Une voix de gauche tout simplement, par Jacques Seignan

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Ils étaient onze derrière un pupitre : certains voulaient nous convaincre de voter pour eux ; d’autres plutôt de promouvoir leurs idées (et leur petits partis). Tout le monde s’est accordé pour reconnaître que Philippe Poutou fut un choc : sans doute fort déplaisant pour les zombies réactionnaires mais si revigorant pour l’immense majorité qui n’en peut plus des professionnels de la politique. Une vraie bouffée d’oxygène ! Un moment si rare où une parole libérée survient ou comme l’écrit Christophe Gueugneau dans Médiapart : « Philippe Poutou, l’irruption du réel » [5.4.2017].

En occitan « poutou » [graphie poton] signifie « bisou ». Ceux d’entre nous qui ont eu des grands-mères parlant patois (comme on disait alors) se souviennent qu’elles nous disaient : « viens me faire un poutou ». C’est si gentil … mais hier soir on ne peut pas dire que M. Poutou ait été très gentil ; il a été même très méchant avec les (présumés) corrompus, avec les (présumés) fraudeurs, avec les (présumés) tricheurs auto-proclamés antisystème qui l’utilisent pour se planquer de la justice de leur pays. Mais après tout attend-on d’un justicier qu’il soit bon avec les voleurs ? Il a su aller à l’essentiel pour parler au nom de millions de gens qui n’ont jamais la parole et qui n’apparaissent que comme des statistiques, sont qualifiés d’assistés ou au mieux sont des cibles marketing pour produits pas chers. Un ouvrier, « vu à la télé ! »

Son discours a produit des effets collatéraux : on a pu voir les deux candidats de gauche, MM. Hamon et Mélenchon, regarder M. Poutou et furtivement (je l’imagine sans preuve) se dire que, lui, il allait au fond des choses, comme eux dans leur jeunesse militante. Lutter pour un socialisme authentique, selon le sens exposé par Paul Jorion : la seule voie pour sauver l’espèce. Incontestablement M. Mélenchon est porté par un mouvement prometteur (la France insoumise) qui souhaite modifier en profondeur la société française mais comment s’empêcher de penser que sa Constituante est trop en décalage avec les urgences vécues et à venir ? Que cela n’est pas un peu confondre la fin et les moyens ? Pour mettre les politiciens corrompus à leur place, en prison éventuellement, il suffit de faire appliquer les lois grâce à un rapport de force démocratique.

M. Hamon relève d’une autre problématique. Les électeurs de gauche s’étaient réjouis de sa désignation aux Primaires et récemment, on a vérifié qu’il a bien éliminé un candidat de la droite dissimulée au PS. C’est homme honnête (et visiblement cela ne va plus de soi chez les politiciens), 8intelligent et ouvert, et il cherche à présenter des solutions de gauche. Alors pourquoi sa campagne n’arrive-t-elle pas à prendre ? Pourquoi sa parole est-elle si faible dans les débats ?

L’autre jour, lors du premier débat, j’ai eu une intuition quand il a parlé du revenu universel (RU). Il paraissait assez confus pour l’expliquer et de plus l’exemple choisi pour un agriculteur était vraiment désastreux. Non qu’il ne faille enfin permettre à nos paysans, qui ne comptent pas leurs heures (et sans vacances), qui sont accablés de paperasses et de pollutions diverses, qui n’en peuvent tout simplement plus de leurs conditions de travail, d’être correctement rémunérés pour leur travail. Il suffirait qu’il lise Paul Jorion pour découvrir le biais : un rapport de force tel celui que celui-ci décrit pour les pêcheurs. Leurs revenus sont écrasés jusqu’à la limite de survie. Pour la majorité des agriculteurs, il y a sûrement un rapport de force à modifier drastiquement avec la grande distribution. Tous les chiffres (les marges successives) sont connus. Parfois un paysan n’arrive plus à obtenir même l’équivalent d’un demi-SMIC. Lui proposer un complément du type RU, peut être ressenti comme une humiliation : il faut résoudre le problème en amont ! S’attaquer résolument à ces groupes prédateurs (possédés pour certains par des évadés fiscaux légaux) et qui maltraitent leurs employés. De plus, après des palinodies pour réduire ce qui apparaissait comme trop utopique et rendre le RU plus « acceptable », on en est arrivé à une grande complexité. Il m’est impossible de comprendre comment les conseillers de M. Hamon, si brillants, tels que Julia Cagé ou Thomas Piketty, ont pu concevoir une telle machinerie. Ou seraient-ils justement trop brillants ?

Le résultat est là : cafouillages quand il faut en montrer les avantages supposés. D’abord le simulateur en ligne avait un bug : « un employé au salaire brut mensuel de 2.500 euros, avec trois enfants à charge toujours, pouvait même éprouver des sueurs froides : le simulateur lui promettait un manque-à-gagner de 301 euros par an ! ». C’est réparé mais ensuite c’est Aurélie Filipetti qui ne se souvient plus du seuil limite et déclare qu’il est de 2200 € au lieu de 2800 €.

La difficulté est sans doute intrinsèque : si l’on cherche des mécanismes complexes pour corriger en aval des problèmes (gratuité plutôt que le RU par exemple) on entraine ces pataquès, déplorables dans un débat politique.

Référons-nous aux réflexions pertinentes de Julia Cagé dans son article La responsabilité de l’entre-soi médiatique est immense dans l’avènement du populisme : « (…) il est nécessaire que nous tous, journalistes, enseignants-chercheurs, citoyens, nous vivions enfin la même réalité. Que, pour redonner tout son sens à l’idée de démocratie représentative, nous commencions par participer à la vie de la cité, que nous n’ayons pas peur de nous délégitimer en sortant des sentiers battus, pour comprendre enfin ce qui s’y joue vraiment. »

La pseudo-gauche au pouvoir a multiplié les usines à gaz : « compte pénibilité », récemment « prélèvement à la source ». Maintenant la gauche « frondeuse » met en avant ce projet de RU, finalement une usine à gaz potentielle. Or la complexité bureaucratique – décrite par David Graeber [« Bureaucratie », Les Liens qui libèrent, 2016] ou par Ken Loach dans son dernier film [« I, Daniel Blake »] – ajoute des souffrances et des humiliations aux plus précaires, provoque une exaspération immense pour la majorité des citoyens écrasés par un système inique. On sait que des personnes ayant droit au RAS n’entreprennent même pas les démarches pour l’obtenir. Ces usines à gaz permises par les sophistications logicielles contribuent à la révolte populaire que d’aucuns traduisent en révolte « populiste ».

Devinez comment vont réagir les gens quand on leur propose un « revenu universel » avec des sophistications imbitables ?
Ont-ils torts d’être instinctivement méfiants ? Est-ce une explication sur cet échec à faire passer le revenu universel comme une grande mesure de progrès (et de pouvoir d’achat) ? Comment convaincre et séduire les électeurs ? D’abord de grâce,
chers amis de gauche, revenez sur terre et épargnez-nous les usines à gaz !

Mais il y a surtout et en priorité ce devoir de « vivre la même réalité » et « comprendre ce qui s’y joue ». Hier soir, Philippe
Poutou a parfaitement illustré cette idée en s’adressant ainsi à M. Macron : « que savez-vous de la pénibilité du travail ? ».
En effet ce magnifique parangon de la classe dominante a déclaré qu’il faudrait supprimer le terme de « pénibilité » dans l’intitulé de cette loi car « le travail, c’est l’émancipation ». Certes, aucun chômeur créé sous ce quinquennat catastrophique, dont il fut un acteur majeur, ne le niera – combien il aimerait s’émanciper de sa précarité par le travail.

Mais c’est super la novlangue : plus de pénibilité, que de l’épanouissement ! L’intervention de Philippe Poutou fut là aussi comme un soulagement : un ouvrier pour dire les choses comme elles sont vécues pour tant de gens qui ne savent pas bidouiller (avec talent certes) des fusions-acquisitions (inutiles sauf pour ceux qui en tirent grand profit) ou plus bêtement se faire offrir montres et costumes de prix, tout ça, sans trop de pénibilité…

Quel gâchis ! Nous avions besoin d’une union de la gauche portant des propositions de gauche et M. Poutou a fait une piqûre de rappel cinglante sur la réalité vécue, porte-parole des voix étouffées.

============== http://www.leparisien.fr/societe/fausse-couche-a-auchan-la-caissiere-porte-plainte-pour-non-assistance-a-
personne-en-danger-10-01-2017-6548661.php
https://www.marianne.net/politique/quand-le-simulateur-de-revenu-universel-de-benoit-hamon-fait-perdre-
de-l-argent-aux
http://www.bfmtv.com/politique/revenu-universel-bug-du-simulateur-de-hamon-qui-affiche-une-perte-d-
argent-pour-des-salaires-moyens-1135309.html
http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/11/10/la-responsabilite-de-l-entre-soi-mediatique-est-immense-
dans-l-avenement-du-populisme_5028570_3232.html#3GosbT5GqMxFmMQ8.99
http://www.pauljorion.com/blog/2016/11/25/mettre-en-place-les-elements-dune-transition-vers-un-
socialisme-authentique/
http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/macron-veut-supprimer-le-nom-du-compte-p

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131 réflexions sur « Une voix de gauche tout simplement, par Jacques Seignan »

  1. Bonsoir,

    Sur cette question (votre dernier paragraphe, ce qui précède me parle très peu), suite à un article de Paul J j’avais écrit l’autre soir un témoignage, puis tout s’est effacé (bug ou mauvaise manip).
    Je suis belge vivant en France, je me suis littéralement enfui de mon pays soumis à un régime libéral dur qui ne prend aucune manière que pour mettre à mal les gens comme moi.
    Et voila qui vient de se produire une seconde fois, je n’ai pas dem andé les autorisations, nécessaires pour quitter mon pays (on sait qu’en 39 des autorisations étaient également nécessaires pour se rendre dans la zone encore libre (le Midi où je vis actuellement) ; sucrage intégral de toutes mes allocations (handicap).
    Détail piquant ; si pour ma mutuelle je devais prévenir avant et avoir l’aval d’un médecin conseil, pour la sécu je ne devais demandé l’autorisation qu’une fois inscrit en France.
    C’est amusant n’est ce pas ces ordres paradoxaux?
    Ça l’est beaucoup moins quand vous souffrez d’une dépression profonde qui fait qu’avec ces petits tracas, deux fois rien donc, vous ne voyez plus d’avenir sinon que de façon encore plus noire que jamais pensé.
    La sécurité sociale d’hier est devenue l’insécurité sociale d’aujourd’hui.
    Donc, je cours d’assistante sociale en médecin, de psychiatre en psychologue, le tout gratuit, la France est restée humaine sur ce point en espérant que « ça va s’arranger ».
    Nous sommes dans Schengen et dans l’Europe en 2017 et des gens on continue à se ficher comme d’une guigne.
    Il n’y aucun mot assez dur, aucune attitude pareillement pour désigner ces systèmes crapuleux qui vous éjectent pour un oui ou un non parce que vous comprenez, les règlements et surtout la fraude, Madame, ou la la, la fraude vous vous rendez compte…!?
    Ces politiques tuent ou lentement ou surement. Après on s’étonne de la part de certaines catégories de la population d’une certaine indifférence, d’un rejet voire de colère. Mais il ne saurait pas en être autrement, absolument pas.

    Bien à vous

  2. Poutou Poutou,
    je rêve où même sur ce blog vous demandez à un candidat de dire ce que minimum 2 000 000 de bonhommes de ce pays peuvent dire (dont 500 000 mieux formulé) ?
    Poutou fait 1% en tant de crise capitaliste, c’est nul.
    Les mouvements sociaux oui certes, conduit par des nuls, moins.
    Ruffin aurait fait bien mieux, m’enfin.
    Allé la gauche pour les nuls moi ça va.

