« M. Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée », soyons sérieux !

Découvrant sur le programme de France Culture que ce n’est pas pour déjeuner mais pour souper que 67 intellectuels sont invités à l’Élysée, j’avance la parution de mon compte-rendu, initialement planifié pour 18h. Ouvert aux commentaires.

Quand l’un d’entre vous m’a signalé samedi l’invitation de 60 intellectuels aujourd’hui lundi à l’Élysée, me demandant si j’irais, il n’a pas fallu très longtemps pour que l’esprit Thijl Uilenspiegel qui m’inspire de par ma naissance, fasse germer en moi le projet d’une petite farce : je vous annoncerais en grande fanfare que j’avais répondu favorablement à l’invitation en raison de « l’urgence des tâches qui sont aujourd’hui négligées ou, pire encore, dont la solution est subordonnée à une logique obscène de profit », parce qu’« il y a là une occasion de taper du poing sur la table, quitte à faire scandale, en sachant que la presse n’aura d’autre choix que de rendre compte de vos propos. »

Soyons sérieux : pensez-vous que l’on envisage en haut lieu – même un seul instant – à inviter un trublion dont il est parfaitement plausible qu’il utilise effectivement l’opportunité qui lui est offerte pour faire exploser l’« esprit de cour » qui rend certains – même parmi les meilleurs – corruptibles ?

Non, nous vivons dans le vrai monde où rien ne bouge : je ne faisais pas partie des « un peu plus d’une centaine » d’intellectuels invités. Mais libre à vous – vous êtes nombreux et une force qui s’ignore – de taper maintenant du poing sur la table. 

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166 réflexions sur « « M. Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée », soyons sérieux ! »

    1. C’est possible, mais il n’était pas prudent d’inviter Lordon, voyez son excellente réponse :

      Cher Monsieur Macron,

      Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron [2], je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous réattaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau.

      En réalité, sur la manière dont vous utilisez le langage pour « débattre » comme vous dites, nous sommes assez au clair depuis longtemps. C’est une manière particulière, dont on se souviendra, parce qu’elle aura fait entrer dans la réalité ce qu’un roman d’Orwell bien connu avait anticipé il y a 70 ans très exactement – au moins, après la grande réussite de votre itinérance mémorielle, on ne pourra pas dire que vous n’avez pas le sens des dates anniversaires. C’est une manière particulière d’user du langage en effet parce qu’elle n’est plus de l’ordre du simple mensonge.

      Bien sûr, dans vos institutions, on continue de mentir, grossièrement, éhontément. Vos procureurs mentent, votre police ment, vos experts médicaux de service mentent – ce que vous avez tenté de faire à la mémoire d’Adama Traoré par experts interposés, par exemple, c’est immonde. Mais, serais-je presque tenté de dire, c’est du mensonge tristement ordinaire.

      Vous et vos sbires ministériels venus de la start-up nation, c’est autre chose : vous détruisez le langage. Quand Mme Buzyn dit qu’elle supprime des lits pour améliorer la qualité des soins ; quand Mme Pénicaud dit que le démantèlement du code du travail étend les garanties des salariés ; quand Mme Vidal explique l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers par un souci d’équité financière ; quand vous-même présentez la loi sur la fake news comme un progrès de la liberté de la presse, la loi anti-casseur comme une protection du droit de manifester, ou quand vous nous expliquez que la suppression de l’ISF s’inscrit dans une politique de justice sociale, vous voyez bien qu’on est dans autre chose – autre chose que le simple mensonge. On est dans la destruction du langage et du sens même des mots.

      Si des gens vous disent « Je ne peux faire qu’un repas tous les deux jours » et que vous leur répondez « Je suis content que vous ayez bien mangé », d’abord la discussion va vite devenir difficile, ensuite, forcément, parmi les affamés, il y en a qui vont se mettre en colère. De tous les arguments qui justifient amplement la rage qui s’est emparée du pays, il y a donc celui-ci qui, je crois, pèse également, à côté des 30 ans de violences sociales et des 3 mois de violences policières à vous faire payer : il y a que, face à des gens comme vous, qui détruisent à ce point le sens des mots – donc, pensez-y, la possibilité même de discuter –, la seule solution restante, j’en suis bien désolé, c’est de vous chasser.

      Il y a peu encore, vous avez déclaré : « Répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Mais M. Macron, vous êtes irréparable. Comment dire : dans un Etat de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses qui sont inacceptables. À une morte, 22 éborgnés et 5 mains arrachées, vous vous repoudrez la perruque et vous nous dites : « Je n’aime pas le terme répression, parce qu’il ne correspond pas à la réalité ». La question – mais quasi-psychiatrique – qui s’en suit, c’est de savoir dans quelle réalité au juste vous demeurez.

      Des éléments de réponse nous sont donnés par un article publié il y a de ça quelques jours par le Gorafi sous le titre : « Le comité de médecine du ministère de l’intérieur confirme que le LBD est bon pour la santé ». On peut y lire ceci : « Christophe Castaner s’est réjoui des résultats des tests du comité de médecins et a aussitôt signé une ordonnance qualifiant de rébellion et outrage à agent toute personne qui mettrait en cause la fiabilité de cette étude ». M. Macron, voyez-vous la minceur de l’écart qui vous tient encore séparé du Gorafi ? Vous êtes la gorafisation du monde en personne. Sauf que, normalement, le Gorafi, c’est pour rire. En réalité, personne ne veut vivre dans un monde gorafisé. Si donc le macronisme est un gorafisme mais pour de vrai, vous comprendrez qu’il va nous falloir ajuster nos moyens en conséquence. Et s’il est impossible de vous ramener à la raison, il faudra bien vous ramener à la maison.

      Tous les glapissements éditorialistes du pays sur votre légitimité électorale ne pourront rien contre cette exigence élémentaire, et somme toute logique. En vérité, légitime, vous ne l’avez jamais été. Votre score électoral réel, c’est 10%. 10% c’est votre score de premier tour corrigé du taux d’abstention et surtout du vote utile puisque nous savons que près de la moitié de vos électeurs de premier tour ont voté non par adhésion à vos idées mais parce qu’on les avait suffisamment apeurés pour qu’ils choisissent l’option « ceinture et bretelles ».

      Mais quand bien même on vous accorderait cette fable de la légitimité électorale, il n’en reste plus rien au moment où vous avez fait du peuple un ennemi de l’État, peut-être même un ennemi personnel, en tout cas au moment où vous lui faites la guerre – avec des armes de guerre, et des blessures de guerre. Mesurez-vous à quel point vous êtes en train de vous couvrir de honte internationale ? Le Guardian, le New-York Times, et jusqu’au Financial Times, le Conseil de l’Europe, Amnesty International, l’ONU, tous sont effarés de votre violence. Même Erdogan et Salvini ont pu s’offrir ce plaisir de gourmets de vous faire la leçon en matière de démocratie et de modération, c’est dire jusqu’où vous êtes tombé.

      Mais de l’international, il n’arrive pas que des motifs de honte pour vous : également des motifs d’espoir pour nous. Les Algériens sont en train de nous montrer comment on se débarrasse d’un pouvoir illégitime. C’est un très beau spectacle, aussi admirable que celui des Gilets Jaunes. Une pancarte, dont je ne sais si elle est algérienne ou française et ça n’a aucune importance, écrit ceci : « Macron soutient Boutef ; les Algériens soutiennent les Gilets Jaunes ; solidarité internationale ». Et c’est exactement ça : solidarité internationale ; Boutef bientôt dégagé, Macron à dégager bientôt.

      Dans le film de Perret et Ruffin, un monsieur qui a normalement plus l’âge des mots croisés que celui de l’émeute – mais on a l’âge de sa vitalité bien davantage que celui de son état civil –, un monsieur à casquette, donc, suggère qu’on monte des plaques de fer de 2 mètres par 3 sur des tracteurs ou des bulls, et que ce soit nous qui poussions les flics plutôt que l’inverse. C’est une idée. Un autre dit qu’il s’est mis à lire la Constitution à 46 ans alors qu’il n’avait jamais tenu un livre de sa vie. M. Macron je vous vois d’ici vous précipiter pour nous dire que voilà c’est ça qu’il faut faire, lisez la Constitution et oubliez bien vite ces sottes histoires de plaques de fer. Savez-vous qu’en réalité ce sont deux activités très complémentaires. Pour être tout à fait juste, il faudrait même dire que l’une ne va pas sans l’autre : pas de Constitution avant d’avoir passé le bull.

      C’est ce que les Gilets Jaunes ont très bien compris, et c’est pourquoi ils sont en position de faire l’histoire. D’une certaine manière M. Macron, vous ne cessez de les y inviter. En embastillant un jeune homme qui joue du tambour, en laissant votre police écraser à coups de botte les lunettes d’un interpellé, ou violenter des Gilets Jaunes en fauteuil roulant – en fauteuil roulant ! –, vous fabriquez des images pour l’histoire, et vous appelez vous-même le grand vent de l’histoire.

      Vous et vos semblables, qui vous en croyez la pointe avancée, il se pourrait que vous finissiez balayés par elle. C’est ainsi en effet que finissent les démolisseurs en général. Or c’est ce que vous êtes : des démolisseurs. Vous détruisez le travail, vous détruisez les territoires, vous détruisez les vies, et vous détruisez la planète. Si vous, vous n’avez plus aucune légitimité, le peuple, lui, a entièrement celle de résister à sa propre démolition – craignez même que dans l’élan de sa fureur il ne lui vienne le désir de démolir ses démolisseurs.

      Comme en arriver là n’est souhaitable pour personne, il reste une solution simple, logique, et qui préserve l’intégrité de tous : M. Macron, il faut partir. M. Macron, rendez les clés.

      [1] La discussion ce jour-là avait une toute autre teneur. Intitulée Fin du grand débat, début du grand débarras, elle réunissait entre autres Jérome Rodrigues, Hervé Kempf, Priscillia Ludosky et Youssef Brakni. On retrouvera les interventions des uns et des autres ici.

      [2] Entre cette intervention et sa transcription, le casting du « Grand Débat avec les Intellectuels » a été révélé. Patrick Boucheron n’en est pas, semble-t-il. Mais son macronisme déclaré et son mépris, tout aussi déclaré, des Gilets Jaunes, ne sont pas de nature à commander une correction sur le fond. Idem d’ailleurs pour les deux autres clowns.

      1. Il faut bien réfléchir avant d’adresser une invitation à cet homme. Et non nager en « pleine béatitude » , c’est difficile à concevoir mais en fait je crois qu’ils flippent.

      2. Tout à fait d’accord avec vous, la lettre de Frederic Lordon est remarquable.
        J’espère qu’elle va “circuler” un maximum !

      3. Je l’ai connu de style plus agréable. L’impression (négative, comme son humeur) qu’il me laisse, c’est qu’une bonne psychanalyse lui serait profitable. Paul, volontaire ?

      4. Si ça devait commencer par une analyse graphologique du texte de cette lettre ,je n’y attacherais pas trop de poids , car ça n’est pas une lettre d’individu à individu , mais un écho  » opération de com » à une « opération de com » .

        Com com , et le sort de la planète se discute ailleurs .

