Voilà, les Britanniques se sont exprimés… et maintenant ?, par Olivier Brissaud

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Voilà les Britanniques se sont exprimés ! Pas sur les bonnes questions bien sûr puisque ce n’est pas « Bruxelles » qui décide de la répartition de la richesse dans les Etats membres mais les gouvernements et les parlements. Or on voit que les populistes recrutent parmi celles et ceux qui se sentent oubliés : celles et ceux qui n’ont pas le sentiment d’avoir participé à cette croissance dont on leur dit qu’elle va revenir, oui elle est la leur dit-on… et ils ne la voient pas ! Quels sots quand même ! Et en prime voici que ces migrants vont venir, que dis-je ? ils viennent par millions, ils sont là, pour manger le peu de soupe qui nous reste !

Les patrons vont tranquillement continuer à faire du dumping social et faire travailler ces migrants en dessous des tarifs syndicaux ; même une ville étiquetée très, très socialiste en Belgique s’est fait épingler pour ne pas avoir vu que son contractant immobilier employait, indirectement, des travailleurs à des conditions infâmes, indignes ! Alors bien sûr rien ne va plus et je comprends celles et ceux qui se disent que non seulement on leur raconte des sornettes mais qu’en plus il y en a qui continuent à s’en mettre plein les poches. Les traders de la City, pour ne citer qu’eux ! Ils touchent des boni faramineux pour avoir généré du profit pour des investisseurs vivant autour de la planète et dont le fisc britannique ne verra sans doute pas un sou… Laissons les Britanniques vivre leur nouvelle liberté ! Bonne chance avec Boris pour mieux répartir que Cameron… Le réveil sera dur !

Mais pour les autres citoyens européens, que faire ? Tous les systèmes sociaux en Europe sont basés sur le concept de la croissance économique et de sa répartition plus ou moins généreuse en fonction des visions politiques. Et on fait quoi quand elle n’est plus là ? On l’invoque, on l’implore, on la simule mais comme l’Arlésienne, elle ne revient pas.

Peut-être sommes-nous à la fin d’un cycle qui a commencé avec la mondialisation, la libéralisation au sortir de la guerre ’40-’45 puis accentué dans les années ‘70-‘80. Les pays européens l’ont embrassée, convaincus qu’ils pourraient exporter leurs produits industriels vers les pays « en voie de développement » devenus « émergents » puis BRIC. Ceux-ci ont mis du temps, mais maintenant ils savent faire aussi et n’ont plus besoin de nous que marginalement, et à des coûts que nous ne pouvons pas assumer. Moins de production, moins de richesse produite, moins d’impôts, moins ou pas de croissance… fini de répartir un gâteau en réduction ! Certains diront, oui mais les Allemands eux ne sont pas en crise, mais eux ils sont passés par des réformes douloureuses (Hartz 4) il y a 15 ans, à un moment où on pensait que cela serait la solution… et ça a marché, pour un temps… mais l’environnement est le même pour tous et l’on trouve en Allemagne de plus en plus de travailleurs pauvres. Ce n’est qu’une question de temps : la meilleure preuve est qu’ils ne veulent plus partager leur richesse avec leurs voisins, qui grâce à ça achetaient leurs produits d’excellente qualité. Si les Grecs en Grèce n’achètent plus de Bentley ou de BMW, pas grave. Mais si les ventes baissent partout en Europe… la machine va s’arrêter de tourner, pour tout le monde, si on ne repense pas fondamentalement notre modèle économique. Ok mais alors on fait quoi ? Et c’est là que ça se corse, les gens honnêtes savent que le modèle ne fonctionne plus, les politiques aussi bien sûr mais n’osent pas en parler ; ceci dit on n’a pas d’alternative crédible, unique, encore, c’est vrai. D’autres populistes vous disent que si on sort de l’Europe et de l’€ on aura retrouvé notre souveraineté (et on pourra dévaluer le franc National… ). Certains vous parlent de monnaie locales… chouette mais ce n’est pas viable à la dimension européenne, c’est une solution locale et il en faudra.

Deux idées doivent donc reprendre vie : d’une part le fédéralisme qui permet de redonner un contrôle local au citoyen sur sa vie au quotidien et déléguer à un niveau européen des sujets collectifs, défense, devise, grands enjeux économiques, diplomatie entre autres ; et d’autre part le revenu unique ou universel qui remettra les pendules à l’heure dans une période de récession durable. Un tout petit peu moins pour les riches et un peu plus pour les laissés pour comptes. Point de révolution nécessaire pour aller dans cette direction ! Un peu de temps… et de la vision ! Tout le reste n’est que populisme et manipulation.

