Trends-Tendances – Le mécanisme délicat que révèle la pandémie, le 1er octobre 2020

Le mécanisme délicat que révèle la pandémie

Nous mesurons la richesse d’une nation par son Produit Intérieur Brut (PIB), à savoir la somme des « valeurs ajoutées » : la différence entre le prix auquel une chose a été vendue et ce qu’elle a coûté, ce que nous appelons d’habitude les bénéfices ou le profit. Tout cela, additionné, constitue le PIB. La condition pour que se constitue la « richesse nationale » est donc qu’existe à tout moment un nombre considérable de personnes prêtes à payer pour une chose davantage que ce qu’elle a coûté, et à alimenter ainsi la richesse nationale. On ne s’étonne pas suffisamment que dans les conditions ordinaires cette condition, à savoir la génération de profits considérables, soit si facilement remplie.

On ne s’étonne pas non plus du fait qu’il faut pour cela que les profits réalisés antérieurement aient été redistribués au moins partiellement entre une multitude de personnes, leur permettant à nouveau d’acheter marchandises et services à un prix plus élevé que ce qu’ils avaient coûté. Cette capacité de relance répartie dans la population sans être seulement réservée à ceux ayant directement généré le profit (les industriels ayant produit les biens ou les marchands les ayant vendus), c’est ce qu’on appelle bien entendu le « pouvoir dachat ». L’un des mécanismes faisant que le profit se retrouve redistribué entre les mains de la multitude ayant acquis les biens, c’est le salariat : la rémunération du travail accompli. Un autre, c’est la protection sociale. Sans eux, il serait impossible de revendre plus cher que le prix coûtant. Une condition sine qua non pourtant souvent perdue de vue.

Il faut une crise comme celle que nous traversons et que la machine se grippe en divers endroits pour que son mécanisme apparaisse dans sa complexité, faisant apparaître en surface ses zones de fragilité, et il faut bien le dire, son caractère un peu incongru. Plus le salariat est en péril, comme dans une pandémie réduisant la capacité à travailler, plus la protection sociale devra être mise à contribution dans un rôle de maintien du pouvoir d’achat.

Les gouvernements sont aujourd’hui jugés à leur capacité à jongler avec ces divers facteurs : assurer la protection sanitaire de la population, protéger la production de valeur ajoutée, favoriser la redistribution du profit pour maintenir le pouvoir d’achat, et compenser par la protection sociale les déséquilibres causés par la pandémie.

L’effectivité des gouvernements à assurer les deux peut être mesurée à partir de deux chiffres : celui de la croissance, c’est-à-dire la bonne santé du PIB, et celui des décès causés par la pandémie (morts par million dhabitants).

Dans le tableau, quelques nations ont été rangées à titre dexemples par ordre de la croissance au second trimestre.

Pays

1er trimestre

2d trimestre

1er semestre

Impact Covid-19

Chine

-10,0 %

11,5 %

3,2 %

3

Japon

-0,6 %

-7,9 %

-9,9 %

12

Allemagne

-2,0 %

-9,7 %

-11,3 %

113

Belgique

-3,5 %

-12,1 %

-14,4 %

858

France

-5,9 %

-13,8 %

-18,9 %

482

Royaume-Uni

-2,8 %

-20,4 %

-21,7 %

616

États-Unis

-5,0 %

-31,7 %

-9,1 %

623

Le contraste est tout particulièrement frappant entre la Chine et les États-Unis : croissance en hausse de 11,5% au second trimestre pour la première, baisse du PIB de 31,7% pour la seconde, 3 morts dues à la Covid-19 par million d’habitants en Chine, contre 623 aux États-Unis.

Du rapprochement des chiffres émerge une conclusion incontournable : les gouvernements ayant mis l’accent sur le sauvetage de l’économie d’abord et celui de la vie de leurs concitoyens ensuite, n’ont su sauver ni la première ni la seconde. Seule la stratégie d’éradication du virus s’est avérée payante, protégeant d’abord les citoyens en ignorant l’économie, faisant repartir ensuite une économie qui a su être préservée en ayant maintenu les citoyens en vie.

