Le point sur le Brexit, le 4 avril 2019 – Retranscription

Retranscription de Le point sur le Brexit, le 4 avril 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le jeudi 4 avril 2019 et, vous vous souvenez – sinon on vous l’a rappelé – qu’à une époque, je prêchais dans le désert et je disais « Il va y avoir une crise extraordinaire dans le domaine financier, ce sera causé par un truc qui s’appellera les titres subprimes, qui sont des titres adossés à des prêts immobiliers de pas très bonne qualité aux Etats-Unis ».

Pour le moment, il y a plein de gens qui vous disent « Il va y avoir une terrible crise financière, etc. » mais, parmi ceux-là, je n’en connais pas qui, comme moi, disent que ce sera causé par le Brexit ou, plutôt, – j’allais dire un vilain mot – le marasme autour des tentatives désordonnées et couronnées d’échec jusqu’ici des Britanniques d’appliquer le vote qui a eu lieu en juin 2016 de sortir de l’Union européenne.

Je vous rappelle. Faisons un petit pas en arrière quand même. Comment est-ce que cela a débuté cette histoire ? Je l’ai expliqué à l’époque sur le blog. Je l’ai rappelé plusieurs fois parce que j’ai consacré quand même pas mal de chroniques dans Le Monde, l’Écho et Trends-Tendances, à ces questions-là. Ça a commencé par des querelles entre M. David Cameron, qui était Premier ministre en Grande-Bretagne, et essentiellement Boris Johnson qui, à l’époque, était Maire de Londres. Comme je l’ai rappelé, et je n’étais pas le premier à le dire, ça avait été bien expliqué dans un article du Financial Times, tout ça remontait très très loin, à leur adolescence, quand ils étaient étudiants à Eton, une école d’élite en Grande-Bretagne, et ensuite à Oxford, des rivalités entre ces gars-là. Ce qui s’était passé, c’est que M. Cameron avait cru trouver le truc extraordinaire. Il avait trouvé le moyen de décrédibiliser entièrement M. Johnson. M. Johnson n’arrêtait pas de dire « Il faut sortir de l’Union européenne » et M. Cameron allait utiliser cette stupidité dite par cet imbécile pour le mettre sur la touche une bonne fois.

Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a dit « On va faire un référendum et on va voir si on sort de l’Union européenne, etc. ». Ce à quoi il n’avait pas pensé, c’est à toutes les raisons que d’autres personnes pourraient avoir de vouloir sortir de l’Union européenne et j’ai toujours attiré l’attention sur le fait que c’est essentiellement la rivalité pour les quelques jobs qui existent encore entre des immigrés, des gens qui circulent à l’intérieur de l’Union européenne en particulier, que cela crée des tensions sur le terrain et que ces gens ont surtout très peur pour leur emploi. Il s’est trouvé, avec un petit coup de pouce de Cambridge Analytica, de Robert Mercer et sa fille, Rebekah, extrême-droite américaine, pour pousser un peu dans ce sens-là, avec encore une petite aide aussi de la Russie. Finalement, figurez-vous, le Brexit a gagné.

Le temps passe. M. Cameron donne sa démission. Les jours passent. Je vous le rappelle, on est à 1100 quelque chose [jours du 23 juin 2016]. Deuxième coup de théâtre : Mme May devient Premier ministre et, là aussi, elle veut faire passer en force son truc. Elle s’énerve tellement qu’elle dit « On appelle des élections législatives anticipées et, comme ça, j’aurai une majorité renforcée et je vais pouvoir faire passer assez facilement ma proposition sur ce Brexit » qui, à ce moment-là, était un truc, je dirais, mi-chèvre mi-chou. C’était une voie moyenne. Manque de pot, là aussi, l’arrogance trahit une fois de plus. Elle perd sa majorité [absolue]. Enfin, elle ne perd pas sa majorité mais elle perd énormément de représentants au Parlement et elle se retrouve dans une position plus difficile. Depuis, elle rame jusqu’à plusieurs fois par jour à essayer de faire passer cette proposition-là. Petit à petit, en ces temps récents, vous avez dû le voir, le Parlement britannique, the House of Commons, parvient… est en train de parvenir à prendre le pouvoir sur le Premier ministre. Ce n’est pas trop compliqué parce que la majorité de Mme May est tellement déchirée. Il y a des gens qui sont partis de son parti [Conservateur]. Il y a pas mal de ses ministres qui sont partis. A l’intérieur même de son gouvernement, il y a des pour et des contre, etc. Elle est en position très très difficile. Elle est maintenant, tous les jours, à deux doigts de la démission.

