Einstein et Landau : Génies scientifiques mais aussi … anticapitalistes antistaliniens ! par Yorgos MItralias

Albert Einstein

Pratiquement tout le monde connaît le nom d’Einstein (1), mais le nom de Lev Landau (2) est familier seulement à quelques adeptes des sciences exactes. Et pourtant, tous les deux présentent plusieurs traits communs: Ils occupent des positions de choix dans la petite liste des plus grands génies du siècle passé. Ils se sont distingués par leur liberté de pensée et l’anticonformisme de leur vie. Et surtout, ils partagent des positions politiques d’habitude traitées, et plutôt à juste titre, d’« extrémistes », de révolutionnaires et de subversives de tout ordre établi ! Et desquelles, « naturellement », personne ne vous a jamais parlé…

Landau: “Camarades, la grande cause de la Révolution d’Octobre a été ignoblement trahie»

Voici donc pourquoi on parlera aujourd’hui d’Einstein et de Landau pas en leur qualité de savants d’exception qui ont marqué l’ère moderne, mais en celle -inconnue car savamment enfouie- de socialistes anti-bureaucrates et de communistes anti-staliniens ! D’Einstein qui, comme on va le voir plus en détail par la suite, propose en pleine guerre froide, comme unique solution aux problèmes existentiels de l’humanité, la socialisation des moyens de production et la planification de l’économie, tout en avertissant qu’ «une économie planifiée pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu” si on n’arrive pas «d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse» ! Et de Landau qui, onze ans plus tôt, en 1938, en pleine Grande Terreur stalinienne, ose l’impensable : (Co-rédiger le manifeste/tract suivant, qui appelle les travailleurs à renverser Staline « et sa clique » au nom de la Révolution d’Octobre « ignoblement trahie. » par eux! Et ça avec l’intention de le distribuer le 1er Mai 1938 à la Place Rouge de Moscou(!) devant Staline et le gratin de son régime :

 

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous.

Camarades !

La grande cause de la Révolution d’Octobre a été ignoblement trahie. Le pays est inondé de flots de sang et de boue. Des millions d’innocents sont jetés en prison, et personne ne peut savoir quand viendra son tour. L’économie se désagrège. La faim se répand. Il est clair, camarades, que la clique stalinienne a fait un coup d’État fasciste. Le socialisme n’existe que sur les pages des journaux couverts de mensonges. Par sa haine furieuse du vrai socialisme, Staline est comme Hitler et Mussolini. Détruisant le pays pour préserver son pouvoir, Staline en fait une proie facile pour le fascisme bestial allemand. La seule issue pour la classe ouvrière de notre pays est de lutter avec détermination contre le fascisme de Staline et de Hitler, de lutter pour le socialisme.

Camarades, organisez-vous ! N’ayez pas peur des bourreaux du NKVD. La seule chose qu’ils peuvent faire est battre des prisonniers sans défense, arrêter des innocents, piller les richesses du pays et inventer des procès ridicules contre des complots inexistants.

Camarades, rejoignez le Parti Antifasciste des Travailleurs. Prenez contact avec son Comité de Moscou. Organiser dans les entreprises des cellules du PAT. Utilisez des techniques de la clandestinité. Préparez le mouvement de masse pour le socialisme par l’agitation et la propagande.

Le fascisme stalinien existe parce que nous sommes désorganisés. Le prolétariat de notre pays, qui a renversé le pouvoir du tsar et des capitalistes, saura renverser le dictateur fasciste et sa clique.

Vive le 1er mai – le jour de la lutte pour le socialisme !

Comité de Moscou du Parti Antifasciste des Travailleurs

Ce tract n’a été jamais distribué. Deux jours avant le 1er Mai, le 28 avril 1938, le NKVD fait une descente à l’Institut de Landau et l’arrête, comme d’ailleurs il arrête son ami très proche et collaborateur Moisei Korets (qui ne sera libéré que 20 ans plus tard, en 1958), avec lequel il avait rédigé et ronéotypé le tract. La suite ne réservait pas de surprises : Interrogatoires et tortures dans la prison moscovite de Butyrka, et finalement condamnation à 10 ans de prison sous l’accusation inénarrable de…«espionnage en faveur de l’Allemagne nazie ». Cependant, Landau est désormais connu mondialement et la communauté scientifique internationale se mobilise pour le faire libérer. Le célèbre physicien Danois Niels Bohr et le président de l’Institut de Physique de l’Académie des Sciences de l’URSS Piotr Kapitsa vont même jusqu’à écrire à Staline et Molotov pour demander la libération de Landau. Et miracle des miracles, après une année d’emprisonnement, Landau est libéré !

Λέβ Λαντάου

Photo de Landau par le NKVD (archives du NKVD)

Comme on pourrait s’en entendre, il n’y a pas eu de miracle pour les amis et collaborateurs de Landau au -déjà mondialement célèbre à cette époque- Institut Physico-Technique de Kharkov, duquel lui-même était à la fois l’inspirateur, le dirigeant et la force motrice. Des chercheurs Soviétiques mais aussi des étrangers (Allemands, Autrichiens, Polonais, Roumains, Hollandais,…), dont la plupart ont marqué les progrès de la physique au siècle passé, sont aussi arrêtés en 1937-1938, et sont exécutés ou « disparaissent » sans même que soit connue la date et le lieu de leur mise à mort. En somme, ils ont le même destin que des millions de citoyens soviétiques…

Pareillement à Landau qui est décrit comme un “ardent communiste” par ses collègues d’Oxford qu’il avait visité au début des années ‘30, les scientifiques étrangers de l’Institut de Kharkov sont aussi tous des communistes et des membres des partis communistes de leurs pays. Ils viennent à Kharkov en Ukraine pas seulement pour échapper aux nazis – étant presque tous communistes et Juifs- mais aussi pour «contribuer à la construction du socialisme » en URSS. C’est ainsi que l’Institut Physico-Technique de Kharkov, plus connu comme Fiztech, arrive à accueillir la fine fleur des jeunes scientifiques européens, provoquant l’intérêt soutenu de la communauté scientifique internationale, tandis que des célébrités scientifiques lui rendent souvent visite, tout au moins avant que le régime stalinien interdise tout contact avec le monde extérieur.

Λεβ Λανταου

Chercher non pas le scientifique, mais Landau le révolutionnaire, n’est pas du tout facile. La gauche internationale l’ignore totalement et n’existe le moindre texte le concernant écrit par un homme ou une femme de n’importe quelle sensibilité de gauche! Les seuls travaux -par ailleurs politiquement perspicaces et honnêtes- sur “l’autre” Landau, le Landau politique, sont dus à deux Américains et à un Russe non pas historiens mais mathématiciens et physiciens, qui ont carrément “découvert” plutôt récemment le communiste anti-stalinien Lev Landau pendant qu’ils préparaient des études sur son œuvre scientifique ! Profitant de la très courte période au début des années ‘90 qui a vu s’entre-ouvrir timidement les archives du NKVD (ainsi que de la GPU et du KGB qui lui ont succédé), ces historiens amateurs ont découvert tout surpris le tract/manifeste des Landau-Korets jusqu’à alors totalement inconnu, mais aussi le dossier personnel de Landau contenant les comptes rendus détaillés de ses interrogatoires successives dans les sous-sols du NKVD !

