Que sont les Évangiles ?

Dans le cadre de mon cours d’Anthropologie interculturelle à l’Université catholique de Lille, j’ai exposé jusqu’ici la succession des écoles anthropologiques, ainsi que le totémisme que l’anthropologie traita en tant que question de la « mentalité primitive ».

J’évoquerai ensuite la conquête du Nouveau Monde par les Espagnols ainsi que l’actualité brûlante du passé esclavagiste des États-Unis.

Je m’intéresserai enfin au rapport historique conflictuel entre le monde chrétien et le monde musulman. Le fait que mon enseignement se déroule dans le cadre d’une université « catholique » n’a pas déterminé cet objet : pas moyen de parler du rapport entre les cultures en éludant cette question là. Je parlerai donc des Évangiles, et de la même manière, du Coran, non pas en pamphlétaire ou en polémiste, mais puisqu’il s’agit d’un enseignement universitaire, « en savant » bien entendu.

Que sont les Évangiles ?

Les Évangiles sont quatre narrations de la vie de Jésus de Nazareth.

D’autres d’évangiles nous sont connus, qui n’ont pas été retenus par les pères de l’Église comme composantes du Nouveau Testament aux côtés des épîtres de Paul de Tarse et d’autres rédacteurs, des Actes des Apôtres, et de l’Apocalypse de Jean de Patmos.

Pourquoi les évangélistes Mathieu, Marc, Luc et Jean ont-il rédigé leur texte ? Et pourquoi tant de versions de la vie de Jésus ? Les évangélistes ont-ils copié l’un sur l’autre ? Y a-t-il à leur texte une ou plusieurs autres sources ?

Les exégètes se sont affrontés et entredéchirés sur ces questions durant deux millénaires. Pourtant la réponse est – comme c’est le plus souvent le cas – étalée là sous nos yeux. Luc fait en effet débuter son évangile par ces lignes :

Plusieurs ayant entrepris d’écrire l’histoire des choses qui ont été accomplies parmi nous, suivant le rapport que nous en ont fait ceux qui dès le commencement les ont vues de leurs propres yeux, et qui ont été les ministres de la parole, j’ai cru, très-excellent Théophile, qu’après avoir été exactement informé de toutes ces choses, depuis leur premier commencement, je devais aussi vous en représenter par écrit toute la suite afin que vous reconnaissiez la vérité de ce qui vous a été annoncé. *

Que dit Luc ?

« Des choses ont été accomplies parmi nous » : il s’agit de la vie de Jésus dont il va nous entretenir.

Certains « les ont vues de leurs propres yeux ». Il s’agit des témoins oculaires qui étaient là : les douze apôtres en particulier à l’exception de Judas Iscariote qui s’est pendu avant la crucifixion.

Ces témoins oculaires ont fait « rapport » : ils ont raconté l’histoire. Ils étaient « les ministres de la parole », ils servaient la parole : la relation qu’ils ont faite était orale.

« Plusieurs ayant entrepris d’écrire l’histoire des choses qui ont été accomplies parmi nous ». Plusieurs se sont attelés à mettre par écrit l’histoire de Jésus de Nazareth qui circulait jusque-là comme un récit, comme une récitation.

Bien qu’il s’abstienne de mentionner le nom de ses prédécesseurs, Luc fait comprendre qu’il n’est ni le premier évangéliste, ni non plus le second puisqu’il dit « plusieurs ayant entrepris » avant lui : il se joint à une entreprise dont il est donc, au mieux, le troisième participant.

Luc laisse entendre aussi qu’il n’est pas satisfait de la rédaction du rapport des témoins oculaires qu’il a pu voir : « afin que vous reconnaissiez la vérité de ce qui vous a été annoncé ». Il entend offrir sa propre version, sa valeur ajoutée personnelle étant d’avoir « été exactement informé de toutes ces choses ».

Qui donc l’aurait informé si « exactement » ? L’opinion commune est que Luc est par ailleurs le rédacteur des Actes des apôtres, le texte qui attribue à Paul de Tarse, dont on sait qu’il ne fut pas un témoin oculaire, le statut d’« Apôtre, à titre honorifique », pourrait-on dire.

Que de mystères historiques résolus en un instant à la seule lecture du premier paragraphe d’un des quatre évangiles !

* J’utilise systématiquement le texte de la Bible de Lemaistre de Sacy.

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61 réflexions sur « Que sont les Évangiles ? »

  1. Il n’y a donc pas que le recueil des statistiques mondiales sur le covid qui prête à discussion .

    Mais on sait dorénavant que rien n’arrête la sagacité d’un anthropologue pour réussir ,malgré tout , à mettre tout ça en perspective , et en tirer des lignes de forces .