  1. Ouf !
    D’abord Place Publique et ensuite une réception à l’Elysée… c’est vrai que ça aurait commencé à faire beaucoup !

    1. Ne vous inquiétez pas – je l’ai déjà dit – même si j’avais été invité, et même si j’avais accepté l’invitation, c’est davantage l’Élysée qui risquait d’en être changé que moi. Pareil pour Place Publique.

      1. En même temps , j’aurais personnellement évité d’endosser trop facilement le costume de « trublion » qui , en histoire de France , renvoie à une connotation pas trop sympathique lors de l’affaire Dreyfus .

      1. On espère que les analyses économiques de Thomas Porcher sont plus pérennes et murement réfléchies que ses engagements .

        Mais à l’ère du zapping , on ne s’étonne plus des entrés -sorties en scène , dignes du théâtre de boulevard .

      2. @ Juanessy. À propos de zapping et d’inconstance dans l’engagement, regardez plutôt du côté du libéral Glucksmann. Thomas Porcher est un modèle de fidélité à ses idées à côté. C’est Porcher et non Gluckslann qui s’est élevé contre la loi travail, le CICE et autres reniements du parti prétendument socialiste sur lequel Place publique est en train de faire une OPA.

      3. Ha bon .

        On se demande bien alors pourquoi il a estimé en son âme et conscience qu’il était bon de fonder Place Publique avec deux partenaires avec lesquels il a eu le temps de discuter . Et de retirer ses billes moins de cinq mois après.

        Erreur de jeunesse ? Pourquoi pas , mais de façon peut être sommaire ( mais qui s’est toujours révélée juste et de bonne politique dans mon parcours ) , j’ai immédiatement la conclusion , au moins pour quelque temps , que « qui se trompe sur des choses lourdes  » a les qualités requises pour se tromper partout .

        Et quand on est en responsabilité de tâches pouvant provoquer des morts , ça aide . C’est même une condition première .

      4. À qui fait-on le plus confiance ?
        1) quelqu’un capable de reconnaître qu’il s’est fourvoyé
        2) quelqu’un qui aurait l’illusion de ne jamais se tromper
        En ce qui me concerne, j’ai une boussole qui fait pointer l’hybris au sud

      5. On peut se tromper .

        Mais pas trop vite , quand on prétend à des fonctions électives , et avant même que de les exercer .

        Ou on intellectualise .

  2. J’en arrive à me demander si Freud a bien écrit sur le « narcissisme des petites différences  » .

    Ha , l’amour , ça va , ça vient , et ça n’est presque toujours que le toc de l’amour propre ….

  3. Quand j’ai entendu Frédéric Lordon lire sa réponse au Président j’ai ri.
    Ça s’est passé ici (apparemment vous avez oublié de poster le lien?). J’inviterais les lecteurs à visionner cette vidéo malgré son format ; un peu de soleil dans l’eau froide comme aurait dit, ironie, Françoise Sagan.
    https://www.youtube.com/watch?v=j7jABb_8rpA
    Il y aussi une très jolie chanson qui aurait circulé parmi les GJ pour se moquer du ministre de l’intérieur ; chanson qui dit que les griffes d’un chat valent bien celles d’un lion et que tout lion se devra peut-être un jour d’abdiquer.
    https://www.youtube.com/watch?v=Wcs1FNKNIf8
    Sinon si c’est pour bouffer que les intellectuels sont invités, ça aussi c’est à mourir de rire (humour belge bien sur).

    1. Ah oui alors. Pour bouffer ! non mais c’est ça le grand débat ! … Lordon a raison, faut pas y mettre les pieds, qu’il mange tout seul !

  4. La baisse du coût des carburants pour les habitants des zones rurales est une 1ere revendication des gilets jaunes et demeure encore une revendication sur quelques ronds points.

  5. Moi tout ça me met le moral dans les chaussettes. Je ne vois pas comment on pourra s’en sortir
    on va vers un conflit social très très grave, le premier sang versé va déchaîner la violence de part et d’autres

      1. Faut il boycotter les élections européennes ?
        C’est la base des élus ruraux qui ne va pas. Ces élus sont dans tous les sens vers la droite mais surtout l’extrême droite. Ils sont agenouillés vers tout ce qui est contraire aux habitants. Marre de ces communes dortoirs …

      2. @ Bernadette

        Les élections européennes sont une farce, un simulacre. Elles n’ont aucun effet sur rien. Je me fais un devoir, un devoir civique, depuis 2005, de ne pas y participer.
        Je m’étais juré, en 1992, après Maestricht, qu’on ne m’y reprendrait plus. En 2005, rompant mon propre serment, j’ai participé au référendum. Le non franc et massif des Français ayant été trahi, c’est définitivement fini, je ne participerai plus à aucune « consultation » européenne !

      3. @Julien

        On passe donc de la bêtise à la falsification, voilà donc la grandiloquence retrouvée…
        Il ne vous a pourtant pas échappé que j’ai moi-même mentionné la source complète.

        Quant à ces magnifiques « stratégies », chacun est libre d’en penser du bien (ou pas), loin du « tout le monde ».

      4. SebU, l’effet de l’embryon de polémique facebookienne est raté, n’en prenez pas ombrage. Vous restez bien entendu libre de penser qu’un contresens est une fine analyse politique.

    1. Pas obligatoire.
      De toute façon la crainte est mauvaise conseillère.
      Le rayon d’espoir ce sont les algériens. Ils sont notre modèle, pacifique et déterminé.

      Et nous avons le droit avec nous.
      D’une part, en France le peuple détient la souveraineté nationale. Grosse différence avec les démocraties du nord de l’Europe, où le parlement seul la détient.
      D’autre part, notre DUDHC, prescrit, à nous citoyens de la république, que l’insurrection contre un pouvoir illégitime est un devoir, un devoir sacré est-il précisé.
      Les Gilets Jaunes sont donc entièrement justifiés.

      Lordon, en rappelant, que le quidam sans programme n’a réunit que 10% des suffrages du corps électoral rend un grand service.
      A partir de 1956, Michel Debré dit Michou la colère, a entrepris une campagne de dénigrement de cette pauvre 4. ième république. Son argument principal était d’opposer légalité à légitimité. Vu son succès évident, ya de l’espoir. Il vaut la peine de remarquer que la transition a été globalement pacifique.
      Rien, nul part, oblige à la violence, sauf dans le camp d’en face. J’ai déjà dit qu’ils sont à la source de tous les dangers.

      Merci à Paul pour avoir donné la parole Lordon.

      1. Je ne sais pas trop comment Lordon manipule ses prémonitions pour passer de 18,19% des inscrits à moins de 10 % , mais ça ne plaide pas trop pour la démonstration qu’il a envie de faire .et l’éventuel désir de faire plus que 50 % des inscrits à de prochaines échéances .

        D’autant que si on peut et doit considérer le score du premier tour de Macron comme faiblard , on ne peut et doit que considérer comme des connards les 10 autres qui n’ont même pas été foutus de faire mieux .

        https://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-elections/Election-presidentielle-2017/Election-presidentielle-2017-resultats-globaux-du-premier-tour

      2. Juannessy, aurais-tu oublié le grand lobbyisme des socialistes (Hollande, Valls and co) non pas pour leur candidat Hamon, mais pour le petit jeune qui allait « nous révolutionner la politique », et qui bénéficiait des plus que bienveillantes faveurs de la plupart des éditorialistes et journalistes « de gauche », soit disant pour éviter et François Fillon, et horrible horreur ! l’arrivée de Mélenchon. Ce que dit Lordon, c’est que ce matraquage a amené à Macron au moins la moitié de ses voix au premier tour.

        Et bien, quand je vois comment ce Macron tourne en dictateur qu’il sera bientôt, je suis bien content de n’avoir point voté pour lui, au premier comme au deuxième tour.

      3. Et les raccourcis comptables aussi , car ils prennent les gens pour des demeurés .

        On ne se grandit pas en imitant les vices de l’adversaire .

        On y préfèrera la vertu des idées .

      4. @Julien

        Dictateur je ne sais pas, mais quelle différence entre des coups de bâton de Klaus Barbie, et se faire arracher un oeil, façon Jérôme Rodrigues ? Les LBD rendent la résistance passive impossible. Il faut s’offrir à la mutilation.

      5. @julien

        Demande donc à J. Rodrigues si son oeil en moins, c’est une spéculation abusive
        il y avait un flic dans le groupe qui était manifestement « en chasse », il visait tout le monde avec son flingue

      6. Juannessy, il n’y a pas de raccourci comptable. Je me rappelle qu’un sondage juste après la présidentielle avait montré que la moitié environ des électeurs de Macron au premier tour n’avait pas voté pour lui par conviction, mais parce qu’ils avaient peur « qu’un autre moins bien » se retrouve en face de Le Pen pour le 2ème tour.

        Donc oui : ((8 656 346 électeurs ayant voté Macron / 2) / 47 582 183 inscrits) * 100 = 9,10 %

        Il y a donc bien moins de 10% des inscrits qui ont voté Macron au premier tour par conviction. Tu as peut-être du mal à l’admettre, mais c’est la réalité.

        Julien, il me semble avoir utilisé le terme de dictateur au futur. L’État français, par sa pratique comme par ses projets de loi, se transforme petit en petit en dictature. Tu es aussi surpris maintenant de ce que je dis que, il y a 2 ans, lorsque je disais qu’avec ses (à l’époque) futures lois, Macron allait renforcer les extrêmes et qu’en 2022 ce sera plus dur d’éviter à Marine Le Pen un succès au second tour. Avoir élu Macron avec 66% des exprimés au second tour lui a fourni des ailes, on en voit le résultat maintenant. Bravo !

        Donc je confirme, Macron ne lâchera pas le pouvoir facilement, il veut continuer sa politique ultralibérale, et le risque d’une grande émeute n’est pas à exclure. On l’a vu en Syrie, il n’y a que les dictatures fortes qui peuvent réprimer les émeutes fortes.

        Donc oui, la France se transformera en dictature, avec Macron 1er à sa tête.

      7. @François :

        Vous avez du mal avec votre machine à calculer .

        Autant que Gilles Gillardin avec son PC .

        On accusera là aussi la secrétaire .

        En tous cas , CQFD .

      8. Lors du fameux « Grand Débat des Intellectuels », notre cher président a déclaré:
        « Nous sommes une société aristocratique égalitaire »

        Vous remarquerez peut-être la non-présence du terme « démocratique ».
        Peut-être aussi serez-vous étonnés de voir associés l’aristocratie et l’égalité.

        « La révolution sera complète quand le langage sera parfait » disait George Orwell.
        Ceux ici qui voient des raccourcis et du grandiloquent devraient effectivement relire Orwell:

        « Ne voyez-vous pas que le véritable but du novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? A la fin, nous rendrons littéralement impossible le crime par la pensée, car il n’y aura plus de mots pour l’exprimer. »

        Source: https://twitter.com/franceculture/status/1107770570756759552

      9. Pour comprendre la phrase de Macron, il vaut mieux ne pas la tronquer bêtement :

        « Nous sommes une société aristocratique égalitaire. Tout le monde est pour l’école publique, mais tout le monde essaye d’emmener ses enfants vers les meilleurs établissements. »

        Evidemment, dit comme cela, ça empêche de faire des petits posts à deux balles sur Facebook ou Twitter (ou l’extrait tronqué circule évidemment depuis deux jours), mais au moins cela rétablit le sens de sa pensée.

