La « propagande éclairée » est-elle nécessaire pour sauver l’Humanité ? par Cédric Chevalier

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Extinction Rebellion United Kingdom est ce mouvement activiste adepte de la désobéissance civile, qui a paralysé Londres et de nombreuses villes du Royaume-Uni pendant dix jours. On peut déjà le créditer d’avoir poussé le Labour à obtenir au Parlement britannique la première déclaration nationale d’état d’urgence environnemental et climatique au monde.

Et aussi d’avoir obtenu du Labour qu’il endosse l’idée d’un Green New Deal comme politique prioritaire pour hisser le Royaume-Uni à la hauteur du défi climatique, environnemental et social.

Eh bien Extinction Rebellion UK n’a pas terminé de nous étonner par son audace et son efficacité. Car il est en train de tourner son attention stratégique vers l’industrie publicitaire britannique et internationale, sur le ton de : « tremblez dirigeants de la publicité, car nous savons combien vous êtes responsables de la fabrication en chaîne d’hyperconsommateurs, dont les nuits et les jours ne sont faits que pour consommer trop et mal, ce qui détruit la Terre et pousse l’humanité à l’effondrement.

Il me semble ainsi qu’Extinction Rebellion a parfaitement étudié les années 1930, et en particulier les extraordinaires politiques du président américain Franklin Delano Roosevelt, seul président de l’histoire des Etats-Unis à avoir été réélu 4 fois d’affilée (il est vrai avant que le nombre maximum de mandats présidentiels ne soit limités à deux).

Extinction Rebellion a compris qu’il fallait 3 ingrédients principaux pour sortir de l’inertie une société face à une crise existentielle : 1) un constat explicite, écrit et verbalisé par les plus hautes autorités du pays, de la situation d’extrême urgence ; 2) un plan stratégique prioritaire passant outre toutes les lenteurs démocratiques habituelles, pour répondre à la menace existentielle ; 3) une gigantesque entreprise de persuasion politique dirigée vers la population et tous les décideurs du pays, afin de coaliser le consensus nécessaire pour reconnaître l’état d’urgence, et accepter -mieux exiger du gouvernement- le plan stratégique prioritaire de réponse à l’urgence. 

En effet, Extinction Rebellion, outre cette déclaration d’état d’urgence environnemental et climatique par le Parlement britannique (= reconnaître officiellement la réalité de la menace et de son urgence, et au niveau des affects la tragédie en cours et sa probabilité d’aggravation = les différents appels à la radio et à la télévision de Franklin D. Roosevelt avant et après Pearl Harbor), outre la proposition d’un plan digne d’une économie de guerre, qui mobilise toutes les forces de la nation ( = le Green New Deal aujourd’hui = le New Deal en 1933 et l’économie de guerre des démocraties US et UK fin des années 30 jusqu’en 1945), a remarqué qu’il fallait maintenant compléter le dispositif en activant ce que j’appellerai ici la « propagande éclairée », c’est-à-dire la machine publicitaire privée et publique, pour modifier les perceptions et attitudes de la population et des décideurs de manière massive, afin d’obtenir leur consentement éclairé et leur contribution énergique aux politiques proposées.

« Propagande », le vilain mot est lâché. Un peu de théorie avant de vouer votre serviteur aux gémonies, en remarquant d’abord plusieurs préalables :

La « propagande » est devenu un mot péjoratif suite à grosso modo Goebbels et Hitler, et tous les totalitarismes, à raison ! Mais au sens strict et premier, la propagande est l’art de propager des idées, et vient du verbe « propager« , donc rien de moralement malsain au sens strict et premier.

Néanmoins l’histoire marque la sémantique des mots, à jamais et à raison, et il faut en tenir compte quand on parle aux gens. Le mot « propagande » est bel et bien devenu péjoratif dans l’usage courant.

Afin d’éviter la critique « nazie » (et le point Godwin qui va avec), il faut parler de « propagande éclairée« , c’est-à-dire parler de ce que font les ONG environnementales, sociales et d’aide au développement depuis des années : propager par tous les moyens de communication utiles des idées dans la noosphère (médiasphère) afin de modifier en masse les perceptions/attitudes/comportements des citoyens vis-à-vis des problématiques communiquées. La propagande éclairée, « éclaire » en fait la raison des citoyens (au sens des Lumières du XIXe siècle) en apportant les faits, les informations, et les affects les plus adéquats par rapport à la réalité.

Evidemment, les mots et les idées ne sont corrects qu’à partir du moment où ils reflètent adéquatement la réalité. Définir ce qu’est la réalité occupe les philosophes depuis des millénaires, sans conclusion définitive. Savoir qui est juge de « l’information correcte », de « l’adéquation d’une idée » et donc du « bien-fondé » d’une entreprise de « propagande éclairée » de masse, est et restera toujours une question d’appréciation philosophique et éthique. Il va sans dire que comme dans les « républiques populaires » ou les « fédérations démocratiques » dictatoriales, un tyran revendiquera toujours le fait qu’il fait usage de « propagande éclairée » pour « éclairer » son peuple…

Mais chacun pourra cerner aisément ce qu’il y a de pertinent, d’éthique, d’adéquat, de légitime et de démocratique dans l’idée de « propagande éclairée ». Techniquement, quand la Fondation contre le cancer avertit contre les dangers de la viande via un spot publicitaire, elle fait de la « propagande éclairée », elle cherche à influencer, légitimement, éthiquement et vertueusement les citoyens, pour qu’ils modifient leurs perceptions, leurs attitudes et leurs comportements.Techniquement, quand un rédacteur en chef rédige un éditorial dans un quotidien à grand tirage, il fait oeuvre de « propagande éclairée », il propage des idées afin d’éclairer le lecteur.

A nouveau, techniquement, qu’est-ce qui distingue la « propagande éclairée », la « bonne », de la « propagande malfaisante », la mauvaise ? Rien dans les outils employés a priori, si ce n’est  que le fond et la forme seront adéquats par rapport à la réalité et les usages, et si ce n’est que l’intention sera de bénéficier à l’audience, de la rendre plus libre, plus réflexive, plus responsable, plus autonome et plus consciente de ses droits civiques.

Après ce petit détour théorique, rappelons ainsi que pour « vendre » son New Deal, puis l’entrée en guerre des Etats-Unis et la mobilisation générale, aux Américains, Franklin Delano Roosevelt bénéficia et activa les meilleurs techniques de « propagande éclairée » privée et publique de son époque. 

Ainsi, parmi les plus célèbres photographies de l’histoire des Etats-Unis, figurent celles prises par les photographes de la Farm Security Administration, qui ont parcouru les États-Unis entre 1935 et 1943, et ont œuvré ainsi pour témoigner de la dramatique pauvreté du pays aux yeux des citoyens américains. Employant les techniques les plus modernes de l’époque, l’administration américaine contribua activement à « fabriquer le consentement éclairé » et la mobilisation des électeurs et citoyens américains envers le New Deal, et l’entrée en guerre des Etats-Unis.

Manipulation ? (encore un mot péjoratif qui reflète pourtant un sens strict tout à fait usuel) Oui, l’être humain « manipule » en permanence son prochain, d’une manière ou d’une autre : nous cherchons tous à influencer l’autre. Bienveillante ? Il me semble que oui. Mais toujours cela pourra se discuter. Diffuser une information exacte, est-ce de la manipulation ? Jusqu’à quel point faut-il « parfaire » le message pour convaincre ? Quel degré de rhétorique est « acceptable » ? Nous entrons là dans le champ délicat de la philosophie de l’information, et son domaine éthique. Dire ou ne pas dire, révéler ou ne pas révéler, à qui, comment, quand, pourquoi ?

Je pose donc deux ou trois questions à ceux qui voudraient jeter trop vite l’idée de « propagande éclairée » à la poubelle, par une sorte de pureté éthique pas très conséquentialiste… vu notre situation.

Devons-nous en vouloir aux ONG de nous alerter depuis 50 ans sur les catastrophes environnementales, sociales et politiques dans le monde par des tas de techniques de communication de masse originales ?

Devons-nous en vouloir à Roosevelt et ses conseillers d’avoir employé la « propagande éclairée » ? Par chaîne de causalité depuis l’opération de communication menée à l’époque avec l’assentiment de Roosevelt, la question équivaut peut-être à savoir si nous sommes heureux ou pas que l’armée américaine nous ait débarrassé du Nazisme, d’Hitler, des camps de concentration et d’extermination et de l’occupation des armées allemandes en 1944-1945. [Je revendique le droit à l’analogie « époque nazie » pour démontrer des arguments éthiques élémentaires].

Enfin, le coup de massue rhétorique : pouvons-nous d’un côté, tolérer dans notre société démocratique une véritable entreprise de propagande de masse poussant à la surconsommation, et fabriquant de toutes pièces des subjectivités aliénées, des valeurs suspectes, des attitudes malsaines et des comportements irrationnels, c’est-à-dire l’industrie publicitaire commerciale, tandis que lorsqu’il s’agirait de sauver notre Biosphère et notre espèce avec by the way, nous aurions tout à coup quelques réserves morales ?

Le deux poids deux mesures ne tient plus. Aujourd’hui, face à l’enjeu existentiel de l’environnement et du climat, en tant qu’intellectuel, j’estime qu’aucune technique démocratique et éthique d’information de masse ne doit pas être négligée par l’Etat pour convaincre les corps électoraux de la réalité de la menace climatique et environnementale et de la nécessité de mettre en oeuvre un plan d’urgence prioritaire au niveau de l’Etat, des pouvoirs publics, des entreprises, des syndicats et des associations, pour y répondre, avec et pour les citoyens.

Il n’est pas normal que l’immense majorité du « système d’information et de persuasion de masse » soit orienté vers le renforcement des valeurs, perceptions, attitudes et comportements délétères qui nous conduisent à l’abîme, que les meilleurs techniciens et cerveaux de ce système soient employés au renforcement de la consommation et du profit, tandis que les valeurs, perceptions, attitudes et comportements vertueux indispensables pour nous sauver, doivent compter sur la bonne volonté et l’amateurisme de milliers d’activistes bénévoles.
L’Etat dispose de canaux d’information massifs, il doit cesser de censurer la réalité de l’urgence environnementale et climatique, et oser influencer les citoyens pour qu’ils puissent réellement exercer leurs droits civiques, en connaissance de cause.

Dire la vérité au peuple droit dans les yeux sur les menaces qui le guettent, par tous les moyens raisonnables, est la noblesse de la femme et de l’homme d’Etat. 

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60 réflexions sur « La « propagande éclairée » est-elle nécessaire pour sauver l’Humanité ? par Cédric Chevalier »

  1. Je suis assez sceptique quant à l’emploi du vocable « propagande éclairée », j’ai beau essayer, je ne parviens pas à éloigner le passif nazi. Cela demeure pour moi un oxymore.
    Le terme publicité me semble moins connoté, plus adapté, parce dans le langage courant, il est utilisé aussi bien dans le sens d’inciter le consommateur à acheter un produit, que dans l’idée plus générale de simplement de porter à la connaissance du public une information importante, sans volonté de bourrage de crânes, même si c’est pour la bonne cause.
    C’est ce qui me gêne dans la propagande : occuper tout l’espace pour ainsi dire ne pas laisser de répit, de temps de la réflexion à tout à chacun, pour finalement imposer une idée, et enfin une adhésion, un comportement.
    Il me semble que l’essentiel de l’affaire, ce qu’indique d’ailleurs le billet en son début, c’est de porter les informations essentielles à la portée du public et ce par des canaux qui justement relèvent de l’intérêt général, puisqu’ils sont publics. Ce travail est fait en partie par exemple sur les chaînes publiques de télévision ou de radio, mais le message est complètement brouillé parce que d’une part ces chaînes dépendent en partie pour leur financement d’intérêts commerciaux, et d’autre part parce qu’il existe un secteur totalement privatisé où les intérêts commerciaux ont tout le loisir de faire leur « propagande ». Le problème n’est donc pas tant celui de la persuasion que celui de l’action de l’Etat permettant d’instaurer un véritable service public, en le soustrayant aux lobbies. Et en mettant au pas ces lobbies pour qu’ils ne nuisent ailleurs. Et en mettant au pas bien entendu la publicité commerciale.