    1. Notez le poème de M.Hamon, j’ai apprécié,
      élégant, pacifiant, rassemblant , avec Marine à côté ça tombait pile poil, mes oreilles se sont ragaillardis après son texte final.
      Merci, très bon idée, il aime la langue et cela c’est entendu et vu, bravo, il fallait oser, continuer sur cette idée…

    2. Ruffin n’aurait rien fait du tout. Tu sais pourquoi ? Poutou est adorable, tête à bisous, et Ruffin est imbitable, tête à claques de première.

      1. Le seul point fixe, c’est l’axe ?
        Si chacun se sent l’axe de l’univers , il aura raison et se verra naître une pleinitude angoissante qu’il devra calmer en militant, en nettoyant les berges ou en envoyant des bombes.
        Le bien triomphera, et le bien, c’est que la vie et sa perte d’énergie s’arrête.
        Have a Nice day !

    3. Lucas,
      ce billet ce n’est pas un appel à voter Poutou, du moins ce n’est pas la lecture que j’en ai faite.
      C’est juste pour saluer la tonitruante et rafraichissante intervention de celui qui avait pas de costard et qui a pas voulu poser pour la photo de famille. Bref le mauvais joueur qui a dérangé le bel ordonnancement de cette soirée électorale. Celui dont l’attitude aurait été indigne selon une journaliste de BFM. On aurait aimé plus de morgue de la part des présentateurs de ladite pour causer de l’indignité des Fillon et Lepen, mais non, c’était Poutou l’homme indigne.
      Poutou, hier soir nous a rappelé les fondamentaux de la gauche, d’où elle vient, et dans quelle direction elle peut aller si elle s’unit. J’ai noté cette phrase de Poutou qui tout trotkyste qu’il est va dans le sens des préoccupations du blog quand il a réclamé « l’accès gratuit aux besoins fondamentaux ».

      1. Bah, vous me faites marrer avec votre Poutou. Comme si on savait pas depuis Besancenot que les trosks, à partir du moment où ils se débarrassent au max du parler trotsk estampillé (ce que ne sait faire ni Arthaud, ni Laguiller avant elle), peuvent exceller dans l’art rhétorique et l’éristique, bref la punchline.

      2. Il fallait lire : « l’accès gratuit pour les besoins fondamentaux de la population »

      3. vous avez noté que Poutou tout trotskyste qu’il est va dans le sens des préoccupations du blog « l’accès gratuit au besoins fondamentaux » qui est précisément le programme socialiste depuis plus d’un siècle et que Trotsky et les trotskystes défendent. Tant mieux si le blog de P Jorion rejoint le programme socialiste, au moins sur ce plan là. Mais n’inversons pas les choses. C’est d’abord une revendication du mouvement ouvrier.

      4. « Tant mieux si le blog de P Jorion rejoint le programme socialiste »

        J’ai pris ma carte d’« Étudiant socialiste » à l’âge de 15 ans, je n’ai donc nul besoin de « rejoindre » le socialisme aujourd’hui, n’ayant jamais bougé d’un iota.

        La revendication de « l’accès gratuit aux besoins fondamentaux » date de plus d’un siècle et précède la naissance du socialisme puisqu’on la doit à Robespierre.

      5. Oui mais alors si je vous suis,
        le candidat rapellant la vraie gauche proposant les mesures fortes comme la gratuité pour les besoins fondamentaux, ne veut donc définitivement pas être au pouvoir est fuyant et a du mal à s’exprimer en français.

        Il est vrai que l’image est assez lucide.

        Je suis d’avis qu’il a simplement dit tout ce que tous pensaient tout bas et ça ce n’est pas être de gauche c’est avoir du bon sens être ouvrier avec une pointe de courage car le ras-le-bol il le connaît ainsi que la pression des collègues.

        Franchement, la gauche quoi! Les gars!

      6. @Paul Jorion dit : 6 avril 2017 à 8 h 56 min

        « La revendication de « l’accès gratuit aux besoins fondamentaux » date de plus d’un siècle et précède la naissance du socialisme puisqu’on la doit à Robespierre. »

        Certes, mais en s’exprimant ainsi Robespierre n’avait probablement pas pris conscience des contraintes de l’écologie, terme né un siècle après lui.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%A9cologie

        En évoquant la gratuité, il avait négligé de prendre en compte le fait que toute appropriation de richesse jusqu’au niveau individuel, coûte en dépense d’énergie et de matière ainsi que de temps à y consacrer.

        L’avenir des espèces vivantes dépend des ressources disponibles, notamment en énergie et en matières. Elles imposent de se soucier davantage des DEVOIRS que des DROITS DE l’HOMME. Transmettre les richesses vitales implique de les préserver, donc d’amener CHACUN à prendre sa part dans les efforts à fournir pour se les APPROPRIER ainsi que des efforts à fournir pour les ECONOMISER en vue de les transmettre aux générations suivantes, au lieu de ne leur transmettre que des dettes.

      7. Je vous prie de m’excuser pour toutes ces fautes d’orthographe. 🙁

        (vigneron, F.Ruffin est plus convaincant, c’est juste ça…)

      8. Et puis, vigneron, un candidat anti-capitaliste dans le cadre actuel, n’est pas du tout cohérent avec sa position si il est tout à fait bittable et adorable !
        Un peu de cohérence -caractère cause position humeur- ça ferait du bien ! Pour le coup la tête à claque l’est.
        C’est un avis à rediscuter je l’avoue :/

      9. @ Paul Jorion,
        En tant que socialiste « de la première heure », que pensez vous de l’explication de Mélenchon sur l’échec de la social démocratie due au passage d’un capitalisme national à un capitalisme transnationalisé?

        A partir de 12:15 sur la video suivante :
        https://www.youtube.com/watch?v=3zu317upAUA

        Peut on y voir une cause à la concomitance et la similitude des dynamiques d’implosion du PSOE en espagne et du PS en France?

      10. T’as manqué l’information majeure noyée dans le logorrhée du Monsieur. Plus que majeure, Capitale ! Je cite :

        Le seul point fixe de l’univers, c’est l’Est.

        L’horizon de la Cosmologie est en révolution. La stupeur et le désespoir se sont abattus sur la communauté des cosmologistes. On raconte qu’il en pleut comme à Gravelotte aux quatre coins du globe ; ils se jetteraient du haut de leur piédestal en poussant de bizarres petits cris d’étourneaux blessés, le visage tourné vers l’Est.
        En enfer, à l’ouest sûrement, Cioran se marre.

        Chacun est pour soi le seul point fixe de l’univers.

      11. Quoaaaaa !!! Vigneron là tu es pris en flag d’écoutage de Monsieur ! C’est double dose de tisane pour ce soir, t’y coupe pas ! T’es pas au courant de la théorie de l’escalade peut être? on commence par 5 minutes de conférence à l’Essec et on finit par s’injecter l’internationale en intraveineuse toutes les 2 heures, attention! tu files du mauvais coton.
        Allez pour ceux que t’as embrouillé avec tes cosmocats : quand on est perdu en mer sur son pédalo et que le capitaine ne sait plus ou il en est, le point ou le soleil se lève sur l’horizon nous indique l’Est et c’est le seul élément qui vas nous aider à définir un cap avant que la nuit brune ne tombe.
        Nota : Passe le mot à ton Amiral Larima qui navigue encore à la recherche de l’île mystérieuse d’où partent nos vaisseaux spatiaux 🙂

    4. Olivier Besancenot a révélé dans une vidéo récente (si je retrouve je mets le lien) que le NPA avait proposé à toutes les forces à gauche du PS, autrement dit à tout ce qui cherche la « survie de l’espèce » de se mettre d’accord sur un programme d’urgence et un candidat commun, issu de luttes sociales, et non encarté. Ils n’en ont pas voulu, par sectarisme certains, par carriérisme d’autres. Ils se reconnaitront tous…
      Ca ne fait pas le compte, mais c’est un début: Philippe Poutou porte ce projet, socialiste et écosocialiste authentique, avec son Programme, qui explique et complète bien ses interventions du 4 Avril.
      Son programme est ici: https://poutou2017.org/sites/default/files/2017-03/ProgrammePOUTOU-2017_WEB_0.pdf
      La compilation de ses interventions du Avril est ici:
      https://www.youtube.com/watch?v=5Ipy66Wz1ww

  3. Dans le projet de M. Mélenchon le travail de la constituante qui prendra évidemment du temps n’empêchera pas le pays d’avancer en appliquant le programme « l’avenir en commun » qui répond aux urgences…vécues et à venir.

    1. Mais le vrai porbleme c’est de donner des budgets et des moyens aux structures existantes… simplement. pas besoin de se refaire tout une constituantes. Ca necessite une energie enorme et les resultats sont tout sauf garantis. Et l’urgence est bien ailleurs. Melenchon voudrait maximiser la dissipation d’energie, l’a pas bien lu Roddier ou trop bien?

      1. Vous n’avez pas lu le programme « L’avenir en commun ».
        Ou peut-être avez-vous peur du changement.

      1. Evidement que c’est du replâtrage, on en a déjà une qui fonctionne a peu près. D’où l’inutilité de la 6eme à la Hamon. La constituante que veut Mélenchon tout son intérêt et dans l’implication du peuple qu’elle exige. Le but n’est pas tant de fonder une nouvelle république que de ressouder le peuple autour d’elle. En construisant quelque chose ensemble on se rencontre, on se parle, on prend conscience de la réalité du voisin, de ses préoccupations, on affronte nos désaccords, et au final on fait des compromis qui nous permettent de vivre ensemble avec des règles équitables. C’est le processus de constituante qui a de l’intérêt, pas la 6eme république en elle même.

        PS: A la relecture, j’ai pensé à écrire « ressouder la nation » plutôt que « le peuple » et je me suis ravisé. Cependant aucun des deux mots ne me conviens vraiment, un exemple pour vous dire à quel point cette constituante est utile, voire indispensable.

      2. @DUP :

        Quant on n’est plus sur de nation et surtout de peuple , il vaut mieux oublier la Constitution .

      3. Le doute porte sur l’interprétation qu’en fera mon voisin le lecteur, pas sur la notion que j’en ai personnellement.

      4. c’est justement au moment de constituer quelque chose ensemble qu’on est bien obligé d’éclaircir les doutes, sinon on continue à se croiser bonjour bonsoir sans rien savoir l’un de l’autre jusqu’au jour ou on se fout sur la gueule pour un malentendu.

      5. De plus je ne doute pas de mon voisin dans le sens ou vous l’insinuez avec plus ou moins de mauvaise foi… Mais je doute de la justesse de l’image que je m’en fais.

      6. @DUP:

        C’est mon côté psychologue de brèves de comptoir !

        Quand je lis : »le doute porte sur l’interprétation qu’en fera mon voisin lecteur », ma mauvaise foi me fait penser en retour :  » et si le voisin lecteur doute de la clarté d’expression de son voisin écrivain  » ?

        Les deux voisins ne sont alors pas prêts d’avoir la confiance mutuelle pour éclaircir leurs doutes qui ne sont pas prêts de se dissiper , avant même que d’être écrits .

        Car la Constitution c’est d’abord la confiance mutuelle , avant que l’écriture des doutes éclaircis .

        Reste à trouver le combat commun qui fera renaître la fraternité des tranchées .

        Pacifique .

        On sera d’accord pour dire qu’une élection sur des malentendus , ça plombe l’efficacité ultérieure . Mais c’est déjà ça .

