Trends-Tendances – La vraie cause du populisme européen, le 29 novembre 2018

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N’est-il pas paradoxal, pour ne pas dire inquiétant, qu’à quatre mois du Brexit (le 29 mars 2019), tous les scénarios demeurent encore possibles ? Du divorce par consentement mutuel dans des termes apaisés, à la séparation brutale du Royaume-Uni et de l’Union européenne dans la zizanie et le chaos, en passant par un second référendum appelant les citoyens britanniques à se prononcer sur la même question qu’en octobre 2016, en ayant cependant cette fois une représentation plus claire – et quelque peu cauchemardesque – de ce qui se passerait en cas d’échec ou même de divorce réussi.

Plus inquiétant encore le fait que – selon les sondages – dans un grand nombre de pays membres de l’Union européenne, si les populations étaient consultées aujourd’hui par référendum, elles voteraient pour un -exit à leur façon : Italexit, Frexit, et ainsi de suite.

Il serait simpliste – et désormais irresponsable – d’évoquer un pont aux ânes : des populations insuffisamment éduquées pour comprendre la grandeur du projet européen ou, dans un semblant de mea culpa de la part des autorités, que leur effort d’explication est insuffisamment didactique quand ils expliquent à des sujets récalcitrants une aventure en réalité exaltante.

Allons plutôt droit au but : qu’est-ce qui, dans l’intégration européenne, fait si peur à une part significative des Européens ? La réponse n’est pas difficile à trouver puisqu’elle est inscrite partout  comme graffiti sur les murs, est affichée sur des pages Facebook ou est diffusée sous forme de tweets : c’est l’immigration, laquelle vient au premier rang des préoccupations des Européens et constitue leur principal motif de rejet de l’intégration européenne telle qu’elle se conçoit aujourd’hui. Et un rejet plus marqué encore d’une intégration plus poussée prônée par des Europhiles enthousiastes.

Bien sûr, les représentations du monde musulmane et chrétienne (ou l’empreinte persistante du christianisme là où les églises ont été désertées) ne font pas bon ménage, mais ce n’est pas de cela essentiellement qu’il s’agit quand il est question d’immigration au sein-même de l’Europe. L’immigration anxiogène, c’est, de manière générale, celle qui (réelle ou fantasmée) permet à de nouveaux concurrents prêts à se satisfaire de salaires de misère, de venir rivaliser avec les salariés locaux sur un marché de l’emploi déjà déprimé.

« It’s the economy, stupid ! », soulignait Bill Clinton en campagne : « c’est de l’économie qu’il s’agit, imbécile ! », et il faudrait dire ici, à propos du rejet de l’Union européenne dans certains nations : « C’est du marché de l’emploi qu’il s’agit, imbécile ! »

Si nos dirigeants veulent éloigner le spectre du populisme, de ses gilets jaunes et autres soulèvements spontanés de populations en colère que l’on appelait autrefois « jacqueries », il leur faut impérativement tenir compte désormais de ceci : le rejet de l’intégration européenne par de nombreux Européens résulte de l’incapacité des gouvernements à prendre à bras le corps la question du travail qui disparaît parce qu’il recule devant la montée de l’automation (dont l’Intelligence Artificielle ne constitue encore qu’une part infime, même si c’est la plus spectaculaire) et l’inquiétude qui grandit dans les populations devant la carence qu’elles constatent dans le traitement de cette question : par une réduction du temps de travail arrivant bien trop tard, plutôt que par une transition vers une dissociation du travail et des revenus devenue inéluctable.

Il ne s’agit plus d’ajouter une couche de « social », comme on passe une couche de vernis, à une Europe qui s’est satisfaite jusqu’à présent de mettre en place un marché satisfaisant les marchands, mais peu de monde à part eux précisément, car le contexte global est celui d’une véritable et tragique éradication des classes moyennes. Il ne s’agit pas de compléter par de l’assistanat visant les plus démunis, une Europe satisfaisant les souhaits des plus nantis, mais de mettre d’abord à plat et de résoudre ensuite la question du salariat en voie de disparition et pour cela mettre à l’ordre du jour pour de bon les questions de fond que sont la taxe-robot (proposition faite par moi en 2012 sous le nom de « taxe Sismondi »), le revenu universel de base et la gratuité pour l’indispensable.

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46 réflexions sur « Trends-Tendances – La vraie cause du populisme européen, le 29 novembre 2018 »

  1. Bonjour,
    Sans tomber dans le complotisme, ce que j’observe c’est que s’il y a dans nos différents pays de l’Union des causes internes au mécontentement, il y a trop de convergences qui se dessinent pour ne pas se poser la question de qui a intérêt à attiser ce mécontentement. L’Angleterre se suicide et se saigne un peu plus chaque jour. En Italie pour des raisons structurelles différentes deux partis l’un démagogique et l’autre ouvertement d’extrême droite viennent de mettre l’Italie à genou en 6 mois. En Allemagne pays plus résistant aux emportement latins , la GorKo est pour une bonne part paralysée et le BDI commence à ne plus avoir du tout confiance dans les Chinois…
    En Suède, la digue tient encore mais la majorité au Parlement et ric et rac. Au Danemark, le budget est voté avec le secours de l’extrême droite…. Et en France… les Gilets jaunes refusent le dialogue et la représentation.

    Qui pour moi est visé dans toute cette affaire ? C’est la survie de l’Union Européenne dont il est question, la survie de la première puissance économique avec sa qualité de vie, notamment sociale, des règles strictes pour la production et les échanges.

    J’ai le sentiment que du côté ultra conservateurs US l’Union Européenne soit devenu une ennemie parce qu’ils estiment qu’il ne sera plus possible de faire revenir la Chine (qui possède une grande partie de la dette US) à une situation plus favorable aux USA.
    Donc pour continuer à exister les USA n’ont d’autres intérêts que d’affaiblir un partenaire qui prend de plus en plus son indépendance stratégique et économique.
    Bannon s’est posé en Europe.
    Est-ce lui et ses sbires qui tirent les ficelles ?

