Élection présidentielle en France 2022 – Sondage Harris-Interactive

Le sondage Harris-Interactive du 20 octobre. J’ai agrégé les chiffres.

23,0 – 25,0% – Emmanuel Macron

17,0 – 18,0% – Éric Zemmour

16,0% – Marine Le Pen

14,0% – Xavier Bertrand
10,0% – Jean-Luc Mélenchon

10,0% – Valérie Pécresse
8,0 – 9,0% – Yannick Jadot

8,0% – Michel Barnier
4,0 
- 5,0% – Anne Hidalgo

3,0% – Arnaud Montebourg
2,0% – Fabien Roussel


1,0 – 2,0% – Nicolas Dupont-Aignan
1,0% – Nathalie Artaud

1,0% – Philippe Poutou

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144 réflexions sur « Élection présidentielle en France 2022 – Sondage Harris-Interactive »

  1. Rumeur d’un sondage Ipsos qui sortirait aujourd’hui ou demain, avec Zemmour à 21%, soufflant dans le cou de Macron à 23%, et laissant dans la poussière Le Pen et Bertrand à 13% (ou moins si c’était Pécresse ou Barnier). Tandis que Mélenchon serait le candidat de gauche le mieux placé avec… 8%.

    J’ai une impression de déjà vu.

    Si cette rumeur est confirmée – ça n’est pas certain tout de même, à ce stade c’est une rumeur – je pense que je vais essayer d’arrêter de commenter jusqu’à ce que le mouvement ascendant du non-candidat-mais-personne-n’est-dupe plafonne. Et que la poussière retombe, qu’on y voie un peu plus clair.

    1. Rummmmeur… Brrrr !

      Je suis vraiment surpris de constater que Paul Jorion accorde encore du crédit au monde sondagier, et ne trouve rien à redire au fait d’en « agréger » les assertions.

      Ce blog, intelligent, devrait s’intéresser d’abord à l’analyse des structures, à la critique des méthodes, bref, à tout ce qui concerne les sondages, sauf, précisément, à ce qu’ils annoncent, qui ne vaut guère mieux que l’avis des augures dans la Rome antique ! Souvenez-vous : selon Cicéron, « Deux augures ne peuvent se regarder sans rire ! ».

      Il se trouve que Médiapart publie, à ce moment même, un article intitulé : « Les sondages, toujours moins fiables, mais toujours plus décisifs. » Je ne peux malheureusement pas le dupliquer in extenso ici, mais croyez-moi, ça vaut son pesant de tripes de poulet ! Voici la conclusion :

      Qu’en pensent les Français ? Il faudrait leur demander : « À chaque élection, les instituts de sondages se trompent significativement, et leurs méthodes sont biaisées comme l’ont démontré différentes études scientifiques. Trouvez-vous qu’il faudrait accorder moins d’importance aux sondages dans les médias ? Oui/non. » La réponse serait peut-être instructive.

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        1. Les thermomètres aussi constituent une marchandise qui enrichit des vendeurs. Et les masques, et les vaccins. Et les livres de Paul Jorion, ou de Bégaudeau, ou de Karl Marx.

          Soit l’information est vraie, soit elle est fausse. Si les sondages sont truqués, il faut le prouver. Contrairement à ce que racontent tous ceux qui sont mécontents du résultat de leur prise de température, j’ai plus souvent été étonné par l’efficacité des sondages que par leurs erreurs.

          Tous les sondages vont dans le sens d’un glissement encore plus vers la droite du pays par rapport à 2017. Si c’est un complot sondagier, il est vaste.

          2
          1. Salut Marcel

            Tu dis :

            « Soit l’information est vraie, soit elle est fausse. Si les sondages sont truqués, il faut le prouver.  »

            Or, Marc dit plus haut :

            « À chaque élection, les instituts de sondages se trompent significativement, et leurs méthodes sont biaisées comme l’ont démontré différentes études scientifiques. … »

            Je n’ai pas accès à ces « études scientifiques ».

            Mais on peut s’interroger sur le fait non pas de prendre la température, mais du pourquoi et du comment on la prend.

            Pour vous faire glisser un doigt, préférez vous à sec ? Le beurre ? L’huile ? La vaseline ?

            5
            1. Salut CloClo.

              À vrai dire, je ne suis pas non plus complètement naïf par rapport aux sondages, pas plus que par rapport aux médias dans lesquels les milliardaires n’investissent pas par pur amour de l’information. Bien sûr qu’il faut se méfier et être attentif. Mais je ne crois pas non plus au grand complot tout puissant de manipulation de masse impliquant depuis des décennies dans toutes les grandes démocraties des instituts de sondages employant de nombreux collaborateurs sans que des scandales n’éclatent.

              C’est la même chose pour les agences de cotations. Après 2008, c’était un des grands sujets que des gens remettaient régulièrement sur le tapis sur ce blog ou ailleurs, comme l’abominable loi Pompidou-Rothschild de 1973. Les gens sont passés à autre chose pour la plupart, et on parle d’ailleurs de moins en moins finances sur ce blog. Râler après les sondages, ça, ça revient à chaque élection.

              Dans les deux cas, sondages ou cotations, ces instituts ont aussi des clients et des réputations à protéger, tous comme les médias. Payer pour faire mentir aux autres, c’est une chose ; payer délibérément pour se faire mentir, c’est plus rare.

              De manière générale, au niveau de l’info, le problème fondamental me semble être avant tout le conformisme carriériste et la nécessité de ramer dans le sens du courant et des idées dominantes, que ce soit pour monter dans la hiérarchie et devenir une star ou simplement pour surnager économiquement, plutôt que la complicité dans de véritables manipulations machiavéliques, qui, elles, peuvent vous faire sauter comme fusible s’il y a fuite de l’info quelque part.

              Après, évidemment que Paris-Match a bien aidé Macron il y a cinq ans, je ne suis pas complètement naïf non plus. De même que Mélenchon s’est fait tirer dessus à gros boulets par toute une presse de centre gauche dès qu’il est devenu dangereux dans les sondages (ce qui montre bien dire qu’ils les prenaient au sérieux, leurs sondages…).

              [4ème tentative de poster ce commentaire rédigé avant lecture des deux réponses ci-dessous]

          2. Vous n’avez visiblement jamais travaillé pour un institut de sondage.

            Si vous aviez fait ce job, un des plus ingrats au demeurant, vous sauriez comment ils sont bidonnés : des éléments aussi évident tels que la formulation de la question, l’ordre des questions, la constitution du panel et les critères de recevabilité des réponses (avec des différences méthodologiques substantielles entre les sondeurs – tout le monde sachant dans le milieu qui est strict/rigoureux et qui l’est beaucoup moins) -, et d’autres, plus subtils, tels que l’heure d’appel ou le choix de l’interviewer par exemple, permettent d’obtenir en pratique les résultats approchés que l’on souhaite, ou plutôt que le client souhaite !

            Car le sondage est un business (lucratif). Et comme tout business il s’agit de satisfaire le client.
            Ce qu’il faut bien comprendre c’est que le client se fout la plupart du temps de la réponse réelle à la question qu’il se pose (comme souvent dans le consulting), mais il souhaite disposer d’un élément chiffré à mettre en évidence auprès de ses clients/actionnaires/fournisseurs et auprès des institutionnels et de la société civile.
            La société de sondage sert à ça : son métier réel est de livrer, moyennant une certaine somme d’argent (élevée) un élément de marketing/communication d’influence, qui sera ensuite utile à son client.

            Et là, je ne parle même pas de ce qui se passe quand les enjeux sont politiques, avec en sus, dans ce cas, des « conflits d’intérêts » à la pelle ! : indépendamment de toute manipulation par sympathie idéologique, allez vous vous tirer une balle dans le pied en ne favorisant pas l’élection du candidat le plus susceptible de vous passer ensuite un très grand nombre de commandes ? Ou bien n’allez vous pas être tenté, de façon informelle, de facturer un sondage disons « accommodant » en échange de plus de commandes de sondages une fois l’élection passée.

            Mais bien sûr, il y a pire ; comme des pratiques à la limites de la légalité qui consistent, plus ou moins indirectement, à réutiliser ou bien même à monétiser, pour le propre compte de l’agence, des informations obtenues à l’occasion d’une mission passée au service d’un client.

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          3. « Si les sondages sont truqués, il faut le prouver »
            Ils sont rarement délibérément truqués (bien que ça puisse arriver !), mais ils sont structurellement vains, et manipulateurs.
            Je tente de copier/coller ci-dessous l’article de Médiapart, qui documente beaucoup de faits précis à méditer . Pardon pour la mise en page qui sera certainement perdue. Il faudra donc faire un petit effort de hiérarchisation :

            Les sondages : toujours moins fiables, mais toujours plus décisifs
            20 OCTOBRE 2021 PAR SARAH BRETHES ET ANTTON ROUGET
            À l’approche de chaque présidentielle, la machine à sonder s’emballe. Élaborés sur la base d’enquêtes politiques de plus en plus fragiles, quasiment pas contrôlés, présentés par les médias comme des « événements », les sondages fabriquent les candidats et confisquent les scrutins. Anciens employés d’instituts et chercheurs racontent les coulisses à Mediapart.

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            127 COMMENTAIRESA +A –
            L’espace d’un instant, les soutiens de François Fillon ont retrouvé le sourire. Le 23 mars 2017, à un mois du premier tour de la présidentielle, le candidat des Républicains reprend quelques couleurs dans une campagne ternie par les affaires.

            Sur le plateau de « L’Émission politique », le grand rendez-vous de France 2, François Fillon a été cuisiné pendant plus de deux heures sur l’emploi fictif de son épouse à l’Assemblée nationale et les costumes offerts par un intermédiaire de la Françafrique. Mais, selon un sondage commandé par France TV à l’institut Harris Interactive, 28 % des Français ont été « convaincus » par ses arguments pendant l’émission.

            Surtout, 66 % des électeurs de droite ont été « convaincus » par leur candidat. C’est « six points de plus » que lors de son précédent passage sur France 2, en octobre 2016, rappelle le journaliste. « Vous convainquez davantage à droite, ce soir, après deux mois d’affaires, qu’en octobre avant la primaire. »

            À la question « François Fillon ferait-il un bon président ? », le candidat a, là aussi, « gagné dix points » chez les sympathisants de droite par rapport au mois d’octobre, ajoute le journaliste. « Vous remobilisez votre camp, mais il y a encore une grande fracture avec les Français. »

            À regarder comment les résultats du sondage commandé à Harris ont été obtenus, il paraît un peu osé de parler de « camp » ou de « Français ». De l’avis de plusieurs anciens sondeurs interrogés par Mediapart (voir notre Boîte noire), ce type d’étude, réalisée dans un temps très court, pose d’énormes problèmes de fiabilité et de représentativité, inversement proportionnels à leur impact sur le débat public. François Fillon n’atteindra jamais le second tour de l’élection présidentielle.

            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            Concrètement, comme tous les autres sondages réalisés lors des passages télévisés des candidats, celui de François Fillon a été préparé quelques heures avant l’émission, en mobilisant un panel de téléspectateurs amenés à répondre à quelques questions en ligne.

            Ils sont 1 219 — dont 368 sympathisants de droite — à répondre pendant l’émission. Avec une carotte à la clef : en participant, ils peuvent s’inscrire à un tirage au sort pour gagner 2 000 euros.

            Le sondage est lancé trente minutes après le début de l’émission, alors que le candidat commence tout juste à s’exprimer. Il est clôturé une heure et demie plus tard, le temps de « redresser » à la va-vite les résultats (essayer de faire correspondre les sondés à la composition du corps électoral), et de les insérer dans un Power Point.

            « L’idée est d’aller très vite, mais c’est en réalité sur une population très particulière [de répondants] », critique un ancien salarié d’institut. Comprendre : le panel, même après « redressement », ne reflète pas le corps électoral.

            « La moyenne des Français ne répond pas à ces horaires [tard le soir — ndlr]. Les panélistes [sollicitant les répondants] qui travaillent bien ne travaillent pas avec ce genre de structure », appuie un autre.

            Mais l’enjeu est ailleurs : avec ces études flash en pleine émission, France 2 peut brandir un chiffre à moindres frais, créer de « l’opinion » sur laquelle vont venir se greffer les avis d’« experts » en tout genre. Dans une illustration parfaite de cette bulle médiatico-sondagière qui se réenclenche à chaque élection.

            Passé les moments d’indignation collective, la logique du système politique et la curiosité font que l’on reprend à chaque fois les vieilles habitudes
            Nicolas Kaciaf, maître de conférences à Sciences Po Lille
            Cinq ans plus tard, la machine sondagière s’emballe à nouveau, transformant la présidentielle en « course de petits chevaux ». Après des précautions d’usage (« en fait-on trop ? », « est-ce vraiment fiable ? »…) vite balayées dans les rédactions, les enquêtes font la « une » de tous les journaux ou presque, dans le sillage des chaînes d’info en continu — elles sont quatre cette année — qui donnent le la. Avec un candidat de choix pour cette édition : le médiatique Éric Zemmour, dont les idées rances, ici réhabilitant Pétain, là attaquant les femmes, en font une machine à buzz pour faire grimper les audiences.

