Covid-19 : Comment évaluer le risque en open space ?, par Nathalie Schirvel

La persistance du virus, son infectiosité dans l’air, sont des sujets toujours à l’étude et en discussion. Le consensus actuel est très succinct : un milieu clos et mal aéré est à très haut risque de contamination.

Ici un article qui remet les éléments en perspective.

Les questions liées à la contamination en open space reviennent très souvent. Les modèles sont surtout statistiques et mathématiques (dynamique des fluides). Il faut prendre en compte beaucoup de paramètres pour pouvoir évaluer le risque : quel type de renouvellement d’air ? circuit fermé ? température ? les filtres sont-ils entretenus régulièrement ? quelle densité de travailleurs ? quel espacement ?

Pour résumer : plus l’air est frais, plus il tourne en circuit fermé, sans filtre, plus le risque est augmenté car les sécrétions respiratoires recirculent et augmentent la charge virale à chaque passage, car le virus supporte le froid (c’est un des facteurs de gros clusters dans les abattoirs en Europe et dans le monde). Mais d’un autre côté le simple fait de faire circuler l’air abîme le virus (ouvrir les portes et fenêtres par exemple suffit à réduire le risque).

Une hypothèse concernant la sur-contamination des soignants : ils sont exposés à des charges virales élevées qui s’additionnent et finissent par causer la maladie.

Le mieux est de contacter votre service de prévention au travail (comme employé de bureau, normalement vous ne voyez jamais le médecin du travail, mais vous pouvez solliciter un RDV), car il connaît la situation de votre open space ou ira chercher l’information auprès de la ligne hiérarchique.

Concernant les différences d’efficacité FFP2/masque chir/masque en tissu : nous avons des études récentes très intéressantes.

1/ ici le masque chir ou en coton/tissu synthétique (les matériaux recommandés par l’OMS pour les masques en tissu) ont une protection comparable au masque FFP2

2/ ici le masque chir avec des liens est plus efficace pour protéger le soignant porteur que les masques à élastique (plus de fuite), et est quasi aussi efficace que le FFP2

3/ ici des arguments pour appuyer l’efficacité des masques communautaires en tissu (communautaire = moyen de protection collectif, efficacité jugée suffisante si tout le monde en porte un)

Nous avons peu de données sur les conditions précises de contamination en entreprise.
Mais il est plus probable de se contaminer en parlant à la machine à café avec son collègue qu’en travaillant à son bureau. Ou quand on effectue une manipulation à côté d’un collègue (exemple dans un garage de voitures ou une usine). La distance est un élément très important d’augmentation du risque de contamination.

Certains entreprises ont donc instauré le masque dans les parties communes pour réduire ce risque.

Un autre élément à prendre en compte est la probabilité pour la personne infectée de développer une forme sévère.

Il y a 3 facteurs de risque principaux

– l’âge (après 70 ans, la Covid c’est aussi mortel qu’Ebola)

– les comorbidités qui augmentent la probabilité d’avoir une réaction immunitaire trop inflammatoire : obésité, HTA, diabète

– la génétique : un facteur inconnu, sauf quand on sait que plusieurs membres de la même famille sont décédés ou ont fait une forme sévère. La façon dont l’immunité réagit chez ces personnes est encore étudiée (les populations latines semblent faire des formes plus graves)

On peut proposer un masque chirurgical ou FFP2 à ces personnes.

Pour conclure, en open space, le FFP2 me semble exagéré, si les conditions sont défavorables : masque chir ou en tissu pour tout le monde (le travail est statique, donc respirer dans un masque toute la journée n’est pas un problème) Si les conditions sont favorables : la distance physique et l’hygiène suffisent.

Par ailleurs il faut bien être conscient que la perception du risque est hautement socioculturelle et individuelle. Un risque peut être acceptable pour l’un et inacceptable pour l’autre. C’est la décision collective de santé qui doit primer, mais dans cette pandémie la démocratie sanitaire est quasi inexistante car très peu d’États ont anticipé le risque et les États qui ont agi vite au début de la pandémie sont des États totalitaires. La Suède peut être l’exemple le plus proche d’une approche de type démocratie sanitaire.

En espérant vous avoir éclairé sans trop complexifier le sujet 🙂

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Post précédent de la même commentatrice :

Nathalie Schirvel, 16 AOÛT 2020 À 8H33

Je suis médecin du travail, cela veut dire que je suis formée à analyser les risques et proposer des moyens de protection aux employeurs et employés. Je rédigé des rapports scientifiques sur les masques et le coronavirus depuis février 2020.

Je vais résumer pour être audible. Mais si vous souhaitez des réponses techniques précises, je suis à disposition.

– Aucun équipement ne confère une protection à 100%.

– Dans le cas des masques normes FFP2(Europe)/N95(USA)/KN95(Chine) il y a max 8% de fuite.

– ce n’est pas l’AFNOR qui classe ces masques, la norme est donnée par le National Institute for Occupational Safety and Health pour les USA et la EN 149 pour l’Europe.

– Les cas de contaminations de soignants sont loin d’être seulement liés aux masques.

– Le masque n’est pas juste un filtre à particules infectieuses car le coronavirus n’est pas aérien, il est inclus dans les sécrétions respiratoires. Le masque en tissu ou chirurgical absorbe ces sécrétions. La taille du virus importe peu. La filtration n’est pas seulement mécanique, elle est électrostatique.

– ces sécrétions couvrent un large spectre: de la grosse goutte de salive aux micro-gouttelettes aérosolisées.

– l’infectiosité dépend de plusieurs critères encore mal connus, mais la charge virale est un élément déterminant. Cette charge peut être identique chez les symptomatiques, les asympto et même les enfants. Par contre les sécrétions sont importantes et plus chargées de virus si on tousse, éternue, parle fort. Dans un open space où on parle dans son masque, la quantité de virus qui se retrouve dans l’environnement direct de l’infecté est négligeable. Surtout qu’à l’air libre les micro-gouttelettes sèchent très vite. La situation en hôpital est différente : les gens sont malades les milieux très clos et on effectue des gestes aérosolisants (intubation, lavement bronchique, frottis nasopharyngé…)

– plusieurs études et modélisation ont démontré l’efficacité du masque, ffp2, chirurgical ou en tissu.

