8 réflexions sur « Le Peuple et l’État »

  1. N’a-t-on pas des épisodes autour de Babylone relatant à l’envi un rôle peu sympathique de l’Etat ?

    Bon, il ne s’agit pas d’injustice personnelle, mais de peuple à peuple (ou peuple à idole, pour faire comme si).

    La colonisation pour exploitation économique s’est en effet développé entre -600 et les temps de Jésus.
    (@arkao peut m’arrêter si je dis des bêtises).
    On est passé de l’importation pure et simple de matière humaine à davantage d’exploitation des ressources
    « en flux », le fret aidant.
    Ce n’est pas que les ressources ne voyageaient pas avant (sel de Halstatt, hachette de jadéite, …), c’est qu’on ne voyait pas de mettre un pays « en coupe réglée », une fois qu’on en avait fini avec la géguerre en temps que solution à des menaces plus « locales », aux frontières, ou pour l’accès à une ressource non loin d’une frontière.

    A vérifier, mais il doit y avoir un moment où cela bascule, dans l’esprit (naïf à souhait) de mes « théories écono-territoriales », (ici : https://www.pauljorion.com/blog/2015/05/04/une-explication-econo-territoriale-des-trente-glorieuses-par-timiota/ ),
    sujet où Pierre Charbonnier est venu rajouter d’épaisses couches de sens et de méditation (son dernier ouvrage : « Abondance et Liberté ») . …

  2. La première phrase m’a intrigué. Je suis allé voir Renan (merci pour la référence) et j’ai extrait ceci (qui précède) :
    « D’une part, le droit de tous les hommes à participer au royaume de Dieu était proclamé. De l’autre, la religion était désormais en principe séparée de l’État. Les droits de la conscience, soustraits à la loi politique, arrivent à constituer un pouvoir nouveau, le « pouvoir spirituel ». (…) Sorti de l’affirmation hardie d’un homme du peuple, éclos devant le peuple, aimé et admiré d’abord du peuple, le christianisme fut empreint d’un caractère originel qui ne s’effacera jamais. Il fut le premier triomphe de la révolution, la victoire du sentiment populaire, l’avènement des simples de cœur, l’inauguration du beau comme le peuple l’entend.  »
    Renan semble proposer que le christianisme est une victoire « populiste » et démocratique. Contre l’Etat et contre les Juges Israélites. Et qu’elle se maintient malgré les trahisons de l’église (nuance que que je n’ai pas extraite). Mais que dit-il du peuple, du beau selon le peuple, et qu’en sait-il ?
    Le Christ me semble plier la réalité de l’occupation romaine en y introduisant le fantasme du paradis, un leurre pour le peuple, une nouvelle loi morale échappant aux lois juives et romaines. Renan plie la réalité de cet homme pour en faire un meneur révolutionnaire mais « spirituel », en puissance. Que peut-on faire dire en surplus en s’appuyant sur deux dénis de réalité ?

  3. C’est bien suite à ce big bang que c’est mise en place petit à petit la grande « RECUP. »
    Aujourd’hui on dénonce la main mise du privé dans les rouages de l’Etat qui s’accaparent les richesses créées, mais très vite au tout début de la chrétienté, l’Eglise se constituant, au départ foyer de la contestation dans cet empire romain a vu monter en son sein des forces et des intérêts spécifiques plus animés pour constituer des contre-pouvoirs qui pour instaurer le message des Evangiles. Il y a là comme une fatalité qui perdure…
    Les premiers chrétiens en appliquant la chaine des liens frères et soeurs étaient contre l’esclavagisme qui servait d’énergie bon marché à l’enrichissement des dominants.
    Dans le changement de paradigme qui traverse notre époque ressurgissent des forces contestataires animées d’une philosophie commune et semblable à celle de ces temps anciens, confrontées au pouvoir… des « puissances établies ».
    La suite est à écrire comme dirait Luc le lettré.

  4. Ernest Renan a écrit aussi des choses sur les nations , qui devraient plaire à Denis Monod- Broca ……

  5. Ne serait il pas bienvenu de prendre le temps de définir Peuple / Etat/ Nation , comme vous l’aviez fait pour Capitalisme / Economie de marché /Libéralisme ?

    D’autant que Peuple peut être pris dans son acception révolutionnaire française ( c’est la mienne pour éviter les confusions ) comme ensemble de citoyens , ou sous une acception communautariste , ou sous une acception plus psychique faisant appel à la philia .

  6. Il est ici question de peuple, d’État et implicitement de nation, d’État-nation…
    Je lis la proposition de Keynes et cette conclusion de Paul Jorion :
    «…il fallait attendre que l’Allemagne endosse son habit de puissance hégémonique bienveillante. »
    Hégémonie sonne très mal à mes oreilles ; « bienveillante » comme celle de la France dans ses colonies où on apportait la « civilisation » ?
    Le gros problème de l’UE est bien de subir en pratique une hégémonie idéologique, celle de l’ordolibéralisme allemand. On a vu ses effets sur la recolonisation de la Grèce.
    Je comprends bien la proposition prophétique de Keynes sur le retour à un leadership économique allemand ce qui serait simplement un fait : à condition de permettre sa reconstruction (ce qui fut fait y compris avec annulation des dettes) car ce pays par son poids joue ce rôle et un leadership peut être exemplaire. Actuellement il ne l’est pas. sauf à croire M. Schäuble qui veut notre bien.

    Alors, une Europe avec une puissance hégémonique, même bienveillante, merci, on a déjà donné !

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