            Le 6 octobre, le « pas-encore-candidat d’extrême droite » affole les réseaux. Harris Interactive, dans un sondage commandé par Challenges, vient de le mettre en deuxième position des intentions de vote de la présidentielle, qui se tient dans six mois. Avec 17 %, il dépasse de deux points Marine Le Pen : une première ! Les télés embrayent : « Un sondage place Éric Zemmour au second tour », s’enflamme BFMTV.

            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            L’étude d’Harris repose sur un échantillon de 1 310 personnes – 1 062 inscrites sur les listes électorales dont seulement 764 certaines d’aller voter – qui ont été remerciées de leur participation par l’inscription à un tirage au sort mensuel mettant en jeu des lots d’une valeur de 2 000 euros. La marge d’erreur est de 1,8 % à 2,5 % pour les candidats situés entre 10 % et 20 % — ce qui suffit à largement dégonfler l’interprétation selon laquelle Zemmour doublerait Le Pen.

            Surtout, l’étude présente des biais méthodologiques que bien peu de personnes ont relevés. Harris Interactive a mesuré la « certitude d’aller voter » des électeurs en quatre catégories (de « pas du tout certain » à « tout à fait certain »), alors que d’autres instituts ont, eux, une échelle plus fine, de 1 à 10. Conséquence : le taux de répondants « certains d’aller voter » est, dans l’étude Harris, nettement supérieur à d’autres études précédentes.

            Ce qui peut avoir des incidences importantes dans la surreprésentation de certaines couches de la population, et donc sur le résultat final, comme l’a noté Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof-Sciences Po.

            Mais, d’une manière générale, les secrets de fabrication de la petite cuisine sondagière n’intéressent pas. Les incertitudes et les failles sont pourtant nombreuses, faute d’encadrement législatif suffisant.

            En 2011, le Sénat avait voté une proposition de loi visant à durcir le texte fondateur de 1977 et « assainir » un écosystème économique florissant. Le texte prévoyait notamment d’imposer aux entreprises de sondages de publier les « critères précis de redressement », ou encore d’interdire les « gratifications » offertes aux sondés – quasiment systématiques dans les enquêtes en ligne, méthode moins coûteuse et donc aujourd’hui largement dominante.

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            La proposition de loi, « une catastrophe pour les sondeurs », avait fini enterrée « par un veto présidentiel de Nicolas Sarkozy déguisé en rejet par la commission des lois de l’Assemblée nationale », résume le politiste Alain Garrigou, fondateur de l’Observatoire des sondages, qui rappelle que l’ex-chef de l’État était lui-même un boulimique d’enquêtes (son entourage est actuellement jugé dans l’affaire des sondages de l’Élysée, Nicolas Sarkozy étant protégé par l’immunité présidentielle).

            Dans ce contexte, « beaucoup de choses sont dénoncées depuis des décennies, mais sans écho. Passé les moments d’indignation collective [notamment après les ratés des sondeurs lors des présidentielles de 1995 et 2002 — ndlr], la logique du système politique et la curiosité font que l’on reprend à chaque fois les vieilles habitudes », relève Nicolas Kaciaf, maître de conférences en sciences politiques et co-directeur de la recherche à Sciences Po Lille.

            « L’inefficacité des critiques des sondages vient du fait que ce sont les mêmes politiques qui dénoncent les sondages qui sont les premiers à passer commande », ajoute-t-il. Et, au fil des décennies, un consensus mou atour de la pseudo-fiabilité des études s’est installé.

            Depuis 1977, c’est la commission des sondages, une autorité composée de hauts fonctionnaires « n’ayant aucune culture du sujet » selon les chercheurs, qui est chargée d’assurer un semblant de contrôle des sondages publiés, en inflation constante – de 14 lors de la première présidentielle au suffrage direct en 1965, on est passé à 560 en 2017.

            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            Deux spécialistes (une administratrice de l’Insee et un statisticien) doivent vérifier les « notices expertes », placées sous le sceau du secret industriel, transmises par les directions des entreprises. « Les sondeurs donnent ce qu’ils veulent », déplore Alain Garrigou, seul chercheur à y siéger. « Le problème vient de la loi, le niveau d’exigence est très faible », regrette son confrère Daniel Gaxie, professeur émérite à l’Université Paris 1-Sorbonne.

            Pis, les rares règles imposées (garder les mêmes échantillons lors des sondages par « vagues », ne pas publier de sondage de second tour qui ne soit pas le fruit des résultats du premier tour, appliquer la même méthode de redressement à l’ensemble des candidats) sont assouplies par des « exceptions » tolérées par la commission. « Sur le redressement, ce n’est pas forcément du doigt mouillé, mais on accepte que chaque institut ait ses méthodes », explique son secrétaire général, Stéphane Hoynck, jugeant bon de rappeler qu’il ne s’agit pas d’une « science exacte ».

            Entre 2019 et 2021, où quatre élections et des centaines de sondages se sont succédé (la France en est un consommateur record), la commission a fait publier cinq « mises au point » dans la presse pour des enquêtes « défectueuses ou manipulées ». Aucun signalement à la justice n’a été effectué.

            Les candidats sont fabriqués par les sondages
            Alain Garrigou, politiste, fondateur de l’Observatoire des sondages
            Or les sondages, et leur médiatisation, sont décisifs sur la suite de la campagne. Elles contribuent à crédibiliser une candidature, à en faire dégringoler une autre.

            « Par définition, les sondages d’opinion ne se trompent jamais car on ne peut pas les comparer à un phénomène réel. Or ils ont de bonnes chances de dire n’importe quoi (voir un exemple ici), et les gens les interprètent comme une prédiction », relève Daniel Gaxie.

            « Jamais les sondages n’ont pris autant d’importance et jamais ils n’auront autant dessiné le scrutin à venir », s’inquiète aussi Patrick Lehingue, de l’université de Picardie, qui souligne « un hiatus entre l’importance des conséquences et la fragilité des données. »

            Un ancien salarié du département politique d’un important institut souligne pour sa part l’effet « mécanique » induit par la dynamique sondagière. « Sur les intentions de vote, il y a un effet “vu à la télé”qui contribue à faire monter des candidatures [présentes médiatiquement — ndlr] dans les sondages, qui alimentent eux aussi la couverture médiatique, et ainsi de suite », explique-t-il.

            « Les médias oublient leur propre rôle, et leur effet sur les sondages, recadre un autre. En 2011, quand un premier sondage Harris place Marine Le Pen au second tour, cela fait des mois qu’il y a une banalisation du FN dans les médias. Aujourd’hui, ce qui se passe [avec Zemmour – ndlr] c’est un peu ça. »

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            PAR MICHAËL HAJDENBERG
            « Les candidats sont fabriqués par les sondages », estime Alain Garrigou dans un article publié dans Le Monde diplomatique. « Ils façonnent les élections en avantageant les candidats dont on parle le plus, […] en amenant à présenter des candidatures ou à y renoncer sur la foi de pseudo-études, en poussant les électeurs à calculer plus ou moins savamment quel vote est le plus judicieux, comment leur vote ne va pas être “perdu” sur un candidat sans chance de gagner, en renonçant à voter pour rien. »

            À ses yeux, les sondages sont des constructions dont « la réalité est mal assurée et, à cet égard, se rapprochent des fake news devenues endémiques ».

            « Le problème, c’est que le sondage est présenté dans un registre informatif », dans un paysage où « l’un des gros changements est le système médiatique dominé par le couple Twitter – chaînes d’information en continu, qui a besoin d’être nourri en permanence », reprend Nicolas Kaciaf, de Sciences Po Lille. « Quand on a en une journée une multiplicité de bandeaux sur BFMTV sur les bons résultats de Zemmour dans les sondages, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour savoir que, s’il dépasse Marine Le Pen, il va y avoir des défections dans son camp, et des ralliements », prédit le chercheur. « À gauche, il n’est pas sûr qu’Hidalgo et Montebourg se maintiennent, sur la seule base des sondages, qui est une base très faible », renchérit Patrick Lehingue.

            Les partis politiques eux-mêmes ont intégré la puissance des sondages pour conditionner le débat public, comme l’a montré une opération de la majorité d’Emmanuel Macron pendant le mouvement des gilets jaunes.

            Fin 2018, alors que le gouvernement appelle publiquement les représentants du mouvement à cesser de manifester et à se présenter aux élections, La République en marche commande à Ipsos un sondage sur les européennes, qui se tiennent en mai 2019.

            LREM veut tester pour la première fois une candidature gilets jaunes, non identifiée par une tête de liste. L’étude ne repose que sur 378 personnes inscrites sur les listes électorales et certaines d’aller voter aux élections européennes. Payée par le parti mais diffusée dans le Journal du dimanche, elle attribue le score spectaculaire de 12 % de voix à une liste du Mouvement des gilets jaunes. L’« information » est reprise partout, et conditionne la suite du mouvement social.

            « Tous les sondeurs ont du coup ajouté la liste des gilets jaunes [dans pas moins de 70 études, au total — ndlr], analyse un ancien salarié d’un institut. Cela a eu un impact énorme. La seule question est devenue : “Est-ce que vous allez vous présenter ?” On ne parle plus des revendications mais de qui sera tête de liste, c’est un détournement médiatique. »

            Forcément, la façon dont on oriente la question change tout, et le commanditaire de l’étude a le dernier mot
            Un ancien salarié d’une entreprise de sondages
            Une autre organisation politique a bien compris l’utilité des sondages dans le marasme médiatique actuel : La Manif pour tous (LMPT).

            Le mouvement anti-mariage gay a multiplié, ces dernières années, les commandes à l’Ifop pour des études censées démontrer que les « Français » ne voulaient majoritairement pas de la PMA. À chaque fois, les résultats du sondage sont relayés sur le site internet de LMPT, ses réseaux sociaux, puis sur les médias.

            Le 15 février 2021, à l’approche de la commission mixte paritaire sur le projet de loi d’ouverture de la PMA, le mouvement conservateur met la pression avec une nouvelle étude, censée aller dans son sens. « Sept Français sur dix souhaitent la suspension du projet de loi ou a minima la suppression des mesures clivantes comme la PMA sans père », jubile La Manif pour tous dans un communiqué de presse.

            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            © Photo illustration Sébastien Calvet / Mediapart
            Mais cette conclusion est contestable. La preuve : trois mois et demi plus tard, une seconde étude, réalisée par le même institut Ifop, mais commandée par l’Association des familles homoparentales (ADFH), parvient à la conclusion inverse : « Deux Français•es sur trois souhaitent la PMA ».

            Comment expliquer la différence entre les deux études ? Dans le choix de la question posée aux sondés, et à laquelle le grand public ne fait bien évidemment pas attention en prenant connaissance de l’étude.

            L’ADFH avait sollicité l’Ifop pour demander aux sondés s’ils étaient « favorables » ou « défavorables » à ce que les femmes célibataires ou les couples de femmes puissent avoir recours à l’insémination artificielle pour avoir un enfant.

            La Manif pour tous a pour sa part posé une question beaucoup plus alambiquée, avec cette introduction : « Lors de l’examen en deuxième lecture du projet de loi bioéthique, les sénateurs ont profondément modifié le texte, en supprimant notamment la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes et les femmes seules. L’examen de ce projet de loi a commencé en octobre 2019 et députés et sénateurs demeurent divisés sur ce texte. »

            « Dans ce contexte, poursuivait le questionnaire, diriez-vous que le gouvernement doit : suspendre ce projet de loi (choix 1), le maintenir mais en supprimant les mesures qui divisent le plus les élus (choix 2), Le maintenir dans sa globalité (choix 3) ? » 70% des sondés ont répondu aux deux premiers choix, permettant à LMPT d’affirmer que la grande majorité des français ne souhaite pas du projet en l’état.

            « Forcément, la façon dont on oriente la question change tout », confirme un ancien salarié d’un institut, en rappelant que le « commanditaire de l’étude a le dernier mot » sur sa rédaction.

            Un autre biais est aussi introduit par le baromètre politique, ces études permettant de tester régulièrement la popularité de personnalités publiques. Celui d’Odoxa, dont l’impact médiatique est majeur puisqu’il est réalisé en partenariat avec la presse régionale et France Inter (récemment remplacé par LCP), est éloquent sur la manière dont les instituts peuvent installer, ou à l’inverse invisibiliser, des candidats dans le paysage médiatique.

            Par exemple, il a fallu attendre le 22 septembre 2021, trois jours après le premier tour de la primaire écologiste, pour que la candidate Sandrine Rousseau soit intégrée à l’étude Odoxa. À l’inverse, l’institut « teste » Éric Zemmour, qui n’a pas de mandat, pas d’expérience politique et n’est toujours pas déclaré candidat, depuis le 15 juillet 2021.

            Yannick Jadot, opposant à Sandrine Rousseau au second tour de la primaire, avait lui été intégré dans le panel, en mars 2019, pendant la campagne des élections européennes, pour lesquelles il était la tête de liste des écologistes.