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34 réflexions sur « Covid-19 : Comment évaluer le risque en open space ?, par Nathalie Schirvel »

  1. Tout cela est certainement vrai.
    Mais……..
    1)D’abord rappeler le précédent post utile du même auteur :
    https://www.pauljorion.com/blog/2020/08/15/le-masque-ca-marche-ou-pas-et-si-oui-dans-quel-cas-par-jean-baptiste-auxietre/#comment-815141
    2)Attendre le complément très probable de @CloClo..
    3)Préciser ((car c’est nécessaire quand on lit l’ensemble des commentaires qqsoit le billet ayant trait au masque)) que cette phrase :
    …  » Le mieux est de contacter votre service de prévention au travail (comme employé de bureau, normalement vous ne voyez jamais le médecin du travail, mais vous pouvez solliciter un RDV), car il connaît la situation de votre open space ou ira chercher l’information auprès de la ligne hiérarchique…  »
    représente à mon sens une affirmation toute théorique au sens où , depuis tant d’années de destruction des droits/recours liés au contrat de travail , avec comme points d’orgue les rafales de kalachnikov des trois dernières années , il y a aujourd’hui une très(trop) grande quantité d’entreprises (surtout « moyennes » …mais « pas que » ) où il ne fait pas bon l’ « ouvrir » , MEME ET SURTOUT si l’ on est « en droit »…de le faire!!!
    ((Je n’ai pas voulu utiliser le vocable « hypocrite » pour éviter d’ostraciser l’aimable intervenante qui , je l’espère , pense que ce qu’elle décrit est la « réalité » réelle/vécue de l’entreprise…!!… et cela d’autant plus si la hiérarchie , même juste ce « con » de N+1 , se sent « couvert » par la « norme » d’appliquer aveuglément la « règle » ))

    1. Bonjour

      Concernant la crainte de la hiérarchie, nous avons en Belgique l’outil pratique de l’examen confidentiel, où jamais la ligne hiérarchique ne sera mise au courant de qui a sollicité un RDV.

      La législation belge est néamoins différente de la française à ma connaissance, les entreprises belges sont légalement responsable de la gestion du risque infectieux et de nombreuses initiatives ont été prises très vite avec les employeurs (parfois même au-delà des recommandations officielles publiques). Les entreprises françaises semblent elles plus se fier à la jurisprudence. (mais sur ce point je ne peux pas être catégorique)

      Je suis la main dans le cambouis depuis le début de la pandémie et je suis une actrice de terrain, en lien direct avec les organisations syndicales et les employeurs.
      Je faisais des déplacements sur site en plein confinement.
      Je vais donc fermer les yeux sur vos assertions insultantes.

      Bonne journée

      1. Bonjour ,

        Aucune intention insultante , croyez-le bien.
        Il semble donc qu’en Belgique existent encore des organisations syndicales dignes de ce nom.
        Malheureusement le contexte de ce blog est français de France où ont sévi depuis bien trop longtemps les liquidateurs des droits/recours syndicaux , ceci est indéniable ..le dernier exemple connu et publié en date , voyez @Bernard ci-après à 16h44 :
        … » « De leur côté, les syndicats CGT, FO, FSU, Sud et CNT rappellent que l’inspecteur était suspendu depuis le 15 avril « pour avoir exigé la mise à disposition d’équipements de protection individuelle (notamment des masques) et la mise en oeuvre de mesures de protection contre la Covid-19 au bénéfice de salariées d’une association d’aide à domicile du bassin rémois ». »
        https://www.lunion.fr/id183146/article/2020-08-15/linspecteur-du-travail-anthony-smith-est-mute
         » …

        L’action syndicale (globale par la base) étant déjà décrite/proposée par moi sur ce blog comme la seule issue « raisonnable » de sortie/remplacement du « système » , croyez bien en tout mon respect pour les actions que vous décrivez en Belgique .
        Bien à vous.

    2. Salut Otromeros,

      Ayant passé la visite médicale du travail le 13 juillet dernier, ça a été l’occasion d’une discussion constructive avec la gentille infirmière de service (de médecin point, le pont sans doute…). Après avoir narré par le menu les conditions de travail et mon état de santé (HTA, très légère insuffisance rénale, dissection artère rénale et 1/2 et 1/4 de reins en moins), la recommandation qui m’a été faite est soit d’exercer mon droit de retrait (déjà fait en mars, ça va finir par peser sur mon ascension professionnelle fulgurante 😉 ), soit de venir leur demander un arrêt de travail « si la propagation du virus devait reprendre », arrêt qui serait délivré immédiatement m’a-t-on assuré. À quel niveau de propagation ? Quel taux d’incidence ? Quel R0 pour le département ? Mystère. À quel coût pour moi (perte de salaire ou tensions professionnelles avec le boss ou les collègues) ? RAF.

      Quant à aller vérifier les conditions d’exercice – dont je me suis complu à dresser un tableau assez sombre : il est impossible d’appliquer la moindre distanciation sociale, le lavage des mains pour fréquent qu’il soit restant très en-deçà de ce qui serait nécessaire (simplement inapplicable compte-tenu du rythme imposé, pensez-y si vous allez au resto, activité qui repose sur la mise en commun de ce qui n’est pas consommable, dont le personnel) et malgré ma sensibilisation à la question et la lutte quotidienne pour imposer le port du masque (moins dramatique toutefois depuis les dernières mises au point gouvernementales) – quant à aller, donc, vérifier les conditions d’exercice, le petit « exemple » qui a été fait de cet inspecteur du travail devrait suffire à décourager toutes velléités de zèle intempestif ! Faudrait pas désespérer les marchés et déprimer la reprise.

      Quand je pense à quel point tout le monde est venu pigner parce qu’il n’y avait plus de « vie sociale » sans bars et sans restos… En attendant, j’en entends pas beaucoup, depuis, proposer d’améliorer les conditions de vie ou de travail dans ce secteur d’activité a contrario des professionnels de santé ou même des caissières ou des agents d’entretien (ces deux dernières catégories se partageant avec l’hôtellerie-restauration le top 3 des activités les moins rémunératrices : 1.05 fois le smic après 10 ans). Autant, sinon plus de monde que la saison dernière (30% de progression du CA sur juillet, sans touristes étrangers ou quasi), le danger quotidien pour de pures frivolités et le niveau d’exigence… je viendrais pas pleurer quand ils se contamineront mutuellement dans leurs open-space les vacanciers de toute la France, parce que ça les a pas beaucoup dérangés, cet été, de venir s’entasser à 60 ou 80 (130 à 150 par jour, 7/7) dans un espace clos pendant des heures, mettant tout le monde en danger pour s’empiffrer !

      Alors bonne rentrée à tous !