        Un peu comme avec Laurent Alexandre récemment, il y a largement suffisamment de quoi critiquer sur le fond Macron pour ne pas lui faire de faux procès.

      10. @Juannessy

        Libre à toi de ne pas prendre en compte la réalité exprimée par les enquêtes d’opinion. Mon équation exprime mathématiquement ce qu’a dit Lordon, je t’invite à le relire. Mais tu as raison, garder son esprit fermé devant ce qui ne nous plait pas évite de voir les problèmes qui nous enquiquine.

      11. @Julien
        Est-ce « tronquer bêtement » que de s’arrêter au point ?
        Libre à vous ensuite de « rétablir le sens de la pensée » du Président, chacun ses combats.

        Il se trouve qu’il existe des familles (comme la mienne) dans lesquelles les parents souhaitent mettre leurs enfants dans le public, avec tout le monde, parce qu’ils croient aux valeurs démocratiques. Ca ne colle pas avec ce « tout le monde » de la grande pensée défendue par contre…

      12. Ce n’est même pas tronquer bêtement, c’est falsifier totalement le sens du discours.

        Aller vers les « meilleurs établissements », ce n’est pas aller vers le privé. C’est faire des dérogations capilotractées (« mon enfant veut faire chinois en 3ème langue ») pour ne pas être assigné au collège/lycée de sa zone géographique, même et surtout dans le publique. Les champions en chef de la pratique étant les CSP+ et la fonction publique de l’éducation nationale.

      13. Moi je prends en compte le résultat des urnes .

        Et mes interprétations , je me les garde pour les élections suivantes en essayant d’en tenir compte , sans tordre les mathématiques et faire de la politique science fiction .

        Ça m’épargne les dictatures et les dictateurs .

      14. Julien Alexandre 20 mars 2019 à 19 h 46 min
        La raison m’amène à vous donner raison, (c’est rare) à compléter tout de même que cette situation où malice, réseau, et privilège, est la conséquence lointaine de l’abandon au début des 80’ de la réforme Savary qu’un million d’extrémistes de droite ont désapprouvé dans la rue, et comme d’habitude, les socialistes ont reculé. À quand 1000000 de gilets jaunes à Versailles ? Quand à Laurent Alexandre, complice ou abusé ? à suivre…

    2. Il faut admettre que certaines actions samedi dernier ressemblent en peu à la periode de 1789 à 1793: destruction des symboles (« FOU – quets », un graffiti sur la vitre endommagée du restaurant préféré de l’ancien président blingbling), pillages, attaques contre la force publique, des morts……

    3. Oui Vincent, je vous donne raison.
      Pourquoi ?
      Parce que d’un côté, on veut modifier les aides sociales existantes (sous conditions entraînant nombreuses injustices comme j’ai souvent tenté de le démontrer) de l’autre, nombreux veulent les remplacer par des aides soit pour les modestes (dans le cas de gratuité pour le « nécessaire ») soit pour les ruraux (dans le cas des baisses de taxes sur carburant).
      Autrement dit, concernant le seul ex des taxes sur carburant : qui définirait qui seraient ces ruraux qui n’en paieraient pas, et jusqu’à quel nombre d’habitants les communes feraient partie du rural ? = Des bureaucrates, qui décideraient par ex que jusqu’à 50000 habitants ce serait des ruraux exemptés de taxe, au delà des urbains payant la taxe. Et les communes de 50100 habitants alors ?!!!!!! Toujours les mêmes injustices renouvelées, mais différemment… Cela changerait vraiment ???
      Faut savoir « inventer du nouveau » qui change vraiment la donne, ça ne s’improvise pas !
      Si tout le monde et n’importe qui cesse de s’improviser « inventeur de nouvelles idées » sans être pleinement avertie et des causes, et des conséquences, alors là, OUI, on pourra s’en sortir. Et j’ai plein d’exemples de la sorte.

      1. Ah ! 1er com ci dessus passé ! Je préfère mon deuxième speech ci dessous ( une réécriture est tjrs mieux que le brouillon).

      2. J’ajoute donc, pour reprendre mon 2ème speech disparu :
        Pour créer de vraies réformes, il faut étudier le tps nécessaire les problèmes à résoudre après les avoir bien décelés, les pourquoi et les comment ; ensuite, il faut prévoir plusieurs solutions possibles, comment les mettre en place, anticiper les effets à court, moyen, long terme… etc puis choisir la mieux adaptée.
        Cela peut prendre plusieurs années et ne peut se faire que par de très avertis sur le terrain et non les seuls théoriciens.
        Si tout le monde accepte de patienter autant de temps que nécessaire, si personne n’exige les « sparadraps de l’état d’urgence », alors on peut être optimiste.
        Sinon, autant garder ce qui existe déjà comme cela est fait depuis très longtemps (plusieurs présidentielles, plusieurs législatives, plusieurs élections européennes) en le modifiant un ci un peu là pour le pire plus que pour le meilleur. Et là oui, on peut être trèèèèèèèès pessimiste.

      3. J’ajoute encore pour finir :
        Si on remplace une stigmatisation par une autre, des injustices par d’autres etc… d’une part, on restera en permanence sur de l’expérimentation bancale et d’autre part, à côté de la plaque = nul ! Aucun changement.
        Et pendant ce temps, même en « réformant » vite (réformettes ou fausses réformes) le mal-être s’aggravera, les hikikomoris se multiplieront sur la planète, les pertes d’emplois (vraies professions) et pertes de productions autonomes appauvriront encore plus les états, et les quelques plus riches les plus compétitifs s’enrichiront toujours plus en appauvrissant toujours autant les millions, milliards d’autres….. Et la violence, les haines, les racismes, les maladies qui en découleront…. de s’aggraver (on n’est pas près de voir les armes létales disparaître…).
        On ne deviendra qu’Etats « sécuritaires » où aucun bien-être possible… Même pour les plus riches qui en auront les chocottes en permanence au point de s’empiffrer de psychotropes et de devoir vivre dans des bunkers (de luxe)
        Pire que les films SF catastrophes les plus réalistes.
        On peut faire autrement !
        Mais il faut aussi tenir compte que toute nouvelle idée peut rater. On ne peut pas toujours prévoir l’impondérable et les accidents (Mme Irma, peut-être, avec sa boule de cristal peut les prévoir ? Ou quelques nouveaux prophètes ayant eu la révélation divine ?)
        D’où la nécessité de prévoir plusieurs solutions possibles.

    4. @Vincent Rey
      Je ne vois pas Macron et sa clique céder quoi que ce soit à moyen terme. Là, il joue la montre, espérant un épuisement de l’adversaire.
      La question pourrait être : quelle ténacité pour les irréductibles Gilets Jaunes et sous quelle forme ? Les démonstrations de force à Paris ne suffiront pas et ils le savent. Seul un blocage des flux économiques pourrait faire plier le gouvernement. A suivre, donc…
      Autre question: le point de rupture des forces de l’ordre. Essentiel pour la suite.
      La bataille de l’opinion. Résistants et collabos, physiquement engagés, n’étaient pas si nombreux. C’est la faveur de l’opinion de la masse « attentiste » qui fait le gagnant ou le vainqueur.

      1. Un syndicat de police dont j’ai oublié le nom disait hier soir que la politique du tout sécuritaire est une impasse, que le réponse du gouvernement doit maintenant être politique.
        Cela n’en prend pas le chemin, le préfet de police de Paris vient d’être démis de ses fonctions, parmi les motifs invoqués : refus d’utiliser les flash ball LBD controversés.

      2. Les gilets jaunes ont prouvé leur sens de l’adaptation, adoptant une stratégie que n’aurait pas reniée Mao.

      3. @Pierre-Yves Dambrine
        Oui épatant, d’un point de vue strictement formel 😉
        Intelligence collective via la réseaux sociaux dont le blog de PJ n’a pas l’exclusivité.
        Ouh, ça va faire hurler Julien ça.

      4. Intelligence et réseaux sociaux dans la même phrase, ça pique, c’est indéniable.
        C’est comme s’élancer en avant derrière la musique, on voit bien ce que ça veut dire, mais en pratique on voit bien que ça ne marche pas 😉

      5. Quelle ténacité pour les irréductibles Gilets Jaunes ?
        Et que font les 50% de français voire plus qui soutiennent le mouvement ? Soit plusieurs millions …
        S’ils ne se bougent pas le popotin, les réformes dans les cartons vont les laminer et ce n’est pas lorsque nous serons tous paupérisés qu’il faudra se plaindre.

    5. Vincent, ne perds pas de vue que si ce pays était peuplé de gens violents, et même potentiellement violents, il y aurai déjà aujourd’hui, des dizaines de morts, et ça n’est pas le cas.

      Le pouvoir en place cultive la peur du chaos, comme la peur du FN.

      J’ai moins peur du chaos avec des gilets jaunes, que du totalitarisme rampant des voyous, qui laisseront, quand il n’y aura plus rien à voler, un chaos plus grand encore….

      ( ça doit être Lordon qui me fait écrire comme ça )

  6. Quand à place publique, je ne vous suis pas M Jorion. S’allier avec cap21, c’est le début de la corruption idéologique, avant même toute tentative de synthèse des contributions, ils se précipitent aux élections pour se faire élire.
    Il fallait trouver moyen de ne pas aller aux élections… j’ai du mal à leur pardonner, même si j’imagine qu’il y a des problèmes que je ne connais pas.

  7. J’y ai cru, mais en voyant également le programme de France Culture, j’ai pensé alors que vous avez le don d’ubiquité car vous avez annoncé être à la Catho pour une conférence à la même heure !! Le subterfuge ne pouvait plus tenir.

  8. Dommage. J’avoue avoir marché – voire couru – à votre espièglerie.

    Il faut dire que j’ai la faiblesse de penser que Emmanuel Macron, qui a déjà établi au-delà de tout doute qu’il est capable de surprendre pour le pire, est aussi capable de surprendre pour le mieux.

    Peut-être est-ce trop d’optimisme…

    1. C’est ce qu’écrit Lordon .

      Mais j’ai un peu tendance à penser que notre histoire s’écrit ailleurs , et pas en langues européennes .

  9. J’y ai cru aussi, à votre blague. Pourquoi n’auriez-vous pas été invité ? Et, invité, pourquoi n’y seriez-vous pas allé ?
    Lordon a dit avec éclat, s’adressant à Macron dans une lettre ouverte, pourquoi il n’irait pas. Soit. Mais pourrquoi n’est-il pas allé remettre en personne sa lettre à son destinataire ?

  10. Il n’y a plus qu’à espéré que ce consensus d’intellectuel.e.s n’en soit pas à conclure, pour aider le « roi te touche dieu te guérit » à sortir de l’impasse des « Grands débats nationaux » et des manifestations du mouvement des Gilets jaunes, de la « Marche du siècle », de la « Marche de la solidarité », dont personne n’a parlé (en soutien aux victimes des brutalités commise lors des contrôles aux faciès, aux victimes des discriminations impunies à l’embauche…) qu’il ne reste plus qu’à faire prier les « temps de cerveaux disponibles » qu’à n’écouter et n’entendre que le « ras le bol fiscal », « poujadisme », populisme… la « dictature des émotions » sondées… qu’il existe une « opinion » grandissante qui espère que seuls des extras-terrestres, le « transhumanisme », si on se « re-responsabilise », nous sauveront…?