C’était comme s’il émergeait des ténèbres et voyait le jour la face cachée de l’histoire mondiale, peut être la plus grande de ses tragédies. Et comme c’était inévitable, la “découverte” du révolutionnaire Landau mettait en lumière les tragédies également inconnues et habilement cachées de ses amis et collaborateurs à l’Institut de Kharkov. Alors, puisque même la simple mention de leurs noms, constitue un acte de justice élémentaire et de rétablissement de la vérité historique, en voici quelques uns : Lev Shubnikov (1901-1937), Lev Rozenkevich (1905-1937), Vadim Gorsky (1905-1937), Valentin Fomin (1909-1937), Konrad Weisselberg (1905-1937), ainsi que Matvei Bronstein (1906-1938), considéré comme peut être le plus grand génie scientifique de l’entre deux-guerres soviétique. Espérons que chacun d’eux trouve son historien en la personne d’un de nos jeunes scientifiques politiquement sensibles…

Et les autres collaborateurs de Lev Landau ? Pour mieux illustrer leurs triste destin, on a choisi deux dont les histoires personnelles sont emblématiques de la tragédie de cette terrible époque que l’humanité continue de payer chèrement jusqu’à aujourd’hui. L’Allemand Fritz Houtermans et le Polono-autrichien Alexander Weissberg, tous les deux membres des partis communistes de leurs pays, après avoir été arrêtés et torturés, sont finalement livrés en 1940 à la Gestapo de ce régime nazi qu’ils avaient fui pour trouver asile en URSS ! Cet acte odieux s’est fait dans le cadre de la collaboration étroite entre le NKVD et la Gestapo, qui a commencé avant même que le pacte Molotov-Ribbentrop (1939) soit signé en 1939. C’est ainsi que 80 antifascistes et communistes Allemands ont été remis à la Gestapo avant 1939, et plus de 200 après 1939…

 

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Les scientifiques de l’Institut de Kharkov. Au centre vêtu de blanc Lev Landau, à sa gauche Niels Bohr

Alexander WeissbergProfitant de l’occasion pour raconter en quelques mots une  des incroyables histoires personnelles des scientifiques communistes de l’Institut de Kharkov, nous choisissons celle de l’odyssée d’Alexander Weissberg, qui a suivi sa livraison à ses bourreaux nazis. Après avoir été emprisonné dans plusieurs prisons en Allemagne et en Pologne occupée, Weissberg abouti au ghetto de Cracovie. Quand il apprend qu’il va être exécuté le lendemain, il s’en échappe et se réfugie dans d’autres ghetto juifs en Pologne, d’où il s’évade à temps peu avant le début de l’opération d’extermination de leur population. Il réussit à passer à la « partie aryenne » de Varsovie où pourtant il est arrêté par la Gestapo, pour être envoyé successivement à plusieurs prisons et camps de concentration en Pologne. Il s’évade de nouveau et prend part, arme à la main, à l’héroïque insurrection de Varsovie. Il se fait arrêter et il est envoyé à un camp de concentration d’où il s’évade de nouveau aidé par un antifasciste Allemand. Il entre dans la clandestinité jusqu’à la fin de la guerre, et craignant d’être pris de nouveau par le NKVD, qui s’active dans la Pologne d’après guerre, il passe finalement en 1946 en Suède et après en France…

 

Einstein, l’anticapitaliste antibureaucrate!

Bien plus connu que le -totalement inconnu- communiste anti-stalinien Lev Landau, l’anticapitaliste antibureaucrate Albert Einstein reste pourtant jusqu’à aujourd’hui ignoré par la gauche de toute sensibilité, qui se refuse de l’invoquer même quand son « socialisme » est traitée d’idéologie archaïque de quelques attardés qui restent emprisonnés dans le 19e siècle. Évidemment, la dissimulation systématique des positions marxistes et socialistes d’Einstein et de Landau ne constitue pas une surprise quand elle provient de la bourgeoisie et des divers médias qui sont ses fidèles serviteurs. D’ailleurs, la falsification de l’histoire a toujours été un passe-temps favori de la droite et de ses excroissances de par le monde…

Mais, que dire de la gauche qui fait presque de même, bien que -logiquement- elle devrait avoir tout intérêt d’invoquer le témoignage anticapitaliste de deux de “plus grands génies” de l’ère moderne, pour répondre à la propagande anticommuniste et anti-socialiste quotidienne de ses adversaires de droite et d’extrême droite? La réponse n’est pas difficile: La social-démocratie, qui a abandonné le marxisme depuis longtemps et a décidé de cogérer le système capitalisme, abhorre -si elle ne hait pas- les positions radicalement anticapitalistes tant de Landau que d’Einstein. Alors, c’est pratiquement “normale” et prévisible qu’elle collabore de fait avec la droite pour “enterrer” pour toujours les… éléments subversifs que sont Einstein et Landau!

Albert EinsteinReste pourtant l’autre, la gauche non social-démocrate, qui continue de brandir le drapeau du socialisme. Celle-ci devrait -logiquement- avoir tout intérêt à répondre à la propagande de la droite mais aussi de la social-démocratie, en invoquant systématiquement les témoignages de deux grands scientifiques des temps modernes. Et pourtant, elle ne l’a jamais fait. Pourquoi ? Mais, parce que cette gauche stalinienne et meta-stalinienne ne peut pas tolérer -ou plutôt hait à mort- l’antistalinisme clair et net de Landau mais aussi d’Einstein.Et c’est comme ça qu’on arrive à la triste conclusion que, depuis au moins 70 ans, existe une conspiration du silence hétéroclite mais très efficace, qui a comme unique objectif de faire disparaître la parole subversive d’Einstein et de Landau !

Bien sur, il y a ceux -peu nombreux- qui n’appartiennent pas à aucune de catégories susmentionnées, et qui pourraient avoir tout intérêt d’invoquer tant l’anticapitalisme que l’anti-stalinisme d’Einstein -les positions et les activités politiques de Landau étant inconnus jusqu’à il y a environ 20 ans. Ce qui surprend n’est pas qu’ils ne se réfèrent jamais au socialisme et à l’anti bureaucratisme d’Einstein. C’est surtout, que quand ils publient -bien rarement- son texte historique « Pourquoi le socialisme ? », ils ne font aucun commentaire ou analyse qui pourrait trahir une compréhension élémentaire de l’énorme valeur et signification de ce texte. Non pas parce qu’il a été écrit par « le grand Einstein », mais parce que ce texte régénère le discours marxiste, allant directement à la racine des malheurs du capitalisme, comme ceux-ci se manifestent et sont vécus en détruisant à la fois l’humanité et chacun des êtres humains. Et pas seulement ceux de 1949, mais aussi ceux de 2021 ! Et en plus, pas avec des demi-mots et les phrases embrouillées d’un certain discours marxisant, mais en mots simples, clairs et bien compréhensibles.

