142 réflexions sur « Police de la pensée, par Chantal Montellier »

    1. Lequel? Entre les anciennes qui ne supportent pas le voile et les “intersectionnelles” qui ne jurent que par le voile et la charia, on s’y perd un peu…

      1. @Jack

        Loin de moi l’idée de prétendre que je sois expert du sujet, loin de là, mais il ne me semble pas, pour connaître quelques féministes qui se disent proches des mouvements intersectionnels, qu’aucune d’entre elles ne se soit jamais déclarée favorable de près ou de loin au voile ou à la charia. En revanche, je ne doute pas qu’elles soient toutes totalement favorables au principe de liberté de culte.

        De ce que j’en ai compris, l’intersectionnalité propose essentiellement d’éviter l’écueil d’une hiérarchisation des oppressions, c’est à dire d’admettre que la dénonciation de l’oppression (ou discrimination) touchant des personnes racisées est aussi légitime que celle de l’oppression touchant les pauvres, que celle de l’oppression des femmes ou des personnes trans, que celle enfin de l’oppression de certaines minorités religieuses. Il s’agit en fait de ne pas opposer ces luttes mais au contraire de les fédérer car l’origine de toutes ces oppressions, si on ne la pense pas unique, partage au moins un tronc commun, des mécanismes similaires, etc.

        Dans le cadre de la sortie de Vidal, je crois qu’on est en plein dans le sujet avec un propos qui stigmatise à la fois des personnes pour une opinion politique pour ainsi dire confidentielle aujourd’hui et une orientation religieuse supposée (religion qui est toujours fort loin d’être majoritaire dans le pays, jusqu’à preuve du contraire), avec au passage un bon gros tacle à l’institution universitaire, de la part de sa ministre de tutelle.

        Quoi qu’il en soit pour avoir assisté à quelques discussions ici où là sur internet ces dernières années, mon observation empirique des critiques formulées contre l’intersectionnalité dissimulent toujours en fait un point de vue foncièrement hostile à l’un ou l’autre des aspects que j’ai cités, et là encore d’après mon expérience exprimées par des personnes à l’intellect assez perméable à la rhétorique d’extrême-droite: Qu’il s’agisse de contester le bienfondé des luttes féministes pour faire passer son machisme, ou des luttes antiracistes pour exprimer sa xénophobie, ou encore de faire passer son anti-cléricalisme pour une défense du principe de laïcité. Avec notamment l’argument massue qui revient toujours dans ce type de discussion, bien qu’il soit complètement creux: “Vous vous trompez de combat”.

        Cela étant dit, j’émets un bémol à tout ce que je viens de dire: J’ai aussi lu et entendu pas mal de monde s’exprimer sur le sujet sans s’être minimalement documenté, si ce n’est par le truchement de quelques reportages ou interviews caricaturales diffusées par exemple sur certaines chaînes télévisées poubelles qui se prétendent “d’information”, comme celle, au hasard, présentée par un ancien journaliste sportif curieusement reconverti en animateur d’émission “politique” (mais de la politique-spectacle dans ce qu’elle a de plus grossier).

        Toutefois ce bémol abonde quand même dans le sens de cette idée exprimée précédemment de perméabilité aux idées d’extrême-droite, que les-dites chaînes distillent lentement mais surement depuis plusieurs années déjà dans une démarche de pure et dure propagande (au sens strict du terme). On sait en effet depuis longtemps déjà qu’une idée n’a pas besoin d’être pertinente pour être partagée par un grand nombre de personnes: Il suffit juste de la répéter suffisamment souvent, avec suffisamment de force, tout en en invisibilisant au maximum les critiques, ou en les tournant au ridicule dans des mises en scène grotesques.

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    2. Faut demander à Paul Jorion , en tant que spécialiste de l’Islam , il doit déjà avoir un avis sur l’islamo-gauchisme et “donc” sur la “radicalité” .

      PS 1: y aura-t-il un replay sur la conférence du 17 février ?
      PS 2 : que donnerait un cocktail Islamisme , féminisme , gauche ?
      PS3 : le féminisme est peut être bien “radical” , comme on disait des “radicaux” qu’ils étaient comme les radis , car il me semble qu’il s’exprime aussi bien à gauche qu’à droite ( je n’irai pas jusqu’à dire qu’il est ” en même temps” , pour ne pas subir d’attaques radicales ) .

      1. 1. J’ai un avis sur l’islamo-gauchisme et “donc” sur la “radicalité”.
        2. Il n’y aura pas de replay de la conférence du 17 février.
        3. Je ne suis pour rien dans la décision qu’il n’y ait pas de replay (je n’ai pas été consulté).
        4. Mon avis sur l’islamo-gauchisme et “donc” sur la “radicalité” a été exprimé lors de la conférence du 17 février.
        5. Il aurait donc été possible d’entendre mon avis sur l’islamo-gauchisme et “donc” sur la “radicalité” s’il y avait eu replay.
        6. Karl Marx, un gauchiste notoire, a dit : “La religion est l’opium du peuple”.
        7. À bon entendeur, salut !

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          1. @ Juannessy
            Si votre conseil (quand on lit ) est de se boucher les oreilles , je suppose qu’il suffirait juste de fermer les yeux pour ne pas entendre .Étonnant.

            Je note que votre « radicalité «  vous pousse à bouffer du croyant dès que l’occasion s’y prête, mais dans le même temps , vous mettez encore une majuscule à Bernard , un reste de politesse probablement , à moins que le correcteur orthographique impose ce qui ne vous apparaît plus comme nécessaire.
            C’est une blessure que de se voir comparer à un toxicomane.
            J’ai le choix : se dire «  même pas mal ! «, se dire «  est ce vrai? »   , ou «  pardonnes leur , ils ne savent ce qu’ils font « .

            Notre humanité fait de nous des êtres de paradoxes , à l’image de Paul Jorion qui cite Marx dénigrant la religion comme une drogue ( argument qui est quand même un grave manque de respect vis à vis d’une différence de conception de la réalité ), tout en lui même bossant dans une université « catholique « …

            Un monde moins radical serait sûrement un monde plus paisible .
            Mr Marx que je connais moins que Groucho aurait écrit aussi : « Ce qui est certain, c’est que je ne suis pas Marxiste” (propos rapporté, notamment, par Friedrich Engels, dans sa lettre à C. Schmidt en date du 5 août 1890) ».

            Il est sûrement possible d’être à la fois athée ou croyant et ouvert au dialogue , sans être addict à des certitudes ( c’est à dire entièrement soumis au biais de confirmation).

            En attente de modération .

            1. @Bernard
              « pardonnes leur , ils ne savent ce qu’ils font” ou disent.
              C’est là, bien difficile a réaliser et de la blessure vient la souffrance.

              A moins, à moins de réaliser que ce que je suis se trouve à l’intérieur de ce corps, que ce que je suis est totalement inaccessible depuis l’extérieur. Mais pour cela, il est nécessaire de se confronter à la solitude, pas l’isolement, la solitude que décrit si bien Krishnamurti. Prenant conscience de cette solitude fondatrice, la parole de l’autre demeure à l’extérieur comme le vent qui passe dans une caresse ou une gifle.
              Mais il est nécessaire également d’apprendre à ne pas juger. Qui suis-je pour juger ? En m’astreignant à ne pas juger les autres, parce que je sais que la chose est veine, alors le jugement de l’autre devient vein à son tour.
              C’est une grande liberté que de s’affranchir du regard des autres.

              Voir cette femme qui m’a traité de “tocard” dans mon dos et me fait un grand sourire par devant (situation vécue). Le choix m’appartient de faire comme auparavant “d’encaisser” mais sentir cette souffrance de basse intensité qui ronge et rumine dans mon esprit ou bien comme maintenant (j’y arrive à peu près tout en m’améliorant avec le temps) voir cette femme telle qu’elle est, dans sa souffrance personnelle qui la ronge et la porte vers la violence des mots. J’en arrive à un sentiment qui peut-être s’appelle la compation ?

              Je ne suis pas croyant mais j’imagine que la foi se porte en soi au plus profond. Comment des mots qui vibres dans l’air ou sur un écran pourraient-ils atteindre ce que je suis. Peut-être, réveillent-ils un doute ? Mais s’il n’y a pas de doute, ce que je suis voit les mots comme les nuages. Ils vont et viennent, portant la pluie, la neige ou le bienfait de leur ombre les jours de trop grand soleil.

              Se pose aussi la question de l’identité et de l’attachement qu’on lui porte. Si je m’attache au mot “croyant” comme je m’enchaine à un carcan alors j’oublie ce que je suis vraiment. Je ne suis pas les mots, ce que je suis n’a pas de mot. Je n’ai pas besoin d’identité, il me suffit de savoir que je suis. Qu’importe les mots. C’est dans notre attachement aux mots que nous perdons notre liberté d’être.

              Je vous souhaite de trouver cette paix intérieure qu’éprouve le corps et qui n’a pas de mot, cette liberté qui nous affranchit du regard des autres.

              1. @ Pascal
                « pardonnes leur , ils ne savent ce qu’ils font” ou disent.
                C’est là, bien difficile a réaliser et de la blessure vient la souffrance. »

                Je ne sais si j’aurai les mots justes , la souffrance reste un mystère qui de mon point de vue nous dépasse.
                Comme êtres humains , la parole et les mots nous sont propres.Renoncer définitivement à l’un ou à l’autre me parait capable d’amputer une partie essentielle de ce qui fait que chacun peut ressentir pleinement le «  je suis « .Certes nous n’appréhendons pas le monde seulement qu’à travers les mots , mais cette manière d’être au monde nous caractérise , ne serait ce que par rapport au monde animal.

                A vrai dire , ce n’est pas la blessure des mots que je crains le plus .Les années endurcissent et , c’est terrible , mais je crois que l’on s’habitue la plupart du temps.
                Ce que je crains , c’est l’infection .
                Les paroles peuvent toucher l’amour propre , ou plus grave , notre capacité à aimer .
                C’est pourquoi , le pardon est indispensable pour qui veut accéder à un degré qui me semble supérieur à la paix du corps ( bien agréable j’en conviens ) : la paix du cœur , même si , ne serait ce que la désirer , est parfois formidablement difficile.
                Si j’ai bien compris, votre pratique invite à la compassion .
                En cela , nous sommes très certainement amis.

            2. Le mystère est beaucoup plus simple : je ne sais pas résister longtemps à une association d’idées .

              Mais je suis heureux qu’en lisant Paul Jorion s’en prendre aux bons “entendeurs” , j’ai pu par une boutade être entendu en écho pour vous lire à nouveau !
              Objectif atteint .

              1. @ Juannessy
                Le problème des boutades , c’est que parfois , elles montent au nez …

                A part ça , ce blog a alimenté ma curiosité au delà probablement de mes capacités digestives .
                Ici, tout va trop vite , les sujets de discussions se succèdent à une vitesse très rapide, ne laissant guère , à un gavroche dans mon genre , le temps de l’approfondissement .L’avantage est à celui qui a déjà potassé , pas à celui qui découvre … quoique …il est des préjugés tellement partagés à travers un milieu ou une culture qu’ils en deviennent inconscients.
                Il faut que je tire au clair certaines notions sur la mémoire et la petite enfance , la manière dont l’être humain raisonne , et ce au vue des dernières découvertes scientifiques .Aucune idée de ce qu’il en ressortira.

                On vit une époque charnière.
                Comme une prise de conscience que la vie nous met dans le feu de l’action , alors que , qui que l’on soit , il faudrait commencer par interroger en priorité , non pas le monde qui nous entoure , mais la façon et les moyens qui sont mis à notre disposition pour l’interpréter.Sachant que les philosophes romains et autres anciens ne sont qu’une partie de la réponse.
                Une bonne dizaines de bouquins m’attendent patiemment , les pauvres.
                « Je suis tombé dans la lecture , c’est la faute à Jorion pour sur.
                Le nez dans les journaux , c’est la faute aux réseaux.. ».

                PS : Les connaissances ont besoin d’être mise à jour régulièrement , un peu comme les dictionnaires😉. Ceci dit , les connaissances sont comme la richesse , ce qui tue le système , c’est la concentration entre les mêmes mains.J’ai apprécié votre sens du partage.
                Pour ma part , je pense avoir assez parlé .Sans les actes , les mots n’ont pas de sens .
                Bonne continuation.

                1. On retiendra : sans les actes , les mots n’ont pas de sens .

                  et ça n’est pas une boutade ( juste un regret des temps passés en ce qui me concerne ) .

    3. “Le féminisme est-il une radicalité ?” Cela dépend. Pour beaucoup d’hommes, c’est pire qu’une radicalité, un castration ! Retro, Satanas ! Pour les femmes… c’est (sans doute) “c’est normal, il en faut, mais pas trop pas tout le temps, s’ils voulaient comprendre… “. Pour quelques hommes, c’est très compréhensible.

  1. La gouvernance Macron, radicalement manipulatrice !

    Descente aux abysses sur l’humanisme, avec une conversion tardive d’une universitaire en championne de slalom géant bien placée pour la seconde manche (l’anticapitalo-gauchisme).

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    1. Bon, je vais refaire un peu de complotisme 😉

      Je me demande parfois jusqu’à quel point ces polémiques internes au gouvernement ne sont pas des trucs organisés exprès pour noyer le poisson et ne sont pas des stratégies d’occupation du terrain médiatique. Autrefois, la devise était “un ministre, ça ferme sa g. ou sa démissionne”.