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20 réflexions sur « Trends-Tendances – Le mécanisme délicat que révèle la pandémie, le 1er octobre 2020 »

  1. Mais qu’est ce qui guide les décideurs, communément appelés responsables politiques, des pays ayant doublement échoué alors?

    Pensez-vous vraiment -question sincère- que les décideurs, qui ont revendiqué/fais le choix de privilégier la protection du P.I.B – au détriment implicite de la santé/vie des citoyens- aient perdu tout bon sens dans leur quête d’un Graal statistique ?

    Est-ce par conséquent la raison ou la foi qui les guident ?

    [Définition : secte n.f.
    1. Ensemble de personnes professant une même doctrine (philosophique, religieuse, etc.).
    2. Groupement religieux, clos sur lui-même et créé en opposition à des idées et à des pratiques religieuses dominantes.
    3. Clan constitué par des personnes ayant la même idéologie.
    ]
    Avec une définition aussi multiple, il faut croire que chacun peut être considéré comme faisant partie d’une secte. Volontairement ou non. Consciemment ou non.
    « Révèle moi ton dogme et je te dirais à quel clan tu appartiens »,

    Pour ceux ayant choisis pour dogme Economy First, il faut malheureusement constater qu’ils font de piètres fidèles/prêtres. Pourtant, toujours aussi zélés et sur d’eux.
    L’échec ne les arrête pas. Ne les raisonne pas. Comme des personnes addicts aux jeux d’argent, plus ils perdent et plus ils imaginent se débarrasser des cartes “Pas de chance” et se rapprocher de la fortune.

    Je me demande si cette explication de dogme et d’addiction ne me sert pas de faux fuyant pour ne pas avoir à admettre que ce que révèle aussi cette pandémie c’est que ces responsables, décideurs librement élus, sont en réalité, et au pire moment, irresponsables, amoraux et/ou [dépourvus de bon sens
    ]. Je vous laisse trouver le mot auquel ce rapporte cette dernière définition.

    1. Merci pour la vision simpliste… les bons vs les méchants…

      La baisse du PIB, c’est aussi, sinon potentiellement plus dommageable pour la santé/vie des citoyens que les décès issus du covid. Personne n’a arbitré pour l’économie pour elle-même je pense (crise économique/crise de la dette/effondrement du système financier ou bancaire conduisent souvent à des guerres civiles ou des guerres mondiales et à minima à une hausse de la misère, des suicides et de la criminalité).

      Prendre les bonnes décisions n’est vraiment pas si simple, surtout qu’il n’y a aucun consensus scientifique sur la dangerosité du virus à terme.

      1
  2. Pour les U.S.A., le chiffre du premier semestre, laisse apparaître un recul, mais bien moindre que ce que laissait supposer le chiffre du second trimestre ; est-ce à considérer comme un début de rétablissement ?

  3. Après simplification de votre équation on tombe sur l’équation de Keyns revu et corrigé par nos bons pères de famille capitalistes qui suivent leur feuille de route rédigé par la « science économique ».

    Minimiser le ressentiment des citoyens qui consomment sont moins vindicatifs, plus docile = PIB en croissance. Connu aussi sous « Du pain et des jeux ».

    Après renormalisation:
    PIB en croissance = enclos en fil de fer barbelé pour mouton bêlant.

    Objectif atteint !

  4. La Chine sauve des vies, et son économie, mais quid des externalités négatives quand la croissance chinoise repart ? Les satellites avaient mesuré une baisse spectaculaire de la pollution en Chine lors confinement, mais depuis elle est repartie de plus belle.
    https://www.numerama.com/sciences/625071-en-chine-la-reprise-provoque-une-pollution-plus-elevee-quavant-le-confinement.html
    La Chine devra elle aussi revoir ses normes comptables …

    1
    1. C’est ça, cette magnifique croissance chinoise qui les sauve tous en bloc, ben c’est surtout le charbon et le nucléaire abhorré par ailleurs. Et un peu de pétrole pour bien faire. Comment sortir de cet autoroute pour l’enfer ? Pas vraiment de début de réponse dans cet article.