    En tout cas il est de plus en plus évident qu’il y a des officines de communications et de manipulations derrière les GJ. Pour quelqu’un qui a fait du syndicalisme toute sa vie, il est évident que quelqu’un tire les ficelles et de façon abjecte et cynique puisque la méthode employée est la menace de mort. Leur but est essentiellement d’affaiblir Macron, le seul qui pouvait porter l’Union.

    1. Votre hypothèse va sans doute constituer la trame du récit politique gouvernemental pour les élections européennes.

      Mais la colère et l’indignation de gens qui ne demandent qu’à vivre décemment de leur travail sont si évidentes, si énormes, que l’on peut sincèrement douter que ce storytelling prenne.

      1. On crois souvent en ce qu’on espère. Et tu espères la révolution par cette émergence de colère Roberto. Mais il n’y a rien de bon à en attendre. Que des gens qui donneront libre cours à leur haine, pour aller couper des têtes.

      2. Outre le fait que tu ne peux pas être dans ma tête et décider pour moi ce que j’attends, la révolution porte un projet politique, ce qui n’est manifestement pas le cas des GJ.

      3. @roberto
        tu me rassures… Il est plus que temps de concevoir un programme en rupture complète avec le capitalisme financier et publicitaire. Faisons le tous ensemble dans Place Publique, pour donner une porte de sortie

        Il y a une très bonne chose qui ressort de ce « bordel ». C’est que les gens discutent, et de totales absurdités sont mises à jour. On fait en ce moment un très grand pas dans l’introspection de notre société, grâce au Gilets Jaunes.

      4. Bonjour Vincent,

        Je t’avoue que je vais attendre les propositions concrètes de Place publique afin de me faire une idée de ce qu’est réellement ce mouvement, avant d’éventuellement le soutenir.

        Pour le moment, seule leur déclaration d’intention est connue, elle est très bien, mais ce type de discours a déjà était tenu des milliers de fois par tout le spectre de la classe politique française, de gauche comme de droite. Je n’en veux pour preuve que le discours de Toulon tenu par Sarkozy au lendemain du krach de 2008 et qui colle parfaitement à la déclaration d’intention de Place publique. Et nous savons tous comment tout cela c’est terminé, par un tour de magie utilisant des câbles de pont à haubans pour conclure sur cette phrase aussi tragique que ridicule: « les paradis fiscaux, c’est terminé ».

        Pour continuer sur cet exemple précis, j’attends que l’équipe de Place publique nous précise que les paradis fiscaux n’étant pas une excroissance maligne du néolibéralisme mais un de ses principaux moteurs -absolument nécessaire en l’état au fonctionnement économique de tous les pays- elle nous explique comment elle compte s’y prendre pour les éradiquer ?

        Concrètement, puisque l’option d’un bombardement nucléaire sur le Delaware, la City ou Hong-Kong ne semble pas à l’ordre du jour, comment faire pour échapper aux mesures cosmétiques à vocation publicitaires et s’attaquer réellement au néolibéralisme, malgré l’opposition de toutes les puissances économiques de la planète ?

        En résumé, si j’apprécie les travaux de Thomas Porcher, j’attends de voir s’il n’est pas placé là en tête de gondole pour attirer le chaland au profit d’une énième tentative de résurrection du PS.

      5. @Roberto Boulant(7/12 à 10h20) écrit:
        … » En résumé, si j’apprécie les travaux de Thomas Porcher, j’attends de voir s’il n’est pas placé là en tête de gondole pour attirer le chaland au profit d’une énième tentative de résurrection du PS « .
        Je partage à 100%..et, dans cette hypothèse, j’espère surtout que « c’est à l’insu de son plein gré »…!
        Bien sûr on peut à la fois être aussi doué en économie que naïf en politique .

      6. Vincent, ça n’est pas parce que les solutions sont complexes et risquées dans leur mise en œuvre, que le problème ne peut pas être posé clairement :

        1 – Le néolibéralisme -la version génétiquement modifiée du capitalisme- va possiblement faire disparaitre l’Humanité.
        2 – Il est totalement impossible de le détruire dans le cadre de la « démocratie » « représentative ».
        3 – Nous n’avons plus que quelques années devant nous comme le montrent les travaux du Giec.

        J’attends donc que Place publique pose sans ambiguïté aucune le point 1 et nous dise très concrètement, quelles sont les solutions qu’elle propose pour le point 2.

        Le point 3 n’étant là que pour rappel, on ne négocie pas avec la Nature.

    2. « Macron, le seul qui pouvait porter l’union ». Il faut bien mal connaître l’UE pour affirmer cela. De plus, c’est une illusion hexagonale. Enfin, votre conclusion ne plaide pas pour votre syndicalisme : le syndicalisme de compromis a toujours dû avaler et avaliser les grèves « sauvages », mais il a rarement su les accompagner. Alors, avec le patronat et la police, il a cherché un manipulateur qui n’existait pas.

      1. Quand on sait qui a soutenu E Macron dans son projet présidentiel, je dirais plutôt qu’ils ont cherché un manipulateur qui se berçait des illusions qui leur convenaient, à ces soutiens…

    3. Je ne vous crois pas du tout, c’est la pauvreté qui tire les ficelles, et Macron comme seul porteur de l’union ?
      de l’union Austère à la monnaie unique certes peut-être, mais ce n’est pas celle que l’on veut, nous voulons une Europe social a monnaie commune, ce n’est pas la même chose.
      Joli argumentation mais la fin m’a laissé perplexe. Évidemment qu’il y a un discours angoissant sur la société mais je vous assure que l’angoisse arrive d’autant plus que nous sommes lucide.
      Quant à l’extrême droite, avec l’immigration qui il y a eu ces dernières années en France en Allemagne et ailleurs, elle n’a plus aucune chance de faire ses preuves.

