À pied pour prendre de vitesse l’incertitude au XXIe siècle ?, par Cédric Chevalier

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On assisterait donc à une course entre, d’une part, le système agricole, même l’agro-écologique ou permaculteur décidé sincèrement à s’adapter et se montrer résilient face au climat, et d’autre part, le système climatique, qui se modifie tendanciellement et en même temps devient progressivement totalement imprévisible, incertain. Il s’agirait d’une incertitude radicale, comme expliqué par Clive Hamilton dans Defiant Earth, que l’on peut traduire par « Terre rebelle », c’est-à-dire une Terre qui « n’obéit plus sagement aux prévisions humaines ancestrales », une Terre qui n’est plus le jardin d’Eden qu’elle était (on comprendra mieux cette opinion plus tard dans le siècle), une Terre hostile à la vie humaine. L’économiste Frank Knight avait théorisé à sa manière cette différence entre contexte risqué, où l’on connaît les états futurs possibles et on peut leur attacher chacun une probabilité d’occurence (jouer aux dés), contexte incertain où les états futurs possibles sont connus mais pas leur probabilité respective d’occurence (qui sera le prochain président des Etats-Unis ?), et l’incertitude radicale, où les états futurs sont inconnus (voire inconnaissables) et leur probabilité d’occurence tout autant inconnue ou inconnaissable (l’histoire future de la vie sur Terre).

Ce ne serait donc pas seulement une question de « s’adapter une bonne fois pour toutes » à « un » changement climatique, ni même de mettre en oeuvre des stratégies de « gestion du risque » classiques mais en réalité, de « s’adapter et se relever en permanence, sans cesse » face à deux phénomènes : à la fois une tendance lourde (il fera de plus en plus chaud) et une tendance aléatoire complètement incertaine (sécheresse, pluie diluvienne, ruptures écosystémiques, etc.). Une tendance certaine à l’incertitude de plus en plus radicale donc.

Ainsi, un permacultueur qui aurait établi son « système agricole » et se croirait « prêt », ne le serait en fait pas du tout, il devrait réévaluer en fait son « système » chaque année, pour l’année suivante, et en temps réel. En témoignent plusieurs d’entre eux, dont certains cadres de Extinction Rebellion UK, qui doivent constater l’échec total de leur petite entreprise de permaculture (passée « au chalumeau » comme on dit dans les campagnes de nos jours), dont d’autres s’enfoncent dans le survivalisme pur et dur (chacun pour soi avec son M16), et d’autres encore se rendent peut-être progressivement compte qu’on ne peut « répartir et communaliser de telles incertitudes » qu’à des échelles d’organisation étatiques ou au minimum, biorégionales.

On entrerait donc là dans des stratégies de « résilience » (à l’incertitude radicale) et non d’adaptation (au risque probabilisable), où l’on doit rechercher des « heuristiques » robustes, face à l’incertitude, dont certaines fonctionnent déjà contre le risque, comme l’ancienne « diversification du risque » (c’est-à-dire grosso modo la biodiversité et la multiplication des variétés et des « paris sur l’avenir » dans les plantations annuelles) et d’autres sont davantage utiles face à l’incertitude, comme les stratégies « antifragiles » de Nicholas Nassim Taleb, si elle existent en agriculture, c’est-à-dire des cultures qui se montrent profiter un tant soi peu des aléas…

On pourrait ajouter à cela une vielle manière de vivre pour l’homo sapiens : la chasse, la cueillette, et le nomadisme, que certains aujourd’hui appelleraient de façon euphémiste « migration économique ». Notons également cette vieille coutume humaine qui consiste à éradiquer plus ou moins complètement la population locale en s’emparant de ses ressources et de son territoire (en général on préservait les femmes pour les besoins de reproduction du groupe envahisseur) : le pillage et la conquête. Il s’agit, en termes de risques et d’incertitude, de faire de la « diversification territoriale » (ce que nombre de milliardaires, notamment membres des GAFA -celles qui détruisent la planète- font déjà en s’établissant un petit pied à terre en Nouvelle-Zélande par exemple.