On est donc à 1.110 jours plus tard, après le referendum. Le Royaume-Uni aurait dû sortir déjà de l’Union européenne le 29 mars et on est une semaine plus tard. Ils ont donc repoussé ça.

Ce qui s’est passé hier soir… Il y a une dame dont je vous parle depuis très longtemps. Elle m’a fort impressionné depuis que j’ai commencé à regarder un peu ce qu’il se passait au Parlement en Grande-Bretagne. C’est Mme Yvette Cooper. Elle n’est pas du Parti conservateur. Elle est du Parti travailliste. Hier, elle est parvenue, avec l’aide d’un Conservateur, ensemble, ils ont fait passer une motion et cette motion a gagné d’une seule voix mais elle a gagné.

Comme vous le savez, tous les jours précédents, en particulier il y a quelques jours, au moment où 4 propositions de choses que l’on pourrait faire ont été proposées, elles ont été rejetées toutes les 4. On est dans le marasme absolu. Hier, donc, est passée cette motion au Parlement qui dit que l’on prendra le temps nécessaire, qu’ils ne donnent plus de date. Il y a un report de la sortie de l’Union européenne pour donner du temps à tout le monde. En ce moment même, quand je vous parle, il y a une discussion à la Chambre des Lords, qui ressemble un peu à un Sénat, pour voir si cette mesure sera adoptée.

Tous ceux qui sont maintenant encore en faveur du Brexit sont mobilisés. Ils ont ajouté, si j’ai bon souvenir, 7 amendements pour essayer de faire dérailler ce machin et on ne sait pas ce qu’il va se passer. Voilà où on en est. On est de nouveau dans la même situation qu’au lendemain du vote en 2016, sauf que les choses se sont tellement dégradées que, parmi les propositions envisageables, il y a celle d’un 2ème référendum, d’un nouveau référendum. Il y a celle d’élections législatives anticipées. Depuis hier, il n’y a plus celle d’une sortie en force d’un Brexit « ça passe ou ça casse et on regarde bien ce qu’il se passe » en faveur duquel certains conservateurs sont toujours partisans, même s’il y a un ministre hier qui a fait un rapport de 14 pages sur tout ce qui allait s’écrouler s’il y avait vraiment une sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni sans accord. Voilà où on en est.

Moi, je vous parle de ça depuis le jour-même. Je regardais le jour-même du vote du référendum. Je vous en parle de manière… non seulement ici mais j’en ai parlé dans, je ne sais pas, au moins une douzaine de chroniques dans différents journaux et magasines et je continue de vous tenir au courant.

Dès le départ, vous le savez, j’ai dit que ce machin n’aura pas lieu. Si on vous dit un jour que le Brexit a eu lieu, c’est qu’on aura grugé le peuple en lui disant « On est sortis » alors qu’en réalité, on n’est pas sortis, et c’est effectivement une des choses qui est en train de se préparer du côté Travailliste en particulier, que l’on reste dans le marché, que l’on reste dans ceci, que l’on reste dans tout cela… c’est une tentative de sortie de l’Union européenne à la carte mais en ayant remis sur la table comme devant être accepté de toute manière tous les éléments qui faisaient, dès le départ, dès le premier jour, de cette proposition de sortir une catastrophe économique, non seulement pour le Royaume-Uni – pour le Royaume-Uni, ce serait de l’ordre du cataclysme – mais ce ne serait pas bon pour les autres. Ce ne serait pas bon pour nous non plus.

Alors, depuis que je parle de ça, je ne parle pas en termes de souveraineté, de ceci, de la fierté du peuple, de ceci ou cela… Vous pouvez le voir, depuis le premier jour, j’ai dit « Ce n’est pas possible, simplement, sur une feuille Excel, ce n’est pas possible sur un plan économique », si un jour on dit que ça a eu lieu, ne le croyez pas : ça n’a pas eu lieu, on vous vend un truc en vous disant « C’est la sortie de l’Union européenne » et, en réalité, ça ne l’est pas : il y a différentes formules qui permettent de faire ça d’une manière ou d’une autre.

