Je vais écrire une grande Loi pour les sortir de la misère, par AncestraL

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Le peuple ne devrait pas avoir peur de son gouvernement.
Le gouvernement devrait avoir peur de son peuple
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V pour Vendetta.

Les hommes ne sont naturellement, ni rois, ni grands, ni courtisans, ni riches ; tous sont nés nus et pauvres, tous sont sujets aux misères de la vie, aux chagrins, aux maux, aux besoins, aux douleurs de toute espèce, enfin tous sont condamnés à la mort.

Jean-Jacques Rousseau, Émile, ou De l’éducation (1762)

Le dernier billet de Marianne Oppitz me fait réagir. Que Paul Jorion décide de mettre la clé sous la porte, nous disant : « J’en ai fait assez, je me suis bougé, je veux faire autre chose, j’ai fait ce que j’ai pu, à vous d’en faire autant », m’a vachement surpris. Mais il a raison. Cela fait quasiment depuis le début de l’aventure que je suis Paul sur son Blog, au Vicomte, dans des conférences et autres réunions publiques, et puis dans ses livres. Mais c’est l’impermanence. Paul devait bien arrêter un jour ou l’autre. Reviendra-t-il ? Mais surtout : Paul verra-t-il la fin de l’humanité, ou bien celle-ci saura-t-elle se sauver d’elle-même, des robots, de l’IA et des transhumanistes ? Matrix aura-t-il raison ? Terminator aussi ? Elyseum, et tant d’autres films avant-gardistes sont-ils prophétiques ? On ne peut pas en douter. Pourquoi ? Mais parce que la science-fiction d’aujourd’hui a rattrapé la réalité ! Le « futur » a-t-il déjà eu lieu vu que l’on peut le prédire ? Plus de 15.000 scientifiques nous alertent qu’il est déjà trop tard rien qu’au niveau écosystème. Ce billet pose la question de ce que vous pouvons et devons faire. Je vais d’abord faire un détour par le sujet du nucléaire.

En septembre 2017, le 20 précisément, j’eus l’idée de consacrer un billet à ce qui serait une mise en parallèle d’un ouvrage fabuleux – Le Livre de la Paix de Bernard Benson, édité en 1980 par Fayard (si la maison d’édition voulait bien rééditer les magnifiques livres de cet auteur…) – et le discours de ce jour-là que fit Emmanuel Macron à l’ONU*. Je vais vous en parler aujourd’hui. Benson et Macron parlent de Paix, de guerres et de nucléaire, et ce sujet est chaud bouillant. Néanmoins, ce n’est pas ce que dit M. Macron au sujet du nucléaire qui est important – car il suit la « communauté internationale » à ce sujet – mais d’autres parties de son discours.

M. Macron, chef d’État, Président français du peuple français est reçu à l’ONU. Benson, scientifique, informaticien, fut reçu à l’ONU et par divers chefs d’états suite à la sortie de son livre. Leurs deux discours sont donc importants pour que l’on les invite publiquement. Néanmoins : l’action de Bernard Benson n’a pas fait changer les choses. Son avertissement en tant qu’intellectuel engagé fut écouté – mais n’a pas eu d’autres effets. Malheureusement ! Qu’en sera-t-il de celui d’Emmanuel Macron ? J’ai bien peur que tous deux aient parlé pour soulager la bonne conscience de ceux qui les ont invités – et c’est tout. Le mouvement civil qui s’occupe du nucléaire n’a réussi quoi que ce soit en la matière politiquement parlant.

Le danger du nucléaire civil est tel qu’ajouter un danger nucléaire militaire est pure folie. Néanmoins, « tout le monde » souhaite avoir de telles armes. Officiellement, c’est pour dissuader le voisin en cas de montée en température. Kim Jong-un joue avec l’arme nucléaire, car les USA jouent à faire des manœuvres militaires proches de son territoire, et cela depuis des décennies. N’imaginons même pas un conflit nucléaire entre les deux Corées, le Japon (tous trois seraient rasés) et les USA. La Chine s’en mêlerait sûrement et la partie n’en resterait pas à un niveau local…

« Ne penser qu’à nous protéger de nos voisins, c’est le chemin des armes qui conduit à la guerre. Penser à les protéger de nous-mêmes, c’est la voie du désarmement qui mène à la Paix » dit Benson page 164, et page 178, désarmer « c’était trop dangereux ! Si tout le monde œuvrait au démantèlement des systèmes de contrôle et s’évertuait à rendre ses propres armes inutilisables – pour ne pas parler de leur destruction réelle qui pouvait requérir des années – rien ne permettrait d’être assuré que tel ou tel pays n’en profiterait pas pour violer la règle et écraser tous les autres, imposant son règne ! » Ensuite, Benson donne sa solution au problème. Mais l’on voit bien qu’elle ne fut pas mise en œuvre !

