Passer à la suite

J’ai reproduit tout à l’heure sur le blog un commentaire de Joan Robinson relatif à son mentor :

Le principal problème de Keynes était qu’il était un idéaliste. Il pensait qu’aussitôt que les gens auraient compris sa théorie, auraient compris comment le système capitaliste fonctionne véritablement, ils se comporteraient de manière raisonnable et géreraient le système de telle sorte que des effets positifs en résultent, et en particulier un niveau d’emploi élevé et stable. […] Keynes était un innocent qui croyait qu’une théorie intelligente prévaut sur une autre qui est stupide. Mais il va de soi que dans le monde réel l’impact d’une politique ne découle pas d’une compréhension intelligente de l’économie mais du jeu des intérêts particuliers et du désir de défendre le capitalisme contre les courants de pensée radicale de chaque époque.

J’ai fait de cette citation le centre de l’épilogue de mon Penser tout haut l’économie avec Keynes (2015), dont la question qui l’ouvre est : « Quel pourrait être l’impact d’un livre comme celui-ci ? »

Ce sont bien entendu un « idéalisme » et une « innocence » comparables à ceux de Keynes qui m’ont conduits à lancer mon blog le 28 février 2007. J’imaginais qu’expliquer « comment cela marche vraiment » aurait un impact sur la manière dont les choses se dérouleraient par la suite. Je souscrivais au credo de Keynes : « obtenir des résultats en disant la vérité violemment et brutalement, cela finira par marcher, même si c’est avec lenteur ».

Le blog aura neuf ans en février prochain et ces neuf années m’ont convaincu de la vanité du projet. Je conclus ma chronique à paraître la semaine prochaine dans Le Monde et dans L’Écho par ces mots : « Hegel a attiré notre attention sur le fait que nous, peuples et gouvernements, n’apprenons rien de l’histoire. La raison en est désormais connue : c’est que cela contreviendrait aux intérêts de la Banque. »

Le pire que l’on pût imaginer en septembre 2008 si aucun enseignement n’était tiré, c’était la guerre, or elle est à nos portes, si ce n’est déjà dans nos demeures. Et la démocratie, mise au rancart à une vitesse qui même moi me surprend.

J’ai écrit sur ce qu’il faudrait réformer dans la finance et dans l’économie et comme rien ne se passait j’ai entrepris la rédaction d’un ouvrage sur l’effondrement devenu du coup inéluctable, intitulé Le dernier qui s’en va éteint la lumière, à paraître en 2016. J’y écris :

Bien sûr, le risque existe que ce soient seulement les robots qui sachent un jour que ce sont nos « z’élites » qui auront empêché que l’on sauve l’espèce en amorçant le Grand Tournant tant qu’il en était encore temps. Il sera évidemment rapporté dans les livres que les robots écriront et qu’ils liront eux-mêmes, qu’il y avait bien quelques Cassandre isolé(e)s, rencontrant un succès d’estime, pour gueuler jusqu’au bout parce qu’ils s’opposaient à ce que cela se termine de cette manière minable, et pour une raison qu’ils peinaient à justifier à l’aide d’arguments robustes et rationnels, mais qui était une sorte d’attachement sentimental au genre humain : parce que les gens qu’ils aimaient bien en faisaient partie tout comme eux-mêmes. C’est tout.

J’y écris aussi :

Si j’échoue ici : si je convainc seulement ma lectrice ou mon lecteur que l’aventure est terminée, j’espère lui avoir au moins apporté au passage la consolation : avoir rassemblé des éléments qui lui auront permis, à titre personnel, de faire le deuil de l’espèce humaine, une aventure qui, quoi qu’on en pense au bilan, aura marqué l’histoire de l’univers. Il y a tant de planètes en effet où il ne se passe rien de fort intéressant.

J’estime avoir fait ce que j’ai pu, même si cela devait s’avérer rétrospectivement, insignifiant. La fonction du blog à mes yeux était d’amorcer et de faciliter un Grand Tournant. Dans cette fonction, il a échoué : l’effondrement a lieu sous nos yeux et l’intérêt qu’il pourrait y avoir à continuer d’en faire la chronique quotidienne, me semble loin d’être évident.

L’extinction est probable mais comme le rappelle la sagesse populaire : « le pire n’est jamais sûr », et comme notre espèce a toujours été au mieux de sa forme quand il s’agissait de rebâtir sur des décombres, je vais consacrer le temps qu’il me reste à penser l’après-effondrement. Je vous tiendrai au courant, par un moyen ou un autre.

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310 réflexions sur « Passer à la suite »

    1. À Dominique et Dominique.
      Nos idées se recoupent, il ne reste plus qu’à intégrer la notion de gestion des ressources en fonction de la capacité de la biosphère.
      Tant se porte la biosphère, tant se porte l’humanité……
      C’est cet équilibre (règle ou loi)qu’il faut maintenant expliquer, mesurer, évaluer et intégrer à toutes démarches nous menant à construire une nouvelle économie…..

      1. Tout à fait Alain.

        Mieux que ça, la finalité du système pourrait être la remise en état de la biosphère, sur les plans écologique et social.
        Il ne s’agirait plus d’en tirer profit, mais de l’entretenir. Le travail ne manquerait pas, et le bon temps non plus.

        Ceci financé par une Rente tirée de la vente de “propriété d’usage” (j’ai expliqué ça dans mon papier)

        L’énergie que nous apporte le soleil, transformée naturellement par les arbres et les plantes,
        plus celle récupérée par toutes sortes de techniques,
        est amplement suffisante, sous réserve de l’utiliser efficacement, et à bon escient.

