Mes dix films préférés de Jack Nicholson (de 10 à 6)

Chaque fois que je fais un billet de ce genre, « Mes films préférés de Godard, de Chabrol », « Mes Gabin préférés », etc. il y a quelqu’un qui affiche le même commentaire : « À quoi ça sert que vous disiez quels sont vos films préférés de Godard, de Chabrol, vos Gabin préférés ? »

À quoi ça sert ? La réponse est évidente : ça me sert à montrer quels sont mes films préférés de Godard, de Chabrol, mes Gabin préférés, etc. Mais ce n’est pas de ça qu’il parle bien évidemment, son vrai commentaire c’est « Il est injuste que vous puissiez intéresser les gens à votre liste, alors que la mienne les ferait bayer ».

Mais sa fausse question m’offre l’occasion d’expliquer un peu ce que je fais vraiment – ce que la plupart des autres commentateurs devinent d’ailleurs aisément – j’utilise les immenses ressources de YouTube pour composer un collage dispensateur d’un message précis. C’est clair me semble-il dans tous les cas, et je vends d’ailleurs parfois la mèche en commentaire, comme je l’ai fait récemment pour « 15 rôles splendides pour grandes actrices ».

#10 – Chinatown – Roman Polanski 1974



#9 – The Shining – Stanley Kubrick 1980

#8 – Batman – Tim Burton 1989

#7 – The Departed – Martin Scorsese 2006

#6 – Vol au-dessus d’un nid de coucou – Miloš Forman 1975

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13 réflexions sur « Mes dix films préférés de Jack Nicholson (de 10 à 6) »

  1. Paul Jorion ou l’effort de Lucidité

    « Son problème fut alors d’offrir aux gens un spectacle qui soit aussi un instrument pour pousser plus loin la réflexion. 

    https://blog.mondediplo.net/2010-10-07-Claude-Chabrol-ou-l-effort-de-lucidite

    Aussi, quel est le véritable fil rouge des listes cinématographiques Joroniennes ?
    Jacques Demange (critique littéraire pour le site Cinechronicle), au sujet de l’œuvre de Claude Chabrol :
    « Soucieuse d’emmener le spectateur vers plus de lucidité, l’œuvre de Claude Chabrol emprunte très souvent le détour du cinéma de genre pour mieux sonder l’inégalité sociale ou interroger l’illusion d’émancipation à travers le sort de rêveurs qui courent à leur perte, pour en définitive, derrière la distance du réalisme stylisé, nous rendre proches de monstres qui ne le sont guère moins que l’entourage ou la société dans laquelle ils évoluent. »

    Paul Jorion (10 mai 2022) :
    « Oui. Et quand un journaliste demande à Chabrol : « Mais en réalité, cela parle de quoi « La cérémonie » ?, il lui répond en souriant, comme si l’autre était l’ambassadeur d’une lointaine planète où on ignore tout de ce qui se passe ici : « Mais de la lutte des classes ! »

  2. « Son vrai commentaire c’est… » ? On pourrait dire bien des choses, par exemple tenez :
    Dans l’interminable épreuve d’effondrement que nous vivons (nous sommes en haut de l’entonnoir), il nous faut une philosophie de vie qui apaise notre angoisse et notre fureur et notre tentation de mort (sans oublier nos maux physiques et nos troubles de voisinage !) ; et le Cynisme convient le mieux.
    « Cette école a tenté un renversement des valeurs dominantes du moment, enseignant la désinvolture et l’humilité aux grands et aux puissants de la Grèce antique. Radicalement matérialistes et anticonformistes, les cyniques, et à leur tête Diogène, proposaient une autre pratique de la philosophie et de la vie en général, subversive et jubilatoire. L’école cynique prône la vertu et la sagesse, qualités qu’on ne peut atteindre que par la liberté. Cette liberté, étape nécessaire à un état vertueux et non finalité en soi, se veut radicale face aux conventions communément admises, dans un souci constant de se rapprocher de la nature.  » Wikipédia.
    Paul s’installe dans ces vidéos comme Diogène dans son tonneau et nous offre du jubilatoire, pour oublier. C’est évident 🙂 .
    Mon jubilatoire est ailleurs. Mais où ? Bonne question. (Demain j’ai une séance amicale et déclamatoire à propos d’Homère : je suis plein d’espoir de jubilation).

  3. marrant vous écrivez « bayer », c’est pour les corneilles ? 😉

    petite critique, il faut placer « vol au-dessus d’un nid de coucou » dans le trio de tête, avec les « sorcières » 🙂

  4. La scène choisie de Chinatown illustre très bien le jeu cabotin de Nicholson mais cabotin de génie avec une telle vitalité que l’on est emporté par cette outrance jusqu’à ne plus savoir que penser de ce qui est, ou serait sur-joué …
    Dans « Vol au dessus d’un nid de coucou » Nicholson déboule dans un hôpital psychiatrique où sont soignées de vraies personnes jouant leurs propres rôles … coup de théâtre, il passe rapidement pour le plus sympathique agité de l’équipe des patients aux yeux du spectateur mais aussi (plus grave) du personnel soignant.
    Là aussi situation extravagante en soi mais cabotin de génie puisque le spectateur va finalement comprendre l’exposé des motifs qui vont nous faire passer de la dimension de la comédie à celle de la tragédie sous le même tempo endiablé qui nous bouscule et nous déstabilise ne sachant plus si l’on est dans la fiction ou dans la réalité, si les soignants ne sont pas les véritables malades et les patients les véritables victimes.
    Puis s’étire ce conflit jusqu’à la tragédie finale et …

    Schizophrénie quand tu nous tiens.
    Du réel sur écran.
    Toute ressemblance … fortuite.

  5. Monsieur Jorion, vous avez un certain nombre de points communs avec François Begaudeau. Est-ce que vous vous êtes deja rencontres?

  6. Merci Paul !

    Au sujet de #8, The Joker dans Batman :

    Il n’était vraiment pas évident de faire encore mieux que Jack Nicholson dans le rôle du Joker orchestré à l’époque par Tim Burton, or Heath Ledger allait pourtant bel et bien réussir cet exploit 19 ans plus tard, ce qui lui valut la consécration à titre posthume…

    https://www.youtube.com/watch?v=Nz8AXNi4wnI

    Ces deux acteurs ont marqué à jamais les esprits de trois générations de fans de DC Comics…

    Philippe

  7. Dans une de vos récentes videos vous aviez parlé de “nervures du chaos” et depuis je pense à ça tous les jours.
    Je me suis fait un top 2 sur ce sujet : j’y met le pas de danse de Thelonious Monk avec son piano devant le penalty raté de Dante Vanzeir dimanche passé.

    PS: et surtout continuez vos messages 😉

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