Peut-on appliquer ces mêmes idées à l’IA, les robots, le transhumanisme ? Ils sont aussi dangereux que le nucléaire ! Un robot doté d’une IA, voire un commando de telles « choses » (comment les nommer ?), qui déciderait de mettre fin à la vie sur Terre, est-ce si invraisemblable ?

Alors, que dit M. Macron ce 20/09/17 ? Au sujet du nucléaire d’abord : « Le multilatéralisme peine à faire face aux défis de la prolifération nucléaire, il ne parvient pas à conjurer des menaces que nous pensions à jamais révolues et qui sont réapparues brutalement dans notre présent. Ainsi Pyongyang a franchi en le revendiquant un seuil majeur dans l’escalade militaire. La menace nous concerne tous immédiatement, existentiellement, collectivement. (…) La France refusera toute escalade et ne fermera aucune porte au dialogue, si les conditions sont réunies pour que ce dialogue soit utile à la paix. » C’est l’hôpital qui se fout de la charité. Rien n’est fait pour empêcher les états de se doter de l’arme nucléaire depuis 1945 !

Il dit ensuite que le combat contre le terrorisme – car nous sommes officiellement en guerre – passe par le militaire, mais qu’il est aussi « éducatif, culturel, moral ». Il ajoute : « La nécessité, c’est le départ pour sauver sa famille quand la guerre fait rage et que le droit international humanitaire n’est plus respecté, mais instrumentalisé, comme en Syrie dans la stratégie de violence des acteurs ; l’exil, quand les défenseurs de la liberté sont les premières cibles des pouvoirs en place. La protection des réfugiés est un devoir moral et politique dans lequel la France a décidé de jouer son rôle. » N’oublions pas que la France est un acteur de cette guerre en Syrie, et qu’elle est un des plus grands marchands d’armes au monde – car c’est ainsi que l’on exporte la démocratie, à coup de bombes et rafales de kalach’. En somme, l’attitude française c’est : « Vendons des armes au plus offrant ! Et derrière, réclamons l’arrêt de la guerre ! » Comment pourrait-on vendre des armes et demander la paix, le dialogue ? Dans quel monde vit M. Macron ?

Comme vous allez le lire, Emmanuel Macron a un plan pour sauver tout le monde (sauf de la guerre et des armes bien évidemment) : « Ensuite, c’est d’avoir des priorités claires, la première c’est d’investir dans l’éducation parce que c’est par l’éducation que nous gagnerons cette bataille contre l’obscurantisme, celle qui est aujourd’hui en train de faire basculer des pays, des régions entières, en Afrique comme au Proche et Moyen-Orient. (…) C’est une bataille essentielle que nous mènerons là, c’est celle qui consiste précisément à donner la possibilité aux jeunes filles et aux jeunes garçons de ne pas sombrer dans l’obscurantisme, de pouvoir choisir leur avenir, pas celui qui leur sera imposé par nécessité ou celui que nous leur choisirions ici dans cette salle.

La deuxième priorité c’est d’investir dans la santé, dans la lutte contre les grandes pandémies et contre la malnutrition parce qu’aucun espoir n’est permis quand on ne peut pas se former ni se soigner. Dans ce combat pour le développement nous avons aussi besoin de soutenir la place des femmes, la culture et la liberté d’expression. Partout où la place de la femme est remise en cause, bafouée, c’est le développement qui est bloqué, c’est la capacité d’une société à s’émanciper, à prendre sa juste place qui est ainsi bloquée, ce ne sont pas des sujets de société anodins, c’est un combat de civilisation profond, c’est notre combat, ce sont nos valeurs et elles ne sont pas relatives, elles sont éminemment universelles sur tous les continents, toutes les latitudes. Partout où la culture est bafouée là aussi c’est notre capacité collective à relever ces défis qui est réduite. » Mais dans quel obscurantisme nagent les « élites » ? Sont-elles suffisamment éduquées, ou ont-elles tout oublié ? Manquent-elles de « culture » ? En tous cas, vous voyez, il y a de quoi faire. L’État a du boulot pour ses citoyens. « Que faire ? » disait-on. Voilà le plan chers lecteurs !

