IA – Un modèle freudien implémentable du sujet humain (I)

Si la recherche en Intelligence Artificielle fait à nouveau appel à mes bons et loyaux services, c’est qu’elle a désormais besoin, pour passer la seconde, d’emprunter la voie que j’avais esquissée avec le logiciel ANELLA que j’avais mis au point pour British Telecom à la fin des années 1980 et que j’avais décrite dans mon livre Principes des systèmes intelligents (1989) : le modèle du sujet humain proposé par la psychanalyse.

Un modèle freudien implémentable du sujet humain

[Traduit de l’anglais par DeepL]

Est présenté ici, un modèle implémentable du sujet humain dérivé des travaux de Sigmund Freud, avec quelques ajouts dus à l’objectif même de reproduire un sujet humain comme le produit d’un programme informatique.

La raison pour laquelle il est question de « sujet humain » au lieu d' »être humain » est que, au centre du modèle visé, se trouve l’idée que l' »être » en question se considère comme un « sujet », c’est-à-dire une personne identifiée à un Moi dans le vocabulaire freudien capable de lutter pour lui-même, à l’aide, notamment, de l’utilisation des mots appartenant à une langue.

Semblable en cela à tous les autres animaux, le genre Homo a été doté par la nature d’une seule finalité : se reproduire. Qu’il y ait à cela une origine naturelle ou surnaturelle est indifférent au modèle. Que Dieu ou le Gène Égoïste y ait pourvu ne fait aucune différence quant à l’aboutissement. Dans la version naturelle que l’auteur soutient personnellement, les atomes s’assemblent en molécules qui se repoussent ou s’attirent, pour finir un jour ou l’autre en acides aminés, se combinant à leur tour un jour ou l’autre en quelque chose qui se développera historiquement en une espèce où les mâles et les femelles sont attirés les uns par les autres et s’accouplent, débouchant sur la reproduction de nouvelles instances de la même espèce.

Le fait que certains individus finissent par ne pas se reproduire, ou n’en ont pas l’inclination, est purement anecdotique car, dans l’ensemble, un nombre suffisant d’entre eux le font, de sorte que l’espèce se perpétue.

Il est inutile de rappeler que l’être humain aime s’accoupler car 1) l’accouplement soulage une tension qui ne cesse de s’accumuler (la libido en langage freudien) ; 2) l’acte même de l’accouplement s’accompagne de sentiments qui, bien que de nature agressive (provenant du centre cérébral de l’agression), sont néanmoins parmi les plus agréables, sinon les plus agréables.

Le processus sexuel implique la montée d’une tension, c’est-à-dire d’un sentiment désagréable qui disparaît une fois que l’accouplement a eu lieu, pour se reconstituer assez rapidement. Une fois la phase de reproduction terminée, le processus s’arrête (libido réduite, voire quasi nulle).

Toutes les autres caractéristiques du comportement humain découlent directement ou indirectement de l’envie de se reproduire. La survie au jour le jour, en particulier, n’est rien d’autre que le maintien de la configuration visant la reproduction, c’est-à-dire la survie de l’espèce. 

Les êtres humains doivent dans un premier temps atteindre l’âge de s’accoupler de manière féconde, puis passer un certain nombre d’années à se reproduire. Lorsqu’ils ont dépassé l’âge de se reproduire, leur corps se dégrade peu à peu par le vieillissement jusqu’à ce qu’ils meurent en raison de la défaillance d’un ou de plusieurs organes.

La survie au jour le jour consiste à respirer, boire et manger, excréter, se protéger de diverses manières. 

Tout comme pour la reproduction, le fait d’être essoufflé, d’avoir faim, d’avoir soif ou d’avoir besoin d’aller au WC fait partie d’un processus où l’inconfort augmente jusqu’à ce qu’il soit soulagé par des actes de satisfaction agréable tels qu’un bon repas, un bon verre, une bonne goulée d’air, un bon pipi ou un bon caca. 