        PS : « ôtes moi d’un doute ! » , ça finit mal parfois , et Chimène s’en désespère .

  4. Hamon et Mélenchon sont peut-être (au risque de me tromper) les candidats plus sincères, les plus authentiques. Le problème: la France est un pays ô combien conservateur, immobile, divisé…….. et l’environnement international se moque qui sera président; les problèmes resteront les mêmes.
    Admettons l’hypothèse fantasque que Mélenchon serait élu, je suis prêt à parier qu’il serait vite « mitterandisé » (allusion à la métamorphose de Mitterand entre 1981 et 1983).

    1. Il parait évident que si Mélenchon doit tout faire lui-même après l’élection, rien ne changera. Mais, il nous est permis de manifester pour soutenir le gouvernement, quand il agit dans le bon sens, ou pour fustiger l’opposition quand elle est nuisible.
      De toutes façons, tout voyage commence par un premier pas.

      1. Faut pas réver les législatives ça vas être du n’importe quoi. Même si Mélenchon passait il y a de grande chance que l’assemblée soit LR. Reste qu’aux présidentielles c’est le candidat le plus, … le moins…, enfin, vous m’aurez compris.

    2. C’est exact, et ses écrits comme déclaration ne laissent pas de doute:
      Mélenchon se coucherait comme Mitterrand et Tsipras …
http://wp.me/p5oNrG-tPq

      1. Comme disait Brel : « Votre question me gêne… car elle est fausse »
        Quelle carrière voulez vous donc qu’il continue à 65 ans? Un truc à la Giscard? Gageons que pour une fois son fameux égo tant décrié l’empêchera de tomber si bas.
        Pour ce qui est de Mitterand, je ne sais pas quel âge vous avez mais personnellement j’avais 7 ans à son élection et je lui doit une éducation de qualité qui n’a pas coûté cher à mes parents, un accès aux soins étant enfant quasi illimité et presque sans mutelles. Enfin, un exemple, un jeune paysan fait un crédits de 150000NF (nouveaux francs) en 73 pour acheter une petite exploitation viticole, en 90 son annuité représente un mois de salaire! Son descendant fait le même emprunt (150000€) en 2000 « grace » à l’euro et à la quasi-déflation qui s’ensuit son annuité représente encore plus de 6 mois de salaires 17 ans après. Suite à la chute des cours du début des années 2000 la banque du bon sens s’empare du fruit du travail d’une génération (1 maison d’habitation et quelques hectares qui bientôt vaudrons de l’or pour bâtir) et laisse la suivante sur le carreau. La politique 0 inflation on sait à qui elle profite…

      2. Dup, arrête un peu, la première règle en la matière c’est que t’es mal quand t’achètes au plus haut (2000) et plus que bien quand t’achètes au plus bas (1973). En 75, juste avant que Metzelopoulos ne se paye Margaux pour 3 fifrelins, personne n’en voulait, personne. En 2003 c’était pas la même musique quand la fille a racheté les parts d’Agnelli…
        Quant au taux d’intérêt, j’peux te dire en connaissance de cause que, sans attendre 92 ou 2000, un achat seulement 6 ou 7 ans après 1973 aurait coûté douloureusement plus cher.

      3. Si tu veux dire que les financiers se sont empressés de monter les taux et de spéculer contre la monnaie pour redevenir les grands gagnants et bouffer de l’entrepreneur à tous les repas, on est d’accord.

    3. Pas sur, Mitterand est arrivé au pouvoir au moment même ou le capitalisme à commencé à se mondialiser, il en a résulté que la proie lui a glissé entre les mains et car d’une part lesinvestissements sont partis se faire ailleurs et d’autre part les importations on bouffé le gain de pouvoir d’achat et déséquilibré la balance extérieure. Aujourd’hui La situation n’est plus la même, l’outil de production n’est déjà plus là et les gens ont déjà le pouvoir d’achat pour le « bibelot chinois », la chaussure de Langlet le Français l’a déjà, Mélenchon fait le pari que le Français usera son gain de pouvoir d’achat à isoler sa maison, nourrir mieux ses enfants et leur donner un week end à la campagne de temps en temps pour respirer un peu d’air pur soit des dépenses intérieures qui auront un véritable effet keynésien.

  5. Poutou ( dont je ne suis pas sur de l’étymologie occitane , ni même que le poutou-bisou soit occitan) , et Nathalie Arthaud ( que j’ai personnellement trouvé bien meilleure sur le fond et la cohérence du propos ) devraient piquer des voix à MLP et JLM .

    Dupont Aignan et Asselineau piqueront des voix à Fillon .

    Les six « petits candidats » ont ramené un peu d’affect spontané dans des débats souvent trop bien préparés et étalonnés . C’est pour moi l’apport principal de ce genre de « débat » ( il n’y en a pas eu ) inédit , dans « l’atmosphère politique » .

    Cela peut influer sur le premier tour et l’ordre de « classement » des « gros ».

    Ça ne devrait pas influer sur le résultat du deuxième tour .

    Pour les législatives , faut voir .

    1. Je n’ai pas dit que le nom de Poutou avait pour étymologie « poutou », c’était juste un rapprochement « affectif » qui m’est venu.
      Quant au mot lui-même ne soyez pas si catégorique ! En graphie occitane le O peut se prononcer le plus souvent [ou] (cf Tolosa qui se prononce [toulouso]) et de plus le « n » final ne se prononce pas d’où le mot sous son orthographe occitane que j’ai indiqué : « ponton » . Ce mot est couramment utilisé à Toulouse et ailleurs. Vérifiez sur Internet avant d’être si abrupt, c’est bien un mot de patois de mes aïeux, autrement dit d’occitan qui (comme vous pourriez aussi le vérifier) a beaucoup de variantes dialectales et n’a jamais été unifié en une seule langue comme l’oïl.
      PS- j’aurais pu parler de N. Arthaud mais moi j’ai trouvé Ph. Poutou bien plus percutant car plus spontané … mais bon, c’est secondaire.

      1. Ce n’est pas ce que me dit mon dictionnaire étymologique des noms propres , ni ma grand mère qui proposait des poutous et n’avait vraiment rien d’occitane .

        Bast , cela est effectivement très secondaire , mais je continue à préférer « spontanément  » Nathalie Arthaud et Lutte Ouvrière à Philippe Poutou et le NPA .

        Je me suis moi même réjoui que les 6 petits candidats aient amené dans cette phase de la campagne l’affect ( dont la spontanéité ) qui est nécessaire à la mise en branle de la cervelle .

        Mais à l’instant du vote , je mets toujours mes élans naturels en compétition avec ma cervelle . Il arrive qu’ils soient en accord .

        Mais pas toujours .

      2. Cher Juanessy, cette question des poutous est effectivement très secondaire mais je vais quand même à nouveau vous répondre car elle me parait représentative de la façon dont on peut débattre (assez mal). Et de plus on dirait que vous voulez prouver que je dis des carabistouilles !
        1) – relisez-moi que diantre ! Je n’ai jamais dit que le patronyme Poutou venait du mot poutou. J’ai aussi un dico étymologique des noms propres et je vérifie avant d’écrire.
        2) – en ce qui concerne mes grands-mères, il est clair que cet emploi est finalement très généralisé dans le sud. Il n’y a que l’orthographe complexe qui peut cacher l’origine d’un mot bien occitan [poton].
        Donc pour les petits curieux je mets des sources :

        http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/poutou/63198

        https://fr.wiktionary.org/wiki/poton#.C3.89tymologie

        L’orthographe occitane est très ancienne puisqu’elle remonte à l’époque des « trobadors ». Elle est assez différente du français:
        o en occitan se lit ou: lo poton (le baiser) = lou poutou
        http://ujan.free.fr/oc/presoc3.htm

        En réalité ça m’amuse que vous préfériez Arthaud à Poutou : c’est assez significatif d’un choix vers l’inflexibilité doctrinale des purs trotskistes de LO contre les faux de NPA. Au fond je ne me lasserai jamais de ces histoires de petits-boutistes et gros-boutistes 🙂 — merci à Jonathan Swift !

      3. @Jacques Seignan :

        Bon , je vous fais un poutou mais un peu moins spontané ( mais peut on être totalement spontané quand on porte la sensibilité d’un groupe ?) que Poutou .

        PS : je n’ai pas trouvé de Seignan dans mon dico, mais juste Seigniez ( de sagne , marécage) , Seignol-Seignon ( celui qui marque les arbres en Franche Comté ) et Seilhan (commune du canton de Barbazan en Haute-Garonne ).

        Ma grand mère était une arverne , au croisement du Celte , de la langue d’oïl et de la langue d’oc . 152 cms d’énergie et d’humour .
        Elle aurait aimé Poutou , qui n’aurait peut être pas eu le dernier mot avec elle .

        L’étude et l’histoire de Trotsky et du trotskisme et de ses exégèses écartelées , est formatrice pour la découverte de notre aptitude à nous diviser en complexifiant .

  6. TOut ca est tres mal barre parce que les partis traditionnels ont cesse toute reflexion hors cadre et de « defendre » les gens ou leur donner un avenir autre que « la formation pour être competitifs ». Le probleme est une jachere intellectuelle et politique. Favorisee par la crise des journaux.
    Melenchon a commence avec la FI il y a un an. Hamon probablement plus tard en 2016 en terme politique. Bien que sa réflexion remonte a quelques années et son passage a L’EES, Il arrive avec des propositions de ruptures dont la vulgarisation nécessite malheureusement plus de temps que celui dont il dispose. L’un ou l’autre n’ont pas assez de temps, un rapport de force médiatique et politique défavorable (division, caciques du PS).

    En Europe pour l’instant la gauche n’existe reellement qu’ au Portugal. Le cas devrait être étudié.

    1. Je rappelle que François Leclerc évoque souvent le cas portugais qui est en effet un exemple passionnant.
      Vivement qu’il puisse revenir vite nous éclairer !

      1. « A quoi bon ces bavardages puisque Messieurs Jorion et Alexandre ont foi dans les sondages qui nous annoncent Macron président. »

        À quoi bon ? Vraiment ?
        Taux d’abstention et/ou de vote blanc estimé ces derniers jours entre 30 et 40%. Et ce, pour une élection présidentielle…
        https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-13-mars-2017
        http://www.lexpress.fr/actualite/politique/elections/presidentielle-40-des-francais-tentes-par-le-vote-blanc_1893270.html

    2. @Arkao
      6 avril 2017 à 9 h 11 min

      🙂 Ok.

      2007 n’a rien à voir avec 2012. En outre, depuis 2012, le taux d’abstention et le vote mlp ont continué d’augmenter à chaque élection. 2017, l’éclatement des principaux partis majoritaires se confirme nettement. Par conséquent, la volatilité, voire la reconfiguration électorale actuelle est supérieure à 2012, compte tenu de ces mutations majeures et profondes en cours.
      Sources CEVIPOF 2017 plus de 30% incertains peu avant l’élection (env 15 jours), contre 2002 21%, 2007 22% (votre lien de 2007).

      https://www.lesechos.fr/elections/presidentielle-2017/0211944698308-la-presidentielle-menacee-par-une-abstention-record-2077458.php
      http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/04/le-nombre-d-indecis-est-bien-superieur-a-celui-des-dernieres-presidentielles_5105860_4854003.html

  7. J’approuve à 200% le billet de Jacques Seignan. Je peux témoigner de ces « usines à gaz »: j’aide une amie qui se trouve dans la galère, cherche un logement social se trouvant sans les ressources pour payer son actuel loyer, sur le point d’être expulsée (donc à la rue), qui essaye d’obtenir des aides auprès de la CAF, etc….Et là on découvre l’arrière du décor : par exemple, depuis un an, pas possible d’obtenir ses droits auprès de la CAF; opacité, bureaucratie, incompétence, etc…Y a vraiment un problème ! En effet, sortir « des sentiers battus, pour comprendre enfin ce qui s’y passe vraiment ».