            « Dès le départ, vous introduisez une dissymétrie énorme », analyse une ancienne salariée d’institut, en rappelant que, au moment de la primaire des écologistes, « tout se joue sur la crédibilité, les commentateurs disant : “Oui mais Jadot, il est plus crédible, il a été testé à tant de pour cent. »

            Qu’en pensent les Français ? Il faudrait leur demander : « À chaque élection, les instituts de sondages se trompent significativement, et leurs méthodes sont biaisées comme l’ont démontré différentes études scientifiques. Trouvez-vous qu’il faudrait accorder moins d’importance aux sondages dans les médias ? Oui/non. » La réponse serait peut-être instructive.

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        2. @ Marc Peltier
          Dans la continuité de mon commentaire précédent, fallait il que Paul Jorion demande l’autorisation à l’institut de sondage et à chaque candidat pour publier les scores sur son blogue ?

          1. Ce n’est pas une question de démocratie que j’adresse à Paul.
            Je ne comprends pas que le gars qui m’a fait comprendre à quel point la « science économique », à l’œuvre dans les salles de marché et les tristes bureaux de Bercy, c’est de camelote intellectuelle, ce soit le même gars qui « agrège » des sondages, qui sont déjà, par eux-mêmes, pitoyablement mal foutus.

            « Camelote agrégée, camelote au carré ! » 😉

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        1. Proche du résultat final parce que les sondages y auront contribué non ?
          A partir du moment où ils existent ils fonctionnent comme des attracteurs puisque la plupart des électeurs vont décider de leur vote final en tenant compte du score sondagier attribué à chacun des candidats.
          Les sondages ne sont pas truqués, les chiffres sont exacts, mais c’est une exactitude qui n’est pas neutre en somme.

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          1. « Proche du résultat final parce que les sondages y auront contribué non ? »

            Possible , mais je pense que c’est à la marge , et il serait intéressant de savoir l’impact d’un sondage sur la décision de vote.
            Les débats ont un impact plus important.
            Juppé était donné favori aux élections présidentielles de 2017 .Les débats et la primaire en ont décidé autrement avec Fillon comme candidat.
            Beaucoup d’électeurs, voire la plupart ,ne suivent pas les infos sur les différents chiffres des sondages.
            En tout cas c’est ce que je constate autour de moi.

      1. Il y a une vingtaine d’années j’avais lu un ouvrage de Patrick Champagne : faire l’opinion , le nouveau je politique . Dès le départ (p12) Bourdieu déclare: « L’opinion publique n’existe pas », du moins précisait-il en conclusion, « du moins dans l’acception implicitement admise par ceux qui font des sondages d’opinion ou ceux qui en utilisent les résultats « .

        Plus loin (p 97) Champagne analyse: « Les sondeurs, et les politologues qui les conseillent, sont fortement dépendants, pour des raisons économiques, de la demande solvable; ils tendent naturellement à concevoir leurs enquêtes en fonction de l’actualité politique la plus immédiate et cherchent moins à comprendre les débats politiques qu’à les trancher de façon apparemment indiscutable et objective. »
        Tout l’ouvrage décortique avec précision l’incohérence des sondages . A conseiller .

        Bref les sondages c’est de la merde.

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    2. Bon, la date est passée, et aucun sondage de ce genre n’est sorti. C’était donc une rumeur. Et mon impression de déjà vu n’avait pas lieu d’être.

      La séquence « Zemmour augmente à vitesse V » semble donc terminée, du moins pour l’instant. Reste à savoir ce que pourront être les séquences suivantes…

  2. Macron il s’en fout lui, il sera élu.
    Mais comment peut-on vouloir voter pour un mec qui n’y connait rien en gestion des affaires politique et qui n’a pas de parti ?

    1. EZ suit la même stratégie que Macron en 2016-2017 et avec le même timing

      – il se met sur le « marché  » de la présidentielle 2022
      – il cherche et essaye de rassembler des appuis
      – il va fonder un parti
      – il aura les financements
      – il élimine électoralement les adversaires potentiels droite et extrême-droite
      – ………

      Après il faut voir qui sont les marionnettistes!!!!!!!

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      1. Il suit surtout la même trajectoire que Trump, intelligence et volonté dictatoriale en plus (il veut « supprimer les pouvoirs des contre-pouvoirs », je vous laisse méditer la phrase). Et donc au final d’un certain Hitler. C’est le seul qui serait capable de me faire voter (les tripes arrachées) pour Macron au second tour.

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          1. Marine ne passera pas, elle fait partie du sérail politique, et ça, les gens n’en veulent plus. Zemmour, lui, comme Trump, comme Macron, sont « neufs et vierges ». A droite comme à gauche, nos politiques, aveuglés par leur ambition, sont incapables de le comprendre. En plus, avec leurs guéguerres perpétuelles et inintéressantes, ils creusent encore plus la tombe qui va les enterrer.

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            1. Je ne sais pas ce qui va se passer. A six mois de l’élection, tant de choses peuvent encore arriver.

              Mais si l’affiche du second tour devait être Macron – Le Pen, je soupçonne que l’épisode Zemmour aura renforcé les chances de succès de MLP :
              – D’une part elle devrait bénéficier d’un bon report de voix de sa part
              – D’autre part, elle serait alors considérée par bien des gens comme une modérée. Ce qui pourrait amener à l’abstention beaucoup de gens qui sinon auraient voté la mort dans l’âme pour Emmanuel Macron

              1. MLP va continuer de perdre des plumes face à EZ. Pourquoi ? Parce que chacun savait qu’un débat EM – MLP était perdu d’avance pour elle, et que chacun sait qu’un débat EM – EZ n’est pas gagné d’avance pour le Président sortant.

                @ Marc Peltier

                Ce que je dis là est garanti par moi dans un intervalle de confiance de 95,45% (= 2 σ)

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                1. Espérons que le peuple français sera politiquement plus imaginatif et que le choix final sous l’emprise du décervelage médiatique ne se résumera pas une fois de plus, entre deux millionnaires :

                  L’un candidat porte-flingue de Bernard Arnault et l’autre, candidat psychopathe de Vincent Bolloré.

                  Heureusement, rien n’est encore écrit dans le marc de café et il reste six mois de véritable campagne électorale.

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                    1. Ah, ne dites pas de mal de la méthode du doigt mouillé ! Votre lien wiki ne lui rend pas justice. Beaucoup pensent que c’est un geste absurde qui exprime le désarroi de l’incertitude, mais c’est faux : il n’y a pas plus sensible pour détecter la direction d’un vent très faible, bien avant que les anémomètres ne s’animent, ou que les manches à air ne se gonflent !

                      Sensibilité extrême, et précision suffisante dans le contexte d’utilisation : les sondages ne peuvent pas en dire autant ! 😉

        1. Maintenant que Zemmour est au centre du jeu politique, Macron et d’autres à droite, et aussi à gauche, continuent malgré tout de prendre des gants pour évoquer la tendance politique que représente Zemmour, à savoir la tendance fasciste.

          Le geste de Zemmour au salon Milipol est tout sauf anodin, il a des airs de « quand j’entend le mot culture, je sors mon révolver » de sinistre mémoire. C’est la signature du fascisme.

          Macron donne raison et alimente Zemmour quand fustige à son tour les contre-pouvoirs, notamment le pouvoir judiciaire : « La justice est une autorité, pas un pouvoir »,
          https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/10/20/le-virage-d-emmanuel-macron-face-au-pouvoir-judiciaire_6099204_823448.html

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  3. Si l’on accorde du crédit aux sondages, il est clair que l’on va pouvoir se respirer …ron 5 années de plus. Toutes les chaînes de TV contrôlées par des ‘acteurs économiques’ disposant de fonds importants, font ‘mousser’ la candidature potentielle d’E.Zemmour dans l’attente de soutenir fortement celle du président actuel, le but étant d’éliminer par marginalisation, la candidature de M.Lepen ; EZ trop clivant a trop peu de chance d’être élu, son rôle se limitera donc à jouer le boute-en-train pour le véritable candidat de ces ‘acteurs économiques’…
    La gauche est dispersée et ne dispose malheureusement pas des capitaux nécessaires pour ‘saturer’ les médias avec l’un ou l’autre candidat désirant se mettre en avant pour cette prochaine élection.
    La seule incertitude pouvant subsister sera l’agrégation des intentions de votes pour les candidats de droite, autres que ceux ayant été captés par l’orbite …ron. 🙂

    2
    1. J’en connais un qui était « trop clivant » et qui a été élu… aux USA. Donc cet argument pour moi est non seulement non valable, mais plutôt même un plus pour Zemmour. Car il a exactement la même trajectoire que Trump pour l’instant.

      1. Faudrait déjà qu’il soit candidat et surtout qu’il obtienne ses 500 signatures. Est-ce qu’il y a 500 élus en France prêts à parrainer un candidat qui va jusqu’à nier ouvertement les crimes de Vichy?

        1. Et à braquer (pour rigoler) une arme sur des journalistes?
          Lesquels seront tout heureux de l’inviter. C’est bon pour l’audimat, Coco!
          Sur les cinq cent parrainages, je pense qu’il n’aura hélas aucun mal.

          1. L’enfer est pavé de bonnes intentions (« rigoler »). Suffit de demander à Alec Baldwin qui vient de tuer par balle la directrice de la photographie et de blesser gravement le réalisateur du western qu’il était en train de tourner dans l’État américain du Nouveau-Mexique.

    2. Un jeu de dupe encore mal perçu mais qui va faire tomber de nombreux électeurs le cul parterre lors du vote final de la présidentielle.
      Beaucoup d’entre eux auront alors le sentiment d’avoir été berné.
      Le vote suivant pour élire au parlement une majorité ne va pas passer … et même si ça passait … on peut envisager (« 22 v’là les flics »)

      https://www.youtube.com/watch?v=6b-yvDt4s9s

      révoltes et désobéissances en chaines et je précise, quel que soit l’élu.

  4. Finalement, et si plus que la présidentielle, c’était vers les législatives qu’il faudrait tourner son regard ?
    Macron à de très grandes chances d’être réélu en cas de candidature, mais pour les législatives je pense qu’on se dirige vers une cohabitation inédite depuis le régime quinquennal de la présidentielle.

      1. Faire un tabac ( majoritaire ou pas ) aux législatives , suppose qu’on arrive unis dès le premier tour ( C’est aussi ce que raconte Hollande).

        Mais avant de savoir pour qui voter , on aimerait savoir pour quoi .

        Enfin , c’est la condition que je m’impose , au moins au premier tour .

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        1. Logiquement l’union devrait commencer par l’élaboration d’un programme commun.
          J’ignore ce que raconte Hollande, mais à mon sens le premier tour des législatives c’est deux tours trop tard et le programme commun c’est maintenant qu’il le faut. Au lieu de ça pour l’instant on observe surtout un combat de coqs qui plastronnent sur la pointe des ergots pour se mesurer et participer ensuite à la foire aux marchandages électifs.

          1. Hollande ( comme moi ) parle du premier tour de la présidentielle …

            Je pensais avoir été plus (aussi) clair que lui que vous ne lisez pas .

            Pour les programmes , j’ai annoncé mon questionnaire ( que vous n’avez peut être pas lu ) .

            1. Quand je dis j’ignore ce n’est pas par dédain, mais bien parce que je n’ai pas vu passer l’info. J’ai exprimé mon « analyse » de la situation et de ce qu’il me semblait nécessaire de faire à l’occasion du billet de M. Toulet il y a une vingtaine de jour, mais depuis je n’ai guère entendu le sujet ailleurs (heureux de n’être pas seul à faire ce constat).
              Sur votre questionnaire je n’ai rien à ajouter du point de vu des « questions ». J’espère qu’il se trouvera des partis pour y répondre de manière argumentée. J’ai participé à l’exercice il y a quelques années avec le seul espoir d’être copié par les autres listes (qui n’avaient pas d’autre programme que le trombinoscope habituel et leurs « raisons sociales »). Mais l’écologie en milieu agricole ça ne passe pas facilement; sur le social toutefois nous avons plutôt eu gain de cause.

  5. La gauche y va toujours en ordre dispersé, chacun pour sa chapelle, tous perdants ! Quelle misère !

    François Gusd’hier parle de candidatures lilliputiennes…

    Le PCF, par exemple, par ailleurs favorable aux JO « très écolos » de 2024, son candidat fait entre 2 et 3 %.

    ça mérite bien une petite ritournelle :

    « Fabien Roussel fait trois pour cent,
    « Fabien Roussel fait trois pour cent,
    « Qui sont ni forts ni bien puissants,
    « Qui sont ni forts ni bien puissants,
    « C’est pour loger les cinq rondelles,
    « Que direz-vous d’Fabien Roussel ?
    « Ah ! ah ! ah! oui vraiment,
    « Fabien Roussel est bon perdant !

