29 réflexions sur « Donald ressemble-t-il à son grand-père ou à sa grand-mère ? »

  1. Toujours mettre la photo du facteur (et du laitier à l’époque ?) dans l’album de famille pour être sûr…

  2. Medellín, le 22 aout 2020

    Elle (10 octobre 1880 – 6 juin 1966), veuve (mai 1918) a cause de la pandémie, prend les choses en mains a partir de 1918, d’ailleurs comme le faisait avant sa propre mere en Allemagne.

    En suite, ¨Même septuagénaire, elle prend la peine d’aller recueillir les pièces de monnaie des laveries automatiques des hôtels de sa société¨. (E. Trump et fils).

    C’est précisément la, ou son petit-fils faisait, fait et fera beaucoup attention:

    1. https://newrepublic.com/article/143586/trumps-russian-laundromat-trump-tower-luxury-high-rises-dirty-money-international-crime-syndicate

    2. https://www.nytimes.com/2020/02/04/magazine/deutsche-bank-trump.html

    Je connais un homme sage qui vit à Vannes et qui en sait plus.

    https://www.pauljorion.com/blog/2017/06/15/largent-mode-demploi-2009-a-paraitre-en-poche-dans-la-collection-pluriel/

  3. D.T. a quatre grands parents. Tête ronde, pommettes saillantes, bouche tombante, large carrure, il ressemble peu à ces deux là, sauf peut-être les yeux bouffis comme la grand-mère Elsabeth Christ. Elle a été courageuse et dure au travail, lui est joueur et jouisseur…Il exploite des gens proches pour aller à sa place récolter les jetons et liquider les mauvais payeurs. What else ? Que signifie “ressembler à” ? Selon quels critères ?

    1. Que signifie « ressembler à » ? Selon quels critères ?

      C’est un peu la thèse sous-jacente de cet ouvrage : Comment la vérité et la réalité furent inventées (2009), deux définitions culturellement distinctes : la ressemblance fondée sur l’apparence physique en Occident, sur l’identité de la réponse émotionnelle, affective, en Orient. cf. “Le même et le différent” : pp. 69-74.

      1. Le même et le différent

      Pour que la pensée puisse émerger, il faut que le langage dépasse une fonction de simple monstration que le cri ou l’interjection remplissent déjà. Lorsqu’un seul cri existe, on n’a affaire qu’à une simple interjection. Lorsqu’il existe un cri par chose désignée, on n’est malheureusement pas plus avancé : on a toujours affaire à un monde indifférencié où rien ne se distingue de rien. Il faut pour que la pensée prenne son envol qu’il existe plusieurs signifiants et que le même puisse renvoyer à deux choses distinctes sur la base d’une équivalence postulée entre elles : il faut qu’en dépit de leur disparité elles puissent être considérées identiques sous un certain rapport qui les assimile. Une fois les choses rassemblées en moins d’essences qu’il n’y a de phénomènes, il devient possible de parler d’elles d’une autre manière qu’en les désignant individuellement et en poussant un cri.

      Définir les règles de la ressemblance, principe du regroupement « économique » (Ernest Mach a défini la science comme « économie mentale » -1960 [1893] : 577-582), c’est créer un espace de modélisation. Dans sa forme « primitive » au sens de simple, la ressemblance est fondée sur l’identité de la réaction émotionnelle suscitée ; sous sa forme moderne, le principe du regroupement se déplace petit à petit vers la perception – émotionnellement neutre – de l’identité de la forme et des comportements : se verront désormais appliquée la même étiquette les choses proches, dont la distance perçue entres elles est faible et demeure en tout cas au-dessous du seuil qui marque lui la différence.

      De nombreux auteurs ont voulu situer le fossé conceptuel entre Méditerranée et Extrême-Orient par rapport au statut de l’identité. En Chine ancienne, le rapport de lalangue à la nature des choses n’apparaît jamais conventionnel, comme à nos yeux. Voici ce qu’en dit Hansen :

      « … on peut caractériser les théories sémantiques chinoises comme la conception que le monde est une collection de “sortes” et de substances qui se chevauchent et s’interpénètrent. Un nom (terme ou prédicat – ming) dénote (renvoie à, choisit – chu) une certaine substance. L’esprit n’est pas considéré comme un mécanisme d’imagerie interne qui se représente les objets individuels du monde, mais comme une faculté qui distingue les frontières des substances ou des sortes auxquelles renvoient les noms … Le langage consiste en ming, “noms”, ayant une relation bijective (“un pour un”) avec les chih, “sortes” (…) Il n’y a pas de place dans les théories philosophiques chinoises pour les termes de signification, de concept, de notion ou d’idée que l’on trouve dans la philosophie occidentale » (Hansen 1983 : 30-31).

