Deux remarques de Henry Kissinger, sur Trump et sur la Chine

Ouvert aux commentaires.

Dans le Financial Times en date d’hier, Edward Luce, chroniqueur en chef du quotidien pour ce qui touche aux États-Unis, publie un entretien intitulé Henry Kissinger: ‘We are in a very, very grave period’.

Je vous rappelle que Kissinger fut à différentes époques le ministre des Affaires étrangères (Secretary of State) de Richard Nixon et son principal conseiller en matière de Défense.

Luce se dit particulièrement frustré de son entretien, et laisse entendre de différentes manières que l’ancien ministre, aujourd’hui âgé de 95 ans, préfère distiller ses pensées les meilleures à l’intention des clients de sa coûteuse lettre confidentielle.

Quoi qu’il en soit, le chroniqueur du Financial Times, parvient quand même à glaner les deux remarques suivantes :

« Il me semble que Trump est l’une de ces figures de l’histoire qui apparaît de temps en temps pour marquer la fin d’une époque et la forcer à abandonner ses vieilles prétentions. Cela ne signifie pas nécessairement qu’il le sache ou qu’il ait pris en considération une autre grande option. Ce pourrait être un simple accident. »

Et

Une alliance atlantique divisée ferait de l’Europe un « appendice de l’Eurasie », qui serait à la merci d’une Chine voulant restaurer son rôle historique d’Empire du Milieu et être « le conseiller principal de toute l’humanité ». Il semble que Kissinger pense que la Chine est en bonne voie d’atteindre son objectif.

Les lecteurs de mon blog et des chroniques que je publie dans la presse auront reconnu deux thèmes qui leur sont familiers. Ministre conservateur sur un rivage de l’Atlantique, franc-tireur sur l’autre ? Qu’en penser ?

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105 réflexions sur « Deux remarques de Henry Kissinger, sur Trump et sur la Chine »

  1. Les méchantes langues diront que ce sont deux vieux croûtons qui radotent , dont l’un ,à 95 ans, coûte sensiblement plus cher que l’autre à 72 ans avec sa donation mensuelle , et qu’il vaut onc mieux s’dresser au second puisqu’ils disent en gros la même chose ;

    Plus sérieusement , je n’aime pas trop le terme  » conseiller principal de l’humanité « , car ce qui me parait apparaitre sur des ondes très très longues de l’Histoire , c’est plutôt l’opposition ( qui est plus métaphysique avant que d’être potentiellement conflictuelle) entre une conception de l’humanité ( c’est le terme important dans la citation ) qui situe l’individu comme élément d’un ensemble , ou comme élément unique et sans limites qui ne trouve ses bornes que dans l’harmonie nécessaire du groupe humain ;.

    En gros , d’un côté ,la Chine dans une version lisse et « impériale » , de l’autre d’autres cultures dont la judéo-chrétienne et sans doute africaine ( pour celles que je connais mieux ).

    En bref ce qui commence à (re)venir , c’est la nécessaire traduction en actes de la ou des réponses à la question existentielle qui est en filigrane derrière les titres de vos derniers bouquins :

    « l’humanité , l’humanisme , le tout et le un  » quelle réponse à cette ancestrale question ?

    Sous contrainte du soliton ou tragédie éternelle .

    1. Mais ce qui est sur , c’est qu’il faut éjecter Trump et le capitalisme « libéral » , pour se donner une chance d’apporter par nous même une réponse digne à la question, qu’elle soit sino identique ou pas ( cas probable qui devra être sino-compatible cependant , sinon fin de l’histoire et de l’humanité ) .

      1. Ejecter Trump il n’y a que les américains pour le faire , et c’est sans doute bien le souci de Mueller et de ceux démocrates ou républicains qui aiment leur peuple et le monde .

        Mais de la même façon qu’il n’y a que les britanniques pour sortir de l’ornière Brexit où ils se sont mis , on peut faire comprendre aux uns et aux autres que s’ils ne le font pas , il faudra bien qu’on en tire les conséquences .

        Sauf si on accepte l’absence d’avenir qu’ils sous tendent .

    2. Les réfugiés sont déjà une réponse. Il faut solder le passé colonial du XXe Scle et un pôle important émergera; ce sera « L’Eurafrique avec le grand lac méditerranéen au milieu  » où un rapprochement entre L’Allemagne et la Russie entraînera l’EU dans une  » Eurasie » autre pôle possible face à la Chine, au Moyen Orient et aux USA. Nous vivons actuellement cette indétermination.

      1. Haaa!!!!!…Bonjour Béotienne !

        Je ne comprends pas sans risque d’erreurs : » les réfugiés sont déjà une réponse « .

        Mais je serais d’accord pour dire que les migrations , quelque soit leurs motivations , sont à la fois un indicateur et un élément actif de la recomposition mondiale .

        Si la logique marchande mondialiste est seule en désir , la Chine aura le leadership final , plus ou moins gentiment exercé , en grande partie grâce aux outrances du capitalisme trumpien et des partisans autarciques .

        Si les désirs sont autres , les agrégats de plaques seront plus inattendus , tendant vers un monde effectivement multipolaire , qui sera cependant condamné à trouver des raisons de coexistence ( autrefois dite pacifique ) qui ne se limitent pas ( erreur tragique ) à des traités commerciaux .

      2. @Juannessy
        Les réfugiés qui arrivent en Europe ont exercé un choix et beaucoup proviennent d’Afrique, c’est un indicateur; Pour la Russie elle aime à se présenter comme l’héritière culturelle de Byzance donc recomposition Rome-Byzance. Entre les peuples les affinités ne sont pas seulement commerciales.

      3. @Béotienne :

        Je resterai très très prudent sur la traduction immédiate des flux physiques comme des flux d’affinités , mais je suis complètement d’accord que les affinités entre peuples comme entre personnes ne sont pas que commerciales .

        C’est d’ailleurs la meilleure raison de finir de crever le capitalisme marchand ultra-libéral , qui résume l’échange à l’échange marchand .

        On doit entre autres à des gens comme Eric Berne et son analyse « transactionnelle » ( parfois plus ou moins bien comprise ) la confusion du matérialisme et de l’affect , ou au plus quotidien , l’idée (!..) que les SIG ( services d’intérêt général ) , c’est de la foutaise et que tout est privatisable .

      4. @Béotienne :

        Ce qu’on peut noter par contre , c’est que la Russie , l’Allemagne , l’Italie ont en commun une caractéristique :

        Sans les migrations , leurs soldes naissances – morts étant assez largement négatif , leur population décroitraient sensiblement chaque année .

        On note aussi que l’Espagne perd de la population , non pas parce qu’on y meurt plus qu’on n’y nait , mais parce que les habitants s’en vont .Cas aussi de la Grèce mais en plus on y meurt plus qu’on n’y nait .

        l’Irlande est bizarre : on a beaucoup plus de naissances que de morts , mais il en part tant de monde que la population décroit .

