Pour la rentrée, les sophistes sont de retour, par Cédric Chevalier

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À propos de Corentin de Salle et Damien Ernst, GRETA THUNBERG OU L’INACCESSIBLE SAINTETE CLIMATIQUE

Kant se retourne dans sa tombe.

Ambiguité, désinformation, doute, contre-vérités, équivoques, … la stratégie rhétorique de de Salle est bien rodée (cf. Les Marchands de doute d’Oreskes et Conway). Il offre de fausses concessions oratoires pour mieux dérouter son lecteur. Il dispose d’une diffusion médiatique dommageable et maintenant d’une caution scientifique qui n’explique pas les limites thermodynamiques de la technologie énergétique qui rendent tout le raisonnement caduc : le Professeur Damien Ernst.

Greta, par la puissance politique qu’elle a acquise désormais, sera la cible de tous les nihilistes et cyniques.

Le devoir des démocrates, des écologistes au sens large, de ceux qui préfèrent la vie à la mort, le sens au nihilisme, est désormais de la défendre, et de rétablir l’éthique et l’art oratoire de la philosophie dans les médias.

Depuis l’éclosion du mouvement climatique belge et mondial, au moins, la pensée et le discours néolibéraux et surtout nihilistes, s’étalent ouvertement dans la presse. Nous savons maintenant ce que les ennemis du genre humain pensent, ou plutôt (car s’agit-il d’une « pensée » ici ?), ce qu’ils voudraient que nous « pensions » à nos dépens.

Ensuite, cela offre peut-être l’opportunité, puisque les journalistes construisent les polémiques, à ce que la pensée écologiste cinquantenaire puisse retrouver voix au chapitre dans la presse, enfin. L’hydre a plusieurs têtes qu’il faut couper encore et encore : le mythe du Progrès, de la Technoscience salvatrice, de la Croissance économique, de l’absence de limites écologiques, de l’individualisme méthodologique, de l’indexation de tous les rapports sociaux sur le calcul de maximisation du profit (néolibéralisme), etc. 

La bête se sent menacée, alors elle griffe et mord. Elle ne se rendra pas sans combattre. Et si nous échouons, c’est un totalitarisme néolibéral, ayant parfaitement intégré les ressources écologiques qui sapera méthodiquement nos droits et nos libertés individuelles et collectives (mais à sa manière, avec son mode de redistribution, ou plutôt de concentration des richesses, en instaurant un appartheid climatique comme c’est en germe).

Evidemment, tout dans la faiblesse psychique humaine, pousse à s’intéresser à et faire sien un tel propos. Il est quand même beaucoup plus confortable de pouvoir continuer à voler en avion régulièrement en pouvant fermer l’oeil la nuit, la conscience tranquille. L’esprit humain, pour défendre les fondations de son inconscient mis en péril, fera feu de tout bois pour justifier de continuer à le faire, alors que les mathématiques de la physique climatique sont implacables. Il croira dur comme fer que son raisonnement tient la route et deviendra très agressif si on pointe ses apories.

Le désir humain vient buter, comme toujours, sur ce réel qui résiste. Les enfants colériques et capricieux doivent devenir adultes. On ne doit pas laisser cette pulsion de toute-puissance détruire méthodiquement nos vies sur cette Terre.

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28 réflexions sur « Pour la rentrée, les sophistes sont de retour, par Cédric Chevalier »

  1. Apartheid climatique:
    Que reste-t-il aujourd’hui de la villa du milliardaire Bernard Arnault (et de quelques autres richissimes célébrités) aux Bahamas ?
    Certes il a d’autres points de chute, on ne va pas pleurer sur son sort.
    Peut-être qu’un jour ils vont comprendre qu’il n’y a de véritable abri nulle part en cas d’effondrement.

      1. je suis sur Mac et Firefox, et j’ai fini par m’apercevoir qu’il se chargeait « sans rien me dire, ni rien montrer » dans mon dossier téléchargement. Merci et excuses.

