L’énorme pouvoir de nuisance de l’aile droite du PS, par Michel Leis

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Dans son billet du 11 mars paru sur son blog, Thomas Piketty illustre parfaitement l’énorme pouvoir de nuisance de l’aile droite du PS dans le processus de désignation d’un candidat représentant les valeurs de gauche.

Pour continuer la série « appelons un chat un chat » inaugurée par Paul Jorion au mois de janvier 2016, il faut expliciter en quoi tient ce pouvoir de nuisance, au-delà des éléments pointés par Thomas Piketty dans son texte. Le point crucial dans le contexte actuel, c’est que le PS est objectivement divisé en deux tendances aux valeurs et aux ambitions opposées.

Une tendance, présente au sein du PS depuis déjà fort longtemps s’est convertie à « la modernité », cette autre appellation du TINA. Elle est aujourd’hui au pouvoir, en France, comme au sein du parti. Elle n’entend pas laisser le pouvoir, à n’importe quel prix, y compris celui des plus basses manœuvres politiciennes. Il est hors de question pour elle de ne pas être présente à la présidentielle de 2017 : les candidats naturels de cette tendance sont dans l’ordre Hollande (il a la légitimité de la fonction présidentielle), Valls ou Macron (si le taux de rejet de Hollande imposait une candidature de rattrapage pour se maintenir au pouvoir). L’accession au second tour est vue comme la certitude de se maintenir au pouvoir (est-ce bien sûr ?). La ligne « moderne » bénéficie en plus d’une propagande intensive des médias, même si cette même propagande bénéficie aussi à la droite. Les rapports de force au sein de l’appareil du parti, sinon chez les militants font que cette tendance est en mesure d’imposer son calendrier et ses conditions.

En face, il reste au PS une tendance authentiquement de gauche, que ce soit au sein de l’appareil ou chez une partie des militants. Cette tendance a naturellement vocation à être présente dans la désignation d’un candidat portant les valeurs de gauche, au sein ou à l’extérieur du parti. Cette tendance est pourtant contrainte par la stratégie qu’elle s’est choisie : réorienter le parti de l’intérieur, voire y prendre le pouvoir, à la manière de Jeremy Corbyn au Royaume-Uni qui a donné un sérieux coup de barre à gauche au Parti travailliste. Cette approche souffre d’une triple faiblesse. Tout d’abord, elle ne peut être une stratégie pour 2017 que si la tendance « moderne » du PS joue le jeu institutionnel au sein du parti. Ensuite, elle dépend non seulement des rapports de force en interne, mais aussi du poids des différents courants chez les militants, certaines indications semblent montrer que la ligne « moderne » du PS y est encore majoritaire. Enfin, c’est une approche qui reste trop tournée vers les jeux de pouvoir interne au parti et pas assez sur une possible victoire en 2017. Comme je l’ai écrit en conclusion dans un précédent billet, « compter sur la session de rattrapage en 2022, comme le pensent certains, c’est être absolument inconscient de l’accélération des menaces qui pèsent sur la cohésion sociale, la démocratie et notre environnement ». Il n’y a plus de place pour des manœuvres politiques de long terme.

Thomas Piketty constate à demi-mot dans son billet que la tendance Hollande-Valls-Macron sera présente, quoi qu’il arrive au premier tour. Ce qu’il rapporte dans son billet illustre combien ces hommes entendent bloquer le jeu en s’appuyant au maximum sur l’appareil du parti. En annonçant rapidement la possibilité d’une primaire ouverte, ils obligent la gauche du PS comme les partis qui souhaitent y participer à prendre position rapidement : y aller ou non. En voulant un candidat unique pour le PS, cette tendance compte sur les rapports de force internes au sein du parti pour imposer un candidat de la ligne « moderne ». En décalant le plus tard possible la tenue de cette primaire, elle bloque le jeu pour une longue période, du moins pour ceux qui se seront laissé prendre aux sirènes de cette primaire sous l’égide du PS. Pire encore, ce temps de latence bénéficiera de la couverture des grands médias qui privilégient les candidats de grands partis avant le début de la campagne officielle (seuls ceux-ci seront légitimes). Comme le dit Thomas Piketty : « un débat dans la clarté et la durée est la seule façon d’espérer l’emporter en 2017 », la question du calendrier est donc cruciale : « On ne peut pas passer le plus clair de l’automne à attendre que le président ou son premier ministre daignent se déclarer, et laisser la droite occuper le débat ».