    2. Avant de comparer les chiffres, dans différents pays, entre les effets de la pandémie et les niveaux de réussite économique ( PIB positif), le présent texte rappelle justement que cette réussite doit être considérée en rapport avec le pouvoir d’achat des travailleurs-consommateurs.
      Mais la comparaison ne devrait-elle pas prendre en compte l’inégalité des niveaux de vie selon le milieu considéré, relativement à leur histoire ?
      Certes nous avons créé une économie capitaliste mondialisée, mais les milieux nationaux et régionaux sont loin d’être égaux quant à des styles ou arts de vivre plus ou moins appréciables. Les inégalités , de ce point de vue ne tiennent pas seulement à des idéologies …Ainsi je ne partage pas la critique du commentaire qui reproche aussitôt à la Chine de renouer avec son niveau outrancier de pollution, en omettant de rappeler que l’Occident a développé son niveau de plus-value en exportant ses technologies polluantes dans les pays où la main d’oeuvre , historiquement, coûtait moins chère.

      1. PIerre C
        En somme vous accordez un permis dérogatoire de polluer à la Chine.

        Il s’agit pas d’exonérer l’Occident de sa propre responsabilité, mais de mettre tout les pays face à leurs propres responsabilités pour que tous parviennent à assurer la survie de l’espèce.
        Un seule solution valable pour tous : abandonner un système de développement économique mortifère.

        Xi Jinping a fixé à 2060 J’objectif de la neutralité carbone, très bien, mais en attendant il justifie ce qu’il estime être un rattrapage qu’aurait à faire la Chine par rapport à l’Occident au motif qu’elle a subi de graves préjudices dans l’histoire.
        Ce n’est pas sérieux, c’est une justification qui répond à des considérations politiques intérieures. Le perdant dans l’histoire ce n’est pas l’Occident mais l’humanité dans sa totalité.

    3. Bonjour P-Y

      Le monde occidental capitaliste ,au travers de ses multinationales , par la mondialisation, a fait de la Chine son atelier pour maximiser ses profits.
      En délocalisant son industrie , dans tous les domaines, il a aussi délocalisé la pollution associée.

      Cette période de mondialisation a permis à la Chine , en 20-30 ans, de :
      – se doter d’un tissu industriel ultra-performant, ce qui lui a aussi permis d’ approvisionner le monde occidental en besoins hospitaliers dans cette période inédite
      – faire évoluer le niveau de sa population active dans tous les domaines , en intégrant les savoir- faire industriel , agricole et de service , en copiant dans un premier temps, et encore maintenant, puis en formant des ingénieurs et des techniciens capables d’innovation à l’identique du Japon dans les années 70-80. ( pour info , pour avoir pratiqué la veille technologique , la concurrence a toujours été source d' »inspiration » dans les bureaux d’études )
      – de doter le pays en infrastructures dans toute sa diversité.
      – de se préparer , en montant en gamme, à la période à venir , de relocalisation ou transfert de délocalisation vers des pays low-cost ( Inde, Vietnam,…) par les multinationales occidentales, , voire chinoises, mais aussi pour objectif d’augmenter son marché intérieur.
      – d’améliorer les conditions de vie d’une grande partie de sa population

      Le regain de croissance actuelle chinoise ne fait que satisfaire , pour partie, les besoins occidentaux suite à leur récession actuelle liée à la pandémie.