    PS : je ne sais pas si c’est l’enthousiasme du déconfinement ( ouverture ) qui les frappe , mais il me semble que c’est un peu le bazar dans la chronologie des commentaires dans les billets .

    1. Luc écrit aussi ( en grec ) : » …vous en représentez par écrit toute la suite  » , ce qui sous entend qu’il va faire le récapitulatif exhaustif de tout ce que les « plusieurs » ont raconté avant lui , complété de ce qu’il connait par d’autres voies .

      Il me semble qu’il ne dit pas qu’il n’est pas satisfait de ce qui a été écrit avant lui , mais uniquement qu’il va en faire la compilation pour que le fameux Théophile se fasse son opinion .( qui c’est ce Théophile au nom prédestiné ?)

      1. Les originaux furent rédigés non en grec mais en hébreu: ce sont des midrashim (voir Bernard Dubourg principalement, mais aussi – pour les curieux sur le sujet – Vulliaud, Thébault, Tournaire, Mergui, Boullu, etc.)

        Ce qui résout aussi bien des « mystères historiques ».

      2. J’entends « toute la suite » comme « la suite complète ». La Bible du roi Jacques dit « to write an orderly account » : « rédiger un exposé méthodique ».

        Le fait est que Luc est souvent beaucoup plus complet que Mathieu par exemple. J’écrivais dans Défense et illustration du genre humain, p. 226 :

        … il est curieux que la parabole soit en général citée en tant que « parabole des talents » comme chez Mathieu, et non « parabole des mines » comme chez Luc, alors que la version de Luc est plus complète, plus cohérente, et contextualisée. Ainsi, chez Mathieu elle n’est pas introduite mais citée de but en blanc, sans avant ni après, bien des détails présents chez Luc étant également ignorés. On ne sait pas non plus chez Mathieu à qui la parabole s’adresse et ce qu’il s’agit de faire comprendre à cet interlocuteur, alors que chez Luc, Jésus s’adresse spécifiquement à Zachée, « chef des publicains », un publicain étant ce que l’on appellera sous l’Ancien régime, un « fermier général » : un percepteur se rémunérant sur les sommes qu’il collecte.

        On est loin ici d’une compilation de ce qu’ont dit les autres évangélistes puisque ni Marc, ni Jean, n’en parlent et que Mathieu n’offre qu’un petit bout de ce qu’explique Luc, les sommes qu’il mentionne sont invraisemblables, et sont différentes pour les trois serviteurs, ce qui n’est pas pertinent pour l’histoire, suggérant une éventuelle mécompréhension de sa part. Dans ce cas-ci au moins : la parabole des talents, il s’agit clairement chez Luc d’une « suite complète » et d’un « exposé méthodique », absents chez les 3 autres, et non d’une compilation de ce qu’ils ont rapporté.

      3. @ Paul Jorion

        Probablement c’est intéressant d’attirer votre attention au blog de Jona Lendering, un des grands ¨oudheidkundigen¨ aux Pays-Bas.

        Deepl nous traduit une section de https://mainzerbeobachter.com/2020/04/03/synopsis/ :

        quote
        Tous ceux qui ont lu le Nouveau Testament auront remarqué qu’il contient pas mal de répétitions. Lorsque vous sortez l’évangile de Matthieu, Marc semble être un extrait et Luc le répète dans des phrases plus élégantes. Ce n’est qu’avec l’évangile numéro quatre, Jean, que vous remarquez qu’il aurait pu être dit différemment. Il n’est pas surprenant qu’un Augustin ait eu au départ une mauvaise opinion des évangiles. D’ailleurs, la caractérisation de Marc comme un extrait de Matthieu semble venir de lui.

        Les trois premiers évangiles sont parfois appelés « synoptiques » car, à première vue, ils disent la même chose. A y regarder de plus près, ce n’est pas vrai, car Matthieu, Marc et Luc ont trois perspectives complètement différentes. Vous obtenez cet aperçu supplémentaire en comparant les trois textes en détail. Avant cela, il existe des livres dans lesquels les évangiles ne sont pas placés l’un après l’autre mais l’un à côté de l’autre. Un tel livre s’appelle un synopsis. Voir ci-dessus pour une page aléatoire : trois textes l’un à côté de l’autre et au bas des variantes de texte.

        Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator
        unquote

      4. Oui, toutes ces comparaisons de texte ont été faites. Ce qui est plus intéressant de mon point de vue, c’est d’envisager ce qui se passe à ce moment là comme n’étant précisément pas une histoire de « textes », mais comme le dit Luc, de transformer une histoire qui circule jusqu’ici comme un récit en un texte : « Plusieurs se sont mis à écrire maintenant cette histoire comme ils la connaissent, mais je ne suis pas satisfait des versions que je vois : je connais mieux cette histoire qu’eux car je dispose d’une meilleure source (= Paul), et je vais moi aussi mettre cela par écrit, et on verra que ma version est plus complète et l’exposé plus méthodique ». Ce que chacun peut en effet constater…

      5. @Jorion
        Vos propos interrogent .
        « Plusieurs se sont mis à écrire maintenant cette histoire comme ils la connaissent, mais je ne suis pas satisfait des versions que je vois : je connais mieux cette histoire qu’eux car je dispose d’une meilleure source (= Paul), et je vais moi aussi mettre cela par écrit, et on verra que ma version est plus complète et l’exposé plus méthodique »

        Est ce bien des méthodes savantes que de prêter à Luc des intentions qui ne sont pas prouvées ?
        On dépasse là la simple lecture.
        Pourquoi utiliser la Bible de Lemaistre de Sacy ?
        Et enfin , tireriez vous les mêmes conclusions d’une autre Bible?

        « EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT LUC
        01 BEAUCOUP ONT ENTREPRIS de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,

        02 d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole.

        03 C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi,

        04 afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. »

        https://www.aelf.org/bible/Lc/1

      6. « Une autre Bible », non il n’y en a qu’une !

        La version que vous nous montrez là, je suppose que c’est pour nous faire rire. C’est fait !

        J’utilise les traductions sérieuses : de Sacy en français, équipe de la Bible du roi Jacques en anglais. Pas encore trouvé de contradictions entre elles (j’avais déjà fait l’exercice pour la parabole des talents, aucune contradiction non plus).

        P.S. J’avais utilisé la même méthode des traductions mises en parallèle pour Aristote dans Comment la vérité et la réalité furent inventées, causant même quelques soucis chez Gallimard en rectifiant des traductions françaises devenues canoniques (les traductions classiques anglaises sont globalement significativement meilleures).

      7. @Jorion
        Merci de votre réponse qui me permet de cerner le pourquoi de vos étranges déductions en matière religieuse.
        Dans «  la Bible pour les nuls «  du théologien Eric Deminal , on peut découvrir le nombre de Bibles.

        Croire qu’il n’y en a qu’une de sérieuse parce que sans contradictions (selon votre analyse ) vous fait partir d’un postulat , et surtout baser vos raisonnements sur des idées un peu vieillottes ( Sacy 1780 et quelques …) Idées qui ont peu à voir avec l’auteur de « Laudato si «  , document délivrant les mêmes convictions écologiques que vous.
        Ce type d’erreur pousse à l’amalgame entre ceux qui font dire n’importe quoi aux textes sacrés , et ceux qui font en sorte que les Évangiles atteignent leur but. A savoir , à travers le récit de la vie de Jésus , comprendre comment donner de bons fruits.

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Isaac_Lemaistre_de_Sacy
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Cornelius_Jansen

        L’actualité prouvant une fois de plus que le sérieux d’une bible est plus à rechercher entre l’arbre et ses fruits.
        « Main sur la Bible mais prêt à donner l’ordre à l’armée »
        https://fr.euronews.com/2020/06/02/trump-ne-contient-pas-sa-fureur-il-menace-de-deployer-des-milliers-de-soldats-dans-washing

      8. Ah, si Luc est médecin, et un peu historien,
        alors il y aurait du Luc dans Georges Canguilhem
        (Dr en médecine, qui n’exerça pas).

  2. Luc était le secrétaire de Paul.
    Les apôtres étaient eux de simples pêcheurs.
    Paul n’a pas connu Jésus. Il n’était pas du premier cercle. De ce fait il a pu être quelque peu éconduit, ostracisé, dans sa démarche pour porter « la bonne parole ».
    Luc non plus n’a pas connu Jésus. « Embarqué » aux côtés de Paul, il a du prendre à coeur sa mission et redoubler d’ardeur pour servir son maitre dans cette quête particulière.

    Moi-même je n’ai pas connu Jésus. Ni Luc, ni Paul.
    (Rires).
    Pour autant j’en cause… doux Jésus !
    C’est ballot. J’en conviens.

    1. Paul a connu le Christ.
      http://www.maria-valtorta.org/Personnages/SaulPaul.htm
      http://www.maria-valtorta.org/Publication/TOME%2005/05-028.htm

      Saül est un élève du centre de formation rabbinique de Giscala, centre réputé en Haute-Galilée. Jésus l’aperçoit quand il s’y rend (Tome 5, chapitre 28). Saül se retrouve plus tard parmi les bourreaux d’Étienne, son ancien compagnon, élève, comme lui, de Gamaliel.