  8. A quoi bon ces bavardages puisque Messieurs Jorion et Alexandre ont foi dans les sondages qui nous annoncent Macron président.
    Une remarque pour Charles : contrairement à vous, votre candidat ne s’est pas trompé de cible hier soir.

    1. Depuis 1965, le favori des sondages à un mois de l’élection a toujours été élu. Mais bon, on peut réécrire l’histoire comme cela sied à chacun.
      Je pose tout de même ici qu’en dynamique, il n’est pas impossible que Méluche soit au second tour. Mais à mon avis ce serait au détriment de la pénienne et pas de Macron.

      1. A un mois du réveillon la dinde de noël avait toujours sa tête et était bien nourrie… Enfin je dis ça, je dis rien ! 😀

        Attention à l’effet baudruche qui n’est pas à sous-estimer concernant EM. Le vote honteux dans les sondage c’est Fillon depuis quelques temps, donc… Wait and see

      2. Julien, pour l’instant il ne lui a quasiment rien pris à la pénienne le Monsieur, malgré tous ses efforts, et c’est bien à Hamon qu’il a soutiré le principal de ses 3 ou 4 points gagnés depuis l’épisode de temps de cerveaux disponibles que lui a offert TF1. Je vois pas où sont ses réserves de voix, franchement pas. Hamon descendra beaucoup plus selon moi, ou alors il trouvera du pétrole.

      3. Méluche va pas prendre beaucoup de voix chez la pénienne, c’est elle qui pourrait en perdre au profit de la samaritaine du moisi dans laquelle elle s’est noyée hier et que l’on a vu à l’oeuvre dans le débat. Dans cette engeance là, on aime bien la surrenchère et l’électorat qui répond à ces sirènes a été gâté.

        Hamon descendra beaucoup plus ? Inversion de « plus beaucoup », non ? Son étiage c’est 5 à 8 % max.

      4. Hier soir Mme Lepen a fait une très mauvaise prestation.
        1. Elle était noyée dans la petite masse souverainiste, avec même un Frexit dans le lot, c’est dire. Du coup elle est apparue presque banale.
        2. Poutou lui a taillé un costard pour les élections en la renvoyant dos à dos avec Fillon. Elle en était bouche bée.

      5. @ Vigneron
        « Je vois pas où sont ses réserves de voix, franchement pas »

        Je pense qu’en potentiel – j’ai bien dit potentiel, évidemment il pourrait ne pas y arriver – il en a trois :
        – Hamon, avec la motivation « vote utile de gauche », puisque la présence de Mélenchon au second tour n’est plus impensable
        – Macron, si son électorat – le moins sûr de son choix – commence à tiédir. Dans ce cas, ceux qui viennent de la gauche, c’est-à-dire des gens qui cherchaient avant tout un « vote utile anti Le Pen et Fillon », pourraient se reporter sur Mélenchon
        – Le Pen, pour une partie de son électorat populaire, avec la motivation « vote utile pour les petits, car celui-là pourrait gagner »

        Il a déjà commencé à taper dans la première source. S’il continue encore davantage et d’autre part qu’il dispose au moins de l’une des deux autres, il pourrait atteindre le second tour. Et que ce soit contre Macron ou contre Le Pen, le résultat serait à mon avis assez serré.

      6. Certes mais comme on sait « qu’ils ne brillent ni par le goût ni par l’esprit » tout est possible 🙂

  9. J’avais cru comprendre que les discussions entre Ms Piketty, Généreux et Coquerel avaient observé plus de fonctions communes entre les programmes que de raisons d’en découdre et qu’on pouvait donc se diriger vers des options communes. Aux écolos – dont je suis – qui craignent à juste titre le terme de « planification », on peut dire que le terme de « programme » que nous exigeons des candidats ne dit pas autre chose : une liste de chose à programmer, à planifier, selon les urgences à court et à plus long terme. La biodiversité ne se décrète pas, elle résulte de la qualité de l’écosystème ; une conséquence pas une cause.
    La sincérité et l’honnêteté politiques de ces 2 candidats ne pouvant non plus être mises en doute. C’est pas tous les jours qu’on a l’embarras du choix: on devrait s’en réjouir ! JLM ayant décidé de ne pas poursuivre une fois sa mission remplie, il resterait des années de consolidation à BH et à leurs jeunes équipes. Les Français adultes ne sommes pas à la recherche d’un sauveur mais d’équipes citoyennes. Et vous êtes tous les deux d’accord pour aboutir à une nouvelle Nuit du 4 août. C’est aussi l’époque qui le veut et il y a encore beaucoup de boulot pour tous dans les campagnes !
    Est-ce alors le Système, le fonctionnement des partis de notables et de leurs privilèges qui « obligeraient » BH à s’accrocher ne serait-ce que pour payer ses frais de campagne – et ceux de la législative qui suit ? Les règles administratives du passé, dépassées, sont donc encore contraignantes. Je ne doute pas que des millions d’électeurs accepteraient de contribuer à financer cette campagne car il a aussi fait un excellent boulot : bref ce n’est du temps et ni l’énergie perdus pour personne. Mais tout reste à faire et il reste à transformer l’essai et à laisser le « Professeur » monter à l’assaut des barricades…

    1. Jean-François, à quoi sert un programme politique qui ne détermine pas une planification économique des financements, des tâches à accomplir et des bénéfices individuels et collectifs à obtenir ? Où vont les planifications économiques publiques et privées sans politique de coordination et de partage des efforts ?

    2. Il est trop tard, Hamon à complétement raté le créneau car il n’a pas pu se défaire de Valls à temps. On pourrait encore imaginer quelque chose pour les législatives mais la le problème inverse se pose à la FI avec le PC. Si l’alternance ne se fait pas aux présidentielles se sera en grande parti du fait des affaires Fillon, aux législatives elles seront oubliées. L’assemblée à de grande chances d’être LR (c’est d’ailleurs là dessus que compte Macron pour enfin tomber le masque).

  10. Poutou a effectivement parfaitement rempli son rôle de mvp (most valuable player) dans le match diffusé hier soir pour divertir les foules. Car il ne faut pas s’y tromper, il n’était question ici que de spectacle et de rien d’autre. Une soirée de catch aurait été tout aussi productive sur le plan politique.

    Ce genre de format télévisé ne permet pas, n’a jamais permis et ne permettra jamais de produire autre chose que du slogan de marketing politique. La réflexion politique sérieuse ne se découpe pas en séquences de 5 minutes entrecoupées de commentaires et d’interruptions diverses.

    A propos de Poutou (en tant que candidat du parti anticapitaliste, pas en tant que personne, évidemment), on aurait par exemple pu s’étonner qu’il défende (comme ils le font tous depuis bien longtemps par mimétisme) le mode d’organisation capitaliste du travail, à savoir l’emploi, plutôt que de le dénoncer comme pratique d’aliénation, ou encore qu’il plaide pour l’outil de légitimation par excellence du capital, la fiscalité.

    Mais non, on s’attache plutôt à ses quelques punchlines virulentes et à la mine rageuse qu’elles ont suscité chez sa cible, comme on pouvait jadis se réjouir d’une baffe envoyée par l’ange blanc dans le nez du bourreau de Béthune…

    On a toutefois paradoxalement raison de se borner au commentaire de ces pratiques insignifiantes mais spectaculaires, puisque comme Macron a eu l’audacieuse franchise de l’assumer, les programmes et les idéologies n’ont guère la moindre importance, un candidat une fois élu n’étant absolument pas tenu d’assumer ses propositions de campagne.

    Autant alors n’en faire aucune et se concentrer sur le show, au moins la chaîne de télé qui diffuse la représentation peut-elle au moins espérer vendre un peu plus cher ou à plus d’annonceurs le temps de cerveau disponible de ses spectateurs.

    1. Je crois qu’il y a erreur. Philippe Poutou ne défend jamais « le mode d’organisation capitaliste du travail ». C’est tout le contraire. Je conseille de lire le Programme du NPA (lien dans mon premier message) dont voici quelques extraits:

      « Les capitalistes s’arrogent le droit de licencier, de fermer des unités de production, de bloquer les salaires, de développer des productions polluantes, sans en rendre compte à quiconque : face à cela, nous devons remettre en cause le pouvoir patronal, à commencer par la propriété privée des moyens de production qui enlève à la population la maîtrise des richesses produites et des choix de production. La démocratie ce n’est pas choisir tous les cinq ans des « représentantEs », c’est au jour le jour être maître des décisions vitales pour sa vie quotidienne dans l’entreprise, la ville, le quartier… sans déléguer ce pouvoir à de prétendus expertEs ou spécialistes.

      Pas de véritable démocratie politique sans démocratie sociale

      Nous devons prendre nous-mêmes les droits démocratiques dont on nous prive, nous les travailleurEs, les chômeurEs, les retraitéEs ou les jeunes des quartiers populaires. Nous en avons les moyens, nous qui produisons toutes les richesses, nous sans qui rien ne peut fonctionner dans la société…

      Le socialisme, l’écosocialisme, c’est le pouvoir des travailleurs et travailleuses dans tous les domaines et à tous les échelons de la vie politique, économique et sociale. C’est la démocratie des producteurEs associéEs décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins.
      Dans le cadre d’une nouvelle organisation de la société, dont la finalité sera l’utilité sociale et non plus le profit, les producteurEs et les citoyenEs, autonomes et responsables, décideront de développer les activités économiques qui bénéficient à la collectivité, et écarteront celles qui mettent en danger les populations et leur environnement. Le socialisme que nous voulons ne propose nullement un développement illimité de la production, mais se fonde au contraire sur la satisfaction écologique des besoins sociaux.

      Le socialisme du 21e siècle favorise et encourage l’épanouissement individuel de toutes les personnes, c’est une association où le libre développement de chacunE est la condition du libre développement de toutes et tous… »

      1. Il faudrait alors que Poutou le lise aussi, ce programme, car on l’a entendu clairement et distinctement parler de « défense de l’emploi » au cours du débat. Il faudrait également que l’ensemble des militants le lisent, car c’est bien le NPA dans son ensemble qui est loin d’être au clair sur cette question, tant dans sa participation systématique aux manifs de « défense de l’emploi » que dans son accueil pour le moins inégal des travaux de Bernard Friot sur le sujet.

        De la même manière que le NPA n’est pas au clair sur la question du régime, plaidant à la fois pour une démocratie directe mais participant à chaque scrutin électoral.

        Quand j’ai entendu Poutou l’autre soir, j’ai été navré de constater que l’expression « idiot utile » n’a sans doute jamais été plus appropriée qu’à ce moment là, quand un candidat probablement aussi sincère qu’il parait naïf sert à l’ensemble d’une classe politique corrompue de soupape de décompression à bon compte vis à vis du peuple puisque non seulement son coup de gueule aussi satisfaisant soit-il dans l’instant ne résout absolument rien, mais comble, il pourrait bien lui coûter un procès (cf. Fillon).

  11. P. Poutou par sa spontanéité n’a été qu’un révélateur du cynisme dans lequel baignent voire se complaisent ceux qui sont pourtant censés représenter AUSSI des P.Poutou, entre autres.
    Bien aimé la bafouille dans les gencives de Mlp, dont « l’immunité » a baissé de quelques crans, du coup.