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46 réflexions sur « Voilà, les Britanniques se sont exprimés… et maintenant ?, par Olivier Brissaud »

  1. Ras le bol d’entendre vomir sur les gens qui ont voté pour le brexit! Toujours la même rengaine : les populistes, les moins éduqués, les xénophobes, etc…Mais l’europe c’est quoi, sinon ce grand machin qui veut nous faire bouffer des pesticides et des OGM, nous imposer la loi travail et les centrales nucléaires et le gaz de schiste, cette dictature ultra libérale anti démocratique (voir 2005) au service des lobbies, qui assassine sciemment les réfugiés en les laissant se noyer, incapable d’étre reformé de l’intérieur, (voir la Grèce). Alors oui, je suis heureux que les brits aient mis un bon coup de pied au cul des banquiers et des politiciens corrompus et je ne suis pas un “populiste” comme dit la presse bourgeoise

    1. Le brexit a mis un bon coup de pied au cul des banquiers ?!

      Les banquiers sinon les corrompus n’ont vraiment pas grand chose à redouter de Mika , auquel ils pourront allouer un revenu plus qu’universel pour service rendu à ceux qu’il prétend combattre .

      1. N’empêche que nous avons un problème maousse costaud, l’Europe est l’échelle ad’hoc pour avoir le poids pour traiter des problèmes de régulation financière (en autre) , mais…
        Mais L’UE est “un peu beaucoup” pilotée par les multinationales (dont les banques) tout comme les gouvernements nationaux. Alors… on l’a dans le… dos.?

    2. Oui l’UE c’est le fascisme au sens strict.
      Le fascisme parce-qu’il ne s’agit de rien d’autre que de l’alliance du Pouvoir politique et du Capital (il ne manquerait plus qu’on leur concède une “armée et/ou une police européenne… n’importe quoi! ). Les lobbies sont chez eux à Bruxelles. C’est le cas également parce-que le Parlement n’y est même pas une chambre d’enregistrement, et parce-que les membres de la commission ne sont soumis à aucune forme de contrôle politique de la part des citoyens.
      Entendre le peuple britannique se faire lyncher par les médias est hallucinant.
      Les fascistes, ce ne sont pas ceux qui souhaitent abattre cette structure corrompue jusqu’à la moëlle et dont il n’y a finalement jamais rien eu en tirer. Les fascistes, ce ne sont pas les “populistes” de droite et de gauche. Les fascistes, ce sont les médias qui ne font rien pour abattre le régime (car ne rien faire en temps de guerre – car il s’agit bien d’une guerre – c’est encore collaborer).
      Il n’y a jamais eu de garde-fou contre le pouvoir du capital en dehors d’un cadre stato-national (ce que Friot reconnait). Il faut revenir à l’Europe des peuples.

      Il y a deux ou trois génies qui pensent l’Europe nécessaire au motif qu’elle disposerait de la taille critique pour résoudre les problèmes les plus importants. C’est une plaisanterie. Ce qui ne marche pas en petit ne marchera pas mieux en grand. Ce n’est pas un problème de taille, mais de forme! A la place de l’UE, il serait bien plus intéressant d’utiliser les nouvelles formes d’organisation/résolution de problèmes qu permettent les nouvelles technologies et les instruments juridiques qui leur sont associés.

      La Garnde Bretagne quitte l’UE. L’Allemagne se réarme de façon massive. La première pour éviter d’être liquidée quand il faudra mettre la main à la poche pour rembourser les banques en faillite (et échapper à TAFTA et compagnie), la seconde pour “sécuriser ses approvisionnement en matières premières” (sic), car elle sait qu’elle devra quitter l’UE si jamais TAFTA ne passe pas (l’Allemagne en a désespérément besoin, comme les USA: deux pays en voie d’effondrement économique et moral), et qu’il lui faudra alors une armée.

      1. L’Allemagne réarme ? Où sont les preuves.

        Actuellement, c’est l’inverse, l’Allemagne néglige ses forces armées. Non seulement, elle a peu d’avions, de chars de combats, d’hélicoptères et de navires, mais leurs disponibilités est faibles, voir très faibles par défaut d’entretien, et défaut de conception pour certaines armes dont avions.
        Elle n’a jamais été si faible. (Je ne discute pas de l’intérêt à armer ou désarmer…)

    3. Moi aussi suis heureux du vote exit des britanniques pour plus de respiration. Ils ont entre leurs mains leur destin, du moins je l’espère.
      J’ai comme l’impression que le BREMAIN était un moyen pour les gens tres fortunés de continuer à augmenter leurs richesses et aux politiciens d’accentuer leurs pouvoirs et donc leurs richesses au moyen de règles qu’ils instituent pour leurs intérêts particuliers sans s’occuper de leurs obligations d’élus. Les David Beckham, Soros …. appelaient à voter BREMAIN. Peut-être avaient-ils peur de l’impact d’un BREXIT sur leurs fortunes ?