      Nous, tous les soirs au resto on chante « au revoir, au revoir Président », en souhaitant un bon retour à notre aimable clientèle… Même si notre loterie a plus de chance de nous conduire à l’hosto qu’aux Maldives, le nombre de cartouches quotidiennes devrait, ces jours prochains, retrouver un étiage raisonnable.

      https://www.youtube.com/watch?v=ChbaCxpB5ck

      À qui le tour ?! 🙂

      (À la roulette russe, si on fait tourner le barillet à chaque fois, on considère que les tirages sont indépendants ? Encore que je ne sais pas si ça marche avec une Thompson 1928 à chargeur camembert version Incorruptibles ?!)
      (Ce jeu ne m’inquiétant toutefois plus guère depuis que j’ai lu Jorion 😉 )

  2. Nathalie Schirvel,

    « Open space » = « (le travail est statique, donc respirer dans un masque toute la journée n’est pas un problème) ».

    Effectivement et généralement c’est soit aéré soit climatisé.

    Je pense que personne de sensé et de responsable ne nie l’utilité du port du masque dans plein de situations. Et Nathalie explique presque que la simple distanciation devrait même suffire en milieu bien aéré (car baisse de la charge)

    En revanche, et toujours sans nié l’intérêt du masque, dans bon nombre de secteurs économiques, Industrie, BTP, qui emploient le plus du personnel ouvrier dans des tâches physiques répétitives de force souvent collectives en milieu éprouvant, poussières, chaleur, froid, humidité, et qui cumule d’autres facteurs de risques imposer le port du masque et ces tracas, tout en respectant les règles d’hygiènes d’application du dit masque, à une population qui n’a jamais eu cette contrainte ce n’est pas aussi simple que cela. Et il ne suffit pas d’imposer, et de dire, « allez les gars vous vous habituerez bien », on sait très bien ce qui se passera dans les faits.

    Non l’activité économique de base productive n’est bien souvent pas adaptée et pas organisée pour encaisser et aménagé ce genre d’obligation. Mais tout le monde s’en cogne, on décide, on impose, dans un bureau climatisé, un gars signe l’ordre et basta. C’est de la bêtise à l’état pur qui gangrène selon moi toutes les organisations depuis très longtemps et pas seulement au sujet du COVID 19… On ne respecte pas les ouvriers, je le constate tout le temps. Et ce n’est pas le fait que des ultra riches ce dédain, c’est le cas aussi de l’encadrement bien souvent et de toute une partie de la population qui n’a aucune idée de la réalité des conditions physiques quotidiennes d’exercice de tous ces gens.

    1. Sans parler des pays pauvres , jamais ils n’auront le budget pour porter des masques , 30 € par mois et par personne il me semble , c’est leur budget nourriture , à terme je pense que les personnes riches vont s’amménager des sortes de sanctuaires certifiés sans covid , et pour y vivre il faudra signer un gros chèque , peut être des iles ou des territoires complets sécurisés par des gardes armés jusqu’aux dents

    2. Bonjour Cloclo

      Ce que vous dénoncez c’est plutôt le manque de démocratie en entreprise, le manque de processus paritaire dans la prise de décision.
      L’obligation du masque (ou son absence) ne devient qu’un prétexte pour dénoncer ces rapports de force inégaux.

      Or l’obligation du port du masque généralisé peut être un acte de prévention par principe de précaution, même si l’analyse de risque conclut qu’il n’est pas obligatoire, car nous ne connaissons pas encore tout de ce virus et les séquelles à long terme commencent à peine à être documentées.
      La généralisation du masque peut aussi être un acte de simplification des règles : tout le monde est masqué et le public ne questionne plus la règle.
      (au début de la pandémie, la question était plutôt « docteur pourquoi on n’a pas de masque ?’ Une majorité de travailleurs voulaient porter un masque et des préavis de grève fleurissaient)

      Cette pandémie exacerbe les dysfonctionnements qui existaient déjà, avec en première ligne ce qu’on nomme les déterminants sociaux de la santé.
      Les travailleurs précaires sont évidemment les premiers touchés.
      En Suède une étude a mis en évidence qu’à un moment 30% des travailleurs dans les nursing home (équivalent Ehpad) sont venus prester avec des symptômes et ont créé la trainée de poudre qui a conduit au drame que l’on connaît (effet moisson avec une surreprésentation des résidents de ces homes dans les morts COVID). https://www.bbc.com/news/world-europe-52704836 (je ne retrouve plus l’étude en question, il faut que je fouille, je mettrai le lien si je le retrouve)
      C’est peut-être la précarité de leur situation qui les a poussés à venir travailler malades. Mais il n’y avait de l’autre côté aucun équipement de protection à disposition, par manque de prévoyance.

      Mais à mon sens, cet argument des inégalités sociales n’est pas valable : sous prétexte du prix ou de l’accès non universel, on ne peut pas contester l’utilisation d’un moyen de prévention.
      Refuse-t-on d’utiliser le préservatif parce que le voisin ne peut pas s’en acheter ?

      A côté de ce débat sur les masques, nous avons de forts indices de reprise des infections avec risque de plus grande vague cet automne.
      Quand le respect des recommandations ne s’observe pas dans la population, il est normal que l’employeur ou l’Etat décide de mesures plus coercitives.
      L’Australie a connu une 2e vague plus forte en juillet (c’est l’hiver chez eux), et ils ont limité les dégâts avec une réaction très dure.
      https://www.usnews.com/news/world/articles/2020-08-10/australias-victoria-reports-331-new-coronavirus-cases-19-deaths
      Lors de la grippe saisonnière, les médecins ont l’habitude d’anticiper sa sévérité en jetant un oeil sur l’Australie. Donc les épidémiologistes sont actuellement inquiets.

      Je suis une partisane de la décision partagée en santé : le patient et le médecin décident ensemble du traitement et de la suite de la prise en charge. On dépasse le paternalisme médical. Mais cela nécessite un prérequis important : le consentement et l’information éclairée. Ce qui nécessite une éducation à la santé.
      Ce principe doit aussi s’installer en entreprise et au niveau de l’Etat.
      La décision de porter un masque doit être partagée entre travailleurs et employeurs (c’est une ligne que je martèle dans les entreprises que je supervise)
      La gestion d’Etat d’une pandémie ne doit pas se faire avec des principes militaires d’Etat d’urgence et de décisions à huis clos.

      Seulement cette culture de la décision partagée, ou de la démocratie sanitaire, est longue à mettre en place et suppose aussi un système éducatif en béton, qui permet au citoyen d’avoir la capacité à consentir de façon éclairée.
      Là encore les déterminants sociaux sont les facteurs les plus limitants et les citoyens les plus défavorisés sont ceux qui ont aussi le moins accès à une éducation et information de qualité.