      1. Nous ne parlons pas de la même chose. Vous me décrivez le parcours de la Chine de ces 30 dernières années, qui m’est connu ; j’objectais seulement que l’Occident et la Chine sont dans un même bateau, que leurs destins sont liés quant à la manière dont il faut procéder pour assurer la survie de l’humanité, et que par conséquent l’idée qu’il faudrait accorder un statut d’exception à la Chine est dangereuse.
        Je n’ai pas dit que c’est à la Chine de faire le premier pas pour abandonner un modèle obsolète, je dis que TOUTES les grandes puissances doivent faire ce pas.
        En tant que citoyen français et européen, , je dis bien en tant que citoyen car je ne représente pas l’Occident et ses intérêts financiers et économiques, j’affirme seulement que ce n’est pas aider la Chine à faire son premier pas que d’accorder des satisfécits à ses dirigeants.

      2. @ilicitano :

        Votre toute dernière phrase est une affirmation gratuite , juste une hypothèse pas forcément corroboré par les informations portuaires que je peux connaitre ,et qui tendent à montrer que si l’on compte encore sur la Chine pour importer les produits qu’on avait l’habitude de lui commander avant la Covid , le nombre de porte containers constaté est encore sensiblement inférieurs à celui de l’an passé . On voit dans nos ports méditerranéens plus de turcs que de chinois ces temps ci .

        Et les projections des demandeurs tablent davantage , en combinant à la fois la demande européenne et la capacité de la Chine à « servir  » , sur un flux de moins de 90 % du marché antérieur pendant plusieurs années , indépendamment des politiques internationales de relocalisations réelles ou fantaisistes .

  5. Merci M. Jorion de republier ce billet… Une autre interprétation est-elle possible – en espérant qu’elle ne soit pas la « bonne ». Là est mon optimisme – du fragile mécanisme arbitrant entre sauver des vies et/ou l’économie, en fonction des agissements politiques, « sociétales », et des « cotés obscures » des rapports de « forces »…?

    « Fiction dystopique, ou réalité disruptive…?

    Et s’il n’était pas question plutôt d’une réalité dystopique et disruptive, surpassant le cadre d’une fiction cauchemardesque… pour ce que risque de devenir de la démocratie, du dialogue social et des plus pauvres, précaires, (plus de 14 % des citoyen.e.s français.e.s, dont des enfants, vivent sous le seuil de pauvreté)… ?

    Pour « relancer » la confiance en ce « culte féroce » du PIB – et quoi d’autre que le consumérisme d’un modèle de croissance (changement du parc des smartphones équipés en 3 et 4G pour basculer dans le 5G par exemple), qui épuisant plus de trois planètes par an, voudrait que notre « compétitivité » démographique, régénère ses forces en favorisant « l’immunité de la horde des plus forts »… en enfermant, internant… les personnes à risque… ? – il serait envisagé de créer un « fond de placement patriotique », dédié à financer les PME (1500 au total), les « productions vertes », la « start-up nation », etc. … en rémunérant sous forme de titres (coupons), les « investisseurs », acceptant de bloquer 5 ans leurs mises (5000 euros max/part)… Les « rendements » promettent même de faire mieux que « l’épargne » (5 à 7%)…

    Bien que le définition de la « production verte », et autres promesses « d’objets connectés » (5G…)… élude le « coté obscure de la force » des « externalités négatives » polluantes, aggravant le dérèglement climatique amplifiant la perte de la biodiversité dans la guerre commerciale, monétaires, de « civilisation » pour l’extraction des matières premières, l’exportation de pesticides, d’insecticides, et d’armes, « matériels sécuritaire s», à qui prend en exemple le modèle de croissance français – son « État providence » étant démembré, délité… – il faudrait se contenter de croire qu’il y a du « bon », dans les secrets d’affaires… ?

    Bien que les Français.e.s se sont toujours refusé.e.s au modèle spéculatif (américanisation et financiarisation des « sociétés », services publics des États providences…), pariant et gagnant à chaque coup sur la hausse ou baisse des stocks gérés en flux tendu, et des prix, de masques, réactifs de tests, respirateurs, médicaments, vaccins denrées alimentaires…, du capitalisme néolibéral… est-ce faire un « procès d’intention » que de craindre que certains dirigeant.e.s du public et privé – répondant à « comment lutter contre la menace de justice sociale » et « sociétale »…- « s’évertuent » à le faire rentrer par les égouts… Est-il question, à moyen-long terme, de créer avec ce « fond », un « indice boursier » comme le CAC40… ?