  12. «  »…comment s’empêcher de penser que sa Constituante est trop en décalage avec les urgences vécues et à venir ? » »
    *****
    Il ne faut pas focaliser. Le chantier est ailleurs – dans tout le reste.
    Et pendant que les français se « disputeront » pour décider comment ils veulent vivre ensemble, ils ne s’entretueront pas…
    Et rien ne dit qu’ils ne décideront pas de revenir au fondamentaux de la Ve, mâtinés de nouveautés humanitaires, sociales et écologiques.
    Seul ceux qui jouent ont une chance de gagner. Hé, hé, hé…

  13. Il me semble que la prestation de Poutou est tout simplement celle qu’on serait en droit d’attendre d’un travail sérieux de journalisme :

    « Challenger » les comportements et positions contestables des candidats au lieu de leur « servir la soupe » avec cette écoeurante complaisance .
    Mais « servir la soupe » pour nos ténors de l’infotainement, c’est une vieille habitude de carriériste, héritée de la « belle » époque de l’ORTF.

    Merci donc pour ce moment au camarade Philippe . 🙂

    1. @vigneron(6/4 à 10h07)
      Merci pour ce lien intéressant.
      Il semble que Varoufakis(DiEM25) et Hamon(putatif-Président) pourraient se rejoindre dans un futur..prochain , si on interprète bien cet extrait:
      …. »Mais pourquoi rendre la vie sous le capitalisme plus compliquée qu’elle ne l’est déjà? Il existe une alternative à une taxe sur les robots qui serait facile à mettre en œuvre et à justifier: un dividende de base universel (DBU), financé par le rendement de l’ensemble du capital.

      Imaginez qu’une partie fixe des nouvelles émissions d’actions (IPOs) aille dans une société de gestion publique qui, à son tour, génère un flux de revenu finançant un DBU. Dans les faits, la société devient actionnaire de chaque société, et les dividendes sont distribués de manière uniforme à tous les citoyens.

      Dans la mesure où l’automatisation améliore la productivité et la rentabilité des entreprises, l’ensemble de la société commencerait à en partager les bénéfices. Aucune nouvelle taxe, aucune complication dans le code des impôts, et aucun effet sur le financement actuel de l’État-providence. En effet, les bénéfices plus élevés et leur redistribution automatique via le DBU stimuleraient les revenus, augmentant le budget de l’État-providence. Couplé avec le renforcement des droits au travail et un salaire décent, l’idéal de prospérité partagée recevrait un second souffle.
      Il n’est peut-être pas trop tard! Visiblement Hamon&Co ont décidé de « pourrir » un peu la route de JLM en marquant(entre autres) la claire différence qui les sépare sur la vision économique…un exemple significatif matinal où Julia Cagé , économiste orthodoxe , épouse Piketty , perturbe toute expression raisonnée de J.Généreux:
      http://www.europe1.fr/emissions/linterview-politique-de-8h20/debat-tendu-entre-les-soutiens-de-melenchon-et-hamon-3222173

    2. Ce texte plaide entièrement pour un maintien dans le mode de production capitaliste le plus déraisonnable, dans la critique de la taxe robots d’une part : « malheur à ceux qui oseraient diminuer la productivité nationale et la compétitivité! » alors que c’est précisément de l’excès de productivité que naît le chômage et de l’excès de compétitivité qu’apparaissent les travailleurs pauvres.

      La proposition alternative « DBU » d’autre part, qui lierait définitivement les intérêts de tous à la prospérité des entreprises, et inciterait du même coup à pousser à leurs extrêmes limites tous les défauts de ce système: Pour plus de dividendes, il faudrait plus de rentabilité et donc plus de compétitivité et de productivité. Les employés deviendraient alors ainsi leurs propres exploiteurs, exonérant ainsi pour de bon les patrons de leurs responsabilités dans cet état de fait.

      Une remarque au demeurant, pour un « brillant économiste » tel que Varoufakis, l’argument « la taxe robot c’est trop compliqué pour être mis en oeuvre » semble plutôt court. A vrai dire la copie rendue est nulle.

    3. Au train où l’on va se robotiser, je ne comprends pas qu’on n’est pas encore compris qu’on va pouvoir la coincer bientôt.
      Va falloir s’occuper, sinon on va tous marcher aux anxiolytiques.
      Autant y aller doucement mais surement, dans la souplesse.

      Taxer les robots ou prélever à la source sur la distribution de dividendes, je préfère la seconde solution qui est tout aussi efficace. On pourra faire une deuxième passe via l’impôt sur le revenu prélevé à la source.

      Ceux qui pensent qu’il faudrait taxer les robots devraient poser la question à T. Piketty qui vous dira : tout ça c’est du pareil au même : ya ka regarder les revenus nets, le patrimoine net et on taxe en fonction de la société qu’on désire. Certes, on peut faire plus compliquer, une façon de donner du boulot inutile aux gens. Je préfère une réduction du temps de travail. Et si on commencait à réfléchir au mi-temps pour tous !

  14. Philippe Poutou a fait le buzz pour cette émission grand public, qui ne cherchait pas à faire autre chose que de l’audimat. Audimat que cherchait à lui piquer en retour F2 ! Quel foutage de gueule ! 
    Cependant le buzz provoqué par Philippe Poutou est à la hauteur de la trouille que son attitude a pu engendré chez tous les poudrés. Et la réaction de BFMTV est là pour s’excuser auprès de ses sponsors de la vague en creux que la prestation de Philippe Poutou a déclenché.
    J’ai constaté en lisant les commentaires que certains parle du programme de Mélenchon sans en avoir lu un traître mot. Uniquement des commentaires basés sur une impression et ce qui a pu en ressortir dans les médias « autorisés ». Mais ce programme n’est pas comme a pu le prétendre le poudré Cambadélis un programme vide, mais bien un ensemble constitué de plus de 240 propositions accompagnées de 42 livrets thématiques explicitant la « colonne vertébrale ».
    Ceux qui comme moi ont contribué à la mise au point de cet ensemble nous aimerions que les gens qui causent et qui ont un avis sur tout s’y penchent avant de donner leur avis.
    Une autre remarque : non, JLM ne pourra se permettre de se « Mitterrandiser » pour un tas de raisons que je n’évoquerai pas sauf une : le programme de JLM n’est pas le programme de JLM, il est celui de la France Insoumise. Il ne pourra se permettre de nous faire ce coup-là. Ne serait-ce qu’à cause du principe de révocabilité des élus en cours de mandat que JLM défend et que nous ne manquerions pas d’appliquer à son égard !
    Et qu’on ne s’y trompe pas : JLM n’est pas notre « gourou » mais bien la clef de l’Elysée. Il est indispensable pour démonter l’entreprise néolibérale qui ravage la France et l’Europe pouvoir glisser un pied dans la porte. C’est JLM qui est chargé de le faire.
    Il ouvrirait donc par sa position de président de la République la double possibilité de commencer des réformes de fond ( dont celles liées à l’urgence écologique et l’orientation vers une croissance, non du capital, mais du bien être humain – tout en sachant que cela ne se fera pas par un claquement de doigts -) mais aussi et simultanément d’une révision totale du cadre économique imposée par une UE à la solde de la religion féroce.
    Ce serait bien que tous les gens qui se permettent d’avoir un avis avant que de savoir vraiment comprennent bien que des Philippe Poutou il en existe des tas et que c’est grâce à ces gens-là que la bifurcation sociale, économique, écologique se fera !

    1. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai souhaité que « quelqu’un  » se penche sur mon travail ou les rendus que j’ai pu en faire ( en pensant « bien » faire) .

      Jusqu’au jour où j’ai compris que le convictionnement ne pouvait venir que d’un chemin de dialogue parcouru ensemble et dans le respect mutuel , et qu’on ne peut pas convaincre en « livrant » une ou même plusieurs solutions .

      Qu’est ce que c’est chiant !

      Mais incontournable .

      Il m’est même alors arrivé de changer d’idée , en adoptant une partie des « convictions » de l’autre , et que la réciproque advienne aussi .

      Je vous accorde que c’est rarissime . Mais d’un plaisir absolu .

      1. Ce n’est pas le travail d’une et unique personne, c’est le travail de dizaines de milliers de gens qui grâce à l’Internet ont pu donner leur avis, faire des propositions, corriger, orienter.
        Je crains que le « poids » objectif d’une personne ne soit pas à l’aune de celui d’un groupe tout entier. Et aussi peu que nous soyons relativement au nombre des inscrits, le rapport de taille est en notre faveur. Aussi que l’on évite de causer sans savoir serait intellectuellement honorable !

      2. @ Juannessy dit : 6 avril 2017 à 13 h 42 min

        « Jusqu’au jour où j’ai compris que le convictionnement ne pouvait venir que d’un chemin de dialogue parcouru ensemble et dans le respect mutuel , et qu’on ne peut pas convaincre en « livrant » une ou même plusieurs solutions »

        En pensant aussi aux derniers échanges que j’ai eus avec JA, je vous approuve à 100%.

      3. @Maris :

        Même si je me demande parfois comment j’ai pu participer à , faire , écrire , penser à , expérimenter ..;tant de choses dont l’immense majorité a foiré , je n’ai effectivement pas la revendication d’avoir été aussi pertinent que des dizaines de milliers de fantassins de la FI .
        Je me borne à dire que , individuelle ou collective ( même un million de têtes illuminées , ne soyons pas chien) , toute proposition ne vaut pas grand chose ou peu , tant qu’on n’a pas fait le même chemin que celles et ceux que l’on veut convaincre .

        On peut juste dire , en formation collective , que l’on a déjà filtré une petite partie supplémentaire des conneries potentielles .

        On n’a le droit de faire Loi de la proposition qu’au terme de ce chemin. Dans l’idéal .

        En fait , via même le referendum , on est toujours dans l’à peu près . Ce qui n’est pas trop grave , tant qu’on ne se prend pas pour Moïse ( ou une assemblée de Moïses ) .

        @Jducac :

        Ha bon ? Vous avez déjà changé d’avis suite à ma « fréquentation » , sans y perdre la raison de vivre ?

      4. @ Juannessy dit : 6 avril 2017 à 14 h 55 min

        « Ha bon ? Vous avez déjà changé d’avis suite à ma « fréquentation »

        Sauf à fournir la preuve contraire, je n’ai jamais prôné autre chose que les échanges diversifiés et si possible contradictoires afin d’avoir les meilleures chances de sélectionner petit à petit les options les plus réalistes, sans omettre de prendre en compte toutes les contraintes.

  15. A mon tour de rentrer dans la danse en espérant qu’elle ne soit pas mortifère !
    J’ai été ravi d’entendre en différé en écoutant LA radio (France Cul bien sûr !) l’intervention exemplaire et juste, ou juste exemplaire, de P. Poutou, candidat pour qui j’aurais souhaité voter.
    Mais ce système démocratique qui n’en est plus un, m’oblige à voter « utile » (il y aurait donc des votes « inutiles » ???!!!…D’où l’abstention conséquente), à soutenir la F.I, à fuir la peste et le choléra, les fascistes aux cols acerbes. J’ai été ravi d’entendre enfin un soupçon de vérité jaillir avec talent et virtuosité, avec les tripes, mais que la presse a aussitôt balayé d’un revers de la main dans la main du système autodestructeur, le guignol a parlé, les « petits » candidats ont parlé, les moins que rien, les « sans-dents », à peine apparus et déjà balayés, écartés, rejetés, repoussés par la finance dont on connait désormais le visage et qui risque fort de siéger, le temps d’un quinquennat supplémentaire, pour cause de manipulation, de lobotomisation, de pensée zéro d’E.Todd ou de pensée unique de J.F.Khan ! La fièvre monte, l’écœurement grandit, la nausée apparente…
    « Elections – piège à cons », le désormais auto-proclamé par la presse, représentant de sa sainte majesté pognon, agacera, décevra, désenchantera, frustrera à son tour la majorité de ses électeurs perdus et hagards, et les cols bleus suivront…
    A moins que Hamon daigne suivre le vote utile…

      1. Quelles presses et quelles télés?
        C.S.A. oblige, nous le verrons et l’entendrons pendant la quinzaine, puis la(les) presse(s) et télés l’oublieront à nouveau, noyé dans la masse du peuple qui pense…Encore.