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  6. Le système médiatique aux ordres de l’oligarchie a évidemment tout intérêt à faire monter É. Zem., ( il suffit de constater le nombre de unes à son sujet), car dans tous les cas de figure il sera gagnant.
    D’abord bien sûr en appelant au fameux barrage comme en 2017 afin de faire réélire Macron, leur poulain de premier choix.
    Mais surtout, même en cas d’élection certes improbable de Zemmour, il y trouvera quand même son compte, celui-ci ayant un programme beaucoup plus libéral que Marine Le Pen, se rapprochant peu ou prou de celui de Fillon il y a cinq ans.
    Bref, on n’a pas fini de voir sa trombine en une des hebdos, comme il y a cinq ans on a vu celle de Macron.

    1
  7. Tant que la gauche acceptera d’ânonner son catéchisme néolibéral, point de salut !

    Quel candidat de gauche reprend ne serait-ce que cinq mesures économiques proposées sur ce blog ou dans un ouvrage de notre hôte (vers un nouveau monde, comment sauver le genre humain etc) ?

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  8. On dirait un débat entre turfistes, en dessous d’une page de pronostics hippiques.
    Concluons : mai 2022 sera à oublier pour plus de la moitié de l’électorat (comme 2017), et à regretter pour les 20 % battus du 2e tour. Lequel électorat sera sans doute moins de la moitié des citoyens en âge de voter. (Tiens, où sont les pronostics en matière d’abstention ?)
    Un beau jour, la nécessité d’une révolution sera patente. Serons-nous prêts pour ce jour ? Aurons-nous un plan ?

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    1. @ Chabian,

      Je ne serai guère surpris que le vrai candidat de tête s’appelle « absention » au 1er tour (entre 30 et 40%).

      Après, derrière « abstention », j’ai l’impression que c’est hyper hétéroclite comme population ! Pas sûr qu’un dénominateur commun existe et permette de cristalliser ce rejet des politiques (et derrière de l’olligarchie qui tire les ficelles) en une forme de révolution un temps soit peu structurée.

      1. Effectivement, aucune unité, mais une masse qui pourrait se cristalliser dans une aventure. Et qui s’agrandit dans tous les pays occidentaux, par dégout d’une vie politique réduite à l’impuissance et au spectacle.
        Et représentativité réduite de tous les chiffres donnés. Réduisons les d’un tiers : Macron 14 %, EZ 12 % etc.
        Situation volatile, inflammable.

        1. @ Chabian,

          C’est bien pour cela que la France est en réalité ingouvernable : président de la république, gouvernement et députés ne représentent qu’une majorité très relative.

          C’est là où le quinquennat fait (très) mal : sur un septenat, un président décevant pouvait être mis en minorité via une cohabitation. Là, il a désormais quasiment les pleins pouvoirs legislatifs et exécutifs (sauf cas particulier comme le mouvement des frondeurs sous Hollande), le Sénat étant – selon les circonstances – le seul vrai contre-pouvoir.

          Jacques Chirac ne fut pas inspiré avec cette réforme du quinquenat…

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  9. Seulement 1 à 2 % entre Mélenchon et Jadot, et pas l’ombre d’un frémissement de décollage de l’un des deux. Même si l’on n’est bien sûr toujours qu’en 2021 et que la plupart des gens pensent encore à autre chose, c’est la pire des situation si elle perdure. Je te tiens, tu me tiens…

    Qu’est-ce qu’on peut faire de constructif, à part pleurer ou enrager ? Allez, j’ose…
    https://www.youtube.com/watch?v=ZQ7lQ2zgJi4&t=2517s
    https://primairepopulaire.fr/

    Je ne sais pas, je ne dis pas que j’y crois précisément, ni que c’est la meilleure méthode, mais au moins ça existe et c’est un moyen d’essayer de faire passer le message, pour ceux qui se fichent de savoir qui sera le glorieux leader de l’opposition de gauche pour les cinq prochaines années.

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  10. Tiens à propos de:
     » Fabien Roussel est bon perdant ! »

    2017 : Circonscription 20 du Nord:

    Election présidentielle : Le Pen 63% au deuxième tour

    Election législative : Roussel élu avec 64% face au RN

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    1. @ ilicitano

      Oui bien sûr, selon le principe qu’il vaut mieux être le premier dans son canton que le dernier à la capitale, mais est-ce bien le problème posé pour avril 2022 ?

      1. @gaston

        Ce résultat était pour montrer qu’un électorat qui avait voté très majoritairement RN à la présidentielle , a ensuite voté , 1 mois après , très majoritairement pour un élu communiste.
        Et donc que tout peut basculer.
        Etre premier dans sa circonscription , c’est déjà être présent sur l’Assemblée.

        Le problème posé pour la présidentielle est que la gauche fait 30% avec 7 candidats, qui auraient droit chacun à sa petite ritournelle.

  11. https://www.pauljorion.com/blog/2021/10/16/video-petite-lecon-dalarmisme-le-16-octobre-2021/#comment-867494

    J’essaie de faire le best of restreint des thèmes qui me paraissent vraiment dignes d’une campagne présidentielle en 2022 :

    – Nucléaire . Choix du mix énergétique à 20/30 ans
    – Europe – Otan- stratégie géopolitique dans le contexte américano-chinois . Quelles orientations françaises en matière de monnaie , défense , écologie , normes , migrations dans ce contexte et à ce niveau .
    – rééquilibrage de la vie démocratique , parlement , proportionnelle , présidentialisme .( en lien avec sujet précédent )
    – politique industrielle et pertinence du commissariat au plan ,
    – politique éducation nationale .
    – écologie et biodiversité : quelles actions , quel horizon , quelle cohérence ( local , national , international )
    – travail , retraites , nouveaux métiers , chômage , plan travail « banlieues ». Planification sur 10 ans
    – traitement de la dette , fiscalité , gratuités , taxe Sismondi .
    – capitalisme – Fonction publique.
    – Armée . Défense .Qui sont nos amis . Qui sont nos ennemis .
    – relation France – Europe – Afrique .
    – Rapport politiques – justice

    A suivre , compléter , élaguer , pondérer chemin faisant .

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    1. Puisqu’il est question, dans votre liste, directement ou en creux, de climat et de violence. Aucun rapport avec le Z bien sûr.
      https://www.plansb.info/2021/10/20/un-monde-de-plus-en-moins-violent-la-violence-dans-les-societes-humaines-de-la-prehistoire-au-xxie-siecle/
      Je suis bien incapable de juger la pertinence des idées émises ici, mais trouve cette réflexion passionnante. Difficile à résumer dans les cinq secondes généralement laissées pour une réponse à une question à un invité du jité.

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      1. Puisque la question vous chatouille le subconscient , et que vous avez plus de cinq secondes pour y répondre , ce serait plus intéressant de vous faire votre propre opinion ou canevas d’interrogation , plutôt que d’attendre la réponse d’internet ou d’un prêt à penser télévisé .

        1. Je ne vois pas le lien entre mon commentaire et vos remarques particulièrement désobligeantes, pour rester poli. Il m’arrive d’avoir des opinions que j’ai la faiblesse de croire plutôt personnelles, nourries de mon expérience, mes lectures, mes rencontres, en bref de ma vie (c’est différent pour vous?). Pour vous faire « votre propre opinion », il ne vous arrive jamais d’aller sur internet? Le « prêt à penser télévisé », je connais d’autant moins que je ne la regarde quasiment pas -un documentaire de temps en temps-, et surtout, surtout pas les jités. J’ai bien d’autres façons de m’informer. Le climat et violence ne me « chatouillent pas le subconscient » pas plus qu’ils ne le gratouillent. Ces deux sujets m’intéressent depuis longtemps. La découverte et lecture de ce texte m’a convaincu de la pertinence d’une réflexion sur le rapport entre eux. Rien de plus, rien de moins.

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      1. Grosse campagne anti-écolos sur les chaînes d’info en continu, soir après soir, dans leurs pseudo-débats où l’extrême-droite est sur-représentée et les écolos quasi absents.

    2. Bravo pour l’effort, mais ceci me parait un menu pour s’égarer dans le réformisme. On pourra toujours créditer du positif ici ou là, et ne pas voir les tendances de long terme. Il n’y a pas de hiérarchisation. Rien n’est crucial.
      Que pensez-vous que feraient comme listes des jeunes de différents milieux et différents contextes (ville, rural) ?
      Qu’il y avait-il dans les listes élaborées par les gilets jaunes ? dans les recommandations du parlement des citoyens ?

      Il me semble que nous vivons dans une société européenne profondément corruptrice et corrompue, dispersée, ayant raté tous les tournants de la technologie, dépendante de la compétition purement financière, au détriment d’une cohésion positive. Bref, libérale.

      Si j’ai écrit : « Un beau jour, la nécessité d’une révolution sera patente. Serons-nous prêts pour ce jour ? Aurons-nous un plan ?
      Comment penser un progrès sur divers thèmes dans un tel contexte ? », c’est que je sors du Musée de Montargis sur l’accueil d’étudiants chinois dans un programme « études-travail en France » qui se révéla fondamental pour la Chine d’alors (et d’aujourd’hui). Dépeignons deux minutes le contexte : un empire décrépit est étranglé par les puissances européennes (guerres de l’opium, attribution au Japon des possessions allemandes après 1918) et la nouvelle république socialiste de Sun Yat-Sen par des potentats locaux dictatoriaux et par un président voulant être empereur. Que font les progressistes/modernistes ? Pousser les jeunes à aller à l’école et à se défaire des traditions en visitant l’Occident. Que font les jeunes ? Etudier et s’expatrier momentanément pour « sauver la Chine et le Monde », dans plusieurs pays d’Europe. Fondant le Parti Communiste chinois, ils choisissent la voie révolutionnaire tout en la postposant.
      Elargissez votre regard, jeune homme en esprit ! 🙂

      1. Il faut mieux lire : « compléter , élaguer , pondérer  » .

        La  » pondération » des items , ça ça m’est personnel , et j’essaie de faire en sorte qu’elle ne soit pas trop stupide au moment du vote .

        J’ai la naïveté ( la prudence) d’attendre d’une campagne électorale qu’elle alimente , illustre et réponde aux questions que je retiens comme significative . En cela je me sens d’ailleurs plus allemand que français , qui n’ont qu’à s’en prendre à eux même quand ils découvrent après la fête , que « ça n’était pas ce qu’ils croyaient » . Et qui zappent pour ce croire libres .

        La politique , ça n’est pas un cinéma personnel .

        Déjà qu’on a une vingtaine de candidats têtes d’affiche pour alimenter le box office .

    3. Et la lutte contre la fraude fiscale ? l’attente d’une résolution serait-elle fermement retenue dans dans la boîte de Pandore pour éviter le pire ? corruption quand tu nous tiens ! Les Pandora Papers , 11 300 milliards quand même.
      3 ans après CumEx-Files , pourquoi l’Europe, nos représentants, bouge si peu ? … 150 milliards de fraude pris direct sur les impôts… Le système est trop complexe pour nous pauvres humains.
      https://correctiv.org/en/top-stories/2021/10/21/cumex-files-2/

      1. On peut en faire une question annexe à la question  » capitalisme  » , mais on ne pourrait attendre qu’une réponse courte et de  » bonne intention  » sur un enjeu mondial où le poids de la France n’est que ce qu’il est , soit assez peu .

        1. Il ne semble pas que vous ayez lu le lien de correctiv.org. Il n’y a aucune volonté de coopération au sein de l’Europe, chaque état et autorité de surveillance se dérobe quand il faut prendre ses responsabilités, s’enlisent dans des arguties administratives. La corruption est-elle une annexe du capitalisme ?

          1. Je viens de ne pas dire autre chose , et c’est bien pour ça qu’une réponse dans le cadre de notre élection nationale , c’est perdre un peu son temps . Si on veut s’en prendre à la corruption ou à la fiscalité internationales , autant s’adresser à ce niveau si on arrive à le trouver .

            Mais cogner au niveau européen par voie électorale , syndicale , associative … ce me semble bien être la seule marche un tantinet utile qui nous est ouverte . Sujet pas sans lien avec la monnaie .

    4. @ Juannessy

      Un point qui me parait important dans le vécu quotidien
      l’aménagement du territoire:
      – ruralité , urbain et péri-urbain
      – commerces de proximité vs grandes surfaces
      – modes de déplacement : collectifs , individuels
      – le logement : HLM , cités , logements individuels en débat aujourd’hui
      – accès aux besoins de santé : hôpitaux , centres de santé , personnels de santé et désertification médicale
      – …..

      1. Je rajoute effectivement volontiers  » politique sanitaire  » ( que l’on peut aborder d’ailleurs par le biais  » capitalisme, mais pour le reste ( partiellement traité par le thème « mobilité » ) , ce sont des points qui sont de fait de la responsabilité régionale , départementale ou communale , car l’aménagement du territoire ( que j’ai un peu connu ….) n’est plus vraiment de pilotage national, sauf arbitrage entre les régions , grands projets nationaux ( politique industrielle via le commissariat au plan si celui ci joue un rôle majeur , nucléaire , aéronautique , mobilité et transports) . Pour le sujet  » aménagement du territoire , grande politique « banlieue » , c’est au travers du sujet « travail en banlieue » qu’une réponse sensée pourra venir .