    Il est certain que bien des pantoufleurs du verrou de Bercy – cuisse dont « Jupiter » est sorti – lorgnent déjà sur cette entité dont on ne sait encore si elle sera publique, privée, ou les deux « en même temps » (PPP) espérant amener avec eux un carnet d’adresse d’adeptes de conflits d’intérêts, du favoritisme, clientélisme carriérisme… cimentant des « seigneurs féodaux locaux », à la « monarchie républicaine » du « roi te touche dieu te guérit »…

    Mais que vont donc devenir les « pauvres banques » dont le rôle jusque là, entre autre « exceller » au « Monopoly des tricheurs » (sont-elles les seules…?)… était de jouer les intermédiaires du « circuit sanguin de l’économie » avec le QE qui ne « ruisselle » pas, du moins nul part ailleurs que dans l’horizon mortifère du trou noir de finance… ?

    Des fonds vautours dont la séparation des activités à risque, toxique, de la gestion des comptes courants, n’est pas plus actée, qu’on attend toujours que leur sauvetage en 2008 (Subprime, Dexia, etc), soit remboursé pour combler l’explosion des dettes publiques, les déficits des caisses sociales, qui s’en suivirent, et qui croissent encore avec cette gestion néolibérale de la crise sanitaire… ?

    L’État se portant garant en dernier recours, des montants des « investisseurs » misant sur le « plan relance France », quelle « prise de risque » réelle encourent les assistés sans contrepartie (des propriétaires privés d’entreprises, d’actions, d’épargnes colossales, etc qui vont bénéficier aussi d’une fiscalité plus « qu’attractive »)… quand il sera presque impossible aux PME en question, de couler (devenues « trop grosse pour faillir »), de crouler sous les « charges » avec tant et tant d’exonération/annulation/socialisation de cotisations sociales patronales, de baisses d’impôts sur société, et de production, d’assistanat à optimiser immoralement (flat tax, suppression partielle de l’ISF) leurs non contributions fiscales au vivre ensemble, et ses services publics, leur non partage et non redistribution quoi… ?

    Qui assumera sa part de responsabilité, des « investisseurs », de l’État, des propriétaires privés des PME concernées… dans cette marche forcée vers « l’ubérisation et ordinisation » défiscalisée et désocialisée (soit disant pour gagner en « compétitivité ») du travail segmenté à la tâche, des savoirs et services publics qui vont être privatisés, technocratisés, digitalisés, et de l’emploi qui va se précariser conséquemment, s’il ne disparaîtra pas totalement… ?

    Quel risque vont encourir ses spéculateurs « francisés »… par rapport à ceux risques que vont vivre, subir – et pas ressentir n’est-ce pas – les travailleur.e.s précarisé.e.s, pauvres, les victimes des inégalités territoriales, scolaires…des déserts de services publics, de saturation des hôpitaux…ceux et celles qui habituellement discriminé.e.s en toute impunité à l’embauche, à l’accès au logement, dans les brutalités policières commises lors de contrôles aux faciès, « manifestations interdites »… et dans les cas de NON RECOURS (« inégalités de destin », impactant 30 % des « bénéficiaires » du RSA, qui ne touchent aucun « pognon de dingue mis dans les minimas sociaux qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent »…) pourront être employé.e.s… moyennant une « subvention publique », une « prime », une « récompense », versée à leur bourreau, tortionnaire, aux propriétaires privés des PME en question quoi, et autres complices des « politiques du chiffre »… ?