        Imaginez les habitations à énergie positive, imaginez de supprimer la pub, les armements (pas trop vite hélas), la Finance remplacée par un PC (avec le logiciel et les experts qui vont bien quand même), bref supprimer tout ce qui ne sert à rien, ou pire est nuisible, et ne produire que du durable, standardisé pour simplifier l’entretien
        (j’aime bien l’exemple de l’ancienne 2CV Citroën, dont quasi tous les éléments sont encore produits, et “facilement” remplaçables. http://www.tpv-2cv.fr/ )
        et 100% recyclables en fin de vie.
        (ce qui n’exclue pas de personnaliser, hein)

        Bref, on aura du mal à dépenser tout ce que nous envoie le soleil! (Bien sur ces idées restent à être débattues, et développées)

      2. @ Alain Audet dit : 7 décembre 2015 à 15:24

        « Tant se porte la biosphère, tant se porte l’humanité…… »

        Le grand problème vient de ce que l’humanité fait aussi partie de la biosphère. Ce qui conduit à ce que nous finissions tous par nous dépouiller de proche en proche et contribuer à notre élimination entre nous, à l’exemple de ces cultures de bactéries dont le nombre vient à décroître très vite lorsque s’épuise la nourriture contenue dans la boîte de Pétri où elles sont confinées.

        Notre nourriture, c’est l’énergie. Même si celle du soleil peut suffire pour longtemps, il n’empêche qu’on ne peut capter l’énergie sans faire usage de matériaux divers qu’il faut transformer à l’aide de moyens de plus en plus coûteux en énergie, donc de plus en plus capitalistiques, lesquels ne rendent les investissements rentables, qu’à très long terme.

        L’humanité qui est née et a évolué en exploitant un processus de forme capitaliste (http://www.pauljorion.com/blog/2012/03/06/questions-a-resoudre-iv-benefice-de-la-coordination-et-droit-daubaine/#comment-301071)
        ne pourra que régresser et disparaître rapidement si elle ne survient pas à entretenir et renouveler l’usage ce type de processus capitaliste d’investissement.

        Il lui faut donc amener chacun de ces membres, dès le plus jeune âge, à prendre conscience de la nécessité d’exploiter et d’entretenir ce processus alors que trop de personnes, notamment en France, s’emploient à prôner l’anticapitalisme, cette façon d’accélérer l’extinction de notre espèce en préconisant de favoriser la consommation plutôt que l’investissement.

        Il faut souhaiter que tous nos « Dominique » qui aspirent à une saine gestion du bien commun planétaire, finissent par découvrir qu’il n’est pas indispensable de supprimer le droit de propriété pour bien gérer le bien commun de l’humanité.

        Il suffirait que l’on crée au niveau mondial, la Société d’exploitation de la planète terre (SEPT) fonctionnant avec les règles et le droit des sociétés anonymes multinationales. Resterait à décider du mode d’allocation des actions et des droits de vote.

        Ce serait un très gros travail pour l’ONU qui a déjà beaucoup de mal à venir à bout de ses missions actuelles.

        Y parviendrait-elle à temps ? Rien n’est moins sûr !

      3. jducac dit :
        8 décembre 2015 à 09:59
        «Le grand problème vient de ce que l’humanité fait aussi partie de la biosphère»
        Bienvenue dans le club.
        Ce n’est pas un problème, c’est la réalité incontournable……
        et notre empreinte, écologique et/ou économique, y est trop lourde…….si bien que nous,humains, compromettons les fonctions vitales de cette biosphère.
        Ce que vous proposez est d’augmenter davantage notre prédation….. ce n’est pas la solution.

      4. @ Alain Audet dit : 8 décembre 2015 à 12:29

        Votre réponse ne m’apparait pas claire.
        Aussi pouvez-vous me dire si vous êtes en accord ou non avec ces 3 propositions :

        1-Je propose économiser sur la consommation afin d’investir en moyens de captation d’énergie non carbonée.

        2-Je pense qu’il n’est pas indispensable de supprimer le droit de propriété pour bien gérer le bien commun de l’humanité. Il suffirait que l’on crée au niveau mondial, la Société d’exploitation de la planète terre (SEPT) fonctionnant avec les règles et le droit des sociétés anonymes multinationales. Resterait à décider du mode d’allocation des actions et des droits de vote. Cela responsabiliserait mieux tous les
        humains.

        3-Je propose que la mise en œuvre de ce projet soit à la charge de l’ONU

      5. jducac,

        La propriété d’une ressource est source de profit. (loi naturelle)
        Si cette ressource est commune, (la terre, l’air, l’eau…) le profit doit retourner à la communauté.

        Les ressources communes ne peuvent donc être propriété privée.
        Seul leur usage peut être privé, et le profit qui en résulte doit retourner à la collectivité.

        C’est simplement logique, tout comme 1 + 1 = 2.
        Tu peux toujours proposer que 1+1 fasse 3, mais c’est faux.

        Cette erreur est le fondement de l’impasse sociale, écologique et économique dans laquelle nous sommes.

        (Seul le fruit d’un travail peut faire l’objet de propriété privée.)

      6. @jducac: 8 décembre 2015 à 20:00
        Je tente une explication…
        Notre empreinte écologique est déjà trop lourde dû à notre croissance débridée (capitaliste) donc peu importe la façon dont vous continuerez votre croissance, peu importe le type d’énergie que vous utiliserez vous ne ferez qu’accroître le fardeau, peut-être avec de l’énergie non carboné mais au détriment d’autres ressources nécessaires pour fabriquer vos capteurs etc.
        Ce qu’il faut ramener au niveau mondial c’est le concept d’équilibre, c.à.d. de gérer notre empreinte écologique dans le cadre de la mince marge de manœuvre viable dont nous disposons à l’intérieur de la biosphère accompagné par toute la biodiversité dont tous les éléments sont des engrenages indispensables au bon fonctionnement de cette biosphère.
        Dit autrement il faut gérer de façon à éviter les extrêmes dans tous les domaines d’activités, le trop comme le pas assez. Exemple : Trop de gaz à effet de serre c’est les changements/ réchauffement climatiques, pas assez c’est les changements/refroidissement climatiques, voyez vous le principe?
        La moindre de nos actions qui constituent notre empreinte écologique doit être soumis à cette règle. Il faut donner à cette règle le statut de science la comprendre d’abord, l’approfondir, l’expliquer et la transmettre mondialement.
        Nous sommes encore loin de réaliser cet objectif pourtant incontournable, pour l’instant le développement de nos capacités intelligentes se résume à ceci: Assez intelligent pour mettre le feu, pas assez pour l’éteindre……..
        Tout s’inscrit dans ce jeu de l’équilibre, et ce jeu ne peut s’exercer que dans une économie de proximité. C’est le concept qui est à partager mondialement et non la gouvernance mondiale. Actuellement nous sommes dans le’’ beaucoup trop’’ et le défi qui s’ajoutera quand et si nous finissons par maitrisez cette science sera de diminuer notre empreinte écologique tout en conservant, et redonnant dans plusieurs cas, une qualité de vie optimal…… dans les circonstances où nous serons à ce moment…..