  11. Bonjour,
    Désolé, cher Paul Jorion, je pense que vous avez, dans la forme, la dent un peu moins dure que l’ami Lordon ( qui décidément se lâche!) et qu’il eut été moins risqué pour la présidence de vous convier à sa place à effet de dilluer plus efficacement vos propos, que je sais beaucoup plus courtois, dans la cacophonie ambiante…
    Encore un manque de vision de sa part… On y est habitué!
    Comme quoi, un refus de participer si il est fermement formulé, peut être plus destructeur qu’un accord que l’on sait à l’avance destiné à être bafoué..!
    Ce n’est pas une critique, bien au contraire, mais on ne se refait pas…
    Au delà de certaines limites, il convient de mordre.
    Amicalement, Eric.

    1. Y aller ou pas ? Parfois le cadre compte plus que le fond. Là, le prétendu débat public, les « 60 intellectuels », juste un faire valoir pour Macron, qui va pouvoir mettre en scène une « performance » personnelle que les éditorialistes des médias vont s’empresser d’applaudir. Et après….Rien à voir avec la démocratie.

      1. Bien d’accord .

        Pourtant il me semble que le taulier se désole parfois que l’intellectuel ne soit pas le prince !

      2. Effectivement, rien à voir avec la démocratie. Je suis ce débat et je trouve insupportable le numéro de singe savant de sa majesté, ce débat n’est au bout du compte qu’un exercice de communication propre à flatter un narcissisme… disons : douteux

  12. j ‘avais trouvé bizarre que le compte-rendu soit publié à 18h précises, au moment même où doit commencer cette réunion à l’Elysée. J’aurais dû me méfier ! 🙂

    Monsieur Macron, vous prenez les gens pour des imbéciles.

    Le grand débat avec ses réponses incluses dans les questions, était-ce vraiment sérieux ?
    Quant à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour traiter les millions de données issues des « grands débats » et des cahiers de doléances, c »est d’un ridicule absolu. L’intelligence artificielle, peut nous aider à résoudre des problèmes comportant de nombreux paramètres, mais pour faire le simple diagnostic que c’est tout un système qu’il faut remettre en cause, il ne faut pas quatre mois ! (je m’étonne d’ailleurs que votre médaillé Monsieur Villani ait pu adhérer à une telle mascarade.)

    Vous avez à Nairobi répété votre slogan « make our planet great again » , mais à domicile vous ne donnez pas l’exemple, vous freinez des quatre fers, et même reculez, par exemple sur l’interdiction décidée par votre propre majorité d’interdire la fabrication de pesticides sur le sol français, et on pourrait multiplier les exemples concernant votre double langage.
    Vous avez encore été surpris ce samedi que les gilets jaunes n’aient pas baissé la garde.
    Quand comprendrez-vous l’urgence écologique et sociale ?

  13. Les intellectuels qui ont accepté de dîner avec M. MACRON ne feront que jouer le rôle de porte-coton de ce dernier comme certains grands officiers le faisaient du temps de Louis XIV et des quelques rois qui l’ont suivi.
    Comment des intellectuels peuvent ils avoir une telle âme de valet ?

    1. @Chaponik
      Peut-être simplement parce que dans le système conformiste de promotion des élites il faut d’abord être valet pour espérer l’obtention du titre d’intellectuel.

      1. L’art de l’insinuation n’a par contre pas de frontières sociales , et il est pratiqué avec ravissement par les rois et les valets .

        Je garde les dames et les as .

      2. Non , la dame de cœur et les quatre as (4As , ça devrait inspirer les Belfortains dans la cité du Che ) .).

      3. Ah ça des valets, il y en avait. J’ai même pas tout écouté, entre les réponse à la « Madame Soleil » de E Macron, et les question des intellectuels présents, qui voulaient surtout s’écouter parler au président, histoire de s’assurer de leur réussite sociale…. c’était totalement creux, je n’en ai rien tiré.

        De tout le temps que j’ai écouté, je n’ai pas entendu une seule fois parler de la révolution technologique, les eules fois où on a parlé de technologie, c’était pour évoquer les futures (et hypothétiques) start-ups créatrices d’emploi !!

        Il s’agissait visiblement surtout de flatter les intellectuels présents…à un moment j’ai rigolé, parcequ’on a entendu que Macron en répondant, a réprimé un baillement !

  14. On se demande à quel degré d’autoritarisme faudra-t-il être rendu pour que les « castors » reconnaissent que mettre macron au pouvoir « pour éviter le pire » aura été le plus sur moyen de faire advenir le pire. Aujourd’hui le gouvernement décide d’interdire les manifestations et choisit de « durcir la doctrine de maintien de l’ordre ». Avec 1 mort et plus de 3000 blessés déjà au compteur, il est largement temps de s’en inquiéter. Faudra-t-il une intervention des casques bleus pour dégager ces fous furieux du pouvoir?

    1. @ Dissonance, on ne saurait mieux dire !
      En y repensant, nous avions effectivement à choisir entre la peste et le choléra. Or il se pourrait bien que nos contemporains aient oublié ce qu’étaient concrètement la peste et le choléra pour nos aïeux : de terribles catastrophes meurtrières, donc une illusion de choix au sens fort. Illusion moderne que, ma foi, si l’on a la peste ou le choléra, eh bien on avisera : merci la médecine moderne (pourtant totalement dépourvue contre les virus…).
      Paul Jorion a toujours insisté sur cette question du fascisme en col bleu et celui en col blanc, l’un épaulant l’autre dans une ronde létale. On a eu Macron et il fallait éviter l’Autre, certes ! Mais pensons un peu à la situation terrifiante, aporétique, où les Seigneurs qui nous dominent nous ont mis.
      Peut-être que quand Macron entamera son n ème mandat(eh oui, mêmes cause cause mêmes effets : le recours éternel!) le peuple français se rappellera de l’admirable exemple du peuple algérien.
      Mais soyons réalistes : la nature va aussi se faire entendre rapidement… Comme le dit Greta, à peine 10 / 15 ans. devant nous…
      PS – en tout cas, Macron est un gros comique, y a que lui qui cause dans son débat avec les intellos ─ j’ai écouté 15 mn… pas pu continuer…

      1. Le merveilleux peuple algérien qui a mis soixante ans pour commencer à oser la démocratie à la maison , et la fin des profiteurs des lendemains de son indépendance ?

        Pour le moment , ça ressemble plus à un apurement du demi siècle passé qu’à un véritable projet d’avenir charpenté ( que le peuple algérien serait bien le seul à avoir d’ailleurs , dans ce monde où le marché et le pouvoir d’achat étouffent toute utopie ).

      2. J’ai trouvé que Agathe Cagé secouait dans ce débat face à Maacron une demi-branche du côté sud-est du cocotier quand même.
        (Elle anime un think-tank « pour jeunes »…http://www.cartes-sur-table.fr/ elle était dir cab de Najat Vallaud-Balkacem ou qqc comme ça)
        (ne pas confondre avec sa soeur jumelle Julia Cagé)

      3. @ Juannessy,
        Tout le monde ici connait votre grande culture, votre capacité à parler de tout et vos diverses expériences.
        C’est donc en toute connaissance de cause que vous faites ces remarques méprisantes enrobées d’ironie sur le « Le merveilleux peuple algérien qui a mis soixante ans pour commencer à oser la démocratie à la maison» .
        Votre commentaire sur l’Algérie est répugnant.

      4. Je sais . Je ne fais que des commentaires répugnants .

        J’ai travaillé en Algérie . C’est un jeune ingénieur algérien ( polytechnique el Harrach ) , un gars d’une intelligence rare , mis à un poste de responsabilité à la Willaya d’Al Asnam mais complètement court circuité par la mafia des recasés du FLN , qui m’avait transmis sa désespérance à peu près dans les termes que j’ai employés ( le demi siècle en moins , c’était dans les années 70 ) .

        Je souhaite au peuple algérien de savoir s’appuyer sur des concitoyens de cette trempe , plutôt que sur des intellectuels que les vapeurs incommodent .

      5. @ Juannessy, dire qu’un peuple « ose après 60 ans la démocratie à la maison » est une façon de dire que ce peuple a été passif ou pire, lâche. Je comprends parfaitement la désespérance de votre jeune interlocuteur, son dégoût de ce qui s’est ensuite passé. Mais l’Algérie a connu une guerre civile, une répression massive etc. alors « oser », ça n’est pas passé pour moi.
        Dirait-on la même chose du peuple d’Haïti qui se révolte dans une déplorable indifférence ? Osent-ils enfin se révolter contre leur caste corrompue ? Ont-ils été résignés depuis leur héroïque lutte de libération avec Toussaint Louverture ? Non, mais le rapport de force imposé a toujours été féroce.
        Mais nous en resterons là : vous prouvez encore la richesse de vos expériences et votre infaillibilité.

      6. Donner 66 % des suffrages exprimés au candidat Macron lors du second tour de l’élection présidentielle dans le contexte électoral de 2017, ne fut effectivement pas très judicieux. Il est normal qu’avec ce résultat électoral, des ailes de chauve-souris lui aient poussé subitement dans le dos une fois assis à l’Élysée. Une courte majorité aurait suffit à ce que l’autre ne passe pas sans pour autant donner un blanc-seing à l’ancien ministre de l’Économie du gouvernement Hollande & Valls. Mais l’électrice et l’électeur français étant un être médiatiquement suggestible, les dès pipés furent vite jetés. heureusement, l’abstention étant désormais le premier parti de France, l’espoir reste entier.

    2. Ce sont des fanatiques dans leur genre… Une contestation pareille resterait sans réponse, sans même une nouvelle analyse, ou un petit effort de sincérité ? mais qu’espèrent-ils ? Ils sont cons ou quoi ?

  15. Moi je trouve que c’est une belle occasion de manquer pour « l’invitation de 60 intellectuels ». Pourquoi ne pas avoir usé d’un stratagème… comme Marlon Brando autrefois ?

    « Bonsoir. Mon nom est Greta Thunberg. Je suis suédoise et je suis militante pour le climat.
    Je représente Frédéric Lordon à cette soirée, et il m’a demandée de vous transmettre un très long discours, que je ne peux pas partager maintenant avec vous à cause du manque de temps, mais que je serai heureuse de lire après devant la presse. C’est à regret qu’il ne peut accepter cette très généreuse invitation, en raison de la manière dont sont traités aujourd’hui les jeunes « gens qui ne sont rien », par le gouvernement – excusez-moi -, à la télévision et dans les autres médias, et à cause de toutes ces souffrances qui sont inacceptables.
    J’espère ne pas avoir gâché votre soirée et qu’à l’avenir, nos coeurs et notre vision des choses seront réunis dans l’amour et la générosité. »

    Merci, au nom de M. Lordon

    Une initiative controversée, et un moment tendu et difficile pour Greta Thunberg. La jeune femme a tout de même été ovationnée au terme de sa courte intervention.