        Le Royaume uni , la France , la Belgique , les Pays bas ,le Luxembourg ont des situations plus comparables : solde naturel positif renforcé par la migration .

        Je n’ai pas passé en revue tous les pays européens et me suis contenté des données 2018 . Il faudrait mettre ça en perspective sur quelques années , et, pour analyser votre intuition , savoir l’origine des migrants et leurs motivations .

      5. Pardon aussi à la Norvège , la Suède , le Danemark et la Finlande dont le profil se rapproche ( en plus généreux relativement pour la migration ) de celui du paquet RU , France , PB , Luxembourg , Belgique , en remarquant , sans vouloir vexer Johan Leestmaker , que si le modèle nordique est plus que digne d’examen , il ne concerne historiquement  » que » 26 millions d’habitants .

        Mais je suis curieux de voir ce que les chinois sauront en faire pour leurs 1 400 millions d’asiatiques ( égalés cette année par les indiens ).

      6. @Juannessy Merci pour votre réponse.
        La motivation des réfugiés : fuir la pauvreté, les régimes arbitraires, changement climat et les guerres endémiques.
        On a l’impression de vivre sur des plaques tectoniques en mouvement sans trop savoir définir leurs courants. On évoque la Chine mais ici on a tendance à oublier l’Inde; donc deux grandes puissances très différentes émergent en Asie, quelles seront leurs relations ?
        Kissinger est un has been, la révolte contre les élites me laisse sceptique. Trump dit aux Américains que le changement climatique n’existe pas, que la migration peut être neutralisée et les USA retrouveront la prospérité par l’isolationnisme; il rassure une partie de la population. Ce que fait aussi Poutine en voulant retrouver la puissance de l’ancienne URSS. L’Allemagne campe sur sa nostalgie du deutsche mark fort.
        Ce ne sont pas vraiment des visions d’avenir alors que l’Humanité épuise les ressources de la planète.

      7. @Béotienne :

        Vous énoncez les motivations pour fuir . Mais lesquelles pour aller ici plutôt qu’ailleurs ?

        ( Si vous êtes belge , pourquoi y avoir migré en quittant la grecque Béotie ?
        Pourquoi Paul Jorion se retrouve , au retour des States , à Vannes plutôt qu’à Bruxelles ? )

        Pour répondre plus scientifiquement à cette question des motivations des choix de « points de chute » , ça n’est d’ailleurs pas évident , car il faudrait croiser les dires de tous les migrants ( ça fait du boulot mais les supports ont toujours un peu existé ), les considérer comme tous sincères et pertinents , et faire appel à des méthodes plus socio-anthropologiques pour avoir une photo pas trop fausse mais toujours un peu floue , car les sujets bougent sans cesse .

        Mais , si ça se trouve , de telles analyses existent déjà .

        Qu’en dit l’anthropologue trader ?

      8. D’autant que les « nomades » n’ont pas tous des tronches , comptes en banque , santés , « parcours » ( origine -destination plus ou moins finale ), formations , compétences , langues …..identiques .

        Quel bazar !

        Quelques lignes de force simplificatrices ?

      1. Certes mais si elle n’est pas là ça le fera encore moins.
        Il y aura la France aussi qui va se relever la tête haute ! On est résiliant en France ;).

      2. Vous pouvez nous chiner, allez ! Mais si.
        – Et si la Chine venait aussi à chuter ?
        – Et si à chiner venait aussi la Chute ?

      1. M. Jorion, est-il un “sino-optimiste ” ? / M. Todd, est-il un ”sino-sceptique » ?
        J’aimerais bien une discussion entre les deux hommes sur la vision qu’ils ont, l’un et l’autre, de la Chine contemporaine et de son avenir…
        Peut-être, pourraient-ils en discuter tous les deux dans l’émission ”Ce soir ou jamais” !
        Ah ben non, c’est plus possible.

      2. Merci M Jorion pour ces 3 vidéos géniales, très bon. Vraiment très bon.

        ps : oups j’avais posté l’hommage à GB derrière le comment L.D 21h25, mais bon. No way.

  2. Eh bien, ce n’est pas facile pour Herr Heinz Alfred Kissinger (* 27 mai 1923, Fürth, Deutsches Reich), le vieux crocodile et ancien maire de Krefeld, d’en arriver à l’autoréflexion, au repentir et à la pénitence.

    Tout d’abord, le soutien de Herr Kissinger dans la conception et la mise en œuvre (1971) de la guerre de Nixon contre la drogue qui a frappé le peuple colombien le plus durement touché au monde. Une guerre contre la drogue qui, dans les plans de l’actuel député minoritaire à la Maison-Blanche, sera encore plus alimentée.

    Avec tout ce que cela implique pour la poursuite de l’épanouissement des actions des mafias depuis la Colombie via les trois routes principales : de Buenaventura au système Pacifique, du Nord Colombie, Venezuela, Surinam et Brésil à l’Europe (principalement Rotterdam et Anvers), et dans une route secondaire vers l’Afrique de l’Ouest (Guinée Bissao et Sierra Leone, puis avec des enfants soldats au Mali, et de là au jhad vers le Sud Algérie et la Libye, la Mecque de la Mafia, voir aussi http://www.wacommissionondrugs.org/report/).

    Il y a aussi les interventions en Asie, au Chili et ailleurs. Ou avons-nous oublié notre 11 septembre (1973)?

    Bien sûr, la mafia n’en reste pas là et a réussi à promouvoir ses deux super capos à caudillos. Le duo P&T. Deux côtés de la même médaille de la mafiose supercorropt.

    Le fait que, comme le prétend Herr Heinz Alfred, nous n’allons pas y penser n’est qu’une question de bavardage. Il y a une très bonne pensée, y compris celle de Paul Jorion. Et plus tôt par John Maynard Keynes. Le conflit Keynes – White est enfin terminé, mais ce n’est que maintenant qu’il se termine en une bifurcation finale.

    Volvo, qui était contrôlée depuis Göteborg par le mouvement syndical suédois, a pris l’initiative. (Voir aussi https://www.government.se/49b753/contentassets/0748afb056194951ba82243ea4cb771a/country-strategy-china-2006-2010).
    Le départ de Ford et le retrait de Geely est symbolique, de même que l’unique centre d’étude commun ( http://www.xinhuanet.com/english/2017-06/28/c_136401902.htm).

    La Chine est très intéressée par le modèle suédois.

    Oui, j’entends déjà les cris de protestation sur le blog ici. Pratiquez la rage de la douleur que mes paroles évoquent encore et encore en France et ailleurs.

    Heureusement ces cris de protestation !

