Effondrement : le direct, le 30 décembre 2020

États-Unis : Dans une allocution, Trump affirme avoir reçu le Prix Nobel.

Je disais ceci dans ma vidéo du 12 juin 2018 intitulée : Brexit / Corée du Nord – Le monde entre dans une grande bifurcation.

J’ai parlé hier, dans un petit texte, j’ai parlé du fait que je lis ce livre extraordinaire « The Heart of Man » d’Erich Fromm, un livre de 1964 qui a introduit cette notion de « malignant narcissism », traduite en français comme la « perversion narcissique », les « pervers narcissiques ». […]

Hitler : fou, ou non ? Hitler, il le décrit comme un « borderline » c’est-à-dire quelqu’un qui se trouve à la limite de la normalité et de la pathologie. Mais dont le narcissisme démesuré fait qu’il peut tomber très facilement dans la psychose. Ce qui lui permet de ne pas tomber dans la psychose, c’est d’acquérir du pouvoir et de transformer le monde, bien entendu selon son désir. Le monde ressemble de plus en plus à son délire mais c’est parce qu’il est parvenu à entraîner, sur le narcissisme patriotique essentiellement, un certain nombre de gens à le suivre. Il y a le moment où ça achoppe et ça n’achoppe pas nécessairement : je vous rappelle que Staline est mort plus de 30 ans avant la chute de l’Union Soviétique. Dans le cas d’Hitler, oui ! la chute a eu lieu et on l’a vu tomber au moment où les troupes ont perdu. Et j’ai montré la petite vidéo très bien faite du film « Downfall » – La Chute – le moment où il tombe dans la psychose parce qu’il ne peut plus nier que le monde n’est plus à la hauteur de la représentation qu’il en a. Et sa seule sortie possible, à ce moment là, c’est le suicide.

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41 réflexions sur « Effondrement : le direct, le 30 décembre 2020 »

  1. Reste un mystère pour moi, c’est la puissance de contagion de ces hommes.

    Il faut, bien sur, que ces leaders mégalos soient doués pour doser leur poison.

    Mais sans doute aussi, qu’ils comblent un vide :

    que ceux qui vont suivrent soient en attente d’un profil comme celui là.

    1. Trends – Tendances, La dynamique perverse du narcissisme des tyrans, le 21 juin 2018

      Alors que la personnalité normale fait preuve d’un narcissisme modéré qui lui permet d’avoir un souci de soi lui permettant d’assurer sa propre survie, le pervers narcissique en a une représentation exagérée qui le conduit sur le rebord de la folie. Il peut aller jusqu’à confondre sa propre personne avec l’univers tout entier, et entrer en dépression au moindre démenti par les faits. Il n’y aurait là qu’une simple curiosité, s’il n’y avait des individus prêts à embrayer dans la mégalomanie d’un autre, permettant à celui-ci de gagner davantage de pouvoir, lequel pouvoir lui permet de modeler toujours plus le monde selon son souhait, confirmant ainsi son sentiment de toute-puissance. Fromm écrit : « grâce à son pouvoir César a su plier la réalité à ses folies narcissiques » et « ces personnalités publiques ont pu prévenir une flambée flagrante de leur psychose latente en récoltant les applaudissements et l’approbation de millions de gens », et il ajoutait : « Paradoxalement, c’est cet élément de folie dans de tels dirigeants qui contribue aussi à leur succès. Il leur procure une certitude et une imperméabilité au doute, susceptibles de subjuguer l’individu moyen. »

      Hitler s’explique ainsi : il « est l’exemple même [d’] une personne extrêmement narcissique qui, sans doute, aurait pu souffrir d’une psychose manifeste s’il n’avait réussi à convaincre des millions de personnes de croire à son image de soi-même […] et à transformer même la réalité de telle manière qu’elle semblait prouver à ses partisans qu’elle était correcte. »

      Qui constituera les troupes d’un pervers narcissique accédant au pouvoir ? Les candidats à un narcissisme collectif prêts à se rallier derrière l’idée d’un peuple élu, de son drapeau, de ses slogans (« Make America Great Again ! »), de son idéal de rejet des autres, autrement dit tous ceux dont la propre personne est insuffisante à constituer le support d’un sain narcissisme individuel. Fromm écrit : « Pour ceux qui sont pauvres économiquement et culturellement, la fierté narcissique de groupe est la seule source de satisfaction » et, en particulier, « la classe moyenne basse […] privée de tout espoir réaliste de voir évoluer sa situation (car ses membres sont les survivants d’un monde d’autrefois à l’agonie). »

      Il existerait donc un cycle pervers conduisant à la catastrophe lorsqu’un narcissisme individuel et un narcissisme collectif s’alimentent l’un l’autre.