Certes, Landau savait qu’il risquait sa tête en rédigeant le tract/manifeste du 1er Mai, et sa pleine conscience du danger mortel qu’il encourait rend son acte encore plus héroïque et admirable. Mais, bien qu’Einstein était déjà célébrissime, il lui fallait aussi beaucoup de courage pour écrire et publier un texte comme ce “Pourquoi le socialisme?” en 1949, pendant que la guerre froide faisait rage et au moment où pointait déjà le nez la chasse aux sorcières (de gauche) qui serait bientôt généralisée par le tristement célèbre sénateur McCarthy. Et pourtant, Einstein choisit d’aller contre le courant et de frapper le système à sa racine, en proposant comme unique solution aux problèmes de l’humanité, et donc des États-Unis où il vit et travaille, le socialisme, la socialisation des moyens de production et la planification de l’économie ! Sans doute, il fallait beaucoup de courage pour publier un tel texte à ce moment précis de l’histoire et à la métropole du système capitaliste mondial…

Einstein - Think different

Toutefois, il fallait au moins autant de courage pour aller contre le courant de l’époque, et faire la critique impitoyable de la bureaucratie stalinienne et de son régime qui figure dans l’avant dernier paragraphe de son texte. En effet, ce n’est pas seulement que le culte de la personnalité de Staline atteignait en 1949 son zénith, et que quiconque osait le contester en dévoilant l’horrible réalité soviétique, était traité de « vendu » et d’ « agent » de l’ennemi, qui devait disparaître. C’est que Einstein va dans cet avant dernier paragraphe bien au-delà de la simple critique dure du régime stalinien, en tirant des leçons plus générales lesquellesaboutissent à désigner la dégénérescence bureaucratique comme le danger mortel qui menace toute tentative de renversement du système capitaliste.Et tout ça en faisant des constats totalement hérétiques pour la gauche « officielle » de cette époque, comme par exemple que « l’économie planifiée n’est pas encore le socialisme » ou que « une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu » , avant de conclure en posant à la gauche 2-3 questions d’importance capitale pour sa propre crédibilité si malmenée, qui restent toujours sans réponse : « Comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ? »

Présentant un long extrait du « Pourquoi le socialisme ? », nous écrivions en 2015, ces quelques mots en guise d’introduction : « Rien de mieux pour connaître l’autre Einstein que de l’écouter nous parler avec ses propres mots de la question plus actuelle que jamais… « Pourquoi le socialisme ? ». Et comme nous écrivions il y a exactement 10 ans, quand nous publions ces larges extraits, « Cependant, attention : ce serait une erreur de traiter ce texte comme s’il était une « curiosité », une preuve des multiples facettes du génie d’Einstein, d’un savant qui ose aller plus loin de ce qu’il sait faire. En réalité, il s’agit d’un texte qui, destiné au premier numéro de la revue de gauche Monthly Review, révèle un Einstein qui n’est pas seulement un profond et terriblement actuel penseur des problèmes présents de l’humanité,mais aussi un anti-bureaucrate de combat, c’est à dire un communiste anti-stalinien. Au lecteur attentif de tirer ses conclusions… »

 

Pourquoi le socialisme?

Par Albert Einstein

Albert Einstein: The real purpose of socialism(…)D’innombrables voix ont affirmé, il n’y a pas longtemps, que la société humaine traverse une crise, que sa stabilité a été gravement troublée. Il est caractéristique d’une telle situation que des individus manifestent de l’indifférence ou, même, prennent une attitude hostile à l’égard du groupe, petit ou grand, auquel ils appartiennent. Pour illustrer mon opinion je veux évoquer ici une expérience personnelle. J’ai récemment discuté avec un homme intelligent et d’un bon naturel sur la menace d’une autre guerre, qui, à mon avis, mettrait sérieusement en danger l’existence de l’humanité, et je faisais remarquer que seule une organisation supranationale offrirait une protection contre ce danger. Là-dessus mon visiteur me dit tranquillement et froidement : « Pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ? »

Je suis sûr que, il y a un siècle, personne n’aurait si légèrement fait une affirmation de ce genre. C’est l’affirmation d’un homme qui a vainement fait des efforts pour établir un équilibre dans son intérieur et qui a plus ou moins perdu l’espoir de réussir. C’est l’expression d’une solitude et d’un isolement pénibles dont tant de gens souffrent de nos jours. Quelle en est la cause ? Y a-t-il un moyen d’en sortir ?

Il est facile de soulever des questions pareilles, mais il est difficile d’y répondre avec tant soit peu de certitude. Je vais néanmoins essayer de le faire dans la mesure de mes forces, bien que je me rende parfaitement compte que nos sentiments et nos tendances sont souvent contradictoires et obscurs et qu’ils ne peuvent pas être exprimés dans des formules aisées et simples.

L’homme est en même temps un être solitaire et un être social. Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leurs tristesses et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. Il est fort possible que la force relative de ces deux tendances soit, dans son fond, fixée par l’hérédité. Mais la personnalité qui finalement apparaît est largement formée par le milieu où elle se trouve par hasard pendant son développement, par la structure de la société dans laquelle elle grandit, par la tradition de cette société et son appréciation de certains genres de comportement. Le concept abstrait de « société » signifie pour l’individu humain la somme totale de ses relations, directes et indirectes, avec ses contemporains et les générations passées. Il est capable de penser, de sentir, de lutter et de travailler par lui-même, mais il dépend tellement de la société — dans son existence physique, intellectuelle et émotionnelle — qu’il est impossible de penser à lui ou de le comprendre en dehors du cadre de la société. C’est la « société » qui fournit à l’homme la nourriture, les vêtements, l’habitation, les instruments de travail, le langage, les formes de la pensée et la plus grande partie du contenu de la pensée ; sa vie est rendue possible par le labeur et les talents de millions d’individus du passé et du présent, qui se cachent sous ce petit mot de « société ».

