Coursiers Deliveroo : « le sous-prolétariat du XXIe siècle », par Vincent Burnand-Galpin

Coursiers Deliveroo : « le sous-prolétariat du XXIe siècle »

Dans le contexte de la crise sanitaire, les restaurants sont fermés mais certains travaillent encore grâce à une armée d’invisibles : les coursiers Deliveroo (ou Uber Eats, Stuart, Glovo,…) ont remplacé les serveurs pour nous apporter nos plats… jusqu’au pas de la porte. Apparus en France à partir de 2016, ces nouveaux travailleurs du numérique ont connu une croissance exponentielle. Réservé à l’origine à une certaine élite de jeunes sportifs attirés par l’auto-entreprenariat pour arrondir les fins de mois, le visage de ces travailleurs a aujourd’hui changé pour une main d’œuvre principalement immigrée et très précarisée. A qui la faute ? La baisse des tarifs d’abord, mais aussi la transformation progressive des conditions de travail passant du job étudiant « sympa » à l’esclavagisme moderne. Je suis allé à leur rencontre pour qu’ils nous livrent cette fois-ci, non un Big Mac ou des sushis, mais leur témoignage édifiant.

On estime à environ 200 000 le nombre de personnes en France auxquelles ont recours les plates-formes collaboratives. Et le coursier à vélo en est l’exemple emblématique. Alors qu’ils n’étaient qu’une poignée encore en 2016, il seraient plus de 25 000 en France aujourd’hui. Deliveroo, une des principales plateformes, présente dans plus de 300 communes françaises, compte 11 000 coursiers (Uber Eats, environ 10 000) et 15 000 restaurants partenaires. Ces chiffres fièrement mis en avant par les plateformes cachent une réalité sociale toute autre que j’ai voulu investiguer.

Le monde sous-terrain de l’exploitation

Les réseaux sociaux, notamment facebook, fourmillent de groupes de livreurs. Sur ceux-ci, les publications sont éloquentes pour dévoiler sans filtre le monde sous-terrain de l’exploitation.  En voici quelques exemples : Walid, un sans-papier, sur un groupe d’entraide de livreurs, cherche un compte qu’il pourrait sous-louer : « Bonjour, je cherche un compte Uber Eats à louer sur Rouen ou banlieue proche. Je suis sérieux avec assez d’expérience, j’ai déjà un scooter. Merci de me contacter en privé. Cordialement ». Plusieurs offres lui sont disponibles comme celle de Desire : « Bonjour je loue mon compte uber eats, pour les personnes intéressée venez en MP. (personne de couleur noir afin d’éviter les bocages svp) ». Morad, lui, publie quotidiennement la même annonce « loue un scooter liberty 50cc 100 la semaine » et semble toujours trouver preneur à ce prix-là, une fortune comparée aux revenus moyens d’un livreur. Quant à Zaïd, il est en détresse : « Qui débloque les comptes ubereats ? ». Les plateformes bloquent fréquemment des comptes des livreurs, il leur suffit d’un client insatisfait, pour une raison valable, ou non. 

Il existe ainsi une hiérarchie sociale entre les livreurs avec principalement deux dimensions : le mode de déplacement et la possession de papiers. Les « mieux lotis » ont leur propre scooter (alors que d’autres peuvent le louer), sinon ils sont à vélo. Les plus précaires, par exemple à Paris, utilisent les vélib. D’autres part, certains ont leurs papiers en règle et ont pu obtenir leur statut d’autoentrepreneur. Les autres sont sans-papiers et sont alors obligés de louer un compte à un tiers, pratique bien évidemment illégale : les loueurs de compte retiendraient entre 30 et 50% du chiffre d’affaires des livreurs. 

Cette hiérarchie sociale recoupe avec une certaine hiérarchie ethnique : les livreurs d’Afrique du Nord ou d’Afrique de l’Ouest sont souvent dans le haut du panier. Cela s’explique par leur maîtrise de la langue mais aussi par une implantation nationale historiquement plus forte en France ce qui permet beaucoup plus l’entraide familiale et communautaire. On trouve en bas de cette hiérarchie des immigrés, souvent sans-papiers, d’origine subsaharienne. 

Selon l’avocat Kevin Mention, si à l’arrivée de ces plateformes en France en 2016, ces emplois étaient réservés à une certaine élite de jeunes sportifs et diplômés (certains pouvaient monter à 60€/h), avec la baisse des revenus ils se sont fait de plus en plus rares. Il ne reste plus que quelques étudiants « captifs » et la main d’œuvre immigrée, la seule pouvant accepter une rémunération aussi faible (parfois pas plus de 5€/h) faute d’autres opportunités.

Témoignages de coursiers

Début octobre, j’ai pu rencontrer Alpha, 22 ans, d’origine ivoirienne, arrivé en France par la Méditerranée, et Karim, 28 ans, Algérien, en France depuis 2 ans. Tous deux sont livreurs à Paris et possèdent leur propre scooter et compte Deliveroo.

Alpha : « On souffre en silence mais les gens ne savent pas. »

– Raconte-moi comment tu es venu en France.

Alpha – « J’ai arrêté l’école à 16 ans en Côte d’Ivoire. […] A 18 ans, c’est moi qui ai pris la décision de venir. Parce que c’était difficile là-bas. Je pensais qu’ici ça allait être mieux, que j’allais pouvoir travailler et subvenir aux besoins de la famille. […] Je suis venu par la Méditerranée. Je connaissais le trajet grâce à des témoignages à la télé. Je suis parti au Niger. On m’a mis en contact avec quelqu’un et j’ai traversé en bateau. J’ai payé 250 euros pour traverser. Je suis arrivé d’abord en Italie, mais je voulais aller en France comme je parlais la langue. […] J’ai dormi trois jours dehors. Mais après j’ai rencontré la communauté ivoirienne qui m’a beaucoup aidé : pendant des mois j’étais accueilli chez des amis pour dormir. »

– Avant d’être livreur, tu faisais quoi ?

Alpha – « Ça fait quatre ans que je suis en France. Avant de commencer la livraison, je travaillais dans la restauration, je faisais la plonge deux ou trois heures par jour. […] Ça fait deux ans que je suis coursier, j’ai commencé à vélo mais maintenant je suis en scooter. Au début c’était un vélo Décathlon classique, mais à la fin de la journée j’étais très fatigué et puis on me l’a volé à Clignancourt. Et après j’ai acheté un nouveau vélo, un vélo de course. »

– Quels sont tes horaires de travail ?

Alpha – « Je fais du 11:00 à 22:00. Souvent je travaille de 11:00 à 17:00, puis de 18:00 à 22:00, parfois 23:00. Le temps libre que j’ai c’est juste pour manger. Le week-end je ne prends pas de pause, mais souvent je ne travaille pas le lundi midi mais après c’est reparti pour la semaine ! […] Je travaille 55h par semaine, je suis quasiment au SMIC et je n’ai pas de vie ! Je ne vois même pas mes amis, je n’ai pas le temps.  »

– Tu habites où ?

Alpha – « Maintenant j’habite à Bagnolet. Je suis en colocation avec un frère [un ami] dans un HLM de 18m². Avant j’habitais plus loin, à 30 minutes d’ici [le 18ème Arrondissement où il a ses habitudes pour travailler] par le RER B. Je ne pouvais pas y aller à vélo, c’était trop loin. J’étais obligé de monter dans le RER avec mon vélo et comme ils étaient bondés, je devais en laisser passer plusieurs parfois. Souvent, à la fin du travail, j’arrivais plus tard que minuit chez moi ! »

– Tu as de la famille ici ?

Alpha – « Ma famille, ils sont tous au bled, en Côte d’Ivoire et au Sénégal. J’ai la double nationalité. Je les aide comme je peux. Parfois j’envoie 100 euros quand je peux. Le SMIC là-bas c’est 100 euros. » 

– Etre livreur Deliveroo, ça paye ?

Alpha – « Deliveroo avant ça allait, maintenant c’est la galère. Avant une course c’était minimum 5,75€ la course. Maintenant, ça peut descendre à 3€ pour une course d’un kilomètre. Quand tu vois ça t’as envie de pleurer parce que tu dois payer les cotisations [l’URSSAF comme autoentrepreneur], tu dois payer le loyer, tu dois payer le carburant, tu dois mettre un peu à côté,… Actuellement, je gagne 1350€ par mois environ, mais pour combien d’heures par semaine ? Parce que je travaille du lundi au lundi ! Avant c’était bien payé : par jour je pouvais avoir 80/85€ par jour. […] Ce matin, je travaillais dans le 8e, j’ai fait 5 courses et je suis à 17€ pour 4 heures de boulot. […] Maintenant pour une course, je peux faire parfois 7 km pour 6€ à la fin. Ils ont étendu les zones. Avant tu ne faisais pas plus de 2 ou 3 km. »

– Tu cherches un autre boulot ?