Il y aurait peut-être un autre moyen d’échapper à ce piège : au vu des manœuvres de l’aile droite du PS, prête à tout pour conserver le pouvoir, il faudrait que l’aile des frondeurs du PS prenne acte du caractère inéluctable d’une candidature Hollande, Valls ou Macron (toute permutation circulaire est autorisée pour atteindre l’objectif) et se décident à franchir rapidement le pas : en refusant d’abord les perspectives d’une primaire où les dés sont pipés, et en désignant une candidature hors des partis qui ne soit pas marquée par les jeux de pouvoir dont les Français ne veulent plus.

Partager :

27 réflexions sur « L’énorme pouvoir de nuisance de l’aile droite du PS, par Michel Leis »

  1. (…) « On voit bien la stratégie de nos gouvernants. Ils sont persuadés, et ils n’ont pas tort sur ce point, qu’une élection se gagne (ou se perd) au deuxième tour. Ils entendent donc enfermer leur électorat dans le dilemme suivant : soit vous votez pour nous, quoi que vous puissiez penser de nous, soit ce qui se profile à l’horizon est bien pire. C’est là tout le sens des appels à une « primaire » de la « gauche », comme si il y avait encore un terrain commun entre François Hollande, Manuel Valls, et des électeurs désireux réellement de faire avancer le progrès social en France. C’est aussi là le sens des appels à l’unité que l’on entend ici ou là, et même au sein des adversaires de la loi « Travail ». C’est là le piège qu’il nous faut déjouer.

    Il faut refuser de se laisser embarquer dans une logique de « second tour » et affirmer qu’il y a une autre solution : celle de l’abstention. Non de l’abstention honteuse, ou tardive, mais de l’abstention revendiquée haut et fort comme une arme visant à la fois les infâmes calculs politiciens de ces stratèges en chambre de l’Elysée, et visant la légitimité du candidat du système qui pourrait être – au pire – l’élu de 2017. Car, il est clair que si un Alain Juppé ou quelque autre cheval de retour de l’ex-UMP était élu avec 50% d’abstention, sa légitimité serait très faible, et il serait vulnérable immédiatement à un mouvement social contre les ordonnances dont il entend faire usage pour légiférer par décret.

    Il faut donc s’organiser à la base autour d’un noyau de propositions dont le refus de prise en compte entraînerait l’abstention. C’est une arme puissante pour déstabiliser le Deuxième Parti Du Patronat (ou DPMP) soit le P « S » dont c’est devenu le nom réel. Car, s’il est une chose qui terrifie ces apparatchiki c’est bien la perte des postes, des prébendes, des sinécures que leur rapporte le scrutin majoritaire à deux tours. » (…)

    L’auteur n’a pas bonne presse ici, étant farouchement convaincu que l’€ et l’UE sont à détruire pour pouvoir se reconstruire en commençant à l’échelle nationale… vous voyez donc de qui il s’agit 😉

    1. Et donc cette question d’un noyau de propositions dont le refus de prise en compte entraînerait l’abstention se poserait également à droite, pointant la disparition du gaullisme.
      Il apparaîtrait alors pas mal de choses et surtout que la question sociale a été évacuée du champ politique par les partis.
      S’ensuivrait une remise en cause des partis comme instance de représentation démocratique et la recherche d’un parler vrai, d’un mode de représentation authentique.
      Les voix dissidentes à l’intérieur de leurs partis s’engouffreraient dans la brèche mais leur vie passée dans la mécanique qu’ils dénonceraient les discréditeraient aux yeux de l’opinion, les amenant à reconnaître la prééminence de celui qui n’est pas entré dans le jeu.
      Je doute qu’ils aient le temps d’organiser une primaire…
      Mais je ne doute pas que l’appel à une candidature de Thomas Piketty aie à se moment-là largement dépassé les 5000 qui arrivèrent au port.