Au lieu d’un animal visant constamment à faire différentes choses dans un ordre particulier, un sujet humain peut donc être représenté comme tentant simplement d’assurer l’homéostasie [Wikipédia : « L’homéostasie – ou homéostase – est la capacité d’un organisme vivant à maintenir, à un niveau constant, certaines caractéristiques internes de son corps (température, concentration des substances, composition des liquides interstitiel et intracellulaire, etc.) »] : faire disparaître, lorsqu’elle devient insupportable, l’envie de s’accoupler, de manger, de boire, de pisser ou de faire caca. 

Une grande partie de notre vie individuelle peut être décrite de manière satisfaisante en ces termes très simples. 

Une fois qu’il a quitté son habitat d’origine, l’être humain s’est habitué à la satisfaction différée de ses besoins. Le travail a ainsi permis d’obtenir nourriture, boisson et copulation en échange d’argent obtenu comme récompense d’un travail. L’accouplement s’est concentré sur des moments particuliers de la journée, de la semaine et même de l’année. 

Le langage a permis de tirer davantage parti de la nature sociale de l’animal humain qui le fait bénéficier de l’entraide. Le langage a, en particulier, ajouté une grande sophistication à la parade sexuelle observable chez d’autres animaux, permettant même à l’homme de s’accoupler en baratinant simplement, sans devoir même recourir à des gestes nombreux.

Le cadre d’un modèle implémentable du sujet humain a ainsi été décrit en quelques mots seulement. Son trait saillant est que le sujet humain est soumis à une double dynamique, l’une ayant une source interne, celle de ces besoins qui ne cessent de se recréer après une satisfaction qui n’est que provisoire, l’autre de nature externe : la réponse que l’environnement naturel offre à nos tentatives de soulager nos besoins. Il est remarquable à cet égard que la perception que nous avons des effets de notre interaction avec le monde soit traitée par nous comme une information d’origine externe relative aux obstacles à la satisfaction sans entrave de nos pulsions dans leur processus constant de tension renouvelée. Les mots mêmes que nous prononçons, en particulier, sont traités par nous pour leur stockage en mémoire comme ayant réussi à assurer avec succès la satisfaction de nos pulsions ou l’ayant au contraire contrariée. 

La construction progressive d’une mémoire facilite le processus d’interaction entre nous et le monde qui nous entoure. La mémoire nous offre la carte qui facilitera nos interactions avec l’environnement. Elle s’est bâtie de manière à la fois positive et négative à partir des tactiques respectivement couronnées de succès et vouées à l’échec dont nous avons réagi au monde dans sa résistance à notre exploitation pure et simple de celui-ci. 

La Conscience est le sentiment subjectif qui apparaît au point de rencontre de la mémoire qui a été invoquée pour faciliter l’interaction avec le monde et la mémoire qui se bâtit en permanence à partir des événements actuels dont le souvenir est stocké pour une utilisation ultérieure, modifiant ou affinant si nécessaire notre mémoire déjà existante.

La survie au jour le jour ne mobilise que de manière marginale cette Conscience où le Moi occupe, dans notre représentation, la place du conducteur. L’essentiel du processus et de sa maintenance est assuré par le Ça dans le vocabulaire freudien : un gardien invisible (Inconscient) jouant le rôle d’un homme à tout faire. Le Soi, au centre de la Conscience, est toutefois convoqué dans le cadre d’une planification et d’une mise en œuvre délibérées, suivant des étapes soigneusement définies. 

Une autre instance fait partie de la topique freudienne du sujet humain : le Surmoi. Le Surmoi incarne la partie de la connaissance qui n’a pas été acquise par l’expérience personnelle mais par un raccourci sous la forme de règles transmises par les parents et les enseignants. Le Surmoi peut cependant s’être constitué d’un ensemble de règles empiriques tyranniques contreproductives ou impossibles à mettre en pratique. 