Enfin, E. Macron parle du dérèglement climatique, dont Paul, moi et tant d’autres sont si inquiets : « L’avenir du monde c’est celui de notre planète qui est en train de se venger de la folie des hommes, la nature nous rappelle à l’ordre et nous intime d’assumer notre devoir d’humanité et de solidarité. Elle ne négociera pas, il revient à l’humanité de se défendre en la protégeant. » Il ajoute : « nous avons laissé les dérèglements du monde prendre le dessus. Nous avons traîné à régler le réchauffement climatique, à traiter des inégalités contemporaines qu’un capitalisme déréglé s’est mis à produire. Nous avons laissé des voix discordantes s’élever. Mais à chaque fois, c’est la voix du plus fort qui l’emporte à ce jeu. »

Néanmoins, les derniers paragraphes du discours d’Emmanuel Macron sont inspirants et beaux : « ne pas écouter la voix des opprimés et des victimes, c’est laisser leur malheur grandir, prospérer, jusqu’au jour où il nous frappera tous. C’est d’oublier que nous-mêmes, chacune et chacun, à un moment de notre Histoire, nous avons été ces opprimés et d’autres ont entendu nos voix. C’est oublier que notre sécurité, c’est leur sécurité, que leur vie engage la nôtre et que nous saurions restés indemnes dans un monde qui s’embrase.

Ne pas écouter ceux qui nous appellent à l’aide, c’est croire que les murs et les frontières nous protègent. Mais ce ne sont pas les murs qui nous protègent. C’est notre volonté d’agir, c’est notre volonté d’influencer le cours de l’Histoire. C’est notre refus d’accepter que l’Histoire s’écrive sans nous, pendant que nous nous croyons à l’abri. Ce qui nous protège, c’est notre souveraineté et l’exercice souverain de nos forces au service du progrès. C’est cela l’indépendance des Nations dans l’interdépendance qui est la nôtre.

Ne pas écouter ces voix, c’est croire que leur misère n’est pas la nôtre. Que nous posséderons pour toujours les biens dont ils ne pourront que rêver. Mais lorsque ce bien, c’est la planète, lorsque ce bien, c’est la paix, la justice, la liberté, pensez-vous que nous puissions en jouir seuls, dans un coin ?

Si nous ne prenons pas la défense de ces biens communs, nous serons tous balayés. Nous laissons s’enflammer des brasiers où demain l’Histoire jettera nos propres enfants. Oui, aujourd’hui encore plus qu’hier, nos biens communs, c’est aussi notre intérêt, notre sécurité, c’est aussi leur sécurité. »

Alors, Paul nous dit de nous bouger et il a raison. Marianne Oppitz dit que rien ne bougera et elle a raison. Personnellement, je vais vous avouer ce que je prépare mais qui va me prendre du temps. Ça ne parle pas de nucléaire, car je ne vois pas ce que je peux faire à ce sujet-là. Mais je peux contribuer à la paix sociale et à la solidarité, à l’humanité.

De par mon travail d’éducateur et d’agent de la Justice, je vois trop de SDF, que ce soit en prison ou en dehors. Je suis donc impliqué dans l’aide aux SDF, en tant que bénévole, à la fois dans des maraudes comme dans l’aide directe au sein d’une association pionnière, ancienne sur Lille. Et je veux faire plus. Je vais questionner les acteurs de ce réseau, comme les bénéficiaires, les SDF, qui sont aussi bien Français qu’étrangers, migrants.

Et seul, ou avec ceux que je vais trouver en chemin, je vais écrire une Loi, une grande Loi pour les sortir de la misère, de la rue et leur rendre leur dignité d’humain, et une place dans notre société. Une Loi qui abordera tous les aspects de leur condition. Je transmettrai cette Loi ensuite aux différents partis de l’Hémicycle. Je sais c’est fou, mais je vais le faire. Je créerai un blog qui sera le lieu du recueil des témoignages et enquêtes, et de l’écriture de cette Loi. Car on ne peut pas continuer ainsi. « Ce que vous ferez sera dérisoire, mais il est important de le faire » a dit Gandhi. Le Bouddha appelait notre monde du nom d’Endurance

* Discours d’Emmanuel Macron devant la 72e assemblée générale des Nations-Unies.