        1. Pour la politique sanitaire nationale , 2 aspects :

          – le numerus clausus qui nous a mis en déficit ( Juppé ayant lancé sa réduction )
          – le maillage et la répartition nationale des médecins et spécialistes sur lesquels le Conseil de l’Ordre veut garder la liberté d’installation

          Ce qui entraine:
          * un manque de médecin et de spécialistes et des déserts médicaux
          * des délais d’attente de plus en plus important chez certains spécialistes
          * des spécialistes qui passent de conventionné 1 , à conventionné 2 , voire hors convention ,ce qui modifie les honoraires
          * des manques d’internes dans les hôpitaux
          * des étudiants qui , compte tenu des faibles effectifs acceptés en première année , partent poursuivre leurs études de médecine et leur spécialisation à l’étranger , où souvent ils ont les meilleurs niveaux et parfois perturbent le besoin médical des pays qui les forment.

          Personnellement , je considère que le système de santé fait parti du devoir régalien de l’Etat.

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          1. J’en suis bien d’accord et c’est dans l’opposition capitalisme – fonction publique , que la réponse sur ce thème me semble se situer .

            Avec des médecins plus ou moins libéraux au milieu .

        2. Par contre , l’Etat peut jouer d’un principe régalien qu’il n’a jamais lâché et qu’il ne lâchera jamais : la fiscalité et les arbitrages budgétaires ( DGF et DGE entre autres ) . Il faut aussi s’articuler avec les fonds européens qui sont plutôt pas mal pensés .

          1. Oui mais

            La fiscalité sur les sociétés , en particulier pour une société mère située dans un pays à faible imposition, l’Irlande par exemple 12,5%, peut faire l’objet de prix de transfert par rapport à ses filiales situés dans des pays à forte imposition .

            Ces prix de transfert, par leur sous évaluation volontaire, permettent le déplacement d’un maximum de marge et représentent une optimisation fiscale légale et donc de transférer les bénéfices dans des pays à fiscalité allégée.

            Un exemple parmi d’autres:
            https://www.francetvinfo.fr/internet/amazon/gafa-comment-amazon-echappe-a-l-impot_3640073.html

            1. Il n’y a pas que l’impôt sur les sociétés ( remarque faite qu’on cherchera plutôt des TPE ou petite PME ) comme variables en matière de taxes ou contributions sur lesquelles on peut jouer . D’ailleurs ça a déjà été parfois joué dans le cadre de la politique de la Ville ( ZFU) .Ça marche mieux par contre quand , parlant de politique de la ville , c’est toute la batterie des actions ( aides aux associations , sécurité et police de proximité , rénovation , présence de services publiques …) qui est coordonnée , et que l’on sait trouvé dans le détail les travaux accessibles et formateurs . On peut aussi jouer à tous les niveaux d ela chaine sur les aides à la création d’entreprises de l’Europe jusqu’à la commune .

              https://solutions.lesechos.fr/compta-gestion/c/petites-entreprises-quels-impots-et-taxes-devez-vous-payer-14205/

            2. @ Ilicitano

              Jeff Bezos n’a toujours pas été arrêté, jugé et jeté dans un pénitencier de haute sécurité ?

              Quand on sait que Julian Assange meurt en Angleterre à petit feu, pour avoir été un lanceur d’alerte, pas de doute….  » le monde est décidément mal fait ma p’tite dame « .

  12. En fait, le plus terrifiant est de constater que la droite ultra-nationaliste de type trumpiste, représente environ 35% de l’électorat dans ce pays,
    Tout le reste n’est pas dérisoire, mais presque.

    1
      1. Avec quelle proportion de « Français en âge de voter » Macron (et ses prédécesseurs) ont-ils été élus?
        En quoi cela les a-t-il empêchés d’exercer le pouvoir?
        Quelqu’un a-t-il un seul instant contesté leur légitimité?
        « Les jeux ne sont pas faits » à condition d’y participer.

        1. C’est pas bien dur d’aller consulter les résultats officiels . En ce qui concerne Macron :

          – 1 er tour : 18 , 19 % des inscrits ( 24,01 % des exprimés )
          – 2 éme tour : 43 , 61 % des inscrits . (66, 10 % des exprimés )

          Tous les autres ont fait moins , et c’était dire l’état politique et des partis du pays en 2017 .

          Je ne sais pas si le pays a appris quelque chose depuis ( apparemment pas vraiment ) , mais les partis et leurs représentants , visiblement non .

  13. Il paraît que sur 100 femmes, 20 % voteraient pour MLP, quand sur 100 hommes, 19 % voteraient pour « l’usurpateur d’identité » de candidat à l’élection présidentielle, du coté de la droite extrême/extrême droite…?

    Puisque celui qui aujourd’hui, visa (à la Trump) les journalistes avec une arme létale de tir de précision (le pays de la déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen, s’honore t-il a être « performatif » dans la « compétitivité » des ventes d’armements à tant de pays pauvres, déstabilisés par le dérèglement climatique, la perte de la biodiversité, les pollutions, des sols eaux potables, océans, etc et les crises de réfugié.e.s…?) sous prétexte de faire de « l’Humour » (peut-on rire de tout avec tout le monde… ?) n’assume pas de se déclarer officiellement au décomptage calculant tant bien que mal « l’égalité » du temps de parole des candidatures officielles… pourquoi aucuns des « influenceurs » de « temps de cerveaux disponibles » qu’à vouer un « culte féroce » à la seule « DICTATURE des émotions » capable de « réconcilier » leurs doutes, incertitudes, indécisions, avec leurs « ras le bol fiscaux », « poujadismes »… n’abusent-ils pas de l’écho que les médias mainstream, les « chiens de garde », « donneurs de leçons de morales » donnent complaisamment à une identité qu’il n’ a pas, pour dénoncer l’usurpation…?

    Pourquoi ces même « influenceurs » n’abusent-ils pas de leur « notoriété », « surface augmentée » (artificiellement, alors qu’ils accusent « unanimement » les « réseaux sociaux »…?) pour « nous » faire nous questionner sur « l’anonymat » (est-ce comme par hasard que « l’anonymat » soit le « secret défense » des comptes au nom de personnes morales » fraudant le fisc, etc…?) des échantillonnages sur lesquels la « DICTATURE des émotions » sondées, semble vouloir donner « raison » au mythe de la « dynamique électoraliste »… quand ce mythe s’est pourtant déjà effondré il y a peu, avec « l’imprévisibilité » du taux record d’abstentions, de votes blancs, nuls, aux dernières élections nationales, présidentielles, comme intermédiaires…?

    Prenant en compte cette « variable d’ajustement » du doute, de l’incertitude, de l’indécision… plus que conséquente, en l’état actuel de la campagne officielle/non officielle des présidentielles et législatives s’en suivant… de l’état actuel de la gestion néolibérale de la crise sanitaire, de l’état actuellement léthargique, anesthésiée de la crise social et « sociétale » ayant peur des plus de 50% du personnel du « monopole de la légitime violence de l’État », votant pour l’extrême droite… de l’état inconnu de l’évolution du dérèglement climatique, de la perte de la biodiversité, et de l’évolution des guerres commerciales, monétaires, de « civilisations »… etc… êtes vous capable d’estimer combien des hommes et femmes abstentionnistes, votant blanc, nul, se mobiliseront en faveur des « prévision » espérées « autoréalisatrices » de l’introduction du billet, sur la moyenne des 80% d’hommes et femmes convaincu.e.s de voter autre chose, que les deux cas extrémistes de droite, cités, nonobstant bien sûre la faille originelle des échantillonnages biaisés…?

    Et si ce qui risque d’être fait passé comme « accidentelle » – l’élection de l’extrême droite/droite extrême, ou l’élection de macronie – n’était pas si du au hasard, aux incertitudes, doutes, indécisions, à la « mal-chance », aux « mauvais sorts », à la « fatalité de destin » (voir l’explosion des cas « d’inégalités de destin », de NON RECOURS, de précarité, pauvreté, etc) … des lors que comme Trump, aux USA, et d’autres dans certains pays… certain.e.s en France manipulent les « opinions » – ces putes qui prennent par la main le juge de leurs bas instincts, incultures, manque d’éducation, de civisme…?

    1. Je n’ai pas cité « croissance vs décroissance  » dans ma liste parce que pour moi la réponse , au delà des idéologies de principe , est , dans la pratique,, donnée par les réponses à nucléaire , énergies , écologie , biodiversité, travail , gratuités, fiscalité …

      ( En général , pour les sujets importants , je me fais une idée indirectement par le biais des actions réelles programmées sur des thèmes forcément impactés par la réponse . Ou en recoupant des axes annoncés comme forts pour vérifier s’ils sont cohérents . C’est plus retors , mais plus instructif et gage de crédibilité )

      De la même façon , le thème important de la jeunesse , ou celui de la mobilité par exemple , transpirent de façon indirecte du questionnaire avancé ( de la fiscalité en particulier ) .

  14. « Les français pensent que . ..» on n’a pas fini d’entendre cet oracle propice à la confusion entre sondage et science exacte .
    À se demander pourquoi on vote puisque les jeux seraient fait.

    L’estimation du vote d’extrême droite à plus de 30 % laisse augurer ( point de vue perso au doigt mouillé ) que l’abstention n’en a pas fini d’augmenter .
    Mais D’ailleurs , ce sondage donne quoi comme taux d’abstention ?
    https://harris-interactive.fr/opinion_polls/barometre-dintentions-de-vote-pour-lelection-presidentielle-de-2022-vague-18/

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    1. C’est bien la question, les abstentions ! Merci pour le lien, ce qui permet de savoir que la question n’a pas été étudiée. Point.
      Circulez, il y a rien à voir en dehors du spectacle, de la politique spectacle.
      Et que le taux d’erreur pour les pourcentages entre 40 et 60 % est de 2,2% en plus et en moins ! Cela donne de la marge… (un peu moins pour les % plus massifs).

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    1. Ce n’est certes pas la même catastrophe, mais elle est non seulement annoncée mais absolument certaine.
      https://www.msn.com/fr-ch/actualite/other/les-glaciers-suisses-continuent-de-r%C3%A9tr%C3%A9cir-en-2021/ar-AAPH52k
      Pour autant, Cop après Cop -la prochaine n’y échappera pas-, non seulement ceux qui s’y congratulent ne prennent pas d’engagements à la hauteur du désastre, mais ne les respectent pas.
      https://reporterre.net/Petrole-gaz-et-charbon-les-Etats-explosent-l-Accord-de-Paris
      Pas sûr que le fait que les Chinois se farcissent (ou non) les Taïwanais changent quoi que ce soit à la donne.
      Avec du nucléaire, faudra beaucoup d’éolien et de solaire pour nous sauver. Sans encore davantage. Mais dans tous les cas énormément de « sobriété ». Pas bon pour le PIB.

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  15. Un train pouvant toujour en cacher un autre, je me demande si Eric Zemmour n’est pas le premier étage de la fusée « Marion Marechal Le Pen » et s’il ne finira pas par s’écarter d’ici quelques semaines, une fois que Marine Le Pen sera suffisament basse dans les sondages d’opinion pour ne plus être en capacité de contrer sa nièce.

    Après, comme le soulignent beaucoup d’entre vous, il n’est pas non plus exclu qu’Eric Zemmour ne soit qu’une marionnette introduite sur notre scène politique nationale pour favoriser une réélection d’Emmanuel Macron en bloquant à la fois les LR (empêtraient dans leur primaire qui n’en est pas une) et le RN, sachant qu’à gauche, aucun danger ne semble se matérialiser.

    Enfin, justement parlons de la gauche : qu’a-t-elle fait depuis 4 ans pour se reconstruire ?… RIen !… C’est désespérant… 🙁

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      1. @ Paul,

        Nous sommes-nous pas sur un blog optimiste ?!… 😉

        En fait, j’ai du mal à accepter que Zemmour soit bel et bien candidat à part entière avec un niveau actuel de bonnes opinions/intentions de vote : ça me semble irrationnel comme situation quand on voit les précédents Trump, Bolsorano, Grillo, … 🙁

      2. Paul a raison, EZ n’est en rien la marionnette de X ou Y, toutefois, tout laisse à penser qu’il fait partie d’un plan visant à maintenir le pouvoir entre les mains d’une fraction de la population française…, devinez laquelle ?
        Tout dépendra ensuite des élections législatives qui feront suite à la réélection du président actuel, il s’agira ensuite de voir si le corps électoral sortira de sa torpeur et décide de se déplacer pour déposer son bulletin de vote dans l’urne et tenter ainsi de corriger le choix binaire imposé lors de la présidentielle.
        Concernant l’abstention, il ne serait pas mauvais que le législateur s’inspire de ce qui se passe lors des élections professionnelles en entreprises, en l’occurrence, n’est élu que celui qui aura recueilli la majorité des suffrages, mais également le quorum minimal de votants.

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        1. @ Tout me hérisse,

          Je vous rejoins sur l’abstention (et par extension la façon de considéer le vote blanc également) : elle devrait pondérer le résultat final de l’élection (chorum) et ainsi empêcher la fausse illusion d’une majorité de papier.