Voilà, allez, un petit point. Ça faisait longtemps que je ne faisais plus que de toutes petites notes mais sans faire un point et, surtout, en rappelant comment ça avait démarré avec M. Cameron et ses petits camarades, Boris Johnson et compagnie. Allez, à bientôt !

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36 réflexions sur « Le point sur le Brexit, le 4 avril 2019 – Retranscription »

  1. May veut un Bréxit sans un réel Bréxit – c’est la raison pour laquelle l’affaire traine. Je me demande depuis un certain temps si elle a la dimension personnelle pour sortir son pays de cette situation. Je pense qu’il n’y pas de fit entre sa personnalité et la capacité de sortir de l’enlisement actuel, elle n’est pas « the right women on the right place ».
    Winston Churchill disait au cours d’une entretien avec le grand Charles, que l’Angleterre préféra toujours la mer; rien contre L’Europe (c’est Churchill qui parlait en 1945 d’une Europe unie), mais le Royaume Uni restera une île, aussi dans la tête des gens. Nombreux sont les britanniques qui s’opposent à l’autoritarisme de l’Europe de Bruxelles, dominée par les Allemands et la France. Les Britanniques n’ont pas la même vision de l’Europe que les Francais ou les Allemands. Il y a des aspects historiques qui déterminent cela.

    1. On prête aussi à De Gaulle , alors que les anglais voulaient à la fois l’Europe selon leur goût , et le maintien de leurs liens privilégiés avec les States , la réplique : « l’Angleterre , je la veux nue  » .

      Et comme « America first » ne semble pas faire un bien grand cas de la vieille Albion historique , que les rapports de forces mondiaux ont été bouleversés et que le UK a continué à perdre du lard depuis cette époque , il faudra bien que l’île se décide à ne plus en être une , sauf à couler . en chantant  » England ( même plus UK ) first ! » .

      Remarque déjà faite que le soit disant autoritarisme de l’Europe , avait été largement manœuvré par leur lobbying et leur phagocytage des Commissions bruxelloises . On peut alors douter du soit disant pragmatisme britannique .

      Mais , surtout , que la Queen ne se mette pas toute nue !

      1. « Remarque déjà faite que le soit disant autoritarisme de l’Europe , avait été largement manœuvré par leur lobbying et leur phagocytage des Commissions bruxelloises »

        Comprends difficilement que vous puissiez écrire ça. Je vous rappelle que Paul a fait un truc disant pas trop de mal des lobbies, du genre « calamité inévitable dont la disparition est liée à la disparition de la cause, le capitalisme. »
        J’ai essayé d’ argumenter de toutes les façons ( du moins celles qui me sont accessibles) contre cette tautologie teintée d’expectative sinon de paralysie. Sans succès apparent.

        Je suis donc surpris -heureusement surpris- que vous jugiez les lobbies comme l’un des facteurs de destruction de l’Europe bruxelloise dans la tête des électeurs… qui vont bientôt s’en souvenir.

      2. 1- je n’ai pas émis de jugement sur le lobbying dans mon commentaire . Je me borne à souligner que ce sont les britanniques qui ont été parmi les principaux vecteurs de ce truc dans la sensibilité des parlement et surtout commissions européens , à ces influences , si possible ( et par destination ) au bénéfice de leur pays . Là était leur pragmatisme .

        2 – ils ne sont précisément et en principe plus là pour accompagner ce cheval de Troie .

        3 – le sujet du lobbying devient une préoccupation ( assez largement évoquée et partagée l’autre soir ) dans la presque totalité des pays qui comptent à l’UE , et je vois mal que ça ne soit dans la campagne et même dans les corrections qui suivront l’élection .

        4- Et c’est maintenant qu’il faudrait en faire un motif de détestation de l’Europe ?!

        Consternant .

        Ça me rappelle , dans mon boulot , tous les gens qui se sont réveillés ( ou pas d’ailleurs ) alors que le problème dont ils prétendaient faire le combat de leur vie et le prétexte à leur confort mental , était en voie de règlement voire réglé . Et surtout passaient , en l’occasion , à côté de l’essentiel , en regardant l’avenir dans un rétroviseur .