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      1. « Pour ceux qui sont pauvres économiquement et culturellement, la fierté narcissique de groupe est la seule source de satisfaction. » Il me semble qu’on peut dire aussi du point de vue individuel que les personnes faibles ou dominées se laissent prendre au fait d’être aimé et entraîné dans le monde du pervers, et que le pervers narcissique, refusant de se confronter à la réalité rejette son échec sur l’autre et crée la sidération (peut et culpabilité). Cet aspect individuel renforcerait l’attachement au delà de la « fierté de groupe » ?

        1. Vous ne m’en voudrez pas mais un truc me fait fondamentalement détester ce genre de phrase cité entre guillemets qui a l’apparence de la Vérité suivant d’où on la lit, alors que c’est une énorme tromperie sur la marchandise et surtout une ignoble façon de se dédouaner à bon compte de sa propre bêtise.

          Je connais plein de gens pauvres économiquement et culturellement qui n’ont rien à faire de la fierté narcissique de groupe et qui Dieu (moi même) merci, ont autre chose dans la vie comme source de satisfaction !

          La réalité est TRES souvent l’exact opposé, les plus riches et les plus cultivés ayant tendance à être particulièrement malades et tarés ils sont souvent le plus beau fumier sur lequel prospère toute la saloperie des dingues.

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              1. C’est pas ce que dit le chef dans son billet  » gérer les pandémies et les relations communautaires  » , quand il renvoie au lien de 2012 ( « Parler pour savoir ce que l’on pense » ) .

                Bon d’accord , il a dit  » parler » , pas « écrire »…

                PS :  » … détournement de sens et de causalité  » !!!
                TuCloClo , quelle plume !

          1. Cloclo :Je vous signale que c’est Fromm qui écrit la phrase entre parenthèses. J’ai cherché à rapprocher une idée contemporaine sur le pervers narcissique, pour prolonger. Vous pouvez certainement connaitre plein de gens qui ont trouvé assez de force pour trouver des satisfactions hors de la dépendance, et moi aussi. On pourrait dire aussi qu’il y a des fiertés de groupe autonomes, telle la fierté prolo ou celle de militantes en lutte, en mouvement (les noirs des droits civiques, etc.). Mais cela ne permet pas d’écarter la réflexion de Fromm. Qui réfère sans doute à une masse d’allemands frappés par la défaite de l’Empire en 1918 et cherchant une fierté restaurée, ce qui est vrai des petits blancs déclassés de l’électorat Trump. Et la question est celle du ressort et de la force de cette fascination collective pour le pervers. A part cela je ne vous en veux pas.

            1. Salut Chabian,

              J’avais bien lu que cette phrase est tirée de Fromm.

              Cette condescendance est d’une bêtise sans nom, à savoir que « la classe moyenne basse » qui n’aurait pas de porte de sortie autre que le fascisme, le communisme ou autres systèmes « totalitaire » pour s’affirmer dans la société qu’elle projetterait dans l’incarnation d’un Homme Providentiel !

              Vous avez bien mis le doigt sur ce qu’elle veut dire vraiment, à savoir qu’en Allemagne, la masse de  » la classe moyenne basse », serait, à elle seule ,à l’origine d’un collectif narcissique ayant rencontré un narcissisme individuel détonant et funeste ! Et moi cela je le conteste, les choses ne sont pas passées ainsi, si on veut bien prendre de la hauteur et de l’objectivité dans l’enchainement des évènements et leurs importances respectives.

              En fait dire comme Fromm, c’est dire que la fièvre est la maladie. Ce qui est faux et un biais visant à se dédouaner à bon compte sur ceux d’en dessous. Nous savons très bien que ça ne commence pas ainsi, jamais.