Dès lors ce serait la notion même du Cosmos qui sera bouleversée, la notion du Temps (temporalité) et la notion du temps (météo et climat), ainsi que la notion de Causalité et de Loi (puisqu’on ne pourra plus se fier à aucun historique de cause à effet pour prendre des décisions vis-à-vis du futur).

Voici donc venu le temps de l’incertitude radicale et de l’impermanence. Le temps où la seule certitude est l’incertitude, où la seule permanence est l’impermanence.

On va vraiment voir si l’espèce humaine est si formidablement adaptative, résiliente… ou pas. Certains la disent formidablement opportuniste. La sélection naturelle va en effet peut-être connaître une nouvelle accélération, où les individus et espèces les plus « opportunistes » vont pouvoir démontrer leur avantage concurrentiel sur les espèces « spécialisées » face aux aléas climatiques et écologiques en tous genres. Dans ce grand chambardement, ce ne sont peut-être pas les survivalistes et les transitionneurs de petites communautés -trop sédentaires et vulnérables-, mais peut-être de nouveaux nomades voyageant en groupe, avec leurs troupaux, et disposant de réseaux inter-territoriaux importants, et de compétences « à revendre » aux « locaux » qu’ils rencontrent, qui tireront leur épingle du jeu ? Il en existe en version pacifiste, ou en version violente évidemment. Les profils hybrides, les interfaces, les intermédiaires, les contrebandiers et intermittants de la survie seront-ils les héros du futur ?

Quelle serait la nouvelle éthique de ce temps de l’incertitude radicale ? On peut prédire en tout cas un grand succès au Bouddhisme et au Stoïcisme, ainsi qu’au Tao, pour accompagner ces « collapsonautes ».

Quelle ironie ce serait pour l’humanité, de retourner à son mode de vie ancestral semi-nomade ! Pour paraphraser Albert Einstein, on ne sait pas avec quelles armes on fera la troisième guerre mondiale, mais la quatrième se fera à pied et à cheval.

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52 réflexions sur « À pied pour prendre de vitesse l’incertitude au XXIe siècle ?, par Cédric Chevalier »

  1. « Pour paraphraser Albert Einstein, on ne sait pas avec quelles armes on fera la troisième guerre mondiale, mais la quatrième se fera à pied et à cheval. »

    Il me semble que ce soit encore une proposition très optimiste. Les chevaux n’ont pas la réputation d’être des animaux fort adaptables.

    1. Comme il faut un hectare par cheval, si on voulait remplacer les 40 millions d’automobiles qui circulent en France par 40 millions de chevaux les 640.000 km² du territoire n’y suffiraient même pas…

      1. Surtout qu’à l’apogée de leur utilisation juste avant la Grande Guerre, ils étaient 3 250 000 environs sur le sol national. Alors 12 fois plus… Nan, faudra marcher.

      2. Mais dans les scénarios présentés ci-dessus, il resterait sans doute au max 200.000 Français. Donc pas besoin de tant de chevaux que cela…

      3. @GL & Cloclo

        Calculs idiots. On ne vit pas dans une société « chevalisée » de la même manière qu’on vit dans une société « automobilisée ». Il n’y a pas de comparaison possible entre les deux systèmes, tout simplement.

      1. Il est d ailleurs plus que temps de creer des animaux chlorophyliens qui absorberont le CO2 et se contenteront d un peu d eau minerale et de lumière… 😉 je me suis toujours demandé pourquoi la nature n y avait jamais pensé ???

