Trends-Tendances – Brexit ou effondrement d’une nation ? le 10 janvier 2019

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Brexit ou effondrement d’une nation ?

Le 15 décembre, les présidents de six comités ministériels britanniques, quatre Conservateurs, un Travailliste et un Libéral-démocrate, affirmèrent dans une déclaration commune que

« Les débats qui s’éternisent relatifs au Brexit et les retards dans la conclusion d’un accord sur nos futures relations avec l’Union européenne ont de manière générale un effet très négatif sur la conduite de la politique intérieure. … [Le] Brexit vampirise le gouvernement à un moment où nos villes, nos campagnes et nos citoyens font face à de sérieuses baisses de budgets. Plutôt que de laisser traîner le processus du Brexit pendant encore des mois, nous devons le mener à terme si nous voulons éviter que notre pays ne subisse des dégâts irréparables. »

Une liste de ces « dégâts » était dressée par les signataires :

« … protéger notre système national de santé, améliorer la protection sociale des personnes âgées, intensifier la lutte contre la criminalité, celle à l’arme blanche en particulier, rénover notre système de prestations, améliorer nos transports en commun et protéger l’environnement pour les générations à venir. Le Premier ministre devrait s’attaquer à nouveau aux injustices sociales brûlantes, dont elle avait insisté lors de son arrivée à Downing Street qu’elles seraient sa principale priorité. »

Dans la semaine du 14 janvier, Mme Theresa May, Premier ministre britannique, soumettra au parlement sa proposition de Brexit : celle dont elle a négocié les termes avec l’Union européenne, proposition dont elle a remis le vote initialement prévu pour le 11 décembre, en raison d’un rejet alors certain. Son gouvernement avait alors survécu à une motion de défiance. 

Alors que la date du 29 mars 2019 a été fixée pour le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, les commentateurs mentionnent en sus de la proposition de Mme May, comme autres options toujours d’actualité : soit, un retrait « no deal », sans aucun accord, à mettre sur pied de préférence dans l’ordre, les visions d’un retrait désordonné étant apocalyptiques : pénuries de produits de première nécessité et de médicaments, chaos à Douvres en particulier et dans les ports dans leur ensemble, soit, un accord de type « Norvège + », c’est-à-dire une relation avec l’Union européenne pour le Royaume-Uni, comme celle de la Norvège aujourd’hui, équivalant, affirment les critiques, à un statut de membre de seconde classe : sans droit de vote dans les décisions de l’UE, soit enfin, dernière option, un nouveau referendum, pouvant déboucher sur le souhait désormais des Britanniques si l’on en croit les sondages : 52% remain, un vote qui renverserait celui de juin 2016 : 52% leave.

Notre civilisation court-elle, comme le craignent les scientifiques, un risque d’effondrement, notre espèce dépassant la capacité de charge de son environnement : les conditions même de sa survie sur la Terre ? 

Seuls les optimistes invétérés, victimes peut-être de leur naïveté, répondraient Non à cette question. Et dans ce cas, quel type de situation signalerait-il un effondrement dans ses manifestations initiales ? 

Le Brexit tout particulièrement oblige à se poser la question. Le Royaume-Uni, dans les affres qu’on lui constate aujourd’hui, fait-il face simplement aux vicissitudes qui sont le quotidien des nations (du business as usual aux crises majeures, du type des révolutions) ou bien est-il véritablement au bord de l’effondrement ? 

Si la réponse devait être Oui, un enseignement essentiel nous serait dispensé par le Brexit : que ce ne sont pas des événements extérieurs imprévisible, assimilables à « la main de Dieu » qui précipitent la chute des civilisations, mais la folie des hommes, telle celle de M. David Cameron, Premier ministre à l’époque, qui lança le referendum du Brexit comme un moyen innocent à ses yeux de faire taire une fois pour toutes certains de ses adversaires politiques au sein de son propre parti. 

L’effondrement de nos civilisations trouvera comme moyen de se réaliser, les diverses folies d’une poignée d’entre nous. Soyons conscients, chacun à son niveau, que notre irresponsabilité au fil des millénaires – trop confiants que la Terre tolérerait avec bienveillance tous nos caprices d’êtres humains – fait que nous jouons tous désormais avec le feu. 

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170 réflexions sur « Trends-Tendances – Brexit ou effondrement d’une nation ? le 10 janvier 2019 »

  1. Bonjour
    Cameron ou pas, le sacro-saint tandem compétitivité/croissance comme voie unique, nous conduit aussi doucement que certainement à notre propre destruction.
    Alors le Brexit, Pfff…
    F.V.M.

    1. Dans un système ou ne peut se frayer la moindre alternative , l’accident est inéluctable !!!
      Il ne peut y avoir d’alternative !!!
      l’ IA a les commandes , nos politiques serviles de l’IA regarde le train filer !!!
      Le mur ou plutot le Vide de notre intelligence l’a emporté .

      1. « Dans un système ou ne peut se frayer la moindre alternative , l’accident est inéluctable !!! »

        Koissa ?
        Sur le SEUL blog optimiste du monde occidental…. ?
        Sacré bonhomme !

  2. Bonjour le blog ,
    Le terme « Effondrement » est peut être exagéré. J’aurais plutôt parlé de déclin ou plutôt de symptôme du déclin. Un déclin que je situerais pour la Grande Bretagne au début du XXéme siècle avec la passation du pouvoir de première puissance mondiale aux États Unis. Par la suite, la Grande Bretagne comme d’ailleurs toutes les nations Européennes n’aura subi qu’un lent et inéluctable déclassement.

    « Un enseignement essentiel nous serait dispensé par le Brexit : que ce ne sont pas des événements extérieurs imprévisible, assimilables à « la main de Dieu » qui précipitent la chute des civilisations, mais la folie des hommes ». La « folie » des hommes ou plutôt leur orgueil, leur suffisance, même si il est vrai qu’ils n’excluent pas la folie….
    Je fais un parallèle entre le Brexit et le siècle de la honte Chinois. Dans les 2 cas, j’y vois un point commun: l’isolationnisme (Trump si tu me lis……;-)
    J’invite à lire un article sur ce siècle de la honte Chinois mais on en trouve plein sur le web….
    ==> http://nunoluciano.over-blog.com/article-chine-le-siecle-de-la-honte-69816125.html
    Là encore, l’idée que le pire ennemi d’une nation se trouve en son sein est bien démontré….

    Mais si il y avait une leçon à retenir du Brexit se serait que quoi qu’on pense de l’Europe qui est une construction très inabouti (doux euphémisme) ce n’est pas en s’en désolidarisant qu’on se renforce. C’est à travers la coopération qu’on optimise sa survie. Ceci est vrai à tout niveau: individuel ou collectif. Cela me fait rebondir sur une réflexion de Pablo Servigne sur les survivalistes. Il pense qu’ils seront les premiers à disparaître fasse au grand collapse car ils ne maîtrisent pas les flux or pour survivre une espèce a besoin de saisir les opportunités. Seule la coopération le permet. Une image simple est celle de la chasse. La chasse en meute vous permet de cibler du gibier plus gros cela vous ouvre de nouvelles perspectives. J’aime aussi l’image suivante, elle est très parlante: quand on est seul, on est rapide alors qu’en groupe on est plus lent MAIS on va plus loin……………………………
    Mesdames et Messieurs les Anglais vous pouvez revenir à notre table quand vous le souhaitez. Ne tardez pas trop car on a du boulot, la planète chauffe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    1. !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
      42 tout de même !, selon l’échelle de Pierre.
      Aïe aïe aïe, selon celle de Thomas.
      J’en conclue donc, si on suit la même logique de l’effondrement, qu’un aïe vaut 14 ! Mais pourquoi diable, ce besoin de répéter ? De quoi ces répétions sont-elles présymptomatiques ? D’une impuissance à convaincre ou à changer les choses ?

      1. @Juannessy
        Que cela ne vous empêche pas de garder le sens de l’humour !
        Aussi, je me demande s’il n’y aurait pas une pointe d’humour dans la citation de ce génie qui a choisi de jouer aux échecs… Garry Kasparov : « Les machines ne feront que progresser car les humains sont sujets aux erreurs, tandis que la machine ne tremble pas ».
        https://www.zdnet.fr/actualites/garry-kasparov-contre-les-prophetes-de-l-apocalypse-de-l-ia-39877203.htm

      2. Je suis assez d’accord avec Kasparov ( je n’ose quand même pas dire que c’est lui qui est d’accord avec moi !) : la supériorité de l’homme sur la machine , c’est que nous faisons des erreurs .

        Ce qui a été expérimentalement prouvé avec la découverte de la pénicilline ou Caroline et Stéphanie Tatin .

      3. Vous ai-je bien lu ? : « La supériorité de l’homme sur la machine, c’est que nous faisons des erreurs ». Ma foi, j’ai le sentiment que nous allons bientôt sortir de la préhistoire. Non, je suis sérieux. Car, là voilà La donnée du problème. N’est-ce pas cette connaissance de l’ »erreur » qui a fait, et fait de nous ce que nous sommes toujours ? Mais, est-elle simplement le fait du hasard, ou a-t-elle été « programmée » pour nous servir le jour où notre « supériorité », comme vous dites, serait sérieusement remise en cause par… l’ »Œil sans paupière »? Hum, pourquoi HAL, le super-ordinateur du film 2001, a-t-il un œil rouge et sans vie ? Et puis, pourquoi « machine » est-il un nom féminin ? Et si tout ça, la Machine, l’Intelligence Artificielle, etc., n’étaient que des avatars, métamorphoses d’une « guerre des sexes »… Or, quel est le fait nouveau qui pourrait confirmer que nous sortons enfin de la préhistoire ?

    2. @Pierre. Je partage tout-à-fait votre analyse. Depuis pas mal de temps, je défend l’idée que ce qui nous attend n’est pas un effondrement (comme un falaise qui s’écroule) mais un naufrage, plus ou moins lent et où, comme toujours, ce sont les occupants de ponts inférieurs (les pauvres) qui sont noyés les premiers. Quant aux canots de sauvetages, ce ne sont pas « les femmes et les enfants d’abord » que l’on entend, mais « les nantis et autres milliardaires d’abord » (vers les iles du Pacifique ou mars) . A mon humble avis, celui qui, en 2018, résumé cela le plus élégamment, avec pistes pour s’échapper, est Bruno Latour dans « Où atterrir? »

  3. Les débats britanniques sur l’implémentation du Brexit sont pleins de bruits et de fureur. Mais on peut quand même arriver à quelques quasi-certitudes :

    1. L’option « Norvège » est aujourd’hui inaccessible. Si le gouvernement britannique s’était donné cet objectif dans les négociations – c’est-à-dire à partir du printemps 2017 – ça aurait été parfaitement possible en effet. Mais ça ne l’est plus, parce qu’une telle négociation prendrait des années, et le Royaume-Uni sortira de l’UE le 29 mars

    2. La décision du Brexit ne sera pas remise en cause, parce que le premier ministre britannique l’exclut, craignant une détérioration grave de la confiance populaire en la démocratie au cas où les hommes politiques tenteraient de ne pas appliquer une décision du peuple par référendum. La question n’est pas de savoir si Theresa May a tort ou raison. Le fait est que c’est elle le Premier ministre et c’est elle qui décide

    3. Une très large majorité de députés, à gauche comme à droite, refuse mordicus d’envisager un Brexit sans accord – probablement à raison, les estimations vont jusqu’à une réduction de 88% du trafic sur l’axe Douvres-Calais, la perte de 100 milliards de livres de commerce extérieur dans les six premiers mois suivant le 30 mars, et un délai indéfini pour revenir à quoi que ce soit approchant une situation normale. Ce qui signifierait une dépression économique. Placés sous la pression, les députés se raccrocheront donc in extremis à toute option permettant d’éviter ce scénario

    4. Cependant, faire tomber le gouvernement n’est probablement pas possible, car il faudrait que les travaillistes obtiennent le soutien des opposants conservateurs à May… qui sont principalement les Brexiteurs les plus décidés, du type Boris Johson ou Jacob Rees-Mogg, précisément ceux qui imaginent que la sortie sans accord serait viable. Autant dire que les chances des travaillistes d’obtenir leur soutien pour faire tomber May ne doivent pas être surestimées….

    L’état des négociations avec les 27, le délai très court restant avant le 29 mars, les équilibres de forces au parlement et la conviction bien ancrée de Theresa May que la remise en cause du Brexit serait le pire scénario se combinent pour ne laisser que deux options : soit l’approbation de l’accord de sortie existant, soit la sortie sans accord.

    Il y a fort à parier que les députés britanniques finissent par se résoudre à approuver l’accord, même si ce n’est pas du premier coup

  4. La gauche n’a jamais été rien d’autre que la représentation de la bourgeoisie d’affaires auteure et bénéficiaire du coup d’état d’il y a 200 ans. 1ère crapulerie d’une longue liste qui aujourd’hui encore s’allonge plus que jamais.

      1. @Juannessy
        Je pense que Nicolas n’est pas à quelques décennies près Juan, alors que vous, vous semblez compter à la minute près, comme un comptable le ferait.
        Sinon, en 1819, pour ce qui est de la France, Louis XVIII avait mal au pieds et il adorait ses pantoufles. Comme quoi, nos élites ont toujours su prendre de la hauteur. Et rien ne change : les copains de Macron pantouflent à tour de bras et Theresa May collectionne les paires de pompes, tout ça en Grande Pompe, sans voir venir l’effondrement ; effondrement qui sera la Pompe Funèbre de l’Humanité.

      2. Jacquot, je ne cire que très très rarement les miennes et je n’ai aucun respect pour nos gouvernants.
        C’est dire que je préfère aller vider les seaux des toilettes sèches au compost, plutôt même que de les « calculer »un temps soit peu, comme disent les jeunes.

    1. @Ecodouble :

      Si Nicolas a les idées aussi claires que ces affirmations , il doit pouvoir se montrer plus explicite et sans contorsions …

      Toujours cette histoire de forme qui est le fond ( ou l’absence de fond ) qui remonte à la surface .

      1. @ Juan
        Vous savez, les géologues ça compte en millions d’années ; alors j’avais deviné que Nicolas parlait de la Révolution française.
        Quant au manque de fond, figurez-vous que sur les sites pollués, sortes d’externalités négatives jamais prises en compte par qui devrait, sites que j’ai fréquenté durant vingt ans, j’en étais tout proche… du fond.
        Ça peut donc expliquer mon humour arrogant.

      2. Comme il évoquait un coup d’état , je pensais ( à sa place ) qu’il visait celui de Bonaparte , parce que si 1789 ( et la première constitution de 1791 ) c’est la « représentation de la bourgeoisie d’affaire » , les gilets jaunes aujourd’hui c’est la confirmation de la représentation de Wallstreet et de la City .

  5. Si les députés britanniques refusent l’accord de retrait mardi prochain, le gouvernement sera appelé à présenter rapidement une alternative au Parlement. Ce ne sera guère difficile : Theresa May peut se contenter de demander à ceux des partisans du refus de l’accord de retrait qui demandent « un autre accord »… ce qu’ils veulent, au juste.

    Ça pourrait donner à peu près ça :

    ***** SCENE 1 (Londres)
    Madame May (calepin en main) : Et alors, cet accord de retrait tip-top, comment est-ce que vous le voyez ?
    Députés ayant refusé l’accord (en trépignant) : C’est intolérable ! Nous exigeons X, Y, et puis encore Z, et d’ailleurs A et B aussi !
    Madame May : Entendu chers clients, je vais demander à mon fournisseur

    ***** SCENE 2 (Bruxelles)
    Madame May : Le Royaume-Uni exige X, Y, Z, A et B.
    Barnier / Juncker / Macron / Merkel et les autres : Non, Nein, Nee, No et No ! Mais combien de fois il faut vous dire qu’on a passé dix-huit mois à négocier ce fichu accord et qu’il n’est pas question d’en changer une virgule ?
    Madame May : Aoh, vous n’êtes pas des gentils hommes.
    Barnier / etc. : Bon allez, voici un joli ruban rouge pour envelopper l’accord. Mais c’est bien parce que c’est vous.

