Le décès de M. Adama Traoré (II)

Dans l’excellente enquête du quotidien Le Monde, l’anomalie, c’est bien entendu que quand les gendarmes découvrent M. Traoré au domicile de M. K qui a appelé le 17, « pour une raison inconnue, il est partiellement drapé dans une couverture ».

C’est cela qui m’a conduit à rédiger mon billet Le décès de M. Adama Traoré, et à lancer l’enquête dans sa version initiale de 15h03 (avant toute mise à jour) :

Première question de ma part : Pourquoi M. Adama Traoré est-il au sol, enveloppé dans une couverture, quand les gendarmes le trouvent au domicile de M. K qui les a appelés ?

Ma seconde question sera mise en ligne à 17h20, et les deux autres ensuite.

40 commentaires nous ont permis d’arriver à la conclusion suivante :

Version initiale [10h05] : 1° Quand M. K découvre M. Traoré affalé devant sa porte, il le traite à la fois comme une personne en détresse physique (il le fait s’allonger dans son séjour et le recouvre d’une couverture) et comme une personne en bonne condition physique (il appelle le 17 plutôt que le 15).

Version revue [18h54] : 1° Quand M. K découvre M. Traoré affalé devant sa porte, il le traite comme une personne en détresse physique (il tire son corps allongé au centre de son séjour).

2° Quand les gendarmes arrivent au domicile de M. K, ils traitent M. Traoré comme une personne en bonne condition physique (ils recourent à la procédure habituelle d’immobilisation d’un fugitif).

Quelques rares intervenants, ignorant l’enquête que nous menions, ont voulu simplement attribuer des responsabilités. Si je n’ai pas modéré ces commentaires, c’est qu’il s’agit d’une manifestation habituelle du « folklore » de l’Internet.

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22 réflexions sur « Le décès de M. Adama Traoré (II) »

  1. Tout le monde sait ce qui s’est passé. C’est pour cela qu’il y avait 20 puis 100.000 personnes aux marches de juin. En France, on ne sait pas ce qui se passe quand il s’agit d’acte raciste et de dénonciation d’un racisme systémique. L’info du jour c’est plutôt le rdv à Beaumont pour la marche à 14 heures cet aprèm. Il faut savoir engager ses paroles.

      1. Autres questions que personne à gauche ne se pose.
        1 – Pourquoi crier au crime raciste alors que rien ne semble indiquer que c’est bien le cas? Un magazine se réclamant de je ne sais quelles « valeurs » a révélé que sur les 3 gendarmes impliqués, 2 sont antillais! Personne n’a démenti l’info… Est-ce que c’est pour ça que l’avocat de la famille Traoré insiste aussi lourdement sur une inimitié personnelle des gendarmes envers la victime? Difficile de vendre un meurtre raciste dans ces conditions.
        2 – Pourquoi c’est la presse d’extrême-droite qui sort les infos dérangeantes dans cette affaire? Cette histoire est une catastrophe pour les milieux progressistes qui ne ratent visiblement jamais une occasion de se ridiculiser…

      2. Pauvre Jack

        Toujours à coté de la plaque, fidèle à l’étroitesse congénital qui te caractérise. Qui parle ici d’un crime raciste ? On parle de violence policière ordinaire stupide sur un citoyen à la dérive pauvre andouille. Serait-il vert que cela n’y changerait rien du tout.

        Quant à dire que le fait que les gendarmes seraient antillais, serait une information dérangeante, franchement à part dans la fosse à purin qui te sert de cerveau, je ne vois pas qui cela dérange.

        Assume clairement ton racisme ordinaire vieille bourrique. T’as le droit, si, si, tu as le droit.

    1. Être incapable de sortir de la polarisation entre

       » il méritait pas de mourir, mais ….  »

      Et

       » la police française est raciste et violente »

      Est visiblement un obstacle à l’observation des faits.

      C’est le même principe pour ceux qui mélangent politique et science pour parler du Covid 19 => confusion.

      Vous savez, quand Paul dit :  » Voilà, Mr X nous dit ceci, mais ce n’est pas une position technique, ou scientifique, c’est une position politique. »

      1. Je fais pas le malin, je découvre ça comme clef de compréhension de pas mal de source de confusion autour de nous en ce moment, c’est tout.

    2. _1
      Allez faire une thèse sur les impacts sociales de la discrimination négative, ensuite sur la positive,
      les incidences du niveau social sur la quête des origines,
      démêlez le tout pour faire le distinguo, et seulement quand vous aurez logiquement révisé vos priorités, revenez nous asticoter les baskets
      Le compte est bon.

  2. Sympa les jeux de l’été chez Jorion (une petite voix me rappelle qu’il y mort d’homme au demeurant)

    Question subsidiaire :
    M. K a :
    a) couvert A.T puis composé le 17.
    b) composé le 17 puis est revenu couvrir A.T.