      Saül est laid. Le portrait, dressé par Maria Valtorta, est sans concession : « Il est petit, trapu, presque rachitique, avec des jambes courtes et grosses, un peu écartées aux genoux. Ses bras sont courts et musclés comme les jambes. Le cou, petit et trapu, porte une tête grosse, brune, avec des cheveux courts et rêches, des oreilles plutôt écartées, un nez camus, des lèvres épaisses, des pommettes hautes et saillantes, un front bombé, des yeux sombres, plutôt bovins, sans douceur, mais très intelligents sous des sourcils très arqués, épais et hérissés. Les joues sont couvertes d’une barbe hirsute comme les cheveux, très épaisse et courte. Peut-être à cause de son cou, il paraît légèrement bossu ou avec des épaules très voûtées » (Tome 10, chapitre 30).

      Il est le plus furieux des furieux contre Étienne. Il est impossible de décrire la férocité de son visage.

      Selon Maria Valtorta, il est légèrement plus jeune que Jésus. Lorsque celui-ci a 12 ans révolus, Saül n’est qu’un enfant (Tome 10, chapitre 30).

      1. Même remarque : les hypothèses de Maria Valtorta sont le produit d’une vision. Une vision est une source d’information surnaturelle, or je me cantonne au naturel.

      2. « Surnaturel / naturel ».
        Sais pas ce qui pousse ou ce qui poussait comme plantes dans le Sinaï, mais l’utilisation médicinale devait avoir des effets secondaires… 🙂

    2. Luc non plus n’a pas connu Jésus. « Embarqué » aux côtés de Paul, il a du prendre à coeur sa mission et redoubler d’ardeur pour servir son maitre dans cette quête particulière.

      Du coup, Hervey, ce que tu dis de Paul est à la fois vrai et faux. Mais globalement vrai. Ce qu’il sait du Christ, il le sait… de manière mystique.

      Luc, en revanche, a PARFAITEMENT connu le Christ. Je ne sais pas où tu vas pécher ça !
      http://www.maria-valtorta.org/Personnages/Evangelistes.htm
      « Je vais maintenant t’expliquer deux points de l’Évangile, l’un de Matthieu et l’autre de Luc. En réalité, il s’agit d’une seule parabole, mais exprimée avec quelques différences. Il ne faut pas s’étonner qu’on trouve de telles différences chez mes évangélistes. Lorsqu’ils écrivaient ces pages, c’étaient encore des hommes, déjà élus mais pas encore glorifiés. Ils pouvaient donc commettre des bévues, faire des erreurs, de forme et non de substance. Il n’y a que dans la gloire de Dieu qu’on ne se trompe plus. Mais pour l’atteindre, ils devaient encore beaucoup lutter et souffrir.
      Un seul des évangélistes rapporte ce que je dis avec une exactitude phonographique. Mais c’était le pur et l’amoureux (Jean) …. »

      1. Sur la parabole des talents (des « mines » chez Luc), la version de Mathieu apparaît essentiellement comme une version incomplète de celle de Luc. La mise en écriture par les évangélistes intervient ± ½ siècle après les événements relatés. ½ siècle, c’est presque 2 générations, ce qui implique non seulement nécessairement des pertes mais aussi, comme l’avait fait remarquer Max Müller au milieu du XIXe siècle, des reconstructions imaginatives pour rétablir une cohérence là où elle a disparu du fait des déperditions qui sont intervenues.

    3. « Moi-même je n’ai pas connu Jésus. Ni Luc, ni Paul. »

      N’en est-il de même de tous les événements et personnages du passé ? Nous ne les connaissons que de seconde main. C’est cela l’histoire. 

    4. Irénée de Lyon (vers 180 apr. J.C.) identifie Luc au médecin bien aimé parmi les compagnons de Paul, en se basant sur L’épître aux Colossiens (4.14) où Paul termine sa lettre par les salutations : « …Luc, le médecin bien-aimé, vous salue, ainsi que Démas… » (Cf La Nouvelle Bible Segond – édition d’étude)

  3. A la sociologie, la psychanalyse, l’anthropologie, la philosophie et toutes sciences sociales et métaphysique je demande un état des lieux avec votre public – tous ces savoirs que je ne délégitime point ou se déversent-ils ?
    Pourquoi, alors que nous comptons sur cette terre autant si ce n’est plus, de penseurs en tout genre sur l’humanité que l’histoire accumulée n’en a supportée – cette humanité se trouve dans un tel désarroi existentiel ?
    Pourquoi la religion reste-t-elle le seul recours solide des désespoirs ?

  4. Paul, tout est là-dedans.
    http://www.maria-valtorta.org/

    A aucun moment Luc n’a eu Paul pour source ! Il a simplement fait un travail d’enquête, d’historien, auprès de ceux qui avaient connu Marie, Joseph et le Christ dans sa vie d’avant la prédication. C’était une très petite communauté. Ca n’était pas difficile.