  2. Oui, à froid et dans l’ordre, on peut l’imaginer, mais les changements de cap, c’est plus souvent à chaud, et dans le désordre, avec le lobby du “Ok si j’y gagne quelque chose” en première ligne….

    C’est plus facile de partager les sucettes en plus, que les sucettes en moins…et là il y a un sacré changement à avaler pour tout le monde…

    1. “C’est plus facile de partager les sucettes en plus, que les sucettes en moins…et là il y a un sacré changement à avaler pour tout le monde…”

      Les danois, les groenlandais plus exactement, ont dans l’idée de réintégrer l’UE, conscients, dorénavant, de leur relative fragilité face aux appétits des “grands blocs”.

      “A une équipe de la BBC de passage l’hiver dernier, ce politicien local a raconté la réaction de Jacques Delors, alors président de la Commission européenne : « Cette nuit, nous avons perdu 60 % du territoire de la CEE. » Même si, dans les faits, il fallut trois ans pour que la sortie devienne effective.”

      “Et, à Nuuk, un courant d’opinion, encore minoritaire certes, souhaite débattre d’une réintégration dans l’UE. Les entrepreneurs, en particulier, croient que cela favoriserait les exportations. D’autres y verraient un moyen de mieux résister aux appétits chinois dans la région. Pendant ce temps-là, au Danemark, les eurosceptiques rêvent, eux, de suivre le Royaume-Uni en cas de Brexit.”
      http://www.lesechos.fr/monde/europe/0211052703764-ca-se-passe-en-europe-des-groenlandais-regrettent-le-groexit-2008680.php#xtor=EPR-3035-%5Bzap%5D-20160625-%5BProv_%5D-2094490%402

      C’est pourquoi il serait utile , comme le propose Y Varoufakis, de faire progresser la construction européenne vers plus de démocratie de transparence et de solidarité et
      d’ oeuvrer politiquement dans ce sens .
      http://www.telerama.fr/idees/diem25-le-mouvement-qui-veut-sauver-l-europe,140456.php

  3. Merci Olivier Brissaud. Est-ce rajouter à vos suggestions que beaucoup de débats publics et surtout politiques seront nécessaires pour décider de combien les contributions fiscales des riches, des “propriétaire privés” d’entreprises, etc, du capital déclaré et planqué cotiseront pour financer ce nouveau modèle social, pour réparer les préjudices… c’est sombrer dans le populisme et la manipulation…?

    1. Et de complémenter cette réflexion avec est-ce faire aussi du populisme que de demander quel périmètre définit le préjudice du manque de solidarité à financer par la contribution fiscale du nouveau modèle, fixant un seuil du niveau minimum vital (avec ou sans services publics, droits et protections sociales pour la santé, l’éducation etc), s’incrémentant entre les tentations de « préférences nationales  et/ou territoriales» du droit d’accès à la solidarité, de la part de certaines parties des peuples, à celui de restreindre drastiquement le statut du droit d’asile, pour l’interdire aux réfugiés-es « économiques »… ?

    2. Il suffit d’attendre, Pierre, cela se passera comme vous le souhaitez car c’est inscrire dans la comptabilité en partie double. Il nous faudra quelques années de croissance pour le comprendre.

  4. Fédéralisme :

    Pour ceux qui n’hésitent pas trop à mettre des représentations derrière le mot , ils savent que l’on n’a rien éclairé tant qu’on n’a pas pu écrire au tableau noir démocratique l’ensemble des relations et pouvoirs, entre états nations qui constituent ce système fédéral . Le lien donné par Paul Jorion vers le blog de Piketty, permet sans doute mieux d’expliciter votre propre billet dans ses attendus et dans sa recherche d’efficacité démocratique .