    1. Mais sauvera-ton l’union si l’on qualifie de populisme toute tentative de contestation des pouvoirs en place ?

      Faut-il attendre que des élites éclairées dans leur infinie sagesse finissent par se rendent compte que nous allons vers l’abîme ?
      Certes, les élites intellectuelles, politiques éclairées, cela peut exister, elles ont un rôle à jouer, mais sans un puissant soutien populaire quel est leur poids ?

      Pour ma part je me refuse à considérer les GJ comme une simple jacquerie. Aux débuts du mouvement c’était le cas, cela ne l’est plus. Je ne reviens pas sur l’argumentaire, j’ai déjà longuement écrit à ce sujet sur le blog. D’autres que moi également on argumenté.

      1. Si Pierre-Yves, ces manifestations ont tout d’une « jacquerie ». Et même une jacquerie « en bordel », dont il n’y a rien à attendre, malgré ce que vient de lâcher le gouvernement, sinon une autre jacquerie, encore pire dans 2 ans. L’incompréhension reste totale, ils ne réclament que des revenus supplémentaires, ils n’ont en rien compris que c’était la disparition du travail, qui était la source de tous leurs problèmes.

        Une jacquerie qui aura cependant eue un point positif : notre président va peut-être cesser de faire l’arrogant, avec son « costar qu’il s’est payé », sa « rue à traverser pour trouver du boulot », etc.

        En s’endormant ces jours-ci, il a peut-être sursauté d’horreur, en se voyant soudain en rêve, allongé sur la « bascule à charlot » …Alors il aura moins souvent envie de faire le « kéké » avec les chômeurs c’est sûr…

        Vincent Rey
        findutravail.net

    2. Elle est déjà foutue sur ses bases actuelles.

      Ne reste plus qu’à être les premiers à rompre, tout en se clamant européen, en espérant que d’autres nous rejoignent, très vite. Les allemands par exemple, s’ils veulent faire oublier qu’ils ont été nazis…

  2. Ce n’est pas ce que j’entends sur les routes ou dans les rues. Mis à part ça peut-être pour une petite partie (20% des manifestant ?), ou le sentiment de xénophobie s’exprime.
    Mais le sentiment qui prédomine l’ensemble, c’est l’injustice, et surtout de ne pas pouvoir se faire entendre. Avec l’impression d’être confronté à une caste dirigeante élitiste, déconnecté des réalités des populations qu’elles dirigent. Ou les octroyements d’émolument dépasse plus de 100 fois le SMIC, et bénéficie en plus d’augmentation de plus de 20%. Alors que dans un même temps on dit aux populations qu’il n’y a plus d’argent, et qu’il faut se serrer la ceinture. Avec en plus des dégradations catastrophiques des services publics dans leurs ensembles.
    Et pour l’union européenne c’est encore pire, car cette institution bureaucratique (ou les élus font majoritairement figuration) dirigé seulement par les lobbys, concentre à son siens la cristallisation de tous les espoirs perdus. D’où le sentiment de ne pas avoir un bouclier, mais des chaines qui entravent. Politiques d’austérité, objectif fallacieux d’être exportateur net, système de règle cliquet, et surtout une zone intra européenne en guerre économique d’une violence inouïe…
    Donc il est facile de pointé du doigt l’ignorance ou la xénophobie pour justifier l’éloignement des populations de ce modèle chimérique. L’Europe est rejeté car les classes dirigeantes en ont fait une Europe qui correspond à leurs visions du monde, et non celle de leurs peuples. Point de vue inconciliable qui s’exprime par le rejet massif. Pire l’impossibilité aux pays de mené des politiques autre que celle imposé par les directives, pousse les populations a s’extrémisé. Effectivement quand on alterne des partis classiques pour avoir systématiquement la continuité des mêmes politiques, alors la population se radicalise. Et la seule alternative qui deviens crédible (bêtise on est d’accord), ce sont les parties qui s’autoproclame anti systèmes.
    Finalement le sentiment que j’ai, est que les politiques économiques (territorial, européenne, mondiale) et leurs « science » son devenue un poison pour les populations qui tente de les rejetés avec les moyens à leurs dispositions. Ce qui donne cette tendance en –exit qui suscite tant d émoie.

    1. Donc il est facile de pointé du doigt l’ignorance ou la xénophobie pour justifier l’éloignement des populations de ce modèle chimérique

      Il ne s’agit pas de justifier, mais d’expliquer que la xénophobie et les idées haineuses fleurissent généralement sur l’indigence…les gilets jaunes ne sont pas responsables de leurs situation, mais il m’est personnellement impossible de soutenir que ceux qui ont quitté toute humanité, comme ce crétin qui a écrasé une bouteille sur la tête de ce pauvre gars au Havre.

      https://twitter.com/LouvetSimon/status/1064617314610544641

      Il me semble que ces derniers temps, les choses s’améliorent un peu. A Blois en tout cas, sur le rond-point de la patte d’oie, je n’ai pas vu la moindre trace de xénophobie, j’ai vu des gens navrés, révoltés par ce pouvoir « hors sol », qui cherchaient du soutien, et bien décidés à aller jusqu’au bout.