    Après tout, cela prouve que Herr Heinz Alfred a tort. Il y a beaucoup de discussions, et il y a beaucoup d’alternatives à ¨America First¨ qui a maintenu le monde dans l’étau depuis 1945. Et ses mythes de la générosité des Américains / nes après 1944-1945. ¨Tied aid¨, cela était la règle, et rien d’autre, ne vous-laissez pas tromper!!
    (Lisez les études très courageuses de Mme. prof. Frances Gouda, et l’histoire de la production et reproduction de la mythe Américaine: http://www.oapen.org/search?identifier=340274).

    L’humanité d’abord. Il faut un certain temps pour s’y habituer pour les peaux blanches à préjugés.

    http://rwi.lu.se/where-we-work/regions/asia/china/

    http://csr2.mofcom.gov.cn/article/wangzhanjianjie/about2.shtml

    Et dans le monde entier, nous pouvons nous réjouir du laboratoire culturel, social et économique que l’humanité a à sa disposition dans les cinq pays scandinaves. Finlande, Suède, Norvège, Islande, Islande et Danemark. Les rêves de Keynes sont devenus réalité.

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

  3. Les Etats-Unis représentent (encore) aujourd’hui moins d’1/5eme du PIB mondial et 1/2 du budget militaire (sans compter l’OTAN). Et sans compter l’importance relative en diminution continue de la part de sa population. Donc avec de telles divergences s’accroissant de plus en plus entre les prétentions d’apres la seconde guerre mondiale, et la situation en cours au XXIème siècle, celles-ci ne dont plus tenables. Dans ce contexte, on peut bien partager la première affirmation de Kissinger. Quand à la chinisation de l’Europe, je demande à voir (déformation visuelle quand on regarde une carte du monde, centrée sur le continent américain, d’où il apparaît en effet que l’Europe n’est qu’un appendice géographique de l’Eurasie).

    1. « Quand à la chinisation de l’Europe, je demande à voir (déformation visuelle quand on regarde une carte du monde, centrée sur le continent américain, d’où il apparaît en effet que l’Europe n’est qu’un appendice géographique de l’Eurasie). »
      Tout à fait et de même que la Chine est l’appendice « oriental » de ce grand ensemble. Peut être que la peur de l’Amérique est de se voir isoler vis à vis de l’Eurasie. Il est possible que les prochaines révolutions culturelles, idéologiques et technologiques proviennent des échanges entre l’Europe et la Chine. Les USA se transformerait alors en une sorte de grosse « Australie » nostalgique de sa grandeur…..En espérant, que le pentagone d’ici là, dans un dernier soupir, ne sorte pas la « grosse Bertha »….

    2. On aime ou pas Kissinger Diplomate de Nixon, mais son livre « Diplomacy » reste un must pour comprendre les relations internationales d’aujourd’hui.
      Ses deux phrases rapportées par le FT sont d’une redoutable pertinence et méritent d’être méditées.
      L’ère Obama des grands principes pour justifier un projet d’hégémonie mondiale conçu par Washington dans l’immédiat après guerre 40-45 (Plan Prêt-Bail, Plan Marshall etc..) se termine. Trump renoue instinctivement (probablement pas consciemment!) avec les fondamentaux GOP tels que définis par les pères de la nation: Washington dans son discours d’adieu avait dit « The great rule of conduct for us in regard to foreign nations is in extending our commercial relations, to have with them as little political connection as possible.” ou par John Adams dans son « Model Treaty  » approuvé par le congrès en 1776, Il veut des traités basés sur la réciprocité et des tarifs qui protègent la croissance de l’industrie américaine. ……….
      Rien de bien neuf donc, et il vaut mieux pour nous oublier les « grands sentiments humanitaires » démocrates qui ne leur servaient qu’à masquer leur Grande Stratégie visant à l’hégémonie mondiale (Fukuyama, Joseph Nye, H. Clinton, critiqués par e.g. John Mearsheimer, etc..). Ces idéaux n’ont plus cours dans le combat de titans que se livrent aujourd’hui les US et le couple Sino-Russe. L’Europe y a une role pathétique de « has been », de narcisse facile à plumer au nom des grands principes. Dommage pour nous.

  4. Rien à voir avec cet article : pardonnez-moi !
    Mais avec l’actualité peut-être bien…
    Je voulais simplement rajouter un mot à propos du discours de M. Rosenstein, que j’ai eu un peu de mal à suivre, mon « anglais » étant assez misérable…
    (Mais en ré-écoutant la vidéo du maître de céans ça aide bien)
    J’aimerais surtout en rajouter un peu 😉 au sujet de « la forme »…
    Est-ce que vous avez, les uns et les autres, remarqué la quantité d’applaudissements qu’il reçoit de tous les côtés avant même de pouvoir dire quoi que ce soit ?
    On dirait le début d’un concert d’Oum Kalthoum : il a même du mal à commencer !
    Etonnez-vous donc qu’il ait ce sourire confiant et sûr de lui !
    PS à Paul Jorion : Merci encore de maintenir votre site…
    Je ne sais pas si c’est « le meilleur », mais c’est probablement celui que je préfère depuis
    longtemps.
    Gilles Maddalena

    1. Oum Kalthoum, un souvenir.

      Ce devait être en 1972. Il est 21h environ. Il fait froid. Je rentre assez fatigué dans ma piaule, un travail merdique pour débutant…
      Machinalement je mets en route le poste à transistors, France Culture ou France Inter évidemment. C’est la retransmission d’un concert d’Oum Kalsoum, la diva égyptienne bien connue. Quelle coffre ! et quel enthousiasme des spectateurs, au point de ne plus l’entendre. La forme de ses chansons est la mélopée avec développements libres et digressions, qui n’est pas sans analogie avec le blues. Je suis accroché, enfin un divertissement qui me libère de mes soucis. Brusquement, le commentateur se met à traduire le sens de cette interminable chanson ponctuée des vivats de la foule :
      Ô mon frère, tue le juif !
      Ô mon frère, viole la juive !
      Ô mes frères, repoussez les juifs à la mer.
      Le choc. J’ai été dégrisé immédiatement et suis passé à Europe 1. J’y suis resté plus d’un mois, malgré la pub insupportable.