  16. Beau coup d’éclat de Poutou, les journalistes ‘bien pensant’ l’ont trouvé quelque peu rude. De manière évidente, il était un peu considéré au départ comme un faire-valoir de la chaîne qui osait organiser un débat avec tous les candidats à l’élection présidentielle, et spécialement les ‘petits’ qui ne jouissaient pas jusqu’ici d’une audience réelle dans les médias.
    Il était attendu que ces ‘petits candidats’ fassent un peu le spectacle à l’avantage des ‘candidats’ sérieux’ et le spectacle a eu lieu, mais de manière inattendue de la part de Poutou attaquant bille en tête FF, lequel a grommelé « oh,oh, je vais vous foutre un procès, vous », quant à ML, elle était un peu éteinte face à cette attaque.
    Ce débat aura donc eu l’avantage de provoquer l’irruption d’une personne issue, et appartenant à la foule des gens de la base, mettant ainsi brutalement les ‘grands candidats’, – issus et appartenant à leurs mondes -, loin des réalités de ce que vivent les gens dont ils se targuent d’être ou de devenir leurs représentants.
    Les autres ‘petits candidats’ étaient plutôt anecdotiques mais la démocratie se devait de les écouter afin d’éviter une campagne électorale censitaire.

  17. Moi ce qui m’a surtout frappé dans ce « débat », c’est que le clivage droite gauche est bien affaibli et qu’en revanche le clivage souverainistes / européistes est de plus en plus visible.
    C’est déjà ce qu’annonçait le référendum de 2005, et c’est ça qui va faire péter les lignes, en 2017 ou plus tard.

    1. C’est pas en 2005 que ça s’annonçait mais en 92 que ça s’est révélé inéluctable.
      Remember Chevènement, Gallo & co à gauche et Seguin, Pasqua & co à droite…

    2. L’opinion se trompe de cible. L’Europe, les étrangers, la constitution, le service militaire,..on lui fourgue tout ce qu’elle a envie d’entendre.

      1. C’est à dire que penser, réfléchir, étudier, déjà il faut avoir le goût de le faire, ensuite c’est courir le risque de se défaire de ses certitudes.
        Tout ceci peut se révéler inconfortable à la fin.
        Les sirènes de la facilité sont toutes là pour vous détourner de ce savoir réputé douloureux.
        Et après les gens de se retrouver dans des rets dont ils ne pourront s’échapper.
        De plus en arrêtant de vous laisser faire vous risquez de passer pour un emmerdeur et ce n’est pas apprécié en général.
        Si j’éprouve un certain plaisir à apprendre ou connaître, je ne puis non plus l’exiger de qui que ce soit.
        Et cette question est importante puisqu’elle met à bien ou à mal une société.
        Rien n’est simple …

    3. Clivage auquel il conviendrait de rajouter les options russe ou allemande de prise de pouvoir européen .

      Une bonne partie de notre destin franco-français dépend donc des négociations sur le Brexit , de l’élection allemande et de la politique allemande vis à vis de la Russie ( et pas seulement vis à vis des « européens ») après cette élection .

      Si l’on se souvient de l’histoire , Poutine aidant , ce n’est pas le moment de snober trop les british .

  18. Il manquait une question, à François Fillon, dans ce débat, celle-ci : quelle différence y-a-t-il, entre toucher une rémunération pour des services, sur un compte d’entreprise (versements de AXA sur 2F Conseil en l’occurrence) et de la corruption ?
    Il n’y en a aucune bien sûr. Mais l’excuse consiste à dire « voulez-vous des hommes politiques qui soient détachés de la réalité ?, moi je travaille, j’ai une entreprise, je suis dans la vie économique ! »
    Avec l’armée d’avocats qu’il doit y avoir chez AXA, il va de soi que ladite firme n’a aucun besoin 2F conseil pour l’aider à analyser quoi que ce soit !
    Et donc s’il ne s’estime pas corrompu, alors il est naïf, ou idiot. Deux bonnes raisons de ne pas voter pour lui !
    J’ajoute qu’il sera intéressant de voir le résultat 2017 de 2F Conseil. Je ne serai pas étonné que la petite entreprise unipersonnelle de M Fillon ait tout à coup rendu une quantité de services rémunérés à toutes sortes de gens, entre son élection à la primaire, et l’article du Canard enchaîné ! Mais après, le chiffre d’affaires a du se calmer un peu !

    1. Bien vu Vincent ! Je suis vraiment étonné que cette histoire de 2F ne soit plus souvent mise en avant. Rien d’illégal bien sûr — sauf qu’elle fut créée très peu de temps avant son mandat :
      http://www.sudouest.fr/2017/02/09/2f-conseil-la-societe-de-francois-fillon-au-coeur-des-interrogations-3183125-4706.php
      C’est dommage que personne ne lui ait demandé des comptes là-dessus…
      Ce monsieur dépasse les bornes (en toute légalité !) et il a encore un « socle » électoral. Décourageant.

      1. Tss tss, que je sache il était aussi question dans sa mise en examen de « manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ». Serais pas surpris qu’il y ait de la 2F, et autres, par là.

    1. Merci du rappel de cet extrait culte .

      Depuis , Ford et d’autres se sont aperçu que c’était plus rentable de ne garder que le robot , et de laisser l’ouvrier chercher sa pitance tout seul .

      On cherche un Charlie Chaplin pour rendre compte de cette évolution des temps dits modernes . Une idée pour compléter le dessin animé promis par Paul Jorion ?

      1. Une idée pour compléter le dessin animé promis par Paul Jorion ?

        Certainement pas une idée ni un concept. Plutôt un trait de génie, une forme debout et contre, un homme tout simplement. Contre une crapule comme Bachar el-Assad et ses complices si tu veux savoir.

      2. Je n’attendais pas une idée !

        Je suggérais que le génie de Charlie Chaplin et sa production , qui lui a attiré aussi bien la haine des nazis que de Edgar Hoover et des nationalistes , pouvaient servir de source d’inspiration pour les productions cinemato-BD en cours de réalisation .

        Sans peut être aller jusqu’à un  » temps qu’il fait », dans lequel un robot taxé Sismondi , rejouerait la scène de Charlot , en ricanant : » tiens , je t’offre le repas avec les taxes que je paie ! » .

        Contre Bachar ,si j’ai bien suivi la vidéo du jour , les méthodes restent ouvertes .

  19. Jacques,

    Ce que vous écrivez, votre colère est formidable. Incidemment, en écoutant la radio, j’ai entendu Julien Dourgnon qui a parfaitement défendu le sujet, posé le problème. Les bases sont bonnes, elles s’affinent avec le temps.

    Pour cette élection, je voterai Macron, cela paraitra incompréhensible à certains et pourtant…
    J’adore le Poutou. Je déteste les menteurs, les bonimenteurs. Hamon est sincère, on le reverra demain, j’en suis sûr, muri, aguerri.
    Menteurs : il y en à 2 sur 5.
    Bonimenteur : 1
    Sincère : 2

    3 sur 5 jouent bien leur rôle.
    2 sont en fin de vie

    Merci Jacques et au plaisir de vous lire

    Yves Vermont

    1. Merci Yves.
      Mon objectif n’était pas de proposer un vote pour Philippe Poutou ou tout autre candidat qui ait la probité nécessaire que l’on devrait exiger du futur premier magistrat de France.
      Cela étant j’avoue ne pas comprendre votre choix… mais bon, je devine que vous n’êtes pas le seul et je subodore un calcul « vote utile »…
      A mes yeux Macron est des principaux acteurs et inspirateurs de ce quinquennat désastreux est un catalyseur du pire à venir (Th . Piketty a même parlé des conneries des choix initiaux auxquels il a poussé). M. Le Pen déjà à 25 % et supposée à 40 % au 2d tour : qu’en sera-t-il avec 5 ans de plus de politique d’inspiration macronienne ? Certes lui il ne se fait pas offrir des costards de prix et il se les paie… mais quel mépris chez lui !

      1. Le seul bon moment de l’échange fut le départ où en deux mots Macron lui a rappelé : et qu’ils avaient fréquenté le même lycée et que Ruffin était plus vieux que lui et que les jésuites, n’est-ce pas cher camarade François, ça même décidément à tout.
        Jésuitifié sur place le François, i.e. gérable.

      2. Jacques,

        Non, pas vote utile, vote totalement raisonné, avec un tout petit pari. C’est l’aboutissement d’un parcours qui a commencé par une recherche sur les causes profondes de la crise de 2008 qui m’a pris par surprise. Julien Alexandre peut témoigner de mon niveau de départ : celui qui croit savoir et qui se rend compte qu’il a tout faux.
        Après avoir compris les conséquences la financiarisation de l’économie (en commençant par une étude approfondie des subprime, de FOA, friend of Alonso, un coup d’oeil à P. Jorion qui reconnaitra les siens), une fois retourné au basic (Keynes, Marx), un survol très rapide des théories économique depuis le néolithique, en passant par Crésus, etc., j’en suis arrivé, comme tout le monde à me demander comment nous en sortir.

        Bancor ou plus d’euro, c’est le début de la même chose, si ce n’est que l’euro est mal foutu, ce n’est pas un scoop.
        Notre modèle sociale est mis à mal, il doit être préservé.
        Les inégalités se creusent (belle démo de T. Piketty), imaginer un moyen d’inverser la machine, ce n’est pas difficile, c’est la faisabilité et l’acceptabilité qui est le vrai problème.
        La presse, les média, les économistes à la ramasse : quand on voit qu’on n’est pas capable de tuer sur un plateau TV les mensonges économiques de MLP, le système d’information qui nous informe est out of order. Sur les blogs, ce n’est pas mieux. Tant qu’on fait de l’économie politique ça va, mais « tout le monde » ferait bien de revenir aux basiques. Les rapports de force, so what !

        Qui aujourd’hui défend l’idée qu’il y a un lien assez direct entre le déficit de l’Etat et le déficit de notre balance commerciale ? A part le FMI qui a sorti dernièrement un excellent papier sur le sujet, pas grand monde.
        Qui affirme avec force qu’il y a une relation directe entre la consommation énergétique (force motrice) et le PIB, Gael Giraud, que j’ai rencontré (hors consommation « stupide » pour le chauffage et la climatisation). Pour avoir habité 4 ans au Japon, j’ai suivi les souffrances des Japonais de Fukushima donc exit du nucléaire. Exit du pétrole, c’est une évidence. Le plus tôt sera le mieux.

        La compétitivité de la France est incontournable. Ce n’est pas en baissant les charges sociales qu’on y arrivera : une fois qu’il n’y en aura plus qu’est ce qu’on fait ? Il « suffit » d’être au niveau mondial et de se protéger à bon escient : c’est à dire payer plus cher pour des produits fabriqués proprement en France. Le pas cher, les gens le sentent bien, mais c’est une machine à créer du chômage quand le marché est saturé.
        La productivité, c’est bien Mais si on va plus vite que les autres pays, c’est uniquement pour réduire le temps de travail, pas pour faire comme les allemands.

