Survie de l’espèce : Quelque chose me gêne, par Romain His

Ouvert aux commentaires.

Bonjour Mr Jorion,

Je vous suis depuis quelques années, depuis 2008 en fait, ainsi que votre compère Mr Leclerc.

Depuis peu, quelque chose me gêne dans la manière dont le débat général tourne un peu en rond – pas le vôtre – je parle du grand débat dans nos sociétés. La démission de M. Hulot, la production record de pétrole, la fuite en avant nucléariste en France, mais aussi la révélation (dans Libé) de certains éléments de langage de tel lobby patronal afin de « minimiser » les mesures contre le réchauffement climatique, dessinent de plus en plus clairement une réalité, de nous, êtres humains. Je ne crois pas à cet optimisme béat dont vous parlez. Ce que je crois, c’est que nous continuons sur cette voie qui se révèle suicidaire par instinct d’espèce, cela inclut un optimisme de type religieux, mais ne s’y résume pas. Et ce que tout d’un coup, je « trouve », c’est que cette espèce, avec ses caractéristiques bizarres, individualiste et sociale, égoïste et altruiste, joueuse, féroce, brutale, puérile, libre, hiérarchisée, adaptative et rétive, n’est pas prise en compte en tant que telle par les sciences de la vie, à l’instar des autres animaux, en tant qu’animal.

On blâme a raison la « science » économique pour être un « créationnisme des classe aisées », pour reprendre l’expression d’E. Todd. Cette critique est totalement fondée. Pour la théorie économique, la nature est si magique, à la fois réserve inépuisable de ressources et dépotoir sans fond. Ne comptons pas sur les économistes pour remettre le travail amorcé à l’âge des lumières sur l’établi, ils sont si souvent otages, d’intérêts, d’institutions, de gouvernements, prisonniers de l’espèce en somme, qui compte sur eux pour leur dire que plus tard cela ira mieux.

Par contre il me semble que les sciences de la terre et de la vie peuvent faire un effort, académique. En appeler à la rationalité et seulement à cela, comme si l’être humain était un pur esprit ayant la maîtrise totale de lui-même, ne me semble pas très réaliste, cela me semble même régressif, scientifiquement. Sauver l’être humain de lui-même demande déjà de le prendre en compte, tel qu’il est, ou alors nous aurons autant de succès qu’à essayer de transformer un tigre en herbivore. Les sciences de la vies doivent prendre en compte non seulement Adam Smith et ces successeurs, mais aussi bien Weber, Durkheim, Freud et consorts, Levi Strauss & co afin de dessiner une image un peu nette de notre espèce, surtout dans ses rigidités et ses instincts.

Certes notre conscience peut « imprimer » dans notre cerveau animal, mais celui-ci n’est pas passif, il imprime lui aussi notre conscience en retour ou même au préalable, et par ailleurs ce cerveau animal n’est absolument pas une page blanche. Il est déjà structuré et contrairement à la légende si occidentale de la bête stupide, il est assez malin et il calcule vite son intérêt, il a même produit une pseudo-science, c’est dire s’il est futé.

Ce qu’il y a au centre de ce que je veux dire, c’est « ne sombrons pas dans l’angélisme dans notre recherche de solutions ». Là où une créativité doit avoir lieu c’est trouver de nouveaux moyens organisationnels pour que nos instincts animaux puissent s’exprimer, mais cette fois sans grever notre avenir. Le génie de l’économie classique, issue des lumières – il faut toujours le rappeler – c’est d’avoir su exploiter ces instincts et notamment le puissant instinct de libération individuel. C’est là selon moi le cœur du réacteur du modèle sociétal occidental. D’où le problème lorsqu’on introduit l’écologie en tant que contrainte. Cela va littéralement en sens inverse de notre modèle et sera rejeté, instinctivement, parce que nous autres, nous savons instinctivement que c’est bien la liberté qui a fait notre succès. Cette liberté, garante d’initiative, d’innovations, de créativité, mais aussi de bêtises bien sûr, ne peut pas être sacrifiée. Par contre ses modalités, selon moi, sont flexibles. Le terrain de jeu doit être reconfiguré, mais les animaux humains doivent pouvoir y jouer à leurs jeux habituels.

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105 réflexions sur « Survie de l’espèce : Quelque chose me gêne, par Romain His »

  1. « Par contre ses modalités, selon moi, sont flexibles. Le terrain de jeu doit être reconfiguré, mais les animaux humains doivent pouvoir y jouer à leurs jeux habituels. »
    Bof …

  2. L’homme n’est ni ange ni bête , et le malheur veut que , qui veut faire l’ange fait la bête …

    Vous , vous affirmez qu’on pourrait faire l’ange en faisant la bête .

    Ça reste une hypothèse de travail pas franchement corroborée par ces derniers 6000 ans .

    Sur le fond et , nourri de l’expérience quotidienne , je pense que des instits , des « chargés d’éducation » , ou des caporaux formateurs de jeunes recrues , pourraient faire part de leur appréciation de la méthode .

    Pour ma part , dans la mesure où mon moteur à quatre temps fait appel aussi bien à la bête ( empathie , créativité ) qu’à l’ange ( organisation , but exprimé via des « leaders » ) , j’en reste à un idéal où , pour que « ça marche » , il faut que les quatre temps soient également satisfaits .

    Ce qui oblige à la mesure et appréciation des temps . Pas simple , mais incontournable .

      1. Pas de crainte , même si je sens comme une allusion à la journée  » Alzheimer » , mais mes bielles perso sont usinées dans la masse ., et le taux de compression de mon moteur est sous contrôle .

        Même pas peur de la concurrence et de ses dénigrements !

    1. « Quelle chimère est‑ce donc que l’homme, quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige, juge de toutes choses, imbécile ver de terre, dépositaire du vrai, cloaque d’incertitude et d’erreur, gloire et rebut de l’univers ! Qui démêlera cet embrouillement ? »
      Pascal, Les Pensées

  3. Juan
    Par ces quelques mots
    « Vous , vous affirmez qu’on pourrait faire l’ange en faisant la bête .Ça reste une hypothèse de travail pas franchement corroborée par ces derniers 6000 ans . »
    Pouvez-vous me confirmer ce que je pense profondément, à savoir que nous vivons depuis 6000 ans dans un monde à L’envers ?
    D’avance merci
    Martine

    1. Je ne vois pas franchement comment vous rassurez ou vous épouvanter , mais , en fait , je crois que dès nos débuts , il y a toujours eu ce duo « corps/esprit » pour faire simple, et que l’un et l’autre se fréquentent , un peu comme dans mariages , pour le meilleur et pour le pire .

      Ce qu’il y a un peu de récemment original et inquiétant , c’est la puissance de niveau mondial de nos réalisations ( présent) , ce que Michel Serres appelle les objets monde et de nos créations ( hors temps) alors que dans le même temps nos aptitudes à l’empathie ( passé) ou à la « valorisation des buts  » ( futur) , est prise de court par l’accroissement de la complexité et de la rapidité d’accès aux informations surabondantes .Notre  » œuvre » est plus énorme que nous .Notre seul cerveau moyennement répandu ne « suit » plus . L’élève décroche .

      La liberté et le « tout est possible » , tuent , sans frein , l’amour et la solidarité par la fidélité , comme le shadow Banking tue l’économie et l’écologie vraies .

      Le combat existe sans doute depuis l’origine , mais la planète par sa « générosité » et ses espaces encore offerts amortissait , voire cachait les aberrations .

      Ce siècle est celui qui nous dit , les conneries , ce sera dorénavant à vous de les payer . Il est « temps » que vous appreniez à régler la flamme de par votre seul fait .