Alpha – « Parfois je dépose des CV dans de restaurants, mais même pour faire la plonge faut de l’expérience ! Là, au moins t’as pas besoin de formation, t’as juste besoin d’un numéro de SIRET, ils t’envoient une vidéo et c’est parti. »

– Quelle est ta relation avec tes supérieurs chez Deliveroo ?

Alpha – « Ton patron tu le vois même pas, on fait tout par mail. Je ne sais même pas qui me répond, peut-être même que c’est un robot ! […] Par exemple, j’ai eu un accident un jour, je roulais à vélo à côté d’un taxi et le client ouvre sa portière. Je me blesse à la main. J’avais tellement mal. J’ai pris une photo de mon bras et je l’ai envoyé au tchat avec Deliveroo. Ils me demandent ‘est-ce que vous pouvez livrer la commande ?’. Il ne me demande même pas si je vais bien ! J’étais choqué. Celui qui meurt pour Deliveroo il est mort cadeau. Eux ils s’en fiche, ils sont au chaud, l’argent rentre dans le compte, ils voyagent où ils veulent, ils sont juste devant leur ordi et voilà ! […] Après je n’ai pas pu travailler pendant une semaine. »

– Vous, les livreurs, vous arrivez à faire entendre votre voix chez Deliveroo ?

Alpha – « Quand tu fais la grève et que tu te montres un peu trop, on bloque ton compte. On t’envoie un e-mail avec un prétexte bidon et ton compte il est bloqué, il y a plus rien à faire. Une fois que ton compte est bloqué, c’est mort, t’as plus qu’à trouver un autre boulot ! C’est ce qui fait que d’autres ont peur. Surtout que c’est difficile de trouver un boulot ici sans expérience. Donc les autres préfèrent se taire et avaler. T’as pas le droit de grève, t’as pas le droit d’exprimer ton mécontentement. »

Karim : « Je travaille pour Deliveroo… enfin je suis ‘partenaire’ avec eux, comme ils disent ! »

– Que faisais-tu avant d’être livreur ?

Karim – « J’étais étudiant en Algérie. Je suis venu en Espagne en 2018, je suis resté en Espagne presque un an à Séville. Mais après j’ai décidé de m’installer en France comme je n’ai pas trouvé de boulots là-bas. […] En Algérie, j’étais ingénieur en génie civil, j’avais un Master 2. Mais pour travailler en France faut des diplômes français ou européens, mon diplôme ne vaut rien ici. J’ai voulu m’inscrire pour étudier ici, mais on a refusé mon inscription. Donc je devais chercher du travail. […] Quand j’ai trouvé la livraison, je n’ai plus cherché ailleurs, ça faisait déjà un an que je ne travaillais pas, j’avais besoin d’argent. En plus, on est libre, on travaille quand on veut, on se repose quand on veut, il n’y a pas de patron pour nous dire quoi faire. J’y suis depuis février 2019. »

– Pourquoi tu es venu en France ?

Karim – « Moi j’aurais bien aimé rester en Algérie. Quitter son pays, tout recommencer à zéro c’est dur. J’aurais voulu trouver un boulot digne là-bas. Mais au niveau des salaires ça ne valait pas le coup. Et en plus la situation en Algérie en ce moment ce n’est pas facile. […] Toute ma famille est restée en Algérie. J’ai deux frères en France et ma fiancée. Elle est venue en France une fois que j’étais arrivé. Elle a pu continuer ses études ici, contrairement à moi. Elle cherche du travail dans l’informatique. […] On ne vit pas encore ensemble, moi je vis en colocation et je ne peux pas la faire venir. J’ai un studio dans le 19ème. »

– Tu gagnes ta vie avec Deliveroo ?

Karim – « J’ai commencé en vélo. Au début c’était rentable, même avec le vélo : des commandes à 5€ minimum c’était bien. Après tu pouvais monter à 9/10€ sur des grosses courses. Mais depuis juillet 2019, ils ont changé les tarifs… pour gagner plus d’argent. […] Maintenant les tarifs, le minimum c’est 2,70€… Heureusement on peut refuser les courses, pas comme Uber, mais à force de refuser les course on perd notre temps. […] Aujourd’hui, par exemple, j’ai commencé à 10:30 jusqu’à 14:30 et j’ai fait 53€ sur 4 heures. Et le soir je recommence à 18 ou 19 heures jusqu’à 22:00 ou 23:00 en fonction du travail. Donc je fais environ 8 heures de travail par jour, 6 jours sur 7. Je mange à 15 heures, parfois 16:00… les autres mangent en premier ! Et dans tout ça faut que je trouve le temps de faire mes courses et parfois je dois aller faire réparer le scooter… »

– Ça te fait combien en termes de chiffre d’affaires ?

Karim – « Ça varie entre 400€ la semaine (au mois d’août quand c’était mort) et 800€ les meilleures semaines, mais c’est plutôt 500/600€ d’habitude. Mais si j’arrive à ça c’est parce que je travaille beaucoup et parce que j’ai un scooter. […] Mais je ne travaille pas toutes les semaines. Donc sur un mois je monte à 2000/2500€, mais après faut retirer l’URSSAF (23%), l’essence, l’entretien du scooter, le téléphone parce que je travaille toute la journée avec ! »

– Tu comptes rester livreur encore ?

Karim – « Avec cette situation-là, je pense pas continuer. Je veux faire autre chose. J’aimerais bien continuer dans ce que je faisais en Algérie, soit faire une formation en France, soit travailler dans le bâtiment. »

La lutte pour leurs conditions de travail aujourd’hui

Loin d’être isolés, les livreurs s’organisent contre ces géants du numérique. Si sur le plan syndical, leurs revendications restent lettre morte, le combat juridique avance lentement, mais surement.

Le domaine des plateformes numériques est un secteur où les travailleurs restent peu syndiqués. D’abord cela est dû à une absence de culture syndicale dans un milieu avec un fort turnover. Puis, il y a la peur de perdre son emploi : les plateformes bloquent aisément les comptes des livreurs ayant participé à des actions de revendication.

Néanmoins, il existe principalement deux syndicats présents dans le secteur : le Collectif des Livreurs Autonomes de Paris (CLAP), principalement présent en Ile-de-France et la CGT-livreurs surtout présente dans plusieurs grandes villes de province. La CGT a dernièrement organisé plusieurs jours de grève (fin octobre, début novembre et encore début décembre) dans plusieurs de ces villes (une centaine de participants par ville que ce soit à Bordeaux, Toulouse ou Lyon…très peu par rapport au nombre de livreurs dans ces villes). 

Ils demandent, entre autres : une négociation des prix des courses, avec la mise en place d’un tarif minimal et fixe ; une réduction du temps d’attente au restaurant qui diminue significativement leur potentiel productif ; et l’application systématique d’une prime en cas d’intempéries. Ils ne tranchent en revanche pas clairement la question du salariat, même s’ils soutiennent les livreurs qui font la démarche, car certains préfèrent rester indépendants. Il s’agit avant tout de revendications pour une juste rémunération de leur travail et des droits sociaux (droit de grève, droit à des indemnisations en cas d’accidents du travail,…). Mais en absence d’obligation légale, les plateformes ne prévoient aucun lieu d’écoute ni de négociation avec les livreurs.

C’est sur le plan juridique, que les droits des livreurs avancent. La bataille principale est celle de la requalification en contrat de travail pour cause de travail dissimulé. Elle est notamment menée par des avocats comme Maître Kevin Mention qui représente plus de 300 travailleurs de ces plateformes. Plusieurs décisions juridiques ont été importantes ces derniers temps.

D’abord, l’arrêt « Take it Easy » de la Cour de Cassation du 28 novembre 2018 affirme que dès lors que l’application est dotée d’un système de géo-localisation permettant le suivi en temps réel par la société de la position du coursier et la comptabilisation du nombre total de kilomètres parcourus, et que la société dispose d’un pouvoir de sanction à l’égard du coursier, cela caractérise un lien de subordination et les juges de fond doivent requalifier en contrat de travail. Puis l’arrêt « Petrovic » de la Cour de Cassation du 3 mars 2020 concernant un chauffeur Uber va encore plus loin : les conditions pour constater une situation de salariat sont beaucoup plus générales. La requalification en contrat de travail devient alors possible pour un grand nombre de types de plateformes.