      3.  » à ne plus en être une , sauf à couler . en chantant » England ( même plus UK ) first ! » . »

        Ailleurs, en Europe, Rammstein chante « Deutschland »…

      4. @adoque
        Rammstein Deutschland, chanson et clip vidéo polémique, comme toujours avec ce groupe:

        Deutschland
        Mein Herz in Flammen
        Will dich lieben und verdammen
        Deutschland
        Dein Atem kalt, so jung und doch so alt
        Deutschland
        Deine Liebe ist Fluch und Segen
        Meine Liebe kann ich dir nicht geben
        Deutschland

        Allemagne
        Mon cœur en flammes
        T’aimera et te maudira
        Allemagne
        Ton souffle froid, si jeune et pourtant si vieux
        Allemagne
        Ton amour est malédiction et bénédiction
        Je ne peux pas te donner mon amour
        Allemagne

      5. C’est dimanche, un peu de musique.
        Le groupe allemand Rammstein (20 millions d’albums vendus, quand-même, et des concerts pleins à craquer) a souvent été accusé de jouer sur des codes esthétiques rappelant le nazisme. Pour contredire la rumeur, ils ont produit une chanson pour signifier qu’ils avaient le cœur à gauche (Links).
        Je vous laisse apprécier le résultat et juger s’il vous parait convaincant.
        https://youtu.be/D6TFkmzUIbU

  2. Cher Paul,
    Vous seriez bien aimable de publier cette feuille Excel, d’après laquelle « Ce n’est pas possible, simplement, sur une feuille Excel, ce n’est pas possible sur un plan économique »

    Celle contre le Frexit, aussi, s’il vous plaît.
    Merci.

    1. Vous vous en fichez de la feuille Excel, votre rêverie, c’est qu’il y aurait un niveau « naturel » de la nation « souveraine » et qu’à ce niveau là, idyllique, tout irait de soi, tout irait bien.

      Regardez le Royaume-Uni en ce moment, tiraillé entre l’Angleterre, l’Écosse et l’Irlande du Nord. C’est quoi la France souveraine ? Celle de 2019 ? Une d’avant, sans les Basques, les Bretons ? Sans les immigrés de toutes sortes ? Sans les Francs, alors, soyons logiques ! La Gaule alors ? Avec ou sans la Gaule belgique (Amiens, Reims, Arras, Saint-Quentin, Soissons, Beauvais, Metz, Besançon) ? etc.

      Vous n’en sortirez jamais avec vos rêveries de paradis perdus.

      1. L’avenir est à l’Union européenne, l’avenir est plus généralement aux grands ensembles, aux grandes masses et plus généralement il offre la prime au gigantisme… à ce sujet, il vaut la peine de relire ce poème de Victor Hugo https://www.eternels-eclairs.fr/Poeme-Victor-Hugo-Napoleon-II connu souvent sous le nom de « Mil huit cent onze », dont voici un extrait :

        « Quand il eut bien fait voir l’héritier de ses trônes
        Aux vieilles nations comme aux vieilles couronnes,
        Éperdu, l’œil fixé sur quiconque était roi,
        Comme un aigle arrivé sur une haute cime,
        Il cria tout joyeux avec un air sublime :
        – L’avenir ! l’avenir ! l’avenir est à moi !

        Non, l’avenir n’est à personne !
        Sire, l’avenir est à Dieu !
        À chaque fois que l’heure sonne,
        Tout ici-bas nous dit adieu. »

        C’est que l’avenir a déjà été au gigantisme. Plusieurs fois dans l’Histoire, notamment en Europe : au moins Charlequint, Napoléon, et Monsieur A le plus récent et le plus désagréable. Cet avenir-là, ou plutôt ces avenirs-là, n’ont pas duré très longtemps, à l’échelle historique.

        En 1945, il y avait 51 membres à l’ONU. Aujourd’hui, ils sont 193. La tendance au gigantisme n’est clairement pas vérifiée à l’échelle de la planète. L’Europe, aujourd’hui, fait exception. Exception positive ou négative, les avis diffèrent, mais exception en tout cas. Pour combien de temps ? Traités, lois et technocraties peuvent-elles réussir là où le fer et le feu ont plusieurs fois échoué ? C’est à voir.

        Quoi qu’il en soit, il s’agit avant tout d’une affaire intérieure pour les Européens, qui ne concerne guère les 90% restant de l’humanité. Les questions essentielles de l’époque, climat, écologie et limites de la planète, seront décidées, résolues ou perdues, largement indépendamment de cette affaire intérieure qui occupe tant les Européens, européistes comme souverainistes.