    Revenu universel :

    Tel qu’exprimé ici , ça me semble donner une des solutions avant l’énoncé du problème qui est principalement le travail , ses productions, la répartition de sa plus value , sa taxation (ou pas , ou moins , si la taxation sur d’autres ressources permet d’alimenter correctement la nécessaire dépense publique ) .En clair : comment est alimentée la caisse avant distribution du revenu universel et selon quelles modalités . C’est pas gagné, quand on croit bon de se fendre d’une “loi travail” qui est un acte de capitulation devant le marché libéral ,et qui pérennise l’idée idéologique qu’on se fait du travail sous la dictature du marché financier .
    On n’avait pas compris en entendant ” mon ennemi , c’est la finance “, qu’il fallait entendre “et elle a déjà gagné une guerre que je suis incapable de mener” . …Mais au point de faciliter la victoire de “l’ennemi” !
    On n”avait pas compris non plus que le louable souci de la CFDT de rapprocher la décision des patrons et des employés , irait jusqu’à offrir sur le billot , le cou des ces derniers , aux fluctuations de la bourse et aux caprices des actionnaires moyennant le droit de continuer à travailler ( et même se “former” ,voire ” déformer” pour ça) pour des clopinettes ( sans doute le montant du revenu universel) ….s’il subsiste assez de “travail” .

    1. Sans vouloir défendre Hollande, ce revirement ( mon ennemi, c’est la finance) est l’illustration du poids de la finance dans le rapport de force sur un chef d’état élu au suffrage universel et qui dispose de l’arme nucléaire ( j’admets que la Bombe sur la City n’est pas une idée raisonnable)
      Mais ça laisse songeur sur le pouvoir restant à nos élus.
      On peut continuer à voter…

      1. Xavier 37, je crains qu’il n’y ait un contresens : quand Hollande se crée de toute pièce un antagonisme avec la finance, c’est simplement parce que Mélenchon commence à percer dans les sondages et qu’il faut alors pour le candidat socialiste rassurer l’électeur de gauche en voie de Frontdegauchisation. Nul revirement, il n’y a jamais eu de virage.

      2. Je crois que c’est encore plus pitoyable, cette histoire là !

        J’ai appris; il y a trois mois, dans un interview, que c’est Denis Robert qui a écrit le fameux passage du discours de François Hollande, le 22 janvier 2012, au Bourget .

        ” Mon ennemi c’est la finance … patati patata ” ce sont en fait les mots de Denis Robert (!). C’est lui qui a écrit le discours du Bourget ! Oui, qui l’eut crû ?

        Je ne l’invente pas. Denis Robert a convenu de son erreur funeste. Il regrette amèrement de s’être prêté à ce jeu politicien. Personne ne doute que Denis Robert était à cette époque sincère dans son intention, mais il a péché par naïveté, en misant sur un bien mauvais canasson.

        Il n’a pas vu le caractère machiavélique de François Hollande, qui lui, s’est saisit de l’aubaine, par pur opportunisme politique, sachant bien que par cette ruse, il allait rameuter les dix millions d’électrices et d’électeurs de gauche qui lui faisaient encore défaut.

        Personnellement, c’est certain, j’ai été sidéré d’apprendre que Denis Robert fut alors la plume de François Hollande ! Très admiratif du combat de Denis Robert contre Clearstream, contre la fraude fiscale et le siphonnage à grande échelle des richesses produites par tous les européens… ces milliards volés aux budgets des nations européennes et qui entraine ensuite les politiques dites “d’austérité”, oui, j’ai été bien étonné que Denis Robert gravite encore en 2012, dans les couloirs de la vieille politique.

        Dont acte !
        Méfions-nous des purs opportunistes en politique, fuyons-les comme la peste !

  5. Je ne crois pas qu’il soit possible d’organiser un effondrement de manière global. Par contre, localement, des communautés peuvent s’adapter à leur environnement direct en trouvant de nouveaux équilibres entre les ressources et leurs besoins.

  6. Je voudrais vous soumettre un commentaire sur l’UE et la paix quelle nous procure /
    C’est très souvent l’argument massif avec l’espérance de vie qui augmenterait.
    L’espérance de vie qui augmente jusqu’au ciel c’est fini et avec un baisse moyenne de 25% des capacités cardiaques de nos jeunes et futures génération (émission de France Inter la Tête au carré, https://www.franceinter.fr/emissions/la-tete-au-carre/la-tete-au-carre-23-mai-2016 méta étude sur des enfants de l’OCDE).
    Et la paix en Europe.
    Comme l’explique ou comme le propose Francois Rodier la thermodynamique des transitions économiques.
    https://www.youtube.com/watch?v=5-qap1cQhGA
    tout s’explique par les lois de la thermo dynamique comme le disait en écho Paul Jorion où l’énergie est au centre.
    Pour un humain notre repas (équivalent de + – 2000 calorie) se transforme en + – 3 tiers, fonctionnement de notre corps, chaleur et les déchet (le caca et le pipi).
    Alors en quoi l’énergie nous renseigne sur la paix en Europe depuis l’après guerre.
    C’est tout simple, cette énergie simple (le pétrole) permet de multiplier avec des machines les capacités de travail par un seul être humain.
    C’est l’énergie qui nous a permis de construire nos routes, nos réseaux d’eau courante comme disait ma grand mère.
    Plus besoin d’aller piller le voisin et prendre le tribu de la victoire.
    L’énergie abondante et bon marché fait la paix chez nous et la guerre à l’extérieur.