L’ubérisation du monde du travail comme « esclavagisation » de celui-ci prend ainsi un coup d’arrêt avec ces décisions qui permettent à un grand nombre de coursiers, de chauffeurs,… de ces plateformes de demander la requalification. Ces plateformes ont ainsi le choix entre accepter progressivement la salarisation de son personnel ou de respecter véritablement le statut des indépendants. Mais ces démarches juridiques restent longues et coûteuses. Surtout que le résultat n’est pas garanti et que cela doit être une démarche active du travailleur qui doit demander sa propre requalification (aucune démarche collective n’est envisageable à ce stade). 

Si l’ubérisation du monde du travail est bien connue, la situation sociale de ces travailleurs, et en particulier celle des plus précaires tels que les coursiers, est un sujet peu abordé dans le champ politique aujourd’hui. La crise sanitaire a permis de mettre en lumière certaines catégories de métiers, mais les travailleurs des plateformes, et a fortiori les coursiers Deliveroo, restent certainement les oubliés parmi les oubliés malgré leur combat pour leurs droits aujourd’hui.

Selon Karime Amellal dans La Révolution de la Servitude (2018), « le capitalisme technologique fait voler en éclats tous les acquis sociaux obtenus depuis la fin du XIXe siècle. Avec les travailleurs ubérisés, on se retrouve avec des conditions de travail dignes des canuts du XIXe siècle ou des ouvriers de Germinal. » Il ne s’agit pas de nier que le marché du travail évolue, que l’auto-entreprenariat représente une opportunité pour un grand nombre de jeunes aujourd’hui. Il faudra peut-être reconnaître que le salariat n’est plus le « Saint Graal » comme il a pu l’être dans la deuxième moitié du XXe siècle. Mais, il s’agit de réinventer le cadre légal de ces travailleurs du numérique. Au minimum, les plateformes se doivent de respecter le statut d’indépendant. Mais avant tout, il s’agit de lui ouvrir de nouveaux droits, assurer à ces travailleurs du numérique des droits sociaux qui leur permettent de sortir de la précarité et de faire que le travail soit enfin synonyme d’émancipation. 

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74 réflexions sur « Coursiers Deliveroo : « le sous-prolétariat du XXIe siècle », par Vincent Burnand-Galpin »

  1. Merci pour ce billet très intéressant ! Quel « modèle économique » ? Les « comptes » sont-ils dispensés par les plateformes type Déliveroo, Eats, comme le modèle d’Uber ou airbnb ? Quel est le système de tarification (à la course, à l’heure, au km ?). Les livreurs sont-ils assistés par une « IA » qui assure la gestion et distribue les tâches. J’ai compris qu’il y avait une sorte de hiérarchisation, en fonction de l’outil de travail d’une part, et de ceux en situation régulière (papier) ou pas. Les nouveaux venus sans papier sont donc des sous-traitant des autres. J’ai l’impression que les autorités ferment largement les yeux sur le sujet. Probablement par « tolérance sociale », considérant que cela permettait un amortissement social. A quel équivalent salaire cela arrive-t-il ? Par exemple, si le livreur a un statut d’autoentrepreneur, il paye un RSI forfaitaire, proportionnel à son « chiffre d’affaires » payé par la plateforme (taux 23% environ). A charge au livreur de payer ses frais ? Son revenu déclaré aux impôts est forfaitairement de 50% du chiffre d’affaires. De quelles assurances sociales bénéficie le livreur, en particulier en raison du risque d’accident (sans parler de retraite ou de maladie). Bon, évidement pas de chômage pour ce régime….
    Ce qui est intéressant aussi, c’est l’évolution allant vers un abaissement maximum du prix de la course. Qui fixe le prix et comment (merci Paul pour ton enseignement) se forme le prix….
    Le confinement aura donné à cette activité ses lettres de noblesse (ironie !)….

  2. Si les circuits monétaires sont gelés, masqués, sous oxygène… l’exploitation roule toujours et opportunément fait tourner le plus petit des manèges.
    En veilleuse, le tabernacle du libéralisme.
    Joliement saisi. Merci.

  3. Oui, très intéressant. Cela semble démontrer que les patrons « virtuels » échappent au contrôle des Etats nationaux et donc aux règles du travail acquises par le mouvement ouvrier. Même le statut d’auto-entrepreneur devrait être assujetti aux règles du contrat de travail, vu la dépendance vis à vis de la plate-forme (pas de travail libre possible) et le pouvoir patronal de rompre le contrat unilatéralement (en « supprimant votre « compte » — sic) est digne du XIXe siècle.
    En fait, on peut voir ces « délivreurs » comme des colporteurs. C’étaient surtout les montagnards qui faisaient ce travail : mais ils allaient dans d’autres montagnes vendre les produits de leur terroir. Dans des régions des Pyrénées, les fermes allaient à l’aîné (ou l’ainée !) et les autres avaient pour tradition de s’adonner au colportage (« Femmes Pyrénéennes », je n’ai pas la référence près de moi).
    Et j’ai trouvé dans des archives industrielles des colporteurs faisant commande à une entreprise de tournage sur bois de leur transmettre un colis de cuillers et bois, etc., à telle gare pour telle date (début XXe). Mais le patron demandait le payement d’avance (au prix de gros) avant l’envoi !
    Dans la chaîne expliquée dans l’article, je vois que quelques restaurateurs affiliés ont aussi leur rôle. Le rapport de force de la lutte ne peut-il se mener contre eux ? car ils profitent de ce flux commercial, sans doute (sauf prix léonins, comme les grandes surfaces pratiquent avec leurs fournisseurs : prix toujours plus bas, et payé tardivement).

    1. @Chabian Colporteurs non mais petit télégraphiste, ce vieux métier qui a disparu et que l’on croyait obsolète,, (comme le pneumatique) réservé à des jeunes et leur vélo, mais transposé de la transmission d’information à la livraison à domicile, dans une époque où les citadins n’ont plus leur cuisinière parmi leur personnel domestique mais externalisent cette fonction.
      Le colporteur autre vieux métier, mais moins urbain est un commerçant (achat revente), le livreur à 2 roues est un prestataire de service sous-traitant.
      y a-t-il encore des pourboires ? (prépaiement carte bancaire).

      1. Nous revoilà en 1928 . Mon père qui avait 13 ans à l’époque a commencé à travailler comme petit livreur en triporteur pour Casino à Saint Etienne . Comme il avait mauvais caractère et qu’il se trouvait mal payé , il a préféré au bout d’un an , aller  » limer des cadres » ( de bicyclette ) chez Mercier . Bref la livraison du « dernier kilomètre  » et la vente sur catalogue ( ou sur appel téléphonique) telle que la pratiquait Manufrance dès l’époque aussi) c’est pas vraiment l’invention du moment .

        Mais apparemment , c’est toujours aussi sauvage quant à l’exploitation du petit pédaleur ( peut être plus d’ailleurs aujourd’hui ):

        http://www.musee-art-industrie.saint-etienne.fr/decouvrir/musee/parcours-de-visites/parcours-cycles/triporteur-casino

  4. N’est-ce pas l’auto-entrepreneuriat, et en l’occurrence une forme particulière (mais pas si nouvelle – le statut d’auto-entrepreneur existe depuis 2008) de sous-traitance, avec toutes les béances juridiques que cela peut occasionner (il suffit de se confronter au service après vente sous-traité de n’importe quelle grande entreprise pour comprendre le sens du terme « déresponsabilisation »), et par extension d’exploitation, qui pose problème? Ayant eu moi-même à travailler sous un statut « tangent » (dit « d’ouvrier occasionnel ») je sais combien le respect du droit du travail peut y être nébuleux (il l’est déjà souvent avec des contrats de travail standard, l’humain faisant), d’autant que les contrôles des pouvoirs publics ne se font à peu près jamais que sur signalement extérieur – éventuellement malveillants.

