49 réflexions sur « Où je vous révèle un secret »

  1. Bonjour !
    C’est peut-être parce que votre récit (ou « roman autobiographique ») est intime précisément. Ainsi les lecteurs invités à pénétrer dans votre intimité vous voient (ou vous lisent, ce qui accentue l’intimité) chacun comme s’ils étaient votre confident; ce qui suggère une grande confiance en eux de votre part (ce qui se passe sur votre blog). Ainsi du « professeur » ou « docte » ou « expert » (ou ma mère dirait « savant ») suscitant une certaine distance et du respect comme si vous étiez sur un piédestal, vous en devenez un ami. On écoute mieux un ami, il y a une grande proximité et une certaine connivence. Et on le croit plus volontiers. Mais je suis (presque) sûre que le psychanalyste que vous êtes le sait bien….

    1. Ah ah ah ! être un « jeune auteur » de « roman » (puisque un essai n’est pas considéré comme de la littérature) doit beaucoup vous plaire ! Un sacré bain de jouvence ! lol. Ca me plait. Déjà jeune papa était pas mal…

      1. D’ailleurs, même un auteur qui ne parle pas de lui* dans un ouvrage de fiction (* encore que, malgré lui oui d’une certaine façon), s’il décrit une scène d’amour par exemple en parlant avec « je » (c-à-dire qu’il semble être lui-même le héros) , cela donne un peu à la lectrice (voire le lecteur) le sentiment (subconscience) de faire l’amour avec lui, surtout s’il écrit avec style : d’où s’il est un homme, il aura plus de succès avec lectrices, et si c’est une auteure avec les hommes…

      2. PS: Ce pourquoi je n’ai pas encore lu votre roman/récit volontairement, je tiens à garder une distance ( j’espère toujours que vous acceptiez d’entendre mon idée, qui n’a rien d’intime). Je finis « Et Nietzsche a pleuré » de Irvin Yalom (un auteur psychanalyste), je vous le conseille si vous ne l’avez lu. Délicieux et il y a une certaine subtilité psychanalytique qui devrait vous plaire.

      3. A un certain diariste que je ne nommerai pas, un jour j’ai écrit « je voudrais mourir dans vos bras » (ce qui pour moi est un sacré compliment); donc n’étant pas pressée de mourir, je ne sais pas finalement si je vais lire votre livre, lol….

  2. « Le bonheur n’existe pas » : Si on le considère comme global ou un état d’esprit permanent (ce « bonheur béat » qui n’existe pas) je suis bien d’accord avec vous (sauf que je ne suis pas sûre qu’un ado soit heureux, trop dur la transition de enfant à adulte, trop de prises de conscience). Par contre même chez un adulte aguerri et ayant beaucoup souffert (surtout s’il a bcp souffert) le bonheur peut exister mais ce n’est pas UN bonheur (illusoire) mais DES bonheurs, petits mais savoureux. Ce sont les meilleurs. Ce sont eux qui même rares donnent la joie de vivre malgré âpreté de la vie et coups durs (et sans méthode Coué). Parce que la rareté se remarque plus que l’abondance ( laquelle abondance rend obèse de corps et d’esprit sans qu’on s’en aperçoive, elle devient banale ou pire, addictive)

    1. Je ne vois pas pourquoi le bonheur béat n’existerait pas. Au contraire il m’apparaît atteignable, bien que ce ne soit pas qu’une entreprise individuelle mais plutôt une entreprise collective.

      Pour le coup, je me sens bien plus spinoziste que psychanalysant.

      1. F68.10
        Collective oui mais pas que. Les moines et moinesses (qui remplacent les sœurs carmélites), les ermites, les lamas et les contemplatifs en général disent connaître le bonheur et dans ce cas ils parlent de béatitude. C’est un bonheur tranquille et apaisant, ce pourquoi nombreuses personnes, même athées, aiment « faire retraite » dans un monastère. Cela m’est arrivé très jeune dans un magnifique carmel (mais sans voir les carmélites sauf le temps des repas silencieux et plus devinées que vues derrière des barreaux) ; c’est exceptionnel cette impression de bonheur tranquille rythmé par des tâches routinières simples et des méditations (ou des prières pour les croyants). On se sent rassuré et protégé, pas seuls. Un ermite disait dans un reportage ne jamais autant ressentir la présence de Dieu permanente et, malgré sa solitude, ne se sentait pas seul. La force de l’esprit est considérable. Et pour moi c’est un souvenir inoubliable (pourtant spontanément je n’y ai pas pensé). C’est à conseiller à tous ceux qui perdent pied, au moins une semaine.; c’est plus efficace que les anti dépresseurs. N’importe qui peut y aller. On se réconcilie avec soi-même.
        Un ami alpiniste de haute montagne m’a dit ressentir la même chose et ce bonheur béat lorsqu’il était seul ou avec un ami dans ces altitudes. Il se ressourçait et y puisait ses forces pour ensuite retrouver sa profession de publicitaire (plutôt stressante).
        C’est donc vrai, le bonheur béat existe, vous me le rappelez. Faudra que je lise Spinoza sans me contenter d’extraits.

      2. @F68.10

        Medellín, le 8 juin 2019

        Pourtant: où se trouve la contradiction? Je me réfère aux mots écrits par Freud dans le livre des visiteurs (des mots d’admiration et de modestie) lorsqu’il rendait une visite à la toute petite maisonnette du réfugié Bento de Spinoza à Rijnsburg, demi-route entre Amsterdam, d’où l’on avait éxpulsé, et la Haye, là où il est mort finalement.

        https://www.spinozahuis.nl/fr/la-maison-de-spinoza-a-rijnsburg/

        https://www.imgrumweb.com/post/BwrFTbgpUBE

      3. Et écrit sur le mur de la maisonnette à Rijnsburg, les mots suivants de Bento de Spinoza même:

        ¨Ach! Waren alle menschen wijs,
        En wilden daarbij wel!
        De Aard waar haar een Paradijs
        Nu isse meest een hel.¨

        Si seulement toutes les gens seraient sages,
        Et voudraient-elles seulement ce qui est bon!
        Alors la Terre leur serait un Paradis
        Mais aujourd’hui, c’est plutôt l’enfer, ou non?

        (traduit librement du néerlandais, difficil, du 17-ème siècle).