      2. @Jacquot :

        la différence avec les empires que vous évoquez , c’est qu’il s’agissait d’exploiter et d’asservir sous contraintes violentes ou policières , pour une finalité de pouvoir et de supériorité sur l’autre , là où il s’agit aujourd’hui de survie commune et d’enjeux qui nécessitent des solutions en commun , avec des actions , des moyens d’envergure et de natures communes .

        L’empire change de nature en suivant la nécessité vitale de donner la main à la coopération plutôt qu’à la compétition .

        Ce ne sont pas des accords bilatéraux entre l’Albanie et La Barbade ou le Cap vert qui vont régler les problèmes des 90 % .

      3. Oui tout à fait,
        Jean sans terre était roi d’Angleterre, seigneur d’Irlande et Duc d’Aquitaine. L’Aquitaine est un duché d’Aquitaine.

      4. Réponse gratuitement psychologisante, et globalement de mauvaise foi, non ?

        Ah la la ! Déjà dans la politique, alors ?

      5. @Paul bonsoir,
        Par l’histoire des rois et reines d’Angleterre. Le duché d’Aquitaine appartient à l’Angleterre.
        Merci à Jean Sans Terre et Alienor d’Aquitaine.
        A bientôt

      6. Je vous taquinais. Pour votre blasphème, « […] ce n’est pas possible sur un plan économique. », vous le méritiez.

        Ainsi, pourquoi le schisme du Brexit ? Parce que Bruxelles fait « schier » au lieu de rien réunir.

        Quant à un rêve de « paradis perdus », que nenni ! Pour être assurément perdus furent-ils jamais paradis ?

        Bravo d’avoir conclu par « Si un jour on dit que ça a eu lieu, ne le croyez pas. », à propos du Brexit ; mais, à propos de l’Europe ?…

    2. Pour la première partie , il est aussi loisible d’interroger la banque centrale d’Angleterre ., qui dispose de tableaux excel et un peu plus , concernant en particulier le PIB, le chômage , l’immobilier , les retombées sociales des contrôles douaniers revenus ou encore le cours de la livre sterling .

      Et Mark Carney maîtrise mieux les tableaux Excel que Nigel Farage ou Jacob Rees-Moog .

    3. « Ce n’est pas possible, simplement, sur une feuille Excel, ce n’est pas possible sur un plan économique »

      T.I.N.A. chez Paul Jorion, on aura tout vu! 😉

      Dans le champ des relations entre humains, et donc aussi « sur un plan économique », quiconque désigne une chose comme « impossible » se réfère implicitement à un cadre, dans lequel c’est, effectivement, impossible.

      Une feuille Excel n’établit une impossibilité que si elle équivaut à un pan de science qui résiste toujours à la falsification. Pour l’économie et la politique, je me permets de douter…

      1. Marc, je vous ai connu plus judicieux. Apprenez à reconnaître un cataclysme quand il se profile devant vous. Vous vous rangez aux côtés de gens qui imaginent que parce que la bannière qu’ils brandissent proclame « Souveraineté ! », ils vont pouvoir défier les lois de la physique.

  3. Juanessy,
    Mais, surtout, que la Queen ne se mette pas toute nue !
    Je ne suis pas une intégriste du féminisme mais… j’ai une tendresse particulière pour les corps qui acceptent que la vie avançant leurs corps ne soient plus aussi toniques qu’avant !
    Oui, en vieillissant nos corps se transforment et se déforment… c’est notre lot en tant qu’humains, hommes et femmes devont faire face à cette trahison tissulaire.
    Kate ou Mégan nues conviendraient-elles mieux à votre regard bedonnant !

    1. 1,70 m et 72 kgs !

      Je n’ai jamais bedonné , même si mon poids de forme était plutôt autour de 68 kgs ( 60 kgs quand je suis rentré d’Afrique ) .

      Je vous confirme que , d’instinct ( la réponse du corps ) , je préfère la vision de Kate ou Megan à celle d’Elisabeth dans la tenue d’Eve , mais si ça peut aider pour garder les britishs avec nous pour les temps futurs , je suis prêt à prendre la Royal first lady , dans mes bras en cette tenue , sans répulsion .

      Shocking , is’n it ? Au lycée , on trouvait que mon humour était british , c’est le moment que ça serve .