    NB – Soyons sérieux – je pense que Frédéric Lordon aurait pu se faire représenter tout aussi bien par le bien nommé trublion Paul Jorion.

    https://youtu.be/2QUacU0I4yU

  16. @ Chaponik

    Eh bien je dirais que la réponse se trouve ici

    Alors que le peuple bruit, achevons cette fable par cette simple
    affirmation : ces êtres ne sont pas corrompus car ils sont la corruption. Les mécanismes de reproduction des élites et de
    l’entre-soi parisien, aristocratisation d’une bourgeoisie sans
    mérites, ont fondu notre pays jusqu’à en faire un repère à
    mièvres et arrogants, médiocres et malfaisants.

    C’est à la page 112 du Crépuscule de Juan Branco (qui se trouve dans la même assemblée que F Lordon dans la conférence ci-dessus mentionnée à la Bourse du travail).
    http://branco.blog.lemonde.fr/files/2019/01/Macron-et-son-Crepuscule.pdf

  17. « Des consignes inappropriées ont été passées pour réduire l’usage » des lanceurs de balle de défense (LBD), a-t-il déploré, assurant que le gouvernement va « renforcer la fermeté de (sa) doctrine de maintien de l’ordre ».
    Source :
    https://www.rtl.fr/actu/politique/gilets-jaunes-interdiction-de-manifester-amendes-les-annonces-d-edouard-philippe-7797236391

    Un tel pouvoir fait vraiment peur.
    Et n’oubliez pas qu’Emmanuel Macron n’était ni de droite ni de gauche …

    1. Perso, j’ai toujours su qu’il était de droite (la fasciste en col blanc). Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, ce qui fait que je n’ai pas voté pour lui au second tour.

  18. C’est ce qu’on appelle, euh…Une fake news!
    En tous cas, le « débat », pardon, la campagne est déplorable, abjecte, à l’image du personnage.
    Merci messieurs Lordon, Jorion et ceux qui ont vu la fumisterie de continuer à partager vos pensées.

  19. Apparement Lordon représente la vieille tradition révolutionnaire francaise. Le problème c’est de telle réactions ne servent à rien, du moins pour l’instant. Macron se bat pour sa survie politique, il est dans une position extrêmement faible et difficile. Même sur l’échequier européen, il passe pour un naif; on lui conseille de mettre d’abord de l’ordre dans la maison France, au lieu d’ébaucher des grands plans pour l’Europe. Je ne suis pas le seul à trouver Macron immature tant sur un plan politique que personnel. Ce qui est encore plus grave: il s’est vendu, pendant la camapgne électorale comme anti-système, alors qu’il est le système, il l’incarne. « Le grand débat national » est un flop, il a permis à Macron de se mettre en scène pour les élections européennes, gagner du temps jusqu’á cette échéance et calmer l’agitation. Je crains qu’il s’est tendu lui-même un piége.

    1. Les fausses solutions de sortie, lorsqu’elles arrivent au bout, ont pour elles deux défauts :
      – elles ne résolvent rien de la colère du peuple ;
      – elles donnent une affreuse impression de foutage de gueule, ce qui ne peut qu’énerver un peu plus ceux déjà à cran.

      Ce grand débat en a tout l’air, vu que Macron ne veut pas céder sur les points principaux des revendications : justice fiscale et sociale, RIC, et surtout une réelle politique écologique.

      Je vais peut être dire une connerie, mais cela semble se rapprocher de plus en plus de mai 68, voire de 1789.

      1. Tout dépendra de ce qui ressortira du grand débat/états généraux. Macron a pris un gros risque en croyant gagner du temps.

  20. Marrant ça, comme un poisson d’avril un peu précoce!

    Je cherche encore le moyen de « taper du poing » comme vous dites. Ca bouillonne dans ma tête et mes doigts me démangent.

    Personnellement, j’ai remarqué que la plupart des revendications et des propositions impliquent un processus politique. C’est très bien, mais il me semble que ce n’est qu’une partie du travail à faire (on pourrait appeler ça le travail du citoyen). J’aimerais inviter les gens, parallèlement, à des actes individuels et quotidiens qui nous emmèneraient déjà très loin. On pourrait appeler ça le travail de l’homme (en référence à la Déclaration?)?

    Pour commencer peut-être, rappeler que le budget 2019 de l’Etat français est de 391 milliards d’euros, tandis que le budget des ménages est de 1541 milliards (INSEE 2015, ajoutez-y quelques %).

    Si ces 30 millions de ménages se retroussent les manches et s’y mettent sérieusement, il y aura effectivement de quoi ridiculiser l’immobilisme de l’Etat, qui au final est un nabot économique comparé à nous!

    1. « Si ces 30 millions de ménages se retroussent les manches et s’y mettent sérieusement, il y aura effectivement de quoi ridiculiser l’immobilisme de l’Etat, qui au final est un nabot économique comparé à nous! »

      Oui. J’avais une idée de « nouveau journal » pour cela (mais à l’échelle nationale, et non associative). Pensé, réfléchi fin 90 jusqu’à 2004. J’avais intensément étudié les journaux et magazines d’investigation, j’avais tout mon temps pour cela, nourrie logée (plein d’autres réflexions en parallèle dont j’ai déjà témoigné ici); je les avais scrutés à la loupe pour tenter de comprendre où était la faille du cercle vicieux dans lequel déjà on était tous embourbés, moi plus gravement que la plupart mais je n’étais pas la seule (hélas la grande majorité dans mon cas ou similaire n’était sollicitée qu’à pleurer dans les associations caritatives, là où ils ne dérangeaient personne).
      Je ne pouvais me contenter de ce dénoncé d’une seule voix par les médias eux-mêmes, même voix pour dire blanc ou noir, mais qui ne voyaient que leur seul intérêt à survivre. Comme tous ! Certains journalistes ont pris connaissance de mon idée, ont été d’accord avec mon constat (inédit) mais tous de dire « ce n’est pas réalisable » (pourtant j’avais prévu le « mode d’emploi », je suis douée pour ça). Que des cons ! C’était réalisable ce qu’ils ont fait ??? Ils ont obtenu un résultat probant ? Il n’y a presque plus de vrais journalistes. Moi je ne pouvais pas créer ce journal.
      C’est pareil pour toutes revendications de masse, elles dénoncent (trop tard) ce que tout le monde sait, mais personne pour proposer un mode d’emploi autre qu’aléatoire et artificiel, purement théorique et qui demande bcp de pognon que personne n’a.
      Parce les 1541 milliards de revenus des Français, ils servent à quoi ? A payer… Et le temps de cerveau libre autre que boulot, obligations familiales etc. était (est toujours) occupé à calculer comment payer moins tel abonnement internet, tel smartphone, telle nourriture saine ….etc.
      Ainsi tous constataient déjà il y a + de 20 ans et constatent encore les mêmes évidences, mais sans savoir quoi ni surtout comment faire….. Peut-être proposent-ils des « mesurettes » ? toujours en ne voyant que midi à sa porte…. Et leur seul intérêt. Exactement ce que font les gouvernements depuis des lustres.
      Pourtant, il y a des failles à tout cercle vicieux. Mais personne ne comprend ce qu’on ne dit pas comme lui….. On tourne toujours en rond, colères et haines en prime.
      Mais tout géant a un talon d’Achille. Comprenne qui pourra……………..

  21. Malgré toutes les critiques qu’on peut lui adresser, ce mec est brillant, si, si, le mec est brillantissime, et en tant qu’intellectuel, il aurait sa place à l’Elysée autour de la table, … pour la diriger ! Mais un intellectuel sur le trône ça produit forcement de la merde. Sauf s’il se souvient du rythme du marteau.

    On peut rêver un peu JLM avec Jorion comme premier ministre. Les frères ennemis ayant en commun 99,99999 % des idées !

    Je vous invite à l’écouter, le déroulé d’une pensée, d’une vision :

    https://www.youtube.com/watch?v=0fvFPAxBO8I

    Spéciale dédicace pour JA ! 😀 (à la place de Castaner ? ! Les forces de l’ordres ne sont pas pour lui déplaire)

    1. Merci pour le lien, je me suis tapé les 45 mn, rien de neuf, mais un excellent panorama, une belle dialectique entre rappels historiques et planification d’un futur contraint etc.

  22. Lordon, c’est comme l’estragon, c’est bien bon pour manger le poisson.

    Mais pour construire l’aquarium où se nourrira le poisson suivant, je le vois moins…
    (je ne dis pas que les demi-socialistes que j’ai citées, A Cagé et A Lalucq, feraient mieux…)

      1. @ arkao et Jacques
        « Oui, mais » : le côté acerbe d’un Lordon (indépendamment du fond), ça fait bien plaisir, mais on aimerait pouvoir construire/avancer/critiquer/instituer (comme dit Sophie Wahnich) qu’il y ait une plume acérée ou pas. Tant mieux si elle nous pousse, et tant mieux si il a bien décrit le rôle des affects. Mais une fois qu’il est sorti de la salle, on doit pouvoir continuer sans atteindre ce niveau. C’est un peu une méfiance « par rapport à soi-même » à laquelle je fais appel : Un musicien sans gros talent, s’il entend pour la première fois un Thelenious Monk ou un Debussy qu’il n’aurait jamais entendu, il peut se laisser prendre à se dire qu’il va « faire pareil ». Et en moyenne, non, ça ne sera pas aussi « réussi ». Néanmoins, c’est « notre musique », qu’il faut faire entendre fort, et pas que en écho et sur le même mode que FL.
        Peut-être est-ce simplement que c’est le cas où je ressent le plus l’incapacité à construire par la distance dans le style, et que cela me frustre. Enfin, je n’insiste pas plus. Je laisse la place aux constructif.ve.s.

      2. @ Timiota,
        Je me suis sans doute mal expliqué… Je n’attends pas de « leader » auto-proclamé ou non. Par contre j’apprécie que l’on fournisse des outils, rien de plus, rien de moins. Lordon, Jorion, Wahnich (et quelques autres : Stiegler, Supiot…) sont indispensables mais ne peuvent rien seuls, sans des mobilisations massives, pacifiques et décidées, sur des bases d’affects partagés et avec la compréhension du monde tel qu’il est, sans enfumage idéologique.
        Pour avancer il vaut certainement mieux aller voir du côté de la proposition de Jean Luce Morlie (voir son billet du jour).