              C’est selon moi plutôt majoritairement la classe d’élite et supérieure tant économique que culturelle et qui est composée principalement de pervers complètement débiles qui engendre continuellement ce genre de mouvement. Ce sont eux les narcisses collectif qui nourrissent tous les autres et qui finissent par rencontrer un rejet massif de tous ceux qui sont dominés dans un élan malheureusement de violence cristallisée qui en élit un pour quelqu’il soit, croient ils, afin de démolir tous les autres. En fait c’est le seul choix laissé aux exploités par la classe la plus narcissique non pas pour leur « satisfaction » mais pour mettre fin à leur souffrance quand l’élite les pille trop et sans arrêt. Ce qui se passe exactement de nos jours.

              Non les victimes, les faibles et les dominés ne sont pas les générateurs d’un narcissisme de classe/de groupe, ni ils trouvent une « satisfaction » ou un « espoir réaliste de voir évoluer sa situation », ils se débarrassent en fait des pervers en prenant un parmi la classe des pervers pour soulager la pression, en détruisant le cadre, que ces pervers en tant que classe supérieure exerce sur eux. Ce qui n’est pas exactement le même regard sur la chose. Et qui correspond mieux, à mon avis, à la réalité des faits et constatations historiques.

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      2. La faute à Narcisse (ou ) (et ) la faute au cortex consulaire?

        «  se sentir faire partie d’un groupe restaure un sentiment de maîtrise face à ce qui est perçu comme incontrôlable. Cette perception est évidente lorsque nous devons affronter des dangers réels : face à une tempête , un groupe d’humains peut s’organiser pour bâtir des abris; face à des prédateurs , un cercle de défense peut être formé …le lien entre le sentiment d’appartenance groupale et le sentiment de contrôle s’est établi depuis la nuit des temps et se lit encore aujourd’hui dans l’activité du cortex cingulaire, une activité qui diminue à la fois lorsque l’incertitude dėcroit et lorsque nous sommes intégrés à un groupe « .
        Source «  où est le sens «  p293 , SB.

      3. La phrase de Fromm m’embête un peu, même si elle décrit une réalité, parce que parler de l’adhésion des classes populaires sans décrire l’adhésion elle aussi indispensable des classes aisées, éduquées ( des gens très bien comme dit Alexandre Jardin) au délire du tyran narcissique pour qu’il devienne dangereux, c’est un peu trompeur.

        Ceci dit,merci pour la réponse.

  2. Le Hic , de ce que j’en connais , c’est que à défaut de les dézinguer , il n’y a qu’une issue avec les pervers narcissiques : les fuir sans se retourner et sans revenir avant leur mort .

    J’avais aussi cru comprendre que la tentation suicidaire de certains adolescents , provenait d’un narcissisme assez courant à cet période de notre existence , que quelques uns , souvent pour des raisons d’environnement ou de chocs émotionnels conjoncturels particuliers , ne parvenaient pas à traverser en se pliant au réel , et simplifiaient radicalement dans un grand état de souffrance .

    Je m’explique moins bien comment des situations économiques et « culturelles » dégradées peuvent amener un groupe social , une collectivité , à un narcissisme collectif .Mais globalement ça conforterait l’idée que , pour échapper à la folie , aux idées suicidaires ou sacrificielles , rien de mieux qu’une société ouverte , multiple , liée .

    Gage de la réussite vraie .

    1. « Les idées contenues dans Psychologie des foules jouèrent un rôle important au début du XXe siècle. Si les praticiens du totalitarisme, Mussolini, Hitler, Staline et Mao, passent pour s’être inspirés (ou plus exactement, avoir détourné les principes) de Gustave Le Bon, beaucoup de républicains – Roosevelt, Clemenceau, Poincaré, Churchill, de Gaulle, etc. – s’en sont également inspirés.  »
      dans wiki !

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      1. D’accord , mais ça ne répond pas à la question d’un groupe social « particulier » qui vire de façon collective , massive et plutôt endogène à un trait psychologique maladif très particulier , la perversion narcissique .