    2. @ Martine

      De toutes manières si on vous disait que oui, de par votre culture vous ne sauriez le croire.
      C’est pourtant le cas dans l’hindouisme ; quatre âges plus ou moins long divisés chaque fois eux mêmes en quatre pour aboutir à un jour lui même de nouveau divisé en quatre.
      L’ âge d’or, l’âge d’argent, l’âge de bronze et enfin l’âge de fer (âge actuel) ; chaque âge correspondant à une caste, brahmanes, guerriers, marchands, esclaves.
      Le dernier âge, dont je parle parfois ici, est celui du désordre, de la confusion et de la violence, de souffrance pour le plus grand nombre.
      Mais vu que nous entêtons seulement à reconnaître le monde greco-romain comme notre alpha et notre omega sans trop nous intéresser aux autres civilisations, nous nous privons d’un savoir.
      On nous assène que nous vivons dans un monde de progrès qui apportera ses bienfaits à tous et finalement on se voit faire partie d’un monde qui marche à l’envers. Je sais c’est désorientant, néanmoins sortir de chez soi peut souvent s’avérer opportun.

  4. @Romain HIS : Prendre en compte notre rapacité comme un élément incontournable a toujours été refusé à gauche comme étant le début des trahisons et des renoncements ignobles et pourtant il le faudra bien, à condition que des outils limitent la casse . Le cumul des problèmes environnement et d’IA obligent-ils à certains renoncements ? Je le crois, non sans craintes majeures.

    1. Bonjour Jean-Baptiste. Non, pas rapacité, éloignons la morale. Parlons plutôt libido. Je regardais hier le loup de wall street, cela ne parle pas d’argent, cela parle de libido. Je pense avec vous que certains renoncements sont nécessaires, surement d’échelle, le mondialisme hystérique, sans raison, pour lui meme, mais aussi de méthode compensatoire – notre fétichisme des gadgets qui nous rend faciles a traquer, via la big data.

  5. Ce texte m’inspire un souhait, plusieurs fois venu à l’esprit pendant mes cogitations, c’est celui de faire dialoguer des civilisations et puis d’observer leur corps.
    De quoi parlent-elles, est-ce-qu’elles se questionnent, où enregistrent-elles leurs expériences, ont-elles des aspirations ?

    Le juge qui tranche avec la méthode scientifique, c’est le temps, celui-là même que nous n’avons plus.

    1. Un cycle de conférences , je vois .

      Un Grand cycle de conférences , je peux imaginer sinon voir .

      Faire dialoguer les civilisations pour observer leur corps , « y a quelque chose qui me gène  » .

      1. ONZE ANS !

        – En 2018, après onze ans le Blog de Paul Jorion revenait à sa formule initiale de 2007.
        – Tous les onze ans en moyenne, les astronomes observent une inversion du champ magnétique du Soleil.

        Ce « Grand cycle de conférences » 2018-2019, devant permettre à Paul Jorion de revenir sur des problèmes essentiels qui agitent la condition humaine, s’apprêterait-il à revêtir une dimension cosmique sous l’influence de la maîtresse du cycle, la bien nommée Circé ?
        https://mediterranees.net/mythes/ulysse/epreuves/circe/allegories.html

        Et, « Faire dialoguer les civilisations pour observer leur corps , y a quelque chose qui me gène ».
        Je crois Juannessy que ce que un lecteur voudrait savoir est si les cultures – « les cultures de l’âme » qui donnent « corps » aux civilisations – ont encore un avenir, ou, vont-elles être canalisées avant de migrer vers d’autres champs d’observation ?

      2. “ Ça se corse ! « …
        Voilà une expression qui me plaît !
        – Son origine remonterait au XVIe siècle, le verbe « corser » est issu du mot « corps », avec l’expression « prendre à bras le corps ». Mais c’est au XIXe siècle que ce verbe, au sens figuré, désigne la force, l’intensité. Ainsi, l’expression « ça se corse » signifie qu’une chose se complique ou qu’elle devient plus intense, plus forte.
        Autrement dit, quelque chose commence à prendre “corps”, avec intensité !
        Mais quoi, précisément ?
        L’amour que vous avez déclaré un peu plus loin pour une « montagne sacrée » pourrait peut-être nous mettre sur la bonne piste. (à suivre)

      3. A propos de ma montagne , vous aurez noté que j’ai finalement préféré une ultime philia et « cracher ma dernière dent » à cet oméga sacré .

        D’autant que le site que je décris ( et que j’ai fréquenté longtemps il y a 40 ans ) est aussi le site qu’évoque Axel Khan dans son carnet de voyage piétonnier , et qui lui fait écrire que c’est là qu’il aimerait mourir . La symbolique que j’attache personnellement à « ma » pierre basane , c’est d’être le point ( c’est l’éminence apparente en basalte d’une cheminée « volcanique » ) où se rencontrent le ciel , les vents , l’eau , le sol , le minéral et le végétal , comme un nombril au bout du cordon qui nous relie aux profondeurs de la terre . Le tout avec seulement le souffle et accompagnement sonore des vents d’ouest , et le regard à perte de vue , jusqu’au mont blanc quand la transparence de l’air s’y prête .

        Mais comme un gamin qui n’aime pas qu’on lui pique ses trésors , j’avais été à la fois intéressé mais chagrin qu’un intrus vienne me voler mon refuge . Depuis je me recueille sur la tombe de mes parents et grands parents , mais même ça devient impossible .

        La nature est bien faite .

      4. Je vois. Mais, toujours à propos de cette « montagne », volcan ou pierre…
        Que nous apprennent les voyages des grands marins (ex. Jacques-Yves Cousteau), aviateurs (ex. Antoine de Saint-Exupéry), explorateurs (ex. Paul-Emile Victor)*, spationautes ( ex. Thomas Pesquet), aux quatre coins du monde ?
        L’une des dernières répliques du film « L’Odyssée” – prononcée par Lambert Wilson, dans la peau du Commandant Cousteau – nous apporte peut-être une réponse : « Il y a plus de trente ans j’ai découvert un nouveau monde. J’ai voulu le CONQUÉRIR alors qu’en fait, il fallait le PROTÉGER”.
        Alors, que viendrait faire ce “cinquième élément” entre eau, air, terre et feu ?
        Aurions-nous, en quelque sorte, un devoir sacré que nous aurions oublié ?

        * : l’aventure en Antarctique (dernier continent vierge et protégé de la planète) de Paul-Emile Victor avait commencé avec une chenillette prototype.

      5. J’ai toujours été indien plus que conquistador , même si j’ai été les deux dans ma vie active où j’ai « matérialisé » aussi bien des crédits d’investissement que de fonctionnement , avec quelquefois ( crédits de « grosses réparations » ) une zone grise qui nous permettait de payer de l’entretien abandonné par de l’investissement par nécessité .

        L’avantage , quand on pratique les « deux bords » , c’est qu’on investit en pensant à l’entretien long ultérieur , mais les anglo saxon qui n’aime pas mélangé les genres ( exemple du pousse au crime de l’éclatement de la SNCF en 2 entités , une qui construit et une qui exploite ) , nous ont assassiné cette plus value .

        PS : vous ne m’avez jamais franchement répondu sur la montagne (ou le cinquième élément ) qui est le vôtre et pour lequel vous me jouer le coup de la carte forcée , alors que je joue plus depuis quelques années.