    Je ne suis par ailleurs pas convaincu que le cas des sans-papiers, aussi délicat soit-il, soit pertinent sur ce sujet en particulier, dans la mesure où dans tout les cas, leur situation administrative les place automatiquement en état d’infériorité hiérarchique tant au niveau économique que social, qu’il s’agisse de livrer des repas ou d’exécuter quelque autre tâche ouvrière que ce soit. Il me semble par exemple qu’il soit de notoriété publique que le secteur du BTP emploie ce type de personnel dans des conditions forcément discutables de fort longue date (j’en entendais déjà parler dans les années 90) sans grandes répercutions. Dans l’agriculture également (les deux secteurs qui justement peuvent user de ce statut « d’ouvrier occasionnel » que j’évoquais précédemment).

    Je retiens cependant quelques informations intéressantes, quoi que pas toutes nouvelles: La paupérisation des emplois peu (ou pas) qualifiés, qui ne devrait étonner personne dans l’absolu, puisque depuis des décennies sur ces postes il s’agit de choisir entre un gel (voir une baisse) du salaire ou le chômage – qui peut facilement basculer sur les minima sociaux (toujours 1/2 seuil de pauvreté pour un rsa individuel à ce jour, c’est à dire moins de 500 euros). Le niveau de rémunération des courses est cependant pour moi une nouveauté: On est nettement en dessous du smic horaire (environ 8 euros net de l’heure, soit 10 euros et quelques brut en 2020 si mes informations sont exactes).

    En revanche, contrairement à ce que prétend le dernier paragraphe de l’article, je n’ai à ce jour jamais observé d’auto-entreprise qui apparaisse comme une opportunité (pour les jeunes ou pour quiconque) en soi: Elle le devient éventuellement mais par des facteurs qui sont à mon sens hors de tout contrôle (de type « effets de mode »), et ne peut donc constituer un modèle économique viable: Autant aller au casino. Un exemple édifiant à ce sujet, la plateforme Twitch, filiale d’Amazon, qui propose du contenu video « live »: Des dizaines, peut-être des centaines de milliers de producteurs pour probablement quelques milliers seulement qui peuvent en vivre (quand seulement ils sont rémunérés). Les comptes sont probablement encore plus cruels sur Youtube qui fonctionne également sur ce modèle (outre les parfaits amateurs qui ne produisent pas pour en vivre – mais qui fournissent quand même de la « matière première » à ces plateformes… Bref…)

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  5. @Dissonance « Le niveau de rémunération des courses est cependant pour moi une nouveauté »
    C’est bien là aussi par l’aspect économique que réside l’innovation technique (plateforme Internet, smartphone, GPS, carte bancaire) et juridique (auto-entrepreneuriat) pour permettre le développement d’une activité de service à laquelle nos zélites citadines mondialisées sont accoutumées, et que la rigidité du code du travail et du salaire minimum relèguait chez nous au domaine du rève faute de marché solvable.

  6. Que sait-on des cotisations sociales des auto-entrepreneurs ?
    De la réalité des versements dans le contexte bien décrit par Vincent Burnand-Galpin de la multiplication des emplois précaires et d’une très forte baisse des revenus ?
    D’une probable répercussion de l’explosion de la pauvreté sur le bon fonctionnement des régimes sociaux ?
    De la nécessité à laquelle ne consentiront pas les capitalistes de contribuer par l’impôt au rééquilibrage du système pour préserver les services publics ?
    Etc.

  7. On a laissé faire les Uber et Deliveroo alors qu’il est évident qu’il y a un lien de subordination.
    On a encouragé le statut d’autoentrepreneur avec un taux de charge inférieur de moitié à celui des entreprises.
    On se retrouve donc avec des plateformes qui ont réussi à variabiliser leur coûts fixes et qui ne survivraient pas sans et des livreurs qui veulent avoir les mêmes droits que des salariés mais sans en payer les cotisations.
    Bref on réalise que ce modèle économique n’est pas viable parce que personne n’est prêt à payer le vrai prix de l’heure de main d’oeuvre, ce qui explique le fait que cela fait des années qu’on nous explique que nombre des emplois de service va exploser sans que cela se concrétise.

    1. @Brozer

      Quelques remarques à votre commentaire avec lequel je suis globalement d’accord par ailleurs:

      – On n’a pas seulement encouragé le statut d’auto-entrepreneur, on l’a créé de toutes pièces pour « flexibiliser le marché de l’emploi » (aka précariser les travailleurs) en 2008. Quelques données intéressantes sur le sujet: 20% des « micro-entreprises » (la désignation administrative a changé semble-t-il en 2014) ne dégagent en 2019 aucun CHIFFRE D’AFFAIRES (on ne parle même pas ici de bénéfice). Selon une étude de l’INSEE de 2017, 77% des micro-entreprises ne sont plus actives dans les 5 ans, avec pas moins de 53% de cessation d’activité en 2010 après 1 an d’activité seulement (grosso modo on arrête l’activité quand les subventions et autres crédits d’impôts ne tombent plus). Les chiffres d’affaires sont à l’avenant.

      Dans toutes ces données on observe une constante: C’est un formidable outil statistique pour n’importe quel gouvernement qui voudrait booster les statistiques de créations d’entreprises, quand bien même aucune activité économique supplémentaire ne serait générée (*): C’est à mon sens un indicateur notable de la dégénérescence du modèle croissantiste, qui veut voir des chiffres à la hausse à tout prix, quels qu’ils soient, et sans même s’interroger sur leur sens.

      – Concernant les auto-entrepreneurs qui ne voudraient pas payer de cotisations, ils rappellent certains commerçants également allergiques à quelque contribution sociale que ce soit. Quelque chose de l’ordre d’un « néo-poujadisme » peut-être.

      – Uber a fait 5 milliards de pertes en 2019, on se demande bien par quelle magie cette entreprise arrive à « survivre » (bulle financière?), même si on peut anticiper que le covid aura nettement boosté son résultat 2020… A qui profite l’épidémie? Et surtout, leurs petites mains y ont-elles gagné quelque chose? C’est malheureusement – pas un reproche, juste un constat – ce que cet article ne dit (ne peut probablement pas dire) encore.

      (*) est-il d’ailleurs nécessaire qu’une activité économique supplémentaire soit générée? Tout dépend du secteur mais à mon sens globalement non, et c’est pourtant la doctrine qui perdure

      1. Nous sommes bien d’accord, le statut d’autoentrepreneur est un merveilleux moyen de chanter les louanges de la Startup nation tout en maquillant les chiffres du chômage mais il ne s’adosse pas à une véritable activité économique. Il devrait à mon sens être strictement limité à 1 ou 2 ans et uniquement servir de période de transition / démarrage pour la création d’une entreprise. Dans son application actuelle ce n’est qu’une machine à générer du travail au noir et de la concurrence déloyale. Quant aux plateformes type Uber, cela me fait irrésistiblement penser à du Ponzi 🙂

        Le fond du problème est que tout cet écosystème ne repose que sur du vent et qu’il n’est économiquement pas viable en l’état. Et c’est sans compter ses effets pervers… Il est urgent de ne plus faire reposer le financement de la protection sociale du pays sur les seules épaules de la main d’oeuvre.

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        1. Le financement des cotisations sociales est assurée par une part salarié et par une part employeur .

          Tous les syndicats vous diront qu’en fait cette part  » employeur » est un salaire différé , car si le salarié ne travaille pas il n’y a pas de cotisations du tout .

          Le véritable enjeu est alors de définir le poids de la protection sociale que l’on fait porter par  » le travail » .

          La  » protection sociale  » ( un peu moins de 800 milliards d’euros soit sensiblement plus que le budget annuel de la France ) au sens large couvre

          – les cotisations sociales ( payées par les employeurs , les salariés , ….et les non salariés qui veulent bénéficier d’une couverture sociale ). Ce paquet représente environ 60 % du total et sa part relative est à la baisse )

          – la fiscalité par les impôts et taxes affectée ( du type CSG , CRDS ,taxes alcool tabac ….) Cette part est à la hausse en valeur relative .

          – des contributions publiques ( Etat et CL ) via l’alimentation de fonds particuliers directement ( Solidarité vieillesse ….)

          1. @juannessy

            La distinction « cotisations salariales » vs « cotisations patronales » est pour certains, à gauche (très à gauche) une vue de l’esprit: Il s’agit toujours de prélever une part de la richesse produite par l’employé, étant entendu que l’employeur en tant qu’employeur n’en produit jamais aucune. Un employeur peut éventuellement produire de la richesse en tant que travailleur dans son entreprise (exemple: un gestionnaire), comme il peut n’en produire strictement aucune (typiquement l’exemple de l’actionnaire).