      De mémoire la première fois où l’on a observé ce genre de polémiques non suivies par la démission de la ministre, c’était sous la présidence de N. Sarkozy, notamment avec les réserves de R. Yade sur la visite de M. Khadafi.

      https://www.lefigaro.fr/international/2007/12/10/01003-20071210ARTFIG00329-la-visite-de-kadhafi-pose-un-probleme-a-rama-yade.php

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      1. Bonsoir, cela sert bien a occuper le terrain médiatique.
        J’appelle ça la “Politique de l’épouvantail à c.n”. Cela consiste à exciter une partie de l’opinion (là on en a deux grace à l’usage du magnifique et oxymorique mot valise “islamo-gauchisme”) pour démontrer son extrémisme et obtenir par rebond un recentrage politique des personnes les moins extrémistes mais tentées par des discours radicaux. Ensuite on fait vivre le débat au sein du parti pour bien montrer que chez nous on peut discuter.
        Normalement on se positionne sur une opinion majoritaire de son propre camp susceptible d’emporter quelques adhérents dans l’autre. Pour la première fois on a un parti qui fait le coup dans les deux sens!
        Exemples:
        -Le ministère de l’identité nationale de Sarkozy
        -le mariage pour tous de Hollande
        -PMA
        -GPA
        -Islam politique
        etc…
        Evidemment ces braves gens jouent avec les allumettes assis sur un bidon d’essence certain qu’ils sont de pouvoir échapper au brasier. En cela ils sont détestables et dangereux!

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    2. Quelqu’un m’a dit qu’à part moi, tout le monde savait bien ce qui était visé quand aujourd’hui on parlait de radicalisme. Même pas vexée ! En plus un radicalisme peut en cacher bien d’autres. Et puis aujourd’hui n’est pas demain. Et aussi vaut mieux prévenir que guérir. Oui, je sais, mais c’est parce que je fatigue. Je vais surement me ressaisir… Sinon, ya qu’à m’abattre. Vous enverrez la facture de la balle à Paul… Bon, ok, pardon, j’arrête ! Sinon je vais me faire virer.

  2. Merci Chantal Montellier pour ce “clin d’œil”. Un esprit malicieux pourrait répondre façon Dupont, à son frère jumeau Dupont… : “je dirais même plus…”. “C’est la police de la pensée unique, qui rassemblant tous les radicalistes dans le même panier de crabes, ou langoustines, voir homards – clin d’œil aux travaux de M. Jorion and Co – ne peut qu’exclure de l’ensemble présumé innocemment faire société, traversée de polarités, injonctions contradictoires, ne peut que refuser d’inclure dans la critique – en plus des réfugié.e.s…aussi refoulé.e.s que l’écriture inclusive – les radicalités des extrêmes droites, droites extrêmes… en les “normalisant”, sans en avoir l’air, par simple syllogisme… jusqu’à les dédiaboliser pour mieux les banaliser en les faisant passer pour des “réactivités identitaires et générationnelles opposées légitimes” à “Islamo-Gauchisme”…”.

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    1. Ah! Merci Pierre, vous me donner des armes. Je ne suis qu’une pov’ dessinatrice et les beaux arts c’est pas science po! En y entrant je voulais être Salvador Dali ou rien. C’est raté. Vous imaginez Dali faisant du dessin politique à la semaine? Ben c’est moi

  3. Au capitaine Haddock de rajouter… “Quand les mutins encore minoritaires, deviennent plus radicaux dans les choix, que ce que propose la capitainerie pour passer la crise et tempête en vue, la seule planche de salut qu’il reste à l’espoir de sembler maintenir l’ordre et de loi dans l’équipage, c’est celle de jeter par dessus bord les abstentionnistes, indécis, incertains, dans le doute…”

    1. On dirait que vous suivez ce que je publie sur Facebook cher Pierre Juillot. Paul, lui, n’a pas trop aimé mes tintineries radicalement en rouge et vert. C’est son droit. Du coup je me suis vengée en le privant dessin. C’est bien fait, non? J’ai juste piraté l’oeil mécanique au chapeau melon… Vous voyez la référence? Ça vous va,?

        1. C’est bien la qu’il y a un hic, parle t on d’Islam ou d’Islamisme? Un islamo-gauchiste est-ce un musulman de gauche ou un radical islamiste et gauchiste? Même la formulation est équivoque, ne devrait on pas parler d’islamismo-gauchisme??? D’un côté ça se défend de tout amalgame entre islamistes et musulmans et de l’autre ça fait précisément l’amalgame dans la construction du même du mot. Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et il est on ne peut plus clair que le problème pour ceux qui dénoncent l’islamo-gauchisme c’est bel et bien les musulmans de gauche, qui sont la clé pour que le pays ait une chance de passer à gauche aux prochaines élections.

          1. @Dup

            Dans la logorrhée d’extrême-droite, l’islamo-gauchisme va même plus loin que ce que vous évoquez: Toute personne de gauche, quelle que soit son orientation religieuse (fut-elle athée) est d’emblée suspecte de collusion avec les islamistes au simple motif de dénoncer la stigmatisation des musulmans en général. Leur idéologie est toute entière restée bloquée au moyen-age, avec la chrétienté comme seul horizon acceptable (et en prétextant bien entendu la seule défense de la laïcité ou encore de la culture française/occidentale).

            1. Oui effectivement mais ceux qui crient à l’islamogauchisme aujourd’hui c’est théoriquement le centre (qui de gauche qui de droite mais LREM est censé être un parti centriste!!) en tous cas le chou nous est il vendu pour être de cette couleur la…

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              1. @Dup

                Je vais éviter de refaire une fois encore mon laïus sur la porosité entre ce que vous appelez “le centre” et l’extrême droite, mais pour moi il n’y a aucune surprise là dedans. Selon moi, tout empire aussi bien que prévu.

      1. Bien que la référence (“… J’ai juste piraté l’oeil mécanique au chapeau melon …”) m’a sauté aux yeux, et me va très bien, je ne sais pourquoi j’ai toujours tendance à relier intuitivement la série “Chapeau melon et bottes de cuir”, à l’œuvre “Orange Mécanique”. “… Comme deux faces d’une même pièces.

        “…C’est bien fait, non?….” N’est-ce pas une forme d’amour (ça marche aussi en amitié…), que de ne pas forcément tout apprécier de “l’autre”, ces qualités comme ses défauts, voir “d’aimer en détester” certaines et/où quelques uns…?

  4. Mince! Je viens d’adhérer au Parti Radical. Un dangereux groupuscule d’extrême-centre. Je l’ai ressuscité et en suis à la fois le président, le trésorier payeur général et le secrétaire perpétuel. Je risque gros! C’est vrai que La République en marche arrière est radicalement opposée à tout ce qui est en marche avant. C’est une histoire de boîte de vitesses. Mais Frédérique Vidal va commander au CNRS une enquête là-dessus.

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      1. @Juannessy C’est la juste contre-partie du risque !
        Capitaliste, Banquier … TPG
        avec l’argent de l’Etat.
        Pour Lavoisier ça a mal fini.
        Mais la République n’a pas besoin de savant.

    1. J’adore. Merci de m’avoir fait rire. C’est plus radicalement décontractant qu’un truc chimique. Quoique, je n’en prends jamais, mais ce soir, j’ai vraiment les nerfs en pelote. Pas vous?

  5. Seule la servitude volontaire ne perce pas la forteresse qui maintient la structure sociale. Vous savez ce qu’il vous reste à faire…
    Dessin : peu mieux faire. Juste un joli logo dans le bas. Ou alors, j’ai manqué quelque chose ?
    Au total, ressemble un peu à un post sur FB. “Vous pourriez dire bien des choses en somme, par exemple, tenez” (ceux de 2021) :
    Votre vie privée nous RAPporte. Nos complices peuvent en faire tout ce qui est de leur intérêt. TOUT ACCEPTER ? Cliquez-la !
    Ne dites pas : un peu plus de 295 milliards d’€ dorment sur les cptes-épargne, mais dites : sont conservés et utilisés par les banques !
    Ne dites pas ‘dix milles belges ont un société au Luxembourg’, mais dites ‘99,9 % des belges sont grugés par les 0,1 %…qui mettent leur fortune à l’abri pour nous laisser payer leurs impôts à leur place !
    Jean Castex : “La circulation du virus continue de reculer”. Face à cette conduite casse-cou, c’est normal, Castex est désorienté.
    Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. (Déclaration des droits humains 1793)
    Ce n’est pas un hasard si nous nous disons “touchés” par un évènement : notre lien avec les autres repose sur nos sens.

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    1. Pour le “logo” , sans doute parce que ma génération à mieux suivi dans la continuité les recours étranges des pouvoirs successifs à des “méthodes et services parallèles ” , j’y ai plutôt vu une stylisation des fameuses “barbouses” gaullistes ;

      Pur le petit trou rond , blanc sur noir , j’hésite entre l’œil qui épie , l’œil du Monocle , ou l’impact de la balle sur la cible .

      Mais du Sac aux irlandais de Vincennes , au capitaine Barril ou Benalla , les traditions se perpétuent

      1. J’ai détourné un dessin fait pour le film Orange mécanique… D’où la couleur du fond de mon image. Faute avouée est à moitié pardonnée dit-on…?

  6. Oups… Me dites pas que j’aurais manqué de respect au travers d’une de mes permissivités légalisées, à libérer mon expression… que j’aurais transgressé des règles de bienséances, des codes de “bonnes conduites morales” et “bon sens”… en ayant osé envisagé de faire parler des “légendes”, du moins l’incarnation de certaines de leurs iconographies à travers lesquelles elles exprimaient le mieux d’elles, sans avoir su respecter ce que je devrais devoir à leurs propriétaires intellectuels actuels, à la place de ce que leurs absences, abstentionnismes involontaires, non désirés, non recourus non plus,ne peuvent plus témoigner…?

  7. Pour en finir…? Pardon pour ce délire en direct… Mais à chaque que je vois un chapeau melon, c’est comme si je devais hésiter entre mettre des bottes de cuir, qui comme un ados dans une boutique fraichement ouverte après un long “confinement/frustration physique”, me suggérait de préférer où une paire de Santiag (les vrais à vrai dire, au talon biseauté à l’extrême)… où des cuissardes (au choix : soit pour la chasse en milieu humide… soit pour des soirées libertines…).

  8. La Macron S.A. me rappelle, par sa médiocrité crasse, les grands groupes pour lesquels j’ai travaillé. Un management nul qui s’extasie devant les concepts boiteux, toujours fier de ses dernières trouvailles comme si il venait d’inventer l’eau tiède. J’ imagine la « team » de Macron préparer des « pptx » pleins de « slides » pour le prochain « meeting » avec le «  boss. » pendant ce temps là, on laisse crever l’hôpital, l’éducation, l’industrie… française.

    Si Vidal avait des cou_lles, je lui demanderais à quand une étude sur la christiano-pédophilie ? Le droito-racisme ? Le MEDEFO-macronisme ou l’ENArcho-nullisme ? Mais non, elle n’en a pas. Pas parce qu’elle est une femme, mais parce qu’elle sort du même moule idéologique que les « élites » françaises. Formées à ne pas penser, formées à ânonner les strophes de novlangue que leur souffle McKinsey ou le BCG, formées à croire que la France est encore ce qu’elle était à la fin du XIXeme et au début du XXeme siècle lorsqu’elle inventait, le vaccin, l’aviation, l’automobile… A ceux qui doutent de l’analyse de PJ sur l’effondrement, regardez l’état de la France, un pays qui vit sous les ors du passé, incapable de gérer le présent et sans élan ni idée pour le futur.

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    1. Pourtant une des très rares titulaires du diplôme de doctorat au gouvernement !
      (https://www.theses.fr/070412472
      1989, en “pharmacie”,
      Aspects immunotoxicologiques de la toxine T-2, mycotoxine du groupe des trichothécènes : propriétés immunosuppressives in vitro et in vivo : traitement de l’intoxication par des anticorps anti-toxine T-2 “
      .

      Et Merkel est le cas qui montre que les docteur.e.s ont de la comprenette des exponentielles…

      Après, la pharmacie, suivant les doses, ça fait remède ou ça fait poison.

      Ou , @lit 75, ça fait noyer le poison.

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      1. @timiota

        Sur la question des diplômes, je rejoins volontiers l’analyse de Todd: Le niveau d’éducation est de moins en moins corrélé à celui d’intelligence, et on peut ainsi devenir, dans les bonnes conditions (amis de la notion de reproduction sociale bonjour), un idiot avec d’excellents diplômes.

        Par ailleurs, quand bien même elle serait une excellente pharmacologue, ça ne la prédispose de toute façon nullement à l’excellence administrative que suppose la gestion d’un ministère. On ne rappellera jamais assez les principes de Peter et de Dilbert.

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        1. @Dissonance C’est bien un signe de la réussite de la démocratisation de l’enseignement.
          Un idiot même pauvre a droit à d’excellents diplômes.

          Où alors les riches intelligents savent que les diplômes ne servent à rien.
          Bill Gates est un drop out de fac de droit …

          1. Bonsoir, ce n’est pas ce qu’a dit Dissonance puisqu’il parle de “reproduction sociale”.
            Petite anecdote authentique:
            Je discutais il y a une vingtaine d’année avec un ingénieur des Arts et Métiers bien placé dans une grande entreprise française et je lui avais posé la question suivante:
            Imaginons, cas d’école, que vous deviez embaucher un ingénieur et que se présente devant vous un ingénieur des Arts et Métiers major de sa promotion avec un bagage plus long que le bras, mais qui a refusé d’être Gadzart. Vous l’embauchez ou pas?
            Réponse: “Jamais de la vie.”
            https://www.planetebd.com/bd/delcourt/rentre-dans-le-moule/-/33360.html

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            1. @MG

              Pour avoir côtoyé un ou deux “Gadzart” dans des contextes d’enseignement ou d’emploi, même dans la caste des ingénieurs ils semblaient être une exception: Je n’ai jamais rencontré de personnes aussi imbues d’elles-même (et j’ai pourtant cotoyé un certain nombre d’ingé d’écoles pas moins prestigieuses dans différents cercles).

