Les perspectives d’emploi de l’élargissement quantitatif de l’offre au consommateur ? par Vincent Rey

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

L’élargissement quantitatif de l’offre au consommateur, est-il de nature à offrir des perspectives en matière d’emploi ? Les nouveaux marchés offrent-ils des perspectives, pour les produits et services existants ?

Ces nouveaux marchés existent, dit-on, dans ces pays qui soutiennent la croissance mondiale, que l’on nomme les « BRICS » (Brésil Russie Inde Chine Afrique du Sud), ainsi que dans d’autres pays comme le Vietnam, le Cambodge, la Biélorussie, la Pologne, la Roumanie… ils se trouvent précisément être les nouveaux lieux de production de l’offre industrielle, et du travail rémunéré qui l’accompagne (ainsi que de la pollution, mais c’est un autre sujet).

Ces nouveaux salariés de l’« usine du monde » affluent vers les zones urbaines, dans un mouvement qui n’est pas sans rappeler celui de l’exode rural, au début du 20ème siècle, et lorsque le revenu de leur travail n’a pas été pillé par la hausse des prix de l’immobilier, d’autres segments de l’Offre au Consommateur, tel que l’automobile leur deviennent accessibles. Les prévisions favorables que font les fabricants d’automobiles, et les accords qu’ils passent sont des signes de l’émergence de ces nouveaux marchés, et donc d’un élargissement en volume de l’Offre au Consommateur. Que peut-on en attendre, en matière d’emplois rémunérés ?

Si comme le disent nombre d’économistes « seule la croissance crée l’emploi », alors la croissance isolée du secteur de l’automobile, doit créer de l’emploi rémunéré dans le secteur de l’automobile, car on imagine mal qu’elle le crée en premier dans d’autres secteurs.

Les dernières décennies peuvent nous éclairer, puisque précisément, la valeur de la production de la branche automobile (destinée aussi bien au producteurs qu’au consommateurs) s’est multipliée par 20 entre 1949 et 2007, en passant de 4 à 85 milliards d’euros constants, comme le montre le graphique 14 ci-dessous (Source : INSEE, valeur de la production, en euros corrigés de l’inflation 1).

image004

L’aspect général de cette courbe est incontestablement la croissance, et on peut même y remarquer un segment de croissance brutal entre 1996 et 2001, amenant la production à une sorte de plateau, aux alentours de 85 milliards d’euros, d’où il est resté jusqu’en 2007.

Or quel a pu être l’impact sur le nombre d’emplois salarié de cette multiplication par 20 du volume de la production automobile sur cette période ? C’est ce que montre la courbe 15 ci-dessous : l’effectif d’emploi salariés dans le secteur de l’automobile en France (courbe rouge) rejoint en 2007 son niveau de 1956, une année où la production était 9 fois moindre en valeur (environ 10 milliards voir courbe 14). C’est un premier constat.

image003-1

Mais le plus étonnant sur la courbe 15, c’est sa forme, qui rappelle notre plus haute montagne, le Mont Blanc, avec un point culminant, non pas à 4807m, mais en 1978.

Dans un premier temps, entre 1949 à 1978 les effectifs salariés croissent (courbe 15, tracé rouge), tout comme la valeur de la production croît (courbe 14). Une baisse s’observe bien en 1973, sur les deux courbes 14 et 15, témoignant d’une décroissance soudaine de la production, consécutive au choc pétrolier de 1973. Puis le volume de la production et le nombre d’emplois salariés repartent ensemble à la hausse, l’emploi trouvant son sommet dans la branche vers 1978.

A partir de 1978, c’est l’inversion brutale : alors qu’aucun fléchissement de la production en valeur (courbe 14) ne permet de l’expliquer, le nombre d’emplois salariés se met à chuter de façon quasiment ininterrompue. Deux accélérations du volume de production en 85 (+25% de valeur sur 2 ans) et en 97 (+80% en valeur sur 4 ans) ne parviennent pas à enrayer la chute des effectifs : entre 1978 et 2007, le ratio (nombre d’emploi intérieur/richesse produite) passe en France de (35/35=1) à (20/85=0,25 =un quart), ce qui revient à dire que pour produire une unité de valeur d’offre automobile, il fallait 4 fois moins d’emploi salarié en 2007 qu’en 1978 2.

Il y a donc des raisons d’envisager que l’élargissement quantitatif de l’offre automobile, quand bien même on le relativise en l’analysant en valeur et non pas en nombre d’automobiles 3, n’est pas de nature à créer des emplois rémunérés.

Pourtant, l’industrie automobile n’est pas n’importe quelle industrie. Si la production de l’offre textile, ou celle des jouets, ou de tout autre objet simple peut facilement être déléguée à des entreprises du Bengladesh ou de Chine, il n’en va pas de même pour la fabrication d’automobiles, qui réclame un personnel de plus en plus qualifié et rigoureux : des ingénieurs, des techniciens supérieurs, ainsi que des infrastructures efficaces pour les approvisionnements. Les délocalisations y sont parait-il délicates, et la France, tout comme l’Allemagne avait plutôt tendance à attirer la production d’automobiles pendant cette période.

Cette courbe 15 en forme de Mont Blanc, permet donc de se faire une idée des gains de productivité où prédominaient des facteurs autres que les délocalisations*, tels que l’introduction de robots, ou une amélioration du « management de production ».

Toujours mieux tirer parti d’effectifs humains de plus en plus qualifiés et jeunes, en leur substituant chaque fois que cela est possible des machines (robots), telle semble être la condition « sine qua non » pour participer à l’offre marchande mondiale d’automobiles, soumise à une rude concurrence internationale. C’est en quelque sorte, à prendre ou à laisser : c’est dire le peu d’espoir d’y voir s’installer des conditions de travail apaisées, ou un retour en nombre de l’emploi salarié. Et il y a toutes les raisons de penser que c’est une tendance structurelle, qui mènera à plus ou moins long terme, vers des usines entièrement robotisées 4, installées dans les pays réunissant les meilleurs paramètres.