        A voir la photo de la brique de parement: https://www.spinozahuis.nl/spinoza-museum-rijnsburg/

      4. Et pour les passionnés et les spécialistes : Freud a écrit qu’il éprouvait « un respect timide » pour Spinoza.

        (en allemand: ¨einen scheuen Respekt¨)…….

      5. @Johan Leestemaker: pour une discussion de points communs et de contradictions entre Freud et Spinoza, lire le lien suivant.

        http://www.spinozaetnous.org/forum/viewtopic.php?t=629

        On peut effectivement parler de la paix des monastères (bien que je n’y mettrais jamais un pied) mais il ne faut pas oublier que les monastères restent tout de même des lieux d’accomplissement collectif. Je vais arrêter là…

      6. @ F68.10

        Bien étonné.e.s de se retrouver ensemble?

        L’amour c’est du travail (dur et permanent).

        ¨Sed, omnia praeclara tam difficilia quam rara sunt.¨

        (Source: ¨Ethica¨, B. de Espinosa, Amsterdam/La Haye, version 1675, texte propre de Spinoza, retrouvé au … Vatican en 2011, re: https://www.nrc.nl/nieuws/2011/05/26/onbekend-handschrift-van-spinozas-ethica-gevonden-a1456811)

        Mais, tout ce qui est excellent, est aussi difficil que rare. 😉 (même d’écrire ‘est’ au lieu de ‘et’)

      7. Johan Leestemaker
        « (…) Et voudraient-elles seulement ce qui est bon! » :
        Je suis bien d’accord. L’enfer (d’aujourd’hui, de trop plein d’abondance insipide) n’est-ce pas ne plus savoir distinguer ce qui est bon ? Distinguer les saveurs dans trop de nourritures insipides et ne plus pouvoir s’en rassasier, distinguer le plaisir dans trop de satisfactions éphémères ne laissant plus de place au désir ?
        Et je vous donne raison : « l’excellence », c’est rare. Mais hélas pas assez à la portée de très nombreux (je ne parle pas de riches ou de pauvres, je parle de quiconque dans notre monde occidental de surconsommation)

  3. Cher érudit de la lucidité et du bonheur d’exister,
    Votre petit message de ce matin ruisselle d’une espérance qui fera plaisir à toutes et à tous.
    Sur ma table de chevet parmi la montagne de livres, « Mes vacances à Morro Bay » revient de passer
    en première place dès que « Diaspora » de Greg Egan aura terminé son enchantement.
    Merci d’écrire Paul, c’est la clef des bonnes heures de vivre.
    Amitiés des mots, d’émotion.
    JMP

  4. Medellín, le 8 juin 2019

    Dédié à Paul Jorion:

    https://www.youtube.com/watch?v=oF-8cJ9GeGs&fbclid=IwAR1vIj5aXOg3dNzeItx-QkHVD5kQf8Og4qUkiJdQ9vmkAdR-YjoPITXfQ-U

    https://asomecosafro.com.co/el-milagro-de-teresita-gomez-la-pianista-mayor-de-colombia/?fbclid=IwAR0vJvLlFLVVOTwBnj16omtAteXKwq3M2FwaM9m2xQOLtDc26Aa3OelakiE

    LE MIRACLE DE TERESITA GOMEZ, LA PLUS GRANDE PIANISTE DE COLOMBIE

    Abandonnée à l’âge de 8 mois, elle a été secourue par un portier du Teatro Bellas Artes Medellín. Noire, pauvre et rebelle, torturée sous le gouvernement Turbay, elle trouve sa force dans la musique.

    Auteur : Iván Gallo | 07 avril 2019

    C’était en 1980 et la loi de sécurité du [président] Julio César Turbay de l’époque avait déclenché la chasse aux sorcières. Tous les rebelles étaient soupçonnés de subversion. Teresita Gómez serait condamnée à quarante ans de prison. Ils l’ont accusée, sans preuve, d’avoir participé à un vol de la Caja Agraria, d’être entrée à Medellín avec une combinaison du M-19 à Telecom. Elle a été interrogée 18 fois avec leurs tortures respectives et ils n’ont pas eu un mot d’elle parce qu’elle n’avait rien à dire : son seul péché avait été d’assister à un échange culturel à Cuba où elle a joué avec Pablo Milanés. Dans l’hystérie anticommuniste du moment, c’était un péché mortel. Elle a été sauvée par son amie, l’avocate Luisa Henao. Elle n’a duré que 20 jours dans cette cellule misérable de la quatrième brigade, l’endroit où tout le monde a cédé.

    En 1982, l’horreur a pris fin. Belisario, le dernier des présidents colombiens à s’intéresser vraiment à la culture, a voulu la venger en lui offrant le poste d’attaché culturel dans l’Allemagne communiste. Elle y est arrivée avec ses trois fils, Adriana, Mirabay et Vladimir, noirs comme elle. Quand l’ambassadeur l’a reçue, il l’a saluée en la regardant avec arrogance, de haut en bas, comme si elle était une servante. Elle connaissait ce regard, elle l’avait vu depuis le début des années cinquante quand les carmélites lui ont refusé l’entrée à l’école parce qu’elle était noire. « La niña no es ninguna negra, raconte Teresa à Valerio, l’un des portiers de Bellas Artes de Medellín qui l’a trouvée allongée devant la porte du théâtre à l’âge de huit jours, ce qui s’est passé c’est que la fille a pris une bouteille d’encre et c’est pourquoi elle est restée ainsi.

    L’ambassadrice lui a demandé, avec insolence, si elle savait lire et écrire, « Oui, monsieur, » dit-elle en mordant, « j’ai même une jolie écriture. En Allemagne de l’Est, il n’a pas été découragé. Au contraire, il est devenu grand. Il s’est rendu à Paris et, contrevenant à sa charge, il a joué dans un cabaret. Ses enfants l’ont applaudi et l’ont même aidé à ramasser de l’argent. Si l’ambassadeur l’avait su, elle aurait été renvoyée immédiatement. Quelqu’un l’a écoutée et a commencé à tourner en Europe : Budapest, La Havane, Caracas, Rio, La Haye, Vienne. Tous les goûts les plus exigeants et dans tous les théâtres, il leur a fait réchauffer les mains en pointant des applaudissements. De ces années est son album le plus célèbre, Teresa Gómez a Colombia, le concert qu’il a donné en 1983 à la Casa de Nariño.