              Reste une constante que je n’ai jamais trouvée démentie, quelle que soit l’école d’ingénieurs concernée: Lors de l’accueil des élèves (selon toutes les personnes interrogées), le discours d’accueil des nouveaux semble invariablement de la même teneur: “Vous êtes l’élite à venir du pays”. Autant dire que le principe d’égalité entre les citoyens en prend d’emblée un sérieux coup derrière la caboche.

            2. Il est souvent tentant et humain de travailler avec des gens ayant une culture/formation commune, aussi pour HEC, ENA (qui mélange diverses origines), surtout lors du recrutement de collaborateur.
              Mis à part peut-être l’ENS, il y a toujours la possibilité de préférer une formation à une autre, (lorsqu’on en a la possibilité) et si l’hypothétique individu en question a choisi une autre voie c’est certainement qu’elle lui paraissait mieux adaptée.
              Si le recruteur hypothétique devait lui confier la construction d’un pont peut-être préférait-il que le pont tienne, même s’il ne savait pas pourquoi, plutôt qu’il sache pourquoi et qu’il ne tienne pas.

          2. @Ruiz

            Non, c’est tout à fait le contraire. Un idiot riche a beaucoup plus facilement accès aux bons diplômes qu’un pauvre intelligent, parce que contrairement à la culture, l’intelligence ne se monnaie pas, et que le contexte social joue énormément dans l’apprentissage.

            C’est la théorie de la reproduction sociale: Un enfant d’ingénieurs diplômés dispose à priori d’un soutien plus évident de la part de ses parents pour résoudre les équations différentielles qu’on lui fait étudier en CPGE, ou pour apprendre l’anglais courant en voyage d’études aux États-Unis ou en Angleterre, qu’un élève d’ouvriers dont les parents n’ont rien vu de plus que le brevet des collèges et qui n’ont pas les moyens financiers de l’envoyer plus loin qu’un camping de province lors des vacances familiales. Le premier est donc de facto avantagé, quelles que soient les aptitudes intrinsèques de l’un ou de l’autre.

            Tout cela est bien évidemment à moduler selon des circonstances particulières impossibles à modéliser: Problèmes familiaux, appétences personnelles, rencontres personnelles bouleversantes, etc.

            Restent quelques études telles que celle-ci, par l’observatoire des inégalités, qui en dit suffisamment long à mon sens, même si je récuse complètement l’expression “inégalité des chances”: Comme le dit F. Lepage, “c’est soit l’égalité, soit les chances”. L’association des deux est un oxymore.

            1. Si vous avez lu mon anecdote plus haut, vous comprendrez qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de richesse ou de pauvreté, mais aussi et surtout de formatage. Les grandes écoles ont la fâcheuse tendance de produire de bons petits soldats et si vous faites preuve d’intelligence mais pas de docilité vous n’avez pas fini d’attendre devant.

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              1. @MG

                Nos réponses respectives se sont croisées. Nous sommes globalement d’accord, je pense. Je suis vaguement dans le cas que vous dites, ayant vu les contours du moule dès la première année de prépa intégrée, je me suis échappé.

              2. @MG tout à fait, capital financier ou culturel sont à la maneuvre.
                Cependant si le filtrage élimine les indociles (au moins ceux qui ne savent pas maitriser temporairement cette caractéristique) celà n’élimine pas forcément spécifiquement les intelligents. Plus grave est l’enseignement délivré après, mais il n’est pas sûr que celui délivré en université soit moins orienté ou formaté (économie, sociologie ..) .
                En revanche cette filière sélective, adaptée à la fourniture de cadres qualifiés pour un état, ne prends pas bien en compte le désir de reproduction sociale universelle des familles favorisées, nécessitant des efforts importants et parfois des déconvenues sources de jalousie. C’est pourquoi il est souvent proposé d’abattre le système,

                1. @Ruiz: Bonjour, si vous preniez le temps de nous lire et de vous relire avant de répondre, vous perdriez en quantité ce que nous gagnerions en intelligibilité.
                  A aucun moment je n’ai prétendu que les grandes écoles éliminent “forcément et spécifiquement les intelligents”. L’intelligence n’est tout simplement pas un critère ou alors très secondaire. Par contre elles sacrifient sur l’autel du formatage social, tous ceux qui pourraient apporter un peu de fraicheur et de raisonnement hétérodoxe au système. Le génie n’a pas sa place dans ces écoles.
                  L’ensemble de ces individus forme un véritable volant d’inertie qui, dans les périodes de crises du système au service duquel ils ont été produits, empêche tout changement du système par lui-même, puisque les individus capables de le raisonner ont été écartés. Le changement prend donc des formes violentes et entraine l’apparition de la figure du Dictateur dans les systèmes républicains (pour le “meilleur” comme le plus souvent pour le pire).
                  Quant au sous-entendu sur la “docilité temporaire” elles ne rassurent que ceux qui s’y sont prêtés, les mêmes diront plus tard “je n’ai fait que mon travail”.

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                  1. MG Le génie n’a pas forcément besoin d’école, mais certains peuvent y survivre.
                    Bonaparte devenu Napoléon a été formé dans une école d’artillerie du roy pour nobles nécessiteux.

                    1. L’école est un loisir, un temps donné à la réflexion et le génie issu du commun à besoin que la démocratie lui octroie ce temps que sa condition sociale ne lui permet pas d’obtenir autrement. L’intelligence n’a pas à survivre à l’école, c’est à l’école de maximiser les capacités de chacun et il faut pour cela de bons pédagogues capables de donner à ce temps précieux le maximum d’effet.
                      Donner un exemple issu de la solidarité de classe ne démontre rien.

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                    2. @MG L’école n’est pas un loisir, c’est un travail, la meilleure preuve c’est qu’elle est obligatoire (en théorie l’instruction, mais en pratique c’est de plus en plus l’école) ce qui est assez différent d’un loisir. C’est même ouvertement un substitut au travail qui est interdit pour les classes d’ages correspondantes.
                      Ce travail obligatoire (il n’y a pas de chomage possible) est une sorte d’esclavage des enfants (jusqu’à 15 ans) et des jeunes adultes (16 ans en fait jusqu’au Bac), et maintenant avec Macron l’esclavage commence ouvertement à 3 ans.
                      Le but est un formatage des cerveaux pour répondre aux besoins de la société dominante (hussards noirs de la République, besoins de la société de l’écrit et du formulaire, puis de la société libérale post-industrielle voire individuelle anti-familiale et anti-communautariste).
                      Elle s’autostructure (pédagogisme programmes.) pour une auto-reproduction de la classe-moyenne utile dont les enseignants sont l’archétype.
                      Si l’instruction ou l’école était vraiment un loisir elle en utiliserait les moyens et prendrait la forme de vidéos You-tube adaptées, de jeux vidéos et de lieux sportifs en libre acccès et d’activités dans des cadres associatifs ou familiaux.

                      “Le génie n’a pas sa place dans ces écoles.”
                      “A aucun moment je n’ai prétendu que les grandes écoles éliminent “forcément et spécifiquement les intelligents”.”

                      Il semblerait que ces notions puissent être distinguées par nature ou par intensité.

                      L’école s’efforce de faire de son mieux, tant mieux.
                      Un contre-exemple n’est pas une démonstration.

                    3. Wiki:
                      Le mot école vient du latin schola, signifiant « loisir consacré à l’étude », lui-même provenant du grec ancien σχολή, scholè « le loisir »
                      Le mot loisir, dérivé du verbe latin licere (« être permis »), renvoie, au début du XIIe siècle, aux notions positives de « liberté », et d’« oisiveté ».

                      Donc ne vous en déplaise, l’école n’est pas et surtout ne doit pas être un travail.

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                    4. Les bons pédagos et même les ” mauvais” ont vite repéré ceux pour qui l’école est un soulagement ( plus nombreux qu’on croit) , ceux pour qui elle est une punition ( et “les bons” savent alors les faire changer d’avis chacun à son niveau ) , ceux qui ont vraiment besoin d’être épaulés , ceux qui apprennent plus vite que leur ombre qu’ils soient génies ou pas , ceux dont l’environnement familial ou social les handicape ou au contraire les aide .

                      Et c’est bien une des difficultés des pédagos , c’est d’apporter si possible du progrès ou des réponses à tout un arc en ciel de têtes différentes réunies dans une même classe ( d’âge ou d’espace) , sous le jugement de la structure , des parents et des média .

                      En dépit des chahuts , “les bons” n’ont souvent que le regard des enfants pour les motiver à continuer .

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            2. @Dissonance
              “Le niveau d’éducation est de moins en moins corrélé à celui d’intelligence.”
              est la constatation/l’hypothèse que vous évoquez.

              Il faudrait aussi savoir ce que l’on entend par intelligence.
              Comment Todd entend-il la caractériser ?

              Mon commentaire (certes abrupt et un peu réflexe) essaie d’en fournir une explication, une causalité potentielle de cette évolution.

              La théorie de la reproduction sociale :
              “Un idiot riche a beaucoup plus facilement accès aux bons diplômes qu’un pauvre intelligent”
              explique la situation mais pas son évolution.

              Tout au plus peut-elle expliquer une forte proportion d’idiots riches/privilégiés parmi les diplomés.
              Et par privilégié (milieu) cf @MG il y a tout autant que le niveau culturel, la connaissance des filières (information/projection).
              Celà traduit d’ailleurs une bonne efficience du système éducatif, puisque les avantages dont bénéficient les individus favorisés (indépendemment et en dehors du système éducatif) se traduisent dans les résultats, sans être contre-carrés par un handicap infligé aux avantagés ou un supplément de ressources compensatoire allouées aux désavantagés.

              Il n’y a pas lieu de penser (à première vue) que la répartition de l’intelligence de la population (génétique ou stochastique), évolue rapidement au rythme de l’inflation des diplômes.
              Si l’on obtient 80% d’une tranche d’age au Bac, les lauréats ne peuvent tous appartenir au premier quartile d’intelligence.

              Un état fort (quel que soit le régime) ou une société en recherche de cadres peut avoir (eu) intérêt à exploiter la ressource d’intelligence de catégories, qui n’auraient pas eu vocation à obtenir de diplôme sans bourses, écoles normale d’instituteurs, concours sélectifs méritocratiques et à s’en attacher le soutien.
              Toute démocratisation volontariste s’accompagne alors temporairement d’un accroissement de la part d’intelligents parmi les diplomés, tant que le systême est relativement marginal et sélectif et que le statut de diplomé offre certains avantages.
              Mais au delà d’un certain seuil qui maintenant s’avère dépassé, il est nécessaire d’assister à une banalisation des niveaux d’éducation.

              Est-il vraiment nécéssaire d’être bac + 5 pour enseigner en primaire ?
              Une thèse est elle l’assurance d’une bonne insertion économique rapide ?

              Le lien fourni semble indiquer que les inégalités (corrélations intergénérationelles) ont peu évolué.

              Une autre explication de la tendance peut être simplement que la proportion dans la population de riches ou de personnnes ayant un niveau culturel privilégié s’est accru, sans que celà ne constitue une démocratisation.

              L’idée de base semble être que la richesse ou le niveau culturel compensent dans une certaine mesure un handicap d’intelligence, dans l’obtention de diplome.
              Tout en maintenant que l’obtention d’un diplôme reste toutes choses égales par ailleurs corrélée avec une certaine forme d’intelligence.

              Toutes choses égales par ailleurs une diffusion plus large de la richesse et d’un environnement culturel privilégié ne peut qu’aboutir à une baisse d’intelligence moyenne des diplomés.

              Si l’on suppose qu’une population de riche/privilégié culturellement diplomé.es est d’intelligence médiocre compte tenu du processus mis en jeu, un surcroit d’intelligence des diplomés ne peut être du qu’à un caractére sélectif sur cette qualité appliqué à un recrutement complémentaire dans une population non (riche ou privilégié culturellement).

              une baisse (statistique) d’intelligence des diplomés peut être due à de multiples facteurs :
              – baisse de l’avantage fourni par cette qualité dans le processus d’obtention du diplôme.
              – baisse d’attractivité des diplômes pour les gens intelligents (riches /privilégiés ou non !).
              – Augmentation de la proportion dans la société de gens riches/privilégiés culturellement (Embourgoisement).
              – Compensation accrue du biais d’intelligence auprès des non riches ou privilégiés culturelllement par des mesures spécifiques (démocratisation).
              – faible coût apparent d’investissement (droits, temps) pour des jeunes autrement au chomage.
              L’égalité des chances d’obtention d’un diplôme tend à étre assurée dans les milieux riches ou privilégiés culturellement, quelque soit l’intelligence.
              L’égalité des chances pour les plus intelligents quelque soit le milieu d’origine, peut accroître le niveau d’intelligence des diplomés;
              L’égalité des chances quel que soit le niveau d’intelligence, généralisée à tous les milieux ne peut que l’abaisser.

    2. @Manuel
      Le MEDEFO-macronisme est parmi les syncrétismes évoqués celui qui fait le plus de sens ou a tout le moins celui qui est bien plus que le gaucho-islamisme l’objet d’enseignement par des militants engagés (sans le savoir aussi) mais plutôt dans une discipline comme l’économie que dans la sociologie proprement dite.