      Mais je suis d’accord avec vous sur la beauté des corps qui vieillissent quand on sait les lire , et d’ailleurs :

      https://www.youtube.com/watch?v=YiBKHXS-tlA

      1. Réconciliée avec Juanessy et Germanicus !
        Mais Juanessy vous me semblez bien fier de vos cotations taille/poids et défensif sur votre silhouette ! J’ai vu tellement de vieux bedonnants à Madagascar, par exemple, tellement sûrs de leur pouvoir de séduction auprès de jeunes femmes voire de (très) jeunes filles… beurk
        Quant à la Lilibeth, le symbole de la potiche, son entretien, son train de vie et ses chapeaux coûtent cher au contribuable !
        Je serais curieuse de savoir ce qu’elle aurait aimé faire de sa vie si elle n’avait pas accepté d’endosser ce rôle.

    2. @Dominique-e
      J’adore Lilibeth. Elle joue un rôle constititionnel, elle n’a jamais fait de fautes, d’impairs, elle est resté toujours dans le cadre que lui réserve la constitution. Elle symbolise la nation et l’unité du pays. Elle au poste depuis 1952; cela a quelque chose de rassurant à notre époque déstabilisée, volatile et hypermatérialiste – vous ne trouvez pas?

  4. De BBC-Politics :

    « Nous sommes en l’an de grâce 3048, à Londres, Westminster.
    Le Parlement s’apprête à voter rituellement, comme toutes les semaines, contre le « Teresa May’s Deal » .
    L’origine de cette tradition est perdue et personne n’a la moindre idée de sa signification »

    1. Toujours sur BBC-Politics:
       » An de grâce 4056. En bref…
      -Echauffourées mémorables sous la coupole millénaire à Paris:
      « Lors des débats visant à exclure du dictionnaire le mot « Socialisme », tombé en désuétude depuis
      plus de deux millénaires, le plus âgé des immortels, un nommé « daniel » (agé lui-même d’ env.1120ans),
      s’en est pris physiquement à son voisin qui souhaitait voir le dit-mot conservé et recyclé en tant que
      synonyme de « aveuglement volontaire prolongé », les débats ont dégénéré en bagarre générale lorsqu’un
      autre participant à proposé la possibilité de l’associer plutôt aux symptômes d’une maladie dégénérative
      des fonctions visuelles, provoquant un « rétrécissement progressif et irréversible du champ visuel »…

      De notre envoyé spécial torpedo (qui fêtait hier ses 1115 printemps)

      1. Effondré, accablé que je suis, dès maintenant et dans les 1000 ans et quelque à venir:
        je veux maintenir la notion, et si possible la réalité, du socialisme. Pas n’importe quel socialisme, évidemment. Je n’imagine pas être de l’autre côté de la barrière, jamais.

        En plus, l’image de petits vieux, hôtes d’un Ehpad, se querellant en déambulateurs est bien trop proche de mon futur. Déprimant.
        Nous survivrons en semant à tous vents nos convictions.

  5. L Union européenne est un machin télescopique composé de plusieurs niveaux de coopération et législation commune et la sortie de l’union ne veut pas dire nécessairement la sortie de tous. Si Paul considère que la Norvege et l Islande ou la Turquie appartiennent a l UE, alors le Brexit ne se produira pas, puis que l’ appartenance au marché unique ou a un type d’union douanière sont des issues possibles du Brexit.
    Dans tout ce que je vois sur ce blog on ne parle pas de l UE. D’un côté c‘est une union économique et marchande, :mais d’un autre aussi politique, et les 27 commencent a en avoir marre et à craindre la permanence à contre coeur et probablement deloyale a moyen terme du Royaume uni. Un Brexit dur par rébellion de quelques états dans le conseil européen de mercredi est une possibilité, remote, mais pas impossible. Une bonne bagarre France-Allemagne est servie. Le Brexit commence a miner sérieusement la cohésion de l UE. Encore un peu plus.

  6. Clin d’œil à Paul Jorion pour son joli et touchant témoignage dans « Mes vacances à Morro Bay », hymne à la relation entre les hommes et les femmes.