Ayant proposé ci-dessus l’image globale du sujet humain, il faudra maintenant montrer comment mettre en œuvre cette représentation rapidement esquissée. Il est inutile de souligner à quel point la base diffère entre une machine telle qu’un robot et un sujet humain, l’ensemble des pulsions de reproduction et de simple survie étant absentes d’une machine. Un robot sensible devrait être doté de ces besoins pour pouvoir être animé d’une dynamique simulée adéquate. Inutile de dire que cela n’a pas été le cas jusqu’ici.   

(À suivre…)       

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50 réflexions sur « IA – Un modèle freudien implémentable du sujet humain (I) »

  1. Voilà le sujet humain désossé à la Nietzsche , par delà le bien et le mal .

    On attend les premières échographies du robot intelligent ( pourra-t-il être égoïste ?) .

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      1. Un peu trop dur vos propos, mais pas loin de la vérité. Un système artifiel comm l’IA ne pourra jamais, par exemple, créer un robot émotionnel. Ce sont nos émotions qui conduisent nos actes, qui faconnent notre vie. Un robot restera tojours terriblement stupide, simplement mécanique, reproductif.

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        1. Un système artificiel comm l’IA ne pourra jamais, par exemple, créer un robot émotionnel.

          Pourquoi pas ? C’est précisément cela que j’avais fait en 1987-89. Et c’est pour cela qu’on me rappelle.

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        2. Un peu dur les votres egalement.

          Terriblement stupide? Certainement pas.

          Simplement mecanique.
          Non plus. Ça sera pas si simple.

          Reproductif?
          A voir.

          Je vous rejoins sur une chose. Si on arrive un jour à faire une IA au stade de la conscience, il pourrait y avoir des comportements psychiques inedits, vue les enormes différences avec nous. Mais aussi des points communs. Ce serait passionnant quoi qu’il en soit.

          L’IA d’aujourdhui est à un niveau très basique. J’ai même du mal à lui accorder le nom IA. Il y a énormément de découvertes à faire encore.

  2. Je n’ai jamais vraiment compris cette obsession de vouloir créer une IA à notre image, physique et psychologique. Quelle drôle d’idée.

    Avons nous, nous être organique darwinien, le monopole de l’intelligence et de la conscience?

    Alors pourquoi pas laisser cette intelligence et conscience artificielle prendre une forme inédite?

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    1. J’ai souvent pensé qu’on pourrait faire un film, un peu à la Charlie Chaplin, ou des extra-terrestres (qui ne se différencieraient de nous que par une narine et un sourcil unique au lieu de deux) auraient suivi un tout autre trajet historique que le nôtre. Où par exemple ce serait les femelles (plus balaizes) qui violeraient parfois les mâles, où ce serait les nazis qui auraient gagné la guerre en se glorifiant d’avoir exterminés les fujis, puis le communisme qui l’aurait emporté sur le capitalisme etc..

      mais où il y aurait des points communs, une ressemblance de la musique, la dépravation des jeunes, des vieux cons réactionnaires et racistes envers les noirs, des associations humanitaires aidant des populations affamées…Si un réalisateur passe par ici, et trouve l’idée intéressante…

      1. Les extraterrestres illustrant pour Vincent Rey ( 22 nov à 12h17) l’IA dans un son projet de fiction ne sont pas dotés de deux yeux et de deux narines. Cela me parle bien pour exprimer ce que je ressens comme implémentable dans une machine : la juste représentation -vraie mais abstraite- du monde, tel que pensé ( objectivé) par des sujets humains après Galilée et-ou Descartes. C’est à dire abstraction faite de cette réelle présence à leur monde propre de leur corps propres dans un monde environnant sur lequel cheminent les corps sensibles du vivant . ( humains comme non humains ) Nous sommes comme l’ont observé plus récemment Hüsserl et la phénoménologie en chemin présents à un monde à vivre en tant que donné « plat », en tant que ce territoire-là , bien que d’autre part globalement  » pourtant elle tourne ». Vieille contradiction entre la logique – » une cosmétique » à justifier – de la carte, et d’autre part les réponses émotives – l’aspect somatique à corriger après coup- aux impressions interprétées par la chair sensible sur le territoire. Est-ce implémentable?