      Où tout cela s’arrêtera-t-il ?…

      https://twitter.com/VincentRey41/status/1069297199354454016

      Vincent Rey
      findutravail.net

  3. Bonjour le blog,
    C’est inquiétant ce qu’on est entrain de vivre…..Est ce qu’en mai 2019 avec un score sans appel des Nationalistes au Parlement Européen, on assistera à la fin de l’UE? Je ne sais pas mais j’ai des craintes….
    Et puis après, c’est quoi la suite de l’histoire….Plus d’Euro! Il faut rappeler les chiffres du chômage dans les années 90 avec le bon Franc….On était déjà à la ramasse…..La France a des problémes internes qui sont là depuis longtemps….L’Europe a bon dos….
    Je suis écœuré face à toute cette mauvaise foi. On risque de tuer le seul projet politique au niveau mondial qui voulait créer une nation sans guerre ce qui ne c’est jamais vu! Et bien on va échouer face à des populistes, des nostalgiques ou des marchands du temple qui pensent qu’a leur putain de fric….Alors je dis pas que l’Europe actuelle est bien mais c’est la réformer qu’il faut faire pas la détruire! C’est à l’échelle de l’Europe que la Chine ou les USA nous écouterons sinon on se fera tous bouffer les uns après les autres!
    Mais ce qui me navre le plus dans cette période des GJ c’est le fond de l’idéologie.
    Les gens veulent plus de capital. Ils veulent se retrouver à la place du nanti….C’est de la pure lutte des classes.
    Moi qui suis profondément anti capitaliste par rapport aux valeurs qu’il représente, je suis déçu par la nature humaine. Au contraire, les gens, il l’aime ce capitalisme, ils finissent par se battre entre eux pour en avoir la jouissance. C’est çà, l’être humain? Un morceau de viande qui se bat pour du fric! Il serait peut être temps qu’on évolue! Que l’on passe à d’autres modèles.
    Oui à la gratuité, au revenu universel enfin qu’importe l’idée! Tout ce qui permettra de sortir de cette aliénation collective du tout mesurable, du tout chiffrable, du tout capital. Putain mais on vaut mieux que çà! Il nous faut des idées nouvelles, de nouvelles valeurs! Mais où sont les Lumières de ce siècle? Les nouvelles utopies! Allô, y a quelqu’un! Bon d’accord, j’exagère 😉 On a Paul et quelques autres mais pourquoi leurs idées n’arrivent pas à être audible?
    Sinon le dernier éteint la lumière et franchement on l’aura mérité!

    1. Eh bien peut-être faudrait-il profiter du kairos des GJ pour insuffler un peu d’anticapitalisme à l’Europe , surtout celle de l’Euro . Il me semble que finalement les marchands du temple ont plus de pouvoir que les soutiens des populismes et que peut-être même ils les ont un peu provoqués ces populismes . Un peu de déterminisme que diable .

    2. Faut pas vous laisser abattre Pierre. 😉

      Les élections européennes vont être un carnage si nous ne réagissons pas : maintenant.
      Cela a été peu commenté, mais finalement dans le mouvement des GJ il est peu question d’Europe, on peut le regretter, mais c’est en même temps un signe positif, car la cible c’est d’abord une mauvaise politique, pas la remise en question des institutions européennes. Mais effectivement les électeurs pourront être tentés de retourner leur colère contre ces institutions si au niveau national les aspirations, les souffrances des gens ne sont pas prises au sérieux et qu’une politique écologique et sociale cohérente n’est pas mise en oeuvre rapidement.

      Entièrement d’accord avec vous Pierre, il faut des idées nouvelles, et nous en connaissons d’excellentes sur ce blog et nous les devons à notre hôte, mais nous ne pouvons pas décréter qu’elles s’imposent par la seule force de l’évidence, ce n’est pas ainsi que les idées nouvelles sont appliquées, il faut encore un contexte politique favorable. Dans le contexte actuel le climat n’est pas entièrement favorable, les vieilles conceptions demeurent encore, mais à la faveur d’un puissant mouvement social des lignes bougent forcément. Et de cela nous devons tenir compte.

      Nous devons déjà aux GJ la confirmation en actes de l’énoncé de Hulot selon lequel l’écologie doit s’accompagner du social. Ce qui il y a encore quelques semaines faisait figure de dogme, l’idée selon laquelle l’écologie incitative via les taxes suffisait pour mener la transition énergétique a été démentie sur le terrain. Peut-être de manière définitive.
      Le gouvernement n’a plus d’autre choix que changer sa politique fiscale d’une part, et de trouver des solutions en amont pour l’écologie. En cessant d’abord de considérer les industries et les banques comme des partenaires, des lobbys qu’il est bon d’inviter à l’Elysée et Matignon. L’Etat doit redevenir l’Etat souverain qui consulte, réfléchit et impose ses directives en toute indépendance. Dans le cas contraire il aggravera la fracture sociale et nous courrons de grands périls, auxquels s’associeront, renforceront les effets de seuil écologique, climatique dont nous ne connaissons pas avec exactitude les échéances.

      Le gouvernement doit même prendre le risque de remettre en cause les cliquets qui empêchent qu’au niveau national soit menée une véritable politique de service publique. Il n’est pas normal que le prix de l’électricité puisse être décidé par une directive de libre concurrence décidée au niveau européen. Le piège va se refermer sur le gouvernement et la démocratie si un peu de lucidité et de hauteur de vue ne sont pas au rendez-vous.
      BIen entendu il faudra beaucoup de courage.

      A court terme ce qu’il faut faire, s’il en est encore temps, c’est de convaincre le président qu’il doit absolument changer de cap. La classe politique, les syndicats doivent l’inciter à entamer rapidement des négociations avec les corps intermédiaire et au delà les associations, des organisations citoyennes. C’est la seule manière de sortir de l’impasse, car en effet il y a péril.

      En mai 68 de Gaulle et son gouvernement n’avaient pas attendu le moi sde septembre pour convier les partenaires sociaux à la négociation. Ils les avaient convoqués en plein moi de mai.
      2018 n’est pas 1968, bien des choses distinguent ces deux dates, à l’époque la croissance par exemple avait encore un avenir, ce qui n’est plus le cas, raison de plus pour ne pas perdre de temps et agir, vite et bien.

      Je sais, c’est presque mission impossible, mais, c’est le défi qu’il nous faut relever.