  2. « S’affranchir de l’Europe » et reprendre en main un certain nombre de prérogatives nationales, (ou bien aller taper du poing à Bruxelles) est aujourd’hui un thème laissé aux extrêmes.

    Du coup, l’ensemble républicain-ps est « suiveur » par définition, sortir de là ayant été diabolisé à souhait, comme le « retour à la bougie » pour la sortie du nucléaire….

    La plupart des lois soit disant d’inspiration droite ou gauche ne sont que des applications de directives européennes à peine remâchées, sans doutes sont elles mêmes tapées hors de France…

    Pour sortir de là, il suffit d’exister. Mais à part vendre des avions, des armes, ou bien des centrales nucléaires, la conviction d’un projet d’avenir national sur lequel s’appuyer solidement pour reprendre la main est surtout absente.

  3. « Authentiquement de gauche », qu’est-ce que ça veut dire quand le président de gauche sortant et la troïka appliquent ensemble une politique d’extrême-droite libérale (ou d’une droite ultralibérale)? Ne dépassera t-on jamais cette représentation stérile d’un combat sur un échiquier politique? Si ça veut dire être d’extrême-gauche, ça ne dépassera jamais le stade de la primaire. L’authenticité ne doit pas empêcher d’avancer sur ses deux pieds, égalité et liberté avec l’élan porteur de la fraternité. Si on fustige tout ce qui n’est authentiquement de gauche, l’authenticité étant ici une manière singulière de voir les choses en grand, on n’avancera pas car gauche- droite, si l’on regarde devant nous et derrière nous, c’est passer de Jules Ferry à Marine le Pen.

  4. La pénible arrogance de la France
    Extraits :
    La France est rentrée dans le rang des petits pays. La France ne peut plus influer sur la marche du monde
    La responsabilité en incombe en priorité aux élites politiques, économiques et intellectuelles (déconnectées)

    Le jeu politique se réduit à des postures.
    Nos avons besoin d’une grande politique, mais nous n’avons, hélas, que de petits ambitieux.
    Les problèmes ont grandi et les hommes ont rapetissé.
    Qui, dans le personnel politique, peut être à la hauteur des défis ?
    Personne. Le plus étrange est qu’ils n’ont pas l’air de se préoccuper beaucoup d’en sortir.

    Réformes :
    Pour faire accepter le principe des réformes, il faut commencer par réformer le sommet.
    Notre système des nominations aux plus hauts postes est d’un archaïsme clientéliste abracadabrant !
    Nous ne pouvons pas éviter une remise à plat du mode de fonctionnement du sommet de l’État. L’urgence commande de passer à l’acte.

    La classe ouvrière inspirait une grande crainte aux classes dirigeantes. Aujourd’hui, elle n’impressionne plus personne. Une grève, même violente, fait trois lignes dans les journaux

    Si les immigrés viennent chez nous, c’est qu’ils espèrent y trouver quelque chose qu’ils n’ont pas chez eux.
    Intégration : Le gros des problèmes liés à l’immigration vient du chômage car le travail est l’intégrateur par excellence. Hélas, le travail se raréfie.