    ***** SCENE 3 (Londres)
    Madame May : Chers parlementaires, les Européens ne nous ont malheureusement pas accordé l’ensemble de nos justes revendications. Cependant, ils m’ont donné ce splendide ruban rouge. Je propose de voter sur l’accord de retrait, modifié et enrichi avec le ruban rouge.
    Députés ayant refusé l’accord (hurlant) : C’est un scandale ! Trahison ! Le gouvernement ne nous a pas donné X, Y, Z, A et B alors que nous l’avions exigé ! C’est donc qu’il est complice, et traître à la Couronne !
    Madame May : Vous me faites beaucoup de peine. Cependant, le vote aura lieu dans trois jours, c’est-à-dire à la mi-février… Sinon, vous avez entendu parler du 29 mars ?

    ***** SCENE 4
    Peut-être y aura t il une scène 4 à Bruxelles, qui sait, si l’accord de retrait est refusé malgré le beau ruban rouge ? Dans ce cas, Madame May arrivera sans doute à négocier un ruban bleu, ce qui ajouté au ruban rouge serait vraiment d’un très, très bel effet. Cela pourrait suffire à décider les parlementaires à approuver un accord si bien présenté.

    ... Ou alors, ils l’approuveront parce qu’ils ont toujours aussi peur d’un Brexit sans accord, et qu’aux alentours de la fin février voire la mi-mars… leur peur se transformera en PANIQUE.

    Eh oui, c’est le gouvernement qui est du côté du manche 🙂 ! Le plus probable est qu’une majorité de députés – de droite, de gauche, du centre, d’ailleurs, peu importe – finira par se raccrocher à la seule voie permettant d’éviter les troubles profonds que causerait une sortie sans accord : précisément l’accord de retrait. Ah ils seront furieux, oui ! Ça va criailler si fort qu’on l’entendra depuis l’autre bout de la ville. Mais au final, ils n’auront pas le choix.

    1. Les anglais sont capables du pire, je veux dire le retrait sans accord, du moment qu’ils empafferont l’UE de ce qu’ils lui doivent.

      L’hypothèse du référendum n’en est pas une non plus. Si on se base sur l’attitude des gilets jaunes, il y a tout lieu de croire que les anglais reconsultés voteraient pareil, pour faire chuter le système quoi qu’il en coûte. Tout simplement parce qu’au point où ils en sont, « ils n’en ont plus rien à f… », exactement comme les français.

      Et demain, les allemands voteront à l’extrême droite pour les même raisons, malgré tout ce que les économistes nous en racontent.

      1. « – Il est capable du meilleur comme du pire
        – Oui, mais c’est dans le pire qu’il est le meilleur ! »
        (Les Inconnus)

        Je ne sais pas ce qui se passerait en cas de nouveau référendum « Bon finalement, z’êtes bien sûr que vous voulez sortir ? ». Je pense que le résultat serait très incertain, même si actuellement l’option rester dans l’UE semble tenir la corde. De là à dire que le résultat inverse serait garanti, il y a un pas.

        Je ne pense pas qu’un tel référendum aura lieu, vu que Theresa May le refuse fort et clair et que le Parlement n’est pas en mesure de la renverser.

        Peut-être un référendum pourrait-il avoir lieu sur l’accord de retrait ? C’est une option que le gouvernement pourrait examiner au cas où le vote de mardi à Westminster serait négatif. Comme la question ne viserait pas à remettre en cause la chose votée (le Brexit) mais seulement à définir ses modalités (avec l’accord, ou sans aucun accord), peut-être May aurait-elle moins de scrupules démocratiques.

        Ça resterait assez difficile, parce qu’il faudrait obtenir à la fois :
        – L’autorisation du Parlement pour organiser un référendum sur l’accord
        – L’autorisation de l’ensemble des 27 autres Etats pour « reporter » la date du 29 mars suffisamment pour organiser le vote

        Probablement pas impossible étant donné qu’il serait assez difficile pour les parlementaires de refuser de laisser s’exprimer le peuple, tandis que les 27 devraient être attirés par une chance d’éviter la sortie sans accord, étant donné que les troubles logistiques et économiques les frapperaient aussi – même si nettement moins que le Royaume-Uni.

        Ça fait juste un scénario de plus…

      2. @jacquot
        ça ne parait pas possible de revoter. Ceux qui auront voté « leave » + « leave sans accord » pourraient se trouver lésés de leur premier vote victorieux en cas de « remain ».

        Il faudrait que tous nos hommes et femmes d’Etat se remuent, pour proposer une alternative européenne au capitalisme (rien que ça ! je sais, mais il n’y a plus que ça à faire, refonder l’Europe sur de nouvelle bases)

        Mais pourquoi tout à l’air impossible ?! On serait d’accord en Europe pour augmenter un peu la TVA sur les produits de luxe, et tout pourrait se régler non ? On est prêt à risquer la construction européenne, 60 ans d’efforts pour 5 points de TVA ? allons…c’est là qu’on voit qu’il y a une connivence entre les couches aisées de la population, et les décideurs politiques, et ça donne raison au Gilets Jaunes

        Vincent Rey
        findutravail.net

  6. Voici un pays qui consulte sa population, les Représentés, et dont le gouvernement engage une négociation conforme à ses vœux.
    Mais nous dit-on, le vote des Représentants au Parlement a été repoussé d’un mois parce qu’ils s’apprêtaient à ne pas accepter cet accord.
    Et nous dit-on encore, une des solutions envisagées serait de refaire voter les Représentés.
    Fort bien.
    Une autre alternative serait de changer les Représentants puisqu’ils sont en désaccord avec les Représentés.

  7. Tout ça confirme qu’on peut se suicider avec un referendum , qu’on en suive ou pas les résultats ( que le peuple « souverain » tranche ou pas , Brexit ou pseudo constitution européenne de 2005 ) , et que l’intelligence concrète est dans le débat et la qualité d’échange des argumentations exactes et préalables au « choix » .

    Le débat crée et enrichit , la décision solennelle assassine d’où qu’elle vienne .

    1. On peut se suicider avec un couteau, la plupart des outils sont à double tranchant comme l’avait énoncé dans l’antiquité un certain Esope.
      La campagne du référendum de 2005 confrontée à une quasi unanimité des médias pour le OUI a été menée en dépit de ce courant ultra dominant pour donner en définitive une majorité de NON.
      Il y a bien eu suicide, mais à feu lent, celui des Représentants qui passant outre se sont déconsidérés encore une fois aux yeux des Représentés.

      1. A vous lire j’entends que le débat pendant le référendum de 2005 n’aurait pas donné lieu à qualité d’échange des argumentations exactes et préalables au « choix ».
        Je le conteste.

      2. Merci de vous associez à ma conviction que la qualité est dans l’échange et la réflexion préalable .

        Mais un referendum , tel qu’on le vante , qu’il soit d’initiative du prince ou d’une fraction du peuple , n’est pas un choix .

        Un choix , c’est préférer une solution parmi d’autres , toutes aussi élaborées , argumentées , aussi objectives dans les informations utilisées que possible . Chaque solution définit son pourquoi , son comment . Et le bon débat avant vote , c’est alors le débat sur l’ensemble des solutions , que l’on ne sait pas faire en Gaule , sans invectives .

        On savait historiquement mieux le faire en grande Bretagne , mais c’est sans doute pour avoir perdu cet art que le UK est en voie de se perdre .

    2. Dit autrement le vrai « pouvoir » humainement utile et efficace , est dans le débat et le « pouvoir faire » , pas dans la décision et le « pouvoir imposer » .

      Tolstoï toujours , anarchiste efficace : le pouvoir réel et sain , c’est l’état de plus grande dépendance où l’on se trouve à l’égard des autres et de notre environnement .

      Une utopie réaliste . Vite !

      PS : bientôt les 100 ans de l’OIT à célébrer à Genève .

      1. @ Juannessy

        Cette utopie réaliste existe déjà: le miracle de l’Union Européenne.

        Et sa vulnérabilité, une réflection de la vulnaribilité de tout, de nous tou.te.s.

        C’est avec ‘patience et temps’ que la résistance non-violente aux agressions des Farages, des Mercers, des Bannons, des naïfs/ves au début (Wylie), soit effective et transformée en succès durable.

    3. Non, sinon la politique serait seulement la gestion du bien : les passions de la multitude sont des faits politiques, l’administration du bien c’est le camp, la fosse commune ou l’élevage hors-sol (NB : Ziniatiev, Nous autres, un vieux souvenir… Robotisez les humains -extirpation de l’imagination par ex. et le totalitarisme numérique deviendrait possible).

  8. Le parallèle fait entre l’effondrement de notre écosystème (naturel, financier, politique, économique) en cours et un changement d’alliance de la Grande Bretagne me semble pour le moins hasardeux.
    Qu’après une sortie de l’U€ la Grande Bretagne soit confrontée à une période d’instabilité peut se concevoir, mais pourquoi penser que ce serait l’élément déclencheur d’un collapse ?
    En quoi L’U€ serait-t-elle une construction incontournable pour ses membres et le reste de la communauté internationale ?

    1. Excellente réflexion au sens où elle me confirme que nous ne verrons jamais arriver un effondrement généralisé : nous préférerons toujours parler de « période d’instabilité » et nous fermerons les yeux.

      Romain Vitorge confirme que nous sommes condamnés (« doomed » in English).

    2. Romain Vitorge – « Qu’après une sortie de l’U€ la Grande Bretagne soit confrontée à une période d’instabilité peut se concevoir, mais pourquoi penser que ce serait l’élément déclencheur d’un collapse ? »

      Paul Jorion sauf erreur de ma part n’a pas indiqué de scénario précis, il a plutôt posé une question de la forme « Et si ? »

      Personnellement, je ne vois qu’un scénario qui pourrait potentiellement mener d’un Brexit sans accord à un effondrement mondial : une « contagion » par le biais du système financier. Le lien existe, Londres étant l’un des principaux centres financiers mondiaux, et le déménagement des activités bancaires sur le Continent n’étant que (très) partiel, tandis qu’un « arrêt cardiaque » du système financier mondial aurait à l’évidence des conséquences catastrophiques sur l’ensemble de l’activité économique.

      Ce lien est-il ténu ou solide ? La contagion est-elle seulement un scénario « limite » ou bien une probabilité loin d’être négligeable ? Je n’ai pas les compétences pour avoir un avis éclairé. Je soupçonne d’autre part que même les gens qui connaissent bien le système financier ne pourront pas être tout à fait affirmatifs… car le comportement des systèmes complexes peut être excessivement difficile à prévoir.

      En ce qui concerne l’effondrement du Royaume-Uni, on ne parlerait certes pas de la fin d’une civilisation, mais il faut être conscient de l’échelle des troubles en cas de Brexit sans accord :
      – Le ralentissement des opérations logistiques sur l’axe Douvres – Calais, qui aujourd’hui fonctionne sans accroc et de manière très optimisée notamment parce que le commerce est sans frein, pourrait mener à une réduction de 75 à 88% de la capacité du « tuyau ». Or, entre le Tunnel et les ferries, c’est sur cet axe que passe la grande majorité du commerce entre RU et Continent
      – L’estimation « ordre de grandeur » serait la perte de 100 milliards de livres d’échanges sur les six premiers moins. Sans aucune garantie que tout serait résolu le septième !
      – Rien que cela provoquerait à coup sûr une récession, et probablement une dépression économique (contraction de l’activité supérieure à 10%)
      – Mais cela pourrait être nettement pire, parce que les chaînes de valeur de l’industrie sont très souvent intégrées, donc la production de nombreux biens pourrait ralentir jusqu’à pratiquement s’arrêter

      Ce dernier point mérite développement : les entreprises industrielles ont souvent de très nombreux sous-traitants, la production même d’un bien en apparence simple faisant intervenir de nombreux acteurs, non seulement celui qui l’ « intègre » – et met son nom dessus – mais ceux qui en ont fourni tel ou tel composant. Le RU vivant depuis 45 ans dans la CEE puis l’UE et son marché unique, ses entreprises ont donc choisi librement des sous-traitants dans toute l’UE – plus facilement que dans le reste du monde puisque le commerce y était facilité. Elles ont optimisé leurs chaînes de valeur en prenant pour hypothèse un commerce sans friction aucune avec le reste de l’UE.

      Que se passe-t-il alors si le commerce devient, non pas progressivement, non pas par degrés, mais d’un coup brutalement incomparablement plus malaisé ? En pratique, si le « tuyau » de communication avec le Continent rétrécit tout à coup d’un facteur 4 ou 8 ?

      Eh bien, le risque est un impact non seulement sur les biens qui étaient exportés et importés – déjà très considérable – mais sur tous les biens dont la production fait intervenir ne serait-ce qu’un composant issu de l’UE.

      Bien sûr, tout ne s’arrêterait pas. Un tuyau dont la capacité est réduite à 1/8 ème, il y passe encore des choses. Mais avec quel délai ? Quand est-ce que mon sous-traitant me livrera ? Le gouvernement établira-t-il des listes de priorité, et serai-je alors favorisé… ou renvoyé les mains vides ? Ou bien est-ce que seul le chaos et la règle du « premier servi » jouera ? C’est que si j’ai besoin de dix composants pour mon produit, et qu’on ne m’en a livré que neuf… mes équipes sont au chômage technique, mes clients ne sont pas livrés, et si ça continue longtemps je mettrai peut-être la clé sous la porte !

      Multipliez tout cela dans toute l’économie d’un pays, faites durer des mois et des mois, peut-être même des années… Combien d’entreprises perdues, d’activités qui cessent tout simplement, d’employés sur le carreau ?

      Relâcher (très) progressivement les liens établis pendant quarante ans de commerce sans entrave, cela pourrait probablement être fait sans dommage. Les entreprises auraient le temps de se réorganiser avec des fournisseurs et des clients peut-être différents.

      Couper tous les liens d’un coup… il est de l’intérêt supérieur du Royaume-Uni de l’éviter ! Et aussi de l’intérêt des continentaux : l’impact serait aussi chez nous, même s’il serait moins fort parce que réparti sur un ensemble humain beaucoup plus grand.

      Romain Vitorge – « En quoi L’U€ serait-t-elle une construction incontournable pour ses membres et le reste de la communauté internationale ? »

      Elle ne l’est absolument pas, naturellement. Japon, Canada, Corée du Sud, Russie etc. ne sont pas membres de l’UE et ne semblent pas en souffrir trop durement.

      Mais les réformes, même profondes, sont préférables aux révolutions. Une sortie de l’UE négociée – donc l’approbation de l’accord de retrait – c’est une réforme profonde. Une sortie sans accord, ce serait une révolution.

      Je ne sais plus quel Anglais, comparant le Brexit à la révolution française, disait qu’un Brexit sans accord négocié, ce serait l’équivalent de la Terreur : les doctrinaires impitoyables au pouvoir, et après coup les regrets.

      J’ai expliqué plus haut pourquoi je crois que même après quelques péripéties, les députés finiront par se ranger à la raison, approuver l’accord de retrait, éloignant le scénario de cauchemar des liens logistiques RU-UE en morceaux.

      J’espère vivement avoir raison :-/

      1. @Jacquot (10/12 à 22h41)
        Pédagogiquement expliqué. Chapeau (et je sais de quoi je parle…)!
        A votre avis, existe-t’il un degré significatif de probabilité que le RU joue au kamikaze dans l’espoir (comme le duo Tsipras/Varoufakis l’espérait au début face à l’Eurogroupe…et on connait la suite..) que les négociateurs européens se couchent, prenant peur devant les ondes de choc pour eux-mêmes prévisibles..?