    Telle qu’elle est présentée, la reconstitution virtuelle du Monde, m’évoque un seul mot : Discernement. Ou plutôt : manque de discernement. De M. K. , mais surtout des gendarmes, et à plusieurs occasions.
    Pour faire preuve de discernement dans des situations d’urgences, de stress, dans le feu de l’action, ou l’émotion veut prendre le pas, il faut y avoir été longuement formé et régulièrement entrainé. Et même ainsi ça n’est pas toujours payant (tunnel cognitif, etc..) On ne peut pas l’exiger de M. K. Pour ce qui est des gendarmes, on a probablement jugé plus pertinent et « rentable » de miser sur des procédures, des listes d’enchainements et de développer des automatismes. Ce qui d’après le brigadier-chef Pareto est très efficace dans 80% des situations rencontrées sur le terrain dès lors qu’il n’y a pas un trop gros cumul d’impondérables.
    Ce n’est que mon (petit) point de vue.

  3. D’après certaines informations, Adam Traoré aurait été porteur d’une part d’une sarcoïdose (dont on ignore si elle était pulmonaire, ganglionnaire ou les deux et à quel stade) et d’autre part d’une drépanocytose hétérozygote (qui peut entraîner des crises vaso-occlusives = CVO, lors d’efforts physiques intenses), ce qui semble avoir été le cas, quoique je n’ai pas mesuré quelle distance il avait parcouru et en combien temps.
    On en sait trop peu sur le témoignage de M. K pour connaître l’état de AT au moment où il le voit. On ne sait pas comment AT est arrivé dans son appartement, on ne comprend pas forcément pourquoi M. K le couvre (on en est juillet et il est 17h30 environ, bref, ce n’est pas la météo qui motive la couverture).
    Ce qui ressort du déroulé des faits, c’est que AT semble avoir fait un malaise après un effort physique intense, malaise peut-être lié à son état de santé préexistant, et qu’il était réellement mal en point lorsque les gendarmes sont arrivés chez M. K. Puis que la manoeuvre d’immobilisation, en ignorant le malaise, a aggravé la situation sanitaire pour aboutir à une issue fatale.
    Pour pouvoir être plus affirmatif, il faudrait pouvoir lire les rapports d’autopsie et interroger des spécialistes médicaux (pneumologues et hématologues) pour juger si les pathologies préexistantes ont ou auraient pu jouer un rôle dans le décès d’AT.
    Ce qui semble certain est le fait que les gendarmes n’ont pas tenu compte du malaise et ont agi comme si AT était en excellente condition physique au moment de la seconde interpellation.

  4. Suis je le seul à avoir mis la vidéo sur pause pour lire de mes propres yeux les deux dépositions de M. K ?
    Car à leur lecture il en ressort que:
    a) à aucun moment M.K reconnait avoir composé le 17, et propose comme preuve l’examen de son relevé téléphonique
    b) M. K connaissait M. T et le découvre dans un état de détresse physique extrême préoccupant
    c) M. K précise avoir croisé les policiers/gendarmes déjà aux alentours de son domicile en sortant chercher de l’aide en compagnie de son fils en bas âge.

    1. En effet : aucune nécessité d’appeler ni le 15, ni le 17, les gendarmes sont dans la rue à proximité, et quand ils voient M. K sortir de l’immeuble avec son fils, ils comprennent que M. Traoré est là.

      K parle d’avoir traîné AT dans son living mais il n’est pas question de couverture mise à sa disposition.

      Le rapport d’autopsie que l’on peut lire dans la vidéo est sans ambiguïté : AT souffre de conditions antécédentes expliquant aisément qu’il puisse faire un malaise après une course de 15 minutes. Il n’a pas la condition physique lui permettant de faire une telle course sans danger.

      Je vais corriger mon second billet dans ce sens.

      1. Pardon d’insister, mais je réitère donc ma première réaction qui disait là (https://www.pauljorion.com/blog/2020/07/17/le-deces-de-m-adama-traore/#comment-812477):

        « Le fait que M. Adama Traoré ait été trouvé, d’après les déclarations des gendarmes (contradictoires sur d’autres points), sous une couverture, et couché, était enveloppé dedans, interroge autant que le témoignage de M. K (qui n’appelle pas les secours, mais la police ?) se contredisant, est contredit, confronté par les faits filmés… de la course devant une caméra – les mains libérées, dont l’une portait les menottes défaites – du présumé innocent « suspect », certes, mais surtout victime, qui décédera, quelques temps plus tard.