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31 réflexions au sujet de « Je vais écrire une grande Loi pour les sortir de la misère, par AncestraL »

  1. @Ancestral
    Vous auriez pu nous épargner cette longue et verbeuse introduction pour aller directement au fait. Rien à battre des discours techno-formatés de Macron.
    Pauvreté et droit public:
    https://www.cairn.info/revue-internationale-des-sciences-sociales-2004-2-page-361.htm
    Sinon, en terme de loi, on a déjà celle-là:
    Déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948
    Article 25
    1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
    Commençons par la faire appliquer.

      1. Je ne comprends pas votre réponse.
        Qu’est-ce qui vous fait dire que les SDF ne se sentent pas concernés ne serait-ce que par …/…un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires…/…

    1. La réflexion d’ensemble, et la démarche d’Ancestral sont remarquables.

      On s’en fout que d’autres se sont indignés autrefois devant pour une cause similaire et qu’il existe déjà des lois.
      Ou plutôt cela devrait nous inciter à penser qu’il faut une énergie au moins égale à celle de nos prédécesseurs pour faire bouger les lignes afin que les lois s’appliquent réellement et soient pertinentes.
      Oui des Hugo il va en falloir à la pelle pour renverser la vapeur d’un monde qui coure à sa perte.

      Or c’est justement cette énergie qui ne manque pas à Ancestral, instruit qu’il est d’une expérience de terrain auprès de ceux qui sont les premiers concernés, votre énergie se bornant à un vague « on ».

    2. La seule proposition neuve sur ce blog qui permettrait, s’il n’est pas déjà trop tard, de se donner une véritable possibilité de régler nos problèmes environnementaux, sociaux et économique est ce que propose Philippe Soubeyrand propose, soit de tout ARRÊTER et le plus rapidement possible.
      Curieusement on en entend plus parler….
      Pourquoi? Oui, tout le monde veut un nouveau système, mais tous sont englué dans le système actuel incapable d’en sortir et d’imaginer vraiment un autre système de répartition des ressources de base.
      Pourtant la solution est aussi simple à ce niveau que de tout ARRÊTER. Pour ma part je commencerais par l’inutile et le superflue nuisible….
      Tant et aussi longtemps que les premières préoccupations de ceux qui veulent un changement demeura l’obsession de la création d’emplois et tout ce qui va avec, croissance et surconsommation….
      De gérer la dette public et privé tout en continuant à s’endetter….
      De laisser le contrôle de l’argent au privé….
      Rien ne se RÈGLERA.

      1. Pas la peine de se renier. Cette sentence ridicule est du même niveau que les pleurnicheuses qui viennent se plaindre de la surpopulation : je les invite à se foutre en l’air, pour montrer l’exemple, mais bizarrement, c’est toujours les autres les « surpeuplants », jamais eux !

      2. À Julien.
        C’est ce que je te dis, parfaitement engluer….dans les ornières du système.
        Et Philippe Soubeyrand dans quel classe tu le place.

    3. Arkao, le point c’est de se bouger, de s’investir.
      Tu ne crois pas à l’action d’Ancestral?
      OK et bien tu fais autre chose de different sans pourrir les élans et la générosité des autres.
      C’est facile non?

  2. « …Mais je peux contribuer à la paix sociale et à la solidarité, à l’humanité… »

    La paix sociale c’est le contraire de la solidarité et de l’humanité.
    Le statu quo tue.

    « …je vais écrire une Loi, une grande Loi pour les sortir de la misère, de la rue et leur rendre leur dignité d’humain, et une place dans notre société… »

    Une loi suffira. Pourquoi une « grande Loi », petit prétentieux ?

    Une Grande Loi, c’est contre l nature humaine.

    C’est un idéal des Sikhs, c’est la Loi de Dieu !

  3. Cri du coeur qui me touche beaucoup. Cependant j’y ajouterais le cosmos. Comme une science merveilleuse, qui vient et travaille la jeunesse en profondeur, comme une fleur, comme la beauté, comme l’atmosphère, comme l’atome, aujourd’hui et demain, à la virgule près. Il bat, il va.