      2. @Dup – Les végétaux seraient sûrement ravis de pouvoir se deplacer quand le sol est épuisé, les conditions météo défavorables, etc. D’après ce que j’ai compris (pas tout!) à propos de la chlorophylle le rendement de la transformation du CO² est tellement faible qu’ils ne disposeraient pas d’assez d’énergie pour se déplacer. Certains chercheurs rêvent d’améliorer ce rendement…

      3. @ Dup
        Je confirme pour la photosynthèse artificielle. Voir le consortium « SUN-RISE » sur internet par exemple (actions européennes en cours, versions courtes avant une peut-être version longue… le CEA est dans l’affaire, et son lobbying est visible dans le domaine…

      1. « Les végétaux seraient sûrement ravis de pouvoir se deplacer quand le sol est épuisé, les conditions météo défavorables, etc. D’après ce que j’ai compris (pas tout!) à propos de la chlorophylle le rendement de la transformation du CO² est tellement faible qu’ils ne disposeraient pas d’assez d’énergie pour se déplacer. Certains chercheurs rêvent d’améliorer ce rendement… »

        Vraiment ?
        La vie, riche, diversifiée, et ce, quel que soit sa matérialisation, végétale ou animale, et ses conditions d’adaptation et d’expression, était là, bien avant les « chercheurs » et heureusement qu’elle ne les a pas attendu…car parfois, hélas, question rendement neuronal des « trouveurs », la charrette couine un peu en troisième…crouic, crouic, crouic…et respire mal dès que ça monte un peu trop !

        Fort heureusement, y en des, qui en usent et en abusent de leurs super turbo-neurones-maserati.

        Sans les mains, sans les pieds, chaud, froid, et m^me sans lumière, sans parler de celles qui se mettent en dormance et qui hibernent. Entre autres.

        Comment vivre sans lumière ?
        « Leur projet vise à élucider les mécanismes physiologiques et moléculaires qui permettent aux algues microscopiques des régions polaires de survivre pendant de longues périodes sans lumière »
        https://www.techno-science.net/actualite/comment-vivre-sans-lumiere-N15088.html

  2. « réévaluer […] son système chaque année » n’est même pas suffisant si on en croit Jared Diamond qui dans son livre « Collapse » montre que la sagesse des peuples ne se voit qu’après des millénaires d’essais et d’erreurs.
    Localement, prédire quel sera le bon système est juste impossible.
    Je n’ai pas fini de lire son livre (j’en suis au chapitre sur l’Australie et du coup je comprend mal l’envie de certains d’y émigrer), mais je pressent déjà que ses recommandations seront : soyez mesurés dans vos actes (du genre savoir sacrifier ses enfants excédentaires comme sur l’île de Tikopia), préparez vous au pire (= se diversifier, donc fini la globalisation), adaptez vous aux nouvelles conditions même si cela signifie renier son héritage culturel (ce que n’ont pas su faire les groenlandais par exemple), mais s’organiser pour survivre sur le long terme est possible. Le problème est que les gens mesurés sont aujourd’hui très, très minoritaires sur cette petite planète qui est la nôtre et le credo financiariste semble incurable. Nous voilà tous dans une belle galère qui prend eau de toutes parts.

  3. Bonjour M. Chevalier,
    Mon époux et moi-même parlons souvent de là viticulture locale, étant nous aussi des héritiers de vieux agriculteurs et non viticulteurs. Nous avons effectivement besoin de parler du futur à travers ce qui se fait réellement actuellement par les viticulteurs et nous voyons que 1 ou 2 viticulteurs avec des superficies très importantes vont subsister.
    Ce seront des gentleman Farmer, la gestion d’une très grande exploitation viticole demande à être bien gérée. Beaucoup de travail de prévision par l’observation globale du vignoble.
    Très peu de repreneur mais beaucoup d’incertitudes sur l’économie de marché du vin et bien sûr le fameux réchauffement climatique (gel, grêle etc…)

    1. M. Chevalier;
      Lorsque j’écris que 1 ou 2 agriculteurs resteront en activité dans le futur c’est au niveau communal. Cela correspond aux statistiques publiées par le service statistique départemental du ministère de l’agriculture. Triste sort pour les familles d’agriculteurs du nord de la gironde.