      3. Pour l’instant c’est un candidat atypique polyvalent non déclaré.
        Atypique parce que sans parti, polyvalent pour les mêmes raisons et non déclaré parce que non déclaré (;-))
        D’après les sondeurs il prendrait des voix à droite au centre et aux extrêmes et de ce fait il brouille les cartes, affole les sondeurs en s’invitant au deuxième tour en contrariant sérieusement les espoirs du FN et du PR.
        Certains de ses soutiens laissent à penser qu’il sera un candidat à part entière, un Macron bis, se déportant un peu plus à droite.
        Le second tour opposerait donc un Macron bis à un Macron bis.

        Photo du jour.

        Je dis aux électeurs et autres abstentionnistes que l’on peut aller voter pour faire mieux le jour venu.
        Merci de votre ATTENTION.

        1. Au fond, les sondeurs et le système font comme les traders HFT:
          Quand les rendements réels peinent à monter (dans l’ancien monde, ceux d’une valeur industrielle qui aurait réussi ses contrats et gonflé ses carnets de commande),
          c’est la volatilité qui paye le plus.
          (On s’assure avec des contreparties un peu partout qui plument simplement les moins informés,
          le nom officiel de cela étant le « capital humain » chez à Aghion et d’autres, capital humain dont les plumés manqueraient, les pauvres).

          Du coup, la Marine n’étant plus volatile, on la remplace par une nouveauté qui tire mieux parti de la volatilité.
          Le Hollande pas très prévu à cause des libertés libertines de DSK, le Macron , puis le Z (Costa Gavras, sors de ce corps !).

          A noter que pour être une nouveauté « volatile et bancable », il faut ne pas sortir de nulle part non plus
          (Montebourg en fait l’expérience, il est allé trop chez nulle part pendant sa traversée du désert).
          Macron sort du palais de l’Elysée (secrétaire de FH), délicieusement insider outside,
          Zemmour sort du Figaro, on peut presque reprendre les mêmes mots.

          Une simple « photo » de la turbulence du système « presse + politique » pourrait suffire, sous le bon angle, à faire voir que
          c’est là que la source du signal médiatico-politique s’inscrit dans les plis de l’ancien système modulo le mécanisme proposé:
          La prime au plus volatile mais qui connaissant déjà bien le poulailler (que la gent gallinacée me pardonne).

          1. Bonjour timiota,

            Je vois un lien entre cette prime à la volatilité et la dégradation du rapport signal/bruit, dont je vous avais parlé dans un autre post.

            Exemple :
            La disparition de Jospin du 2ème tour des présidentielles 2002, est-ce, comme les médias libéraux se sont empressés de le dire, une « exaspération des français concernant le socialisme », ou bien plutôt, comme je le pense, une expression de la dégradation du signal démocratique par rapport au bruit médiatique ?

            Je me souviens très bien qu’à la veille du premier tour, Libération titrait : « Allez-y quand même ! » .
            Si l’on traduit, dans le contexte, cela signifiait : « Ce premier tour Chirac-Jospin joué d’avance, qu’est-ce qu’on s’emmerde, nous, les médias ! ». On a vu le résultat… Les médias sont devenus une source de bruit démocratique !

        2. Le fait que EZ ne soit pas un candidat marionnette n’est pas contradictoire avec l’analyse systémique de la « prime au plus volatile » que j’ai proposé.
          De toute façon, cette volatilité doit être compensée par une certaine forme d’adhésion reconnaissable du candidat à ce qu’il est censé être.
          (Et qui forcément s’articule et se médite hors du mainstream des partis convenus et convenables).
          C’est en effet une 3ème condition pour tirer parti de la volatilité : être humainement et programmatiquement reconnaissable, sans laisser place à la possibilité « d’être agi ».
          Bravo à l’Institut Montaigne pour avoir assez bien caché le jeu de EM dans ce cadre.

      4. Candidat à par entière.
        Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des appuis au Figaro, chez Bolloré qui sont les plus visibles.
        Est il le candidat émergeant d’un choix populaire ou bien le candidat choisi par certains oligarques pour défendre leurs intérêts en échange d’un appui promotionnel ?

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        1. « Est il le candidat émergeant d’un choix populaire ou bien le candidat choisi par certains oligarques pour défendre leurs intérêts en échange d’un appui promotionnel ? »

          Mais… Ne pourrait-il être les deux à la fois ? Il ne me semble pas y avoir de contradiction entre l’un et l’autre.

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    1. Certes, Eric Zemmour n’est pas la marionnette de Vincent Bolloré. D’ailleurs, ce n’est pas tout à fait ce qu’affirme Juan Branco qui est plus nuancé, et qui pour sa part, pense que Bolloré s’est retrouvé en quelque sorte forcé pour se protéger, « de soutenir la fabrication d’une créature médiatique, et sa transformation en puissance politique », donc en l’occurrence, Eric Zemmour. Ce dernier sondage Harris-Interactive ne fait donc que confirmer son analyse : Zemmour est un candidat qui sait entretenir « le spectacle ».
      Ainsi, sa possible candidature (toujours selon Branco), permet de réactiver notre croyance dans le système éléctoral, et en même temps, « de recréer une forme d’adhésion de la part de la population à l’idée qu’il pourrait se passer quelque chose au cours de cette élection », et ainsi de suite.
      Cependant, il n’est pas interdit de penser également, en réécoutant Zemmour face à Branco dans cette autre vidéo, datant de janvier 2020 (https://www.youtube.com/watch?v=AqfCcQi_pwk&t=2s), que le polémiste ne se contentera peut-être pas de faire que du spectacle. En effet, on voit Zemmour très attentif à tout ce que dit Branco. Et notamment, quand ce dernier affirme : «  L’hypothèse Marine Le Pen est celle qui est en train de s’imposer dans les esprits comme la plus naturelle, et quand je vois que Macron est en train de jouer le duel avec elle […], selon moi, il est en train de créer un dispositif qui va faire que soit elle va gagner, soit elle va se retrouver aux portes d’un pouvoir qui va faire que la déflagration va être beaucoup plus importante qu’elle l’a été au moment des Gilets jaunes. » Ce à quoi Eric Zemmour répond : «  C’est très intéressant ce que vous dites, parce que ça va tout à fait dans mon sens, mais vous ne voulez pas le voir ! »
      Donc, pas question pour lui d’être qu’ « un chien dans un jeu de quille », même s’il fait toujours dans l’excès, dans les raccourcis, et sait très bien tordre l’histoire au besoin.
      Mais pour terminer, si la candidature de cette « créature Bolliorienne » n’est plus la vraie surprise de cette élection, alors rien ne dit qu’il n’y en aura pas d’autres. Hmmm, qui sait si Bernard Arnault et son gendre, dans le cas où le Président sortant se retrouverait dans une situation difficile, voire mis aux abois, n’ont pas une autre carte dans leur jeu ?

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  16. Allez, il est minuit 2 et j’avais envie de vous faire un petit cadeau pour ceux qui tardent à rejoindre Morphée.

    L’Univers, de la pierre, du bois, du métal, de l’air, 4 membres de chair bien entraîné, une émotion. Sacré Hans, t’es un génie.

    https://www.youtube.com/watch?v=tJ5W-yrB9_I

    C’est y pas juste époustouflant et merveilleux ? C’est pour ça que je reste un indécrottable optimiste ! Y a des signes pour ceux qui veulent voir 😀

    1. Il manque un organe à l’organiste obligé d’y substituer un crayon. Dieu que la nature est mal faite!
      3h45, il est l’heure de rejoindre Morphlée pour le coup!
      Merci pour le partage ça change un peu du bruit de la messe médiatique actuelle.
      Bonne nuit!

  17. @ Marc Peltier,
    Concernant la diffusion des intentions de vote, ce n’est pas de l’initiative de Paul Jorion, peut-être des candidats eux même?. Les candidats n’ont rien apporté comme objection
    . Paul Jorion n’a fait que retranscrire les scores de chaque candidat en modifiant leur agrégation sur son blogue
    Est-ce un déni de démocratie d’avoir fait cela ?