        1. https://www.pourlascience.fr/sd/mathematiques/la-foule-en-equations-17252.php
          Si on tente de modéliser les mouvements de foule, je doute de l’avènement d’un logiciel universel. La démocratisation du permis de conduire semble avoir un effet sur le sens de l’ordre de circulation des piétons ! Et bien d’autres effets culturels sont en jeu dans cette complexité. Pour la psychologie des foules aucune raison de douter qu’elle fonctionne comme le rapport au mot d’esprit, chacun a son public, et ils ne se mélangent pas, les comiques ne font pas rire les mêmes, comme je me suis laissé dire que les 5* parisiens n’hébergeait pas les mêmes riches. Il y a des guides partout et des suiveurs. Vous suivez le blog de Jorion ! Freud avec Massenpsychologie und Ich-Analyse a interprété les descriptions de Le Bon.

        2. Et pour le pervers narcissique ou la perverse narcissique, il suffit d’aller sur You Tube pour y lire le recrutement pastoral des victimes par les guides des brebis égarées, plus le brouhaha clinique à ce sujet.

    2. @ Juanessy : « Je m’explique moins bien comment des situations économiques et « culturelles » dégradées peuvent amener un groupe social , une collectivité , à un narcissisme collectif « . Le groupe est-il narcissique ? Il me semble plutôt dans le désir de se soumettre au pervers et à son monde fictif et faussement protecteur.
      L’idée est de Paul qui a écrit (avant la citation de Fromm) : « Qui constituera les troupes d’un pervers narcissique accédant au pouvoir ? Les candidats à un narcissisme collectif prêts à se rallier derrière l’idée d’un peuple élu, de son drapeau, de ses slogans, de son idéal de rejet des autres, autrement dit tous ceux dont la propre personne est insuffisante à constituer le support d’un sain narcissisme individuel. » J’y entends évoqué à la fois la question du ‘peuple élu’ (il y a aussi là la question du « bouc émissaire ») et celle de la ‘personnalité insuffisante’ (ce qui souvent réfère à un traumatisme précédent). Je pense que la formule du « collectif narcissique » est trop ramassée et donc problématique. Le pervers procure du narcissisme au groupe (qui en manque) et le lui fait payer cher.
      Il nous manque un éclairage.

      1. Ça me fait un peu penser au sketch de Fernand Reynaud ( « ici , on vend de belles oranges pas chères « ) .

        On est parti de « narcissisme collectif » voire pervers , et nous voilà après enquête de Chabian et Clo Clo , sans perversité , sans narcissisme et sans bien savoir ce qui assure le collectif .

        Reste tout juste un pervers narcissiste individuel qui finira bien par crever .

      2. « Le pervers procure du narcissisme au groupe (qui en manque) et le lui fait payer cher. »

        Je pense que tout ce passe dans l’autre sens. Les groupes dominés renvoient aux dominants leur propre image de toute puissance, d’injustice, de discrimination arbitraire, et ils foudroient la société bloquée toute entière en mettant aux manettes, vu que le nombre est pour eux, le plus abrutis d’entre les pervers. Mais eux ne sont pas dupes, je n’y crois pas une seconde, ils sont juste à bout et sans option plus efficace dans certaines configurations. C’est très différent que de voir des petits frustrés partout, en manque de reconnaissance et formant coalition narcissique de groupe.

        Ce sont les élites qui voient la chose ainsi, car elles regardent dans un miroir. Mais le miroir n’est pas la chose. Et toutes l’articulation des faits et mouvements dans l’Histoire des Hommes le démontre amplement. La classe narcissique par excellence est celle des riches économiquement et culturellement, c’est une classe de pervers dangereux qu’on gagnerait à faire descendre de son piédestal rapidement et définitivement.

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        1. Je ne sais plus exactement à qui on a attribué cette phrase (Ledru-Rollin ?) « je suis leur chef, je les suis ». 🙂

          1. La piste la plus sérieuse est effectivement Ledru Rollin , même si la première fois que j’ai entendu cette saillie que j’aime bien , on l’attribuait à Edgar Faure dont ç’aurait bien pu être le style .

  3. Toute ressemblance avec des faits ou des personnes réelles est purement fortuite.

    Un pays avec une élite qui auto-alimente sa supériorité de classe plutôt que son devoir représentant démocratique, distille un vivier de narcissique de la plus haute pureté.
    Une population privée de corps et de raison d’être, atomisé par surdose de consumérisme, errant tel des zombies dans la vacuité de leur vie, se cristallisera comme de l’eau en surfusion autour de n’importe source de sens.