    La comparaison avec l’économie de guerre, et l’action de Franklin D. Roosevelt ne me semblent pas complètement probante non plus. Dans une économie de guerre, comme son nom l’indique il s’agit de préparer et de faire la guerre. L’objectif final est très simple : terrasser l’ennemi. Aujourd’hui, il s’agit aussi de cela, terrasser l’ennemi, mais à la différence des années 40 il n’est pas localisé en un endroit particulier, car l’ennemi est le mode de fonctionnement général de nos sociétés. Et c’est là que la propagande, même éclairée, me semble inadaptée. Pourquoi ? Eh bien parce que la propagande tue dans l’oeuf toute réflexion. Or dans la situation qui est la nôtre il en faudra de la réflexion pour prendre les mesures les plus adaptées au fur et à mesure que l’on avancera dans le programme pour « remettre en état » la planète, pour éviter que dans la précipitation l’on prenne des mesures qui pourraient aggraver le mal plus que le combattre.
    L’incendie de Notre Dame est une bonne allégorie de cela : un chef d’Etat énergique, Monsieur Macron, décide de reconstruire ND en 5 ans, et fait passer une loi qui permet d’outrepasser les lourdeurs administratives, mais quid alors de la pertinence de l’action si en définitive on réalise des travaux plus vite qu’il ne faudrait, terminant les travaux dans les délais mais avec le risque de devoir tout refaire ensuite parce que les voutes (par exemple, au hasard) ont été mal consolidées ?
    Quant à l’application des quelques mesures d’urgence à caractère chirurgical (toucher les points névralgique du système financier) il ne faut pas une propagande, il faut juste une décision politique.

    Pour l’interdiction de fumer dans les espaces publics, je n’ai pas le souvenir, que l’Etat se soit livré à une immense propagande, la décision fut prise, et plus facilement qu’on aurait pu l’imaginer, les gens cessèrent de fumer dans les lieux publics.

    Il me semble que dès lors qu’un gouvernement serait convaincu de la nécessité de changer de cap, pour amorcer la grande transition, il ne lui faudra pas une propagande, il lui faudra juste faire le nécessaire pour que l’information, ne soit pas diluée, brouillée par un fonds d’intérêts commerciaux. Cela relève plus de l’économie politique que de la persuasion.

    Le gros défaut de la propagande d’Etat c’est qu’elle dilapide tous les trésors d’inventivité et les idées qui sont éparpillées ici ou là. Il est bon d’avoir une action énergique pour que le programme, une direction générale, pour que le programme soit enfin mire en route. Mais il aura avantage à se nourrir des avis éclairés de multiples hommes et femmes de métier. Bref, ne pas tomber dans l’illusion technocratique.
    Les meilleures compétences doivent être mises à contribution dans le souci de la diversité, pour prendre collectivement les meilleures décisions.

    1. @PYD
      « pour éviter que dans la précipitation l’on prenne des mesures qui pourraient aggraver le mal plus que le combattre. »
      Comme par exemple lutter contre les énergies carbonées au nom du climat en promouvant l’électrique tout en jetant un voile pudique sur les dégâts environnementaux et sociaux engendrés par l’extractivisme délirant nécessaire à ses énergies dites « renouvelables ».

  2. L’introduction sur le Extinction Rebellion UK était intéressante, et on voudrait en savoir plus. Par contre la discussion éthique sur la « propagande » m’ a paru naïve. Elle part d’une peur « Vouer l’auteur de ces lignes aux gémonies » (je cite de mémoire).
    La « propagande de guerre » est aussi vieille que le monde (Cfr le recueil de Anne Morelli, Université Libre de Bruxelles, sur le sujet) : il faut toujours mobiliser les masses par la passion pour qu’elles se fassent tuer… Passion tribale ou nationale, c’est encore facile, mais convaincre d’aller se battre sur un théâtre d’opération (sic) étranger… Rappelez vous les mensonges relatifs aux guerres faites à l’Irak : ces bébés arrachés aux crèches, ces usines de production d’armes de destruction massive, deux mensonges, avérés depuis, qui ont permis des tueries scandaleuses de nos armées alliées. (Je ne trouve plus la délicieuse expression euphémique qui voulait nous faire tolérer les meurtres de civils durant la guerre de Yougoslavie, mais si : « les dégâts collatéraux ».)
    La propagande est manipulatrice. Elle vise le sentiment et la passion des gens. D’où ces fréquents recours aux images des enfants souffrants, cela marche toujours. La manipulation est perverse, elle vise à pousser le manipulé à perdre la raison, à raisonner à l’envers, contre son intérêt, pour devenir l’instrument passif du manipulateur.
    Avec la « guerre froide », la propagande est parvenue à nous faire admettre que tous les régimes anticapitalistes sont manipulateurs et que ces sociétés-là sont devenues déraisonnables. Et que toutes les informations de notre système sont bonnes, sont morales, ne sont pas de la propagande. Nous sommes tombés baignant dans une vérité unique depuis 75 ans !
    Combien d’entre nous sont convaincus de haïr tout ce que font la Chine, Cuba, le Vénézuela, le Vietnam, etc., etc., de « bonne foi » ! Et de haïr d’un même mouvement J.-L. Mélenchon parce que sa haine n’est pas placée dans le « bon » sens ? En réalité, ce sont là des expériences sociales, se réclamant de la démocratie sociale, dont nous ne pouvons connaître que les tares les plus grossièrement présentées, et aucunement les avantages et les succès. Or, bien des leçons positives de ces régimes nous seront utiles quand le capitalisme sera abattu.
    Un régime s’est réclamé du « despotisme éclairé » : Joseph II aux Pays-Bas méridionaux (la Belgique). Il y eut des révoltes contre lui.
    Les ONG développent des opinions. Elles peuvent utiliser des méthodes spectaculaires pour ce faire (les actions de Greenpeace, les bougies d’Amnesty, etc. à notre époque de l’image, c’est presque indispensable pour bousculer et ouvrir les yeux des médias. Mais les ONG n’ont pas l’autorité qui est reconnue aux « pouvoirs », de l’Etat et son Exécutif au Pape et aux religieux « sermonnant » le peuple. Et les médias constituent une « police » de l’opinion quand ils déconsidèrent un mouvement, une manifestation, quand ils protègent la police. C’est toute la question du mouvement des Gilets Jaunes et de la violence policière incroyable en France. Donc les ONG ne font pas de la propagande, mais de la diffusion d’idées.
    Et les états communistes ont bien plus abusé du contrôle policier et judiciaire liberticide que de la propagande, souvent faite de slogans symboliques et d’imageries utopiques.
    Enfin, les réseaux sociaux offrent un canal que les médias ne peuvent contrôler (d’où l’invention du concept de « fake news »). Mais il est vrai que le réseau social est basé sur un fonctionnement affectif (mes amis) et émotionnel : on pourrait y voir de l’auto-manipulation…
    C’est pourquoi les sites d’information alternative sont le dernier canal qui reste important à nos yeux.

    1. @Chabian
      « La propagande est manipulatrice. Elle vise le sentiment et la passion des gens. »
      « D’où ces fréquents recours aux images des enfants souffrants, cela marche toujours. »
      Comme les images de ces pauvres ours blanc (par ailleurs impitoyables bouffeurs de phoques) flottant sur un bout de banquise au milieu de l’océan.

  3. Plus qu’une une « propagande éclairée », il faudrait une contre-propagande ciblée. Car je suis sûr que même en interdisant totalement la propagande commerciale, il y a des choses qui resteront imprimées pour longtemps dans les cerveaux.

    Par exemple L’Or de Dior, cette publicité, où l’on voit une femme sortir de la piscine d’un harem doré, une contre-publicité ciblée pourrait décrypter l’image, la mise en scène, ridiculiser même cette scène grotesque. On aurait peut-être alors une chance de contrebalancer la « femme objet de consommation sexuelle, et signe extérieur de richesse » qui se cache derrière, et qui s’imprime sur les cerveaux de ceux qui reçoivent cette publicité directement, sans aucun filtre.

    De telles influences semblent anodines, mais elles ne le sont pas. On peut penser qu’elles favorisent une certaine invitation au viol par exemple (à la fin la fille nous regarde dans les yeux, comme si on était le propriétaire du harem). Exposé massivement à ce genre de message, un esprit influençable peut être amené à penser que toutes les femmes se doivent d’inviter sexuellement les hommes de la sorte, et que si elles ne le font pas, alors qu’elles sont belles et parées de bijoux, on a le droit de les prendre, sans leur consentement.

    Je ne comprends pas comment les mouvements féministes peuvent supporter cette publicité. Cela dit combien nous sommes indulgents avec toutes sortes de choses. Dès lors qu’il s’agit pour quelqu’un de gagner de l’argent, presque tout est permis.

    . D’autres femmes se languissent dans le fond, il s’agit donc d’un harem…On a là un exemple de ce que peut produire la publicité en terme d’aliénation, qui ne se limite pas à la consommation. C’est une image de l’aristocratie féminine qui nous est proposée, que l’on peut définir ainsi : un objet sexuel paré d’or et de bijoux, disponible à la demande, puisqu’elle sort d’un harem.

    1. Bonjour Vincent Rey,

      Très importante votre remarque sur la publicité commerciale, mais la vision exclusivement érotique, me semble un peu trop moralisatrice… Voire datée…
      Vous préférez peut-être que la publicité montre une femme un balai à la main, vantant un produit d’entretient?
      Pourtant la démarche est la même…
      Et que dire de tous les spots qui montrent des familles heureuses après avoir acheté tel ou tel produit?
      Vous croyez que ça n’a pas d’impact sur le bonheur des gens?
      Acheter pour être mieux… Pour être meilleur, ou même le meilleur ?
      Eclairée ou non, la publicité et la propagande devraient être interdites en signe de refus de toute
      allégeance des populations à la société de consommation.
      Mais l’addiction est bien réelle, et il est peut-être déjà trop tard…

      Eric.

      1. Bonjour,

        il ne s’agit pas de morale, il s’agit de propager ou pas quelque chose de faux, par des moyens massifs, sans que quiconque puisse disposer de la même force de propagande pour le contrer. Cette image de la femme est fausse, et dangereuse pour les esprits dépourvu d’esprit critique.

        Je crois qu’il faudrait avoir de la propagande, la même conception que celle qu’on a de la justice. Pas de procureur sans avocat de la défense, pas de propagande sans contre-propagande… et on éviterait pas mal de problème.

    2. « Par exemple L’Or de Dior, cette publicité, où l’on voit une femme sortir de la piscine d’un harem doré, une contre-publicité ciblée pourrait décrypter l’image, la mise en scène, ridiculiser même cette scène grotesque »

      Vous avez tout à fait raison, Vincent. L’humour a parfois une mission de salubrité publique.

