Peter Frase : « Socialisme ou apocalypse »

Un extrait de Four Futures. Life after Capitalism (Verso 2016), par Peter Frase. Ouvert aux commentaires.

« Nous pourrions lancer un New Deal vert qui remplacerait notre grille énergétique fondée sur le carbone par des sources éoliennes, solaires ainsi que d’autres également renouvelables. Nous pourrions construire des lignes de train à grande vitesse et d’autres formes de transport de masse qui remplaceraient les véhicules amateurs de produits pétroliers au centre de notre système de transport. Nous pourrions même renverser certains des pires effets des émissions de carbone actuelles, à l’aide de technologies de capture et de séquestration. Mais qui financera un tel projet, et votera ces mesures au parlement ?

[…] Il pourrait être du coup rassurant de manière perverse de penser que mettre en œuvre un monde meilleur n’est pas seulement malaisé, mais en réalité irréalisable. […] Deux guerres mondiales ! Le génocide sur un mode industriel ! Les armes nucléaires ! De quoi faire éclater en sanglots les socialistes d’autrefois. Rosa Luxembourg conclurait que l’humanité a d’ores et déjà succombé à la barbarie, faisant de tout rêve de socialisme un simple château en Espagne. […] Pourtant, il est essentiel de ne pas s’enfermer dans des fables d’apocalypse, dans une résignation nihiliste et la croyance que rien ne peut être fait » (pages 99 et 100).

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30 réflexions au sujet de « Peter Frase : « Socialisme ou apocalypse » »

  1. Plus de la moitié des automobiles transportent que leur conducteur.
    –>Si<– un conducteur véhiculant moins de 3 personnes était amendable, on réduirai instantanément de 50% le trafic.
    C'est une bonne mesure de l'addiction morbide de notre civilisation.

  2. « …Rosa Luxembourg conclurait que l’humanité a d’ores et déjà succombé à la barbarie… »

    Non Rosa ne penserait sans doute pas comme un nihiliste, bien en peine de comprendre quoi que ce soit, pour ce qui concerne les processus historiques.

    Luxembourg était animé de cet optimisme révolutionnaire qui lui permettait de voir plus loin, plus clairement l’avenir du monde.

    La seule question qui la tracassait à la fin de sa vie, ce n’était pas l’avènement du socialisme à très court terme, mais la qualité du socialisme qui arrivait.

    Un socialisme reposant sur un prolétariat politiquement actif, un socialisme démocratique, apte à contrôler (et à dégager si nécessaire) , des mauvais communistes au pouvoir à la tête d’un Etat ouvrier, pour mettre d’autres communistes plus intelligents et plus respectueux de la volonté ouvrière, dans un même Etat ouvrier.

    A bas les restaurations capitalistes, les soit disant démocrates, qui une fois au pouvoir, se transforment à la vitesse de la lumière en libéraux et en nationaux !

    La définition exacte de la dictature du prolétariat, selon Marx, c’est la classe ouvrière qui dicte ses volontés à la société entière, certes de manière indirecte, en passant par la médiation d’un parti communiste, pour le bien de la société entière. La référence c’est la Commune de Paris.

    Un gouvernement ouvrier ne peut être que le conseil d’administration des affaires communes des ouvriers et paysans, élus et révocable, rien de plus, rien que moins.
    Si certains administrateurs ne font pas l’affaire à l’usage, on les change, non pas pour les remplacer par des capitalistes sur le retour, mais pour essayer d’autres tendances communistes, jusqu’à ce que un équilibre et une confiance s’instaure entres les mandants et les mandatés, entre la masse et le parti.

    Mais pour que le prolétariat exerce légitimement son pouvoir, il faut dès maintenant le familiariser à l’activité politique, et pour lui redonner le goût de cette activité, il faut lui faire comprendre que sans son concourt, toute espoir de changement et de progrès est absolument impossible. La bourgeoisie depuis cent ans a dépenser des fortunes, pour détourner les travailleurs du socialisme, du syndicalisme et du communisme.
    C’est aidé par les imbéciles intéressés qui pullulent à la tête des organisations ouvrières, cette gôche du renoncement, qu’elle arrive à dégoûter de la politique les ouvriers, et ainsi prépare l’avènement de régime socialiste et bureaucratique.