      6. Sincèrement, je n’essaie pas de vous forcer à vous orienter dans telle ou telle direction. Simplement, je crois qu’un artiste c’est quelqu’un qui est là pour poser des questions. Et, comme ce n’est pas tous les jours que j’entends parler de montagne sacrée, j’ai pensé qu’il serait bon de voir… là où les choses se croisent, dans cette nature si bien faite.
        « Une image vaut mille mots » :
        https://plus.google.com/u/0/b/101801418555089684427/photos/photo/101801418555089684427/6606420728333881138
        Mon sentiment est donc le suivant : où que l’homme aille, « l’autorité supérieure de son imaginaire » qu’évoque David Lynch, n’ira jamais plus loin que le « corps » qui l’a instruit. Autrement dit, il n’arrivera jamais à dépasser cet espace du rêve intrinsèquement lié à cette montagne originelle. Cependant, face aux épreuves du monde, sa chance c’est qu’il n’a pas fini d’en faire le tour…

        « Il monte. Aussi longtemps et aussi haut qu’il peut, il monte. Puis il s’arrête. Maintenant c’est la montage brute. Partout, autour. La pierre rugueuse et nue. Le squelette. Maintenant ils s’en sont tous allés. Tous ces êtres, et toutes ces choses invisibles et immatérielles qui ont un nom quand lui n’en a pas. Vois : il n’y a plus rien. » Le garçon, de Marcus Malte (extrait, p.574)

      7. Merci de l’écho .

        Votre illustration est très riche .

        Mais ma « montagne sacrée » , je ne l’ai jamais « ressentie » ni comprise comme une allégorie ou même un symbole .

        Juste , au moment où je l’ai connue , une forme de paix , où s’arrête le temps , liée à ce lieu sans savoir vraiment pourquoi . C’est peut être pour ça que d’autres dont Axel Kahn en transit pédestre dans ces hautes chaumes a aussi été sensible , après moi et sans doute d’autres, à  » quelque chose » attaché au lieu ( il en rend compte dans ses « <pensées en chemin " paru en 2014 un différemment que moi ).
        La musique et spécialement les "belles voix " humaines me font aussi office de "montagnes sacrées " , et je conçois que l'art offre aussi ce cadeau .

        A deux doigts du mystère sans le ruiner .

        Un point commun cependant , le calme et le silence ambiant .

  6. « D’où le problème lorsqu’on introduit l’écologie en tant que contrainte. »
    Surtout avec notre « esprit gaulois ».
    Si on reste optimiste, gageons sur l’éducation et l’intelligence (travail sur le long terme, une à deux générations si on démarre maintenant). Personnellement, je préférerai une écologie joyeuse fruit d’une prise de conscience collective.
    Sinon: taxes et interdits (politique coercitive à effets rapides au regard de l’urgence supposée).
    Les limitations de vitesse en voiture, ça en a fait râler beaucoup les premières semaines, et puis finalement quelques années plus tard ça rentre dans les habitudes, la normalité (à par quelques chauffards incurables).
    A l’inverse, une contrainte qui montre ses limites: la taxation des ordures ménagères au poids par foyer. Pleins de bon sentiments écolo-citoyen-responsable-égalitaire, des communautés d’agglomération ont mis ce système en place. Résultats, des poubelles qui crament au fond des jardins et d’autres qui atterrissent dans les bois. Bilan pour l’environnement: négatif.

    1. @ Arkao. Spécieux votre raisonnement. Si la responsabilisation amène des délinquants à faire encore pis, ce n’est pas une raison pour renoncer. Sinon, les limitations de vitesse, elles aussi devraient être abandonnées. Ce qui marche c’est de faire payer en proportion des déchets dits « mélangés » mais en créant des filières de collecte des déchets triés: papiers, verre, PMC (plastiques, métaux cartons- tétrapacks). ça marche dans bien des pays… Pourquoi pas en France? Sont pas tous des veaux (cfr Ch. de G) quand même…

      1. Raaaah encore payer ou être taxé pour pouvoir vivre, ou diriger une somme d’individus. Dans le système as usual, c’est contrainte ou sacerdoce. Cette mentalité politique d’esclave est simplement sidérante.

        Sinon, modifier l’environnement et le système dans lequel nous évoluons ça ne vous parle pas mieux ?

      2. Si on ne se raconte pas d’histoires, le tri sélectif est une hypocrisie.

        Voici quelque chose qui pourrait peut-être marcher : établir des bouteilles standard en verre par catégorie pour tous les liquides, et inciter à la vente en vrac pour tout ce qui est possible. Simple non ? Pourquoi déclare-t-on que des choses aussi simples sont impossibles ? C’est ça la question qu’il faut se poser.

      3. @Vincent Rey et Ecodouble
        D’accord avec vous sur les bouteilles en verre.
        La situation actuelle est la conséquence des intérêts du Marché et de la « fainéantise » des consommateurs (qui au final se font complètement arnaquer).

    2. Romain His : « D’où le problème lorsqu’on introduit l’écologie en tant que contrainte. Cela va littéralement en sens inverse de notre modèle et sera rejeté, instinctivement, parce que nous autres, nous savons instinctivement que c’est bien la liberté qui a fait notre succès. Cette liberté, garante d’initiative, d’innovations, de créativité, mais aussi de bêtises bien sûr, ne peut pas être sacrifiée ».

      Claude Lévi-Strauss : « Qu’il n’y ait pas d’opposition entre la contrainte et la liberté, qu’au contraire elles s’épaulent – toute liberté s’exerçant pour trouver ou surmonter une contrainte, et toute contrainte
      présentant des fissures ou des points de moindre résistance qui sont pour la création des invites ».

  7. C’est quand même comique d’avoir déployé tant de génie pour s’affranchir des contraintes, chaud, froid, faim, efforts en tous genre, et aboutir de ce fait à une déconnection de notre nature qui nous donne se sentiment fatal, d’invulnerabilite.

    Avec quelle passion et quelle patience nous avons bâti notre piège !

    1. « Passion, patience, » ? on y a mis 50 000 ans ou 500 ans (~néolithique ou ~ère moderne, à vot’guise). Il y a déjà eu des êtres vivants « extractivistes » comme nous le sommes pour accomplir notre « affranchissement des contraintes » , mais ils ont « brûlé » beaucoup de CO2 pour le transformer en oxygène, au détriment de certaines espèces qui n’ont pas aimé ça assurément. Donc on fait pareil, mais beaucoup plus vite, parce qu’on arrive à peu près, collectivement, à changer notre environnement à l’échelle d’une vie seulement, une fois qu’on a la potion magique « carbone à oxyder ».
      Par rapport à la conception d »individu d’un être vivant de type animal, disons un phacochère lambda assez individualisé, il y a déjà la variante « supercollective » qu’est la termite (ou l’abeille un peu aussi).
      Mais l’homme est en train d’inventer une autre variante d’espèce, d’apparence superindividualiste (mon pavillon, mon 4×4, ma pizza livrée à domicile par drone m… quoi), mais qui collectivement se déplace et s’auto-influence énormément (dans l’espace des coordonnées socio-techniques, dont un bout est la politique).
      C’est donc une histoire des bifurcations qu’il faudrait savoir former à ce stade…

      1. Voilà, et cette bifurcation, que l’on imagine généralisée et contagieuse :

        La voyez vous au moins pour vous même ?

        Parce que moi, pas bien.

  8. Je résumerais à ma façon en disant que :

    « nos » économistes libéraux sont restés au 17è, 18e, 19e voire 20e en partie et ne se sont jamais adapté à la réalité présente.
    Ils ne savent que répéter une théorie créée dans un tout autre contexte en ne s’étant jamais adaptés à la situation du présent et du futur de l’humanité et de son milieu de vie qui lui n’a cessé de changer, si bien qu’ils sont hors de la réalité.
    Les chiffres qu’ils donnent en exemple sans cesse pour asseoir leur démonstration ne sont que partiels, ils choisissent uniquement ceux qui les confortent, on comprend pourquoi les gens « de la rue » sont tellement ennuyés par l’économie, pourquoi ils n’y comprennent rien, et doivent même jusqu’à fermer leur esprit, comme sachant instinctivement que tout est faux dans ces démonstrations.

    1. Heureusement , il va y avoir des cours de rattrapage avec le grand cycle de conférences .

      Ça va s’appeler « Les belles histoires de l’oncle Paul  » , et toute l’Europe aura l’oreille collée à sa radio ou l’œil rivé sur son écran , pour s’épargner le suicide .