    Pendant leur temps auprès de Jésus, à divers moments ils prennent des notes.
    Mais les notes qu’ils prennent, on s’en rend compte en le lisant, ne se doutant pas que le Christ serait crucifié, concernaient surtout Ses enseignements (la Nouvelle Loi, spiritualisation de l’Ancienne).
    Aussi furent ils pris au dépourvu quand ils durent ensuite évangeliser.
    Car il fallait alors restituer leur histoire/compagnonnage en + de cet enseignement, histoire qui avait en plus une dimension eschatologique/theologique. Ceci, d’autant qu’ils n’étaient pas toujours au complet pour tous les éléments importants, certains ayant été envoyés réaliser telle ou telle chose (souvent, rendre visite à tel ou tel parent ou membre de la nouvelle communauté de disciples).
    Chacun des Evangelistes a raconté cette histoire de la manière qui lui semblait la plus à même de raliser les conversions, en fonction de ses capacités et de sa compréhension personnelle.

    Sur le style de Luc (sens du passage de l’Apocalypse selon St Jean qui y a trait) :
    « http://www.maria-valtorta.org/Quaderni/ApocalypseF.htm »
    « Mais si les anciens prophètes ne virent que l’Homme-Dieu, quelques autres virent l’Homme-Dieu porté sur son trône par ses principaux confesseurs, les quatre évangélistes, dont l’aspect symbolisait leur nature spirituelle: Matthieu, l’homme, entièrement homme par le passé et homme pour décrire le Fils de l’Homme; Marc, le lion, par son annonce du Christ aux païens plus encore que par sa description du temps du Christ par son évangile, dans lequel pourtant, en lion, il préféra faire ressortir la figure du divin Thaumaturge plutôt que celle de l’Homme-Dieu comme Matthieu l’avait fait. Et cela dans le but de stupéfier et de conquérir les païens, toujours séduits par ce qui tenait du prodige.
    Luc, patient et fort comme le bœuf pour compléter, par des recherches patientes jusque sur ce qui avait précédé l’œuvre apostolique proprement dite du Christ et de ses disciples, l’œuvre de Dieu pour le salut de l’humanité ».

    Plus généralement , à propos des pseudo contradictions/différences entre les Evangiles. Elles sont toutes levées/dissipées, sans exception il me semble.
    http://www.maria-valtorta.org/Travaux/Datation.pdf
    « Une analyse attentive et scrupuleuse de son récit permet de réfuter les prétendues incohérences que certains attribuent
    aux quatre évangélistes. Non seulement, sans jamais paraître en avoir elle-même conscience, Maria
    Valtorta donne une réponse probante aux légitimes interrogations, mais en plus elle met
    magnifiquement en évidence l’extraordinaire harmonie des récits des auteurs inspirés.
    Pourra-t-on maintenant imaginer un autre système de datation qui prenne aussi bien en compte,
    dans un ensemble logique et convaincant, non seulement toutes les données du Nouveau Testament,
    mais également une telle masse de données externes issues de l’histoire et de la tradition ?  »

    La table des correspondances est ici, pour verifier point par point les pseudos contradictions ou différences éventuelles.
    http://www.maria-valtorta.org/Travaux/Evangiles-Valtorta.pdf

    De tous les disciples, Jean etait, de TRES loin, celui qui avait la plus grande intimité avec le Christ et la meilleure connaissance biographique et même theologique (supérieure à celle de Paul qui étudia 10 ans pour se mettre au niveau : Paul n’invente strictement rien. Tout ce qu’il dit est chez Jean. La seule différence, c’est le tempérament. Jean est le soufle d’une brise légère, alors que Paul est… une tornade, un cyclone).
    C’est pourquoi, dans son Evangile, qu’il a écrit le dernier si je me souviens bien, il a tenu a rajouter les points qui lui semblaient essentiels et qui manquaient dans les autres et à replacer + parfaitement les éléments saillants de la vie de Jésus dans la perspective eschatologique du Salut qui est la sienne.

    1. Merci pour ces hypothèses. Elles sont le produit d’une vision. Il s’agit d’un mode d’acquisition des connaissances entièrement distinct de celui que j’utilise : la seule lecture des textes.

  5. Luc n’est ni le premier ni le dernier auteur à penser que sa propre version, de faits déjà rapportés par d’autres, est meilleure, plus proche de la vérité, que les versions précédentes. Je ne vois pas bien ce qu’il y a là de décisif.

    1. Il y a deux choses : 1) le fait que Luc considère que sa version est plus systématique (et/ou plus complète) que celles qu’il a vues (il en a vu au moins 2 puisqu’il dit « plusieurs ») ; 2) le fait que ce soit le cas si ce qu’il a vu c’est, comme nous, Mathieu, Marc ou Jean.

      1) Le fait que Luc considère qu’il est un bon auteur ne prouve en effet rien.
      2) Sur son affirmation qu’il est plus complet que les autres, oui : il a raison.

