Trump et la légitime défense

Trump a donc été pris la main dans le sac par les services secrets qui l’avaient mis sur écoute (il faut bien que quelqu’un s’occupe de la sécurité de la nation 😉 ), proposant à 8 reprises sur une seule conversation téléphonique au nouveau président ukrainien de débloquer des fonds d’aide militaire pour son pays, à condition qu’il offre en échange des informations compromettantes sur Joe Biden, candidat à la présidence US du côté Démocrate, et son fils Hunter Biden, récoltant les jetons de présence en Ukraine (un autre génie à l’intégrité manifestement irréprochable ).

Trump est-il sur la défensive ? Vous le connaissez mal : il est à l’attaque sur le mode « légitime défense » : « Je ne fais que me défendre : ils m’ont fait bien pire à moi ! »

J’ai parlé l’autre jour à propos du Sharpiegate d’un trait de caractère dont se souviennent les camarades de Trump adolescent : en remettre une couche quand vous avez tort et que nul ne l’ignore. Prétendre mordicus contre vents et marées que c’est vous qui avez raison, quitte à ce que tout monde se bidonne alors dans votre dos.

Un autre trait dont se souviennent ses petits camarades : se conduire en bourreau tant qu’il a le vent en poupe, et crier à la victime aussitôt que le vent tourne : « C’est moi qui suis persécuté, c’est moi en réalité qui suis la victime ! »

C’est là qu’intervient la psychanalyse. Trump a raison : comme les harceleurs de tout poil, c’est bien lui la victime, c’est bien lui le persécuté. Sauf que cela se passait à la maison, dans une famille toxique, et c’est sur le monde entier (et les citoyens US en particulier) qu’il exerce aujourd’hui sa « légitime défense », qu’il se venge de la souffrance endurée dans son enfance. Sur nous qui ne sommes pourtant pour rien dans son père Fred Trump, tyran domestique, fils de tenancier de bordel, et sympathisant du Ku Klux Klan.

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