        Pourquoi les contradictions de ce témoignage (de M. K), n’ont pas été confronté devant un juge, des jurys, et avocats… aux faits (la course filmée de la victime, mains libres, menottes pendantes contredit la découverte du « suspect » présumé innocent, avachi et assis, dos contre une porte, les mains dans le dos. Et si la victime trouvée par le témoin dans sa première déclaration, était réellement menottée mains dans le dos, pourquoi les gendarmes alors, auraient eu besoin de la maîtriser avec force « proportionnée », par la technique du placage ventral, si contestée, et à plusieurs qui plus est …?) par rapport aux changements, incohérences, des déclarations du témoin et des gendarmes…? »…

        La non confrontation des incohérences des témoignages des deux partis (M. K et les gendarmes) manquent cruellement pour atteindre un niveau de compréhension d’enchainement des faits suffisant pour se faire un avis objectif des circonstances : 1) du fait que AT était déclaré couché par terre (avec ou sans couverture…?) dans un l’appartement privé d’un témoin, dont les incohérences de sa narration du déroulement des évènements – dans un long intervalle de temps entre les déclarations divergentes – laissent sujet à caution … 2) Les déclarations différentes des gendarmes, attestant d’elles mêmes, qu’en les corroborant aux incohérences des déclarations du témoin (le témoin déclare d’abord que AT était mains dans le dos, affalé dos contre une porte… et en souffrance… alors que des gendarmes déclarent avoir trouvé AT, sur le ventre, couvert avec la dite « couverture », mains sous la poitrine…? Puis le témoin revient sur sa déclaration du dénommé AT en été de souffrance…?)prouve qu’il existe un faisceau suffisamment concordant de faux témoignages, des deux partis… pour douter des conclusions de l’enquête…

        Et ici (https://www.pauljorion.com/blog/2020/07/17/le-deces-de-m-adama-traore/#comment-812481) :

        « Comme je suis parti de l’hypothèse que l’affaire de la découverte dans une couverture du « suspect » présumé innocent, allongé par terre, main au niveau de la poitrine, me faisait penser à ce genre d’autres affaires, dans lesquelles bien des étranges affaires, viennent encombrer, interférer, la sérénité et célérité de l’enquête judiciaire… j’ai choisi d’aller vers une possible conclusion alternative, plus éclairante, peut être à tort. »

      2. Contrairement à ce que j’avais cru comprendre, la patrouille qui l’a interpellé chez M. K n’était pas la même que ceux qui l’ont coursé.

        Effectivement M. K n’a pas appelé le 17 ou qui que ce soit, mais est sorti dans la rue et la patrouille est tombée sur lui. M. K indique au gendarme que M.AT est chez lui. Et le gendarme dans sa déclaration précise qu’il découvre les menottes en l’immobilisant alors qu’il est déjà au sol sous un drap allongé sur le ventre dans le salon. (8 mn42). On peut lire aussi que AT sort bien sur ses propres jambes et prends place dans la voiture de patrouille et a priori selon le gendarme adjoint enclenche lui même sa ceinture. Il apparaît que M.AT est encore « conscient » jusque dans la voiture. Ensuite le témoignage, dit que AT semble s’endormir…

      3. Un autre détail, ils ont semble-t-il enlevé la chemise de l’interpellé ou alors il ne l’avait plus avant car ôté de lui même en courant, d’où le drap posé par M. K ? Car on peut lire à 11m16S que le gendarme récupère la chemise de M. TA qui était resté dans la voiture pour la glisser sous sa tête lorsqu’il est en position de PLS. Il est donc soit en tee-shirt soit torse nu…

        J’ai lu aussi le témoignage (enfin ce que l’on peut en lire) à 17H04, et il ne parle pas de couverture ou de drap, mais juste qu’il entend un grand bruit contre sa porte, qu’il voit Adama écroulé dans son entré, il lui demande si il a fait quelque chose de mal comme il voit les menottes, Adama lui dit « tire moi » et comme il voit les gendarmes dans la rue, il sort avec son fils et dit : « il est là ».

      4. Quel fouillis, à 19mn11s on peut lire qu’il y a bien une couette sur le tapis bleu marine et bleu claire et qui sent encore l’odeur de M.AT… Et il confirme bien un tee-shirt blanc.

      5. A sa première déposition M.K répond à la question « L’aidez-vous? » : « Je ne l’aide jamais. Je ne le tire pas. Je sors dans la rue pour prévenir les gendarmes. »

  5. M.K en tout cas, ouais elle est facile, est titulaire d’une carte de séjour et a priori émet immédiatement des craintes et demande qu’on garde son anonymat eu égard au fait qu’il semble bien connaître Adama et la réputation de ses … frères.

    On apprend aussi qu’une fois AT embarqué dans le véhicule de patrouille qu’un gendarme de celle-ci revient immédiatement recherché et l’identité de M.K et une chaussure ! Le gars, AT, est donc sorti avec une chaussure en moins, et sans sa chemise.

    Monsieur K, papa d’un jeune enfant, un témoin plutôt fragile et potentiellement perméable à plusieurs pressions de toutes parts. Le juge d’ailleurs demande clairement si M. K a reçu la visite soit de gendarmes depuis ou de membre de la famille Traoré.

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