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  9. Il y a effectivement une “radicalité” qui “traverse notre société” de façon préoccupante, quand un tel mot-valise, élément de propagande de l’extrême-droite, se trouve dans la bouche d’une ministre, et qui plus est, ministre des universités et de la recherche, pour stigmatiser la liberté de penser des universitaires, et la liberté d’opinion des citoyens.
    On est revenus au règne de Victoria: toute expression des classes laborieuses, voire ici moyennes, ne se pliant pas aux dogmes répandus par les intérêts dominants, est qualifiée de criminelle.
    Ici, devant la guerre déclarée par les autorités politiques, au nom de la “République” et de la “Laïcité”, qui n’en peuvent mais, contre quelques millions de citoyens français à raison de leur religion réelle ou supposée, quiconque, simple citoyen, émet quelques réserves, ou bien, chercheur, fait son boulot de sociologue en se mettant en position de comprendre et d’avoir une vision critique, est étiqueté d’une étiquette infâmante par la ministre des universités et de la recherche.
    Avez-vous remarqué la parenté de tous ces mots-valises: “ploutocratie judéo-bolchévique”, “hitléro-trotskyste”, “islamo-gauchiste”… à chaque fois, on accouple deux qualificatifs évidemment totalement contraires (“ploutocratie” et “bolchévique”, quoi qu’on pense des uns ou des autres), pour asséner l’idée d’une absurde identité, et pour ostraciser: les Juifs, les trotskystes, les universitaires… certes, la gravité n’est pas la même dans les trois cas, mais c’est le même procédé. Et c’est l’absurdité même de l’assimilation des contraires qui fait la force d’impact et de nuisance du mot-valise: en l’entendant pour la première fois, on comprend tout de suite que toute logique, toute raison est éliminée, et qu’on est enjoint d’endosser le slogan parce qu’il est absurde et méchant, précisément.

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    1. @ Gaël Meignez

      Bien vu ! Oui, autant de mots-valises associant des termes antinomiques et précisément là pour perturber le raisonnement ; une autre façon d’affoler l’intelligence de chacun.

      Et pendant ce temps là, on se garde bien de parler des choses qui fâchent vraiment : le décervelage de certains adolescents opéré par des propagandistes aux ordres des alliés militaires de la France : tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Pakistan, le Koweït, les Émirats Arabes Unis ou la Turquie . Avec de l’entrainement, les futurs mercenaires décérébrés, exploités et manipulés sauront être employés sur différents théâtres d’opération, jusqu’au sacrifice suprême.

      Madame Vidal n’ayant pas eu le feu vert de Madame Parly, elle se garde bien de parler de la guerre au Yemen où l’armée française est alliée avec la maison-mère du terrorisme islamique international – la théocratie fasciste d’Arabie Saoudite. Il est vrai qu’il est plus facile de sa part d’inventer une bouillie pour chats à coups d’anathèmes alambiqués plutôt que de parler des faits réels et des alliances stratégiques “problématiques”.

      Imaginez qu’à la place d’ ” Islamo-gauchiste ” l’on écrivît ” Kouachi-Charbiste “, ne serait-ce pas proprement répugnant ? Si !
      Fredéric Vidal et Pierre-André Taguieff l’ont pourtant fait !

      Et à la fin, de toutes les manières inimaginables possibles, ce sont toujours les gauchistes qui meurent vraiment :
      Shaimaa al Sabbagh : https://www.lefigaro.fr/international/2015/01/25/01003-20150125ARTFIG00255-egypte-shaimaa-al-sabbagh-icone-d-une-revolution-assassinee.php

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  10. Ce qui me semble le plus novateur dans cette histoire, bien que dans le droit sillage des pratiques de notre Président, c’est mettre la science au service du politique, comme l’idée de demander au CNRS de faire une “enquête” sur “l’islamo gauchisme”. Non pas pour que la science apporte ses éclairages et aide à la prise de décision des politiques ce qui serait louable, mais bien que des politiques demandent à la science de valider leurs opinions.
    Et quand le CNRS répond : « L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. (http://www.cnrs.fr/fr/l-islamogauchisme-nest-pas-une-realite-scientifique), le Ministre de l’Education répond : « C’est un mot qui n’a pas forcément un contenu scientifique » mais « décrit une réalité politique », a jugé de son côté Jean-Michel Blanquer, ajoutant que c’était « un terme très global ». « Je veux bien après que des spécialistes de sciences politiques analysent ça ou trouvent d’autres mots pour décrire le phénomène », a-t-il insisté. (https://www.leparisien.fr/politique/lislamo-gauchisme-est-selon-jean-michel-blanquer-un-fait-social-indubitable-20-02-2021-PPHB7QJGRNDAJNNAL3MPO3P22Q.php)
    Qui de la “réalité scientifique” ou de la “réalité politique” est une réalité ? Paul Jorion peut-être ?

    Ce qui est clair en tout cas, c’est que pour le Gouvernement, la “réalité scientifique” doit se mettre au service de la “réalité politique”. Nous ne sommes finalement plus très éloigné des “faits alternatifs” de Trump. La “réalité politique” n’est-elle pas en train de devenir une “réalité alternative” ?

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  11. Je pense qu’il faut dé-construire le “concept” sic!/ la notion de “islamo gauchisme”. C’est effectivement un concept d’extrème-centre, qui n’aime comme radicalité que celle du capital.
    En fait, on cherche à cliver/diviser la gauche, sur base de cette hésitation et ce dilemme entre :
    – parier sur la modernité, la laïcité (contre toutes les religions, ce que ne peut dire Macron, en kippa avec Netanyahou, etc.), la libération de la femme, même musulmane, contre tous les prescrits “religieux et//ou traditionnels” imposées par les hommes et le patriarcat et les hiérarchies religieuses
    – parier sur le respect des populations, même minoritaires, et de leurs traditions culturelles, en partant du fait que la République égalise les conditions sans coercition, par l’école, par la cohabitation, par l’intégration progressive au fil des générations…
    Il n’est pas facile à résoudre ce dilemme. Nombre de régions agricoles reculées ont gardé dans les siècles anciens des pratiques religieuses dissidentes s’opposant à l’inquisition (vaudois, albigeois), à la contre réforme (calvinistes) et à la révolution (vendéens, chouans). Il y eut répression violente et populaire, mais urbaine contre ces paysans indécrottables.
    On peut craindre ici maintenant une position élitaire ou petite-bourgeoise qui veut forcer la main à ces populations plus installées dans des cultures et traditions éloignées, au nom de la “bonne gauche” fréquentable et manipulable (réformiste et en régression marquée), et en dénigrant toute autre orientation comme “gauchiste” (on n’aurait pas désigné le PCF ou même l’orientation Mélanchon de ce mot, jadis).
    On l’a dit (Boualem Samal , Gouverner au nom d’Allah, 2013), il faut abandonner la caractérisation comme “islamiste” car elle est trop proche de l’Islam et on ne veut viser tous les musulmans, les islamistes. Il faut abandonner aussi le mot de “radical” qui ne dit rien de précis. Il faut parler de “terrorisme djihadiste”, si c’est nécessaire. Mais aucun autre mot confus.

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    1. Mais ces assimilations abusives prospèrent pour une raison hélas pas très glorieuse :
      C’est que les concepts forgés pour tenter de comprendre les “dominations” n’ont que fort peu résulté en leur atténuation.

      A part l’épisode-aubaine-énergétique des Trente Glorieuses où les capitalistes avaient du se la fermer, réduits à bien moins qu’avant par les deux guerres, tant en capital qu’en influence idéologique (l’hégémon Gramscien…).
      Répit biaisé et teinté d’espoir décolonial, puis rebiaisé vers 1990 par la chute du mur,
      avec quelques années teinté d’espoir démocratique (Nelson Mandela, Yitzhak Rabin, Johnny Clegg) et les remous financiers
      repoussés aux marches de la mondialisation (le bhat, la crise asiatique), et d’espoir numérique (on passait de la K7 au CD et à “l’ordinateur multimédia” si si, Google ne sévissait presque pas et l’écran avait vocation à parler de la réalité).

      Bref à part tout cela qui a pu faire croire à une continuation des émancipations dans un cadre marchand capitaliste,
      on s’est retrouvé avec l’échec de ces émancipations, et un outillage théorique apparemment inadapté en terme d’efficacité.
      On s’accroche donc aux marqueurs de la domination les plus saillants et à leur somme (la ci-devant intersectionnalité) comme figure extrême,
      faute d’avoir pu faire avancer un “metron”, i.e. un juste milieu socialiste qui aurait tiré entre le communisme et le centre droit, voie
      toujours en gésine 100 ans après le congrès de Tours.

      Du coup, l’islamo gauchisme est la critique facile et qui porte hélas car elle tourne les échecs de la gauche en marotte obsessionnelle et exagéré,
      et accentue l’accusation de faire fi de tout réalisme, accusation qu’on porte facilement au premier théoricien qui se présente, (ainsi qu’au second etc.).

      Je serais surpris que l’histoire prenne maintenant le train d’un sursaut de l’universalisme, un “bis” des Lumières à la française.
      D’une façon ou d’une autre, il me semble qu’une transformation des religions, si elle pouvait avoir lieu
      (je vois dans quelle direction mais je suis infichu d’en fournir un canevas même grossier) serait une voie de l’histoire, que je le veuille ou non.
      J’ai l’impression que l’actuel pape François va relativement loin (pour un pape) dans cette direction (Laudato si, ecolo Si,…).
      En revanche, les génuflexions de l’ex-membre du PC Poutine Vladimirovitch devant les saintes icônes , ça va pas le faire.

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  12. Medellín, le 22 février 2021

    Si vous le permettez, j’aimerais vous présenter quelques réflexions supplémentaires, traduites par deepl, du grand et vieux anthropologue de la société industrielle et criminologue Frank Bovenkerk.

    Source: https://www.socialevraagstukken.nl/interview/frank-bovenkerk-aanpak-radicalisering-misplaatst-en-overtrokken/

    quote
    Entrevue:
    Frank Bovenkerk : “Une approche déplacée et exagérée de la radicalisation”.

    Frank Bovenkerk plaide pour une vision sobre de la radicalisation. Depuis la dernière prise d’otages moluquois dans les années 1970, notre pays [jl: les Pays-Bas] n’a pas connu d’attentats terroristes majeurs. De nombreuses interventions politiques sont déplacées et exagérées, même si des recherches ont montré que 16 % des jeunes musulmans justifient la violence en se fondant sur des idéaux religieux ou idéologiques.

    Par Jurriaan Omlo
    16 janvier 2013

    Frank Bovenkerk est considéré comme une autorité aux Pays-Bas lorsqu’il s’agit de faire des recherches dans le domaine de la criminalité. Il a également mené des études sur l’exclusion sociale et le multiculturalisme dans la justice pénale. De 2010 à juin de cette année, il a occupé la chaire FORUM Frank Buijs pour les études sur la radicalisation en tant que professeur titulaire. Malgré ses 69 ans, il refuse encore de prendre sa retraite. Cette année, le professeur a réussi son examen de licence en droit. En outre, il lance une étude comparative internationale pour la Fondation Police et Science sur la criminalité des jeunes d’origine marocaine aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne et en France. Il attend cela avec impatience, d’autant plus que la question de la radicalisation ne pouvait pas vraiment l’intéresser. Selon M. Bovenkerk, cela est dû au fait que les Pays-Bas ont la chance de ne pas avoir de terroristes ici. Il est donc difficile de faire des recherches sur le sujet.

    ¨Mon successeur, Bert Jan Doosje, n’a pas besoin de terroristes ou de radicaux. Il fait de la recherche expérimentale sur le comportement humain et les opinions humaines en général. Cela me semble plus utile que de courir après ces quelques personnes aux Pays-Bas”.

    Q: Pensez-vous que nous nous préoccupons trop de la radicalisation aux Pays-Bas ?
    R: ¨La radicalisation n’est pas un problème urgent dans notre pays, mais ce qui est effrayant, c’est que quelque chose peut arriver à tout moment, cela vient toujours d’une source inattendue et on ne peut pas faire grand-chose pour y remédier. Nous pouvons tous être victimes d’une attaque terroriste. En même temps, il existe des risques bien plus importants qui peuvent provoquer une mort non naturelle. Les risques d’accident mortel dans la circulation, au travail, à l’hôpital et surtout à la maison sont beaucoup plus élevés. Le nombre d’attaques terroristes est négligeable. Les Pays-Bas n’ont pas connu d’attentats terroristes majeurs depuis la dernière prise d’otages aux Moluques en 1978. Nous avons eu le meurtre politique de Theo van Gogh, mais à part cela, nous n’avons pas d’actes de terreur. Nous avons traversé une période de menaces après le meurtre de Van Gogh avec, par exemple, le groupe Hofstad. Depuis lors, les médias en ont parlé de temps en temps, mais pas beaucoup.¨

    Q: Ne sous-estimez-vous pas le danger ? Les recherches d’Amy-Jane Gielen, par exemple, montrent que 16 % des jeunes musulmans et 9 % des jeunes autochtones pensent que la violence est parfois le seul moyen d’atteindre des idéaux religieux ou idéologiques.
    R: ¨Ces pourcentages sont complètement déconnectés de la réalité. Le potentiel de radicaux dangereux est énormément gonflé par des études de ce type, et je trouve que c’est une entreprise risquée. Cela vaut également pour les études du politologue Jean Tillie, par exemple. Lorsqu’il n’y a pas de véritables extrémistes, lui et ses collègues recherchent ce qui est considéré comme le groupe à risque le plus proche : les fondamentalistes et les salafistes. Ils montrent ensuite que trois ou quatre pour cent des musulmans ont des opinions plutôt orthodoxes. Mais il s’agit surtout de vieux marocains de plus de soixante ans. Ces premiers travailleurs invités ont des vues traditionnelles, mais cela ne signifie pas qu’ils sont prêts à recourir à la violence. Le malheur est qu’il laisse entendre qu’elles le sont. Ineke Roex a mené des recherches dans des mosquées suspectes. Elle a adopté une approche beaucoup plus précise en recherchant les salafistes. Elle a trouvé toutes sortes de croyances étranges, mais aucune disposition à recourir à la violence. Entre-temps, Tillie et ses collègues y sont revenus quelque peu. Le NCTB (National Coordinator for Counterterrorism and Security) a également changé d’avis et reconnaît que les opinions fondamentalistes en elles-mêmes ne doivent pas nécessairement constituer un danger pour l’État.¨

