Vie quotidienne – Publicité et capitalisme

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Parmi les propositions que certains membres de la Convention citoyenne pour le climat ont décidé de faire fuiter (j’imagine pour tenter d’empêcher un enterrement de première classe – mais je n’en sais rien) :

– Panneaux publicitaires prohibés « dans les espaces publics extérieurs », hors l’information locale ou culturelle
– Mention obligatoire dans toutes les publicités : « En avez-vous vraiment besoin ? La surconsommation nuit à la planète »

Ma question : « Selon vous, l’application de telles mesures porterait-elle un coup fatal au capitalisme ? »

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71 réflexions sur « Vie quotidienne – Publicité et capitalisme »

  1. Du crieur à la réclame , de la réclame à la publicité , la publicité partout sur tout et par tous support , la publicité vers la propagande , la liberté d’information …

    Il me semble que la « publicité » ( rendre public) mérite d’être mieux « politisée » au sens noble s’il y en a un , et ses attributs mieux débattus :

    – protection des non adultes ,
    – gestion de l’espace supportable ,
    – contrôle démocratique des contenus et des domaines d’emploi ,
    – contrôle de la justesse des messages ( la pub art du mensonge )
    – appréciation de l’idéologie derrière le message (propagande , idéologie marchande consciente ou pas ,…)

    1. S’agissant « de pub et capitalisme  » , c’est l’ application du dernier item qui donne la voie qui vaut pour le capitalisme mais aussi pour toutes les propagandes qui utilisent l’artifice et tous les supports de la pub pour  » vendre » leur camelote .

      C’est un peu la même démarche que celle que Paul Jorion poursuit s’agissant de l’idéologie cachée derrière la
       » science économique » ou les règles comptables .

    2. Vous jouez sur les mots. La pub ne « rend pas public », elle manipule pour faire vendre des produits qu’au départ les gens n’auraient pas achetés.
      C’est parce qu’elle repose sur des techniques de manipulation mentale, et parce qu’elle forge de toutes pièces des « besoins » inexistants, donc une consommation superfétatoire qu’en tant qu’espèce nous ne pouvons plus nous permettre, qu’elle représente un (double) crime contre l’humanité. Les sectes sont bien interdites au premier de ces motifs.
      Quant aux mesures que vous préconisez…
      – il est concrètement impossible d’en protéger les enfants (le mot est devenue grossier?) : essayez donc de les empêcher de voir les panneaux publicitaires omniprésents dans notre environnement ;
      – pourquoi les adultes, cible principale de la pub, ne devraient pas en être protégés, eux ?
      – contrôle démocratique : allez, encore un n-ième comité Théodule du style CSA… Les gens (le demos) ont autre chose à faire que de perdre du temps à ce genre d’enfantillages ;
      – contrôle de la justesse : ce n’est pas le mensonge (connu, reconnu) qui est en cause, c’est la manipulation.
      Ou alors, appliquons le même genre d’approche à l’interdiction de la spéculation financière réclamée par Paul… Décidément, l’après-covid n’est effectivement pas pour demain !

      1. – Publicité vient formellement de l’adjectif public , et au XVIII ème siècle publicité veut dire diffusion des lois et autres actes légaux . L’histoire de la déformation du sens du mot est en soi riche d’enseignement sur nos mœurs , comportements et économies . On parle encore de publicité légale dans le seul sens originel du mot qui aurait du perdurer . C’est quand l’envie de convaincre le récepteur est venu subrepticement se glisser dans le mot comme un cheval de Troie , que « la pub » est devenu du teasing et de la propagande , et que la liberté d’expression est devenu Laliberté du loup dans la bergerie .

        – j’ai employé le terme d’adulte car c’est, sous nos latitudes , la frontière théorique qui définit la Responsabilité civique . Vous récusez cette notion ? L’affichage sur domaine public doit bien évidemment être « pensé » en fonction de cette contrainte . A quel type d’affichages actuels faites vous référence ?

        – Contrôle : pas besoin de comité Théodule , il suffit de lois et de décrets , de la force publique pour les faire respecter , d’une justice pas trop surchargée pour pondre des sanctions . Ces lois et règlements existent d’ailleurs ( j’ai donné le lien supra ) sur les conditions d’implantations des supports de publicités , pré enseignes ou enseignes ou mobiliers urbains , mais ça se limite à ça . La loi doit se montrer beaucoup plus futée et intrusive sur les autres média .