    A moins que cette population paupérisée, ostracisée, à qui il faut plus de 6 générations pour espérer trouver une place dans la file d’attente de « l’escalier social » (et combien sera cette attente dans un contexte de croissance démographique constante, et raréfaction de l’emploi, du travail, des ressources, etc)… « choisisse » le « travail gratuit », le « bénévolat subi » (dans le public et/ou privé – grande distribution, etc, mairie, etc) contre le droit d’accès à la solidarité du RSA, d’une indemnité chômage, quand il serait question de fusionner toutes ses aides sociales (« dépenses sociales » soit disant trop « généreuses », « coûteuses ») afin de lutter contre « ses fraudes sociales » en lui faisant payer un Impôt sur Revenu minime… ?

    Quel risque encourront ses boursicoteurs « franchouillards », pour qui il semble n’y avoir aucune gène, au contraire, il n’y a même plus de limite à prendre plaisir à gagner gros, lorsque lors du confinement (et si reconfinement généralisé, il y a), les supermarchés, les grandes enseignes (et leurs stocks de masques…)… leurs actionnaires… se sont gavés sur la privatisation de la distribution de la solidarité, incarnée par des repas gratuits, « à pas chers » qui habituellement fournis par les cantines scolaires, collectivités, n’ont pu l’être, et ont donc grévé plus encore les « pouvoirs d’achat » (explosion des dépenses contraintes et « impôts injustes » y afférant) des plus vulnérables, exposés aux crises sanitaires, économiques, écologiques, « sociétales » et autres « aléas moraux »… ?

    Quel risque prendront-ils, ces « gentils investisseurs », et propriétaires privés des PME « labellisées », et quelles pertes assumeront-ils…. à parier sur la baisse de 20 % des salaires, du sacrifice des RTT, congés payés, majorations d’heures sup, jours fériés, de leurs « subordonné.e.s », et des travailleur.e.s en général… lorsque le chantage à l’emploi, l’austérité, « les réformes structurelles » du code du travail, des protections sociales passées par décrets, 49.3, ordonnances, « Etat d’urgence »)… le paiement des loyers, la socialisation des dettes fiscales, morales des propriétaires privés… leur font gagner déjà si gros… ?

    Quel risque prendront les mêmes, et qu’y perdront-ils d’ailleurs… à ce que la « réforme structurelle » de l’assurance chômage… suspendue il paraît- tellement suspendue d’ailleurs que les fraudes au dispositif du « chômage partiel », explosent avec le « télétravail » que font faire les propriétaires privés d’entreprises, à leur subordonné.e.s – aligne au moins disant moral, social, fiscal, etc, le montant de l’indemnité et le nombre d’ayants droits (qui ne seront plus des assuré.e.s bénéficiant de leurs cotisations)… ?

    Quel risque assumeront-ils de couvrir, et qu’auront-ils à perdre… si la « réforme structurelle » des régimes vieillesses, aligne l’âge de départ à la retraite – dont l’espoir de la vivre en bonne santé recul, pour les plus pauvres, précaires, personnes à risque, vulnérables, cumulant non pas des mandats, mais des injonctions contradictoires, des facteurs multiples de comorbidité risquant de ne pas pouvoir être soigné, si la saturation des services publics hospitaliers, se consacre qu’à combattre « l’ennemi viral » de la covid-19, le précariat, la paupérisation des conditions de vie, d’hébergement (insalubrité de beaucoup de logement, cultivant aussi la promiscuité) – au taux de létalité et mortalité de ce coronavirus (ou autre grippe saisonnière)… ?

    Que leurs paris tombent sur pile… et il gagneront à côtoyer les adeptes du « rêve américain », « héritier » des plus grosses fortunes mondiales, possédant plus que ce que la moitié de l’espèce humaine, peine à mettre de coté, pas de la rue, mais pour hypothéquer ce qui manquera « demain, après demain » aux futures générations, et encore si elles survivent… parce que lorsque c’est face… ils risquent de ne pas perdre aussi, quelque soit la vitesse du raccourcissement de la date limite, du dépassement de la capacité de charge et de renouvellement des ressources de la planète… quelque soit le nombre de vies qui n’auront pas pu être sauvées du stress (et pathologies chroniques induites) du précariat, de l’instabilité et insécurité économique, « sociétale », du chômage de masse, d’une infection à la covid-19, ou toute autre future pandémie que les activités humaines nuisibles, toxiques provoquent… de l’effondrement des démocraties (abstention, vote populiste), institutions… »