    Q: Comment expliquez-vous la grande attention politique et l’intérêt porté à la radicalisation ces dernières années ?
    R: ¨Aux Pays-Bas, il y a plus de projets que partout ailleurs dans ce domaine. Mais le véritable contexte de tous ces projets n’est pas un danger actuel. Au lieu d’une prévention sérieuse des risques, nous avons affaire à des stratégies de survie politique de la part des autorités. Dès que le ministre responsable est confronté à quelque chose dans le domaine de la radicalisation, il doit pouvoir faire comprendre que tout a été fait pour l’empêcher.¨

    Q: Les nombreux projets produisent-ils également des résultats ?
    R: ¨Le quatrième gouvernement Balkenende a publié un rapport dans lequel il se félicite. Grâce à la politique menée, aucune attaque terroriste n’aurait lieu. Cependant, il n’y a pas la moindre preuve pour étayer cette affirmation. Même au niveau des projets, on ne sait presque rien des interventions efficaces. Dans ce contexte, il est également ridicule de mener des recherches fondées sur des preuves avec des groupes témoins sur la base du modèle médical. La question de la radicalisation n’est pas adaptée à cette situation car elle est beaucoup trop complexe et sensible.¨

    Q: Si nous ne savons pas si tous ces projets produisent quelque chose, ne devrions-nous pas simplement y mettre fin ?
    R: ¨Non. Les projets prennent un sens différent dans la pratique car, bien sûr, il n’y a pas de radicaux. C’est pourquoi les responsables de la mise en œuvre se concentrent sur les problèmes réels existants, tels que les difficultés liées au fait de grandir dans deux cultures et la désunion que cela peut provoquer chez les gens. Je n’ai aucune objection à ce que d’autres activités soient organisées avec l’argent du pot de la déradicalisation.¨

    Q: Une intervention précoce peut empêcher les processus de radicalisation de se produire. Quel est votre avis sur la question ?
    R: ¨Je ne suis pas partisan de cela. Mais c’est ainsi que nous procédons aux Pays-Bas. L’opinion dominante est qu’on ne peut pas être assez précoce pour repérer et empêcher la radicalisation. Mon objection à cela est qu’elle stigmatise inutilement des groupes ethniques entiers et les rend suspects. Si vous essayez de trop resserrer votre filet, vous êtes voué à l’échec. De cette façon, vous vous mettez à dos tout le groupe.¨

    Q: Mais si les professionnels du social constatent que quelqu’un a des opinions de plus en plus radicales, n’ont-ils pas le devoir d’inverser ce processus ?
    R: ¨Au contraire, je trouve inquiétant qu’aux Pays-Bas, toutes sortes de cours sur la radicalisation soient donnés à grande échelle aux enseignants, à la police, aux travailleurs sociaux et aux éducateurs. En cela, les Pays-Bas vont plus loin que tout autre pays du monde. Je m’y oppose parce que ces personnes n’ont pas du tout été formées pour déterminer elles-mêmes ce qui indique une menace et ce qui ne l’est pas. De plus, la plupart des professionnels n’ont jamais rien à voir avec la radicalisation. Heureusement, de plus en plus de gens se rendent compte que cela n’a pas beaucoup de sens et qu’il vaut mieux laisser cela aux spécialistes.¨

    R (cont): ¨Je crois d’ailleurs que nous devrions en tout cas nous tenir à l’écart de tout ce qui se limite à la sphère de la pensée ou aux groupes de personnes qui se rencontrent. Nous devons prendre au sérieux la liberté d’expression et la liberté d’association dans ces situations également. Il est plus sage de garder un œil particulièrement attentif sur les personnes qui sont effectivement prêtes à recourir à la violence. Il s’agit de personnes qui ont des projets manifestement dangereux, ce qui peut être démontré par des actes préparatoires, par exemple.¨

    Q: Le gouvernement combat-il seulement la violence ou va-t-il au-delà ?
    R: ¨Le gouvernement considère que la lutte contre la violence n’est pas suffisante. Elle tente également de parvenir à une déradicalisation idéologique. Cela se fait à l’aide de “contre-narrations”. Cela signifie qu’ils espèrent changer les esprits des radicaux djihadistes en les influençant à l’aide de discours alternatifs. Il est clairement indiqué aux radicaux, par exemple, que la grande majorité des victimes du terrorisme sont des musulmans et que le meurtre est immoral quelles que soient les circonstances.¨

    Q: Quel est le problème ?
    R: ¨Il est arrogant d’intervenir dans les croyances religieuses des gens, car ce faisant, le gouvernement porte un jugement sur la légitimité de leurs opinions. Un autre problème est que la méthode est basée sur l’hypothèse que les radicaux sont des personnes vulnérables qui ont été provoquées par d’autres. Cependant, les experts s’accordent depuis longtemps à dire que de nombreux radicaux ne sont pas du tout victimes de tromperie et sont tout sauf fous ou instables. En outre, il est très peu probable qu’elle travaille avec des personnes profondément convaincues de leur propre bien-fondé. Je pense toujours aux Témoins de Jéhovah qui viennent à la porte le samedi matin. Je leur dirai, en utilisant des contre-récits, que leur point de vue sur la Bible est erroné. C’est bien sûr une absurdité totale. Il est bien sûr merveilleux qu’un radical ajuste ses vues, mais ce n’est pas, à mon avis, une condition pour un désengagement réussi. Nous pouvons être satisfaits si les individus et les groupes renoncent à la violence.¨

    Q: Cela semble un peu trop facile. N’y a-t-il pas un lien entre les opinions radicales et l’usage de la violence, entre l’idéologie et le comportement ?
    R: ¨Cela semble être l’hypothèse du gouvernement néerlandais. Mais un radical peut certainement renoncer à la violence et changer son mode de vie tout en restant fidèle à ses opinions politiques. Dans mon livre “Een gevoel van dreiging. Criminologische opstellen” [Un sentiment de menace. Essais criminologiques], je cite l’histoire des radicaux moluquois des années 1970 comme un exemple intéressant de la manière dont la déradicalisation fonctionne à long terme. On ne peut pas se tromper sur la nature violente de leurs actions, qui ont finalement fait huit morts. Je me suis renseigné sur ces vieux types. Il s’avère qu’ils sont dans une excellente position, après avoir passé près de treize ans en prison. Ils ont des emplois. Ils ont formé des relations sans effort. Ils ont des enfants. La grande majorité d’entre eux soutiennent toujours les mêmes idéaux moluquois, mais ne considèrent plus la violence comme un moyen de parvenir à une fin. Il s’agit d’une preuve empirique que la déradicalisation idéologique n’est pas une condition préalable à la déradicalisation violente.¨
    unquote

    Déclaration d’intéret: FB et sousssigné sont des amis (et anciens collegues) depuis les années 1970.
    JL

    1
      1. Medellín, le 24 février 2021

        @Pascal @toutes et tous mes ami.e.s du BLOG de Paul Jorion et @Paul Jorion meme:

        Quote
        ¨Jésus était certainement un radical en son temps !¨
        Unquote

        1. Exactément, mon estimé Pascal.

        2. Mais, estimé Pascal, et c’est un tres grand MAIS, vous n’évoquez pas un aspect tres important, un aspect qui se retrouve aussi dans les mots et les actes de cet autre radical en son temps, Herr K. Marx:

        L’emploi de la VIOLENCE par ce monsieur Jésus de Nazareth fils de Joseph et Marie.

        Un emploi de VIOLENCE qui a été rapporté a nous par les mots des évangiles, et, aussi, par une foule d’artistes dans les siecles passées, y compris Breughel, Rembrandt et Greco entre autres.

        3. Tres remarquable et un fait: beaucoup des gens s’énervent, et a belle et bonne raison, de l’emploi de la violence du coté des adeptes des convictions comme le Budhisme, le Hinduisme, l’Islam etcetera, ou, comme moi et d’autres (Kroc Foundation de McDonalds etc) de la violence défendue et employée par les marxistes et léninistes, MONDIALEMENT.

        Ou, comme dans la situation politique des dernieres années aux EEUU, a cause des mots d’incitation a la violence du coté de l’ex président de la fédération des EEUU.

        Mais, est-ce que ce n’est pas urgent et grand temps d’encercler les dirigeantes et les dirigeant des organisations dénomées chrétiennes, et de les demander de se distancier des mots et des actes de leur grande source d’inspiration: ce garcon de Nazareth qui a commis la stupidité d’appliquer la violence fysique dans une situation qui touche, comme nous a enseigné Paul Jorion, au coeur meme des rapports de forces: ¨L’argent¨ (avec son mode d’emploi)?

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Purification_du_Temple

        https://www.rijksmuseum.nl/nl/collectie/RP-P-OB-313

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Purification_du_Temple#/media/Fichier:Chartres_Saint-Aignan803.JPG

        1. @Johan
          “L’emploi de la VIOLENCE par ce monsieur Jésus de Nazareth fils de Joseph et Marie.”

          Sans vouloir entrer dans une polémique, à bien regarder vos sources wikipédiesques, il apparait que dans 3 des 4 Evangiles, il n’est fait état que de renverser des tables et des chaises. En matière de VIOLENCE, on a vu pire ! Quant au 4eme Evangile qui, lui, fait état d’un fouet, il semble que son origine soit douteuse ;
          “Pour la plupart des chercheurs modernes, l’auteur — ou les auteurs — est un inconnu, non contemporain de Jésus, relevant de la tradition du « disciple bien-aimé » et appartenant à un groupe d’écrivains johanniques1, ou « école johannique »10, dont les contours et l’histoire sont objet de débats11. ”
          https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vangile_selon_Jean#Datation,_attribution_et_origine_du_texte
          Ce ne serait pas la première fois que l’instrumentalisation d’une anecdote serve les intérets d’une institution légitimant sa propagande amplement relayée par des artistes payés pour ça.

          Le personnage de Jésus est intéressant (je ne suis pas croyant) en cela qu’il semble témoigner par sa manière d’être même, de ce qu’il prône : amour de son prochain, tends l’autre joue, ne crains pas… De la même manière, la vie de Siddhārtha Gautama (plus connu sous le nom de Bouddha) témoigne de la possibilité pour l’homme d’atteindre un autre état de conscience appelé “bouddha” qui signifie s’éveiller en sanskrit. D’autres se chargeront d’exploiter le filon pour en faire des religions.

          Il ne faut pas confondre Jésus et le Christianisme, Bouddha et le Bouddhisme, et un peu différemment Marx et le Marxisme…

          Jésus et Bouddha n’ont pas écrit de livre. Ils se sont “contentés” d’être ce qu’ils prônaient. C’est par leur manière d’être, plus que par la parole, qu’ils ont séduit leurs premiers adeptes. Cette manière d’être avait pour l’époque quelque chose de révolutionaire puisqu’ils invitaient les hommes à une transformation intérieure. On comprend d’autant plus que les autorités de l’époque, surtout pour Jésus, avaient tout intéret à le faire taire ou tout au moins à le discréditer. Ils sont peut-être à l’origine même de l’individualisme. Pas de l’individualisme consumériste mais de la prise de conscience d’une individualité libre de se transformer. C’est en cela qu’ils sont radicals.

          Il y eut d’autres exemples Abraham, Moïse, Mahomet… et combien ne sont pas passés à la postérité. Les institutions religieuses ont fait du témoignage de ces expériences humaines, des Prophètes, des Saints ou même le Fils de Dieu, des exemplarités inaccessibles par pur intérêt de domination. Mais considérons un instant que ces personnages soient simplement des individus comme vous et moi, et qu’ils nous montrent que chacun peut par son cheminement intérieur parvenir à son émancipation, toutes les institutions basées sur le rapport de domination s’effondrent.

          Ce sont les institutions politiques, religieuses, économiques qui font la guerre, jamais les individus.