    L’Univers (Partie 1/11). Cours « tout public » Aurélien Barrau. Introduction.
    https://www.youtube.com/watch?v=zjIC6jIQRKQ

  4. Tu as certainement raison Ancestral même si ce que tu fais au sein de ton association est dérisoire vu la tâche immense. Tu contribues à ton petit niveau à changer le monde.
    Comme Paul, tu fais de ton mieux et c’est déjà beaucoup!
    Cela fait plusieurs années que je lis le blog à la recherche de clefs pour comprendre le monde. Je sais que c’est prétentieux, comment pourrions nous prétendre le déchiffrer, nous, petit terrien emprisonné dans notre vision occidentale des choses? Enfin bref, passons…, j’ai beaucoup lu et il me semble appris. Et puis un jour, je me suis demandé mais au fond pourquoi tout çà? Le monde va continuer à tourner après ma mort, les planètes vont continuer leurs courses folles à travers la galaxie. A chaque seconde des photons arrivent sur la terre et apportent leur énergie, les vagues continueront à se fracasser sur les rochers….Je me souviens d’avoir entendu un jour le témoignage d’un acteur célèbre Français dont je me souviens plus le nom. Il disait que ce qu’il l’attristait, c’est de savoir que juste après son enterrement, la vie de ses amis reprendrait son cours. Leurs préoccupations du moment reprendraient leurs places et petit à petit, inexorablement , ils deviendraient un souvenir comme ces photos qui perdent de leur éclat année après année….L’oubli c’est ce qui nous guette tous. Je sais notre ego en prend un sacré coup, c’est la vie. Mais quand on l’accepte je saurai pas l’expliquer mais on se sent franchement mieux. On se sent à sa place, pas de prétention, pas d’égoïsme juste son esprit face à son destin.

  5. J’ai toujours salué les efforts de Paul Jorion, et cela non seulement ici sur son bloc; j’ai beaucoup de sympathie pour son travail pédagogique. Mais je comprends qu’il veuille arrêter, on a qu’une vie.
    Le problème pratique que rencontre Paul Jorion (et tant d’autres qui se vouent à la même vocation) c’est l’argent en tant que médium économique. Ce phénomène est ancien comme la civilisation. La cupidité, la domination de l’argent fut déjà décrit par Horace vers la fin de l’Empire Romain, par Emile Zola dans « L’argent », un roman qui a beaucoup de ressemblance avec notre époque. Malheureusement il faut le rappeler: seule la rue peut pousser le pouvoir en place à bouger. Mais je ne vois de signes pour que cela se réalise. Je pense plutôt que les ressentiments à l’égards des pauvres, des exclus, des plus modestes culpabilisés par leur sort et par la société, seront de plus en plus acides et destructrices. La division de la société sera définitivement institutionalisée.

  6. Bonjour,

    Au revoir Monsieur Jorion et surtout merci. Take care!

    @Ancestral,

    Je n’ai jamais basculé « dans la rue » mais j’aurais aimé pouvoir écrire un témoignage ici et ne l’ai jamais fait (ou pu le faire), sur les mesures d’austérité (Belgique, gvrnmnt Di Rupo-2012-2013) qui ont frappés les gens (et les frapperont encore).
    De ces politiques d’austérité et des conséquences pour moi (et plein d’autres), sur la santé (à long terme), sur la désocialisation qui s’ensuivit (déjà que c’était pas fameux), la peur qui vous réveille la nuit (je suis accro aux somnifères depuis), tout ce cirque morbide (leur paperasse, leurs contrôles) je peux parler.
    J’en suis sorti (parce que j’en étais capable, chapeau également au syndicat qui m’a défendu), je n’oublierai pas. Alors les discours, …

    e-mail : p.comblin@yahoo.fr
    skype id / pierre 99987
    tél / 0033(0)612904830
    envoyer texto avec votre pseudo d’abord.

    Bonne continuation

  7. Comment ne pas être d’accord avec la noble et humaniste ambition de votre projet, et ne pas avoir envie de vous soutenir AncestraL… ? Merci d’ouvrir aux commentaires cette réflexion appuyée par un texte touchant (Je ne parle pas du discours de Macron non plus).

    C’est parce que je vous soutiens à fond, que je pense que poser la question ainsi répond au vaste défi, donne à voire la hauteur vertigineuse des sommets à gravir, qu’attend la proposition de loi que vous souhaiter élaborer…
    Et d’abord, n’est ce pas ce que cette loi doit changer par rapport à nombre de celles déjà existantes et inefficaces, et à ce que la constitution (et pas que…) ne rempli comme objectif, qu’il faudrait réfléchir… ?