      Au demeurant, il existe déjà une parodie ridiculisant cette scène. Qui vole certes plutôt ras des pâquerettes, mais enfin la publicité dont il s’agit ne mérite pas forcément mieux. Et à la fin, la superbe jeune femme fixe bien l’objectif pour déclamer son slogan… certes un peu différent ce celui d’origine 🙂

      https://www.youtube.com/watch?v=ExnmiOmvD4M

      Le problème bien sûr, c’est que cette parodie n’a même pas 50 000 vues… et combien de personnes ont vu la publicité de Dior ?

      1. Bonjour Vincent Rey,

        Propager ou pas quelque chose de faux ? (puisque vous y tenez, admettons donc qu’il ne s’agisse
        pas là de morale …)
        Vous semblez proposez (mais pas du tout sous couvert de morale, hein?) de contrer l’image fausse
        en répliquant d’en haut avec des moyens comparables par un spot propageant quelque chose de
        vrai sur le même sujet? C’est vrai que ça créerait pas mal d’emplois fonctionnaires …
        A moins qu’on confie cette tâche à des organismes privés…
        Voyez vous, j’aurai tendance à penser que les « esprits dépourvu d’esprit critique » prendraient cela
        pour de la simple propagande d’état financée au frais du contribuable.
        Quant à la justice, elle serait peut-être plus à sa place si on l’invitait à sanctionner simplement, mais
        lourdement, toutes les dérives mensongères, qu’elles soient propagandistes ou publicitaires…
        Et pourquoi pas contraindre par la loi, les annonceurs à ne défendre que les qualités réelles ou
        avérées des produits qu’ils vantent, en rendant obligatoires la mise en avant des mesures prises
        pour la traçabilité, l’économie de fabrication, et le respect de l’environnement…
        Le tout, bien sûr, sous peine de poursuite en cas de non respect du cahier des charges…
        Mais, voyez vous, je préfère stopper là, car je ne voudrais pas moraliser outre mesure,
        au risque que ça puisse déteindre ensuite sur le monde politique…
        Eric.

        PS: Bien sûr d’accord avec le principe Procureur / Avocat.
        Pourtant la justice est débordée… Alors une contre-propagande…
        Tout cela me paraît un brin éloigné des réalités…

  4. Voilà une action que propose LFI dans l’indifférence du « système d’information et de persuasion de masse »

    « Le mouvement des jeunes pour le climat s’est levé partout en Europe, en France aussi. L’Irlande et le Royaume-Uni ont déclaré l’état d’urgence écologique et climatique. La France doit en faire autant. La France insoumise dépose une proposition de résolution à l’Assemblée nationale en ce sens. Faites tourner la pétition pour soutenir cette initiative »

    https://www.change.org/p/pour-que-la-france-d%C3%A9clare-l-%C3%A9tat-d-urgence-%C3%A9cologique-et-climatique

    Fredeick

    1. @Fredeick(20/5 à 15h12) écrit :

      …  » système d’information et de persuasion de masse « …

      Génial ..! Pas de copyright ?? Avez- vous essayé de le « sigler » (avec les majuscules à mon sens indispensables..) :
      …………………………………………………….  » < S.I.P.M >.  » …? Votre autorisation ?……. °(^!^)°… BAV

    2. Merci d’avoir diffusé cette « information exacte », je m’apprêtai à le faire.

      La FI est ce mouvement qui déclare notamment :
      …/… Pour les tenants du système, l’écologie est une question à part. C’est tout l’inverse. L’urgence écologique est une question fondamentale. C’est autour et à partir de l’exigence écologique que doit se penser toute la politique de la Nation. Pour cela, la préoccupation écologique doit être inscrite au sommet de la hiérarchie des normes et de
      l’activité de l’État. Le temps de l’écosystème, c’est le temps long. Le temps court de la finance et du productivisme saccage tout. La reconquête du temps long est la principale exigence. C’est le but de la planification écologique : mettre en cohérence dans le temps et dans l’espace les mesures nécessaires pour faire bifurquer le modèle de
      production, de consommation et d’échanges. …/…

      1. pour dire les choses plus simplement: il y a urgence de passer du besoin de techniques de publications sur toutes sortes d’offres particulières. Car nous sommes éclairés désormais de la nécessité de propager dans l’opinion publique la réalité d’une demande collective, : Celle de techniques désormais et très vite enfin respectueuses des données générales du vivant dans son ensemble ( et pas seulement humain!).
        L’offre commerciale rétribue elle-m^me ses publicistes. La propagande en faveur d’une nouvelle frontière existentielle ne peut prendre appui que sur le bénévolat militant. C’est pourquoi je signe la pétition proposée parle ci-devant Fredeick
        Thersite 69.

  5. Bonjour à tous;

    Il en est en définitive de la propagande éclairée, comme de toute chose…
    Seul l’éclairage compte …
    Et si la lumière, donc la vision, était bonne,
    Il n’y aurait nul besoin de propagande,
    La propagande prend le parti de laisser dans l’ombre les causes,
    Pour faire adhérer chacun aux réponses présentées
    Comme seules à même de faire face à des effets plus ou moins incompris.
    La politique, avec la propagande, invite dans son discours,
    Les raccourcis efficaces, mais ignorants, de la publicité,
    Pour défendre une cause qu’elle estime juste,
    Propagande et publicité se rejoignant ici sur des postulats erronés,
    Qui ne peuvent conduire qu’à se heurter à la réalité,
    Tout en cherchant à contourner des obstacles irréels.
    La propagande éclairée n’est pas pour l’intellectuel,
    Elle va seulement où la lumière fait défaut,
    Là où seules les réponses comptent…
    Laissons donc la lumière aux élites donc,
    On sait bien que personne ici n’osera s’opposer
    A cet arrogant complexe de supériorité du penseur,
    Qui ne s’autorise à partager avec ses semblables,
    Que ses échecs.
    Jusqu’ici les collisions avec le réel furent réparables,
    Espérons donc que la prochaine ne sera pas la dernière.
    Car si il ne reste que des penseurs,
    Qui donc va pouvoir réparer leurs dégats?

    Eric.

    1. @torpedo(20/5 à 16h07)
      Chapeau quand même pour votre finale … :
      …  » On sait bien que personne ici n’osera s’opposer à cet arrogant complexe de supériorité du penseur, qui ne s’autorise à partager avec ses semblables.. que ses échecs.
      Jusqu’ici les collisions avec le réel furent réparables.Espérons donc que la prochaine ne sera pas la dernière…
      Car si il ne reste que des penseurs, qui donc va pouvoir réparer leurs dégâts
       » ?

      Et surtout / oui, pardessus tout /pardonnez mon inélégance / consistant comme vengeance / à n’avoir pas hésité / à méchamment torpiller / votre scansion en escalier / descendant / mais pelant. BAV

      1. Cher ami
        Pour se venger (de quelque chose ou de quelqu’un),
        L’inélégance est forcément de mise,
        Vous êtes d’avance tout excusé,
        Mais de grâce remontez cet escalier,
        Au dernier sous sol, vous êtes parvenu!
        Eric.

      2. @torpedo
        Bonjour.
        J’espère au moins vous avoir d’abord arraché un sourire avant tout autre réflexe lors de mon(es) pastiche(s)….(surtout le très long premier..) . Même si j’écris d’une traite..je trouve cet exercice fatiguant et de plus je vous préféré de TRÈS TRÈS loin comme les précédents de ce fil…
        Question subsidiaire… Cela vous est il déjà arrivé ainsi à l’improviste….? -:)

  6. La « propagande éclairée » ? Moui, j’aime bien.

    Mais bien que je préfère les plus amusantes « guerres propres » ou « frappes chirurgicales », mon oxymore favori reste quand même « Plan de sauvegarde de l’emploi » pour signifier « licenciements collectifs ». « Démocratie représentative » étant bien sûr hors-compétition.

    Allez, pour continuer dans la détente (celle sur laquelle il ne faut pas trop appuyer) :

    Le CAC40, une société de bienfaisance pour David Pujadas
    https://www.telerama.fr/television/le-cac40,-une-societe-de-bienfaisance-pour-david-pujadas,n6258829.php

  7. Bonjour et Merci Cédric Chevalier et M. Jorion pour ouvrir aux commentaires cette réflexion.

    Bien que je comprenne l’importance de l’enjeu du combat a mener pour qu’une action en faveur de l’urgence climatique suscite le plus d’adhésion possible, souligne que le but soit de sauver l’humanité, son plus grand nombre qui plus est, je ne suis pas sur que le terme et les méthodes d’une « propagande éclairée » » soit « nécessaire »…

    D’une part, parce que les analogies prises ; « …le New Deal en 1933 et l’économie de guerre des démocraties US et UK fin des années 30 jusqu’en 1945 »… et ; « …déclaration d’état d’urgence environnemental et climatique par le Parlement britannique… », relèvent de deux chocs consécutifs et très distincts, seul l’un actuellement a assez de recul, distance avec nos temps et problématiques actuelles, pour qu’on en examine objectivement les conséquences… Nul ne peut dire encore aujourd’hui quels impacts et traductions en terme politique, climatique, « économique », « sociétale », produiront la « …déclaration d’état d’urgence environnemental et climatique… » prise par le seul « …Parlement britannique… »…

    D’autre part, deux traumatismes ont agit de telles sortes (le choc du Brexit qui « s’éternise » d’une part, et seconde guerre mondiale et « …les différents appels à la radio et à la télévision de Franklin D. Roosevelt avant et après Pearl Harbor… ») sur des populations, à deux époques (et moyens de communications complètement différents – radios journaux, et maintenant télé, « réseaux sociaux », médias de masse… dissociés même d’un temps politique) et lieux puis contextes géopolitiques (cultures, cultes, et traditions) loin d’être similaires en tous point… pour que deux décisions (dont l’une fut d’importance, peut être mesurée) puissent susciter une adhésion de masse… sans que de d’autres références que spéculatives, puissent les comparer…

    Même si deux chocs conséquents, d’ordres de grandeurs, et de hiérarchisations au niveau moral, éthique, de différentes natures, d’ampleurs variées, ont été donc la « nécessité » indispensable pour faire qu’une communication de masse « éclairée » suscite l’adhésion du plus grand nombre (dans le cas du Brexit, on ne parle pour le moment que des votes de « représentativités » du peuple), lui donne l’envie et/ou le besoin de « sauver l’humanité », ce qui peut être inquiétant pour tenter d’appliquer à l’échelle d’espace-temps actuel dans un autre pays comme la France, la Belgique, etc (de cultures traditions cultes, encore différents), n’est-ce pas l’ampleur, la nature du choc qu’il faudrait pour que suffisamment traumatiser, le public cible décide que son adhésion se fasse sans condition ou presque… ?

    De quels chocs parlent-ont, autrement plus concret que le fait qu’aujourd’hui, dire au plus grand nombre que l’espèce humaine est menacée d’extinction avec les 60 espèces vivantes déjà disparues, etc… n’y suffit pas à susciter une projection commune, ou à ce que le court-termisme, l’individualisme, les égoïsmes du « ras le bol fiscal », « poujadisme », s’effacent… Un nouveau crack financier… ? Le risque d’une guerre mondiale au vu de la croissance des tensions géopolitiques, et des replis sur soi conduisant au retour du fascisme (en col blanc ou bleu).. ? Etc, etc, etc… ?