    Un parti communiste avant-gardiste, sans une activité politique conséquente des masses, c’est un gouvernail fou, c’est une abstraction creuse, cachant la nature profondément bourgeoise d’une caste bureaucratique de parvenus et d’intrigants dégoûtants. La preuve est faite que ces fausses autorités sont absolument incapables de s’appuyer sur les masses, pour aller vers où toute personne normalement constitué veut aller, à savoir: la vraie citoyenneté, la paix et la prospérité, la liberté au service de légalité de tous les habitants de la planéte.

    L’alternative historique de ce siècle naissant c’est socialisme démocratique ou socialisme bureaucratique ?

    Le capitalisme à son stade de développement ne peut apporter que misères, guerres et fascismes à très très court terme.

    Construisons immédiatement les bases d’un socialisme (dictature du prolétariat et internationalisme) à visage ouvrier.

    Autrement la punition ce sera un nouveau Staline.

    1. ??? – votre dernière phrase  » Construisons immédiatement… » est de trop, ne vous êtes vous pas aperçu qu’elle détruisait automatiquement toute votre démonstration initiale ? …les mots sont importants, ils conditionnent tout le reste. Après, Lénine, Staline, Mao, Pol-Pot et consort …vous en êtes encore à réciter les vices de formes dans des termes mauvais s’il en est, de « dictature du prolétariat  » ?… un mot de mort qui a tout fait verser à vau- l’eau dans une nouvelle forme de barbarie dont une petite  » avant-garde  » s’est sentie championne toute catégorie. Marx aurait été bien inspiré d’employer le terme de  » démocratie du prolétariat  » au lieu d’avoir été le fourrier du grand piège lexical. Oubliez vos avant-gardes auto-proclamées et vos idées de dictatures, car ce sont là les deux pièges meurtriers d’où ne sortent que des cadavres.

      1. @ Hervé
        « ??? – votre dernière phrase » Construisons immédiatement… » est de trop… »

        A vous lire il y a pas qu’elle qui est de trop !

        Vous nous parlez de  » grand piège lexical. « , mais c’est avec délice que vous vous y enfermez vous même.

        Vous me faites dire exactement l’inverse de ce que je dis, et puisque ni vous ni moi n’avons peur des mots, relisez moi, je dis que la seule dictature légitime de cette histoire est celle, non pas d’une minorité agissante, mais celle de la classe prolétarienne.

        Vous pensez que Marx aurait dût nommer cette dictature:  » « démocratie du prolétariat » , mais à bien y réfléchir vous confondez deux choses bien distinctes.

        Marx parle de dictature du prolétariat en opposition à la dictature du capital existante.

        Personne n’a jamais demandé aux idéologues bourgeois d’appeler leur dictature, en tout lieu et à tout instant: démocratie. Certaine fois cette dictature de classe de la bourgeoisie se présente sous la forme d’une démocratie parlementaire, d’autre fois sous la forme du bonapartisme, voir d’une monarchie constitutionnelle. On a vu aussi dans l’histoire, la dictature de classe de la bourgeoisie, italienne ou allemande, revêtir le manteau hideux du fascisme.

        En ce sens il ne faut pas confondre le fond et la forme.

        Marx parle de dictature du prolétariat, dictature de classe sur la bourgeoisie essentiellement, mais pas seulement, sans en mentionner la forme une fois pour toute, parce que justement ce penseur n’était pas un camelot.

        Il ne savait pas, comme nous ne le savons pas nous même, la forme que revêtirait cette dictature.

        Je dis moi que la référence c’est la Commune de Paris, j’ajoute les soviets russes, et en ce sens j’espère que cette dictature s’appuiera sur la plus large démocratie ouvrière possible.

        Mais encore faut-il que les ouvriers et les petits bourgeois se bougent un peu. On ne se proclame pas du jour au lendemain « commissaire du peuple » ou « directeur d’usine » !

        Mais l’histoire nous réserve tellement de surprise, que nous pourrions être surpris.

        Nous pouvons très bien envisager, sous certaines circonstances historiques, une dictature de classe du prolétariat, avec à sa tête un gouvernement de salut public, comme un peu celui que la Convention et les démocrates bourgeois français concédèrent a accepter en 1793.

        Ne nous perdons pas en conjecture, et essayons de nous entendre sur l’idée que plus vite les travailleurs reprendront le goût à la politique, à l’organisation, à la participation de la vie de la cité, moins ils devront concéder d’avoir au dessus d’eux un parti communiste autocrates des gens qui savent.