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            1. Je reformule ma dernière phrase, ambigüe, voir tout le paragraphe: La formulation « cotisations patronales » pourrait laisser à penser qu’une part des revenus personnels d’un patron est engagée pour cotiser, or il n’en est rien: Toutes les cotisations sont prélevées sur le chiffre d’affaires de l’entreprise, produit du travail des employés et de rien d’autre.

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              1. Il n’y a plus guère que vous pour faire l’ interprétation de vos deux premières lignes , et apparemment vous ne possédez pas le langage syndical ( salaire différé) pratiqué depuis ….qu’il y a des cotisations sur le travail .

                1. Très rarement , je préfère que les autres me relisent .

                  Mais surtout qu’ils comprennent ce qu’ils lisent ou relisent .

          2. La distinction part salariale/ part patronale n’a aucun sens, les cotisations sont payées par l’entreprise. Et la CSG, même si on veut l’appeler impôt, en fait partie. Ce qui fait qu’aujourd’hui si je veux verser €100 de salaire net à mon employé je verse aussi €100 de cotisations diverses et variées, et même un peu plus que cela puisque je travaille dans le BTP et que je dois aussi financer la caisse des congés payés et la CAPEB 🙂 La protection sociale en France repose essentiellement sur le travail ce qui surenchérit le coût de la main d’œuvre c’est pourquoi tout le monde cherche à y échapper : les Uber et autres startuppeurs qui utilise tous la même argutie juridique et les autoentrepreneurs avec leur taux réduit. Bref plus on laissera perdurer, voire encourager, ce système et plus on réduira les cotisations collectées et plus on mettra la pression sur les entreprises comme la mienne.

            1. Elle n’a de sens que pour le paiement des impôts, dont l’assiette est en gros le brut et pas le net, et donc dépend de la position du curseur qui vient scinder les charges entre Y patronales et X salariales.
              Dans un monde où les salariés n’auraient qu’un revenu annuel (qu’un seul) , stable de surcroit, la question serait un peu oiseuse puisque l’état récupérerait d’une main une fraction connue à l’avance de ce qu’il dit à l’employeur d’allouer aux charges X et Y. Mais la jungle fiscale et les profils d’emplois font que cela (le salariat pépère) n’est plus du tout une référence.

          3. @Juanessy La distinction part salariale/ part patronale est purement virtuelle, et ne concerne que l’emploi salarié du secteur privé.
            Pour les fonctionnaires il est probable que les montants figurant sur les fiche de paye ne correspondent à aucun versement réel à un tiers ou même compte identifié.
            Pour les entreprises privées le versement est lié au salaire, et peu importe la répartition conventionelle salarial/patronal il n’est lié aucunement au chiffre d’affaire et reste du même en l’absence de celui-ci, contrairement à la TVA, qui ainsi reste plus favorable à l’employeur.
            En cas de chomage partiel indemnisé y a t il une part patronale ?

            En fait la vrai importance de la répartion salarial/patronal réside dans les augmentations de taux de cotisation.
            Ce mécanisme provoque automatiquement une augmentation du coût salarial pour les entreprises, facilement absorbé en période d’inflation.
            Puisque l’une des contraintes juridiques importante et rigidité du modèle salarial est le maintien du salaire (du salaire brut dans la fiction de réparttion salarial/patronal).

            1. Hé bé , apparemment , vous n’avez jamais eu une fiche de paie de fonctionnaire ( qui est devenue un vrai drap de lit là où j’avais 3 lignes au début des années 60 ) . Dans sa présentation , on retrouve le même partage entre les « déductions sur traitement brut imputées au salarié » et déductions sur traitement brut imputées à l’employeur ( Etat dans mon cas ) » . Ça donnait :pour la dernière année où j’ai bossé , déjà ancienne et ça a du encore se corser :

              – pour la part « salarié » : déduction de CSG non déductible , CSG déductible , RDS, charge accident du travail, contribution solidarité

              – pour la part  » employeur Etat » : Cotisation patronale aide au logement , cotisation patronale allocation familiales , contribution solidarité autonomie , contribution patronale maladie déplafonnée, charge pension civile ( la future retraite ) , charge Etat maladie , charge Etat accident du travail .

              Je vous passe la mutuelle qui est une contribution volontaire .

              Au final la somme des déductions représentait à peu près 55 % de mon salaire net résiduel et 40 % du coup mensuel que je coûtais vraiment à l’Etat ( au contribuable français dont je suis aussi ).

              Car au bout du compte , de la même façon que pour une entreprise le « coût  » d’un salarié c’est la somme de son salaire net et des cotisations salariale et patronale , pour l’Etat c’est la même chose . Il espère juste que mon activité de fonctionnaire se transforme en richesse au moins équivalente à la charge que je suis , et c’est pour ça qu’il prend en compte les salaires des fonctionnaires dans le calcul du PIB .

              Pour info , ma pension de retraite ( qui a été alimentée par la fameuse  » charge pension civile » , ou plutôt est alimentée par la contribution  » charge pension civile  » des fonctionnaires actuels , car le régime est là aussi géré selon le principe de la retraite par répartition et solidarité intergénérationnelle ) reste soumise à quelques déductions telles que CSG déductible et pas déductible , RDS ( et CASA dont je ne sais même plus ce que ça veut dire ! ) .

            2. En fait , et pour compléter, la seule différence entre public et privé , c’est que dans la fonction publique , il n’y a pas de contribution chômage .

              1. @Juannessy La remarque n’était pas de nier qu’il y ait ou non des lignes plus ou moins (avant) nombreuses avec des intitulés divers dont certains désignant l’employeur, sur les fiches de paye des fonctionnaires, les logiciels savent faire celà.
                Il s’agit d’un affichage.
                La remarque portait sur la nécessaire interrogation à avoir portant sur la réalité d’un quelconque versement de ces montants figurant sur les fiches de paye à un tiers genre URSSAFF ou même un compte identifié de la comptabilité publique.

                Pour ce qui est des retraites des fonctionnaires statutaires, elles résultent de leur statut constituent une dette de l’ETAT (sans risque car déjà souscrite par le retraité) et dont le remboursement pèse de ce fait sur les contribuables et ne sont aucunement une retraite par répartition, le système étant d’ailleurs antérieur au système privé collectif obligatoire.
                Malgré toutes les confusions macroniennes du joueur de bonneteau en chef : salarial patronal impôt …salarié, indépendant, spéciaux public.

                1. Oh vous savez , moi en comptabilité publique je ne connais pas grand chose , pas plus que dans le statut de la fonction publique .

                  Je peux par contre vous confirmer que c’est bien le budget de l’état qui paie ses fonctionnaires et donc leurs retraite quelque soit les jeux d’écriture et les comptes que vous cherchez . La dette fait partie du budget de l’état . Quant au détail de son origine et de sa nature , je vous laisse la responsabilité de vos visions qui ne peuvent être éclairées que par quelques fonctionnaires inspecteurs des finances , sur la durée de quelques décennies , et certains sont donc morts . On sait par contre quand il faut emprunter et pourquoi à l’instant T et c’est un sujet d’actualité .

                2. Au passage , il arrive que les partenaires sociaux ( et c’est assez fréquent ) empruntent (et donc s’endettent ) , ou tapent à la porte de l’Etat ( qui quelquefois l’a fait dans l’autre sens ) pour assurer leur mission .

                  PS : ma frangine , accessoirement syndicaliste comme ses deux frères , était cadre à la SS , ce qui a généré une formation familiale assez vive aux sujets de couverture sociale , même si ,bien sur ,tout évolue mais pas vraiment les fondamentaux . Côté « régimes » , ça s’est plutôt amélioré et simplifié d’ailleurs , avec et surtout sans Macron , au fil des décennies .

                  1. Ah, l’école supérieure de la sécu (j’ai oublié son vrai nom), c’est justement à St Etienne.
                    Et côté annessy (:;) vous vous êtes rapprochés des origines d’Ambroise Croizat.