    Gonzalo Arango, le prophète du néant, fut peut-être le premier à réaliser que l’audace allait être un génie. La dernière fois qu’il l’a vu, c’était à Popayán. Il l’a serrée dans ses bras et ils sont allés se promener ensemble. Le poète est parti avec une canne et lui a demandé de chanter pour lui. Elle est repartie avec une chanson de Nino Bravo à la mode. Il chantait si bien que ça l’a fait pleurer. La dernière chose qu’elle lui a dit, c’était de prendre soin de lui.

    Prendre soin de soi est ce que Teresita Gómez a toujours fait. Prenez soin de la Medellín médiévale des années soixante qui lui criait dessus dans les rues, puta, marihuanera, pour s’amuser avec ces nadaístas minables, pieds nus et dégénérés. Méfiez-vous des douleurs précoces comme la mort prématurée de son père quand elle était jeune fille. C’est Don Valerio qui a joué le rôle qui a permis à sa fille adoptive de libérer le piano à queue des Beaux-Arts. À l’âge de trois ans, les mains de la fillette étaient tendues. A quinze ans, elle n’était plus catholique. A quinze ans, après que les religieuses ne l’aient pas laissée entrer dans l’école parce qu’elle était noire. A quinze ans, elle savait déjà qu’à l’extérieur, il y avait des femmes qui gagnaient leur vie en couchant avec des hommes – donner du sexe à ceux qui avaient faim devrait être un commandement – on les appelait des putes et son père l’emmenait pour leur donner des médicaments. Son père lui a appris à ne pas juger mais à comprendre l’autre.

    Ce dont Teresita Gómez n’a jamais pu s’occuper, c’est la mort de son fils Vladimir en 1995, qui est mort dans des circonstances extrêmes. Teresita a dû se résigner à la raison qui lui avait été donnée pour sa mort : « il est mort dans des faits confus ». Teresita a duré des mois avec la tentation de mourir. Une blessure à la main l’éloignait du piano, son instrument pour exorciser les démons. La seule chose qui apaisait sa douleur était la méditation. Maintenant, la seule chose qui lui manque, c’est de contrôler son corps, c’est d’arrêter les battements de son cœur.

    À 75 ans, elle est toujours une enseignante écrasante, une musicienne disciplinée et une personne qui aime la vie déjà protégée des tempêtes. Maintenant, elle prépare un nouvel album, peut-être son meilleur. Teresita est calme. Elle sait depuis un certain temps qu’elle ne mourra jamais.

    https://www.las2orillas.co/

  5. Ce n’est pas tant que le Bonheur n’existe pas, c’est que nous ne le cherchons pas où il se trouve.
    Dans le monde des  »adultes » la prise de conscience de la vanité de sa quête est un gage de maturité et de raison.
    Le Bonheur est là où nous sommes libres. Nous passons notre vie à corriger nos aspirations et à contenir notre être profond pour tenir compte des autres, de leurs regards, de leurs désirs, de leurs douleurs, de leurs jugements, de la concurrence qu’ils nous imposent. Nous nous laissons emmêler dans un réseau de dépendances affectives et sociales qui nous causent bien des souffrances et nous éloignent de nous. Il faut se libérer. Tout notre effort pour être libre consiste à rompre les liens imposés par les autres. Une fois libérés, nous devenons capable de les aimer pour ce qu’ils sont. Avec ce que nous avons.
    Devenir ce que nous sommes sans nous occuper de ce que les autres pensent de nous et à la place qu’ils nous attribuent. Devenir ce que nous sommes et trouver notre véritable place – modeste – parmi les autres. Celle qui nous rendra heureux.

    1. Peska, sage discours, mais loin de la réalité, plus simple mais compliquée à accepter. Lisez mon commentaire de ce jour, c’ est peut être édifiant, à vous de voir.

    2. Votre raisonnement est plutôt bouddhiste me semble-t-il.
      Quand on parle d’amour on parle de sentiment; mais peut-être devrait-on parler d’émotion. Les bouddhistes se méfient des émotions sources de souffrances :
      « Étymologiquement, l’émotion est ce qui met l’esprit en mouvement (emovere en latin). Donc, à moins d’avoir un encéphalogramme plat, tout être vivant en a ! » : Matthieu Ricard

      « Le Bouddha, rappelons-le, met le doigt sur les facteurs qui génèrent cette « souffrance » ; il témoigne ensuite, à partir de son propre parcours, qu’une guérison est possible ; il propose enfin et surtout la « Voie du milieu », une thérapie graduée et méthodique permettant de réduire progressivement ce mal-être, jusqu’à sa complète « extinction » (nirvâna) » , source :
      https://www.la-croix.com/Urbi-et-Orbi/Archives/Documentation-catholique-n-2472/L-eclairage-du-bouddhisme.-Du-bon-usage-des-emotions-et-des-passions-2013-04-09-933326

      Est-ce là la clé du bonheur ?

      Je pense qu’il faut faire un distingo entre émotions et sentiments : je crois que les sentiments se pensent, se modulent, se tempèrent, sont une forme de conscience; alors que les émotions nous envahissent malgré soi, ce qui les rend souvent incontrôlables. Le sentiment pourrait-il être une forme « contrôlée » de l’émotion ?

  6. Art, beauté et bonheur.
    Jamais vu ça en sciences économiques, en politique des points cardinaux à défaut du bien-être humain, en science dur et même en science molle.

    Paul, il faut prévoir un addendum à votre programme politique. On ne change pas le « commun » sans le pouvoir de la bannane !

  7. je ne suis pas tenté de lire votre roman intime, car je suis en résistance contre votre narcissisme. (Comme de dire publiquement que « quelque chose se passe » parce que 300 personnes sont dans une salle). Tout en vous écoutant et vos commentateurs aussi. Continuez le blog.
    Ensuite je ne pense pas que le dilemme est que nous serons ou sauvés et heureux ou perdus et (?). Je pense que nous allons vivre dans des sociétés délitées, en guerre civile, et que les petits bonheurs ne seront pas exempts de haine, justifiée parfois, parfois pas. Alors que justement nous vivons aussi une transition qui remet en cause la société injuste et mortifère d’aujourd’hui et lui esquisse une alternative plus heureuse, le délitement va prendre le dessus.
    L’IA, le transhumanisme sont des leurres. Surmonter le délitement et offrir un combat utile et cohérent est important. Mais ce sera un combat, la guerre est déjà entamée et presque perdue.