        Nous avons un problème de compétitivité qui n’est pas si énorme que ça aujourd’hui mais qui est structurel. Si on ne fait rien, appauvrissement assuré. Il nous faut disposer d’une machine économique qui exporte, non pas quelques produits high tech (avion, armes) mais une multitude de produits (les petits ruisseaux font les grandes rivières) pour nous désensibiliser de l’arrivée « surprise » de concurrents (La Chine, c’est pas un scoop).
        Si nous arrivons à faire faire à l’administration que ce les entreprises ont fait assez mal fait (lean production), et si on arrive à la faire avant les autres, on va s’en sortir. On sait pertinemment ce qui a été mal fait dans les entreprises (j’ai participé au mouvement chez Renault,et j’ai été le défenseur et je « responsable » du choix des méthodes japonaises qui ont donné des résultats chez Renault). J’en connais parfaitement les limites, j’en ai vu les conséquences, j’ai bien perçu la récupération qui en a été faite par les Présidents de tout poil.
        On saurait le faire proprement dans l’administration, mais nous ferons des erreurs. Je peux vous dire que la pire des méthodes, c’est la méthode de F. Fillon : je coupe dans les effectifs et on voit après !

        Il faut se hâter lentement mais surement. Les équilibres se bougent à coup de 0,1% chaque année, ça suffit pour permettre à tous de s’ajuster.

        Une fois que j’ai dit tout ça : exit MLP, FF, JLM.
        B. Hamon a un super programme, mais il ne boucle pas d’un point de vue économique et financier. C’est un gisement de bonnes propositions dans lequel E. Macron ira se servir tout en préservant les grands équilibres. Les mesures de transparence, d’autorégulation qui ne coutent rien s’appliqueront immédiatement.

        Quelle entreprise pour demain, quelle administration pour demain. Comment faire en sorte que les gens n’aillent pas au travail à reculons, comment éviter les petits chefaillons, c’est quoi la limite de la liberté individuelle. Je vous suggère de lire la livre de M Hervé, une nouvelle ère. Un bijou. J’ai rencontré M Hervé, excellent mais son modèle qui est peut être le modèle ultime mettra du temps à se généraliser. Peut-être que d’autres modèles sont possibles. De toute façon, nous avons besoin de diversité dans les approches, sinon c’est le totalitarisme. On a donné, ça suffit. Il faut tolérer la différence, l’autre. Je pense que le sectarisme à la JL Mélenchon n’est pas la bonne voie. Il faut de tout pour faire un monde. Etc..

        Il n’y a qu’un candidat qui a décidé de ne pas attaquer les autres candidats et de se centrer sur son programme, c’est E. Macron. On dit qu’il est d’accord avec tout le monde, non. Il est d’accord avec personnes sur tous les essentiels, mais il est d’accord avec chacun des candidats sur quelques points, sauf avec MLP où il n’y a aucun point commun sur les solutions (pas sur le diagnostic).

        Point intéressant : le diagnostic des candidats est a peu près le même, c’est la façon de résoudre nos problèmes, la vitesse pour les résoudre qui fait la différence.

        E. Macron a intégré que lors de toute bonne décision collective, il y avait des perdants et des gagnants. Quand nous lui faisions des propositions, il nous demandait toujours : « et en même temps », ou « ça vole ». Il se focalisait sur les perdants : que faire pour eux ? comment compenser, les aider à digérer cette décision qui va à l’encontre de leur intérêt ».
        On a besoin de construire mais les propriétaires de jolis villas ne veulent pas voir pousseur une tour en face d’eux. Mme Michus ne veut pas d’éolienne dans son jardin, les nuisances futures de Notre Dame des Landes ne plaisent pas à ceux qui y seront exposé. Comment faire baisser le prix de l’immobilier alors que nombre de propriétaires de maisons individuelles oublient qu’ils ont besoin de m2 et pas de prix au m2. Pas facile.

        Bonne nouvelle, avec E. Macron, Mme Bettencourt payera enfin des impôts sur les dividendes qu’elle perçoit de l’Oreal. Le saviez-vous ?
        E. Macron est le seul candidat qui mettra en place un système hydraulique qui permettra au liquide des plus riches de couler dans les poches des plus pauvres, tout en permettant aux moyens riches d’en garder un petit peu. Si on ne fait pas ça, impossible d’avoir l’adhésion des moyens riches, qui, rappelons le, dirigent les entreprises. Les prendre en frontal, c’est oublier qu’il faut avancer en tenant comptes des rapports de forces du moment.

        Je n’ai pas le courage de me relire, c’est du premier jus.

        Bonne journée Jacques. Recevez toutes mes amitiés.
        Votre fraicheur me fait plaisir.

      3. Yves

        Macron, on l’a encore vu hier à l’Emission politique, est brillant, c’est incontestable. Il a la stature d’un président, on ne peut pas en dire autant des autres candidats. Il sait écouter, argumenter, il n’invective pas ses adversaires, ce sont des qualités appréciables.

        Mais, est-ce que sa vision économiciste de l’économie peut tenir la route à moyen et long terme ? Je m’étonne que vous écartiez le bancor d’un revers de main, alors que c’est bien autre chose que l’euro. Paul Jorion, Julien Alexandre et Pierre Sarton du Jonchay en ont pourtant expliqué les mérites évidents en partant du principe compréhensible par tous, que tous les pays ne peuvent être exportateurs nets.
        Malgré tout vous semblez le croire, puisque vous faites de la compétitivité l’alpha et l’oméga d’une politique pour la France. Une remise à niveau ne peut être la seule justification des sacrifices qui vont être demandés aux plus faibles. Macron a beau expliquer comme hier soir qu’avec son plan formation les plus de 50 ans vont pouvoir se reconvertir. Je n’y crois pas. Il n’y a pas de « et en même temps ». La précarité, la pression sur les chômeurs va simplement s’accroître, telle est la triste réalité, tout ça pour une « remise à niveau » ! Vous avez évoqué les méthodes japonaises de sinistre mémoire, le flux tendu maintenant généralisé, quel progrès ! Les marchandises circulent toujours plus vite, la production a été rationalisée à l’extrême, mais les humains là-dedans ? On les a oubliés tout simplement, parce que les Macron et consort font de l’entreprise le cœr de leur « système », où le capital est roi. Paul Jorion a bien raison de dire que le programme de Macron c’est « l’ultra-libéralisme à visage humain ». C’est toujours mieux que M. Lepen, mais n’est-ce pas, au fond, tout de même sacrément à coté de la plaque ? Parce qu’on a pas compris que non l’enjeu essentiel ce n’est pas s’agissant des plus faibles « de les aider à digérer cette décision qui va à l’encontre de leur intérêt » mais au contraire de s »opposer aux types de décision qui vont à l’encontre de leur intérêt. Tout est dit de la philosophie « sociale » de Macron dans cette phrase, où il s’agit toujours d’atténuer les dégâts sociaux que génèrent une économie centrée sur les seuls critères de rendement du capital, alors qu’il faudrait à l’inverse remettre l’humain au cœur du dispositif.

      4. cher Yves, votre « premier jus » est très riche et soulève bien des points essentiels.
        Je ne peux m’empêcher de voir une contradiction quand vous parlez de productivité et compétitivité et que dans un commentaire précédent vous évoquiez le mi-temps comme voie pour le futur dans lequel le travail disparaît.
        Votre cadre est à mes yeux trop lié à la situation actuelle d’un monde globalisé (ce qui en soit n’est pas un mal) mais globalisé de la pire façon : une sorte de guerre de tous les acteurs économiques avec surexploitation des plus faibles. Je sais que pour avoir mon chocolat, la France doit vendre mais ça doit être repensé dans un autre cadre; par exemple ne pas tuer des cultures vivrières pour de l’huile de palme dont on pourrait le plus souvent se passer — repenser à l’agroalimentaire et ce qu’il nous impose aussi…
        Je conçois que la « lean production » puisse être un progrès mais pour moi le piège absolu est celui du « lean management ». C’est l’horreur économique en plein : souffrances y compris des cadres (ce qui est nouveau!). Vous parliez de chefaillons et il est sûr que l’organisation des entreprises sur le modèle militaire est très mauvais (enfin pour les salariés). Avec les moyens accrus de surveillance (et des méthodes type lean management) c’est en fait devenu absolument contre-productif. Les gens en permanence stressés ne peuvent plus jamais développer leur créativité. Toujours dans l’évaluation à court terme !
        Cette optimisation illusoire dans l’industrie et les service aboutit en permanence à des échecs. Je ne saurais surpris que toutes les catastrophes industrielles que l’on voit partout (aéroport de Berlin ; Flamenville … trop longue liste de projets en dépassements absurdes des coûts et des délais) ne soient pas aussi liées à ces politiques de management par des gens qui sont plus financiers qu’ingénieurs. Bien sûr le patron de VW était technicien mais il a su devenir un PDG type normal : concentrés sur la maximisation des profits… et donc de sa propre cupidité sans limite via les actions…
        Non l’administration n’a pas besoin de ce type d’optimisation : elle a besoin de plus de monde partout et vite !
        Mais évidemment on doit changer le cadre car sinon on se retrouve avec la cohérence de Macron qui nous rappelle le DETTE et les 3%.

      5. C’est dans ses échanges avec le représentant LR filloniste de service que j’ai trouvé E. Macron le plus décisif, offensif et combatif. E. Macron devait se douter que la « charge » LR Fillon, à son encontre, serait lourde voire infecte, et elle l’est depuis le début de la campagne. Il était prêt et a démontré que l’on pouvait être élégant, argumenter et envoyer son adversaire danser avec les plinthes et ce avec un sourire sincère et libre : jouissif comme le budo. Dans le débat précédent, j’ai apprécié son ouverture et son échange avec JL Mélenchon et sa proposition de dialogue en off avec lui, qui n’était pas une courtoisie en mode novlangue de façade, mais un propos et une intention claire. JLM a également clairement perçu et apprécié cette ouverture d’esprit : bel échange spontané, bref et surprenant, intéressant et d’autant plus pétillant : une oasis dans le désert des échanges convenus formatés voire soporifiques . Aire fresco !

        http://www.rtl.fr/actu/politique/le-grand-debat-macron-et-melenchon-ont-echange-leurs-numeros-de-telephone-7787784884

    2. M. Macron n’est l’obligé de personne – dit-il –
      Il n’est le servant d’aucun système.
      Il est Le Système.

      Si l’on veut qu’un pouvoir oligarchique se maintienne en place dans une apparence de démocratie, on a le choix entre deux types de candidats; les ventriloques (Bush, Trump…) ou les croyants (Macron, Fillon..). Un croyant saura toujours répondre à n’importe quel type d’argument. C’est pareil pour les journalistes.

  20. Les programmes des candidats, quelle que soit l’élection, ne portent jamais une vision réaliste et positive de l’avenir. Jamais, jamais, ils ne nous disent comment ils imaginent – ( comment ils rêvent ) – les 20 ou 50 prochaines années pour les français ( puisqu’il s’agit de l’élection présidentielle française ), pour les européens et pour les habitants de cette planète. Les cinq prochaines années – dont nous ne pouvons pas ne pas voir qu’elles seront des années décisives pour l’humanité – engageront notre avenir dans ne nombreux domaines. Je souhaite sincèrement que nous ne soyons pas en train de perdre notre temps pour des candidats qui ne voient qu’eux-mêmes, incapables de nous dire qu’ils aiment les humains. Qu’ils nous aiment. Car enfin que veulent-ils pour nous ? A quoi aspirent-ils ?

  21. Dans les nouvelles du jour, sur le plan intérieur, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle.

    La bonne, c’est que la montée en puissance fulgurante du candidat Mélenchon commence à hypothéquer la présence du Front National au second tour.

    La mauvaise, c’est que la montée en puissance du candidat Mélenchon, écrase de toute sa popularité dans la classe ouvrière, le PS, (le PCF), le NPA et LO.