    1. @Timiota
      Frédéric Lordon est aussi un penseur passionnant et tout comme pour Paul Jorion, il est possible de mettre des analyses en perspectives des faits, le seul moyen de valider celles-ci.
      En considérant la révolution en cours en Algérie et le mouvement des Gilets jaunes, je voudrais rappeler son livre : « Les affects de la politique » Seuil, 2016.
      Ce qui se passe avec la mobilisation de tout un peuple dans les rues contre un pouvoir jusque-là si craint et si puissant y est parfaitement décrit dans ses modalités. « Construction passionnelle des seuils critiques » : la perpétuation à la présidence d’un pauvre homme infirme, une momie, a rendu effectivement intolérable ce qui passe pour tolérable » (pp 135-138).
      Et de même les blocages actuels en France dans les mouvements en cours y trouvent de parfaits éclairages. La convergence qui seule permettrait d’avancer dans tous les domaines simultanément relève bien de « l’ars affectandi » spinozien. Il y a un chapitre intitulé : « Figurer le changement climatique » ; on vérifie que Greta Thunberg était sans nul doute la figure nécessaire pour enfin mobiliser la jeunesse (d’abord et tous ensuite). Autre cas : « la question de la dette publique (…) objet d’un intense travail de propagande pour la faire rentrer dans les affections de la population, là où a priori radicalement étrangère à toute expérience, elle n’avait aucune chance de s’y établir spontanément ». Ce discours de la « dette pour nos enfants » est en effet dominant ; le renverser est nécessaire mais ardu.
      Le scandale inouï de la privatisation d’ADP montre que ce travail gouvernemental est de plus en plus difficile mais ce vol légal ne suffira pas à faire descendre le peuple français dans la rue. Il faudrait un affect plus puissant.
      Lordon parle aussi du naturalisme spinozien des corps (p.116). Il écrit : « (…) c’est le corps qui dit d’abord ce que l’homme peut et ce qu’il ne peut pas, ce qu’il supporte et ce qu’il ne supporte pas ». Ces développements ne sont pas sans rapport avec d’autres que nous avons appris à connaitre ici…
      Pour ne pas conclure, je dirai simplement que Jorion et Lordon sont parfaitement complémentaires.

      1. J’apprends que LREM est financé par Bayer-Monsanto via son allié « Alde  » ( parti centriste ) au parlement européen. Il y a des complémentarités évidentes en effet. Les lois non votées en découlant assurément aussi.

  23. Bonjour tous
    Il me semble que personne n’a relevé la violence de la 1e intervention, « dégueulée » par un Bruckner de plus en plus
    écoeurant, demandant de « débarrasser » Paris de ces gilets jaunes ( les vilains, les manants, les sans dents, ceux qui ne sont rien etc…) tout ça dans un grand silence, approbation générale ???
    F.V.M.

    1. Pascal Bruckner est un Bushiste invétéré, il a applaudi à l’extermination de 2 millions d’Irakiens ( comptage / association britannique ) , comment s’étonner après de ses nouveaux propos vis à vis du mouvement social des Gilets Jaunes ? Le fanatisme idéologique aveugle, rend méchant et stupide. De toute façon voyez à quoi est rendu maintenant la télévision française. Voici un excellent article de M.Samuel Gontier ( Télérama ) qui en rend compte de façon humoristique : https://www.telerama.fr/television/le-grand-remplacement-est-en-marche-et-labsence-de-lbd-est-responsable-du-saccage-des-champs-elysees,n6175984.php

  24. Lors de la réception des intellectuels à l’Elysée, E. Macron lache ceci : Les inégalités et l’importance de l’héritage sont « un dysfonctionnement du capitalisme contemporain, mais si j’ouvre ce débat, je tue la politique que je mène » qui mise sur la capacité à investir, a-t-il tranché.
    Donc, en d’autres termes: ‘concentrer la richesse ce n’est pas bien, mais elle a selon moi, un petit aspect positif que je tiens absolument à avantager. Tout est dit, passons à autre chose !’

      1. Cela confirme surtout qu’il y a un blocage quant à ce que peut et doit faire un chef d’Etat.
        Jospin déjà : « l’Etat ne peut pas tout », ce qu’il fallait comprendre par  » il ne peut presque rien, j’accompagne au mieux la mondialisation compétitive »
        Si au moins le président faisait ce qu’il disait, allusion à « make our planet great again » ; Macron grand verdoyant à Nairobi, relais des lobbies productivistes dans son pays.
        L’issue ne peut être que française, mais elle peut aussi et doit commencer en France.

      2. Un chef d’état européen réduit à son pays , c’est le doudou pour se faire plaisir et voir le monde comme on l’aimerait . La sucette qu’on donne aux enfants pendant que les grandes personnes parlent entre elles .

      3. La précipitation dactylographique m’a fait écrire le contraire de ce que je voulais dire dans ma dernière phrase.
        J’aurais dû écrire :  » l’issue ne peut pas n’être que française…
        Donc française et européenne. Pas seulement européenne, sinon c’est encore se défausser sur l »Europe pour ne pas faire ce qu’il est possible de faire au niveau national. Je m’étonnerais que vous ne soyez pas d’accord avec cela, car c’est est la moindre des choses que d’user à bon escient du pouvoir qui vous échoit, aussi limité soit-il.
        En tous cas pour moi il est clair que Macron au seul niveau national est loin de faire le job.

      4. C’est déjà mieux .

        Mais pour que Macron ( ou un président de la République française ) puisse tenter quelque chose de dynamique et créatif en France , il est condamné à obtenir d’abord et la latitude et les marges de manœuvres sous garantie, à un niveau international de niveau continental .

        Et que son peuple lui donne la légitimité et le poids d’agir en ce double sens simultanément .

        Et c’est pour ça que le commentaire d’Otromeros cite la bonne clé de voûte .

        Qui n’intéresse personne .

      5. Juannessy
        J’ai du mal à comprendre : quelle légitimité le peuple français, peut-il, doit-il, donner au président Macron ?
        Lui donner une légitimité pour faire ce que lui n’a aucunement l’intention de faire, comme il l’a encore martelé devant les intellectuels réunis à l’Elysée ? C’est absurde.
        Je n’ai pas entendu que Macron désirait réformer le système monétaire international, ni qu’il voulait interdire la spéculation…. Alors oui, il est vain d’attendre dans ce cas que le monde et l’Europe veuillent bien contraindre notre président à changer de direction. Ce ne sont pas les français qui pour l’heure freinent des quatre fers, mais bien ce président.

      6. Moi je parle d’un président de la république qui mettra ça dans la balance pour se faire élire , non pas pour se faire élire , mais pour avoir ce double mandat conscient , bétonné par une forte majorité de français , car c’est une mission à risques pour l’élu mais surtout pour le peuple qui « se met lui aussi dans la balance » ( car il y a des coups sévères potentiellement à prendre ).

        Macron n’a pas été élu pour ça . Mais il aurait pu tenter quelque chose dans les six premiers mois de son mandat . Ça n’a pas été le cas ,et Merkel n’a rien osé ou voulu non plus , et je me suis exprimé pour dire que la partie était perdue pour un bout de temps , dès la fin 2017 .

        Et comme ni les peuples , ni les leaders ne sont encore convaincus qu’il faut changer de cour de récréation , on va regarder passer le train du monde en finissant notre graisse et nos rations de survie , pendant que d’autres trancheront les grands enjeux mondiaux .

  25. Construire… Mais sur quelles fondations?
    Je suis frappé par l’orientation suggérée (sauf erreur d’interprétation..qu’ « il » voudra bien me pardonner s’il échet..) dans le dernier billet de François LECLERC , https://décodages.com/2019/03/18/les-banquiers-centraux-sont-des-magiciens/#more-106045 :
    Engoncés dans leur cadre de pensée, les banquiers centraux cherchent une issue. Aux États-Unis, la Théorie monétaire moderne (MMT) connait un grand regain d’intérêt au sein de la gauche démocrate qu’ils ne peuvent ignorer. La MMT repose sur l’idée qu’un pays disposant de la souveraineté monétaire peut émettre autant de monnaie qu’il veut, tant que l’inflation reste maitrisée. D’où la possibilité d’une hausse de la dépense publique, et du remboursement de sa dette, grâce à la monétisation des déficits publics. Les partisans de la MMT reprochent par contre à l’assouplissement quantitatif des banques centrales de gonfler des bulles financières sans effet sur l’économie réelle.

    Plus le temps passe, plus la croissance faiblit, plus la dette devient insoutenable. S’il est refusé de la restructurer, il ne restera plus qu’à la monétiser… « 

      1. Merci pour votre commentaire-réponse.
        Cinq heures sans autre réaction … Serai-je le seul à réagir? Peut-être ai-je pris des vessies pour des lanternes?
        Détaillons mordicus..!..Ces considérations de F.L. (à moi les « grasses » pour la symbolique que je leur attribue à tort ou à raison..) , JE les interprète au premier degré…une solution est à rechercher dans la mise en oeuvre (ou la suggestion-programme électoral) d’une « technique » de retour à la souveraineté monétaire, soit donc in fine à la monétisation des ( ou de certaines parties des ) déficits publics(futurs?couverts par l’alibi vert-climat/investissements durables?…tous?..)
        Mise en oeuvre par qui?? Par chaque composante de l’U.E. , exclu!
        Par la France, seule, qui « tirerait » donc la première tout en cherchant des alliés…

        MéZalors, méZalors,…cette chanson me rappelle un air de mélodie joué par ces « clowns » (au sens de l’interprétation « décretoriale » en (v)(r)igueur sur ce blog) de DiEM25 ( https://diem25.org/new-deal-europeen/ ).
        MéZalors, méZalors….faudrait pouvoir « parler » de et avec « tou’l’monde » même, oh horreur!, avec certains dont le nom est ici procrit , mais peut-être pas les initiales?…les J.S. , O.B. , et « assimilés ».
        « J’ai un rêve« …

      2. Otromeros
        Il m’a semblé que François Leclerc renvoit dos à dos banquiers centraux et démocrates en l’occurrence.
        Je pensais que la solution se trouvait dans la compensation monétaire plutôt que dans les politiques monétaires strictement nationales. Facile de faire marcher la planche à billets quand on a le dollar. Mais bon quelque chose a dû m’échapper. Qu’on m’éclaire.

      3. C’est probablement trop loin dans le fil des articles pour être aperçu « par hasard »…
        N’empêche qu’il serait peut-être bon d’archiver cette référence que je découvre avec retard..
        http://www.cadtm.org/Rompre-le-tabou-sur-les-dettes-odieuses-et-leur-repudiation
        où l’on peut lire, dans le droit fil des questions de logistique des termes réalistes permettant de contraindre, sans sortir d’où que ce soit, les « partenaires » à de saines réformes des règles de l’U.E….:

        …  »  »  » LVSL – Justement, mettons-nous en situation à la manière de l’article récent de Renaud Lambert et Sylvain Leder dans le Monde diplomatique « Face aux marchés, le scénario d’un bras de fer ».
        Prenons le cas d’un pays comme la France qui voit l’élection d’un gouvernement de gauche progressiste et résolument déterminé à rompre avec le néolibéralisme. Le gouvernement annonce rapidement un moratoire sur la dette pour envisager la répudiation de sa partie illégitime. Comment dès lors éviter la panique financière et les dommages collatéraux économiques et sociaux qui s’en suivraient ?