  18. Autour du Z. (Prévoir un masque: ça sent mauvais)
    Dans les comités locaux, des factieux derrière Zemmour
    Lucie Delaporte (Mediapart)
    Pas encore officiellement candidat, Éric Zemmour dispose pourtant, depuis des mois, d’une équipe de campagne en ordre de marche. Non seulement il compte sur un staff national resserré de onze personnes déjà détaillé par Mediapart, mais il s’appuie aussi en régions, selon d’autres listings et courriels en notre possession, sur des militants souvent violents issus de l’Action française, la Ligue du Midi ou des anciens de Génération identitaire.
    Coordinateurs départementaux et de pôles thématiques, ces militants s’occupent des parrainages, des levers de fonds, distribuent le matériel de campagne, assurent la sécurité lors des déplacements du non-candidat…
    Leurs parcours sont cependant parfois si compromettants que certains sont en train de disparaître de l’organigramme officiel alors que la date de l’annonce de la candidature approche.
    Loin du storytelling selon lequel une organisation se serait structurée de façon spontanée pour soutenir le polémiste, ce sont en effet les organisations d’extrême droite les plus anciennes et parfois les plus sulfureuses qui sont en grande partie aux commandes de la campagne de Zemmour.
    Dans le dispositif qui s’est mis en place il y a maintenant près d’un an, l’Action française occupe une place de choix. Les listings obtenus par Mediapart montrent les militants royalistes à des postes importants du dispositif, qu’ils soient « responsables jeunes » ou « coordinateurs départementaux ». Leur appartenance à l’Action française – loin d’être mise sous le tapis – est soigneusement notée dans les fichiers internes. Comme si appartenir à une organisation qui prône le renversement de la République, méprise la démocratie et se revendique de Charles Maurras était un atout.
    « Beaucoup de militants de l’Action française sont impliqués dans la campagne d’Éric Zemmour parmi nos militants, une partie de nos cadres et de nos financeurs le soutiennent », confirme à Mediapart le porte-parole de l’organisation royaliste Antoine Berth, lui-même membre de Génération Z. « On fournit une bonne partie de l’équipe de campagne chez les jeunes. »
    La mise en place des équipes a commencé sur le terrain il y a environ un an, et l’Action française, qui revendique 3 000 adhérents et 1 500 militants actifs, surtout dans les facs, a tout de suite répondu présente dans les boucles Discord créées pour l’occasion. « Éric Zemmour se réclame de Bainville qui est, avec Maurras, la figure la plus importante pour notre mouvement », relève Antoine Berth qui rappelle que l’Action française a, par le passé, appelé à voter pour « le candidat le plus patriote », sans jamais soutenir officiellement de candidat. Ces dernières années, certains militants de l’AF s’étaient impliqués derrière le FN puis le RN. Mais avec Marine Le Pen, la rupture est consommée.
    « Marine Le Pen ne veut pas entendre parler de nous. Elle a condamné notre action en Occitanie en expliquant que c’était un déni de démocratie », rappelle le porte-parole de l’AF.
    Le 25 février 2021, un groupe de militants du mouvement maurassien a en effet procédé à une intrusion violente au conseil régional d’Occitanie en portant une banderole « Islamo-gauchistes traîtres à la nation ».
    Très présents dans la région, les militants de l’Action française aiment les coups d’éclat. Le 20 février, les militants de Toulouseont pendu symboliquement Marianne sur le Pont-Neuf pour dénoncer la trahison séculaire de Marianne.
    Au sein de l’organisation royaliste, Éric Zemmour fait l’unanimité : « Quitte à avoir un président de la République, autant que ce soit Éric Zemmour. Avant il pouvait y avoir un certain nombre de candidats proches de nos idées mais là, il sort vraiment de la mêlée. C’est un bainvillien », souligne le porte-parole national de l’Action française en référence aux multiples citations de Jacques Bainville par Éric Zemmour.
    Leur a-t-on demandé d’être discrets ? « Non, pas du tout. Éric Zemmour assume complètement, il nous a rendu visite à plusieurs reprises ces dernières années », poursuit Antoine Berth. Une seule petite gymnastique : « On met notre casquette monarchiste dans notre poche quand on milite à Génération Z. »
    Dans l’entourage d’Éric Zemmour, on assure effectivement que l’appartenance à l’Action française n’est pas un problème pour faire partie de l’équipe de pré-campagne. « Les choses sont très claires. Ils participent à une élection présidentielle, ils ne sont pas là pour défendre un changement de régime », répond par exemple Stanislas Rigault, président de Génération Z.
    Emmanuel Crenne, ex-conseiller RN en Occitanie, que plusieurs élus soupçonnent d’avoir aidé les militants de l’Action française à pénétrer dans le bâtiment comme l’avait raconté Mediapart, est d’ailleurs le coordinateur régional du staff Zemmour en Occitanie, au moins depuis le mois de juin, comme le montrent les documents que nous avons récupérés.
    Il est aujourd’hui mis en examen pour injure publique pour avoir lancé dans l’hémicycle régional à Carole Delga, la présidente socialiste de région, le jour de l’intrusion violente des militants de l’AF : « Je vous rappelle ici votre trahison et votre collaboration avec l’islamo-gauchisme […] je vous dis donc pour terminer “vive le roi”. »
    Interrogé sur ses fonctions dans l’organigramme zemmourien, Emmanuel Crenne répond qu’il n’est « pas habilité à parler à la presse de ce sujet ».
    D’autres militants de l’Action française qui ont rejoint l’équipe Zemmour ne sont pas non plus inconnus de la justice. Bastien Lhez est l’un des militants interpellés pour l’effraction dans le conseil régional d’Occitanie. Selon nos informations, il sera jugé le 10 décembre à Toulouse pour « outrage » et « violence en réunion sur personne chargée d’une mission de service public».
    S’il conteste faire partie du mouvement zemmourien, il apparaît dans le fichier interne au poste de « coordination nationale avec l’AF/responsable » au sein de « Génération Z ».
    À regarder le listing en Occitanie, le mouvement royaliste et nationaliste a manifestement la haute main sur la branche jeunesse du mouvement. Contacté, Bastien Lhez nous a répondu : « Je ne sais pas de quoi vous parlez […] Vos documents sont erronés. Toute mention du contraire serait diffamatoire. »
    Autres militants très présents dans les équipes de pré-campagne : les anciens de Génération identitaire, une organisation pourtant dissoute l’an dernier par le ministère de l’intérieur, tant pour son « idéologie xénophobe » que pour sa « volonté d’agir en tant que milice privée ».
    Ses membres se sont vite recasés dans l’organigramme du polémiste du Figaro. Là encore, ils occupent des postes parfois importants. L’un est coordinateur départemental en Haute-Garonne des parrainages de maires. Il est noté dans les listings internes comme membre de « GI » et « Génération Z ». Un autre est sur la liste des « référents listes électorales ». Contacté, ce dernier assure n’avoir participé qu’à une manifestation de Génération identitaire sans en avoir été membre à part entière. « Je les connais et je sais que certains font partie de Génération Z mais c’est une petite minorité », précise l’étudiant à Mediapart. La plupart ont nettoyé de fond en comble les réseaux sociaux pour expurger les traces de leur militantisme à Génération identitaire.
    Rien de surprenant à voir les militants identitaires se mêler aux monarchistes de l’Action française tant la porosité sur le terrain entre ces groupes est de notoriété publique. L’ex-porte-parole de Génération identitaire, Thaïs d’Escufon, est, par exemple, une ancienne de l’Action française à Toulouse. Dans le fichier consulté par Mediapart, l’un des militants de l’Action française est aussi domicilié chez un militant de Génération identitaire… Un tout petit monde qui a manifestement trouvé en Zemmour le candidat idéal pour porter leurs idées.
    Plus étonnant encore, Richard Roudier, le fondateur de la Ligue du Midi, un groupuscule d’extrême droite bien connu de la police et de la justice, occupait jusqu’à ces derniers jours, selon nos informations, une place pour le moins centrale dans l’équipe Zemmour d’Occitanie. L’homme qui se présente à Mediapart de prime abord comme « un simple militant », envoyait pourtant des courriels signés jusqu’à ces derniers jours du titre de « Coordinateur régional du pôle sécurité d’Occitanie ».
    Selon nos informations, il a été exfiltré des listings ces derniers jours, après avoir été une pièce importante du dispositif jusqu’à début octobre, selon les documents et témoignages que nous avons recueillis.
    « Je n’ai rien à vous dire », a répondu ce mercredi 20 octobre Richard Roudier à Mediapart, à qui l’on a soumis un courriel interne montrant son rôle dans l’équipe de pré-campagne.
    Faire le choix du fondateur de la Ligue du Midi pour la sécurité est assez particulier compte tenu de la sinistre réputation du « clan Roudier » dans la région. Avec son fils Olivier, il a participé en 2017 à la mise à sac d’une association d’aide aux mineurs étrangers isolés. On le voit ici dans cette vidéo où les militants scandent « pas de subventions pour financer l’invasion ».
    Son fils Olivier a été condamné par la justice à plusieurs reprises notamment pour violence avec arme et provocation à la discrimination. Son autre fils, Martial, porte trace de six condamnations entre 1999 et 2013. Pour l’avant dernière, il avait été condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis par le tribunal correctionnel de Nîmes pour avoir poignardé dans le dos un militant antiraciste, alors âgé de 16 ans, en 2008 (lire cet article de Midi libre). Il a aussi été condamné à un an de prison ferme dans l’affaire de l’attaque armée d’étudiants grévistes à la faculté de Montpellier.
    Selon les documents que Mediapart a pu consulter, Richard Roudier a ainsi parrainé un certain nombre de personnes pour faire partie de l’équipe sécurité du staff Zemmour. L’un d’eux, spécialiste en karaté, fait l’apologie de l’idéologue antisémite Hervé Ryssen sur son compte Facebook.
    Interrogé sur l’éviction de Richard Roudier début octobre, Albéric Dumont, chargé de la sécurité au niveau national répond qu’il a bien été écarté du dispositif après « une alerte interne ». « Il s’est proposé pour faire la sécurité lors des déplacements d’Éric Zemmour à Béziers, Nîmes et Montpellier, et il lui a été répondu qu’il n’était pas la bonne personne. » L’homme figurait pourtant dans les documents internes depuis des mois.
    Le royaliste Emmanuel Crenne a expliqué à Mediapart qu’il n’avait « aucun commentaire » non plus à faire sur son rôle au sein de l’équipe Zemmour d’Occitanie. Il a pourtant été à l’origine d’un des fichiers que nous nous sommes procurés et a, selon nos informations, dirigés plusieurs entretiens de recrutement parmi les responsables jeunes.
    L’équipe sécurité d’Occitanie compte aussi plusieurs anciens responsables des forces de l’ordre, militaire à la retraite, gendarme en disponibilité ainsi qu’une policière, ancienne responsable du syndicat Alternative police.
    « Les organigrammes officiels ne sont pas encore arrêtés. À ce jour, il n’y a aucun cadre au niveau de la sécurité en région désigné », tient à préciser Albéric Dumont chargé de la sécurité au niveau national dans l’équipe Zemmour.

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    1. Plus de cent-vingt ans après l’affaire Dreyfus, l’Action Française soutient un « israélite » à la présidentielle : j’imagine que dans leurs caboches c’est l’insulte suprême à la Gueuse. Rien qu’en écrivant cette phrase, j’ai l’impression de me retrouver dans une autre époque… La pérennité de ces vieilles idéologies si profondément absurdes est tout de même déprimante.

      Maladresses de départ difficilement rattrapable ou choix délibéré ? Se dédédiaboliser à ce point-là ne me semble a priori pas très malin de la part de Zemmour. On s’éloigne un brin du RPR. Pas certain tout de même qu’une part suffisante de l’électorat LR soit prêt à assumer une telle teneur en soufre. Mais on ne peut être sûr du contraire non plus, hélas. Il faudra vraiment se méfier de la sous-estimation d’un vote Zemmour honteux.

      Enfin, si tout cela se confirme.