    La passivité incroyable des Français :
    Passivité et résignation mêlées de colère et d’impuissance. La sidération de la France face à son déclin, qui a la particularité de nous renvoyer à notre responsabilité.
    Cela réclame un gigantesque effort pour dominer ce qui actuellement s’impose à nous. Or nous n’y sommes pas prêts. D’où le vertige et la paralysie.

    http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/marcel-gauchet-la-france-ne-sera-plus-une-grande-puissance-13-03-2016-2025006_1913.php
    Marcel Gauchet : « La France ne sera plus une grande puissance »

    1. « Une grève, même violente, fait trois lignes dans les journaux »
      Une grève non violente inquiète le pouvoir en place, je sais pas si vous lisez les journaux mais… 😉

      Faites passer le message à Gauchet, sur le blog de Paul Jorion nous sommes connectés !

      1. C’est vrai que dans nos systèmes de propagande persuasive il est de bon ton de dire à une personne maltraitée que c’est pour son bien. Donc on reprend la formule et on rajoute un lubrifiant « La pénible arrogance de la France et son humble population » et tout le monde sera content.

      2. Que non! C’est la pénible arrogance de la France et « de » son humble population qui se travaille en ce moment de l’intérieur, du ventre mou.
        Mais que diriez-vous de la pénible arrogance de la finance et « de » ses humbles serviteurs? De la pénible arrogance des États-Unis, de la Grande Bretagne et « de » leur humble population? De la pénible arrogance de la Catalogne, de la Flandre, de l’Ecosse, du Pays Basque et « de » leur humble population? De la pénible arrogance de la Ligue du Nord, de la NVA, des 25 partis nationalistes français plus le Front National, du parti bavarois et « de » leurs humbles électeurs?
        D’ailleurs – il me semble mais je n’ai pas lu l’article réservé aux abonnés – d’après ce que vous en rapportez il parle des français et non de la France: la pénible arrogance des français, parce qu’il est clair que pour lui la France a disparu du paysage, il ne reste plus que des français, passifs et colériques, résignés et impuissants.
        Désolé que Marcel Gauchet ne bande plus. On s’en fout. Mitterrand ne bandait plus quand il a enfin pris le pouvoir, Chirac non plus, sauf par Villepin interposé (le pauvre!). Quant à Sarkosy et Hollande, ce n’est pas non plus la France qui les fait fantasmer.
        La gauche du PS sort tous les jours du PS depuis 30 ans et ne se retrouve pas à l’extrême gauche mais un peu partout. L’idée qu’on a pas à faire chez nous quelque chose pour la simple raison que ça a marché chez le voisin est forte et juste. Pourquoi avaler la même potion si nous n’avons pas la même maladie? Pourquoi avoir privatisé France Télécom etc alors que ça marchait parfaitement bien? Les britanniques ont dû se plier de rire à l’époque, parce si Thatcher a eu ce succès c’est qu’ils n’avaient pas ce service public efficace et nous leurs en livrions les clés en ouvrant la porte à la financiarisation.
        Les britanniques et les allemands nous écrasent avec la finance et l’industrie. Ces deux grands peuples sont nationalistes. Ils vendent leurs produits, pas leur esprit. Ils imposent leur diktat à l’Europe.
        L’effort à faire est de reconnaitre que la France est ce qu’elle est: un pays de culture, d’agriculture, d’ingénieurs. Elle a une place de médiateur par son histoire, sa force militaire et sa position géographique. Elle a une place dans un projet de gouvernance mondiale. Ce ne sera pas la première place mais sa place.
        Arrêtons de nous casser du sucre sur le dos.

  5. Michel Leis a parfaitement analysé la situation.
    Comme dit plus haut, nous n’avons plus le temps pour les finasseries et les souhaits irréalistes face au monde des professionnels de la politique. Du moins, tant qu’une nouvelle constitution n’aura pas restauré de véritables règles démocratiques.

  6. Le PS est maintenant si infiltré par les ultra-libéraux qu’il est dans l’incapacité de mettre dehors ses militants dévoyés, encore moins les convaincre d’une politique qui aurait le souci du bien commun.
    Je prends acte que le PS n’est qu’une filiale, tout comme LR, d’une entité bruxelloise. La seule possibilité est bien une candidature hors parti, cela me semble ne faire aucun doute en effet. Et ce, de façon de plus en plus urgente. J’espère que « l’aile gauche », Piketty en tête débattent et décideront dans le sens de l’article, même si cela veut dire se passer des financements habituels de campagne.