  3. Bonjour

    J’ai une petite question purement de compréhension de ce qui sous tend la pensée de l’article :

    Pourquoi écrire ceci :

    « Semblable en cela à tous les autres animaux, le genre Homo a été doté par la nature d’une seule finalité : se reproduire.  »

    Et ceci :

    « Tout comme pour la reproduction, le fait d’être essoufflé, d’avoir faim, d’avoir soif ou d’avoir besoin d’aller au WC fait partie d’un processus où l’inconfort augmente jusqu’à ce qu’il soit soulagé par des actes de satisfaction agréable tels qu’un bon repas, un bon verre, une bonne goulée d’air, un bon pipi ou un bon caca.  »

    De mon point de vue, il n’y a pas besoin d’utiliser cette notion de finalité de la reproduction. La seule notion extrêmement pertinente dans l’analyse et qui est bien envisagée et soulignée est celle de l’inconfort, du désagréable, de la tension et de son corolaire le soulagement. Ainsi maintes fois répété celui ci donne des « comportements » dont celui de se reproduire, qui va entraîner leur perpétuation. Mais initialement c’est bien un état d’instabilité/manque qui génère, entraîne l’action. Aucune finalité la dedans. Ce sont des phénomènes très basiques et assez binaires qui agglutinés et répétés, sélectionnés, donnent le tableau qu’on voit. Bref. C’était ma pensée en lisant.

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      1. La reproduction est une fonction, une action, une réaction pas un organe… Pour plein de choses vivantes, pas besoin de cerveau ou de système nerveux pour se reproduire. Mais dès que tu montes un peu dans l’échelle de l’organisation, le système nerveux entraîne des réactions qui amènent à la reproduction.

        1. Pour me répondre, tu as reproduit ta voix intérieure que j’ai lue intérieurement pour la reproduire dans mon réseau neuronal afin que je te trouve une réponse que je te reproduis. Dans l’intervalle, les cellules de ton corps se reproduisent pour que tout ce commerce de communication puisse advenir.

          1. CloClo n’a rien reproduit du tout, il n’a fait que produire, en puisant parmi les éléments nombreux et variés qui constituent le corpus de sa voix intérieur, un objet sémantique. On est dans le « faire » et certainement pas dans la « reproduction », voir même, en ce qui concerne CloClo, dans le savoir « faire ».
            Quant à l’histoire des cellules: c’est le genre de transversalité des niveaux d’organisation qui obéit certes à une méthode mais par contre, pas à la celle dite scientifique, à moins de disposer de la formule unificatrice. Aucune transversalité de cette sorte ne fonde quoique ce soit; on ne les constate qu’à postériori; ce qui ne retire rien au fait qu’argumenter de façon transversale peut être très relaxant; mais là c’est autre chose.

            1. Il a retranscrit, si vous préférez sa voix intérieure en un texte que j’ai lu intérieurement pour en avoir une copie dans mon cerveau. Il y a reproduction/réplication, ne vous en déplaise. Pas besoin de transversalité pour simplement constater qu’un être humain, pour avoir le temps de maîtriser la communication orale et écrite, doit renouveler les cellules de son corps par mitose et que l’Humanité existe bel et bien, sans démonstration mathématique, enfin il me semble…

              1. Pour illustrer ce que je dis et non pas le prouver, pensez au fonctionnement de L’ARN et à la synthèse des protéines plutôt qu’à la réplication de l’ADN et donc à la mitose.