    3. « On risque de tuer le seul projet politique au niveau mondial qui voulait créer une nation sans guerre ce qui ne c’est jamais vu! »

      Le projet européen serait selon vous de créer une nation ? Je me demande bien quels éléments vous pouvez fournir pour étayer cette affirmation?
      Mise en place d’une langue commune : non
      Mise en place d’un impôt commun : non
      Mise en place d’une éducation commune : allez on vous accordera erasmus ou ce qu’il en reste
      Solidarité financière des différente région : non
      Monnaie commune : sur un tout petit groupe pays et il faut voir comment…
      Bref, pour avoir une nation encore faut il que les différents membres fassent société, rien de ce côté la si ce n’est défaire les sociétés déjà constituées. Surement compte t on sur la destruction créatrice chère à nous amis libéraux…
      Quand à l’absence de guerre elle est toute relative quand il y a a peine 20 ans on avait encore la bosnie au beau milieu de la zone géographique censée être le nouveau territoire national…
      Ce qui nous protège de la guerre ce n’est pas l’europe c’est deux pays possédant la bombe atomique, du moins pour l’instant…

      PS : Qui plus est il ne reste plus grand monde des initiateurs du projet pour aller vérifier quelles étaient leurs intentions réelles. Si les gens sont autant attachés à l’europe c’est parce qu’une bonne partie n’a même plus idée de ce que c’était sans, en particulier dans la jeunesse. L’attachement à l’europe a plus à voir avec la peur de l’inconnu qu’avec un quelconque sentiment national européen. Et avec la même frénésie qu’une sardine on nage comme des fous pour rester bien à l’intérieur du banc…

  4. L’union européenne est sourde à toutes justices fiscales.
    Comment peut-elle garder sa légitimité ?
    Taxe GAFA et TTF européenne renvoyé aux calendes Grecques.
    Cornélien: « Pour Pierre Moscovici, une des solutions pourrait être de passer au vote à une majorité qualifiée. « Je tiens à mettre le pied dans la porte de l’unanimité. Il y a des sujets sur lesquels l’unanimité n’est pas souhaitable, pas défendable », a-t-il expliqué. Mais un tel changement devrait être voté à l’unanimité des États membres, ce qui rend son adoption aussi incertaine que les réformes fiscales qui divisent aujourd’hui les États membres. »

  5. D’abord, si l’UE s’écroule, c’est la responsabilité du néolibéralisme et des dirigeants (économiques, politiques) allemands qui ont appauvri leurs travailleurs pour prendre le pouvoir et appauvrir les autres pays. Il faudrait sortir de l’austérité et ce n’est pas possible avec cette Europe-là.
    Mais ce n’est pas le sujet. Les émigrations (premier sujet de Paul) ont toujours fait peur et créé du rejet, elles ont toujours été spontanées puis encadrées par des recruteurs et des gouvernements qui y avaient intérêt (depuis le XIXe en tous cas). (Est-ce l’explication du Brexit ? J’en doute).
    Il faut (2e sujet de Paul, mais pour moi ce n’est pas une réponse au premier) un Big Bang économique et social. Et fiscal. Et cela dans une transition urgente, qui impose des restrictions partagées. Le virage est difficile. Mais le silence des politiques est assourdissant. Alors que des populations mobilisées sont aussi des gens à l’écoute.

  6. Bien que je sois d’accord avec la quasi intégrabilité de votre analyse.

    Vous parlez « …assistanat… » M. Jorion (sans la précaution de guillemets que ne mettent pas la droite extrême , l’extrême droite, jusqu’à la macronie) pour parler de celles et ceux des cas de NON RECOURS, « fin de droit » (et discriminé.e.s à l’embauche, dans les brutalités de contrôles aux faciès… jusque dans des violences policières, politiques, contre des manifestations refusant l’austérité, et soutenant les zadistes, brutalités contre des manifestations refusant les « réformes structurelles » et leurs 49.3, ordonnances, la casse de « l’Etat providence », des protections sociales – petites retraites, handicap, etc – droits, et en lutte contre le refus d’accueil des réfugié.e.s… contre les lois d’exceptions, « l’Etat d’urgence permanent »… quand des pertes d’emplois, dissolutions de vies familiales induites par ces manifestations, et brutalités, constitution de fichiers… surviennent…)… à qui aucunes redistributions des richesses et partages soucieux de justice sociale (incluant donc autant le partage de droits, protections sociales, que d’accès aux services publics, etc) ne bénéficient…?

    Pourquoi ne pas y opposer l’assistanat sans contreparties des propriétaires privés d’actions, d’entreprises, de titrisations socialisées malgré des dettes privées pourries, pertes casinos (De Subprimes, à Dexia, etc) « l’immorale optimisation » l’impunité des fraudes fiscales patronales… les baisses d’impôts et « charges », « externalités négatives »… ayant explosé les dettes publiques, et déficits publics, pour souligner le contraste « d’inégalités de destin, de racine »…?

  7. La question de la disparition du travail n’est autre que celle de sa rétribution, si le travail était mieux payé il n’y aurait aucun problème à le partager plus. cqfd 😉

    1. Eh non Dup !

      Disparu c’est disparu ! On est dans la confusion la plus totale, les uns estiment que c’est le gouvernement qui est en faute, les autres estiment que ce sont les gens qui ne veulent plus travailler, et les troisièmes (Pascal Canfin ces jours-ci, à la tv) expliquent la crise des Gilets Jaunes par une croissance infinie, qui serait impossible dans un monde fini ! (décidément il ne comprends vraiment rien Canfin !)

      Tout le monde se trompe. C’est Paul Jorion qui a raison. Depuis 40 ans, le cycle est le suivant, en France, avec quelques variantes à l’étranger. Le travail disparaît, en même temps que des gains de productivité infinis se produisent, grâce aux ordinateurs.

      Voila les ordres de grandeur auxquels les citoyens sont confrontés : 1 ouvrier de 1949 faisait en moyenne 2 voitures par an. Aux dernières nouvelle, 1 ouvrier de 2014 pouvait en faire jusqu’à 83 !. Les même gains ont lieu dans toute l’industrie, qui représentait 30% de notre PIB.