    1. On peut nuancer suivant David Graeber.
      De grandes alternances entre période de communautés sachant éviter la dette et ne guerroyer qu’avec une forme de sens social (ce qui comprend l’esclavage de la tribu de la vallée suivante, certes), et périodes d’empires dont les guerres font circuler la monnaie (on distribue le trésor aux mercenaires, et on demande l’impôt en pièces aux paysans qui se trouvent obligés de subvenir aux besoin des armées pour trouver lesdites pièces qu’exige l’empire). Dans un tel cadre, certes l’énergie n’est pas neutre, mais elle n’est qu’une ressource de plus, un accélérateur “seulement”, et il est vrai que ce “seulement” là, c’est “seulement” aussi la révolution numérique etc. entre autres.

  7. Sur le constat, tout le monde est d’accord, reste les solutions…
    Les deux idées évoquées sont discutables : le fédéralisme ? avec son cortège de fausses solutions qui deviennent de vrais problèmes. Une défense commune, oui mais les pays du nord voudraient-ils aller faire la guerre au Mali ? Une devise commune ? oui mais faute de possibilité de dévaluation, la compétitivité joue sur les salaires. Les grands enjeux économiques ? oui mais les problématiques économiques ne sont pas les mêmes pour les pays du sud de l’Europe, pour ceux de l’Est ou ceux du Nord….elles seraient même plutôt contradictoires. La diplomatie ? oui mais qui voudrait mourir ou se ruiner pour l’Ukraine ? Quand au revenu universel est-ce qu’avec l’impôt, ou pas d’impôt, les aides sociales et le R.S.A. ne s’en rapproche t-on pas déjà ?

    1. Pierre, merci pour ces remarques. Le fédéralisme s’entend pour moi comme une façon de faire redescendre le pouvoir de décider de son environnement (au sens large) au niveau local; transfrontalier bien sûr, des régions économiques, politiquement cohérentes; et le tout pour affaiblir un État Nation qui n’a plus assez de pouvoir au niveau international (oui nous en France on a la bombe atomique, bien sûr…) et qui devient de plus en plus insignifiant pour le citoyen de base dès lors que l’État Nation ne fait plus de la redistribution (il y a de moins en moins à redistribuer car la création de richesse industrielle est en chute libre, inexorablement je pense, chez nous…).
      Le revenu universel ( sa forme reste à étudier, il y a plusieurs modèles, le RSA en est une forme à minima) mais pour redonner à l’ensemble de la population un sentiment d’équité et d’appartenance à une communauté et de ne pas se sentir abandonnés et oubliés, honteux d’être exclus, chômeurs et pauvres!…et donc voter populiste (ils ont de bonnes analyses mais de mauvaises réponses) et de nous faire rebasculer, faute de solutions, dans la guerre, exutoire ultime , la violence comme ultime solution au manque de dialogue et de projets.

      1. Fédéralisme = solidarité. Il ne faut pas chercher plus loin. Sans solidarité, c’est la décroissance assurée. Avec un peu de solidarité, on devrait à peu près bien s’en sortir en moyenne mais en sortant de la pauvreté 50% de la population mondiale. Le marché est là, rendons le solvable grâce à la solidarité.

        Et puis après, on passera aux 22 heures.

  8. Un tout petit peu moins pour les riches et un peu plus pour les laissés pour comptes. Point de révolution nécessaire pour aller dans cette direction !

    C’est la formule qui marchait pendant les périodes de croissance, périodes où les grèves permettaient par exemple d’obtenir des augmentations de salaire et où voter à gauche ou à l’extrême gauche selon les cas poussait les gouvernements à répartir cette croissance pour apaiser les plus mécontents.

    Le “progrès” promis à tous avait pour modèle le niveau de vie atteint pendant les trente glorieuses aux États-Unis (au prix d’un gaspillage de ressource extraordinaire rendu possible par l’exploitation d’un très vaste territoire et d’une insolente suprématie technique dans pratiquement tous les domaines.)

    A partir du moment où les ressources s’avèrent insuffisante pour que cette croissance puisse continuer (alors qu’on avait laissé croire qu’elle serait sans limite) le principal soucis des riches est de renforcer leur position en accumulant le plus d’argent possible.