      7. @ Alain Audet dit : 9 décembre 2015 à 16:34 & Dominique Gagnot dit : 8 décembre 2015 à 21:39 & Michel Lambotte dit :
        8 décembre 2015 à 22:48

        J’approuve votre approche globale mais pense qu’il faut quand même finir par s’attaquer au fond du sujet en commençant par un bout si l’on ne veut pas se retrouver comme le polytechnicien de l’histoire :
        http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/03/04/un-imbecile-qui-marche-ira-toujours-plus-loin-qu-un-philosophe-assis_1313996_3232.html

        C’est pour cela que j’espérais poursuivre cet échange en partant de vos réponses aux questions 1 et 3.

        Je m’attendais aussi à recevoir des propositions de partage pour ce qui concerne les actions et les doits de vote de la société SEPT, propriété des 7 milliards de terriens que nous sommes.
        Comme vous n’y avez pas répondu, il va falloir faire comme Paul……….passer à la suite.

      8. @ Michel Lambotte dit : 8 décembre 2015 à 22:48

        « La biosphère n’a rien à voir avec une boîte de Pétri, c’est un processus naturel de dissipation d’énergie solaire. »

        D’accord, l’image de la boite de Pétri est imparfaite. Il n’empêche que l’énergie que nous recevons du soleil est utilisée à transformer les divers constituants de la matière en vie, au sein de corps et de machines dont la durée de vie n’est pas infinie. De même que l’utilisation de l’énergie la dégrade, l’utilisation de la matière la dégrade et la ramène à l’état de poussières aux dimensions infinitésimales.

        Or, dans les constructions réalisées « de mains d’hommes », c’est à l’état concentré et épuré que les matières, notamment les métaux, sont utilisables. Les humains savent séparer les constituants des boues ou des mélanges gazeux résultant de l’utilisation de l’énergie dans les diverses machines (vivantes et autres) mais cela demande du temps et à nouveau, beaucoup d’énergie.

        Nous avons jusqu’alors utilisé les matières à l’état naturellement concentré et à proximité de la surface du sol, ce qui ne nous demandait que peu de travail d’extraction, donc peu de consommation d’énergie. Mais plus le temps passe, plus la croûte terrestre de laquelle nous tirons nos vies se dégrade et s’appauvrit…….. comme cela se produit dans une boite de Pétri qui n’est pas réalimentée en nourriture.

        Même vous, Michel, qui vous consacrez à votre potager en prenant bien soin de recycler le plus possible les matières, vous appauvrissez votre sol en ne lui restituant pas ce que vous évacuez dans les toilettes et dont une partie, malgré les stations d’épuration, se retrouvent au fond des océans.

        Il viendra certainement un jour ou la terre deviendra stérile. Notre devoir est de freiner le processus.

        Merci pour le lien vers le blog de François Rodier !

  1. “Reprendre à son compte le discours sécuritaire de l’extrême-droite ne règle rien, le principe selon lequel l’original est toujours préféré à la copie venant de se vérifier.”

    François Hollande joue à qui perd gagne
    7 décembre 2015 | Par stéphane alliès, Lénaïg Bredoux et Mathieu Magnaudeix

    “François Hollande a perdu. Le PS n’aura plus que quelques régions dimanche prochain. Mais le chef de l’État se projette déjà dans la présidentielle de 2017. Avec un FN fort et une droite sans ressort, les résultats de dimanche soir confirment sa stratégie : être le seul rempart « républicain » face à Marine Le Pen”

    https://www.mediapart.fr/journal/france/071215/francois-hollande-joue-qui-perd-gagne

    Ps : merci pour “Eleven lessons”, McNamarra : édifiant et instructif; criminels de guerre..vous avez dit criminels
    de guerre ?…

  2. “Oui, vous avez absolument raison et des prémices d’actes violents ont déjà été constatés…”

    FAUX, dans le social la délinquance , notamment , à l’aide social à l’enfance et sur le terrain, c’est hélas, monnaie courante. Raison pour laquelle on taffe, en partenariat “serré” avec les procs, les juges et la brigade des mineurs. La seule “nouveauté” pestilentielle étant la récupération effective et l’instrumentalisation de cette délinquance des mineurs DEJA à la dérive par des sbires malsains essayant de récupérer cette “manne” pour leur cause infecte. Quand aux agressions des ts et du public en contact avec ces individus, ce n’est pas nouveau, non plus, loin de là. Depuis une dizaine d’années, il y a une montée en puissance. Les flics, les sociaux, les médico sociaux, les pompiers, les hospitaliers, le personnel éducatif, sont, je le confirme en “première ligne”. Conscients et débattus, ces sujets ne sont pas le moins du monde occultés, tout au contraire; discrétion n’est pas dissimulation..
    L’affaire est dans un premier temps , beaucoup plus lié à une paupérisation accrue, c’est clair pour tous les intervenants et ce, à tous les niveaux hiérarchiques. Dans mon département il y a inflation de caméras et autres surveillants de tous poil, cela a “un peu” calmé le jeu mais , ne l’a pas “résolu” , hélas pas plus là qu’à d’autres endroits. C’est du lourd et cela demande beaucoup de temps et beaucoup de moyens et d’investissements humains, qui, effectivement diminuent de façon proportionnelle aux parts du budget consacrés à cela. Cette part restant malgré tout très importante dans le budget d’une CT et ce même si à ce niveau là , il y aurait bien, beaucoup de choses à revoir…et pas seulement par rapport au financement.