        Construisons immédiatement les bases d’un socialisme (dictature du prolétariat et internationalisme) à visage ouvrier.

        La lutte des classes ne souffre aucune interruption.

  3. Coucou,

    « Pourtant, il est essentiel de ne pas s’enfermer dans des fables d’apocalypse, dans une résignation nihiliste et la croyance que rien ne peut être fait »

    Je couperais cette phrase en deux:

    « Pourtant il est essentiel de ne pas s’enfermer dans des fables d’apocalypse, » type peur millenariste que le ciel nous tombe sur la tête à cause d’un gaz et de la trés grande faute de l’homme ;
    ce qui n’empèche pas les hommes de bonne volonte de lutter contre « la résignation nihiliste et la croyance que rien ne peut être fait »

    De mon point de vue, par exemple, l’homme ne maitrise ni la compréhension du climat, ni à fortiori le climat; il serait donc vain de construire des usines à gaz !

    Bonne journée
    STéphane

  4. Les sources d’énergie dites « renouvelables » sont encore une de ces mystifications, de ces fuites en avant dont on refuse obstinément de voir les inconvénients, pourtant pas moins lourds que ceux posés par le thermique d’origine fossile ou le nucléaire, parce qu’on ne veut surtout rien remettre en cause de notre mode de vie énergétiquement dispendieux.

    Alors, faut-il encore le rappeler, les sources d’énergies éolienne et photovoltaïque sont intermittentes et ne peuvent donc par définition pas fournir la population et les entreprises à tout moment, à moins de « stocker » les surplus des pics de production dans des batteries lithium-ion ou cadmium-nickel, métaux dont les productions sont parmi les plus polluantes qui soient (pollution de l’eau notamment). Ces batteries ne sont au surplus recyclées dans le meilleur des cas qu’à 70%, aussi l’exploitation minière dont elles sont issues ne saurait être interrompue.

    Par ailleurs, les rendements énergétiques de ces dispositifs sont toujours de très loin inférieurs à ceux offerts par le nucléaire ou même le thermique fossile (qui ne sont déjà pas non plus mirobolants), à telle enseigne qu’il faudrait pour maintenir le niveau de production énergétique actuel des surfaces invraisemblables de panneaux et d’hélices (cf. les travaux de J.M. Jancovici).

    Aussi si New Deal vert il devait un jour y avoir, ce ne serait certainement pas par le remplacement de telle production énergétique par telle autre mais bien plutôt par une séries de drastiques changements dans nos modes de vie, allant d’une révision complète de l’aménagement du territoire (*) à la remise en cause quasi totale de toute production automatisée ou industrialisée. Quoi qu’il en soit, notre espèce aura très probablement disparue bien avant que des décisions de cet ordre soient prises.

    (*) Les aménagement de territoire dont je parle répondent à la nécessité de mettre fin au nomadisme motorisé compulsif des personnes et des biens au profit d’une vie relocalisée dans toutes ses dimensions – professionnelle, administrative, culturelle ou de loisirs – par l’abolition pure et simple du modèle urbain concentrationnaire au profit de communes plus petites et mieux réparties sur le territoire, et bénéficiant d’aménagements distribués de manière bien moins inégalitaire.

    1. Dissonance, votre commentaire sonne bien.
      Juste une remarque cependant sur le nucléaire : son réel rendement est bien moins bon que ce qu’on laisse entendre dans la sphère « pourritico-médiocratique », en étant à peine meilleur, tout considéré, que l’éolien.

    2. L’efficience énergétique appellera la concentration, à tous niveaux, à fortiori dans des mégapoles toujours plus grandes et hautes. Le contraire du localisme à gogogagas.

      1. @Vigneron

        Tout dépend des critères avec lesquels on définit « l’efficience ». J’ai une vague idée des tiens, nous n’avons vraisemblablement pas les mêmes.

      2. La vigne
        tu causes magnifiquement bien des lois des humains, mais les Lois de la Physique sont différentes, et là tu rames un peu.
        Les grandes mégapoles ne seront pas toujours plus hautes et plus grandes. Très bientôt, elles seront vestiges archéologiques parce qu’elles ne tiennent pas au regard de ces LOIS que Macron & consorts ne pourront pas changer, même pas par ordonnances (la dictature néolibérale à heureusement des limites. 🙂 ou 🙁 ?
        L’équilibre physique de ces villes est de plus en plus instable, ou si tu veux, il est métastable, i.e. de plus en plus fragile vis-à-vis de certains types de perturbations (manque de pétrole ou climat, par exemple), perturbations qui peuvent les conduire à de très brutaux effondrements.
        En d’autres termes, plus c’est complexe et plus la chute est dure ; loi de Murphy oblige (loi qui est, si je puis dire, « thermodynamiquement compatible »).