    Cela dit je rejoins le point de vu d’autres participants sur ce blog, concernant les critiques et la nuisance du ciblage qu’opèrent d’autres propagandes de médias de masse privés, comme les publicités commerciales, les « leçons » »économiques », « politiques »… les « éditoriaux » en rien neutres et impartiaux, sans se soucier du pluralisme des idées… avec qui la communication à développer pour obtenir le résultat escompté devra composer… au risque certainement de s’épuiser plus à faire de la « désinfox », qu’à faire passer le message de fond, qu’à convaincre « l’audimat »…

    1. D’autant plus difficile et corsé deviendra l’analyse objective des avancées les plus « optimistes » de cette communication, qui devra lutter contre les parasitages, interférences et disques « d’ingérences », si elle se sert des même « moyens », outils, que les adversaires, telle que la « dictature des émotions » sondées, le nombre de « like » sur les « réseaux sociaux », les « éditocrates » attitrés, formatant des « temps de cerveaux disponibles », mais discrédités, etc… pour aboutir à la même finalité, mesurer l’évolution d’un rapport de farce à un « instant T »…

  8. l’histoire nous enseigne que, le livre, l’école publique, l’éducation des femmes, la diffusion du savoir au plus grand nombre, sont les moteurs des avancées sociales.
    L’histoire nous enseigne que, L’encyclopédie, la méthode scientifique, la modélisation du monde physique avec ses langues abstraites sont les moteurs des avancées techniques.
    Mieux que la « propagande éclairée », le temps est venu d’enseigner le savoir nécessaire pour que le plus grand nombre puisse choisir notre destin commun et de mettre sur la table les options civilisationnelles avec leurs conséquences prévues.
    Sinon, tout le contenu comprimé de l’époque homo ridiculum ridiculum accumulé par Google tiendra dans 1kb. Soit moins que ce text en ascii.

  9. «Propagande éclairée » !
    Mais enfin Cédric ! Lis la définition dans le Petit Larousse : on y cite la « congregatio de propaganda fide » qui pour moi exprime une forme d’abomination que l’on appelle aussi une acculturation.
    (Exemple : faire porter des shorts aux Indiens d’Amazonie (ah la pudeur chrétienne) et les envoyer à la messe. .. beurk.)
    Les mots ont des sens avec leurs « nuages » sémantiques : propagande était déjà pour toute personne «éclairée» péjoratif avant même les Nazis.
    Désolé mais cet oxymore est ridicule et totalement inutile.
    Éducation, voilà un mot qui respecte le peuple et il y en a d’autres. Ton propos relève de l’élitisme : des hommes d’État qui disent la Vérité au peuple.
    On en a soupé des Guides et autre Conducator !

    1. « Propagande éclairée » ? Rien de neuf sous le soleil, cela aurait pu être le sous-titre du livre La fabrique du consentement de Walter Lippmann, paru il y a bientôt un siècle (il se dit que Goebbels avait l’ouvrage dans sa bibliothèque. Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est effectivement très plausible)

  10. Y a un problème de base.

    C’est que pour beaucoup, ça va encore trop bien.

    Quand votre communication passera, percolera , comme on dit par ici, c’est que les FAITS et le vécu de chacun, auront permis d’atteindre un seuil particulier.

    Et heureusement que ce n’est pas une stratégie de communication qui permet de faire basculer l’opinion, sinon, le système néo liberal aurait de beau jours devant lui.

    Comme pour la violence, à ce jeux là aussi il est meilleur que nous….

    Non, restez zen, son cadavre va passer dans la rivière, et tout le monde, alors, saura ce qu’il en est.

  11. Il est vrai qu’il faut prendre en compte la propagande commerciale. C’est aussi une propagande unilatérale (la contrepublicité n’aurait aucune autorité) et manipulatrice. Je suis toujours ébahi de voir ces photos de morceaux de viande reproduits par semaine ou quinzaine et qui n’apportent aucune information utile. La publicité Or de Dior est une chose, les dépliants toutes boites en sont une autre. Il faudrait l’interdire ! MAis si, en Belgique, on a voulu taxer les dépliants dans les années ’90, « ils » les ont transformé en magazines avec des infos sans intérêt pour devenir de la « presse » non taxable.
    Mais quels sont les leviers qui nous font 2/ nous précipiter dans les grandes surfaces pour profiter des offres de prix ou de nouveauté et 1/ acheter des nourritures industrielles de plus en plus frelatées et des produits de luxe de plus en plus futiles ? La propagande ? Non, en priorité la « facilité » et l’aubaine. La propagande commerciale répète et confirme ces deux arguments qui sont les nôtres d’abord. Habitant le rural, je peux aujourd’hui me rapprocher des producteurs choisis, mais j’ai été un consommateur impulsif aussi. Et je ne me passe pas encore de bagnole, d’un avion tous les trois ans, d’essuie-tout, de « petit-suisse », d’alcools et bières, de moutarde et mayonnaise, de beurre de laiterie…, toutes choses industrielles évitables en principe. On doit souhaiter des choses industrielles basées sur d’autres principes d’utilité, mais le rapport de force n’y est pas.
    Tout ceci pour dire qu’il faut des écoles de changement de comportement pour ceux qui le veulent (j’en ai déjà parlé à l’occasion), et par la suite des « manuels » qui correspondent réellement à des expérimentations (aujourd’hui vous avez des manuels de petit geste pour contenter votre conscience et affaiblir votre désir de changement réel).
    Et pour dire que la propagande n’agit pas sans un consentement social à son objet. Les piétons ont obtenu le droit de faire stopper les voitures devant leurs passages « protégés » : sans consentement des conducteurs, cela n’aurait pas pris.

  12. Il me paraît impossible d’interdire la publicité ou la propagande en général. L’économie veut séduire pour vendre, c’est vieux comme notre civilisation. De nombreux institutions vivent de la publicité; les stations radio par exemple diffusent de la pub °o combien débile (!), un vrai lavage de cerveau. Mais les stations font leur beurre grâce à la pub, certaines disent que cela leur donne de l’indépendance en terme d’information politique 🙂 .
    La pub représente un gigantesque enjeu économique.
    Et quant à la manipulation politique: Joseph Goebbels, le ministre de la propagande nazie, disait que « la masse est de nature féminine »; il faut donc la séduire en lui racontant des histoires, de flatter, de lui infuser sans cesse les même slogans et phrases, de lui promettre des lendemains qui chantent……….
    Pour trouver autre chose que « la pub » ou les infos manipulées, il faut que le citoyen devienne vraiment intellectuellement autonome et mature…………on est loin de cet idéal collectif. On n’en a la preuve tous les jours.

  13. Étant donné que dans toute démonstration, on ne peut pas se fier, comme base, un axiome tout à fait correct, chaque tentative de persuasion (Et même pourrait-on dire à caractère scientifique) est de la propagande.

    C’est quand la fin est bien choisi, tous les moyens sont bons.

  14. En modeste observateur de ce qui nous entoure, j’ai remarqué l’importance nouvelle prise par un mot : influence. On parle d’influencer. J’ai un ami qui travaille comme haut responsable au sein d’une grosse entreprise d’informatique dont le nom commence par M, et qui a comme un de ses critères d’ « évaluation » individuelle, celui de sa capacité à influencer (lui même m’a avoué une fois un peu dépité, qu’il ne croyait pas la moitié de ce qu’il était amené à dire chaque jour) . En poussant un peu l’observation, j’ai appris, au detour d’une petite recherche, qu’on enseignait dans les écoles de management, le « nudge », synonyme approximatif en anglais, de manager les collaborateurs en les influençant. Et cerise sur le gâteau, le bâtiment où je travaille en ce moment, qui est le siège d’une plutôt grosse organisation, se nomme « Influence ». Ainsi, je me suis aperçu que nous nageons dans le « nudge », ce qui me fait mieux comprendre ce billet, car, ne faudrait il pas essayer de combattre le feu par le feu ? Mais pour moi, je ne crois pas. Je me demande plutôt si cette omniprésence de la com’ ne serait pas plutôt un accessoire, ou un facteur aggravant, de l’effondrement en cour…..

  15. M Chevalier,
    Votre proposition (sympathique) ne fonctionnera pas. Pourquoi ?
    Nous nous proclamons « homo sapiens » mais nous ne sommes que des « homo credens ».
    Nous rejetons toute information contradictoire à l’ensemble de nos croyances, tabous, préjugés eux mêmes articulés à nos émotions animales. Les populistes l’ont bien compris.
    Ce blog n’y échappe aucunement.

    1. Hadrien,
      votre affirmation est un peu vague, pouvez-vous précisez ?
      Qui, sur ce blog, et selon quels critères, rejette toute information contradictoire à l’ensemble de ses croyances ?

      Il m’a semblé en tout cas, que les critiques adressées à l’auteur de ce billet, portaient moins sur pertinence des informations essentielles, celles qui mettent en évidence qu’il y a péril en la demeure, que sur la manière dont s’y prendra un gouvernement décidé à changer radicalement de cap : despote ‘éclairé’ par un cénacle de technocrates de l’écologie versus gouvernement associant experts et citoyens dans la prise de décision.

      1. P-Yves;
        « Qui, sur ce blog, et selon quels critères, rejette toute information contradictoire à l’ensemble de ses croyances ? »
        La croyance principale sur ce blog est la démonisation du capitalisme supposé responsable des maux de l’humanité.
        L’analyse initiale de P Jorion me semble correcte (c’est rare et explique que je reste intéressé) : homo credens est bien une espèce conquérante et destructrice.
        Mais la solution qu’il indique: « se débarrasser du capitalisme » relève d’un mythe qui permet de nier la responsabilité individuelle de la majorité.
        Ce déni de responsabilité (c’est pas moi, c’est l’autre – le riche) fait partie de nos croyances principales car nous autorisant à nous comporter en prédateurs égoïstes sans sentiment de culpabilité.
        Ceci explique le rejet de l’évidence logique: DES = POP*CoM qui attaque le tabou démographique et celui du pouvoir d’achat autrement dit la religion de la croissance infinie dans un monde fini.
        Lire JM Jancovici.

      2. Hadrien
        j’attends votre réfutation des arguments sérieux de Jorion prouvant que le capitalisme est bien une calamité.
        Vous revenez toujours au facteur population, et là j’attends votre réfutation de l’argument d’Arkao selon lequel des sociétés se sont effondrés sans qu’il ait fallu pour cela qu’intervienne un problème de surpopulation.

    2. A P-Yves, 21/5 18h17.
      En ce qui concerne la destruction de la biosphère, P Jorion et les jorionnistes (et tous les gauchistes) inversent la cause et le moyen.
      La cause : notre avidité destructive, le moyen (ou le principal en tous cas) : le capitalisme.
      Supposons qu’un cambrioleur poignarde Pierre. Il s’agit d’une calamité.
      Quelle en est la cause ?
      – Le couteau ?
      – L’ouvrier qui a fabriqué le couteau ?
      – Le patron de cet ouvrier qui profite de son travail ?
      – Le capitalisme qui permet au patron de s’enrichir ?
      – Ou le cambrioleur ?

      Vous devinez ma réponse….