    1. Gudule
      “beaucoup plus liés à une paupérisation accrue…”
      Comment peser dans une balance ce qui est plus et ce qui est moins dans l’ensemble des facteurs qui interviennent ? Et comment affirmer qu’un facteur vient avant ou après, dans la progression d’une dégradation sociale ?
      Je serais moins affirmative que vous.
      Maintenant, je trouve que les conceptions politiques de chacun doivent être lues à lueur d’une réalité vraie.
      Je conçois qu’une activité sociale devrait être provisoire dans une société qui préserve les hommes. Elle devrait se réduire au minimum….. c’est juste un avis. Pour une fois que c’est moi que l’on qualifierait de “bisounours” … !

      1. Armelle
        ” Maintenant, je trouve que les conceptions politiques de chacun doivent être lues à lueur d’une réalité vraie. “

        les “conceptions politiques”…
        ainsi que les options religieuses, les options écono-commerciales doivent être passées au crible…
        Car enfin, ne sommes nous pas hypocrites à tolérer cette méthode commune qu’est mentir, nous mentant à nous-mêmes.
        Nous savons que les “beaux principes” animant politique, religion, commerce… sont bifides, vérolés, mais nous les entretenons, faisant mine de les remettre en cause.

      2. Armelle,

        Et bien , je vous confirme mon affirmation .
        Vous vous méprenez, à mon humble avis, aucun des “facteurs” n’est plus déterminant qu’un autre. Ce que je dis, c’est qu’il y a un “terreau” principal, une “matrice” commune sur lequel viennent se greffer des problèmes, d’une autre nature ,qui deviennent des freins, et que celui qui fait l’unanimité chez une majorité d’intervenants ( et notamment de terrain) est bien d’ordre économique et ce dans le cadre économique dans lequel nous vivons. Bien évidemment, aucune des situations complexes ne peuvent être réduites à ce seul critère et ce n’est pas ce que j’ai dit. Il est normal que votre point de vue soit différent car nous ne fréquentons pas tout à fait le m^me “public”. En ce qui concerne le “prisme” politique que vous évoquez et c’est ce point majeur qui nous différencie, je me situe bien au delà de toute contingence politique, pour la bonne et simple raison que, m^me si j’ai mes opinions, celle ci n’ont pas à affecter de quelque manière que ce soit mon rapport aux autres et a fortiori dans le cadre de ma profession, d’une part, et d’autre part par ce que la réalité de mon vécu personnel et professionnel m a appris à ne pas me laissé enfermé dans ce genre de piège sclérosant et réducteur. La “réalité” d’un être humain est beaucoup plus complexe . Les faits sont tëtus, que ce soit en Italie, en Espagne ou en France, ce ne sont pas dans les quartiers bourges que se forme le gros du bataillon des futurs délinquants, c’est un fait. Et ce m^me si il existe, effectivement, d’autres formes de misères psychologiques ou de détresse morale ou physique dans cette catégorie sociale. Car oui, je vous le confirme la misère a de multiples visages et ce toutes catégories socioprofessionnelles confondues, les hospitaliers,les pompons et les flics le savent bien…. c’est leur quotidien

        “Je conçois qu’une activité sociale devrait être provisoire dans une société qui préserve les hommes.”

        Clairement, dans un autre espace temps, que vous évoquez ou une société plus solidaire, oui, ça m’irait aussi, seulement ce n’est pas la réalité dominante actuelle et de fait .

        Quand aux bisounours, si ça vous dérange pas trop , je vais laisser ça à pimprenelle et nicolas….. je leur préfère Les voluptés rêvées d’une amoureuse ça m’a l’air plus drôle, plus léger et primesautier et ça me fait un bien fou , je sens que je vais craquer dessus (merci de cette info, je ne connaissais pas cet auteure !)

        au plaisir… armelle 😉

  3. @Pierre Yves Dambrine
    ” Qui peut penser une seconde que les pouvoirs publics n’ont pas envisagé l’hypothèse que les écoles sont une cible potentielle de cette organisation terroriste ? “

    La réalité, les faits, décrits dans le billet de Lucie Jovier, démontrent plutôt la ligne gouvernementale du “faire taire”: enseignants, assistante sociale, sommés par le rectorat de ne pas “communiquer”…
    Jusqu’à quel point ?
    Ces personnes suivront-elles cette directive ?
    Ou témoigneront-elles ?
    ici peut-être…

  4. Pourquoi se refuser les moyens de dépasser l’économie capitaliste ?, par Dominique Temple

    1/3 du PIB ne tombe pas dans la prédation capitaliste que je sache ?

    1/ les fonctionnaires d’État.
    2/ les retraités.
    3/ les sans emploi (qui font réellement de la politique pour échapper à l’emploi).
    4/ les professions indépendantes.
    5/ certains types d’associations.
    6/ la sécu.

    Et tout ça contre la violence du marché du travail et en oubliant la propriété lucrative. Sans mettre en valeur l’emploi, l’employeur, ou un quelconque poste de travail et encore moins les actionnaires.
    Faut vous réveiller. Le CNR n’a pas travaillé pour rien.

    1. je ne pense pas que le CNR reconnaîtrait aujourd’hui sa progéniture.

      Le fait est qu’une bonne partie du secteur public s’est lui-même inscrit progressivement dans l’optique capitaliste, si ce n’est dans la logique capitaliste.
      Les pauvres prennent les bus Macron, ou blablatruc, car les tarifs SNCF sont chers pour ceux qui vivent avec le SMIC et en deçà. Le système de santé est de moins en moins égalitaire. France Télécom n’est plus que l’ombre d’un service public. La Poste est devenue une banque et fait appel à la sous-traitance. Les autoroutes sont privatisés. Les sans emplois rament. Et j’en passe et des meilleures.

      Si vous voulez dire que tout n’est pas encore soumis à la logique capitaliste, qu’il ne faut pas payer l’air qu’on respire, oui, que des gens essaient de résister là où ils se trouvent, oui, mais la tendance massive et détestable c’est bien que les choses n’ont cessé de se dégrader depuis une trentaine d’années. Et que le repli sur soi aujourd’hui triomphe dans les urnes.

