure.

    Bien sûr, c’est votre blog. Mais c’est aussi celui de tous les autres contributeurs (je pense, entre autres, à François Leclerc). C’est peut-être, aussi, un peu, le blog de ceux qui le lisent depuis, parfois, des années.

    Bon voilà, je ne vais pas tirer plus longtemps sur le pianiste, je manque de motivation pour cela.

    Merci encore, et de toute façon, même si vous maintenez votre décision. 🙂

    1. Le pianiste éteint la lumière trop tôt.
      Je me sens orpheline des mots éclairant ces temps que nous vivons.
      Si un blog ne peut changer le monde, il peut aider les gens, ceux qui tentent de comprendre le chaos vers lequel le monde se précipite. Qui d’autre que vous pourra s’adresser à un aussi large éventail social, de l’intellectuel pointu à la modeste béotienne, pour dynamiser les intelligences qui ne voudront pas se compromettre avec la bête immonde.
      Le désastre n’en est qu’à ses débuts, et pour le dire simplement , j’aurais tant aimé que vous continuiez, avec les collaborateurs du blog, à m’aider à expliquer le monde à mes petits-enfants afin qu’ils saisissent toutes les chances de résister à la bêtise.
      Et si vous ne changez pas d’avis, si le cœur n’y est plus: merci pour tout Monsieur Jorion.

      1. Paul,

        Le débat dont vous parlez se déroule, depuis près de neuf ans, au niveau stratégique, dans le monde des idées de haute volée.

        Ce dont je parle se situe à un niveau plus tactique. Le blog est un moyen de communication et d’action parmi d’autres, au sein d’une approche globale, souvent appelée, de nos jours, comme vous le savez, « multi-canale ».

        Après tout ce travail, se priver d’un canal de communication établi, ayant atteint une vraie vitesse de croisière, pour passer à « autre chose » me paraît une erreur tactique.

        C’est comme renoncer à communiquer à la radio ou à la télévision sous prétexte qu’Internet existe.

        Vous vous plaignez de ne pas avoir changé le monde. Le changement commence par de toutes petites choses que chacun d’entre nous peut faire au quotidien. Il est évident que cela marche encore mieux quand l’ensemble de ces initiatives individuelles s’auto-coordonnent au niveau collectif.

        Vous vous plaignez également que ce changement ne soit pas assez rapide. Mais la rapidité est aussi corrélée au nombre d’acteurs mobilisés. Aussi intelligent que vous soyez, Paul, quelle que soit la qualité de vos livres, quelle que soit la nouvelle forme d’engagement à laquelle vous pensez, arrêtez de croire que vous y arriverez seul. Nous ne sommes plus au temps de Voltaire ou de Rousseau. Le quantité de livres en circulation a juste changé d’ordre de grandeur…

        Enfin, si vous estimez, donc, ne pas obtenir suffisamment de résultats, assez vite, tout seul (et vous avez assez tendance à vous sous-estimer ici de mon point de vue), peut-être est-il temps de passer à une autre forme d’action, plus open source, plus collaborative 2.0, et peut-être, par exemple, en y incluant un blog de Paul Jorion plus à la sauce Nicolas Bourbaki ?

  34. Je découvre à l’instant cette nouvelle alors que je terminais une discussion avec un ami qui, après avoir été harcelé par la bureaucratie et les banques pendant 6 mois, vient d’obtenir justice et réparation, et en cadeau improbable, on lui a même proposé de devenir expert près la cour machin, gaguesque !
    Je relirai ce billet et ces messages demain tranquillement car là, pas possible, mais on se doute que Paul J. ne va pas baisser les bras, juste prendre du recul sans doute.
    On n’a pas vraiment le choix, l’effondrement on va y avoir droit. Peut-être pas avec toutes les réjouissances décrites dans le livre de P. Servigne et R. Stevens, mais des gros bouillons très certainement. Penser à ce grand changement de paradigme est salutaire plutôt que d’essayer de ramer à contre courant et tous se noyer d’épuisement.

  35. Ça sent la conversion à la clandestinité, au darknet et au bitcoin à plein nez c’t’affaire.
    Docteur Jorion and mystère Caché ?

    1. conversion à la clandestinité, au darknet et au bitcoin à plein nez

      Zut, moi qui voulais faire ça discrètement, mais c’était compter sans la perspicacité stratosphérique de vigneron. Rats !

  36. Paul Jorion est agacé et fatigué de constater que ses analyses ne produisent rien de concret jusqu’à présent au sein des instances dirigantes de tout bord, certes, certains ont pu dire qu’il faut laisser du temps au temps, mais le temps pour cela n’est plus disponible, les dés sont jetés, il convient donc maintenant de penser à « l’àprès » sans pour autant abandonner la bataille d’idées actuelle.
    Celui qui se bat mérite le respect, courage.

    1. Merci Hélène, si quelqu’un me fait changer d’avis ce sera toi … avec le renfort de Matthieu bien entendu, qui représente lui-même quelqu’un qui avait compris bien des choses !

      1. « quelqu’un qui avait compris bien des choses ! »

        Merci, tout simplement d’être là et de nous déniaiser de toutes ces pensées « pseudo scientifique », c’est libérateur !
        La réponse que vous venez de faire à hélène me touche beaucoup moi aussi 🙂 et me fait mieux aussi comprendre beaucoup de vous , encore merci pour nous de ne surtout pas …. »éteindre la lumière », non, elle ne s’éteindra pas…..car nous ne le permettrons pas ! Mouvements de plaques tectoniques ? Ce n’est qu’un début……normal que ça tangue un peu.

      2. Neutraliser Paul Jorion, quelle victoire pour l’adversaire, c’était le blog à abattre.
        Pour perdurer, grâce à sa qualité, ce blog ne nécessite pas le rythme fulgurant qui est impulsé.

    2. Il l’a écrit, vous pouvez le faire changer d’avis, une fenêtre ?
      De mon côté je lui ai tweeté « Le temps des cerises » que chantait son père dans les mauvais moments.

  37. Cher M. Jorion.

    Pardonnais moi…! Je voulais exprimer en messagerie privé, cette peine effrayante mais, aussi dubitative, que je n’osais pas, par pudeur, ou même ridicule d’avoir mal interprété, ce que votre message me laisse entendre, ce que son sens me peine à chercher à comprendre, ce que nous sommes nombreux en fin de compte à être gêner. Au point ou on en est, et/ou serait, au diable la pudeur alors.

    Vous parlez de « passer à la suite », en laissant entendre de ce que j’en comprends, que la porté de votre blog et compte facebook, des vos messages, analyses, alertes, mises en garde, boites à outil, n’auraient pas éveiller comme attente, espérance, conscience… Et tout en surfant sur le spectaculaire effrayant de ce que la triste actualité, que l’humanité se prépare à sacrifier, vous semblez selon moi garder une note d’optimisme dans le sens de rappeler les publications de vos derniers, teinté de cette expression « « le pire n’est jamais sûr » .

    Me serais-je trompé à ce point, non sur l’être humain que je respect en vous, mais que je ne connais pas, mais sur l’interprétation que je tente de faire de votre boite à outil, par sa mise en pratique dans l »action teintée de ce que je pense être de l’intelligence dans celle ci, moi que vous connaissez peu, ou peut être au contraire trop bien, pensez connaître trop bien, pour vous avoir heurté quelques fois… ?

    Mais je ne parle pas que de moi, quand je pense exprimer les voix de nombre de soutiens des comptes facebook (Résistance dAbord et Pierro Sanslalune), qui ces derniers jours, dans des billets adressés au Président de la République, comme d’autres, ont essayé de vous mettre en avant… Je n’ai pas la prétention, ni l’ambition, de parler on nom de toutes ces voix, « d’un réseau » prétendu « social » et si « virtuel »… Mais je peux parler au nom de quelques unes, nombreuses, avec nos échanges en privé au sujet de votre billet, qui nous laissent sans voix/voies et pire encore.

    Avez vous eu connaissance de ces billets dont je parle.. ? Que pensez du mode d’action de ceux ci qui essaie de s’inscrire dans ce que je et nous pensons être une compréhension intelligible des rapports de force, selon ce que j’interprète de vos analyses, ce que nous partageons comme diagnostics, mélangeant l’intimisme du récit de l’individu que je suis, mais en représentant dans l’imaginaire bien d’autres, en proie à un manque d’action collective mais surtout à une administration et un État sacrifiant des citoyens-nes les moins « rentables », les plus réfractaires à leurs politiques austéritaires, injustes, etc… ?

    Aurions nous fait des erreurs et lesquelles s’il vous plaît… ?

    Pardon de ramener à ma personne ces demandes, ses craintes, ce désespoir, que votre billet (et votre vidéo en anglais excluant beaucoup d’entre nous aucunement bilingue) et le sens que l’on peut donner à ses mots/maux, qu’ils annoncent, peuvent susciter…

    Pierre Juillot.

    1. Surtout ne vous sentez pas obligé de publier ce commentaire si dessus (avec ces fautes en l’état, peut être plus révélatrice des mes émotions) quand c’est le sens moyen que je connaisse de vous interpeler, en comptant sur le filtre de la modération pour vous laisser juge de sa valeur privée ou publique…

    2. Et moi je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon assemblée.
      Avant que le coq chante deux fois, tu me renieras trois fois.

      1. Je ne comprends pas le sens de votre réponse que vous rendez biblique. Serait-ce une moquerie avec une partie de mon patronyme, de mon identité civile plus exactement, dont vous chercheriez à en rire avec l’assemblée, sans que je n’en puisse saisir toute la subtilité de son sens…? Seulement un patronyme fusse t-il symbolique, est-il le reflet exact de « l’âme », de l’intelligence, ou de la bêtise, de son porteur, eusse t-il acquis une éducation catholique ou autres d’ailleurs… ?

    3. La vidéo en anglais c’est « Tu seras un homme mon fils » de Kipling : « If… » en anglais, encore que la traduction française ne soit pas très fidèle, je l’ai souligné à l’époque.

      1. Pour avoir lu M. Jorion, une traduction glanée à la va vite dont je ne suis pas sur de sa fiabilité, de ce très beau poème de Rudyard Kipling, j’hésite à interpréter le sens de la réponse que vous donnez à toutes mes questions. J’hésite entre la prendre comme une forme personnelle d’encouragement, et donc de reconnaissance (et de fierté) dans cette action, dont l’inspiration est issue de la qualité remarquable de vos travaux, boites à outil, etc, à vous et vos amis-es, alors que votre vidéo s’adresse à tous-tes… Mais j’hésite aussi à la prendre comme telle, tant le fait que vous me répondiez par le message de cette vidéo envoyant un message généralisant, rend impersonnelle votre réponse à des questions spécifiques… et sensibles…

        http://legissa.ovh/tu-seras-un-homme-mon-fils.html

  38. En 2009 vous écriviez:
    « N’attribue pas à malice, ce que crétinerie explique aussi bien ! »

    Au vu de ce qui se passe cette année, l’assaut contre le gouvernement grec et la « shock doctrine » du moment, pensez-vous que la crétinerie suffit toujours à tout expliquer??

      1. Voilà ce qui crève enfin les yeux du visionnaire :
        Nos élites occidentales sont, et ont toujours été messianiques.
        Messie et Meshia…. Christ et Antéchrist.
        Vieux débat…. Le diable est dans les détails.
        Jacques Chirac nous rapporta que le président W Bush lui avait expliqué que la bataille ultime de son pays serait celle de Gog contre Magog.
        Le metteur en scène doit croire à son scénario….
        C’est la moindre des choses non ?

  39. Dans quelques années, un regard rétrospectif permettra de dire que notre monde a basculé, mais à court terme, l’érosion prime l’effondrement généralisé. Une majorité d’individus défendent leur pré-carré plutôt que reconstruire ailleurs. La parole ne suffit pas, initier le changement dans des pays soumis à l’érosion sociale ne peut se faire sans relais politique, c’est ce qui manque dans les pays qui n’ont pas connu la rupture. Changer de mode d’action et ne pas abdiquer sont plus que jamais des nécessités, reste à savoir comment. Je ne doute pas que vous reviendrez avec de nouvelles réflexions dans les mois qui viennent.

    1. La Médiocratie est en train de détruire la Démocratie par laisser aller de la Bureaucratie : une même tendance suicidaire à tous les étages ?

  40. Ce blog est une bénédiction : des propos mûrement réfléchis et formulés, pas seulement par vous Paul mais aussi par d’autres personnes en billet invité. Il ne faut pas arrêter sous prétexte que le combat est perdu d’avance. Le plus important est de se battre du mieux que l’on peut, avec respect et intelligence, jusqu’au bout, jusqu’à la fin, jusqu’au son de la cloche symbolisant peut-être la civilisation occidentale, voire du début d’un nouveau déclin de l’humanité – voire de la fin tout court. Il faut être présent avant, pendant et après la bataille. C’est ce qui fait toute la noblesse d’une personne vaillante.

    De plus, si on retient une personne tel que Albert Einstein, ce n’est pas seulement pour ses théories scientifiques de la relativité, mais également pour son courage et sa parole franche et pacifiste tout au long de sa vie…

    Dernière chose, et cela vaut pour tous ceux qui liront ce passage, il ne faut jamais trop espérer. Et je crois que c’est ce qu’il s’est passé ici : l’excès d’espoir dans un changement utopique entraîne la déception au final. J’ai toujours préféré à l’espoir, synonyme de procrastination à mes yeux, au courage nous disant: espérer moins, agir et aimer un peu plus (référence à ce cher Spinoza, évidemment). Il faut garder courage car ce blog donne du courage et des cartes mentales aux gens qui le lisent, et c’est en partie pour cela que je tenais tant à retranscrire les vidéos hebdomadaires, à participer à ce blog ! 😉

  41. Pour ma part,few years ago,j’avais assisté à une conférence de Paul à la catho Lille, Je l’ai vu en vrai,en chair et en os, ferrailler avec son intervieweuse, genre soutenance de thèse sur Comment la vérité et la réalité furent inventées.Cela volait assez haut, pas retenu grand chose sinon que notre ami, avait taillé un short à Heidegger .A la fin de l’envoi ,je m’étais payé le luxe, accompagné d’une admiratrice du grand homme de demander que la vidéo du vendredi soit maintenue.Ce à quoi ,il nous fut répondu favorablement.
    De l’eau a coulé sous les ponts,c’est encore un cliché,chacun son niveau d’écriture,on a un peu de mal à renouveler la forme.Quant au fond,c’est le fond de la piscine genre Fukushima avec toutes sortes de miasmes à demi-vie plus ou moins longue.Climat détestable,complètement enténébrés nous sommes,cherchons boussole .
    Un chti ne devrait pas perdre le nord.

  42. Vous avez fait énormément, chez moi et chez d’autres, sans prétention d’aucune sorte, vous m’avez montré ce qu’est de penser, ce qu’est de convertir, ce qu’est d’y croire.
    Quoi qu’on vous dise, le bien qui vous anime a été transmis.
    C’est un article qui me peine, mais qui est pensé.
    Merci, vous cheminerez en ma compagnie jusqu’à ma mort.
    Sinon, à bientôt 🙂 .

  43. @Paul,
    Votre coup de blues est dans la norme, vous venez de vous rendre compte que vous allez vieillir, avec ou sans nous, dans une dictature.
    Vous avez fait le même choix que Néo, vous connaissez un bout de la matrice, vous n’avez plus le choix d’arrêter d’écrire.

      1. c’est vrai que de l’esprit on va en avoir besoin.
        Et vigneron va en avoir besoin pour avaler (ou déglutir) ce que Valls et Hollande sont en train de concocter. 😉
        t’ain y’a des mecs en résidence surveillée, et c’est la « gauche » qui fait ça, mais je rêve ?

      2. « (…) la « gauche » qui fait ça, mais je rêve ? »

        Plutôt un cauchemar…
        La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas la gauche mais un parti prétendument socialiste. Nos dirigeants ne sont que des pantins destinés à amuser par leurs guignolades un peuple infantilisé.
        La mauvaise nouvelle, c’est que prétendument socialiste ou prétendument républicains, osef ; les partis « de gouvernement » confisquent la démocratie pour rester « de gouvernement ».

        Because Business must go on, sad to say that.

      3. Passionnant, c’haz du, ton concept de « prétendument socialiste ». C’est du neuf ça.
        Un conseil, fais à l’américaine, fais court. Ils causent de « Rinos » depuis un siècle, pis aussi de « Dinos », pis même de « Fox News Democrats ». T’as qu’à dire « Socialistes BFM », on comprendra et au moins tu nous f’ras sourire, une fois (social-traître et social-fasciste sont d’usage encore délicat…).

  44. De toute façon, vous ne le ferez pas.

    Ce n’est pas parce que le Petit Larousse à monopolisé la devise « Je sème à tout vent » que vous allez arrêter de semer.

    Il est vrai aussi, qu’après chaque jour, il y a un nouveau jour, jusqu’au jour où il n’y a plus d’aube, et que ce monde disparaîtra faute de pouvoir être perçu par chacun de nous qui aura fini d’exister, puisque, après « Naître » il nous faudra « n’être plus ».

    L’absurdité de notre monde a bien été décrite dans le film de Richard Fleisher: « Soleil vert » [Soylent green], mais peut-être qu’il y a une possibilité différente de poursuivre l’aventure…, c’est à quoi vous me semblez œuvrer, et maintenant que vous avez commencé, vous ne pouvez faire autrement que de poursuivre, « fallait pas y aller » ! L’intelligence humaine est capable de résoudre, heureusement, bien des problèmes, jusqu’à présent elle l’a fait, après bien des sinuosités, malheureusement .

    Allez, à Vendredi, et ne laissez pas tomber François LECLERC qui nous a aussi beaucoup aidés.

    Le temps des semailles viendra, et ce sera grâce aux semeurs. Vous aurez tenté d’y tenir votre part et nous aussi.
    Et s’il ne vient pas, c’est que cela n’aura pas été possible, et que, à suivre les aveugles, on va dans le fossé… [ « la parabole des aveugles » peinte par Brueghel]
    https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Parabole_des_aveugles

  45. Merci Paul. J’ai commence a lire ce blog en 2008 parce que c’était le seul endroit ou on me disait des choses qui me permettaient de comprendre la crise et ce qui se passait. J’habitais aux Etats-Unis alors.