                    J’avais été assez surpris d’ignorer tard dans ma vie son nom, quand on voit les funérailles qu’il a eues (02/1951).
                    https://www.cinearchives.org/Films-OBS%C3%88QUES-D-AMBROISE-CROIZAT-447-185-0-1.html?
                    (vers 5’00 ou 5’10’ , le Bd en perspective, plein)

                    1. Il s’agit de l’ENSSS ( école nationale supérieure de la sécurité sociale ), mais elle ne date que de 1978 à Saint Etienne , et si ma frangine l’a bien sur connu , elle travaillait à la sécu (avec un simple BTS de comptable à l’époque ) depuis 1966 . L’école est située dans le vieux cœur historique de la ville , à deux pas du théâtre qui abritait ( et doit encore abriter ) la Comédie de Saint Etienne , théâtre populaire fondé par Roger Planchon ( encore un gars qui a commencé comme employé de banque pour finir saltimbanque ! ).

                      Pour Ambroise Croizat ( un sacré bonhomme) , son enterrement et l’affluence aux cérémonies d’alors , donnent une idée de la puissance ( retrouvée ?) du PCF à l’époque soit 1951 . Alors que ledit PCF avait connu des tribulations politiques assez mouvementées entre 1939 ( avec l’approbation du pacte germano-soviétique) et Juin 1941 avec l’opération Barbarossa de Hitler , qui fera des communistes en France les résistants les plus acharnés et disciplinés .

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  8. A qui la faute? demandez-vous au début de votre article.

    Et si la faute en revenait également à tous ceux qui ont pris l’habitude de commander leur repas en ligne parce qu’ils en ont les moyens et qu’ils sont trop paresseux pour cuisiner eux-mêmes. Et si les responsables des malheurs du monde n’étaient pas seulement les grandes entreprises mais aussi ceux qui font appel à leurs services.
    On se souvient de la tragédie du Rana Plaza en Inde avec ses 1.200 victimes de la production bon marché induite par la demande des consommateurs.
    Aujourd’hui, en Corée du Sud, un pays pourtant développé, les livreurs de colis décèdent, surmenés par un travail épuisant (Le Monde 1/12/2020). On pourrait aussi accuser le confinement ou le Covid d’être responsable de leur mort. Mais il se fait que le virus de passe pas de commandes en ligne et n’exige pas d’être livré dans les plus brefs délais. En fait, ici comme ailleurs, les vrais coupables courent toujours ou plutôt, confinent encore.

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    1. c’est vrai c’est mieux de privé 500 000personnes d’un plaisir fictif plutot que de reguler l’organisme qui le produit.
      Pauvre type.

      1. Cher monsieur, la régulation souhaitable n’empêche pas de se poser des questions sur nos comportements de consommateurs. Les filles d’attente devant les magasins Apple à la sortie du dernier smartphone ne montrent pas vraiment que les clients s’intéressent aux conditions de production ni à l’exploitation des travailleurs.
        De même, une réponse à l’intervention d’un blogueur n’empêche pas de rester courtois et d’éviter l’insulte. C’est encore une question de comportement.
        Bien à vous.

  9. un article mélo dramatique, réel ? sûrement , irréel ? tout autant , dans tous les cas un zoom sur une catégorie de livreur qui n’en est peut être pas la majorité . avant tout ,Paris n’est pas la France … ce basé sur des témoignages parisien pour catégorisé une profession sur tout un pays, un peu réducteur.

    qui suis-je ?
    au coeur du sujet, je suis livreur PARTENAIRES des plateformes déliveroo , Uber eats entre autre…
    partenaires , et j’insiste sur ce termes car ces ainsi que je suis qualifié mais c’est également ainsi que je me vois . mon statut est la micro entreprise.
    avant toute chose sur le sujet de la sous traitance au immigrés , au clandestins , sur le salariat déguisé etc… vous pointé du doigt les plateformes , mais les vrai exploitant ce sont les utilisateurs froduleux de compte livreur qui sous loue leur compte , ce sont eux qui exploite la misère sociale de ces personnes qui venant de loin , n’aspire qu’à une chose , travailler , ce qui ne leur est pas donné dans ce pays de façon légale, soit par manque de reconnaissance des diplômes , sois par manque de culture ou d’autres raisons que je ne metrise pas… les plateformes et les pouvoirs publics font la chasses a c’est comportement froduleux. j’en veux pour preuve les contrôles URSSAF / inspection du travail qui sont organisées sur ma ville d’exploitation , et auquel je me plie avec fierté , et que j’estime légitime au vu des presque 2000€ que je paye à l’URSSAF tout les 3 mois. les plateformes , avec lequel je suis en liens régulièrement (et oui on n’as pas d’interlocuteur virtuelle ) et dont je connais 5à 6 membres en postes et avec qui nous avons des échanges constructifs, chasse activement les utilisateurs froduleux , a coût d’ attestation de vigilance URSSAF sous traité par une plateforme (provigis) a coup d’identification faciale caméra à l’entrée sur le service… bref une multitude de parade plus ou moins efficace pour paré ceux qui ce plaigne tout en frodant le système.
    mais je ne suis pas un érudit , alors plutôt que de spéculer sur le système , ses forces et ses faiblesse , je vais parlé concret et chiffre . avant toute chose cela fait 3 ans que je suis livreur. je fais figure d’ancien , j’officie en scooter 40à 45h par semaine . je travaille 4,5 à 5 jours par semaine, de 12h à 21h non stop , (pas plus tard car les enfants on école le lendemain). ma femme exerce la même activité sur son propre scooter. pour le même temps de travail.
    nous nous sommes ultra équipé veste chaude , intercom sur les casques ,pour communiquer entre nous et avec les clients , caméra go pro sur la poitrine pour filmer le travail et les différents litiges (routier / commande client /restaurant etc…) que nous pourrions rencontrer . du matériel acheter a nos frais dont nous revendiquons la propriété , et qui nous permet d’améliorer nos conditions de travail , notre productivité et notre rendement . en chiffre cela donne quoi?
    et bien en 2018 j’ai commencé avec une seul plateformes , je travaillais 38à 40h par semaine à vélo et je réalisé un CA de 2300€ brut environ . après quelques mois je me suis inscrit sur une deuxième plateformes et je suis passé au scooter , toujours pour le même temps de travail soit entre 40 et 45h /semaine je suis passé à 3000€ environ brut par mois. (le scooter représente une dépense de 35 à 40€ d’essence par semaine.
    les mois passant , j’ai connu en juillet 2019 l’arrêt de la tarification minimum des courses chez deliveroo et en effet , il s’est avéré que l’on a retrouvé des courses à 3€ voir moins , mais libre à nous de l’accepter et comme le flux de commande n’as fait que d’augmenter , après ce refus a 3€ c’est une course a 6ou 7€ qui peut nous être proposée … que devient cette course a 3€? et bien elle est proposé à un livreur plus éloigné du point de retrait donc mieux payés , et deviens intéressante.
    c’est ainsi que mois après mois année après année , nous avons vu ma femme et moi ,(chacun avec notre numéro de Siret) progresser notre chiffre d’affaires , et celà en dépit de la baisse de la tarification , sans travailler plus ,et sans prendre plus de risques sur la route. le mois dernier j’ai ainsi réaliser un chiffre d’affaires de 3800€brut et ma femme tt autant. cette semaine j’en suis à 3,5jours de travail et j’en suis à 760€ , chaque jours plein je fait plus de 200€ (hier 250) pour 9h de travail. sommes nous exploité ? nous travaillons ou et quand bon nous semble avec qui nous voulons , pour un CA tt a fait correct au vue de nos charges. je considère que c’est moi qui exploite un système qui m’est profitable.
    quand à mon statut , il me permets de bénéficier de 50% d’abattement d’impôt , ce qui nous permet de ne pas en payer (jusqu’à maintenant) . nous payons notre mutuelle , notre RC pro est prise en charge par les plateformes , nous bénéficions de la protection sociale santé avec des remboursements des frais de santé qui fonctionne. et nous envisageons très prochainement d’investir dans l’immobilier locatif pour prévoir notre retraite.
    j’ai été pendant 15 ans salarié , et je ne reviendrai pour rien au monde en arrière.

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    1. C’est quoi un livreur « partenaire » ? Vous avez des employés , votre épouse peut être ? dans quelle région ?

      1. peut être ne sais je pas écrire mais si vous aviez su lire je précise spécifiquement que j’exerce sous statut micro disposant d’un numéro Siret et que ma femme exerce sous même statut avec son propre numéro Siret…

        1. Et c’est quoi un livreur  » partenaire » ? ( quels sont les termes du contrat de partenariat , pour gagner du temps ) .