      1. Non, pas forcément.
        Bernard Friot ou Bernard Stiegler m’ont aussi beaucoup aidé à penser. Avec Paul Jorion que j’admire plus que jamais, d’ailleurs son dernier billet, dépasse en lucidité et en simplicité les deux premiers, à mon avis, lui est vraiment passé à autre chose si tu veux savoir 🙂 Je sens qu’il est vraiment passé par la psychanalyse et avec l’art, peut-être même grâce à la beauté de certaine chanson. Rien qu’avec Brel il est passé de l’autre côté du miroir si je puis dire.

      2. Octobre

        Je ne vois pas très bien le rapport entre votre commentaire, que j’approuve, et le mien.
        Ce que vous essayez de me dire, je suppute, c’est qu’il y a aussi beaucoup de belles initiatives, que tout n’est pas perdu, que blablatruc sur le principe ce n’est pas un mauvaise idée, mais ce n’était pas le sujet de mon commentaire.
        Oui ou non le CNR reconnaîtrait-il son programme dans ce qu’est devenue notre société ?

      3. octobre (suite)

        la colère n’est pas bonne conseillère, c’est vrai, et mon commentaire s’en ressentait de ce point de vue ;-), mais la sagesse ne dispense pas parfois, d’être en colère. Souvenez-vous de quelques vidéos où Paul était bel et bien en colère et de cette page de “La survie de l’espèce” où Paul (le psy) sort de son rôle d’analyste pour dire ce qu’il pense de notre monde 🙂

      4. Pierre-Yves
        Moi, la prochaine fois que je monte sur Paris (comme on dit) je te téléphonerai pour qu’on se voie en chair et en os. 😉
        L’amitié, il n’y a rien de plus précieux n’est-ce pas ?

      5. “Les pauvres prennent les bus Macron, ou blablatruc, car les tarifs SNCF sont chers pour ceux qui vivent avec le SMIC et en deçà.”

        Si tu en avais eu besoin tu saurais que c’est pas blablatruc mais Blablacar.

    2. La belette

      Manque de chance, j’ai eu pris Blalamachin, mais pourquoi devrais-je faire de la pub gratuite à un prestataire privé (qui prend au passage une commission hors de proportion avec le service de médiation assuré) qui pourrait avantageusement être assuré par le service public ?
      D’autre part, je le répète, ce n’est pas sur le principe que je critiquais bablamachin, mais sur le fait que la SNCF ne laisse plus d’autre option aux pauvres que d’aller sur …. blablamachin ou dans les bus Macron. Encore que développer la voiture individuelle au détriment des transports en commun c’est pas top. Le train reste le moyen de transport le moins polluant.
      http://www.consoglobe.com/les-14-modes-de-transport-les-moins-polluants-cg

      1. NB. “être assuré par le service public” : l’intermédiation pour la prestation covoiturage devrait être un service public. Idem pour les sites de rencontres. Etc …

      2. Alors excuse-moi.
        J’avais assimilé “blablatruc” à un truc jeté aux pauvres, et la phrase devenait désagréable à lire.
        Heureux de m’être trompé.

  5. @armelle
    vigneron
    “Son article relève d’une réalité, que vous le vouliez ou non. Je trouve très bien que le débat soit sur la table, à moins que vous préfériez que les acteurs de terrain se coltinent seuls le truc ?”

    Le “débat” est déjà sur la “table” et enflamme déjà le net et les médias. Le blog Pj nous informe, largement, sur ce sujet, ce qui est une trés bonne chose, car informés nous devons l^letre et plus que jamais. Les “acteurs de terrain” connaissent, contrairement à vous, la puissance de l’hystérie émotionnelle et ses dangers certains, qui, outre l’inflation d’information publicitaire de leur cause constituent, le principal “jus” et “carburant” dont se nourrissent ardemment les seïdes de ces groupuscules extrémistes psychopathes ! ça c’est la REALITE aussi en démocratie ! dans les conf’ de rédac des journaleux “sérieux” et “prudents”, ils y pensent, et plus que jamais. Ce n’est pas un biais de dissimulation, ça s’appelle être responsable, et c’est bien que ce blog intelligent et diversifié, s’y emploie, ne vous déplaise, armelle. Allez faire un tour dans des banlieues un peu “chaudes”, ça calme !

    1. @Gudule
      ” ça c’est la REALITE aussi en démocratie ! dans les conf’ de rédac des journaleux « sérieux » et « prudents », ils y pensent, et plus que jamais. “

      Sérieux ? ils y descendent s’y calmer, dans les campagnes un peu chaudes, ces braves responsables ?
      Ah oui, ils pratiquent la distanciation nécessaire pour contrôler les réactions instinctives populaires. Heureusement pour nous, ils “pensent”, eux…

    2. @Gudule,
      “Les « acteurs de terrain » connaissent, contrairement à vous, la puissance de l’hystérie émotionnelle et ses dangers”
      Nous connaissons aussi la puissance imaginative lorsque les choses ne sont pas dites. Entre les deux, il faut un équilibre.

      Et si j’approuve le bien connu “secret partagé” entre équipes pluridisciplinaires, il doit être soumis à la critique, comme toute autre pratique professionnelle.

      Enfin se prémunir des comportements déviants par le silence, c’est aussi ignorer toutes les personnes qui pourraient apporter leur part à la résolution des problèmes.
      Force est de constater, qu’en matière sociale, les situations s’aggravent.

      1. @ Armelle dit : 9 décembre 2015 à 23:14

        « Force est de constater, qu’en matière sociale, les situations s’aggravent. »

        Tout à fait d’accord !

        Et malheureusement il n’y a pas que les puissants du grand capital ou des élus de la politique, ministres et autres, qui se laissent aller à l’inacceptable, il y a aussi les tribunaux qui, par une certaine tolérance à la faute, ne contribuent pas à l’amélioration de comportements sociaux insuffisamment punis
        https://fr.news.yahoo.com/pole-emploi-une-conseillere-condamnee-argent-detournement-181059136.html

      2. @armelle

        “Nous connaissons aussi la puissance imaginative lorsque les choses ne sont pas dites. Entre les deux, il faut un équilibre.”

