IEA, Colloque « Crises et nouveaux prophètes », aujourd’hui et demain 10 et 11 décembre 2020

Aujourd’hui 10 décembre de 14h-16h15 

RETOUR SUR EXPÉRIENCE : « S’ÊTRE TROMPÉ » ET « AVOIR EU RAISON » EN 2008 

Discutants : Éric Monnet (EHESS, Paris School of Economics) et Isabelle Strauss-Kahn (économiste, ex- Banque de France et Banque Mondiale

Steve Keen (économiste, University College London) « Predicting the GFC: not prophecy, but removing blinkers » 

Paul Jorion (anthropologue et sociologue, Université catholique de Lille) « Les 100 obstacles à sauter pour une prévision correcte » 

Ann Pettifor (économiste, Political Economy Research Centre at City, university of London) « Cutting the diamond: how both ‘innocence’ and prolonged, deep and incisive analysis of a problem provides predictive power » 

Marc Faber (analyste financier, éditeur de « The Gloom, Boom & Doom Report ») « The Art of Contrary Thinking » 

Le programme complet, c’est ici.  

Evénement en ligne, pour s’inscrire, c’est ici (tout en bas).

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12 réflexions sur « IEA, Colloque « Crises et nouveaux prophètes », aujourd’hui et demain 10 et 11 décembre 2020 »

  1. « Les 100 obstacles à sauter pour une prévision correcte ».
    Si la « sociologie est un sport de combat », apparemment l’anthropologie est plutôt une course de haies… 🙂

  2. Retour sur expérience …donc …

    … en voici un qui se prépare …  » Quoi qu’il en coûte  » , fût-il dit un jour de mars 2020 …mais rien sur  » QUI payera ?  » …
    Eh bien « on » peut être rassuré… une Commission d’experts ( des vrais of course) vient d’être chargée d’émettre un rapport pour février/mars..!

    Sa composition et les commentaires de Romaric Godin (Médiapart , 04/11/2020) ne laissent place à aucune équivoque.. Extraits :

     »  »  » Des membres représentant de l’orthodoxie et de l’oligarchie :

    Le président de cette commission sera ainsi Jean Arthuis , homme politique conservateur, ministre de l’économie et des finances d’Alain Juppé de 1995 et 1997 au moment de la « qualification pour l’euro », obsédé par la compétitivité et la dette. C’est un homme d’avant-hier, engoncé dans des réflexes néolibéraux, qui présidera une commission décidant de l’avenir des finances publiques de demain.

    Il sera accompagné d’autres gardiens du temple budgétaire, à l’image Jean-Luc Tavernier , le directeur général de l’Insee, qui a été directeur de cabinet d’Éric Woerth lorsqu’il était ministre des finances de 2007 à 2009 et qui est aussi un ancien de la direction générale du Trésor.

    De son côté, Raoul Briet , membre de la Cour des comptes et qui a été de 1996 à 2000 directeur de la Sécurité sociale au moment précisément où l’on décidait d’amortir la dette sociale, c’est-à-dire de rembourser le capital de cette dette. Une opération de « vertu sanitaire » qui coûte à la Sécurité sociale pas moins de 16 milliards d’euros par an et a justifié l’austérité dans le domaine de la santé à partir de 2009.

    Cette austérité dans le domaine de la santé et notamment du secteur hospitalier a été mise en pratique par Marisol Touraine , qui rejoint aussi cette commission. En tant que ministre des affaires sociales de 2012 à 2017, elle a organisé la baisse régulière de l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) qui a conduit à la lente dégradation de la situation dont on a payé chèrement le prix en 2020. Sous sa férule, en 2016, l’Ondam est fixé à 1,8 %, le plus bas niveau de son histoire… et respecté. Elle incarne donc la priorité donnée à la gestion par les coûts dans le domaine de la santé.

    Hélène Rey est une économiste qui enseigne dans le temple du néolibéralisme, la London School of Economics. Le caractère profondément orthodoxe de ses travaux peut se déduire de sa présence au sein du Haut Conseil des finances publiques, instance créée par le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de 2012, le fameux « pacte budgétaire » qui a introduit dans le droit français la très stupide « règle d’or budgétaire ». Le Haut Conseil est une instance de supervision des budgets votés par le Parlement.

    Alors que cette commission ne comprendra aucun représentant du monde du travail, des fonctionnaires ou des professionnels de santé , les milieux patronaux seront, eux, très représentés avec quelques figures médiatiques. On trouve ainsi Augustin de Romanet , figure tutélaire du néolibéralisme français, président d’Aéroports de Paris (ADP) qui a beaucoup milité pour sa privatisation stoppée par la crise. Haut fonctionnaire qui a écumé Bercy, notamment à l’époque de Jean Arthuis, il a été directeur adjoint de cabinet de Jean-Pierre Raffarin (de 2004 à 2005) et secrétaire général adjoint de l’Élysée (de 2006 à 2007) avant de diriger la Caisse des dépôts et consignations, jusqu’en 2012. Il est un des piliers technocratiques du néolibéralisme.