    Car n’est-ce pas sur ces points, dans cette incertitude, cette « obscure clarté », qui est délimitée par les lois et l’interprétation ou de leurs lettres, ou de leurs esprits, derrière une Constitution (et même la déclaration universelle des droits de l’Homme – propriété privé, etc), tous inefficaces à répondre au défi de la pauvreté, des inégalités, discriminations, etc, et par ce que vous proposerez de changer comme cadre (dans un contexte ou le capitalisme financiarisé, etc, sont toujours de plus en plus nuisibles, œuvrent toujours plus à faire s’effondrer la démocratie, la « représentativité », etc…?) que l’adversité, et il y en aura toujours, même sous couvert de félicitation congratulation et encouragement, qu’elle sera donc se tapir dans l’ombre, attendre son heure (produire des effets cliquet…), soit pour faire capoter le projet(à plus ou moins moyen/long terme), soit pour en atténuer son objectif et ses méfaits pour lui (le capitalisme, le corporatisme politique, associatif peut être aussi, etc)… ?

    Et donc… ? Quels compromis seront « acceptables », et pour qui, sans compromettre, corrompre, l’esprit et la lettre si ambitieuse du projet de loi… ?

  8. Voilà le contour d’un projet qui pourrait bien aller dans le sens de cette folle idée d’Ancestral, redistribuer l’activité en s’appuyant sur une mutualisation du travail social .
    Il faut bien un cadre institutionnel pour développer cette mutualisation, un cadre légal. Sans ce cadre, cette mutualisation se développe, poussée par le besoin, mais bien trop lentement.

  9. merci Ancestral pour ce beau projet! N’écoutez pas les chagrins qui vous disent que c’est voué à l’échec ! Ce sont les mêmes qui disaient ça quand on a fait la semaine des 6 jours, puis des 5. Quand on a interdit le travail des enfants, qu’on a parlé des congés payés!
    N’hésitez pas à en parler et à nous donner des nouvelles !

  10. @ AncestraL
    « Néanmoins, les derniers paragraphes du discours d’Emmanuel Macron sont inspirants et beaux »

    Pourvu que le « Manu » il se souvienne de ses belles paroles à l’ONU lorsqu’il statuera, d’ici deux semaines, de l’avenir du bocage de Notre-Dame-des-Landes.
    Il serait ballot qu’il perdît la mémoire.

    1. Le discours de E. Macron à l’ONU a été prononcé. Celui-ci et non un autre. Dans le temps qui court où chaque dirigeant le doigt près du bouton maléfique l’attendait pour écouter ce qu’il a dans le ventre et la tête, c’est un FAIT : ce discours là et pas un autre. Il a déroulé l’essentiel à savoir un rappel ferme de l’existentiel, de l’esprit de la DDHC fondement du multilatéralisme de l’ONU. Simple comme des ronds dans l’eau ? Peut-être et peut-être pas.

      Si ce n’est pas un rappel fumeux mais bien un appel exprimant clairement sa pensée à l’origine de son élection à la Présidence de la République afin de donner corps fissa à la DDHC il est un des seuls espoirs du côté de la force active de sortir du mirage besogneux de la complexité pour aborder le grand tournant avec une chance d’éviter le précipice.
      Alors il a besoin de tous les soutiens pour se lancer dans la traversée du miroir. Et dans ce cas, de qui de quoi aurait-il besoin MAINTENANT pour inverser le rapport de force ?
      De nous, partout, pour faire masse avec lui.
      En sommes-nous capables ? Sommes-nous capables de prendre le risque du doute, de résister à nos amertumes suspicions préjugés certitudes et images ? Somme-nous capables de prendre réellement en compte l’urgence des situations planétaires et ce qu’elle implique, à savoir ici saisir ses mots et exiger en retour i.e. renoncer à la perfection de nos convictions calibrées et le pousser à être et faire ce que ses mots, simples, ont dit ?
      Sommes nous capables de larguer nos bons sens pour promouvoir le sens commun, comme-un(s) ? Sommes-nous capables d’être infidèles à qui nous croyons être ? Sommes-nous capables de prendre le risque de la confiance en abandonnant notre autosatisfaction d’éveillé(e)s auto-proclamé(e)s experts en interprétations dûment désespérantes sur « la nature humaine » (des autres bien entendu), qui se veulent indubitables et raisonnées mais surtout fatalistes ? En somme, sommes-nous capables d’aimer la vie sans promouvoir la mort pour supporter la nôtre ? A portée, une concrétisation du vieux fantasme de tous mourir ensemble sans souffrance menace.