  4. M. Chevalier,
    J’oubliais de dire que l’ensoleillement d’une partie de l’année a fait mûrir le raisin et offert un état sanitaire très satisfaisant. Des degrés élevés pour une récolte 2019 au top. L’année 2019 sera une bonne année pour tous les cépages. Combien le vin va t’il se vendre sur les marchés mondiaux ?

    1. Ici aussi, le climat est bon… pour le miel.

      Comme tous les dimanches, je suis allé acheter du miel au mini-marché municipal. En plus d’apprécier, nous aidons l’apiculteur local.
      Il n’avait plus du miel crémeux habituel. Tout vendu. Il me propose d’essayer du miel de sapin. Je lui fait part de mon essai assez lointain: trop dur au palais à mon goût.
      « Oui, mais cet année il est très doux… »
      Surprise.
      « C’est à cause du climat, vous comprenez, parce que cet été il a beaucoup plu. »
      Surprise plus intense.
      II m’explique le travail des abeilles sur les sapins. J’ai pas tout compris sauf que ce travail est différent de celui avec les fleurs (?) et « beaucoup d’eau, beaucoup de sève diluée ».
      Faisant confiance à ses connaissances professionnelles que j’espère meilleures que ses observations météorologiques estivales, et une polémique semblant hors de propos, j’ai acheté le miel proposé.
      De fait, il est très bon.
      Pluie ou pas pluie, le temps (durée) doit aussi, et peut-être surtout, atténuer la sensibilité de mes papilles gustatives.

    2. M. Chevalier,
      Il devient nécessaire de faire les comptes pour avoir un aperçu sur les rendements de façon à mesurer les quotas attribués par exploitant sinon le surplus est à jeter.

    3. Degre élevés et fort ensoneillement sont loin d etre synonymes de vin au top… j ai eu vinifie des merlots et des cabernets sur Ronda qui n ont jamais rivalisé avec les grands cru Bordelais (sauf peut etre pour le perit verdot). Un grand vin l est aussi par ses imperfections, notez que ça vaut aussi pour les personnes 😉 Quand aux prix : 25% de moins pour conserver les parts de marché US…

      1. Et vous vous êtes encore une fois coltiné cette funeste prophétie. Dur dur d’être clairvoyant de nos jours.

      2. @Juannessy

        Votre chaleureux sourire, entre autres, restera toujours vivant dans mon esprit, dans mon âme et dans mon coeur.
        Liberté, égalité, fraternité étendue au vivant !
        Merci Juan !

  5. Marrante ton histoire de grands groupes nomades Cédric. Y a une forme de poésie la dedans. Mais, un truc au fond de moi, mon intestin ?, me dit que non, ça ne se fera même pas ainsi.

    Comme vous êtes pour la plus part des as, des kings, des boss, et comme j’ai quant à moi, la lucidité et la capacité de raisonnement d’une sauterelle écrasée, je vous demande quelques réponses/aide, si vous voulez bien y consentir, à la réflexion suivante :

    – le problème étant à la fois physique (adéquation besoins/ressources sur ce bon vieux caillou intersidéral) et politique (rapport personnel et de groupe), quelles sont les données exactes disponibles quantitatives et qualitatives, pour apporter une solution simple et efficace sur ces deux plans ? Sachant que nous avons la contrainte complémentaire de trouver une maximisation du partage avec toutes les autres espèces.

    A ce sujet, j’ai une question subsidiaire, peut-être liée ou non, comment ce fait-il que les grand mammifères (les éléphants, rhinocéros, hippopotames, girafes, buffles) n’aient pas totalement disparu d’Afrique, très accessoirement d’Asie, à l’heure actuelle ils sont malheureusement en sursis, alors que toutes les autres espèces apparentées qui vivaient aux Amériques et en Europe ont elles disparues (suite certainement à la rencontre avec le super prédateur homo sapiens sapiens et de quelques bouleversements climatiques) ? Comment, en Afrique, s’est fait l’équilibre jusqu’à quasiment nos jours ?