  19. Autour du Z encore, ou derrière, comme on voudra. Enfin, avec. Ça sent toujours aussi mauvais.
    L’équipe de campagne d’Éric Zemmour : le listing secret
    Lucie Delaporte et Marine Turchi (Mediapart)
    Si Éric Zemmour n’est pas officiellement candidat à l’élection présidentielle, il a bien une équipe de campagne. Un listing confidentiel que Mediapart s’est procuré, daté du 4 octobre, dévoile une équipe de onze personnes, bien plus étoffée que les quelques noms qui ont jusqu’à présent filtré dans la presse (parmi lesquels sa conseillère Sarah Knafo).
    Ces petites mains ne s’affichent pas forcément aux côtés du polémiste dans ses meetings. Elles s’expriment encore moins dans les médias. Mais en coulisses, elles s’activent pour leur candidat. Elles sont issues d’horizons divers : un ancien cadre du mouvement de Bruno Mégret (l’ancien numéro deux du Front national parti créer son parti en 1999), d’ex-collaborateurs LR, des militants de La Manif pour tous, une attachée de presse des éditions Ring, un journaliste de la chaîne russe RT France, un banquier ou des spécialistes de l’intelligence économique.
    Cet « organigramme » officieux est conforté par des témoignages – internes et externes – recueillis par Mediapart. Aucune de ces onze personnes n’a démenti nos informations. Certaines ont confirmé leur rôle ; la plupart ont déclaré n’avoir aucun commentaire à faire, ou précisé qu’en l’absence de candidature officielle de l’ancien journaliste du Figaro, elles n’étaient pas habilitées à s’exprimer. « L’organigramme est en cours de structuration. Il n’y a pas encore eu de nominations officielles », a par exemple répondu Albéric Dumont, chargé des questions de sécurité dans l’équipe.
    Sarah Knafo est la pièce maîtresse de la campagne d’Éric Zemmour qu’elle organise, en coulisses, depuis fin 2019. Cette énarque de 28 ans, militante souverainiste, orchestre la mise en place des équipes sur le terrain depuis un an. Rien ne se fait sans son aval.
    À Sciences Po, elle étoffe son réseau parmi la famille souverainiste et se rapproche notamment de Henri Guaino. Elle partage avec Marion Maréchal de proches amis communs : Jacques de Guillebon, directeur de L’Incorrect et directeur d’études à l’Issep (l’institut fondé par l’ancienne députée FN), mais aussi Erik Tegnér, fondateur du média Livre noir. Elle a co-organisé avec eux la convention de la droite en septembre 2019, lors de laquelle Éric Zemmour avait tenu un très violent discours contre l’islam et les musulmans – ce qui a valu à ce dernier une condamnation en première instance, puis une relaxe.
    Forte de ses réseaux dans la haute fonction publique, elle met aujourd’hui tout son entregent au service de la campagne d’Éric Zemmour. Contactée à plusieurs reprises par Mediapart, elle n’a pas répondu.
    C’est l’un des anciens cadres mégrétistes qui entourent Éric Zemmour. Grégoire Dupont-Tingaud, 52 ans, apparaît dans le listing de l’équipe Zemmour comme « responsable maillage territorial ».
    Cet officier de réserve fut, durant ses études, en 1994, candidat aux élections du Crous sur la liste du Renouveau étudiant parisien (REP) aux côtés de militants issus du GUD (Groupe union défense), puis membre du Front national de la jeunesse (FNJ) et du MNR (Mouvement national républicain) de Bruno Mégret. Il est décrit par plusieurs sources comme un personnage d’une « discrétion absolue », de ceux qui ne se mettent « pas en avant dans les organigrammes, ou alors sous pseudonyme », et « indissociable » de l’idéologue identitaire Jean-Yves Le Gallou, dont il fut durant de longues années le bras droit et son directeur de cabinet au MNR. En 2002, il a quitté avec lui le parti de Bruno Mégret pour créer, avec d’autres ex-mégrétistes, la fondation Polémia, qui organise chaque année la cérémonie des « Bobards d’or ».
    Lui qui se destinait à une carrière de militaire s’est spécialisé dans le domaine de l’intelligence économique. Il a d’abord évolué au sein de la région Île-de-France, où il fut responsable IES (Intelligence économique et stratégique) à la direction du développement économique (2007-2011). Puis il est devenu directeur des opérations dans un cabinet de communication (2011-2014). Parallèlement, il a aussi créé sa propre société, Telos Intelligence (2004), spécialisée « dans le conseil et l’accompagnement en diplomatie d’entreprise, stratégie et communication d’influence ». Il est aujourd’hui directeur général de Pôle vérification, une filiale dans le secteur de la prévention des risques dirigée par François-Xavier Sidos (ancien conseiller de Jean-Marie Le Pen et l’un des lieutenants du mercenaire Bob Denard).
    Sous le pseudonyme de « Grégoire Gambier », il poursuit son engagement à l’extrême droite. Il est délégué général de l’Institut Iliade, héritier du GRECE, le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne, fondé en 1969 pour incarner une « Nouvelle droite » identitaire, prônant la différence entre les peuples. « L’usage des “blazes” est une coquetterie qui n’est pas réservée aux militants de gauche », réagit Grégoire Dupont-Tingaud, questionné par Mediapart.
    Qui l’a sollicité pour intégrer l’équipe de campagne d’Éric Zemmour ? « J’ai vu de la lumière, je suis entré », répond-il, en précisant être actuellement « en congé de [ses] responsabilités professionnelles et engagements associatifs », « pour convenance personnelle ». Dans un second message, il minimise son rôle, parlant d’un « coup de main » donné « pendant [ses] loisirs » et dénonce des « informations parcellaires issues de documents volés, qui peuvent n’être que des brouillons sans importance ».
    Diplômé de Sciences Po Paris en 2015, Pierre-Alexandre Ferletic travaille depuis un an pour la chaîne russe RT France, comme « journaliste Web ». Il livre des analyses sur des sujets numériques ou financiers, tels que le succès des crypto-monnaies.
    Auparavant, il a travaillé comme « consultant externe » pour Avisa Partners, société d’intelligence économique et de cybersécurité, avant de collaborer en 2019 au site de débats et réflexions sur l’actualité économique Confluences.
    Il y a quelques années, il évoluait dans la sphère politique : d’après sa page LinkedIn, il fut successivement collaborateur parlementaire à l’Assemblée en 2017, stagiaire à la commission des finances en 2014 et stagiaire au cabinet du maire de Lambersart (Nord) en 2014. Dans le listing de l’équipe d’Éric Zemmour, il apparaît comme « coordinateur recrutement cercles de réflexion ».
    Contacté par Mediapart, il n’a pas donné suite mais a prévenu son employeur, RT France, de notre sollicitation. Lorenzo Ricci, responsable communication de la chaîne, a fait savoir à Mediapart que le journaliste les avait « informés il y a quelques jours qu’il avait l’intention de participer à la future campagne d’Éric Zemmour ». « On lui a dit qu’à ce stade, tant qu’il faisait ça dans son temps libre, qu’il était pro, [pour] nous, pour l’instant il n’y avait pas de souci. On a aucune raison de douter qu’il soit factuel et professionnel dans son travail. S’il faisait ça pour le PS, LREM ou EELV, l’UPR ou LR, ce serait pareil pour nous. Tout le monde peut avoir les opinions politiques qu’il veut. Si c’est un nouveau job, on verra le moment venu. »
    Jonathan Nadler (coordinateur du programme)
    Passé successivement par les banques Société générale, Rothschild, le Crédit suisse et JP Morgan, Jonathan Nadler rédigeait jusqu’à présent « des notes d’analyse économique », selon un financier de la sphère Zemmour. Radio France avait révélé, en septembre, qu’il travaillait sur le programme économique. Dans le listing, il figure comme « coordinateur du programme ».
    Samuel Lafont (réseaux sociaux)
    Collaborateur de la sénatrice LR des Français de l’étranger, Joëlle Garriaud-Maylam, celui qui se présente comme conseiller « en stratégie de communication » a pris les commandes de la communication numérique d’Éric Zemmour.
    Âgé de 33 ans, Samuel Lafont a étudié à l’école de commerce Essec et à l’université de la Sorbonne. Ancien membre du bureau national de l’UNI (syndicat étudiant de droite) et ex-militant de l’UMP, il a émergé au moment des manifestations contre le « mariage pour tous », et notamment de sa frange radicale, le « Printemps français », en 2012-2013. En 2014, il fut tête de liste aux élections européennes pour le mouvement de Christine Boutin. Il fut ensuite successivement chargé de communication au sein de l’association libérale Contribuables associés (2014), puis au conseil régional d’Île-de-France (2016).
    En 2017, il a participé à la campagne présidentielle de François Fillon, au sein du pôle « société civile ». Il a alors fondé le site Damoclès, « pour permettre aux Français de reprendre le pouvoir » par « la reprise du contrôle de l’information ». Dans ce projet, il a été assisté de Samuel Goujon, le créateur du site antisémite « Ils sont partout », qui recense les personnalités juives. Sur les réseaux sociaux, Samuel Lafont s’est illustré au fil des années par la diffusion de fake news : des images manipuléespendant les manifestations anti-mariage pour tous en 2013 ; ou encore la diffusion d’une intox concernant un prétendu compte caché d’Emmanuel Macron en Suisse, en 2017.
    Le jeune homme possède un « trésor de guerre » issu de son engagement dans La Manif pour tous. Année après année, en lançant des pétitions en ligne sur ses sujets fétiches (l’immigration, l’islam), il a collecté près de 800 000 adresses mails de sympathisants d’une droite dure, comme le racontait récemment Mediapart. « Les soutiens de Zemmour en ligne n’hésitent pas à recourir à l’astroturfing [l’ensemble des techniques permettant de simuler un mouvement de foule sur un réseau social – ndlr]. La même personne crée plusieurs comptes Twitter avec des noms différents. On relève des comptes de soutien à Zemmour qui publient le même message à la même heure », nous avait expliqué l’animateur du compte Twitter @_Osint_, qui tient à garder son anonymat.
    Questionné par Mediapart au sujet des techniques d’astroturfing, Samuel Lafont a répondu qu’il s’agissait « de grands mots pour des gens qui n’y connaissent rien ». Au sujet des infox qu’il a relayées par le passé, il rétorque que la question « n’est pas intéressante ». Concernant son rôle dans l’équipe Zemmour, il répond que celui-ci est « public ».
    Albéric Dumont (sécurité)
    Vice-président de La Manif pour Tous, Albéric Dumont est responsable du pôle « sécurité » au niveau national. Fondateur de la société de sécurité Ultreïa, il intervient sur CNews tantôt en tant que fondateur d’Ultreïa, spécialiste de la « sécurité des lieux de culte », tantôt en tant que représentant de La Manif pour tous.
    Contributeur régulier de Valeurs actuelles, il est aussi un adepte des actions coups de poing contre la PMA et la GPA ces dernières années. Le collectif « Marchons enfants » auquel il participe a réuni les historiques de La Manif pour tous mais aussi toute une galaxie de mouvements de l’extrême droite radicale, comme les intégristes de Civitas ou le mouvement xénophobe de la Ligue du Midi.
    En 2019, lors d’une manifestation contre la PMA, une équipe de journalistes de « Quotidien » est agresséeau sein d’un cortège et son matériel est détruit par Hervé Ryssen et Yvan Benedetti, deux figures de l’ultra-droite. Albéric Dumont, coordinateur national, affirme alors que ces violences ont eu lieu en dehors du cortège, contrairement aux déclarations des journalistes de TMC. Lors des rassemblements contre le mariage pour tous, il avait refusé un contrôle de police, estimant la liberté de manifester bafouée (voir ici la vidéo).
    Contacté par Mediapart, Albéric Dumont a d’abord expliqué lundi n’être « pas habilité à répondre » sur son rôle dans l’organigramme. Il a finalement reconnu être « prestataire » pour la sécurité de l’équipe Zemmour. « J’ai un contrat depuis septembre avec mon entreprise », détaille-t-il.
    Diane Ouvry (presse, Les Amis d’Éric Zemmour)
    À la rentrée 2021, son nom est apparu dans les courriels adressés aux maires par Les Amis d’Éric Zemmour, en tant que « porte-parole ». Dans l’organigramme, Diane Ouvry figure comme responsable « presse ». Issue d’une grande famille protestante du Havre, où elle a fait des études de droit, elle fut responsable régionale de l’UNI. À partir de 2015, elle a travaillé comme stagiaire à l’Assemblée nationale puis au Sénat, et elle fut ensuite collaboratrice du député LR Jean-François Parigi entre 2017 et 2020. Fin 2020, elle est devenue attachée de presse aux éditions Ring, maison qui a publié des auteurs d’extrême droite comme Laurent Obertone, le youtubeur Papacito ou le dessinateur Marsault, et mise en vente en mai 2021.
    Contactée par Mediapart, elle n’a pas donné suite.
    Stanislas Rigault (Génération Zemmour, coordinateur national)
    Le président de Génération Zemmour, omniprésent sur tous les plateaux télé depuis la rentrée, est étudiant en droit à l’Institut catholique de Vendée (ICES) et intervenant à l’IFP (Institut de formation politique), l’école qui s’est fait une spécialité de former les cadres de la droite de la droite.
    Ce fils de militaire, né à Angers, est aussi le cofondateur du journal L’Étudiant libre en 2019. Un journal qui se présente comme le dialogue entre les droites, mais qui a surtout mis en valeur l’extrême droite la plus radicale ces dernières années.
    Le site du média étant en maintenance ces dernières semaines ne permet ainsi plus d’accéder aux entretiens très complaisants passés avec Alain Escada, de Civitas, ni aux interviews de Génération identitaire. Dans une vidéo encore accessible, on peut voir Stanislas Rigault appeler à manifester avec le groupe identitaire contre sa dissolution, finalement décidée par le ministère de l’intérieur au motif de son « idéologie xénophobe » et de sa « volonté d’agir en tant que milice privée ».
    L’Étudiant libre a aussi mis à l’honneur récemment le groupuscule parisien Luminis, dans un article très bienveillant titré « Entretien avec Luminis : une association identitaire au service des plus démunis ». Le groupe s’y revendique du nationalisme-révolutionnaire de François Duprat, l’idéologue fasciste et négationniste. Les Luminis organisaient récemment une rencontre sur le suprémacisme blanc avec Lucien Cerise, auteur du livre Le suprémacisme blanc, peuples autochtones et le Great Reset (éditions Culture & racines).
    Questionné, Stanislas Rigault a affirmé ne plus très bien se souvenir de cet entretien publié le 19 mars 2021. « Je n’ai pas une très bonne mémoire mais je crois que c’est une association communautaire identitaire. C’est une autre façon de faire de la politique », assure-t-il. Lorsqu’on lui rapporte leur filiation avec François Duprat et leur intérêt pour le suprémacisme, il botte en touche : « Je ne partage pas ces idées-là, faire un entretien avec une organisation, cela ne veut pas dire la soutenir. »
    L’entretien que Mediapart a pu récupérer, malgré sa suppression en ligne, se termine pourtant sur cette question : « Comment peut-on vous soutenir ? », à quoi le représentant anonyme de Luminis répond que les dons par Paypal sont les bienvenus. Comme Stanislas Rigault l’explique souvent, son journal dont il ne s’occupe plus depuis trois mois a été l’occasion de parfaire son éducation politique en faisant de belles rencontres…
    Johanna Humphrey (matériel de campagne) et Eléonore Lhéritier (sites et réseaux sociaux)
    Deux autres noms figurent dans le listing, associés à Génération Zemmour, le mouvement de jeunesse qui soutient le polémiste : Johanna Humphrey, chargée du matériel de campagne, et Eléonore Lhéritier, chargée de la création des sites et réseaux sociaux.
    Contactées par Mediapart, toutes deux reconnaissent leur rôle, mais indiquent ne pas vouloir s’exprimer sur le sujet dans les médias. « Oui, confirme Johanna Humphrey, mais ça ne m’intéresse pas du tout de vous parler. » « Je ne souhaite pas spécialement avoir d’échanges avec les médias pour le moment », a indiqué Eléonore Lhéritier, ajoutant : « Malgré ce qu’on peut faire “dans l’ombre”, tout le monde ne souhaite pas forcément avoir un contact avec les médias. Après, ça ne change rien par rapport à mon implication, à ce que je fais quotidiennement pour essayer de porter la candidature d’Éric Zemmour. »
    Aaron Bouadana (recrutement des ambassadeurs en Occitanie)
    Après avoir été contrôleur de gestion au groupe Bayard Presse, Aaron Bouadana est rentré au cabinet de conseil Ernst & Young en 2014, où il est devenu en 2019 directeur de mission en audit financier. Originaire de Toulouse, il figure dans le listing comme responsable « recrutement ambassadeurs Occitanie », une région où Éric Zemmour a de nombreux soutiens. Contacté par Mediapart, il n’a pas donné suite.
    Sollicité par Mediapart, Éric Zemmour a fait savoir qu’il ne souhaitait pas nous répondre. Pas encore officiellement candidat, il sera le prochain invité de l’émission politique de France 2 « Élysée 2022 », dont la date n’a pas encore été annoncée.

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  20. Sondages

    L’affaire des sondages de l’Élysée est une affaire politique et judiciaire qui concerne la commande d’études d’opinion par la présidence de la République à partir de 2008, au cours du mandat de Nicolas Sarkozy
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_des_sondages_de_l%27%C3%89lys%C3%A9e

    Jean Marc Lech
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Lech

    Devenu Président d’Ipsos .
    De 1981 à 2007, Ipsos sera le prestataire attitré de la présidence de la République française. (Mitterrand et Chirac)

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  21. CEt qui est intéressant avec la candidature Zemmour, c’est qu’il va sans doute signer la disposition du dernier « grand  » parti de X X ème siècle. Et sans doute aussi par la même occasion accompagner la République des Partis qui petit à petit devient une République des Personnalités. Le militantisme disparaît au profit des abonnés des réseaux sociaux. Il n’y a plus de structure pyramidale comme dans les vieux partis avec leurs échelons locaux, départementaux , régionaux et nationaux. Le lien entre le candidat et ses électeurs est direct via Tweeter, Facebook ou autre (à la manière de Trump qui vient de créer son propre réseau social ). Nous assistons en direct au remplacement de la « République structure  » par la « République des flux « . Mais une constante demeure, la pérennisation et la stabilité de l’oligarchie dominante.

    1. Bien sûr…surtout ne pas oublier de lire les dernières lignes :

      …  » Ce recours systématique aux sondages pour éviter de se pencher sérieusement sur les programmes des candidats (ou pour pallier l’absence de programme) nous paraissant dangereux pour la démocratie, Ouest-France ne réalisera aucun sondage sur le sujet avant l’élection. « .

      1. Si l’on veut prendre la suite des commentaires sur ce billet du blog pour un …..sondage , je crois qu’Ouest France va voir ses ventes décroitre , car je pense avoir été le seul à tenter d’amener le débat sur le contenu des propositions .

        Sans trop de succès . Mais peut être considère-t-on que les questions intéressantes c’est pour les derniers quinze jours avant le vote .

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