Et s’il en est ainsi pour un produit complexe tel que l’automobile, il n’est pas nécessaire de démontrer que c’est la même chose pour tous les produits qui sont plus simples à fabriquer que des automobiles, comme le montre la courbe noire du graphique 15, car pour ces biens, le travail humain peut être encore plus facilement remplacé, échangé, déplacé, supprimé. Et il y a donc tout lieu de penser, que dans l’ensemble fini des besoins du Consommateur, de moins en moins d’hommes subviendront à la fourniture de la totalité de l’offre marchande.

================================

1 Rapport de l’INSEE : « L’industrie automobile en France depuis 1950 » (Thierry Méot)

2 Entre 13,5% et 16,6% des entreprises du secteur de l’industrie automobile avaient cependant déjà délocalisé en 2007, selon l’INSEE / 4 pages N° 246, de mai 2008.

3 La productivité en nombre d’automobiles : 1 ouvrier de 1949 faisait en moyenne 2 voitures par an. 1 ouvrier de 2014 peut en faire jusqu’à 83 ». (Usine de Sunderland, angleterre, avril 2013 : http://www.usinenouvelle.com/article/comment-sunderland-est-devenue-l-usine-auto-la-plus-productive-d-europe.N194235)

4 Une usine à l’image de celle imaginée par George Lucas, au début de son film de science fiction thx1138 : une usine robotisée (OP), fabriquant… des robots (OP).

Partager :

72 réflexions sur « Les perspectives d’emploi de l’élargissement quantitatif de l’offre au consommateur ? par Vincent Rey »

  1. Concernant l’emploi dans le secteur automobile, il faut aussi prendre en considération l’avènement de la voiture électrique. En effet, celle ci demande moins de main d’œuvre à la conception du fait de sa simplicité (un moteur électrique c’est plus facile à faire qu’un moteur thermique). D’ailleurs, c’est un débat qui a lieu en Allemagne. Suite au scandale de VW concernant les voitures truqués, les constructeurs automobiles Allemands veulent basculer plus vite vers l’électrique mais les dirigeants préviennent qu’il y aura des suppressions de milliers d’emplois et au final le solde net en emploi devrait être négatif….

    1. Je me souviens avoir discuté avec un ingénieur d’un grand constructeur automobile japonais. Il m’avait dit en 2008 ou 9 la chose suivante, que les ingénieurs japonais étaient très réticents à pousser la voiture électrique, parce qu’ils savaient déjà en 2008 que cela menacerait leur emploi. Elles sont plus simple à concevoir, et à construire…ce qui menace aussi des emplois d’OS.

      1. Elle sont aussi bcp plus facile à entretenir (pas de filtres à remplacer, pas de vidange d’huile, de courroie qui s’use…) et donc il faut aussi imaginer une grosse réduction dans les garages qui font l’entretien. Aucune idée du nombre d’emplois que cela représente mais celui-là était de l’emploi local. Bref, ça ne me semble pas négligeable…

      2. Les Japonais, pourtant amoureux des robots, ne seraient donc pas si loin, pour ce qui de certains de leurs ingénieurs automobiles au moins, de raisonner comme certaines guildes d’artisans prussiennes qui, au XVIIIe encore, interdisaient strictement à leur membres de concevoir, d’inventer ou d’utiliser quoi que ce soit de nouveau, nouveau qui pourrait faire courir le risque à la profession d’améliorer sa productivité (Daron
        Acemoglu and James Robinson in
        Why Nations Fail). Ils se sont rangés ensuite de ces petits vélos là…

      3. « C’est plutôt « bon » pour la problématique écologique, non ? »

        @EquerreEtCompas
        Votre raisonnement n’est pas d’équerre !
        Aucun type de voiture ne résoudra, jamais, la problématique écologique qui reste en grande partie la bagnole et la construction des routes qui lui sont indispensables.

        Le rendement énergétique global d’une voiture électrique est très mauvais. Et puis ce genre de carrosse dépend des combustibles fossiles pour son énergie grise et pour son approvisionnement en énergie secondaire, la très propre électricité.

        Si on veut sauver le monde, il faut juste beaucoup, beaucoup, beaucoup, moins rouler.

  2. « Les méthodes de production modernes nous ont donné la possibilité de permettre à tous de vivre dans l’aisance et la sécurité. Nous avons choisi, à la place, le surmenage pour les uns et la misère pour les autres : en cela, nous nous sommes montrés bien bêtes, mais il n’y a pas de raison pour persévérer dans notre bêtise indéfiniment. »

    « La morale du travail est une morale d’esclave, et le monde d’aujourd’hui n’a nul besoin de l’esclavage. »

    (Bertrand Russell)

    Et dire que ceci a été écrit en 1932…

      1. Naïfs ceux qui proposaient un jour de repos hebdomadaire, naïfs ceux qui proposaient les congés payés et l’assurance chômage, … naïfs ceux qui proposent le revenu universel…

        C’est possible.

  3. Bonjour Vincent, bonjour Paul,

    Juste pour compléter ce qui est écrit ici par Vincent. La robotisation ne serait rien sans le traitement des données en découlant (données elles-mêmes collectées par les capteurs technologiques disséminés sur les îlots de production automatisés, etc.).

    Or, il s’avère que l’évolution des temps de traitements de ces données polysensorielles suit très exactement la même trajectoire que celle des courbes de l’emploi de votre figure 15.

    Je vous donne juste un exemple : en traitement d’images par exemple, nous sommes passés pour le traitement d’une image, de 10 millisecondes en 1970, à 10^-4 millisecondes en 2005.

    De plus, curieusement (ou pas), on observe les mêmes paliers dans les années 80, puis dans les années 90, du fait probablement de barrières technologiques toujours plus difficiles à franchir (telles que la miniaturisation des CPU, ainsi que la sensibilité des capteurs, etc.), puis on observe de nouveau une accélération à la baisse de ces temps de traitement dès le début des années 2000.

    Ainsi, la robotisation étant subordonnée à la digitalisation des sens, l’emploi est donc bel et bien lui aussi subordonné à la digitalisation des sens, ce que semble notamment démontrer cette corrélation remarquable entre temps de traitement et courbes de l’emploi manufacturier et automobile…

    J’observe d’ailleurs un léger retard (3 à 5 ans) des courbes de l’emploi de votre figure 15 sur celle des temps de traitement des données issues des capteurs, retard très probablement inhérent aux délais nécessaires au déploiement de ces nouvelles technologies une fois développées en laboratoire.