(…)Si nous nous demandons comment la structure de la société et l’attitude culturelle de l’homme devraient être changées pour rendre la vie humaine aussi satisfaisante que possible, nous devons constamment tenir compte du fait qu’il y a certaines conditions que nous ne sommes pas capables de modifier. Comme nous l’avons déjà mentionné plus haut, la nature biologique de l’homme n’est point, pour tous les buts pratiques, sujette au changement. De plus, les développements technologiques et démographiques de ces derniers siècles ont créé des conditions qui doivent continuer. Chez des populations relativement denses, qui possèdent les biens indispensables à leur existence, une extrême division du travail et une organisation de production très centralisée sont absolument nécessaires. Le temps, qui, vu de loin, paraît si idyllique, a pour toujours disparu où des individus ou des groupes relativement petits pouvaient se suffire complètement à eux-mêmes. On n’exagère pas beaucoup en disant que l’humanité constitue à présent une communauté planétaire de production et de consommation.

Albert Einstein: Learn from yesterday, life for today, hope for tomorrow

Je suis maintenant arrivé au point où je peux indiquer brièvement ce qui constitue pour moi l’essence de la crise de notre temps. Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance à la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles, se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société. 

L’anarchie économique de la société capitaliste, telle qu’elle existe aujourd’hui, est, à mon avis, la source réelle du mal. Nous voyons devant nous une immense société de producteurs dont les membres cherchent sans cesse à se priver mutuellement du fruit de leur travail collectif — non pas par la force, mais, en somme, conformément aux règles légalement établies. Sous ce rapport, il est important de se rendre compte que les moyens de la production — c’est-à-dire toute la capacité productive nécessaire pour produire les biens de consommation ainsi que, par surcroît, les biens en capital — pourraient légalement être, et sont même pour la plus grande part, la propriété privée de certains individus.

Pour des raisons de simplicité je veux, dans la discussion qui va suivre, appeler « ouvriers » tous ceux qui n’ont point part à la possession des moyens de production, bien que cela ne corresponde pas tout à fait à l’emploi ordinaire du terme. Le possesseur des moyens de production est en état d’acheter la capacité de travail de l’ouvrier. En se servant des moyens de production, l’ouvrier produit de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Le point essentiel dans ce processus est le rapport entre ce que l’ouvrier produit et ce qu’il reçoit comme salaire, les deux choses étant évaluées en termes de valeur réelle. Dans la mesure où le contrat de travail est « libre », ce que l’ouvrier reçoit est déterminé, non pas par la valeur réelle des biens qu’il produit, mais par le minimum de ses besoins et par le rapport entre le nombre d’ouvriers dont le capitaliste a besoin et le nombre d’ouvriers qui sont à la recherche d’un emploi. Il faut comprendre que même en théorie le salaire de l’ouvrier n’est pas déterminé par la valeur de son produit.

Le capital privé tend à se concentrer en peu de mains, en partie à cause de la compétition entre les capitalistes, en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation de plus grandes unités de production aux dépens des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capitalistes dont la formidable puissance ne peut effectivement être refrénée, pas même par une société qui a une organisation politique démocratique. Ceci est vrai, puisque les membres du corps législatif sont choisis par des partis politiques largement financés ou autrement influencés par les capitalistes privés qui, pour tous les buts pratiques, séparent le corps électoral de la législature. La conséquence en est que, dans le fait, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment les intérêts des moins privilégiés. De plus, dans les conditions actuelles, les capitalistes contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est ainsi extrêmement difficile pour le citoyen, et dans la plupart des cas tout à fait impossible, d’arriver à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.

La situation dominante dans une économie basée sur la propriété privée du capital est ainsi caractérisée par deux principes importants : premièrement, les moyens de production (le capital) sont en possession privée et les possesseurs en disposent comme ils le jugent convenable ; secondement, le contrat de travail est libre. Bien entendu, une société capitaliste pure dans ce sens n’existe pas. Il convient de noter en particulier que les ouvriers, après de longues et âpres luttes politiques, ont réussi à obtenir pour certaines catégories d’entre eux une meilleure forme de « contrat de travail libre ». Mais, prise dans son ensemble, l’économie d’aujourd’hui ne diffère pas beaucoup du capitalisme « pur ».

Albert Einstein: The world will not be destroyedLa production est faite en vue du profit et non pour l’utilité. Il n’y a pas moyen de prévoir que tous ceux qui sont capables et désireux de travailler pourront toujours trouver un emploi ; une « armée » de chômeurs existe déjà. L’ouvrier est constamment dans la crainte de perdre son emploi. Et puisque les chômeurs et les ouvriers mal payés sont de faibles consommateurs, la production des biens de consommation est restreinte et a pour conséquence de grands inconvénients. Le progrès technologique a souvent pour résultat un accroissement du nombre des chômeurs plutôt qu’un allégement du travail pénible pour tous. L’aiguillon du profit en conjonction avec la compétition entre les capitalistes est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, qui amène des dépressions économiques de plus en plus graves. La compétition illimitée conduit à un gaspillage considérable de travail et à la mutilation de la conscience sociale des individus dont j’ai fait mention plus haut.

Je considère cette mutilation des individus comme le pire mal du capitalisme. Tout notre système d’éducation souffre de ce mal. Une attitude de compétition exagérée est inculquée à l’étudiant, qui est dressé à idolâtrer le succès de l’acquisition comme une préparation à sa carrière future.

Je suis convaincu qu’il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces maux graves, à savoir, l’établissement d’une économie socialiste, accompagnée d’un système d’éducation orienté vers des buts sociaux. Dans une telle économie, les moyens de production appartiendraient à la société elle-même et seraient utilisés d’une façon planifiée. Une économie planifiée, qui adapte la production aux besoins de la société, distribuerait le travail à faire entre tous ceux qui sont capables de travailler et garantirait les moyens d’existence à chaque homme, à chaque femme, à chaque enfant. L’éducation de l’individu devrait favoriser le développement de ses facultés innées et lui inculquer le sens de la responsabilité envers ses semblables, au lieu de la glorification du pouvoir et du succès, comme cela se fait dans la société actuelle.

Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ?

La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public.