      1. Adrien,
        Votre approche comporte deux gros défauts :
        Le premier est qu’elle est tellement générale (l’avidité destructrice, mais vous auriez pu dire aussi le mal, etc …) qu’elle n’explique pas grand chose et ne nous aide guère à sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons. Et cette généralité revient à adopter un point de vue très conservateur sur les possibilités d’évolution ; elle semble comme posée hors de l’histoire.
        L’espèce humaine est aussi bien une espèce cause de destruction, possédée parfois par l’avidité destructive, mais c’est aussi une espèce inventive, capable de faire émerger des niveaux de complexité inédits , ainsi on a pu passer des tribus aux Cités=Etats, aux pays-nations, civilisations, à l’économie globalisée …) or vous laissez de coté ce coté inventif, la possibilité pour l’humanité de passer d’un niveau de complexité à un autre, à la faveur de certaines transformations, qui relèvent des institutions ainsi que de l’émergence de nouveaux paradigmes. (je n’évoque pas ici le débat pertinent sur la bonne et la mauvaise complexité, ….) Selon votre optique le capitalisme n’est qu’un moyen d’une destruction qui se produirait de toutes façons avec tout autre système, alors que dans la perspective historique d’évolution des sociétés humaines, et de l’humanité comme telle dans son unité à un moment donnée de son histoire, la capitalisme est un élément qui la définit et lui impose, à l’humanité, certains comportements, parce que le capitalisme oriente les sociétés humaines dans une certaine direction. Très longtemps le capitalisme a bénéficié d’un effet d’aubaine, parce que les ressources dont il pouvait disposer sur la planète étaient immenses, son aspect destructeur, comme gaspillage des ressources passait donc inaperçu, il semblait être la cause d’une croissance infinie, mais une fois atteintes les limites quant aux ressources disponibles dans le cadre de ce système d’exploitation des hommes et des ressources naturelles, son caractère destructeur nous est apparu de façon beaucoup plus claire, et à ce titre remercions un certain Jorion n’en avoir élucidé quelques mécanismes, qui semblent simples une fois expliqués, mais à coté desquelles la science économique était pourtant passée totalement à coté, faute de perspicacité et surtout parce qu’il ne fallait surtout pas présenter le gros défaut structurel de ce système, qui aujourd’hui nous saute à la figure.
        Le second défaut découle du premier, à savoir que votre approche est a-historique et donc conservatrice.
        Ce qui vous amène à porter votre attention exclusive sur le facteur population, la seule variable que l’on a à sa disposition lorsque justement on a écarté toutes les possibilités d’évolution des sociétés humaines, et de l’espèce humaine comme unité à la surface de cette planète.
        Je vous rappelle au passage que vous n’avez pas répondu à l’objection d’Arkao selon laquelle les sociétés humaines peuvent très bien s’effondrer sans problème de surpopulation.

        Ce ne serait pas grave si votre optique n’était potentiellement dangereuse, car elle ramène les solutions du coté des vieilles solutions où n’intervient que la coercition, voire l’élimination de nos semblables, puisqu’il est postulé qu’on ne peut faire autrement pour assurer la survie de l’espèce humaine, c’est donc le faux-nez d’un rapport de force qui ramène sur le terrain purement biologique une question qui était en grande partie de nature sociale.
        Donc, dans le cadre d’explication que je viens de poser, si, le capitalisme est bien la cause des destructions auxquelles nous assistons, parce que c’est ce système actuellement qui est en place, et pas un autre.

      2. Pierre-Yves Dambrine
        22 mai 2019 à 18 h 38 min
        « Le premier est qu’elle est tellement générale (l’avidité destructrice, »
        Vous avez raison, j’aurais du écrire POP*CoM, mais j’ai voulu me mettre au niveau émotionnel général de ce blog et vous éviter POP qui vous trouble.
        « Le second défaut découle du premier, à savoir que votre approche est a-historique et donc conservatrice »
        Les maths sont en effet conservatrices (Euclide reste valable). 2 homo credens pissent 2 fois plus qu’un.
         » les sociétés humaines peuvent très bien s’effondrer sans problème de surpopulation. » Oui, mais je ne parle pas de l’empire Aztèque, je parle des 7.700.000.000 humains actuels.
        « votre optique n’était potentiellement dangereuse, »
        Moins que la vôtre qui refuse la rationalité., la preuve:
         » si, le capitalisme est bien la cause des destructions » donc c’est selon vous le capitalisme qui a poignardé Pierre!
        Je vous remercie pour vos réponses, qui confirment mon objection sur la propagande éclairée.

        En ce qui concerne les inventions qui assureraient un niveau de vie élevé à une population toujours croissante:
        1) C’est l’argument de Trump et des droites et des économistes classiques;
        2) Les inventions du passé ont servi ou conduit à détruire plus notre environnement;
        3) L’inventivité humaine est favorisée par le capitalisme (comparez les USA et l’URSS):
        4) La seule invention qui peut freiner efficacement notre course est la fusion nucléaire (ITER). Depuis 50 ans on nous promet que c’est pour dans 50 ans.

      3. Hadrien
        Vos réponses me confirment dans l’idée que vous n’avez toujours pas compris ce qu’est une institution, là où je pense invention de nouvelles institutions, vous comprenez inventions techno-scientifiques.
        Cela explique du même coup votre incompréhension totale des démonstrations de Jorion à propos de la nocivité du capitalisme.

        PS votre analogie avec « capitalisme qui poignarde Pierre » est foireuse, car le capitalisme ne tue pas, ne nuit pas au niveau individuel, mais à l’échelle planétaire.

    3. Pierre-Yves Dambrine
      23 mai 2019 à 19 h 01 min
      « vous n’avez toujours pas compris ce qu’est une institution »
      Voulez vous m’éclairer ?
      Pouvez vous décrire une institution qui permettrait d’assurer un niveau de vie toujours croissant à un nombre d’hommes toujours croissant ?
      Dans l’attente de vous lire.

  16. La réponse me semble être dans la qualité du récepteur autant que dans celle de l’émetteur. Je pense à la qualité de « milieu associé » de Bernard Stiegler, suivant lequel c’est une capacité à être autant répondant que recevant qui est la clé. Sinon, pas de bonne conduite autour d’une asymétrie de base (de haut en bas, du bon au moins bon, etc. suivant ce que dit justement Jacques Seignan aussi).

    Ma réponse est en fait houellebecquienne (:-) : il faut « parler cadastre », avoir une carte (ö territoire quand tu nous lâche) de ce dont on parle (abstraite ou réelle), assez riche pour garder un peu de polysémie, mais aussi ne pas se faire avoir en se faisant lire « lanternes » là où sont dessinées des champs de vess[i]es (de loup).

  17. @Jacques. Tu n’aimes peut-être pas le mot choisi mais tu ne réfutes par le constat que sans une diffusion massive d’idées vertueuses (une propagation d’idées éclairées, soit le sens strict du mot propagande), nous sommes foutus. Pendant que la machine publicitaire fabrique en série des subjectivités irréflexives, aliénées et irresponsables (des hyperconsommateurs), l’Etat reste les bras ballants, alors qu’il a les moyens, les ressources, pour favoriser la fabrication de subjectivités réflexives, autonomes, et responsables : des citoyens.
    Pourquoi ? Au nom d’une mascarade de « neutralité » qui laisse le champ libre à la machine publicitaire ? Où, quand, comment, à quelle échelle sont diffusées les idées alternatives ? Celles de la non-consommation, de la qualité de vie immatérielle, de la sagesse, etc.

    Ensuite, tu me fais un procès d’intention quand tu parles d’hommes d’Etat disant la Vérité au Peuple. Je penses qu’il suffirait que l’Etat utilise les médias de masse pour informer les citoyens des rapports du GIEC, de l’IPBES, de l’IRP, que cela figure dans les programmes scolaires et universitaires et de formation professionnelle et technique, que l’affichage public y soit consacré. Il ne s’agirait aucunement du message d’un seul, d’un message d’un despote éclairé, mais du message d’une communauté scientifique internationale et du message d’une longue tradition philosophique. Il serait bon d’enseigner de manière obligatoire dans les écoles l’écologie scientifique, la science des systèmes terrestres, et les lois de fonctionnement des écosystèmes, ainsi que la thermodynamique de la matière et de l’énergie. Et ça peut commencer dès 6 ans, il n’y a là que des choses très terre à terre si je puis dire !

    La tradition de la « démocratie libérale neutre » sur le champ de la pensée des gens est une fumisterie car elle a laissé toute la place à la propagande privée, commerciale, indexée sur le profit à court terme. Ne voulant « remplir les cerveaux », elle les remplit quand même, et les laisse remplir par l’industrie commerciale.

    Les intellectuels ont le devoir d’outiller les citoyens avec des idées adéquates.

    Un philosophe qui a réfléchi des années et qui est bienveillant est légitime pour diffuser des idées adéquates.

    Cette légitimité est issue d’un long travail solitaire et réflexif, dans l’humilité, sur des questions essentielles.

    C’est grosso modo la même légitimité que celle des climatologues. Ils ont raison face au peuple sur leur champ d’expertise. La connaissance n’est pas démocratique, elle est « élitiste » par nature : seuls ceux qui font l’effort peuvent l’acquérir à force de patience et d’humilité, ceux qui ne font pas l’effort (par volonté ou par état de fait) doivent leur faire confiance. Sinon, c’est du populisme de bas étage. Un autodafé permanent, la haine des intellectuels.

    Je refuse de laisser la démocratie les bras ballants face à ce lavage de cerveau : il faut, comme certains l’ont dit dans les commentaires, une contre-propagande éclairée, qu’elle qu’en soit le nom (entre intellectuels, on doit pouvoir discuter d’un concept sans s’arrêter sur son nom, et en tant que philosophe, on ne doit laisser personne, pas même l’histoire, s’emparer du sens premier des mots à contre-emploi : propagande veut dire « art de propager des idées », dans son sens le plus strict).

    Et le mot « éclairé », depuis le siècle des Lumières, a une signification bien précise, philosophique. N’est pas éclairé celui qui n’a pas fait ce travail de réflexivité sur lui-même, sur son savoir, sur le monde, sur les autres, et sur ses actes : il est alors « irréfléchi », incapable de s’observer lui-même dans un miroir. On peut, et on doit éthiquement à mon sens, outiller un maximum de citoyens à ce niveau là, par tous les moyens de propagation d’idées (de propagande donc) disponibles.

    1. @Cédric Chevalier(21/5 à 14h52) écrit :

      …  » Je penses qu’il suffirait que l’Etat utilise les médias de masse pour informer les citoyens des rapports du GIEC, de l’IPBES, de l’IRP , que cela figure dans les programmes scolaires et universitaires et de formation professionnelle et technique, que l’affichage public y soit consacré « …

      J’imagine que vous approuveriez? une suggestion de léger complément de phrase, ce qui donnerait ceci : (complément personnel en « grasses »..)
      …  » Je pense qu’il suffirait que l’Etat utilise les médias de masse pour informer les citoyens des rapports du GIEC, de l’IPBES, de l’IRP, (après analyse critique de la version complète desdits rapports et non de leur « synthèse grand public ») , que cela figure dans les programmes scolaires et universitaires et de formation professionnelle et technique, que l’affichage public y soit consacré « …

      [[ Référence de proposition suite à l’intéressante discussion( https://www.pauljorion.com/blog/2019/05/15/le-loup-du-politique-deguise-en-agneau-de-la-neutralite/#comments ) sise à partir de:
      @ » »Tout me hérisse »(16/5 à 23h40) jusqu’à ,et y compris, @ »adoque »(18/5 à 16h09)….]]…. BAV.