      2. Les « négociateurs européens  » ont terminé leur boulot . La suite appartient au parlement , à la commission et surtout au conseil .
        Et à mon avis , Thérèsa May a déjà tenté de mettre dans la balance ce que vous évoquez lors de ses déplacements en Europe cet été . Sans résultats visibles .

      3. @Otromeros

        Merci 🙂 !

        Je n’ai pas l’impression que l’acteur « le RU » soit opérant sur ce sujet. Je parlerais plutôt du gouvernement et du parlement, ou plus précisément le gouvernement plus les groupes parlementaires travailliste, conservateur-godillot et conservateur-Brextrémiste, c’est-à-dire quatre « acteurs » différents.

        C’est du côté EU-27 que l’unité de négociation a été faite. Du côté britannique, ça a été et ça reste plus que jamais le b… pardon le désordre.

        Je crois que si le RU sort de l’UE sans accord aucun, ce sera à cause de ce désordre, pas à cause de la stratégie de quiconque, même pas une stratégie de « jeu de la poule mouillée » façon La Fureur de Vivre.

        C’est De Gaulle qui écrivit sur « La discorde chez l’ennemi »… Le problème, c’est que les Brits ne sont PAS nos ennemis !

      4. Dans la série « Les conséquences potentielles de troubles dans les flux logistiques RU-UE » – appelée aussi « Accroche-toi au pinceau, je rétrécis le tuyau Douvres-Calais ! »

        Airbus est une entreprise multinationale dont les principales implantations sont en France, Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne. Notamment, les ailes des avions Airbus sont fabriquées Outre-Manche.

        Or, même sans faire de simulations aérodynamiques complexes, il me semble que sans leurs ailes, les avions volent plutôt moins bien. Il est même envisageable que les clients les refusent.

        S’il s’agissait juste de faire passer quelques dizaines de paires d’ailes du RU vers Toulouse chaque mois, même avec des « tuyaux » logistiques fortement encombrés, il n’y aurait probablement pas de problème. Oui, à condition que la priorité aille à ces ailes et aux pièces afférentes. C’est-à-dire à condition qu’une sortie sans accord mène à un rationnement gouvernemental avec des priorités bien pensées, du type « Les médicaments, la nourriture et les pièces à fort valeur ajoutée d’abord » – plutôt qu’à des réactions du type « Courir dans tous les sens en hurlant et en agitant les bras ». Ce qui n’est pas sûr.

        De plus, il est assez probable que parmi les multiples pièces nécessaires à la production en Angleterre de ces fameuses ailes, beaucoup sont produites dans d’autres pays… par exemple sur le continent… donc doivent déjà passer dans le sens Calais-Douvres ce fameux « tuyau » qui risque d’être réduit à 1/4 ou 1/8ème de sa capacité en cas de sortie sans accord. Alors, ces pièces arriveront-elles à temps pour permettre déjà de produire ces ailes, avant même de songer à les transporter à Toulouse ?

        Et la cerise sur le gâteau… il y a la question de la certification des pièces produites par l’Agence européenne de la sécurité aérienne… dont le RU ne restera pas nécessairement membre, en tout cas pas automatiquement, s’il sort de l’UE en mode brutal « Crac & Boum ». Et des pièces qui ne soient pas certifiées AESE… il est tout simplement interdit de les monter sur un avion.

        Airbus a constitué des stocks de trois mois, et enjoint à tous ses fournisseurs de (ré-)obtenir une certification AESE, et plus vite que ça. Ne reste en cas de Brexit sans accord à croiser les doigts pour que ça suffise…

        Voir la source ici https://www.handelsblatt.com/today/companies/clipped-wings-airbus-faces-a-major-disruption-in-a-no-deal-brexit/23851280.html

      5. Une aile , ça n’est pas la mer à boire pour faire autrement ( les allemands savent faire et font déjà ) , mais je croyais que dans le toutim c’était plutôt les réacteurs qui étaient from England ( Rolls Royce ) . Mais Airbus a aussi Pratt et Whitney ( américain ) comme motoriste .

        Mais si les négociations et la mesure des impacts ont été si longues entre Barnier et ses équipes et les british , c’était bien parce que tout ça était connu , et que les géants transnationaux ont tous fait connaitre leur interrogations .

        Que les britishs de base vont peut être finir par comprendre . Trop tard ?

  9. Il y a un saut dans le raisonnement que je ne comprends pas bien. Oui, Cameron a joué avec le feu. Mais quelles sont les bonnes (?) raisons du « peuple » pour avoir désiré le Brexit ? Pourquoi la « folie furieuse » prend elle les esprits sans que le lien avec les difficultés globales qui nous menacent n’y apparaissent ?
    En quoi cet appel à notre responsabilisation (individuelle) est une réponse à la situation en UK ou en France ?
    J’ai l’impression que nous attendons un leader qui dirait : nous allons agir ensemble mais je ne vous promets que du sang et des larmes (air connu, mais c’est pour faire bref) ; et il faudrait que cet appel et son leader soit légitime et convainquant : capable de réunifier une quasi unanimité, donc avec moins d’inégalité sociale. Pour le dire, le dirigeant français s’est disqualifié tant par sa personnalité que par son programme ; les dirigeants italiens paraissent plus en cohésion avec le peuple, mais…
    On annonce un mouvement Gilets Jaunes à Londres, avec aussi des idées d’arrière-droite… Mais quel est la source de cette révolte ? Et l’UKIP est-il celui qui a mal posé les problèmes sociaux en les transformant en Brexit ?

      1. Autrement dit c’est l’UE qui pousse les Européens à vouloir échapper à l’UE.
        Merci pour la précision.

      2. Ne peut on alors conclure que c’est l’austérité comme politique qui constitue cet « effondrement » d’aujourd’hui ?
        En Angleterre et en Italie, le peuple a orienté la politique vers « autre chose » mais qu’il ne maîtrise pas. En France, il cherche à le faire ; mais le « dialogue national » ne va aucunement offrir un débouché pour bousculer quelque chose.
        Et donc que c’est une réponse politique à l’austérité et l’injustice qui est attendue (et la gratuité est une partie de la réponse) ?

      3. @Chabian :

        Ailleurs comme ici , dans la rue , dans les blogs et même parfois chez des élus , je ne suis pas encore sur que la majorité des esprits sachent encore bien formuler les quelques problèmes fondamentaux sur lesquels l’humanité a besoin de repenser sa fraternité , sa créativité , son organisation , son avenir désiré .
        A ma portée , je ne connais guère que ce blog , via le soliton , qui ait , sans trop se perdre dans les détails , fait l’effort d’aller à l’essentiel de ce moment . Car c’est là que les parades et solutions doivent porter .

        Les manifestations de stress actuelles , ailleurs , ici et sans doute encore ailleurs bientôt , me semblent vouloir se limiter à l’aspect anthropomorphe des relations sociales , soit , pour le moment le lien entre sécurité et confort social vs maîtrise du pouvoir .

        Mais on court alors le risque de ne substituer qu’une dictature à une autre : celle du « peuple » à celle du néo-libéralisme , celle de régimes autoritaires ( Salvini , Orban , Trump …) évidemment néo libéraux d’ailleurs , à celle des experts omniscients libéraux à la sauce Macron . Et le RIC n’est pas la baguette magique .

        Un débat national , ici et ailleurs , dans cette phase de notre histoire n’a de sens que :
        – si on sait prendre son temps ,
        – si on débat de tout et de plusieurs options contradictoires étayées sans en exclure ,
        – si on lie touts les items passé sen revue par leur aptitude à assure l’empathie , la création , la loi acceptée , la vision d’un avenir commun désirable ,
        – si on s’interroge sans cesse sur la compatibilité du système économique , des contrôles internationaux , de la monnaie , avec la règle de vie commune souhaitée ,
        – si on s’engage collectivement à soumettre au choix universel , la panoplie des options , au moins sur les valeurs fondamentales de la Constitution .

        On peut craindre , dans un seul débat national :

        – qu’il ne soit que national ( selon moi la nature des enjeux qui commencent à rentrer dans les cranes , est forcément internationale , et a minima européenne – de Moscou à Tamanrasset-) Un débat national français , même suivi d’impacts lourds dans notre vie politique et économique , est voué à rester un coup d’épée dans l’eau , sans matrice plus large .

        – que les conditions du dialogue ne soient pas consensuelles ( spécialité française ), et qu’en particulier en cadrant trop le débat dans ses champs et durée , ou en ne s’engageant pas sur les conditions de mise en débat avant proposition au vote final , on reste dans des types de réunions mineures dont j’ai quelquefois fait la liste ici ( cf P2L ci dessous )

        – que ceux qui y participent ne soient finalement pas si nombreux , et qu’ils y entrent avec leurs solutions a priori sans prendre le temps ( et le risque de la contradiction ) d’énoncer correctement les problèmes traités , ce qui est un grand classique de toute réunion qu’elle soit d’information , de régulation , de concertation , de participation , de négociation , de décision , de créativité , de cohésion , de réalisation ( toutes différentes quant à la place de la décision , des pouvoirs de chacun , des droits de chacun , des devoirs de chacun , de la Responsabilité de chacun ).

        Mais si on veut bien reconnaître que ce débat est incontournable pour donner une chance à la démocratie de ne laisser au marché que la place qu’il mérite , on ne peut que souhaiter que tous les français s’en emparent et le fassent vivre pour lui donner beaucoup de petits frères .

        Même si , à voir les revendications actuelles , il y a sans doute encore du chemin à faire avant d’en arriver à ce qui compte .

  10. Notre civilisation est menacée d’effondrement, c’est malheureusement vrai, je crois.
    Nous en sommes responsables, c’est tout aussi malheureusement vrai, je le crains. Quelle autre cause pourrait bien être en effet à l’origine d’une telle évolution ?
    Mais quel rapport avec le Brexit ?
    L’euro est guetté par l’effondrement, vous le dites à juste titre dans votre interview sur Le Média, M. Jorion, cet effondrement de l’euro pourrait bien provoquer la dislocation d’une UE déjà mal en point. En s’eloignant d’un édifice sur le point de s’effondrer, le Royaume Uni ne fait pas la preuve de son affaiblissement mais tout au contraire la preuve d’une salutaire vitalité.

    1. En s’éloignant d’un édifice sur le point de s’effondrer, le Royaume Uni ne fait pas la preuve de son affaiblissement mais tout au contraire la preuve d’une salutaire vitalité.

      Vous confondez vraiment la zone euro avec l’Union européenne, ou vous faites seulement semblant ?

      1. Je ne sais pas lequel de nous deux fait le mieux semblant. Je ne confonds pas, j’avais écrit ceci : « L’euro est guetté par l’effondrement, vous le dites à juste titre dans votre interview sur Le Média, M. Jorion, cet effondrement de l’euro pourrait bien provoquer la dislocation d’une UE déjà mal en point. »
        Qui n’a pas conscience, qui ne dit et répète sur tous les tons, que l’UE est mal en point ? Qui peut douter que l’éclatement de la zone euro lui portera un coup terrible ?

        Je ne confonds en aucune manière la zone euro et l’Union Européenne. Elles n’en sont pas moins intimement liées.

        L’attachement aussi désespéré qu’irrationnel de nos princes à l’euro, « monnaie unique européenne » comme ils disent, est gros de toutes les menaces pour l’UE. Comment le nier ?

    2. Il y a de fortes interdépendances économiques au sein de l’Europe. Il est donc probable que le Royaume Uni ne sortira que partiellement de l’UE. Mais quelque sera le cas de ficure, celle-ci n’est pas tellement aimée et l’afflux de migrants depuis 2015 a certainement influncé le vote pour le Brexit, Merkel en est pour quelque chose. D’une autre côté le pays, plein de ressources immatérielles, a déjà surmonté de multiples et grandes difficultés, il a même résisté à l’Allemagne nazie, il survivra aussi un Brexit et ses conséquences.

      1. @Germanicus

        1. ¨Partiellement.¨
        Aussi en termes géo-politiques? Sans L’Ecosse, L’Irlande du Nord, Pays de Galles et le City de Londres probablement? S.v.p. veuillez regarder bien la Figure 1 dans cette analyse:
        https://academic.oup.com/economicpolicy/article/32/92/601/4459491

        2. ¨l’afflux de migrants depuis 2015 a certainement influncé le vote pour le Brexit¨
        Aucune, mais vraiment aucune évidence empirique pour cette position, quasi ce jugement, dans les résultats de la même étude:
        S.v.p. veuillez bien étudier cette étude:
        https://academic.oup.com/economicpolicy/article/32/92/601/4459491

        3. ¨ il a même résisté à l’Allemagne nazie¨

        Ce n’est pas pour ouvrir des vieilles blessures, mais…

        a. Commencons par John Maynard Keynes et ses motivations pour quitter Versailles, et l’écriture de son livre furieux là dessus en 1919:
        http://www.pratclif.com/economy/keynes/keynes_consequences_paix.pdf

        Résistance au fascisme/nazisme en Allemagne? Plutôt le grand encouragement.

        b. 1938? Chamberlain?

        c. Sections de la famille royale et de l’aristocratie en Angleterre?

        4. ¨il survivra aussi un Brexit et ses conséquences¨

        Probablement, mais ne demandez pas comment, et QUI seront les victimes….. certainement pas le 1 % de la population dont parle OXFAM, ou des ¨représentants¨ comme Nigel Farage.

        Vous m’excusez mon ton critique, ce n’est pas contre vous M. Germanicus en personne, mais j’estime que ca soit impératif que nous nous opposons contre la manipulation.

        Que nous défendons ces mots justes en allemand: ¨Zivil Courage¨.

      2. Germanicus – « l’afflux de migrants depuis 2015 a certainement influncé le vote pour le Brexit, Merkel en est pour quelque chose »

        Oui et non. On peut se rapporter à un sondage d’octobre 2016 sur les motivations des électeurs pro-Brexit https://www.indy100.com/article/brexit-immigration-negotiations-relocating-banks-trade-migrants-economy-latest-7381081

        On y découvre sans doute que lorsqu’on leur demande quelle était la raison principale de leur vote, ils répondent :
        – 48% la possibilité de décider soi-même de sa politique d’immigration
        – 25% la possibilité de faire ses lois soi-même
        – Toutes les autres raisons sont à 6 ou 7% ou en-dessous : économiser de l’argent, l’UE est corrompue, MUKGA (Make the UK Great Again)…

        Donc oui la volonté de contrôler l’immigration a beaucoup joué. On peut encore rappeler le panneau publicitaire pro-Leave qui est en tête de l’article cité plus haut, avec une marée humaine de migrants (image de 2015) et le titre « Breaking Point », point de rupture.

        Mais ce qui a vraiment impacté les Britanniques, surtout dans les classes populaire et moyenne, ce n’est pas l’immigration de masse du Moyen-Orient ou d’Afrique à partir de 2015. C’est l’immigration d’Europe centrale, plus d’un million de Polonais notamment, généralement mieux formés et acceptant des conditions plus dures que les natifs.

        Et c’est cette immigration-là que le RU ne pouvait stopper tant qu’il restait dans l’UE. Bloquer les migrants en masse du Moyen-Orient tout en restant dans l’UE est parfaitement possible… voir Viktor Orban pour les détails.

        Donc c’est plutôt non en fait, si l’on parle des soucis concrets que pouvait poser l’immigration de gens qualifiés et aux salaires bas à une partie des Britanniques. Ça n’exclut pas que les événements de 2015 aient joué un rôle naturellement, ni que la publicité type « Breaking Point » ait eu une certaine efficacité… mais ça n’a du être qu’un facteur second.