    À ses côtés, on trouvera l’ancienne présidente du Medef de 2005 à 2013, Laurence Parisot qui, depuis 2018, est la présidente de la filiale française du groupe financier étasunien Citi.

    On trouvera aussi l’économiste Natacha Valla , doyenne de l’école de management de Sciences-Po, passée par la BCE et ancienne de Goldman Sachs. Dans une enquête publiée sur Mediapart en juin, Laurent Mauduit avait décrit sa présence, alors même qu’elle était dans des instances publiques, au sein d’instances dirigeantes de groupes privés, dont LVMH et Vinci. Cela posait la question des « portes tournantes » entre le secteur privé et le secteur public pour nombre d’économistes. Et cela n’est pas totalement neutre lorsque l’on doit réfléchir à la dette publique qui intéresse directement les investisseurs privés, dont les banques et les fonds, mais aussi la répartition des activités entre secteur public et privé. Lorsque la place des acteurs entre ces deux secteurs n’est pas clairement définie, il y a évidemment un risque de ne pas décider dans l’intérêt général…

    Pour finir, la commission comptera deux économistes étrangers/b> , mais venant du même moule culturel. Béatrice Werner di Mauro est une économiste italo-suisse enseignant à l’université de Mayence et qui a été, de 2004 à 2012, une des « sages » chargés de conseiller le gouvernement fédéral allemand sur l’économie. À ce titre, elle a participé tant à la politique de déflation salariale allemande dont la zone euro ne s’est pas remise qu’à la mise en place de l’austérité budgétaire sévère de cette époque outre-Rhin.

    Pour finir, la commission comptera un économiste autrichien, Thomas Wieser , qui a été membre du groupe de travail de l’Eurogroupe de 2009 à 2011 et de 2012 à 2018. À ce titre, il est l’un des responsables de la politique désastreuse d’austérité dite « expansive » qui a ravagé les pays périphériques de la zone euro, en particulier la Grèce. Pendant le premier semestre de 2015, il a été notamment un adversaire acharné de Yanis Varoufakis, alors ministre grec des finances. Même s’il peut prendre désormais des positions plus modérées, il reste un orthodoxe pur et dur, représentant de la technocratie européenne.  »  »  »

    Je sais que c’est pas bien de casser l’ambiance..mais..!?

    1. J’ai plutôt le sentiment que l’avenir de nos finances publiques françaises ( mais pas que ) va se jouer ailleurs , au niveau européen et à la BCE avec la seule solution actuellement envisageable qui est la monétisation de la dette , déjà en route à la FED ou à la banque d’Angleterre , remarque faite que la dette privée et des entreprises est encore plus colossale que la dette publique .

      Sur la durée ça doit être jouable . Si on ne s’intéresse qu’à la dette publique ( 120à 125% du PIB pour nous après Covid) , c’est après tout , moins qu’en 1920 (170 %) et 1945 ( 200%) périodes suivies il est vrai de, l’inflation forte mais aussi d’une redistribution keynésienne via les alaires ( avec une course à l’échalotte entre salaires et inflation ).

      En tous cas , pas de salut sans la BCE .

      Voir aussi ce que Biden demandera à la FED .

      1. Vos commentaires, quand la stabilité est menacée, deviennent caricaturaux.
        Des évolutions sont nécessaires. Vous n’arriverez jamais à les empêcher. Vous risquez seulement de les rendre explosives donc meurtrières. J’observe que vous n’êtes pas seul dans cette tentative de réprimer le bouillonnement de la marmite . Vous faites partie de cette ‘majorité’ qui s’estime bien pensante et modérée sans voir qu’elle est dangereusement isolée.

        Cette minorité active a récupéré la malédiction des Bourbons finissants (Louis 16, Louis 18 et Charles 10. On peut y adjoindre Louis-Phillipe et même le futur-ex Henri 5): intelligents mais en dehors de la plaque, sensibilité de leurs antennes politiques atrophiée. Et la situation actuelle n’est pas moins complexe que la leur respective.

        Les temps sont mauvais pour le conservatisme. Et comme le climat, ça va s’aggraver (*).
        Je vous rappelle le mot d’ordre du conservatisme:  » il ne faut jamais rien faire pour la première fois ».
        C’est une pensée d’origine Britt mais nous avons son pendant bien français: « Il n’existe aucune question politique dont une absence de solution ne viendra à bout ».

        Ce disant, je me réclame de François Leclerc dont les titres des chroniques forment une triste litanie sur la stérilité, enrobée d’intelligence, des conservateurs aux manettes en Europe. Pour illustrer le génie des titres de François Leclerc concernant le sujet politico-financier j’en nommerai juste trois: « Des apprentis-sorciers nés »,
        « Le bal des hypocrites bat son plein » et « Victoire historique et bide piteux ». Tout est à lire, bien entendu.

        Pour la question en cours et votre botte-en-touche de (non) réponse, je vous propose de ne pas vous arrêter à BCE-Biden-FED. Cependant , dans cette progression bien équilibrée, où placer la limite?
        Sirius, très certainement.
        C’est cela même! Ne faisons rien, ce sera toujours trop aventureux. Attendons la réponse de Sirius.