  5. Bonjour,
    N’étant pas abonné à FT, je n’aurais pas le loisir de lire l’article , tant pis….(Je sais qu’une copie de l’article sur le blog serait une grave entrave aux règles capitalistes de notre monde et cela serait sanctionné comme il se doit….;-)
    Plus sérieusement, pour revenir sur le fond du sujet, il y a quelque chose qui me chiffonne avec la pensée de ce Monsieur Luce, une pensée qui me semble représentative de l’élite médiatique Américaine. Il a l’air de regretter que la Chine redevienne « l’Empire du milieu »comme elle le fut pendant des siècles et ceci au détriment de l’Occident ou plutôt de ….l’Amérique. Et c’est là que j’ai un probléme. Ce monsieur choisit son camp. J’entends dans sa vision du monde, le discours d’un journaliste qui se sait citoyen de la première puissance du monde , jouissant sans vergogne de ses privilèges, et qui sait que son mode de vie est menacé par un nouvel empire qui pourrait remettre en cause sa position sociale. Journaliste du FT en Amérique, c’est mieux payé que journaliste dans un journal économique du Togo: Monsieur Luce le sait, il connaît sa position sociale, il sait ce qu’il peut perdre. Bien entendu, il ne voudra jamais l’avouer ou se l’avouer à lui même. Sous couvert de défense de valeurs universelles (liberté, libre change ou autres…), un paquet de gugus veulent évangéliser ce bas monde tel des prêtres missionnaires remontant l’Amazonie, une croix dans une main et la peste dans l’autre….
    Monsieur Luce n’est pas le seul journaliste Américain ou je détecte ce désir de puissance, ce nationalisme rance, lâchons le mot….Car en fait, il s’agit de nationalisme, de « Make America great Again » plus sophistiqué. Et c’est là qu’on arrive à notre bon Donald Trump. Trump est dangereux, nous sommes quasiment tous d’accord avec çà mais c’est juste un symptôme. Après Trump, il y aura plus abjecte encore. On reviendra à ce système politique policé où la traîtrise, le mépris, l’hypocrisie sont rois. Un monde dans lequel, des peuples peuvent souffrir mais seront sacrifier sur l’autel du seul et unique ordre naturel du monde: le capitalisme. Si Trump n’avait pas été élu, on aurait qui ? Hillary Clinton? Pour ma part, cela se résume à cette équation: Hillary=Donald 2.0! Ne nous trompons pas . Trump est un âne, « un éléphant dans un magasin de porcelaine » est souvent l’expression usité et à juste titre. Il n’a pas les codes, la vision, l’éducation de ces élites qui nous gouvernent depuis des années et c’est en çà qu’il les gênants. Si Trump est tué « politiquement » , ce sera la victoire des élites Américaines, celles qui possèdent le « vrai pouvoir ». Ce ne sera en aucun cas la victoire de la liberté ou de la vérité ou que sais je .
    Monsieur Jorion, Trump doit partir mais regarder le tableau dans son ensemble. Il n’est pas beau!

    1. Je plussoie. Il faut relever une idéologie nationaliste qui veut encore cliver le monde à partir de Washington. Le Japon est-il un appendice de quelqu’un ? Toutes ces voitures japonaises (et autres machines) qui nous ont envahies, c’est de l’impérialisme toxique ?
      Je ne pense pas que Trump soit un âne. Il est roublard, il est fin renard, il est manipulateur et caractériel (il terrorise ses partenaires la veille de leur rendre visite, et cela marche : voyez ces interviews avant la réunion Otan, la réunion avec May ; il a essayé avec la Corée, annulant la réunion, mais cela n’a pas impressionné l’autre). Il joue à « Arrêtez-moi si vous osez, si vous pouvez » (et Paul Jorion cherche !) au culot et effectivement, son électorat cherchera à le garder ou à trouver pire encore. Et ce n’est pas de l’élite que peut venir celui/celle qui le renversera en rassemblant un électorat alternatif… Il me semble qu’on a pas encore « perçé son jeu ».

      1. La force des psychopathes parano en particulier , c’est qu’ils trouvent toujours des gens intelligents pour chercher la lumière là où il n’y en a pas .

  6. J’espère que tous les gens que kissinger a fait cramer au napalm lui le lui rendront pour l’éternité. Il s’est largement rattrapé de ne pas avoir pu participer au nazisme, celui-là. Et dire que, comme un Alois Brunner par exemple, il va finir dans son lit, il y a de ces injustices! Bien sûr si ce commentaire au sujet d’un grand homme grand assassin n’est pas publié, je le comprndrai.

    1. Rubrique Naifs et Manipulés.
      Kissinger et Soros, même topo, chacun pour ce qui le concerne.
      L’éloignement dans le temps de leur les hauts faits permettent d’oublier et leur donnent comme un second lustre de respectabilité, une forme de prescription. Une histoire de vieux survivant et l’illusion de la sagesse à 2 sous, aidée par notre courte mémoire…

  7. Bon maintenant que je me suis un peu calmé par rapport à Kissinger, faut comprendre. En 1973 j’avais 10 ans. A ce moment j’avais passé la moitié de ma vie à voir, souvent en cachette, tous les soirs au journal de 20h, après Nounours, des reportages avec des images atroces de bombardements américains au Vietnam et au Cambodge, les enfants brûlés, tout ça. Et toujours Kissinger et Nixon. L’impression, 45 ans plus tard, que ces deux là étaient responsables de ces malheurs qui me faisaient faire des cauchemars la nuit(*). Même si, bien sûr, le monde est certainement plus compliqué puisque ces compères ont aussi fait la paix avec la Chine (dans un film de fiction des années 60 dont je ne souviens plus du titre, un gar avec une bombe dans la tête rencontre Mao, et dans le film, le président US se demande s’il faut faire péter à distance… et moi qui ne comprenait pas pourquoi… ambiance… à 10 ans ça marque).

    Il se trouve que j’ai lu une petite partie de cette entrevue avec Kissinger par dessus l’épaule d’un jeune cadre à lunettes dans le métro, qui a sorti d’un smartphone le code pour se connecter au NYT sur son autre smartphone. Ca avait l’air de le passionner alors j’ai essayé de lire ce que j’ai pu. J’ai vu les mises en garde contre Trump et le fait que celui-ci pourrait être à son insu un marqueur de changement profond, mais aussi qu’il trouve notre Macron plutôt sympathique (ou bien était ce « gentil » ?), le tout entre deux plats dont je me souviens plus, sauf qu’il y avait du poisson. Cocorico!

    Maintenant ma réponse est que je ne comprends pas la question.

    (*) Heureusement que dans notre monde moderne, la communication de l’armée s’est bien améliorée, je ne fais plus de cauchemars d’enfants brûlés.

    1. Heureusement il y a encore des journalistes pour dire ….quand on les tolère .

      En dernier recours , des cinéastes pour garder la mémoire ( cf « Avoir vingt ans dans les Aurès » )

      1. Plus humblement et dans nos cités , relevé récemment le propos d’un colonel de gendarmerie qui à l’occasion de la réception traditionnelle pour son changement d’affectation , a un peu épaté les journalistes qui l’interrogeaient sur ses moments les plus marquants dans le département , a répondu que le plus « marquant » , le plus dur pour lui , à son poste et pour sa mémoire , c’était des événements qui ne font pas les filets quotidiens de la presse : la somme de femmes battues parfois mutilées , d’enfants martyrisés à en vomir , incroyablement plus nombreux qu’on ne l’imagine , plus humainement insupportables à ceux qui doivent y êtres confrontés que les pires accidents de la route .