      3. Réponse à Jacquot
        Comme c’est souvent le cas, c’est un amalgame qui joué en faveur du vote, des élements multifactoriels assez complexes. Je le sais puique j’ai une partie de ma famille en Angleterre, près de Londres : une large partie de la population souffre de l’ultralibéalisme, de la dictature de l’argent; elle ressemble fortement aux « gilets jaunes » en France. Puis il ya ceux qui prônent l’autonomie absolue en terme de politique d’immigration notamment. Comme vous l’avez noté, il y eu, dans le passé récent, un politique très libérale permettant aux étrangers européens de venir sans grandes contraintes en Angleterre pour travailler. La menace d’une migration massive à partir de 2015 a augmenté le sentiment d’une menace, de se trauver face à une vague de migration incontrôlable (!) (telle a été la situation en automne 2015 en Bavière). Les Anglais sont, de manière génerale, très soucieux de leur autonomie, habitué durant des siécles à leur « splendid isolation ». Il serait difficile de leur apprendre autre chose.

      4. @ Germanicus
        On peux résister et survivre, un moment, plus ou moins long, quand on est fort et qu’il reste du pétrole à bruler. Et que l’on dispose d’une flotte puissante et d’un empire si on vit sur une île.
        Hélas, pour votre éternelle Angleterre, elle n’a plus de flotte (restrictions budgétaires toute néolibérale s’il en est et excès de confiance dans un protectorat US de plus en plus US-centré) et il n’y a plus de pétrole ; alors que votre immortelle perfide Albion ne produit que 50% de ce qu’elle mange.
        De l’autre coté de la Manche, ils auraient dû penser, bien avant les autres – ceux du continent qui, eux aussi, ne voient toujours rien venir, à faire le choix de la coopération plutôt que celui de la compétition financière ; qui, somme toute, n’est plus que de l’électricité dans des serveurs ; c’est-à-dire du pétrole.
        P***** ! On va assister à un spectacle ! Je vous dis pas !
        Et merci qui ?
        Merci à l’insondable crasse médiocrité des politiques et des technocrates financiers.

  11. Il faudrait que l’on m’explique comment on peut déconstruire en deux ans (délais entre la demande officielle de brexit et le brexit réel) ce qui a été construit en plus de 40 ans (délais entre l’adhésion de la Grande-Bretagne à l’Europe (1973) et le référendum (2016) ) ?

    Franchement, je vois pas comment on peut faire. A moins de trancher le noeud gordien en tentant le hard brexit avec toutes les conséquences que cela risque d’avoir ou bien dire qu’il n’est pas possible de le faire donc il vaut mieux rester dans l’UE avec toutes les conséquences que cela risque d’avoir.

    Ou alors, on peut demander de nouveau son avis au peuple britannique . S’il dit : finalement on a bien réfléchit et on veut rester dans l’UE alors on retourne au business as usuel. Ou bien il redit « Merde » on veut quitter l’UE et on y est de nouveau dedans (le « caca »).

    Là je vais arrêter car je commence à avoir mal à la tête.

    Bon courage Messieurs les Anglais !

    1. @Laurent35000

      Vos commentaires me paraissent essentiels, votre mal à la tête en est une conséquence quasi obligatoire, (et aussi les Dames anglaises auront besoin du courage…).

      Néanmoins, j’aimerais ajouter deux observations, lesquelles jusqu’ici je n’ai pas vu. ¨Correct me if I am wrong.¨

      1. Aussi l’Europarlement, comme le Parlement du Royaume Uni, et également le Sénat des Etats Unis, a recu, à plusieurs reprises même, à Chris Wylie, le ‘whistleblower´ (lanceur d’alerte) sur les pratiques de Cambridge Analytica et de Robert Mercer et Rebekah sa fille, et de Steve Bannon, et évidemment leur club connecté criminel en Russie à St Petersburg en ce qui concerne les manipulations des utilisateurs de Facebook, non seulement avant et pendant les élections présidentielles aux Etats Unis, mais aussi avant et pendant le referendum sur le Brexit.

      Plus: l’Europarlement non seulement a recu et écouté à Chris Wylie, mais également à la direction de Facebook. (Londres et Washington également).

      Homme clé, du coté du Parlement Européen: le citoyen du Royaume Uni et membre du Labour Party, M. Claude Moraes. A voir ce monsieur anglais ici: http://www.europarl.europa.eu/cmsdata/158400/libe_2018_december_revised.pdf

      Ou, sur sa page au Parlement mème: http://www.europarl.europa.eu/meps/en/4519/CLAUDE_MORAES/home

      Question pour nos amies et amis les élu.e.s du Parlement Européen:

      ¨ce n’est pas un petit peu étrange de laisser le dossier de l’enquête sur Facebook et du Brexit dans les mains d’un citoyen du Royaume Uni, président (CHAIR!) de la Commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (abrégé LIBE)?¨

      (commission présidée depuis 2014 par Claude Moraes (S&D). Ses vice-présidents sont Kinga Gál (PPE), Sergueï Stanichev(S&D), Jan Philipp Albrecht (Groupe des Verts/Alliance libre européenne) et Barbara Kudrycka (PPE).)

      Il n’y aurait eu pas mieux, du coté de la présidence (M. Antonio Tajani, italien) du Parlement, de dire à ce monsieur Moraes, ¨cher monsieur, on vous aime beaucoup, mais pour éviter quelconque impression d’un mélange des intérêts, on vous propose de quitter la supervision de cette affaire à un de vos collègues dans votre commission?¨.
      (Source de cette critique: les prescriptions sur la bonne gouvernance de l’OCDE).

      2. Deuxième observation, et peut être cette observation va encore causer plus de mal à la tête de vous, Laurent.

      Ce que je ne comprends pas, du coté du Parlement Européen: pourquoi on a donné son support à la Commission Européenne, et également au Conseil, de continuer avec les négotiations avec le gouvernement du Royaume Uni?
      N’y aurait-il pas été beaucoup, beaucoup plus sage, lorqu’on a écouté les déclarations de Chris Wylie devant TROIS instances Parlementaires (Londres, Washington et Bruxelles) de dire:

      ¨Mrs. Theresa May, vous nous DITES que c’était la décision ferme et définitive du peuple britannique de quitter l’Union Européenne, mais maintenant nous avons pas mal des évidences ou au moins des indications que cette décision n’est pas du tout ferme et claire, mais au contraire, que cette décision a été manipulée et poussée vers une conclusion qui ne correspond pas à ce que vous nous vendez et a vendu dans le passé.¨

      Dans les mois passés, à chaque reprise, j’ai regardé et écouté avec de l’irritation et de la surprise le mantra à chaque reprise répétée par et bien M. Juncker et aussi M. Barnier disant: ¨nous respectons la décision claire du peuple britannique.¨ ¨Il faut respecter la décision claire et démocratique du peuple britannique¨.

      Quelle décision claire? Cette décision très probablement faussée?

      C’est ainsi qu’on négocie à Bruxelles, accepter que le partenaire dans une négotiation vous vend des contre-vérités, ou des données douteuses?

      Où se trouve l’auto-estime à Bruxelles?

      Où est-ce que tout cela est du théâtre, de la ¨stratégie¨?

      1. On voit mal comment des responsables européens pourraient tirer des conclusions de la fraude que vous évoquez et qui implique d’abord la responsabilité des britanniques gouvernants et électeurs .

        Côté des déclarations de Barnier , la mise en avant du respect du vote britannique a été son discours dès le début de sa mission ( bien avant « l’affaire » ) et c’était la moindre des choses . Sans se déjuger sur cet aspect , il le met sensiblement moins en avant .

        La balle est bel et bien entièrement et doublement dans le camp de Thérèsa May et des parlementaires britanniques , qui ont « aussi » ça à traiter .

      2. @Juannessy

        1. Vous écrivez:
        ¨On voit mal comment des responsables européens pourraient tirer des conclusions de la fraude que vous évoquez et qui implique d’abord la responsabilité des britanniques gouvernants et électeurs .¨

        Apparemment, les responsable européens pensent comme moi:
        Je cite du Twitter de Tajani:

        quote

        Antonio Tajani

        Cuenta verificada

        @EP_President
        Seguir Seguir a @EP_President
        Más
        EU citizens deserve whole truth on Cambridge Analytica’s alleged role in Brexit ref, member state electoral campaigns-especially in view of 2019 European elections. Parliament’s political groups gave me mandate to renew our call for Mr Zuckerberg to appear before us in person.

        9:05 – 18 abr. 2018

        unquote

        Mais, estimé M. Juannessy, mais grande question maintenant est, COMMENT est-ce que le président Tajani a compli cette instruction de ces ¨groupes parlementaires¨ évoqués par lui?

        Et veuillez me pardonner mon inquiétude, mais j’ai mes doutes..

        A lire le commentaire dans The Guardian après les 30 minutes (???) ‘interrogation’ de Zuckerberg, que j’ai suivi en ligne directe aussi (ici par internet) l’année passée..

        https://www.theguardian.com/technology/2018/may/22/no-repeat-of-data-scandal-vows-mark-zuckerberg-in-brussels-facebook

        Cela m’inquiète.

        2. Quant aux déclarations du coté de MM Juncker et Barnier. Probablement, comme vous l’indiquez dans votre point 3, c’est de la stratégie. Ok, je l’accepte.

        3. Vous écrivez: ¨La balle est bel et bien entièrement et doublement dans le camp de Thérèsa May et des parlementaires britanniques , qui ont « aussi » ça à traiter.¨

        Je suis surtout d’accord avec votre conclusion des derniers 6 mots: ¨qui ont « aussi » ça à traiter.¨

        Je ne suis pas entièrement d’accoord avec le premier lemme de votre conclusion, parce que j’aimerais y ajouter, comme le disait en avril 2018 le Président du Parlement Européen:

        ¨Les citoyens de l’UE méritent toute la vérité sur le rôle présumé de Cambridge Analytica dans le référendum Brexit, et dans les campagnes électorales des États membres, en particulier en vue des élections européennes de 2019.¨ (traduction de ma part, source: point 1).

  12. Le député du Labour David Lammy cet après midi aux Communes:

    Le Brexit est une arnaque, une ruse, une escroquerie, une fraude, une tromperie qui fera du mal à la plupart des gens qu’il a promis d’aider, un fantasme dangereux qui aggravera chaque problème qu’il prétend résoudre…

    Mes amis de la Chambre me disent d’apaiser les électeurs travaillistes des villes industrielles – les anciens mineurs, les ouvriers d’usine, ceux qui ont le sentiment d’avoir été abandonnés. Je dis qu’il ne faut pas les traiter avec lâcheté, disons-leur la vérité: on vous a menti.

    Les immigrants n’ont pas pris vos emplois, nos écoles et nos collèges ne vous ont pas donné les compétences nécessaires, les hôpitaux ne s’effondrent pas à cause des touristes de la santé mais des décennies d’austérité qui les ont mis à terre , vous ne pouvez pas vous permettre d’avoir une maison parce que les deux partis n’ont pas construit, et non parce que Mohammed s’est installé dans la rue, et la richesse a été concentrée à Londres au lieu de partager à travers le pays.

    Blâmez-nous, blâmez Westminster, ne blâmez pas Bruxelles pour les erreurs de notre propre pays et ne nous en voulez pas de vous dire la vérité, soyez en colère contre les gouvernements qui vous ont vendu un mensonge…

    Tout comme je m’adresse clairement au gouvernement cette fois-ci, permettez-moi également de parler de la position sur certaines vérités nationales. Il n’y a aucune justification de gauche au Brexit.

    L’abandon des droits des travailleurs, des protections sociales et de la coopération environnementale n’est pas progressiste.

    Il s’agit d’un projet sur la dérégulation néo-libérale, c’est le thatchérisme au stéroïdes poussé par ses disciples modernes.

    Quitter l’UE ne nous libérera pas des injustices du capitalisme mondial, mais nous rendra subordonnés aux États-Unis de Trump.

    Le socialisme confiné à un seul pays ne fonctionnera pas, que vous le vouliez ou non, le monde dans lequel nous vivons est mondial, nous ne pouvons réparer le système truqué que si nous coopérons au-delà des frontières.

    Le parti de Keir Hardie a toujours été international. Nous ne devons pas décevoir nos jeunes supporters en ne les soutenant pas dans le plus grand problème de notre vie.

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

    1. Lammy exprime ces fortes convictions dans l’espoir de pousser à un second référendum, mais il est très difficile de l’imaginer puisqu’il faudrait qu’une majorité au Parlement soutienne un tel projet ce qui n’est pas le cas, et il faudrait encore que le gouvernement demande à Bruxelles de décaler la date du 29 mars afin de donner le temps matériel d’organiser un second référendum, or ce gouvernement refuse de le faire et il n’y a pas de majorité au Parlement pour faire tomber le gouvernement.

      C’est trop tard, ou trop tôt.

      Trop tard pour empêcher le Brexit. Trop tôt pour revenir dans l’UE, ce qui se fera peut-être un jour mais est clairement prématuré.

    2. Il y a au moins un Lammy qui voit clair…. c’est pas comme notre pascal Lamy national , une belle tête de champion celui là … Quand je pense qu’il se dit socialiste, avec ses analyses au raz des paquerettes…

      Il était l’invité de « on arrête pas l’éco » le 8 décembre dernier, écoutez ça si vous avez du temps à perdre, mais on peut faire du repassage et lire le dernier Houellebecq en même temps… P. Lamy, on n arrette pas l eco 8 12 2018

  13. Je pense que la classe politique Britt n’est pas sortie mode TINA. Ils ne sont qu’une courroie de transmission entre les véritables détenteurs du pouvoir et le peuple.
    Pendant tout ce temps, les tensions se sont accrues entre les classes de la société Britt, au point que les seuils de tolérance de certaines couches de la population sont maintenant dépassés. Cette remarque concerne aussi bien la classe politique, réduit à la denture d’une courroie, que pour un ouvrier de la classe populaire qui se serre la ceinture les trois dernières semaines du mois.
    Tension et criticité mènent les gens sur des nouveaux rivages qui changes leur représentation de manière irréversible.

  14. Et dans ce cas, quel type de situation signalerait-il un effondrement dans ses manifestations initiales ?

    C’est vrai : les signes ne manquent pas, partout de par le monde…il faut être réaliste, on va se casser la gueule.

    Cette simple observation pour ceux qui doutent : souvenez-vous de 1973, comme la vie était douce. La paix, pas de délinquance, du travail à peut près pour tout le monde, à manger et des soins pour tout le monde. On se dit que si le PIB de 1973 avait pu être multiplié par 3, alors vraiment nous n’aurions eu rien de plus à désirer !!!

    Il a été multiplié par 10, et c’est la totale chienlit. ça doit faire réfléchir non ?

    Reste à savoir, si nous voulons continuer à être une nation, une fois qu’on sera tombés. Et il vaudrait mieux se préparer avant, (et c’est en ça qu’on peut être optimiste), pour ne pas se faire trop mal…

    1. Une fois qu’on aura tombé ( ce que je n’espère pas ) on aura enfin compris que ce n’est pas comme nation jalouse de sa « liberté » et de son « auto-détermination « ( qui n’existe plus dans la réalité depuis déjà quelques décennies ) qu’on pourra survivre avec les idéaux qui sont et devraient rester les nôtres .

      Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

      On ne pourrait ressusciter qu’avec et au sein « des autres  » .

      Raison de plus pour gagner du temps et des drames et souffrances , en le faisant ici et maintenant .

      1. Il faut imaginer une véritable réforme fiscale je pense, quelque chose de révolutionnaire. J’espère qu’à Place Publique, ils vont s’y coller.

      2. Parce que à discuter avec le reste du corps politique si oui ou non, il fallait supprimer l’ISF, on n’est pas très différent des autres, et c’est loin d’être à la hauteur, à mon avis, de ce qu’il faudra inventer face à ce qui se prépare…

      3. @ Juannessy + Vincent Rey

        La réalité d’une intégration Européenne des mouvements nationaux et des systèmes étatiques existe bien et belle depuis 1945.