Notes

1. Albert Einstein né le 4 mars 1879 à Ulm, dans le Wurtemberg (Empire allemand), et mort le 18 avril 1955 à Princeton, dans le New Jersey(États-Unis), est un physicien théoricien. Il publie sa théorie de la relativité restreinte en 1905 et sa théorie de la gravitation, dite relativité générale, en 1915. Il contribue largement au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie, et reçoit le prix Nobel de physiquede 1921 pour son explication de l’effet photoélectriqueN 2. Son travail est notamment connu du grand public pour l’équation E=mc2, qui établit une équivalence entre la masse et l’énergie d’un système. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands scientifiques de l’histoire, et sa renommée dépasse largement le milieu scientifique. Il est la personnalité du XXe siècle selon l’hebdomadaire Time. Dans la culture populaire, son nom et sa personne sont directement liés aux notions d’intelligence, de savoir et de génie (source: Wikipedia)

2. Lev Davidovitch Landau (en russe : Лев Давидович Ландау, [lʲɛv dɐˈvidəvʲitɕ lɐnˈda.u] Écouter), né le 22 janvier 1908 à Bakou (Empire russe) et mort le 1er avril 1968 à Moscou (Union soviétique), est un physicien théoricien soviétique. Il est lauréat du prix Nobel de physique de 1962 « pour ses théories pionnières à propos de l’état condensé de la matière, particulièrement l’hélium liquide1 » mais ses contributions à la physique vont bien au-delà et couvrent de nombreuses branches où il apporta des formalisations théoriques des phénomènes de la mécanique des fluides à la théorie quantique des champs. Il élaborera ainsi un formalisme théorique des transitions de phase de deuxième ordre, de la supraconductivité (théorie de Ginzburg-Landau), du diamagnétisme, des liquides de Fermi, etc. Il est aussi crédité d’avoir anticipé l’existence d’étoiles à neutrons (ou, du moins, d’étoiles denses de particules subatomiques sans charge électrique) avant même la découverte des neutronsen 1932 (source: Wikipedia)

Traduit du grec

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35 réflexions sur « Einstein et Landau : Génies scientifiques mais aussi … anticapitalistes antistaliniens ! par Yorgos MItralias »

  1. Un grand merci, de tout cœur. L’essentiel y est exprimé, avec suffisamment d’enthousiasme pour redonner du courage aux individus qui en ont tant besoin depuis le fond de leur solitude.
    Vive la Commune, vive l’amour, et vive l’art !

    2
    1. Oh oui. Chaque individu est seul avec lui-même. Il faut redonner du courage pour que nous devenons des êtres humains pour travailler, nous instruire et nous distraire.
      La vie que nous menons chacun de nous n’est pas une vie normale.

      1
  2. Bonsoir,
    Je ne connais pas la physique et le socialisme.
    Lorsque je travaillais à Bordeaux, je prenais chaque jour le Train Express Régional. A cet époque j’habitais à 35km et devais faire chaque matin et soir 10km en automobile.
    Lors de grève SNCF je prenais mon auto puis des bus de substitution ont été mis en service. Ces grèves nationales se sont poursuivies et devenaient de plus en plus nombreuses. Heureusement des associations sont venues à ma rescousse mais le phénomène demeurait ainsi.
    Avec du recul, je peux dire que les usagers ont vécu des sacrifices énormes..
    Bloquer tout le monde pour quelques revendications est anti démocratique. Avec d’autres nous avons offert avec dignité et respect notre consentement à ces grèves alors que nous n’étions pas responsables.
    Mesdames & Messieurs de la SNCF,
    Mesdames & Messieurs les Présidents des Conseils régionaux
    Mesdames & Messieurs les secrétaires des syndicats,
    Messieurs et Mesdames les politiques,
    Faites quelque chose de plus humain.
    Bonne soirée

    1. Votre demande est très classique. Mais votre vision est tronquée. Vous estimez que la démocratie interdit à une minorité d’agir. Et pourtant les bourgeois, les financiers, etc, ne manquent pas d’agir. Tout est rapport de forces dans la société ! La démocratie permet uniquement de sanctionner l’abus de pouvoir en désignant (périodiquement ou plus rapidement) d’autres dirigeants. Dans le cas de la SNCF, les travailleurs ont davantage lutté contre les intentions libérales de dépecer l’entreprise, de ne pas respecter le statut spécial de ces « fonctionnaires » cheminots et de les remplacer par des contrats limités et de la sous-traîtance, etc. Ainsi les RER sont désormais gérés par les Régions, dont certaines sont moins riches que d’autres. L’Etat favorise les TGV, soit aussi un groupe intéressé de voyageurs. Pour que les « petits » puissent s’opposer aux minorités dominantes, ils doivent être nombreux, prendre des risques de la lutte, et menacer les dirigeants trop libéraux… et le plus souvent c’est pas gagné !

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      1. @ chabian,
        Pas tout à fait d’accord.
        L’offre commerciale de la SNCF n’existe pas en Région. Existe des PUB et tout le reste infiniment minuscule pour les Trains Express Régionaux.

        1. Une des « bonnes questions » est pourquoi avoir organisé un système où on doit se déplacer de 90 km chaque jour pour être productif ?
          (réponse courte : les centres villes gentrifiés + l’idéal pavillonnaire individualiste ,
          ceci étant dit sans aucun préjugé de savoir si tel est votre cas particulier, il y a N autres raisons bien sûr;
          mais le besoin en terme de TER est déterminé en partie importante par ces questions)

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  3. Salut les premiers de la classe,

    C’est vachement touffu ce sujet. dis donc. J’ai découvert Lev Landau merci, le seuls que je connaissais étaient un acteur dans Cosmo 1999 et l’autre personnage dans Star wars, hé ouais chacun son niveau les mecs.

    Bon moi Einstein j’adore, je comprends rien, sauf par fulgurances de quelques micro seconde et pfiuuuut disparu.

    Son texte sur le socialisme me semble toujours efficace dans cet avertissement :

    « Il est cependant nécessaire de rappeler qu’une économie planifiée n’est pas encore le socialisme. Une telle économie pourrait être accompagnée d’un complet asservissement de l’individu. La réalisation du socialisme exige la solution de quelques problèmes socio-politiques extrêmement difficiles : comment serait-il possible, en face d’une centralisation extrême du pouvoir politique et économique, d’empêcher la bureaucratie de devenir toute-puissante et présomptueuse ? Comment pourrait-on protéger les droits de l’individu et assurer un contrepoids démocratique au pouvoir de la bureaucratie ? »

    Perso, un début de réponse à la question du Monsieur sur comment serait-il possible qu’on ne finisse pas en dictature quoi en gros, m’intéresse au plus haut point. J’aurai aimé d’ailleurs que 142 de QI laisse quelques pistes de démarrage ! Y en a ? Où ? Sinon, on s’en passera mais dommage…

    et pour les savants est-ce que l’un de vous sait de quel « puissant tabou » il parle dans :

    « La clarté au sujet des buts et des problèmes du socialisme est de la plus grande importance à notre époque de transition. Puisque, dans les circonstances actuelles, la discussion libre et sans entrave de ces problèmes a été soumise à un puissant tabou, je considère que la fondation de cette revue est un important service rendu au public. » ?

    1. @CloClo cet article remarquable a l’immense mérite de faire connaître cet aspect de la production de Lev Landau qui avec son co-auteur Evguéni Lifchitz est cependant bien connu des lecteurs de ce genre de littérature.

      Il n’y a pas que la physique qui rapproche Einstein et Landau, malgré leur différence de génération, leur idéalisme transparaît dans leurs prises de position, le traitement reçu en union soviétique lui ayant permis de retrouver le droit chemin, et éliminer ses concurrents éventuels.