      Dans ce contexte chinois, à condition qu’il existe bien un mot pour chaque « sorte », la langue se contente de redoubler le monde de manière adéquate. La difficulté réside dans le maintien de cette relation bijective. La doctrine confucéenne attribuera l’anarchie politique qui caractérise son époque à la perte de cette coïncidence dans les relations hiérarchiques. Confucius lui-même est censé avoir déclaré (Analectes) : « Que le souverain soit un souverain, le ministre, un ministre, le père, un père, et le fils, un fils » (Hansen 1983 : 73). La campagne de rectification des noms, visera alors à rétablir la correspondance entre sortes et mots : « Elle pourra impliquer que les états-de-choses effectifs soient modifiés pour coïncider avec les conventions de dénomination ou bien que les noms soient manipulés pour ne plus s’appliquer qu’à des étants qui méritent effectivement ces noms » (ibid. : 72).

      Il est vrai que la pensée grecque envisage les choses de manière privilégiée dans leur persistance, telles qu’en elles-mêmes, alors que la pensée chinoise considère les « sortes » sous le rapport privilégié de leur métamorphose (j’y reviendrai). Il n’en demeure pas moins que toute langue propose nécessairement comme cadre du savoir la mise en scène des choses en tant que persistantes. A ce point de vue, la langue – par sa simple existence et quelle qu’elle soit – nous situe de la même manière par rapport à l’univers dont nous sommes une des composantes. Par le fait même de parler, nous posons sur l’univers la grille de la persistance. Hegel attirait déjà l’attention sur cette dimension lorsqu’il observait que : « L’illusion commune situe l’Absolu dans un au-delà lointain, alors qu’il est plutôt ce qui est immédiatement devant nous, si totalement présent, que toujours, en tant qu’être pensant, nous le véhiculons avec nous et l’utilisons, même si nous n’en avons pas une conscience expresse. C’est dans le langage principalement que sont déposées de telles déterminations-de-pensée, et l’une des utilités de l’enseignement de la grammaire aux enfants est qu’on les rend, inconsciemment, attentifs à des distinctions de la pensée » (1971 [1830] : 40). Dans son œuvre entière, Emile Meyerson, insiste sur le présupposé de persistance qu’implique automatiquement l’existence des mots. Sous ce rapport, la pensée extrême-orientale ne peut donc se distinguer de manière essentielle de la nôtre.

      Lévy-Bruhl pensait essentiellement quand il écrivait « logique » à la nature de l’identité et il avait donc raison quand il qualifiait le principe d’identité de « pré-logique » : il est vrai que la logique ne peut se déployer que dans un espace où les équivalences ont déjà été établies grâce à un principe de ressemblance qui règle les distances perçues entre objets : distance suffisamment petite pour maintenir l’identité, distance trop grande qui détermine la différence. Retenons donc qu’il ne s’agit pas avec l’identité de logique proprement dite mais de ce qui se trouve en amont immédiat de celle-ci, autrement dit, il s’agit d’une question avant tout métaphysique et plus précisément ontologique.

      Au sein de notre pensée occidentale contemporaine, il existe trois modes de l’identité,

      1° l’identité d’une chose à elle-même, relation unaire et réflexive (A est A),

      2° l’identité de deux choses distinctes, de deux substrats distincts dans l’espace-temps, mais qui ne se distinguent par ailleurs que sous ces rapports seulement de l’espace et du temps, relation d’équivalence binaire, symétrique et transitive (si A est identique à B, B est identique à A ; si A est identique à B qui est lui-même identique à C, A est identique à C),

      3° la ressemblance de deux choses, en tant qu’identité « amoindrie » portant sur un nombre restreint de leurs attributs essentiels ou accidentels ; ce que j’ai qualifié aussi de distance inférieure au seuil qui définit la différence, relation binaire, symétrique mais non-transitive.

      On aperçoit d’emblée comment ces définitions autorisent différents cas de figure :

      1° On peut nier par exemple qu’une chose soit identique à elle-même, l’écoulement du temps (même infinitésimal) excluant l’identité effective ; c’est la position que nous associons au sein de notre culture au nom d’Héraclite.  Une conséquence immédiate du postulat héraclitéen est qu’une chose ne pouvant être identique à elle-même, elle ne pourra a fortiori pas être identique à une autre ; ne demeure alors comme relation possible entre les choses qu’une ressemblance indéterminée qui peut éventuellement être transitive et se transforme alors en affinités ou « sympathies », proche de la « connexion simple » que j’ai évoquée précédemment et principe d’une classification polythétique, fondée dans les termes de Wittgenstein sur la « ressemblance familiale » (Wittgenstein 1953 : § 67).

      2° On peut aussi imaginer que pour certaines cultures, si deux choses sont identiques, c’est qu’elles ne sont que deux manifestations de la même, c’est-à-dire, en fait qu’une seule. D’un point de vue ontologique, on pourrait tout aussi bien dans ce cas-là considérer que la deuxième relation d’identité disparaît au profit de la seule première : l’identité binaire étant toujours une identité unaire qui s’ignore. Ce qui signifie que pour ces cultures, la présence ailleurs dans le temps et dans l’espace, à l’inverse de chez nous, ne suffit pas à rendre réellement distinctes deux choses, si c’est là le seul aspect qui les distingue ; les choses possèdent alors le don d’ubiquité. Ce mécanisme fut fort bien analysé par Henri Wallon : « Les différences de lieu sont moins des localisations différentes dans l’espace que des circonstances locales s’ajoutant à la personne, à l’objet ou à la situation, et capables par suite d’être simultanément soit une seule pour plusieurs individus, soit plusieurs pour le même individu » (Wallon 1959 [1932] : 348).