        Évidemment et objectivement d’une nature ‘diversifiée’:

        – Conseil de l’Europe (Strasbourg)
        – Cour europénne des droits de l’homme (Strasbourg)
        – European Trade Union Confederation (Bruxelles)
        – BusinessEurope (Bruxelles)
        – BEUC (European Consumers Organisation (Bruxelles)
        – European Union (Bruxelles/Strasbourg)
        – Banque Centrale Européenne (Frankfurt)
        – Schengen Agreement (Luxembourg)
        etc.

        D’abord le referendum en France (mai 2005), ensuite celui aux Pays-Bas (juin 2005), sur le texte d’une Constitution Européenne, d’ailleurs déjà accordé par le Parlement Européen, a jeté de l’huile sur la discussion au Parlement de Westminster (Londres), et ainsi a donné un très beau prétexte à Jac Straw le juin 2005, d’envoyer un referendum britannique sur le texte de la Constitution Européenne à la salle d’attente.

        Probablement il sera bien de revenir sur l’histoire de ce drame, dédramatiser les évènements de 2005 en France et aux Pays-Bas, et revoir, par exemple ici au BLOG, le contenu du texte proposé en 2005, et voir si nous serons capables de cuisiner quelque chose agréable, non-bureaucratique et simple mais comfortable.

        https://www.universalis.fr/encyclopedie/constitution-europeenne/#i_37009

      4. Il faudrait le comprendre, mais est-ce que ce n’est pas un vœu pieu ? Les allemands avec leur croissance formidable pensent qu’ils ne doivent leur réussite qu’à eux -même ! On aurait besoin d’un véritable homme d’Etat en Allemagne, quelqu’un qui aiderait les allemands à redorer leur blason…on a que des suppots du capitalisme…

        Tant pis pour eux, ils resteront assis sur leur tas d’or, et ils auront une croix gammée gravée sur la figure jusqu’à la fin des temps.

      5. @Vincent Rey (11/12 à 17h26&17h28) écrit:
        … » Il faut imaginer une véritable réforme fiscale…(…)…Parce que à discuter avec le reste du corps politique si oui ou non, il fallait supprimer l’ISF, on n’est pas très différent des autres, et c’est loin d’être à la hauteur « …
        Bien d’accord..cela doit être possible par le RIC bien(=intelligemment, avec des spécialistes de confiance..) négocié. A propos de tel spécialiste, indispensable de prendre vingt petites minutes pour écouter(et, mieux, réécouter..) ce qui suit, à partir de la minute 22’30 » sur les 45.
        Pascal PERRI, orthodoxe libéral quasi-assumé, anime une émission « Perriscope » de 45′ à une heure d’écoute « normale » pour, dit-il, déniaiser le public face à l’actualité économique… Vaste programme, avec… impossible de faire autrement.. , un minimum d’interventions d’économistes hétérodoxes.
        Le 3 janvier dernier, il a pris le risque d’inviter son « collègue » Ch.RAMAUX, hétérodoxe et « atterré », et surtout, il n’a pas pu lui faire perdre le fil de son raisonnement… Deux grands thèmes déroulés: ++le démontage de la faribole de la consommation sociale des 56% du fameux PIB français et, « last but not least ».. ++ la description de la ruse « nationaliste » du fisc américain(.. une fois n’est pas coutume!!) pour « retenir et imposer » les plus riches contribuables..
        Un véritable régal …surtout ne pas se priver de répandre sans modération.
        https://www.lci.fr/replay/replay-perri-scope-du-jeudi-3-janvier-2019-2109141.html
        Si on passe aux quatorze(14) tranches d’imposition de Piketty en ayant soin de calibrer sans pitié les quatre dernières, tout en aplatissant pour examen clinique et, après bilan d’utilité publique, traitement chirurgical les quelque 500 « niches » fiscales actuelles….. m’est avis qu’ « on » aurait bien avancé. Merci les G.J.!

      6. Si la chute que vous évoquez est l’effondrement annoncé je crains que le « au sein des autres » sera réduit à portion congrue, je vous suggérerai bien la relecture de Malevil de Robert Merle

      7. @Romain Vitorge /

        C’est Vincent Rey qui évoque l’effondrement ( que je n’espère pas ).

        Votre dernier commentaire sous entend qu’à un effondrement ne survit personne . Hélas , si , juste assez pour pleurer les morts et les destructions , et dans le meilleur des cas refaire famille pour tenter de repartir . Après un retour de plusieurs siècles en arrière . Pour rien . Par bêtise humaine .

      8. @ Juannessy 13 janvier 2019 à 21 h 02 min
        je réagissais à vous propos :
        …/… Une fois qu’on aura tombé ( ce que je n’espère pas ) …/… On ne pourrait ressusciter qu’avec et au sein « des autres » …/…
        Juannessy 13 janvier 2019 à 21 h 02 min
        …/… Votre dernier commentaire sous entend qu’à un effondrement ne survit personne …/…
        Malevil est le récit d’une renaissance après un effondrement partiel puisqu’il n’est « que » technique pas d’un effondrement sans survivants.

  15. Encore quelques mot concernant le Royaume Uni et son Brexit.
    J’ai participé comme tous an ans, vers la fin de l’été, au grand programme musical « The Last night of the PROMS ».
    Cette fois-ci on a joué et chanté trois fois (!) « Britannia roule over the waves » , suivi de « God Save the Queen », ainsi que « Pomp and Circonstances » de Edward Elgar ». C’est un moment très émouvant. Cela montre que les anglais sont fier de leur identité et ils ont, ô combien, raison. Les glorieuses « élites » 🙂 francaises veulent faire croire aux gens qu’il faut se fondre dans « l’Europe », négliger voire renier l’identité nationale. Mais l’Europe c’est devenu un projet ultralibéral, les technocrates, acteurs et figurants de l’Europe de Bruxelles le savent, mais on continue à broder l’image d’une « Europe Féderale » pour noyer le poisson. J’ai discuté récemment avec une femme politique connue sur la place; je lui ai dit qu’il faut plus d’état, plus d’autonomie nationale par rapport aux institution extériereures. Elle m’a donné raison – sans plus.

    1. @ Germanicus + Vincent Rey

      Merci pour vos réactions vives.

      Oui, les difficultés, les obstacles sont là.

      Mais c’est une raison pour ne rien faire?

      * le blockade franco-néerlando:
      aux Pays-Bas au moins, l’opinion publique majoritaire actuelle vis-à-vis l’Europe a changé vers un ¨PRO¨ très solide;

      * le surplus allemand:
      tout le monde sait, y compris Otto Scholz même, que la critique au comportement obsessif venait dès l’intérieur de l’Allemagne même: Helmut Schmidt n’était pas et n’est pas le seul critique; il faut continuer avec cette critique, comme on dit aux Pays-Bas devant les menaces de l’eau aux diques: ¨Tu dois continuer à pomper.¨

      https://www.abendblatt.de/hamburg/100-jahre-helmut-schmidt/article216056709/Olaf-Scholz-Er-dachte-bis-zuletzt-ueber-die-Zukunft-nach.html

      * la politique identitaire:
      oui, mais il faut nous souvenir bien comment la gauche même est responsable d’agiter là-dessus et d’isoler les aspects d’identité des aspects socio-économiques;

      * la bureaucratisation: (vous ne la mentionnez pas, laisse-moi l’ajouter alors)
      oui, vraiment ‘servir’ le public, soyons clairs, ce n’était pas et ce n’est toujours pas le point fort de pas mal des entités publiques.

      Alors: revenons aux propositions de Paul Jorion (et de ses camarades de la PP): nous pourrions les alimenter avec nos critiques, nos propos, nos avertissements, cela me paraît un commencement modeste, fiable et important.

      Qu’en pensez vous?

      1. Oui, et mon oui est un oui européen.

        (Il faut quand même attention dans ces moments intenses de dénominations houellebecquiens 😉 ).

      2. @ Julien Alexandre

        Comme l’a (très) bien expliqué Paul Jorion, les problèmes sont plutôt complexes.

        Un exemple suffit, expliquant comment une partie de l’Europe (Eurozone), fonctionnait dans le bon sens, mais d’une facon illégale:

        ** pour être effectif comme sauveur, Draghi devait (illégalement) s’éloigner de son mandat, et aussi d’entre autres Weidemann, qui avait juridiquement raison mais qui en même temps, en termes de sauvetage et de protection de son propre intérêt, avait tellement tort. **

        Il y a toute une quantité des exemples identiques quant aux fonctionnement des DG de la Commission, ou du coté de ses Agences Décentralisées.

        Chaque fois on peut observer que les vraies spécialistes, devancent des majorités dans le Parlement Européen, ou, ce qui est presque la même chose, devancent des majorités parlementaires dans leurs pays d’origine.

        Très souvent, l’action ¨Européenne¨ devance des positions ¨congelées¨, ¨arrièrées¨ dans des situations nationales.

        Cela est vrai, pas seulement en qui concerne les organes de l’Union Européenne, mais également en ce qui concerne des activités du Conseil de l’Europe (Turquie…. Russie…. etc etc), ou la Cour européenne des droits de l’homme, ou, dans le cas de Draghi évoqué par Paul Jorion, en ce qui concerne la BCE.

        Il y a un ‘retard’, une certaine ‘inertie’ dans le système, ce qui a à voir certainement avec une certaine ¨frilosité¨ d’un coté des populations (bienque des programmes comme Erasmus etc ont aidé beaucoup à casser la glace… et on trouve une très forte confirmation dans une analyse récente du referendum du Brexit que j’ai présenté ailleurs au BLOG), et, certainement aussi, un niveau d’arrogance incroyable de la bureaucratie notamment à Bruxelles.

        Dans ce sens, les deux referenda de la France et des Pays-Bas (mai et juin 2005) ont bien réveiller de deux cotés (populations pro-européennes et bureaucrates bruxellois-strasbourgeois).

        Ce qui aidera beaucoup aussi, serait d’employer la force du bon exemple.

        Pensons, par exemple, aux lecons de José Mujica, qui comme président de ULTRA-gauche et ancien membre de la guerrilla en Uruguay a su conquistar les coeurs de toutes et de tous de droite et de gauche, et non seulement en Amérique Latine.

        Simple lecon: ce n’est pas tellement difficil de changer les rapports de forces dans un délai bref.

        (Paul! 😉 )

        https://www.voanews.com/a/former-president-jose-mujica-retires-uruguay-senate/4528676.html

    2. @Germanicus,
      tu peux retrouver tout ce que je vais dire ici :
      http://www.europarl.europa.eu/factsheets/fr/section/187/les-institutions-et-organes-de-l-union-europeenne

      Alors l’Europe comment çà marche!
      Je vais juste prendre les instances les plus importantes :
      Conseil Européen= Chefs d’États des nations .
      Commission européenne= hauts fonctionnaires (le gros hic anti-démocratique il est là …;-)
      Conseil de l’Union Européenne=Il y a plusieurs conseils en fait et ils se réunissent par spécialité. Ex: un conseil avec les ministres des finances, un conseil avec les ministres de l’intérieur, un conseil avec les ministres de l’Éducation, etc,etc,etc
      Parlement Européen = représentation du peuple Européen (le seul organe vraiment Européen….)

      Je vais faire une analogie maritime pour bien expliquer le fonctionnement du bateau Europe.
      Le Capitaine c’est le Conseil Européen, les seconds du Capitaine c’est le Conseil de l’Union Européenne, le timonier (sous l’autorité du Capitaine!) c’est la Commission Européenne et enfin les matelots c’est nous représenté au travers du Parlement Européen.
      Question: Qui commande?

      Actuellement, c’est pas une Europe Fédérale qu’on a ou une sorte de machine qui dicterait aux pauvres nations des directives…..La réalité c’est que ce sont les nations qui gouvernent l’Europe et elles n’ont jamais cessé. Seulement, elles trouvent pratique de faire croire au gens que c’est l’Europe qui impose à leur pays des actions dont elles sont à l’origine! Machiavélique ou très con au choix car en faisant çà les gouvernement écœurent les citoyens de l’Europe.

      1. Right on the money Pierre!

        Cela fait un paquet de fois que j’explique en long, en large et en travers comment fonctionne VRAIMENT l’Europe.

        Mais quand on doit composer avec des gens qui ne veulent pas comprendre…

      2. Mais la Commission est un peu plus que l’Administration par des fonctionnaires. Elle a « l’initiative de concevoir les directives ». Donc elle joue le Collectif politique contre les Etats individuels. Parfois c’est le Capitaine (conseil Européen des chefs d’Etat) qui donne l’ordre et parfois elle prend vraiment l’initiative en sollicitant les parties concernées (les lobbys). La Commission est donc hautement politique. (Parfois je ressens que Bercy est dans ce rôle en France, mais je ne sais pas d’où provient son pouvoir. Rien de ce genre en Belgique). Elle sert aussi de paravent aux Etats (c’est pas moi, c’est la Commission), et même au conseil Européen. En ce sens, l’Europe fonctionne comme une mafia : nul ne peut déroger aux règles, mais ne demandez pas comment elles se décident. Ce n’est ni une Union, ni une Fédération, mais une Communauté d’intérêts. C’est ainsi que le libéralisme est devenu la religion commune des dirigeants.

  16. Enfer et damnation hors L’UE point de salut.
    Même bancal le machin pourrait encore nous amener loin.
    Ne serait ce Pas de l’hallucination collective?

  17. Commentaire hors sujet… quoique relevant de l’implosion…
    Ce soir j’ai enfin compris ! Un révolutionnaire occupe l’Élysée ! Et il avait annoncé la couleur en donnant comme un étrange titre à son livre : « Révolution ». Il vient de déclarer :
    « Les troubles que notre société traverse sont aussi parfois dus, liés au fait que beaucoup trop de nos concitoyens pensent qu’on peut obtenir sans que cet effort soit apporté, que parfois on a trop souvent oublié qu’à côté des droits de chacun dans la République (…) il y a des devoirs ».
    Il a aussi précisé que : « Notre jeunesse a besoin qu’on lui enseigne un métier, des gestes, des savoirs, le sens de l’effort et le sens de cet engagement qui fait qu’on n’a rien dans la vie s’il n’y a pas cet effort ». Rappel des déclarations antérieures : suffit de traverser la rue ou de bosser pour se payer un beau costard comme le sien. Cohérent dans la charge.
    En résumé, la populace (= les gilets jaunes ) veut du pognon sans rien foutre ─ autrement dit, une révolte des assistés.
    C’est génial de sa part : il remet une louche au cas où ce mouvement faiblirait. On verra bien mais si ça prenait de l’ampleur ce week-end, nul ne pourrait dire qu’il n’a pas fait de son mieux pour abattre le système dont il est en quelque sorte une clé de voute. Un vrai révolutionnaire, vous dis-je !

      1. Droit dans ses bottes il joue le pourrissement.
        Même si il boit la taxe
        nous ne serons pas sorti de l’auberge.

      2. On ne sortira pas de l’auberge non plus avec des mots d’esprit et la poupée expiatoire Macron .

        Si « on » avait une idée pas trop fausse de l’ auberge dont « on » parle , ce serait déjà pas mal , et une bonne condition pour savoir comment en sortir .