      1. Sauf que tout ça ne dépend pas vraiment de  » l’Europe  » , somme toute les pays qui la composent ont un impact écologique modéré , pour la plupart ont déjà accompli leur développement , et leur population est stabilisée voir même en légère baisse

      2. des protons , ceux qui vous composent ont peut être appartenu à un triceratops vous savez , et ils seront encore là bien après vous

      3. Ha bon ? Moi qui me croyais gallo-romain africain , je serais donc américain ?

        Recomptez mieux les protons et demandez l’avis de Jean Luc .

    2. à Annie qui dit : « Les chiffres qu’ils donnent en exemple sans cesse pour asseoir leur démonstration ne sont que partiels, ils choisissent uniquement ceux qui les confortent »

      Quelle prétention ils ont, ces commentateurs de l’économie, d’embrasser toute la complexité des rapports humains, avec leur pauvres analyses. Et avec quelle morgue ! On a bien raison de les comparer aux médecins du temps de Molière.

      Ce que j’adore par dessus tout, c’est le flou qu’il savent donner au langage, quand quelque chose ne colle pas parfaitement à leur dogme… ça les fait ressembler à des astrologues, qui savent parfaitement maîtriser ces techniques de langages.

      Si vous en entendez un qui dit des grosses âneries, n’oubliez pas de me le signaler, je le mettrai dans mon « Top 10 des économistes nuls ».

  9. Oui pour l’ange qui fait la bête, et autre variation sur le thème de esprit / corps.

    Qu’est ce qu’on en fait ?

    PJ a attiré notre attention sur l’Asie chinoise, son confucianisme, son taoïsme, et leur sens d’une harmonie universelle, incluant l’homme dans la nature et le corps social, mais niant son individualité, et la liberté qui va avec.

    Comment faire pour concilier les deux ? C’est possible, d’abord : comme le rappelle PJ dans son dernier ouvrage, les chinois ont su, eux, comprendre l’Occident, et intégrer ce qu’ils y ont trouvé d’intéressant pour eux.

    Et puis, on ne part pas tout à fait de rien.

    Ici, en France, nous avons l’Université du Nous, des gens qui cogitent la question de « l’agir ensemble » depuis des années, du genre que l’anthropologue et psychanalyste PJ aimerait probablement découvrir d’urgence, si ce n’est déjà fait.

    Que je sache, le succès de l’organisation des Colibris de Pierre Rabhi (entre autres) leur doit beaucoup. Et leurs solutions et protocoles, de fait appliqués à échelle réduite, recèlent un potentiel précieux pour l’humanité toute entière.

    http://universite-du-nous.org/

  10. Tout à fait d’accord *<:oD
    La vision "religieuse" de l'humanité avec un Grand H, summum de qualité sur terre, parangon des êtres animés, référence ultime de la "création", empêche de voir que tous les vernis civilisationnels ne sont que sophistication au service de l'animalité de la bête humaine. (désolé, je ne suis pas croyant)
    Et pourtant, elle tourne – c'est à dire que je ne doute pas de la survie de l'espèce déclenche, en se moment, TOUT ce qui est nécessaire pour… 🙂
    Avec grands dommages pour les uns et grands bénéfices pour les autres.
    Un petit tuyau pour intégrer le concept: ne vous limitez pas à votre environnement "occidental". Il y a plein "d'ailleurs" qui ont autre chose à foutre que du yaka fokon… 🙂
    Get out of the groove.

  11. @ Romain His
    « Sauver l’être humain de lui-même demande déjà de le prendre en compte, tel qu’il est, ou alors nous aurons autant de succès qu’à essayer de transformer un tigre en herbivore. »
    « Changer… ou disparaître ». Changer l’homme pour sauver le climat, telle vous semble être en définitive, l’équation à résoudre ? Mais comment s’y prendre… devant ce problème de manque de temps ?

    1. Si j’étais le tigre ( en voie de disparition ) , je ne serais d’ailleurs pas rassuré d’être transformé en herbivore car c’est loin d’être une garantie de survie selon les éléphants ,les girafes , les hippopotames , les gorilles …

    2. rompre avec les liens business as usual qui nous retiennent, provoquer le reset maintenant, plutôt que de le repousser. Nous savons tous ou est la fragilité du système actuel.

  12. À partir de :
    je ne partage pas votre optimisme béa Mes yeux ont louchés Ce qui m’a empêché de lire la suite je vais réessayer plus tard en m’accrochant un peu plus.

  13. « D’où le problème lorsqu’on introduit l’écologie en tant que contrainte. Cela va littéralement en sens inverse de notre modèle et sera rejeté, instinctivement, parce que nous autres, nous savons instinctivement que c’est bien la liberté qui a fait notre succès »

    Exactement. La « libération » est imprimée dans notre cerveau « animal », et c’est elle qui dirigera nos choix futurs. Reste à savoir si ce sera dans le bon sens, ou dans le mauvais sens. Car le vote pour Trump peut aussi entrer dans ce cadre, d’une « libération de l’establishment ».

    Il faut donc qu’il existe une proposition de « Libération écologique ».

    1. L’evolution du monde anglo saxon doit être bien surveille. Je vois ce qu’il se passe en ce moment avec les négociations UE-UK et je me demande s’il n’y a pas un paradoxe. D’un cote j’observe avec tristesse que les institutions de type supra nationales de type UE servent largement d’hôtes aux immobilistes, hélas, voire les arguments du lobby patronal « tant que les autres n’y vont pas on peut rien faire ». Et du coup je me demande si l’intransigeance de l’UE vis a vis du royaume uni ne va pas mettre celui ci dans une position d’isolement qui en fera l’endroit de la future revolution, sans doute avant tout agraire, autonome, libérale, locale, innovante socialement et économiquement. Je ne crois plus au « tous ensemble », au multilateralisme. L’innovation a besoin d’exemples qui marchent de manière évidente, et qui se répandent et se généralisent ensuite. En somme nous devront peut être passer par un protectionisme vert, de type severe. D’abord nettoyer devant notre porte.

      1. Liberté n’est pas Libération .

        André Breton ( Arcane 17 ) : « la liberté n’est pas, comme la libération, la lutte contre la maladie, elle est la santé  » .

  14. Aaaaah, toutes ces couches accumulées, qui ne font que renforcer le solipsisme anthropomorphe des singes glabres de la 3e planète…

    Et ses épiphénomènes dérisoires : Jorion apologisant Mueller sous prétexte de sa religiosité matino dominicale.

    Comment pouvez vous croire à un monde pareil ?

    1. Je pense qu’il observe juste qu’un religieux matino dominicaine (Avec une biographie valeureusement chargé tout de même) essaye de diminuer les dégâts alors qu’à côté un psychopathe fait Des dégâts irréversibles dans le monde entier.

      On appelle ça un constat monsieur Cifer ! Me trompe-je ?
      Vous devez penser que le monde est drôlement sombre pour détenir une opinion pareille ! Brrr

  15. Cela me fait penser à un sentiment qui s’installe plus ou moins précisément dans mon esprit depuis quelques années.
    Pour faire court : l’espèce humaine n’est-elle pas, au regard de l’évolution au cours des temps géologiques, une impasse ?
    Depuis que la vie existe sur Terre, il a dû y en avoir d’autres des branches évolutives qui se sont arrêtées rapidement.
    Ou bien pour ceux qui pensent qu’il y a un déterminisme dans les mécanismes qui nous ont permis d’arriver jusqu’ici, il y a une erreur quelque part. Dieu a fait une connerie.
    Un organe démoniaque pose ici problème, le cerveau, des capacités extraordinaires mais pas de limites, tout et n’importe quoi. Le n’importe quoi paraît l’emporter.
    Tous les jours je suis ramené à cette interrogation : rapacité, individualisme forcené, surpopulation, abominations du 20ème siècle. Massacres ici, destructions par là, Marceline Loridan-Ivens racontant les camps.
    Comment une espèce pareille peut-elle s’en sortir ? d’ailleurs doit-elle s’en sortir ?
    Je sais que je ne suis pas très positif, là j’y arrive pas
    Bon, s’il me reste quelques années pour profiter encore de Ravel, Schubert, …

      1. Une Messe de requiem en Ré mineur, peut-être…

        Quant à cette « impasse », je pense qu’il serait extrêmement intéressant… d’y revenir.

