Michael Cimino (1939 – 2016)

Thunderbolt and Lightfoot (1974 – « Le Canardeur »)

J’écrivais en 2013 dans un billet intitulé « LA « CIMINISATION » DE PAUL SIMON » :

Pourquoi mon titre de « Ciminisation » de Paul Simon ? Parce qu’il subit avec son « Capeman », le même sort que Michael Cimino, promis pourtant avec son « The Deer Hunter » (Voyage au bout de l’enfer – 1978) à devenir l’un des tout grand maîtres du cinéma américain et dont le « Heaven’s Gate » (Les portes du paradis – 1980) provoqua la chute irrémédiable.

On a dit de « Heaven’s Gate » que le film avait été tué par son budget extravagant, en raison du style dictatorial de Cimino en tant que metteur en scène, etc. Tout cela ne me paraît pas essentiel : ce qui a tué « Heaven’s Gate », c’est l’événement historique qu’il rapporte : la Johnson County War de 1892, le massacre de paysans pauvres par des tueurs à la solde de riches éleveurs proches du président des États-Unis Benjamin Harrison.

Aucune nation n’aime entendre rappeler qu’elle s’est bâtie sur les cadavres d’innocents exécutés ou pire encore par des tueurs à gage bénéficiant de protection en haut-lieu. Cimino l’a appris à ses dépens.

Les guerres de classes sont des guerres sales où tous les coups sont permis.

« The Deer Hunter » a fait de ses acteurs des légendes : Robert De Niro et, à leur tout début, Meryl Streep dans le rôle de la jeune immigrée polonaise attendant le retour de son militaire, et Christopher Walken en soldat post-traumatisé nous montrant une fois pour toutes à quoi doit ressembler en vrai la roulette russe.

Michael Cimino, un très grand monsieur, que le système a broyé, comme il le fait avec ceux qui vendent la mèche sur certaines choses secrètes qu’il ne faudrait pas dire.

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