    1. C’est simplement politique, en vue de la prochaine échéance électorale, il veut recadrer le petit noyau de ceux qui l’ont soutenu au début du processus de prise du pouvoir et qui auraient des états d’âme, ramener à lui (grâce aux moulinets de matraque de Castaner) la fraction LR demandeuse de plus de fermeté.
      Le processus de manipulation de l’opinion publique est bien engagé, il faut détruire l’image des gilets jaunes : ce sont des fainéants ne réalisant aucun effort pour la collectivité, ce sont également des foules haineuses, d’où la réquisition du Parquet contre l’ex champion de boxe qui avait voulu jouer au bourre pif avec un gendarme (le monopole de la violence doit rester à l’Etat !)
      Les choses se décantent peu à peu, les gilets jaunes seront considérés d’emblée comme hors-la-loi et ceux qui voudront bien rester dans le cadre de ce qui est autorisé, seront le cas échéant invités à bavarder dans le cadre strict du grand débat, pour peu que l’on puisse trouver un successeur à Chantal Jouanno…

  18. Vincent Rey:
    ll faut prendre en considération le fait que le mark – Deutsche Mark – est né avant la constitution de l’Allemagne Fédérale, donc l’économie était là avant existence d’un nouvel état né des cendres. Ainsi que s’est formé une espèce d’identité nationale, basée sur le succès économique. C’est la raison pour laquelle le système allemand défend bec et ongles l’euro et l’UE; les deux sont les outils pour non seulement maintenir, mais aussi développer la dominance économique.

  19. Capacité de charge duale.

    De l’extérieur, une Nation c’est grosso modo un objet culturel qui réunit des individus autour d’une constitution, son gouvernement et des flux commerciaux, culturels et humains dans l’espace des Nations du monde. De l’intérieur, une Nation démocratique, c’est le peuple générateur et consommateur de flux et ses représentants élus par qui le savoir remonte (la vie pratique) vers le gouvernement et la connaissance (l’organisation, la synthèse, l’optimum) en redescendent. Les civilisations, les Nations meurent alors que les humains leur survivent (le plus souvent) pour en reformer de nouvelle.
    La mort, d’un point de vue fonctionnel (organe, institution, administration), c’est la rupture du contrat, du rôle, dont dépend le bon fonctionnement de son hôte sur une période qui excède sa capacité de charge.
    Selon cette description simpliste, les classes politiques de la plupart des démocraties représentatives sont en train de les tuer. Mais l’humanité entière est aussi entrain de se suicider en dépassant la capacité de charge de la terre.
    Pour qu’une Nation vive, il faut un gouvernement qui détient le pouvoir et des représentants du peuple qui jouent leur rôle d’interface dans la circulation du savoir et de la connaissance. Nous avons essentiellement des gouvernements sans pouvoir et des représentants, corrompu lors de leur ascension, qui mentent comme des arracheurs de dents. La connaissance est remplacée par la propagande et le savoir emprunte les canaux d’internet dans un brouhaha infernal sans jamais voir la lumière.

  20. L’Union pose un gros problème lorsqu’il engendre des positions binaires. Soit on y reste soit on en sort puisqu’il n’est pas possible de réformer son fonctionnement démocratique et constitutionnel. L’Europe, véritable statue de sel, ne parvient pas à évoluer avec son temps et les urgences de notre temps.

    Concernant le dialogue social, cet article ci-dessous du club médiapart (expression libre n’engageant pas la rédaction), des connaisseurs pourraient-ils s’exprimer sur la véracité de ce qui est exposé là ?
    https://blogs.mediapart.fr/leo-le-calvez/blog/100618/leurope-et-les-syndicats-une-relation-bizarre

    1. Un malheureux tissu d’idioties comme on en lit à la pelle sur les blogs non liés à la rédaction de Mediapart.

      J’invite plutôt à s’informer à la source ici en lisant le manifeste de la CES : https://www.etuc.org/sites/default/files/publication/files/ces-congrecs_2015-manifesto-fr-ld_def.pdf

      Franchement, difficile de faire meilleur programme pour l’Europe que ce que l’on peut y lire. Si seulement l’Europe n’était pas bloquée par les égoïsmes nationaux qui dirigent le Conseil européen…

      1. Enfin.
        «L’Europe a un blocage.»
        Ce jour est à marquer de petits cailloux blancs, pour nous autres Petit Poucet.
        Un blocage, sans blague! et depuis combien de temps ? 20 ans? 30 ans?

        Cher Julien Alexandre, je vous invite à rechercher si d’autres blocages n’existeraient pas; au hasard les lobbies…
        Qu’est-ce qu’on fait face à un blocage ? Face à nombre de blocages ? Et notez-le, institutionnels tous ces blocages. Bien que non voulus, supposition avancée par charité.

        Encore un effort supplémentaire de lucidité et vous trouverez que l’Europe est dysfonctionnelle, son personnel dirigeant pas à la hauteur et son utilité douteuse. C’est vrai, pas pour tout le monde. Douteuse néanmoins pour le peuple, dont une portion de plus en plus faible peut se déclarer satisfaite.
        Et comme moi, cela ne vous réjouira pas.

      2. Etes-vous naif! Pardonnez ma franchise. « L’Europe » ne sera jamais autre chose. Demandez à un politique d’un pays de l’est pour quelle raison son pays est dans lUE; vous aurez presque toujours le même type de réponse: sécurité (la peur des russes) et économie, en terme subventions, crédits, échange de marchandieses et export de la maind’oeuvre – c’est tout. Allos arrêtons le blabla autour d’une « Europe fédérale ». Allemagne, en apparence si europhile, poursuit sa propre politique hégémoniale, c’est une réalité………Le fameux projet européen des années 50 s’est évaporé pour faire place à une grande foire où des innombrables lobbys et pressure groups trouvent leur compte. Alors cessons de raconter au publique n’importe quoi. Le but, la nouvelle version de « l’Europe » c’est un espace le libre échange ultralibéral. En tout cas c’est ce que j’entend souvent. Tout faisant croire au bon peuple autre chose, il faut bien qu’il reste europhorique.

      3. @Germanicus :

        Vous donnez donc raison à Julien Alexandre .

        « Libre échange ultra-libéral « ?

        Evidemment , que voulez vous qu’il advienne d’autre, quand on ne veut rien d’autre que jouer dans sa cour de village ?

      4. @ Julien Alexandre

        Merci pour ce lien.

        Toujours sur le dialogue social au niveau européen, quand je lis le document, je n’ai pas l’impression que la CES a des espaces de dialogue institutionnalisés ou alors d’une manière très insuffisante. Dans quelle(s) instance(s) la CES peut-elle prendre part au dialogue ? Depuis le non à la constitution, je n’ai toujours pas compris comment interviennent concrètement les syndicats au niveau européen aujourd’hui.

        « La CES exige une reconnaissance plus affirmée du droit de la Confédération européenne
        des syndicats à participer aux prises de décision au niveau européen. »

        « Les syndicats, tant au niveau européen que national, doivent être consultés à propos
        des projets sélectionnés pour un financement »

        « Nous exigeons le renforcement du dialogue social européen, aussi bien au niveau interprofessionnel que
        sectoriel, au travers d’accords contraignants qui produisent des résultats concrets et
        d’une politique sociale proactive de la Commission européenne »

        « Le salaire minimum légal, là où les syndicats le réclament, doit être fixé en concertation
        avec les partenaires sociaux »

        « L’autonomie des partenaires sociaux doit être respectée aux niveaux national et européen. Nous refusons toute ingérence des autorités publiques dans le dialogue social »

        28″Les gouvernements des États membres et des pays candidats doivent, avec le soutien
        de la Commission, instaurer un véritable dialogue social autonome à tous les niveaux.
        Des indicateurs doivent être mis en place pour suivre et évaluer l’état d’avancement et
        la qualité du dialogue social national bi- et tripartite dans les pays européens là où les
        syndicats le réclament »

        « …. la représentation des travailleurs dans les conseils d’administration
        et les organes décisionnaires des différentes formes de sociétés européennes. La CES
        demande une directive établissant une architecture nouvelle et intégrée pour l’implication des travailleurs »

        Sinon, le programme est assez fourni effectivement Je me demande néanmoins ce qu’est une croissance durable dans le contexte actuel. Idem pour l’emploi durable lorsque l’emploi disparaît. J’ai du mal à imaginer la différence entre l’apprentissage tout au long de la vie et la formation tout au long de la vie (le premier terme serait-il la traduction européenne du second ?). Enfin la CES ne dit rien sur une éventuelle évolution institutionnelle de l’Union. Considère-t-elle qu’elle n’est pas souhaitable ou bien est-ce que le programme amène implicitement des changements institutionnels, en plus d’une présence plus affirmée des syndicats. Lorsqu’elle évoque « une architecture nouvelle » par exemple….

        « Pour réaliser ces objectifs, la CES jouera pleinement son rôle pour porter la voix des
        travailleurs, engager le dialogue avec les employeurs et les responsables politiques de
        l’UE et coordonner les politiques et activités syndicales »

        Quels moyens concrets a ce syndicat actuellement pour défendre ce programme ?
        En d’autres termes : siège-t-il ? Où ?

      5. @ Armelle, Juannessy, Julien Alexandre, Daniel, Germanicus:

        a. https://mailchi.mp/etuc/la-voix-des-travailleurs-la-newsletter-de-la-ces-n131-fr

        b. https://www.etuc.org/fr/pressrelease/le-conseil-de-leurope-reconnait-le-droit-de-negociation-des-independants-cest

        (Une confirmation de ma position, et de mon expérience que très souvent le Conseil de l’Europe (Strasbourg) devance l’Union Européenne.

        Proposition: Paul/ le BLOG et la CES et le CEJ, pourront solliciter de l’appui du Conseil de l’Europe pour organiser, à Strasbourg, un collogue sur la gratuité et les conséquences pour le travail / emploi (pas la même chose évidemment).

        (Supposant que la gratuité créera pas mal de travail… mais aussi de l’ emploi? Bien rénumré? )

        https://www.coe.int/fr/web/youth/eyc-strasbourg

  21. Si quelqu’un peut m’expliquer comment ça va se passer la gratuité , on va aller au marché avec son petit panier et on aura des légumes et des saucisses gratuites ? Dans ce cas qui seront les producteurs ? Des sortes de coopératives où il faudra faire la queue toute la journée pour quelque boites de conserve comme au bon vieux temps de l’urss ? Un resto du cœur géant à l’échelle d’un pays ? Sans central d’achats mais avec quelle logistique ?
    En vous remerciant …

    1. ça commence, et c’est bien normal, par des points d’interrogations…
      qui suivent des propositions qui viennent du cadre auquel nous sommes habitués.
      C’est là qu’il faut faire le ménage pour laisser place à l’imagination, à l’inventivité.

      Cela doit se faire sans interdit, sans liste noire, sans censure, de « mauvaises » idées pouvant en cacher d’excellentes.

    2. S’agissant des gratuités , faire le repérage de celles qui existent déjà historiquement , totales ou partielles , en France ne serait sans doute pas inutile pour éviter d’entendre des âneries comme actuellement , qui tendent à détricoter cet acquis , consciemment pour des esprits de droite ou d’extrême droite , en se tirant une balle dans le pied sans le savoir pour des esprits de gauche et d’extrême gauche , l’ensemble ayant perdu la conscience du service offert ou ne l’ayant jamais eu . Ce qui est un des risques de la gratuité : qu’on l’oublie parce qu’elle fait partie du décor .

      Pour le coup , c’est de la connerie « en même temps  » de droite et de gauche .

      Le deuxième temps pourrait consister à sauvegarder et conforter ce qui existe .

      Le troisième temps à tendre à s’assurer que ces gratuités sont offertes de façon homogène dans les pays qui prétendent vivre ensemble dans un espace économique qui est le garant de la possibilité et du maintien en vie d’une telle offre sociale . Les champs à balayer sont assez connus sous l’intitulé habituel de « protections sociales », mais selon les pays , cela inclut ou pas « la santé » , « les prestations familiales  » et  » l’éducation » – excusez du peu – et il faut sans doute une analyse comparative homogène , au moins au niveau européen ( si , quand on parle de protections sociales , on ne parle pas d’Europe des peuples , je ne comprends plus rien au langage ).

      Peut être Julien Alexandre a-t-il de bons liens , s’agissant de ces comparaisons , tirées d’Eurostat par exemple . Il y a quelques années , j’avais trouvé aussi des choses intéressantes et synthétisées clairement dans des infos données par la fondation Gabriel Péri du PCF .

      Par contre , il me semble que le chantier « gratuités » ne peut être mené indépendamment des autres éléments que sont « retraites  » , « salaires et revenus » ( et donc fiscalité ) . Rien que ça .

      Car c’est l’ensemble du système économique support , au niveau territorial respectable et respecté par la guerre mondiale , qui peut donner ou pas des chances au système social de fonctionner ou survivre ( autrement que par la dette exponentielle et éternelle ).

      Chaque pays européen tenté par la vie solitaire l’apprend et l’apprendra de plus en plus vite . Les Britanniques pour les premiers , si …

      PS : est ce que le psychanalyste Paul Jorion peut m’expliquer pourquoi le même gilet qui réclame le RIC se fait prendre en photo devant la préfecture en train de brûler sa carte d’électeur ?

      1. Je me permets de fournir un élément de réponse à votre question en PS:

        élire et voter sont deux actions différentes, souvent combinées, mais ce n’est pas obligatoire…
        Élire, par un vote, c’est, en général faire monter un candidat dans le monde ses zélites, non ?
        Alors que l’on peut, par exemple, voter pour ou contre une loi, une constitution, un mode de représentation…

      2. Vous avez déjà voté à un referendum sans carte d’électeur ?

        On voit et on entend de ces choses …..

        Je vous rajoute à la liste d’attente de Paul Jorion !

    3. Tout ça pour dire que le et les bons lieux pour travailler à ça , sont là , et qu’il faut leur faire prendre la main sinon le pouvoir sur l’entreprise , la finance et bousculer les politiques , pourvu que les citoyens se renseignent un peu et acceptent de « participer » …vraiment ( cf vidéo de Jacques Testard ) :

      https://www.lecese.fr/decouvrir-cese/ces-en-france-et-en-europe

      On notera aussi au passage que parmi les organisations Onusiennes , la plus ancienne ( bientôt les 100 ans à Genève ) et reçue comme la plus efficace , c’est l’OIT qui coopère , au sein du Conseil économique et Social de l’ONU , avec la FAO , l’Unesco , l’OMS , la banque mondiale et le FMI . ( petit salut à Bernard Thibault maintenant au BIT ) .

      1. @Juannessy
        « Vous avez déjà voté à un referendum sans carte d’électeur ? »

        Non.
        Mais, pourquoi ne pas considérer comme possible, la création d’une carte de « voteur » ?

        Carte qui permettrait au citoyen de donner son avis sur… sans pour autant donner, in fine, carte blanche à un politicien professionnel.

      2. @Juannessy (bis)
        « Vous avez déjà voté à un referendum sans carte d’électeur ? »

        Vous avez déjà fait vos course au supermarché sans passer à la caisse ?

        Et pourtant, on parle, ici même, de gratuité 🙂

      3. @Juannessy (ter)
        « Vous avez déjà voté à un referendum sans carte d’électeur ? »

        Et pourquoi ne pas donner la parole (vote) à toute personne concernée (résident, contribuable, …) ?

        Par exemple: concernant un débat sur les retraites: peut voter: retraité, cotisant,… liste non limitative…
        Là encore, il ne s’agit pas d’élection.

        Et, pourquoi faudrait-il, dans l’avenir, faire dans le cadre du passé ? Je vous le demande !

  22. Bonjour le blog,
    Je verrais bien 4 axes de gratuité à développer:
    – alimentation,
    -logement,
    -santé,
    -éducation.
    Je pense que se sont les 4 champs à explorer en priorité. Le but de la gratuité serait d’être à la fois garant pour les personnes de sécurité face la précarité via l’alimentaire, le logement et la santé mais aussi garant de liberté citoyenne via l’éducation.
    Dans le but d’amener « naturellement » l’idée de gratuité sachant que le concept se heurtera forcément à la pensée dominante du moment, je me suis demandé si la gratuité ne devrait pas être abordé en l’articulant avec la transition écologique. L’idée serait de rendre gratuit que les pratiques respectueuses de l’environnement. Par exemple, le panier alimentaire devrait être conçu à partir de source écologiquement responsable. Ceci n’interdirait pas la production « classique » d’autres aliments mais ceci resteraient à la charge et à la responsabilité de chacun. On pourrait ainsi mettre en application le concept de pollueur/payeur.
    Il reste un et non des moindres problémes à résoudre comment faire apparaître un îlot de gratuité dans un océan de « tout payant »? Je vois 2 approches:
    -soit le gratuit est « payé » via des sources de financement classique (transaction financière, impôt,etc…) mais cette solution laisse le gratuit sous la pression de son financeur….
    -soit le gratuit est produit dans un cadre nouveau qui reste à inventer…..Là, je laisse des économistes nous élaborer le concept. Il doit bien exister des modèles.