      Je n’ai rien dit – et je n’aurai rien à dire – sur le fait de savoir si les événements relatés se sont véritablement déroulés. Sauf bien sûr si des témoignages écrits contemporains des événements postulés (de l’an 1 à l’an 33) devaient être découverts.

  6. Bonjour!
    Puisque vous allez parler de Luc à vos étudiants, intégrerez-vous quelques mots sur Le Royaume, d’Emmanuel Carrère?
    Bonne journée,

    1. Je n’ai pas lu Le Royaume d’Emmanuel Carrère. Je sais que c’est une réflexion personnelle. Comme l’est aussi la « Vie de Jésus » d’Ernest Renan, par exemple. Mais je vais continuer de faire comme je l’ai fait pour la parabole des talents il y a quelques années : lire les textes dits sacrés en faisant abstraction de tous les commentaires, visions, etc. intervenus depuis, et tenter d’éclairer le sens s’il devait y avoir ambiguïté. Je ferai de même pour le Coran : je me contenterai de lire ce qui est écrit.

  7. « Ils étaient « les ministres de la parole », ils servaient la parole : la relation qu’ils ont faite était orale. »
    On pourrait entendre aussi bien : « qui dès le commencement les ont vues de leurs propres yeux, et qui ont été les ministres de la parole  » : les serviteurs de la parole du Christ, leurs dépositaires avec devoir de répandre ses dires. Et peut-être même : dépositaires de la parole elle-même et pas seulement « des choses qui se sont passées parmi nous ».
    Il tombe sous le sens que la relation est orale, me semble-t-il. « Plusieurs ayant entrepris » est un fait nouveau.
    Enfin, tout cela est la suite du discours de sublimation d’une population occupée, dominée, brimée, jadis exilée. « Oser lutter, oser vaincre » a dit un penseur chinois moderne !

  8. La version de Luc est plus complète. Mais sait-on si elle est pour autant plus juste ? Les compléments qu’il apporte aux autres versions peuvent aussi être là pour enjoliver le récit. Ça s’est déjà vu…
    Il n’y a pas récit d’un fait sans interprétation du fait en question.

    1. Les compléments qu’il apporte aux autres versions peuvent aussi être là pour enjoliver le récit.

      Décrire le contexte : où l’action se passe (à Jéricho), à qui Jésus s’adresse (à Zachée), pourquoi la foule est rassemblée et comment elle réagit, etc. ce ne sont pas des « enjolivements » du récit, c’est de l’information pertinente. Ou alors vous appelez aussi « enjolivements » les diagrammes et les statistiques dans un article scientifique.

      1. Un article scientifique passe par un comité de lecture qui, entre autres, valide diagrammes et statistiques.
        Et j’aime bien d’ailleurs cette comparaison d’un récit biblique avec un article scientifique, car quel comité de lecture ! : 2000 ans d’exégèse, de recherche historique, de réflexion philosophique, anthropologique, etc., qui dit mieux ?
        Et vous avez raison, ce ne sera jamais fini.

      2. Dans l’exemple de la parabole des talents, la démarche est concluante.
        À condition de se laisser guider par la vérité évangélique, c’est-à-dire l’innocence de la victime.

  9. « Que de mystères historiques résolus… »
    Vous dites bien. Luc fut, si je ne me trompe, le plus « historien » des évangélistes. Ce qui veut dire, ou laisse à penser, qu’il vérifia ses sources et recoupa les informations qu’il recueillît, du fait bien évidemment de n’avoir pas pu lui-même retranscrire mot à mot les paroles du Nazaréen.
    Ainsi donc, il serait peut-être bon de rappeler la chose suivante : que certains apôtres aient pu voir, entendre, toucher… Jésus de son vivant, c’est une chose ; mais savoir « restituer » ne serait-ce que la parole, comme celle dudit « Fils de l’homme », après sa mort sur la croix, est en réalité un travail de l’esprit, à chaque fois inédit, qu’il faut entreprendre. Du coup, je me demande si un historien ne doit pas être un peu « artiste » sur les bords, afin de recoller les morceaux du temps….
    Haruki Murakami : « Le passé, c’est comme une assiette brisée : on aura beau essayer d’en recoller les morceaux, on ne pourra jamais lui rendre son aspect d’antan. »

  10. Même si je comprends (et j’approuve) la volonté d’expliquer le texte en ne se fondant que sur celui-ci, je pense qu’il est risqué de le faire sans comprendre le contexte et la volonté de chacun des auteurs. Si Luc se présente en historien attaché aux faits, est-il par exemple un historien au sens de ce qu’on entends aujourd’hui? En tout cas, il ne peut faire preuve de l’objectivité revendiquée aujourd’hui dans un travail universitaire, puisqu’il a lui-même une vérité à apporter