        Un colonel qui a mérité son grade , lui .

      2. Un Colonel, chef des Service Sociaux, en somme. Loin des fonctions de répression et prévention. Misère de l’Etat français qui ‘supprime’ ses obligations.
        L’observation est constante: supprimez ou coupez le financement d’une fonction essentielle, d’autres de leur propre initiative ou par proximité s’en chargeront plus ou moins bien, plutôt mal que bien.

      3. On n’a pas encore supprimé la gendarmerie , heureusement .

        Mais le cas qui occupe l’actualité est illustratif de ce que j’ai pu laisser sous entendre à propos de l’atteinte au statut des fonctionnaires , de la multiplication des contractuels ou sous traitants privés sous  » charte » .

        PS : remarque faite que les militaires ne sont pas des fonctionnaires comme les autres .Ils ont un statut autonome qui , en particulier, bien que ce statut leur reconnaisse tous les droits des citoyens lambda , apporte aussitôt restriction , car il est précisé que l’exercice de certains droits leur est interdit ou restreint
        ( résidence , circulation , droit de grève …) De mémoire , car je n’ai plus bien en tête tout le code de la défense .

        PS 2 :Ceci étant , le souvenir du capitaine Barril nous confirme que la proximité du pouvoir « suprême » rend fous ceux qui ne le seraient pas déjà .

    2. une question Monsieur Arnould, votre ami Obama n’a t-il pas des victimes collatérales sur la conscience ? Il devait aussi conduire une guerre ne vous en déplaise.
      Nixon n’est pas à l’origine de la guerre du Vietnam, il en a hérité et s’est fait élire sur la promesse de la finir (le fameux plan secret), il a en effet reduit les troupes, pas aussi vite qu’il le pensait 540000 déc. 1968-) 280000 déc. 70 (le « Surge » d’Obama c’est quoi ???), c’est la fameuse vietnamisation.

      On peut en effet le créditer de certaines choses et le charger pour d’autres, comme toute politique étrangère qui se tient dans la zone grise, grise sombre. Je pense à l’Amérique du Sud, le soutien voir la fomentation de dictatures atroces.

      la petite fille brulée au napalm c’est le petit Aylan sur la plage . On cherche, à raison à soulever, les consciences.

      Bon je ne le defend pas, il apparaît quand même comme un personnage privé odieux, m’enfin les diverses déclarations de Macron depuis 1 an c’est mieux??

      1. Je pense que comme le prix Nobel de la paix Kissinger, le prix Nobel de la paix Obama devrait comparaître devant un tribunal pour les innombrables victimes innocentes réduites en morceau à coup de drones un peu partout dans monde. Et j’espère bien que ça se fera en enfer. Mais l’entrevue était avec Kissinger, pas Obama. Satisfait, Monsieur jean?

  8. Vu son âge, Kissinger n’a plus rien à gagner ni à perdre – donc il peut s’offrir le franc parler, contrairement à beaucoup d’autres acteurs politiques. Je suis d’accord sur ce qu’il dit de Trump; le problème est plus complexe en réalité, mais Kissinger voit juste. En ce qui concerne la Chine, il est vrai qu’elle vise une influence élargie, mondiale. L’Europe paraît un peu naive face à cela.

  9. Si l’on pouvait faire passer le diable à la photométrie, il aurait la gueule de Kissinger. Chez lui, la franchise est un pécher mortel. Alors, pour comprendre ce qu’il veut dire… bonsoir.
    Frustré le pauvre Luce ? Tu m’étonnes.

  10. A l’attention de P. Jorion . (Concerne le billet suivant :  » Courrier-Trump-Marx-21/7)

    Je reprends votre phrase(orale) ligne 5 sans la parenthèse, après l’avoir relue trois fois :
    … »
    Quelle que soit la suite de l’histoire du XXIe siècle, le fait que la Russie ait pu placer un homme à elle à la tête des Etats-Unis fait d’ores et déjà partie à coup sûr de ses trois événements les plus marquants  » …
    Dans l’hypothèse où, écrite, elle reste bien assumée,
    ++ Est-ce la position formelle du « citoyen Jorion » ?
    ++ Est-ce la position politicienne du « putatif futur candidat Jorion » aux élections européennes ?
    ++ Les deux ?
    ++ Autre ?

    1. Comment ça , candidat « putatif » ? Quelle idée ! Réponse a été donnée .

      PS 1 : les futurs candidats ont des « positions politiciennes  » qui ne seraient pas leurs positions de simples citoyens ?

      PS 2 : Pour ma gouverne personnelle , quels sont les deux autres événements marquants de l’histoire du XXI ème siècle ?

  11. Ce qui est certain , c’est que dans toutes les chancelleries « occidentales « mais pas que , depuis les performances de Trump , ça doit méchamment phosphorer sur les sas de sécurité à poser en même temps que sur la nature et l’identité des liens à trouver avec des amis plus fiables .

    A l’intérieur même des States aussi d’ailleurs .

    Cette élection européenne et la sortie du Brexit sont chargées d’avenir ( ou pas ) .

    1. D’accord avec vous, d’autant que les deux événements vont se superposer : démarrage de la campagne en début 2019, et date butoir du Brexit le 19 mars 2019. Il va falloir réfléchir à une articulation….

    2. La pièce tombera du côté pile, à moins que ce soit le côté face. L’incertitude du futur, toujours…
      Ressemble aux commentaires sportifs:  » On a gagné et on est bien content mais si on n’avait pas gagné, ben on aurait perdu… »

      1. L’analogie avec le pile ou face ne vaut pas .

        Dans notre cas , c’est à nous de pousser la pièce vers pile ou face .

        Ou alors avec Racine s’abandonner comme Oreste , et « se livrer en aveugle au destin qui m’entraine », et laisser la pièce pipée jouer seule entre pile « ploutocratie  » et face  » joueurs de flute « .

      2. Je crois que vous vous enferrez.  » c’est à nous de pousser la pièce vers pile ou face . » Que pouvons-nous faire d’autre? Remarquez qu’en introduisant ‘pousser’, vous en appelez à Sisyphe. Bref, à chacun sa montagne et son rocher. L’Europe en vaut bien une, ou l’autre.

        Dans un esprit d’accommodement, demain je prends un grand déjeuner moitié thé-moitié café. Pile ET face. C’est pas le hasard qui va gouverner nos vies, je l’espère.

  12. Je dois dire que je ne comprends pas très bien.

    De quelle zones d’influence parle-t-on ? culturelle, militaire, économique, idéologique ?

