Pénélope, par Marianne Oppitz

Billet invité.

Pénélope,

Le prénom est déjà tout un programme, un symbole, un scénario.

Pénélope qui, en anglais, souffre de n’être qu’une mère pour ses enfants… Qui n’a jamais été l’assistante de François Fillon, ni fait sa communication.

Pénélope qui, en français – enfin, on imagine, parce qu’en fait elle reste muette comme une carpe – se montre à côté de son Seigneur et Maître, verse une larme de temps en temps, ne semble pas du tout savoir ce qu’elle fait là, fait trois petits tours et puis s’en va dans son château de la Sarthe.

C’est un peu mince comme début d’histoire. Et s’il n’y avait rien à dire ? Si elle ne comprenait pas de quoi nous parlons ? De quoi parle son mari ? Il ne lui a peut-être pas expliqué en anglais qu’elle avait signé un contrat d’embauche. En fait, elle n’a jamais su qu’elle avait un boulot. C’est vrai ! Personne ne le lui a dit dans sa langue maternelle « that she had signed a bloody contract ». Good gracious me ! Et tout à coup son penny tombe :

« Mais pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt dans la langue de Shakespeare ? C’est embêtant, je ne me suis jamais présentée au boulot ! Peut-être m’a-t-on déjà licenciée ? Mais alors, j’ai droit au chômage ? C’est pour cela que mon mari me trimbale partout ? Pour montrer comment la République Française m’a spoliée de mes droits ? Je n’ai même pas touché le RSA. Je vais enfin avoir un statut ! Mes enfants vont être fiers de moi ! Je vais pouvoir continuer ma vie d’assistée ! Mon mari n’aime pas ça, mais après tout, il m’a épousée pour le meilleur et pour le pire ! »

Vive la République ! Vive la France !

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