      En espérant avoir porté le débat vers une dimension plus universelle de projet sociétal de santé publique.

      Bonne soirée
      Nathalie

      1. Salut Nathalie,

        J’ai lu ta réponse, et je ne suis pas certain d’avoir voulu exprimer à la base ce que tu supputes de mon commentaire, à savoir la démocratie en entreprise. Et la partie sur les inégalités sociales et le prix comme non argument et la capote, ne me semble pas être une réponse adressée à mon commentaire

        Moi je parlais d’autre chose, plus en lien avec la technostructure et ses innombrables relais qui maintiennent le système d’exploitation en état de fonctionner et qui écrase littéralement sous un couvert « positif » la partie des salariés la plus au contact de la réalité du travail physique. Et toujours en minimisant le prix afin de préserver l’accaparement de la valeur vers le haut de la pyramide.

        Tu me permettras de relever quelques paradoxes ou contradictions dans ta réponse, ainsi quand tu écris :

        « Or l’obligation du port du masque généralisé peut être un acte de prévention par principe de précaution, même si l’analyse de risque conclut qu’il n’est pas obligatoire,  » et « La généralisation du masque peut aussi être un acte de simplification des règles : tout le monde est masqué et le public ne questionne plus la règle. »

        en face de : « Je suis une partisane de la décision partagée en santé : le patient et le médecin décident ensemble du traitement et de la suite de la prise en charge. On dépasse le paternalisme médical. Mais cela nécessite un prérequis important : le consentement et l’information éclairée. Ce qui nécessite une éducation à la santé. »

        Comme aussi : « Quand le respect des recommandations ne s’observe pas dans la population, il est normal que l’employeur ou l’Etat décide de mesures plus coercitives. »

        en face de : « La décision de porter un masque doit être partagée entre travailleurs et employeurs « ; »La gestion d’Etat d’une pandémie ne doit pas se faire avec des principes militaires d’Etat d’urgence et de décisions à huis clos. »

        Il me semble, mais je me trompe peut-être, qu’à la fin tu renvois à une formation en béton dans un futur lointain, et que bon pour l’instant, faute de mieux, c’est le schlague la solution comme dirait Roberto. C’est cela que je dénonce.

        En tant que médecin du travail, tu visites quels types d’établissement ou d’entreprises (secteurs ?). As-tu analysé les postes de travail, les tâches réalisés, et le port du masque en milieu ouvriers où la sollicitation force physique et collective est répétée et permanente ? Les recommandations sont-elles vraiment appliquées quotidiennement (comment le contrôles tu ?), si oui pourquoi, si non pourquoi ?

  3. D’un côté , ce qu’il faudrait faire au vu de ce que l’on sait , pour l’instant , du virus : merci pour cette documentation.

    De l’autre , la réalité du terrain …qui laisse penser qu’en entreprise le show doit continuer coûte que coûte , ou bien…que les erreurs d’hier ne sont pas assumées par ceux qui donnent les directives ?

    « De leur côté, les syndicats CGT, FO, FSU, Sud et CNT rappellent que l’inspecteur était suspendu depuis le 15 avril « pour avoir exigé la mise à disposition d’équipements de protection individuelle (notamment des masques) et la mise en oeuvre de mesures de protection contre la Covid-19 au bénéfice de salariées d’une association d’aide à domicile du bassin rémois ». »
    https://www.lunion.fr/id183146/article/2020-08-15/linspecteur-du-travail-anthony-smith-est-mute

    1. Certaines entreprises ont opté pour le travail en alternance.
      Par exemple 2 équipes se partagent les jours de travail, chacune à son tour. Quand les bureaux sont occupés par la première équipe, la 2e est en télétravail.
      C’est un fonctionnement qui peut aussi s’appliquer en classe.

      Le lien social doit absolument être maintenu, ce lien passe par une certaine proximité physique entre travailleurs.

      Si l’entassement est inévitable : masque pour tout le monde.

  4. Questions :

    1 / Que sait-on de la manière dont les organismes humains mettent en place, en ce moment, des défenses immunitaires adaptées face à ce virus précisément ?

    2 / La vaccination en général consiste en l’inoculation d’une souche atténuée d’un virus par exemple afin de stimuler les défenses naturelles d’un organisme. En cette occasion, ne vaudrait-il pas mieux être en bonne santé ?
    N’y a-t-il pas de risques supplémentaires d’injecter la covid-19 en cas de comorbidité ?

    3 / Aux gestes barrières ne conviendrait-il pas de joindre des recommandations en matière de nutrition afin de développer les aptitudes à l’immunité ?

    1. Bonsoir Régis

      Vos questions abordent l’immunologie, qui est un domaine très complexe.
      Mes réponses vont être volontairement simplifiées par souci de vulgarisation et pour ne pas aborder des détails qui dépassent mes compétences.

      1/ Les humains réagissent aux virus par 2 voies immunitaires

      * l’immunité cellulaire : nos lymphoyctes T sont les premiers à réagir. D’autant qu’on a des lymphocytes T qui ont déjà rencontré des coronavirus qui semblent efficaces aussi contre ce nouveau virus (la moitié des rhumes aux EtatsUnis sont des coronavirus humains). Ces lymphocytes T sont particulièrement efficaces chez les enfants et les jeunes. Sans doute grâce au rôle du thymus, organe qui diminue à l’âge adulte. Le thymus permet la maturation des lymphocytes T. C’est l’hypothèse principale pour expliquer les formes asymptomatiques et bénignes de COVID19 chez les enfants et les jeunes.
      Ces lymphocytes T constituent ensuite une réserve mémoire, prête à combattre un autre coronavirus. Cette mémoire pourrait durer des années, nous n’avons pas encore de certitudes pour les lymphocytes T qui ont combattu une COVID19
      https://www.nature.com/articles/s41577-020-0402-6

      * l’immunité humorale: c’est la fabrication d’anticorps.
      L’organisme fabrique des anticorps spécifiques contre les protéines du virus. Ces anticorps améliorent la réponse immunitaire et permet une réserve mémoire. Cette mémoire augmente quand le corps rencontre le même virus une 2e fois.
      Sur ce sujet c’est encore la grande inconnu pour la COVID19: certains infectés en fabriquent, d’autres pas. Certains gardent leurs anticorps longtemps, d’autres pas.
      Cela peut-être lié à la rapidité de la réponse cellulaire: le corps n’a pas le temps de fabriquer des anticorps
      On n’est pas encore certain de la protection conférée pas ces anticorps contre une nouvelle infection.