    Cela me parait très important à signaler car, outre le facteur robotisation lui-même, c’est bien ici de vitesse de traitement dont il s’agit avant tout, et donc, de vitesse de production.

    La plaie environnementale, économique et sociale de l’Humanité…

    Amicalement,

    Philippe

    1. « Bonjour Vincent, bonjour Paul »
      …svp ne me mettez pas au même niveau que Paul Jorion. Je pense que Paul Jorion est une sorte de génie, tandis que moi, je cherche juste à comprendre un peu ce qui se passe, avec l’intelligence un peu poussive que j’ai reçue…
      Je n’ai pour seule excuse que tout ça me déprime un peu, à cause de ma fille de 8 ans…dans quel monde va-t-elle vivre ?

      1. Je n’ai pour seule excuse que tout ça me déprime un peu, à cause de ma fille de 8 ans…dans quel monde va-t-elle vivre ?

        Renversez donc la perspective Vincent, et vous situerez mieux notre vraie responsabilité : quels enfants allons-nous laisser au monde ?

      2. rendons à César …

        « Quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : « Quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? », il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : « À quels enfants allons-nous laisser le monde ? ». »

        in Jaime Semprun, L’abîme se repeuple, éd. Encyclopédie des
        Nuisances, 1997
        (ce qui ne nous rajeunit pas …)

  4. Les BRICS et autres pays émergents vont-ils suivre la même voie sans issue que les pays dits développés? Si l’on croyait les signataires de la COP21, il devrait en être tout autrement mais on consate déjà qu’il y a loin, très loni, de la coupe aux lèvres.
    Ce seront alors sans doute les limitations physiques (épuisement des ressources énergétiques et minérales, pollutions locales et globales) qui arrêteront cette fuite en avant.
    En ce mois de décembre ou le centre de l’Europe et la Chine du nord toussent et tombent malades sous les nuées de particules fines dues largement aux flots de véhicules individuels, ne peut-on espérer que ces pays émergents choississent de développer les transports en commun et investissent dans les voies ferrées trains plutôt que dans les autoroutes? La folie humaine que Paul dénonce dans « Le dernier… » et que dévelope Yuval Noah Harari dans « Sapiens. Une brève histoire de l’humanité » à de quoi, hélas, inquiéter quant aux options qui seront retenues par les décideurs abusés par le mythe du consumérisme/productivisme…

    1. « largement aux flots de véhicules individuels, ne peut-on espérer que ces pays émergents choississent de développer les transports en commun et investissent dans les voies ferrées trains plutôt que dans les autoroutes?  »

      La Suisse a beaucoup investi, à raison, dans le ferroutage. C’est un investissement d’avenir à développer : réduction de la pollution, désengorgement des autoroutes, un moyen de transport plus rapide et plus économique. L’UE vient d’inaugurer, cette année, sa 3ème plus longue ligne de fret ferroviaire d’Europe qui relie le pas de Calais à Perpignan.
      http://geopolis.francetvinfo.fr/train-la-suisse-montre-la-voie-10399

  5. Même si les tendances soulignées sont juste, l’approximation « L’industrie automobile n’est pas facile à délocaliser » car elle demande  » un personnel de plus en plus qualifié et rigoureux : des ingénieurs, des techniciens supérieurs, ainsi que des infrastructures efficaces pour les approvisionnements.  » me semble très très limite.
    Pour avoir vu des gens avec qui je travaillais s’expatrier 3 ans en Slovaquie vers 2000 pour que le conjoint construise et démarre l’usine Peugeot de Trnava (https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_PSA_de_Trnava, 30km nord de Bratislava, capitale slovaque, elle-même à < 100 km de Vienne, donc connecté aux autoroutes européennes de qualité), je m'inscris plutôt en faux: elle emploie 3500 personnes (les bus qu'utilisent les gens de Trnava sont ceux gracieusement mis en place par Carrefour, qui a ouvert un hyper là bas : http://www.themalltrnava.sk/sk/Obchody/Predajne/Carrefour.html).

    Et je crois que l'industrie automobile allemande, elle, a délocalisé un max de sous-traitance elle aussi dans les ex-pays de l'Est, éduqués, productifs, pas chers pour longtemps. Ne gardant que le sommet de l'iceberg dans les régions chères (Mercedes à Stuttgart, Bade-Wurttemberg).
    Donc gros bémol.
    Dans un monde idéal, les usines dans le maghreb (Renault au Maroc https://group.renault.com/groupe/implantations/implantations-renault/usine-tanger/) ont un rôle positif sur place, pour former les "classes moyennes de l'industrie" : la contremaitrise, l'usinage de pièces intermédiaires en sous-traitance (pleins de petites boites d'usinage sont en Tunisie et livrent en mode "à la minute" en France, c'est de loin le meilleur plan si vous êtes dans la région "mécaniquement désindustrialisée" qu'est l'Ile de France, je n'en dirais pas autant des vallées de Haute-Savoie/Savoie et leur héritage métallurgique et en décolletage évidemment). Si les évolutions économiques étaient assez calmes, cette population industrieuse et capable formerait naturellement le gros ou le centre de la troupe sur un des chemins du développement "assez durable" et de leurs "trente glorieuses" … qui n'auront hélas pas lieu (printemps arabe, crises, …).
    Mais honnêtement, le point "l'industrie automobile délocalise peu" , non vraiment, ce n'est pas le bon exemple. Plutôt l'industrie aéronautique (conglomérats et écosystèmes du sud-ouest, allant jusqu'à Figeac en plein Massif Central, au nord vers Issoire (métallurgie alu), etc.
    Non ?