    1. Si vous êtes capable de renseigner votre deuxième « soit » , vous venez de découvrir la pierre philosophale et le secret de la domestication de la fusion nucléaire en même temps ( faites vous connaitre par ITER ).Jean Luce Morlie avait eu un temps des tentations dans ce sens .

      Sur vos quatre items , la France a déjà une certaine expérience sur la Santé et l’Education .

      Sur l’Alimentation , ça n’est pas peut être le plus financièrement inaccessible ( et on a déjà l’expérience publique des cantines gratuites dans pas mal de communes ) ,mais le consommateur d’alimentation gratuite peut se montrer plus exigeant qu’il ne l’est actuellement avec lui même sur ce créneau . L’affaire serait sans doute à réserver au public le plus en difficulté et le réseau existant des assistants sociaux d’état ou départementaux , sollicité sur cet aspect .

      Sur le Logement ( construction , maintenance , gestion, charges courantes ) , j’ai déjà exprimé que ça me semblait être l’item techniquement , socialement et financièrement le plus ardu à résoudre , et je vois trois grands repères immédiats :
      – s’appuyer sur les acteurs actuels avec des outils éventuellement rénovés ,
      – comme pour l’alimentation traiter d’abord ( et peut être uniquement ) les urgences évidentes ,
      – sur le fond , pour qu’à moyen et long terme , l’affaire soit financièrement atteignable , interdire la spéculation foncière et immobilière .

      Par contre , Macron en avance plus que vous , car dans sa lettre , il n’a pas oublié comme vous :

      – la sécurité intérieure et internationale ,
      – la justice .

      Personnellement , j’aurais aussi mentionné:

      – pour maintenir une forme de liberté de la circulation : gratuité des réseaux routiers publics ( de plus en plus abandonnés au marché ). Maintien d’un domaine public protégé et « maintenu » .
      – Services sociaux ,
      – égalité d’accès à la culture, et aux outils numériques ,
      – égalité d’accès à l’information : augmenter entre autre la taxe « audiovisuel » ou au moins la ressource nécessaire,
      – protection contre les risques naturels ou industriels,
      – meilleure maîtrise publique de la gestion et du coût de l’eau . Financement des services en préoccupation de la qualité de l’air .
      – maîtrise foncière des terres à proposer à l’agriculture ,
      – financement accru des services de contrôle ( alimentations , fiscaux , sanitaires , financiers …)
      – Quid « fins de vie » des personnes sans ressources ?

      Bref , le « gratuit » ne s’arrête pas à ses icebergs anciens ou nouveaux les plus spectaculaires , et qu’il soit « entier » ou  » partiel » , il est l’ossature de ce qui fonde un système social .

      Permis ou pas par un système économique mondial dominant .

      1. @Pierre :

        Complément sur votre deuxième  » soit » : il y a eu cependant une expérience dans ce sens : le vol ou le pillage , parfois appelé effet d’aubaine . On ne peut plus , la terre rend gorge . Pour retrouver « l’âge d’or » où ça pouvait passer , il nous faudrait très sensiblement réduire nos excès et peut être même nos « gratuités financées » actuelles .

      2. Bonjour

        La gratuité redistributive — de l’essentiel — (par « food tamps » ou billet de transport, etc.) n’annule-t-elle pas toute réciprocité autre que de rester en état accepter, pour un peu de « rab », un contrat de subordination vis-à-vis du groupe social détenant les outils produisant le — superflu — ?.

        À cette heure, la lutte pour réciprocité de la gratuité libertaire se joue au Kurdistan:

        http://www.kedistan.net/2018/08/23/bookchin-democratie-kurde/

        Sur ce point, et dans le souci de pousser à la réinvention d’un socialisme authentique, le blog de Paul Jorion, par lui-même, mais aussi en tant que courant de Place Publique, peut beaucoup !

        Le seuil de l’écœurement étant manifestement atteint, diffuser, auprès des Gilets Jaunes, les réalisations, par les Kurdes, du socialisme libertaire et écologique de Murray Bookchin, aiderait à lutter pour la fin du capitalisme, ce qui ne plairait pas au ‘Donald’, est-ce votre avis?.

      3. @juannessy
        Concernant le domaine du logement, il serait plus que temps que l’Etat mette en concordance ses obligations découlant de la loi Dalo et cesse ses aides fiscales aux ‘investisseurs’ qui ne visent qu’une chose, profiter de la pénurie actuelle dans les zones tendues.
        Certes, l’on pourra objecter que l’impôt sur la grande fortune immobilière est là pour obvier à la spéculation, mais dans les faits, il ne peut toucher que peu de particuliers et surtout pas les sociétés par actions profitant, ainsi que leurs actionnaires, des dispositions fiscales actuelles très favorables.
        Mettre un terme également à la privatisation rampante des HLM, le cas le plus flagrant étant la SNI transformée en CDC Habitat et rachète des paquets de logements aux petits offices de l’habitat, avec à terme, certainement la vente des meilleurs biens, les mieux situés.
        Une aberration encore due au traité de fonctionnement de l’UE, lequel prévoit une « concurrence libre et non faussée » au bénéfice des consommateurs qui pourront bénéficier de prix à la baisse grâce à cette concurrence : la privatisation d’EdF et la fabrication de toutes pièces d’une pseudo concurrence; en réalité, quelques investisseurs (spéculateurs !) qui profiteront largement du marché de l’électricité et des dispositions prévues par le dispositif ARENH.
        Ce dispositif oblige l’opérateur historique EdF à vendre sa production à un prix fixe à ces nouveaux opérateurs, lesquels profiteront de la différence de prix d’achat avec le prix du marché, cela sans avoir l’obligation d’investir dans la construction de la moindre centrale électrique, alors que EdF a tout investi à partir de l’argent des contribuables.
        De plus, EdF a du se scinder et créer des sociétés spécifiques, concernant la production et le transport de l’électricité produite, avec bien sûr une privatisation.
        La page 8 de ce document est très éclairant concernant les prix de l’électricité :
        https://www.rte-france.com/sites/default/files/apercu_energie_elec_2018_11.pdf
        Dernière chose issue de l’UE : l’obligation de privatiser la production hydraulique de l’électricité en France ; il faut là aussi fabriquer une pseudo concurrence en invitant des ‘investisseurs’ à acheter des centrales fabriquées avec l’argent des contribuables.
        En bref, ces pratiques « concurrencielles » vont à l’encontre du but déclaré de voir des prix attractifs appliqués pour les consommateurs, la réalité des choses est un surcoût du, à l’embarquement dans le systèmes, de sociétés parasites dont il faut assurer les profits sans qu’elles n’investissent le moindre capital dans la construction de moyens de production, sinon de manière marginale en éolien.

      4. @Tout me hérisse :

        On peut encore en raconter des kilomètres pour se faire plaisir en piochant dans le web ou ses lectures dans la salle d’attente du dentiste , mais parce que ça a été mon boulot pendant 10 ans , je peux vous dire que c’est un des chantiers les plus complexes ( par le nombre et la mouvance des acteurs , par les impacts physiques , par les enjeux financiers , par la maîtrise des temps , par la tension sociale et communale suscitées , par le nombre et le poids des contraintes sociétales …) que j’ai eu à tenter de comprendre et mettre en musique .

        Au demeurant , il ne s’agit ici que d’évoquer le moins connement possible la notion de gratuité pour le logement , et c’est pourquoi j’en reste humblement provisoirement aux trois repères que j’ai cités plus haut .

      5. @Jean Luce Morlie :

        Qu’en dit EELV sinon Place Publique ?

        J’avoue ( et regrette ) ne connaitre Murray Bookchin que par des articles sans avoir eu à le lire intégralement dans le texte .

        Si je peux imaginer la « gratuité » réelle du service donné ou reçu et réciproque ( tel les échangeries ) , je vois moins bien comment l’équilibre , la protection et renouvellement de la ressource physique ( dans le cadre d’une consommation « open » ) peuvent être garantis . Des indices ?

        Je vais bouquiner si Paul Jorion ne m’annonce pas que Bookchin est un agent russe infiltré bien avant même Trump .

  23. Ce sont de mots tout ça , avez vous déjà fait pousser des trucs ? Ne croyez pas que vous aurez les légumes gratuits sans être astreints de travailler un minimum dans un champ collectif

    1. Oui, cultiver et faire pousser, c’est du taf !
      En outre, en ce qui concerne le rétablissement de l’isf, croire que cela va améliorer les choses, c’est de la pipe !

      « C’est pas parce qu’on remettra l’ISF que la situation d’un seul ‘gilet jaune’ va s’améliorer. Ça, c’est de la pipe ! »
      https://www.francetvinfo.fr/politique/grand-debat-national/direct-emmanuel-macron-grand-debat-national-lettre-aux-francais-gilets-jaunes-participer-grand-bourgtheroulde-eure-normandie-edouard-philippe-visite_3145683.html

      1. Justice, jamais entendu parlé?
        En plus, si l’ISF rapporte si peu,[ ce dont je doute avec 3 milliards] il pourrait être augmenté ou son assiette élargie.

        Si notre gouvernement de sous-préfecture utilise une argumentation aussi grossière, c’est d’une part qu’ils sont rendus à la cote à sec de toile et d’autre part qu’ils nous prennent pour des poires.
        Ils auraient tord de se gêner puisque ça marche. En apparence.

        La lune et le doigt, une question toujours neuve.

      2. M^me le président en convient , le financement de notre modèle social aura besoin de trouver d’autres sources de financement, nos « gratuités ». Les gafam sont évoqués, à raison, aussi bien par le Ru brexiteur que l’UE et la France, comme source, entre autres de financement.

        Ce que l’Europe peut faire pour aider la France à sortir de la crise des « Gilets jaunes »

        Il faut relever les salaires réels les plus bas
        « L’Europe peut faire trois choses pour aider la France à sortir de la crise des « gilets jaunes » par le haut. D’abord, il est clair qu’il faut aujourd’hui, en France comme en Belgique, relever les salaires réels les plus bas pour rétablir la justice et soutenir la demande interne. Mais, compétitivité intra-européenne obligeant, un Grenelle des salaires comme en mai 1968 n’est plus possible aujourd’hui. Le mouvement doit en effet être concerté au sein de l’eurozone compte tenu des écarts de taux de change réels. En particulier, l’Allemagne doit renoncer à son obsession mercantiliste : son surplus commercial excessif obtenu par un relèvement insuffisant des salaires en regard des gains de productivité exerce un effet déflationniste sur l’ensemble de l’eurozone. Certes, l’Allemagne est encore astreinte à des transferts internes massifs vers l’ancienne RDA, mais au-delà, elle garde des marges importantes pour relancer l’investissement public et ainsi soutenir les exportations de ses voisins vers son marché, et donc la croissance, l’emploi et les salaires. »

        « Ensuite, l’Europe doit cesser de se cantonner dans une attitude punitive vis-à-vis des déficits publics. Là où la dette est excessive, elle doit pallier l’effet restrictif de la modération budgétaire, imposée aux pays surendettés, par des dépenses d’investissement chez eux qu’elle financerait elle-même par l’émission d’eurobonds, par exemple la reconstruction du pont de Gênes et un grand programme d’investissements technologiques de ré-industrialisation à travers l’UE. »

        « Enfin, qui dit « dépenses » dit « ressources fiscales » pour les financer. Compte tenu de la pression fiscale existante dans nombre de pays, dont la Belgique et la France, il faut éviter de la renforcer, mais mieux en répartir la charge interne, et surtout lever l’impôt sur les opérateurs qui y échappent ou s’y soustraient. L’Europe est depuis trente ans le théâtre d’une immense entreprise d’abaissement des taux d’imposition des sociétés, en raison de la concurrence fiscale entre États que Trump est en train d’aggraver sous son nez, et d’évasion fiscale – ouvent pudiquement dénommée « optimisation fiscale » – celle-ci coûtant en moyenne aux États membres au moins 1 % du PIB, soit l’équivalent du budget communautaire actuel. Un impôt européen prélevé directement sur les multinationales opérant en Europe – Gafam comprises – permettrait de consentir des dépenses d’investissement public d’un ordre bien supérieur, en ce compris les dépenses d’équipements militaires à technologie duale dans le cadre d’une défense commune. »
        https://www.lalibre.be/debats/opinions/ce-que-l-europe-peut-faire-pour-aider-la-france-a-sortir-de-la-crise-des-gilets-jaunes-5c0e9f8dcd70fdc91be7afe2

      3. @P Jorion

        De l’eau au moulin ! Yepa !

        Et de trois. L’Espagne aussi met en place la taxe Google et la taxe….Tobin. Vi Vi Vi.

        Taxe Google : l’Espagne, elle, passe à l’action !
        Par Alexandra Saviana, Publié le 18/01/2019 à 17:51

        « Le Conseil des ministres espagnol a approuvé ce vendredi 18 janvier un projet de « taxe Google ». »

        « Les Espagnols seraient-ils les plus courageux du continent européen en matière de taxation des Gafa ? Ils sont en tout cas les plus prompts : le Conseil des ministres espagnol a approuvé ce vendredi 18 janvier deux projets de loi visant à mettre en place de nouvelles taxes, appelées « taxe Google » et « taxe Tobin ». Une fois ces textes votés par le Parlement, le gouvernement espère que les grandes multinationales du numérique et de la finance apportent près de 2 milliards d’euros aux caisses de l’Etat. »

        « Avec sa « taxe Tobin » – nommée en l’honneur de l’économiste James Tobin -, l’Espagne met en place un nouvel impôt sur les transactions financières, indirect et dont le taux est actuellement fixé à 0,2%, qui ne concerne que les actions de sociétés espagnoles ayant une capitalisation boursière supérieure à 1.000 millions. D’autres pays appliquent déjà des taxes similaires, comme la France et l’Italie. La ministre de l’Economie, Nadia Calviño, a d’ailleurs reconnu que ce nouveau texte était inspiré du modèle français. »
        https://www.marianne.net/economie/taxe-google-l-espagne-elle-passe-l-action

        ET

        L’OIT qui évoque dans son rapport sur l’évolution du travail le developpement des emplois technos, l’IA et la robotisation, entre autres, les emplois verts itou, corrélé à un droit universel à l’apprentissage tout au long de la vie…mais aussi l’idée d’une protection sociale universelle de la naissance à la vieillesse. Bref, ça sent le sapin pour certains « emplois » tel que nous les avons tous connu, mais, de cela, on s’en était déjà rendu compte. C’est vrai elle n’évoque ni les gratuités , ni la taxe Sismondi. 😉

        Certains Etats, RU, France et maintenant Espagne, sont en train de commencer à « bouger » en taxant les gafa, avant que la « fièvre jaune » ne monte trop ? Donc, à raison !