      * dans certains cas on a un dysfonctionnement immunitaire, lié à des facteurs comme l’obésité, le diabète, l’hypertension, prédisposition génétique.
      La réaction inflammatoire du corps est excessive et la COVID19 est sévère. On pense par exemple que les lymphocytes T vieillissant sont pro-inflammatoires.
      On parle aussi de tempête de cytokines (ce sont des protéines inflammatoires)

      En détails ici https://www.niaid.nih.gov/research/immune-response-covid-19
      Un aperçu ici https://www.ecdc.europa.eu/en/covid-19/latest-evidence/immune-responses

      2/ Il y a une centaine de vaccins en développement pour ce nouveau virus. A ma connaissance aucun ne se base sur une souche atténuée.
      Une souche atténuée ne peut être asministrée à des personnes immunodéprimées.
      Les vaccins COVID19 sont soit des souches inactivées, soit morceaux d’ARN, d’ADN, ou de protéines.
      Ces formes ne sont pas dangereuses pour les personnes immunodéprimées.
      C’est surtout les personnes avec des facteurs de risque (« pas en bonne santé ») qui vont tirer bénéfice de ce vaccin. D’ailleurs les stratégies vaccinales européennes sont de prioriser la distribution de ce vaccin aux personnes fragiles et aux soignants. Les autres attendront.
      Le seul problème c’est la variation dans les réponses immunitaires au vaccin, l’efficacité n’est pas la même chez tout le monde.
      C’est une fausse intution de penser que seules les personnes en bonne santé peuvent se faire vacciner. Un vaccin n’affaiblit pas le système immunitaire.

      ici un résumé des vaccins en cours d’essai
      https://www.scientificamerican.com/article/genetic-engineering-could-make-a-covid-19-vaccine-in-months-rather-than-years1/
      ici les différents vaccins existants https://media.nature.com/original/magazine-assets/d41586-020-01221-y/d41586-020-01221-y.pdf

      3/ Un bon système immunitaire dépend de très nombreux facteurs.
      A ma connaissance l’alimentation n’est pas le facteur le plus important, sauf en cas de malnutrition/dénutrition protéique (typique chez les personnes âgées et grabataires).
      L’action la plus simple pour améliorer son système immunitaire est le sport. Soigner son stress et son sommeil est aussi important. Mais le sport agit positivement sur le stress et le sommeil, alors on fait d’1 pierre 2 coups 🙂
      En plus le sport est vraiment une bonne prévention antiCOVID19: en faisant du sport on augmente sa capacité cardio-respoiratoire, un bon point si on se retrouve essoufflé à cause du virus.
      Donc je proposerais plutôt la prescription de sport comme moyen de prévention avec l’hygiène et les gestes barrières.

      J’arrête là ma contribution sur ce sujet, je veux éviter de tomber dans le question/réponse/conseils d’expert.

      Bon débat à tous.
      Nathalie

  5. L’université technique de Berlin étudie la propagation du Covid19 dans un espace fermé.
    Elle observe la taille des particules , leur mouvement suivant leur tailles .
    Existe t’il des études avec des cobayes ? ( animaux ou pas …).
    PS : je tiens à préciser que je ne suis pas volontaire…

    1. Je me demande ça parce que la charge virale semble avoir de l’importance , et donc comment déterminer le seuil maxi de charge virale sans expérimentation concrète?

      1. Bonjour Bernard

        oui il existe des études avec des modèles animaux et des modélisations informatiques.

        Le problème de la quantification de la charge virale c’est l’efficacité de la technique qui permet de la mesurer.
        En effet on utilise la rtPCR (qui réplique le matériel génétique du coronavirus) pour définir si le virus est présent ou pas et en quelle quantité.
        Or cette technique génère des faux positifs et des faux négatifs.
        – faux négatifs : le virus est là mais il n’est pas retrouvé dans les sécrétions de la personne, par exemple.
        – faux positifs : le matériel génétique est détecté, mais le virus est en fait fragmenté, détruit par le système immunitaire et expulsé par le tractus respiratoire et il n’est plus infectant. Donc on conclut que la personne est contagieuse car elle a une charge virale élevée mais en fait elle n’est plus contagieuse. Ceci se rencontre principalement chez les malades en fin de maladie (qu’on garde hospitalisé ou isolé pour rien donc) et chez les asymptomatiques.

        Il existe des techniques de laboratoire pour savoir si le virus est encore infectant mais cela est très peu utilisé (cher ? compliqué ? je ne sais pas, un biologiste devrait pouvoir répondre)

        Et c’est ainsi qu’on ne connaît pas encore précisément la dose nécessaire de virus intact pour rendre quelqu’un malade.
        Je ne pense pas par contre que ce soit une donnée très utile en routine clinique et en gestion des risques: on ne va pas s’amuser à mesurer la charge virale réelle des gens.
        La prévention en agissant sur l’exposition est suffisante pour gérer le risque.
        Et puis il y a aussi des variations interindividuelles: certains auront besoin d’une dose plus importante pour tomber malade.

        Ici un texte qui résume bien la difficulté du dépistage et de l’interprétation des charges virales trouvées.
        https://www.spectator.co.uk/article/could-mass-testing-for-covid-19-do-more-harm-than-good-

        Bien à vous

      2. En effet, je pense qu’il faut des cultures sur des lignées de cellules « standardisées » pour pouvoir conclure à la présence du virus actif.
        De telles cultures sont assez longues et coûteuse en main d’oeuvre.
        C’est un peu du genre qu’on fait en vétérinaire ou agro-alimentaire, on fait un contrôle sur 2-3 lot tous les quelques jours.
        C’est plus fréquent pour les culture bactériennes, historiquement, mais on a des techniques aussi pour les virus.
        Ce serait intéressant de voir le nombre de publications avec des cultures de COVID-19 comparés à l’ensemble des publications (déjà plus de 30 000 je crois) . Je parie pour moins de 300.
        Scholar donne 10% d’article si on ajoute le critère « cell culture » à « covid-19 » en 2020 (60000 => 6000 environ), mais ça veut juste dire que l’article évoque ce que disent des cultures ailleurs éventuellement.
        WoS (« Core collection ») donne seulement 46 articles avec les deux critères, contre 24 000 d « covid-19 ». La vérité doit être entre les deux.

        En résumé très « style communicant » : « c’est 100 fois plus embêtant de faire une culture de virus ».