    1. Bah, Ratier Figeac comme Figeac Aéro (créée par Maillard, un ancien de chez Ratier) s’y entendent aussi très bien pour localiser des sous-traitants au Maroc, en Tunisie ou au Mexique.
      Mais n’empêche qu’ils manquent toujours de jeunes formés à embaucher sur Figeac (et 1 roro de VA créé en aéro c’est 5 roros de VA induits contre 4 en bagnole)…
      http://www.challenges.fr/challenges-soir/figeac-aero-le-nouveau-phenomene-de-l-industrie-francaise_13751

  6. La démonstration semble convaincante.

    Même si vous en projetez la vérité dans une généralisation enthousiaste, l’exemple pris de la production automobile mériterait cependant d’être testé sur d’autres grands secteurs agricoles ou industriels .

    Entre PIB , croissance , emplois, productivité ,management , robotisation , local , global, territoires ,formation initiale et continue ,empathie et projet social , PSDJ pourrait aussi réévoquer la monnaie comme élément incontournable de rouage ( anti-cliquet) .

    A confronter avec un travail que j’avais perçu comme intéressant d’un dénommé Philippe Drisin en 2012 , La théorie des cercles , ( d’abord parce qu’il est ingénieur TP de formation! ), et qui s’était essayé à une résolution systémique de l’ensemble des enjeux , via un détour par la Chine qui pourrait intéresser Paul Jorion et nos D ( D+H) .

    PS : le Mont Blanc ne fait plus 4807 m au grand dam de l’agence immobilière qui avait choisi 4807 pour ses enseignes , mais aux dernières nouvelles de l’IGN : 4810,02 mètres depuis 2013 ,après être passé par 4810,42mètres en 2011 . En fait on mesure la cime de la couverture neigeuse dont l’épaisseur, évaluée à 40 mètres environ , ne varie pas trop , mais un peu à cause , non pas de l’élévation des températures ( ça caille éternellement en dessous de zéro) , mais plutôt par déplacement de masse du aux vents .

    1. L’introduction du paramètre monétaire dans la thèse de Vincent Rey change les ordres de grandeur et la temporalité à la marge mais pas la conclusion. Tout est dans le « seule la croissance crée l’emploi ». Ce parti pris pseudo-scientifique détermine en fait le processus d’émission et de gestion de la masse monétaire qui fait que effectivement seule la croissance crée l’emploi.

      D’une part, la mesure économique de la valeur ajoutée et de sa croissance réelle ou supposée se fait par le truchement de la monnaie : ce qui n’est pas monétisé n’est pas mesuré quand bien même il s’agit de « valeur » ; ce qui est monétisé est mesuré comme valeur même si cela n’en est pas vraiment.

      D’autre part, les comparaisons de phénomènes ou de performances en valeur se font par plusieurs monnaies dont les fluctuations relatives de prix ne sont pas réellement mesurables ni objectivement signifiantes : une performance quantitative de valeur ajoutée peut s’effondrer dans le temps juste à cause de sa surévaluation monétaire.

      En troisième part, le système de la monnaie libérale est par construction un régime oligarchique de la valeur et de la productivité ou la discrimination de ce qui est valeur et de ce qui n’en est pas est le monopole de quelques techniciens financiers.

      Comme la croissance de la valeur mesurée par la monnaie est l’étalon de la croissance qui crée l’emploi ; comme l’emploi n’a alors pas d’autre raison d’être que d’initier virtuellement la croissance par la masse monétaire ; comme le critère d’émission de la monnaie est la part de la valeur ajoutée non redistribuée en rémunération des emplois ; la réalité non dite mais effective est que la destruction des emplois est la seule justification possible de la monnaie émise pour financer ce qu’il est convenu de nommer « croissance ».

      Le phénomène de destruction nette de l’emploi dans un contexte de croissance apparente est rationnellement suscité par le système de la monnaie libérale oligarchique.

      1. Ça m’apprendra à lever le doigt pour faire l’intelligent !…

        Sur votre conclusion finale , c’est sans doute ce qui conduisait l’auteur que je citais à tenter de substituer à la monnaie libérale du système monétaire mondial , un mécano conservant en partie les monnaies telles qu’actuellement conçues , pour le niveau macro ( global) , et un réseau de monnaies locales garanties par des puissances publiques  » régionales » pour le niveau micro ( local) .

        C’était à mes yeux plus séduisant conceptuellement que la monnaie fondante de Johannes « fils de Gesell » , mais l’application pratique ne m’apparaissait pas aussi facile qu’imaginé .

        Globalement , je voulais surtout signifier qu’à ne choisir pour les opposer que les seuls « croissance  » et  » emplois » ( dont certains ont pu dire que ce sont les emplois qui créent la croissance plus que la réciproque !), on omettait de percevoir que le jeu est beaucoup plus vaste , et surtout que le but du jeu n’est peut être pas de faire de la croissance ou des « emplois » , surtout au sens où on le comprend majoritairement aujourd’hui .

        L’idéologie féroce ,c’est de faire de ces deux « antagonistes », notre destinée et le point oméga du bonheur .

        Comme si nous étions nés pour ça !

      2. L’astuce libérale est de ne jamais dire de quoi la croissance est faite et donc à quoi les humains s’emploient. Cela permet de n’employer que les humains qui travaillent à faire gonfler l’illusion financière du pouvoir par l’argent chrématistique.

        Effectivement, si on restaure des monnaies locales dont l’émission relève exclusivement des autorités politiques contrôlées par la société civile, alors la spéculation financière en monnaie libérale perd son emprise actuelle sur la réalité économique des gens incarnés. Et la croissance retrouve un contenu qui réponde aux besoins de l’humanité dans la réalité terrestre.

    2. Bonjour Monsieur Juannessy

      Vous écrivez et je vous en remercie :
      A confronter avec un travail que j’avais perçu comme intéressant d’un dénommé Philippe Drisin en 2012 , La théorie des cercles , ( d’abord parce qu’il est ingénieur TP de formation! ), et qui s’était essayé à une résolution systémique de l’ensemble des enjeux , via un détour par la Chine qui pourrait intéresser Paul Jorion et nos D ( D+H) .