  5. @ Dissonance
    J’approuve votre propos à 95 %.
    Le 5% restant c’est pour le vin, habitant à des latitudes ne permettant pas une production locale de qualité 😉
    Faut quand même qu’il y ait quelques biens qui fasse des centaines de kilomètres (par voie d’eau si vous voulez) sinon la vie risquerait d’être bien austère.
    A moins que les nouvelles technologies tiennent leurs promesses :
    https://www.youtube.com/watch?v=N7j8LnBvlp0

  6. tendance nihiliste, « croire que rien ne peut être fait » : le dilemme est teinté de culpabilité ou de moralisme, vise le « ce qu’il faut croire ».
    Et avec des technologies type TGV au lieu de l’auto, c’est n’avoir rien compris. Il faut des TER, des cables, et trois fois moins de mobilité frénétique !
    Or il se peut qu’il soit trop tard, parce que l’humanité ne sera pas prête. Donc cataclysme, guerre mondiale, etc. On va droit dedans. Cela ne sert à rien de le nier par volontarisme. On peut garder un optimisme de changement humain, on doit, mais dans un monde irradié et surchauffé, « après la bataille ». Quand les hommes retrouvent la solidarité nécessaire pour leur survie.
    On peut stocker l’énergie en remontant par pompage de l’eau pour qu’elle chute selon les besoins (cfr la réserve de toute panne nucléaire pratiquée en Belgique). Et quand une éolienne est en panne ici, une autre tourne ailleurs en Europe. L’équation « une éolienne demande une centrale nucléaire » est fausse.

    1. « Quand les hommes retrouvent la solidarité nécessaire pour leur survie. »

      En étant optimistes, on peut penser que les hommes retrouveront la solidarité nécessaire pour leur survie, à partir du moment où elle sera devenue indispensable…
      Parvenu à ce stade (……) le bon sens prévaudra avec une mise en œuvre de technologies « low tech » et pas forcément moins efficientes que « high tech », ces dernières s’étant montrées, pour certaines (*), désastreuses ou s’avérant dans le nouveau contexte impraticables.

      Stockage (et production) de l’énergie: autre piste: solaire thermique et sels fondus.

      (*) suivre le lien fourni par @arkao sur le besoin en eau ultra pure pour le « silicium » http://ecoinfo.imag.fr/?p=11181

  7. Il y a quelques jours sur  » Radio Classique  » ( et non pas sur Radio Courtoisie ), j’ai écouté un personnage éructer pendant une heure en compagnie de Philippe Tesson, hilare et aux anges, en entendant les saillies du bonhomme. Le fou furieux libertarien entendu sur Radio-Classique ( et non pas sur Radio Courtoisie ) s’appelle M.Laurent Alexandre.On trouve son portrait new age sur Wikipedia ici :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Laurent_Alexandre

    Je me dis que les ami-e-s de Paul Jorion seraient bien inspirés d’organiser une rencontre publique et filmée entre eux deux. Le thème de l’intelligence artificielle serait le préalable à leur confrontation intellectuelle. Il y aurait là, la révélation d’une incommensurable aventure spirituelle, je n’en doute pas au vu de l’une et de l’autre personnalité. Il faudrait vraiment l’organiser. J’ose espérer que les nouveaux barbares- fussent-ils Chirurgiens-urologues apprendraient un peu à s’humaniser sous le regard de personnes qui ne leur ressembleraient pas, qui ne seraient pas leurs pairs et qui ne partageraient pas tout à fait leur façon de penser sur l’avenir de l’Humanité présente et à venir. A force de rester dans l’entre-soi, il est clair qu’aujourd’hui une Trans-classe qui s’imagine toute-puissante perd pied. A entendre certains, on se dit que l’hypothèse « Exterministe » – celle qui étreindrait déjà dans quelques rêves obscurs certains de nos gouvernants mondiaux et leurs affidés méchamment histrionisés ici ou là – oui, cette triste et horrifique hypothèse si judicieusement et audacieusement avancée par Paul Jorion lors d’une autre émission radiophonique pour mieux la conjurer, ne semble décidément pas si outrancière que cela quand on écoute certaines voix déjà quasi d’outre tombe à la radio ; une voix mauvaise qui ne nous souhaite pas que du meilleur et semble se venger déjà que nous soyons encore si vivants.