    Votre vrai talent, c’est la pédagogie, qui est un art très subtil et rarement maitrise. Comme tous les pedagogues, vous ne changerez pas le monde mais , un de vos lecteurs ou élèves, sans meme peut-être être conscient de la source de son inspiration, y contribuera peut-être. Un Alexandre pour cet Aristote? La pédagogie est souvent sous-évaluée dans notre société alors qu’elle est une activité essentielle et noble. Encore merci donc.

    Franck

  46. Bof…ça me fera quelques € rendus dispo chaque mois…
    Du temps de gagné que je perdais ici à lire, écouter, chercher à comprendre…
    Donc c’est la victoire totale de la connerie…j’ai toutes mes chances de devenir un gagnant..
    D’accord avec Thomas pour un annuaire des conjurés ou aucun d’entre nous ne devrait manquer à l’appel.
    Un grand merci à Piotr pour sa demande de précision horaire.
    Quitte à être définitivement démasqué…
    C’est quoi la goutte Paul?

  47. Bonsoir Monsieur Jorion,

    Je vous lis depuis plusieurs années déjà, chaque avec ra que je suis assez étonné que vous puissiez passer à la suite…: mais de quelle suite s’agit-il? Il est parfois si difficile de se faire une idée de sa propre image,

  48. J’ai beau lire et relire le texte de Paul JORION je n’arrive tout de même pas à croire qu’il nous abandonne lui qui nous avait tant appris.
    Il me revient soudain à la mémoire ceci : « Que dites vous ? C’est inutile ? Je le sais. Mais on ne se bat pas dans l’espoir du succès. Non, non. C’est bien plus beau lorsque c’est inutile. Je sais bien qu’à la fin vous me mettrez à bas. N’importe. Je me bats. Je me bats. Je me bats. »
    Edmond ROSTAND

  49. Merci à Vincent, François, Paul et les autres …
    (pour Vincent on doit bien en trouver qui se reconnaitra parmi les autres…)

    Merci aussi à Julien pour sa gentillesse et sa patience.

    Yann
    (Yann c’est moi, c’est pas pour lui dire merci.)

  50. Merci M. Jorion pour cette réponse pleine de réconfort, dans « une forme personnelle d’encouragement ».

    Mais justement si nous en arrivons à nous comprendre, n’est-ce pas la démonstration, la preuve que vous pouvez compter, vous, vos travaux en collaboration avec vos amis-es, plus que ce que vous pouvez l’envisager, en terme de motivation, de dynamique infusant dans la société, même si la reconnaissance que vous en espérez, ne vienne pas d’où il serait souhaitable qu’elle émane…? Malgré ce pire qu’elle nous souhaite, cette « Médiocartie », vos combat, vos courages et vos ténacités sont à ce point inspirantes, qu’il ne faudrait pas non plus qu’en s’essoufflant, qu’en s ‘amenuisant, en ces temps désespérants, ce qui est compréhensible en soi, les vertus de ces dynamiques s’estompent à cause d’incompréhensions.

  51. «  »obtenir des résultats en disant la vérité violemment et brutalement, cela finira par marcher, même si c’est avec lenteur » »

    Seul, cela ne peut pas fonctionner, ça ne peut fonctionner qu’en pensée puis en parole, même dites brutalemment, mais sans l’action qui assoie, qui infirme ou affirme les hypothèses, il n’y a aucun résultat.
    La question est de savoir comment passer à l’action?
    A mon humble avis c’est la somme des petites actions de chacun qui créera le changement.

    1. La pensée de Paul a rendu clair pour moi le fonctionnement d’une science économique qui n’en était pas une, en fait une idéologie politique dangereuse.
      Mais le constat ne suffit pas. Les idées éclairent l’action, mais les idées seules ne servent à rien, à part pouvoir dire « j’avais raison » quand tout s’est écroulé.
      Ce qui vous manque Paul, au delà de constater avec talent ces dysfonctionnements, c’est de proposer des solutions qui aient du sens, et surtout qui puissent être mises en oeuvre par des humains, programmés pour le court-terme, centrés sur leurs intérêts et ceux de leurs proches, limités du point de vue de l’intelligence, qui n’aiment pas ce qui est triste et démoralisant etc.. Si vous proposez des solutions qui ne rencontrent pas ces critères, on fera du sur-place, ou on reculera, et vous vous plaindrez de ne pas avoir été efficace.
      Sans un plan d’action, ou un soutien à des personnes qui agissent, il ne faut pas espérer changer les choses.
      C’est vrai, je fais partie des lecteurs passifs du blog depuis un certain temps. Parce que je ne trouve pas ici d’idées concrètes, amusantes, efficaces qu’on pourrait mettre en oeuvre pour changer les choses.
      Je me tourne vers les jeunes qui ont plus d’imagination, plus d’envie d’agir et qui, pour certains, commencent à prendre les choses en main. Pas sûr que ça suffise mais au moins ça avance. Et on leur fera lire vos bouquins pour être sûr qu’ils comprennent ce qu’ils font.

      1. «  »Sans un plan d’action, ou un soutien à des personnes qui agissent, il ne faut pas espérer changer les choses. » »

        C’est une certitude et cela doit devenir l’objet de ce blog qui a le mérite de réunir un panel diversifié de disciplines toutes les plus utiles que les autres. Ne serait-ce pas cela passer à la suite?

  52. C’est qu’un changement d’espace temps n’est pas si aisé !
    Vous donnez du sens, une humanité avec une très fine pédagogie.
    Merci ,-)

  53. J’en connais à la v.u.b. (minuscules) qui vont sabrer le champagne…!

    Permettez en plus ces commentaires directs et pragmatiques :

    + Sur le plan professionnel , vous en avez trop fait , trop dit , trop laissé passer à découvert dans votre si précieux blog pour qu’il vous soit jamais , j’écris bien jamais quelles que soient les éventuelles « promesses » contraires , jamais « pardonné » par les tenanciers du « système » , leurs affidés ou leur dépendants , en particulier politiques.
    + Sur le plan intellectuel et médiatique , vous avez fini par émerger et êtes finalement parvenu à suffisamment ramasser votre pensée pour qu’elle devienne audible , « confirmante » pour certains , « ébranlante » pour d’autres , sans doute pas encore assez nombreux…. Ceci est une première victoire. Elle ne peut rester sans lendemain , sous peine d’y voir poindre le fantôme de Pyrrhus.

    J’ai eu hier l’occasion de revoir l’effroyable enchaînement d’ « Apocalypse Hitler » (ARTE..sans doute revisionnable à la demande)!!
    Je me suis demandé si ces séquences si actuelles auraient pu se succéder si « internet » avait existé à l’époque , avec le décodage de blogs tels que le vôtre et d’autres , plus nombreux et « essaimants » qu’on le pense..
    Ma conviction est que seul un problème de santé serait contraignant.
    Toutes choses restant égales par ailleurs , l’Histoire qui semble venir , bien avant que la Nature s’en mêle , requiert une analyse financiaro-géo-politique éclairée pas à pas , par vous et d’autres , indispensable…sous peine de revivre , en pire , un passé abominable qu’on nous a « vendu » révolu.
    Quoiqu’il arrive , Respect.

    1. Quelle grandiloquence par Zeus ! Tout passe tout lasse tout casse (et se remplace), effectivement c’est moins clinquant. Alors plutôt Apollinaire, « passons passons puisque tout passe ».

  54. Alors on passe à la suite, M. Jorion, et merci à tous pour les billets divers et variés, c’est toujours un plaisir de venir sur le blog.
    Vous n’allez pas arrêter j’espère! Si j’ai fais le deuil de l’espèce humaine telle qu’on la connait, je ne voudrai pas en plus être en deuil du blog de Paul Jorion. Vous pouvez toujours écrire et faire des vidéos sur le blog, l’un empêche pas l’autre, car « après pré- pendant » effondrement, pas si simple de se situer, c’est au XIXème siècle que ça aurait vraiment mal tourné, mais peut-être ce mauvais tour était-il déjà joué d’avance? Ou nous reste t-il une chance? Vous n’avez pas tout dit, ou alors ça ne m’a pas semblé si violent, vous poussez loin vos analyses mais vous restez modéré dans vos propos, vous êtes un visionnaire tempérant, un instinctif réfléchi, un intellectuel passionnant. Cinq ans que je vous lis, vous avez modifié ma perception du monde, je vois l’Homme autrement, et avec lui c’est combien d’espèces qui disparaissent? Impossible de faire son deuil, c’est une tristesse infinie.

  55. Pourquoi le combat contre la dégradation tous azimuts de notre planète peine-t-il à mobiliser les citoyens ?

    http://www.lemonde.fr/cop21/article/2015/12/03/l-ecologie-j-y-pense-et-puis-j-oublie_4823718_4527432.html

    « Les conférences sur l’environnement ont beau se multiplier, les rapports alarmants s’accumuler, qui, tous, font craindre une catastrophe écologique globale, la mobilisation de chacun face à ce cri d’alar­me reste dérisoire. »

    « En raison, d’abord, de la difficulté du sujet. Parce qu’elle interagit avec le champ des sciences, de l’économie, des questions sociales, l’écologie nécessite, pour être intelligible, un vocabulaire et des connaissances complexes. Les rendre accessibles est une tâche ardue. »

    « Ce qui nous fait vraiment bouger, c’est d’être confronté à un danger sensible et immédiat. Les représentations abstraites, elles, n’ont guère d’influence sur notre conduite »

  56. Bonsoir Paul, je regretterai vos vidéos, vos articles, et aussi vos « collègues »… Vous n’avez pas perdu votre temps : il y a 9 ans le nom de « Paul Jorion » ne disait rien à personne. Et puis peu à peu les « inititiés » pouvaient en discuter entre eux… aujourd’hui vous pouvez être certain que même ceux qui ne vous apprécient pas vous connaissent… parce qu’ils connaissent vos idées.

    Mais quelque part je dois vous avouer que je suis assez content de vous voir parler ainsi. Préparer « ce qu’il y aura après » : c’est bien de cela qu’il s’agit. Malheureusement nous n’échapperons sûrement pas au chaos. Mais il y aura un après. Comme pour le CNR qui a commencé avant la libération, nous devons préparer dès aujourd’hui ce qui suivra.

    Et pourquoi n’anticiperions-nous pas dès maintenant les institutions nouvelles qu’il faudra créer, à travers une Assemblée Constituante ? et de la manière de faire fonctionner, avec les technologies existantes, une véritable démocratie participative en ligne à travers le « Référendum d’Initiative Citoyenne » ? et du nouveau système sociétal qu’il faudra réinventer, avec un salaire à vie par exemple ? Les robots, comment pourront-ils nous servir sans nous nuire ? la technologie sans capitalisme pourrait-elle sauver la planète ?

    J’ai hâte de vous entendre ou de vous lire sur tous ces sujets passionnants, et j’espère que vous ne nous laisserez pas trop longtemps sans nouvelle.

    Merci pour votre travail, et aussi pour votre franchise avec nous tous ici, jamais démentie depuis le début

    Caleb

  57. Une bien jolie fable, celle des colibris cités plus haut…
    La somme des petites actions peuvent créer un état d’esprit, mais l’idée de « changer le monde sans prendre le pouvoir » (John Holloway) est condamnée à demeurer une utopie intellectuellement flatteuse, mais une pure utopie quand même. De toute façon, le temps presse.
    C’est le sentiment de Naomi Klein, ambassadrice d’un mouvement canadien, le « Leap Manifesto ». C’est un manifeste « pour un Canada fondé sur le souci de la planète et la sollicitude des uns envers les autres ». Plus intéressant, son slogan traduit l’urgence d’une action : « Les petits pas ne peuvent plus nous mener là où nous devons aller. Le temps est venu d’être courageux. Nous devons bondir vers l’avant ». Pour le moment, on en est toujours au stade de l’incantation. Une de plus ?
    Pourtant, comme le disait Paul Jorion à propos de la Troïka, « il va peut-être falloir qu’on s’en occupe soi-même ! ». Sans Paul Jorion ? Je sors mon mouchoir…

  58. Ouaip…
    Un grand merci pour tout ce travail et cette intelligence partagées, la beauté du geste et la fraternité.
    Je pense être un peu moins con qu’il y a neuf an.
    Je crois aussi que maintenant je vais ressentir un grand vide.
    Mais allez faut se retrousser les manches et passer a la suite.
    On se reverra bien encore ici ou la.
    Bonne route.

  59. Le 12 janvier, je vous avais adressé le texte ci dessous que vous n’avez pas publié. Je conçois que vous l’ayez trouvé « excessif », émotionnel, voire désespéré.
    Et pourtant!
    Vous aviez encore à l’époque certainement un espoir, ténu, d’influer sur le fil, à l’échelle du souffle d’une plume, l’inéluctabilité du processus en cours…
    Vous parlez de l’Après Effondrement, moi je dis: survivons chaque jour, individuellement déjà, à cet « En cours », parce que c’est pas gagné. L’Après, on verra…
    *****************
    Les guerres menées en mon nom

    Émotion, réelle et factice; entretenue, émulsionnée, enrichie, instrumentalisée. Abdication de la raison de la réflexion. Le pire, des appels à la retenue, à ne pas faire d’amalgame qui sont par eux-mêmes les pires poncifs de l’amalgame, du racisme, de l’intolérance, de la bêtise du « bourgeoisement » correct.
    Abjection, sentiment de dégout.
    A quelques voix perdues dans ce marécage ignominie j’ose ajouter la mienne.
    On vous trompe.
    C’est pas nouveau, vous le savez, mais vous vous faites à nouveau prendre. Comme à chaque fois. Parce que c’est plus facile. Vous ne changerez pas. Ce n’est pas grave, les choses iront jusqu’au bout et vous aurez, nous aurons ce que nous avons mérité. La planète ne s’arrêtera pas de tourner.
    La France, notre pays est en guerre. Elle fait la guerre depuis des années dans divers endroits du globe avec les trois armes – Terre, Air, Mer.
    La France est un pays en guerre. Vous percutez? Vous vous entrez ça dans le crane? La France est un pays en guerre.
    Elle porte la guerre sur des théâtres extérieurs pour mener la politique que ceux qui gouvernent considèrent être de l’intérêt de la France. Et comme toutes les guerres elle se fait contre des humains qui eux aussi considèrent mener la politique qui est de l’intérêt du groupe social auquel ils appartiennent.
    Je vous laisse répondre à la question: pourquoi alors ne nous a-t-on pas annoncé, à nous les citoyens de ce pays, la nécessité et les objectifs de ces guerres, suivant les règles de la Constitution?
    Pourquoi les buts et objectifs de ces guerres restent ils flous et apparemment incohérents, s’il s’agit de nos intérêts, nous citoyens de le France?
    Vous connaissez la réponse. Vous savez pourquoi. Et vous savez aussi que vous refusez de l’admettre.
    Considérez maintenant que tous les désagréments que nous subissons- le dernier en date Charlie Hebdo – soient des actes de guerre menés par les ennemis que notre Gouvernement combat en notre nom. Tout ne devient-il pas lumineux?
    Nous sommes en guerre, des bombardiers, s’approchent, tous aux abris. Boum ! boum ! boum ! boum ! La poussière retombe, on sort, on compte les morts, on re-vaque à ces occupations, c’est la guerre. On compte sur nos soldats pour la gagner.
    Pourquoi, pourquoi alors, pourquoi ça ne se passe pas comme ça?
    Pourquoi toute cette merde abjecte de discours grandiloquents, de minutes de silence, de défilés bien-pensant, de blablas télévisés pontifiants, d’explications et débats de merde sur la solubilité de telle ou telle idéologie ou croyance dans telle ou telle autre. Pourquoi? POURQUOI? POUR-QUOI?

  60. Merci pour tout Paul.
    Je vous ai connu par « le secret de la chambre chinoise », il y a des années.
    Dans ce texte, tout était déjà dit. A mon sens, c’est votre texte le plus important, il etabli une compréhension de l’humain telle que la conclusion de votre billet actuel est inéluctable.
    Julien

  61. J’ignore quelle sera la suite pour Paul Jorion, mais en tout cas une chose est sûre : plus que jamais il faut se battre.

      1. Lénine s’est donc trompé quand il disait : « Le capitalisme est tellement cupide qu’il nous vendra la corde pour le pendre ».

      1. La bonne idée:Luc Baudoux pour….MONSANTO.Mais pas
        d’accord pour acheter la corde …dont parle Lénine….

    1. Un tribunal qui condamne un financier à payer des amendes.
      Je crois que la liste des condamnations est éloquente.
      Le risque est que les amendes soient payées avec un emprunt ou de nouvelles spéculations, ou en dernier recours par une nouvelle phase de concentrations des acteurs.
      Ce qui n’est pas forcément un signe d’assainissement du fonctionnement.
      Un état d’urgence financier serait peut être un début de solution si on ne doutait un peu du bien fondé, des motivations et de l’efficacité des sanctions mises en place par certains états.

  62. Cher Monsieur,
    que vous souhaitiez passer à autre chose est bien légitime – vous avez bien mérité de la Patrie – même si l’idée vous déplaît 😉 Il me semble que si tout le monde fait son petit possible comme vous avez fait votre plutôt pas mal grand possible, cette planète tournera rond!
    Bon repos et après seulement bonne suite!
    Amicalement

  63. Avec le beau tableau de captation des richesses dans la dernière intervention de Roberto Boulant, on voit très bien que les choses ne font que commencer. Tout ce travail d’information n’est que préparatoire. La vague des « sobres heureux » ne fait que commencer avec l’effondrement de la répartition des richesses, et si elle mène à la guerre, espérons et informons au maximum pour que se soit la guerre pour l’intérêt de tous et non les intérêts de quelque uns.
    La révolution est en marche, il faut l’accompagner, et ça, vous savez le faire.
    On ne sait pas où on va mais on y va.
    « L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que le chemin parcouru. »
    Alors allons réveiller dans l’humanité, ce qu’elle a de meilleur.

  64. Bonsoir à tous,

    Suivez votre énergie, Paul, elle vous guidera vers ce qui est juste. Jusqu’à maintenant, elle ne vous a pas trompé et nous en avons tous bénéficié.