    Kissinger évoque certainement les aspects militaire et économique, irrémédiablement liés dans son esprit, le militaire venant en appui de l’économie.

    Mais l’influence ne peut-elle aussi devenir culturelle ? idéologique ? et dans ce cas, des pays de moindre importance peuvent servir d’exemple, et jouer leur carte.

  13. Enfin, pour moi, un embryon d’idée: le Brexit pourra être un argument central qu’il faut nécessairement un contre-projet européen. Quelque soit son issue, il ne sera pas satisfaisant , pour les deux parties. Ça prouve que la solution doit être recherchée en amont. Le Brexit peut être regardé comme un symptôme de cette construction européenne dans l’impasse, et les négociations en cour, comme un gros bricolage. Donc, vite, un contre-projet européen.

    1. Ça , si on confiait l’affaire à Emmanuel , , l’affaire serait déjà réglée depuis longtemps sans passer par Castorama !

      Le principal est qu’on discute avec des idées neuves ( pardon , des projets neufs !).

      Partout . Dans les institutions telles qu’elles sont , dans la négociation brexit , dans la campagne pour les élections 2019 dont il est évident qu’elle doit être sous tendue par les enjeux sociétaux et géopolitiques un peu plus nets que l’on peut percevoir maintenant .

      1. Ironie… J’en serais presque vexé, mais je pense que cela valait plus que des clous (!). Au fait, Juan, c’est quoi votre plan ? (Pour moi, pas d’ironie).

      2. Je ne suis pas général d’armée .

        Je me suis contenté d’indiquer les endroits ( je peux ajouter la presse et la vie associative, partisane et syndicale, mais les lieux et timing efficace sont bien les déjà cités ) où les discussions ont un peu de chance de déboucher sur l’action citoyenne plutôt que sur la cacophonie des millions de bricoleurs du dimanche .

        Mon seul plan personnel , c’est de donner mon avis lors de la campagne et de l’élection de 2019 , en essayant de me faire une idée (…) de l’essentiel d’ici là , sur ce blog et en suivant l’actualité .

        Vous avez une autre idée ?

      3. Si l’ironie a dépassé le niveau de la moquerie pour que vous la receviez comme sarcasme , excusez moi .

        ( PS : j’ai déjà raconté ma vie en indiquant qu’un prof de philo m’avait porté en annotation sur une dissertation :
         » j’ai mis une bonne note , et vous maniez bien l’ironie , mais attention c’est une arme à double tranchant « .

        Il avait raison , car pour avoir mis en boîte un ministre en exercice , il m’a fallu toute la protection du statut de la FP et de délégué syndical , pour être encore là aujourd’hui . Mais qu’est ce que c’était jouissif ! )

  14. Bonjour,
    Ne voulant pas, Paul, vous écrire un mail car il resterait privé or je pense que mon propos pourrait intéressé d’autres lecteurs, je vous écris ici ma réaction concernant votre dernière vidéo sur les autocrates et le peuple.
    Je pense que vous êtes surpris par l’attachement que certaines personnes peuvent avoir pour Monsieur Trump.
    J’ai peut être une explication à ce phénomène. En fait, ce que vous voyez comme une adhésion, est bien souvent un cri de désespoir. Donald Trump, on peut le voir de 2 façons. L’une, c’est celle que vous adoptez et dont je partage l’analyse, Trump: un homme brutal , égoïste et certainement dangereux. Ce dernier qualificatif m’amène sur la seconde manière de le voir. Donald Trump peut aussi être décrit comme une grenade envoyé dans le monde des élites. Je pense que beaucoup de gens qui ont voté Trump, le Brexit, ou Marine Lepen sont souvent des personnes qui veulent tout envoyer baladé. Leur message est simple, je pourrais le résumer par: « nous, les petites gens que vous (les élites) ne voyez pas, prisonnier de notre condition de vie, les sans dents, ceux qui n’ont rien, on sait ce qui va vous faire mal et on vous lance une bombe en pleine figure. On est lucide, on sait qu’on va souffrir mais avant de chuter, vous tomberez avec nous ».
    Voilà, je pense, en substance le message que nous adresse, ceux que les médias appelle les « perdants de la mondialisation ». Bien entendu, au milieu , vous avez aussi des gens racistes, nationalistes, ceux là, on va les laisser dans leur monde….mais pour les autres, je pense qu’il faut entendre leur désespoir et ne pas les juger durement…
    Et pour être tout à fait franc, il m’arrive aussi d’avoir de l’empathie pour ces populistes alors je lutte avec moi même pour que la raison gagne mais ce n’est pas toujours facile.

    1. Ayant vu le documentaire « Arizona », je pense que vous êtes en partie dans le vrai….avec une part, disons, de proprement américain, qui demanderait d’être creusé….

      1. Agiter le peuple avant de s’en servir disait un certain Talleyrand. Cette manière de faire des cocktails explosifs est toujours d’actualité, dans le temps et l’espace.

    2. C’est le risque .

      Pour y échapper , il n’y a qu’une solution : proposer , et c’est ce que le blog s’acharne à essayer de faire , sans jugement moral des électeurs ( qu’est ce que ça pourrait d’ailleurs bien foutre « contre » des millions de personnes ), en expliquant l’origine des maux , en désignant les ennemis réels , les menteurs , et les leviers pour espérer autre chose .

      Si ça ne convainc pas , qu’il est avéré qu’on renonce à être debout et responsable , et qu’il est plus tentant et reposant de se livrer aux joueurs de flute ou à la ploutocratie , il faudra bien faire avec .

      Sans jamais renoncer , et s’apprêter à ramasser les cendres et panser les malheurs .

      Choisis ton camp camarade .

    3. J’ approuve , ainsi que votre 21 juillet 2018 13 h 42 min. Fines observations.
      Mais votre dernière phrase est mystérieuse. Je vous propose cette assertion: avoir de l’empathie pour les ‘populistes’ est une victoire de la raison. Au plan personnel, le vôtre, réconcilier empathie et raison est tout naturel, donc facile. Aucune contradiction, ça rassure. Pour ce qui est des ‘populistes’, la moindre humanité voudrait que l’opinion des bien-pensants ne les rejette pas dans les ténèbres extérieures et en fasse des opposants irréductibles. L’égarement n’est pas un crime.