    2. @ Cédric, non, je ne suis toujours pas d’accord avec ton idée de propagande éclairée.
      Puisque tu parles du sens STRICT des mots, (je te cite : «une propagation d’idées éclairées, soit le sens STRICT du mot propagande ») il est évident qu’il n’ y a jamais eu cette absurdité totale de qualifier d' »éclairée » quelque propagande que ce soit ─ sauf peut-être pour les communistes staliniens, ne les oublions jamais, ils ont été les concurrents des Nazis dans l’ignominie.
      Reprenons encore avec un exemple historique : les Jésuites mettant en œuvre (avec intelligence et finesse) la propagande de la foi catholique en Chine essayèrent de les convaincre sur la vraie nature du Dieu trin etc. On peut penser qu’ils étaient de bonne foi et qu’il ressentaient leur propagande comme une action pie. Mais ensuite le sens du mot « éclairé », que tu emploies est bien autre chose : les Lumières eurent parmi leurs pires ennemis, les Jésuites !
      Oui, ton objectif est élitiste et, de plus, tu l’assumes comme tel, c’est ton droit, le mien est de te critiquer.
      Pour moi un idéal serait l’action de Camille Flammarion : oui le peuple peut être éduqué et même s’auto-éduquer. Il faut de gros efforts, je n’en disconviens pas. Tu dois connaître tous ces extraordinaires ouvriers socialistes du XIXe siècle et comme Paul le rappelle, ils furent combattus ou récupérés in fine par les marxistes. J’admire Joseph Dietzgen :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Dietzgen.

      En fait ça me rappelle de mauvais souvenirs de ma jeunesse avec des gens tels que Sartre, ce minable, qui ne voulait pas désespérer Billancourt. La liste est longue des ces intellos de gauche se voulant les grands timoniers du pauvre peuple. On vient de voir aussi Badiou se ridiculiser encore, prouvant ce qu’il est et ça ne mérite même pas d’en parler.

      Nous sommes tous à tout niveau des « intellectuels » et ici, j’ai appris énormément : voilà un blog exemplaire qui peut démontrer que c’est possible. La vraie éducation commence certes par une transmission mais ensuite elle s’opère en réseau de réciprocité. C’est sans doute la meilleure façon de faire : ni Dieux, ni Maîtres !

      1. @Jacques : comment fais-tu alors pour sauver l’humanité, sans propagande éclairée ? Tu attends 20 ans que le système éducatif soit réformé, et 20 ans encore que la première génération d’élèves éduqués selon le système réformé sorte du système éducatif ? Dans 30 ans, si nous n’avons pas réduit nos émissions de gaz à effet de serre à zéro, nous entrons dans un scénario encore pire que l’actuel au niveau du climat. Nous devons réduire de 3,3% par an en base linéaire nos émissions de CO2, dès 2020. Sinon, effondrement accéléré de la stabilité climatique (déjà instable).

        Donc l’éthique conséquentialiste minimale voudrait qu’on examine quelle « partie de l’ensemble des contraintes de l’éthique déontologique  » on accepte de « relâcher ». C’est sans doute ce qui nous distingue au fond. Tu refuses certains moyens, tu places là ta contrainte éthique. Je place ma contrainte éthique dans les fins : éviter la souffrance de milliards d’individus. Si cela passe par une période de propagande éclairée, je suis pour.

        Si ta ligne rouge, c’est de refuser toute forme de propagande éclairée pour générer une adhésion rapide et massive des populations à des mesures politiques de réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, soit tu fais une autre proposition plus réaliste, soit tu préfères que l’humanité souffre par milliards d’individus mais sans avoir enfreint de règle déontologique puriste.

        Je te pousse exprès dans tes retranchements car il est trop facile de camper sur une pseudo pureté morale dans le débat qui nous concerne.

        En tant qu’intellectuels, nous avons le devoir d’examiner TOUTES les options démocratiques possibles. La propagande éclairée, en ce qu’elle n’enfreint aucune Constitution, ni aucune loi, ni même aucun droit fondamental, fait partie de la gamme des options à examiner aujourd’hui.

        Si j’avais été ministre de l’éducation en 1950 avec ce que je sais aujourd’hui, évidemment qu’il aurait été inscrit dans les programmes scolaires les sciences des systèmes de la Terre, l’écologie scientifique, etc. Et nous aurions peut-être aujourd’hui un corps électoral qui n’aurait pas « besoin » d’être éclairé de toute urgence et en masse.

        Un ancien jésuite et fier de l’être 😉

      2. @ Cédric,
        je veux bien admettre qu’il faille divulguer massivement et rapidement nos idées pour et que tu appelles ça comme tu le veux.
        Ce qui me chagrine depuis le début chez beaucoup ici c’est la négation de la lutte des classes ou tout simplement du rapport de force. Warren Buffet l’a dit ouvertement les riches (sous-entendu les ultra-riches) ont gagné la lutte des classes.
        Paul Jorion insiste : en finir avec le capitalisme est une question de survie.
        Alors il me semble évident que la seule façon de renverser d’ici 15 ans ce rapport de force létal pour l’espèce serait une forme de révolution. A l’échelle d’un pays le Soudan ou l’Algérie montrent la voie. Mobilisation massive de tous (y compris comme ce fut le cas le 25 avril 1974 au Portugal des forces armées).
        Mais personnellement, et en ce sens je te rejoins, les peuples sont anesthésiés par la propagande totalitaire .02 et pour moi il est sans doute trop tard… « Sans doute » marque de mon optimisme.

  18. Cédric
    Ton billet a le grand mérite de mettre les pieds dans le plat, pardonne moi l’expression.
    Tu abordes effectivement une question essentielle.
    Je respecte ta position, mais j’y demeure opposé, car elle élude le fait que nous sommes face à une situation tout à fait inédite, il s’agit bien d’un soliton, où comme tu sais, il s’agit de s’attaquer à la complexité, une complexité qui n’est pas seulement d’ordre informationnelle.

    Tout d’abord, le sens des mots : ils sont d’abord ce qu’en a fait l’histoire.
    Un peu comme pour le terme idéologie, précédé par les Idéologues au XVIIIème siècle, qui avait à l’origine une définition positive en est venu à exprimer tout autre chose. Pour ce qui est de la propagande, le mot a définitivement perdu toute connotation positive, l’épisode nazi l’a chargé d’une faute, doublé d’une valeur d’affect. Mais passons, passons à mon objection principale.

    Dans ton papier il y a deux choses, premièrement l’information scientifique, qu’effectivement exprime une consensus d’une communauté scientifique, et là je suis bien entendu d’accord avec toi, les marchands de doute ne pas les bienvenus, et deuxièmement les moyens qui sont mis en oeuvre pour assurer la survie de l’humanité.
    Ton papier n’explicite pas suffisamment la distinction qu’il faudrait faire, il me semble, entre constat et mise en oeuvre d’un programme.

    Ainsi ta référence à Roosevelt qui à mon humble avis simplifie bien trop la problématique, car Roosevelt avait à traiter d’un problème relativement simple comparé à ce qui se présente à nous aujourd’hui (voir mon commentaire plus haut), où de multiples facteurs entrent en interaction. C’est ici qu’il est important de ne pas diffuser l’information de façon asymétrique, comme le rappelle TImiota avec la notion de milieu associé, et de ne pas tout ramener à un problème d’information, de prendre en compte la dimension politique, sociale.

    Il me semble que c’est au contraire, parce que l’on considère « le peuple » comme incapable de comprendre de quoi il s’agit, que l’on renforce le populisme… et donc que l’on se prive peut-être des ressources disponibles un peu partout dans la société pour assurer sans trop de drames humains la transition à accomplir.

    1. @Pierre-Yves

      Ce n’est pas seulement « le peuple » qui n’a pas compris la mécanique implacable des émissions de gaz à effet de serre, le couplage inéluctable de l’empreinte environnementale à la croissance économique, le rôle fondamental que jouent les écosystèment dans notre système économique et nos chances de survie : c’est quasiment l’ensemble du corps politique, journalistique, syndical et entrepreneurial !

      Les climatologues crient dans le désert depuis 40 ans ! C’est comme s’ils parlaient à un poisson des profondeurs des dangers de la foudre. Ou de tempêtes de sable à un eskimau. Ca ne génère aucune dynamique d’affect chez les récepteurs. Leurs cerveaux ne sont pas « cablés » pour intégrer le stimulus des rapports du GIEC. Ces informations n’affectent pas les corps (pour reprendre Lordon et Spinoza).

      Or s’il est des experts qui savent comment affecter les corps, et déclencher une dynamique d’affects, il s’agit bien des publicitaires, (qu’on appelait anciennement propagandistes).

      Si la majeure partie du corps électoral n’a pas été formée par les majorités précédentes, via l’éducation nationale et le cursus supérieur, à comprendre le fonctionnement général de notre biosphère, alors j’estime qu’est légitimé l’usage d’autres moyens que les rapports scientifiques et l’information « objective » pour « faire comprendre » aux citoyens la gravité de la situation et l’urgence de mettre en oeuvre une série de mesures déjà identifiées depuis 40 ans également.

      Il s’agit en fait pour moi d’une obligation éthique : il s’agit de sauver purement et simplement la vie de mes concitoyens.

      Allons au bout extrême de la logique : si je dois mentir à mon enfant pour lui sauver la vie, je le ferai sans hésiter.
      Il s’agit bien d’une éthique conséquentialiste et pas déontologique puriste.

      Là peut-être ce qui distingue les commentateurs.

      Secondo, sur la référence à Roosevelt : non la situation n’est pas plus complexe aujourd’hui. Elle est dramatiquement simple : nous détruisons collectivement la biosphère. Sur l’impact climatique, l’usage des combustibles fossiles dans nos économies émet des gaz à effet de serre qui dérèglent notre climat. Les principales sources de ces émissions sont : notre alimentation, notre logement, notre mobilité, notre industrie et notre mode de production d’énergie et de matières premières.
      Nous devons donc changer nos modes de vie, de production et de consommation.
      Les solutions sont connues, techniquement déjà universalisables.

      Elles impliquent de renoncer à : la croissance économique, l’extractivisme, le productivisme, le matérialisme et l’hyperconsumérisme.

      Je ne vois rien de très compliqué là-dedans franchement.

      Manger moins de viande, rouler en vélo, chauffer moins sa maison et l’isoler, produire des équipements qui durent et qu’on peut réparer, utiliser des sources d’énergie renouvelable.

      Etc.

      Donc la même logique qu’avec Roosevelt s’applique : il faut faire « la guerre » aux émissions de GES, et pour cela déployer « en masse » une économie zéro carbone. De toute urgence.