    Il est maintenant temps pour les êtres humains de prendre leur responsabilité. L’effondrement doit avoir lieu ; à nous de tenter d’amortir la chute, de corrompre le système qui nous étrangle, de raisonner les fous et les ignorants. De combattre les peurs qui nous freinent.

    Quelle sera la suite ? Mystère.

    Merci pour tout.

  65. Toc toc toc ? C’est encore entrou’vert ?
    Merci pour ces années en bonne compagnie, et les découvertes, offertes par d’autres aussi. Les liens instructifs me manqueront comme déjà m’ont manqué quelques plumes disparues au fil du temps. Pas sûr de retrouver une cantine où un tel chaudron mitonne , mythonne, m’étonne. J’ai toujours douté qu’il soit possible de convaincre les élites de renoncer sagement puis de faire autrement sur le modèle vanté de quelques aristos de la révolution française. À l’épreuve des traducteurs automatiques, je doute qu’un robot soit programmable question jouissance puisque qu’on en sait vraiment peu, alors, que l’avenir de l’homme reste donc la femme chère au poète ! Les frontières sont mentales et structure ou pas, c’est manifestement pas quand on veut on peut, mais elles ne sont pas fixées pour l’éternité. Plutôt que d’éteindre la lumière, une veilleuse ? Qui n’a pas peur du noir depuis la nuit des temps ? La suite est annoncée… à suivre…on vous suit de toutes façons.
    Quant à penser l’après effondrement ? Je constate que plus l’échéance de leur mort à venir se rapproche, plus certains s’inquiètent de Dieu ou de l’avenir de l’espèce, surtout de leur espèce, parfois réduite à leurs espèces : Refrain miroir de la chanson « on lâche rien, on lâche rien ». Les révolutions françaises et russes ont contraint à lâcher. Il existe un musée de la terreur rouge à Addis. Un local me disait qu’il y avait eu terreur rouge en réaction à terreur blanche, parce qu’ils ne voulaient rien lâcher ! Vanitas vanitatum omnia vanitas, sûr c’est le naufrage du désir.

  66. Même si encore largement inconnu, je suis théoricien d’envergure. Si je ne meurs pas trop « jeune » (et s’il y aura autre chose qu’un tas de ruines), on me connaîtra. Je vais donc me permettre de parler de ce point de vue

    L’action du blog est vitalissime. S’il s’arrête, merci (il aura de nombreux « enfants » prodigieux de toutes formes, tout de suite et/ou plus tard). S’il continue, tant mieux! S’il change de forme, nous découvrirons

    Il n’est d’autre alternative que de tirer le niveau collectif vers le haut, sans relâche. Car rien de bon ne viendra a priori d’en haut (politiquement), si ce n’est la hauteur des idées elle-même. L’inertie du monde est énorme et frustrante, la tâche paraît de ce fait impossible et, donc, ridicule Méfions-nous: nos surmois sont, ce faisant, le cheval de Troie redoutable du « système » acéphale qui nous préoccupe et gouverne par le découragement. Or – paradoxalement – la conjoncture historique est, au niveau théorique, hautement favorable. Ce fait est capital.

    JE VOUS PRIE DE NE JAMAIS OUBLIER QUE RIEN QU’EN LANGUE FRANÇAISE NOUS VOYONS FLEURIR, DÉJÀ, UN NOMBRE TOUT A FAIT « IMPROBABLE » DE NOUVELLES PENSÉES POLITIQUES DE GAUCHE ABSOLUMENT REMARQUABLES

    Chez des Badiou, Jorion, Stiegler, Lordon, … Et cela peut (et va!) augmenter en boule de neige, dans la francophonie et ailleurs. Si nous nous coordonnons (par delà l’obstacle des langues et des paradigmes), la marge de progression est très grande!

    L’instabilité « matérielle » globale nous fait TRÈS peur (je suis, moi aussi, préoccupé au plus haut point), mais elle est … i-m-p-r-é-v-i-s-i-b-l-e! Nous ne sommes que des humains, nous allons mourir. Nous sommes TRISTES de ne peut-être pas pouvoir transmettre. N’ayons pas pour autant PEUR de traverser le danger inévitable, inhérent à notre époque très particulière, la tête haute et froide (et les coudes soudés)

    Tout athée militant que je suis, je me range ainsi à l’avis, inspiré, de Matthieu, proposé plus haut à Paul : il faut tenir bon, sans se reposer sur aucune garantie rassurante qui soit (et coiffés au contraire d’un horizon effrayant). Nous sommes dans une grande aventure, une vraie, pleine de risques énormes. Et nous allons aller jusqu’au bout de cette aventure avec courage. Nous de ce blog, avec tous les autres

    Pour tenir, à tous les niveaux (je dis bien: à tous les niveaux), il faut (continuer de) se « doper » avec la « came » de la créativité théorique, qui en ce moment de l’histoire est tout à fait exceptionnelle et peut l’être encore plus. Notre fil d’Ariane est là

    Et par elle (la théorie proposée ou écoutée) continuer à creuser le chaos et à diffuser autant que nous pouvons ce que nous en comprenons, confiants dans l’effet (théorique puis pratique) boule de neige. Même si nous ne verrons pas grand chose de tout ça de notre vivant

    Courage ! ! !

  67. Conseil de la sentinelle

    Fruit qui jaillissez du couteau,
    Beauté dont saveur est l’écho,
    Aurore à gueule de tenailles,
    Amants qu’on veut désassembler,
    Femme qui portez tablier,
    Ongle qui grattez la muraille,
    Désertez! désertez!

  68. Ces derniers temps, les intellectuels ont un coup de fatigue, Todd, Onfray et peut être Jorion….
    Faut dire, c’est pas facile de raisonner dans l’hystérie ambiante. Silence dans les rangs….
    En tout cas, quelque soit la suite, merci pour l’université populaire que constitue ce blog.

  69. Les mega-systemes vont probablement s’effondrer, à l’image des dinosaures, incapables d’évolution. Il faudra reconstruire de la base en évitant de reprendre le même chemin, ça va être douloureux, il faudra du temps.
    Il faut lire et relire François Roddier qui a écrit la synthèse scientifique, pour moi, la plus importante à ce jour. Découvert grâce à ce blog.

  70. Cher Paul,
    C’est le temps qui veut ça. Mais comme tout le reste, il évolue. Après la morosité de l’automne et les frimas de l’hiver, le printemps reviendra. Tenez bon !

  71. En fait, si je revenais sur ce blog jour après jour, avouons le, pour ma part, c’est moins pour les videos de PJ que pour les articles quotidiens, bi-quotidiens, tri-quotidiens de François Leclerc pour suivre la description entomologique de l’effondrement en cours. L’ironie de la dernière phrase de ses billets va me manquer, à moins qu’il ne continue, ainsi que les autres contributeurs, autre part, ou d’un autre façon et, même si je ne comprends toujours rien aux « default swap », il est toujours amusant de montrer à son modeste banquier de quartier que l’on ne lui fait pas confiance! Merci à vous pour ces petits plaisirs.

  72. Apoptose…

    à chacun son moment
    mais il n’est pas impossible qu’il se forme une synchronisation, une convergence, que les temps des uns et des autres se rejoignent…

    d’ici peu 😉

    1. Au cours d’une vie, et dans tous les domaines…, il y a pire que ce qu’on peut considérer (ici à tort) comme un échec. C’est le fait de ne pas avoir essayé.
      L’essentiel: pouvoir se dire à un moment donné, j’ai fait ce que j’ai pu.
      Merci Paul Jorion pour le travail accompli et que mille fleurs au delà et envers et contre tout s’épanouissent … sous d’autres formes.

      1. OK Jean Michel Servet.Paul s’épanouira de toutes façons.
        Quelle qu’en soit la forme:on peut lui faire confiance.

  73. Bonjours M. Jorion.

    Si je me permets de revenir vers vous et les lecteurs-trices de ce billet, c’est pour deux raisons que j’estime être de taille. La première étant ces excuses que je vous dois à vous et tous-tes, vient en même temps vous remercier grandement de ce que vous nous et m’avais apporter… Cet enrichissement est incalculable… et mes remerciements peuvent que l’être autant. Ayant été hier à la lecture difficile en compréhension de votre billet, été submergé par tant d’émotions, diverses, que je n’en ai exprimé qu’une partie, égoïste, je voudrais m’en excuser autant que tenter de justifier pourquoi. Serais-ce un tort, vraiment que de se justifier… ?

    Une inconnue hier exacerba ces émotions mélangées. Celle de ne pas savoir quand l’ouverture aux commentaires de votre billet, s’achèverait. C’est cette émotion qui pris malheureusement le pas sur les autres, et facilita cet égoïsme que j’ai pu faire transparaître. La nuit ayant porté conseil, a vraie dire, sans sommeil, les raisons de la gène s’éclaircirent à ma réflexion, quand je me questionna sur le pourquoi votre des envies et besoins autres de « passer à a suite », pouvaiten vous animer avec vos amis-es… et nous en faire part de la « sorte »… « Votre fatigue due à votre jeune âge » ? Une « maladie » pouvant être incapacitante ? Etc….. ? Ceux la questionnement tournèrent pas très rond à ma conscience… y rajoutant trop d’émotions… Tentant de me concentrer sur la « sorte » restant encore à décrypter (comme vous décryptez des textes vieux de presque un siècle), j’avoue que l’énigme est pour moi encore bloquante… et je ne parviens toujours à mettre plus de raison que d’émotion. Pourquoi tant de mystères devraient faire cet héritage temporaire en attendant la « suite »… ?

    Le pire c’est que c’est aussi ce qui m’emmène à imager des questions qui ne pourraient que heurter votre et ma pudeur et votre intimité. Chose impensable pour moi, comme pour beaucoup il me semble ici.

    Essayant de comprendre de surcroît pourquoi vous choisissez de laisser en « héritage » temporaire, et intemporel aussi, le numérique restant la clef de ce en attendant la « suite », qui gardera trace dans le futur d’une action qui sera à voir plus globalement, (mais quel futur mettre deriière la « suite ») pourquoi donc vous faites référence à un poème parlant de ce que j’interprète être un héritage intellectuel de valeurs, qu’un père laisse à son fils… ?Je ne suis pas assez cultivé et ne dispose pas des codes spécifiques du milieu de la culture élitiste, pour savoir si d’autres poèmes pourraient exprimer autrement la transmission de valeurs d’une génération à une autre… hors d’un contexte paternaliste… C’est donc ce choix d’un message paternaliste qui m’interpelle… Même si je pense y comprendre quelque peu sa critique au modèle paternaliste des sociétés… il n’est pas sur selon moi qu’il en soit remis en cause, par la beauté que suscite de ce poème.

    Cordialement. Et que nos remerciements, notre et votre sagesse, soient « louées » à cette éternité de la pensée évoluant maintenant dans des stratosphères quasiment virtuelles, atteignables que par un nombre restreint de l’espèce humaine donc…?

    Pierre Juillot.

    1. Je confirme que j’ai lu complètement le livre de Paul sur
      « penser l’économie tout haut avec Keynes ».Beaucoup de
      travail pour fournir un texte comme celui-ci.Vraiment
      GRAND MERCI (aussi….) pour cet ouvrage qui manquait.Les « économistes » vont-ils moins mal comprendre le « vrai » Keynes,et sortir de leurs balivernes?

  74. Salut Paul,
    1/ Je me souviens d’une vidéo récente  » Le temps qu’il fait » dans laquelle tu nous faisais part de tes hésitations à l’heure d’écrire la conclusion de ton dernier livre à paraître en janvier, tiraillé entre, pour aller vite, optimisme et pessimisme. Alors cette conclusion ? Pour ma part j’ai définitivement renoncé à flotter entre optimisme et pessimiste à l’inverse de nombre de mes contemporains. C’est une perte de temps. Regarder la réalité en face et ne rien attendre si l’on veut n’être jamais déçu. Ce n’est pas la première fois que l’expression de nos doutes nous conduisent au bord du précipice dépressif… N’est-ce pas ?
    2/ Voici à quoi ma réflexion me conduit au moment où je t’écris. Au commencement était la matière, étaient les atomes des éléments chimiques. N’était que la matière ? Nous ne pouvons complètement écarter ce doute d’un petit quelque chose que nous ignorons mais auquel chacun, tôt ou tard, finit par donner un nom pour apaiser ses angoisses. Et puis, apparut la vie sur la Terre, minuscule boule dévalant une pente pendant des centaines de millions d’années, grosse aujourd’hui de 7 milliards d’individus d’une espèce colonisatrice jamais repue et ne renonçant jamais à faire advenir toutes ses potentialités. De la matière à la vie, quelle barrière avons-nous déjà franchie ? Quelle logique nous a entraîné et nous entraîne encore. Vers quels mondes sommes-nous en chemin, tous ensemble. Tout ne porte pas encore un nom. Quel mur allons-nous encore traverser ? Importe-t-il de le savoir ? Pas sûr.
    3/ La réflexion précédente me pousse à te dire que c’est à l’intuition poétique qu’il faut confier son esprit. Paul, sois un poète et ne désespère pas de trouver en toi tout ce qu’il faudra pour survivre et inventer ton destin. Laissons advenir le monde qui est en nous et tel qu’il ne manquera pas d’être.

    1. Sans doute faudra-t-il réserver, pour comprendre la suite, une part à la métaphysique…
      dont les meilleurs vecteurs sont les arts véritables, la poésie…
      ces trucs, pas très scientifiques, qui laissent une place à l’humain sensible !

  75. Suite à la lecture de ce billet hier je voulais réagir en disant que ce blog est un des rares endroits ou on peut s’informer réellement de ce qui se passe et que le fermer serait une perte. A l’écoute du temps qu’il fait ce matin je constate que dans son aspect cerveau collectif il n’a pas échoué tant que ça 😉 . Pour ce qui est du constat d’échec, celà m’a fait penser aux derniers chapitres de Guerre et paix ou Tolstoï aborde le déterminisme historique, et dans ce cadre là le blog était voué à l’échec dés le départ car si déterminisme il y a il est vain d’essayer d’influer sur le cours des choses. Ce n’est pas Napoléon qui à fait se mobiliser un demi million d’hommes pour se jeter dansa l’hiver russe, c’est parce qu’il y avait un demi million d’hommes disposés à le faire qu’un Napoléon à émergé… Pour le blog c’est pareil, s’il y avait une grande majorité disposée à sauver l’espèce P.Jorion n’en serait pas réduit à ce constat d’échec.

    1. Ça n’est pas exactement ce que Tolstoï laisse entendre dans l’épilogue à Guerre et paix , car ce qui l’intéresse n’est pas Napoléon ou ses ( nos) soldats .

      Il dit que l’Histoire n’est pas déterminée par les grands hommes ou femmes , mais par la multitude des actes et pensées de millions de gens passé ou  » en cours » , qui à certains moments convergent pour « pousser » l’histoire dans des voies encore inexplorées . C’est une conviction que j’ai faite mienne depuis que j’ai dévoré « Guerre et paix » il y a plus de cinquante ans , tout en restant interrogatif sur la place utile ou pas de l’hybris .

      http://www.pauljorion.com/blog/2013/05/21/derniers-espoirs-dun-pere-et-grand-pere-par-juan-nessy/

      Je reste aussi sur la conviction , avant moi aussi de me retirer , que c’est la conscientisation de plus en plus partagée de la finitude de notre bateau commun , qui sera le choc métaphysique en même temps que physique , qui va bousculer les pouvoirs , les propriétés , les religions anciennes ou google-iste .

      Bon vent à toutes et tous , de A à Z ( comme Zébu qui ne s’est pas exprimé) , et gardez le sourire en tête .

      1. @Juannessy : merci pour préciser ce que j’ai voulu dire, j’ai certainement voulu faire trop rapide et trop simplifié pour résumer la conclusion d’une telle oeuvre. C’est donc lorsque « la multitude des actes et pensées de millions de gens » sera tourné vers sauvegarde de l’espèce que cette dernière aura une chance.

        @devillebichot guy : je vous rassure Tolstoï était loin d’être un fan lui non plus….

    2. Excusez-moi,Dup,mais,pour ma part,je ne suis aucunement un admirateur de Napoléon(il a
      mis la pagaye en Europe,militairement:c’était
      malheureusement un tueur.)

  76. « À ceux qui voient l’insurrection comme une brèche, d’abord, dans le règne organisé de la bêtise, du mensonge et de la confusion »

    https://cafemusique.wordpress.com/2015/12/03/nous-sommes-la-commune/

    « Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    « Les rois, les aristocrates, les tyrans quels qu’ils soient, sont des esclaves révoltés contre le souverain de la terre qui est le genre humain, et contre le législateur de l’univers qui est la nature. »

    https://fr.wikiquote.org/wiki/Maximilien_de_Robespierre

    « Tout ce qui est indispensable pour conserver la vie est une propriété commune à la société entière, il n’y a que l’excédent qui soit une qualité individuelle, et qui soit abandonné à l’industrie des commerçants ».

    https://blogs.mediapart.fr/annie-stasse/blog/031215/contradiction-dans-la-declaration-des-droits-de-1789

  77. Bonjour Paul,

    sachez qu’au délà de vos interrogations économiques, vous affichez, portez et concrétiser des valeurs d’humanisme réelle.
    Sachez aussi que vous lire et vous écouter est une source d’apprentissage irremplaçable.
    Sachez enfin qu’à 6h44 de votre dernière vidéo, vous ne devriez pas vous comparez à ces gens là.

    Ils nous abrutissent pendant que vous nous cultiver.
    La comparaison est insane.

    Nous n’obtenons pas toujours ce qu’on veut.
    Cependant, en ce qui me concerne, rien de ce que vous avez fait n’est insignifiant, vain ou inutile.

    C’est juste que la tartine tombe rarement du bon cote, amha.

    En somme, selon moi, vous êtes un exemple à suivre.

    keep up & have fun.

  78. Bonjour Paul,

    Je viens d’écouter la vidéo de ce jour, le 4 décembre 2015.

    C’est bien de nous avoir écoutés. C’est tellement rare et c’est tellement fondamental. C’est bon de voir un peu de démocratie directe.

    Pour autant, comme nous ne pouvons pas être d’accord sur tout, je suis surpris de vous entendre dire que vous n’avez « pas accès à un levier de pouvoir ».