    Le pouvoir des gouvernements est de répartir l’argent des impôts mais ils en ont de moins en moins. Ils sont d’autant plus faibles et soumis qu’ils ont accumulé plus de dettes. Leur pouvoir se trouve d’autant plus diminué que les riches ont de moins en moins besoin des pauvres (la “main invisible” d’Adam Smith s’en trouve paralysée!)

    Tout se passe comme si la seule manière de gouverner qui reste aux gouvernements consistait à diviser les pauvres puis à les pousser à se combattre les uns les autres. N’est-ce pas ce qui est en train de se produire entre les pays de l’Union Européenne comme à l’intérieur de ces pays ?

  9. Vous dites : ” Tout le reste n’est que populisme et manipulation. ”

    Au moins, vous, vous ne vous embarrassez pas des idées des autres et vous avez bien appris la parole autoritaire du parlement Bruxellois !

    Donc, si je résume bien vos propos, vous voulez déconstruire et abolir la république française en retirant toutes les prérogatives à son parlement national et vous voulez éteindre la représentativité républicaine de ses propres députés afin de redonner le pouvoir aux “régions” et donc à ces fameuses métropoles en concurrence les unes avec les autres, sans le principe de péréquation national ; ce mécanisme de redistribution qui vise à réduire les écarts de richesse, et donc les inégalités, entre les différentes collectivités territoriales.

    Bref, vous voulez accomplir la destruction de l’Etat républicain français, ce que des armées étrangères entières n’étaient pas parvenues à faire du XVIII° siècle jusqu’à la fin du XX° siècle.

    Personnellement, je ne vous suivrais pas dans votre projet néo-régionaliste médiéval et anti-républicain, sous la bannière étoilée de la vierge Marie et le commandement de la Commission bureaucratique européenne.

    Ciaô !

    1. “Bref, vous voulez accomplir la destruction de l’Etat républicain français, ce que des armées étrangères entières n’étaient pas parvenues à faire du XVIII° siècle jusqu’à la fin du XX° siècle. ”
      Bah.
      On sait aussi très bien faire cela, tout seul : plein pouvoir au Maréchal Pétain, un 10 juillet, puis l’Etat français pendant 4 ans.
      Ou le référendum du 20 décembre 1851, suivi du 2 décembre 1852 qui mit fin à la 2nde République, sans la moindre armée étrangère à l’horizon.
      Sans même parler du 18 brumaire qui mit fin à ‘l’expérience révolutionnaire’ de la première (République).
      Question “destruction de l’Etat républicain français” donc, on a le savoir-faire, 100% français !
      Pas près d’être délocalisé, celui-là …

    2. Etes-vous presbyte ou emportez par vos émotions ?
      Vous êtes d’accord sur l’essentiel et vous allez chercher vos gants de boxe ! Restons Zen.

  10. Je préfère me taire, tellement le problème est posé n’importe comment.

    1 – Objectifs à long terme (sur la durée) ?
    2 – Objectifs à court terme (transition) ?

    (d’un autre côté ptêt que je suis censuré)

  11. Il y a une chose intéressante pendant le dépouillement d’un vote dans une petite commune (ou on peut railler des noms et en ajouter sans annuler le vote, au grand dame des partis pour qui la liste c’est le parti politique et pas les gens qui la composent), c’est que les noms expriment plus que les personnes, par exemple dans une liste éclectique il peut y avoir plusieurs noms raillés, par exemple les conseillés venant d’un lotissement (et on devine que le votant vient du bourg) ou les paysans (et on devine qu’ils ont trop de subventions, peut-être est-ce un artisan ou un commerçant ou qu’il soit écolo) et je crois que pouvoir anonymement l’exprimé (les antifas me font parfois peurs, la projection de certaines idées donne à penser qu’il faudrait ouvrir l’isoloir) un ressentiment est important, c’est une tension sociale qui s’apaise un peu.
    Je crois que sans le vote, nos sociétés seraient plus enclines aux guerres civiles, le vote n’élude pas toute les tensions, mais même l’abstention (ou la reconnaissance du vente blanc) exprime une non adhésion qui peut donner aux non-votants le soulagement de ne pas être dupe.
    Au moment ou on fait des jugements de classes sur les mauvais votants, il faut faire attention, le ressentiment est déjà là, vouloir le faire taire ce sera pas forcement moins de morts.