  2. Vous écrivez M. Jorion : « L’hydre a plusieurs têtes qu’il faut couper encore et encore : le mythe du Progrès, de la Technoscience salvatrice, de la Croissance économique, de l’absence de limites écologiques, de l’individualisme méthodologique, de l’indexation de tous les rapports sociaux sur le calcul de maximisation du profit (néolibéralisme), etc.  »
    Pourquoi donc, si vous pensez cela, me rentrez-vous dans le lard chaque fois que je parle de frugalité et de renoncement ?
    Je n’avais rien compris ou vous avez changé d’avis ? mais peut-être n’ai-je toujours rien compris…

    « Greta, par la puissance politique qu’elle a acquise désormais, sera la cible de tous les nihilistes et cyniques. » : c’est bien pour cela que je m’élève contre le rôle qu’on lui fait jouer. Pèse sur ses épaules désormais un poids trop lourd pour elle…

    1. « L’hydre a plusieurs têtes qu’il faut couper encore et encore : le mythe du Progrès, de la Technoscience salvatrice, de la Croissance économique, de l’absence de limites écologiques, de l’individualisme méthodologique, de l’indexation de tous les rapports sociaux sur le calcul de maximisation du profit (néolibéralisme), etc. »

      Non, ce n’est pas moi qui écrit cela, c’est Cédric Chevalier qui écrit ça ! Comme vous l’avez bien compris, jamais je n’écrirais que le Progrès est un mythe : c’est une réalité ! jamais je n’écrirais que la Technoscience salvatrice est un mythe : il n’y a plus qu’elle qui puisse encore nous sauver.

      Parler de « mythe du Progrès », de « mythe de la Technoscience salvatrice », c’est un reste d’infection heideggerienne qui traîne encore par là. Ça va disparaître, ne vous inquiétez pa.

      Le reste de la phrase, je suis d’accord bien entendu.

      1. Excusez ma distraction.
        Je comprends maintenant pourquoi je ne comprenais pas. C’est avec Cédric Chevalier, auteur du billet, que je suis d’accord, pas avec vous, ou moins.

      2. Il n’y a plus que la technoscience qui puisse encore nous sauver…

        Ça dépend laquelle, Paul. Je côtoie quotidiennement des gens qui se foutent du tiers et du quart de consommer plus ou moins, qui roulent à 150 sur l’autoroute avec leur SUV « urbain », et le discours, devant la menace climatique, c’est : « de toutes façons, la Technoscience, le Progrès vont nous sauver ». On parle de balancer je-ne-sais-quoi dans l’atmosphère pour atténuer le rayonnement solaire, sans avoir aucune idée des effets collatéraux, on parle de réacteurs à fusion qui produiront de l’électricité gratuite dans 100 ans si tout va bien (et après quelques centaines de milliards d’investissement ou même plus), ce n’est pas de ça que tu parles toi, nous sommes d’accord ? Toi, tu parles d’une (ou plusieurs) IA qui pourrai(en)t nous aider à réfléchir – ou même réfléchir à notre place ! – pour savoir comment sortir de la mouise dans laquelle nous nous sommes fourrés… mais probablement pas avec ce genre de « solutions »…

        Et le Progrès… Que d’obscénités n’a-t-on pas osé proférer au nom du Progrès ! Notre-Dame des Landes, c’était le Progrès, le nucléaire aussi, etc. Là non plus, ce n’est pas de ça que tu parles. (J’ai vraiment l’impression de défoncer des portes ouvertes).

        Mais c’est ce dont parle Cédric.

        Encore un mot sur le Progrès. Le moteur électrique a été inventé avant le moteur thermique. Le moteur thermique était-il un progrès par rapport au moteur électrique ? Oui, dans la mesure où de manière concomitante, nous avons découvert les vertus du pétrole qui était à l’époque (très) abondant et (très) bon marché à extraire. On voit où il nous a mené, ce progrès-là…

      3. Merci Paul, au moins, on ne peut pas dire que tu ne défendes pas la pluralité des points de vue sur ton propre blog :-). Je signale tout de même que je distingue « Progrès » et « progrès » dans ma pensée et « science et technologie » et « Technoscience salvatrice ». Mais pas facile d’être subtil en quelques lignes.

        Si le progrès signifie d’aller vers un mieux authentiquement humain, je suis pour. Si on développe une science et une technologie qui permettent de maintenir la vie sur Terre, la nôtre et celle des autres Terrestres, avec une existence authentique, je suis pour. La Technoscience actuelle et la vision actuelle du Progrès ne respectent pas ces contraintes, elles forment à mon sens (sur les épaules des penseurs écologistes) un « Mythe » quasi religieux qui devient un dogme qui nous empêche de penser « librement », qui nous pousse à ne pas agir et même à renforcer ce qui détruit la vie sur Terre. Je me bats à ma mesure pour que ça change un peu.