      Pas étonnant que les Etats, qui ont tout de même des comptes à rendre à la population, soient de plus en plus endettés ! Surtout quand de surcroît survient une crise comme en 2008 ! Or les Etats interviennent, par diverses aides, ou subventions, mais le travail continue à disparaître, c’est une bouteille percée tandis qu’ils ont toujours les mêmes charges à assumer : écoles, armées, hopitaux. …. et ils ont beau faire des cadeaux royaux (20 milliards de CICE, 5 milliards d’ISF), tenter de récupérer de l’investissement par tous les moyens, l’emploi ne repart pas, tandis que les investissements eux repartent à la hausse.

      On en arrive au point (en ce moment), où c’est l’ETAT (donc les impôts et taxes) qui subventionne la croissance et l’emploi, tandis que la croissance générée lorsqu’il y en a une, est captée en quasi-totalité par les investisseurs.

      C’est une situation de chantage de l’économique sur les états, que les hommes politiques ne veulent pas avouer, trop occupés à faire croire, comme le Président Macron, qu’ils sont costaud comme Popeye, et qu’ils vont régler tout ça en deux coup de cuillère à pot.

      Il faut maintenant envisager que l’emploi se réduira irrémédiablement, et que l’Investissement faute de trouver de nouveaux marchés, se dévoue principalement à la destruction des emplois, ce qui à mon avis, se voit comme le nez au milieu de la figure depuis déjà un certain temps. (quand il ne pille pas tout simplement la valeur ajoutée, par une spéculation sans limite). Bon c’est sûr, quand on est un économiste orthodoxe de la « religion féroce », et qu’on a répété comme un perroquet pendant 30 ou 40 ans que « seule la croissance crée l’emploi », ou que « sans investissement, il n’y a pas de croissance »…c’est plus difficile d’admettre qu’on s’est planté à ce point là.

      Par ailleurs, « la croissance infinie dans un monde fini » de M Canfin n’a rien à voir là dedans. Il y a bien un problème écologique, mais comment penser que le changement climatique a pu avoir un effet sur le chômage ? Il ne faut pas raconter n’importe quoi !

      C’est ça qu’il faut expliquer aux Gilets Jaunes. Au lieu de tout casser, qu’ils s’organisent avec nous, avec le parti « Place Publique », pour enfin CESSER DE SOUTENIR LE MARCHE, RECUPERER TOUTES LES BILLES DE L’ETAT, et avec tous ces milliards, faire autre chose, plutôt que d’aller guillotiner E Macron, ce qui n’apportera strictement rien.

      Vincent Rey
      findutravail.net

  8. Ce matin Laurent Berger sur France Inter appelait les parties à la responsabilité, le gouvernement à céder sur le terrain social, à prendre en compte la transition écologique et au risque de faire basculer le pays à l’extrême droite.
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-05-decembre-2018
    Cohérent avec sa ligne depuis le début et avec la situation.
    le risque de bascule à l’extreme droite en cas d’effondrement institutionnel est accrédité par
    1) les sondages d’opinion
    2) les menaces de morts et harcèlement sur ceux qui veulent discuter autour des gilets jaunes.
    3) ultra violence sur les samedis précédents

    sur les sondages
    « À la présidentielle 2017, pour qui ont voté les «gilets jaunes»? Très clairement, ce sont d’abord et avant tout des électeurs et électrices de Marine Le Pen (à 42%). Les personnes ayant choisi d’autres candidats au premier tour sont bien plus frileuses: celles qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon se revendiquent à 20% «gilets jaunes», pour François Fillon à 16%, et pour Benoît Hamon et Emmanuel Macron, à 9% et 5% respectivement. »
    http://www.slate.fr/story/170766/qui-sont-gilets-jaunes-et-soutiens-portrait-robot-categories-socio-professionnelles

    Je précise que l’echec politique et symbolique d’Emmanuel Macron est avéré.
    Il sera désormais soit un homme d’état responsable s’il change 180° ou un zombie qui fera basculer le pays à l’extrême droite.

    J’ajoute que l’impossibilité à caractériser les gilets jaunes pour les motifs cités plus haut, malgré une composante importante de personnes pauvres, exclues et fragiles socialement , facilitera une porosité rouge -brun dans la dynamique de crise. Emmanuel Todd ne dit pas autre chose.

  9. Sur la faillite dont les élites sont les vraies responsables relire « conversations entre adultes » de Yanis VAROUFAKIS. Le peuple français refuse de subir le sort des grecs et c’est bien normal… Ca tombe sur MACRON, mais ce n’est que le continuateur d’une idéologie totalement aveugle et incapable de se réformer… n’oublions pas que l’austérité allemande n’a pu sembler réussir que parce que les autre nations ne faisaient pas la même politique en même temps. Quant à la crise écologique qui est le défi majeur (je crains que la cause ne soit déjà perdue), qui s’en soucie réellement?

  10. Lorsque l’on va sur les sorties d’autoroute parler avec les GJ, l’on constate :
    deux catégories de personnes : des FN et des Gauchistes de différentes chapelles. La convergence des luttes sur les revendications FN.
    Toutes les personnes égrainent la même liste et lorsque l’on parle individuellement les catégories sociologiques sont très différentes.
    En fait au delà de raconter ce qu’ils veulent, ils n’ont aucune capacité à argumenter ni à comprendre pourquoi ça se passe pour eux de cette façon.
    Ce que j’ai constaté c’est d’abord une responsabilité des médias, depuis des années. le catalogue est celui qui tourne en boucle.
    Ce n’est pas vrai qu’il n’y a pas de solutions apportées à tous les niveaux mais l’information n’arrive pas jusqu’à eux, alors que ce qui est fait est important : Economie, Gouvernement, Branche, Entreprise…..
    Est-ce normal qu’une personne qui est sortie de l’enseignement secondaire sans rien puisse prétendre à la rémunération d’une personne qui a fait un Master ? Dans beaucoup d’entreprises moyennes et petites la différence tourne autour de 8 à 900€

    La caractéristique aussi des FN, à les écouter, c’est une absence totale de culture de solidarité : tout pour ma gueule… Qui paie ??? répond pas..