  7. « La pénible arrogance de la France »

    J’en ai plus qu’assez de ces articles ou commentaires sur la supposée arrogance de la France. Ce n’est ni plus ni moins que de la grosse propagande medef / néo-conservateurs afin d’inculquer aux Français la soumission aux diktats du libéralisme à l’anglo-saxonne : tenez-vous bien comme un anglais docile, baissez la tête devant le passage de la reine ou d’un PDG, apprenez à vous comportez comme ces allemands qui ont compris qu’il n’y avait pas d’autres voies que celle du dévouement au capitalisme autoritaire.

  8. L’aile droite du PS (même si je pense qu’il n’y a pas d’aile gauche, puisque les authentiques de gauche restent c’est que la gamelle est bonne) nous mène en bateau depuis plus de 2 mois. Pourquoi voudriez vous que cela cesse ?
    Et donc la pseudo gauche du PS a une seule alternative : en sortir. Sans ça rien de possible. Et encore, pourrait-on leur pardonner de s’être au mieux abstenu durant 4 ans de lois scélérates ?
    Je persiste, ces primaires sont une fumisterie pour gogos, elles font vendre du papier et perdre du temps.

      1. Les « ils », les « eux », les « nous »… Vous faites honte.
        D’autant que le lien ne renvoie à rien.

    1. Aidons-les à sortir : transformons le PS en un immense cratère fumant.
      Comme disait Michael Jackson dans sa chanson :
      « Change the world
      Make a better place … « 

  9. D’où le fait que la question du programme est au fond secondaire. Les tendances existent déjà et leurs axiomes sont assez manifestes pour ce qui est du partage des richesses.
    Bien sûr le terrain est piégé de doubles injonctions (Europe ? pas Europe ? ; Energie verte ou relance énergivore ? ; travail abondant ou travail à partager pour cause de remplacement numérique ? Pressions des grands groupes dans tous les secteurs consuméristes (distribution, automobile,…) et oppositions qui en résultent par rapport aux PME TPE) .

    Mais il faut commencer par avoir une équipe qui sache détourer et agir sur les leviers aux conséquences les plus immédiates : les dividendes, les salaires, ça se joue à l’échelle d’un demi quinquennat.
    Le reste est à enclencher vers 2019, en ayant 2018 pour y réfléchir, et rouvrir des respirations dans ces débats.

  10. Mon espoir se porte sur les jeunes, sur des actions menées dans la rue. Les protéstation actuelles contre le projet de loi va au-delà d’une simple révolte contre le texte. Ils reflètent une forte inquiétude générale des jeunes, alors que Hollande avait promi de s’occuper d’eux. Cette inqiétude est d’autant plus justifiée dans la mesure où les choses en terme d’emploi ne s’arrangeront guère, bien au contraire.
    Le PS est un appareil lourd, divisé, aujourd’hui dominé par le mainstream néolibéral. De plus la pression des institutions supranationales à vocation financière et économique, celle du patronat, des investisseurs et actionnaires aussi, est immense. Il est difficile de démonter un système lucratif pour certains qui s’est élaboré continuellement depuis la fin des Trente Glorieuses. D’ailleurs, on voit dans l’arène politique toujours presque les même têtes, il n’y a pas de renouvellement véritable de la classe politique.
    En tant qu’observateur qui voyage en Europe et ailleurs, je trouve que les Francais sont des naifs. Il aimenent croire aux belles paroles des candidats, aux discours pathétiques, rempli de mirages et promesses (le verbe joue un grand rôle en France, pays littéraire), et s’attachent même affectivement aux personnages politiques.
    C’est la raison pour laquelle je ne crois qu’aux jeunes et à ceux qui n’ont plus grande chose à perdre. La dynamique ne peut venir que de ce côté là. La France ressemble à sa classe politique: on n’aime le changement car il incommode, il fait peur même.