        Mais ce n’est qu’un point de vue…

  3. Les états d’âme de ces beaux messieurs vont à l’encontre de la science qu’ils sont censés représenter: leur conclusion est un peu maladroite, mais on ne peut leur en vouloir car la communication n’est pas leur fort: «  »Une voile du bateau porte la mention: « United behind science »: la science sert moins à établir des constats alarmistes pour limiter nos libertés qu’à inventer les solutions qui les étendent » ».
    Si les scientifiques avaient depuis 50 ans que je les écoute, été plus convaincants, nous n’en serions peut-être pas là! Greta sur son voilier traversant l’océan représente plus qu’un message, elle est une icône, un symbole, la pureté, la noblesse même, alors messieurs, vos états d’âme on s’en f…

  4. Ah ! l’air de la calomnie vous connaissez ? Extrait : « mais enfin rien ne l’arrête, c’est la foudre, la tempête. Un crescendo public, un vacarme infernal, un vacarme infernal. Elle s’élance, tourbillonne, étend son vol, éclate et tonne et de haine aussitôt un chorus général, de la proscription a donné le signal Et l’on voit le pauvre diable, menacé comme un coupable Sous cette arme redoutable, tomber, tomber terrassé. »

    C’est ce qu’ils voudraient tous, ces menteurs politiques et leurs intellectuels dévots : voir tomber Greta

  5. L’intérêt (et bien le seul !) des situations de crises (=choix/décision en grec) et de montrer l’inanité de certains « penseurs » ou « filozofs ». Je viens de lire (et relire) une tribune de Slavoj Žižek dans l’Obs « l’Amazonie brûle, et alors ? ». Ce médiatique penseur marxiste (pauvre Marx !) nous explique doctement que : « l’écologie de la peur a toutes les chances de se développer comme un nouvel opium pour les masses venant remplacer la religion déclinante ». Ah quelle puissance de pensée ! Le pire est que son texte est en fait un gloubi-boulga qui peut certes impressionner car évidemment il mélange tout, avec savantitude.
    Mais il a de grosses faiblesses patentes. On le retrouve ainsi en très mauvaise compagnie ─ implicite les climato-sceptiques version négationniste sur l’origine anthropique du réchauffement. Je le cite : « Le paradigme entier d’une Mère Nature que notre hybris aurait profondément perturbée est pure foutaise. Mère Nature est une pute froide et cruelle, comme nous le rappelle avec évidence le fait que nos principales sources d’énergie (pétrole, charbon) sont les restes d’immenses catastrophes passées (intervenues bien avant l’apparition de l’humanité). »
    Waw, quelle force rhétorique, du moix ! D’abord considérons la bêtise de son assertion sur les catastrophes. Sait-il seulement que le processus de création des énergie fossiles est toujours à l’œuvre, par exemple dans les tourbières et que loin d’avoir une allure de catastrophe c’est plutôt une carbonisation lente qui s’opère durant de très longues périodes de temps ? Ensuite qui a dit que la Mère Nature pouvait ainsi être personnalisée et surtout opposé à l’Homme ? En bien ou en mal ? Certes l’approche Pacha Mama (elle, inclusive) est intelligente et peut nous guider mais délirer comme il le fait est tout bonnement pitoyable. Comme est vraiment pitoyable d’écrire que des écolos radicaux voudraient faire de la géo-ingénierie climatique : mais où a-t-il lu ça ? C’est renversant de lire ça : on créé des opinions prêtés à des adversaires pour ensuite les dénoncer.
    Ailleurs il met dans un même sac Brésil et Europe [je cire : « Le petit jeu ridicule auquel se sont adonnés l’Europe et le Brésil ces dernières semaines doit cesser »] et pour un marxiste on est en droit d’être surpris de telles essentialisations qui dépassent la lutte des classes. Car il y a bien lutte des classes avec les latifundistes qui provoquent des brûlis pour nous vendre plus de soja et des profiteurs en Europe qui l’importent.
    On pourrait aussi relever son profond mépris mais il a été caractéristique de bien des marxistes envers le peuple ─ je cite « les populations sont-elles qualifiées pour juger d’une situation aussi délicate ? ». Vivement un Conducteur de la locomotive du peuple, un grandTimonier…
    Je trouve ce texte très révélateur de ce que nous dit Cédric Chevalier sur l’intensification de la lutte. La bête menacée fait appel au ban et à l’arrière-ban des « sophistes », « marxistes » inclus : je ne qualifierai pas M. Žižek pour ne plus me faire accuser d’un manque de retenue … mais je n’en pense pas moins : -)