    1. c’est très simple les africains n’ont pas encore le niveau de vie occidental et ils n’étaient que 100 millions en 1900 , ils auraient très bien pu vivre 1000 ans en équilibre avec leur environnement si ont les avait laissé tranquille

      1. Oui bah excuser mais les Africains sont nos frères, nous avons le même sang alors les laisser tranquille c’est pas dans notre nature.
        Si tout est amour et désir, alors nous les avons dérangé par amour. Reste à retravailler notre amour.
        Long et fastidieux.

    2. Je ne connais pas la réponse mais j’ai souvenir que les animaux ayant coévolué avec l’espèce humaine ont appris à s’en méfier et à l’éviter, et ont été sélectionné par l’évolution comme tels. Comme l’Afrique est le berceau de l’espèce humaine, c’est là qu’on trouve les espèces animales qui ont le plus long historique commun avec l’espèce humaine. Les continents explorés sur le tard par l’espèce humaine ont mis en contact une mégafaune qui n’avait jamais rencontré le superprédateur que nous sommes. Je crois que le dodo, l’aigle géant en Nouvelle-Zélande, et d’autres moa n’ont pas opposé une grande résistance aux chasseurs humains, contrairement aux girafes, rhinocéros et autres hippopotames qui savaient se méfier de nous. A vérifier donc…

      1. hahahaha , ben oui un rhinocéros ou une girafe peut très bien s’adapter et se nourrir dans les poubelles d’une ville , car ces bestiaux sont coursés par les chasseur cueilleurs depuis l’aube de l’humanité par des africains 🙂 qu’est ce qui faut pas entendre tout de même lol

  6. La première condition (nécessaire mais loin d’être suffisante) pour résoudre un problème est de le poser correctement.
    Le problème de l’effondrement de notre civilisation (plus ou moins) démocratique et (plus ou moins) confortable est simple et difficile.
    Le voici (oui je ressasse..): Destruction = PIB = POP*PIB/POP = POP*Pouvoir d’achat moyen.
    Il faut donc: diminuer la population et/ou diminuer le pouvoir d’achat. Remplacer le capitalisme par le soviétisme peut aider car le communisme est efficace pour imposer la misère et donc décourager les naissances.

    Question : si « se débarrasser du capitalisme » sauvera l’humanité, que proposent les jorionistes à la place ?
    Ce n’est pas la première fois que je pose en vain la question. Mais point n’est besoin de réussir pour persévérer…

    Ecoutez JM Jancovici: https://www.facebook.com/watch/?v=301084070542220

    1. Votre discours est un discours d’extrême-droite : on ne remet pas en cause les inégalités, et on réduit la population, et le tour est joué. Votre conclusion est sans ambiguïté, vous ne remettez pas en question le capitalisme, puisque vous excluez par avance toute autre alternative. Pourtant vous êtes suffisamment coutumier de ce blog pour savoir que notre hôte ne prône pas une solution de type communiste, à moins qu’interdire la spéculation, prôner la gratuité pour l’indispensable c’est déjà beaucoup trop de changement pour vous.

      1. Et en feignant d’ignorer que le soviétisme n’est qu’une variante du capitalisme souffrant exactement des mêmes tares : productivisme et extractivisme forcenés, exploitation salariale, accumulation des richesses au profit d’un petit nombre, etc.

      2. Donc, selon vous, les mathématiques sont d’extrême droite ! 😉
        Vous semblez obsédé par les inégalités:
        Il y a deux façons de les réduire:
        1) Appauvrir les riches et donc diminuer le PIB (rappelons qu’au niveau mondial les bloggeurs PJ sont tous riches). Est-ce ce que vous proposez ?
        2) Enrichir les pauvres et donc augmenter le PIB, donc la destruction de la planète.