      La réalisation chez Platon de la même Idée sous des approximations diverses au sein du monde sensible, relève d’une démarche identique. Mais en Grèce antique, cette liberté d’une essence unique susceptible de se manifester indépendamment des contraintes du temps et de l’espace, disparaîtra. Comme le note Sedley à propos de Stoïciens, « Nous avons déjà rencontré le principe stoïcien selon lequel un individu qualifié de façon particulière ne peut occuper deux substances – en d’autres termes, Dion ne pourrait pas occuper simultanément deux corps humains séparés. Les Stoïciens soutenaient aussi la réciproque, à savoir que deux individus qualifiés de façon particulière ne peuvent occuper une seule et même substance – en d’autres termes, Dion et Théon ne pourraient occuper tous deux le même corps humain au même moment » (Sedley 1989 [1982] : 528).

      1. Et pour répondre à la question subsidiaire : Donald est le 4e d’une fratrie de 5. Le second, premier mâle, nommé Frederick-Christ Junior est mort dans l’alcoolisme à moins de 40 ans. Soit que la transmission d’une prédestination christique fut trop lourde à porter ; soit qu’elle n’eut pas sa place dans une famille où seul l’argent trébuchant fait office de destinée.
        D’ailleurs son père, Fred-Christ Trump Senior, fut tout sauf destiné au sacrifice (dans l’événement de 1927, il y a une doute dans son appartenance au clan du KKK ou à celui des fascistes… ).
        Quelle manie aussi de donner à son aîné masculin un double prénom qui reprend le nom de famille de la mère !

        1. Vous mélangez un peu tout (une manifestation sans doute du fameux “choc des cultures”).

          – Fred Jr. avait 42 ans à sa mort
          – La tradition d’état-civil US, c’est Premier prénom – Patronyme de la mère – Patronyme du père (donc pas une fantaisie de la famille Trump – en Europe je suis Paul Jean Maurice JORION, aux US j’étais Paul Bles JORION).

      2. En Europe, nos “autres” prénoms ne sont pas utilisés, sauf par l’Etat civil. Aux USA le nom maternel l’est-il ? Ou seulement pour l’aîné ? Je le trouve pour Fred Jr et pas pour Donald sur la page WKPD. En Espagne c’est plus courant d’associer le Nom de la mère au nom du père, mais est-ce aussi dans l’usage ? AInsi la question subsidiaire deviendrait : le Nom de la Mère est-il prégnant dans certaines cultures davantage que dans la nôtre ?

        1. En effet, dans la page Wikipédia de la famille Trump, les différents usages se mélangent. J’ai le sentiment que la raison en est que ce qui est repris est le nom d’usage que chacun a adopté pour soi, l’accent ayant été mis sur la désambiguïsation, chacun ayant fait son choix personnel : 2d prénom, nom de la mère en second, Jr. ou Sr. Mais les Américains ont encore d’autres trucs pour s’assurer qu’il n’y ait pas deux personnes ayant exactement le même nom : déclinaisons sur les prénoms, Christelle, Crystal, Kate, Cathy, Kathy, Sherril, Shelley, Chérie, etc. et le réemploi de noms de familles comme premier prénom : Cormac McCarty, Harper Lee, Cornel West.

  4. L’histoire se répète toujours deux fois disait Marx, la première comme une tragédie, la seconde comme une farce… je crains hélas que ce ne soit l’inverse…

        1. Le fait que quand nous remontons notre arbre généalogique nous aboutissons rapidement à un grand nombre d’ancêtres ne prouve certainement pas que nous descendons tous de Charlemagne : les descendants de Charlemagne se sont probablement essentiellement mariés entre eux.

      1. Moi je ne descends pas de Charlemagne !

        Je descends d’Alexandre le grand , via Roxane , princesse de Bactriane .

  5. C’est curieux cette tendance à s’identifier à telle ou telle personne dans sa descendance, s’arrêter là ou là, le long de l’arbre généalogique …

    1. Les familles font ça : c’est le syndrome du “portrait tout craché”. Pour moi : un oncle paternel de ma mère, pour ma soeur, une cousine germaine de mon père. Traits physiques parfois, mais surtout traits de caractère.

      1. A propos de caractère , je me demande à qui ressemble Chantal Montellier …. ( caractère , vous avez dit caractère , quel caractère ?)

        S’agissant des “ressemblances ” des enfants à leurs ascendants , j’ai souvent pu remarquer chez mes petits enfants que les ressemblances physiques ou de caractère avec leur père et mère , alternent ( et parfois en plusieurs aller-retours ) dans le temps . J’en vois un en particulier qui jusqu’à onze ans était ” son père tout craché ” et qui depuis 5 ans est “sa mère tout craché” . Ilva bien finir par cracher le morceau et se ressembler à lui même , après avoir fini de réviser ses gammes .

        Sinon sur le fond :

        https://www.cairn.info/revue-l-ecole-des-parents-2014-4-page-40.htm

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