        Tout à fait, et c’est bien de cela dont il s’agit, d’équilibre. Et, en ce moment, il n’y en a pas ! Négativisme n’est pas lucidité, loin s’en faut, pas plus que le positivisme béat.

        Aussi, pour parler d’équilibre, il faut considérer et être CONSCIENT de l’état du moral des individus, en particulier et en général.
        Pensez-vous que le vote massif en faveur des extrêmes ne soit pas également l’expression d’une certaine grosse déprime, entre autres ? Et que le découragement et la peur, y compris sur ce blog, ne minent pas suffisamment l’esprit des individus et la société française ?

        L’équilibre, ce n’est pas dans la transparence totalitaire, ni dans la critique permanente et systématique que nous le trouverons, mais bien dans un dialogue qui n’obère pas une remise en question du négativisme systématique et destructeur qui consiste à ne voir que des problèmes et pas de solutions. Ce n’est pas, en cultivant et en se complaisant dans cet état d’esprit que le CNR a vaincu avec les alliés, les puissances destructrices, à l’oeuvre lors de la 2nde guerre mondiale, que je sache ! M^me si la comparaison peut, a priori, paraître audacieuse, le CNR n’était pas du petit lait, bon sang, et encore moins constitué de bataillons de pleureuses et ce m^me si ils avaient, le trouillomètre à la vertical !

        Relire d’urgence Le matin des magiciens de Pauwels. Tout y est : machine de guerre psychologique et physique, intelligente et organisée, comme le souligne M. Jorion… Contrairement à lui, je souligne, pas “que” des naïfs du tout, à la tête de ce foutoir, très loin de là, mais pas indestructible…non plus…(nb : ôtez-vous de l’idée toute théorie du complot, à ne pas confondre avec actes consciemment “vils”)

        M. Jorion est très lucide et a parfaitement compris, ce que je ressens également avec beaucoup d’acuité et que je partage à 100% : hélas, il n’y a que dans les situations qui semblent désespérées que les gens soient capables, touchant le fond, de finir par se bouger, de se “réveiller” de leur torpeur et oser enfin remettre en question leurs croyances les plus mortifères pour, peut-être, enfin, changer “d’état d’esprit” ! C’est une constante que j’ai maintes fois observée !

        Refonder l’espoir
        8 déc. 2015 Par Pierre Khalfa Blog : Le blog de Pierre Khalfa

        “Car il ne suffit pas de critiquer la politique gouvernementale – ce que le FdG a fait à juste titre -, encore faut-il être porteur d’espoir, montrer qu’une autre voie est concrètement possible, qu’une société plus juste et plus égalitaire est non seulement nécessaire mais réalisable. Il faut être capable d’articuler les solutions concrètes à un imaginaire qui permette de les envisager. Il ne sert donc pas à grand chose d’affirmer simplement à longueur de déclarations que tout va mal et que tout ira encore plus mal demain pour construire une alternative politique. Se contenter de ne faire que cela ne fait que rajouter de l’angoisse et de l’anxiété dans une société rongée par la peur du lendemain.”

        https://blogs.mediapart.fr/pierre-khalfa/blog/081215/refonder-l-espoir

      3. jducac,

        Les fraudes du “grand capital” se comptent en milliards d’euros, quand les fraudes “sociales” se comptent en milliers d’euros.
        Sais tu la nuance?

      4. De plus, les fraudes du “grand capital” ne sont jamais poursuivies devant les tribunaux, car les lois sont faites pour qu’il (le “grand capital”) puisse les contourner.
        (ce sont ses marionnettes élues qui les écrivent)

      5. @ Dominique Gagnot dit : 10 décembre 2015 à 16:45

        Décidément, nous n’avons pas dû recevoir la même éducation.

        Mes parents, tout comme mon instituteur et le curé, tous s’employaient, dans leur discours éducatif, à souligner que c’est avant tout l’action de voler qui est répréhensible, indépendamment de la valeur de l’objet volé.
        Leur discours sur ce sujet, ne s’achevait jamais, à l’immédiat après dernière guerre mondiale, sans omettre de citer et de commenter cette citation :

        « qui vole un œuf, vole un bœuf »

        Ton discours va à l’opposé de celui qui était tenu dans les milieux populaires où je me trouvais. Ce discours contribuait à inciter chacun à bien se comporter dans la vie et ainsi, à s’élever moralement.
        Au contraire, le tien pourrait amener à banaliser le vol et la fraude en le faisant considérer comme des actions tolérables dès lors qu’elles porteraient sur des montants inférieurs à ce dont peuvent se rendre coupables les fraudeurs « du grand capital ».

        Vois-tu le danger de ton discours?

      6. Mais je ne dis pas que c’est bien de voler un œuf, mais c’est bien moins grave que de voler un boeuf !

        Par contre, pour toi, voler des bœufs, du moment que c’est le “grand capital” qui le fait, c’est normal. Ce que je ne comprends pas du tout. D’autant que l’exemple vient d’en haut, n’est ce pas?
        Le curé et l’instituteur ne disent rien sur ce sujet ?
        Bizarre, bizarre…

      7. @ Dominique Gagnot dit : 11 décembre 2015 à 06:00

        « Par contre, pour toi, voler des bœufs, du moment que c’est le « grand capital » qui le fait, c’est normal. Ce que je ne comprends pas du tout. »

        Dis plutôt que tu ne veux pas comprendre et que tu te plais à déformer mes propos.

  6. Un coup de blues et ça repart.

    Je ne pense pas que la décision initiale de Paul était un coup de blues, mais pourquoi pas.
    L‘approche de l’hiver pas plus, mais il faut dire que le changement de stratégie ou de moyens est de plus en plus courant et c’est sans doute une bonne chose (acteurs d’ONG se lançant en politique et vice-versa, fondateur de collectif devenu leader politique puis reprenant un rang de militant, ….).