      1. si je vous parlais de mon voisin, avec qui je discute souvent amicalement, et qui partage souvent avec moi les fruits de son jardin. On se connait assez pour savoir pour qui on vote…et je sais donc qu’il vote LePen puisqu’il me l’a dit. Mais il me fait penser à ce personnage joué par Michel Simon dans ce très bon film « Le vieil homme et l’enfant ». Les étrangers sont pour lui la personnification d’un mal diffus, mais il est trop gentil, je sais qu’il ne ferait pas de mal à une mouche…et il y a aussi des gens de gauche, pour qui le Front National est un mal diffus du même ordre, et qui ne combattent que cela, en s’imaginant faire ainsi de la résistance… voila ce qui constitue le gros des troupes du FN (RN maintenant à ce qu’il parait) et de la France Insoumise…Il faut dire à ces gens qu’ils se trompent, vous avez bien raison M Jorion, sans en faire pour autant des diables sanguinaires. Même si on sait qu’il y a parmi eux, des idéologues plus gravement atteints comme Wauquiez, qui n’est pas au FN, mais c’est tout comme.

    4. Avec Donald il se passe toujours quelque chose. les amis vonts et viennent, et que je t’époussette l’épaule pour mieux te broyer les phalanges et le reste, et que je menace de couper ton superbe scalpe kimjongien, entre autres, pour mieux te serrer la paluche « afterwork »… Un vrai boute-en-train.

      Trump’s silence fuels Sisi’s human rights abuses
      The US’s tacit support has emboldened the Egyptian leader to crack down harder on dissent
      http://www.middleeasteye.net/columns/trump-doctrine-and-sisi-callous-contempt-human-rights-874365730

      Welcome to Sisi’s Orwellian universe where freedom is slavery and ignorance is strength
      http://www.middleeasteye.net/columns/sisis-orwellian-universe-where-freedom-slavery-and-ignorance-strength-1511299213

      Donald en plein exercice diplomatique.
      Trump tells Iran ‘never, ever threaten’ US after Rouhani’s war talk
      President takes online sabre-rattling to a new high in response to Iranian leader’s threat Washington could provoke the ‘mother of all wars’
      http://www.middleeasteye.net/news/trump-tells-iran-never-ever-threaten-us-after-rouhanis-war-talk-293881278

  15. @Juan, bingo à propos d’ironie (!). C’est bien dans la culture et tant mieux ! Alors, bricolons sérieusement : pourquoi « un contre-projet européen ». Parce que j’ai le sentiment que le débat ambiant est mortifère opposant les pros-europe des antis-europe, qu’on appellera volontier les europhobes (sic) ou les euro-septiques (re-sic). Débat mortifère qui tourne en rond, avec sa variante, « Pour une autre Europe » , assertion molle auquel personne ne croit vraiment . Pour moi, « contre-projet europeen » marque à la fois une opposition franche, à un projet actuel, pour faire court, néolibéral, et indique une volonté de se projeter et non pas seulement de rester dans une position de résistance défensive….(le cas du référendum britannique montre l’impasse d’un débat à la question mal posee du « pour » ou « contre » – qui soit dit en passant a divisé la gauche et continue encore….ce qui ne mène absolument nul part).

    1. Je voudrais faire un petit détour par De Gaulle, puisqu’on a cité ici Kissinger, référence historique pour moi (car un peu trop jeune), répondant à une interview en indiquant l’évidente nécessité d’une organisation européenne, fondée avant tout sur la solidarité et la coopération, et n’excluant pas à terme la constitution d’une confédération.

    2. J’avoue que je ne vois pas trop la différence entre « autre Europe  » et « contre-projet européen » , à part le fait qu’on désigne dans le second cas un ou des ennemis potentiels et que , même si ennemis il y a , je ne vois pas l’intérêt d’en faire la base d’une réflexion ( idée , …. projet …).

      Je vous rejoins pour trouver stupide et niaise ( voire une façon de se dédouaner d’avoir une vraie ambition sociétale ) la « compétition » entre un maillot europhobe et un maillot europhile. Le terme « euro » n’est alors que le rideau de fumée pour cacher un cruel manque de fond , un manque de finalité qui se fait oublier derrière un anti ou un pro , et qui fait le lit d’un jeu réduit aux autocrates et aux enchanteurs .

      Les attendus pour l’action sont à prendre dans les enjeux de la planète . Depuis dix ans , on commence à les percevoir ici ( soliton , spéculation , travail ,revenu , gratuités ) ou ailleurs .

      En ce qui concerne la finalité , on commence aussi à se poser les bonnes questions et en particulier celle de la place et rôle de chaque individu dans le tout et le rôle du tout ( cf mon tout premier commentaire en début de file ), ainsi que le contenu à écrire de l’Ethique .

      Le « projet » qui m’inspire est donc celui là .

      Et il se trouve que ce que j’ai appris ou ce que je comprends de mon environnement proche , plus lointain ou international, me fait conclure que c’est un zin zin confédéré de peuples européens qui a les meilleures chances et capacités pour assurer la souveraineté des peuples et citoyens qui le composent , dans le projet qui , à mon sens , respecte les attendus et finalité qui me poussent de corps et d’esprit :

      « Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant  » et le sourire pour chemin et but .

      Mais je vois encore mal , même si les structures de dialogue institutionnelles se multiplient au niveau « européen » , comment « le projet » fédérateur pourra forcé l’Histoire , si les peuples ne s’emparent pas de cœur et de raison des attendus et finalités évoqués ici ou ailleurs , sans attendre les prêts à penser de tous poils et de tous bords .

      La cata n’a pas encore atteint l’os .

      1. Mais les forêts suédoises commencent à brûler , et nous regardons ailleurs à la télé .

        (PS : « ..forceR l’Histoire..)

      2. http://web.archive.org/web/20130424091822/http://www.pauljorion.com/blog/?page_id=31407#comment-263569

        Le XXI ème siècle aura selon moi un grand évènement plus grand que trois ou mille autres : la certitude de la finitude de la terre et de ce qui l’habite . Alors Ulysse , au risque de demeurer « personne » , rentrera au pays , se souvenant de ce qu’il a été et des liens qui l’unit à autrui et au monde .

        Et je ne suis pas convaincu que Ulysse parle mandarin ou américain .

  16. @ Juan : merci de votre réponse, pour moi le test est positif (!).

    Donc, procédons méthodiquement : pour le premier paragraphe : oui, il y a des ennemis , et ils ne sont pas « potentiels » ; ils sont mêmes très, très au fait de leurs intérêts (le blog en a fait suffisamment référence il me semble…). Dans une bataille politique, connaître ses ennemis, ça peut servir…. (c’est pas à vous qu’on va la faire, vous qui fûtes proche des syndicats, à ce que vous avez laissez entendre…!). (On peut y revenir, si vous le voulez….).

    Deuxième paragraphe : alors on est d’accord (la confusion du Brexit, du référendum en Catalogne, de la Bérézina en Grèce…. tellement d’exemples et plus en plus par les temps qui courent….).