    1. « C’est renversant de lire ça : on créé des opinions prêtés à des adversaires pour ensuite les dénoncer. »

      C’est la rhétorique de l’épouvantail : on prête à ceux qu’on attaque des opinions qu’ils n’ont pas, qui ne sont qu’une déformation grossière de ce qu’ils ont vraiment dit, voire une pure invention, pour mieux démonter ces opinions caricaturales et faire ainsi croire qu’on a réfuté les véritables arguments de ses opposants.

      Ce n’est pas neuf, mais c’est toujours aussi lamentable en effet…

    2. A peine plus subtil : Brice Couturier sur France Culture aujourd’hui
      (https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/precher-les-sacrifices-et-faire-honte-nest-pas-le-meilleur-moyen-dencourager-les-comportements)
      , excipe de Kate Laffan
      https://aeon.co/ideas/going-green-is-all-about-what-you-gain-not-what-you-give-up
      sur l’écologie « punitive » vs. quelque chose de plus « feelgood »
      Et de n’en retenir que le côté individualiste :

      « Better then, is to encourage people to take action on climate change by presenting environmental issues as personally relevant », avec un blabla autour du bien-être émotionnel boosté par les petits actions et un peu de socialisation (« quand même » ajouterais-je). »

      Mais sans trop insister sur les conséquence ce qu’elle écrit juste avant et qu’il ne cite qu’incidemment:

      « Contrast this with how we might expect pro-environmental behaviour to relate to people’s sense of purpose. The environmental psychologist Tim Kasser – an expert on materialism and wellbeing, and now emeritus professor at Knox College in Illinois – has argued that pro-environmental behaviour can contribute to people’s needs for **autonomy, relatedness and competence** – all of them key drivers of eudemonic* wellbeing. »

      « Relatedness » et « competence », amènent à construire des communs d’une sorte ou d’une autre (« commun de savoir » notamment, j’y pense sous forme d’une circulation comme la sève). Et l’autonomie n’est pas celle du sujet individuel isolé mais celle du sujet qui circule dans son réseau de savoir, et n’a pas besoin de contrôle permanent pour ce qu’il entreprend.
      Pas trop dur de voir l’élitisme dans le côté « croissance personnelle », qu’il faut pourvoir « se payer » incidemment. Il serait un brin plus inclusif de faire place aux savoir-faire de tout un chacun pour les associer aux « compétences » qui ont la fâcheuse tendance de « venir d’en haut », au lieu de les reléguer comme des « accessoires d’exercice » pour les happy few du « développement personnel » coaché à grand frais.

      *[[ La conception eudémonique du bonheur est basée sur la prémisse que les gens se sentent heureux s’ils connaissent une croissance personnelle et ont le sentiment d’avoir des buts et une vie qui a du sens. ]]

  6. Juste une petite intervention au sujet de cette phrase « Nous savons maintenant ce que les ennemis du genre humain pensent ».

    Je comprends l’irritation, mais je me permets de suggérer qu’il n’y a pas d’ « ennemi du genre humain ici ». Il y en avait en 1793 bien sûr, c’était ceux qu’on amenait à la guillotine, il y en avait en 1918 bien sûr, c’était ceux qui s’opposaient au pouvoir bolchevique. Mais il n’y en a pas ici.

    Il n’y a que des êtres humains qui n’ont pas encore compris ou pas encore accepté de regarder cette crise en face et l’ampleur de ce qu’il peut être nécessaire de changer pour y parer. Certains peuvent être irritants certes, mais ce ne sont pas des ennemis de l’humanité.