        J’ai lu les 19 propositions de « vers un nouveau monde ». Figurez vous que je les approuve toutes en principe !
        MAIS, comme ces propositions n’abordent pas la question démographique et qu’elles entraîneraient une augmentation du pouvoir d’achat des moins riches (au dépens par ex. de la spéculation réinvestie dans l’économie réelle) elles aggraveraient le problème environnemental. En fait, ces propositions amélioreraient le système que vous appelez capitaliste.

        Je vous propose d’écouter JM Jancovici ou Gaël Giraud (un jésuite pas d’extrême droite) si vous refusez de me comprendre.
        https://www.youtube.com/watch?v=n3LyVbGUFu4

      3. Hadrien
        Vous ratez l’essentiel de la philosophie, du cadre, des propositions pour un nouveau monde, voici ce que Paul Jorion y écrit en préambule :

        « Examinant toutes les pistes s’ouvrant devant nous, nous pourrions établir enfin les fondements d’une égalité authentique – non monnayée cette fois – en nous octroyant à chacun une place sur cette terre : celle d’êtres ayant le droit de jouir des bienfaits de celle-ci, dès lors qu’elle les a prodigués à tous sans exception. »

        C’est bien autre chose que d’augmenter le pouvoir d’achat qu’il s’agit. Alors ne faites pas semblant d’être d’accord avec des propositions qui définissent un tout autre cadre que celui actuellement en vigueur.

    2. En fait je crois pas qu’il voulait dire « que proposent les jorionistes » car tout est là…
      mais plutôt : comment faire pour qu’ils Que leurs mesures soient prises?

    3. Denis Kessler, votre penseur à deux balles, vot’ bon maître, ennemi de la résistance surtout quand elle est communiste. Puis on crois rêver, les travailleurs devraient sans doute vous lécher la main et marcher à quatre pattes comme vos cabots ? Mais joli spectacle de vous voir suffoquer dans le jus noir de votre ressentiment.

    4. Lordon vient justement de publier un nouveau billet de blog contenant la réponse à ce genre de commentaire. Je crains fort en revanche qu’il ne manque pas d’écorcher au passage d’autres personnes ici (cf. « l’anthropocène »).

  7. Aïeaïeaïe je viens d’apprendre par une conférence de Bruno Latour que sur notre belle planète terre nommé Gaya,
    Toutes les infrastructures humaines dans leur globalité, et ça en fait des choses,
    pèse plus lourd que toute la biomasse réunie.

    Ça donne une idée de l’ampleur de la tâche que nous avons à accomplir.

  8. Radicale ou non, l’incertitude (qui ne veut pas dire l’incompétence) fut en fait historiquement le lot des paysans depuis que l’agriculture existe, sauf pendant la parenthèse récente dans laquelle des ingénieurs ont cru qu’on pouvait tout gérer à coup de npk, de round up ou d’éclairages artificiels. Le retour à une paysannerie désormais non-plus dépossédée de ses savoirs mais attentive à ce qu’elle fait et ce que ça produit sur l’environnement est en fin de compte plutôt une bonne nouvelle (sauf pour ceux qui ont fait leur fortune sur le système précédent, bien entendu).

    Sauf à considérer que la pertinence d’un bocage multiséculaire ait été un « heureux hasard », on est en droit de penser que les paysans ont su ce qu’ils faisaient, à un moment donné, et ont su s’adapter à une situation particulière et parfois innatendue. Il n’y a pas de raison pour que les paysans contemporains ne soient pas capables de la même chose, s’ils ne s’enferment pas dans un certain système (le capitalisme, par exemple).

  9. Les années à venir ouvriront la période la plus bouleversante qu’aura jamais vécue l’humanité en si peu de temps. L’effondrement de notre civilisation industrielle s’y produira à l’échelle mondiale. Précurseur de la collapsologie, Yves Cochet nous fait vivre, en historien du futur proche, ce moment de grande transition.