      Peut être a-t-il aussi au moins indirectement oeuvré efficacement à doter l’humanité d’explosifs nucléaires performants.

      1. C’est curieux les notices wikipedia de Lifschitz/Lifchits/Lifshitz en français et anglais ne mettent pas du tout l’accent sur la même chose : la relativité pour les français, les forces de Casimir (« électrodynamique du vide ») pour les anglophones.

        Pour détendre un peu l’atmosphère, la blague admise chez les physiciens sur la série « Landau-Lifshitz » (qui à ma génération était « rouge et noir édition de Moscou » avec cette gueule là : https://www.leslibraires.fr/livre/13740661-electrodynamique-des-milieux-continus-tome-8-l-landau-e-lifchitz-editions-de-moscou), c’est que dans ces bouquins:,
        « il n’y a pas une idée de Lifshitz et pas une ligne de Landau »,
        ou en anglais :
        « It is said that Landau composed much of the series in his head while in an NKVD prison in 1938-1939.[1]
        However, almost all of the actual writing of the early volumes was done by Lifshitz, giving rise to the witticism,
        « not a word of Landau and not a thought of Lifshitz ».[2] »
        (dans https://en.wikipedia.org/wiki/Course_of_Theoretical_Physics)

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        1. Même si c’était *vraiment vrai  » (le tome de mécanique des fluides doit beaucoup à EL, ne serait-ce que parce qu’il a été sérieusement remanié lors des éditions successives), même si EL n’avait fait que transcrire, quel chef d’œuvre de limpidité !

      2. La competition est devenue tellement rude que des eleves connaissent les 5 tomes sur le bout des doigts avant meme d entrer dans le superieur ! Leurs parents doivent les pousser , comment j en sais rien , et ensuite on dira que le niveau baisse !

    2. Le « puissant tabou », c’est sans doute la propagande de guerre puis la suite dans la guerre froide (Iron Curtain : 1947, expression de Churchill).
      L’interdiction de facto du PC aux USA était particulièrement indiscutable à ce moment, me semble-t-il.
      En lisant l’histoire du PC américain (devenu « Parti des travailleurs d’Amérique » en façade, puis plus en façade mais en profondeur, si je suis bien),
      on voit un peu les capacités du système capitaliste étatsunien à métaboliser pleins de choses qui s’y opposent, soit par le fait d’un certaine abondance, soit par de grandes
      transformations qui se font sur un matériau auquel manque au fond la « colonne vertébrale ». Sans approuver tout ce que dit Michéa et en lisant Jaurès en filigrane, l’esprit de résistance
      des socialistes qui ont eu à combattre en masse pour les travailleurs a eu comme point d’appui, en plus des pensée de Karl et Friedrich, les restes des solidarités paysannes.

      1. Oui timiota, je me rappelle pour une fête de l’huma, j’avais rencontré l’un des fils Rosenberg Robert ou Mickael Meerpool (nom adoption). Leurs parents sont morts sur la chaise électrique soupçonnés de contre-espionnage pour l’Urss. Leur père travaillait pour le projet Manhattan (bombe atomique).
        Triste pour des enfants de chercher la vérité

  4. Je vois dans la dernière note et en consultant Wikipedia que Landau, une fois libéré de la prison soviétique en 1939, ne quitte pas le pays (et n’est pas expulsé) et, ayant reçu le prix Nobel en 1962, est mort à Moscou en 1968. Il est aussi récompensé du Prix Staline en 1949 et 1953 et comme Héros du travail socialiste en 1954. A-t-il maintenu longtemps son antistalinisme de 1938 ? Je crois que la question peut être posée. Il a aussi fréquenté Cambridge…

    1. Autant donner les références … s’il y en a que cela intéresse !

      La référence pour la vie de Lev Landau est le bouquin de Gennady Gorelik, en russe seulement, je crois, Советская жизнь Льва Ландау (La vie soviétique de Lev Landau). Mon édition est de 2008, je ne sais pas s’il y avait eu une avant (j’en doute un peu, ce n’est pas vraiment un blockbuster).

      Un article fort bref avait paru dans Physics Today en 1995 :
      http://people.bu.edu/gorelik/Landau_PhysicsToday_1995.htm
      Vous trouverez la réponse à votre question à la fin.

      On doit aussi à Gorelik, entre autres, des articles sur la vie et les travaux de Matvei Bronstein ( http://people.bu.edu/gorelik/MPBronstein_100/MPBronstein_100.htm ).

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  5. Bravo pour ce texte, et l’hommage à tous ces concentrés d’intelligence ET de coeur aussi👍👌
    Mais voilà, le droit de propriété et la cupidité, cette « domination » futile et vaine ont présidé et président encore aux priorités des sociétés contemporaines menacées d’extinction …quelle misère ! Pourquoi donc les plus tordus sont valorisés ?
    Pourquoi donc rapetisser la vie à de si faibles enjeux plutôt q favoriser l’expansion, l’émulation des lois de la connaissance, du savoir, du partage et de la créativité, qui elles st infinies et joyeuses ??!!
    Pourtant: « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées q sur l’utilité commune », Art 1 alinea 2 Déclaration des droits de l’homme et du citoyen…!

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  6. Lev Landau est un physicien théoricien, un génie mathématicien. Selon Wikipédia il a mis en place le principe de la bombe nucléaire. Rappelons nous la bombe qui a explosé au Japon et tuant un nombre important de civils.

    1. Landau n’est ni Kurtchatchov, ni Sakharov, ni même Zeldovitch: ses travaux en « physique spéciale » (« militaire ») se sont limites au minimum de ce squi pouvait être toléré, à savoir des travaux de math appliqués pour prédire les « performances » de différents assemblages et de différents matériaux.
      Il a même rompu avec Zeldovitch quand celui-ci, qui avait été son élève, insista pour qu’il s’implique plus activement dans les activités spéciales.

      Vous trouverez une foule de physiciens bien plus impliqués que Landau dans ces programmes spéciaux, beaucoup contre leur gré ; il a su se construire le plus petit rôle qu’on pouvait tolérer de sa part.

      Vous pouvez vous reporter au Premier Cercle de Soljenitsyne pour avoir une idée de la réponse à la question « N’aurait-il pas pu, du moins, ne rien faire ? »

  7. Paul, j’ai parcouru ta derniere vidéo. Tu es encore loin de te repentir sur tes enculeries de subprimes,
    Tu restes bouffi d’orgueil,
    Et ta tendance a la divagation s’aggrave.
    Tes vidéo se baladent a 2 kvues.
    Le mieux : coupe tout

    1. Petite réflexion sur les Trolls en général. Ils aiment contrarier, c’est dans leur nature. Une expression qu’on emploie souvent à ce propos, c’est dire « Ils y trouvent un malin plaisir ». « Malin », ici pas au sens d’ « astucieux », mais de diabolique, au sens où on appelle aussi Satan, « Le Malin ».