    1. Jacquot 5 septembre 2019 à 22 h 21 min
      en désaccord total avec vous.
      Pas des ennemis du Peuple ? vous êtes un naïf ?
      on n’a pas croisé de si ennemis que ceux-là… même durant la Révolution ils n’étaient pas tant « les ennemis du Peuple ».
      C’est qui le Peuple d’après vous ? je n’ai pas le pourcentage exact mais il doit avoisiner les 99 % de la population de la Terre. Et ce ne sont jamais que les 1% qui ont tout détruit, qui continuent à détruire, et qui s’en foutent… sans s’apercevoir qu’ils habitent eux aussi cette Planète, et ce n’est pas en se réfugiant sur des îles du Pacifique qu’ils résoudront leur problème personnel… ou alors dans des bunkers bien solides car ils auront non seulement besoin de respirer, mais ils ont toutes les probabilités de mourir assaillis par quelques millions d’Humains.

      1. Qu’est ce que vous racontez ? Je n’ai aucune sympathie pour ces 1 % mais ils détruisent peu du fait de leur petit nombre , prenez par exemple la royauté qui a duré plus de 1000 ans c’est un système injuste mais durable et écologique , ils nous ont laissé une terre tès peu polluée et pleine de ressources , avec notre système actuel je ne donne pas cher de nos peaux , l’espèce pourrait s’éteindre d’ici 100 ans

      2. elmer
        certes les 1% ne polluent pas à eux tous seuls… mais ils sont les maitres du système dont ils nous ont rendus dépendant, puisque tout le système économique néolibéral est construit, tenu en main bien fermement, pour qu’ils continuent à « gagner des millions » par le jeu de la bourse, entre autre, de l’incitation à consommer toujours plus (pubs, remplissages toujours énormes des rayons des surfaces, nouveautés polluées, même les dits bio, etc.) et tous les gouvernements à leur botte pour continuer, malgré les belles paroles de certains vides de contenu.
        dont un exemple d’actualité : l’achat du soja… venu des ex-forêts de l’Amazonie…
        je ne peux être ici exhaustive tellement nous sommes dépendant de tout le système économique dans lequel nous vivons, tous les Humains de la Terre, sans exception,

        Certains promettent une tyrannie, une dictature, nous y sommes, simplement elle ne se nomme pas.

    2. Bien vu. Tout du moins quand on parle des personnes qui sont vraisemblablement plutôt intelligente et dont l’interprétation que nous nous faisons de l’un ou l’autre de leurs discours ne concorde vraisemblablement pas avec leur pensée.
      Nonobstant il me semble raisonnable de rejoindre M. Chevallier quand il affirme « La bête se sent menacée, alors elle griffe et mord. Elle ne se rendra pas sans combattre. » C’est bien elle l’ennemi et sa nature me semble adéquatement indiqué également dans son texte : « […] la faiblesse psychique humaine […] ».

    3. Si je maintiens, les néolibéraux ou ultralibéraux sont les ennemis du genre humain. La version totalitaire du néolibéralisme n’est pas encore reconnue par les historiens mais patientez, elle est en construction.

  7. Beaucoup de mots, d’invectives et de petites guerres idéologiques dans ce blog.
    Il serait intéressant de savoir quels sont les actes que les participants posent effectivement et efficacement pour le climat…

  8. Et si « Les enfants colériques et capricieux » refusent de devenir adultes, mais qu’ « on ne doit pas laisser cette pulsion de toute-puissance détruire méthodiquement nos vies sur cette Terre », on leur fout des claques ou on sert les dents – comme chez XR ?

  9. Voici un petit témoignage qui permet de bien voir à quel point aucune solution individuelle ne saurait suffire pour éviter que le réchauffement passe au catastrophique, à quel point espérer que des efforts individuels puissent être efficaces dans un environnement qui les rend impossibles.

    « Comment l’Amérique a fait de moi une tueuse de climat », par une journaliste allemande détachée à Denver pour quelques mois et qui a essayé d’appliquer aux Etats-Unis ses habitudes plus éco-conscientes. Et constaté rapidement que c’était juste impossible, et qu’il ne restait que le fatalisme. C’est en anglais https://www.spiegel.de/international/zeitgeist/how-america-turned-me-into-a-climate-killer-a-1285478.html mais la traduction automatique est là https://www.deepl.com/translator

    Petits extraits :

    « Je n’avais pas vraiment l’intention de détruire la planète Terre lorsque je me suis envolé pour le Colorado en juillet pour un séjour de deux mois au Denver Post. Mais maintenant, comme tous ceux qui m’entourent, je mène la vie d’un tueur du climat.

    (…) Au début de mon séjour à Denver, j’ai essayé de résister au sacrilège environnemental omniprésent des États-Unis.