    Enfin Emmanuel MACRON. ce que les gens disent : « il nous a vendu du vent… » En fait beaucoup ont voté Macron mais sans comprendre ce qu’il proposait. C’était pour le voisin… Pour eux, ils disent c’est un banquier, il a de l’argent, il n’avait pas besoin de nous en prendre.

    Les profs qui s’expriment sur ce blog n’ont pas de quoi être fier de ce que leur profession à obtenu comme résultat. Le niveau est à 3, 4, guerre plus. Pour ma part, au contact des salariés depuis des dizaines d’années, le paquet de revendication qui est autour des rond-points c’est le même qu’il y a 5, 10 15, 20 ans. Ces gens n’ont jamais voulu ni se syndiquer, ni se bouger dans l’entreprise et ils vivent le retour en formation comme une humiliation.

    1. D’un coté vous reprochez au GJ leur supposé manque de solidarité, et de l’autre vous justifiez des écarts de salaire, donc un partage inégal de la richesse produite par la collectivité. Cela manque de cohérence.
      De deux choses l’une : ou bien il existe une société avec ses gagnants et ses loosers, ceux qui méritent de gagner un bon salaire et les autres, et dans ce cas la solidarité n’existe pas, ou bien la société, à la base, est fondée sur un principe de solidarité et dans ce cas la question du niveau de rémunération ne devrait plus être un problème, puisque chacun est co-producteur de la richesse produite, non calculable en termes de PIB, mais en terme de bien être commun. Il ne peut pas y avoir les « deux en même temps » comme l’a prétendu le macronisme.

    2. En fait au delà de raconter ce qu’ils veulent, ils n’ont aucune capacité à argumenter ni à comprendre pourquoi ça se passe pour eux de cette façon.

      Pour moi tout le problème est là : leur sentiment d’impuissance est total. Ils ne réalisent qu’à demi, qu’ils ont une coalition d’intérêt contre eux, qui est à peu près indifférente à leur sort.

  11. Petite histoire contemporaine du travail et du capitalisme.
    Préambule : pas de croissance (des richesses reconnues comme tel par nos sociétés), pas d’intérêt, pas de capitalisme. À quoi bon prêter si la somme remboursée ne dépend pas du temps (le temps c’est de l’argent grâce aux intérêts : flèche du temps intérêt).
    Tout a commencé par la conversion des hommes(mâle) du travail de la terre vers la production de marchandises.
    Puis, la conversion de tous les objets connue en marchandise.
    Puis, la création de nouvelles marchandises périssables, de la publicité et des consommateurs.
    Puis, les femmes se sont mise à travailler.
    Puis, le marketing ciblé sur la progéniture et les animaux domestiques.
    Puis, le crédit.
    Puis, la baisse de la natalité, du pouvoir d’achat, l’uberisation, l’endettement, la vente par les états de leurs bijoux de famille…
    Tout au long de cette petite histoire, les nantis se sont assuré d’être propriétaire des innovations technologiques et de ponctionner tous les flux financiers.
    Puis, cette course frénétique a fini par buter contre les gilets jaunes dépouillés et sans avenir. Ces derniers sont passé de l’anonymat à la résistance active, poussé par des sentiments très proches des migrants africains qui tentent de la traverser de la Méditerranée au risque de leur vie.

    1. La croissance occidentale :
      Du principe vital en milieu hostile a la forme virtuelle, hors-sol.
      – Catholique, sanctuarisation du corps. Tu proliféras, pour répandre la bonne parole. Générosité sans limite.
      – Protestant, sanctuarisation du travail. Tu accumuleras, vecteur du progrès social. Pour nous les bourgeois.
      – Financière, sanctuarisation de l’intérêt. Tu amasseras, pour donner du sens à l’absurdité de ton existence. Pour moi seulement.

  12. On aurait pu faire le titre , avec la même analyse pertinente de fond , sur le populisme mondial , mais le limiter au populisme européen laisse penser ( pertinemment là aussi ) que si on veut réellement être efficace et pas trop ralenti , c’est à ce deuxième niveau que les meilleurs outils pourraient être disponibles le plus rapidement.

    Faire du travail , et de ce qu’il représente , la clé de la structuration sociale qui puisse conditionner l’ascenseur du même qualificatif est sans doute le bon diagnostic , et il me semble l’avoir repéré comme tel , dans un lien donné par un autre commentateur dans un billet récent que je ne sais pas retrouver .

    De mémoire , je rappelais la quadruple fonction du travail , dont je ne suis par contre pas assuré , ainsi que vous semblez le réduire dans votre texte, que l’évolution des aspects financiers que vous rappelez ( Sismondi , revenu universel , gratuités pour l’indispensable ) :

    – sens de l’équipe , formation sociale permanente , relationnel

    – créativité , espace d’invention

    – assurance de la « matérielle » ( salaires directs et cotisations sociales , retraites ) , être en phase avec les outils et process d’actualité ,formation technique permanente ,

    – capacité à offrir des ressources pour « aller au delà » et prendre de nouveaux paris

    Il me semble que la mise à plat du « travail » disparaissant et « évoluant » , ne se limite donc pas , même et surtout si l’on parle de sa vocation « sociale  » , à un tableau excell des « revenus » , du « carbure » ( !!!) , actuellement apportés par le travail , mais que , si l’on veut favoriser réellement la « transition » de la perte de travail « ancienne manière » , il faut aussi apporter des réponses de substitution à toutes les autres fonctions  » sociales » actuellement assumées par le travail ( mais heureusement pas seulement , remarque faite que pour la grande majorité de ceux qui attaquent la vie avec le moins d’armes et d’héritages , c’est malgré tout , en principe avec l’éducation nationale , le meilleur sinon le seul levier ).