  6. Hum…
    Pour ce qui est du mecanisme delicat… ok.
    (je dis why not parce-qu’in fine le pouvoir d’achat quand il n’y en a plus, c’est du crédit, et même du crédit non remboursable quand l’emploi disparait, ou remboursé avec de nouveaux crédits… ce qui revient de fait à en faire une pure dotation de type « communiste » ou bien encore, à la limite, une forme sécularisée de « mana » dans une économie de marché et capitaliste).

    Cette dotation, elle peut etre allouée de différentes manières : plus ou moins égalitaires diront nous, du modèle actuel (tout pour les gestionnaires de capital) au modèle communiste pur, en passant par le revenu/service universel.
    En fait, le revenu/service universel, c’est un modèle dans lequel les prestations sociales jouent un rôle aussi important que le salaire dans la constitution du pouvoir d’achat (ou en tout cas plus important qu’elles ne le jouent aujourd’hui).

    Pour le reste, en revanche, j’ai un doute, pour 3 raisons :
    . Il manque les pays scandinaves (Suède, Danemark notamment). Sans celà, difficile de se faire une idée. La comparaison Chine – USA ne suffisant pas pour asseoir la conclusion.
    Par ailleurs, on peut également avoir des doutes sur les chiffres de la mortalité chinoise.

    . Le but est de prouver qu’à long terme, l’économie est de toute façon mieux préservée si on a arbitré, à l’instant t, en faveur de la lutte contre la pandémie (par des mesures sanitaires strictes).
    Ce tableau ne le prouve pas suffisament. Même s’il offre des pistes de réflexion.

    – il se pourrait que le nb de mort dépende moins des politiques sanitaires publiques (port du masque, confinement) que des capacités initiales du système de soins (accueil, technologie et traitements disponibles), et soit donc relativement indépendant de tout arbitrage initial en faveur de l’économie ou de la lutte contre le covid.

    – Le type d’économie et la psychologie des peuples ont un impact sur la nature de la relation « lutte contre la pandemie » – « benefice pour l’economie à long terme ».
    Il me semble évident – peut etre à tort – qu’un pays comme la Chine, usine du monde et dotée d’un marché interieur colossal, souffrira moins en cas de pandémie et redémarrera plus vite qu’un pays comme les USA (premier consommateur du monde, avec une consommation fondée sur le crédit, backé par le fonctionnement de la planche à billet que permet le statut du dollar).
    Autres paramètres pertinents possibles du « type d’économie » : la capacité d’autarcie respectives des différents pays et le niveau de complexité des économies.
    Je suppose que plus un pays est doté d’une économie simple et peu dépendante de ses échanges avec l’exterieur (ce qui n’est le cas ni de la Chine ni des USA ni de la France à cause du tourisme), et plus un arbitrage en faveur de l’économie à court terme se traduirait effectivement par une absence de perte économique à long terme (voire même par un gain, en raison des parts de marché gagnées sur les pays qui ont fait le choix inverse, librement ou effectivement contraint pour des raisons stratégiques par le type d’économie qui est le leur).
    De même, un pays qui arbitrerait en faveur de l’économie, relativement simple et autarcique, et dans lequel la population se refuserait, pour telle ou telle raison, à modifier ses habitudes de travail et de consommation (allant au cine ou au theatre independamment du risque d’être contaminé et de subir les conséquences du virus) ne connaitrait sans doute pas les mêmes conséquences économiques à long terme qu’un pays comparable dans lequel la population déserterait d’elle-même, sans avoir l’obligation de le faire, les théatres, les cine, les restaus, les bars, les salons de massage, les salles de sport, les cours de yoga, etc.).
    – il faudrait, pour un même pays, pouvoir comparer 2 régions différentes, mais suffisamment proches l’une de l’autre sur le plan des fondamentaux, qui auraient fait ces arbitrages inverses. Parce que les réponses sanitaires et économiques sont souvent, par définition, nationales, c’est difficile à savoir.
    Peut-etre du côté du Canada, de la Suisse, de la Belgique, de l’Allemagne?