      Dans son Histoire naturelle et morale des Indes occidentales (1589), Joseph de Acosta écrivait ceci :  » … maintenant que l’idolâtrie a été extirpée de la meilleure et de la plus noble partie du monde, Satan s’est retiré dans les régions les plus lointaines, et a régné sur cette autre partie du monde, qui pour être beaucoup moins noble, n’en est pas moins supérieure en dimension ».

      Si l’on lit « monde des livres » là où il est dit « la meilleure et la plus noble partie » et « Internet », là où il est écrit « cette autre partie du monde, qui pour être beaucoup moins noble, n’en est pas moins supérieure en dimension », on a peut-être trouvé le début d’une bonne explication.

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      1. Extrait : « Cette constitution va-t-elle vraiment poser les bases d’un nouveau système de société ? Le processus sera difficile, selon Damien Larrouqué : « Une résistance va se mettre en place dans les mois à venir. Que va-t-il se passer si on déclare l’école comme un droit ? Quid des écoles privées et des cliniques qui ont prospéré grâce à un système de santé privatisé à l’excès ? Que faire des fameuses administrations de fonds de pension qui tiennent le système de retraite par capitalisation ? Vous avez un certain nombre de forces politiques, sociales, économiques qui vont vraisemblablement aussi freiner des quatre fers contre la proposition d’un nouveau modèle de société. » Ces changements interviendront alors que le Chili, comme beaucoup d’autres pays dans le monde, va devoir faire face aux nombreuses difficultés économiques et sociétales résultant de la pandémie de Covid-19. »

        Freiner des 4 fers…

    1. C’est d’ailleurs un point aveugle sidérant après-coup que le PCG de 1972 ait fait une totale impasse sur le changement de Constitution d’où les difficultés avec le Conseil d’Etat entre autres à partir de 1981 et le silence confortable de Mitterrand avec cette constitution de 58 qu’il n’avait cessé de dénoncer.
      https://www.lemonde.fr/archives/article/1972/07/05/point-de-vue-sur-le-programme-commun-pas-question-de-bouleverser-la-constitution_3031809_1819218.html

  8. Certains pensent que changer est plus difficile que disparaître, je me dis qu’il faut les attaquer ( en simulant mes fermement) avec un bâton ou un couteau pour leur faire redécouvrir leur instinct de survie.

    Le courage de certains hommes nous rappelle la valeur d’un grand coeur.

    Il me vient à l’esprit la charte de l’Atlantique et les 4 libertés de F.D. Roosevelt :

    « Dans les jours à venir, que nous cherchons à rendre sûrs, nous entrevoyons un monde fondé sur quatre libertés essentielles.

    La première est la liberté de parole et d’expression — partout dans le monde.

    La deuxième est la liberté de chacun d’honorer Dieu comme il l’entend — partout dans le monde.

    La troisième consiste à être libéré du besoin — ce qui, sur le plan mondial, suppose des accords économiques susceptibles d’assurer à chaque nation une vie saine en temps de paix pour ses habitants — partout dans le monde.

    La quatrième consiste à être libéré de la peur — ce qui, sur le plan mondial, signifie une réduction des armements si poussée et si vaste, à l’échelle planétaire, qu’aucune nation ne se trouve en mesure de commettre un acte d’agression physique contre un voisin — n’importe où dans le monde.

    Il ne s’agit pas là de vues concernant un millénaire éloigné. C’est la base précise du genre de monde à la portée de notre temps et de notre génération. Ce monde est l’antithèse même du prétendu nouvel ordre tyrannique que les dictateurs cherchent à instaurer en faisant exploser une bombe1.

    Très simple et très clair.

    Et bien sûr « l’éloge de l’oisiveté  » de Bertrand Russel, si bien mise en scène par Dominique Longvaux : » https://www.youtube.com/watch?v=7KpxsqwNF0o« 

    1
  9. Je remercie M. Yorgos Mitralias de m’avoir fait découvrir ce texte sur « Pourquoi le socialisme » par Albert Einstein. Il m’arrive de recourir à une analogie avec le principe de la relativité pour tenter d’expliquer une intuition qui est que les humains se comportent selon un continuum individu-collectivité. Je sais maintenant qu’Einstein lui-même a déjà envisagé la chose sous cet angle « l’homme est en même temps un être solitaire et un être social ». L’on peut regretter qu’il n’ait pas poursuivi plus en avant pour mettre son observation en équation. Cela eut-été d’un grand secours pour notre ‘science’ économique qui est bien en peine de trouver un modèle lui permettant de relier le solitaire au social.

    J’aimerais toutefois revenir sur cette idée apparemment installée au sein de l’appareil idéologique de la gauche, cette idée que les moyens de production devraient appartenir à la société elle-même. Avec ce que cela comporte de « centralisation extrême du pouvoir politique et économique » Albert Einstein redoutait l’hypertrophie de la bureaucratie et l’asservissement de l’individu. Une certaine circonspection étreint également nos contemporains dès lors que l’on évoque la mise en cause de la propriété privée et la collectivisation de la production et de la consommation. Je pense en particulier à nos contemporains qui ont une sensibilité de gauche. J’entends par là ceux qui considèrent sans tortiller du fondement que la collectivité (l’Etat) doit favoriser les citoyens qui disposent uniquement de leur force de travail, qui espère en vivre et vivre bien, que la dite force de travail ait trouvé preneur ou pas, pendant qu’il sont actifs -dans la force de l’âge – mais également à la fin de leur vie.

    Mon sentiment est que nos velléités de socialisation des moyens de production nous sont inspirées par l’importance que nous accordons, trop hâtivement, à la possession d’un stock de richesses. Lors du cheminement dans son raisonnement Albert Einstein semble avoir oublié ce qu’il a nommé auparavant le deuxième principe important « le contrat de travail libre » ! Il porte son attention sur le caractère libre du contrat de travail pour le déplorer mais sans s’attarder sur le fait que, dans le contexte où il écrivait, c’est principalement en recourant au contrat de travail que le capital parvenait à engendrer un flux de nouveaux biens qui deviennent la propriété du capitaliste. Pour qu’il y ait création de nouveaux biens, il doit nécessairement se produire une dynamique de transformation du tas inerte de biens d’avant vers un nouveau tas supérieur au précédent via l’incorporation de ce que permet le contrat de travail (fût il non libre d’ailleurs) notamment.

    Fort heureusement cette dynamique, cet engendrement d’un flux de richesses, implique le recours au collectif. On pourrait ainsi dire en paraphrasant Albert Einstein que le capital est une possession privée et un instrument (un moyen d’action) collectif. Il est important de relever ici que c’est sous cet angle de passage d’une possession privée à une action collective que le capital apparait chez Paul Jorion « le capital est une ressource qui manque à l’endroit où elle est nécessaire pour permettre un processus économique de production, de distribution ou de consommation ». C’est donc au travers d’une dynamique de recours au collectif que le capital engendre la concentration des richesses (selon le mécanisme expliqué par Paul Jorion) jusqu’au grippage complet de la machine.