    Pour aller plus loin, il serait faux d’envisager l’écriture des évangiles et leurs auteurs selon nos critères. En particulier en envisageant un récit purement chronologique, ou exhaustif dans les faits. S’inscrivant dans la culture de l’époque, ce sont d’abord des témoins ET des messagers, qui ont donc un message à délivrer. De plus chacun s’adresse à un public particulier. Par exemple Matthieu s’adresse à des juifs, et n’a donc pas à expliquer certaines coutumes ni certaines références, au contraire de Marc qui s’adresse plutôt à des non-juifs. De plus, ayant un message à apporter, il remodèle leur récit en fonction de celui-ci, rassemblant des faits parfois fort séparés chronologiquement, mettant ou négligeant les détails nécessaires pour appuyer leur discours. Ainsi, pour des lecteurs modernes, les quatre évangiles peuvent avoir d’importantes différences qui nous pouvons prendre pour des incohérences, voire des contradictions. De plus, pour nous, un récit historique est souvent perçu comme devant être chronologiquement cohérent, ce qui n’est pas du tout la préoccupation des auteurs.

    AInsi, connaître le contexte, la mentalité et la volonté des auteurs des Evangiles peuvent éviter des erreurs de lecture flagrantes si l’on est conscient de cela.

    1. Nous comprenons parfaitement ce qu’écrit Platon, nous comprenons parfaitement Aristote (au point que je me dise : « Il manque le diagramme. Il y a un mot manifestement mal traduit… »), nous comprenons parfaitement ce qu’écrivent les Évangélistes.

      Je dis en 2008 : « Il faut prendre au mot M. Sarkozy » ; je dis en 2020 : « Il faut prendre au mot M. Macron » ; je ne peux pas faire moins pour Luc l’Évangéliste 😉

    2. Y a t il un autre contexte que celui actuel de la course au NOMBRE de publications pour les financeurs, où les universitaires publieraient sans avoir une vérité à faire valoir ?! Sauf cette situation bien pathétique celui qui écrit en général cherche bien à exprimer des idées, non ?

  11. L’ancien testament est une histoire, peut être romancée.

    Le nouveau testament, la vie de Jésus, est un exemple (dans le sens de exemplaire)

    Le Coran, qui reprend [censuré] les deux testaments précédents est une forme de [censuré] (un genre de code civil étendu et impérieux).

    Note P.J. les mentions [censuré] sont dues au fait que j’ai beaucoup de pain sur la planche et voudrais éviter les distractions sur le blog du genre « guerre de religion », etc.

  12. Peut on par la seule lecture d’un texte en percer le sens ?
    Pour la poésie comme pour les évangiles , cela ne marche pas.

    Peut on se faire une idée de la vérité à travers un seul témoignage ?
    Cela voudrait que la vérité n’a qu’une seule facette .

    Peut on être certain de la bonne traduction de textes millénaires ?
    Non, si on n’en comprend pas le sens .

    Est qu’un Dieu Bon et Miséricordieux donnerait à comprendre ses mystères qu’aux seuls savants ?
    Si oui, il ne serait ni bon, ni miséricordieux , et encore moins dieu.

    1. Et si Bernard comprend le sens de textes millénaires, dieu est-il vraiment dieu ?

      Qu’est-ce donc que ce dieu d’ailleurs ? 4 petites lettres ?

      A ce propos, in fine le cas de luc fini en cul de sac !

      1. @cloclo
        Mieux vaut en effet s’adresser au plus simple des prêtres , au plus simple des saints , et non pas à ma personne.
        Je ne dis pas que je comprend, je dis qu’ils comprennent . Ils comprennent les textes millénaires bien mieux que des savants .J’en suis sûr parce qu’on ne reconnaît l’arbre qu’à ses fruits.

      2. @ cloclo
        Tu poses une deuxième question ,
        Tu me demandes , à moi qui le cherche , qui est Dieu ?
        Ceux qui l’ont trouvé disent qu’il est Amour .
        Je les soupçonne de plus en plus fortement d’avoir raison .

        Tu finis en laissant croire que l’ironie est ton seul crédo .
        Bien , à chacun ses croyances .
        Bonne nuit.

      3. Si on se fie à Kierkegaard , il ya trois types d’existence ( qui ne sont pas loin des trois ordres pascaliens ) :
        – la sphère esthétique ( jouissance , n’accueillir que ce qui est agréable)
        – la sphère éthique: ( morale , conscience , devoir )
        – la sphère religieuse ( tension vers un  » absolu » .
        Il énonce aussi que l’on passe de la première à la seconde par  » l’ironie  » qui nous prépare à la conscience de la finitude et pose les limites du corps ;
        On passerait ensuite de la seconde à la dernière par « l’humour » qui exprime le sentiment du néant , de la temporalité et du moi , qui  » fait le vide ».