        E.T : Je ne dirais pas qu’il s’agirait d’éviter la panique bancaire mais : comment la gérer ? Celle-ci sera là quoi qu’il arrive et il faut s’y préparer. Pour la limiter, j’avance un instrument qui n’est pas évoqué dans l’article du monde diplomatique et j’ai d’ailleurs eu un échange avec Renaud Lambert à ce propos qui ne l’avait pas en vue.
        La Banque centrale européenne (BCE) dans le cadre du Quantitative easing (QE) -voir encadré– a acheté pour un peu plus de 400 milliards de titres français à des banques privées.
        Elle a cela dans son bilan (Site officiel de la BCE, Breakdown of debt securities under the PSPP, https://www.ecb.europa.eu/mopo/implement/omt/html/index.en.html , consulté le 3 novembre 2018).
        Elle les a achetés aux banques privées, mais c’est le trésor français qui paie les intérêts à la BCE, et le capital à l’échéance des titres.
        Or, si la BCE fait mine à l’égard d’un gouvernement de gauche en France d’adopter une mesure comme elle l’a prise par rapport au gouvernement Tsipras [[ = « COUPER LES LIQUIDITÉS »]] , le gouvernement français peut décider de ne pas rembourser, face à la volonté de la BCE de l’empêcher d’accomplir son mandat démocratique.
        C’est un argument d’une puissance considérable qui inverse le rapport de force que la BCE pensait dominer. Je suis étonné qu’aucun des économistes consultés par Le Monde diplomatique n’y ait pensé. Le Quantitative easing n’est pas suffisamment analysé par les économistes en général, y compris les hétérodoxes de gauche, qui ne voient pas cette arme qui est mise aux mains des États à partir du moment où ceux-ci décident de désobéir. La Troïka serait dans une situation terrible
        . ….

        [[[ Quantitative Easing ou politique d’assouplissement monétaire : il s’agit de la politique appliquée par la BCE à partir de 2015 dans la foulée de celle menée par la Réserve fédérale des États-Unis entre 2008 et 2014. La BCE rachète massivement des titres de la dette privée et publique aux banques de la zone euro ainsi qu’à de grandes entreprises. En faisant cela, elle vient en aide aux banques et aux autres grandes entreprises privées en les gavant de liquidités que celles-ci utilisent pour spéculer en agrandissant les risques de nouvelles crises. La relance économique n’est pas au rendez-vous. En principe, la BCE doit mettre fin à ce programme de rachat à partir de la fin 2018 mais en réalité elle a décidé de maintenir constant le stock d’environ 2200 milliards d’euros de titres souverains qu’elle a acheté aux banques privées entre 2015 et fin 2018. Cela signifie que quand des titres souverains arriveront à échéance elle rachètera des titres pour un montant équivalent et elle continuera à injecter des liquidités dans les banques auxquelles elle rachètera les titres souverains. De plus, elle se servira du QE pour faire du chantage à l’égard des gouvernements qui ne mèneraient pas une politique d’austérité et de réformes néolibérales suffisamment dure. En effet à l’échéance de titres français, elle pourrait décider de racheter des titres belges ou autrichiens si le gouvernement français mène une politique qui lui déplaît. ]]] ……..

        Quid en penser?

      4. Je ne vois pas un pays en état de  » défier » une banque centrale tout seul sur le sujet de la dette ( qui est à la fois publique et privée ) .

        Si le problème de la dette est considéré comme un cliquet à la liberté démocratique , compte tenu des imbrications gigantesques internationales , entre public et privé , des impacts d’un non remboursement sur une large part de la population qui s’en croit à l’abri ( et donc des affolements sociaux liés , souvent inattendus , dont par exemple la première fin de mois qui suivra pour les services publics ), je vois mal , à l’intuition , de mon côté comment réduire le cliquet autrement que par un consensus et un processus mondial .

        Mais le sujet mérite des avis d’experts pourvu qu’ils ne se cantonnent pas à leurs domaines . Je ne le sépare pas par contre , assurément de celui des paradis fiscaux .

    1. @Otroméros

      Oui et Y. Varoufakis a très bien compris a quel point faire sortir Schaüble ou A Merkel ou maintenant AKK de leur dogme ordo libéral en formulant des propositions constructives de relances budgétaires, entre autres, pouvait très vite devenir lourd et compliqué, tant ils sont rivés à leurs certitudes et en oublie toute réciprocité, notamment sur le plan économique. D’où l’idée de fédérer avec Diem25.
      E Macron n’ a pas encore obtenu, pour le moment, de réponse satisfaisante à sa propre proposition constructive de relance à l’échelle européenne. Pour info les US et la Chine, eux, l’ont fait.

  26. @ Timiota,
    Ce n’est pas parce que j’écris @ Timiota que le message s’adresse à Timiota, ou uniquement à Timiota, d’autant plus sur un forum public, que n’importe quel terrien peut consulter et s’y trouvé convoqué.

    Freud différenciait le Publikum et l’ Öffentlichkeit le second étant le public tout venant, et le premier un public sinon choisi mais particularisé (averti, restreint, sélectionné, dans le coup) au sens que Freud développe à savoir qu’un mot d’esprit s’adresse inévitablement à un public restreint puisque le rire comme effet, témoigne d’une levée partielle du refoulé. Constat voisin d’un Desproges qui aurait dit : « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui ».

    Clair qu’un Lordon en meeting lisant sa lettre effectivement adressée à Macron ou JLM à l’assemblée (voir le lien proposé par Cloclo) s’adressant effectivement aux députés en chair dans l’hémicycle, usent bien du Publikum (public restreint) mais au-delà à l’Öffentlichkeit (Espace public, grand public indifférencié, et pourquoi pas « le peuple » ?).

    Ces précisions pour faire entendre aux sourds comme Juannessy, (« ça n’est pas une lettre d’individu à individu , mais un écho » opération de com » à une « opération de com ») que cette « com » y a mieux à en faire qu’à la réduire avec mépris et méprise.

    Cette affaire de l’adresse de toute parole est même pire : on sait depuis l’invention de Freud dans son laboratoire de psychanalyste que toute parole au-delà de son interlocuteur en chair et en os, s’adresse à un au-delà « in imago » à l’occasion occupée par le psy de service. Il nomme ça justement « transfert ». Et donc que Macron peut fort bien dans une confidence sur l’oreiller à Madame, s’adresser sans qu’il le sache à ce qu’il ne peut dire, à son 1er ministre etc. voir au peuple. Cet au delà de l’adresse est valable en tous temps en tout lieux dès qu’une profération prend forme. C’est tout de même une expérience que chacun a eu de croiser des gens dans la rue qui parlent tout seul ! Ben non, ils parlent à quelqu’un qui n’est pas là, au pire halluciné !

    Alors Timiota, « Lordon, Jorion, Wahnich (et quelques autres : Stiegler, Supiot…) sont indispensables mais ne peuvent rien seuls, sans des mobilisations massives, pacifiques et décidées, sur des bases d’affects partagés et avec la compréhension du monde tel qu’il est, sans enfumage idéologique. »

    Votre « affect partagé », ou celui de Lordon, c’est voisin du Publikum. Pas la peine d’espérer partager quelque chose avec des gens qui ne peuvent appartenir au Publikum. C’est même pourquoi « tous les gars du monde » ça ne marche pas, il y a nécessairement des « pas dans le coup ». Et tous les terriens ne sont pas dans le coup de la même façon dans ce que vous nommez « enfumage idéologique ». JLM à l’assemblée use de ce mot idéologie, pour différencier celle du « nous » dont il se fait un élément, de celle d’en face Macron et consorts de l’ultra libéralisme. Il y aurait donc 2 idéologies qui s’affrontent, peut-être à mort, et certainement du brouillard dans ce qu’elles émettent, mais de là à user de l’expression « enfumage idéologique » pour à la façon, depuis les nouveaux philosophes, dissimuler que la dominante serait naturelle, donc même pas idéologique, et tout autre point de vue de l’enfumage, il n’y a qu’un pas, que la prudence devrait vous inciter à ne pas franchir aussi légèrement.

    1. L’opération de « com » de Lordon comme Juannessy la distingue, ne dit pas ce que Juannessy et d’autres auraient écrit si la réponse de Lordon à Macron, à défaut d’accepter l’invitation, eut été de ne pas la rendre publique.

      La transparence, bien sûr, ça manque partout, mais ça a ses limites, y compris en démocratie directe, d’abord parce que le sujet n’est pas transparent à lui-même, et que ça le rend fragile à attendre de l’autre une totale transparence. Qu’ensuite, prenez-le métaphoriquement ou pas, il y a ceux qui ne veulent pas savoir ce qui se passe dans le lit parental, et ça a des conséquences, il y a ceux qui veulent savoir ce qui s’y passe, mais jusqu’à un certain point, et ça a des conséquences, puis ceux qui veulent tout savoir, et ça a des conséquences, enfin ceux qui veulent participer, et bien sûr ça a des conséquences.

      Il devrait être transparent que toutes ces conséquences ne sont pas les mêmes.

      Et que bien évidemment les postures concernent le droit de savoir dans le champ du politique.

      Malgré la curieuse expression de Foucault, de « gouvernement de soi et gouvernement des autres »

      …[ «Eh bien, à une époque, la nôtre, où on aime tant poser les problèmes de la démocratie en termes de distribution du pouvoir, d’autonomie de chacun dans l’exercice du pouvoir, en termes de transparence et d’opacité, de rapport entre société civile et État, je crois qu’il est peut-être bon de rappeler cette vieille question, qui a été contemporaine du fonctionnement même de la démocratie athénienne et de ses crises, à savoir la question du discours vrai et de la césure nécessaire, indispensable et fragile que le discours vrai ne peut pas ne pas introduire dans une démocratie, une démocratie qui à la fois rend possible ce discours vrai et le menace sans cesse.». )…

      On peut rapporter cet avertissement de Foucault à ce que développe Lordon dans la réponse sur le « sens des mots » du gouvernement , des médias etc…

      1. Mais je n’ai pas dit que Lordon devait répondre en secret à Macron qui lui écrit ( si c’est lui qui a écrit ) pour que ça se sache .

        Je dis que , comme lui , il écrit pour que ce soit publié . Ce qui est une opération de com, et dans la forme et dans les mots .

        Ce qui ne m’apprend rien de nouveau et d’un côté et de l’autre qu’on ne sache déjà .

      2. Si c’était moi qui invitais Lordon à l’Élysée (@ Action 19 – c’est hypothétique, je n’écris pas ça parce que je suis un valet du capitalisme : C’EST UNE SUPPOSITION), je saurais à quoi je m’expose.

      3. Juannessy 19 mars 2019 à 15 h 36 min

        La lecture publique de Lordon est une opération de com, le Grand débat est une opération de com, ce blog aussi est une opération de com ? je ne peux que vous renvoyer à Wiki pour que vous appreniez peut-être quelque chose cette fois ? Du lit « Klinê », le couché grec de la clinique, au lit « lectus » et au « libra » latin qu’on lit avec ce qui lie les associations qu’on peut, en somme, vous roupilliez tranquille, bon somme.
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Strat%C3%A9gie_de_communication

      4. Quand il n’y a rien de neuf dans la communication , elle ne sert à rien qu’à faire du bruit . Je l’appelle alors une redite , que j’évacue assez vite .

        Je ne roupille plus trop et hélas de moins en moins , cinq heures par 24 heures environ .

        Le blog , opération de com ? Bien sur , mais jusqu’à ce jour , contrairement à ce que de mauvaises langues prétendent , il ne se répète pas trop , même si ça finira bien par arriver .

      5. Juannessy 19 mars 2019 à 15 h 36 min
        Pas besoin de dormir pour roupiller, 5 h symptôme répandu chez les seniors, si Jorion est d’accord avec vous pour qualifier son blog d’opération de com, qu’il se taise, sinon qu’il l’ouvre ! Ah vous ne lisez pas de la redite ici ? Alzheimer ?
        De la répétition de votre part, ça ne manque pas, quasi à chaque fois que je balance du lourd, vous venez boucher le vide de retours sur investissement par une suite de messages plus ou moins bruyants qui enterrent le mien.