          1. la définition du partenariat :
            Le partenariat se définit comme une association active de différents intervenants qui, tout en maintenant leur autonomie, acceptent de mettre en commun leurs efforts en vue de réaliser un objectif commun relié à un problème ou à un besoin clairement identifié dans lequel, en vertu de leur mission respective, ils ont un intérêt, une responsabilité, une motivation, voire une obligation.

            ainsi dans cette définition nous retrouvons les termes et définition de notre objectif commun : la satisfaction client.
            en d’autre terme quels sont les missions de chacun ?
            les plateformes on créé un logiciel, qu’elles exploitent, dont la mission est de mettre en relation les clients depuis leurs domiciles avec les restaurants et autre boulangerie. les plateformes ont donc pour mission de gérer cette mise en relation . dans cette mise en relation, les livreurs indépendant sont missionné au coup par coup pour effectuer ce lien physique entre le restaurant et le client.
            ainsi ,si l’on venait à faire un parallèle dans le bâtiment , le plaquiste réalise les cloisons , et le peintre les peint. deux indépendant , deux tâche différente ,pour un objectif commun , avec des intérêt commun ,sans liens de subordination. cependant si l’un des prestataires jouis d’une mauvaise réputation de par un travail imparfait ,il est fort à parier que celui-ci sera mis à l’écart ou moins sollicité.

            et bien aujourd’hui notre activité de livreur est exercé ,avec la liberté totale de ou et quand nous souhaitons agir. liberté d’agir avec plusieurs plateformes concurrente, liberté d’acceptation des courses proposé …

            de nombreuses choses sont perfectible dans la relation entre les plateformes et les livreurs , a commencé par le fait que les plateformes gère les tenants et aboutissants de notre métier , ou encore la définition de la tarification.
            mais quand on sais travailler , quand on est assidue , efficace et faisant preuve d’adaptation, on peut aisément gagner sa vie dans ce métier.
            et pas uniquement dans ma ville mais également dans un grand nombre de villes de province, que nous avons pus également tester.

            enfin pour répondre au message concernant la couverture sociale maladie , et bien je répondrai que si j’ai déjà du être hospitalisé , et j’ai parfaitement été remboursé. ma femme porte des lunettes ,etc… aucun problème de remboursement.

            1. Vous semblez déjà faire la nuance entre villes de provinces et grandes villes .C’est sûrement important dans l’analyse de votre métier. Et vous cernez le point clée qu’est la tarification . Les grandes plateformes l’ont elles aussi compris , le nombre de gens prêt à bosser pour elles étant directement lié au tarif appliqué localement ( business is business).Puissiez vous ne pas être trop concurrencé pour continuer à bénéficier de l’effet de niche qui vous permet de prospėrer localement.
              Avec le nombre de chômeurs tout azimut qui s’annonce , l’avenir est moins serein qu’il n’y parait.

              Par contre , quand je lis:
              « quand on sais travailler , quand on est assidue , efficace et faisant preuve d’adaptation, on peut aisément gagner sa vie dans ce métier.« … , désolé , mais je souris .

              Dans le manuel du presse citron que quelqu’un écrira bien un jour , la stratégie d’utiliser l’orgueil humain est un basique .C’est parce que les autres sont des feignants , des incapables qu’ils ne réussissent pas dans le métier pratiqué . Glorification de l’égo trés classique.
              Maladie qui se soigne trés rapidement avec quelques revers de fortune , ou avec une réelle prise de conscience de ce qui se passe vraiment ailleurs .

              Bonne route , continuez à aimer votre métier , mais… essayez de ne pas être dupe.
              Prėvoir une alternative en cas de baisse des tarifs ne serait pas du luxe.

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            2. Je suis heureux pour vous et votre épouse que vous trouviez encore des espaces de liberté et de satisfaction ,entre les tenants et aboutissants définis par d’autres ainsi que votre tarification .

              Pourvu que ça dure !

              1
            1. Oui, le récit d’ Alexandre Bourgeonnier semble décrire ce que voudrait faire entendre un chargé de com’.
              C’est réaliste, il y a des fautes d’orthographes en nombre réaliste aussi….

              Juste une petite dissonance avec l’esprit du blog sur la longueur et l’aspect « anamnèse à froid » du premier témoignage, sans contrer ou confronter un tant soit peu précisément les teneurs d’autres interventions. Par la suite, ça le fait, mais avec l’impression que l’on pourrait aussi avoir d’un chargé de com « pour les éléments de langage X,, Y et Z, sortir les textes X1, Y1, Z1, ou les récits X2 Y2 Z2.

              Allez, j’admets, je suis un vilain endoctriné par les films de Ken Loach sur l’uber-économie (la gig-economy en anglais), qui sont complètement fictifs. … ou pas…

              1. ah ah allez je le prends bien , c’est un fait et j’en suis conscient , je ne manie pas l’écrit avec agilité , les fautes sont réel et je ne les vois pas . j’en suis désolé et m’en excuse . mais à l’exception de celà ,lire que je fais de la prose de chargé de communication ,ça me flatte , alors que je ne suis qu’un simple livreur titulaire d’un simple bac pro.

                ce que je dis , est juste une réalité de livreur, que je dis en temps que livreur. mon expérience tel que je la décrit , nous sommes des milliers de livreur à la vivre ,sauf que vous ne les entendrait jamais , car une des autre réalité ,c’est que ce sont les plat qui gère notre concurrence, et on ne souhaite pas voir plus de livreur débarquer dans le système ce qui serait un risque pour notre chiffre. mais pourtant c’est un fait ,cela faite ans que je livre et cela fait 3 ans que je vois mon CA progresser , sans travailler plus , simplement en faisant preuve d’adaptation et de Constance.

    2. Merci beaucoup pour votre témoignage cher Monsieur. Je serais ravi d’échanger plus longuement avec vous, si vous en avez le temps, pour discuter plus en détail de comment vous cela se passe pour vous et vos collègues dans d’autres villes que Paris.

  10. Si les entreprises payaient un impôt modulable en fonction de leur attitude sociale , la tentation d’ubériser diminuerait drastiquement .
    En ce qui concerne l’état : qui ne dit mot consent.

    1. Je me demande bien qui et comment on pourrait moduler en toute équité , alors qu’il y a un système global déjà clair .

      Une entreprise se fout de régler une  » part patronale sur les salaires » élevée ( puisque en fait c’est le travail du salarié qui la règle ) . Ce qui l’intéresse c’est de pouvoir vendre avec le profit maximum .

      Si elle est sure de vendre facilement à prix fort , elle ne râlera pas trop sur le montant des charges.
      Si elle est en régime de concurrence forte ( ou si elle le prétend ! ) , elle aura tendance à vouloir réduire son prix de vente ( que le consommateur veut toujours le plus bas possible en se foutant des drames que cela sous-tend ) pour gagner des parts de marché .
      La pratique du capitalisme ( français en particulier ) c’est de pleurer sur le montant des charges pour qu’elles diminuent , et d’empocher en fait une éventuelle réduction pour augmenter sa marge sans diminuer les prix de vente pour autant . C’est un grand classique aussi sur les jérémiades sur la hauteur des taux de TVA ( ou , dans un cas de figure « réverse » , la captation de l’aide financière publique apportée aux particuliers , pour aussitôt augmenter le prix de vente des biens à même hauteur/ cf subprimes) .

      1. La pratique du capitalisme est de maximiser son profit par :
        – son retour d’investissement par le dividende
        – par le gain de valorisation de sa part actionnariale , par éventuellement la spéculation

        La mise en concurrence de la part salariale, charges comprises, par la délocalisation lui permet d’améliorer ses profits , sauf que les autres faisant la même chose , ils doivent ajuster leur prix de vente quitte à réduire leur marge.

        Le monopole et l’évasion fiscale permet d’imposer son prix (GAFAM)

        Quant aux subprimes , l’évolution des prix à la hausse s’est faite parce que la demande a été supérieure à l’offre , comme en Espagne, par la mise à disposition des liquidités par les banques, effet subprimes, et la spéculation qu’elle a engendrée.

        Une fois que le marché a été saturé et s’est retourné à cause de la baisse de la demande et des défauts de paiement ,dus à l’évolution à la hausse des taux variables et des montages de remboursement progressif , les prix ont baissé.

        Nous sommes dans un système de libre-échange où le SMIC en Europe varie de 312€ en Bulgarie à 2142 € au Luxembourg.
        Le smic annuel brut en France est de 1539€
        https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php/Minimum_wage_statistics/fr

        1. Et 3800 € brut à Genève .

          Ça devient plus coton à comparer quand on fait toutes les déductions que le statut suisse peut comporter , pour rendre les protections sociales comparables ( il faudrait aussi au niveau global de la puissance publique prendre en compte les services publics plus ou moins gratuits / loyers dont HLM , éducation ….) .