        Ne privez pas Clo Clo de son ironie ( tant qu’elle ne se corrompt pas en sarcasme ) pour lui laisser une chance de partager Dieu avec vous ! Au moins selon Kierkegaard .

      4. D’accord . Je vais donc changer de pseudo pour m’appeler Men.
        Il aura ainsi le plaisir de commencer ses réponses à mes commentaires de façon humoristique.

    2. En « frappant » à la porte de Toute Connaissance, en implorant, la grâce peut être offerte à celui et ceux qui ont le cœur pur, puisque Jésus a dit :
       » Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu ; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu’en voyant ils ne voient point, et qu’en entendant ils ne comprennent point.  » Luc 8:10

      Mais Jésus a aussi expliqué qu’un cœur pur peut devenir plus « Savant » que de nombreux sages et érudits :
       » Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants.  » Matthieu 11.25

      Ainsi une Vision (spirituelle) leur est accessible :
       » Je suis venu dans ce monde pour un jugement, pour que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles.  » Jean 9.39

  13. Clairement, Luc souhaite témoigner selon la vérité, afin de témoigner des signes de reconnaissance de l’accomplissement des prophéties judaïques pour le stade de l’incarnation messianique en Jésus.

    Ainsi, Luc explique : « Des choses ont été accomplies parmi nous » et « je devais aussi vous en représenter par écrit toute la suite afin que vous reconnaissiez la vérité de ce qui vous a été annoncé. »

    Les prophéties, leur accomplissement et la reconnaissance des signes correspondants sont donc au cœur des préoccupations des saints :
    Cf : – « Ne méprisez pas les prophéties. » 1 Thessaloniciens 5.20
    – « Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants. » 1 Corinthiens 14.22
    Et de Jésus lui-même en vue du salut de tous, comme quand il admoneste certains ses contemporains « Il y aura de l’orage aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Vous savez discerner l’aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps. » Matthieu 16.3
    Etc .

    Cette dimension prophétique échappe souvent alors qu’elle est essentielle pour l’humanité.
    @Mr Jorion : Prenez-vous cela en considération ?

    1. Moi, prendre en considération la prophétie ? Vous plaisantez !

      Le 25 mai 2020 :

      J’ai accepté l’invitation de Pierre Pénet à venir m’expliquer au Colloque international de l’Institut d’études avancées de Paris intitulé LA PAROLE PROPHÉTIQUE : INTUITION, PRÉVISION, RÉFORME, en décembre de cette année.

      1. En vérité je vous le dis , comment le prophète pourrait il ne pas prendre la prophétie en considération ?

      2. Bien.

        @Mr JORION : Si donc vous êtes croyant y compris en ce qui concerne les prophéties, vous êtes sans doute sensible aux signes des temps présents et vous demeurez en état de « veille » quant au retour de l’Esprit de vérité annoncé notamment pour la fin des temps ! ?

        Bien que très occupé, vous avez sans doute apprécié le traité que je vous ai présenté de cet auteur qui, un peu à votre image, s’appuie sur ce que contiennent les textes sacrés (non pas en pamphlétaire ou en polémiste), mais en exégète avisé.
        Cf dans l’introduction, ce paragraphe : II / JUSTIFICATION DU CHOIX DES TEXTES POUR L’EXÉGÈSE DÉCISIVE, page : https://jesuslaresurrction.blogspot.com/2019/05/introduction.html

        J’espère que vous apprécié l’approche intertextuelle des Soutras, des Evangiles, du Coran, développée par un homme de conviction porté par une foi rare; je demeure convaincu que, si vous avez pris le temps de lire ce document (quelques 135 pages sans les annexes), vous avez trouvé là des arguments solides utiles à votre recherche et à celle de Pierre PÉNET, et indirectement, au présent sujet.

        @ Lectrices et lecteurs du présent blog : Je rappelle ici aux autres internautes que ce document (encore trop souvent négligé par le croyants et gens de bien) apporte une démonstration probatoire au sujet du Messianisme eschatologique universel.
        Un peu comme dans la continuité des œuvres de Saint Luc, des apôtres et des prophètes, ce document repose sur la vérité.
        Attention : Il ne s’agit pas d’un un simple syncrétisme infondé mais bien d’ une étude intertextuelle allant des Soutras au Coran, constituant une véritable synthèse au sens de René GUENON. On y trouve entre autres, la démonstration de convergence des Ecritures saintes des quatre principales religions en Jésus Christ, et notamment en ce qui concerne la période présente de la « fin des temps », « fin des temps » qui correspond en fait à une étape pour l’humanité, comme cela y est expliqué !
        Voilà pourquoi cette étude approfondie concerne au plus haut point l’Anthropologie interculturelle dont Mr JORION est un fervent ouvrier, et dont je vous conseille vivement la lecture.

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