    Un texte écrit en 98 ou 99 (sans prétention littéraire, mais ici un peu corrigé) dans un recueil pied de nez dont j’ai donné ici quelques échantillons (envoyé aux hommes et femmes politiques). Uniquement à partir de gros clichés & caricatures mais….. un soupçon de réalité (?). Et un brin d’exagération féministe.
    Attention, mots « biscotos » et « con » répétés plusieurs fois en leitmotiv.
    (d’une certaine manière, cela peut aussi s’accorder avec le sujet… De mon point de vue)

    MORALES DE JAJA (ou : Comment se faire plein d’ennemis)

    QUAND LA DUALITÉ HOMME-FEMME CESSE ENFIN SANS CÉDER LA PLACE A LA DUALITÉ MANICHÉENNE .

    La force des hommes, autrefois, quand ils étaient hommes des cavernes, résidait dans leurs biscotos. Normal, il fallait affronter le mammouth. Quant à celle des femmes, elle résidait dans la ruse à force que les hommes les prennent par les cheveux et donc stimulent, par ce massage violent, leur intelligence.
    Cependant, celles-ci se reproduisant plus que les hommes (s’agissait de faire plein de mioches pour la pérennité de l’espèce, à force que trop de bébés soient chétifs face au mammouth), ces derniers décidèrent, jaloux de ne pas connaître la ruse plus forte que leurs biscotos, que les femmes devaient les servir (« après tout », pensaient-ils, « devant le mammouth nous sommes Rois ») et de ne féconder des petits garçons que pour faire naître d’autres Rois.
    Ainsi sont nés les machos avec des biscotos partout, jusque dans la tête.
    Les mammouths disparurent et il y eut les guerres.

    Mais les femmes, elles, pendant qu’ils guerroyaient, se regroupèrent entre elles à se pomponner, à se faire des choses agréables, se caresser, se raconter des blagues… Et petit à petit, stimulées par tant de sollicitudes douces et malines, elles devinrent de plus en plus intelligentes.
    Jusqu’au jour où, se sentant fortes elles aussi par leur regroupement, elles se mirent en colère de trop de ras-le-bol de la connerie des hommes.
    « Hou ! Çà barde ! » dirent-ils alors, sans oser pleurer des évidences que leurs femmes disaient ( « un homme ne pleure pas ! Un Roi encore moins ! » croyaient-ils…. Les pauvres.)

    Ainsi certains se firent plus durs et ajoutèrent à leurs biscotos des armes redoutables (ils n’étaient quand même pas si cons, même si c’était par connerie).
    Et ils écrasèrent les femmes en les soumettant à leur pseudo majorité comme le mammouth écrase l’herbe tendre, celle qui les nourrit.
    D’autres, plus fragiles, effrayés par toutes ces colères voyant que décidément leurs muscles ne poussaient pas, se métamorphosèrent en femmes. Ainsi ils purent eux aussi s’amuser et refaire le monde dans la gaieté du gayement. Génial ! (bien fait !).
    Quant à d’autres, plus rusés («c’est au moins ça qu’on aura pris aux femmes ! » se dirent-ils satisfaits… « à défaut de pouvoir faire nous-même nos petits Rois »), ils inventèrent la science et ces manipulations génétiques, le fric et toute sa puissance débile, l’économie et ses injustices. Ou encore, les plus perfides, la bureaucratie et tous ses paradoxes vicieux (surtout les normes, énormes). Quant à la politique…
    Les femmes pouvaient se reproduire à l’aise, ils s’en moquaient, elles n’avaient plus qu’à devenir comme eux en enseignant aux petits garçons à devenir Rois. Plus de Reines ! Le bonheur… Et que guerres demeurent.

    Mais un jour, à force que celles-ci se retrouvent seules et qu’on ne les caresse plus, à savoir être homme et femme à la fois tout en voyant leurs seins toujours charmeurs et leurs yeux papillonnant sous le trait d’eye-liner, elles en eurent marre (surtout celles qui n’aimaient pas faire l’amour entre elles) de ressembler aux hommes, à part quelques nuances du genre « con » s’écrivant aussi « conne ».
    C’est ainsi que certaines se dirent : « autant fermer sa gueule, ça fera revenir le mammouth. On pourra ensuite (les rusées…) apprivoiser l’homme avec « nos coups du pied » (voir exercice N°13) et en faire un matou ronronnant bien docile » (si si, ça existe ! Il y a plus connes que les cons à force que les hommes aient tout fait pour qu’elles leur ressemblent – dans la tête-)

    Morale : Mais femme, si tu veux rester femme sans être conne et ne veuilles perdre tes atouts, sache donc ne pas te taire pour dire à l’homme des choses intelligentes et douces. Tu auras des chances ainsi qu’il le devienne aussi. Tu n’auras plus besoin de te faire pousser des muscles inconfortables, tu pourras aimer qu’il te caresse les seins, et lui ne se sentira pas menacé puisqu’il n’y aura plus de menace…
    Et guerre disparut.