        – Je n’ai pas la vue assez aiguisée pour faire la différence entre mensonge et manipulation , mais je sais que si on est capable de définir ce qui est exact , on peut et on doit sanctionner les deux autres .

        -Paul Jorion pourra sans doute confirmer qu’il sait distinguer dans la spéculation ce qui est observable et « juste » , de ce qui est pari sans fondement et enrichissement sans cause .

        – Le plus  » clé de voute » c’est notre capacité à détecter et museler l’idéologie potentiellement sous jacente aux messages , car c’est ce décillement du regard démocratique qui peut donner l’envie d’agir et de légiférer , tout en gardant la liberté d’expression , dans ce domaine comme dans les autres .

  2. Bien sur que non ! ça peut se vendre tout ça : Monsieur je vois que vous êtes intéressé par notre nouvelle gamme de développement durable 🙂

  3. A la concurrence libre, symétrique et non faussée, OUI.
    Les jeunes ne jurent que par les influenceurs, qui eux ne jurent que par la gloire des like et du pognon.
    Bientôt vous aurez des qr-code sur ces panneaux, alors je sais pas.

    1. Il faudrait distinguer les biens de consommation « prêt-à-porter » et « outils ».
      Les premiers sont dans le jeu des influenceurs et une voie nouvelle doit être tracée pour ceux là.
      C’est pour les « outils » (au sens large, donc) qu’on peut imaginer que des « usagers » (et non des « influenceurs ») soient les « opérateurs d’information ».

      1. La solution économique, écologique et fun.

        Quand le téléphone portable pointe sa caméra sur le qr-code, son propriétaire participe automatiquement à une loterie, et visualise soit une publicité ciblée sur son profile ou une vidéo de chat. Le gros lot aléatoire, pour faire croire que t’es un gros chanceux, une fois sur trois en répondant correctement à la question débile sur le contenu débile du spot débile t’as un rabais qui n’en est pas un, mais ça t’es trop débile pour l’intégrer.
        Il n’est pas beau l’avenir des affiches publiciataires.
        En résumé, plus on contraint le message publicitaire (voir paquet de cigarettes) plus le marketing descend la hiérarchie des émotions, pour atterrir au niveau limbique. Peut-être un génie franchira même cette barrière pour atteindre le niveau végétatif.
        Tous des légumes, j’ai du raté l’étape insecte, pas grave qui peut le moins peut tout en marketing.

  4. Il n’y a pas que les publicités et panneaux et écrans, il y a aussi les réductions et promotions, les « incitants aux achats spontanés ». En Belgique la ministre veut les autoriser à nouveau. Cela avait été refusé pour éviter les cohues. Puis autorisé pour les anciennes promotions non finies. Ici, on veut tout rétablir : « La ministre a précisé qu’elle avait déjà proposé au Conseil national de sécurité la semaine dernière de permettre aux supermarchés d’accorder des réductions, mais une décision sur ce sujet a été reportée à la session de vendredi à venir. « Permettre des réductions et des promotions doit faire partie de la relance des entreprises et de l’économie », a ajouté la ministre.  » (RTBF).
    La relance sauvage, des forts pour écraser les faibles, qui « failliront ».

  5. S’il vous plaît P Jorion, une petite vidéo sur le pétrole, le cataclysme économique etc. demain ! ?

    1. César Birotteau l’avait précédé en 1812 !

      On pourrait aussi citer Henri Laborit ( l’homme imaginant , la notion de besoin ) avec une citation qui peut compléter « Le Prix  » :

       » …le prix de l’objet n’est plus celui de son coût de production , mais celui du désir qu’il provoque chez celui qui cherche à le posséder « .

      1. @juannessy

        Du même Henri:
        « Parce que nous avons appris à connaitre les lois de la gravitation, nous avons appris à voler et à nous libérer de l’attraction terrestre. De même, c’est par la compréhension des lois qui régissent son système nerveux que l’on pourra espérer, un jour, voir l’humanité se transformer ».
        Enfin en ce moment, c’est plutôt « éloge de la fuite » de pétrole… 🙂 😐

        Mais dans ‘le désir de posséder’ ne pas oublier le ‘vendeur’ !
        « Le plaisir d’un vrai vendeur, c’est de vendre à des gens qui n’ont absolument pas besoin de ce qu’on leur propose ou qui n’ont pas de quoi se le payer, quand ces deux cas son réunis, alors c’est là que le sport commence ». 😉
        JP Marielle dans dans un ‘nanar culte’ dont j’ai oublié le titre…

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