    Dans tous les cas, la difficulté tient a ceci qu’indépendamment de l’arbitrage « éthique » que chaque gouvernement/pays peut faire entre le mal issu de la surmortalité et le mal issu d’une crise économique, il n’y a peut etre pas de solution universelle, la meilleure politique publique (celle donnant les moins mauvais résultats) dépendant d’une combinaison de caractéristiques propres à chaque pays. Ce type de combinaison faisant par exemple qu’à long terme, le jeu est, ou non, à somme nulle (il ne l’est pas pour la Chine ni pour les USA… mais pour le Burkina ou le Danemark?).

  7. Je me permets de corriger le premier paragraphe de ce long commentaire (avec mes excuses), pour mieux contextualiser d’où viendrait la distorsion – dont l’origine serait le fait d’être piégé à l’horizon d’un trou noir – entre réalité et fiction, dystopie et disruption…

    « Et s’il n’était pas question plutôt d’une réalité dystopique et disruptive, surpassant le cadre d’une fiction cauchemardesque… pour ce que risque de devenir la démocratie, le dialogue social et les plus pauvres, précaires, (plus de 14 % des citoyen.e.s français.e.s, dont des enfants, vivent sous le seuil de pauvreté), si seuls les « temps de cerveaux disponibles » qu’à vouer un « culte féroce » à la « dictature des émotions » ne sondant que les doutes, incertitudes du « ras le bol fiscal », « poujadisme », « bas instincts », dominent le « monde à voir »… ? »

  8. Ces chiffres qui dérapent et la sortie de route, grandeur nature, sont bien le fait d’un système qui fléchit sous le poids de sa propre masse et s’effondre par son refus à infléchir et corriger vraiment son modèle.
    Comme les systèmes ne tombent pas du ciel mais naissent de la volonté des hommes, ces chiffres sont le produit de projets sortis tout droit des cerveaux malades qui nous gouvernent.
    Le grand embarras avec tout pouvoir, c’est qu’il regarde surtout comment neutraliser ses autres adversaires, c’est là son premier travail et c’est encore plus exclusif s’il est aux abois.
    Moralité : N’y comptez pas trop !

    1
  9. Quelques nuances:
    A la vue de ces chiffres malgré tout éclairants (surtout si l’on compare les différent pays), ne devrait-on pas quand même mentionner facteur temps: la pandémie ne s’est pas déroulée partout au même moment non?
    Aussi, la production chinoise n’est pas la même que celle de l’occident: la chine continue de produire des biens servant à l’économie occidentale.

  10. On part, bien sûr, du principe fondamental que les chiffres donnés par la dictature chinoise sont fiables (une première dans l’histoire des dictatures?)
    On part aussi du principe que les chiffres pour les démocraties sont comparables et fiables alors que tous les pays ont pataugé dans le calcul de leurs morts (et adopté des méthodologies différentes et fluctuantes).

    1. Et votre scepticisme devrait porter aussi sur les chiffres du PIB : quand les États-Unis affirment que la croissance est négative de 30%, n’est-ce pas de la pure propagande ? Le vrai chiffre n’est-il pas de -60% ?

      1. Je n’en sais rien, il est vrai. Mais c’est valable pour tous les chiffres donnés par les gouvernements: si on n’est pas « dans la partie », difficile de savoir sur quoi ils reposent réellement. Un gouvernement peut tricher ou… tout simplement changer sa méthode de calcul pour obtenir un résultat différent sans « mentir ». Mais j’ai tendance à faire plus confiance aux démocraties, non pas que nos dirigeants soient des parangons de vertu, mais il y a plus d’outils démocratiques (la presse, une opposition démocratique p. ex.) qui peuvent les contrôler ou les contredire.

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