    1. @Chabian

      Votre résistance est bien persistante et du charactère répétitif.

      Déjà en mai 2017, vous nous informiez d’en souffrir, bien entendu, sous la forme d’une ‘auto-critique’, projectée à nous, vos lectrices et vos lecteurs.
      (re: DEUX PETITES LEÇONS À TIRER + UNE AUTOCRITIQUE, PAR GILBERT CHABIAN, 9 mai 2017, BLOG Paul Jorion).

      Alors, appliquons une petite thérapie paradoxale: préparez-vous bien, n’ayez pas peur et veuillez attacher vos ceintures!

      De quoi vous vous plaignez alors?
      Puisque: Ca va très, très bien en France!
      Finalement, finalement, on se reveille, et finalement la majorité va bouger un petit peu plus!

      (Je connais pas mal des ami.e.s francais.es qui en ont marre de la faitnéantisme en France, et qui ne veulent jamais, mais vraiment jamais rentrer en France. Oui oui, une minorité, je vous écoute.)

      Veuillez bien lire et surtour ENTENDRE les textes suivants:

      https://www.government.se/press-releases/2019/06/next-phase-in-innovation-partnership-between-sweden-and-france-now-begins/
      et
      https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/06/07/declaration-avec-stefan-lofven-premier-ministre-de-suede

      La seule chose que je ne comprends pas du tout, c’est le silence de Löfven et Macron sur le beau travail de Alsthom, qui, comme s’est bizarre… , se manifeste surtout en Allemagne…
      https://www.youtube.com/watch?v=ENhksl7iScQ

      Et dans la même ligne d’analyse: les résultats éblouissants au Corse de Cogéma/Areva:
      https://www.gasworld.com/exclusive-plan-hydrogene-the-next-step-forward-for-france/2015219.article

      Alors, estimé G. Chabian: vous pouvez nous expliquer le pourquoi, la cause de votre ‘résistance’ contre des succès tellement clairs et abondants en France, et au monde?

      Où se trouve votre ¨guerre¨, votre ¨combat¨?

      Vous avez vécu dans une cave à partir de juin 1944?

      Vous savez déjà que la ¨guerre¨, c’est finie en Europe? Pour TOUJOURS?

    2. @ Chabian

      Vous savez, le cynisme, l’esprit blasé, ce n’est pas une nouveauté. Mais peut-être que vous n’essayez pas de nous le vendre comme une nouveauté, mais comme la sagesse qui vient du fond des temps. Dieu sait.

      Quand je dis qu’il se passe des choses quand il y a 300 personnes dans une salle, ce n’est pas parce que j’ignore qu’il y a des milliers de personnes dans les stades de foot, c’est parce qu’on en attendait la moitié. Et parce que je fais beaucoup de conférences (vous n’êtes pas obligé d’être au courant) et que l’expérience se répète maintenant de semaine en semaine, qu’il y ait deux fois plus de gens que ce qu’on attendait. Et parce que dans une salle comme celle de Malmédy, du fait de sa disposition en gradins et du fait de l’éclairage, je peux voir que pendant 2 heures et demie, il n’y a pas une seule personne qui consulte son smartphone. Tout le monde écoute. Et au moment des questions, la preuve est apportée que tout le monde a écouté.

      Quant à votre usage du mot « narcissisme », il ne sert qu’à une seule chose : à tenter de faire me sentir mal parce que je suis content de voir que les gens reprennent confiance en eux-mêmes, qu’ils sortent de ce cynisme où vous vous complaisez.

      Vous prenez la peine de venir ici me dire que je ne devrais pas être content de voir que les gens sortent de leur morosité, que je ne devrais pas être content d’avoir écrit un livre qui illumine le visage de ses lecteurs d’un sourire confiant, et que mon livre, vous n’allez pas le lire. Na !

      Eh bien je vais vous dire un truc – et les lecteurs de mon blog seront surpris de me voir aussi violent : ce n’est pas dans mes habitudes – mon livre, cher Monsieur, je crains que vous ne méritiez pas de le lire.

      1. Ah oui là c’est un peu trop violent, ça pourrait heurter la sensibilité des lecteurs !

        Je me dois d’avouer que tous autant que nous sommes, bien souvent nous pensons que la « lumière » des uns ombrage la « lumière » des autres, ce qui est à proprement parler une stupidité physique et humaine flagrante. Chaque sourire gagné est une victoire qui s’accumule ce et y compris en phase d’effondrement. Car s’effondrer avec panache c’est aussi et surtout garder le sourire !

      2. J’ai dit que je n’étais pas tenté et j’ai dit pourquoi. Je réagissais d’ailleurs à des commentaires inverses. Une autre fois, il y a quelques mois, j’ai dit que vous en parliez différemment, peut être plus sincèrement.
        Un lecteur peut-il, doit-il mériter un travail d’écriture ? N’est-ce pas l’inverse ? Votre travail mérite des lecteurs, vous le savez, et j’en suis, souvent.
        Je suis étonné que vous me voyez comme cynique ou blasé. Je suis seulement pessimiste et critique, tout en restant militant actif. J’ai voulu réagir à votre affirmation que nous pourrions aussi bien être sauvés et heureux. Mais je conçois qu’on puisse demander à vivre dans l’optimisme, et c’est le cas de la majorité.
        Merci pour ces précisions sur la qualité d’audition à Malmedy. D’un côté, il y a un nouvel engagement, je ne le nie pas ; mais d’un autre, il y a un repli sur « soi » ou « nous », important et aveugle, risque d’un basculement.