    Un blog qui a dans les mauvais jours quelques dizaines de milliers de lecteurs et dans les bons quelques centaines de milliers de lecteurs est un levier de pouvoir. Sinon, pourquoi M. Lagardère, M. Bolloré ou M. Bouygues, et même M. Tapie, se donneraient-ils la peine d’investir dans des media écrits ou télévisuels?

    Reste à savoir comment utiliser sur le plan pratique et sur le plan tactique un tel outil de pouvoir.

    Vous distinguez deux phases, avant l’effondrement (ou plutôt pendant l’effondrement, la phase où nous sommes) et après l’effondrement. C’est une analyse cartésienne discutable dans un monde dynamique.

    Si j’adopte une vision plus dynamique, au sens physique, le monde est en train de passer d’un état à un autre.

    Et il n’est pas nécessaire d’attendre une hypothétique fin de changement d’état pour agir.

    L’action a lieu aujourd’hui. Par exemple, de nombreuses personnes agissent aujourd’hui au sein de sociétés coopératives ouvrières de production (SCOP), ou, ce qui me semble encore plus intéressant, au sein de sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC).

    Les SCIC sont notamment susceptibles d’intéresser d’anciens ou d’actuels chefs d’entreprise en leur offrant une autre façon d’être porteurs de projets.

    En effet, il n’y a pas non plus une alternative simple propriété privée, bien public comme vous l’affirmez bien souvent. Là aussi, une description sous la forme de deux états différents, probablement séduisante sur le plan de l’intellect pur, est inadaptée au réel.

    Nous pouvons et nous devons mettre en place des systèmes hybrides qui préparent le futur. Et nous pouvons et nous devons le faire maintenant.

    Paul, si vous consacrez le temps qui vous reste exclusivement à des activités intellectuelles, sans mettre les mains dans le cambouis de temps en temps, alors, oui, vous manquerez d’emprise sur le réel.

    Si vous mettez en place des comités d’action, l’un pour perpétuer ce blog (comme vous avez d’ailleurs décidé de le faire), un autre pour aider des SCIC à se mettre en place (voir le site okhra.com pour un exemple parmi d’autres) et d’autres comités à imaginer et à surtout à concrétiser à partir des amis et des lecteurs réguliers du blog de Paul Jorion, alors peut-être constaterez-vous que votre emprise sur le réel s’affirme et que tout le monde n’est pas prêt, peut-être contre toute intelligence, à laisser s’éteindre la lumière!

    Merci d’être revenu sur votre décision. 🙂

    Franck

  79. Non non vous pouvez pas arreter , c’est exactement l’inverse que vous devez faire, s’il vous plait. Combien de consciences avez vous ouvertes depuis le lancement de votre blog? La toute petite flamme vacille mais repousse les tenebres quand meme. Merci pour tout en tous les cas.

  80. Une mobilisation sans précédent a sauvé le blog.
    Je vous rappelle que si le réseau venait à s’effondrer ,il restera les pigeons voyageurs .C’est techniquement moins réactif ,mais écologiquement plus responsable.Comme vous le voyez,je suis gagné par une conception survivaliste du futur proche.Les élections régionales s’annoncent ,il est possible que je sois contraint à l’exil politique,malgré le choc culturel ,l’expatriation en Wallonnie ,avec tous les soupçons infondés d’optimisation fiscale que cette démarche suppose ,semble devoir s’imposer.

    1. @Piotr

      D’autant plus que le Nord et la Wallonie ont une tradition colombophile vivace….. Allez on déménage tous dans le nord et on cesse d’être des pigeons pour en élever et continuer le blog.
      Ceux qui savent rouler des clopes à la main auront enfin un avantage technique sur les geeks! Pour rouler les billets autour des pattes des pigeons!
      Cordialement.

  81. « C’est en dressant le constat de l’apocalypse qui approche que P. Servigne et R. Stevens esquissent leurs perspectives les plus stimulantes.
    En s’intéressant à ce qu’ils appellent la collapsologie, c’est-à-dire à l’étude TRANSDISCIPLINAIRE des conséquences de l’effondrement, les auteurs nous invitent à travailler à trouver des réponses à l’avenir qui nous attend. Non pas des solutions pour modifier notre fatal avenir, mais pour y faire face. »

    Et être capable d’écouter ceux qui pensent différemment. Ca, l’humain a du mal, ego oblige.
    « Notre résilience à l’effondrement dépend de notre capacité à faire la prospective, l’étude, démographique, sociologique, économique, politique*, géopolitique, psychologique, philosophique, médicale, artistique de l’effondrement ».
    * Politique qui n’a absolument rien à voir avec les bêtes humaines et les clowns qui nous dirigent, et les cyniques qui les mettent en place. Et les masses qu’ils parviennent à abêtir avec leur pseudo assistanat qui ne sont que des leurres pour mieux les asservir.

    1. Je crois que c’est surtout Julien – à la modo – qui commence sérieusement à saturer, n’est-ce pas Julien ? 😉

  82. Merci à vous, Paul Jorion, car ce blog est le seul média (bientôt) de masse, ou je peux m’exprimer sans me faire jeter! (je suis nul en diplomatie/formulation machin-magna/protocole…)

    Un petit dernier pour la route:

    Le Pouvoir EST dans la Propriété des Ressources irremplaçables: celles qui sont offertes par la Planète, mais pas que, et bien sûr le contrôle de la monnaie.

    1. Bon, ben puisque Julien tient le coup j’ajouterai ceci:

      Les Possédants ont donc le Pouvoir réel.
      Donc, ce sont eux qui présélectionnent le personnel politique nécessaire à l’illusion de démocratie.

      Donc, pour ce qui est du président de la république française (le roi) ils choisiront soit :

      – un gars ouvertement de leur camp (Pompidou en 1969, puis Giscard en 1974)
      – un gars de leur camp, mais se présentant au nom des travailleurs (Mitterand 1981)
      – un gars de leur camp, mais sympatoche (Chirac 1995)
      – un gars de leur camp disons, bizarre ( Sarkozy 2007)
      – un gars de leur camp, mais se présentant au nom des travailleurs (Hollande 2012)
      – une fille de leur camp, qui cache bien son jeu pire que tous les autres (2017)
      De Gaulle fut un accident de l’Histoire…

      Et c’est comme ça sur la terre entière (les exceptions ne durent pas)
      Dans ces conditions, il est vain de réfléchir à ce qu’on devrait faire, sinon reconsidérer la Révolution de 1789…

      1. Dominique Gagnot dit : 4 décembre 2015 à 18:59

        « Les Possédants ont donc le Pouvoir réel.
        Donc, ce sont eux qui présélectionnent le personnel politique nécessaire à l’illusion de démocratie. »

        Je partage votre avis sans pour autant être en accord avec « votre projet ». Le problème posé par « votre projet » réside dans le fait que tous les individus seraient dépossédés au profit d’une possession collective (le bien commun) ne pouvant se constituer qu’au niveau mondial.

        Certes vous comptez sur l’exercice de la démocratie.

        Mais je la vois mal s’exercer correctement et efficacement au niveau mondial, surtout si l’on se réfère à ce qu’a apporté son exercice au niveau national et européen. A ces niveaux, les élus pensent d’abord à eux plutôt qu’à ceux qui les ont élus.
        Surtout, ils ne pensent pas à ce qu’exige la survie de l’espèce humaine, lorsqu’ils se laissent aller à l’endettement, ce qui ne fait que reporter la fourniture des efforts d’économie à plus tard.

      2. jducac,

        « A ces niveaux, les élus pensent d’abord à eux plutôt qu’à ceux qui les ont élus. »

        C’est pour ça qu’il ne faut plus élire des candidats beaux parleurs, prêts à tout, avides de pouvoir, de fric, … mais sélectionner des « Sages ».

        Les qualités que l’on demande à des responsables politiques, n’ont rien à voir avec celles qu’il faut pour emporter des élections!

        Par ailleurs avant de faire au niveau mondial (inaccessible), commençons à l’échelle de nos pays!

        Ce que je souhaites n’a rien à voir avec ce qu’on a pu connaitre. Endettement, etc… pfffftttt c’est pas le pb, hein.

      3. Sinon jducac, on est reparti pour la 45678èm fois dans notre dialogue de sourd, ce qui ne va pas faire plaisir à Julien…

      4. Sinon jducac, on est reparti pour la 45678èm fois dans notre dialogue de sourd, ce qui ne va pas faire plaisir à Julien…

        Non, au contraire Dominique, c’est fascinant d’observer deux bonhommes qui essaient d’abattre un mur de béton armé avec des brins d’herbe. Continuez ! Tout le monde attend avec une grande impatience la 45.679ème tentative !

      5. @ Dominique Gagnot dit : 4 décembre 2015 à 18:59

        « Les qualités que l’on demande à des responsables politiques, n’ont rien à voir avec celles qu’il faut pour emporter des élections! »

        Je suis d’accord avec vous.
        Pour cela il faut donc, au préalable, énoncer les critères à respecter par la politique à conduire par ceux qui se sont fait élire pour cela.

        C’est bien ce qui a été fait avec le pacte de stabilité économique accepté au niveau Européen.

        Le gouvernement français ne le respectant pas, devrait donc être renvoyé illico pour faute lourde et éventuellement licencié sans indemnité comme cela se fait parfois dans le privé.
        De plus, si on exigeait que les fonctionnaires démissionnent à chaque fois qu’ils briguent un mandat électif, cela assainirait déjà la situation. Cela éloignerait des postes gouvernementaux ou de responsables de collectivité, ceux qui, de par leur expérience de fonctionnaires, ont trop tendance à utiliser la solution de facilité consistant à augmenter, les impôts, les taxes et prélèvement divers au lieu de procéder à une réduction des dépenses par une rationalisation des activités, comme cela se fait couramment dans le privé.

      6. @ Julien Alexandre
        A la longue, en s’incrustant dans les failles des rochers les brins d’herbe peuvent préparer le terrain pour d’autres plantes capables d’éclater le rocher, le problème de jducac et de Dominique est qu’ils ne voient pas les failles.

  83. Bonjour Paul, bonjour à tous.
    Je viens d’apprendre et le passage à la suite de Paul et sa décision de laisser le blog vivre.
    Ce blog est un des plus civilisés qu’il m’ait été donné de fréquenter, grâce à notre hôte bien sur mais grâce à vous tous aussi. Je doute de pouvoir retrouver la même humanité et les même compétences réunies ailleurs. Déjà ceci est une réussite effective….
    Vouloir changer le monde c’est très bien, cela commence par des réflexions et, quelques décennies plus tard, ces réflexions deviennent actions. Boucher de Perthes a du batailler pendant presque toute sa vie avant que ses thèses soient enfin acceptées par les autorités institutionnelles françaises.
    Donc prendre du recul, je vous comprend: vous avez pensé une action possible dans l’urgence et cela ne s’est pas enclenché dans le politique. Soit, tant pis pour le monde que nous souhaitons tous. mais cela s’est bien bel et bien inscrit dans tous les esprits et les coeurs des lecteurs qui transmettront ce qu’ils ont reçu ici. Ainsi, dans le monde qui vient, rien ne sera oublié.
    Vous laissez ce blog vivre et vous y reviendrez de temps à autre: bonne idée; il prendra inéluctablement une forme légèrement différente le Blog des Amis de Paul Jorion. De temps à autre, comme Doudou N’diaye Rose le faisait avec ses mille tambours, vous reviendrez placer une note bien sentie si cela dénote un peu.
    Pour ma part, même si le dernier qui part éteint la lumière, je continuerai à la lueur des étoiles puis dans les ténèbres quand il n’y aura plus rien.
    Très grand merci, bon vent et à bientôt!
    PS On vous garde la place au chaud!
    Cordialement.

  84. Bonjour merci et au revoir

    Merci paul de nous avoir guidé dans cette décennie 2005-2015
    cette fois , il faut tourner la page car tout a été dit et prédit.
    Les causes , les responsables et les systèmes sont identifiés et les juges passeront en leur temps et à leur rythme.

    On ne jette pas l’éponge, on jette l’oligarchie en quelquesorte.
    Les hommes libres n’ont pas vraiment besoin d’entretenir le
    système.

    Les graines ont été semées, elles se lèvent partout, seuls ceux qui vivent encore dans le système l’ignorent.

    Content de vous avoir connu, C’était un vrai bon travail.

    et à bientôt en bretagne …

    zebulon

    1. Pffff – PJ n’a pas dit qu’il mettait la clef sous la porte pour se barrer définitivement. Ya que les voyous pour faire ça, et en plus ils prennent la caisse avant la fermeture totale du bin’s… et laissent aux autres le soin d’éteindre la lumière, les cochons.

  85. Monsieur Jorion,

    Encore « chapeau bas » pour avoir tenu 9 ans!!! Et y avoir cru!
    Nous resterons persuadés en tout cas qu’un après est possible…si le sapiens le veut bien…
    Encore mille mercis pour vos partages et votre lucidité!

  86. La mission est inchangée, il s’agit juste d’un bilan à mi-parcours.

    Vous pouvez regarder votre passé et tout ce que vous avez fait avec fierté.
    Ils sont gages d’un avenir positif.
    Vous savez bien que vous ne pouvez rien abandonner.

    Je retiendrai surtout votre extraordinaire créativité et votre aisance écrite et orale. Ce sont des outils irremplaçables pour essaimer et convaincre.
    A certains moments vous m’avez donné d’éprouver une sorte de jouissance intellectuelle devant tant de talents. Soyez-en remercié.

    Soignez-vous bien et traitez-vous, vous et vos proches, avec tendresse.
    A vous lire bientôt, avec de nouvelles initiatives et de nouvelle formes pour disséminer LE message.

    J’ai un autre message, qu’on excusera : « Gudule, reviens! Ta modestie nous manque »

    1. @ daniel dit : 4 décembre 2015 à 21:07

      « J’ai un autre message, qu’on excusera : « Gudule, reviens! Ta modestie nous manque » »

      C’est très bien de ne pas oublier Gudule. Elle le mérite.
      Ce ne serait pas mal non plus, si vous répondiez à mon post du 4 décembre 2015 à 11:10
      http://www.pauljorion.com/blog/2015/11/30/cop21-innover-plus-pour-vivre-mieux-plutot-que-pour-maximiser-la-croissance-du-pnb-et-les-profits-par-jean-paul-vignal/#comment-586151

    2. A l’ami du CAC40. ( 4 décembre 2015 à 11:10 )

      Effectivement je n’avais pas vu et puisque vous répondez si bien à l’étiquette « A l’ami du CAC40. », je n’en changerai pas par souci pédagogique: l’étiquette n’est rien.

      Pour le reste, vous vous répétez. Évidemment si vous vous obstinez à qualifier d’homme de gauche les porteurs des noms propres que vous citez, votre confusion est irréparable.

      Faites comme Paul, volez lui son expression  » socialiste de droite » ( Copyright Paul 2011-2015) et tout s’éclaircira: la Droite est une catastrophe. Elle nous épuise, elle favorise le vol pur et simple, elle préside à l’épuisement de nos ressources collectives ( Copyright Gagnot, 2015).
      La Droite est réactionnaire- Elle n’a jamais assez de notre affaiblissement.
      Elle permet ce que Roberto Bouland a mis en évidence, http://www.pauljorion.com/blog/2015/12/03/la-science-economique-pour-les-nuls-par-roberto-boulant/ , une preuve frappante s’il en est une.

      Levez votre intelligence, et toutes vos ressources, vers la lumière, vers la vérité: La droite est une catastrophe. Elle nous mène à notre fin collective par bêtise, par inintelligence, par corruption de l’esprit. Vis à vis de l’intérêt collectif, elle est incompétente et malfaisante.

      Quand pourrais-je vous donner l’étiquette, autrement plaisante, de « A l’ennemi du CAC40. » ? Damas et son chemin, Paul de Tarse, l’éclair aveuglant de la vérité, vous connaissez ? Faites-vous plaisir !

      1. Mauvais angle Daniel. Jduc se fera un plaisir de te dire que la fausse droite peut être pire que la gauche puisque c’est durant la décennie 70, sous Pompidou et Giscard, que le pays a connu la plus vertigineuse des chutes de son indice de Gini depuis Saint Papa Jduc et Sainte Maman Jduc l’ont offert au monde (1935 si je ne m’abuse, docteur).

      2. Pige pas. Je suis si mauvais à le prendre en douceur par ses sentiments, et tout ce qui élève son âme ?

        Je plaide que sa foutue droite nous a mis dans la mouise depuis au moins 30 ans.
        Foutue droite étant compris comme quelque soit son étiquette: extrême droite, droite et fausse gauche.
        Pompidou et Giscard en font partie, encore qu’il y aurait à discuter pour ces deux-là. Avec le recul, ils paraissent un cran au-dessus de l’océan de médiocrité ultérieure.
        Ne pas oublier l’exemple de Bismarck, ou Churchill jeune avant la première guerre mondiale. Ils étaient les porte-drapeaux d’une droite sans complexe. En dépit de cette orientation, par leurs conviction et intérêt, ils ont su défendre ou imposer une politique sociale dont le 3.ème République était incapable. N’allons pas plus loin, comparaison n’est pas raison, les deux ont vite déraillé…

    3. « Et c’est pour ça aussi, je dirais, que l’action individuelle est difficile à voir, est difficile à percevoir, parce qu’il y a, justement, ces déplacements de grandes plaques tectoniques. »

      « La seule chose sur laquelle nous pouvons, nous, nous concentrer, c’est que quand l’effondrement a lieu, qu’il ne s’identifie pas, qu’il ne s’assimile pas purement et simplement à la disparition de l’espèce. »

      « Les discours sont complètement décalés : on nous parle de choses alors que ce n’est pas ça qui est en train de se passer, et voilà, alors, un blog comme celui-ci, il permet au moins une chose : c’est de remettre les choses dans leur cadre, de réfléchir à ce qui se passe et dire : « Non, ces cadres-là sont complètement décalés. »

      « Nous ne conceptualisons pas ces nouvelles structures et nous n’avons pas le vocabulaire, nous n’avons pas le discours pour parler de ce qui est en train de s’effondrer. Or ça, c’est extrêmement important. Je veux dire, ça joue un rôle considérable, ce qui est en train de se passer. »

      « Et là, j’ai réfléchi et c’est vrai que si l’alternative c’est, maintenant, soit se projeter en avant et penser à l’avenir »

      M. Jorion, on continue par ce que les changements SONT en train de se produire. Dans les phases de délitement, il y a également, en parallèle de ces effondrements, des alternatives et des actions qui se mettent en place, et ce m^me si les marges de manoeuvre sont, effectivement, de plus en plus restreintes, comme vous le soulignez avec lucidité. Merci d’avoir infléchi votre décision . Ce blog, est, d’une part, un point de ralliement et, d’autre part, il permet d’échanger sur ses différentes alternatives . Je pense que, justement, face aux évènements actuels, nous aurons de plus en plus besoin de pouvoir nous projeter et parler, partager, échanger sur les initiatives qui fonctionnent ou pas et qui sont plus respectueuses aussi bien de l’être humain que de notre environnement . Et il y en a beaucoup. Si l’on superpose vos réflexions et votre argumentaire riche et brillamment exposé, les échanges qu’il y a sur le blog PJ, et le partage d’informations sur ces initiatives auxquelles chacun et chacune participe dans un domaine ou un autre, il y a là une richesse qui n’est SURTOUT pas à sous-estimer mais, bien au contraire, à porter et à valoriser plus que jamais. Pourquoi ? et bien par ce que parler de ce qui s’effondre est certes, utile, MAIS nous avons aussi un besoin vital de construire et de nous projeter sur les « POSSIBLES » à venir, et il y en a.