    1. Je me permets de préciser pour les belges (moi, j’en suis tombé de ma chaise) : en France on ne coche pas “la petite case devant le nom”. Surtout dans les petites communes (où il n’y a souvent qu’une liste du maire sortant ou du suivant qui s’y colle), 1°)on peut RAYER des noms et 2°) on peut en AJOUTER un autre de son cru. Ainsi un opposant peut faire campagne en disant : barrez untel sur la liste et mettez moi à sa place. S’il emporte plus de voix que l’autre, il passe dans le conseil. S’il y a deux listes, les votes par rature peuvent peser négativement et c’est assez cruel. Oui, le ressentiment peut s’exprimer. En Belgique, cela se voit seulement quand les échevins (adjoints au maire) sont élus par leurs conseillers de la majorité. Parfois il manque des voix attendues, désignant un ‘moins apprécié’. Un frisson passe… sans plus. Oui, il est très difficile de “voter contre” seulement. Mais la démocratie, c’est choisir un dirigeant.

  12. Comment comptez-vous construire la majorité politique pour voter cela?
    Si on prend l’uniformisation fiscale, c’est quelque chose que les chefs d’états pourraient décider sans problème dès maintenant (et ils auraient le faire il y a 10 ou 20 ans). Il n’y a aucun besoin de changer les traités pour cela. Donc cela devrait être facile. Pourquoi cela n’est-il pas fait? Tout simplement parce qu’il n’y a pas de majorité politique pour faire avancer le dossier. Pour des raisons qui sont assez obscures pour moi, les chefs d’état actuels *préfèrent* mettre leurs pays en concurrence sur le plan fiscal.

    Alors un fédéralisme, ou une allocation universelle,…qui ne peut pas le moins, ne peut pas le plus! (et ceci sans même discuter du fond des vos propositions)

    1. Bonjour Mathieu,

      ce sont des pistes de réflexion à moyen terme, un horizon, une direction à emprunter ; je n’ai pas de solution à court terme bien sûr. ….sinon je serais sur la ligne que je dénonce, populisme et manipulation “reprenons le contrôle de nos frontières et de notre devise”….et puis on fait quoi? Pas un mot là dessus bien sûr. Il n’y a qu’à voir l’embarras des politiques anglais après le Brexit quand on leur demande quels sont leurs plans; il semble bien qu’ils n’y aient pas vraiment réfléchi. S’il y avait de vraies solutions simples pour nous engager ensemble vers un avenir radieux ça se saurait je pense. Il faut donc réfléchir ensemble et trouver un ou plusieurs dénominateurs communs avec un nombre significatif de pays pour avancer ensemble. Ceux qui ne sont pas prêts ou pas mûrs resterons des partenaires commerciaux et des pays amis bien sûr.

  13. Autrement dit, 52% des britanniques ont jeté le bébé avec l’eau du bain car ils se sont rendus compte que ce n’était ni leur bébé, ni leur eau… ni leur bain.

  14. “un fédéralisme, ou une allocation universelle,…qui ne peut pas le moins, ne peut pas le plus !”

    Avez-vous vu ces 2 000 milliards magiques et baladeurs disparaître et réapparaître ces derniers jours ?
    Non bien sûr vous ne pouvez pas les voir. Ni les toucher. Ni les sentir. Pouvez-vous seulement les imaginer ? C’est difficile. Sous quelle forme ? En pièces ? en billets ? en or ?
    Vous pouvez privilégié seulement les apercevoir en reproduction, en tableau (attention en lecture rapide seulement) au gré de leur apparition/disparition, sur un plan comptable, financier. Mais vous ne les transformerez pas en espèces.
    Ces milliards existent parce qu’ils s’écrivent, s’effacent, se multiplient. Ces écritures sont la preuve formelle de leur existence. Génération spontanée mourir pour des écritures, vieilles croyances, vieilles coutumes. Peut-être aussi qu’à défaut de donner un sens à sa vie ne reste que la foi de donner un sens à la mort.

    2 000 milliards intangibles. Mais en fait, où est qui ? Qui est ce “qui” ?

      1. qui ne peut pas le moins, ne peut pas le plus. Jusqu’où le moins ? Quel plus ? Moins de nourritures, moins d’abris, moins d’écoles, moins d’hôpitaux peut le plus d’affres ou pour faire genre de violences affreuses.
        Partie en fumée . Je lis votre commentaire et cette image surgit

        http://observers.france24.com/fr/20160311-venezuela-caracas-justice-populaire-impunite-violence-voleur-brule-rue-passants

        Le mien (de commentaire) : la complexité tinaesque légale est une abrasion du légitime. Jusqu’où désormais ? Au Venezuela déjà, jusqu’à la faim, la soif, l’exécution. Affreuse. Légitime l’exécution ou pas ?

        Légaux les 2 000 milliards susmentionnés. Légitimes ?
        Violents. D’une violence inouïe. Affreuse ?