      1. Ça en fait des neurones suicidaires prêts à céder la place .

        Y aura -t-il un Freud , un Jung , un Lacan ..artificiels pour traiter les bizarrerie de l’IA murissante ?

        Est ce pour l’IA et la silicon valley que Macron semble finalement privilégier les relations avec les USA nonobstant Trump , plutôt que l’Europe avec une Merkel dépassée et impuissante ?
        Pas forcément idiot s’il veut exister , pas forcément éthique si les français veulent exister .

        D’accord avec Alex Toulet pour relever le vide assourdissant qui sonnait le glas de l’Europe dans l’entretien d’hier .

        Ethique , socialisme , éthique socialisme .. Vous avez dit éthique , socialisme ?…

        A ma droite les USA , à ma gauche la Chine .

        Faîtes vos jeux .

      2. Un sophiste, plutôt vous voulez dire, doublé d’un hypnotiseur de foules et occasionnellement, certes, un chirurgien-urologue de talent qui publie actuellement un livre adressé à ses enfants. On aurait bien aimé qu’il s’adresse à l’Humanité entière s’il avait quelque chose d’important à dire.

      3. C’est un réveilleur pour les gens qui ont ton QI ;-), mais pour le commun des mortels comme moi c’est carrément flippant.
        Soudain il me prend une envie pressante de catastrophisme,
        tiens pourquoi pas un Big One en Californie, finie la Silicon Valley ! Y’a pas à chercher plus loin la prolifération des théories complotistes et du catastrophisme. Les gens ont peur dans un monde où ils perdent pied, et on leur donne du grain à moudre.

        Non, je préfère mille fois la méthode « écodouble », qui part du monde accessible au commun des mortels, où il existe encore un terre où marcher avec ses pieds et ses jambes, où l’on s’émerveille d’un papillon dans un près, où l’on s’entraide. Où l’on prend encore le temps de faire le choses, et de les partager, les savourer. Un monde où il existe encore une économie politique. Pas le monde de la performance et de ceux qui réussissent à la Macron. Le président Macron a repris à Paul Jorion aux Etats généraux de l’alimentation, sa théorie des prix, tant mieux, c’est pas moi qui m’en plaindra (pour peu que la montagne n’accouche pas d’une souris) mais cela ne doit pas occulter le fait indiscutable et massif que l’essentiel de la pensée et de l’action du président est investi de l’esprit de compétition, dont on sait qu’à terme il cause la ruine de l’humanité. Le langage c’est important, les mots ont un sens et ont une action.

        Tout ce que ce monsieur annonce dans cette vidéo est possible, mais c’est un discours de renoncement sous couvert de neuro-éthique du futur. Ah, les neuro-éthiciens, d’un monde qui n’existe pas encore et dont on sait qu’il sera beaucoup plus intelligent, et j’ajoute, à la limite, on aura même plus besoin d’éthique, tellement nous serons (enfin pas moi, mes petites nièces, et arrières neveux et nièces.) intelligents. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi il ne parvient pas à cette conclusion.

        C’est un discours pervers.
        1. Il nous dit c’est horrible ce qui arrive, cela peut conduire à la neuro-dictature.
        2. Nous ne pouvons rien faire, et d’ailleurs les inégalités intellectuelles (en termes de quotient intellectuel) c’est intolérable. Les « gens » (tiens, il parle comme Mélenchon ! ) d’ailleurs ne supporteront pas les inégalités intellectuelles. Peut-être, mais faut toujours faire comme les autres gens ? Une mère et un père qui soignent et aiment un enfant trisomique, c’est un mal qu’il faut éviter ? L’horreur absolue. Qu’est-ce qui le plus important en ce bas monde, l’amour ou aller toujours plus vite ?

        Ah « Non les braves gens n’aiment pas que l’on suivre une autre route qu’eux » 🙂 Je le crains, les braves gens d’aujourd’hui sont hyper diplômés et ne pensent qu’aux chiffres.