          Mais pour les transfrontaliers hauts savoyards qui ont quasiment pu travailler sans interruption , l’année 2020 a été une excellente année .

          1. Année «  exceptionnelle » qui rime , une fois de plus , avec baisse des effectifs , tout secteurs confondus désormais. Payé double pour travailler comme quatre…Faut juste tenir le choc .

      2. Et voui , juannessy , vous ne voyez pas … c’est tout le problème.
        Un système global mais injuste .

        Évidement , les solutions sont à inventer par les petits de jeunes de HEC par exemple , s’ils arrivent à sortir du moule autrement que complètement formatés.
        Les entreprises qui ont un turnover élevé jouent sur la précarité qui rend docile les employés.
        Mais la machine se grippe , il faut des salaires et des emplois qui permettent d’acheter pour faire tourner le système.
        N’avez vous pas remarqué ces sociétés de commerce où il n’y a pratiquement pas de cheveux blancs?
        Ça prospère en plus, ça fait de la pub pour vanter leurs jobs de merde…
        Quelques contrats et hop , la case chômage que paiera l’ensemble de la société .
        La technique du presse citron qui consiste à rendre invalides avec des travails usants , les aides sociales prenant le relais quand l’exploité ne finit pas en « fins de droits «  ( expression horrible pour une démocratie mais qui veut bien dire ce que cela veut dire ).
        Le turnover comme marqueur , déjà, ça changerait la donne .
        Dépasser les limites autorisées en la matière impliquant un doublement des impôts , les sociétés y serait sensibles puisqu’elles se concurrencent entre elles et que le moins bon se fait bouffer par ses concurrents.
        L’optimisation fiscale mais revisitée , ça serait cool.

        1. Je ne vois pas ( même si ce que vous racontez est largement juste ) ce que ça vient faire dans la discussion précédente , et c’est donc bien au moins une chose que je ne vois pas .

          Si vous découvrez aujourd’hui la tactique du presse citron , c’est que vous avez eu de la chance dans vos anciens travaux .

          1. Juannessy
            Vous seul pouvez déterminer pourquoi vous ne voyez pas le rapport entre technique du presse citron ( plus comment l’éviter ) , et le titre de ce fil ( sous – prolétariat du XXI eme siècle).
            Ceci dit , votre stratégie de prêcher le faux pour savoir le vrai est par trop visible .
            « Si… » qui disait le bon apôtre 😄

      3. Si le profit est la dernière ligne , il faut taxer les profits différemment selon que l’on a affaire à une entreprise citoyenne ou pas .
        Écologique ou polluante?
        Contrats à long terme ou abus manifeste du turnover ?
        Une entreprises citoyenne , c’est une entreprise qui ne profite pas de l’état , mais l’aide à réaliser des objectifs de paix sociale .
        Mettent le feu les entreprises qui délocalisent , polluent , licencient même en faisant des bénéfices , créent des conditions de travails faisant de l’humain un objet de type kleenex , jouent des possibilités qu’offre les paradis fiscaux ou le moins disant entre pays européens etc…
        Les gilets jaunes ne sont un hasard de l’Histoire.
        Les entreprises citoyennes devraient , elles , recevoir les aides de l’Etat . Pas les autres.

            1. @Bernard Les Jésuites ?
              La SNCF (mais le monde est bien fait elle a déjà des aides) et puis le jour où elle délocalisera …
              MAIF
              CETELEM ?

              Tout à la fois ce n’est pas si simple …

              1. @Ruiz
                Jésuite » ? Heu , faudrait il encore que je comprenne la question .Si vous voulez évoquer un enseignement jésuite , la réponse est non.Ne connaît d’eux que ce préjugé qui leur est attribué , et qui consisterait à répondre à une question par une autre question.Ça reste un préjugé donc peu fiable.

                Bon , je suis étonné qu’avec les outils d’internet vous ne trouviez pas plus de possibles.
                https://www.earthy.fr/blog/262-entreprises-ecologiques-francaises-pour-trouver-un-emploi-qui-a-du-sens

                Ceci dit , la notion d’entreprise citoyenne , un terme qu’il me semblait avoir inventé dans ma petite tête ( je m’y crois des fois ) est déjà conceptualisé.
                Le problème , c’est qu’apparement , il s’agit d’un qualificatif auto-décerné .
                Çà aurait plus de gueule si le label était attribué par de grandes associations humanitaires ou écologiques, et confirmé fiscalement par l’état qui validerait ou pas des objectifs de type écolo, social, etc… ( dans le cadre d’un Plan à la Jorion /Galpin par exemple 🤓) .

                https://fr.wikipedia.org/wiki/Entreprise_citoyenne

                PS: qu’il est bon de rêver à un monde meilleur.
                Un monde qui résisterait à un effondrement généralisé …par exemple.

                1. @Bernard
                  j’aurais du proposer G..gle
                  « cherchez et vous trouverez »
                  Mais cette entreprise ne m’était pas venue à l’esprit et ne remplit sans doute pas tout vos critères.
                  Alors j’ai mentionné ce que cette phrase pouvait suggérer
                  et les critères sont peu ou prou satisfait (il faudrait voir pour l’enseignement s’il n’y a pas une aide de l’Etat (même avec 1905).)
                  D’ailleurs si l’on soumets au moteur de recherche favori évoqué plus haut la phrase en question la référence biblique est manifeste.
                  Merci pour les liens fournis, mais si vous reprenez tout vos critères c’est pas si évident, le green washing ne suffit pas.

        1. @Bernard Il y a un exemple actuellement les accidents du travail, il faudrait créer les « accidents (économiques) du non-travail ».
          Les accidents du travail sont une cotisation sociale (pas un impôt) modulable suivant le comportement (et le secteur) d’une entreprise et porte sur la masse salariale (pas les profits).
          Ou de même qu’une caisse gère les congés payés et les retraites, le développement économique et le maintien de l’emploi à vie (au delà de la simple indemnisation du chomage) pourrait être externalisé dans une caisse gérée par les partenaires sociaux, les syndicats patronaux pouvant décider au delà d’une cotisation répartissant le coût de l’action, de mettre à l’amende leurs membres moins efficaces ou éthiques.

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        2. @Bernard @Juannessy

          Il n’y a pas d’entreprise, coopérative, association intervenant dans le système capitaliste qui le mette à mal. Une initiative qui interfèrerait sérieusement avec le capitalisme serait du même ordre qu’un artificier faisant s’écrouler un immeuble sur lui-même. Des notions basiques de survie suggèrent que ça n’a que très peu de chances de se produire, et quand bien même ça se produirait, le résultat ne serait même pas certain. Vu l’action de l’État ces dernières décennies, le considérer encore comme un adversaire du capitalisme serait dans le meilleur des cas naïf, dans le pire complice. L’État est de longue date l’allié le plus sur du Capital. A partir de là, reste la collaboration, le palabre ou la désertion. Comme disait l’autre, « choisis ton camp camarade »…

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          1. @ dissonance
            Un peu pessimiste votre vision des choses non?
            Si je la comprend bien , elle invite à ne rien faire .
            La forme de capitalisme actuel a une vision à court terme des affaires , mais si le capitalisme mute comme à son habitude et adopte une vision à long terme , il cessera d’être suicidaire.
            Enfin je l’espère …
            Sinon , tant pis , on troquera , et l’humanité reprendra la taille des silex.
            Après tout , taper sur des tambours autour d’un bon feu de bois ( s’il en reste ) , c’est peut être pas si mal.

  11. AOP a fait une communication aujourd’hui à propos de 4000  » salariés  » d’Amazone qui bénéficient de tickets alimentaires…

    La concurrence est tellement libre et non faussée qu’elle s’est affranchie des lois de la physique…

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  12. La Cour de cassation a requalifie le statut d’un chauffeur Uber en salarié : concernant le statut des chauffeurs, le développement important d’emplois « uberisés » implique des risques spécifiques pour ces travailleurs indépendants fictifs et présentent beaucoup d’inconvénients pour la santé et la sécurité du travail avec de la précarité, et peu de prévention des risques professionnels et de protection sociale : https://www.officiel-prevention.com/dossier/formation/fiches-metier/la-prevention-des-risques-professionnels-lies-aux-plateformes-de-services

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