        (*): Pas ici. Il neige à gros flocons depuis 11 h. Déja 20 ou 30 cm. Neige lourde et tenant bien. Le chasse neige est passé. J’ai un petit mur de neige devant ma sortie. 11°C à la cuisine sans chauffage, 15 ailleurs. Demain ça gèle. Vive l’isolement en montagne.

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      2. De plus en plus convaincu que la BCE est la seule issue via la monétisation des dettes publiques ( elle détient d’ailleurs déjà près de 25 % de cette dette et son bilan est passé de 1500 milliards d’euros en 2008 à plus de 5000 milliards à fin 2020 ) . La nouveauté ( en particulier française , comme par hasard , diraient les allemands ) , c’est que certains chez nous imaginent carrément l’annulation d’une bonne partie de cette dette une fois refilée à la BCE , ce qui me semble assez jouable si on a décidé de tuer la BCE et /ou de la priver de toutes capacités d’intervention ultérieure en quelque domaine que ce soit !

        Sur la BCE, une curiosité quand même :
        l’Angleterre fait encore partie à hauteur de 15 % du conglomérat BCE , car elle avait été mise en place plus dans l’esprit « UE  » que  » Zone Euro » , et je ne sais pas ce qui ce passe sur ce sujet dans le cadre du Brexit , mais on ne va pas tarder à le savoir . C’est aussi le cas par exemple du Danemark ( couronne danoise ) qui est et reste UE mais pas zone Euro .

  3. Commentaire « live » après ces talk de l’après-midi :

    Le (jeune) Pierre Pénet est très ouvert.

    Ann Pettifor est pleine d’une force de conviction ravigorante

    Marc Faber a vendu le platine contre l’or, il est « contrarian » sur les cours, pas tellement au-delà, ou il le cache bien.

    Steve Keen : Il faudrait qu’il nous passe son slide où le crédit est zappé dans une matrice 4×4 par « les économistes standard » et où il réapparait mieux que le furet de la comptine dans une matrice 5×5, faisant place au distinguo stock-flux en effet assez élémentaire pour tout physicien. Il était visiblement jaloux (positivement ici) de l' »entrisme anthropologique » à CountryWide d’un certain Jorion, Paul dans les années pré-subprime (2005-2006-2007 en gros ).

    Jens Beckert : J’ai trouvé très bien pour … des élèves de master en socio qui savent ce qu’ils pourront mettre dans leur rapport, mais j’ai eu un peu une impression de « peinture sociologique » par-dessus les fondamentaux du problème (Weber, Durkheim, Bourdieu, j’ai pas vu Simmel , et bien sûr le « performatif » comme figure centrale pour articuler tout ça, une construction, mais dont le squelette pourrait être aussi tautologique que la science économique. … Mais il est vrai que dans la logique du « concours de beauté » keynésien en quoi consiste la cotation, il faut décrire ses mécanismes sociaux assez précisément si on veut en sortir quelque chose).

    Petit regret : aucun idée du nombre de gens qui assistent, et je n’ai pas vu que les questions du fil électronique fussent considérées (pourtant dans zoom ça doit être classique depuis le temps…) .

    Mais globalement à porter à l’attention des étudiants en cours de formatage de disque-dur aux écoles de commerce et aux départements d’économie, pour les déciller un peu …

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      1. Existe-t-il un digest des idées d’Ann Pettifor ? Ca paraît un peu disparate (oh j’ai déjà vu ça quelque part ) sur wikiblabla.
        Un gros penchant Labour mais une pensée exigeante cela m’a fait penser à feu Michel Leis intuitivement.

  4. Bon, je poste cela ici comme bouteille à la mer :
    La chaine Euh?Reka (200K abonnés) a pour taulier un dénommé Gilles Miteau, au look hipster, ancien trader est-il dit, mais qui sort un bouquin censé vulgariser l’économie.
    https://www.decitre.fr/livres/tout-sur-l-economie-ou-presque-9782228926133.html?utm_source=google&utm_medium=cpc&utm_campaign=10435389052
    Il est vrai que les schémas y abondent. le feuilletant sur la classique mangue de discorde de la création monétaire (le coing qui peut fendre la buche pour des prunes), j’y ai trouvé un feuilletage de pas mal de chose, avec toutefois l’abondance du mot « promesse »… traduire « reconnaissance de dette ».

    Donc un a priori un peu favorable, en se demandant si à force d’entendre des sornettes, certains (ex)trader n’auraient pas quand même un jour, dans le style « si tous les gars du monde » l’envie d’exposer une compréhension un tant soit peu unifiée de l’économie . Je n’ai pas regardé les credo un peu antilibéraux et « réformateur capitaliste » qui sont à la fin de son ouvrage, ça ne doit pas être trop vache pour que ce soit monétisable et que Europe 1 (et La tribune je crois) continuent de parler de sa chaine.

    A minima, c’est un thermomètre de plus que quelque chose est mal emmanché au royaume du Danemark comme le dit mon quincailler Hamlet quand je lui fait voir comme le manche de sa gouge ère.

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