Trump et les Tricoteuses

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C’est un fait divers, pas même significatif en taille, mais néanmoins révélateur, le principal club américain de tricot et de crochet, Ravelry (8 millions de membres), vient de bannir l’expression de tout soutien à Donald Trump, l’assimilant au suprémacisme blanc :

In ne nous est pas possible d’offrir un espace d’inclusion pour tou.te.s et de soutenir en même temps un suprémacisme blanc déclaré. Tout soutien au gouvernement Trump est indéniablement un soutien au suprémacisme blanc.

Les Tricoteuses constituaient un groupe de soutien à la Révolution de 1789. Elles seraient à l’origine de la Société patriotique et de bienfaisance des amies de la vérité et de la Société des républicaines révolutionnaires.

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6 réflexions sur « Trump et les Tricoteuses »

  1. Hors-sujet: Une édifiante histoire de machines à tricoter les bas où l’on apprend que la reine Élizabeth 1ère (ou ses ministres) était du même avis que les luddites deux siècles plus tard…

    William Lee était vicaire à Calverton et on dit qu’il a réalisé sa machine à tricoter les bas parce qu’une femme qu’il courtisait s’intéressait plus au tricot qu’à lui (ou encore que sa femme était une tricoteuse très lente). Sa première machine produisait une laine grossière. S’etant vu refuser un brevetpar la reine Elizabeth Ière, il l’ameliora en augmentant le nombre d’aiguilles par pouce de 8 à 20 et produisit un résultat d’une texture plus fine, mais la reine lui refusa de nouveau un brevet en raison de son souci pour la sécurité d’emploi des nombreux tricoteurs du royaume dont les moyens de subsistance allait être menaces par cette mécanisation. La reine dit à Lee : « Tu vises haut, Maître Lee. Considère ce que l’invention pourrait faire à mes pauvres sujets ». Il est fort probable que l’inquiétude de la Reine venait de la crainte des corporations de bonnetiers que l’invention ne rende obsolètes les compétences de ses artisans. Il est fort probable que la crainte de la Reine était que l’invention ne rende obsolètes les compétences des membres artisans.

    Il conclut un accord de partenariat avec un certain George Brooke le 6 juin 1600, mais le malheureux Brooks fut arrêté pour trahison et exécuté en 1603. Finalement, Il se rendit en France avec son frère James, emmenant 9 ouvriers et 9machines. Il y trouva un meilleur soutien auprès de Henri IV, qui lui a accordé un brevet. Lee commença la fabrication de bas à Rouen, en France, et prospéra jusqu’à ce que, peu avant l’assassinat d’Henry IV en 1610, il signe un contrat avec Pierre de Caux pour fournir des machines à tricoter pour la fabrication de bas en soie et en laine. Mais le climat changea brusquement à la mort du roi et malgré son déménagement à Paris, ses revendications furent ignorées et il mourutdans la détresse en 1614.

    Après la mort de Lee, son frère James est retourné en Angleterre et s’est débarrassé de la plupart des machines à Londres avant de déménager à Thoroton, près de Nottingham, où l’apprenti de Lee, Aston (ou Ashton), un meunier, avait continué à travailler sur l’idée et obtenu un certain nombre d’améliorations. Cela a conduit à la création de deux centres de tricotage, l’un à Londres et l’autre à Nottingham. Au XVIIIe siècle, Leicester rivalise avec Nottingham pour le leadership de l’industrie dans les East Midlands anglais.

    https://en.wikipedia.org/wiki/William_Lee_(inventor)

  2. Hors sujet
    Mon commentaire concerne votre vidéo « l’heure est grave ».
    Le problème que l’on ne souligne pas assez, c’est que les gens espèrent toujours que les choses aillent mieux, que les prochaines élections apporteront des améliorations, qu’un un tel ou tel parti conduira aux solutions……….. Mais l’espérance peut paralyser, empêcher des actions libératrices. Je voudrais, dans ce contexte, citer un survivant des camps de concentration (holocaust), un certain monsieurTadeusz Borowski:
    « On nous n’a pas enseigné de renoncer à l’espoir. C’est pour cette raison que nous allons mourir dans des chambres à gaz ».

    1. Il est difficile pour beaucoup de gens de comprendre que, par nature, l’espoir est une distortion cognitive.

      https://plato.stanford.edu/entries/hope/#Hope17th18thCentPhil

      « In contrast to Hobbes and Descartes, Spinoza understands hope as fundamentally irrational. He argues that it must be the result of false belief inasmuch as it does not correctly represent that everything is governed by necessity (Short Treatise, book II, ch. IX, [c. 1660] 1985: 113). Additionally, in the Ethics, Spinoza describes hope as one of the causes of superstition, especially as it is always accompanied by fear (Ethics III, P50, [1677] 1985: 521). Such fear necessarily precludes it from being intrinsically good (Ethics IV, P47, [1677] 1985: 573). This is also the reason why we should attempt to make ourselves independent from hope. »

  3. Concernant Trump, la perte de l’électorat « féminin » (celles du moins que la puissance fascine) serait un souci. Par contre, il fait tout pour conserver l’électorat mâle blanc déclassé en leur promettant des emplois par la guerre, par l’expulsion d’étrangers, etc. Et par son attitude de macho qui se met en lumière auprès de ses ennemis fragiles, la Corée du Nord ou autres, et en cherchant noise avec tout le monde, comme un bagarreur de bals du samedi soir.
    Concernant la machine à tisser, la technologie ne rencontre-t-elle pas plutôt du succès que quand le recours aux machines brise la puissance des travailleurs, est plus économique que des coûts des droits acquis par la lutte ? (Hypothèse de Pierre Dockès, La libération médiévale). Ainsi de la machine à vapeur.

    1. En fait cette histoire de machine à tricoter me parait intéressante parce qu’elle met en évidence le conservatisme technologique de cette époque (les corporations s’opposaient à tout changement de ce qui était produit ou de la manière de le produire.) Comme on peut le constater ce conservatisme présentait des avantages même s’il était principalement motivé par le souci des puissants de préserver leurs privilèges.

      Cette attitude ancienne me semble être à l’opposé de celle du mouvement des Lumières, en particulier celle des encyclopédistes qui attribuaient beaucoup d’importance aux techniques en même temps qu’ils ambitionaient de renverser les pouvoirs établis.

      À l’essor de l’industrie en Europe, à propos duquel il est difficile de dire qu’il a brisé la puissance des travailleurs agricoles qui ont du quiter les campagnes pour les villes, a succédé aux Etats-Unis le Fordisme qui a conquis depuis le reste de la planète (Chine comprise) avec les résultats désastreux qu’on peut actuellement constater…

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