      @Daniel
      « J’ai un autre message, qu’on excusera : « Gudule, reviens! Ta modestie nous manque » »

      Merci Daniel, pour votre message bienveillant et spontané. Cela dit, je n’étais pas trés loin…..;-)
      Au plaisir de partager.

  87. En premier j’ai pensé au coup de blues des premiers internautes qui ont crûs à une transcendance de l’homme possible par un média verticale.
    Puis pour changer, j’ai pensé à Brassens (honte à cette étranger qui peut chanter pendant que Rome brûle… elle brûle tout le temps).
    Si on parle de « sauver le monde », cela me renvoi plutôt à la baie des cochons, aux documents déclassés et à des héros ordinaires qui ont désobéis aux ordres notamment à un sous-marin Russe qui a bien eût l’ordre de lancer un missile nucléaire (ce qui est rassurant pour l’humanité, quand elle doit être responsable par rapport à un problème simple, il y aura toujours des Humanités).
    Si on parle de contribuer à construire le monde (ou limiter sa dérive), un blog c’est bien.
    Si on parle de changer le monde, bah c’est un blog Francophone, surtout qu’on ne parle pas que de finances, mais d’un système socio-technique, c’est normal que cela n’affecte pas le monde, par conséquent encore moins les élites.
    J’ai pas compris le problème, pour l’instant y à pas d’avenir (au bout d’un moment quand on t’apprend le cycle du phosphore, de l’azote, quelques notions d’écologie dans un lointain lycée agricole, tu pars du principe que tout le monde le sait, tu ne crois pas que c’est une mémoire périphérique qui a quitté la centralité, mais quand tu le comprends tu flippes, la centralité n’a plus le savoir nécessaire à sa fonction), quel rapport avec le blog ?

  88. Chronique de l’effondrement… comprendre…?
    En « temps de guerre » il n’est pas sans risque de critiquer les décisions de son gouvernement…

    Le « canard » fait cette remarque (2/12/2015)
     » Curieux silence sur le rôle l’Al-Qaida en Syrie »
     » Paris et Washington se gardent d’expliquer leur bienveillance à l’égard du Front Al-Nostra, enfant chéri de Ben Laden « 

    Sur la même page, autre titre:
    « Intouchable Grand Turc »
    qui termine ainsi:
    « …
    Sauf si, comme l’Union européenne le lui a promis, on lui verse 3 milliards. »

  89. Trop fatiguée ce jour pour trouver les mots qui expriment mon soulagement à l’annonce de votre nouvelle résolution de poursuivre le blog. J’ai le sentiment qu’il n’y a jamais eu autant urgence et nécessité à analyser et à rassembler. Je repense à la tempête lors de votre voyage vers l’île d’Houat: ça valait donc la peine d’affronter les lames.

  90. Le problème, c’est que trop de « sapiens » lorsqu’ils sont confrontés à des problèmes complexes préfèrent « les résoudre » dans le rapport de force et la violence, plutôt que dans un dialogue intelligent et constructif.
    Et cela est particulièrement vrai de ceux qui sont en position dominante dans le rapport de force du moment. Ils ne lâchent rien de leur propre volonté, c’est ce qui conduit aux situations révolutionnaires, aux guerres, et au malheur des peuples.

  91. Je crois qu’il est difficile de faire le constat de nos problème en mettant de coté l’éducation et la psychologie de masse . Paul est l’un des rares à mentionner l’aspect nuisible des mesures prises par Jules Ferry (notre bienfaiteur..) au niveau économique et colonial. Mais l’éducation n’a pas changé depuis; cet homme-là a bien fait en sorte de conserver le pire de ce qu’avait fait l’homme du christianisme .L’élève est toujours considéré comme un pécheur qu’il s’agit de se dépêcher de dresser sur le modèle de la génération précédente avant qu’il ne lui vienne l’idée d’y changer quelque chose . l’opinion ne peut qu’être guidée et orientée par une gouvernance verticale. Les parents mentent à leurs enfants et les enfants reproduisent ces contradictions chacun utilisant les moyens qu’ils ont pour convaincre leurs rejetons du bien fondé de l’aspect dominant-dominé et des vertus du libre-consentement. Il s’agit d’obéir, de bien travailler pour avoir un beau métier ..On commence a faire le lien entre le fascisme et la perversion narcissique. Dans la bible, on utilisait le mot « scandale » pour nommer cet état. l’absence d’autonomie cultivée de père en fils provoquant des tensions économique prépondérante à la désignation d’un bouc émissaire. Et nous avons trouvé des traces de cette violence qui nous ramène bien avant l’antiquité et la propriété privée. Même les tribus qu’on trouve encore aujourd’hui en Nouvelle Guinée savent qu’il faut séparer les enfants des parents aux alentours des 9 ans sous peine d’obtenir plus tard des adultes qui ne sont pas plus autonome que responsable .
    Si nous sommes partit pour penser « l’après », je pense que cet aspect est plus qu’essentiel .
    Je trouve nombre d’information sur ce blog qu’il me seraient beaucoup plus difficile d’obtenir par d’autres moyens.
    Merci à tous pour votre travail .

    1. « … qu’il faut séparer les enfants des parents aux alentours des 9 ans … »

      Hum ! 9 ans ? je veux bien… quoique…
      mais l’essentiel se passe bien avant !
      Et même avant d’exercer le tutorat, il est nécessaire que les (futurs) parents aient appris à être eux-mêmes, pour éviter pour eux et pour leur progéniture de perpétuer le modèle traditionnel que vous décrivez très bien…
      Celui du statu quo qui nous entrave, comme des galériens au moment de l’assaut dont ils ne doivent pas réchapper.

    2. « On commence a faire le lien entre le fascisme et la perversion narcissique »
      A partir de votre proposition et afin d’éviter les erreurs d’interprétation ainsi qu’une perte de temps inutile compte tenu des urgences qui s’imposent, une pureté des géniteurs s’impose dès la phase expérimentale.
      Pourquoi ne pas tirer profit de l’expérience grandeur nature tentée au siècle dernier : les lebensborn
      http://www.tagtele.com/videos/voir/62500/
      en l’actualisant.
      L’autorité : un grand timonier du digital, dieu, incontestable
      Le parrain : un grand général (intellectuel, militaire ou religieux)
      La mère : un ventre fécondable sacralisé comme tel
      Car aujourd’hui dans cette deuxième décennie du XXIème siècle la quasi totalité du tri aléatoire et hypothétique lié aux ventres mal cartographiés peut dores et déjà être dépassée via les moyens scientifiques dont nous disposons déjà et allons disposer afin d’assurer une efficacité maximale à ce système éducatif dès son lancement
      1) génétique neurobiologie et neuroscience pourront prochainement assuré un tri ventral post-natal adéquate.
      2) de même des matrices exogènes assureront définitivement et rapidement l’indépendance et l’autonomie des nouveaux-nés des influences maternelles aussi inutiles que malsaines
      3) les erreurs technico-scientifiques nées de nulle part ni de personnes pourront simplement être éliminées comme telles. Des déchets.
      4) que faire de ceux et celles qui sont des erreurs évidentes (quelques milliards) anté-vérités, susceptibles de s’accrocher à leurs dépendances voire même de mettre en péril un tel programme éducatif en s’y opposant ?

      Dans un souci de neutralité bienveillante et ne pas nuire au débat je vous épargne toute invective personnelle stérile. Pourtant votre suggestion par une pureté imposée élimine la complexité sur la base d’une idée se voulant innovante en recourant au bon sauvage qui a tout compris grâce à …. mère nature. Votre pureté n’est qu’un voile archaïque brutal promouvant une ultime violence.

      La pureté n’est en aucun cas la simplicité nécessaire et indispensable pour « passer à la suite », c’est à dire écrire le synopsis inédit du scénario permettant à notre espèce (et donc toutes les espèces) de contourner l’alternative létale (ya pas de choix) clairement énoncée par Michel Leis : « un scénario d’effondrement permet de reconstruire sur les ruines du désastre, un scénario de renforcement nous met face à des forteresses ».

      1. Il faudra surtout apprendre aux enfants, tout au long de l’éducation, à penser par eux même, et non plus les assommer d’âneries apprises par cœur, le plus souvent totalement inutiles sauf à vouloir en faire des individus totalement soumis…

        Cet esprit de soumission fait de l’homme un mouton, toujours à la recherche d’un maître, qui peut prendre les pires formes lorsque les circonstances s’y prêtent.

    3. @ Thh Lassomoire dit : 5 décembre 2015 à 11:32
      « Même les tribus qu’on trouve encore aujourd’hui en Nouvelle Guinée savent qu’il faut séparer les enfants des parents aux alentours des 9 ans sous peine d’obtenir plus tard des adultes qui ne sont pas plus autonome que responsable »

      Il n’est pas indispensable d’aller aussi loin et dans des contrées aussi perdues pour éloigner les enfants de l’influence de leurs parents. Il suffit de les confier à des endoctrineurs les préparant à ce que l’on veut en faire.

      http://www.directmatin.fr/monde/2015-08-27/le-temoignage-de-deux-enfants-soldats-de-daesh-709423

      1. Et dire qu’en France, certains pensent qu’il n’est pas possible de faire entrer les enfants en apprentissage avant 14 ans.

        Mais que font-ils donc à l’école avant cet âge ?
        Ils attendent peut-être 16 ans pour entrer à l’école de la rue, si toutefois ils ne l’ont pas intégrée avant, leurs parents percevant quand-même les allocations familiales, parce si elles leur étaient coupées, cela nuirait aux enfants…..

        Où est donc l’autorité de l’Etat en France ?

  92. Bonjour,
    Ne soyez pas défaitiste.
    Vous, ainsi qu’une myriade d’autres ré informateurs et lanceurs d’alertes avez touché la population, une énorme partie, vous créez des taches d’huiles qui se répandent.
    C’est grâce à vous que les gens ouvrent les yeux petit à petit.
    Pour les autres, tant que les supermarchés sont pleins, tant qu’il y a des allocs, tant qu’il y a du pétrole à mettre dans la voiture pour aller travailler tout va bien.
    Mais ça va bientôt changer, forcé par l’environnement alors les solutions qui existent déjà dans l’ombre se répandront. On fait tous notre boulot de Cassandres (qui est une vrai malédiction, « heureux les ignorants »…) à nos échelles, si les gens ne veulent pas entendre on ne peut pas les forcer. Maintenant il faut penser le monde d’après pour que la transition soit rapide et la moins douloureuse possible.

  93. j’ai beaucoup a vous dire et ai peu de moyen pour le faire,le langage écrit m’etant vraiment pénible.
    Confronté a un certains nombre de problèmes au court de ma vie ,je me suis me suis intéressé a la transmisson de l’information chez les êtres humains,il y avais quelque chose qui ne fonctionnais pas,pourquoi certaines informations importantes ne circulait pas et partant de là pourquoi certain raisonnement ne s’établissait pas.
    Etant apiculteur ,je me suis pris a observer mes abeilles,comment l’information circule chez elles,qu’est qui fait qu’une information est retenue et exploitée d’une façons exponantielle ou perdus?
    D’abord,les abeilles fonctionnes en termes de colonies et non d’individus,une abeilles trouve une source de nectar : un pissenlis ce trouvant a deux kms,elle retourne a la ruche transmet l’information à une dizaine de ses soeurs,la probabilité qu’une seul trouve ce pissenlis est faible,l’information va ce perdre,
    Une abeille trouve un champ de colzas de deux ha a cinq cents m,les dix abeilles vont le trouver ,transmettre l’ information a dix autres ,moin d’une heure aprés toute les butineuses seront sur le champ,l’information est retenue et exploitée.
    Chez les etres humains cela ne fonctionne pas du tous comme cela.
    Un cocu est presque toujours le dernier a être au courant de son état,pourtant n’est-il pas le mieux placer pour retenir et exploiter les informations qui l’entoure et le concerne en premier lieu.Je pense que ce n’est pas un probléme d’accessibilité de l’information,mais de retenu de celle-çi.

    1. En matière d’information, l’humain est tout sauf rationnel.
      Parole répétée tient lieu de « vérité ».
      Sa première « vérité » est inoculée dès le plus jeune âge. (fonction donc du milieu de naissance). C’est indispensable à la socialisation.
      Si par la suite cette « vérité » ne lui convient plus, une autre parole répétée fera l’affaire. etc.
      Le plus souvent, on nait avec une « vérité », et on meurt avec.
      C’est terrible.

  94. Après bien d’autres, je veux dire merci à ce blog, merci à son fondateur, aux autres qui écrivent, et qui commentent.
    J’ai parfois senti une pointe d’idéalisme, genre « le rôle des intellectuels », qui m’énervait ou me chagrinait. Mais je revenais chaque jour, et chaque jour j’ai eu des réflexions nourrissantes. ((Le dernier graphique sur la richesse USA, par exemple). Alors merci.
    Il est si difficile d’imaginer l’après. Penser en 1788 à l’après 1789, penser à l’après 14/18, l’après 40/45 ; et vivre entretemps la chute de Barcelone en 39?, la chute du Vercors en 44, etc. De belles émissions à la RTBF racontaient comment les anciennes forces politiques ont préparé durant la guerre l’après 44 pour empêcher la révolution, le bolchevisme, en cédant sur la sécu universelle, le vote des femmes, etc. (Idem autour du Roi Albert en 1918).
    On peut penser à un lent effondrement comme l’empire romain (vivent les invasions), mais aussi à une guerre effroyable nous atteignant dans notre forteresse – n’est-ce pas ce que nous vivons ?
    On peut penser aussi à une guérilla de libération, une révolution d’après les guerres, etc. Mais c’est souvent un exercice de délire plutôt qu’une stratégie raisonnable.

    1. @adhoc
      Plutôt que des pictogrammes, on pourrait utiliser nos photos ! Je suis démasqué, j’aime bien Dominique Gagnot, ses colères. C’est vrai, il nous bassine mais il y a du vrai dans ce qu’il nous chante même si c’est totalement utopique.

      L’utopie du capitalisme se terminant bientôt – à l’aune de la vie de l’homme sur terre, bien sur – Dominique G. ouvre ou ré-ouvre des voies, des portes ouvertes.
      C’est décidé, je vends, dès demain, des actions de « Grand Capital », à découvert. Par précaution je m’achète des petits CDS.

  95. Merci pour tout, je vous lis depuis 2008, je n’ai jamais fait de commentaires car pourquoi rajouter à tout ce qui est déjà dit par vous tous, mais vous me manqueriez terriblement même Vigneron……
    Au plaisir de vous lire encore, on se sent moins seul tout simplement.

    Hélène

  96. Caldeira and other climate scientists used to think their work was key to stopping this dystopian future from coming to pass. But increasingly, they’ve realized that climate science barely matters at all in the fight against climate change. “I started out thinking that it was all about information, and if we only got the right information to the right people, then the right things would happen,” Caldeira says. “And then you develop the information, and nothing changes.”

    Faced with the depressing reality that their years studying climate change have done almost nothing to stop it, climate scientists like Caldeira are turning to new strategies to make a difference—and often they have more to do with politics and psychology than atmospheric chemistry.

    http://www.wired.com/2015/12/climate-scientists-used-to-just-get-angry-now-theyre-taking-action/

  97. La messe n’est pas dite !

    J’ai rencontré Gael Giraud et Jean-Paul Fitoussi le mois dernier avec lesquels j’ai eu une courte discussion. C’est du lourd ! Un petit détour par leurs derniers ouvrages (dont une super-traduction d’un auteur américain) complétera utilement le voie ré-ouverte par T. Piketty.
    Pour mémoire, M Sarton a fait référence, dans un de ses billets, à G. Giraud l’année dernière.

    1. Le basculement se produira lorsque les personnalités reconnues seront suffisamment nombreuses (pour ne plus pouvoir les ignorer) à dénoncer les tares intrinsèques au capitalisme – et à la propriété privée des Ressources primaires.

      Les journalistes stars ne pourront plus faire comme si de rien n’était. Ils ne pourront plus faire l’économie de débats de fond sur le système.
      Un nouveau monde pourrait bien ainsi se dessiner.

      Car, il ne faut pas se leurrer, sans remise en question de la propriété privée, sur le fond rien ne changera même avec toutes les meilleures volontés du monde.

      1. Mais cette remise en question de la Propriété privée, cher Dominique Gagnot, va d’autant plus finir par s’imposer d’elle-même, que la Propriété est le nœud de la question sociale. Et du fait aussi et surtout, que le système capitaliste continue à s’enfermer avec obstination dans la même direction suicidaire, et nous pousse avec force à poursuivre sa course effrénée à la production et au profit, dans une posture résolument prédatrice et dominatrice.