  11. Discours pathétiques comme chez NKM sur le plateau d’On est pas couché.
    Bla bla car et compagnie… Ubérisation…le monde change, soit disant… discours de petits bourgeois ou de grands bourgeois bourrés de fric et du bon côté du manche.
    Dinde de la politique incapable de faire une analyse sérieuse de la situation et par conséquent de nommer les profondes fractures de la société parce qu’il y a une très très inégale et vertigineuse non répartition des richesses.
    Ça manifestement ne l’effleure même pas.
    Je suis tombé sur cette exemple, mais parmi les politicards, ils sont légions.

  12. Ce qui est très difficile en cette période très révolutionnaire, c’est de se repérer. Se repérer sur ce qui fait partie des vestiges (les fortes influences communistes d’une part et néolibérales de l’autre) et sur ce qu’il est possible, viable, de construire politiquement. La dialectique matérialiste est à l’œuvre dans la transformation sociale et il n’est pas possible d’ignorer les NTIC, la robotisation…
    S’il y a besoin de régulations sur la finance, la monnaie, le patrimoine, il y a aussi besoin de marges de manœuvres à la base, besoin de développer plus de subsidiarité pour nous adapter à ce monde nouveau. Quelles structures, quelles nouvelles institutions pour accompagner et sécuriser notre participation? Je crois que c’est autour de cet axe que la gauche peut se renouveler en s’appuyant sur la connaissance et le développement de l’intelligence collective appliquée aux groupes humains.

  13. Plus les mois passent et plus les chiffres US confirment la thèse du petit étudiant du MIT Matthew Rognlie, plus ils sont cruels pour Piketty. La part des revenus des propriétaires immobiliers dans le revenu national y atteint des niveaux jamais vus depuis 1946.
    http://www.bloombergview.com/articles/2016-03-14/it-s-a-great-time-to-be-a-landlord
    Chers Landlords. Trump is a landlord and landlord’s son.
    Le fils de Woody Guthrie chantait à Woodstock, le fils du proprio de son père mène la danse du ventre des primaires républicaines.

    1. Illustration (wikipédia, Thomas Piketty)
      « Thomas Piketty naît à Clichy, dans la banlieue parisienne, d’une famille aisée. Ses parents militent à Lutte ouvrière avant d’aller élever des chèvres dans l’Aude » (!)

  14. « L’aile droite du PS« …
    Parce qu’il y a une « aile gauche » au PS? Et donc logiquement, un centre au PS?

    Les prétendues gauches du PS, qu’y font-elles, pourquoi y sont-elles, pourquoi y restent-elles? Hein, Gérard Filoche?
    Quelles couleuvres encore avaler pour un jour ou jamais quitter l’embarcation? – Et bien sûr, pour continuer de collectionner quels avantages symboliques et/ou palpables?

    Allons, un peu de sérieux, chers Amis de Paul Jorion.

  15. Au sujet du billet de F Leclerc sur la blockchain et la finance.

    Les banques organisent la riposte face aux fintech, dans les transferts d’argent
    Par Christine Lejoux | 14/03/2016, 7:00

    « La blockchain, cette technologie ouverte et libre, qui permet la circulation de monnaies cryptées comme le Bitcoin, est « complémentaire de Swift », estime Stanley Wachs. Complémentaire et non pas concurrente, « la blockchain n’apportant pas du tout le même niveau de sécurité que Swift, puisqu’elle ne possède pas, par exemple, les capacités de lutte contre le blanchiment dont les banques disposent », insiste Stanley Wachs. »

    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/les-banques-organisent-la-riposte-face-aux-fintech-dans-les-transferts-d-argent-556444.html

Répondre à Ovni de Mars Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.