              2. Je donnerais raison à Stéphane.
                Les êtres pluricellulaires sont les plus grands « répresseur de reproduction »…. de leurs cellules individuelles.
                L’erreur quand ils le font mal s’appelle cancer.
                Même pour les grands penseurs comme S.J. Gould (le père des équilibres ponctués, paléontologue de formation), c’est ce contrôle pluri ou multicellulaire qui est une formidable « barrière de complexité » dans la compréhension du vivant.
                La structure neuronale, elle, sait faire son rôle de support de mémoire, mais seulement en réarrangeant les synapses activés, en en changeant les « coefficients de couplage » dirait-on à l’âge des IA de l’algèbre linéaire que nous vivons maintenant. Et la reproduction neuronale est parmi les plus étroitement encadrées, vu que la fonction est vitale : c’est moins grave de laisser bourgeonner de la chair d’une gencive près d’une dent manquante, des cellules du derme sous une verrue (merci l’ADN du papillomavirus injecté, le résultat ne vaut toutefois pas celui du vaccin, amha), ou des excroissance d’os, de peau, de glandes X ou Y etc. que d’affecter anarchiquement le système nerveux.

                Les cerveaux « inventent » ensuite la langue comme super-support, mais là aussi, dès que le système est constitué, il ne doit plus trop s’éloigner de son centre. Sans viser le conservatisme de l’académie et son dictionnaire, une langue « vivante » ne change que de 0,1% par an, en ordre de grandeur. Vous venez 100 ans plus tard et vous comprenez 90%. Pour Kerouac et l’acadien, il s’est passé 300 ans, on comprend à 50% (euuuh 20% bon d’accord), c’est le même ordre de grandeur.

                Tant qu’à faire des analogies, si vous avez étudié d’un peu près les zones humides naturelles, vous savez qu’elles sont « vivantes » globalement, qu’elles évoluent et que les laisser « en l’état » dans un conservationnisme étroit n’a pas de sens. La tourbe s’accumule, l’humidité prend des chemins différents, le sol se désimperméabilise sous telle mare à cause des racines ou des ruisseaux qui ravinent dessous.

                La reproduction des êtres est de plus en plus « médiée », mais elle n’est certes pas absente du tout. Faut-il compter la « reproduction » des contenus pornos (un poids lourd des flux vidéo internet, répétitif à plusieurs titres) comme un étage « médié » de plus à la reproduction biologique ? Ben j’ose poser la question (mais je ne pense pas que ça vaut le coup d’y répondre cash, c’est un incitation à la débauche intellectuelle, sans plus).

                1. Timiota,

                  « Faut-il compter la « reproduction » des contenus pornos (un poids lourd des flux vidéo internet, répétitif à plusieurs titres) comme un étage « médié » de plus à la reproduction biologique ?  »

                  Hmmm, reproduction biologique je ne sais pas. Mais pour stimuler une IA afin de lui faire entrevoir la reproduction comme possibilité de croissance …

              3. Ce modèle freudien de l’humain comme nouvelle voie pour faire progresser l’IA, domaine en pointe et à la croiser des chemins de la technique et la modélisation de notre environnement nous y compris, est un retour en arrière. C’est une bifurcation qui n’existait pas au temps de Freud, en germination au temps d’ANELLA et aujourd’hui programmable sur des machines. Elle repose sur un principe très fort qui réduit notre fonction cardinale à celle de nous reproduire.
                Le temps et les efforts de Paul et de son équipe nous diront si ce principe va faire des petits.
                Je sonde dans le sillage de Paul depuis longtemps l’existence d’une bifurcation plus ancienne qui nous a conduit à la vision matérialiste de notre environnement et des mathématiques comme langage dual de ses modèles.
                Ce dont je suis sûr, c’est que le modèle physique/matérialiste n’est pas suffisamment bon pour nous éviter de disparaître à cause de la médiocrité de son pouvoir prédictif. Nous n’en faisons pas partie à cause de la position singulière que nous pensons avoir au sein de l’Univers. C’est stupide et nous le savons depuis Copernic.
                De la même manière que j’utilise un pont pour traverser une rivière, un smartphone pour trouver mon chemin, la fonction première de la science et de la physique, c’est la maîtrise de l’environnement à notre avantage. L’intérêt pour nous-même comme sujet scientifique est très récent, pourtant pour connaître ce qui nous avantage il serait nécessaire, voire indispensable que nous ayons un modèle de nous-même.