      2. Si on revient dans une impasse , on a de fortes chances d’y rester .

        Libre à vous de montrer le chemin pour « s’en sortir » , mais en principe la méthode pour éviter de se cogner contre le grillage comme une poule idiote , est déjà bien rôdée : rebrousser chemin jusqu’à la bifurcation du labyrinthe où on a merdé . Le hic , c’est qu’on a perdu le plan et la mémoire du labyrinthe et qu’on ne sait plus ce que c’est qu’une bifurcation .

        Trouvé bizarre qu’il soit écrit:  » l’espèce humaine est …une impasse » , pour , sans doute ,  » l’espèce humaine est dans une impasse « .

      3. De mon côté, je n’ai pas prévu de messe d’enterrement , ni même d’enterrement.
        Mon idéal serait , style ballade de Narayama, de me coucher au pied de la « pierre basane » , qui veille sur les hauteurs des monts du Forez , entre ciel et landes de bruyères , à deux pas des tourbières , sous les vents d’ouest qui charrient la pluie et tordent les pins rabougris , carcasse livrée aux charognards à plumes et à pattes .
        Je caresse juste l’espérance d’avoir , tant que la conscience sera encore là , la force de penser à toutes celles et ceux que j’ai croisés , et , quitte à partir en musique , que ce soit celle des quelques voix humaines qui vous font toucher la beauté absolue du monde , ou , si c’est une chanson en français , celle ci ( mais mieux enregistrée ):

        https://www.bing.com/videos/search?q=nos+rivi%c3%a8res+isabelle+boulay&&view=detail&mid=5CCA67E0285248B88C5E5CCA67E0285248B88C5E&&FORM=VDRVRV

        Tous les accompagnements de mourants que j’ai pu connaître , sans parler des deux cents kilomètres qu’il me faudrait faire in extremis pour accéder à ma montagne sacrée , me laisse cependant peu d’espoirs de partir dans cette apothéose .

        C’est pourquoi j’essaie de me préoccuper de mes proches et ,autant que je le puisse , d’autrui , sans attendre le coup de sifflet final . C’est de plus en plus difficile .

        Avec un air d’opéra , de chant ou de musique en tête .

        Dis moi quelles musiques et quels chants te hantent , je saurai qui tu es et où tu vas .

      4. C’est sans doute bizarre, Juannessy, mais moi, je trouve que sans “dans”, c’est encore plus fort d’un point de vue analytique, pas vous ?
        Aussi, je ne sais pas où habite Rémi, mais, comme vous le savez, l’Europe fait figure de cul-de-sac de l’Asie, et la Bretagne, dont le Finistère est le point d’orgue, fait elle-même figure de cul-de-sac de la France. D’ailleurs Finistère – Fin de la terre – signifie en breton (Penn-ar-Bed) “bout du monde” ou bien – c’est intéressant – “tête du monde”.
        Donc, une fois que nous sommes arrivés à l’extrême pointe du Finistère, on ne peut pas aller physiquement plus loin… sans bateau.
        Et alors ? me direz-vous. Ben, c’est là que La psychanalyse a son mot à dire.
        L’image de la barque, du bateau ou du navire, comme moyen de s’échapper, nous donne à penser une autre voie…

        PS : on peut bien sûr remplacer le bateau par un avion, une chenillette, voire une fusée, en fonction de la nature de l’étendue que l’on aura à traverser, selon son état liquide, gazeux, solide, voire vide.

      5. @Memnon :

        J’ai parfois le sentiment que vous êtes un cousin de Bain .

        La terre étant une sphère , en Bretagne , pas plus qu’ailleurs , il n’y a ni bout ni impasse .

        C’est une bonne raison pour rester sur terre .

  16. Bonjour,
    Vous rejoignez la vision de Aurelien Barrau, Astrophysicien spécialisé dans la physique des astroparticules.
    Vidéo à voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=R7sMZiSKmqg
    En gros son message est qu’il faudra que l’homme prenne des mesures coercitives contre lui même pour se sauver…..
    Notre nature étant ce qu’elle est, à savoir un organisme vivant colonisateur, la seule chose capable de nous stopper , serait nous même!
    C’est discutable mais il y a certainement un fond de vérité. Pour ma part, je serais plus favorable à l’utilisation de l’éducation pour transformer les esprits. Cette approche est plus fastidieuse et plus longue à porter ses fruits mais je pense qu’elle est plus durable et plus porteuse de changements dans la société.

  17. @Vincent Rey
    avec retard certes, je découvre votre blog… avec bonheur j’y retournerai (quand j’aurai un peu de temps vu le retard que j’en ai pris) pour le lire avec plus d’attention

  18. Je découvre cet article par un lien que j’ai reçu (je ne lis jamais aucun journal en ligne sf dans des cas comme celui-ci)
    une tribune demandant d’arrêter de dépendre de la croissance à lire absolument :

    A l’occasion de la conférence «Post-Growth» qui se tiendra à Bruxelles à partir de mardi, un groupe d’universitaires de toute l’Europe appelle à revenir sur le dogme de la croissance, devenu incompatible avec la contrainte écologique et le bien-être des peuples.
    Cette semaine, scientifiques, politiques et décideurs se réunissent à Bruxelles pour une conférence historique (les 18 et 19 septembre au Parlement européen de Bruxelles). Le but de cet événement, organisé par des membres du Parlement issus de cinq partis politiques différents, de concert avec des syndicats et des ONG, est d’explorer la possibilité d’une «économie post-croissance» en Europe.

    Au cours des sept décennies passées, la croissance du PNB s’est dressée comme l’objectif économique premier des nations européennes. Mais si nos économies ont grandi, l’impact négatif sur l’environnement a augmenté en rapport. Nous dépassons maintenant l’espace de fonctionnement sécurisé pour l’humanité sur cette planète, et il n’y a aucun signe que l’activité économique soit en cours de découplage, à l’échelle qui serait requise, avec l’usage des ressources ou la pollution. Aujourd’hui, résoudre les problèmes sociaux au sein des nations européennes ne demande pas plus de croissance. Cela implique une distribution plus juste du revenu et de la richesse que celle que nous pouvons observer.

    La croissance devient aussi plus difficile à atteindre du fait du déclin des gains de productivité, de la saturation des marchés et de la dégradation écologique. Si les tendances actuelles persistent, la croissance pourrait s’arrêter, pour toujours en Europe dans moins d’une décennie. Aujourd’hui, la réponse consiste principalement à essayer de relancer la croissance par la dette, l’affaiblissement des régulations environnementales, l’extension des heures de travail et des coupes dans les systèmes de protection sociale. Cette recherche agressive de la croissance à tout prix divise la société, crée de l’instabilité économique et affaiblit la démocratie.

    Les élites ne se sont pas engagées sur ces questions, du moins jusqu’à présent. Le projet «Au-delà du PIB» («Beyond GDP») de la Commission européenne est devenu le «PIB et au-delà» («GDP and Beyond»), ce qui remet le PIB au centre. Le mantra officiel demeure la croissance – corrigée comme «soutenable», «verte» ou «inclusive» – mais d’abord et avant tout, la croissance. Même les nouveaux objectifs de développement durable de l’ONU incluent la poursuite de la croissance comme l’un des buts pour tous les pays, en dépit de la contradiction fondamentale entre croissance et soutenabilité.