    1. Je m’étais posé la question pour le Vietnam. Pas très sec le pays, côtier etc. Et pourtant pas de contamination « inattendue », même si tout semble avoir été spécial dans ces pays d’Asie du S-E (Cambodge officiellement très peu touché, Laos encore moins je crois).

  6. Bonsoir Otromeros

    J’ai entendu parler des sanctions contre cet inspecteur du travail.
    Mais nous ne connaissons pas les dessous de l’histoire.

    Les recommandations argumentées sont les mêmes en Belgique et en France. La science est la même.
    Nous avons aussi eu des problèmes de pénurie de matériel de protection en Belgique, et des soignants à domicile n’avaient ni masque, ni sur-blouse (pour en revenir à l’exemple de l’inspecteur sanctionné, qui intervenait dans une agence d’aide à domicile). Ils ont évidemment encouru un risque en continuant à travailler, mais surtout ils ont fait courir un risque aux personnes âgées qu’ils visitaient. Là encore nous avons un exemple concret de perception du risque non conforme à la réalité.
    La pénurie était là: alors que faire? abandonner ces personnes âgées ? ou y aller quand même sans masque ?

    Il y a malheureusement un délitement progressif de la santé au travail en France, lié à plusieurs facteurs.
    https://www.etui.org/fr/themes/sante-et-securite-conditions-de-travail/hesamag/la-medecine-du-travail-aux-urgences/la-medecine-du-travail-a-la-francaise-un-patrimoine-en-peril

    C’est un autre débat à mon sens, bien plus important et intéressant, j’en conviens.
    J’intervenais surtout sur la pertinence de porter un masque et sur comment on évalue le risque.

    Bonne soirée

    1. @N.S. (20h03)
      Merci d’avoir pris du temps.
      Compte tenu de votre :  » J’ai entendu parler des sanctions contre cet inspecteur du travail.
      Mais nous ne connaissons pas les dessous de l’histoire.
      … Il me semble peut-être utile , voire même d’intérêt général , de quelque peu développer ceci , lu ce jour sur « Médiapart » , généralement « bien informé » …(extraits significatifs) :

       » Anthony Smith entend bien contester, devant le tribunal administratif, la sanction tombée vendredi 14 août.
      L’inspecteur du travail est muté d’office par sa hiérarchie , suite à une commission disciplinaire tenue fin juillet, malgré la vive polémique qui entoure cet énième conflit entre le ministère du travail et ses agents … (…) …
      Mi-avril, en plein confinement et alors que l’épidémie de Covid-19 bat son plein, cet inspecteur du travail dans la Marne initie une procédure judiciaire en référé (en urgence) contre une entreprise d’aide à domicile, après plusieurs rappels à l’ordre et le dépôt d’un droit d’alerte des salariés.
      L’entreprise manquait, selon l’inspecteur, à ses obligations de sécurité en matière de protection des salariés contre le virus, et notamment sur l’équipement du personnel en masques ou en sur-blouses.
      … (…) …
      « Quatre heures plus tard après cette procédure, Anthony Smith recevait une convocation de sa directrice qui lui lançait un ultimatum : s’il ne renonçait pas à cette procédure, c’était la sanction », expliquait à Mediapart Julien Boeldieu, secrétaire général du SNTEFP-CGT, dans notre précédent article sur le sujet.
      La CGT critiquait alors également « la très grave collusion » entre la direction du travail de la Marne et l’employeur, mis au courant à sa demande de la procédure disciplinaire en cours.

      Refusant d’obtempérer, Anthony Smith a donc bel et bien été suspendu, pendant 136 jours, pour finalement être sanctionné de « déplacement d’office », le 14 août, sans savoir encore où il sera muté.
      « En revanche, sa hiérarchie n’a fait l’objet d’aucune enquête, mesure de suspension ou sanction, alors qu’elle a manifestement relayé et encouragé les pressions exercées par l’employeur », s’insurgent les principaux syndicats du ministère du travail dans un communiqué commun.

      Cette affaire a provoqué une intense mobilisation intersyndicale et interprofessionnelle, appuyée par une pétition en ligne qui approche aujourd’hui la barre des 150 000 signataires, un appel de plus de 140 personnalités politiques ou citoyennes et la création d’un comité de soutien demandant l’abandon des poursuites à l’encontre d’Anthony Smith.

      Mais le ministère du travail n’en démord pas, expliquant que cet agent aurait « méconnu de manière délibérée, grave et répétée les instructions de l’autorité centrale du système d’inspection du travail concernant l’action de l’Inspection durant l’épidémie de Covid-19 » .
      Anthony Smith, ancien secrétaire général du syndicat CGT-TEFP, membre de son bureau et représentant des inspecteurs et inspectrices du travail au Conseil national de l’Inspection du travail, aurait, en outre, dangereusement mélangé les genres, toujours selon sa tutelle, en utilisant une lettre type, mise au point par son syndicat, pour rappeler l’employeur à l’ordre.

      Plusieurs de ses collègues ont cependant témoigné de la manière dont tout le monde avait « bricolé » (lire ici cet article de Libération) dans la période et dans l’urgence, pour protéger la santé des salariés, alors que le ministère était « aux abonnés absents ».

      Dans cette enquête, Mediapart a également détaillé les pressions et les injonctions contradictoires qui ont mis à mal l’Inspection du travail au cours du confinement.
      Une plainte a, par ailleurs, été déposée le 16 avril auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT), dans laquelle les syndicats accusent leur tutelle de violer plusieurs articles de la convention 81, dont ils dépendent et que la France a ratifiée. Ces agents de contrôle critiquent des atteintes à l’indépendance et au fonctionnement de l’Inspection du travail depuis le début de l’épidémie de Covid-19, au nom du maintien et de la reprise économique.
      Depuis le mois de mars, ordres et contre-ordres se sont ainsi multipliés, pour tout à la fois répondre aux contraintes sanitaires, éviter la déroute économique… et gérer la pénurie évidente de matériel de protection.
      En choisissant la sanction dans le cas Smith, et alors que le risque épidémique assombrit la rentrée, la nouvelle ministre du travail, Elisabeth Borne, s’engage donc dans une nouvelle bataille judiciaire, administrative et syndicale avec ses agents.
      « 

  7. Chaque type de masque a sa protection qui lui est propre.
    Le problème vient des conditions d’utilisation de ces masques par la majorité de la population. Pour que l’efficacité soit au rendez-vous et que d’autres risques ne viennent pas s’ajouter au sarscov, ces conditions doivent être réunies sinon autant porter un masque pour aller au carnaval.
    Si au moins on s’assurait de protéger correctement nos personnes à risque (qui sont beaucoup moins nombreuses que l’entièreté de la population), ce serait déjà une bonne chose de faite.