    La classe ouvrière est entrain de se ranger inconditionnellement derrière un nationaliste populiste, et ça potentiellement c’est pas bon.

    C’est pas bon du tout pour la suite des événements. Pour ceux qui ont un peu d’intelligence, ils se rendront compte que les trois candidats ouvriers qui se réclament de l’anarchisme, du socialisme ou du communisme, à eux trois, ils plafonnent à 10%. Du jamais vue depuis l’avènement du mouvement ouvrier au XIX siècle.

    Depuis le début de je fixe les résultats électoraux de Fillon entre 25 et 30 %. Je confirme.

    Derrière, la seconde place va être extrêmement disputée, entre Macron, Lepen et Mélenchon, entre 20 et 25 %.

    Le social-démocrate Hamon va avoir beaucoup de mal à atteindre les 10%. L’anarchiste Poutou aura peut-être 1% depuis qu’il montre les dents. La communiste Arthaud: zéro !

    Pourquoi ? Parce qu’il ne suffit pas de dire (justement) que ce n’est pas une nouvelle république bourgeoise qui peut améliorer le sort des travailleurs. Il faut aussi ouvrir une perspective, et sur un média, dans une heure de grande écoute, parler de la nécessité urgente de l’avènement d’une république ouvrière, d’une république socialiste qui imposera à la bourgeoisie la volonté politique des travailleurs.

    On ne joue pas à cache cache avec le communiste !

    1. Ce qui est frappant est la parenté de discours de la foi des témoins de Jéhovah avec certains militants allumés qui ne réveilleront pas le camarade Oulianov mais doivent le faire se retourner dans son mausolée. À étalonner avec l’autre Saint serf https://youtu.be/COnFWmJ0BAA?t=2h14m51s

      1. @ Rosebud1871

        Laisse se reposer le camarade Oulianov, il est né à l’occasion de ton année fétiche, avril 1870 exactement.

        En cela il avait eu le loisir et l’intelligence, de ne pas rester bloquer éternellement sur l’horizon indépassable (pour certain) de la Commune de Paris.

        Il a le mérite, en partant de la Commune, (L’Etat et la Révolution), de penser et d’ouvrir une perspective historique pour l’humanité.

        C’est cette perspective qui est soigneusement écartée aujourd’hui par l’ensemble des faux amis de Lénine.

        Arthaud, à l’occasion de cette émission parle de la Commune de Paris. Pourquoi ce parti qui se réclame de Lénine et Trotsky ne parle-t-il pas d’Octobre et de son centenaire ?

        Ce n’est pas être chez les Jéhovah de se poser ce type de question.

        N’arrivons-nous pas à une situation ubuesque où on peut parler d’une forme de communisme honteux, comme hier on parlait pour les agnostiques de matérialisme honteux ?

        Poutou est sympa. Ok. S’il avait été un de mes collègues ou nous avions milité dans une même CGT, sûr qu’entre ouvriers, nous aurions été cool l’un pour l’autre.

        Mais n’oublions pas que Le NPA, il y a peu, s’appelait encore ligue communiste révolutionnaire.

        Poutou se présente au public, en polo, comme un ouvrier sympa, en rupture d’avec les politiciens, en costard, par définition vicelard. Après avoir été moqué, mordu, il se met à mordre … enfin comme un roquet, il s’attaque aux chevilles des hommes et non au cœur du système!

        Est ce là la seule perspective du NPA aujourd’hui ? Lui aussi, une fois dans sa vie, il a on peu l’espérer entendu parlé de Lénine et du communisme ?

        Ne peut-il pas se comporter comme un dirigeant, un candidat, d’un parti ouvrier, (anarchiste ou communiste, peut importe), un peu plus sérieux, un peu plus grave, au regard de la crise extraordinaire que nous traversons ?

        Le front unique ouvrier ne s’est pas constitué, et aujourd’hui la gauche est a 10% (Macron et Mélenchon ne sont pas de gauche, ils le disent eux mêmes), et voilà personne ne s’interroge, personne ne réagit, personne ne critique.

        Moi si .

    2. @Eninel (7/4 à 21h57) qui conclût :
      … » Il faut aussi ouvrir une perspective, et sur un média, dans une heure de grande écoute, parler de la nécessité urgente de l’avènement d’une république ouvrière, d’une république socialiste qui imposera à la bourgeoisie la volonté politique des travailleurs« …
      Me semblerait utile que vous preniez ( et chacun , d’ailleurs..) connaissance de cette brillante synthèse d’un ouvrage incontournable:
      https://lemouvementreel.com/category/politique/
      … » Ce petit livre est en tout cas d’une densité qui invite à la réflexion sur la situation actuelle de la politique française. Il rend limpide quelques réalités de cette campagne comme l’échec du PS ou le caractère impossible de la reformation du « bloc de gauche » derrière une alliance entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. Il est aussi un élément de réflexion nécessaire pour ce qui suivra cet épisode électoral et qui sera, sans aucun doute, un moment crucial de la crise politique française. La grille de lecture proposée ici pour la France mériterait, du reste, d’être élargie à d’autres pays européens où l’évolution du capitalisme moderne a provoqué des décompositions politiques avancées, toutes singulières, mais assez souvent marquées par la disparition de la social-démocratie et l’affaiblissement de la droite traditionnelle« ….

      1. @ Otromeros

        Bonjour Monsieur.

        « brillante synthèse »; « ouvrage incontournable », je pense qu’il ne faut rien exagérer et réserver pour demain de ce type de superlatifs.

        Nous sommes à l’aube d’un méga changement dans l’infrastructure économique de la société humaine, indiscutablement cela va impacter la superstructure politique et philosophique.

        Mais nous n’en sommes pas là.

        Le texte sociologique que vous me proposez de lire est intéressante, mais bon, il n’est pas révolutionnaire en soi, il n’est pas si incontournable que cela.

        A titre d’exemple, commentons ce passage de cette brouillonne synthèse, et relevons y un certain conformisme de cette pensée dominante, qui à mon avis ne permet pas aux auteurs d’aller à l’essentiel:

        « …Jeu complexe à quatre

        L’offre politique française s’organise donc autour de quatre pôles a priori irréconciliables : le souverainisme de gauche ; le souverainisme de droite ; l’européisme de gauche et l’européisme de droite. Certes, l’offre politique peine encore à s’organiser autour de ces pôles au cours de cette élection présidentielle. Si le « bloc bourgeois » vise à fusionner le deux dernières composantes, la distance entre Benoît Hamon, François Fillon et Emmanuel Macron, tous trois, « pro-européens » prouve les limites de l’exercice. Pour autant, à droite comme à gauche, la question européenne empêche toute reformation des anciens « blocs ». L’avenir du pays dépendra de la capacité de ces quatre pôles à trouver une base sociale suffisante pour former une majorité stable dans le pays, autrement dit une majorité qui ne soit pas une majorité de circonstance, comme en 2002, ni une majorité éphémère comme en 2012. Tant qu’une telle base ne sera pas trouvée, la crise politique perdurera… »

        1- l’offre politique s’organise autour de quatre pôles.
        Gauche nationale: Mélenchon.
        Gauche mondialiste: Macron (Hamon).
        Droite nationale: Lepen.
        Droite mondialiste: Fillon.

        Déjà nous pouvons observer que les auteurs se placent immédiatement au dessus de la lutte des classes, et s’enferment dans la logique indépassable de la société bourgeoise et l’éternité du capitalisme. Pour eux, krachs, guerres et révolutions ne pourront pas comme au XX siècle déboucher sur une remise en cause du modelé économique et social existant. Aucune perspective de dépassement de la propriété des moyens de production et d’échange, du marché et de l’Etat bourgeois plus ou moins démocratique, plus ou moins bonapartiste.

        Le communisme est mort, et pour s’en convaincre, on remet une pelletée de terre sur le cercueil.

        Alors les auteurs nous disent que ces « blocs bourgeois » conservateurs (et pas révolutionnaires pour deux ronds) sont « irréconciliables » parce qu’ils ont « du mal à s’organiser ». Donc il faut les organiser et tout ira bien .

        Moi au contraire, je trouve que ces blocs ne sont pas aussi irréconciliables que ça, lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts de l’impérialisme français, de laisser perdurer un état d’urgence dans le pays, lorsqu’il s’agit de s’aligner comme un seul homme derrière la politique US et celle de l’OTAN.

        Ils participent à des élections, ils jouent des coudes pour remporter le pompon, mais bon globalement, ils sont tous d’accord pour condamner unanimement comme des utopies dangereuses les doctrines d’émancipations.

        C’est justement parce qu’il y a ce consensus mou, que des hommes très intelligent appelle à voter pour l’imbécile Poutou ! Poutou ? Doctrine ? Y a comme un lézard là ! Ah oui l’anarchisme ! Comme quoi les français cherchent à se regrouper autours d’un cinquième pôle ! C’est vrai que cette « doctrine » n’est pas très dangereuse !

        On nous dit que ces quatre pôles ont tout intérêt de rechercher une stabilité politique (contre Poutou), et certainement pas comme celle éphémère de 2012, (la gauche au pouvoir), pour donner au pays un avenir. En clair il faut aller à l’union sacrée.

        « …L’avenir du pays dépendra de la capacité de ces quatre pôles à trouver une base sociale suffisante pour former une majorité stable dans le pays… »

        Sinon : « … la crise politique perdurera… » et évidemment le pays et les affaires en pâtiront !

        Et bien j’ai une mauvaise nouvelle pour nos auteurs, la crise va perdurer, parce que au delà du phénomène poutou, il y a des millions de salariés qui n’ont absolument pas l’intention de se faire hara-kiri, au nom de l’avenir du pays !

        Voilà le résumé de la pensée subversive de ces auteurs: Au delà des clivages entres gauche et droite, entre souverainistes et européanistes, français unissez-vous !

        Je veux bien. Mais sur quelle politique ? On abroge ou on abroge pas la Loi Travail du gouvernement éphémère sortant ?

        Répondez moi je vous en prie Monsieur Otromeros.

  22. monsieur Jorion qui…

    … decide qui sonts les bons ( les americains ) et les mechants ( les russes) dans ce bourbier guerrier infame , ignoble,horreur, issu de tous les interets ( ? ) sordides et contradictoires…

    Monsieur Jorion voit clair , il à choisi son camp…

    Quelle moralité !
    il en faut pour entonner la marche qui donne sur toutes les boucheries…
    Bravo pour la belle âme eclairée qui pése encore le trébuchet dans l’horreur … pantins infatués qui resortironts l’âme propre de toutes les guerres… et armeronts les prochaines … propagandistes !

    corrompus ?

    Et cela veut sauver l’humanité ? peuh…
    sans moi …
    je ne vous salue pas …
    Adieu.

  23. Taxe robots.

    Certes les robots sont tout un symbole, mais pourquoi se focaliser sur ces machines particulières plutôt que sur les machines (ou le capital) en général ?

    Depuis toujours, on cherche a supprimer l’homme (couteux, fiabilité aléatoire) et en ce sens les robots ne sont pas une nouveauté.
    Le problème est beaucoup plus général. Indice: se débarrasser du capitalisme est une question de survie.

  24. 13 Juin 1971 : Acte de naissance du PS de Mitterrand, à Epinay.
    09 Avril 2017 : Acte de décès du PS d’Epinay enfin signé, chez Ruquier.

  25. Titre vu dans la presse (Le Parisien) :
     »A deux semaines du 1er tour de l’élection présidentielle, Pierre Gattaz, le président du Medef, se prononce clairement pour François Fillon, seul candidat « du plein-emploi » ».
    Sacré Pierre, toujours le mot pour rire, tu as oublié de préciser ‘fictif’…….

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