      6. C’est que vous avez un traitement de faveur .

        Dans Alzheimer , on ne repère plus trop les redites .

  27. En ce 19 mars 2019, l’école de mon village est en grève : pas d’enseignants donc pas d’enfants. Contraignant pour les parents qui travaillent, il va falloir faire garder son enfant.
    J’ai proposé ci-après quelques lignes pour faire une journée d’information aux parents sur cette loi Blanquer qui selon ma 1ere lecture propose la suppression des conseils d’école et d’autres points divers.
    C’est un projet de loi et il apparaît opportun d’en parler aux parents pour les responsabiliser d’une part mais aussi de faire se taire ces syndicalistes qui savent tout et rien.
    A mon humble avis il faut enlever toutes ces murailles virtuelles qui n’offrent rien. Les parents doivent donner leur avis.

    1. Bernadette,

      Un des objectifs de la loi Blanquer est la suppression des directeurs (et donc de leur(s) journée(s) de décharge de direction, journées qui doivent être compensées par des enseignants réalisant alors le « complément de service ». On est donc en plein dans la suppression d’un service public de proximité (le directeur) par un service public éloigné (le principal adjoint du collège), pour des raisons purement budgétaires et totalement à l’opposé de l’intitulé de la loi « pour une école de la confiance » ! Et ce, bien sûr, en pleine contestation générale sur la diminution des services publics de proximité.

      Car chez moi, le collège est souvent à une demi-heure, voire pour certains villages, à une heure de route. Et c’est le cas pour tous les collèges ruraux.

      On voit là un exemple concret, par le gouvernement, de l’absence totale de prise en compte des remarques – nombreuses – formulées lors du « grand débat » et autres cahiers de doléances. Cela ne présage rien de bon pour l’avenir.

      https://www.estrepublicain.fr/edition-haut-doubs/2019/03/18/enseignants-et-parents-d-eleves-ensemble-pour-la-mobilisation

      1. A propos de la réforme  » Blanquer  » et des économies d’échelle pour ne pas remplacer les directions d’école une fois ceux-ci et celles-ci parti-e-s à la retraite ( disparition pure et simple de la fonction et du poste en question ) c’est sans compter parallèlement avec le problème déjà saillant et actuel du  » Burn-Out  » chez un grand nombre de Principales / Principaux de collèges. Je n’ose imaginer la charge de travail supplémentaire que cela occasionnera chez ces personnes et la multiplication des risques judiciaires annexes. Un nouveau délire de la machinerie inhumaine et grotesque du pouvoir macronistique en cours. Associer cette politique à la disparition des médecins psychiatres une fois ceux-ci partis à la retraite et le non remplacement de ceux-ci dans les CMPP, la situation est proprement explosive.

    2. A noter que par chez moi, sur 4 écoles dont j’ai eu les infos, 3 sont entièrement fermées pour grève, et la dernière n’a qu’un enseignant sur les 2 de présent (c’est la directrice, car elle avait planifiée le conseil d’école ce soir !) Donc les chiffres du ministère où seuls 25% des enseignants du primaire seraient grévistes, hum, hum, comment dire. ?
      Julien, c’est pas en dictature que les chiffres officiels sont faux déjà ?

      Va falloir être très vigilant dans chaque bureau de vote le 26 prochain.

      1. Ben sur Annecy , la presque totalité des collèges a fonctionné normalement , et il y avait aussi des réceptions des parents . Si on se fie au panel annécien , les chiffres seraient faux , mais opposés .

        En arriver à accuser par anticipation de fraude électorale massive , confine à l’hystérie .

      2. Julien, c’est pas en dictature que les chiffres officiels sont faux déjà ?

        T’as raison mon François, 3 écoles sur 4 dans ton bled, c’est forcément extrapolable à la France entière.

        C’est bien dommage que je ne t’ai pas eu comme prof d’économétrie à l’IAE. A défaut d’apprendre quoi que ce soit, on aurait bien rigolé !

      3. Par contre , comment appellerait on un pays ou un régime qui corrigeraient le résultat factuel d’une élection , par les « variations saisonnières  » estimées par des sondages privés ?

      4. @Julien,

        Bien sûr que mon échantillon est insuffisant. Je te laisse parcourir l’ensemble des éditions locales de la presse de province pour élargir ce panel. Et rappelle toi, la moquerie est l’arme des faibles.

        Sur les chiffres du ministère : https://www.europe1.fr/societe/greve-du-19-mars-entre-17500-et-50000-manifestants-a-paris-3876890

        5 février : 18.000 selon la préfecture de police ; 14.000 selon le cabinet Occurrence
        19 mars : 12.000 selon la PP ; 17.500 selon le cabinet Occurrence.

        Bizarrement, alors que l’ensemble des observateurs remarque une augmentation du nombre de manifestants, certains, qui craignent très probablement l’arrivée d’une convergence des luttes, les voient en baisse.

        Comme dit Juannessy, ça doit être les « variations saisonnières ».

  28. En restant plein sujet…
    Une synthèse de cette « réunion » nocturne…(pour info: je crois savoir que l’auteure est plutôt opposante au pouvoir… nous savons donc d’où il se peut qu’elle parle).
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/19/grand-debat-des-intellectuels-pris-en-otage_1716086
    Un extrait significatif:
    …  »  »  » J’avais accepté l’invitation à participer pensant – bien naïvement je l’avoue – que nous pourrions au moins de temps en temps rebondir pour, à notre tour, répondre au président de la République. Mais il n’en a rien été. Comme avec les maires, le non-débat avec les intellectuels, a consisté en une litanie inexorable de «réponses» d’Emmanuel Macron aux questions posées par les intellectuels. Comme nous étions plus de 60, il aurait fallu pour qu’il puisse y avoir sinon un véritable échange, au moins un retour sur ce qui avait été dit par le Président, que chacun puisse vraiment se limiter à deux minutes de parole. L’envie de chacun d’exposer plus longuement sa vision a fait que l’on a assisté à la juxtaposition de questions-réponses au cours desquelles le Président a eu tout loisir d’asséner ses convictions devant des intellectuels pris en otage (au moins pour ceux qui étaient en désaccord profond avec sa politique, peu nombreux).

    En le regardant parler pendant huit heures, écoutant certes chacun et répondant en effet aux questions, j’ai compris à quoi nous servions. Comme les maires, nous constituions le mur sur lequel le Président faisait ses balles, jouissant de la puissance de ses muscles et de la précision de ses gestes et donc de la propre expression, cent fois ressentie, de son moi. Nous étions son faire-valoir.
    Sur les questions économiques et sociales, là où il y aurait en effet pu avoir débat, c’est-à-dire discussion animée sur des solutions diverses, la porte a été systématiquement refermée. La réponse aux toutes premières questions a clairement indiqué la voie : il n’y aura ni augmentation des dépenses publiques (ici litanie sur la dette léguée aux générations futures) ni augmentation des impôts des plus aisés (là refrain sur le poids de la pression fiscale) ni grand plan d’investissement dans la transition écologique et sociale (Nicolas Sarkozy l’a fait, et cela n’a rien changé…) ni expérimentation du revenu de base. Fermez le ban. Tout au long de la soirée, le travestissement de la vérité qui consiste à ne pas faire les distinctions qui s’imposent a été de mise, notamment sur la question des impôts. A la question de savoir s’il augmenterait les impôts des plus aisés, le Président a répondu ras-le-bol fiscal de toute la population ; sur l’augmentation de la taxe sur l’héritage, il a opposé la peur des paysans de ne pas pouvoir transmettre leur patrimoine à leurs enfants. Sans jamais distinguer entre les différentes catégories de la population, sans jamais répondre à la question précise portant sur les catégories les plus aisées pour lesquelles il serait évidemment possible de mettre en place une tranche d’imposition supplémentaire (en faisant la pédagogie minimale qui s’impose étant donnée l’ignorance générale qui entoure ce dispositif) ou bien de taxer plus fortement l’héritage
     »  » « …
    ——————————————————-
    Pour les vrais curieux, la liste et le CV des participants :
    https://www.franceculture.fr/politique/qui-sont-les-intellectuelles-qui-vont-echanger-avec-emmanuel-macron-ce-lundi

    1. Ces intellos sont d’une naïveté déroutante .

      Et ne savent même pas estimer a priori les conditions de temps de paroles octroyables .

  29. Réponse en provenance du Canada, au texte de Frédéric Lordon
    « Je tombe sur ton courriel juste avant d’aller me coucher. Et je n’ai pas pu m’empêcher de lire le texte de Lordon avant d’aller au lit. Je ne l’ai pas regretté ! C’est terrible l’escalade qui est « en marche » chez vous (s’cuse, j’ai pas pu m’en empêcher… 😉 ), mais la plume acérée de Lordon fait quand même du bien ! En espérant que Macron rende les clés symboliquement au moins, d’une façon ou d’une autre… »

    Aucune réaction du côté français !!

    Le LEAP auquel je ne suis pas abonnée. Je n’ai donc pas l’article intégrale :
    « Vers une  » sphère économique francophone  » (FES)
    Emmanuel Macron a pris le pouvoir pour servir un agenda européen par la réintégration de la France (marginalisée depuis 2003[1] mais sans laquelle il n’y a pas d’Europe) au sein du Concert des Nations européennes. L’idée était qu’en faisant preuve de bonne volonté par des réformes conformes à l’UE, la France et ses idées européennes seraient de nouveau acceptées. Deux ans plus tard, c’est un échec retentissant : non seulement l’UE a continué à ignorer toutes les propositions françaises (notamment sur la réforme de l’euro), mais les réformes internes ont fait sortir les Français dans la rue[2].
    Actuellement, Emmanuel Macron joue une dernière carte en essayant de répéter au niveau européen son coup politique national de 2017 et de lancer une dynamique politique transeuropéenne[3] Tout en soutenant cette approche[4], notre équipe ne peut rien anticiper mais un nouvel échec. Non seulement il arrive trop tard, mais le point de départ de sa démarche, non seulement nationale mais française, est en soi un motif suffisant de rejet par les Européens… et par les Français d’ailleurs : son discours est trop européen pour les Français et son approche trop française pour les Européens. C’est une bonne chose qu’elle existe, mais elle ne suffira pas à sortir l’UE de l’ornière, de sorte que l’Europe devra se lancer dans « quelque chose de complètement différent » après les élections, comme expliqué dans un article précédent.
    A la suite de ce dernier mépris de ses idées européennes, Macron est confronté à deux choix : soit il se retrouvera dans une situation politique extrêmement compliquée qui le conduira à s’effacer au profit des ministres plus franco-français comme Bruno Le Maire… voir sa démission complète, soit il changera radicalement de ton, oubliant le discours européen et adoptant l’accent gaulliste au contraire.

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    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

    https://geab.eu/en/towards-a-francophone-economic-sphere-fes/?utm_source=phplist520&utm_medium=email&utm_content=HTML&utm_campaign=Political+Anticipation+-+A+GEAB+by+LEAP+Press+review

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