      1. Cédric,
        Je faisais référence à la complexité, pas au compliqué, effectivement les mesures que tu cites n’ont rien de compliquées prises une à une. La situation est plus complexe, non pas dans le constat, mais quant au modus operandi pour réussir le programme de transition écologiste et humaniste. Comment concilier écologie et justice sociale ?
        Le compliqué c’est de parvenir au stade où on est en situation de pouvoir faire quelques chose pour décider des meilleures mesures à prendre, agencer ces mesures de manière à obtenir une politique cohérente, en limitant les effets rebonds, et en trouvant le bon timing. Qu’est-ce qui garantit que le pouvoir qui décide des mesures à prendre est effectivement éclairé non seulement dans le constat qu’il fait de la situation mais aussi dans l’application d’un programme ?
        Mis à part un processus démocratique avec ses contrepouvoirs, je ne vois pas. Il faudra associer le plus grand nombre de compétences, de métiers, de bonnes volontés pour réussir la transition. Dans le cas contraire, les réactions sociales pourront être gravement contreproductives. Et le fossé social pourra encore se creuser.
        Une propagande de masse si je suis ton raisonnement implique que ceux qui tiennent le manche savent parfaitement ce qu’ils font et font au mieux pour sauver l’espèce et pour le bien être commun.
        Mais rien ne le garantit en réalité, car il y a une technostructure que tu l’oublies au passage n’évoquant que l’aspect purement scientifique de l’affaire. Je ne te fais pas un dessin sur l’état d’esprit qui règne par exemple à EDF. Je ne remets pas en cause l’expertise comme telle, j’objecte, d’autant plus que tu évoques les questions éthiques, que l’expertise scientifique ne peut se suffire à elle-même, et qu’en son nom des politiques sociales aux antipodes peuvent être appliquées. Ce pourrait être alors la voie ouverte à toutes les dérives, y compris celle de l’exterminisme dénoncé par un anthropologue bien connu sur ce blog. Ce n’est pas ton intention, je le sais bien, mais, il ne faut pas être naïf, des capitalistes aujourd’hui qui se soucient comme d’une guigne de l’écologie demain seront peut-être les plus zélés propagandistes d’un programme qui ne sera pas nécessairement compatible avec le bien être de tous.
        Pour faire la nouvelle société écologique, il ne suffit pas d’appliquer un programme écologique, il faut une adhésion consentie pour que cette écologie soit humaniste. Or une propagande c’est une manipulation des affects, c’est très dangereux. Si on part d’emblée sur l’idée qu’il faut une propagande, c’est plutôt mal parti.
        Je suis très étonné que tu n’évoques pas les ressorts de l’action citoyenne, y compris de la désobéissance civile. C’est là qu’il faut creuser il me semble. Ce sont élites politiques et scientifiques qui doivent aussi faire l’effort d’associer à leurs décisions les citoyens, ce qu’ils ne font pas. C’est là que le résident les meilleurs moyens d’obtenir l’adhésion de tous. Il ne faut pas sous-estimer l’intelligence collective.

      2. PS.
        Je ne suis pas opposé à l’ ’emploi de campagnes d’information, bien entendu, il en faudra, ce sera alors de la publicité au sens de porter à la connaissance du public les tenants et aboutissants de la politique que l’on met en place.
        Marcel Détienne, le célèbre historique de l’antiquité Grecque, décédé il y a peu, évoquait dans un de ses livres le caractère publicitaire des lois gravées sur la pierre et bien en vue dans la Cité. Il employait la le mot publicité dans son acception politique positive, le politique comme adresse universelle aux citoyens. L’important, le fondamental, c’est que l’information soit connue de tous, qu’elle soit rendue publique, et qu’ainsi rendue publique, connue de tous, chacun peut en discuter librement, en toute connaissance de cause, pareillement, au vu et au su de tous, dans les conditions prévues par l’institution démocratique. Mais pour cela encore faut-il, qu’il existe des instances, des citoyens, des citoyens aux multiples compétences, qui peuvent se rencontrer, discuter ensemble, échanger leurs idées sur la meilleure manière de conduire pratiquement la transition.
        Or aujourd’hui ,cette connaissance publique n’existe pas comme il faudrait.
        Il ne faut donc pas une propagande, mais simplement moins de privatisation de l’information. Moins de privatisation de l’information, et c’est déjà une grosse partie de la solution qui est trouvée. Une propagande suppose finalement que l’on demeure dans le cadre d’un système inchangé où il faut bombarder le quidam de messages sublidinaux pour qu’il daigne filer droit. Un comble, alors que l’on se propose de réaliser une mutation d’une ampleur inégalée, c’est à dire durable, qui devrait supposer une assentiment éclairé de tous. C’est l’assentiment de tous qui doit être éclairé, pas la propagande. Bref, on ne provoque pas une révolution civilisationnelle, anthropologique, à coups d’opérations de propagande.

      3. PS2
        En toute logique, on ne peut exclure qu’effectivement un bon gouvernement avec les bonnes solutions, le bon programme d’application, parvienne au pouvoir. Mais faut-il tabler là-dessus pour mettre toutes nos chances de notre coté ?
        En toute logique, non, on ne peut tabler là-dessus. On ne peut tabler sur ce hasard heureux et tout à fait improbable, un hasard qui ferait que les chefs de partis éliraient à leurs sommet les plus avisés, les moins désintéressés, un hasard qui ferait qu’ensuite serait élu le candidat d’un de ces partis, qui serait le mieux à même de conduire une politique écologique et du bien être général.
        Un simple principe de précaution, devrait plutôt nous enseigner qu’il nous faut compter d’abord sur nos actions citoyennes collectives et individuelles étant donnée l’inertie qui règne dans les sphères institutionnelles.

  19. Information scientifique grand public, un exemple d’aujourd’hui dans Sciences et Avenir:

    Le titre:
    Une montée des océans de 2 mètres « plausible » d’ici 2100

    Le sous-titre:
    Une nouvelle étude indique que si le réchauffement de la planète atteint les 5°C par rapport à l’époque pré-industrielle – ce qui correspond à la tendance actuelle – la montée des eaux pourrait dépasser les 2 mètres.

    En bas du texte:
    Mais l’amplitude possible de la montée des océans, selon les experts ayant participé à l’étude, est très grande : même si l’humanité parvenait à limiter la hausse de la température du globe à 2°C, la montée pourrait varier entre 36 et 126 cm (intervalle de probabilité de 5 à 95%). Et en cas de hausse de 5°C, il existerait un risque de 5% que la hausse dépasse 238 cm.

    Notez le glissement entre le « risque de 5% », le « pourrait » et le « plausible ».
    De la propagande éclairée, sans doute.

    1. 238 cm, pas 237 ou 239, magie de la statistique.
      Beau comme du Castaner comptant les gilets jaunes. 12 457 à 17 h 00, pas un de plus, pas un de moins.
      Et c’est avec ça qu’il faudrait déclarer l’état d’urgence ?

    2. Bonsoir Arkao,

      Tu es de formation scientifique il me semble, et souvent quand je te lis, c’est vachement étrange, j’ai l’impression de lire quelqu’un qui en fait analyse et s’exprime comme un sceptique non scientifique. Certainement que le journaliste ici fait dans le sensationnel, voir la propagande, et avec raison tu le remets en place avec un argument scientifiquement valable. Mais, ensuite tu insistes un peu rigidement sur des problèmes de valeurs qui font que je m’interroge sur la pertinence globale de ton propos.

      Car en fait, dans l’ensemble de ces études, sauf erreur de ma part, j’ai un niveau ultra léger en tout, surtout en orthographe, ce qui compte, c’est l’approche du réel qu’on le cerne non pas en Vérité, mais en réalité. Et quel est le message pour le coup scientifique qui émane de toutes ces études, prospectives, analyses, expériences, mesures, et autres méthodes, c’est qu’on est entrain de taper dans le dur et qu’on va bientôt en prendre plein la tronche, parce que le problème n’est pas du tout linéaire, mais il peut basculer totalement, et des millions de personnes vont passer à la caisse, en le payant certainement de leur vie, parce qu’on se comporte comme des goinfres et qu’on saccage et on pille tout. On avance vers le gouffre. Et toutes nos aspirations d’Humanité, on est entrain d’y déféquer dessus comme des malades et c’est à en pleurer. Alors savoir si on y va à plus ou moins 1, à plus ou moins 5% ce qui compte c’est la tendance lourde, … on y va !

      Moi j’aimerai, mais je suis un niais, qu’on n’y aille plus du tout, ou alors en marche arrière, en freinant, en marchant, voir en se reposant, et en se tenant la main. Tu saisis ?

      1. @CloClo
        Le sujet du billet est la propagande.
        L’article cité en est une illustration.
        A partir d’une étude scientifique dont les résultats sont à prendre au très-très conditionnel, les médias en font une quasi affirmation.
        Après, il ne faut pas s’étonner qu’il y ait des sceptiques, justement à cause de ces procédés propagandistes. Pourquoi ne pas avoir titré: Il y a 5% de risque que la mer monte de plus de 2 m d’ici 2100. ? Parce que les lecteurs sont supposés être trop cons pour comprendre ou parce que c’est pas vendeur ?

        C’est pas avec ces méthodes qu’on va sauver la planète.

      2. Oui j’ai bien compris la première partie de ta démarche, mais tu confirmes malheureusement la suite aussi…

        On n’aura jamais de certitude absolue, en rien, et je pense que cela n’a aucune importance, tu prends tout par le menu, par le bout, par l’argument de la précision, en un mot tu pinailles, tu fais la fine bouche, alors que c’est le faisceau de preuves et de présomptions et d’intimes convictions qui en l’espèce l’emporte selon moi. Je m’en cogne que ça monte de 15 cm ou de 2 m, qu’il y ait encore 10 ou 100 ans devant, que là cela soit discutable ou cela ne le soit pas, et à l’infini, aucun intérêt dans notre situation.

        Mon point de vue, c’est qu’il y a urgence, dans le sens, toutes affaires cessantes, et on enfile pas des perles dans ce cas mon cher. Et pour tout te dire sur ta dernière phrase, oui clairement nous sommes bien tous trop cons, et moi même j’ai de l’avance sur beaucoup, et rassure toi tu n’es pas en retard non plus…

        L’énergie nucléaire par exemple, dans l’absolu, c’est un truc fantastique, et qu’un bipède pensant, comme l’Homme, qui est sorti de sa savane il y a quelques centaines de milliers d’années ait pu tirer de la matière même autant d’énergie, me fait dire que des conneries on peut les faire en grand façon apothéose dantesque, et on s’en fout de savoir si le seuil mortel et à tant de millisieverts ou à tel autre. Si la probabilité d’un accident gravissime ou pas et de tant ou tant. Ce truc pour faire tourner des turbines afin de produire de l’électricité est une énorme connerie. Autant de savoir accumulé pour … continuer d’accumuler des produits c’est d’une bêtise crasse.

        Bref, c’est pas la planète, monsieur le précis qui doit être sauvée, mais nous même, de nous même, et ainsi tout le vivant dans sa diversité.

      3. Pour aller plus loin, je n’ai aucune forme de tendresse pour les visions de Terra formation de Mars, une fumisterie de drogué, alors que la réalité, la vraie, la tangible, est que nous sommes entrain de « Marsa former » la Terre comme des gros nullos que nous sommes, incapables d’admettre qu’on est juste des pauvres types et qu’on a encore à apprendre pour l’entière durée de l’espèce !

        Moi je dis les nullos, ça se fait petit, ça arrête de chier partout en braillant, y a personne qui va nous sortir de l’impasse dans laquelle on est. Ca se prend en main le nullos, et ça regarde sa nullité en se disant que c’est bien le truc plus commun à tous, et qu’on devrait donc être plus prudent, attentionné, et respectueux du vivant et les uns envers les autres et là pour le coup moi ça m’attendrit. Je ne compte pas sur une prise de conscience générale ou particulière, je compte simplement sur des LOIS humaines qui prennent en compte les sciences dans tous leurs aspects. Vite !