        « Pour l’OIT, le travail du futur sera marqué par les progrès technologiques, l’intelligence artificielle, l’automatisation et la robotique. Ils « créeront beaucoup d’emplois, mais ceux qui perdront le leur au cours de cette transition seront peut-être les moins bien armés pour saisir les nouvelles possibilités », avance le rapport. »

        « Parmi sa dizaine de propositions, l’OIT évoque la nécessité d’un système de gouvernance internationale pour les plates-formes de travail numérique, afin qu’elles et leurs clients « respectent des socles de droit et de protection ». Si la commission n’a pas retenu l’exigence d’un revenu universel, elle veut assurer « une protection sociale universelle de la naissance à la vieillesse ». »

        « Répondre aux enjeux de demain consiste aussi à prendre en compte, par exemple, « la valeur du travail non rémunéré accompli au sein des ménages ou des communautés, et des externalités de l’activité économique, comme la dégradation de l’environnement ». En outre, les investissements dans l’économie verte, l’économie rurale ou celle du soin devront être accrus. »
        https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/01/23/l-oit-esquisse-des-pistes-pour-l-avenir-du-monde-du-travail_5413307_3234.html

  24. Le projet d’accord est rejeté.

    Deal ou no deal, telle n’est pas la question !

    Les Anglais savent ce que sont la souveraineté et la démocratie. Ils ont voté pour quitter l’UE et ils quitteront l’UE.

    Leur prédire la famine et autres joyeusetés pour cause d’absence d’accord est ridicule.

    Là n’est pas la question.

    Nos idéologues européistes, Barbier en tête, sont vexés comme une maîtresse abandonnée et, comme elle, ils veulent se venger de cet abandon. Ça n’empêchera pas le Royaume Uni de quitter l’UE.

      1. Esaü a échangé son droit d’aînesse contre un plat de lentille. Ça se comprend. La faim est un terrible stimulant. Ce n’est cependant pas considéré en général comme un exemple de courage et de lucidité.

      1. « Indépendance » ? En important 53 % de ses biens depuis l’Europe que le R.U. quitte sans le moindre accord commercial ?

        Votre « indépendance » en 2019 est un concept de bozo bon seulement pour haranguer les foules.

      2. Oui, bien sur, tout comme la Grèce.
        Ah ! mais non !
        j’oubliais que ce n’est pas l’UE qui est responsable de la perte de 25% de son PIB
        où ais-je la tête !

    1. @Denis Monod-broca
      « Les Anglais savent ce que sont la souveraineté et la démocratie. »

      En France, nous avons « Liberté, égalité, fraternité »… « étendue au vivant » 😉

      Et ici nous discutons de la gratuité de la « sécurité », quitte à tailler dans la « liberté ». Le prix à payer.
      La sécurité alimentaire (et celle de la disponibilité de médicaments) / voir ci-dessous / a déjà justifié par le passé l’approbation de peuples, approbation menant à ce qu’on condamne aujourd’hui, a posteriori.

      Vous dites que « retrouver son indépendance,[…] c’est choisir de vivre ».
      Alors, autour de ces mots, j’avoue ne pas comprendre, les réactions que vous suscitez…

      1. C’est difficile à comprendre en effet mais force est d’admettre que certains sujets sont sacrés, tabous… Europe, euro, nation, souveraineté, indépendance sont des mots qui, avec quelques autres, suscitent des réactions irrationnelles, incompréhensibles.

      2. « C’est vous qui en faites des divinités. »
        Soit.
        C’est un prêté pour un rendu.

        Donc je prendrais l’euro et l’Europe pour des divinités, maléfiques forcément, et la souveraineté et l’indépendance pour des divinités, elles bénéfiques bien sûr ? C’est bien ça ?
        Admettons.

        Je remarque cependant M. Jorion que, au cours de votre interview par Le Média, lorsque vous avez mentionné l’effondrement de l’euro, le journaliste n’a tout simplement pas relevé, a-t-il seulement entendu ?, et que vous-même en êtes resté là. Comment expliquer cet absence totale d’intérêt pour une perspective aussi inquiétante sinon par peur de sacré ?

        Et l’Europe ? Combien de fois n’avons-nous pas entendu, dans la bouche de l’un ou l’autre de nos dirigeants, tous européistes, « l’Europe nous protège » ? J’y vois, chaque fois que j’entends ça, une profession de foi, une incantation, du genre « Dieu nous protège ». Car en quoi l’Europe, cette construction idéologique en perpétuelle refondation, nous protège-t-elle ?

        Quant à la souveraineté et à l’indépendance elles sont mentionnées dans la Constitution, elles font partie intégrante de la République. Y a-t-il du sacré là-dedans ? Oui, sans doute. Si nous ne respectons pas, comme s’ils étaient sacrés, les principes que nous nous sommes librement donnés à nous-mêmes, il n’y a plus qu’à tirer l’échelle.

      3. Je remarque cependant M. Jorion que, au cours de votre interview par Le Média, lorsque vous avez mentionné l’effondrement de l’euro, le journaliste n’a tout simplement pas relevé, a-t-il seulement entendu ?, et que vous-même en êtes resté là. Comment expliquer cet absence totale d’intérêt pour une perspective aussi inquiétante sinon par peur de sacré ?

        Ce n’était pas une absence d’intérêt de sa part, c’était une absence de savoir quoi m’objecter.

      4. Plutôt que « tirer l’échelle » , il faudra bien un jour , pour être sérieux , mettre un jour , à la place une vraie constitution de niveau territorial supérieur .

        Entretemps , on continuera à bricoler et faire semblant , et ce sera mieux que la guerre civile , qui sera peut être le début du drame qui ouvrira les yeux et les désirs de vraiment survivre .

      5. « Ce n’était pas une absence d’intérêt de sa part, c’était une absence de savoir quoi m’objecter »
        Un interviewer pris au dépourvu peut dire « quoi ? », ou « que voulez-vous dire ? ». C’est même là la base de son métier.
        En l’occurrence, il ne l’a pas fait, pourquoi ?
        Mon hypothèse : parce que la question de l’euro et de son inévitable effondrement est taboue.

        Nous voici loin du Brexit. Avec cet accord refusé par le Parlement, le RU est en position de force pour négocier avec Bruxelles un meilleur accord.

      6. parce que la question de l’euro et de son inévitable effondrement est taboue.

        … dans la bouche d’un membre d’un mouvement qui envisage un « Plan B » de sortie de l’Union européenne ? Décidément tout le monde est paralysé par le sacré selon vous : les pour, les contre et les agnostiques.

      7. Avec cet accord refusé par le Parlement, le RU est en position de force pour négocier avec Bruxelles un meilleur accord.

        Celle-là, il faudra penser à l’encadrer. Tellement forte la position que le Royaume-Uni s’est doté dans la foulée d’un premier ministre de combat, tenace et sans scrupule : une certaine Theresa May.

        Espérons qu’elle obtienne beaucoup mieux que son prédécesseur, une certaine May Theresa.

      8. « en position de force …  » ?

        Hé bé .

        Par contre , il est exact que Michel Barnier , par son attitude , sa rigueur claire et la continuité que lui a permis l’unanimité des européens a tout fait pour ne jamais insulté l’avenir .

        On aimerait que tout le monde ait autant l’esprit de responsabilité ( la vraie , pas les entubages ) .

      9. Quel est ce « plan B », quel ce mouvement ayant un « plan B » ?
        Je ne suis moi-même membre d’aucun mouvement politique.

        Et oui, en effet, le sacré est partout dans notre société sécularisée et matérialiste. D’autant plus partout, insidieusement, en chacun, qu’il est farouchement, fièrement, continûment nié.

        Oui, parmi nos dirigeants, l’Europe et encore plus l’euro sont d’intouchables fétiches sacrés. Depuis 1992 nous sacrifions notre économie, notre souveraineté, notre cohésion sociale à l’euro. C’est rationnellement incompréhensible mais c’est ainsi.

  25. Et pendant ce temps là je regardais, médusé, notre président repasser son grand oral de l’ENA, nous montrant combien il était habile à pousser tel bouton, tirer tel levier, suscitant l’admiration de tel ou tel maire de l’Eure ou média mainstream, tout le monde oubliant que les trois écrans de contrôle Liberté, Égalité, Fraternité hurlent l’urgence à la limite de la rupture. Je suis allé vomir, mais la boule au ventre est toujours là…

  26. Perplexité et confusion.

    Vote contre May, par le labour.
    Vote contre May, par des conservateurs, son parti.
    Vote contre le Brexit.
    Vote contre un accord qui démantelait provisoirement la souveraineté Britt.
    (Un résumé de l’accord en jeu: pendant 2 ans, se taire, exécuter, payer.)
    Et tant d’autres possibilités.

    Le dernier mot est à M.e May :
    « Tonight’s vote tells us nothing about what it [the House] does support; nothing about how, or even if, it intends to honour the decision the British people took in a referendum that Parliament decided to hold ».

    Le vote de ce soir ne nous dit rien sur ce qu’elle [la Chambre] soutient, rien sur la façon dont elle entend honorer la décision prise par le peuple britannique lors d’un référendum que le Parlement a décidé d’organiser, ni même si elle entend le faire.

    1. On ne peut pas dire plus clairement que le peuple britannique s’est mis dans le trou , le jour où il a voté dans un referendum instrumentalisé de tous bords voire numériquement manipulé , alimenté par des mensonges rendus crédibles parce que proférés par des professionnels de la tribune et de l’émotion .

      Il est temps que le peuple britannique débatte vraiment ( lui aussi ) de ce qui est vrai , de ce qui est possible , de ce qu’il désire .

      Car , dans l’erreur , on peut soit persister , soit tenter de comprendre là où on s’est trompé ou fait avoir .

      Mon propre auto-débat , vieux de près de trente ans , n’a plus d’hésitation : nous n’avons d’avenir qu’ensemble . C’était d’ailleurs la conclusion d’un échange avec un couple de britanniques installé en France qui tenait ( et tient peut être encore ) un gite d’hôtes à Arcy sur Cure .

      1. Le ‘peuple britannique’ va être très content de ce qu’un français lui dise quoi faire.
        La paille et la poutre, une vieille histoire.

      2. Je ne fais que rendre aux britanniques ce qu’ils ont inventé de mieux : l’art du « debate » , le vrai , celui qui analyse , met en rapport , vérifie , enrichit et prépare l’action utile à tous .

        En tous cas , il y a un british ( et sa femme ) avec lequel j’ai eu plaisir à le mettre en pratique , comme c’est rarement le cas avec un gaulois .

        PS : j’ai vérifié , ils existent toujours , Steve et Chris , bons lecteurs du Guardian .

  27. Le pragmatisme et la raison semblent prendre, heureusement le pas, sur les idées suicidaires ! Face aux enjeux et aux risques économiques néfastes et probablement « en escadrille », tant pour le RU que pour l’UE; l’UE serait prête à reporter l’exit en…2020, et non pas dans trois mois.

    L’UE prête à reporter à 2020 la date du Brexit, écrit le Times
    Par Reuters le 16.01.2019 à 18h49
    https://www.challenges.fr/monde/l-ue-prete-a-reporter-a-2020-la-date-du-brexit-ecrit-le-times_636923

    1. C’est curieux ces journaux britanniques qui savent avant les journaux continentaux ce que l’Europe qu’ils veulent quitter est prête à faire .

  28. Le report était déjà évoqué voire suggéré, il y a peu , par des eurodéputés. Le Times n’a rien inventé. A condition que le RU le demande , option possible si majorité au parlement brit et accord des 27 (UE).

    Les Européens ouverts à un report du Brexit
    Réduits à l’impuissance, les Vingt-Sept veulent éviter un « no deal » alors qu’approche le divorce, prévu le 29 mars.
    Par Cécile Ducourtieux Publié le 14 janvier 2019 à 10h32 – Mis à jour le 14 janvier 2019 à 10h32
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/14/les-europeens-ouverts-a-un-report-du-brexit_5408759_3210.html

    « Une centaine de députés européens se sont dits prêts à soutenir une éventuelle demande de Londres de faire une pause dans le processus du Brexit, dans un courrier destiné aux Britanniques et publié lundi à l’occasion d’une session du Parlement.  »

    «Si le Royaume-Uni devait décider de retirer la lettre concernant l’article 50 [du Traité de l’UE qui régit le départ d’un État membre], reçue par le président du Conseil européen, alors, nous, membres du Parlement européen, le soutiendrons», écrivent les eurodéputés réunis en session à Strasbourg.  »
    https://www.journaldemontreal.com/des-eurodeputes-soutiennent-lidee-dun-report-du-brexit

      1. Merci JA, je n’avais pas vu cette séquence.

        « Un pari qu’il va facilement gagner. »
        Yep, izi ! 😉

        Sir Anthony Seldon, vice-chancelier de l’université de Buckingham, historien contemporain, espère que les Français se rappelleront que beaucoup de Britanniques sont dévastés par la perte de leurs cousins européens

        « « L’échec d’hier est une très mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni, dit-il. Si l’idée de rester dans l’UE avait été mieux défendue par nos politiques, nous ne serions pas en train de [la] quitter. Nous avons rejoint le projet européen alors que nous étions l’homme malade de l’Europe et, aujourd’hui, nous sommes une des économies les plus fortes du monde. »
        https://www.lemonde.fr/international/article/2019/01/16/il-faut-mettre-le-brexit-entre-parentheses-on-ne-peut-pas-filer-vers-l-inconnu-comme-ca_5410144_3210.html

  29. Vi, vi, les 27 à l’unanimité. En tout cas D Tusk y pense boucoup boucoup, lui aussi, et l’évoque voire anticipe un abandon du Brexit. Les différents scenarii ont été très étudiés semble t- il. Mais cette situation reste actuellement inédite ! Chaud devant !

    Les Européens pourraient-ils tout bonnement abandonner le processus du Brexit ?
    « C. L. : La porte reste ouverte. Dans la foulée du vote britannique, le président du Conseil européen Donald Tusk a encore rédigé un twitt qui laisse entendre cette possibilité : « Si un accord est impossible, et que nul ne veut un Brexit sans accord, alors qui aura, au bout du compte, le courage de dire ce qu’est la seule bonne solution ? », s’est-il interrogé. C’est juridiquement possible. »

    La Cour de justice de l’Union européenne a décidé en décembre dernier que le Royaume-Uni pouvait même choisir cette option de façon unilatérale, sans l’autorisation préalable des 27. Politiquement, c’est plus compliqué. On imagine mal un retour en arrière tant que les conservateurs sont au pouvoir.

    L’unité des 27 peut-elle souffrir des tergiversations britanniques sur le Brexit ?
    « C. L. : Je ne vois pas de division pour le moment. C’est le paradoxe dans une Union qui a
    du mal à rester unie sur tant de sujets de voir qu’elle affiche beaucoup de cohésion dans
    la gestion du Brexit. Les Britanniques ont commis une grave erreur en misant sur un accès
    au marché unique à la carte, avec l’idée qu’ils pourraient scinder ses quatre grandes libertés (circulation des marchandises, des personnes, des biens et des services). »
    https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Christian-Lequesne-report-Brexit-nest-pas-exclu-2019-01-16-1200995842

  30. Le rejet du projet d’accord avec Bruxelles par le parlement Britt ne laisse pas de me questionner.
    Ce rejet ressemble à vouloir faire durer, pour eux-même, la torture de l’incertitude et augmenter les difficultés d’en sortir sans trop de dommage.

    Une analogie s’impose : le rejet du projet de Communauté Européenne de Défense par le parlement français en 1954. Entre 1950 et 1954 , ce projet avait été accepté par tous les pays européens intéressés, sauf les Britt qui misaient sur leurs responsabilités mondiales à travers le Commonwealth. Il avait été initié par la diplomatie française en 1950 dans le but explicite d’éviter un réarmement allemand et la création d’une armée allemande indépendante. Contrôler et corseter l’ Allemagne était notre objectif invariable depuis 1945.
    Après ce rejet, les alliés et surtout les USA n’ont eu aucun égard avec la France. Ils nous ont imposé sans ménagement tout ce que nous voulions éviter, en particulier une armée allemande renaissante à grande vitesse et intégrée comme égale dans l’Otan. Il va sans dire que la Terre a continué de tourner.

    Si les Britt ayant voté contre un Brexit ordonné caressaient la facétie de renforcer la carte de leur gouvernement dans des négociations ré ouvertes, ils pourraient en être pour leur frais. Tit for tat.

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