      Eh bien « le dénommé Philippe Drisin, c’est moi !
      Je me permets de vous conseiller la lecture d’un ouvrage plus récent que j’ai publié en 2014 qui reprend les mêmes idées que dans la « Théorie des cercles » en les simplifiant, les classant et les complétant. En plus il a l’avantage…..d’être plus court !
      Disponible sur Price Minister, Fnac, Amazon….. et consultable à la Fondation des Sciences politiques et à la Bibliothèque Sainte Geneviève

      1. Le nom de mon ouvrage publié en 2014:
        « Une Monnaie et des cercles »
        Pardon pour cet oubli !

      2. J’irai voir .
        Mais continuer aussi vos bonnes lectures sur le blog de Paul Jorion , dont les textes de PSDJ qi ui aussi fait des efforts pour être plus « vulgarisateur » .

      3. Vous pouvez, si vous le désirez, consulter mon nouvel ouvrage « La Mondialisation réorientée – et la localisation en rempart » (2018), disponible à la FNAC, Amazon, Decitre…..
        Mon nom : Philippe Drisin et mes précédents ouvrages : « La Monnaie secondaire » (1979), « La Théorie des cercles » (2011) et « Une Monnaie et des cercles » (2014)

  7. Le phénomène du chômage/création-déstruction des emplois est tellement complexe que quelques exemples ne suffisent pas pour y voir clair. Jacques Lesourne a brossé un tableau objectif et prophétique de la carrière fulgurante que le chômage de masse a devant soi (« Vérités et Mensonges sur le Chômage », publié en 1995).
    On peut dire que le chômage ne diminuera pas. Si Fillon parviendrait à gagner les élections, il faut craindre que le chômage augmentera, et surtout la précarisation/paupérisation, la « fracture sociale » sera encore plus marquée et profonde.
    Il n’y a pas que les robots, il y a également une concurrence de plus en plus grande et agressive dûe à la mondialisation économique (y compris au sein de l’Europe). Le problème qui se pose aux gouvernements: comment gérer ce phénomène sans risquer un soulèvement populaire et comment faire admettre au public cette situation qui, depuis plus de 40 ans, s’éternise.

    1. La France, ayant fait le choix d’un chômage structurel haut de longue date, sera peut-être mieux armée que l’Allemagne, les US ou la GB qui risquent de subir bien plus durement le prochain choc – i.e ça va être dur d’en demander encore une couche aux salariés brittons, ricains ou fridolins, même aux bienheureux de chez VW…

      1. Tu veux dire par là, cher Vigneron, que les Francais seront mieux habitués/adaptés au chômage de masse?
        Nota bene: la situation de l’emploi en Allemagne, USA….n’est pas aussi splendide, il y a beaucoup de cosmétique.

      2. Ben quand on vit presque continument avec un chômage BIT à plus de 8% depuis plus d’une génération (32 ans), ouais c’est devenu une manière de spécialité nationale, comme le reblochon. Je pense que l’Unesco envisagera un jour, si on demande longtemps et gentiment, d’inscrire l’Unedic au Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité…

      3. « ouais c’est devenu une manière de spécialité nationale, comme le reblochon »

        Pieds sensibles et nez débouchés s’abstenir. Hummm…Prenons soin de nos sens, avant qu’ils ne s’émoussent trop. Qui n’en veut du pib au reblochon structurel ?

  8. La productivité en nombre d’automobiles : 1 ouvrier de 1949 faisait en moyenne 2 voitures par an. 1 ouvrier de 2014 peut en faire jusqu’à 100.

    Plait-il ? On a dû tourner autour de 20/25 pour Renault dans les belles années (2007) et plutôt 15 aujourd’hui, 10/12 pour les Big Three aux US, mais 100 ? Qui ça ou ça ?

    1. C’est une erreur que j’ai laissé passer.

      Si l’on se base sur les 2 courbes ci-dessus :
      – valeur de la production automobile en 49 : environ 5
      – valeur de la production automobile en 2007 : environ 90
      – effectifs en 49 : environ 160
      – effectifs en 2007 : environ 190
      C’est plutôt un rapport de 1 à 15 (5/160 comparé à 90/190), par unité de valeur de la production automobile.

      Maintenant, en nombre de voitures, il y a un autre graphique de M Méot p 115 de son rapport :
      – environ 100 000 voitures françaises produites en 49 avec un effectif de 160, soit 625.
      – environ 5 000 000 de voitures françaises produites en 2008, avec un effectif de 190, soit 26315.

      26315/625, on obtient un rapport de 42 et non pas 100. J’ai dû copier coller un peu vite, en oubliant de vérifier…

      42 est encore à prendre avec précaution, car en 49, 100% de la production de véhicules français devait être faite en France, tandis que probablement plus de 20% devaient être assemblées hors de France en 2008.
      42/20% = 33…

      1. Non, le nombre de véhicules légers français(PSA+Renault) construits en 2007 étaient de plus de 6,2 millions, certes, mais de seulement 2,5 millions pour ceux construits en France avec 160 000 employés à la construction chez PSA et Renault, le reste (plus de 3,7 millions) produits ailleurs avec moins d’employés.
        http://www.ccfa.fr/IMG/pdf/ccfa_ra_2014_fr__md-complet.pdf
        http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/lemploi-dans-lindustrie-automobile-etats-unis-et-france
        Faut revoir les données de base de fond en comble, c’est n’importe quoi.

      2. Je ne connais pas le marché des automobiles, mais je sais que la France a un problème de compétitivité: elle est très forte dans certains domaines phares, comme l’aéronautique, l’armement, le luxe, le culinaire…..mais le milieu politique a négligé les autres secteurs industriels. Autrement dit pour être compétitif dans le cadre de la mondialisation, il faut une plusvalue, comme le font les Allemands: les voitures manufacturées chez eux se vendent bien. On ne sait combien de temps cela durera, mais pour l’instant le soucis de qualité et de haute gamme paye. Les produits de gamme moyenne ou basse sont concurrencés par le monde entier.

      3. Ouaip, sauf que, même sans le crash industriel du Volksgate, si j’étais l’un des 600 000 employés (!) de VW, je me ferais un tantinet de souci pour la pérennité à moyen terme de leur modèle de production…

      4. Mieux vaut en effet, faire confiance aux chiffres du CCFA, auquel se réfère pourtant M Méot.
        2.5 millions de véhicules construits en France en 2008 donc. Ok. On peut peut être tout de même garder les 190000 de M Méot en « équivalent temps plein » , ça nous fait 13157 en 2008, à comparer avec 625 en 49, ça nous donnerait une multiplication par 21 de la productivité entre 1949 et 2008.
        Et non pas 100 comme je l’indiquai par erreur.