    La décision initiale de Paul m’a profondément attristé cependant mais, ouf ce n’était que passager.
    Comme nombre d’autres lecteurs du blog j’ai beaucoup appris, surtout que je partais presque de zéro dans mes connaissances de la finance ou des énergies. A travers les billets et commentaires très riches je suis passé en quelques années du niveau maternelle au primaire, le chemin est encore bien long et chaque fois que je crois maitriser un peu la complexité de l’humanité, plouf, on n’est pas au bout.
    Pour exemple, dans le nucléaire j’ai découvert l’ABC après Fukushima sur le blog en complétant grâce aux nombreuses références des commentaires, mama mia, quel monde. Quelques bouquins de référence, articles de journaux, émissions radio permettent ensuite de progresser.
    Par conséquent ce blog est une matière puissante, unique même, qui ne demande qu’à être diffusée et vulgarisée encore et encore et cela nous incombe. On mesure difficilement l’impact du blog mais je suis persuadé qu’il est plus important que ce que l’on imagine.
    Pour exemple, nombre des analyses de Paul sont reprises par la suite dans les médias, par les z ‘experts, mais avec un temps de retard +/- significatif.
    Peut-être faut-il en changer le format, le fonctionnement, se fédérer avec d’autres…….au patron d’en décider après un éventuel brain-storming.

    Heureusement que pour chasser le blues on rencontre parfois des acteurs qui vous mettent du peps et vous redonnent du coeur à l’ouvrage tels que :
    Ruan Carlos Monedero sur le plateau de Mediapart avec son cahier de notes et ses métaphores aussi brillantes qu’explicites comme : la rencontre d’un dinosaure et d’une souris engendre un gros rat.
    Naomi Klein et Kumi Naido de Greenpeace face à face sur le plateau de Médiapart à la St Nicolas, quel souffle de fraîcheur, ça décoiffe et nous change des bricolages électoraux.
    Hélas dans notre grande région de l’Est c’est un véritable drame politique qui s’est déroulé ce mardi avec des militants déboussolés, tristes et qui ne méritaient pas ces épreuves.

    Trêve de parlotes, quelques liens qui pourront être utiles à certains.

    1. Le blues des experts
    La dernière d’une de mes émissions fétiches, terre à terre, tout à fait de circonstance.
    Seul au départ, puis à 5 et à 13 à ce jour ces chercheurs militants mènent une mission d’information et de fertilisation du grand public : « lire, comprendre, informer »
    Un véritable challenge avec des hauts et des bas et des débats.
    « Je suis mal payé mais je m’en fout » nous livre le fondateur qui fait ce qui le motive.
    Blues des experts : anti-lobbying
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-blues-des-experts-anti-lobbying-2015-12-05
    Avec Martin Pigeon, chercheur au CEO (Observatoire de l’Europe industrielle)

    2. Le monde de la banque
    Une autre de mes émissions radio phare, Cultures monde, est consacrée cette semaine au banques et au système bancaire international, miam, miam.
    Banques : la fabrique de la confiance (1/4) – Les banques centrales : la régulation en question.
    http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-banques-la-fabrique-de-la-confiance-14-les-banques-centrales-la-regulation-en

    3. Breton Woods dans la série sommets internationaux (Culture Monde)
    Un rappel pour les nouveaux venus sur le blog et une bonne synthèse pour les autres je crois.
    Avec en prime des critiques +++ de Henri Sterdyniak qui a toujours la niaque et d’autres intervenants.
    Ces sommets qui ont façonné le monde (2/4) – Bretton Woods:, 1944. Un modèle contesté
    http://www.franceculture.fr/emission-culturesmonde-ces-sommets-qui-ont-faconne-le-monde-24-bretton-woods-1944-un-modele-conteste

    4. Géopolitique, guerres terrorismes.

    4.1 – 2 hors-série (parmi d’autres) qui me semblent pertinents et très instructifs (pour bibi en tous cas).
    . L’OBS « Le retour des guerres de religion »
    Quel monde de brutes endoctrinées.
    Et d’après Bruno Latour entendu dans la brève de 28’ sur ARTE ce lundi 7/12 c’est reparti pour un tour, SOS Voltaire.
    (Voir son livre : « face à Gaïa »)
    . Le magazine du Monde du 21/11 consacré au terrorismes passés.
    Un rappel glaçant auquel il faut ajouter la liste des génocides monstrueux (arméniens, 39/45, Rwanda) et conflits sanglants et industrialisés.

    4.2. Guerre et terrorisme dans la série « Qu’est-ce qu’une guerre ? »
    Qu’est-ce qu’une guerre ? (4/4) : Que peut le droit contre le terrorisme ?
    http://www.franceculture.fr/emission-les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance-qu-est-ce-qu-une-guerre-44-que-peut-le-droit-contre
    « Nous sommes, entend-on, en guerre contre l’Etat islamique. Mais de quel type de guerre parle-t-on? D’une guerre déclarée entre Etats souverains dont les armées combattent, ou d’une guerre diffuse sans champ de bataille ni acteurs légitimes? »

    On aborde et on oppose les notions de : guerre juste/diffuse, légalité/légitimité, Terrorisme/résistance, état d’urgence/culture
    Une définition essentielle du terrorisme donnée par l’ONU en 1985 est rappelée, en résumé « distiller la peur et diffuser la terreur » pour nous glacer d’effroi.

    4.3 L’Arabie Saoudite en direct sur le terrain (Magazine Interception de France Inter du 29/11)
    Pour compléter une vidéo récente du blog.
    On nous en dévoile des choses et encore à mots feutrés, la réalité est multiple.
    « Arabie Saoudite : Et Dieu cacha la femme »
    http://www.franceinter.fr/emission-interception-arabie-saoudite-et-dieu-cacha-la-femme-0

    Stop pour aujourd’hui.