  8. Bonsoir,
    Je sais grée à Paul Jorion d’humaniser cette terre, je vous suis, monsieur, depuis 2008, n’étant point bien né ou intellectuel par mes diplômes ou profession, je ne suis qu’un lecteur & cela me sied tout à fait.
    Si je pouvais apporter une modeste contribution à votre cercle de pensée, croyez moi je me lancerai comme un caillou dans la mare, simplement je pense que les bonnes intentions et les forces d’esprits ne manquent pas sur ce blog, mais je me permets juste de signaler, à l’aune de mes fréquentations, que toute la bienveillance du monde, toute la rationalité la plus éclairée, tout le désintérêt que l’on puisse porter sur son propre sort, des âmes à convertir et du plus grand nombre nous parlons là….sans la spectacularisation d’un sacrificiel nous ne déboiterons aucune conscience.
    Vous entretenez un cercle de fidèles, le format d’impression qui veut cela, qui s’entretiennent à leur tour dans la reconnaissance de leur propre sagacité, tout cela est normal, mais dans un esprit de feu prométhéen, je crains le feu de paille.
    Je continuerai à vous suivre jusqu’à votre extinction, et si je me permets cette critique, c’est que vous êtes ma seule lumière…

  9. Discours d’ intellectuel, l’ Homme n’ a aucune action sur l’ obtention d’ un bonheur qui est délivré éventuellement comme autant une information qu’ une récompense par le limbique du cerveau de l’ humain que nous croyons être si notre pensée et l’ action supposée de notre part en découlant sont en phase avec ce que souhaiterait le limbique de ce cerveau qui n’ est pas le nôtre mais celui de cet humain que nous croyons dur comme fer être. L’ Homme pense mais ne crée aucunement ce qu’ il peut ressentir. Pour pouvoir avoir une action sur l’ obtention de ce bonheur tout à fait atteignable, encore faudrait il savoir d’ où il viendrait, et aussi qu’ est ce que souhaiterait ce limbique du cerveau, mais surtout savoir que l’ autre l’ autre entité du cerveau empêche une bonne partie de ces souhaits de se réaliser de par son action dont une partie consiste à nous manipuler. Je vous l’ explique.
    l’ Homme est ce qu’ il est, très fort pour penser, et très nul pour agir, et même avec la meilleure volonté possible, même bonne sur la forme, exemple les chrétiens, pour la bonne raison qu’ il n’ est que la conscience de l’ humain qu’ il croit être, et que c’ est la lutte présente à l’ intérieur du cerveau de cet humain qui conditionne des actions qu’ il croit, tout fier de lui, être de son fait. « Son » cerveau dysfonctionne, c’ est ce qui fait qu’ il ait à penser, et à d’ abord comprendre la chose pour que cette pensée ne soit pas inutile, voire contre-productive, ce qu’ elle est actuellement pour ce qui concerne l’ environnement. Il faut savoir que le cerveau humain est composé de deux entités initiales, auxquelles est greffée une fonction de pensée relativement indépendante par rapport à ces deux entités, du fait que l’ ensemble des deux entités dysfonctionne, et que cette fonction pensante, nous, soit là pour pallier les conséquences néfastes du dysfonctionnement, ce que, non seulement, elle ne fait pas, mais qu’ elle aggrave.
    Chaque entité prise indépendamment fonctionne parfaitement, mais du fait d’ une totale impossibilité de communication entre les deux, l’ ensemble dysfonctionne. La première entité, appelée le limbique, gère tout ce qui est personnel, dont le corps, et absolument toutes ses fonctions sont immuables et extrêmement rapides d’ exécution, ces deux choses en antagonisme avec les fonctions de la deuxième entité, qui sont toutes modifiables et lentes d’ exécution, et qui concernent tout ce qui est extérieur à l’ humain, et donc l’ adaptation à cet extérieur. C’ est cet antagonisme qui fait qu’ il y ait deux et non pas une seule entité dans le cerveau. Chacune des deux fonctionnant parfaitement, prises indépendamment, on peut comprendre que seul ce qui concerne les deux entités à la fois puisse dysfonctionner, du fait du manque total de communication entre les deux entités, principalement le rapport à l’ autre, que cet autre puisse être un autre humain, un autre animal, ou un végétal, c’ est à dire tout autre être vivant, et c’ est ce que peut constater toute personne intelligente et observatrice, que ça n’ est que ce qui concerne l’ autre, quel qu’ il soit, dont l’ environnement vivant, qui foire.
    Et l’ Amour, celui avec un grand A, en fait partie, ça concerne le personnel, et aussi l’ extérieur en la personne Aimée. C’ est le limbique du cerveau qui génère et gère cet Amour qui existe dès que les deux conditions nécessaires soient entre deux personnes. Sauf que si l’ autre entité pense cet Amour être potentiellement dangereux, elle va tout simplement et dramatiquement l’ interdire à la conscience, en l’ empêchant de le voir et en l’ en détournant, sans que cette conscience, nous, se rende compte de quoi que ce soit, je précise que cette deuxième entité ne connais rien à l’ Amour qui ne fait pas partie des fonctions qui lui sont allouées, et qu’ elle ne peut plus communiquer avec le limbique qui ne peut donc plus lui dire de ne pas faire cette connerie. Pour ceux qui s’ intéressent à la neurologie, il y a plus de dix ans, le célèbre neurologue David Servan-Screiber a été le seul à dire que le « cognitif », la deuxième entité, ne connaissait rien à l’ Amour contrairement au limbique, ce que je pensais déjà alors, mais il n’ a pas pu développer, il est mort d’ un cancer depuis, cancer qui d’ après moi n’ est qu’ un message du limbique, par le biais du corps, et qui ne devient une maladie que si ce message n’ est pas lu et qu’ il n’ est pas tenu compte se son contenu.
    Pour en revenir à l’ Amour, c’ est ma découverte, il y a plus de quinze ans, de la première condition qui fasse que de l’ Amour entre deux personnes soit, qui m’ a permis de connaître en cherchant, même si moins parfaitement que la première, la deuxième condition, et vous comprendrez que la connaissance des deux me donnent des possibilités de raisonnement dont ne disposent pas les plus grands savants, même si au départ je ne connaissais rien à la neurologie, ne sachant même pas ce qu’ était le limbique, mais ça s’ est amélioré depuis, j’ ai eu le temps.
    J’ ai pu découvrir que le fameux complexe d’ Oedipe n’ est que la présence d’ Amour entre une personne et son parent de sexe opposé, ce qui concerne statistiquement une personne sur seize, dont, et c’ est le plus comique, même si assez logique, deux des propres soeurs de Sigmund Freud, celui qui a beaucoup écrit sur la question pour n’ en dire que des âneries. D’ ailleurs ce même Sigmund aimait d’ Amour une troisième de ses soeurs, ce qu’ il n’ a jamais compris, et la chose concerne elle aussi une fois sur seize tous les frères et soeurs. L’ inceste n’ est jamais la manifestation du fameux complexe d’ Oedipe, mais par contre la manifestation indirecte, le transfert si vous voulez, du fait qu’ il soit chez d’ autres personnes.
    L’ Amour est donc totalement inconscient, puisque l’ action du limbique, et n’ a qu’ un seul principe qui fait que toute personne qui aime d’ Amour fait tout, inconsciemment bien sûr, pour faire plaisir, plaire en d’ autres termes, à la personne Aimée qui fait la même chose de son côté.
    L’ Amour, du fait de la première condition, est en deux parties, une disons sentimentale, et une autre, disons physique. En Amour complet les deux parties sont présentes chez chacune des deux personnes. Peut donc exister, c’ est même assez répandu, le demi Amour, mais dans ce cas jamais la même partie chez les deux personnes concernées, toujours la partie sentimentale chez l’ un et la partie physique chez l’ autre, le plus souvent de nos jours le sentimental chez la femme et le physique chez l’ homme, mais c’ était l’ inverse il y a un bon siècle.
    L’ Amour complet n’ est plus présent que chez 0,3% des couples, contre encore 5% il y a un bon siècle, et ça diminue sans cesse, et de plus en plus vite. C’ est très grave, bien plus encore que les problèmes environnementaux, l’ Amour ayant aussi d’ autres fonctions nécessaires au maintien de la vie humaine. Par exemple, ça indique à deux personnes, mais pas de la même famille, qu’ elles sont compatibles pour la reproduction, et que sans, l’ avenir sera peuplé d’ imbéciles simples d’ esprit.
    La deuxième condition fait que, présente, cela génère de l’ attirance, qui n’ est de l’ Amour, statistiquement parlant, qu’ une fois sur seize, quand est présente la première condition, alors quinze fois sur seize, toujours statistiquement, ça n’ est que de l’ attirance, mais dans les faits c’ est bien plus, du fait du « cognitif » qui interdit à beaucoup de voir ou vivre cet Amour même si il est bien présent.
    Pratiquement tout ce qui nous arrive est message indirect du limbique à notre endroit, et toute personne que nous rencontrons peut être le vecteur à l’ origine d’ un message si elle peut potentiellement suggérer un transfert possible avec une autre personne concernant un problème passé qui a occasionné une conséquence néfaste toujours en action. D’ où la relative tranquillité des ermites qui ne rencontrent pas grand monde.
    L’ humanité est mal partie, surtout si je ne suis pas entendu, j’ ai du mal à trouver une preuve irréfutable de ce que je dit, même si c’ est assez vérifiable, quoique difficilement acceptable, comme accepter de n’ être qu’ une sorte de conscience et pas l’ humain tout entier, ce que tout Homme croit être.
    Je peux vous donnez toute explication supplémentaire, pour une meilleure compréhension de mon propos.
    Soit vous avez le moyen de contredire rationnellement ce que je dis, pourquoi pas, et je vous attends, soit vous acceptez, cette fois, de vous faire une idée assez précise quant à ce que je raconte, en acceptant la proposition à laquelle vous n’ avez pas répondu une première fois.
    Un intellectuel se reconnait à son manque d’ ouverture due à sa certitude d’ avoir raison, certitude qu’ il privilégie plus que la défense de ce que suppose ses idées. Nous visons la même chose, il ne faudrait pas que vous l’ oubliiez.