      Je suis de gauche, fille d’une famille de résistants français qui se sont retrouvés à combattre aux côtés de résistants venant de tout le spectre politique de l’époque, y compris ceux contre lesquels ils luttaient de toutes leurs forces communes, avant.
      Ma première énigme était de savoir comment tous ils avaient pu dépasser leurs fidélités politiques.
      Un leitmotiv dans leurs réponses : Tout, sauf ça.
      Ma deuxième énigme était de savoir comment ils avaient compris que l’appel du 18 juin était unique et vital, indépendant de celui qui le prononçait.
      Un leitmotiv dans leurs réponses : il n’y en a eu qu’un, un seul emmerdeur refusant de tourner en rond, un seul espoir de créer, résister , lutter,
      Ils ont tous lutté pour un après. Et Après, il y eut la libération avec son cortège d’horreurs et le CNR.

      Mais après, aujourd’hui, qui est sûr et certain (si je ME mens c’est l’enfer), qu’il y en ait un ?
      Qui plus est où situer la période que nous traversons, ici en France ? Avant pour la plupart, après pour beaucoup ?
      Pour une grande part de la planète ? Pendant.

      TOUT sauf ça.
      Un.

      1. @ baleine
        Le plus important, c’est les actes.
        Les paroles, fussent-elles celles de Jupiter, c’est pour l’autocongratulation et/ou la communication.
        Sur NDDL, le choix se résume à bocage ou béton. Par son choix, le fulgurant « petit jupiter » se révèlera et nous saurons alors s’il est du coté obscur ou s’il est du coté de la Vie.

      2. Oui Baleine.
        « Mais après, aujourd’hui, qui est sûr et certain (si je ME mens c’est l’enfer), qu’il y en ait un ?
        Qui plus est où situer la période que nous traversons, ici en France ? Avant pour la plupart, après pour beaucoup ?
        Pour une grande part de la planète ? Pendant. »

        Libye-Italie : les migrants pris entre deux feux
        « Ces derniers mois, les migrants sont moins nombreux à tenter de traverser la Méditerranée, découragés par les nouvelles politiques italienne et libyenne. Emprisonnés, torturés, vendus comme esclaves, ils se retrouvent bloqués en Libye, où ils subissent l’enfer. Enquête au cœur d’un scandale international. »
        http://www.france24.com/fr/20171208-reporters-libye-italie-migrants-mediterranee-esclave-ong-aquarius-msf-accords-armes

  11. Medellín, le 4 de décembre de 2017

    Ce grand fils de l´Afrique et du double-royaume de Begoro-Kyebi et du peuple des Akan, (Nanna Akufo-Addo), a pu rendre un peu nerveux notre grande bouche arrogante de la France/l´Europe, voire le laisser répondre en francais (!!! quelle GAFFE immense!!!!) et de le laisser démonstrer en public sa propre redondance ridicule.

    https://www.youtube.com/watch?v=yfqzVKV_ORI

    Toute de suite, et sans le laisser un soupir d´air à sa proie, Akufo-Addo l´a bien et professionellement psycho-analysé ¨in situ¨, l´invitant à venir manger quelque chose, et lui, le petit garcon M, suivant obéissant à l´éléphant de l´Afrique.

    Oui, c´est dur pour un roi théâtral de se rendre compte que dans 15 ans d´ici, l´Afrique du Nord et Occidentale seront beaucoup plus importantes que l´Europe, notamment en ce qui concerne la production de l´énergie renouvable et de la production alimentaire et tout cela basé sur une population immense, jeune, bien éduquée et travailleuse.

    C´est dur de se rendre compte de sa propre in-utilité.

    Le grand résultat de la pénétration Suisse du système d´éducation au Ghana (Basel Mission) a été prouvé une autre fois.

    http://education.stateuniversity.com/pages/529/Ghana-HISTORY-BACKGROUND.html

    C´est clair de l´étonnement du chico Macron: même la diplomatie francaise n´est plus capable de suivre la grande vitesse de la révolution qui se passe au monde, une révolution basée sur les contradictions produites par le capitalisme même.

    Il ne reste que très peu de temps avant que l´Afrique même mettra fin à la folie nucléaire du peuple francais et son impérialisme irresponsable au Niger, qui n´aura rien d´autre faire que d´accepter les conditions de l´Union Africaine de se dé-nucléariser.

    L´Afrique: une géante qui se lève.

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