    Mais tout ça , c’est une horloge d’intellos , et je crains fort que l’explosion des batteries ne laisse pas aux horloges l’occasion de se synchroniser , soit qu’elle les fassent exploser , soit quelle leur fasse donner une heure insensée à la guise du premier Duce venu .

  13. NB : ici parce que dernier fil, c’est au sujet de place publique (récent mort-né de la disuption politique -que voulez-vous c’est ainsi, l’époque domine les consciences dans ces effectuation-là, celle que nos « anciens » nommaient l’histoire –> qui oserait sans délclencher rires, goudrons plumes et quolibets évoquer la « startup nation » de naguère?).

    Juste pour corroborer une perception : avez vous eu l’occasion d’observer et les question et les mimiques de Léa Salamé -copine de l’autre, de PP- dans les émissions qu’elle co-animait; un « langage corporel » sans équivoque non? Oui je sais, elle c’est elle, lui c’est lui (et il y a les deux autres…, mais khanmême!)

    NB : j’ai pas aimé non plus l’index de Ruffin, est un peu trop chaud là le gars, trop de rond-point dans la tête ce soir là.

  14. Il ne s’agit pas de compléter par de l’assistanat visant les plus démunis, une Europe satisfaisant les souhaits des plus nantis, mais de mettre d’abord à plat et de résoudre ensuite la question du salariat en voie de disparition

    Exactement ! Bravo M Jorion !

    Construisons la première offre politique intégrant comme une donnée, la disparition du travail, avec ce nouveau parti Place Publique

    Vincent Rey
    findutravail.net

  15. La gratuité des transports en commun est prévue au Grand-Duché de Luxembourg. C’est vital….pour l’économie du pays…si ce n’était pas le cas, on n’en parlerait sans doute pas encore, mais c’est un bon début. Cette mesure
    d’ailleurs est accompagnée d’une collaboration de la Belgique qui construit une troisième voie destinée au covoiturage pour les navetteurs…Alors, petite réflexion quand même: Pour que l’eau soit gratuite ne faudra-t-il pas avant, un élément déclencheur incontournable telle qu’une pénurie (organisée ou pas??)? Pour que la nourriture soit gratuite, ne faudra t-il pas avant, connaître la famine ou du moins des restrictions conséquentes (organisées par l’autorité ou pas)? Pour que….

  16. Bonsoir,

    A Buenos Aires, Macron a été accueilli par un gilet jaune à sa sortie d’avion
    https://www.sudouest.fr/2018/11/29/video-a-buenos-aires-emmanuel-macron-tombe-sur-un-gilet-jaune-en-sortant-de-l-avion-5610674-4776.php

    Le mouvement gagne de l’ampleur en Europe
    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/belgique-allemagne-serbie-les-gilets-jaunes-francais-font-des-emules-a-l-etranger_3085781.html

    Septembre 2016 : Bernard Thibault persiste et signe : « la troisième guerre mondiale sera sociale »
    https://www.youtube.com/watch?v=Og9OQwQA050
    http://www.rosa-lux.fr/bernard-thibault-la-troisieme-guerre-mondiale-est-sociale/
    Si d’autres mouvements apparaissent dans d’autres pays, il se pourrait bien que Bernard Thibault ait raison.

    Que se passe t-il lors de la fermeture d’une usine ?
    – Lorsque les premiers licenciements ont eu lieu dans l’usine de machines-outils où je travaillais (1992), j’ai voté Front National ! Une seconde partie des licenciements a eu lieu sous Sarkozy. Sarkozy est venu faire un discours
    dans le village, il n’a pas adressé une parole aux licenciés !
    J’ai obtenu 2 contrats aidés (ça portait un autre nom à l’époque) dans l’hôpital de ma ville, service oncologie. Tout le monde était content de moi, on m’avait même donné la clef du service car j’arrivais la 1ère. Dernier jour de travail « on voudrait bien vous garder mais on n’a pas le droit ! »
    Il a fallu poursuivre l’entreprise allemande qui avait pris l’usine en mains pour détournement d’argent…. L’usine appartient maintenant à un turc.
    – Ma nièce, au chômage, s’est vu enlever la garde de ses 2 filles car elle n’arrivait pas à trouver un logement convenable. Elle a voté Front National. Pour les dernières élections, je ne sais pas.

    Je me suis abstenue de voter pour Sarkozy et je ne l’ai pas regretté.
    Idem pour Hollande, idem pour Macron !

    Dans un autre billet de ce blog, sur les gilets jaunes, quelqu’un a fait mention de mafia en fin de commentaire.

    « À 18 ans, il quitte le foyer familial et reste deux ans à Marseille, où il gagne de l’argent notamment en jouant au poker3. Il se lie avec Christian Oraison, un caïd des Alpes-de-Haute-Provence de la Dream Team abattu de plusieurs balles en 2008 ; il déclare à ce sujet : « C’était mon grand frère, mon protecteur. Il m’appelait l’étudiant »4.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Castaner

    Ainsi donc même après avoir été lié à un truand, on peut se retrouver au sommet de l’Etat ? Casier judiciaire vierge ?
    Il serait bien de lire toutes les fiches Wiki des membres du gouvernement, et pourquoi pas de celles et ceux qui les ont précédés.
    Merci à Emmanuel Todd pour cette information :
    Gilets jaunes  » Personne ne veut voir que l’euro lance les gens les uns contre les autres  » Todd
    https://www.youtube.com/watch?v=l235OMkvzZI

    1. Chantal au moins vous savez que vous n’êtes pas seule. Il y a ici des gens qui ont parfaitement compris le problème que constitue la disparition du travail.

  17. Bonjour,

    Un collectif de plus de 120 intellectuels et de responsables politiques de 16 pays d’Europe lance ce jour un appel pour transformer les institutions et les politiques européennes.

    Les projets d’un parlement associant parlementaires nationaux et européens et d’un budget pour amorcer la transition écologique et sociale méritent d’y porter attention.

    Le manifeste : http://tdem.eu

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