    1. J’aimerais beaucoup pouvoir vous contredire, mais comme chacun vérifiera aisément que ce que vous dites est quasi identique à ce que je dis moi-même (cf. en particulier Défense et illustration du genre humain), je n’abuserai pas davantage du temps des lecteurs.

      1. Effectivement, au vu de l’ article en question, concernant la conscience, je n’ apporte rien qui ne soit pas connu, encore que, peut être, concernant sa raison d’ être. Par contre sur le fonctionnement du cerveau lui-même, je pense que si, surtout que beaucoup pensent que l’ humain soit le roi de l’ adaptation, alors que pour moi c’ est ce qui pèche. De plus je n’ ai pas connaissance de quelqu’ un qui y connaitrait quoique ce soit sur l’ Amour lui-même, qui est toujours à ce jour un mystère bien épais. Je ne suis ni un chercheur ni un savant, et je ne me suis rencardé que sur ce qui pouvait avoir un intérêt, même indirect, qui pouvait soit confirmer ou infirmer mes possibles découvertes. De toute façon, le capitalisme est un message qui ne disparaitra pas, sauf à corriger ce qui ne va pas, sur l’ environnement, ce qui est certes le plus facile à faire, encore que loin d’ être simple, mais aussi, et surtout sur l’ Amour, et là ce que je sais est très loin de suffire, le « cognitif » n’ est pas un interlocuteur à qui on peut parler et ce n’ est qu’ un programme impossible à réécrire, et je n’ ai qu’ une hypothèse de solution que je n’ ai pas pu encore essayer. De plus l’ Amour qui serait de nouveau disponible et accessible, est la seule chose qui puisse motiver un changement radical de pensée chez la plupart des humain, tout le reste n’ apportera rien. Le manque maladif de pognon des riches est une drogue, comme l’ est le manque lié à tous les besoins inutiles que cherchent à combler les non riches en achetant ce que vendent les riches, ces manques étant le transfert du manque général d’ Amour, et cet ensemble est un cercle vicieux au possible et solidement en place. Si le limbique est supérieurement intelligent, à un niveau difficilement imaginable, il ne peut nous « parler' » que de façon indirecte, et sans savoir de quoi il parle bonjour pour décrypter.

      1. Que ça, pardon mais c’ est énorme, et d’ une importance capitale, et si je suis triste c’ est que ça ne suffise pas du tout d’ en avoir percé le mystère, ça ne fait pas qu’ il puisse refonctionner comme sur le plan, ça fait quand même douze ans que je cherche le moyen sans l’ avoir trouvé encore, pas de quoi avoir de l’ égo surdimensionné. De toute façon l’ égo n’ est qu’ une information du limbique qui cherche à nous remettre, de cette façon, à notre place, un système de pensée pas très malin, et mon seul mérite est de par une forte motivation d’avoir cherché là où je pensais ne rien trouver, pas de quoi faire le cake.

    2. @Patrice Delestre
      « L’ humanité est mal partie, surtout si je ne suis pas entendu »
      Rien que ça ?
      Et sur l’Ego, vous avez une théorie aussi ?