        Bref, ce que dit le monsieur de la vidéo relève de la prophétie auto-réalisatrice, du discours démobilisateur par excellence. Je dis par excellence car il est très bon dans cet exercice.

        Clairement pour lui l’intelligence se résume aux performances intellectuelles mesurables par un Quotient intellectuel.
        Ce quotient mesure quelque chose, c’est indiscutable. Une certaine plasticité du cerveau, une vitesse de calcul …. dans un environnement, heu, comment dire ….. compétitif. C’est donc une mesure datée historiquement. C’est une mesure d’un genre particulier. Ah mais oui il y a les chinois, les siliconiens qui vont nous dépasser, si on ne prend pas la mesure de la révolution qui se met en place ! Ah, l’avenir est écrit quelque part, Nostradamus est de retour ?

        Il oublie l’essentiel, c’est que la vie humaine n’est pas faite que de performances exploitables en termes de compétition. Il oublie que l’humanité c’est une histoire avec les histoires entremêlées de ses milliards de terriens. L’essentiel de ce qui sauvera l’humanité d’elle-même réside sans doute dans ce qui ne se mesure pas. Il me semble qu’on peut mesurer un désastre, mais on ne mesure pas ce qui par définition n’existe pas encore, et qu’il faut encore inventer. Or c’est ce qu’il fait, en prétendant tracer notre futur à l’aune des capacités du QI.

        Je suis suis d’accord lorsqu’il dit que l’eugénisme est déjà parmi nous, mais comme il le dit en faisant totalement abstraction du politique, comme s’il avait déjà disparu, il ôte sa crédibilité à ses prétentions éthiques. L’éthique sans le politique est un non sens.

      4. @PYD :

        Est ce que le socialisme c’est le politique ET l’éthique apte à humaniser La silicon valley ?

        Y a-il une catastrophe « pour voir » que nous avons déjà évitée ?

      5. Un pré, pas, un près, un pré très près quoi, pas virtuel !
        Désolé pour les autres coquilles, et autres fautes d’un gars peu faiblard, peu performant pour tout dire. C’est sûr j’aurai besoin d’une bonne prothèse orthographique, pour commencer, dans le meilleur des mondes éthique qui s’annonce.

      6. Ach Gott ! Josef sors de ce corps. Leu grosse QI, meine dormeur, z’est l’afnireu !

        En revanche la réflexion sur la civilisation pré eugéniste (ie Trisomie 21) était pertinente et interpellante.

      7. Coucou,

        il me fait plutot penser à coluche; « il parle beaucoup d’intelligence, mais il n’a pas un échantillon sur lui »

        Si j’ai bein compris, aujourd’hui je suis le con de service du blog de mr jorion et demain on sera tous des cons des robots !

        heureusement que l’homme ne se resume pas au qi, ni au kiki !
        Mais son questionnement sur la façon d’apprendre est interessant.
        Notre cerveau est il si différent d ‘homo habilis ? ou de neanderthal ?
        des docteurs frankenstein ou folamours veulent nous implanter des turbos neurones pour que tous nous puissions tous comprendre la theorie de l’incomplétude,

        alors , alors alors
        chantons sous la pluie !

        Le pire n’est jamais sur !

        Buvons !

        Bonne journée
        Stéphane

      8. Soyons bien clair au sujet de l’endormeur, les idées qu’ils développent, dans cette vidéo, sont d’un élitisme qui ne peut que donner envie de gerber aux âmes de bonne composition et à tout humaniste qui se respecte.

        Pour les autres, ceux qui lui accordent du crédit et de l’approbation dans sa vision « élitiste » de la société, ce sont de dangereux individus dont l’éthique a plus avoir avec le papier WC qu’avec celui de la DHDDH.

        Vive les cancres, les idiots, les débiles, les inutiles, les stupides et les cons . Les autres ne seraient rien sans eux. Et vive les singes, nos cousins en humanité.

      9. Coucou,

        Je n’avais pas ecouté la fin, tellement « attristé » par le début, tellement coluchien, trop tentant !

        Que je sois honnete, a la fin , il ne prone rien, et dit qu’il ne sait pas.

        Ils sont fous ces romains !

        Bonne journée

        Stéphane

  8. Alexandre ou la fin d’un monde,de son monde: Apres moi le deluge! Chacun pour soi! TINA! Une belle demonstration de la fin du capitalisme par un vieux bourgeois sans espoirs et sans humanité. Un Macron quoi.

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