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    1. Cloclo,
      C’est vous qui parlez de « finalité ». L’envie de se reproduire ne vient pas du fait d’envisager d’agrandir la famille, c’est juste le corps qui réclame son dû comme respirer, manger et déféquer….c’est du moins ce que j’ai cru comprendre…

      1. Je n’en parle pas, vu que j’interroge ce mot qui est dans la première phrase. Selon moi, il n’y a pas de finalité là où il y a juste des sommes d’actions/réactions.

    2. Le terme de  » finalité » porte effectivement en lui trop d’interprétations . On pourrait plutôt , en employant les mots qui font mal , parler de déterminisme répondant aux deux manifestations les moins contredites des lois de l’univers : attirance et répulsion , avec un bonus donné par ses mêmes lois : la possibilité de « sauts » aléatoires .

      Reste à justifier  » le pourquoi  » de ces lois d’attirance et répulsion dans ce que nous appelons la matière et l’univers . Certains , tendance Beber ou Blaise Pascal , y verront un dessein divin . D’autres , tendance Jorion , y verront des règles du jeu avec lesquelles on peut faire tout ce qu’on peut pour  » continuer la vie et transmettre » , ce qui ressemble à une autre forme de « dessein » .

      Mais , selon moi qui avoue mon incompréhension devant ces mystères , il s’agit de deux  » voies » sans arbitres et d’un questionnement qui s’évanouit avec la mort .

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      1. Attirance et répulsion irrémédiablement liées, l’IA parviendrait-elle à en extraire l’une et à planquer l’autre….?
        Car c’est un peu ça le rêve tant espéré et illusoir.

            1. Je ne sais pas ce que vous appelez un vrai ou un faux salaud , mais dans la mesure où un robot intelligent est un « truc » de cet univers , je ne vois pas bien comment il pourrait « fonctionner » autrement qu’avec le concours du tandem attirance /répulsion dans sa « conception » .

    3. …  » « Semblable en cela à tous les autres animaux, le genre Homo a été doté par la nature d’ une seule finalité : se reproduire. »  » …
      D’autant plus qu’il me semble que , contrairement au règne animal , l’humain-femme n’a pas de période de « rut »…
      Quant au « mâle α » …faut demander quels animaux ont droit d’existence au mont Athos.. http://www.slate.fr/story/90609/femmes-mont-athos

      1. Les hommes seraient ainsi les élus de la nature dans leur espèce , car même à dose rachitique ils fabriquent des spermatozoïdes presque jusqu’à la tombe , alors que les femmes sont condamnées à ne plus avoir de finalité dès la ménopause .

        Faut dire qu’avec la GPA ou la procréation assistée , la date de péremption du ticket de finalité est devenue plus maitrisable .

        1. J’ai « envoyé » trop vite à 21h09 …disons un peu énervé (c’est pas mon style..) devant l’affirmation que :

          …  » Semblable en cela à tous les autres animaux, le genre Homo a été doté par la nature d’ une seule finalité : se reproduire.

          Évidemment pas d’accord..
          Même chez les croyants.. :
           »  »  » L’amour humain ne se distingue du rut stupide des animaux que par deux fonctions divines : la caresse et le baiser.  »  »  »
          ( Pierre Louÿs / Aphrodite 1870-1925)

          1. Outre que les caresses et une forme de « baiser » existent chez les animaux, vous trouvez particulièrement digne de la Pléiade ce que l’on peut raconter pendant l’amour humain ?