        Celui qui voudra s’attaquer à la cause profonde des « quatre fléaux » (Lanza del Vasto) que l’espèce humaine s’inflige depuis des siècles et des siècles – la misère, la servitude, la guerre et la sédition – devra donc se saisir de cette question et mettre en lumière le gigantesque « faux-semblant » de cette Propriété « absolutiste, accapareuse et abusive » , aux dépens de la « Propriété sociale »…

  98. Je viens de voir votre dernière vidéo où vous constatez l’échec de l’objectif du blog mais que, malgré tout, il continue sous la forme d’une « chronique de l’effondrement ». J’en reste bouche bée… J’ai toujours admiré votre clairvoyance, votre capacité d’analyse, et surtout le partage de votre savoir avec les autres. Aussi suis-je un fidèle du blog depuis des années, tout en faisant toujours preuve d’esprit critique et de franchise, au risque de vous froisser parfois. C’est pourquoi je me permets de vous faire part de mon sentiment.
    D’abord, où est l’autocritique de ce constat d’échec, si échec il y a ? En effet, j’ai l’impression que ce sont plutôt vos circonstances de vie actuelles, entres autres, qui guident ce bilan, plutôt que la situation objective. Ainsi, à mes yeux, le blog conserve son influence et un impact non négligeable auprès des gens intéressés et même des dirigeants… On peut peut-être leur reprocher à tous, y compris les médias, de ne pas être assez réactifs à votre blog, sans pour autant dénoncer un échec. Par exemple, que les dirigeants ne réagissent pas suffisamment tient probablement au fait qu’ils vivent dans leur confortable bulle, dans l’illusion qu’ils garderont (ou dans le but de garder) indéfiniment leurs pouvoirs et privilèges ainsi que leur argent ; ils préfèrent donc ne pas trop penser autrement. Parmi la population, on peut faire le même constat : ceux qui vivent mieux voient moins le problème que ceux, de plus en plus nombreux, qui se débattent dans les difficultés. Ceci n’enlève rien au juste constat d’effondrement du système, que vous avez d’ailleurs été le premier à poser et depuis bien longtemps, mais qui ne vous a jamais empêché de proposer des analyses et solutions. Dès lors, je ne vois pas vraiment de raison pour parler d’échec de votre blog, ni pour en changer la nature, le fond ou l’objectif.

  99. Merci Paul, pour ce que vous avez fait et pour ce que vous avez l’intention de faire, je pense que votre décision de continuer autrement est la bonne, il est important pour nombre d’entre nous de garder le blog comme point de ralliement.

    Un petit message « optimiste »; j’assistai jeudi dernier à une réunion d’un club d’entreprises (plutôt TPE/PME que TOTAL ou LOREAL), ça faisait très longtemps que je n’avais pas assisté à ce genre de machin et j’ai été très surpris à la fois de la teneur et de la qualité de la discussion, j’en ai retenu 2 / 3 trucs:

    -Le diagnostic de processus d’effondrement (ou de mutation pour les plus timides) est largement partagé ce dont je doutais peu, mais en plus, il commence à être largement affiché ce qui est un peu nouveau.

    -« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer »

    -Si on peut se permettre des comparaisons, la nouvelle génération qui arrive à l’âge adulte est beaucoup plus entreprenante que celle qui précède (30 ans et plus) qui était un peu tétanisée par la « crise ». En effet, celle qui arrive a souvent intégré les 2 points ci-dessus et envisage l’entreprise de façon assez radicalement différente, plus co-opérative, plus centrée sur les besoins, moins stressante,..

    Je profite aussi de la parole qui nous est donné pour saluer ceux que j’ai eu le plaisir de rencontrer; Pierre-Yves, Lau, Fred , celui avec qui j’ai longuement échangé à une époque; Michel Lambotte, ceux qui m’ont fait rire souvent; vigneron par sa féroce lucidité, piotr par son humour délicat et tous les autres qui m’ont fait réfléchir.

    Mes amitiés à tous

    1. Salut hema
      Merci pour tes salutations qui me vont droit au coeur.
      La nécessaire mutation est effectivement de plus en plus mise en avant dans les petites entreprises et de plus en plus de gens se rendent compte qu' »on ne peut plus continuer comme ça ».
      En ce qui concerne les jeunes ados, même s’ils aiment « les trucs à la mode » il est de plus en plus difficile de leur faire avaler des couloeuvres.
      Mes enfants s’arrachent parfois les cheveux aux vus des résultats scolaires de leur progénitude.
      Moi, je me marre j’étais plutôt comme cela.
      https://www.youtube.com/watch?v=SrAg6xudZXo
      Ceci dit, je sens que mes petits enfants ont une véritable envie d’entreprendre, à nous de les aider et mettre toute notre expérience à leur service.
      Encore merci à toi pour tous les échanges.

    2. Salut Hema,

      Oui, nous nous étirons rencontrés à quatre, dans ce qui fut notre « Vicomte » d’un jour, métro Jean Jaurès. Si tu passes dans la capitale, n’hésite pas !

      Toujours un plaisir de te lire ici.
      Tu devrais intervenir plus souvent sur le blog.
      Ou peut être évoquer ton parcours dans un billet qui sait, même si ta discrétion en prendra un coup, car ton parcours, a valeur d’exemple il me semble.

    3. Salut Hema,

      Oui, nous nous étirons rencontrés à quatre, dans ce qui fut notre « Vicomte » d’un jour, métro Jean Jaurès. Si tu passes dans la capitale, n’hésite pas !

      Toujours un plaisir de te lire ici.
      Tu devrais intervenir plus souvent sur le blog.
      Ou peut être évoquer ton parcours dans un billet qui sait, même si ta discrétion en prendra un coup, car ton parcours, a valeur d’exemple il me semble.

  100. Un exemple parmi tant d’autres. Un ami m’écrit cet après-midi (en résumé) :
    Proposition de se connecter sur le réseau de chaleur de la ville (tranchées pour eau chaude produite par chaudières municipales à bois). Seuls quatre foyers ont pris le fonctionnement… les prix de consommation dépassent largement les prévisions des grands spécialistes-installateurs, et si tu veux arrêter… tu payes quand même six ans d’abonnement, soit 2.000 euros.
    Ce projet de chauffage urbain monstrueusement absurde a été étendu aux particuliers pour tenter d’enrayer le déficit de fonctionnement prévu pour la ville et les entreprises municipales.
    Et cela s’applique ailleurs, en plus énorme.
    Sans être spécialiste, on voit là encore les gabegies, mais c’est pas grave vu qu’il n’y a jamais de responsable et que c’est toujours le peuple qui paye les pots cassés.
    Sa conclusion : Je vais faire comme P. Jorion, sa réaction lucide ne me surprend pas, et il est honnête, une qualité rare

  101. Petit message à Cédric Mas que je remercie pour son article.
    Oui, vous avez absolument raison et des prémices d’actes violents ont déjà été constatés…. Tous mes remerciements, on en parle enfin…. il est impossible d’en parler…. et très longtemps…. pour des raisons évidentes.
    Merci ENCORE !

    1. C’est surtout Daesh qui devrait remercier Maître Mas pour sa revue de presse complaisante et les responsables du Blog Jorion pour sa diffusion. Si c’est.ça « la suite », alors passez. Sans moi.
      C’est quoi ce souk Julien ? C’EST QUOI ?

      1. 1/ Je suis pas éditeur du blog et je ne m’occupe pas de tous les billets
        2/ Dar el Islam est disponible librement sur le net et je ne pense pas qu’en parler ici va créer des vocations parmi les lecteurs du blog… Je ne vois rien de « complaisant » dans la lecture de texte par Cédric. Ou alors on considère aussi que lorsque Gilles Kepel fait une analyse comparative des communiqués de Daesh en français et en arabe, c’est « complaisant » et appelle des remerciements du proto-État ?

      2. Ne m’oblige pas, Julien, à reproduire ne serait-ce que le titre (en MAJUSCULES svp) du billet pour espérer t’ouvrir les yeux. Tu t’imagines sérieusement un Kepel se permettant ce genre de fantaisies devant une caméra, un micro, voire son clavier ?
        Mets un Mas dans chaque média français et Daesh n’a plus besoin de tuer ici pour y arriver à ses fins. Et Maître Mas de s’offusquer qu’il soit seul avec l’extrême-droite à jouer les apprentis-sorciers-lanceurs d’alerte… Tu m’étonnes…

      3. Autant j’avais trouvé excellents les deux précédents billets de Cédric, autant celui-ci me paraît inutile, voire contreproductif parce qu’il ajoute de la peur à la peur. Et on n’a vraiment pas besoin de ça aujourd’hui. (Fort heureusement, il y a aujourd’hui l’excellent billet de Dominique Temple.)
        Qui peut penser une seconde que les pouvoirs publics n’ont pas envisagé l’hypothèse que les écoles sont une cible potentielle de cette organisation terroriste ? Ne disposent-t-ils pas d’analystes en mesure de décrypter les messages limpides de l’organisation ?
        Bref, je préfère mille fois plus le Cédric Mas qui remet en cause le cadre intellectuel dans lequel raisonnent nos gouvernants.

      4. @ Pierre-Yves

        Qui peut penser une seconde que les pouvoirs publics n’ont pas envisagé l’hypothèse que les écoles sont une cible potentielle de cette organisation terroriste ? Ne disposent-t-ils pas d’analystes en mesure de décrypter les messages limpides de l’organisation ?

        Trevidic s’occupe de divorces à Lille. Kepel n’est écouté par personne, à part les auditeurs des radios qui veulent bien l’inviter. Combien de cursus d’études arabisantes en France ? (peanuts). On peut continuer à s’interdire de comprendre comment Daesh pense, certes, mais il faut en assumer le prix.

        Est-ce que l’on peut redire aujourd’hui que c’est bien une organisation qui lève l’impôt, occupe un territoire et met en gestation une gestion de certains services publics est bien un proto-État ?

        http://www.theguardian.com/world/2015/dec/07/leaked-isis-document-reveals-plan-building-state-syria

      5. Fais pas l’imbécille Julien, ça te va pas. Tu veux qu’on parle de certains textes qui ne sont que de « simples analyses de textes » ?

      6. vigneron
        Son article relève d’une réalité, que vous le vouliez ou non. Je trouve très bien que le débat soit sur la table, à moins que vous préfériez que les acteurs de terrain se coltinent seuls le truc ? En plus, il est très aisé de passer à côté de plein de choses, même lorsqu’on est à côté.

        « Si c’est ça la suite »….
        C’est le présent, le présent qu’on ne veut pas voir, c’est tout. Ce qui se sent aujourd’hui, c’est la concurrence entre l’école et la prière…. alors que les deux peuvent marcher ensemble. Voilà une partie de la réalité, le reste appartenant aux dégradations des situations sociales, à une scolarité très chaotique pour pas mal de jeunes, avec qui il faut reprendre, trop souvent, le niveau syllabique et des tas d’autres problèmes cognitifs, provoquant de l’illettrisme qu’ils arrivent à masquer par l’emploi généralisé des ordinateurs, surtout en lycée professionnel.
        Tout ceci bouche les perspectives des jeunes.
        Alors c’est quoi le refuge disponible, sinon la religion… et pas seulement la religion musulmane, loin de là.
        Le ressentiment est grand de la part des jeunes alors qu’il faudrait un accompagnement hyper individualisé, du dialogue, du temps quoi.
        Parler du problème de la religion, c’est s’exposer à la vindicte : t’es anti ceci, tu joues le jeu de, etc. Depuis quelques années, elle a bien gagné du terrain n’est-il pas ? La discrétion n’a pas donné grand chose, surtout lorsque les moyens ne sont pas vraiment donnés.

    2. Pierre-yves Dambrine
      « Ajouter de la peur à la peur »
      Bah non ça ne me fait pas peur de lire des choses lucides. C’est plutôt rassurant au contraire et le meilleur moyen de s’atteler aux soucis.
      « Je préfère le cadre intellectuel »
      Le cadre intellectuel, c’est très bien et c’est pourquoi je lis tous les articles. Qu’est-ce qu’un cadre intellectuel suspendu dans les airs ?

    1. À Dominique et Dominique.
      Nos idées se recoupent, il ne reste plus qu’à intégrer la notion de gestion des ressources en fonction de la capacité de la biosphère.
      Tant se porte la biosphère, tant se porte l’humanité……
      C’est cet équilibre (règle ou loi)qu’il faut maintenant expliquer, mesurer, évaluer et intégrer à toutes démarches nous menant à construire une nouvelle économie…..

      1. Tout à fait Alain.

        Mieux que ça, la finalité du système pourrait être la remise en état de la biosphère, sur les plans écologique et social.
        Il ne s’agirait plus d’en tirer profit, mais de l’entretenir. Le travail ne manquerait pas, et le bon temps non plus.

        Ceci financé par une Rente tirée de la vente de « propriété d’usage » (j’ai expliqué ça dans mon papier)

        L’énergie que nous apporte le soleil, transformée naturellement par les arbres et les plantes,
        plus celle récupérée par toutes sortes de techniques,
        est amplement suffisante, sous réserve de l’utiliser efficacement, et à bon escient.

        Imaginez les habitations à énergie positive, imaginez de supprimer la pub, les armements (pas trop vite hélas), la Finance remplacée par un PC (avec le logiciel et les experts qui vont bien quand même), bref supprimer tout ce qui ne sert à rien, ou pire est nuisible, et ne produire que du durable, standardisé pour simplifier l’entretien
        (j’aime bien l’exemple de l’ancienne 2CV Citroën, dont quasi tous les éléments sont encore produits, et « facilement » remplaçables. http://www.tpv-2cv.fr/ )
        et 100% recyclables en fin de vie.
        (ce qui n’exclue pas de personnaliser, hein)

        Bref, on aura du mal à dépenser tout ce que nous envoie le soleil! (Bien sur ces idées restent à être débattues, et développées)

      2. @ Alain Audet dit : 7 décembre 2015 à 15:24

        « Tant se porte la biosphère, tant se porte l’humanité…… »

        Le grand problème vient de ce que l’humanité fait aussi partie de la biosphère. Ce qui conduit à ce que nous finissions tous par nous dépouiller de proche en proche et contribuer à notre élimination entre nous, à l’exemple de ces cultures de bactéries dont le nombre vient à décroître très vite lorsque s’épuise la nourriture contenue dans la boîte de Pétri où elles sont confinées.

        Notre nourriture, c’est l’énergie. Même si celle du soleil peut suffire pour longtemps, il n’empêche qu’on ne peut capter l’énergie sans faire usage de matériaux divers qu’il faut transformer à l’aide de moyens de plus en plus coûteux en énergie, donc de plus en plus capitalistiques, lesquels ne rendent les investissements rentables, qu’à très long terme.

        L’humanité qui est née et a évolué en exploitant un processus de forme capitaliste (http://www.pauljorion.com/blog/2012/03/06/questions-a-resoudre-iv-benefice-de-la-coordination-et-droit-daubaine/#comment-301071)
        ne pourra que régresser et disparaître rapidement si elle ne survient pas à entretenir et renouveler l’usage ce type de processus capitaliste d’investissement.

        Il lui faut donc amener chacun de ces membres, dès le plus jeune âge, à prendre conscience de la nécessité d’exploiter et d’entretenir ce processus alors que trop de personnes, notamment en France, s’emploient à prôner l’anticapitalisme, cette façon d’accélérer l’extinction de notre espèce en préconisant de favoriser la consommation plutôt que l’investissement.

        Il faut souhaiter que tous nos « Dominique » qui aspirent à une saine gestion du bien commun planétaire, finissent par découvrir qu’il n’est pas indispensable de supprimer le droit de propriété pour bien gérer le bien commun de l’humanité.

        Il suffirait que l’on crée au niveau mondial, la Société d’exploitation de la planète terre (SEPT) fonctionnant avec les règles et le droit des sociétés anonymes multinationales. Resterait à décider du mode d’allocation des actions et des droits de vote.

        Ce serait un très gros travail pour l’ONU qui a déjà beaucoup de mal à venir à bout de ses missions actuelles.

        Y parviendrait-elle à temps ? Rien n’est moins sûr !

      3. jducac dit :
        8 décembre 2015 à 09:59
        «Le grand problème vient de ce que l’humanité fait aussi partie de la biosphère»
        Bienvenue dans le club.
        Ce n’est pas un problème, c’est la réalité incontournable……
        et notre empreinte, écologique et/ou économique, y est trop lourde…….si bien que nous,humains, compromettons les fonctions vitales de cette biosphère.
        Ce que vous proposez est d’augmenter davantage notre prédation….. ce n’est pas la solution.

      4. @ Alain Audet dit : 8 décembre 2015 à 12:29

        Votre réponse ne m’apparait pas claire.
        Aussi pouvez-vous me dire si vous êtes en accord ou non avec ces 3 propositions :

        1-Je propose économiser sur la consommation afin d’investir en moyens de captation d’énergie non carbonée.

        2-Je pense qu’il n’est pas indispensable de supprimer le droit de propriété pour bien gérer le bien commun de l’humanité. Il suffirait que l’on crée au niveau mondial, la Société d’exploitation de la planète terre (SEPT) fonctionnant avec les règles et le droit des sociétés anonymes multinationales. Resterait à décider du mode d’allocation des actions et des droits de vote. Cela responsabiliserait mieux tous les
        humains.

        3-Je propose que la mise en œuvre de ce projet soit à la charge de l’ONU

      5. jducac,

        La propriété d’une ressource est source de profit. (loi naturelle)
        Si cette ressource est commune, (la terre, l’air, l’eau…) le profit doit retourner à la communauté.

        Les ressources communes ne peuvent donc être propriété privée.
        Seul leur usage peut être privé, et le profit qui en résulte doit retourner à la collectivité.

        C’est simplement logique, tout comme 1 + 1 = 2.
        Tu peux toujours proposer que 1+1 fasse 3, mais c’est faux.

        Cette erreur est le fondement de l’impasse sociale, écologique et économique dans laquelle nous sommes.

        (Seul le fruit d’un travail peut faire l’objet de propriété privée.)