    La bonne nouvelle est qu’au sein de la société civile et du monde universitaire, un mouvement post-croissance a émergé. Il porte différents noms suivant les lieux : décroissance, Postwachstum, steady-state ou doughnut economics, prosperity without growth, pour n’en nommer que quelques-uns. Depuis 2008, des conférences régulières sur la décroissance ont réuni des milliers de participants. Une nouvelle initiative globale, l’Alliance des économies du bien-être (Wellbeing Economies Alliance ou «WE-All», «Nous-Tous»), établit des connexions entre ces mouvements, tandis qu’un réseau de recherche européen développe de nouveaux «modèles macroéconomiques écologiques». Ces travaux suggèrent qu’il est possible d’améliorer la qualité de vie, de restaurer le monde vivant, de réduire les inégalités et de fournir des emplois en nombre suffisant sans recourir à la croissance économique, à partir du moment où des politiques publiques nous permettent de nous sortir de notre dépendance actuelle à la croissance.

    Parmi les mesures proposées, des limites sur l’usage des ressources, des dispositions fiscales agressives pour endiguer la marée montante des inégalités, et une réduction graduelle du temps de travail. Les tendances dans l’usage des ressources pourraient être inversées par une taxe carbone dont le revenu pourrait être utilisé comme un revenu de base ou pour financer des programmes sociaux. Introduire à la fois un revenu de base et un revenu maximal réduirait encore plus les inégalités, tout en aidant à redistribuer le travail social et en réduisant les inégalités de pouvoir qui affaiblissent la démocratie. Les nouvelles technologies pourraient être utilisées pour réduire le temps de travail et améliorer la qualité de vie, au lieu de conduire à licencier en masse et augmenter les profits d’un petit nombre de privilégiés.

    Etant donné l’ampleur des enjeux, il serait irresponsable que les acteurs politiques et décideurs n’explorent pas les possibilités d’un avenir post-croissance. La conférence qui se tient à Bruxelles est un coup d’envoi prometteur, mais des engagements bien plus importants sont nécessaires.

    En tant que groupe de scientifiques concernés, travaillant tant dans les domaines des sciences naturelles que sociales, et issu des 28 nations européennes, nous appelons l’UE, ses institutions et Etats membres à :

    1) mettre en place une commission spéciale sur les avenirs post-croissance au niveau du Parlement européen. Cette commission doit débattre activement de l’avenir de la croissance, proposer des politiques publiques alternatives et reconsidérer la poursuite de la croissance en tant qu’objectif politique général ; 2) incorporer des indicateurs alternatifs dans le cadre macroéconomique de l’UE et de ses Etats membres. Les politiques économiques doivent être évaluées en fonction de leur impact sur le bien-être humain, l’usage des ressources, les inégalités et la propension à favoriser des emplois décents. Ces indicateurs doivent avoir une priorité supérieure au PIB dans la prise de décision ;

    3) transformer le pacte de stabilité et de croissance (PSC) en un pacte de stabilité et de bien-être. Le PSC est un jeu de règles visant à limiter les déficits gouvernementaux et la dette nationale. Il doit être révisé pour permettre aux Etats membres de répondre aux besoins fondamentaux de leurs citoyens, tout en réduisant l’usage des ressources et la production de déchets pour les ramener à un niveau soutenable ; 4) établir dans chaque Etat membre un «ministère de la Transition économique».

    Une nouvelle économie axée principalement sur le bien-être humain et écologique peut offrir un avenir meilleur que celui qui dépend structurellement de la croissance économique.

    https://www.liberation.fr/debats/2018/09/16/europe-ne-plus-dependre-de-la-croissance_1679117

  19. Si j’ai bien suivi Paul Jorion, le parlement européen en acceptant éventuellement de donner corps à cet appel , reconnaîtrait de fait la nécessité de mettre le capitalisme et l’intérêt aux oubliettes .

    Un peu marrant , en plein Brexit , de voir que l’initiative semble être majoritairement partie d’universités anglaises qui auraient été bien inspirées de conseiller mieux leur peuple et Thérèsa May .

  20. « Par contre , ses modalités ( de la liberté ), selon moi ,sont flexibles . »

    Puisque « selon vous « il y a , pourriez vous assez largement développer ?

    1. Je réponds pour mon propre compte :

      la liberté ne se « module » pas , elle n’est pas flexible , elle n’est pas l’unique dieu , elle est une aspiration vitale et universelle .

      Sartre le disait beaucoup mieux : « l’homme est condamné à être libre. Condamné parce qu’il ne s’est pas créé lui même, et par ailleurs cependant libre, parce qu’une fois jeté dans le monde, il est RESPONSABLE de tout ce qu’il fait  » .

      Il n’y a de liberté digne de l’humain que sous condition de la Responsabilité , définie comme la soumission à la sanction (positive ou négative) de ses actes et de leurs impacts . Cette soumission est celle à la Loi commune démocratique , républicaine , sans échappatoires .C’est l’obligation de réparer le dommage causé par ses actes .La notion de « garantie » que l’on retrouve violée dans une grande variété de domaines ( dont financier …) donne la mesure de nos tricheries et lâchetés devant la Responsabilité .

      C’est cette notion de Responsabilité que j’ai souvent mise en avant ici , pour rendre compatible les talents et vertus contradictoires de la pensée philosophique ( l’ange ) et de la pensée anarchiste( la bête ) .

      1. J’allais oublier :

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant !

        ( la responsabilité est sous tendue par la fraternité )

    2. Largement certainement pas, je ne suis qu’un humble salarie, j’ai des servitudes. Si j’avais le grand plan j’aurais écrit un bouquin. Ce bouquin existe deja d’ailleurs, Paul Jorion nous en a parle : THE KNOWLEDGE. Par ailleurs ces solutions devraient aussi remonter des gens. Mais sur le fond mon propos est d’affirmer que notre rage existentielle, nos pulsions narcissiques, nos diverses envies plus ou moins vertueuses, nos besoins de transe, notre dependance a la dopamine, ne nécessitent nullement de créer des continents de plastique ou des nuages de carbone ou de radiations. On peut fort bien laisser celles ci continuer leur jeu, certes pas toujours moralement reluisant, et prohiber celles-la. Par exemple en interdisant totalement le plastique on provoquera forcement l’avènement d’innovations pour le remplacer. Des innovations biodégradables, mues par les moyens que nous connaissons bien : des individus ingénieux, ayant envie de montrer leur capacités et qui seront dument gratifies.

      1. Ce serait donc en « interdisant » que vous imaginez « moduler » notre « liberté  » ?

        C’est aussi ce que je dis en appelant à la barre la Responsabilité et la Loi démocratique .

      2. « Des innovations biodégradables, mues par les moyens que nous connaissons bien : des individus ingénieux, ayant envie de montrer leur capacités et qui seront dument gratifies. »

        Yep, pour remplacer les plastiques, ce ne sont ni les recherches fructueuses, ni les innovations qui manquent. Voilà l’un d’entre elles :

        « Voici un nouveau biopolymère pour remplacer le plastique issu du pétrole »
        Par Benjamin Robert le 26.06.2018 à 09h52

        « Un biopolymère, habituellement produit en petite quantité par les bactéries, peut aujourd’hui être fabriqué en laboratoire. Cette méthode moins coûteuse nourrit de nombreux espoirs pour remplacer, à terme, le plastique issu du pétrole. »
        https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/voici-un-nouveau-biopolymere-pour-remplacer-le-plastique-issu-du-petrole_125292

    3. Est-ce que la strychnine ou le cyanure sont disponibles en supermarché ? A-t-on le droit de faire caca ou de déverser nos ordures au milieu de la rue ? Il y a des interdictions, il y en a toujours eu. La liberté est toujours « modulee »,

      Le pb d’étendre cela a des produits tels que le plastique, c’est bien sur qu’il est utilise partout, il faudra donc bien une transition, mais elle doit être engagée fermement.