      1. Arkao
        Ah ah ah ! Pour mettre un bémol, je pense que l’ « égo surdimensionné » peut être un moyen de défense vis à vis d’une trop lourde frustration…

    3. Patrice Delestre
      Merci beaucoup pour votre exposé, très intéressant. Je vous remercie parce que vous venez de me faire comprendre plusieurs choses qui me concernent directement et pour lesquelles je m’étais fait une opinion « échappatoire », pour rendre supportables certaines conséquences de ma vie, ou m’en persuader. Encore merci, je pense que je serai plus indulgente avec moi-même. Auriez vous un ouvrage (pour non initiée) à me conseiller ?
      Par contre, quant à :
      « toujours la partie sentimentale chez l’ un et la partie physique chez l’ autre, le plus souvent de nos jours le sentimental chez la femme et le physique chez l’ homme »:
      je suis moins d’accord avec vous dans cette affirmation, je trouve au contraire qu’il y a de plus de jeunes, génération trentenaire, pour qui c’est l’inverse (j’ai droit à plusieurs confidences). Je trouve qu’il y a de plus en plus de jeunes hommes sentimentaux et de jeunes femmes qui assument et distinguent mieux leur sexualité et exigeantes avec leurs propres sentiments (peur d’aimer ? Ou refus de perdre le contrôle ?). Point de vue d’observatrice profane en la matière.

      Quant à l’ouvrage de Paul Jorion « Défense et illustration du genre humain » je ne l’ai pas lu. Je le lirai.

      1. Jac, les commentaires que tu me fais me montrent que tu n’ as pas bien compris. Ce qu’ on pense, où la façon de se comporter n’ a rien à voir avec l’ Amour qui est absolument inconscient. Par exemple on peut très bien être très sentimental et moins physique quant à ce qu’ on pense de ses sentiments, où quant à sa façon de se comporter, et être attiré par une personne pour qui on n’ a que la moitié physique de l’ Amour et vivre une relation avec cette personne, ça n’ a pas de relation. Je te rappelle que « toujours la partie sentimentale chez l’ un et la partie physique chez l’ autre, le plus souvent de nos jours le sentimental chez la femme et le physique chez l’ homme » ne concerne que les couples chez qui il n’ y a que du demi-Amour, et que dans ce cas c’ est ce qui est le plus répandu, mais que l’ inverse existe aussi, alors que quand l’ Amour est complet les deux parties sont chez chacune des deux personnes. En demi-Amour l’ inverse existe aussi, le physique chez la femme et le sentimental chez l’ homme, c’ est le cas des couples de mon frère et ma soeur par exemple. Mais le plus répandu est par exemple chez Macron et Brigitte, chez Sarko et Cécilia, ou chez Hollande et Ségolène. Par contre, ce que j’ ai omis de dire, c’ est qu’ à de très très rares exceptions l’ Amour va toujours en diminuant au fil des relations, par exemple entre Sarko et Carla, ou entre Hollande et Julie, pas d’ Amour, ou même de demi-Amour du tout, que de l’ Attirance. Plus on vieillit, dans un rencontre, moins il y a de chance de trouver de l’ Amour.
        En Amour, quand ça n’ est pas complet, tout ce qui nous arrive n’ est là que pour parler d’ un Amour complet qu’ on n’ a pas vu, où abandonné, où mal vécu à tort, c’ est toujours lié au passé, et ça peut même aller jusqu’ à ne pas se rendre compte qu’ on est en train de vivre un réel coup de foudre pour une très jeune personne, qui sans savoir pourquoi, reviendra des années après sur le lieu du coup de foudre dont elle ignore l’ existence, après pourtant d’ abord avoir fui ce lieu, sans même avoir su pourquoi. On peut ainsi transposer en Amour l’ histoire du criminel qui revient toujours sur le lieu du crime, c’ est même bien plus vrai, même si ça peut prendre vingt ans.
        Il faut savoir que l’ envie sexuelle n’ est pas personnalisée, c’ est juste que lorsque on tombe Amoureux cette envie augmente beaucoup, et si les choses se passaient naturellement tout irait bien puisque quand on est Amoureux on est censé être toujours avec la personne Aimée et ne guère voir, aux deux sens du terme, les autres. Sauf que si on ne sait pas de qui on est vraiment tombé Amoureux et qu’ on est avec quelqu’ un d’ autre, on pensera en toute logique avoir envie de cette personne là alors que ça n’ est pas pour cette personne que l’ envie est là.
        Plus on vieillit, si on ne vit pas ce qu’ on aurait dû vivre, plus ce qui nous arrive a trait au passé et à ce qui ne s’ est pas passé comme ça aurait dû, selon que ceux qu’ on croise peuvent d’ une façon ou d’ une autre s’ y relier. Par exemple, les ermites sont tranquilles, comme ils ne croisent personne, leur passé ne resurgit pas pour les secouer et les ennuyer, d’ où leur sentiment de béatitude, faux, car sans passé difficile d’ avoir un réel présent, et ça n’ est ni les autres ni la société qu’ ils fuient, mais leur passé qui ne s’ est pas passé comme il aurait dû.
        Si tu veux te connaître, l’ astrologie est presque bonne, à ceci près que la position du soleil à ta naissance ne renseigne pas sur ce que tu serais, mais sur ta façon de te comporter, le visible autrement dit. Ce que tu es vraiment est renseigné par la lune noire, la vraie, pas la moyenne, et ça c’ est l’ invisible, d’ ailleurs la lune noire n’ est pas visible, ce qui est parlant.
        Tu me pardonneras mon tutoiement, j’ ai quand même 62 ans et six enfants tous majeurs.
        Il n’ y a pas d’ ouvrage parlant de tout ça, je n’ ai encore rien publié, et il n’ est pas encore certain que je le fasse un jour. Quand on ne peut plus voir l’ Amour c’ est qu’ à un moment du passé ça c’ est mal passé, et sans connaître ce moment rien ne peut changer. Les psys ne sont d’ aucun secours, « notre » cognitif nous empêche d’ en parler, et aucun psy ne pourra le deviner, ils ne font qu’ avec ce qu’ on dit, donc ce qu’ on peut dire, c’ est à dire rien de ce qui est important.
        D’ ailleurs voir un patient sans avoir vu ses proches et sans les avoir entendu ne peut rien donner, eux seuls peuvent se souvenir de ce dont il faut se souvenir, et encore, si ils y ont assisté, ou ont été au courant de la chose. Quant à moi je peux savoir facilement quelle personne ce souvenir concerne, sauf que le patient ne se souviendra pas, ne voudra pas parler de cette personne, et même se fâchera, coupant cours à la suite. Autant dire que c’ est compliqué.