    Il se propose d’examiner les origines écologiques, économiques, financières et politiques de cet effondrement, et, surtout, leurs relations systémiques. Car ce sont ces liens entre causes qui transforment une petite faiblesse quelque part en un effondrement global, une épidémiologie des dominos qui tombent les uns après les autres, dépassant ainsi les seuils de nos « limites planétaires ».

    Petite cause, grandes conséquences. Dans son « scénario central », le scientifique décrit et incarne les étapes de l’effondrement depuis les années 2020 jusqu’aux années 2050. Parmi celles-ci, citons la réduction drastique de la population mondiale, la ruine des États, incapables de gérer les questions de santé ou de sécurité, la fin des énergies fossiles et nucléaire, le passage obligé à une alimentation plus végétale, plus locale, plus saisonnière, ou encore l’avènement d’une mobilité low tech.

    Cet ouvrage répond à certaines des questions qui surgissent lorsqu’une telle perspective sans retour devient évidente. Comment diable se fait-il que les dirigeants du monde aient ignoré cette perspective ? D’où provient cet aveuglement au futur proche, ce déni de réalité ? Y aura-t-il encore une humanité civilisée en 2050 ? Quelles sont les institutions qui garantiront aux humains de faire société ? Dans quelles conditions de vie subsisteront-ils ?

    http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Devant_l_effondrement-9791020907370-1-1-0-1.html

  10. L’ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement publie Devant l’effondrement, essai de collapsologie (ed. Les Liens qui Libèrent). En s’appuyant sur les rapports du GIEC sur le climat, et les rapports de l’IPBES, il propose une vision radicale des bouleversements liés au changement climatique que l’humanité va être amenée à vivre.
    Pour annoncer le phénomène de l’effondrement de la société industrielle et du monde tel que nous le connaissons, il décrit les relations systémiques sur lesquelles l’humanité repose et les phénomènes d’entrainement à venir.
    https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-09-octobre-2019

  11. Nom Monsieur , une équation n’est ni de droite ni de gauche , vous aurez beau retourner le problème dans tous les sens vous retomberez toujours sur les mêmes variables

  12. « Quelle serait la nouvelle éthique de ce temps de l’incertitude radicale ? On peut prédire en tout cas un grand succès au Bouddhisme et au Stoïcisme, ainsi qu’au Tao, pour accompagner ces « collapsonautes ». »

    Ah bon ? Et pourquoi donc ?
    Et qu’est ce qu’un berger touareg ou un berger pyrénéen voire m^me sicilien, dont le sens de l’adaptation aux incertitudes aussi radicales que violentes et imprévisibles de la Nature, ne sont plus à démontrer, en ont à faire de ces digressions idéologiques hors-sol ?

  13. « Paul Jorion y écrit en préambule :

    « Examinant toutes les pistes s’ouvrant devant nous, nous pourrions établir enfin les fondements d’une égalité authentique – non monnayée cette fois – en nous octroyant à chacun une place sur cette terre : celle d’êtres ayant le droit de jouir des bienfaits de celle-ci, dès lors qu’elle les a prodigués à tous sans exception. » »

    Question: définissez les  » bienfaits de celle-ci »:
    Chacun des 8 milliards de terriens (bientôt plus) doit il jouir(durablement) selon P Jorion de:
    – Un belle villa sur son grand jardin ?
    – Un superbe SUV rutilant ?
    – Des vacances en avion sur des plages lointaines ?
    – De nourriture (viande..) saine, goûteuse et surabondante ?
    – Du tout à l’égout ?
    – D’énergie à gogo ?
    – Etc.. (voir la pub) ?

    Si oui, c’est impossible pour 8.000.000.000 d’individus !
    Si non, P Jorion veut diminuer ce que 99.x % des gens appellent « pouvoir d’achat ».

    A fact is stronger than a lord mayor.

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