    Dès lors, la collectivisation des moyens de production ne saurait constituer une solution satisfaisante contre le principal méfait du capitalisme, la concentration des richesses dont il a été relevé qu’elle procède d’une dynamique de recours au collectif (et aux aubaines prodiguées par la nature) associée à l’accaparement du fruit du labeur au détriment des ouvriers (selon la terminologie d’Albert Einstein) des salariés (selon Paul Jorion). La collectivisation des moyens de production n’est donc pas opérante tout comme serait contre-productif une focalisation excessive sur la question passionnante et passionnelle de la propriété privée. Après tout qu’importe le propriétaire du capital dès lors que le fruit qu’il engendre et dont la production passe nécessairement par le recours au collectif est convenablement réparti ?

    C’est donc sur la question de la répartition du fruit de l’activité des entreprises qu’il convient de porter toute notre attention. Ce qui nous ramène à un précédent article du blog « d’une économie capitaliste à une économie humaniste ». Au sujet de cet article, il m’avait semblé utile de revenir sur ce qu’il convient d’appeler les raisons d‘agir pour souligner que même s’il n’y avait pas de menace sur notre environnement – j’ajoute : alors même qu’il y en a (on pourrait reprendre sans la modifier l’expression du dépit rapporté par Albert Einstein : pourquoi êtes-vous si sérieusement opposé à la disparition de la race humaine ?) – que même si l’on n’éprouvait aucun attrait pour l’humanisme, l’abolition du privilège actionnarial s’impose simplement comme l’indispensable rétablissement de la justice, comme la condition nécessaire pour vivre ensemble, en paix.

    J’ajoute également quelques petits détails que l’on pourrait trouver accessoire :
    D’abord en lieu et place des notions de richesses créées ou de surplus, on pourrait parler de « l’écart au coût de la perpétuation de l’organisation ». Il me semble admissible de veiller à la survie d’une entreprise, non pas qu’il me plaise d’en faire un organisme vivant mais parce que c’est une condition de la continuité de création des richesses. D’ailleurs, notre comptabilité actuelle pourvoit à la perpétuation des entreprises en prévoyant une dotation aux amortissements.
    Ensuite, après ce développement sur le recours au collectif dans l’engendrement du flux de richesses, il parait inopportun d’écarter ce dernier de la répartition de l’écart au cout de la perpétuation de l’entreprise. Je parle bien du collectif (de l’Etat si vous voulez) de celui qui prend soin du cheptel de salariés (de même que de celui des patrons et des actionnaires d’ailleurs), qui crée et entretien les infrastructures sans lesquelles il serait difficilement possible d’entreprendre. Je sais bien que l’impôt existe mais nos Etats pratiquent l’imposition comme une mesure corrective qui intervient après la bataille, après la répartition de l’écart au coût de la perpétuation de l’entreprise. Par ailleurs si l’une des parties (au hasard les salariés) venait à disparaitre de la création des richesses, l’état pourrait toujours conserver la part qui lui permettra de prendre soin de ces citoyens dont la force de travail n’a pas trouvé preneur (temporairement).

    Il y’aurait donc selon l’article et selon ce qui précède cinq parties prenantes : l’Etat, la Nature, le Salariat, le Patronat et l’Actionnariat. Quant à savoir quelle part de l’écart au cout de la perpétuation de l’entreprise reviendrait à chacun, c’est bien une autre question. Et si un jour une clé de répartition était élaborée, il me semblerait approprié de l’appeler « la clé Jorion ». Mais de cela (de la clé et de sa dénomination) seul l’avenir est maître.

    1. @JeNeSauraisVoir 7/7 à 18h02

      Trois jours plus tard … Je suis vraiment surpris de l’absence de réaction/commentaire à ce texte si richement charpenté…
      Évidemment le début-juillet n’est pas propice.

      ((Vous pourriez peut-être proposer à P.Jorion d’en faire un billet à un moment qu’il jugerait plus adéquat..?))

    2. Oui, je comprends la réaction d’Otromeros. Texte riche et emprunt de « vision ». C’est pas tous les jours.

      D’un autre côté (sur le mode « paille dans l’oeil de l’autre, poutre dans le mien ») le fait de proposer une partition fine en 5 groupes désamorce la polémique (ou la « disputation »).

      Un peu trop de degrés de libertés, à moins de restreindre (3 des 5 groupes interviennent à l’étape A, tel autre sous-groupe de 3 à l’étape B etc., la « matrice d’interaction » ou adjacency matrix pour les graphes) .

      D’un autre côté, une partie de la philosophie de l’état « gardien collectif du troupeau des salariés » est en filigrane présente chez Mariana Mazzucato (The Entrepreneurial State) sur lequel j’ai fait un billet.

      L’auto-préservation, sans vouloir diminuer la richesse de la masse de pistes, n’est pas sans évoquer l’économie « donut » de Kate Raworth.

      J’exprimerais un peu différemment un principe qui doit se rapprocher de l’idée de JeNeSauraisVoir : les outils doivent être aux mains d’un collectif formant un « système associé » au sens de Bernard Stiegler : de gens qui partagent la connaissance des tenants et aboutissants, dynamiquement (comme de la sève montante et descendante, une autre métaphore que celle du système associé « de base à la Stiegler » qui est que chaque « récepteur » puisse avoir une place de « locuteur ») . Et en effet pas au main d’un collectif bureaucratique qui le gouvernerait « de dehors ».
      Les 2 ou 3 exemples que je donne de « systèmes associés existants » sont : la gestion de l’eau dans la Huerta de Valencia (le Tribunal de las Aguas en étant la pointe un peu folklorique mais quand même la plus vieille juridiction d’Europe encore en place) ; l’industrie aéronautique civile, qui a réussi à faire baisser l’accidentologie malgré l’arrivée des compagnies low-cost. Ca « questionne » si on regarde les dérives de tout le reste (p ex le médical) . Et l’industrie des semi-conducteurs (et pas des contenus) qui là-aussi atteint des fiabilités et des perfomances énaurmes grâce à des formes de partage de savoir-faire assez poussées (Voir l’ex ITRS, qui a changé de nom récemment pour IRDS si j’ai bien compris (https://irds.ieee.org/)

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  10. Merci @Otromeros.

    Il faut reconnaître que d’avoir posté mon texte longtemps après les autres réactions n’a pas aidé.

    Bonne idée, je vais trouver un titre, corriger les coquilles et proposer à Paul Jorion d’en faire un article à parcourir au retour de la plage et avant l’apéro ou à un moment plus adéquat.

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