  15. J’ai aussi le sentiment que l’article prend un mauvais départ et aboutit à une conclusion hasardeuse, avec deux concepts abstraits.
    Mouais a écrit : “Il n’y a jamais eu de garde-fou contre le pouvoir du capital en dehors d’un cadre stato-national (ce que Friot reconnait). Il faut revenir à l’Europe des peuples. ”
    Il me semble qu’il faudrait considérer cette objection. Et je voulais ajouter que nous avons assisté à une perte de la ‘structure’ qui faisait la cohésion de nos sociétés (partis, syndicats, églises ou…), et à la montée d’un individualisme consommateur. Je ne discute pas ici du pourquoi (il faudrait). Mais cela a ouvert la porte aux effets populistes (je pense d’abord à Berlusconi quand j’use de ce terme) et autres simplismes nationalistes (qui cherchent la confusion plutôt que la structuration conflictuelle de la nation). Le Brexit en est un avatar, d’un pur jeu politicien, ne l’oublions pas. Ce n’est pas, à mon avis, dans un machin européen que nous allons progresser, et d’autant plus qu’il est devenu un machin ultra-libéral manipulatoire.

    1. Est ce que l’ONU est le “machin” des peuples ?

      En principe .

      A-t-il fait pièce au machin capitaliste ? Non .

      Je ne discute pas ici du pourquoi( il faudrait).

      Mais je suppute que presque tous les “arrangements” de rangs inférieurs seraient plus faciles à structurer ,si le cadre “global” répondait mieux aux grands enjeux du monde .

      Qu’on y parvienne par le bas ou par le haut , ou les deux .

      1. Est-ce que l’ONU est le machin des peuples ? Non, c’est un machin symbolique du désir de paix des peuples en 1945, mais c’est une “société des nations”, non ? Avec un verrou : les 5 vétos au Conseil de sécurité. Et l’UE est une entente conventionnelle entre 6 gouvernements (en 1960), avec une commission commune comme seul pouvoir de proposition légale. En caricaturant : un “agreement diplomatique” faisant échapper certaines compétences aux parlements nationaux. Bref un ‘machin’ pas très différent, et moins démocratique encore. Des deux côtés, l’assemblée générale et le parlement sont sans vrai pouvoir (malgré leurs fonctions positives).
        Un “cadre global” ne pourrait tomber du ciel. Les constitutions démocratiques nationales sont des machins plus proches des luttes des peuples qui les ont exigées peu ou prou. (Pour faire bref).

      2. @Chabian:
        Tout cela n’est pas faux , mais comme j’évoquais l’ONU comme machin mondial , je visais en fait ce que d’autres appellent parfois gouvernance mondiale .

        L’histoire et l’analyse de l’ONU telle qu’elle est devenue ou aurait du être , est par contre pleine d’enseignement sur les pièges à éviter et les obstacles à franchir .

        Je suis sur par contre qu’il n’y aura jamais d’Etat satisfaisant tant que l’ONU ne l’est pas , et réciproquement .
        Cette ‘synchronisation” passe à coup sûr par l’identification commune des risques qui menacent l’humanité , à cause d’elle même ou “à son corps défendant” .

        Il y avait , au bénéfice des conflits subis ou surmontés , un endroit dans le monde où cette ébauche d’ONU efficace aurait pu germer : dans le projet Europe.

        Sauf divine surprise , il va falloir trouver autre chose . On a apparemment présumé de nos forces.

        Ou ,plus vraisemblablement , mal estimé les vrais enjeux de l’humanité .

        Heureusement , tel Zorro , Paul Jorion est arrivé, que je le préfère au 5ème de cavalerie .

  16. Les anglais, les écossais, les irlandais ont voté avec leurs tripes et ne se sont pas trompés, je pense.
    Je partage totalement votre analyse.
    Plutôt que de parler de revenu minimum, parlons plutôt du partage du travail.
    Le réveil sera dur pour les anglais du bas Londres, pas pour les hommes de la City qui fileront à l’anglaise et viendront s’installer chez nous.
    L’Angleterre des pauvres s’enfoncera encore un peu plus. Si le fédéralisme lozérien ne vient pas mettre le holà… l’Angleterre sera la nouvelle Grèce.

    La solution s’imposera d’elle même : partage, solidarité, et baisse des revenus des plus riches. Quand le fruit sera mort, ce qui va prendre du temps, il ne sera plus nécessaire de le ramasser.

    Ca bouge en Islande, je vais aller voir sur place, départ le 10 juillet pour un mois de ballade.

    A binetôt

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