          1. Une différence fondamentale entre Jesus et Boudha : les miracles… En théorie Jésus ne s’est pas contenté d’être ce qu’il prônait pour montrer l’exemple il a manipulé la réalité des gens qui le croisaient (peu importe au fond que ce fussent des miracles ou des mystifications). Boucha c’est justement démarqué des faiseurs de miracle qui sont légion parmi les gourous Hindous… il a rejeté les miracles et l’ascèse, Jésus pas du tout.
            wiki :
            “Les Miracles attribués au Bouddha Gautama, auxquels croient un certain nombre de bouddhistes, sont en contradiction avec la réponse qu’aurait faite le Bouddha Gautama, sollicité de faire des miracles : « je les déteste, les rejette et les méprise »

            1. @Dub
              Merci de m’apporter la contradiction et de m’obliger à chercher.
              Jésus et Bouddha différents, j’en conviens tout à fait.
              Cependant, la notoriété de Jésus depuis 2000 ans à largement dépassé celle de Bouddha et plus encore dans le monde occidental. La plupart des évangélistes ne sont pas contemporains de Jésus, il est donc nécessaire de prendre leurs écrits avec beaucoup de précautions.
              Aujourd’hui, même dans le monde chrétien, pour ceux qui sont les plus ouverts, la “parole d’évangile” n’est plus à prendre au pied de la lettre. Je vous invite à lire cet article “Jésus a-t-il fais des miracles ?” paru dans La Croix.
              https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Miracle/Jesus-a-t-il-vraiment-fait-des-miracles
              Par ailleurs, de la vie de Jésus, on ne “connait” que sa naissance et les dernières années de sa vie. Il y a beaucoup de spéculation sur ce qu’il aurait pu faire entre les deux. Certains pensent qu’il serait allé se former auprès de sages indiens. C’est la proposition de Eric de BROQUEVILLE : “Jésus a-t-il fortifié sa foi auprès des sages de l’Inde et de la Perse ?”
              https://www.lalibre.be/debats/opinions/jesus-s-est-il-forme-en-inde-51b89203e4b0de6db9af42cf
              Dans cette hypothèse, il est nécessaire de se rappeler qu’à cette époque la science n’existe pas en temps que telle. Un grand nombre de sages indiens ou perses sont aussi de fin connaisseur de la manière de soigner les plaies de l’âme, comme les plaies du corps. Gurdjief décrit cela très bien dans son livre “Rencontre avec des hommes remarquables”. On peut tout à fait imaginer que Jésus ait acquis un savoir en Inde ou en Perse qui ne soit pas connu sur les bords de la Méditéranée. Or vous savez comme moi que l’ignorance peut vite transformer un savoir faire en miracle. Cette hypothèse d’un Jésus médecin est même envisagé dans certains milieux catholiques. https://www.jesus.fr/le-medecin-et-le-psy/
              Pour autant vous avez raison, la démarche de transformation intérieure s’inscrit dans une pratique pour l’orient de Bouddha, quand dans la foi chrétienne on retient principalement les paroles de Jésus. C’est d’ailleurs une des grandes divergences entre les cultures occidentale et orientale, quand d’un côté on sépare l’âme et le corps, de l’autre on vise l’union ou l’harmonie.

            2. C’est ce qui irritait Hegel : “La parole de Jésus était inédite et fulgurante, il n’avait aucun besoin de recourir à des supercheries d’escamoteur de foire ? Pourquoi a-t-il ressuscité les morts ? Ça n’ajoutait strictement rien au message ! “

              1. La parole suffit-elle ? Tous ceux qui ont rencontré des grands mystiques témoignent de la force de leur présence plus encore que de leur parole.

                1. J’ai un jour été présenté au vaudounon du temple des serpents à Ouidah à l’époque où celui-ci était encore secret. On m’avait prévenu : “Ne cherchez pas à le toucher, sa force vous terrasserait”. J’ai échangé un regard et un sourire avec ce monsieur. Nous étions contents de nous voir vu ce que nous avions chacun appris sur l’autre. Mais son regard était tel que je n’aurais jamais cherché à le toucher, même si on ne m’avait rien dit.

          2. @Pascal

            Medellín, le 25 février 2021

            1. D’après votre réponse, j’en déduis que vous utilisez un état d’esprit complètement différent du mien lorsqu’il s’agit de faire une distinction entre différents niveaux d’abstraction en utilisant l’instrument de la recherche orientée vers l’acteur (¨actor oriented research¨).
            C’est votre droit, mais je ne suis pas du tout d’accord avec vous.
            De plus, je pense que votre état d’esprit rend impossible de rendre le changement possible par quelque moyen que ce soit en organisant le regroupement d’actions individuelles.

            2. Le fait que le rôle des individus est relativement plus susceptible d’avoir un impact, en particulier en période de crise et de changement de système, est une idée partagée par de nombreux praticiens de différentes branches de la science dans l’étude des changements au sein des populations. Je vous rappellerai seulement l’exemple du doux battement d’un seul papillon monarque qui peut provoquer un ouragan, afin de mettre en évidence un de ces domaines de la science.

            Cela implique donc et aussi en nécessairement une distinction entre les types de temps et une définition de ce qui est ¨une crise systemique¨.

            3. Je ne peux pas vous donner de preuves concluantes de l’influence déterminante que José Figueres Ferrer a exercée personnellement au Costa Rica en décembre 1948 sur le vaste processus de désarmement, de démocratisation et d’amélioration des conditions sociales dans ce même pays. Je peux cependant rendre cela plausible.

            4. Le fait que la culture française excelle dans la mauvaise compréhension et l’utilisation de sources formulées en espagnol et/ou en anglais et/ou allemand et/ou italien et/ou portuguais n’aide en rien. Et je ne parle meme pas de ma propre langue maternelle, pendant trois siecles la langue scientifique au Japon entre 1600 et 1900.

            D’ailleurs, et c’est un fait a plusieurs reprises formulé par Paul Jorion meme, ce blog-ci est un effort énorme d’un seul homme (PJ) d’attraper la distance énorme entre la francophonie et le monde d’outre mer.

            Je suis plus que disposé, comme le savent de nombreux lecteurs de ce blog, directement ou indirectement, à fournir des traductions, mais je pense que cela ne ferait pas de mal si vous utilisiez vous-même deepl.com, au cas où vous souhaiteriez lire un texte non écrit en français.
            C’est pourquoi je prends la liberté de vous renvoyer une fois de plus à une page wiki historiquement exacte sur la vie et les actes de José Figueres.
            https://en.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Figueres_Ferrer

            5. Bien sûr, vous avez tout à fait raison de dire qu’en ce qui concerne l’aspect factuel de la vie des messieurs que vous avez mentionnés et qui ont été les fondateurs de philosophies ou de religions, les universitaires se battent les uns contre les autres jour après jour.
            Néanmoins, je prendrais la liberté de ne pas exonérer M. Jesus de N. de traits violents dans son caractère. C’était pour le moins un jeune homme qui provoquait des actions violentes. Cela aussi, du moins dans de nombreux ordres juridiques, est un délit punissable. La provocation.
            En néerlandais, l’archéologue Jona Lendering fait un travail impressionnant pour nous tenir au courant, jour après jour, des dernières découvertes scientifiquement fondées dans le domaine des études antiques et de l’archéologie (non, ce n’est pas la meme chose..), y compris tous les aspects possibles de la vie de personnes comme Jésus, Mohammed, Sidharta et d’autres. Je vous renvoie volontiers au site web en question, sur lequel j’ai également été autorisé à placer des traductions de l’œuvre de Paul Jorion, à la grande joie de Paul et avec son accord.
            http://www.mainzerbeobachter.com

            Et veuillez me croire, les praticiens des études antiques savent de plus en plus, aussi comparant les (origines) des textes des évangiles et des rouleaux de la Mer Morte sur ce qui est reconstructible en termes de faits durs et des fabulations ou des attributions. Les sciences humaines ont fait et font des grosses avances, malgré tous les efforts depuis Thatcher er Reagan de les arreter ou de les rendre irrelevantes.

            J’ai fait référence aux pages wiki en français pour vous satisfaire, vous et la communauté francophone, et non pas parce que je ne peux ou ne veux pas vous fournir d’autres sources scientifiques plus primaires. Que vous ne puissiez apparemment pas apprécier cela, est un jugement qui vous appartient, mais dont je ne peux sérieusement me soucier.

            6. Il est assez remarquable qu’un homme comme Figueres au Costa Rica, qui était un agnostique déclaré, ait fait plus pour la paix en Amérique latine que quiconque au cours des cinq cents ans qui l’ont précédé et des années qui l’ont suivi jusqu’à aujourd’hui. Les hommes et plus tard les femmes qui sont venus en Amérique latine pour agir au nom des églises ont été pour le moins moins exemplaires dans leur recours à la violence. Beaucoup de femmes, d’enfants et d’hommes indiens en ont fait personnellement l’expérience, tout comme de nombreuses populations indigènes en Europe et ailleurs qui ont eu affaire à des chrétiens essentiellement masculins au cours des siècles qui ont suivi l’an 30.

            7. En conclusion, pour moi, Jose Figueres est donc un exemple plus inspirant que M. J. van Nazareth en ce qui concerne les actions et le chemin (halacha) qu’il a légué a l’humanité.

            8. Je vous laisserai volontiers parler. Le choix est a vous.

            B.a.v. Johan Leestemaker

            1. Bonjour Johan
              C’est toujours un plaisir que de penser que notre conversation passe par dessus l’Atlantique.

              Pour vous répondre, je ne sais pas si ma manière de penser ressemble à l’actor oriented research et finalement peu m’importe. Je suis bien d’accord avec vous sur le fait que certains hommes politiques ont pu marquer l’histoire et faire progresser leur pays vers plus de liberté et de paix. Mais ce que je note, c’est que pour la plupart, ils ne sont pas le fruit d’un mouvement politique, religieux ou philosophique. C’est bien souvent leur valeur personnelle et leur engagement qui les guident. Même s’ils sont passés par un mouvement politique, une institution religieuse ou philosophique, ils restent des exceptions. J’ose en déduire que ce ne sont pas les systèmes d’organisation qui font émerger ces personnalités. Il y a autre chose plus profond en eux.
              C’est ce qui m’intéresse de découvrir et de chercher à comprendre.

  13. Un mot simple et son “qualificatif” accolés… une expression courante , complètement floue , maquillable à merci :

    état laïc .

    Tant qu’ “on” ne l’aura pas définie de manière univoque ( donc proposée/imposée constitutionnellement à tous ses citoyens ) rien , en France , ne pourra être construit socialement dans un relationnel apaisé incontestable.

    C’est mon avis , et depuis toujours.

    1. Ben , c’est dans l’article premier de notre Constitution .

      Il n’y a en principe qu’en Alsace- Moselle avec le concordat , qu’on peut s’en affranchir ou l’ignorer . C’est là que vous habiter ?

      1
  14. Quand je vois les affiche du NPA, je vois très bien ce que Islamo-Gauchisme veut dire, une sous classe du clientélisme politique, maladie bien trop répandue et non exclusive. Mais de la à considérer que c’est le principal problème à traiter , qui plus est par la ministre chargée de la recherche, secteur dont on mesure de plus en plus la constante dégradation… Ça donne envie d’aller se coucher.

    1. C’est peut-être pour cacher leur impuissance? On voit bien qu’ils n’ont pas le courage de dissoudre toutes ces sectes qui n’en finissent plus de pourrir l’islam de France. Taper sur des gauchistes trop bêtes pour de faire la différence entre un musulman et un fanatique c’est facile. S’en prendre aux fanatiques et à leurs financiers demande un courage qu’ils n’ont pas. Un peu comme Georges Bush qui attaque l’Irak parce qu’il ne peut pas attaquer l’Arabie Saoudite.

      1
  15. Bonjour,
    Sujet pour Mr Vidal : “Le néolibéralisme est-il un radicalisme ?”
    Il a 4 heures pour traiter le sujet et rendre sa copie. ;-D

    Bonne journée

      1. @Juannessy Peut-être, Ministre en mal de notoriété, est-ce là la recherche d’un contre-feu à l’agitation autour de didier Le maire, divertissant du traitement de la covid à l’instar de samuel Paty, juste avant le précédent (dernier) confinement.
        Mais malgré sa formation rappelée ici fort opportunément, peut-on y voir vraiment comme Larousse ou Robert l’autrice de l’ouvrage éponyme ?

          1. @Juannessy désolé un peu cryptique pas un commentaire personnalisé, en référence pour partie :+) plutôt à
            ici timiota 22 février 2021 à 18 h 49 min
            ouvrage aptyos 22 février 2021 à 18 h 37 min

  16. Je me demande combien de “gauchistes” ont lu le Coran ? combien se sont intéressés à l’histoire et à l’actualité de l’ Islam, à la vie du Prophète ? Combien ont-ils compté de nations musulmanes respectueuses des droits universels des humains.
    Le prolétariat de “mâles blancs” roule en SUV et vote Le Pen, la gauche en est dégoûtée et recherche un nouveau “peuple” chez les migrants. C’est ça l’islamo-gauchisme.

    1. @Hadrien Combien de nations musulmanes appliquant plus ou moins bien la charia, mais certainement la peine de mort comme Les Etats-unis et la Chine, nations exemplaires, avaient des dénominations socialistes, sans pour autant que leurs leaders aient vraiment lu l’oeuvre intégrale de Marx dans le texte.

    2. @ Hadrien

      Les migrants n’ayant pas le droit de vote , votre hypothèse boursouflée perd grandement de sa pertinence. Reprendre les clichés rabâchés sur les ondes bolloréennes jusqu’à plus soif vous fait rater la réalité mais éclaire grandement votre condescendance vis à vis des dits ” migrants ” ; comme si ceux-ci dans votre esprit ne pensaient pas par eux-mêmes. A vous lire, on se demande qui est le plus manipulable, vous ou eux ?

  17. J’ai cherché dans mes dicos pourtant assez pointus , je n’ai pas trouvé “radicalité” .

    C’est tout nouveau , ça vient de sortir .

    Par contre j’ai pu réviser ” radicalisme” , ” radical-socialisme” .
    Voire ” radicule” annonçant ridicule .

    Pas vérifié , mais je me demande s’il n’y a pas de “radical” commun entre radical et racisme ( il me semble que l’étymologie première de race , c’est la graine , le germe ) . Pas trop pioché non plus les racines carrées ou less radicaux plus ou moins libres de la chimie .

    Pour les USA , notre trois quarts de siècle pourrait nous confirmer qu’un radical américain c’est de l’extrême gauche , pour ne pas dire révolutionnaire extrémiste .

      1. Ben moi , j’en trouve au moins trois : le petit Larousse couleur de 1972 , le Larousse 1980 , et le Robert de 2005 .

        Vous devez avoir des dicos belges , suisses ou canadiens .