    PS
    Merci d’excuser mon commentaire tardif quelque peu justifié par des circonstances indépendantes ou non de ma volonté.
    Je privilégie de plus en plus le terrain, le contact avec les gens en milieux diversifiés.
    A découvrir par exemple :
    Un village proche en transition où se sont rencontrés des citoyens de tous horizons avec la présence de Greenpeace, de Delphine Bateau, du pape anglais de la transition Rob Hopkins, ……. et cerise sur le gâteau de Marie-Monique Robin pour la mise en images de ces 2 journées (film à venir).
    http://www.transitionfrance.fr/2015/10/15/un-jour-remarquable-a-ungersheim-un-village-en-transition/
    Pour tout savoir sur Ungersheim, sur le terrain, rencontrer les acteurs, leurs réalisations et leur maire, voir la vidéo de 18’.

    Et pour finir, à l’extrémité Sud de l’Alsace, dans le Sundgau, à Manspach, encore Terre à terre
    « Une municipalité collective à Manspach »
    « Le travail de tout une équipe à l’œuvre dans un village d’Alsace ou comment tout transformer avec presque rien.
    Avec notamment : Dany Dietmann, professeur de Sciences de la Vie et de la Terre, maire non inscrit de Manspach. »

    A la rencontre et à l’écoute des acteurs enthousiastes qui forment une équipe de choc qui rayonne sur tout le village et bien au-delà.
    Nous apprenons une règle simple et basique par une image, c’est méta fort : le sirop de grenadine.
    L’écologie passe effectivement par les petits oiseaux et les petits poissons pour déboucher sur bien plus vital.
    http://www.franceculture.fr/emission-terre-a-terre-une-municipalite-collective-a-manspach-2015-10-03

  7. Je comprends votre lassitude.
    Vos analyses m’ont beaucoup apporté, ainsi que votre sens de l’humour.
    JE VOUS KIFFE, PAUL JORION.

    1. 🙂 🙂 Magdala
      Comme le langage d’jeun’s est rafraîchissant !
      Oui oui “je vous kiffe grave Monsieur Jorion”
      :-))))

  8. Ne laissons pas à l’Etat la politique de nos émotions

    “La publication récente d’un dialogue entre l’historien français Patrick Boucheron et le chercheur américain Corey Robin, présenté par Renaud Payre, l’Exercice de la peur. Usages politiques d’une émotion (Presses universitaires de Lyon), éclaire cette actualité. Robin met bien en évidence au cœur de l’arsenal «antiterroriste» post-11 Septembre «l’exercice d’une politique de la peur» par l’Etat américain. Boucheron rappelle que le «ayez peur, nous ferons le reste» relevait pourtant historiquement de gouvernants de régimes autoritaires. A travers un état d’urgence élargissant les zones d’arbitraire, les professionnels de la politique et les technocrates qui dominent nos Etats de droit oligarchiques appelés indument «démocraties» ont ainsi mis le doigt dans le recul des droits individuels et collectifs propres aux acquis minimaux du libéralisme politique. Déjà l’activité policière déborde le combat contre le jihadisme avec notamment la criminalisation du mouvement social autour de la COP 21. On est fort loin de l’auto-organisation démocratique de la société contre les menaces des fondamentalismes islamistes. François Hollande fait mine de prendre des accents gaulliens, mais c’est plutôt une hybridation falote de Guy Mollet et de George W. Bush qui se profile. Et pourtant députés et sénateurs du Front de gauche ne se sont pas opposés à cette mascarade !”

    http://www.liberation.fr/debats/2015/12/01/ne-laissons-pas-a-l-etat-la-politique-de-nos-emotions_1417538

  9. @Gudule re… sans le lien…
    ” Relire d’urgence Le matin des magiciens de Pauwels. Tout y est : …”

    Oui, sans oublier que Jacques Bergier, en est co-auteur, source de matière inépuisable à Louis Pauwels…
    Sans doute la “somme” produite était peut-être en avance sur son temps, et même “hors du temps”, leurs auteurs se qualifiant de “spécialistes en idées générales”.

    La conclusion de l’ouvrage est révélatrice:

    ” Du temps où je pensais pouvoir posséder la vérité dans on âme et mon corps, où j’imaginais avoir bientôt la solution à tout, à l’école du philosophe Gurdjieff, il est un mot que je n’entendis jamais prononcer : c’est le mot amour.
    Je ne dispose aujourd’hui d’aucune certitude absolue. Je ne saurais avancer résolument comme valable la plus timide des hypothèses formulées dans cet ouvrage.
    Cinq ans de réflexion et de travail avec Jacques Bergier ne m’ont apporté qu’une seule chose : la volonté de tenir mon esprit en état de surprise et en état de confiance devant toutes les formes de la vie et devant toutes les traces de l’intelligence dans le vivant.
    Ces deux états : surprise et confiance, sont inséparables. La volonté d’y parvenir et de s’y maintenir subit à la longue une transformation. Elle cesse d’être volonté, c’est-à-dire joug, pour devenir amour, c’est-à-dire joie et liberté. En un mot mon seul acquis est que je porte en moi, désormais indéracinable, l’amour du vivant, sur ce monde et dans l’infinité des mondes.
    Pour honorer et exprimer cet amour puissant, complexe, nous ne nous sommes sans doute pas limités, Jacques Bergier et moi, à la méthode scientifique, comme l’eût exigé la prudence.

    Mais qu’est-ce que l’amour prudent ?

    Nos méthodes furent celles des savants, mais aussi des théologiens, des poètes, des sorciers, des mages et des enfants. Somme toute, nous nous sommes conduits en barbares, préférant l’invasion à l’évasion. C’est que quelque chose nous disait qu’en effet nous faisions partie des troupes étrangères, des hordes fantomatiques, menées par des trompettes à ultra-son, des cohortes transparentes et désordonnées qui commencent à déferler sur notre civilisation.
    Nous sommes du côté des envahisseurs, du côté de la vie qui vient, du côté du changement d’âge et du changement de pensée. Erreur ?
    Folie ? Une vie d’homme ne se justifie que par l’effort, même malheureux, vers le mieux comprendre. Et le mieux comprendre, c’est le mieux adhérer. Plus je comprends, plus j’aime, car tout ce qui est compris est bien. “

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