    Morale de la morale : On peut rêver…

    Jaja, femme.

  7. Pour un lent dimanche, ça distrait…

    Rocard, Yves, le père, savant physicien distingué, vilipendé, ignoré mais enfin justifié (*).

    Il avait occupé une partie de sa retraite à étudier les sourciers (piège: sourcier et non sorcier) et avait produit un livre convaincant, 2 en fait ( je n’ai pas lu celui édité aux P.U.F.). Livres qu’il s’était cru obligé de renier plus tard, tant les attaques de l’Union Rationaliste avaient été féroces et empoisonnaient sa fin de vie. (Wikipédia n’en parle pourtant pas…)

    Il n’est pas possible de résumer ses découvertes, sauf les plus importantes:

    -Les humains possèdent des cellules sensibles aux variations du champ magnétique terrestre.
    Il est important de noter que ces cellules ne sont pas sensibles à l’intensité mais aux variations et de faibles intensités. (L’article du Guardian suggère un passage à zéro.)
    Les cellules semblent se situer à l’arrière du talon et à l’arrière du genoux, et probablement plus haut dans le corps, par paires.

    -Chez la plupart des humains, ces cellules sont dormantes ou ignorées. Chez une très faible proportion de la population ( de 1/10000 à 1/100000) les cellules sont assez sensibles pour induire un réflexe musculaire quand elles sont excitées.

    Dans son ouvrage , le Professeur Rocard indique aussi comment tromper un sourcier.
    Notons une difficulté de compréhension: la propagation d’un champ magnétique, dans des conditions idéales, est de type tangentielle, et non en ligne droite. Les variations de la perméabilité magnétique des matériaux traversés, y compris l’air ou un flux d’eau, compliquent de beaucoup la question.

    /*****************/
    Mon père a travaillé sous la direction d’un sourcier. Il était positif: ça marche et évitait beaucoup de peines à une époque où les seuls outils étaient la pelle et la pioche. L’erreur était de l’ordre de 1,5m en surface et 50 cm en profondeur, jusqu’à 5 m. Il disait être toujours surpris, après plusieurs jours d’efforts, qu’un dernier coup de pioche crève une sorte de canalisation naturelle et voir l’eau se répandre.

    (*) :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Rocard
    et
    https://www.theguardian.com/science/2019/apr/06/scientists-suggest-human-body-may-detect-earths-magnetic-field

    1. @Daniel
      Adolescent, inspiré par le professeur Tournesol, j’ai tenté la méthode du pendule pour retrouver un légendaire trésor romain. A l’endroit indiqué, à 50 cm de profondeur, je suis tombé sur… une conduite d’eau pluviale 🙂

      1. Bons débuts empiriques, mais manque de scientificité. Sauf, peut-être un soupçon de sérendipité…

  8. Un autre très bon titre ( via ZeroHead):

    « Brexit: le Parlement se révolte contre le peuple ».

    J’ai pas lu, faut pas exagérer kanmême. C’est du même tonneau selon lequel ‘le Titanic-Parlement a voté contre l’iceberg-Brexit’.

    Samedi, Theresa May a fait un speech (sympa: 2mn18s) au coin du feu à 10 Downing Street. Elle ne voit plus d’espoir d’atteindre un bon deal qu’avec l’aide de Jeremy Corbin. Tout en jurant que ce qui les sépare est très important ‘politiquement’. Pauvres travaillistes, bons toutous… La droite en difficulté n’est jamais si à l’aise qu’en ralliant l’opposition et en lui dictant sa conduite. Apparemment, la presse pro-Brexit glose sérieusement sur cette avancée fondamentale, au lieu d’éclater de rire. Une occasion manquée, dommage pour les zygomatiques.

    « A devastating failure of British statecraft » indeed.

    Little Walter a raison :
    https://www.youtube.com/watch?v=vdo04vpouwc

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