      2. Patrice

        J’aimais bien votre premier exposé, j’aime moins votre développement sur amour sentimental/amour physique. Un peu alambiqué… Et restrictif. Est-ce à dire que les deux personnes du couple ne peuvent connaître chacun les deux à la fois ? Je connais très bien une femme (très proche) qui a aimé très fort (et aime toujours longtemps après malgré séparation), de cet amour malgré soi (ou suscité par l’inconscient) qui fait palpiter le cœur, et qui en même temps connaissait dans cette relation l’accord physique parfait (sa pleine jouissance) autrement dit rien de « mental » ni rien qui fait palpiter le cœur (si ce n’est la libido)… Pour elle les deux sont indissociables (ou l’ont été). Est-ce un cas Docteur ? Mais c’est vrai, pour le conjoint cela n’a pas duré (dans les « normes » donc….). Il existe néanmoins des amours « sentimentaux » qui ne périclitent pas (des hauts des bas seulement qui mettent un peu de piment) au contraire qui se renforcent avec le temps (habitude peut-être ? pas vraiment, l’habitude amoindrit en créant des automatismes), lesquels peuvent aussi continuer à pleinement se satisfaire dans leurs rapports sexuels (quelques faiblesses physiologiques liées à l’âge qui peuvent facilement se résoudre par autre manière d’atteindre l’orgasme ). J’en connais aussi. Sont-ils des cas eux aussi ?
        Ou alors je n’ai encore rien compris à ce que vous avez écrit…
        Peut-être au lieu de « compliqué », je dirais qu’il y a des choses qu’il vaut mieux ne pas chercher à expliquer pour pouvoir les vivre pleinement. Ce sont souvent les explications qui compliquent.

  10. Entendu de mes oreilles, de la bouche d’un boulanger : « La vie est une tartine de merde, qu’on doit avaler tous les jours »…
    Il disait ça à son gamin, qui devait avoir 16 ans, à qui il demandait de nettoyer un local sordide. Je ne dis pas qu’il ne faut pas préparer les jeunes à ce que la vie ne soit pas toujours une joie, comme c’est naturel à cet âge. Mais quelle vision de la vie peut-on avoir après ça ?!
    Il me semble de plus en plus que l’espoir est quelque chose de central dans l’être humain. Si on lui retire l’espoir, c’est là que les ennuis commencent…

    1. Et l’espoir est un peu comme un poisson, qui cherche un passage devant un barrage. Il ne faut pas chercher ailleurs la désaffection pour l’Europe : l’espoir disparaissant, les gens cherchent un passage…

  11. Le bonheur n’existe que tant qu’il n’existe pas. A partir du moment ou on commence à en parler avec un mot dont on est incapable d’apporter une définition et qui plus est toujours a postériori, on est dans de la pure mythologie pouyr ne pas dire mythomanie. C’est comme un état quantique, ne cherchez surtout pas à le mesurer ou à le décrire ou vous foutez tout par terre. Un électron : impossible savoir vraiment ou il est, même pas sur qu’il y en ait plusieurs, si ça se trouve on se partage tous le même. C’est peut être même Dieu allez donc savoir ?
    Bref ce que je voulais dire ici : Attention à ne pas trop vous « Coelhoïser » M Jorion. On ne peut discourir que du bonheur béat or on sait qu’il est faux. Tout au plus par l’Art Littéraire vous pourrez parvenir à le faire ressentir à vos lecteurs mais ce n’est pas donné à tout le monde.

    Ma Bohème
    Arthur Rimbaud

    Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
    Mon paletot aussi devenait idéal ;
    J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
    Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

    Mon unique culotte avait un large trou.
    – Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
    Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
    – Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

    Et je les écoutais, assis au bord des routes,
    Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
    De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

    Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
    Comme des lyres, je tirais les élastiques
    De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

    Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)

    😉

    1. Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud!

      Tes dix-huit ans réfractaires à l’amitié, à la malveillance, à la sottise des poètes de Paris ainsi qu’au ronronnement d’abeille stérile de ta famille ardennaise un peu folle, tu as bien fait de les éparpiller aux vents du large, de les jeter sous le couteau de leur précoce guillotine. Tu as eu raison d’abandonner le boulevard des paresseux, les estaminets des pisse-lyres, pour l’enfer des bêtes, pour le commerce des rusés et le bonjour des simples.

      Cet élan absurde du corps et de l’âme, ce boulet de canon qui atteint sa cible en la faisant éclater, oui, c’est bien là la vie d’un homme! On ne peut pas, au sortir de l’enfance, indéfiniment étrangler son prochain. Si les volcans changent peu de place, leur lave parcourt le grand vide du monde et lui apporte des vertus qui chantent dans ses plaies.

      Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud! Nous sommes quelques-uns à croire sans preuve le bonheur possible avec toi.

      René CHAR

    2. Ah Dup le poète !
      Je pense que science et poésie ne font pas bon ménage. Un scientifique peut aimer la poésie comme on est attiré par son contraire, de même qu’un poète peut aimer la science. Dès que l’amour s’analyse, est-ce toujours de l’amour ? Comme le bonheur du reste. En bonheur et amour, ne devrait-il pas pour qu’ils soient sincères qu’il demeure une part de naïveté ?
      Je pense que l’amour se donne et le bonheur se prend. De la sorte il peut y avoir du bonheur dans l’amour et de l’amour dans le bonheur (pensée profonde très subtile, lol)

    1. Un grand merci pour cette découverte – ma plus grande émotion Docu-cinématographique : )
      Extraordinaire….Une humanité encore indépendante dans son opinion, humble quand à son rôle et lucide dans ses intérêts; une oeuvre de salubrité publique qui vous réconcilie avec le genre humain – n’hésitez pas & les enfants sont les bienvenus : )

  12. Arf, chercher à définir l’Amour, cher Delestre, vous n’avez donc pas compris qu’il n’y a rien à comprendre dans l’amour, ce sentiment est un vent qui souffle dans nos voiles et c’est par le déplacement qu’il nous propose que nous ressentons sa présence, il est un effet plus qu’une cause – après on aime la viande – comme on aime ses enfants – la langue française réputée pour sa subtilité et précision, étonnamment fait fi de nuance avec ce substantif.

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