      Après vient un autre pb, celui de la « perte de compétitivité », de pouvoir d’achat par rapport aux autres dans une contexte de mondialisation etc etc (baille). C’est la que la question des liens avec le monde devient un pb d’inertie. Cette capacité d’inertie du multilateral qu’exploite fort bien le lobby patronal européen par ex. Ca peut continuer longtemps comme ca. Donc faut couper la ou ca nous fait trainer et compter sur les vertus de l’exemple. Pour le pouvoir d’achat, il faut avoir un langage clair, est-ce qu’on veut une super bagnole pour rouler vers le désastre, ou est-ce qu’on veut une 4L façon ikea, facilement reparable et qui n’impacte que très peu. Au citoyen de decider s’il veut envoyer ses enfants en enfer. Mais les yeux ouverts.

      1. j’ai aussi les plus grands doutes sur la capacité de l’UE à prendre un tel virage. Il faudrait qu’un grand pays fasse cavalier seul, pour tenter une expérience…et de préférence un grand pays de l’UE, qui ne peut-être que la France ou l’Allemagne.
        Pour ce qui est de la perte de compétitivité, je demanderais à voir quelques chiffres…Si on faisait le ménage dans chaque activité exercée sur le territoire, pour la débarrasser de ce qui n’est pas directement productif, on ferait certainement des économies énormes, et on aurait du temps. Si on faisait aussi le ménage, dans le budget de l’Etat, pour y supprimer toutes les dépenses servant à soutenir l’activité, ou à en trouver, soit directement par des aides publiques, soit indirectement par des commandes de travaux dont on n’a pas vraiment besoin, et aussi toutes les dépenses faites pour soutenir la concurrence entre producteurs, régions, je pense que nous aurions aussi pas mal d’argent à redistribuer.

        Je ne dis pas que ce serait facile, mais tout ça mériterait un calcul non ? Si un économiste voulait bien s’y mettre…je suis curieux de voir quelles marges de manœuvre ça nous donnerait…

  21. Par rapport à l’article, oui on a oublié notre histoire animale. Et celle-ci est d’abord une histoire de collectivité ! Ne regardons pas mon corps et ma conscience, ce que nous sommes (démarche essentialiste) mais ce que nous faisons en groupe. Lisant un livre de Picq sur les sociétés de singes, je pense que notre espèce, bien avant la ‘civilisation’, a géré la répartition du pouvoir et les relations entre sexes d’une certaine façon (Mixité sociale permanente, hiérarchie et domination hommes/(sur)/femmes, Mâle Alpha et ses alliés, etc.). Ce sont déjà des « bifurcations ». Puis il y a eu une série de « bifurcations » (citées plus haut) et dérives, qui tiennent à la sédentarisation, l’augmentation des peuplements, les villes, les royaumes, les empires, les religions. Les systèmes de domination sociale se sont renforcés et perfectionnés. La domination de l’élite amène à une liberté et une dérive délétère, sans contrepoids. On a parlé de la chute des empires. On pourrait parler de la crise de la chrétienté (XVIe siècle) et de l’aristocratie (XVIIIe), de la colonisation. Le capitalisme et la société de consommation ont libéré certaines libertés d’agir (avec bien des leurres), mais aussi concentré du pouvoir financier et fixé une domination de l’Occident. Et c’est l’impasse. Le paradoxe est que nous allons réclamer de l’autorité pour arrêter la dérive. Par un égoïsme des nations et des empires (USA, Russie…). Nous ne serons solidaires que quand il sera trop tard, quand ce sera une question de survie en collectivité avec mes voisins.

    1. « Nous ne serons solidaires que quand il sera trop tard, quand ce sera une question de survie en collectivité avec mes voisins. »

      Ce n’est pas souhaitable du tout. Avons-nous encore ce luxe face aux enjeux sociétaux et environnementaux actuels ? Je préférerais en lieu et place, que nous apprenions surtout à apprécier ce qu’il y a de positif et de compatible voire en harmonie, là ici et maintenant, dans notre humanité, nos modes de vie, et à le valoriser davantage, pour acter des changements évolutifs par rapport à ce qui est obsolète et à ce qui n’est plus en accord et en affinité, avec les valeurs de protection et de respect des êtres vivants et de notre environnement, de la planète, de la vie. Une démarche critique évidemment, mais plus constructive, donc, beaucoup plus inspirante que le blitz médiatique étouffant, stufaga et anxiogène actuel.

      @Juannessy
      22 septembre 2018 à 15 h 01 min

      « Il n’y a de liberté digne de l’humain que sous condition de la Responsabilité , définie comme la soumission à la sanction (positive ou négative) de ses actes et de leurs impacts . Cette soumission est celle à la Loi commune démocratique , républicaine , sans échappatoires .C’est l’obligation de réparer le dommage causé par ses actes .La notion de « garantie » que l’on retrouve violée dans une grande variété de domaines ( dont financier …) donne la mesure de nos tricheries et lâchetés devant la Responsabilité . »

      C’est ça .Je signe l’intégralité de ce comment ! 😉

      « Liberté, égalité, fraternité étendue au vivant. »

      1. « Ce n’est pas souhaitable » ? C’est un fait : en 1914, en 1940 (on a mis des gens en prison). La solidarité est venue progressivement pendant les guerres par quelques-uns puis massivement et ouvertement en 1918, en 44-45.

  22. @chabian
    23 SEPTEMBRE 2018 À 0 H 32 MIN

    De fait, et fort heureusement, la solidarité s’exprime aussi en temps de paix, même si elle ne s’exprime pas de façon aussi massive et importante, et aussi visible, nécessité des désastres aidant, que lors des catastrophes ou de conflits armés. Avec cela, je suis d’accord. Cela dit, libre à chacun et chacune, en temps de paix et au quotidien, de rester dans sa zone de confort ou bien de ne pas « attendre » qui ? quoi ? ou des autres ? mwarf ! Mais d’être libre d’exprimer ce que l’on ressent, solidarité utile et sans excès et sans sombrer dans le « syndrome du sauveur ». La solidarité ne fait pas forcément beaucoup de « bruit » quand elle s’exprime au quotidien, mais venez travailler au quotidien avec des individus dont c’est le taf, et dans le dur (médicaux, hôpitaux, samu social, etc…entre autres) et vous verrez que sans solidarité ( ne serait ce qu’entre collègues…), tout, absolument tout s’écroulerait ! Certainement pas des « soldats » à la botte de qui que ce soit, non, raisonnement crétin de chez crétin, mais des individus qui bossent et qui affrontent la misère tous les jours et qui de fait n’ont plus qu’une envie par les temps qui courent : changer de job ! par ce que venir en aide à autrui et se faire agresser de chez agresser, ce n’est un métier pour personne, et bonne nouvelle, les « masos » n’ont plus qu’un objectif : se faire la malle, et leur nombre va croissant et je les approuve. Dont acte.
    Des « vocations » peut-être ?

    Car s’il n’y a, de fait, « plus de moyens financiers », comme n’ont de cesse de le seriner les gouvernements successifs, tous bords confondus, les moyens humains ont leur limite et les « merci » itou, quand ce ne sont que les « méthodes » de gestion désastreuses et les chiffres qui gouvernent aussi !

    Pendant les guerres, effectivement, heureusement qu’il y a eu de la solidarité. D’ailleurs les « justes » qui ont protégé des Juifs, l’ont fait sans vacarme, et sans beugler avec suffisance et vanité à coups de selfie et de bordel narcissique sur les réseaux sociaux. Vous avez raison, parfois les épreuves douloureuses nous rappellent à notre « humanité », mais pas pour tous. Ainsi va la vie et ainsi vont les zâmes de « vieillards ». Faudrait-il vraiment qu’il y ait de nouveaux désastres pour faire jaillir le meilleur de tout un chacun ?