    Une idée serait de fabriquer un récit humaniste ayant un pouvoir catalytique supérieur à celui d’un narcissique.

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  4. Au lieu de s’attarder sur Trump, il serait beaucoup plus important de comprendre pourquoi des dizaines de millions d’américains ont voté pour un tel personnage.
    Tout le reste est anecdotique du fait même que ces millions d’électeurs ne disparaitront pas par magie quand le blondinet d’extrême aura disparu du paysage.

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  5. Ce n’est pas vraiment le sujet, mais quand je lis « La Chute », me revient immédiatement en mémoire l’image de Bruno Ganz. Et quand je déroule la pelote de cet extraordinaire acteur (et -d’abord- brillant homme de théâtre), je découvre d’étranges liens. Je l’ai d’abord découvert dans Les Ailes du désir. « Der Himmel über Berlin ». Berlin déjà en effet. Sur lequel Ganz – Damiel veillait avec son compagnon Cassiel. Berlin, magistralement filmé par Wim Wenders, deux ans avant la chute (encore une) du Mur. Berlin où un certain Peter Falk, échappé de sa 403 cabriolet, venait tourner un film sur l’enfer qui allait mettre fin à l’enfer, en 1945. Pourtant, au paradis éternel des anges, Damiel – Bruno Ganz préférera la vie d’un mortel amoureux d’une belle trapéziste. Est-ce vraiment un hasard donc si pas mal d’années plus tard, mais son immense talent intact, Bruno Ganz troque, dans les mêmes lieux, les ailes d’un ange pour le rictus d’un démon? Magie de la comédie, où un seul être peut incarner les plus beaux élans et les pires tourments.
    (Quant à Trump: dans son Bunker Blanc, il a sans doute un flingue. Une capsule de cyanure, je ne sais pas).

      1. Merci Paul. Cette courte séquence me donne des frissons. C’est tout ce chef-d’oeuvre qu’il faudrait revoir, en salle, comme je l’ai fait à trois ou quatre reprises. Je ne manquerai pas la prochaine, si d’aventure elle se présente.

    1. « (Quant à Trump: dans son Bunker Blanc, il a sans doute un flingue. Une capsule de cyanure, je ne sais pas) »
      Euh, un bretzel… ? 🙂

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  6. Les suiveurs des narcisses ne le font pas pour des raisons sociologiques, par pauvreté intellectuelle ou matérielle. Les exemples abondent de « philosophes bien nourris » qui se prosternent devant le dictateur messianique divinisé.
    La cause me semble résider dans l’architecture de nos cerveaux qui ne connaissent qu’une seule vérité (et non deux). Par exemple, un trumpiste ne fait pas de différence de nature entre la vérité scientifique (rotondité de la terre ) et la croyance en la « sainte » parole de Trump (les élections sont truquées). La distinction entre vérité et croyance ne se fait que par un observateur extérieur ne partageant pas ces croyances.

    1. La différence entre vérité et croyance n’est pas quelque chose d’inné mais quelque chose qui se transmet (ou pas) entre adultes et enfants (les enfants y participent en demandant pourquoi mais malheureusement les adultes et les instituteurs ont beaucoup trop tendance à répondre « parce que je te le dis » ou « parce que c’est comme ça et pas autrement ».

      Si on se met à la place de ceux à qui on a pas transmis cette différence, il devient facile de comprendre pourquoi certains préfèrent s’en tenir à ce qu’ils ont eu l’occasion de constater et refusent de croire que la terre est plate.

      À mon avis la question de savoir si la terre est plate ou sphérique n’a d’ailleurs pas la moindre importance – ou n’a même pas vraiment de sens – pour une très forte proportion de l’humanité. Par contre, quand on voit comment sont enseignées les mathématiques (l’art de donner les bonnes réponses à des questions dont l’intérêt n’a en général rien d’évident) il n’est pas surprenant qu’on ait ensuite des problèmes quand il s’agit de faire face à une épidémie ou au réchauffement climatique…

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