      5. Vincent, faut-il encore pondérer ce chiffre de 21 de 20 % (production externalisée au pays) ? Auquel cas on arrive à 16,8.

        J’aimerais corriger la note de l’article rapidement pour refaire indexer la page par Google avec l’article correct.

      6. Ouais, faudrait comparer aussi les niveaux respectifs des achats de fournitures et services extérieurs des constructeurs français en 49 et 2008 (pour info en 2011 ça représentait 90 milliards d’achats dont la moitié en France…).

      7. Pour la productivité en valeur, je suis d’avis de garder les chiffres des 2 courbes de M Méot, ce serait donc une multiplication par 15. Pour la productivité en nombre de véhicules, mieux vaut se baser comme le suggère Vigneron sur les chiffres de véhicules assemblés en France donné directement par le CCFA, soit 2.5 millions en 2008. On passerait donc de la production de 2 véhicules par personne et par an en 1949, à (21 x plus) soit 42 véhicules par an et par personne en 2008.
        Cependant les choses semblent avoir encore évolué depuis. Je viens de lire que « En 1999, Sunderland produisait 200.000 voitures avec 5000 salariés. Aujourd’hui, avec 6000 personnes, l’usine dépasse allègrement les 500.000 unités » , ce qui correspond à une productivité de 83 véhicule par personne par an. voici le lien. http://www.usinenouvelle.com/article/comment-sunderland-est-devenue-l-usine-auto-la-plus-productive-d-europe.N194235

    2. Pour faire simple, Julien, remplacez la note de bas de page :
      « La productivité en nombre d’automobiles : 1 ouvrier de 1949 faisait en moyenne 2 voitures par an. 1 ouvrier de 2014 peut en faire jusqu’à 100 ».
      par
      « La productivité en nombre d’automobiles : 1 ouvrier de 1949 faisait en moyenne 2 voitures par an. 1 ouvrier de 2014 peut en faire jusqu’à 83 ». (Usine de Sunderland, angleterre, avril 2013 : http://www.usinenouvelle.com/article/comment-sunderland-est-devenue-l-usine-auto-la-plus-productive-d-europe.N194235)

  9. Un article qui a le grand mérite de chiffrer, et donner un cas précis. Reste à faire le même travail pour d’autres secteurs importants, comme l’habillement , l’électronique, l’agro-industrie, la banque, ou le commerce, du gros au détail.
    Ceux qui ne sont pas au seul service de leurs maitres le savaient déjà: la « croissance », dans nos économies capitalistes, n’a pas pour objet l’emploi, la qualité du travail ou la hausse des conditions de vie. Elle n’a pour seul objet que l’augmentation du profit des parasites.

    Maintenant, pour ceux qui font tout pour garder la tête dans le sable, au service de la « croissance » de leurs maitres, voici la dernière recette à mode:
    La croissance par la légalisation du cannabis

    1. la « croissance », dans nos économies capitalistes, n’a pas pour objet l’emploi, la qualité du travail ou la hausse des conditions de vie. Elle n’a pour seul objet que l’augmentation du profit des parasites.

      Reste à définir les parasites.Et trouver un Flytox universel, rémanent, préventif comme curatif, pas trop chéro, bio et sélectif.

      1. Peut être qu’une mutation génétique stérilisante , provoquée sur le spermatozoïde capitaliste , pourrait par effet viral mieux éradiquer la bête qu’un insecticide trop polluant ?

      2. @ Juannessy dit : 20 décembre 2016 à 0 h 21 min

        « Peut être qu’une mutation génétique stérilisante , provoquée sur le spermatozoïde capitaliste , pourrait par effet viral mieux éradiquer la bête qu’un insecticide trop polluant ? »

        Vous faites erreur Juan ! C’est au contraire parce qu’il est fondamentalement capitaliste et détenteur d’une richesse amoureusement constituée, consolidée et transmise au fil des générations, que le spermatozoïde humain est générateur de vie.
        En lui-même il constitue un capital susceptible de permettre la vie et sa perpétuation, pour peu qu’il puisse, grâce à une réserve de richesse disponible et bien concrète, investir un espace disposant de richesses restant à exploiter pour permettre une future vie.

        Prétendre que le capitalisme doit être éliminé au nom de l’humanisme, m’apparait aussi suicidaire pour notre espèce, qu’un appel qui inviterait les humains à détruire leur planète parce que, depuis toujours et pour longtemps encore, c’est-à-dire toujours, elle s’engendre et se perpétue au sein d’un système inégalitaire où les uns se donnent plus de chances que les autres de vivre et de faire survivre leurs descendants.

        Ainsi va la sélection des espèces, l’espèce humaine y compris. C’est la vie !

        Jusqu’à la fin des temps humains, ce système se perpétuera et sera in fine relayé par d’autres systèmes inégalitaires où, là encore, certains organismes vivants se donneront alors plus de chance de survivre au détriment des plus vulnérables de leurs congénères qui finiront par ne plus pouvoir se perpétuer.

        C’est probablement ainsi que le néanderthalien a disparu. Peut-être était-il anticapitaliste comme l’ont été les systèmes communistes que nous avons connus et qui, sans l’avouer afin de ne pas se déjuger, se sont depuis convertis en purs systèmes capitalistes (Ex URSS, Chine et autres).

  10. L’ « élargissement quantitatif de l’offre » au consommateur, c’est bien le projet de Mr Draghi de distribuer l’argent de la BCE aux consommateurs plutôt qu’aux banques?
    S’il est certain que ça dopera la consommation, et l’inflation (aubaine sur les prix que ne vont pas louper les grands collecteurs d’argent que sont les grands distributeurs ), l’effet sur le chômage risque d’être décevant. Les importations vont augmenter ainsi que le gaspillage déjà à l’oeuvre.
    Le chômage ne pourra être solutionné qu’en partageant le travail productif et en rénumérant le travail social/non marchand et/ou en rendant gratuit les besoins primaires (alimentation, énergie, logement…) .
    Une révolution de l’économie des échanges est nécessaire.
    Yapluka… mais ce n’est ni dans le programme de Mr Trump, ni dans ceux des candidats à la présidence en France.