    « Les pompiers lancent un cri d’alarme après la mort d’un des leurs. Depuis le début de l’année 2018, ils sont victimes d’au moins deux agressions par jour. »
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/armee-et-securite/securite-les-pompiers-sont-de-plus-en-plus-agresses_2937089.html

  23. «  Les sciences de la vies doivent prendre en compte non seulement Adam Smith et ces successeurs, mais aussi bien Weber, Durkheim, Freud et consorts, Levi Strauss & co afin de dessiner une image un peu nette de notre espèce, surtout dans ses rigidités et ses instincts.»
    Il est vraiment dommage d’oublier René Girard. Sa théorie du désir mimétique est d’une grande rigueur anthropologique, elle rend parfaitement compte des principaux comportements individuels et collectifs.

    1. Allons ! Girard est du copié-collé de Robertson Smith + Frazer + Robert Graves + Jung + un petit bout de Hegel + un petit bout de Lacan. C’est de la mythologie comparée, à la façon 1890, reprise sur un mode sensationnaliste. Girard ne peut être pris au sérieux ni par les psychanalystes, ni par les anthropologues.

      Wikipedia dit de lui « anthropologue », or il est aussi « anthropologue » que je suis « économiste » 😀 .

      1. Wikipedia dit même « anthropologue et philosophe ». Il n’est en réalité ni l’un ni l’autre. Sa théorie est anthropologique au sens où elle est scientifique, c’est-à-dire à la fois réfutable et prédictive.
        L’avez-vous lu ?

      2. C’est du 3 rabattu sur du 2 !

        Le 3, c’est ceci : 1° le serviteur, 2° le maître, 3° le tiers impartial, rabattu sur le 2 que voici : 1° MOI, 2° l’autre que j’envie.

        Avec tout son préchi-précha catholique version cléricale « maintien de l’ordre », comment Girard a-t-il pu passer aussi lamentablement à côté de la Sainte-Trinité ? Le Père et le Fils qui s’envient et se jalousent (à deux) je suppose ? Non, non : dans le sermon sur la montagne – un exemple parmi d’autres – il y a le souffle du Saint-Esprit (le numéro 3 de l’aventure humaine) !

      3. Vous vous moquez et vous avez tort.
        « c’est du 3 rabattu sur du 2 ! » : résumé erroné, incompréhension totale.
        Et que vient faire la sainte trinité ici ?
        De quel prêchi-prêcha catholique version cléricale « maintien de l’ordre » parlez vous ? Où avez-vous trouvé ça ?
        Mais oui, en effet, René Girard était catholique, tare suprême !
        Étonnant retournement : vous niez à ses écrits toute validité car teintés de religion tout comme les hommes d’église naguère nièrent toute validité aux écrits de Galilée ou de Darwin, car s’écartant de la religion.

    2. je ne peux pas citer tout le monde, mais totalement d’accord avec vous. Enfin, je n’ai pas encore explore la Théologie de la Libération, mais il me semble qu’il y a des bases intéressantes. Si Rome veut bien considérer l’ensemble des aliénations, pas seulement la pauvreté, elle pourra peut être compter encore dans le futur.

  24. Bonjour les excréments bourgeois intellos dégueulés par ce gros fondement que matérialisent 2500 ans de verbiages aristotéliciens, nappés en fin de course d’une petite chiade pédante-rationaliste calvino financière.

    Félicitation pour le résultat, jeunes vieillards bien éduqués, éclairés et ouverts…. Post freudiens hin hin… cénacles universitaires, bons élèves… « fils à papa que j’admire », qui ont, comme on le leur a demandé : guidé cette barque jusqu’ici.

    Continuez pareil.

    On touche au but. 😉

    1. Vous avez raison : l’ennemi de gens comme vous, c’est principalement Aristote. Je ne suis pas sûr que vous deviez vous en prendre à Calvin : je le verrais plutôt de votre bord.

      P.S. Je viens de vérifier à partir de votre adresse mail si vous existez vraiment. Cela semble être le cas : aigri davantage que troll, et je continuerai donc de chercher à vous convaincre.

  25. bonjour Paul Jorion
    Imaginez que vous soyez une vieille femme ex epouse d’un metayer agricole qui vivait dans une maison mis a disposition par le proprietaire.
    Ce metayer est tombe malade et le travail de la vigne a ete fait par le gendre mais un proces a ete assigne pour qu’il quitte la maison. Il a ete reloge dans un logement communal (le presbytere) puis il est mort.
    Recemment ce logement communal a ete rehabilite pour y faire 4 logements. Pour y realiser les travaux l’ex epouse a ete « foutue dehors » sans relogement. Une benne a ete placee devant la maison pour y stocker vieux meubles, vieux appareils electro menagers, puis l’ex epouse a reintegre un logement neuf avec le confort avec un loyer toujours plus consequent puisque l’Insee donne l’indice des loyers de reference
    La vie des vieux tres pauvres peuvent etre le supplice des jeunes pauvres.
    A propos c’est quoi le Front de Gauche ?

    1. Vive les communes qui font des logements HLM par reconversion des presbytères branlants !
      C’est souvent ce qui a sauvé l’école maternelle et primaire du secteur ( voire le boulanger ) , ou de ramener au centre bourg des personnes âgées isolées .

      On a commencé à accompagner ça dans les années 80 , mais le stock de presbytères a vite décru .

      1. Pour le Front de gauche , c’est le contraire : c’est un logement collectif par addition qui est retourné à ces éléments de constructions plus ou moins solides . Les architectes s’étaient loupés sur le choix des fondations .

      2. @juannessy,
        C’est une histoire dans l’histoire. C’est le vecu d’une famille pauvre.
        Heureusement que le presbytere existait, sinon cette famille aurait vecue dehors comme des gueux. Que la commune ait voulu en faire 4 logements, c’est une autre histoire avec des loyers en augmentation. La commune est proprietaire et a le droit de faire ce qu’elle veut.
        Ce qui est pour moi d’une extreme importance est que le relogement n’a pas ete propose a cette famille

    2. Oualou! un feux d’artifice, ces 3. Encore, encore…
      C’est là qu’on voit que l’humour à froid est une forme de politesse.

      Ceci dit, vous n’avez pas répondu à la question « Quoi est le Front de Gauche? ». Cardinale, cette question, si.
      Un ‘hint’: les architectes n’ont pas pu louper les fondations du F.G., y’en avait pas. Et y’en a toujours pas, comme bâti sur du sable.
      Enfin l’assertion « un loyer toujours plus consequent puisque l’Insee donne l’indice des loyers de référence » est, à mon avis, une critique radicale de l’Insee. Alfred Sauvy doit se retourner dans sa tombe…

      1. l’INSE ne donne que des infos ( très bien foutues et honnêtes ) que sur le passé ancien ou récent .

        Il ne dicte en rien ce qu’il faut faire de l’information , et , en faire la « cause » de l’augmentation des loyers c’est confondre son corps et son ombre .

        Je vous laisse compléter pour l’information post mortem de Bernadette , s’agissant du FDG .

  26. @juannessy,
    le representant de la commune en terme de gestion est le Maire affilie selon ses dires Front de Gauche.
    Ce que je demande est que la commune ait une certaine reconnaussance de l’Etre et qu’elle reloge ses locataires.
    Quant a l’indice d’augmentation des loyers qui est calcule avec l’indice des prix ce n’est pas normal. Oui je suis d’accord sur un controle des prix comme l’avait preconise Paul Jorion.
    Bien cordialement et peut etre a bientot

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