      6. @jducac: 8 décembre 2015 à 20:00
        Je tente une explication…
        Notre empreinte écologique est déjà trop lourde dû à notre croissance débridée (capitaliste) donc peu importe la façon dont vous continuerez votre croissance, peu importe le type d’énergie que vous utiliserez vous ne ferez qu’accroître le fardeau, peut-être avec de l’énergie non carboné mais au détriment d’autres ressources nécessaires pour fabriquer vos capteurs etc.
        Ce qu’il faut ramener au niveau mondial c’est le concept d’équilibre, c.à.d. de gérer notre empreinte écologique dans le cadre de la mince marge de manœuvre viable dont nous disposons à l’intérieur de la biosphère accompagné par toute la biodiversité dont tous les éléments sont des engrenages indispensables au bon fonctionnement de cette biosphère.
        Dit autrement il faut gérer de façon à éviter les extrêmes dans tous les domaines d’activités, le trop comme le pas assez. Exemple : Trop de gaz à effet de serre c’est les changements/ réchauffement climatiques, pas assez c’est les changements/refroidissement climatiques, voyez vous le principe?
        La moindre de nos actions qui constituent notre empreinte écologique doit être soumis à cette règle. Il faut donner à cette règle le statut de science la comprendre d’abord, l’approfondir, l’expliquer et la transmettre mondialement.
        Nous sommes encore loin de réaliser cet objectif pourtant incontournable, pour l’instant le développement de nos capacités intelligentes se résume à ceci: Assez intelligent pour mettre le feu, pas assez pour l’éteindre……..
        Tout s’inscrit dans ce jeu de l’équilibre, et ce jeu ne peut s’exercer que dans une économie de proximité. C’est le concept qui est à partager mondialement et non la gouvernance mondiale. Actuellement nous sommes dans le’’ beaucoup trop’’ et le défi qui s’ajoutera quand et si nous finissons par maitrisez cette science sera de diminuer notre empreinte écologique tout en conservant, et redonnant dans plusieurs cas, une qualité de vie optimal…… dans les circonstances où nous serons à ce moment…..

      7. @ Alain Audet dit : 9 décembre 2015 à 16:34 & Dominique Gagnot dit : 8 décembre 2015 à 21:39 & Michel Lambotte dit :
        8 décembre 2015 à 22:48

        J’approuve votre approche globale mais pense qu’il faut quand même finir par s’attaquer au fond du sujet en commençant par un bout si l’on ne veut pas se retrouver comme le polytechnicien de l’histoire :
        http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/04/un-imbecile-qui-marche-ira-toujours-plus-loin-qu-un-philosophe-assis_1313996_3232.html

        C’est pour cela que j’espérais poursuivre cet échange en partant de vos réponses aux questions 1 et 3.

        Je m’attendais aussi à recevoir des propositions de partage pour ce qui concerne les actions et les doits de vote de la société SEPT, propriété des 7 milliards de terriens que nous sommes.
        Comme vous n’y avez pas répondu, il va falloir faire comme Paul……….passer à la suite.

      8. @ Michel Lambotte dit : 8 décembre 2015 à 22:48

        « La biosphère n’a rien à voir avec une boîte de Pétri, c’est un processus naturel de dissipation d’énergie solaire. »

        D’accord, l’image de la boite de Pétri est imparfaite. Il n’empêche que l’énergie que nous recevons du soleil est utilisée à transformer les divers constituants de la matière en vie, au sein de corps et de machines dont la durée de vie n’est pas infinie. De même que l’utilisation de l’énergie la dégrade, l’utilisation de la matière la dégrade et la ramène à l’état de poussières aux dimensions infinitésimales.

        Or, dans les constructions réalisées « de mains d’hommes », c’est à l’état concentré et épuré que les matières, notamment les métaux, sont utilisables. Les humains savent séparer les constituants des boues ou des mélanges gazeux résultant de l’utilisation de l’énergie dans les diverses machines (vivantes et autres) mais cela demande du temps et à nouveau, beaucoup d’énergie.

        Nous avons jusqu’alors utilisé les matières à l’état naturellement concentré et à proximité de la surface du sol, ce qui ne nous demandait que peu de travail d’extraction, donc peu de consommation d’énergie. Mais plus le temps passe, plus la croûte terrestre de laquelle nous tirons nos vies se dégrade et s’appauvrit…….. comme cela se produit dans une boite de Pétri qui n’est pas réalimentée en nourriture.

        Même vous, Michel, qui vous consacrez à votre potager en prenant bien soin de recycler le plus possible les matières, vous appauvrissez votre sol en ne lui restituant pas ce que vous évacuez dans les toilettes et dont une partie, malgré les stations d’épuration, se retrouvent au fond des océans.

        Il viendra certainement un jour ou la terre deviendra stérile. Notre devoir est de freiner le processus.

        Merci pour le lien vers le blog de François Rodier !

  102. « Reprendre à son compte le discours sécuritaire de l’extrême-droite ne règle rien, le principe selon lequel l’original est toujours préféré à la copie venant de se vérifier. »

    François Hollande joue à qui perd gagne
    7 décembre 2015 | Par stéphane alliès, Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix

    « François Hollande a perdu. Le PS n’aura plus que quelques régions dimanche prochain. Mais le chef de l’État se projette déjà dans la présidentielle de 2017. Avec un FN fort et une droite sans ressort, les résultats de dimanche soir confirment sa stratégie : être le seul rempart « républicain » face à Marine Le Pen »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/071215/francois-hollande-joue-qui-perd-gagne

    Ps : merci pour « Eleven lessons », McNamarra : édifiant et instructif; criminels de guerre..vous avez dit criminels
    de guerre ?…

  103. « Oui, vous avez absolument raison et des prémices d’actes violents ont déjà été constatés… »

    FAUX, dans le social la délinquance , notamment , à l’aide social à l’enfance et sur le terrain, c’est hélas, monnaie courante. Raison pour laquelle on taffe, en partenariat « serré » avec les procs, les juges et la brigade des mineurs. La seule « nouveauté » pestilentielle étant la récupération effective et l’instrumentalisation de cette délinquance des mineurs DEJA à la dérive par des sbires malsains essayant de récupérer cette « manne » pour leur cause infecte. Quand aux agressions des ts et du public en contact avec ces individus, ce n’est pas nouveau, non plus, loin de là. Depuis une dizaine d’années, il y a une montée en puissance. Les flics, les sociaux, les médico sociaux, les pompiers, les hospitaliers, le personnel éducatif, sont, je le confirme en « première ligne ». Conscients et débattus, ces sujets ne sont pas le moins du monde occultés, tout au contraire; discrétion n’est pas dissimulation..
    L’affaire est dans un premier temps , beaucoup plus lié à une paupérisation accrue, c’est clair pour tous les intervenants et ce, à tous les niveaux hiérarchiques. Dans mon département il y a inflation de caméras et autres surveillants de tous poil, cela a « un peu » calmé le jeu mais , ne l’a pas « résolu » , hélas pas plus là qu’à d’autres endroits. C’est du lourd et cela demande beaucoup de temps et beaucoup de moyens et d’investissements humains, qui, effectivement diminuent de façon proportionnelle aux parts du budget consacrés à cela. Cette part restant malgré tout très importante dans le budget d’une CT et ce même si à ce niveau là , il y aurait bien, beaucoup de choses à revoir…et pas seulement par rapport au financement.

    1. Gudule
      « beaucoup plus liés à une paupérisation accrue… »
      Comment peser dans une balance ce qui est plus et ce qui est moins dans l’ensemble des facteurs qui interviennent ? Et comment affirmer qu’un facteur vient avant ou après, dans la progression d’une dégradation sociale ?
      Je serais moins affirmative que vous.
      Maintenant, je trouve que les conceptions politiques de chacun doivent être lues à lueur d’une réalité vraie.
      Je conçois qu’une activité sociale devrait être provisoire dans une société qui préserve les hommes. Elle devrait se réduire au minimum….. c’est juste un avis. Pour une fois que c’est moi que l’on qualifierait de « bisounours » … !

      1. Armelle
         » Maintenant, je trouve que les conceptions politiques de chacun doivent être lues à lueur d’une réalité vraie. « 

        les « conceptions politiques »…
        ainsi que les options religieuses, les options écono-commerciales doivent être passées au crible…
        Car enfin, ne sommes nous pas hypocrites à tolérer cette méthode commune qu’est mentir, nous mentant à nous-mêmes.
        Nous savons que les « beaux principes » animant politique, religion, commerce… sont bifides, vérolés, mais nous les entretenons, faisant mine de les remettre en cause.

      2. Armelle,

        Et bien , je vous confirme mon affirmation .
        Vous vous méprenez, à mon humble avis, aucun des « facteurs » n’est plus déterminant qu’un autre. Ce que je dis, c’est qu’il y a un « terreau » principal, une « matrice » commune sur lequel viennent se greffer des problèmes, d’une autre nature ,qui deviennent des freins, et que celui qui fait l’unanimité chez une majorité d’intervenants ( et notamment de terrain) est bien d’ordre économique et ce dans le cadre économique dans lequel nous vivons. Bien évidemment, aucune des situations complexes ne peuvent être réduites à ce seul critère et ce n’est pas ce que j’ai dit. Il est normal que votre point de vue soit différent car nous ne fréquentons pas tout à fait le m^me « public ». En ce qui concerne le « prisme » politique que vous évoquez et c’est ce point majeur qui nous différencie, je me situe bien au delà de toute contingence politique, pour la bonne et simple raison que, m^me si j’ai mes opinions, celle ci n’ont pas à affecter de quelque manière que ce soit mon rapport aux autres et a fortiori dans le cadre de ma profession, d’une part, et d’autre part par ce que la réalité de mon vécu personnel et professionnel m a appris à ne pas me laissé enfermé dans ce genre de piège sclérosant et réducteur. La « réalité » d’un être humain est beaucoup plus complexe . Les faits sont tëtus, que ce soit en Italie, en Espagne ou en France, ce ne sont pas dans les quartiers bourges que se forme le gros du bataillon des futurs délinquants, c’est un fait. Et ce m^me si il existe, effectivement, d’autres formes de misères psychologiques ou de détresse morale ou physique dans cette catégorie sociale. Car oui, je vous le confirme la misère a de multiples visages et ce toutes catégories socioprofessionnelles confondues, les hospitaliers,les pompons et les flics le savent bien…. c’est leur quotidien

        « Je conçois qu’une activité sociale devrait être provisoire dans une société qui préserve les hommes. »

        Clairement, dans un autre espace temps, que vous évoquez ou une société plus solidaire, oui, ça m’irait aussi, seulement ce n’est pas la réalité dominante actuelle et de fait .

        Quand aux bisounours, si ça vous dérange pas trop , je vais laisser ça à pimprenelle et nicolas….. je leur préfère Les voluptés rêvées d’une amoureuse ça m’a l’air plus drôle, plus léger et primesautier et ça me fait un bien fou , je sens que je vais craquer dessus (merci de cette info, je ne connaissais pas cet auteure !)

        au plaisir… armelle 😉

  104. @Pierre Yves Dambrine
     » Qui peut penser une seconde que les pouvoirs publics n’ont pas envisagé l’hypothèse que les écoles sont une cible potentielle de cette organisation terroriste ? « 

    La réalité, les faits, décrits dans le billet de Lucie Jovier, démontrent plutôt la ligne gouvernementale du « faire taire »: enseignants, assistante sociale, sommés par le rectorat de ne pas « communiquer »…
    Jusqu’à quel point ?
    Ces personnes suivront-elles cette directive ?
    Ou témoigneront-elles ?
    ici peut-être…

  105. Pourquoi se refuser les moyens de dépasser l’économie capitaliste ?, par Dominique Temple

    1/3 du PIB ne tombe pas dans la prédation capitaliste que je sache ?

    1/ les fonctionnaires d’État.
    2/ les retraités.
    3/ les sans emploi (qui font réellement de la politique pour échapper à l’emploi).
    4/ les professions indépendantes.
    5/ certains types d’associations.
    6/ la sécu.

    Et tout ça contre la violence du marché du travail et en oubliant la propriété lucrative. Sans mettre en valeur l’emploi, l’employeur, ou un quelconque poste de travail et encore moins les actionnaires.
    Faut vous réveiller. Le CNR n’a pas travaillé pour rien.

    1. je ne pense pas que le CNR reconnaîtrait aujourd’hui sa progéniture.

      Le fait est qu’une bonne partie du secteur public s’est lui-même inscrit progressivement dans l’optique capitaliste, si ce n’est dans la logique capitaliste.
      Les pauvres prennent les bus Macron, ou blablatruc, car les tarifs SNCF sont chers pour ceux qui vivent avec le SMIC et en deçà. Le système de santé est de moins en moins égalitaire. France Télécom n’est plus que l’ombre d’un service public. La Poste est devenue une banque et fait appel à la sous-traitance. Les autoroutes sont privatisés. Les sans emplois rament. Et j’en passe et des meilleures.

      Si vous voulez dire que tout n’est pas encore soumis à la logique capitaliste, qu’il ne faut pas payer l’air qu’on respire, oui, que des gens essaient de résister là où ils se trouvent, oui, mais la tendance massive et détestable c’est bien que les choses n’ont cessé de se dégrader depuis une trentaine d’années. Et que le repli sur soi aujourd’hui triomphe dans les urnes.

      1. Non, pas forcément.
        Bernard Friot ou Bernard Stiegler m’ont aussi beaucoup aidé à penser. Avec Paul Jorion que j’admire plus que jamais, d’ailleurs son dernier billet, dépasse en lucidité et en simplicité les deux premiers, à mon avis, lui est vraiment passé à autre chose si tu veux savoir 🙂 Je sens qu’il est vraiment passé par la psychanalyse et avec l’art, peut-être même grâce à la beauté de certaine chanson. Rien qu’avec Brel il est passé de l’autre côté du miroir si je puis dire.

      2. Octobre

        Je ne vois pas très bien le rapport entre votre commentaire, que j’approuve, et le mien.
        Ce que vous essayez de me dire, je suppute, c’est qu’il y a aussi beaucoup de belles initiatives, que tout n’est pas perdu, que blablatruc sur le principe ce n’est pas un mauvaise idée, mais ce n’était pas le sujet de mon commentaire.
        Oui ou non le CNR reconnaîtrait-il son programme dans ce qu’est devenue notre société ?

      3. octobre (suite)

        la colère n’est pas bonne conseillère, c’est vrai, et mon commentaire s’en ressentait de ce point de vue ;-), mais la sagesse ne dispense pas parfois, d’être en colère. Souvenez-vous de quelques vidéos où Paul était bel et bien en colère et de cette page de « La survie de l’espèce » où Paul (le psy) sort de son rôle d’analyste pour dire ce qu’il pense de notre monde 🙂

      4. Pierre-Yves
        Moi, la prochaine fois que je monte sur Paris (comme on dit) je te téléphonerai pour qu’on se voie en chair et en os. 😉
        L’amitié, il n’y a rien de plus précieux n’est-ce pas ?

      5. « Les pauvres prennent les bus Macron, ou blablatruc, car les tarifs SNCF sont chers pour ceux qui vivent avec le SMIC et en deçà. »

        Si tu en avais eu besoin tu saurais que c’est pas blablatruc mais Blablacar.

    2. La belette

      Manque de chance, j’ai eu pris Blalamachin, mais pourquoi devrais-je faire de la pub gratuite à un prestataire privé (qui prend au passage une commission hors de proportion avec le service de médiation assuré) qui pourrait avantageusement être assuré par le service public ?
      D’autre part, je le répète, ce n’est pas sur le principe que je critiquais bablamachin, mais sur le fait que la SNCF ne laisse plus d’autre option aux pauvres que d’aller sur …. blablamachin ou dans les bus Macron. Encore que développer la voiture individuelle au détriment des transports en commun c’est pas top. Le train reste le moyen de transport le moins polluant.
      http://www.consoglobe.com/les-14-modes-de-transport-les-moins-polluants-cg

      1. NB. « être assuré par le service public » : l’intermédiation pour la prestation covoiturage devrait être un service public. Idem pour les sites de rencontres. Etc …

      2. Alors excuse-moi.
        J’avais assimilé « blablatruc » à un truc jeté aux pauvres, et la phrase devenait désagréable à lire.
        Heureux de m’être trompé.

  106. @armelle
    vigneron
    « Son article relève d’une réalité, que vous le vouliez ou non. Je trouve très bien que le débat soit sur la table, à moins que vous préfériez que les acteurs de terrain se coltinent seuls le truc ? »

    Le « débat » est déjà sur la « table » et enflamme déjà le net et les médias. Le blog Pj nous informe, largement, sur ce sujet, ce qui est une trés bonne chose, car informés nous devons l^letre et plus que jamais. Les « acteurs de terrain » connaissent, contrairement à vous, la puissance de l’hystérie émotionnelle et ses dangers certains, qui, outre l’inflation d’information publicitaire de leur cause constituent, le principal « jus » et « carburant » dont se nourrissent ardemment les seïdes de ces groupuscules extrémistes psychopathes ! ça c’est la REALITE aussi en démocratie ! dans les conf’ de rédac des journaleux « sérieux » et « prudents », ils y pensent, et plus que jamais. Ce n’est pas un biais de dissimulation, ça s’appelle être responsable, et c’est bien que ce blog intelligent et diversifié, s’y emploie, ne vous déplaise, armelle. Allez faire un tour dans des banlieues un peu « chaudes », ça calme !

    1. @Gudule
       » ça c’est la REALITE aussi en démocratie ! dans les conf’ de rédac des journaleux « sérieux » et « prudents », ils y pensent, et plus que jamais. « 

      Sérieux ? ils y descendent s’y calmer, dans les campagnes un peu chaudes, ces braves responsables ?
      Ah oui, ils pratiquent la distanciation nécessaire pour contrôler les réactions instinctives populaires. Heureusement pour nous, ils « pensent », eux…

    2. @Gudule,
      « Les « acteurs de terrain » connaissent, contrairement à vous, la puissance de l’hystérie émotionnelle et ses dangers »
      Nous connaissons aussi la puissance imaginative lorsque les choses ne sont pas dites. Entre les deux, il faut un équilibre.

      Et si j’approuve le bien connu « secret partagé » entre équipes pluridisciplinaires, il doit être soumis à la critique, comme toute autre pratique professionnelle.