    1. Ce n’est pas et ce ne sera jamais de cette façon que ni Draghi ni aucun autre banquier central conçoit ou concevra le pognon hélico, z’inquiétez pas.

    2. « ni dans ceux des candidats à la présidence en France. »
      page 57 de L’avenir en commun . . .
      …/… Convoquer une conférence nationale sur le partage du temps de travail et l’impact du progrès technologique, favoriser le passage à la semaine de quatre jours pour aller vers les 32 heures et appliquer les 32 heures pour les salariés en travail de nuit et les métiers pénibles …/…

      1. et page 61
        …/… instaurer la gratuité de l’accès et des quantités d’eau, électricité et gaz indispensable à une vie digne …/…

      2. A lire ce paragraphe-extrait , on ne voit plus l’intérêt de dépenser de l’argent public en réunissant une  » conférence nationale « 

      3. La démocratie vaut effectivement qu’on y consacre de l’argent .

        Les  » conférences nationales » aux conclusions pré-écrites , beaucoup moins .

  11. L’élection de Trump aux US a lancé le débat sur la question « quelle proportion du déclin de l’emploi dans l’industrie US est à attribuer à la globalisation (délocalisation) et quelle proportion est à attribuer aux gains de productivité (automatisation)?

    Après quelques aller-retours entre les économistes concernés, le consensus atteint est, grosso modo:
    – 20% pour la globalisation
    – 80% pour l’automatisation
    (Par ex: https://www.gc.cuny.edu/CUNY_GC/media/LISCenter/pkrugman/Trade-and-Manufacturing-Employment.pdf)

    Bref, la globalisation ce n’est pas négligeable comme effet, mais le gros gros morceau, c’est la robotisation!

    Quand la taille du gâteau diminue, vous pouvez vous battre pour conserver votre part, mais c’est un combat qui va vite tourner au pugilat ET qui est perdu d’avance.

  12. L’emploi est un sujet très sensible. La discussion est passionnante. Je remercie l’ auteur et les intervenants, en signalant, une fois de plus que les archives de Vigneron permettent de rectifier une erreur de chiffre. Bravo, Vigneron, irremplaçable! Dommage que l’attirance du grand large vous polarise, aux risques d’injustice. Nul n’est parfait, même s’il l’approche finement.

    Maintenant que la question est un peu décantée, pourrait-elle bifurquer vers l’emploi. Comment réduire le chômage? C’est un fléau. Il faut le vivre ou l’avoir vécu pour le comprendre.
    Il doit être possible d’agir à plusieurs niveaux: Etat, politique monétaire (PSDJ), politique industrielle, incitation fiscale, et des tas de mini ou micro actions inconnues. Je voudrais faire remarquer que France et Allemagne partagent les mêmes macro-situations et cependant, ce qui aide l’Allemagne handicape la France, et son aire culturelle type club Med. J’ai entamé une discussion ouverte il y a longtemps avec mon fils ainé, ingénieur, sur le sujet. Sa seule explication est que l’Allemagne tromperait son monde. En réalité, elle serait très proche de suivre notre chemin descendant, celui de la désindustrialisation. Annoncer une catastrophe égalisatrice n’est pas crédible… Bien que certains articles de François Leclerc pourraient le suggérer au plan finance-banque.
    Mon plaidoyer semble nationaliste, limité aux frontières. En réalité mon seul intérêt est l’emploi, ici, proche de chez moi, dans cette banlieue de la Terre. Ce sont les sources des statistiques qui introduisent ce biais. Ici, en lisière de la Suisse, l’industrie et les services de ce pays offrent aux Savoyards des milliers d’emplois (160 000, pour les 2 Savoies, je crois me souvenir) et c’est bienvenu.
    Mais on voit la pollution, tous les matins ouvrables, sur l’autoroute, des milliers de voitures, sur des dizaines de km, roulent à basse vitesse et attendent leur entrée en Suisse. Et les horaires déments.

    Des idées ? Et que l’on évoque pas, sauf nouveauté réelle, le code du travail. S’il faut y intervenir ce ne pourrait être que la 100.ième proposition ou la 1000.ième.
    Une blague, tristement vraie. Dans les années 1980, le Parti Communiste décide de « lutter contre le chômage. » Pour ce faire, il bloque une fin de semaine les 120 membres du bureau politique en une séance de remue-méninge intense, 48 heures concentrées sur la question et sans distraction.
    Le lundi, le bureau politique publie les résultats de cet exercice d’imagination. Le communiqué n’est pas très clair. Mais il peut se résumer à :  » Pour lutter contre le chômage, il faut créer des emplois. » Il est passé inaperçu. Et le PC a cessé de monter la voie dans ce domaine…
    Est-on désarmé?

    1. Herzog se souvient, qui se souvient de lui ?
      http://www.slate.fr/tribune/57303/herzog-gauche-autre-politique-economique-1980

      […] Comment ne pas souligner la prégnance mentale symbolique des conquêtes sociales de 1936, lesquelles étaient pourtant associées aux erreurs économiques commises dans l’entre-deux guerres? Négligeant les travaux que je conduisais sur les chiffrages du Programme commun et de la politique de la gauche qui montraient les dangers de l’accumulation de «conquêtes» sociales dès les débuts de l’exercice du gouvernement, et de la politique de relance par la consommation, la gauche socialiste et communiste est vite tombée dans la trappe. La «pause» des conquêtes et des réformes qui s’ensuivit dès 1982-83, en raison des déficits extérieurs et des dévaluations du franc, a pris en revers les militants et les citoyens. Et alors que la section économique visait la promotion de l’emploi par le développement de la création et de l’offre productives, le gouvernement s’est bientôt abîmé dans les politiques de traitement social du chômage, accompagnées d’un sentiment d’impuissance face aux forces économiques. […]

    2. Côté Haute-Savoie ,je crois que c’est plutôt un nombre de l’ordre de 90 000 résidents qui ont un emploi en Suisse et Genève en particulier .

