EUROPE : Nous retrouver comme cela s’est fait pendant la Résistance, par Éliane Chaponik

Billet invité.

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Dans sa vidéo de vendredi, Paul Jorion regrette que beaucoup d’entre nous aient persiflé le texte « Refonder l’Europe » écrit par deux socialistes allemands. Il dit entre autre, que depuis 1945 nous n’avons plus été en guerre en Europe (à part la Yougoslavie tout de même.) Que la guerre de 14-18 avait entraîné la disparition de trop de jeunes. Alors malgré des élites européennes exécrables il fallait comme le texte l’indiquait « refonder l’Europe. »

Le père de Paul Jorion l’avait pourtant bien dit en son temps, en revenant d’une des premières réunions de la Communauté européenne du charbon et de l’acier « ce n’était pas comme cela qu’il fallait faire l’Europe. »

Si ces deux responsables socialistes européens ne peuvent plus paraître crédibles à l’heure actuelle c’est que les socialistes en général ne font plus ce qu’ils disent ou écrivent. Mais pas plus que je ne voterai pour Juppé auquel Paul Jorion fait allusion puisque j’ai fait partie des manifestants des grèves de décembre 1995 contre lui, je ne voterai pour un socialiste, étant donné que j’ai également participé aux manifestations contre la loi du travail votée avec le 49-3. J’ajoute que le maire de Lyon est ami avec Emmanuel Macron ce qui se rajoute à mon hostilité grandissante.

Cependant, je ne suis pas contre l’idée de l’Europe, car je pense qu’un repli de chaque pays sur lui-même ne changera rien aux décisions des trusts et de la grande finance internationale qui ne veulent plus d’Etat de droit.

Je suis évidemment pour une Europe sociale, où se partagent les mêmes droits pour tous, une Europe à la pointe des questions environnementales, une Europe capable d’aider à faire revenir la paix dans le monde..

Pour cela, je cherche à rencontrer des personnes pour dialoguer et m’entendre avec elles afin de changer les choses. Vous allez sans doute sourire mais j’ai toujours dans le coin de ma mémoire, ces personnes qui a deux ou trois, puis à douze, puis à cinquante puis a cent ont formé des groupes de résistance.

Je vais vous raconter une histoire. Mon oncle ancien résistant avait créé avec quelques amis un groupe FTP MOI lequel portera le nom de bataillon Carmagnole. Dans ce groupe, il y avait son beau-frère Simon Frid. Ce dernier fut blessé et arrêté en mai 1943 lors d’une « récupération » de tickets d’alimentation. Il fut condamné à mort par la Section spéciale de la Cour d’appel de Lyon et fut guillotiné dans la cour de la prison Saint Paul. Or, depuis 1945, une plaque existait dans ce lieu, rappelant l’exécution de résistants mais… par la Gestapo. Les familles depuis des années réclamaient la vérité. Depuis plus de 60 ans, ni l’Etat, ni la ville de Lyon (capitale de la Résistance) qui s’était tout de même intéressée à la question, mais avait renoncé ayant trouvé le coût d’une nouvelle plaque rectificative trop cher) n’ont accédé aux vœux des familles. Il a fallu que l’Université Catholique de Lyon, qui a repris à l’Etat la prison pour la transformer pour ses étudiants, paie de ses propres deniers une nouvelle plaque. Or le recteur de l’Université a été le seul dans son allocution (je parle des allocutions prononcées par les institutions) à dire les mots : liberté et vérité. C’est pourquoi je lui ai dit en parlant au nom de mon association l’ANACR : franchement je m’entends mieux avec des personnes comme vous que j’appelle « des catholiques de gauche » qu’avec la plupart de nos élites. Nous devrions nous retrouver comme cela s’est fait pendant la Résistance. Il a été de mon avis pour faire quelque chose ensemble. Il avait bien compris que je n’étais pas croyante.

Mais après tout un certain Jésus n’avait-il pas chassé les marchands du temple ?

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