      Enfin se prémunir des comportements déviants par le silence, c’est aussi ignorer toutes les personnes qui pourraient apporter leur part à la résolution des problèmes.
      Force est de constater, qu’en matière sociale, les situations s’aggravent.

      1. @ Armelle dit : 9 décembre 2015 à 23:14

        « Force est de constater, qu’en matière sociale, les situations s’aggravent. »

        Tout à fait d’accord !

        Et malheureusement il n’y a pas que les puissants du grand capital ou des élus de la politique, ministres et autres, qui se laissent aller à l’inacceptable, il y a aussi les tribunaux qui, par une certaine tolérance à la faute, ne contribuent pas à l’amélioration de comportements sociaux insuffisamment punis
        https://fr.news.yahoo.com/pole-emploi-une-conseillere-condamnee-argent-detournement-181059136.html

      2. @armelle

        « Nous connaissons aussi la puissance imaginative lorsque les choses ne sont pas dites. Entre les deux, il faut un équilibre. »

        Tout à fait, et c’est bien de cela dont il s’agit, d’équilibre. Et, en ce moment, il n’y en a pas ! Négativisme n’est pas lucidité, loin s’en faut, pas plus que le positivisme béat.

        Aussi, pour parler d’équilibre, il faut considérer et être CONSCIENT de l’état du moral des individus, en particulier et en général.
        Pensez-vous que le vote massif en faveur des extrêmes ne soit pas également l’expression d’une certaine grosse déprime, entre autres ? Et que le découragement et la peur, y compris sur ce blog, ne minent pas suffisamment l’esprit des individus et la société française ?

        L’équilibre, ce n’est pas dans la transparence totalitaire, ni dans la critique permanente et systématique que nous le trouverons, mais bien dans un dialogue qui n’obère pas une remise en question du négativisme systématique et destructeur qui consiste à ne voir que des problèmes et pas de solutions. Ce n’est pas, en cultivant et en se complaisant dans cet état d’esprit que le CNR a vaincu avec les alliés, les puissances destructrices, à l’oeuvre lors de la 2nde guerre mondiale, que je sache ! M^me si la comparaison peut, a priori, paraître audacieuse, le CNR n’était pas du petit lait, bon sang, et encore moins constitué de bataillons de pleureuses et ce m^me si ils avaient, le trouillomètre à la vertical !

        Relire d’urgence Le matin des magiciens de Pauwels. Tout y est : machine de guerre psychologique et physique, intelligente et organisée, comme le souligne M. Jorion… Contrairement à lui, je souligne, pas « que » des naïfs du tout, à la tête de ce foutoir, très loin de là, mais pas indestructible…non plus…(nb : ôtez-vous de l’idée toute théorie du complot, à ne pas confondre avec actes consciemment « vils »)

        M. Jorion est très lucide et a parfaitement compris, ce que je ressens également avec beaucoup d’acuité et que je partage à 100% : hélas, il n’y a que dans les situations qui semblent désespérées que les gens soient capables, touchant le fond, de finir par se bouger, de se « réveiller » de leur torpeur et oser enfin remettre en question leurs croyances les plus mortifères pour, peut-être, enfin, changer « d’état d’esprit » ! C’est une constante que j’ai maintes fois observée !

        Refonder l’espoir
        8 déc. 2015 Par Pierre Khalfa Blog : Le blog de Pierre Khalfa

        « Car il ne suffit pas de critiquer la politique gouvernementale – ce que le FdG a fait à juste titre -, encore faut-il être porteur d’espoir, montrer qu’une autre voie est concrètement possible, qu’une société plus juste et plus égalitaire est non seulement nécessaire mais réalisable. Il faut être capable d’articuler les solutions concrètes à un imaginaire qui permette de les envisager. Il ne sert donc pas à grand chose d’affirmer simplement à longueur de déclarations que tout va mal et que tout ira encore plus mal demain pour construire une alternative politique. Se contenter de ne faire que cela ne fait que rajouter de l’angoisse et de l’anxiété dans une société rongée par la peur du lendemain. »

        https://blogs.mediapart.fr/pierre-khalfa/blog/081215/refonder-l-espoir

      3. jducac,

        Les fraudes du « grand capital » se comptent en milliards d’euros, quand les fraudes « sociales » se comptent en milliers d’euros.
        Sais tu la nuance?

      4. De plus, les fraudes du « grand capital » ne sont jamais poursuivies devant les tribunaux, car les lois sont faites pour qu’il (le « grand capital ») puisse les contourner.
        (ce sont ses marionnettes élues qui les écrivent)

      5. @ Dominique Gagnot dit : 10 décembre 2015 à 16:45

        Décidément, nous n’avons pas dû recevoir la même éducation.

        Mes parents, tout comme mon instituteur et le curé, tous s’employaient, dans leur discours éducatif, à souligner que c’est avant tout l’action de voler qui est répréhensible, indépendamment de la valeur de l’objet volé.
        Leur discours sur ce sujet, ne s’achevait jamais, à l’immédiat après dernière guerre mondiale, sans omettre de citer et de commenter cette citation :

        « qui vole un œuf, vole un bœuf »

        Ton discours va à l’opposé de celui qui était tenu dans les milieux populaires où je me trouvais. Ce discours contribuait à inciter chacun à bien se comporter dans la vie et ainsi, à s’élever moralement.
        Au contraire, le tien pourrait amener à banaliser le vol et la fraude en le faisant considérer comme des actions tolérables dès lors qu’elles porteraient sur des montants inférieurs à ce dont peuvent se rendre coupables les fraudeurs « du grand capital ».

        Vois-tu le danger de ton discours?

      6. Mais je ne dis pas que c’est bien de voler un œuf, mais c’est bien moins grave que de voler un boeuf !

        Par contre, pour toi, voler des bœufs, du moment que c’est le « grand capital » qui le fait, c’est normal. Ce que je ne comprends pas du tout. D’autant que l’exemple vient d’en haut, n’est ce pas?
        Le curé et l’instituteur ne disent rien sur ce sujet ?
        Bizarre, bizarre…

      7. @ Dominique Gagnot dit : 11 décembre 2015 à 06:00

        « Par contre, pour toi, voler des bœufs, du moment que c’est le « grand capital » qui le fait, c’est normal. Ce que je ne comprends pas du tout. »

        Dis plutôt que tu ne veux pas comprendre et que tu te plais à déformer mes propos.

  107. Un coup de blues et ça repart.

    Je ne pense pas que la décision initiale de Paul était un coup de blues, mais pourquoi pas.
    L‘approche de l’hiver pas plus, mais il faut dire que le changement de stratégie ou de moyens est de plus en plus courant et c’est sans doute une bonne chose (acteurs d’ONG se lançant en politique et vice-versa, fondateur de collectif devenu leader politique puis reprenant un rang de militant, ….).

    La décision initiale de Paul m’a profondément attristé cependant mais, ouf ce n’était que passager.
    Comme nombre d’autres lecteurs du blog j’ai beaucoup appris, surtout que je partais presque de zéro dans mes connaissances de la finance ou des énergies. A travers les billets et commentaires très riches je suis passé en quelques années du niveau maternelle au primaire, le chemin est encore bien long et chaque fois que je crois maitriser un peu la complexité de l’humanité, plouf, on n’est pas au bout.
    Pour exemple, dans le nucléaire j’ai découvert l’ABC après Fukushima sur le blog en complétant grâce aux nombreuses références des commentaires, mama mia, quel monde. Quelques bouquins de référence, articles de journaux, émissions radio permettent ensuite de progresser.
    Par conséquent ce blog est une matière puissante, unique même, qui ne demande qu’à être diffusée et vulgarisée encore et encore et cela nous incombe. On mesure difficilement l’impact du blog mais je suis persuadé qu’il est plus important que ce que l’on imagine.
    Pour exemple, nombre des analyses de Paul sont reprises par la suite dans les médias, par les z ‘experts, mais avec un temps de retard +/- significatif.
    Peut-être faut-il en changer le format, le fonctionnement, se fédérer avec d’autres…….au patron d’en décider après un éventuel brain-storming.

    Heureusement que pour chasser le blues on rencontre parfois des acteurs qui vous mettent du peps et vous redonnent du coeur à l’ouvrage tels que :
    Ruan Carlos Monedero sur le plateau de Mediapart avec son cahier de notes et ses métaphores aussi brillantes qu’explicites comme : la rencontre d’un dinosaure et d’une souris engendre un gros rat.
    Naomi Klein et Kumi Naido de Greenpeace face à face sur le plateau de Médiapart à la St Nicolas, quel souffle de fraîcheur, ça décoiffe et nous change des bricolages électoraux.
    Hélas dans notre grande région de l’Est c’est un véritable drame politique qui s’est déroulé ce mardi avec des militants déboussolés, tristes et qui ne méritaient pas ces épreuves.

    Trêve de parlotes, quelques liens qui pourront être utiles à certains.

    1. Le blues des experts
    La dernière d’une de mes émissions fétiches, terre à terre, tout à fait de circonstance.
    Seul au départ, puis à 5 et à 13 à ce jour ces chercheurs militants mènent une mission d’information et de fertilisation du grand public : « lire, comprendre, informer »
    Un véritable challenge avec des hauts et des bas et des débats.
    « Je suis mal payé mais je m’en fout » nous livre le fondateur qui fait ce qui le motive.
    Blues des experts : anti-lobbying
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-blues-des-experts-anti-lobbying-2015-12-05
    Avec Martin Pigeon, chercheur au CEO (Observatoire de l’Europe industrielle)

    2. Le monde de la banque
    Une autre de mes émissions radio phare, Cultures monde, est consacrée cette semaine au banques et au système bancaire international, miam, miam.
    Banques : la fabrique de la confiance (1/4) – Les banques centrales : la régulation en question.
    http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-banques-la-fabrique-de-la-confiance-14-les-banques-centrales-la-regulation-en

    3. Breton Woods dans la série sommets internationaux (Culture Monde)
    Un rappel pour les nouveaux venus sur le blog et une bonne synthèse pour les autres je crois.
    Avec en prime des critiques +++ de Henri Sterdyniak qui a toujours la niaque et d’autres intervenants.
    Ces sommets qui ont façonné le monde (2/4) – Bretton Woods:, 1944. Un modèle contesté
    http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-ces-sommets-qui-ont-faconne-le-monde-24-bretton-woods-1944-un-modele-conteste

    4. Géopolitique, guerres terrorismes.

    4.1 – 2 hors-série (parmi d’autres) qui me semblent pertinents et très instructifs (pour bibi en tous cas).
    . L’OBS « Le retour des guerres de religion »
    Quel monde de brutes endoctrinées.
    Et d’après Bruno Latour entendu dans la brève de 28’ sur ARTE ce lundi 7/12 c’est reparti pour un tour, SOS Voltaire.
    (Voir son livre : « face à Gaïa »)
    . Le magazine du Monde du 21/11 consacré au terrorismes passés.
    Un rappel glaçant auquel il faut ajouter la liste des génocides monstrueux (arméniens, 39/45, Rwanda) et conflits sanglants et industrialisés.

    4.2. Guerre et terrorisme dans la série « Qu’est-ce qu’une guerre ? »
    Qu’est-ce qu’une guerre ? (4/4) : Que peut le droit contre le terrorisme ?
    http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-qu-est-ce-qu-une-guerre-44-que-peut-le-droit-contre
    « Nous sommes, entend-on, en guerre contre l’Etat islamique. Mais de quel type de guerre parle-t-on? D’une guerre déclarée entre Etats souverains dont les armées combattent, ou d’une guerre diffuse sans champ de bataille ni acteurs légitimes? »

    On aborde et on oppose les notions de : guerre juste/diffuse, légalité/légitimité, Terrorisme/résistance, état d’urgence/culture
    Une définition essentielle du terrorisme donnée par l’ONU en 1985 est rappelée, en résumé « distiller la peur et diffuser la terreur » pour nous glacer d’effroi.

    4.3 L’Arabie Saoudite en direct sur le terrain (Magazine Interception de France Inter du 29/11)
    Pour compléter une vidéo récente du blog.
    On nous en dévoile des choses et encore à mots feutrés, la réalité est multiple.
    « Arabie Saoudite : Et Dieu cacha la femme »
    http://www.franceinter.fr/emission-interception-arabie-saoudite-et-dieu-cacha-la-femme-0

    Stop pour aujourd’hui.

    PS
    Merci d’excuser mon commentaire tardif quelque peu justifié par des circonstances indépendantes ou non de ma volonté.
    Je privilégie de plus en plus le terrain, le contact avec les gens en milieux diversifiés.
    A découvrir par exemple :
    Un village proche en transition où se sont rencontrés des citoyens de tous horizons avec la présence de Greenpeace, de Delphine Bateau, du pape anglais de la transition Rob Hopkins, ……. et cerise sur le gâteau de Marie-Monique Robin pour la mise en images de ces 2 journées (film à venir).
    http://www.transitionfrance.fr/2015/10/15/un-jour-remarquable-a-ungersheim-un-village-en-transition/
    Pour tout savoir sur Ungersheim, sur le terrain, rencontrer les acteurs, leurs réalisations et leur maire, voir la vidéo de 18’.

    Et pour finir, à l’extrémité Sud de l’Alsace, dans le Sundgau, à Manspach, encore Terre à terre
    « Une municipalité collective à Manspach »
    « Le travail de tout une équipe à l’œuvre dans un village d’Alsace ou comment tout transformer avec presque rien.
    Avec notamment : Dany Dietmann, professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, maire non inscrit de Manspach. »

    A la rencontre et à l’écoute des acteurs enthousiastes qui forment une équipe de choc qui rayonne sur tout le village et bien au-delà.
    Nous apprenons une règle simple et basique par une image, c’est méta fort : le sirop de grenadine.
    L’écologie passe effectivement par les petits oiseaux et les petits poissons pour déboucher sur bien plus vital.
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-une-municipalite-collective-a-manspach-2015-10-03

  108. Je comprends votre lassitude.
    Vos analyses m’ont beaucoup apporté, ainsi que votre sens de l’humour.
    JE VOUS KIFFE, PAUL JORION.

    1. 🙂 🙂 Magdala
      Comme le langage d’jeun’s est rafraîchissant !
      Oui oui « je vous kiffe grave Monsieur Jorion »
      :-))))

  109. Ne laissons pas à l’Etat la politique de nos émotions

    « La publication récente d’un dialogue entre l’historien français Patrick Boucheron et le chercheur américain Corey Robin, présenté par Renaud Payre, l’Exercice de la peur. Usages politiques d’une émotion (Presses universitaires de Lyon), éclaire cette actualité. Robin met bien en évidence au cœur de l’arsenal «antiterroriste» post-11 Septembre «l’exercice d’une politique de la peur» par l’Etat américain. Boucheron rappelle que le «ayez peur, nous ferons le reste» relevait pourtant historiquement de gouvernants de régimes autoritaires. A travers un état d’urgence élargissant les zones d’arbitraire, les professionnels de la politique et les technocrates qui dominent nos Etats de droit oligarchiques appelés indument «démocraties» ont ainsi mis le doigt dans le recul des droits individuels et collectifs propres aux acquis minimaux du libéralisme politique. Déjà l’activité policière déborde le combat contre le jihadisme avec notamment la criminalisation du mouvement social autour de la COP 21. On est fort loin de l’auto-organisation démocratique de la société contre les menaces des fondamentalismes islamistes. François Hollande fait mine de prendre des accents gaulliens, mais c’est plutôt une hybridation falote de Guy Mollet et de George W. Bush qui se profile. Et pourtant députés et sénateurs du Front de gauche ne se sont pas opposés à cette mascarade ! »

    http://www.liberation.fr/debats/2015/12/01/ne-laissons-pas-a-l-etat-la-politique-de-nos-emotions_1417538

  110. @Gudule re… sans le lien…
     » Relire d’urgence Le matin des magiciens de Pauwels. Tout y est : … »

    Oui, sans oublier que Jacques Bergier, en est co-auteur, source de matière inépuisable à Louis Pauwels…
    Sans doute la « somme » produite était peut-être en avance sur son temps, et même « hors du temps », leurs auteurs se qualifiant de « spécialistes en idées générales ».

    La conclusion de l’ouvrage est révélatrice:

     » Du temps où je pensais pouvoir posséder la vérité dans on âme et mon corps, où j’imaginais avoir bientôt la solution à tout, à l’école du philosophe Gurdjieff, il est un mot que je n’entendis jamais prononcer : c’est le mot amour.
    Je ne dispose aujourd’hui d’aucune certitude absolue. Je ne saurais avancer résolument comme valable la plus timide des hypothèses formulées dans cet ouvrage.
    Cinq ans de réflexion et de travail avec Jacques Bergier ne m’ont apporté qu’une seule chose : la volonté de tenir mon esprit en état de surprise et en état de confiance devant toutes les formes de la vie et devant toutes les traces de l’intelligence dans le vivant.
    Ces deux états : surprise et confiance, sont inséparables. La volonté d’y parvenir et de s’y maintenir subit à la longue une transformation. Elle cesse d’être volonté, c’est-à-dire joug, pour devenir amour, c’est-à-dire joie et liberté. En un mot mon seul acquis est que je porte en moi, désormais indéracinable, l’amour du vivant, sur ce monde et dans l’infinité des mondes.
    Pour honorer et exprimer cet amour puissant, complexe, nous ne nous sommes sans doute pas limités, Jacques Bergier et moi, à la méthode scientifique, comme l’eût exigé la prudence.

    Mais qu’est-ce que l’amour prudent ?

    Nos méthodes furent celles des savants, mais aussi des théologiens, des poètes, des sorciers, des mages et des enfants. Somme toute, nous nous sommes conduits en barbares, préférant l’invasion à l’évasion. C’est que quelque chose nous disait qu’en effet nous faisions partie des troupes étrangères, des hordes fantomatiques, menées par des trompettes à ultra-son, des cohortes transparentes et désordonnées qui commencent à déferler sur notre civilisation.
    Nous sommes du côté des envahisseurs, du côté de la vie qui vient, du côté du changement d’âge et du changement de pensée. Erreur ?
    Folie ? Une vie d’homme ne se justifie que par l’effort, même malheureux, vers le mieux comprendre. Et le mieux comprendre, c’est le mieux adhérer. Plus je comprends, plus j’aime, car tout ce qui est compris est bien. « 

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