    Troisième paragraphe : en effet, l’argument « soliton » n’est pas mis assez en avant, car le système ultralibéral l’en en empêche, tout simplement : pour dire simple, l’union fait la force, oui mais pour quoi : lutter contre la spéculation et l’ultra-financiérisation : non ! Faire face à la disparition du travail et lutter contre l’automatisation au service exclusif du profit : non ! Arrêter la dégradation et la destruction de la planète et rechercher d’autres façon de mieux utiliser les ressources : surtout non (ça ne rapporte pas à ceux qui attendent du profit) ! etc… Et on voit ça et là des courants soit-disants opposés à l’ultralibéralisme qui prônent le rétablissement des barrières, une certaine forme de repli considéré comme protecteur, voire la constitution de bastions défensifs….Il faut expliquer pourquoi c’est une erreur stratégique, sauf se résoudre à un effondrement avec un scénario à la façon Mad-Max. Comprendre que vouloir isolément et séparément relever ces défis deviendra encore plus innatteignable, alors que chaque pays essayera de tirer la couverture à lui, comme Trump le fait aujourd’hui (pour prendre une image , retour au moyen-âge féodal)…On peut aussi penser qu’à l’inverse, une entité de la taille de l’Europe, avec un tel projet, aura un poids suffisant pour peser sur le reste du monde…

    Sur l’éthique, oui, mais allez en discuter avec le boulanger du coin : faudrait plutôt inverser l’arnaque intellectuelle colportée à partir d’un certain Adam Smith à ce qu’il parait, que la somme des intérêts individuels aboutit obligatoirement à un meilleurs intérêt général…

    5eme paragraphe : j’aime bien votre expression « zinzin confédéré des peuples et des citoyens » ; un bon début de contre-projet européen. Là aussi, il faudrait réfléchir à une organisation, démocratique, des peuples, et ne pas mettre de côté la notion de « souveraineté des peuples ». Pour moi, pas facile, car je trouve belle l’expression « le peuple est souverain ». Comment passer à « les peuples sont souverains » ; solidarité, coopération ? En ce sens, on pense au système américain, mais j’ai comme l’intuition qu’il ne faudrait pas vouloir le copier, et trouver autre chose…

    6eme paragraphe : le souci actuellement, n’est plus tellement de voir l’accomplissement d’un meilleur système unifié, mais plutôt celui d’une désintégration….

    Bon j’espère ne pas vous avoir trop soulé avec ces propos (et aussi désolé si j’enfonce des portes ouvertes, surtout ici), mais l’échéance des prochaines élections approche et le sujet s’impose….

    1. C’est la première fois ( et sans doute la dernière ) qu’on se livre à une analyse de texte sur quelque chose que j’ai écrit ! Ça me fout un sacré coup de vieux .

      Ça me parait très loin de faire une base de travail infaillible e pour la prochaine réunion à l’auberge de Conleau, en maillot de bain , mais au moins ça confirme que la réunion a du pain utile sinon attendu sur la planche ( à voile bien sur ) .

    2. Vous pouvez toujours imaginer toutes sortes de structures politiques, pour essayer d’agréger les peuples européens, ça ne marchera jamais, car une institution qui ne repose sur rien de concret, est vouée à s’effondrer.

      La communauté du charbon et de l’acier, c’était concret. L’équivalent d’aujourd’hui, ce serait par exemple la communauté de l’énergie. On en est loin.

    3. Emmanuel, faites simplement comprendre autour de vous, que le travail disparaît (c’est une chose qui n’est pas difficile à observer), et que si on a tous vraiment besoin d’une machine à laver, le besoin d’avoir un bracelet qui mesure son rythme cardiaque est plus lointain, voire créé de toutes pièces par la publicité.

      L’ensemble des besoins humains étant borné, l’investissement est la seule porte de sortie pour réaliser des profits, et généralement il détruit l’emploi. L’objectif doit être maintenant de travailler le moins possible, pour produire ce qui est utile à chacun, et d’utiliser pour cela, toute la technologie possible.

      C’est une alternative à la concurrence, qui n’est pas le communisme, mais qui ne peut être que collective.

      Vincent Rey
      findutravail.net

    4. « ..Arrêter la dégradation et la destruction de la planète et rechercher d’autres façon de mieux utiliser les ressources : surtout non (ça ne rapporte pas à ceux qui attendent du profit) .. »
      Allons, je réenfonce le clou:
      Votre vérité n’est que très partielle.
      Si l’huile de palme déforestante paye des dividendes à de peu sympathiques personnages, elle régale aussi d’innombrables adorables enfants (dont les nôtres).
      Les vacances ! Des foules , dans les aéroports s’impatientent de brûler leur(s) poids en kérosène.
      etc..

    1. J’ai fini par comprendre que les deux félidés n’étaient pas de mêmes « maîtres » mais qu’ils pensaient la même chose , yeux ouverts ou yeux fermés .

  17. Qu’est-ce que Trump ?
    Une tentative de réponse par David Romano.
    « David Romano est chroniqueur à Rudaw depuis 2010. Il est titulaire du Thomas G. Strong Professor of Middle East Politics à la Missouri State University et est l’auteur de nombreuses publications sur les Kurdes et le Moyen-Orient. »
    Par ailleurs Rudaw n’est pas exactement ma lecture préférée. Trop d’informations biaisées, tendancieuses ou inexactes. Néanmoins, Romano reste de bonne composition.

    Dans l’article, rien de médico-psychiatrique ou psychologique, niveau café-restaurant-hôtel des Vieux Romains et Jeunes Cyclistes Réunis.

    Extraits :
    Il est l’enfant gâté d’une famille extraordinairement riche qui a utilisé son héritage pour devenir un homme d’affaires renommé et le PDG de nombreuses sociétés.

    Dans le monde des affaires, les PDG sont essentiellement des dictateurs – leurs sous-fifres doivent suivre les ordres ou être licenciés. La seule chose qui compte pour les PDG est l’approbation annuelle des actionnaires de leur entreprise, que l’on pourrait comparer aux notes d’approbation des électeurs de Trump lors des prochaines élections (et même les dictateurs politiques prêtent attention aux préférences de certaines circonscriptions clés).

    Le monde des affaires fonctionne aussi selon un code largement amoral : la seule chose qui compte, c’est d’augmenter la richesse et le pouvoir de l’entreprise. Alors que certaines entreprises tentent d’atteindre cet objectif en paraissant être des  » sociétés citoyennes et vertueuses  » (même les compagnies pétrolières et gazières achètent des publicités brillantes dans les magazines d’aviation sur la façon dont elles recherchent les énergies alternatives), les entreprises font pression pour obtenir le moins de réglementation et de contraintes sur leurs activités

    Il en va de même pour Trump, l’homme d’affaires qui s’est catapulté dans le bureau politique le plus puissant du monde.

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator, légèrement modifié.

    A lire :
    http://www.rudaw.net/english/opinion/23072018

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