  8. Bonjour,

    Merci à Nathalie Schirvel pour son article très clair.

    Rentrée des classes il y a quinze jours dans certaines écoles allemandes … (des beaux open-space ces salles de classes)
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/deconfinement/le-port-du-masque-en-classe-devrait-etre-obligatoire-la-rentree-scolaire-allemande-s-adapte-au-coronavirus_4071527.html
    https://www.bfmtv.com/international/europe/allemagne/coronavirus-et-rentree-scolaire-ouvertes-depuis-debut-aout-certaines-ecoles-allemandes-referment-deja-leurs-portes_VN-202008170175.html

    Comme je l’ai dit il y a deux à trois semaines ici sur ce blog, il risque d’y avoir un boost des contaminations trois semaines après la rentrée des classes (en France en tout cas, je ne connais pas les règles définies en Belgique) si le pseudo-protocole sanitaire actuel est conservé en l’état. Je dis « pseudo », parce lorsque l’on met « distance de 1m entre chaque élève en classe sauf si on ne peut pas les faire tous rentrer » alors que l’on sait très bien que plus de 90% des salles de classe ne peuvent pas gérer cette contrainte, le « protocole » n’est de fait un « non-protocole ».

    Petite question à Nathalie Schirvel, si elle a le temps d’y répondre, sur le cas d’une école primaire (élèves de moins de 11 ans) : quels sont les risques de contamination à d’autres élèves ou à l’adulte si un élève non masqué asymptomatique mais Covid+ (ou un professeur masqué asymptomatique Covid+) se trouve dans une classe de 25 à 30 élèves 6 heures par jour ? (nul, très faible, faible, faible à fort, fort, très fort, total : soulignez la mention probable …)

    Je crois qu’il serait temps pour notre gouvernement français de revoir le protocole écrit début juillet, soit exactement au plus bas de l’après 1ère vague de l’épidémie, s’il ne souhaite pas une deuxième vague.

    1. Bonjour François M

      Je prends le temsp de répondre car je suis en vacances 🙂

      A votre question: le risque existe et dans la configuration de la salle de classe, encore plus en hiver (fenêtres fermées), le risque est élevé/fort.

      Certains épidémiologistes rigoureux proposent le masque dès 3 ans.

      Les études de reconstitution des chaines de transmission et d’apparition de clusters montrent que les enfants de tout âge jouent un rôle important, y compris dans la contamination des grands-parents.
      Même si ce coronavirus est bénin pour les enfants et les jeunes, nous ne vivons pas dans une société de ségrégation générationnelle, nous cotoyons tous des gens de tout âge, surtout en famille. Il ne faut pas l’oublier dans les décisions sanitaires.

      Ici un avis complet d’experts sur le sujet des écoles avec des données récentes
      https://inf-covid.blogspot.com/2020/08/rentree-scolaire-prise-de-position-de.html

      Le problème du fonctionnement bureaucratique est la lenteur de décision et le retard par rapport aux nouvelles données scientifiques.
      Les protocoles sanitaires du ministère de l’éducation sont donc à mon sens systématiquement dépassés.

      Bien à vous
      Nathalie

      1. Merci Nathalie pour ces précisions et l’estimation que vous avez faites.

        Merci aussi pour le lien, j’invite chacun à le lire c’est très intéressant. L’avis des experts virologues allemands remet en cause frontalement le dogme de l’état français du « les enfants ne sont pas contagieux ». Il faut dire que ce dogme a été fondé sur l’étude d’un seul élève, en Haute-Savoie, qui était positif au Covid-19 mais aussi malade d’autre chose. On peut supposer – hypothèse personnelle – que son système immunitaire était déjà au top côté immunité inné, que le virus n’a pas eu le temps de sortir de la zone nasale, et que le test était un faux-positif, ne détectant que de l’ARN d’un virus mort. Dans ces conditions, rien d’anormal à ce que l’enfant n’est contaminé personne !

        J’en déduis qu’en l’état actuel du « protocole sanitaire » consistant à faire rentrer tous les élèves « entassés » dans la classe alors que certains reviennent de vacances avec le risque de ramener dans ses « bagages » le fameux virus, il va y avoir une augmentation importante des clusters. La situation ne sera plus maitrisable. Le silence « assourdissant » du ministère ne m’amène pas à être optimiste.

        Bien à vous. Bonne fin de vacances.

  9. Il faudrait à mon sens, insister sur le domaine de protection des masques, c’est plus important qu’il n’y parait :
    Un ffp2 bien ajusté filtrera à l’inspiration et à l’expiration, SAUF les modèles à soupape qui ne filtrent rien à l’expiration, projettent même des gouttelettes de condensation formées sur la soupape.
    Un chirurgical retient les projections de gouttelettes émises et reçues mais pas les aerosols.

  10. Bonjour Cloclo

    il n’y a pas de bouton répondre sous ton commentaire du 17/08 23h25, alors je réponds ici

    Ce que tu dénonces c’est la technocratie/bureaucratie/les collusions/l’exploitation physique.
    De mon côté je peins ma vision d’un projet politique de démocratie réelle et de décision partagée, qui est à l’opposé de la bureaucratie de la technostructure que la France connaît.
    Nous parlons donc de la même chose.

    Je ne vois pas de contradiction dans mon propos: il y a d’un côté le projet idéal et de l’autre ce qui se passe dans l’environnement politique actuel.

    Une décision d’obligation peut être une décision partagée.
    Il me semble d’ailleurs que les organisations syndicales sont favorables à l’obligation du masque en entreprise.

    C’est ainsi que notre système législatif parlementaire fonctionne : l’assemblée des représentants votent des lois, qui sont en résumé des obligations et des interdictions.
    En entreprise, quand il y a un comité paritaire, on peut voter l’obligation / l’interdiction dans le cadre du règlement propre à l’entreprise.
    Mais parfois cette décision peut être unilatérale et je le regrette.
    Le responsable légal (l’employeur) ou l’Etat agit et impose s’il estime qu’il y a urgence et danger. Vu la remontée des cas COVID hospitalisés, je pense qu’on est dans cette situation de danger.
    Et là encore on fait face au fonctionnement particulier de la France de la 5e république où le président a beaucoup de pouvoirs.