          2. Pierre Louÿs ne connaissait visiblement pas la grande variabilité des préliminaires précédant la copulation chez la plupart des espèces animales (et pas que les mammifères)

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            1. Salut Arkao,

              Quelques chorégraphies de ce piaf et d’autres – en musique – le grand smiley bleu est vraiment chouette (si je puis dire) :

              https://youtu.be/BW-pFoYgaUs

              (Et tout cela avec comme unique moteur la voltige… qu’aurait-ce été s’ils avaient rêvé d’autre chose ?!)

  4. Pendant longtemps je me suis interrogé pourpuoi Freud était si obsédé par la sexualité, il en a fait un culte, un dogme qu’il défendait bec et ongle et qui a même provoqué la rupture avec CG Jung. Bon, il y avait son illumination grâce à Charcot à la Salpêt, mais ce n’était probablement pas tout. La reproduction est certes la pulsion primordiale, mais ce n’est pas ls seule. Pour assurer l’existence d’un individu, il en faut impérativement d’autres.

    1. TOHU-BOHU :
      « La déité a fait son temps d’éternité
      Il reste
      Ces animaux malades de naissance qu’on appelle les hommes
      Il reste
      La femme qui te pose un lapin en énigme de chatte
      Il reste
      L’astral même notre ténèbre où se dévoyager à tombeau ouvert
      Plus rien n’a de nom que dans les limbes demain les monstres
      C’est pourquoi j’aime tellement la musique en perdition
      Cette langue dans la langue où la première note
      N’est pas prime mais silence d’articulation en ultime écho de triton »
      Lucas Balzer (Lou bruder de son vrai nom.)

    2. Freud a vécu dans la bonne société viennoise due la fin du XIXème;
      tout y était codifié, surveillé.
      Les aspirations amoureuses y étaient sévèrement contraintes, réprimées…
      Explorant le refoulé, c’est la principale chose qu’il a vu.
      Merci à C.G. Jung de chercher autre chose…
      C’est pour cela qu’il s’est focalisé sur la sexualité.

      1
    3. Avis partagé par Jeanne Favret-Saada, à ce que j’en écoute … (elle préfère le « premier Freud », celui qui ,
      pour simplifier très grossièrement a levé les conditions de principe des non-dits,
      et je me dis que c’est (aussi grossièrement)
      ce qui correspond aux terrains où Jeanne Favret-Saada s’est frotté aux non-dits :
      politique Kabyle et violence en 1962-64, sorcellerie en Mayenne en 1970-1972 (à peu près).
      Capacité de voir les conjonctions de facteurs …. Chapeau.

  5. J’ai besoin de reprendre de zéro.
     » Semblable en cela à tous les autres animaux, le genre Homo a été doté par la nature d’une seule finalité : se reproduire.  »

    1/ Donc le genre homo serait comme le reste des animaux, sur Terre pour se reproduire.
    N’est-ce pas la finalité du  » vivant  » en général, de procréer, de se multiplier, de se perpétuer, de se renouveler ( voir autres synonymes des dictionnaires, chaque mot apportant sa nuance ).
    Le but des plantes, des bactéries, des virus, des champignons etc…

    2/ Mais alors pourquoi se reproduire ? Pour occuper et saturer le milieu ? Pour répondre à l’appel de la domination avec toutes les conséquences ? Et pour engager l’extermination des espèces voisines ? Extermination avec son cortège de violence, avec ses alliances, ses dégradations, sa consommation de ressources, etc…

    3 / MAIS
    Mais ,on sait qu’au sein du vivant l’entraide a aussi sa place.
    Alors ? Le vivant serait-il à la recherche d’un équilibre  » pacifié  » qu’il ne pourrait découvrir qu’en multipliant les expériences et pour lesquelles il aurait besoin de  »matériaux » en très très grand nombre ?

    ( Respirer, manger, boire, pisser et déféquer ne seraient que les nécessités du fonctionnement de  » machines organiques  » qui présente l’intérêt de disparaître à terme sans poser de problèmes de stock ni de gestion des déchets. )

    Bien, je suis parti dans plusieurs directions et ce n’est pas la première fois.