  20. Bonjour à tous,

    Beaucoup plus que son texte, les différentes interventions de Cédric Chevalier dans le cours des commentaires, montrent à quel point il se sent, comme beaucoup d’autres ici, responsable de l’avenir commun.
    Sa formation, sa position sociale très probablement méritées lui permettent d’apprécier plus précisément que beaucoup, la nature dramatique et urgente des conséquences de notre vie actuelle sur nos chances même de survie dans l’avenir.
    L’absence de toute réaction forte de la « collectivité » pour revoir nos modes de vie, rends sa panique
    compréhensible à chacun, mais l’incrédulité demeure encore et toujours, comme si des preuves plus fortes encore étaient nécessaires.
    La raison de cette incrédulité ambiante vient seulement du découplage entre les discours techniques
    de nos Sachants (ceux qui ont la lumière, pour résumer) et les aspirations profondes des populations (ceux qui vivent dans l’ignorance, pour me mettre au bon niveau … ).
    Il faut reconnaître qu’avec un tel schématisme, il peut devenir tentant de mettre en place une
    « propagande éclairée »…
    Mais cette propagande existe déjà … Chacun en sent les effets dans tout les secteurs de nos existences, et malgré cela, aucune réaction collective autre que les gilets jaunes ( pouvoir d’achat, gas oil, retraite, exclusion, violence, défiance…).
    Ce qui empêche toute réaction d’ensemble, c’est seulement l’absence de concordance entre
    les aspirations profondes des peuples et les solutions développées pour remédier aux excès passés.
    Pour résumer, je dirais que plus rien aujourd’hui ne justifie au yeux de la plupart des hommes qu’il se serre encore la ceinture, puisque l’homme a été si mauvais pour sa planète!
    L’homme est devenu mauvais pour sa planète, il est temps de disparaître!
    Quelle incroyable leçon de catéchisme collectif!
    Cédric Chevalier s’affole? Et alors… Il sera bien assez tôt pour s’affoler quand la fin approchera!
    C’est une dépression collective qui nous vient, une descente aux enfers volontaire de l’espèce!
    Oui, mais attention, respectons la laïcité lors de la descente…
    Satan peut-être (pour lui on a des preuves d’existence), mais Dieu! Quelle rigolade!
    Alors voilà le problème…
    Pour l’aspect négatif, ça on sait causer…
    Pour le positif, l’idéalisme, la foi, la vérité, la vertu… J’entends : .Pff…Pauvre RINGARD!
    On se moque des religions Messieurs les hommes?
    Même pas foutus de croire en vous-seuls!
    Mais pourtant ce n’est pas le ridicule qui nous tuera!
    J’te vous en foutrai de la propagande éclairée moi!
    Fraternelle colère,
    Eric.

  21. @Pierre-Yves

    – « Comment concilier écologie et justice sociale ? » Honnêtement, rien qui ne soit déjà amplement étudié en théorie et en pratique par les économistes. Le gouvernement de Roosevelt avait interdit la production et la consommation de certains biens de luxe, imposé une taxe sur les profits « excessifs » des entreprises et un taux d’imposition marginal de 90% sur la dernière tranche de revenu, durant l’économie de guerre US 1941-45. Les économistes savent parfaitement bien comment amener le coefficient de Gini le plus près possible de zéro. C’est assez simple mathématiquement, il faut prendre l’argent de ceux qui en ont plus que la moyenne et le donner à ceux qui ont moins que la moyenne. Si tu ajoutes la contrainte écologique, tu plafonnes la consommation totale, ou les droits d’émission totaux, et tu les répartis uniformément entre tous. L’ancien ministre de l’environnement Yves Cochet a proposé récemment une « carte de rationnement » pour les émissions de CO2. Plus égalitaire que ça, tu meurs. La difficulté n’est pas technique, elle est politique : des factions démocratiques s’opposent activement à la redistribution (la droite pour faire simple).
    – « Qu’est-ce qui garantit que le pouvoir qui décide des mesures à prendre est effectivement éclairé non seulement dans le constat qu’il fait de la situation mais aussi dans l’application d’un programme ? » Rien. Les êtres humains sont collectivement les seuls responsables des résultats de l’action commune. Soit on a une démocratie directe avec des citoyens éclairés, soit une démocratie représentative où sont élus des représentants éclairés, soit une dictature avec un despote éclairé. L’éclairage doit se trouver là où se situe le pouvoir de décision, quel que soit le régime politique.
    – « Pour faire la nouvelle société écologique, il ne suffit pas d’appliquer un programme écologique, il faut une adhésion consentie pour que cette écologie soit humaniste. Or une propagande c’est une manipulation des affects, c’est très dangereux. Si on part d’emblée sur l’idée qu’il faut une propagande, c’est plutôt mal parti. » C’est bien parce qu’une adhésion consentie d’une grosse majorité de la population est nécessaire à la transition écologique et parce que cette adhésion massive n’existe pas aujourd’hui, que je parle de la nécessité de la « fabrication du consentement » par des moyens « actifs », et pas par la seule inertie de l’éducation nationale et des pérégrinations philosophiques libres des citoyens. Aujourd’hui, la propagande existe, c’est la publicité commerciale et la presse non-indépendante (ce qui est sensiblement la même chose). Cette propagande est un des mécanismes essentiels du système dominant, qui maintient la pensée qui le justifie (extractivisme, productivisme, consumérisme, matérialisme). En dynamique des systèmes, on ne peut modifier un système si on ne modifie pas au moins un des éléments de ce système. L’élément bloquant est selon moi la sphère des idées (la noosphère), monopolisée par la machine de propagande publicitaire. Je propose d’établir un dispositif de propagande éclairée (certains ont parlé de contre-propagande), pour écraser l’influence de la publicité et générer des nouveaux mèmes concurrents dans la noosphère (sobriété, vélo, isolation du logement, végétarisme, etc.), avec des moyens au moins équivalents voire supérieurs. Ca ne retire pas la liberté de penser, de s’exprimer, de s’associer et de voter, ça expose le corps électoral aux idées dont nous avons besoin pour la transition, qui ne sont pour le moment connues que d’une infime minorité. Mais soit Pierre-Yves, comment alors selon toi transforme-t-on les citoyens passifs d’aujourd’hui en citoyens qui exigent une politique de transition écologique ?
    – « Or aujourd’hui ,cette connaissance publique n’existe pas comme il faudrait. Il ne faut donc pas une propagande, mais simplement moins de privatisation de l’information. Moins de privatisation de l’information, et c’est déjà une grosse partie de la solution qui est trouvée. Une propagande suppose finalement que l’on demeure dans le cadre d’un système inchangé où il faut bombarder le quidam de messages sublidinaux pour qu’il daigne filer droit. Un comble, alors que l’on se propose de réaliser une mutation d’une ampleur inégalée, c’est à dire durable, qui devrait supposer une assentiment éclairé de tous. C’est l’assentiment de tous qui doit être éclairé, pas la propagande. Bref, on ne provoque pas une révolution civilisationnelle, anthropologique, à coups d’opérations de propagande. » Nous ne sommes pas si éloignés : comme les lois gravées dans le marbre, il est de la responsabilité de l’Etat de fournir aux citoyens une information impartiale et éclairée dans l’espoir de provoquer l’assentiment de tous au fonctionnement adéquat de l’Etat. La révolution civilisationnelle a lieu selon moi davantage à coup de propagation d’idées (j’utiliserai pour toi propagation d’idées désormais), que par d’autres canaux : Guthenberg, la Renaissance, les Lumières. Tout support informationnel est bon pour répandre les nouveaux mèmes viraux qui sont nécessaire au changement sociétal. On a besoin dans ces périodes d’excellents « propagateurs d’idées » (et non propagandistes si tu veux…).
    – Mais la question est et demeure liée à ce qu’on pense de l’état de minorité ou de majorité des citoyens, et de la proportion : la plupart des citoyens sont-ils mineurs ou majeurs au sens de Kant ? C’est-à-dire sont-ils capables de se fixer leurs propres lois, sont-ils autonomes (auto-nomos), ou bien sont-ils irresponsables ? Il est évident que des citoyens autonomes et responsables sont le plus souhaitable éthiquement. Mais si nous étions en présence d’une population principalement constituée de citoyens majeurs, elle aurait déjà élu un gouvernement qui aurait déjà initié la transition écologique massive il y a 40 ou 50 ans. L’idée de devoir influencer les affects des citoyens est un « second best choice » lié au fait que les citoyens, dans leur ensemble, collectivement, se sont montré jusqu’ici incapables d’élire des gouvernements qui faisaient ce qui était nécessaire, ils se sont montrés collectivement irréflexifs, aliénés et irresponsables. Et ce n’est pas tellement leur faute puisque l’école et la publicité, avec la bénédiction de l’Etat, les a fabriqués tels en masse. Un espoir est de faire appel à une majorité d’entre eux pas trop « décérébrés », pour éveiller en eux les affects susceptibles de les faire adhérer à un projet de transition écologique massive, via les informations scientifiques et politiques adéquates.
    – « Je suis très étonné que tu n’évoques pas les ressorts de l’action citoyenne, y compris de la désobéissance civile. » Je suis depuis 8 mois extrêmement actifs dans le mouvement belge pour le climat, dans la presse belge et dans les coulisses, et dans les marches. Mais on doit constater que seule une minorité de la population est entrée en « désobéissance civile », a participé aux marches et va voter en fonction de l’enjeu climatique. Dès lors, ça conforte mon opinion : pour avoir une désobéissance civile citoyenne de masse, il faut « fabriquer » volontairement une adhésion massive au sentiment d’urgence écologique (scientifiquement avéré) , par d’autres moyens plus psychologiques que les rapports du GIEC, c’est-à-dire jouer sur les affects et la sociologie de masse. Les groupes d’intellectuels et d’activistes à la base des révolutions algériennes et autres n’ont rien fait d’autre que de la propagation d’idées impactant les affects des masses, pour déclencher leurs révolutions…

    1. @ Cédric Chevalier
      qui disait:
       » Les groupes d’intellectuels et d’activistes à la base des révolutions algériennes et autres n’ont rien fait d’autre que de la propagation d’idées impactant les affects des masses, pour déclencher leurs révolutions… »

      Je ne vous le fais pas dire!
      Croire en un avenir humain,
      Défendre un idéal commun,
      C’est bon contre le laisser aller,
      Et même contre le suicide collectif…
      Encore faudrait-il que l’on ose prononcer les mots qui vont avec les belles intentions!
      Comme vertu, scrupules, devoir, amour, respect, exigence…
      Vous savez ces vocables que l’on a pudiquement remplacés
      Par développement durable, affects, traçabilité, principe de précaution…!
      Là encore, le même scientisme pudibond…
      Tout cela me fait penser à ces tristesses tardives
      De bien des malheureux, amers à force de solitude,
      Pour n’avoir jamais osé s’abandonner à dire « je t’aime »,
      Mais qui ont usé tous les synonymes,
      Uniquement pour éviter d’avoir à en rougir…
      Prononçons les mots justes ou taisons nous à jamais.
      Eric.

    2. Ne pas oublier le jeu, la méthode que tous les mammifères sociaux utilisent pour éduquer leurs enfants.
      Profiter de l’addiction des deux plus jeunes générations pour coder des « jeux vidéo » basés sur des variantes d’éthique, utiliser les plates-formes mobiles, promouvoir les interactions entre joueurs de pays différents etc..
      Je ne retrouve plus la référence, mais j’ai vu un reportage sur une « garage startup » californienne qui code ce type de jeux en y intégrant les mêmes connaissances en psychologie que les publicistes mais pour favoriser l’empathie et l’entraide.
      Toute une communauté de programmeur libre, habitué à coder leur monde virtuel et à le partager, constitue un vivier prêt à s’investir pour transformer notre société, avec une force de frappe bien réel. Il ne demande qu’à être nourri de toute cette science sociale élaboré le siècle passé et convaincu de l’ugence de la tâche.

      1. J’en perds un »r », tellement je veux aller vite.
        Autrement dit :
        – Démocratiser les simulateurs de société.
        – Embrigader les techniciens du réseau comme vecteur de vérités complémentaires et positives.
        Mais avant il serait fortement recommandé d’avoir un consensus minimum sur un nouveau récit fondateur.

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