    Je donne l’exemple de la Suède comme démocratie sanitaire, parce que les suédois se sont confinés sans lockdown, sans état d’urgence. Au plus haut de l’épidémie chez eux, la circulation routière avait chuté de 90%. L’état suédois a informé la population et chacun a géré le risque à son niveau. Les suédois ont critiqué ces mesures jugées laxistes mais ils ont aussi confiance en leurs gouvernants. Leur mortalité est similaire à des pays européens avec lockdown.
    On peut argumenter que les décisions de lockdown ont été pris trop tardivement ailleurs et que le virus était déjà arrivé dans la population fragile (dont Ehpad)
    Mais il ne faut pas oublier que les lockdowns ont été décidés parce qu’il n’y avait ni capacité de tests suffisante ni équipements de protection en suffisance et qu’on craignait un dépassement des capacités des services de réanimation.

    Cette bonne santé démocratique, paritaire, avec balance des pouvoirs, est en péril, je ne le nie pas.
    Et nous le remarquons tous les jours dans l’affaiblissement des organismes multilatéraux, dont l’OMS au plus fort de la pandémie.

    Le masque n’est donc pour moi qu’un prétexte.
    Il y a un glissement « dénoncer l’appareil technostructure » > « dénoncer les modes de prises de décisions » > « dénoncer l’obligation du masque », sans prendre en compte la dimension de la gestion du risque et de l’urgence face au danger.

    Concernant le fait que le masque pourrait ne pas être adapté à toute situation de travail, il y aura certainement des dérogations en fonction des situations et de la demande des travailleurs.
    Mais beaucoup de travailleurs avec des tâches manuelles doivent porter un masque très filtrant et très inconfortable pour se protéger du risque chimique et physique (poussières de bois, fumées…) alors je trouve que tous nous pouvons supporter un masque chirurgical quelque soit notre métier.
    D’un point de vue médical, le masque ne pose pas de problème particulier sauf irritations dermatologiques.

    Enfin sur la question de mon travail, j’assure la coordination en santé dans des entreprises dans plusieurs secteurs: service de secours, transport public, secteur hospitalier, usines (industrie lourde), pôle de recherche industriel universitaire, biotechnologies. A côté de cela je peux être en contact occasionnel avec des intérimaires de tout secteur et avec des employés de bureaux.
    Il y a plusieurs éléments qui m’indiquent si les mesures sanitaires sont respectées
    – visite sur site
    – apparition de clusters
    – relais par la ligne hiérarchique
    – plainte des travailleurs eux-mêmes
    – surveillance épidémiologique à l’échelle régionale

    Merci pour cet échange constructif

    Je vous souhaite une bonne continuation
    Nathalie

    1. Salut Nathalie,

      C’est très aimable de ta part de prendre sur ton temps libre pour répondre.

      « Mais beaucoup de travailleurs avec des tâches manuelles doivent porter un masque très filtrant et très inconfortable pour se protéger du risque chimique et physique (poussières de bois, fumées…) alors je trouve que tous nous pouvons supporter un masque chirurgical quelque soit notre métier. »

      Oui, mais ces travailleurs là, normalement, et heureusement, ont des protocoles clairement identifiés, et leur temps de travail dans ces ambiances et avec leur équipement est normé et inférieur aux temps habituellement constaté sans ces contraintes de protection, avec des périodes de repos et des pauses obligatoires.

      Là, rien. habituez vous mes agneaux. Faites tourner la machine. Y a une forme de complicité objective bien hypocrite de facilitateur à ne pas l’admettre selon moi. Puisque c’est as usual, quelques soient les conditions.

      Mais bon chacun pense bien ce qu’il veut.

      Bonnes vacances à toi.

  11. Merci à Nathalie et à deepL traduction
    https://www.deepl.com/fr/translator

    Si j’étais encore en entreprise , je m’assurerai que les personnes qui ont le plus de contacts sociaux soient les premiers servis en matière de prévention.
    A l’échelle de la nation , de l’entreprise , comment vont être réalisés les tests de dépistages , les vaccinations , une fois que ceux ci auront prouvés leur efficacités ? Quelle serait l’organisation la plus judicieuse?

    That’s zeu question !

  12. Évidemment , la richesse des liens proposés sur ce fil à ses limites en ce qui me concerne …on ne s’improvise pas médecin, ni intellectuel de haute volée 😊

    Mais bon , pour parler des résistances au port du masque ( que l’on sent pointées dans certains commentaires de ce blog) qui peut devenir la goutte d’eau ( l’obligation) qui fait déborder le vase , j’imagine que bien comprendre le monde de l’entreprise peut devenir aussi important que les connaissances médicales.

    Si ça peut rendre service :

  13. Glané…! Je ne sais où poster ce qui suit… Et encore moins le degré de confiance à y accorder… Mais…
    +- récent(- 1,5 mois) , +- compréhensible avec trad.automtq , et surtout, disons , « renversant »..!!
    J’en perds mon bulgare…!.. et d’ailleurs pourquoi de telle origine « technique »..?

    En principe certains d’entre nous pourraient l’analyser utilement , me semble-t’il.
    Un extrait , puis la référence :
    … » This indicates that the belief in the validity of the PCR tests is so strong that it equals a religion that tolerates virtually no contradiction.

    But it is well known that religions are about faith and not about scientific facts. And as Walter Lippmann, the two-time Pulitzer Prize winner and perhaps the most influential journalist of the 20th century said: “Where all think alike, no one thinks very much.”

    So to start, it is very remarkable that Kary Mullis himself, the inventor of the Polymerase Chain Reaction (PCR) technology, did not think alike. His invention got him the Nobel prize in chemistry in 1993.

    Unfortunately, Mullis passed away last year at the age of 74, but there is no doubt that the biochemist regarded the PCR as inappropriate to detect a viral infection.

    The reason is that the intended use of the PCR was, and still is, to apply it as a manufacturing technique, being able to replicate DNA sequences millions and billions of times, and not as a diagnostic tool to detect viruses.

    How declaring virus pandemics based on PCR tests can end in disaster was described by Gina Kolata in her 2007 New York Times article Faith in Quick Test Leads to Epidemic That Wasn’t.
    LACK OF A VALID GOLD STANDARD

    Moreover, it is worth mentioning that the PCR tests used to identify so-called COVID-19 patients presumably infected by what is called SARS-CoV-2 do not have a valid gold standard to compare them with.

    This is a fundamental point. Tests need to be evaluated to determine their preciseness — strictly speaking their “sensitivity”[1] and “specificity” — by comparison with a “gold standard,” meaning the most accurate method available.  » …

    dans : https://bpa-pathology.com/covid19-pcr-tests-are-scientifically-meaningless/

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