    1. Radicalité, subst. fém.Fait ou caractéristique de ne pas admettre d’exception ou d’atténuation. Quiconque consultera loyalement et interrogera soigneusement son âme, n’osera pas nier l’absolue radicalité du penchant en question [la perversité] (Baudel., Nouv. Hist. extr., 1857, p. 29).

      https://www.cnrtl.fr/definition/radicalit%C3%A9

      Picasso ne cherchait pas il trouvait, vous c’est l’inverse !

      1. @Rosebud

        Comble de l’ironie, cette définition provient du “dictionnaire en ligne” du labo de linguistique… Du CNRS, impliqué par Vidal dans cette lamentable affaire.

      2. J’aurai au moins trouvé le moyen de vous faire chercher .

        ( J’avais aussi : quand on me cherche , on me trouve ).

        Mais j’avais quand même un peu une vague idée de ce que pouvait signifier radicalité , sans le chercher . J’avais même trouvé ce que la bravitude de Ségolène pouvait signifier sans même le chercher , c’est vous dire l’excès de recherche zélée auquel j’ai voulu me livrer pour essayer de voir à quoi ” radicalité” avait bien pu être associé dans le passé .

        Sans même interroger mon âme à la place de mes dicos.

        PS : vous avez réussi à remonter avant 1871 ?

      1. Bonsoir, donc radicalité n’est pas une entrée du Robert. Effectivement il est utilisé comme traduction de l’anglais dans l’exemple.
        Mais il est plus intéressant de savoir pourquoi un mot entre dans un dictionnaire, besoin de traduction d’un mot anglais n’ayant pas d’équivalent, nouveau concept, …?
        Dans ce cas précis il faudrait savoir si l’utilisation dans le contexte politique précède ou non l’introduction dans le Larousse et le dictionnaire de l’Académie et si la définition ou l’usage a évolué depuis.
        Les entrées et sorties des dictionnaires en disent long sur nos sociétés. La durabilité des nouveaux mots serait aussi intéressante à suivre.

        1. C’est pour ça que je suis sensible à l’étymologie et à la déclinaison évolutive des mots , en ce qu’ils disent quelque chose de nous dans notre appréhension des temps , dans notre meilleur quand nous en pompons toute la sève ou en créons de nouveaux pour grandir , dans notre pire quand nous les tordons pour les astreindre à nos pulsions archaïques .

      2. Voici la définition politique de “radical” par le dictionnaire de l’Académie édition de 1878 et qui n’a changé que dans la dernière édition :
        ■ Radical, en Politique, se dit Des doctrines qui ont pour objet la réforme complète de l’État et de la société dans le sens de la démocratie. Le parti radical. Un système radical.
        Aujourd’hui on emploie radicalisme et radicalité comme synonymes d’extrémisme. Dérive sinistre des mots de gauche, comme souvent.

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      3. radicalisme , nom masculin
        Sens 1
        Politique
        Doctrine politique apparue en Angleterre et qui préconise la réforme des institutions.
        Sens 2
        Attitude intransigeante.
        Traduction anglais : radicalism

        radicalité , nom féminin
        Sens 1
        La radicalité est l’état de ce qui est radical, de ce qui est extrême. On parle par exemple de la radicalité d’une pensée lorsque celle-ci ne tolère aucune exception.
        Exemple : La radicalité de ses propos ne laisse pas de doute quant à son orientation politique.

        Je vous laisse distinguer la nuance entre le radicalisme (au sens 2) et la radicalité, entre être intransigeant et ne tolérer aucune exception ça ne laisse pas bcp de place …. Certains dico on peut être fait l’économie de l’un des deux.

  18. Si l’on suit son propos, cela veut dire que toutes les radicalités sont de gauche et/ou musulmanes…On voit bien la faiblesse intellectuelle parfois de certains scientifiques, dont la culture en résonnement littéraire, philosophique ou de sciences humaines fait défaut. Ici on peut remarquer aussi la faiblesse du simple bon sens, qui, à l’évidence, ne semble plus l’inspirer.
    Sans doute se croit-elle nimbée de vérités incarnées par le simple fait qu’elle se pense appartenir à une élite dite éclairée.
    Pauvreté intellectuelle + pauvreté de bon sens = tentative d’ériger un élément de langage fabriqué par des polémistes en élément de savoir devant être sanctifié par son intronisation fracassante dans le sérail universitaire ; intronisé d’ailleurs, non pas comme objet d’étude (ce qui supposerait de le remettre en question), mais comme postulat d’évaluation magique permettant de trier le bon grain de l’ivraie. (sans définition du critère ni référentiel)
    Voilà donc, comment un crachat politique de droite que s’envoient sur des plateaux de TV, des polémistes échevelés partisans en réponse à un autre crachat politique (islamophobique) envoyé par d’autres polémistes échevelés mais de gauche; voilà donc comment un crachat politique devient une politique éducative qui se fait le marqueur emblématique du butin que veut récolter le conservatisme de droite qui considère qu’il a gagné, contre celui de gauche. Le libéralisme en botte à clou, après avoir évincé l’économie politique à l’université, s’attaque maintenant aux sciences sociales. Car vous l’aurez bien compris, la détestation d’un certain libéralisme tel qu’il s’incarne dans les sphères de nos décideurs, ne peut venir que d’un endoctrinement de gauche qui aurait noyauté l’université et certainement pas de leurs multiples échecs et preuves d’inefficience que le covid a révélé…
    Le monde médiatique vulgaire possédé par des milliardaires idiots met ainsi un pied dans les enseignements de nos jeunes et cela n’est pas admissible.
    Il y a d’ailleurs une énorme responsabilité des journalistes en cela, qui se contentent de relayer les tactiques à la petite semaine des partisans politiques sous la forme d’éléments de langages ressassés, au lieu d’interroger les stratégies profondes qui décident véritablement de la conduite des affaires du pays.
    Mais comme il n’y a plus d’état stratège et qu’on vous vend du sociétal à titre occupationnel, on tente de cristalliser la mobilisation des masses vers des sujets mineurs et fallacieux, qui jusqu’à présent n’avaient pas prétention à intégrer l’université. C’est sans doute une expression supplémentaire du mépris de classe, puisque je n’ai pas vu qu’on allait faire la même entourloupe aux grandes écoles. C’est donc l’éducation du peuple qui est visé dans une quête de rabaissement.
    Laissons l’islamogauchisme de droite et l’islamophobie de gauche aux cocottes de luxes qui se battent sur les plateaux télé pendant que le monde s’écroule pour de tout autres raisons.

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  19. L’islamo-gauchisme (en France) …
    (( J’ai recherché et lu plusieurs “définitions” de ce “néologisme”(WiKi)… mais c’est tellement vague/dilué que j’y vais d’une tentative personnelle! ))
    …c’est bien le fait , reproché à un mouvement/individu (exclusivement) de gauche ( pas nécessairement extrême , sinon ce serait sans doute qualifié d’ “islamo-extrémo-gauchiste”?) , de promouvoir/favoriser/soutenir insidieusement la forme radicale de l’islam politique virant parfois au terrorisme , au prétexte/pour la raison que la république étant laïque n’a aucun droit de se mêler des comportements individuels de “croyants”(au prophête Mahomet) tant que ces comportements “respectent l’ordre public” ??
    Oui. Stop.
    Non. Pourquoi?

    1. Entre autre prétexte, oui. Mais il y a aussi (surtout) le bon vieux discours victimaire, la défense des opprimés. Parce qu’un musulman est forcément opprimé, en aucun cas oppresseur… Certaines officines bien connues comme Amnesty International, le New-York Times ou le Washington Post sont infestés par cette coterie, le genre à utiliser des mots comme “rebelles” pour qualifier les militants de l’état islamique / Al Qaida… Encore récemment, le New-York Times publiait encore un “reportage” sur Efrîn en Syrie qui était présenté comme un havre de paix et de sécurité pour les réfugiés de guerre syrien sous le parapluie turc… Un petit chef d’œuvre de révisionnisme dans le plus pur style néo-ottoman.

      1. Amnesty International, une « officine », qui plus est coupable de complaisance à l’égard de l’Etat islamique, vraiment ? Faut pas pousser mémé dans les orties !

        https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2020/07/iraq-yezidi-child-survivors-of-islamic-state-facing-unprecedented-health-crisis/

        https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2018/12/the-islamic-states-toxic-legacy-is-an-environmental-catastrophe-too/

        Officine : Local où les médicaments sont préparés, conservés et distribués au détail par le pharmacien, et où on procède à l’exécution des ordonnances médicales ; pharmacie.

        Endroit où s’élabore quelque chose de secret, de nuisible, de mauvais : Une officine d’espionnage.

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        1. Je n’ai même pas pris la peine de cliquer sur les liens que vous donnez tellement leurs dates parlent d’elles mêmes… Oui, je parle bien de cette officine de bas étage dont la cellule Moyen-Orient semble être entièrement composée de sympathisants islamistes / suprémaciste arabes qui ont mis une demi-éternité avant de commencer à dénoncer les crimes de l’état islamique… Idem pour les crimes des TFSA (Turkish Free Syrian Army) qui n’ont été dénoncés que tardivement contraint et forcé tellement la politique férocement anti-kurde d’amnesty Moyen-Orient dégageait des relent de plus en plus nauséabonds. Je ne parle même pas de leur couverture du récent conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, plus biaisé que ça tu meurs!
          Si vous n’êtes pas un de ces tankies du genre Cédric Mas, je vous suggère de vous rapprochez de la représentation des kurdes syriens en France, ils sont probablement les mieux placés pour parler des basses méthodes d’amnesty.

  20. Ce qu’en dit Pierre-André Taguieff (interview paru dans le journal Marianne) :

    Comment définissez-vous l’« islamo-gauchisme » ?
    J’ai forgé l’expression « islamo-gauchisme » au début des années 2000 pour désigner une alliance militante de fait entre des milieux islamistes et des milieux d’extrême gauche (que je qualifie de « gauchistes »), au nom de la cause palestinienne, érigée en nouvelle grande cause révolutionnaire à vocation universelle. C’est en observant, à partir de l’automne 2000 alors que débutait la seconde Intifada, un certain nombre de manifestations dites propalestiniennes où des activistes du Hamas, du Jihad islamique et du Hezbollah côtoyaient des militants gauchistes, notamment les trotskistes de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, devenue en 2009 le NPA) ou des anarchistes, que j’ai commencé à employer l’expression « islamo-gauchisme ». Au cours de ces mobilisations, les « Allahou akbar » qui fusaient ne gênaient nullement les militants gauchistes présents, pas plus que les appels à la destruction d’Israël sur l’air de « sionistes = nazis » ou « sionisme = racisme ». Le 7 octobre 2000, au cours d’une manifestation propalestinienne organisée à Paris, le cri « Mort aux Juifs » fut lancé, tandis qu’une femme voilée arborait une pancarte où on lisait, autour d’un dessin représentant une étoile de David et une croix gammée liées par un signe d’égalité : « Stop au terrorisme juif hitlérien ! 1 Palestinien mort = 1 000 inhumains (Juifs) morts ».
    La dimension antijuive de ces manifestations était frappante, ainsi que l’importance prise par la nazification des « sionistes » et plus largement des Juifs, destinée à faire entendre ce message résumant l’inversion victimaire en cours : les Juifs-sionistes sont les nouveaux nazis, tandis que les Palestiniens sont les nouveaux Juifs. L’instrumentalisation et le dévoiement de l’antiracisme consistaient alors à lui donner le visage de l’antisionisme, fondé sur l’image du Palestinien victime d’un « sionisme » fantasmé, celle d’un Palestinien non pas acteur mais victime absolument innocente d’un conflit dû à l’existence même de l’État d’Israël (« colonialiste », « impérialiste », « raciste »). Ces thèmes de la propagande palestinienne étaient intériorisés par toute l’extrême gauche et une partie de la gauche.
    C’est donc l’analyse des particularités de la vague antijuive commencée en octobre 2000 qui m’a conduit à caractériser le premier moment de l’islamo-gauchisme contemporain : les convergences idéologiques et les alliances militantes entre islamistes et gauchistes dérivaient d’un commun antisionisme radical, c’est-à-dire de la forme contemporaine de la judéophobie. L’extrême gauche n’était pas encore convertie à l’islamophilie inconditionnelle et la « lutte contre l’islamophobie » – slogan du fréro-salafisme – n’était pas encore le grand thème mobilisateur. Par ailleurs, j’ai rapidement compris que ces convergences n’avaient pas surgi soudainement en 2000 et que la seconde Intifada n’avait fait que leur donner une visibilité plus grande. Le second moment de l’islamo-gauchisme, centré sur l’image du musulman victime du racisme, s’illustre précisément par les appels à « lutter contre l’islamophobie », qui se multiplient à partir du milieu des années 2000.
    « L’emprise islamo-communautariste, favorisée par le ralliement des mouvances d’extrême gauche à la « lutte contre l’islamophobie », s’est considérablement accrue. »
    Quel est le présupposé idéologique commun des islamistes et des gauchistes ? La thèse selon laquelle l’islamophobie constitue la principale forme de racisme et celle selon laquelle l’antiracisme dit « politique » est le combat des combats. Il s’ensuit que l’ennemi commun est caractérisable soit comme « raciste », soit comme « islamophobe ». À l’extrême gauche, cet antiracisme islamisé tend à remplacer le vieil antifascisme communiste. On peut voir dans ces attitudes et ces comportements le résultat de la stratégie des Frères musulmans qui jouent sur la culpabilisation et le victimisme pour conquérir l’opinion occidentale. Bref, l’Occident « mécréant-islamophobe » (pour les islamistes) ou « capitaliste-raciste » (pour les gauchistes) est toujours le seul coupable.
    Au moment où je l’ai forgée, en 2001-2002, l’expression « islamo-gauchisme » avait donc à mes yeux une valeur descriptive, en ce qu’elle désignait une alliance militante observable entre des milieux islamistes et des milieux d’extrême gauche, au nom de la cause palestinienne, érigée en nouvelle cause révolutionnaire supposée « universelle », comme certains marxistes, tel Étienne Balibar, le claironnaient. C’est par la suite, notamment lorsque l’islamo-gauchisme est entré dans les universités et dans certains syndicats étudiants tandis que le mouvement des Indigènes de la République (lancé début 2005) lui conférait un visage, que je me suis efforcé de donner à l’expression un contenu conceptuel.
    La menace islamo-communautariste avait été signalée en 2003-2004 par Michel Laurent, alors premier vice-président de la Conférence des présidents d’université (CPU) et président de l’université d’Aix-Marseille II, qui s’inquiétait de la poussée de « tendances communautaristes, le plus souvent à caractère religieux », et précisait que ce phénomène « constitue à la fois une réalité que certains d’entre nous vivent au quotidien, et, plus largement, un sujet de crispation politique et de revendication dans notre société ». Depuis, l’emprise islamo-communautariste, favorisée par le ralliement des mouvances d’extrême gauche à la « lutte contre l’islamophobie », arme idéologique principale des stratèges islamistes, s’est considérablement accrue.
    Parallèlement, la CPU a perdu sa lucidité, comme en témoigne son communiqué stupéfiant publié le 16 février, « “Islamo-gauchisme” : stopper la confusion et les polémiques stériles », qui constitue un singulier mélange de corporatisme aveugle, de mauvaise foi dans le déni, d’ignorance volontaire et d’arrogance. Il met en œuvre la stratégie des yeux grands fermés, celle qui consiste à mettre la poussière sous le tapis. Une fois de plus, on entend le « rien à signaler » des ronronneurs, le « circulez, il n’y a rien à voir » des partisans du statu quo, le « tout va bien » des grands féodaux pratiquant l’entre-soi. Et ce, sous les applaudissements des médias de gauche et d’extrême gauche, qu’ils soient, face à l’emprise islamo-gauchiste croissante, simplement complaisants ou activement complices.
    Les heureux dormeurs de la CPU ne veulent pas voir ni savoir ce qui se passe sous leurs yeux. Pourquoi donc s’indignent-ils pompeusement devant une légitime demande d’enquête objective sur des dérives idéologiques et des pratiques douteuses observables dans certaines universités devenues des temples du décolonialisme et des territoires conquis de l’islamo-gauchisme alors que nombre d’enquêtes journalistiques, ces dernières années, ont mis en évidence le phénomène ? Comment ces indignés peuvent-ils ignorer, par exemple, les travaux de Bernard Rougier, de Gilles Kepel et d’Hugo Micheron sur l’imprégnation islamiste de la société française, et en particulier du champ universitaire ? Comment peuvent-ils ignorer que cette imprégnation commence dès l’enseignement secondaire, comme l’a montré Jean-Pierre Obin dans ses travaux ?