    3. L’emploi futur sera de plus en plus réservé à du personnel qualifié -même pour les aides à la personne, car il faudra savoir se servir des nouveaux robots d’assistance ! – Alors tout le monde sera-t-il capable d’accéder à ce type d’emploi ? Ma réponse est : non, contrairement au paysan du XIXème siècle qui, après une formation sommaire était capable de devenir ouvrier dans une usine en très peu de temps, permettant ainsi de fournir toute la main-d’œuvre nécessaire pour permettre la révolution industrielle de l’époque.
      Donc il faudra former bien sûr, accélérer les processus de formation, les multiplier au maximum des possibilités…..mais il restera toujours une proportion non négligeable de personnes rétives à ces formations qui ne sauront exercer (du point de vue de la qualification) que des métiers simples du type de ceux qui existaient dans l’industrie du XIXème (je ne dis bien sûr pas qu’il faille revenir à ces types d’industries, et j’accepte tout à fait que la destruction créatrice fasse son œuvre). Je dis simplement que dans l’univers économique à envisager dans l’avenir il est nécessaire que subsiste ce type d’emplois. Ce que je propose donc est de créer une division du monde économique fonctionnant sur la base de monnaies locales (représentant entre 15% et 30% du PIB de la nation, selon les circonstances) qui grâce à des critères de production moins sélectifs qu’au sein de la division « moderne » du monde économique offre ce type d’emplois (le modèle actuel des emplois d’insertion peut en fournir une idée, mais pas seulement)
      Voir mon ouvrage : « Une Monnaie et des cercles »

  13. Une (La ?) solution passe par une politique de « Grands Travaux », répondant aux défis écologiques et sociaux.

    La monnaie ne serait alors pas injectée via des banques privées…, mais pour directement financer ce méga nouveau secteur économique, qui entraînerait tout le reste.

    Le tout est de planifier la chose, en fonction en particulier de la main d’œuvre disponible.

    Compte tenu de l’immensité des Travaux en question, il serait aisé de revenir au plein emploi, et en réparant les dégâts du capitalisme.

    1. Si c’est grand et méga et immense , ça va forcément marcher….

      Mais c’est quoi ?

      PS : @Vigneron : l’intuition sur Hyppolite semble se préciser .

      1. C’est quoi ? Conversion écologique de la société… Et partant d’ou nous en sommes, c’est effectivement gigantesque.

  14. Si je me place dans la logique de la survie de l’espèce, je dois abandonner les notions de compétitivités et de concurrence, les remplacer par celle de coopération et de mise en commun des ressources.
    Dans cette perspective j’avoue ne pas pas comprendre pourquoi réfléchir pendant des heures sur les perspectives d’emploi.
    L’échelle de la France devient alors bien insuffisante, les problèmes rencontrés étant mondiaux.
    Sinon les limites physiques ont été pointées depuis longtemps.

    1. C’est toute la difficulté : abandonner les notions de concurrence et de compétitivité, ou vouloir corriger la cupidité de l’homme, c’est vouloir un changement de l’homme dans sa nature, on retombe dans le travers de la vertu, que recherchait Robespierre. Ne vaudrait-il pas mieux adopter la position de Danton, car l’homme vertueux n’existe pas, et il n’existera jamais.
      Pourquoi réfléchir à l’emploi : d’abord pour que la majorité des gens comprenne bien le problème qui commence à se poser : une économie qui commence à se dévorer elle même par l’investissement. Ce n’est peut être pas si évident à comprendre, après des générations et des générations, ou le travail a toujours été la source de toute réussite.

      1. En 2011 l’industrie automobile en France dégageait 5600 euros d’EBE par personne occupée, l’industrie auto en Allemagne 30 000 et l’industrie auto en GB 56 000.
        Ça signifie que la part salariale dans la VA au coût des facteurs représentait 47% en GB, 66% en Allemagne et 90% en France.

      2. Ce sont les libéraux qui disent ça!

        L’homme s’adapte au Système (les règles du jeu) dans lequel il vit.
        Inutile de changer l’homme, il suffit de changer le Système…
        Son esprit de compétition et sa cupidité lui feront faire des miracles, si les règles sont bien pensées.

      3. @ Vincent Rey dit : 21 décembre 2016 à 10 h 24 min

        « Pourquoi réfléchir à l’emploi : d’abord pour que la majorité des gens comprenne bien le problème qui commence à se poser : une économie qui commence à se dévorer elle même par l’investissement. »

        Vous pensez donc que réfléchir à l’emploi permettrait à la majorité des gens de comprendre l’économie ?

        Je pense personnellement que c’est la réflexion sur l’utilité du travail fourni dans l’emploi, qui importe le plus.
        Que vaudrait l’économie d’un pays dont les emplois des habitants ne génèreraient aucun bien et service utile et donc échangeable avec d’autres pays et leurs habitants ?

        Quant à l’investissement, je le crois indispensable à la survie de nos communautés.
        C’est ce que l’observation de la réalité nous montre chaque jour.
        Ceux des individus ou des pays qui vivent sans se soucier des efforts utiles à fournir, pour vivre et pour permettre à leur lignée de survivre demain en investissant pour s’adapter à l’évolution du monde, se fragilisent. Ils sont voués à régresser et à ne plus compter pour grand-chose au sein d’une population globale de 8 milliards d’habitants.

        Voyez plutôt le travail utile fourni, et le mal que s’est donné le spermatozoïde, cet investisseur porteur d’un capital (génétique) duquel vous avez hérité la vie.
        C’est un bel exemple d’abnégation dans le travail pour la réalisation d’un investissement utile à ceux qui hériteront de nous.
        A mon sens, on a un peu trop perdu de vue l’utilité de l’abnégation dans le travail. C’est pourtant ce qui apporte souvent les plus gratifiantes récompenses.

        https://www.youtube.com/watch?v=Boar-7gsFiM

      4. Comment déféquer sur la tête des futurs générations.
        C’est très simple, ouvrir l’anus à parole des commentateurs de la génération X.

    2. Conclusion : les ouvriers Renault en France peuvent remercier tout autant les ouvriers brittons Nissan de Sunderland que les Roumains Dacia de Pitesti ou les Slovènes Renault de Novo Mesto.

Répondre à Vincent Rey Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.