  6. Pour finaliser, il faudra sans doute attendre la mise au point de capteurs très sensibles reproduisant les sensations humaines, plusieurs existent déjà, il faut les rendre plus sensibles et dotés d’intelligence propre ; un exemple : la sensation de brûlure et le geste de retrait de la peau humaine, etc..

  7. 22/11…14h40…

    Visiblement peu (pas) de « homo »-femmes sur ce fil…
    J’aurais été content qu’elles évoquent les « élans reproducteurs » de leurs périodes de « chaleur » ou de « rut »..

    Par contre , toujours apparemment (honte sur moi s’il n’en est pas ainsi..) , de nombreux (ex?-) « homo »-mâles , copulateurs impulsifs , « instinct de reproduction’ oblige..

    Tiens donc..?..ça m’évoque une récente saillie d’ É.Z. (( « il » est suffisamment dans l’actualité permanente pour qu’on puisse probablement se permettre d’ ajouter une goutte d’eau dans la mer..) :
     »  »  » Ainsi, EZ se désole que les hommes achètent de plus en plus de cosmétiques, et se rendent de plus en plus… chez le coiffeur. Alors que les poils, ma bonne dame, c’est ça la virilité.
    « Le poil est une trace, un marqueur, un symbole. De notre passé d’homme des cavernes, de notre bestialité, de notre virilité, il nous rappelle que la virilité va de pair avec la violence, que l’homme est un prédateur sexuel, un conquérant, » écrit-il. Voilà son modèle d’homme: forcément violent. « Un garçon, ça va, ça vient, ça entreprend, ça assaille et ça conquiert, ça n’a pas de forteresses imprenables, mais seulement mal assiégées » écrit-il encore, justifiant ainsi par la même occasion les violences sexuelles.
     »  »  » (Charlie Hebdo . fr 17 sept 2021 )

  8. « Le terme psychosomatique désigne les troubles physiques occasionnés ou aggravés par des facteurs psychiques. On parle aussi en ce sens de somatisation. » Wikipedia.

    Les liaisons ou correspondances entre le corps et l’esprit, c’ est pas de la tarte. Les fonctions vitales décrites par Paul sont susceptibles d’occasionner des troubles ou être le siège de troubles somatiques.
    Une bonne imitation de l’humain devrait inclure la possibilité de somatisation.

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  9. « Une autre instance fait partie de la topique freudienne du sujet humain : le Surmoi. Le Surmoi incarne la partie de la connaissance qui n’a pas été acquise par l’expérience personnelle mais par un raccourci sous la forme de règles transmises par les parents et les enseignants. Le Surmoi peut cependant s’être constitué d’un ensemble de règles empiriques tyranniques contreproductives ou impossibles à mettre en pratique. »

    Hormis le bagage génétique, la connaissance que l’on a en nous est bien toujours acquise par l’expérience personnelle ? Ce sont bien nos sens qui enregistrent le message des « règles ». Le fait que ces règles soient plus ou moins cohérentes avec le reste du monde naturel est une caractéristique de l’être humain qui prend plus d’autonomie/recul/distance que les autres espèces par rapport au monde qui l’entoure. Ce qui correspond à votre passage « Une fois qu’il a quitté son habitat d’origine, l’être humain s’est habitué à la satisfaction différée de ses besoins. » Différée et reportée (ou déportée) aussi.

    C’est une maîtrise plus ou moins développée des forces affectives par le moi qui planifie en dirigeant cet élan de base qui visait à réduire l’inconfort. Et là, c’est la question de la volonté qui vient. Plus on développe sa volonté, et plus le contrôle sur ces forces affectives est efficace. La volonté s’appuie évidemment sur les habitudes d’une part et sur l’inhibition d’autre part ( ici la capacité à stopper un processus et donc prendre du recul – bon c’est aussi une habitude que l’on développe…). Évidemment dans de multiples circonstances, notre volonté faibli (fatigue par exemple) et le pilote automatique reprend le contrôle.

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