    1
    1. @Daniele Briquet

      Manque peut-être à l’analyse de Taguieff les multiples violations de résolutions de l’ONU par Israël, qui ont pu conduire à penser qu’effectivement se développait à minima un impérialisme israëlien, apparemment entériné par l’ONU qui n’a jamais semblé prendre de mesure de rétorsion à son encontre. Le monde diplomatique, qu’on ne peut pas exactement accuser d’être une publication antisémite, en fait une recension a priori exhaustive.

      Manque peut-être également, depuis un bon nombre d’années maintenant la notion qu’Israël est gouvernée par une droite dont la radicalité (pour ne pas dire l’extrémisme) n’a rien à envier à celle de la gauche française désignée comme “alliée des islamistes”. En tout état de cause, ce monsieur peut en tout cas “s’enorgueillir” d’avoir grandement inspiré la rhétorique de l’extrême droite française de ces dernières années. Pour un spécialiste de l’anti-racisme, c’est une performance. Ou alors un échec majeur dans sa carrière, selon le point de vue…

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  21. Une affaire islamiste? Ou une sordide affaire relevant de la police?

    Résumons les faits:
    En 2013 à Paris, 3 femmes kurdes sont exécutées chacune d’une balle dans la tête. Les 3 femmes étaient des activistes pro-kurdes.

    Le présumé coupable est appréhendé et mis en préventive. Environ 3 ans plus tard, pendant l’instruction judiciaire, il meurt à l’infirmerie de la prison d’une tumeur au cerveau.
    Aussitôt, l’action en justice cesse.

    Entre temps, les kurdes avaient mené l’enquête et trouvé des preuves orales (enregistrements téléphoniques) et écrites montrant que le coupable n’était qu’un homme de main. Plutôt un grenouilleur oscillant entre délinquance violente et parti extrémiste. Il avait émigré en Allemagne et s’y était rendu indésirable. Pour le triple assassinat, ses ordres venaient de Turquie, ordres donnés par des officiels turcs. Cet assassinat groupé était la conclusion d’une longue entreprise de pénétration des révolutionnaires Kurdes par les services turcs. Il est difficile de déterminer l’origine de ces preuves. Peut-être ont-elles été rassemblées par les renseignements intérieurs français sous couvert Kurde. Elles ont été communiquées à la justice française. Apparemment, elles n’ont pas été suffisantes pour exciter sa curiosité.

    L’avocat des Kurdes dans cette affaire avait fait remarquer que depuis 1958, la France avait été le théâtre d’environ 75 assassinats politiques sans relation avec des affaires françaises. Aucun n’a trouvé un dénouement en justice.

    Le 16/02/2021, un chef à la retraite des services de renseignements turcs a déclaré sur CNN Turquie à propos des opérations (des services ou des militaires turcs) contre les Kurdes en Turquie, Syrie et Irak:
    «Ils [les services turcs] ont aussi des équipes en Europe.Nous devons faire quelque chose dans ce sens [élimination] en Europe. Je veux dire, cela a déjà été fait une fois à Paris …»
    La Justice commence par l’information publique.
    Après quelques recherches, je peux dire qu’aucun ‘grands journaux’ ne regarde ou comprend CNN Turquie. Je parie que notre justice non plus.

    Le PKK est une organisation politique Kurde. Le HPG est son aile militaire (défense) masculine. Le YJA-star est l’aile militaire (défense) féminine, non moins active. La répression turc anti-Kurde tout azimut a fait jusqu’à présent environ 30000 à 40000 morts et a détruit environ 4000 villages Kurdes. Toutes ces organisations Kurdes se réclament de l’idéologie d’Ocalan (égalité de la femme, démocratie ‘communaliste’, écologie). Cette idéologie est mise en œuvre avec prudence et tolérance dans le Nord-Est de la Syrie depuis 2015 environ.

    Sources:
    https://anfenglish.com/features/aydar-pekin-s-confession-is-serious-europe-should-take-it-seriously-50125
    https://anfenglish.com/news/german-mp-says-paris-killings-must-be-re-investigated-50128
    https://anfenglish.com/features/x-50138

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    1. Je ne me souviens plus si BHL était impliqué dans la mise en scène de l’armée féminine kurde, il y a 4 ou 5 ans.
      Même si cette armée serait après enquête un bon signe pour un peuple devant se défendre sur tous ses côtés
      (comme l’armée israélienne qui dès la fondation du pays (avant 1967) a des soldates),
      si ce type de souvenir à vérifier est avéré, cela oblige hélas à redoubler de vérification avant d’affirmer
      qu’on est “du côté du bien” inconditionnellement.
      Sur l’espace de 2 ou 3 décennies, ceux qu’on a nommé à un moment des terroristes
      deviennent assez fréquemment (mais pas toujours) ceux avec qui on négocie
      une souveraineté sous une égide ou une autre (ONU, etc.).

      1. @timiota

        La notion de terrorisme est une notion éminemment relative (ce qui est évidemment toujours une affirmation insoutenable du point de vue des victimes). Un exemple (à mon sens édifiant) toutefois – point Godwin incoming – Du point de vue du régime de Vichy, la résistance était une organisation terroriste…

        Disons le avec quelques formes en plus: Le terrorisme se définit par “l’opposition plus ou moins violente à un régime au pouvoir”. Définition qui a au moins le mérite de n’attribuer aucune valeur morale ni aucun affect positif ou négatif à l’un ou l’autre camp. Tout au plus peut-on a priori affirmer que la figure du terroriste est par définition celle qui n’est pas au pouvoir et qui le conteste. Reste a questionner si la remise en question du pouvoir est légitime, ou encore quelle est la nature du pouvoir en question.

        1. @Dissonance
          de même un indépendantiste actif algérien était un terroriste pour le régime gaulliste, comme un indépendantiste Kanak pour Mitterand ou Chirac.
          Mais peut-on qualifier de terroriste des militants déposant une bombe meurtière en gare de Bologne, qui sera attribuée aux mouvements d’extrème gauche afin de stabiliser la social-démocratrie aux élections suivantes de ce pays de l’Otan menacé par la tentation communiste et donc préserver le pouvoir en place ?

          N’est-ce pas plutôt la caractéristique de prépondérance de l’effet psychologique recherché dans l’action entreprise sur l’effet direct à l’opposé d’une action commando.

          C’est assez amusant de penser qu’un régime dictatorial qui se maintient par la terreur, Robespierre, Pinochet, Assad n’est pas terroriste.

      2. @timiota C’est pourquoi vouloir décapiter au nom de la France des mouvements au Sahel, n’est peut-être pas la posture la plus judicieuse pour négocier un retrait alors que les forces politiques sur place pourraient être à la recherche d’un modus vivendi !

  22. Avec la Manif pour tous, nous avons connu les Catho-extrêmo-gauchos. De droite. 🙂
    Moi jadis je fus “gauchiste sans qualité”. Dois-je avoir honte ? (je n’en ai pas eu jusqu’ici…) 🙂

  23. Il y a un bon usage et un mauvais usage des sociologues comme il y a un bon entendement ou une mauvaise écoute de ce que peut être le propos d’un polémiste.
    Il y a une façon d’extrapoler un sujet pour en tirer non pas la véracité effective , efficiente, agissante sur la société, mais simplement en décanter la mise en exergue des logiques qui sous-tendent une tendance. Tendances “essentialisées” pour l’occasion et poussées conceptuellement jusqu’à son paroxysme afin d’en mettre en évidence plus clairement, la substance qui va inspirer une hypothèse.
    Prendre au 1er degré certaines études, sans en comprendre qu’elles n’ont de raison qu’à titre exploratoire pour inspirer une recherche en quête de pertinence (en se donnant des idées, des critères, des paradigmes, des filtres, une grille de lecture, soit autant de constructions extrapolées et conceptuelles), c’est donc oublier que les finalités de certaines recherches divergent. Certaines sont des instruments et d’autres des formulations hypothétiques à vérifier (dont on construit la cohérence) , que d’autres enfin sont des thèses dont la portée est plus affirmative.
    Il ya même des façons de prêcher le faux pour savoir le vrai ; ou des vérités érigées en postulat pour voir ce que cela donne dans l’absolu et vérifier à l’aulne d’une polémique si elles sont vraies…etc.
    Il ne faut pas mélanger les carottes et les navets en n’analysant pas la finalité et la portée d’un écrit ou d’un propos, ni l’intention de l’auteur ou simplement le cheminement de sa recherche: il peut parler en l’état actuel de sa science alors qu’il n’est qu’au milieu ses recherches, et que ce qu’il en dit n’est que la météo du moment (qui s’il faut se trouvera démentie à la fin). Pendant longtemps steven hawking critiquait la théorie d’un confrère sur les trous noirs puis en voulant prouver qu’il avait tort, a démontré l’inverse, ce qui l’a amené à faire des découvertes qui ont constitué la suite de sa carrière en contresens de ses débuts. Et pourtant on ne peut pas dire qu’il se soit déjugé, car ses oppositions se sont avérées exactes même si elles n’ont pas eu la portée qu’il imaginait.
    La sociologie, ce n’est pas de la littérature, et il ne faut pas la lire comme une chose à apprécier telle qu’elle, mais comme une discipline à aborder en ayant conscience de ses codes.
    Les polémistes s’inspirent de concepts “empruntés” (dont dans le meilleur des cas , ils exposent les tenants et les aboutissants) , qu’ils instrumentalisent dans une fenêtre de tir idéologique dont l’objet est d’être un remue-méninges, un ébouriffement, pour provoquer une ébullition censée attirer l’attention des gens sur un sujet qui leur semble important. Mais le sujet en question n’est pas vraiment traité, il est idéalisé pour que les gens puissent s’en emparer politiquement (au sens noble). Ce n’est normalement pas fait pour en faire un sujet d’anathème, mais pour réveiller une intelligence collective.
    Si les gens ou un ministre, rentrent dedans, pour faire la guerre , c’est qu’ils n’ont rien compris et que la polémique a tourné court pour se transformer en chaudron de sorcières fabriquant des cons sphériques (de quelques côtés qu’on les regarde, ils sont cons). Souvenons-nous de l’épisode de l’affaire d’Outreau…
    Les médias ont pour responsabilité de ne pas se transformer en marmite du diable où les débats et la lutte entre polémistes provoquent par un propos qui tourne en rond, le creusement d’un sujet jusqu’à atteindre l’indécence.
    Les polémistes sont précieux et leurs meilleures interventions sont le fait de brèves dont l’aspect piquant ou enjoué est censé titiller notre intelligence et ne pas tomber dans l’émotionnel.

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