    (…) Même si les Verts transformaient l’Allemagne en une éco-dictature, ce à quoi ils disent s’opposer totalement, cela n’aiderait pas le monde. Du moins, pas tant que les habitants de pays comme les États-Unis auront une empreinte carbone beaucoup plus importante que celle de l’Allemagne. Il y a, bien sûr, beaucoup d’Américains qui ne pensent pas comme Donald Trump, des gens dont le cerveau a de la place pour la conscience environnementale. Mais ils n’ont pas d’autre choix que d’acheter leur laitue biologique chez Whole Foods dans de gigantesques boîtes en plastique pour s’assurer de rentrer chez eux en toute sécurité. Dans la voiture, bien sûr. Je n’ai pas vu de porte-vélos devant un seul supermarché ici.

    (…) Le fatalisme, c’est marrant

    Je vis aux États-Unis depuis plusieurs semaines et je vois à quel point cela m’a changé. Je me dis que le réchauffement de la planète ne peut probablement pas être stoppé de toute façon. Et je me rappelle que 99 pour cent de toutes les espèces qui existaient autrefois sur Terre ne sont plus ici, et que les humains ne font probablement pas exception.

    Je me suis consacrée au fatalisme et j’ai réalisé que c’est vraiment très amusant. Après tout, j’ai l’exemple d’un grand nombre d’Américains à suivre.

    Récemment, j’ai conduit une Chevrolet Equinox de Santa Fe à Denver. J’étais tout seul dans le véhicule, qui semblait au moins deux fois plus grand que mon appartement de Munich et qui consommait autant de carburant qu’un char allemand Leopard-2. Dehors, il y avait le désert du Nouveau-Mexique. À l’intérieur, l’air conditionné était à fond. Dans le porte-gobelet se trouvait un macchiato au caramel glacé dans une tasse en plastique avec une paille en plastique. The Cure passait à la radio : « Friday, I’m in love » Et j’ai chanté en chœur. »

  10. Bonjour,

    Cet article est une réaction à un papier écrit par de Salle et cautionnée par Daniel Ernst. J’ai donc fait l’effort de le lire.

    Une première phrase m’avait fait tiquer, si l’aviation s’arrêtait du jour au lendemain:
     » Si, désireuse de limiter les émissions, l’humanité renonçait à l’aviation, elle condamnerait les pays du tiers-monde à rester prisonniers d’une économie particulièrement destructrice de l’environnement et surtout…très émettrice en CO2.  »
    Etes-vous d’accord avec cette position? Je ne le suis pas, je pense qu’il s’agit d’un mauvais raisonnement. Selon moi, nous exportons des pratiques polluantes et émettrices de CO2 dans le tiers-monde, ainsi que des comportements incitants à nuire davantage. Aujourd’hui c’est le tiers-monde qui pollue le moins et les pays en croissance qui polluent le plus. De plus, apporter le modèle occidental et le progrès n’apporte pas nécessairement le bonheur, dans une lignée de pensée héritée de Illich.

    Un peu plus loin: « A une morale de sainteté climatique basée sur le sacrifice et le renoncement, nous préférons une éthique écologique pragmatique basée sur le progrès.  » Même réflexion, selon moi, il faudra des sacrifices et du renoncement. Les effets indirects des progrès sont trop souvent ignorés: en termes écononomiques, il s’agit d’externalités. A nouveau, une réponse philosophique du genre Gunther Anders sur le principe responsabilité (inspiré par Ellul) sera nécessaire pour encadrer le progès.

    Au delà des sophismes, il reste donc de nombreuses dissonances sur la question des meilleurs pratiques et de la voie à suivre. Il vous faudra encore essayer de convaincre un libéral (reponsable du centre Jean Gol) d’abandonner la croissance. Il est des religions plus faciles à abandonner, mais celle-là est difficile. Ce genre de débat ne fait que commencer, suite à la prise de conscience massive d . Il faudra encore leur (ré)apprendre la philosophie socratique ou stoïcienne pour leur faire prendre conscience d’alternatives…

  11. A propos de la rentrée des sophistes…

    Un scientifique qui prétendrait que la science n’est pas la solution à nos problèmes serait comme l’ecclésiastique qui annoncerait que la foi ne nous sauvera pas. C’est contre-nature, dans tous les sens de la formule.

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